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Affaire Aminatou Haïder

6122009

L’Union africaine réagit vigoureusement contre le Maroc

aminatouhaidar.jpg 

Le président de la commission de l’Union africaine (UA), M. Jean Ping, a exprimé vendredi, dans un communiqué, « la préoccupation de l’Union africaine quant à la situation des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, exhortant le régime marocain à permettre à la militante sahraouie Aminatou Haïder de retourner dans son pays », a indiqué l’agence de presse sahraouie (SPS) « Le président de la commission de l’UA suit de près les derniers développements au Sahara occidental, notamment la situation de la militante sahraouie Aminatou Haïder », souligne le communiqué. M. Jean Ping a rappelé, dans son communiqué, « la décision prise par les chefs d’État et de gouvernement de l’UA, lors de leur sommet extraordinaire tenu le 31 août dernier à Tripoli (Libye), à travers laquelle ils ont exprimé leur soutien aux efforts de l’ONU pour surmonter l’impasse actuelle dans le processus de paix au Sahara occidental et pour la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité, appelant à cet effet à l’intensification des efforts pour la tenue du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui ». Le communiqué du président de la commission de l’UA est venu se joindre aux autres communiqués d’indignation et de dénonciation émanant des différentes organisations internationales suite à l’expulsion de la militante sahraouie Aminatou Haïder des territoires sahraouis occupés et qui observe une grève de la faim depuis le 16 novembre dernier dans la ville de Lanzarote aux îles Canaries, a conclu SP.(Liberté-06.12.09.)

********L’Espagne condamne ouvertement le Maroc

Comme il fallait s’y attendre, les autorités marocaines ont refusé une nouvelle fois d’autoriser le retour de la militante sahraouie Aminatou Haïdar dans sa ville, Laâyoune occupée, a indiqué, hier, le chef de cabinet du ministère espagnol des Affaires étrangères.

Il a déclaré que « les autorités marocaines ont refusé une nouvelle fois d’autoriser le retour de la militante sahraouie Haïdar à Laâyoune, qui dispose d’une autorisation de sortie du territoire espagnol ». « Le Maroc n’a pas accepté les conditions exposées par le gouvernement espagnol pour le retour de la militante sahraouie » après 20 jours de grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote « où elle a été expulsée par les autorités marocaines après lui avoir confisqué son passeport », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Usant d’un langage inhabituel, l’Espagne « déplore profondément » l’obstruction du Maroc au retour au Sahara occidental de la militante sahraouie Aminatou Haïdar, a déclaré hier le chef de cabinet du ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos à Lanzarote (îles Canaries). Plus ferme encore, le responsable espagnol Agustin Santos n’a pas hésité à qualifier l’attitude marocaine de « contraire au droit international ». L’Espagne officielle, qui a longtemps ménagé le Maroc lorsqu’il s’agissait du dossier du Sahara occidental, hausse le ton, ce qui exprime en filigrane une crise latente entre Madrid et Rabat. Le chef de cabinet de M. Moratinos, pou enfoncer plus le Maroc, a ajouté : « Le gouvernement espagnol invite Mme Haïdar à poursuivre sa lutte pour les droits de l’homme et réitère sa proposition, si elle le juge utile à son combat, de lui accorder un statut de réfugiée ou la nationalité espagnole jusqu’à ce qu’elle puisse retourner à Laâyoune avec des documents marocains. » Il a souligné, par ailleurs, que l’Espagne mettait à la disposition de la militante un logement et « ferait en sorte qu’elle puisse recevoir ses enfants qui vivent à Laâyoune ».

L’évolution de la situation prend des allures de sérieuse crise diplomatique entre Madrid et Rabat. L’intervention du roi d’Espagne dans ce dossier, qui devient explosif pour le Maroc comme pour l’Espagne, n’est pas à exclure. Selon l’entourage de la militante sahraouie, si la situation demeure en l’état, le roi Juan Carlos saisira officiellement le roi du Maroc Mohammed VI. Le gouvernement espagnol, qui fait face à une forte pression interne et externe, est sommé de trouver un dénouement au cas Aminatou Haïdar. Même le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de M. Zapatero se met de la partie et parle de « l’ouverture d’un nouveau scénario » dans les relations entre l’Espagne et le Maroc. Le mouvement de solidarité ne faiblit pas, bien au contraire, il s’élargit de plus en plus.Hier, de nombreux artistes de renom et d’hommes politiques espagnols ont manifesté à l’aéroport de Madrid Barajas pour demander au gouvernement de Zapatero de faire pression sur le Maroc afin que la militante sahraouie, en grève de la faim à Lanzarote, puisse retourner le plus tôt possible à Laâyoune occupée, d’où elle a été expulsée le 14 novembre. Vendredi soir, L’avion espagnol qui devait ramener la militante sahraouie Aminatou Haïdar à Laâyoune occupée n’a pas pus décollé de l’aéroport de Lanzarote, dans les îles Canaries. Le gouvernement marocain a interdit son atterrissage dans cette ville sahraouie occupée, après lui en avoir donné dans un premier temps l’autorisation.

