12 août, la nuit des étoiles filantes
12 08 2009
Si vous voulez voir des étoiles filantes, c’est ce soir mercredi 12 août 2006, qu’il faut scruter le ciel, car c’est précisément la “nuit des étoiles filantes”.
Comme chaque année, la course de la Terre autour du soleil croise celle de la comète Swift-Tuttle et de sa traînée de poussières. On observe une étoile filante quand une poussière ou un morceau de roche céleste entre à toute allure dans notre atmosphère. A près de 100 000 kilomètres par heure, ces poussières s’échauffent et se consument, laissant une traînée brillante derrière elles parfaitement observable à l’œil nu.

Mieux vaut être en rase campagne pour ne pas être gêné par la pollution lumineuse des éclairages citadins. La Lune parasitera aussi l’obervation du ciel. Elle sera ce soir entre la pleine Lune et le dernier quartier, soit dans sa phase gibbeuse décroissante. Donc lumineuse…Cette “nuit des étoiles filantes” est également appelée perséides car le nuage semble provenir de la constellation de Persée.
Profitez en, le spectacle s’arrête dans quelques jours et la plus belle nuit devrait être celle de mercredi à jeudi Pour en savoir plus sur les horaires, faites un tour sur le site de l’International meteor organization.(Le Monde-12.08.09.)
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*Perséides
QU’EST AU JUSTE LA COMÈTE SWIFT-TUTTLE?
Cette comète ayant une orbite elliptique autour du soleil, a été découverte par Lewis Swift et Horace P. Tuttle en le 23 août 1862. Après maintes éditions de l’Annuaire du Bureau des longitudes, sa période fut calculée entre 117,3 et 122,9 ans. On s’attendait donc à sa réapparition entre 1979 et 1985. Malgré d’intensives recherches et des observations de la part du monde entier, elle n’a pas été repérée à ce moment-là. Par contre, une activité plus intense des Perséides a été remarquée en 1980, ce qui a laissé entrevoir que la comète était probablement passée inaperçue. Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer ce phénomène. Cependant, c’est un astronome, Marsden qui a trouvé le secret de la comète. (La vitesse de la comète avait été à l’époque, sous-estimée. Des calculs erronés en étaient donc découlés). Il a réalisé qu’une comète observée par Kegler, missionnaire juif, en juillet 1732 à Pékin pouvait bien être celle que l’on cherchait. Il a donc calculé ses précédents passages en mars 1610 et décembre 1479. Mais selon lui, la comète devait être mal située et donc, son observation aurait été difficile à faire lors de ces années-là. Cependant, en septembre 1348, des Japonais auraient relevé l’apparition d’une comète. Avec tous ces calculs, il semblerait donc que la période orbitale de la comète Swift-Tuttle serait de 130 ans. Marsden a donc prévu son retour pour novembre 1992. Il ne s’est trompé que de 3 semaines! En effet, un observateur japonais, Tsuruhito Kiuchi, à la fin de l’année 1992. La comète Swift-Tuttle est passée au point le plus près du soleil, périhélie, le 12 décembre 92 et est, par la suite, retournée vers les profondeurs de l’espace. Cependant, elle nous a laissé en héritage un ruban de météorites à travers lequel la terre est passée lors de l’été 93. (Jamais tel ruban n’avait été aussi dense même lors des précédents passages de Swift-Tuttle.) Autre caractéristique de la Swift-Tuttle: elle est 4 à 10 fois plus brillante que la moyenne des autres comètes. Ceci signifie qu’elle est une très bonne productrice de poussières. Une preuve indirecte de cela est le changement substantiel de son orbite entre 1737 et 1862. Ce sont probablement les forces non-gravitationnelles créées par l’éjection de la matière hors de la comète qui sont responsables du changement orbital. De toutes façons, à cause de la proximité de la terre avec l’orbite de la comète, il se peut que nous rencontrions des météorites qui ont été expulsés en 1862 ou même en 1737!
En 1993, la configuration entre la terre et la comète Swift-Tuttle fut unique pour l’observation des Perséides; on n’avait jamais vu une telle configuration depuis des milliers d’années. Les orbites de la terre et de Swift-Tuttle n’avaient jamais été aussi rapprochées: 0.00094 u.a. ou 140000 km. Au 19è siècle, elles avaient été de 0.005 u.a. et au 18è siècle, de 0.023 u.a. (Veuillez noter: u.a. signifie unité astronomique qui correspond à la distance moyenne entre la terre et le soleil, i.e. 1,5 X 10E8 km). C’est probablement pourquoi les rapports concernant les Perséides du 18è siècle sont si rares, alors que ceux de 1861, 1862, 1863 sont spectaculaires.
