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Revenu de l’enfer de Guantanamo, il raconte

29052009

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*Lakhdar Boumediene…

La justice américaine se souviendra de lui. Lakhdar Boumediene, 43 ans, détenu pendant sept ans à Guantanamo a réussi à faire plier la loi et a été innocenté. Les supplices de la grève de la faim, les punitions, le chantage pendant les interrogatoires, il raconte, pour la première fois dans un média algérien, l’enfer de la prison cubaine. Nous sommes allés aussi à la rencontre de sa famille à Saïda. Bouleversant. « On lui a proposé un pèlerinage à la Mecque, mais elle a refusé ! » Elle nous a dit : « Je préfère aller voir mon fils ! » Heureux, soulagés, éprouvés, pendant sept ans, les cinq frères et quatre sœurs de Lakhdar Boumediene sont restés soudés autour de Mohamed, 52 ans, le père et Rahma, 66 ans, la mère, dans le F3 familial de Ryad, un quartier en périphérie de Saïda. Aujourd’hui, ils ne souhaitent qu’une chose : oublier ce jour terrible où ils ont appris l’arrestation de leur frère et tous ceux qui ont suivi. « Nous regardions Al Jazeera, se souvient Larbi, 46 ans, professeur universitaire en électrotechnique à Saïda. Notre mère s’est effondrée. Elle est restée hospitalisée pendant un mois. Elle a tellement pleuré qu’aujourd’hui, elle porte des lunettes. Mon père, lui, pleurait en notre absence. Il a perdu un œil. » Le seul lien entre eux et Lakhdar, ce sont les lettres qui leur parviennaient… trois mois plus tard. Parfois par courrier, parfois par le biais du Croissant- rouge algérien. « Mais il n’y avait rien sur son état ni sur les conditions de sa détention. Comme s’il était en vacances », poursuit son frère. Louiza, sa belle-sœur installée à Nice et jointe par téléphone raconte la même chose. « Il se contentait de demander de nos nouvelles. Les autres passages étaient barrés. » Pour la famille, son innocence n’a jamais fait de doute. « Il était coupable d’être musulman », tranche l’aîné. A Saïda, tout le monde s’accorde à dire que Lakhdar n’a rien d’un intégriste.

« Mon frère a poursuivi sa scolarité jusqu’au collège avant de travailler à la cimenterie de Oum Djerane, à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya », témoigne Abdelkader. Puis comme tous les jeunes plein de fougue, il voulait voir le monde et est parti à l’étranger pour trouver un emploi stable et s’installer définitivement. D’abord en 1989 en Arabie saoudite pour un stage d’anglais, puis au Pakistan, en Albanie et enfin il s’installa définitivement en Bosnie, entre autres grâce à un de nos voisins de Saïda résidant en Bosnie. Il avait un travail dans une association humanitaire, un logement et vivait paisiblement avec sa femme et ses deux filles. Pendant sept ans, Rahma a suivi toutes les émissions sur Guantanamo. « Pensant qu’elle allait voir son fils, ajoute Abdelakder. Elle était traumatisée par la tenue orange des prisonniers ! Quand nous avons su qu’il allait être libéré, nous l’avons préparée doucement, de crainte d’un choc émotionnel trop fort. » A Nice, Louiza ne cache pas sa joie. « Quand je l’ai vu, je suis tombée sur lui en pleurant, et c’est lui qui me calmait, plaisante-t-elle. Il n’arrivait pas à croire qu’il était avec ses filles ! Vous-vous rendez compte ? Sa fille dort depuis sept ans avec sa photo ! Il y a des jours où nous ne pensions pas le revoir. C’est un miracle. » Hier, Abassia, sa femme, nous a aussi parlé au téléphone. Heureuse, évidemment. « Je vais tout faire pour oublier et lui faire oublier ce qu’il a vécu. Après nous verrons si nous restons en France ou si nous rentrons en Algérie. Moi, je pourrais vivre n’importe où. L’essentiel, c’est que je sois avec Lakhdar… » (El Watan-29.05.09.)

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*La prison de Guantanamo compte encore 240 détenus, originaires de 30 pays, selon le Pentagone, dont une vingtaine sont jugés de « haut intérêt » et plusieurs dizaines attendent d’être accueillis dans un pays tiers. Parmi les prisonniers actuellement dans les geôles de Guantanamo, une  centaine sont yéménites, 25 sont afghans, une vingtaine algériens, 17 sont des  Chinois appartenant à la minorité musulmane et turcophone ouïghoure, une  douzaine sont saoudiens, selon les derniers chiffres du Pentagone. 
L’évaluation de la dangerosité de ces détenus a fait l’objet de plusieurs  conclusions chiffrées depuis 2002. L’administration Bush avait procédé à l’inculpation formelle d’une  vingtaine de détenus, affirmant que l’objectif était d’en traduire entre 60 et  80 devant des tribunaux militaires d’exception.
Parmi ces détenus de « haut intérêt », figurent entre autres les cinq hommes  accusés d’avoir organisé le 11-Septembre, dont Khaled Cheikh Mohammed, cerveau  auto-revendiqué des attentats. Ali Zubaydah est soupçonné d’être un membre  influent de Al Qaïda et Ahmed Khalfan Ghailani est accusé d’avoir participé aux  attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998. 
Un autre groupe de 60 détenus avait été déclaré transférable par  l’administration Bush, qui avait néanmoins besoin pour les libérer de l’aide de  pays tiers afin d’éviter à ces hommes des persécutions à leur retour dans leur  pays d’origine. 
Parallèlement, en juin 2008, la Cour suprême a autorisé les détenus de  Guantanamo à contester leur détention devant la justice fédérale de Washington. 
Seuls trois juges ont jusqu’ici mené des audiences à leur terme et la détention  d’une dizaine de détenus a été déclarée illégale. 
S’ajoutent à eux les 17 Chinois ouïghours qui avaient été totalement  blanchis par la justice des années auparavant, ainsi que quatre Algériens déjà  renvoyés en Bosnie et en France.
Jeudi, Barack Obama a assuré qu’il y avait actuellement à Guantanamo 24  détenus faisant l’objet d’un ordre de libération par la justice.  Par ailleurs, la nouvelle administration a entamé en février le réexamen  un à un des dossiers de chaque détenu, y compris ceux que le Pentagone avait  déclaré libérables sous la présidence Bush. A l’issue d’un premier examen, le ministre de la Justice américain Eric  Holder a fait état de 30 détenus libérables, sans préciser si ce chiffre tenait  compte des Ouïghours et de l’ensemble des hommes ayant un ordre de libération  par la justice. Fin avril, le secrétaire américain à la Défense avait assuré qu’entre 50 et  100 détenus pourraient n’être ni libérables ni faire l’objet d’une  inculpation.(AFP) 
 







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