Aminatou Haïdar devait quitter les îles Canaries en compagnie du directeur de cabinet du ministère espagnol des Affaires étrangère, Agustin Santos, et de l’avocate Ines Miranda. Après 19 jours de grève de la faim qu’elle avait entamée pour s’élever contre la décision arbitraire du gouvernement marocain qui l’empêche de retourner chez elle, la militante sahraouie risque de voir son séjour forcé aux îles Canaries se prolonger. Après plusieurs tentatives, « le ministère espagnol des Affaires étrangères avait obtenu des autorités marocaines un permis de survol de l’espace aérien marocain pour que Mme Haïdar puisse retourner chez elle avec un sauf-conduit », vendredi passé. Mais contre toute attente, au moment du décollage de l’avion, « le Maroc a donné un contre-ordre ». Un revirement qui a vraiment met mal à l’aise les diplomates ibériques. En attendant de rejoindre sa ville de Laâyoune, la militante sahraouie Aminatou Haïdar a réussi un coup politique d’une grande portée diplomatique. Elle a pu remobiliser l’opinion internationale, d’Est en Ouest, autour de la question du peuple sahraoui et de son droit à l’autodétermination. Plusieurs ONG internationales, des partis politiques européens, des personnalités du monde politique et intellectuel ont exprimé leur solidarité en faveur de l’indépendance du Sahara occidental. Le prix Nobel de littérature, le Portugais José Saramago, pour ne citer que lui, a qualifié de « cruauté incroyable » la réaction du gouvernement marocain. Le secrétaire général du Parti communiste espagnole (PCE), José Luis Centella, est allé jusqu’à réclamer la suspension des accords bilatéraux entre l’Union européenne et le Maroc « devant cette nouvelle atteinte aux droits de l’homme ». L’Union africaine (UA) s’est jointe aussi à ce mouvement de solidarité internationale. Hier, le président de la commission de l’UA, Jean Ping, a demandé aux autorités marocaines de permettre à la militante sahraouie de retourner dans son pays, le Sahara occidental. Il a déclaré dans un communiqué que « la commission s’associe aux autres acteurs internationaux pour demander aux autorités marocaines de permettre à Mme Haïdar de retourner au Sahara occidental ».

De son côté, le gouvernement d’Afrique du Sud a condamné, dans un communiqué, les violations marocaines des droits de l’homme au Sahara occidental. Il a également dénoncé l’expulsion de l’activiste Aminatou Haïdar du Sahara occidental. Outre Atlantique également, l’opinion américaine n’est pas restée insensible à ce que le Maroc fait subir à la militante sahraouie. Ainsi, le fondateur de l’organisation américaine John Train ainsi que son président Edward Straitor ont exprimé leur solidarité et leur soutien au combat « juste » d’Aminatou Haïdar pour retourner dans sa patrie. La « Gandhi sahraouie » a affirmé, hier, que « la seule chose » qu’elle voulait est de rentrer chez elle, auprès de sa famille, à Laâyoune occupée, et qu’elle poursuivrait sa grève de la faim « jusqu’au bout ». Et pour montrer son courage, elle a déclaré : « Je pense toujours à mes enfants. Mais je préfère que mes enfants vivent sans mère, mais avec dignité. » A entendre ces paroles, le régime marocain ne pourra jamais avoir raison de la détermination d’Aminatou Haïdar.(El Watan-06.12.09.)

