Vidéosurveillance,une efficacité prouvée
24 08 2009

EXCLUSIF – Un rapport confidentiel, dont Le Figaro a pris connaissance, conclut, après analyse des statistiques de la délinquance sur la période 2000-2008, à l’effet dissuasif des caméras sur la voie publique.
«L’analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéoprotection en matière de prévention puisque le nombre de faits constatés baisse plus rapidement dans les villes équipées que dans celles où aucun dispositif n’est installé» . Les crimes et délits y chutent même deux fois plus vite qu’ailleurs. Les conclusions du rapport dont Le Figaro a pris connaissance mettront-elles un terme à la polémique sur les dangers réels ou supposés des caméras sur la voie publique ? A l’heure où le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, promet d’en tripler le nombre, «de 20 000 à 60 000 d’ici à 2011», ce document, daté de juillet 2009, témoigne, à tout le moins, que l’hôte de la place Beauvau avait pris quelque garantie avant de s’engager.
L’intérêt de l’étude tient d’abord à la qualité de ses auteurs : l’Inspection générale de l’Administration (IGA), en tant que coordinateur, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et l’Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN). Des services au dessus de tout soupçon. Ils avaient été saisis en février pour «évaluer et quantifier l’efficacité de la vidéoprotection». Leur travail a porté sur l’ensemble de 63 brigades de gendarmerie couvrant un territoire équipé de plus de dix caméras et sur le tiers des 146 circonscriptions de police dotées de moyens de vidéoprotection, d’Enghien-les-Bains (12 000 habitants) à Lyon (480 000 habitants) en passant par Nice, Montpellier, Tourcoing, Mulhouse et tant d’autres communes, grandes ou petites.
Plus de cinq millions de personnes vivent dans les secteurs concernés. Pour ne pas être taxés d’avoir privilégié une période favorable, les «incorruptibles» de l’administration ont même analysé les chiffres sur neuf ans, de 2000 à 2008. Et ils battent en brèche bien des idées reçues.
Les caméras, inefficaces contre les violences ? Faux. «L’impact le plus significatif concerne les agressions contre les personnes où la progression a été mieux contenue dans les villes équipées de vidéoprotection», révèlent-ils. Depuis 2000, en zone police, alors que ces actes ont grimpé de plus de 40 %, ils ont augmenté deux fois moins vite dans la cinquantaine de villes vidéoprotégées. Même constat chez les gendarmes. «La densité de caméras a un effet préventif pour les agressions contre les personnes», constatent les enquêteurs. A les lire, en effet, pour obtenir du résultat, il ne faut pas hésiter à investir. «Une densité trop faible ne permet pas, disent-ils, de maîtriser les agressions puisqu’en dessous d’une caméra pour 2000 habitants, les agressions contre les personnes progressent même plus vite (+ 44,8 %) que dans les villes qui n’ont aucun équipement (+40,5 %)». En clair : les systèmes vidéos alibis ne font pas peur aux délinquants, qui savent très bien faire la différence entre un système opérationnel et un dispositif obsolète. Et ils endorment la police.
Pas de dissuasion sans sanction pénale
Les caméras ne sauraient néanmoins se substituer aux agents. «La vidéoprotection n’est pas une fin en soi, rappellent les inspecteurs, elle n’identifie pas seule les victimes ou les agresseurs». Selon eux, «elle n’a ensuite un véritable impact répressif et dissuasif que si une sanction pénale est prononcée par une juridiction à la suite de la constatation d’une infraction et de l’arrestation de ses auteurs».
Autre surprise de leur rapport : contrairement à un préjugé véhiculé jusqu’au Parti socialiste, «l’effet plumeau, c’est-à-dire un déplacement de la délinquance vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré», écrivent-ils. Et cela se vérifie «tant au regard des témoignages reçus des responsables de la police et de la gendarmerie nationale, qu’à la lumière des chiffres de la délinquance qui ne montrent pas de dérives vers les zones non vidéoprotégées».