De plus, on doit considérer un autre facteur: en 1863, la comète était passé près du soleil 332 jours avant les Perséides; en 1993, elle est passée 224 jours avant. Etant donc plus près de la comète, la zone de météoroïdes a donc été plus riche…
Lors du prochain retour en juillet 2126, la séparation des orbites terre-comète sera un peu plus grande: 0.003 u.a.
**QUE SONT LES PERSÉIDES?
Les Perséides doivent leur nom au fait que leur radiant -point précis du ciel duquel les météores semblent émaner à cause d’un effet de perspective- est situé dans la constellation de Persée (constellation en forme en « V »). Ce n’est cependant pas le cas, car ils proviennent de la comète parente appelée Swift-Tuttle tel que décrit plus haut.
Les météores des Perséides ont tendance à être assez brillants avec de longues traînées qui persistent. Ils entrent dans l’atmosphère à environ 210 000 km/h (130 000 milles/h) et se consument à des altitudes de 100 km environ (60 à 70 milles). L’effet combiné de la brillance et de la promptitude donne l’impression que les météores vont s’écraser près du sol.
HISTORIQUE:
Les Perséides sont parmi les pluies de météores les plus anciennes. On a trouvé des relevés en Chine aussi loin qu’en l’an 36. La mort de Saint Laurent coïncidant avec les Perséides, le 10 août 258, fait qu’on y réfère encore comme étant « les larmes de Saint Laurent ». Les premiers rapports que l’on a des Européens datent de l’an 811.
Perséides des 10 et 11 août 1863:
- Europe: 200 météores/hre.
- Amérique Nord: 300 à l’heure.
- Connecticut: 306 météores/hre.
- Allemagne: 216 à l’heure; les traînées duraient longtemps.
- Italie du Nord: météore blanc tout d’abord, puis bleu-violet.
- Grèce: traînée qui persiste 12 à 20 sec.
Les premières études modernes des Perséides ont eu lieu entre 1869 et 1898. 50 météores/heure ont été enregistrés les 9-10 août. En 1911, le taux a dramatiquement diminué jusqu’à 4 météores/heure et est demeuré constant jusqu’en 1920. A ce moment, on rapportait 250 météores/heure. Cette activité a diminué à environ 65 météores/heure jusqu’au milieu des années 70 où le taux est graduellement remonté à un maximum de 200/heure en 1980.
Durant la décennie 80, la pluie nous a offert en moyenne 70 météores/heure et ce, jusqu’à environ 1988. Cette année-là, la terre commençait à traverser un ruban de débris éjectés plus récemment par la comète (durant les 2 derniers passages i.e. environ 256 ans). Ce ruban était beaucoup plus dense, donc les météorites, beaucoup plus grosses. Ces dernières étaient susceptibles de créer des boules de feu et des météores très brillants.
En 1991, les Japonais ont remarqué une augmentation brève, mais significative. Le taux de météores à l’heure a été estimé à plus de 450.
Leur apparence, en 1992, était plutôt jaune-rose ou cuivre, alors que normalement, les Perséides sont d’un blanc-bleuté. Les observations ont été un peu difficiles à cause de la pleine lune qui empêchait les faibles météores d’apparaître.
Au Japon, malgré un ciel peu propice à l’observation, on a rapporté des « boules de feu brillantes qui apparaissaient comme de petites lunes volant à l’arrière de nuages, ou comme des éclairs lors d’une tempête! » Environ 200 étoiles filantes ont été vues entre 19h et 20h T.U. le 11 août (63 d’entre elles à l’intérieur d’un intervalle de 10 minutes). Un facteur de correction est considéré lors de temps brumeux. Le taux ainsi corrigé équivaut à 8000 météores/heure!
Les Chinois ont observé 33 météores en 20 minutes, le 12 août entre 19h50 et 20h10 T.U., alors que les Américains ont enregistré une brève augmentation de l’activité à 19h30 T.U. le 12 août.
A l’ouest, aussi loin qu’aux Pays-Bas, on a rapporté des Perséides rivalisant avec Vénus (i.e. très brillantes) et dont la traînée était lumineuse pendant plusieurs secondes.
Toutes ces données servent à indiquer que le flot de météorites est imprévisible; à certains endroits, il est bien dense alors qu’à d’autres, les météorites sont dispersées. Ce fleuve de poussières n’est que quelques fois plus large que la terre elle-même.
Si on compare les Perséides de 1861 et 1862 en Asie avec celles de 1991 et 1992 on remarque une certaine similarité.
- Les pluies de 1861 et 1862 avaient été marquées par un bref et inhabituel sursaut d’activité, tout comme les pluies de 1991 et 1992;
- La pluie de 1863 était la première à se produire après le passage de la comète; (la comète étant repassée près du soleil en décembre 1992, en août 93, est donc survenue la première pluie suivant son retour);
- Même les phases lunaires sont similaires! En 1993, la lune n’était vieille que de 24 jours (seulement quelques jours avant la nouvelle).
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