Michael Moor: » Le capitalisme c’est le mal »
8 09 2009« Le capitalisme c’est le mal, et on ne réforme pas le mal, on l’éradique pour le remplacer par le bien pour tous : la démocratie », lance Michael Moore dans Capitalism : a love story, son dernier brûlot sur la crise économique aux Etats-Unis, ovationné à la 66e Mostra.
Dimanche, la Française Claire Denis dévoile de son côté White Material co-écrit avec l’écrivaine Marie Ndiaye. Mais les projecteurs sont braqués sur l’auteur de Bowling for Columbine, Oscar du meilleur documentaire en 2003 et de Fahrenheit 9/11, Palme d’or en 2004. Vingt ans après avoir filmé les ravages causés dans sa ville de Flint (Michigan) par des licenciements massifs chez General Motors (Roger et moi), Moore constate que « bien des villes aux Etats-Unis » sont aussi mal en point. « Une famille est expulsée de sa maison toutes les sept secondes et demie. C’est un chiffre frappant », a déclaré, samedi soir à Venise, l’Américain, à la veille de la projection de gala de son film, en lice pour le Lion d’or. Enfants en larmes à la rue ou forcés de dormir dans un camion avec leurs parents, familles ou retraités ruinés émaillent Capitalism : a love story. Car la grave crise actuelle frappe de plein fouet les Américains modestes, dont cet « activiste politique » s’est fait le porte-parole. Elle est liée, dit le film, à la collusion entre les grandes banques d’affaires et l’administration de l’ex-président George W. Bush, mais aussi à un travail de sape antérieur nommé « dérégulation », qui a permis à Wall Street de se transformer en « vrai casino où l’on peut parier sur n’importe quoi ». « Les gens ont permis à Wall Street de décimer l’infrastructure industrielle de notre pays pour dégager de plus grands bénéfices », a expliqué Moore.
Car les États-Unis ne sont plus une démocratie mais une « plutonomie » où une infime minorité détient la quasi-totalité des richesses, affirme le réalisateur en voix off, reprenant le concept d’un économiste de la banque Citigroup. Quant au plan de sauvetage des banques de quelque 700 milliards de dollars adopté cet automne aux frais du contribuable américain, c’est un « coup d’Etat financier ». Dans une irrésistible séquence, le documentariste barre la luxueuse entrée d’une grande banque avec un ruban jaune portant la mention « scène de crime – ne pas franchir ». Alors, pourquoi la majorité ne se rebelle-t-elle pas ? C’est qu’elle croit pouvoir s’enrichir un jour, dit Michael Moore sur d’hilarantes images d’un petit chien qui saute désespérément en l’air pour atteindre un petit bout de gâteau, posé sur une table. Maniant habilement, comme à son habitude, interviews sauvages, images choc, ironie dévastatrice et commentaires à l’emporte-pièce, Michael Moore donne en vrac, quelques exemples des excès du capitalisme à l’américaine.
Des compagnies aériennes sous-paient leurs pilotes au point que ceux-ci doivent prendre un deuxième emploi pour vivre, des promoteurs rachètent pour rien mais revendent au prix fort les maisons saisies par les banques. Et de grandes entreprises comme Bank of America, Citibank ou AT&T contractent des polices d’assurance pour leurs employés qui leur permettent, lorsque ceux-ci décèdent, de toucher un pactole. Très applaudi par la critique, Capitalism : a love story, qui se termine sur l’air de l’Internationale en version jazzy, poussera chaque spectateur à se mobiliser contre ce système, espère-t-il. Car un prêtre qu’il a interrogé l’assure : le capitalisme est « immoral, obscène, c’est le mal absolu ». Lundi, deux autres Américains sont attendus, Oliver Stone (South of the border) et Steven Soderbergh (The informant). (AFP-08.09.09.)
******************
*Les États-Unis ont perdu leur titre de champion mondial de la compétitivité….
Le classement annuel du Forum économique mondial classe Washington au 93e rang pour le critère de la «stabilité économique». La crise a fait perdre aux États-Unis leur titre de champion mondial de la compétitivité en raison du niveau élevé de leur endettement public, relève le Forum économique mondial (WEF), qui publie mardi à Genève son classement annuel en s’appuyant sur un sondage réalisé auprès de 13 000 hommes d’affaires dans 133 pays. Washington se retrouve ainsi en 93e position (contre 66e l’an dernier) pour le critère de «la stabilité macroéconomique». Les États-Unis ont également perdu des points en raison d’une perte de confiance des hommes d’affaires vis-à-vis de la sophistication des marchés financiers américains. Les «institutions privées» sont mises à l’index en raison de certains «dysfonctionnements». D’après les auteurs de l’étude, les experts en «audit et application des normes» n’inspirent plus autant confiance. Cette perte de confiance reflète «les tourmentes et les scandales qui ont eu lieu au sein du secteur financier» récemment, estime le WEF, qui recommande aux États-Unis de renforcer leur environnement institutionnel et de prendre en compte les préoccupations des hommes d’affaires inquiets de voir le gouvernement prendre trop de place dans l’économie.(AFP-08.09.09.)