L’effet préventif des caméras serait donc une réalité. Mais qu’apportent-elles à l’enquête ? «Mesuré globalement, l’impact sur le taux d’élucidation reste encore peu marqué dans les villes équipées de vidéoprotection, même si un nombre croissant de personnes est mis en cause ou identifié grâce aux caméras», écrivent les inspecteurs. Car seuls les dispositifs à haute qualité de résolution d’image permettent de confondre sans coup férir les délinquants. Or ils sont rares. Les rapporteurs font aussi ce constat : «Les membres des équipes du grand banditisme gardent leur sang froid dans l’action, même lorsqu’ils se savent filmés par une caméra de surveillance, utilisant divers équipements, matériels et méthodes pour ne pas se faire identifier (cagoules, masques, véhicules volés, voire brassards de police…)» Éternel combat du glaive et du bouclier. (Le Figaro-21.08.09.)
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*La vidéosurveillance fait chuter la délinquance de rue….
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La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a promis de faire passer le nombre de caméras sur la voie publique de 20 000 à 60 000 d’ici à la fin de l’année 2009.
Selon le ministère de l’Intérieur, le taux d’élucidation des crimes et délits commis sur la voie publique peut en outre être multiplié par deux dans les villes vidéoprotégées.
Moitié moins de crimes et délits commis dans les rues de Strasbourg ou de Cannes du fait de la vidéosurveillance ! Avec des taux d’élucidation qui explosent, c’est-à-dire davantage d’auteurs identifiés, comme à Chauny, dans l’Aisne, où l’installation d’équipements vidéo, il y a deux ans, a multiplié par deux le taux de réussite policière. De Lyon à Mulhouse, en passant par Saint-Germain-en-Laye et Carpentras, pas un des quelque trois cents maires concernés ne regrette d’avoir équipé sa ville de caméras. Le nombre de communes sous protection vidéo devrait même rapidement atteindre les cinq cents en France.Selon les chiffres auxquels a eu accès Le Figaro, cet outil peut faire des miracles lorsqu’il est combiné intelligemment dans la chaîne de sécurité.
À Strasbourg, par exemple, dans les quartiers sensibles (Meinau et Honheim), la baisse des délits de voie publique a atteint 45 %. Même réussite dans le centre-ville placé sous surveillance électronique. Le ministère de l’Intérieur en tire cette conclusion : «Sur cinq ans, dans une tendance générale à la baisse des faits, le volume de la délinquance a diminué presque deux fois plus rapidement dans les espaces vidéoprotégés.»
La palme du retour sur investissement revient à Orléans où la chute des délits de proximité dépasse les 58 % ! Maire adjoint chargé de la sécurité, Florent Montillot, assure que les Orléanais vont même gagner de l’argent. «Le réseau de vidéosurveillance nous a coûté 1,9 million d’euros, confie-t-il, mais il nous permet d’économiser désormais chaque année 750 000 euros de primes d’assurances pour nos bâtiments publics, qui ne sont plus dégradés, et 300 000 euros de frais de téléphonie, puisque nos services utilisent pour communiquer entre eux le réseau optique des caméras. C’est plus d’un million épargné par an !»
23 millions d’euros débloqués par l’État
La ministre de l’Intérieur a promis de faire passer le nombre de caméras sur la voie publique de 20 000 à 60 000 d’ici à la fin de l’année 2009. Le gouvernement veut surtout inciter les communes et autres acteurs publics à s’équiper. En deux ans, 23 millions d’euros ont été débloqués par l’État pour accompagner environ 600 projets. Déjà, plus de 120 centres de supervision (qui regroupent les images sur un vaste territoire urbain) ont été raccordés à un service de police et de gendarmerie.
«L’intérêt opérationnel de la vidéoprotection n’est plus à démontrer», assure Christian Sonrier, le directeur départemental de la Sécurité publique des Hauts-de-Seine. Dans son département, les caméras des réseaux publics et privés dissuadent non seulement certains voyous de passer à l’acte, mais elles ont aussi permis de déceler nombre de délits imaginaires, où l’on découvre que c’est le plaignant qui a brûlé sa voiture ou vidé son compte en banque avec sa carte prétendument volée.
«Les caméras sont devenues une aide à l’enquête, au même titre que l’ADN», ajoute un officier de police. Les commissariats en dressent d’ailleurs une cartographie sur leur secteur d’intervention pour savoir instantanément où piocher les images utiles aux enquêtes.
Condamnée à voir fondre ses effectifs, la police développe le réflexe technologique pour gagner en efficacité. Même si tout bon policier sait qu’une caméra n’arrêtera jamais un voyou… (Le Figaro-23.03.09.)















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