Comment joindre les deux bouts sans emploi
23 08 2009Dany Gouriou n’espère pas de miracles avec ce troc et puces, mais juste de quoi subvenir aux besoins de la famille pendant quelques semaines.
*Une brocante à la maison pour s’en sortir
Une famille de Trégunc (Finistère) organise ce week-end, dans sa maison, un troc et puces pour joindre les deux bouts. Sans emploi, le couple vend meubles et bibelots.
Reportage
« Je suis super-contente, clame Dany Gouriou. Depuis ce matin, nous avons un grand élan de solidarité et nous avons déjà récupéré de quoi financer la formation de mon mari. » En mai dernier, celui-ci, Éric Penkerc’h démissionne de son emploi de chauffeur routier suite à une grave mésentente avec son patron.
Malheureusement, il ne peut donc prétendre aux allocations chômage. Dany Gouriou est en invalidité depuis 10 ans. Les 740 € qu’elle perçoit chaque mois sont engloutis dans le crédit de leur petit pavillon de Trégunc.
Les plus démunis trinquent
C’est l’engrenage. Les dettes s’accumulent. La banque refuse de retarder le crédit de la maison. Et malgré les 181 demandes d’emplois envoyées depuis quatre mois, le couple est toujours sans travail. Éric Penkerc’h est titulaire du permis super-lourd, mais n’a pas passé la formation continue obligatoire de sécurité, qui coûte 476 € et qu’il faut passer tous les 5 ans. « Sans cet examen, les entreprises ne veulent pas embaucher mon mari. »
Comme Éric Penkerc’h n’est pas « chômeur », le pôle emploi refuse aussi de la financer, malgré l’intervention du maire de Trégunc, Jean-Claude Sacré. « Ce sont toujours les plus démunis qui trinquent » râle le maire. « Ce sont pourtant des gens courageux, qui se battent pour travailler. Et les cas de ce style se multiplient sur la commune. »
Il y a une quinzaine de jours, Dany Gouriou a eu l’idée d’organiser un « troc et puces » dans sa maison pour parer au plus pressé : manger. « Le CCAS (Centre communal d’action sociale) de la ville nous aide déjà en nous donnant des paniers repas. »
« Je veux aider ma maman »
Un grand élan de solidarité s’est créé autour de la famille. Le CCAS de Trégunc a réalisé toutes les photocopies d’annonce du troc et puces. De nombreux amis ont déposé des affaires à vendre. « Ca fait chaud au coeur de savoir qu’on n’est pas tout seuls. » Leur assureur Groupama est même allé jusqu’à leur donner 50 € pour qu’Éric Penkerc’h mette de l’essence dans sa voiture pour se rendre à un entretien d’embauche.
Solène, la fille aînée, avait économisé centime par centime pendant deux ans pour s’acheter la moto de ses rêves, une petite 49.9. « Ca me fait mal au coeur, mais je la vends pour aider ma maman. » La petite dernière de 11 ans est toute fière de mettre son clown fétiche en vente. « Elle a très peur qu’on soit obligés de vendre la maison. Mais on se battra jusqu’au bout. »
Samedi matin, la pluie n’a pas facilité l’installation de la vente dans le jardin familial. Mais peu importe, on déballe et on remballe dans une ambiance joyeuse. « Éric, il ne pleut plus. On va pouvoir sortir le clic-clac ! » En fin de journée, le montant de la vente s’élevait à plus de 500 €. Éric va pouvoir payer sa formation et espère retrouver un emploi le plus tôt possible.
La vente se poursuit aujourd’hui au lieu-dit Beg Kergleuhan à Trégunc, près de Concarneau. Le troc et puces de Dany Gouriou et d’Éric Penkerc’h est fléché(Ouest France-23.08.09.)














Laisser un commentaire