***************************
France…70 000 entreprises vont disparaître en 2009
Selon une étude publiée lundi soir, les défaillances de sociétés vont augmenter de 20% cette année, frappant directement 255.000 salariés.
Si certaines statistiques économiques laissent entrevoir un rebond économique, d’autres restent obstinément maussades. Parmi elles, les défaillances d’entreprises qui devraient approcher le chiffre de 70 000 à la fin de l’année, selon une étude de l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC publiée lundi. S’ils venaient à être confirmés, ces chiffres entérineraient une hausse de 20% des disparitions de sociétés par rapport à l’an dernier. Au cours du premier semestre 2009, les jugements d’ouverture de procédures collectives, qui concernent les entreprises en difficultés, ont progressé de 17% par rapport au premier semestre 2008 (33 200). Un niveau inédit depuis 1990.
Rhône-Alpes particulièrement touchée
Si la hausse des défaillances est observée dans l’ensemble du pays, onze régions accusent une progression supérieure à 20%. Rhône-Alpes est particulièrement touchée (+35%). Tous les secteurs sont concernés mais l’industrie affiche une baisse d’activité supérieure à celle de la construction. De la même façon, ce phénomène frappe toutes les entreprises sans distinction de taille. L’étude note toutefois un nombre croissant de sociétés en difficulté employant plus de 100 salariés (+68%). 126 défaillances concernent même des sociétés réalisant un chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’euros, contre 77 recensées au premier semestre 2008. Au total, près de 255 000 salariés ont été directement touchés par la faillite de leur entreprise intervenue au cours des douze derniers mois, soit une hausse de 38%.
«Le rebond n’est pas la reprise»
Même si la rentrée de septembre devrait être marquée «par un rebond, avec une croissance trimestrielle du PIB qui pourrait atteindre 0,5%», «le rebond n’est pas la reprise, car la croissance de la demande n’est pas de retour», avertit Karine Berger, directrice des études d’Euler Hermes SFAC. «Au total, il faut s’attendre dès la rentrée à une détérioration de la situation financière de nombreuses entreprises», précise-t-elle. Selon elle, la demande intérieure «hors stocks» devrait continuer de stagner, notamment du fait du tassement de la consommation des ménages durant l’automne et, tout particulièrement, au tournant de l’hiver 2009-2010. (AFP-08.09.09.)*
********************
**la 66e Mostra de Venise.
Depuis son ouverture mercredi dernier (02.09.09.), la 66e Mostra a déjà accueilli les films de Michael Moore et Claire Denis et les beaux déhanchés d’Eva Mendes et Tilda Swinton.
Première depuis vingt ans : c’est un film italien, Baarìa, de Giuseppe Tornatore (Cinema Paradiso, 1988), qui a inauguré l’édition 2009 du prestigieux Festival international d’art cinématographique de Venise, qui décerne chaque année le Lion d’or du Meilleur Film et les coupes Volpi des Meilleures Interprétations féminine et masculine.
Parmi les films déjà présentés depuis
mercredi : l’Américain Capitalism: A Love Story, le dernier brûlot de Michael Moore – Oscar du Meilleur Documentaire en 2003 pour Bowling for Columbine et Palme d’or en 2004 pour Fahrenheit 9/11. Le Français White Material, de Claire Denis, coécrit avec Marie NDiaye – auteure de Trois Femmes puissantes (éd. Gallimard) –, l’histoire d’une Française à la tête d’une plantation de café en Afrique. Et La Route – adapté du best-seller (prix Pulitzer) de Cormac McCarthy –, du réalisateur australien John Hillcoat.
L’occasion d’apercevoir, côté hommes, les vibrants Viggo Mortensen, Romain Duris et Nicolas Cage ; côté femmes, Eva Mendes, Paris Hilton – oups ! – et Tilda Swinton.
Présidé par le réalisateur Ang Lee (Hôtel Woodstock – en salles le 23 septembre –, Le Secret de Brokeback Mountain), le jury – dont notre petite Française Sandrine Bonnaire – rendra son verdict samedi soir.(Le Figaro-08.09.09.)

























Laisser un commentaire