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Le palmarès mondial 2009 des universités

1 11 2009

Des étudiants de la prestigieuse université de Harvard, première du palmarès de Shanghaï.
Des étudiants de la prestigieuse université de Harvard, première du palmarès de Shanghaï. 

Le palmarès mondial ne retient cette année que trois établissements français dans le top 100.

Le palmarès mondial 2009 des universités coeur-Rendue publique vendredi dernier, la version 2009 du palmarès de Shanghaï, qui propose une hiérarchie des 500 premières universités mondiales, était attendue avec impatience comme chaque année en France. Première classée, l’université Paris-VI grignote deux places par rapport à l’année dernière et atteint le 40e rang. Paris-XI et Normale Sup, les deux seules autres françaises dans le top 100, progressent aussi. «C’est un frémissement», veut croire Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Mais les meilleures places sont, comme tous les ans, réservées aux anglaises et surtout aux américaines.

Chaque année, depuis sa création en 2003, le classement de l’université Jia Tong de Shanghaï sonne comme un désaveu pour les Français, tant ils y font pâle figure. L’équipe qui concocte ce palmarès à l’impact retentissant n’a pourtant rien d’impressionnant. Ils ne sont que trois à se relayer pour mettre à jour leurs critères dans un modeste bureau de l’université Jiao Tong, au sein du département de recherche en éducation. «Moins d’un emploi à temps plein suffit», explique au Figaro le professeur Nian Cai Liu, l’initiateur de l’index, même s’il a eu besoin «de beaucoup plus de monde lors de son élaboration entre 1999 et 2003».

 

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Le classement se fonde sur six critères, dont le nombre de prix Nobel et de médailles Fields, la fréquence de citations des chercheurs ou le nombre d’articles référencés dans les «meilleures revues» scientifiques. Toutes les informations dont l’équipe a besoin sont disponibles sur Internet via des bases de données, bibliométriques notamment. «Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, ce n’est pas compliqué à faire d’un point de vue technique», observe Geneviève Filliatreau, directrice de l’Observatoire français des sciences et des techniques (OST). La force de Shanghaï, c’est surtout d’avoir dégainé en premier. «Certains donneraient de l’or pour avoir acquis une telle notoriété. C’est indéniablement un plus pour cette université et pour la Chine», poursuit-elle.

Les critiques persistent

 

Au départ, Nian Cai Liu, professeur de chimie chinois et spécialiste des polymères, n’est pas un connaisseur du système des palmarès. Il ne s’est lancé qu’en 1999, à la demande de l’équipe dirigeante de l’université Jiao Tong. «Nous voulions simplement savoir comment nous situer», affirme-t-il. L’idée du gouvernement chinois était d’amener plusieurs de ses universités à un niveau mondial d’ici à 2020. Les établissements chinois sont alors comparés entre eux, puis avec des universités étrangères.

 

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En 2003, l’équipe décide de rendre publics ses résultats sur Internet. L’impact est considérable, car il s’agit du premier classement international. Le site est consulté des milliers de fois. Des centaines de mails et coups de fil pleuvent d’institutions s’estimant lésées, parmi eux des élèves de la célèbre London School of Economics. Une partie de la presse internationale se déchaîne. Les pays anglo-saxons n’en font en revanche guère mention puisqu’ils ont depuis longtemps élaboré leurs propres systèmes de classements nationaux. Petit à petit, l’équipe de Nian Cai Liu affine ses critères. En 2007, pour répondre aux critiques, l’université a créé un second classement par discipline. Mais quels que soient les critères utilisés, les critiques persistent, notamment parce que la recherche non anglophone n’est pas prise en compte.

Pourtant, les universités européennes ne s’en sortent pas si mal, puisqu’elles représentent environ la moitié des 500 établissements recensés. Mais dès que l’on s’approche des vingt premières, leur nombre décroît. «La France comme beaucoup de pays d’Europe continentale ne réussit pas bien dans notre ranking», remarque le professeur chinois, «elle a tout de même progressé ces dernières années. Elle améliorera encore plus son rang si les réformes politiques en cours arrivent à leur terme». Pour progresser, affirme-t-il, l’Hexagone «devrait miser sur un nombre réduit d’universités de tête» à l’image de l’Asie qui progresse dans le classement parce qu’elle «met en place de nombreuses initiatives d’excellence».

Un avis peu entendu par de nombreux chercheurs français, pour qui ces comparaisons entre systèmes éducatifs profondément différents «n’ont pas de sens». Même Yin Jie, le vice-président de l’université Jiao Tong reconnaît que son classement n’est vraiment utile «que si l’on veut comparer les universités américaines, britanniques, chinoises et japonaises. Il ne rend pas justice aux universités françaises ou allemandes dont le système diffère complètement», estime-t-il. Ce classement a néanmoins eu une vertu, selon Geneviève Filliatreau, «il a mis en évidence que nos universités françaises étaient sous-dotées et que notre système était très particulier».

Plus les universités publient, plus elles sont avantagées. La France est à cet égard handicapée, puisque son enseignement est dispersé entre 85 universités et une foultitude de «grandes écoles», petites par la taille. Enfin, une partie de la recherche ne se passe pas à l’université mais dans des organismes comme le CNRS. Tout un pan des publications échappe donc aux classements.

Shanghaï est-il alors légitime ? Là n’est déjà plus la question. En quelques années, divers classements (CHE, Financial Times, THE, etc.) se sont imposés et ils ont déjà un impact majeur en matière de politiques publiques. Nicolas Sarkozy a ainsi expliqué qu’il avait pour objectif de faire entrer deux établissements français parmi les vingt premiers mondiaux et prévu en contrepartie une augmentation conséquente du budget de l’Enseignement supérieur. (Le Figaro-30.10.09.)

 


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