*******LE DILEMME DU ROI

Jamais, depuis le début de la lutte du peuple sahraoui pour le recouvrement de son indépendance, sa cause n’a fait l’unanimité autour d’elle autant que cette fois. Cette aura qui vient d’auréoler le combat du dernier peuple colonisé depuis le 20ème siècle est l’oeuvre ni de diplomates, ni d’armes ni des Nations unies, mais d’une Femme (avec un grand F), Aminatou Haidar, au corps frêle et au regard déterminé, armée seulement de sa foi en la justesse de la cause de son peuple. Cette Femme qui refuse la soumission et qui lutte pour les droits de son peuple opprimé par une monarchie en mal de notoriété a pu grâce à son combat, sa ténacité et surtout son sacrifice à faire reconnaître la justesse de la cause du peuple sahraoui même auprès des plus hésitants. Grâce à elle, la communauté internationale est aujourd’hui unanime, parmi les amis les plus fidèles et les alliés du Royaume, à condamner la lâcheté du régime marocain, impuissant devant une femme. Et quelle femme! Une Femme qui fait à elle seul, par son jeûne forcé, chanceler le trône de Sa Majesté et à faire douter et battre en brèche sa diplomatie et son armada de conseillers. Et pour cause ! Le roi est face à un grand dilemme. Quelle que soit la position qu’il adoptera, elle constituera à coup sûr une victoire pour le peuple sahraoui et la RASD, avant d’être celle de cette Femme. S’il doit se plier à la volonté de la communauté internationale et permettre à Aminatou de rejoindre sa mère et ses enfants à Laâyoune occupé, Mohamed VI se sera alors déjugé et surtout discrédité luimême. Car, en refoulant Aminatou le 14 Novembre, le Makhzen a évoqué le refus de cette militante des droits de l’Homme de se soumettre aux formalités de police en reniant sa marocanité. D’où, en l’autorisant à regagner le Sahara Occidental, le régime de Sa Majesté déjà accablé de toutes parts réduira le peu de crédit qu’on lui accorde sur la scène internationale à néant. Un crédit entretenu jusque là par des concessions économiques (investissements) et stratégies (installation de bases militaires à Kenitra notamment). La preuve, après accordé à la militante sahraouie le droit au retour, en accord avec le gouvernement espagnol, Mohamed VI s’est ravisé juste avant le décollage de l’avion des Iles Canaries et a annulé l’autorisation. Et si, par contre, le régime alaouite s’entête et pousse Aminatou au pire des scénarios (chose que nul ne souhaite), l’opprobre couvrira de plus en plus la politique de Rabat, qui aura en plus d’avoir fait fi de l’appel de la communauté internationale et sacrifié une vie humaine, au détriment de toutes les règles divines et humaines. Pire encore, cela apportera un cinglant démenti (le énième bien sûr) à la propagande relative à l’amour que voue le Makhzen à ses «sujets sahraouis» (une sujétion qui reste à prouver). Ainsi, dans cette affaire, le roi est face à une équation plus difficile à déchiffrer que celle que Hassan II voulait résoudre avec son ancien prof de mathématiques Ben Barka, dont tout le monde connaît l’issue. (Le Courrier d’Algérie-07.12.09.)

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**Le Maroc persiste dans les violations des droits de l’homme et provoque une crise avec l’Espagne

Aminatou Haïder, la femme qui fait trembler Mohammed VI

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Se croyant désormais en position de force, après les déclarations de soutien au royaume de la secrétaire d’État US, Hillary Clinton, Rabat durcit sa position dans le conflit du Sahara Occidental au point d’emprisonner et d’exiler les activistes sahraouis, comme c’est le cas d’Aminatou Haïder, d’où l’ire de l’Espagne, l’ancienne puissance coloniale, qui se voit réduite à un rôle de comparse. 

Le conflit du Sahara Occidental est entré dans une nouvelle phase avec le durcissement de la position marocaine vis-à-vis des activistes sahraouis des droits de l’homme. Cette attitude du royaume alaouite n’est que la conséquence des déclarations de la secrétaire d’État américaine aux affaires étrangères lors de son dernier passage au Maroc. Hillary Clinton avait, pour rappel, pris position en faveur de Rabat. S’estimant à partir de là en mesure d’imposer son point de vue, Mohammed VI avait prononcé quelques jours plus tard à l’occasion de l’anniversaire de la “Marche verte”, qui avait permis d’occuper le Sahara Occidental en novembre 1975 sous l’ère du roi Hassan II, un discours radical dans lequel il traitait les activistes sahraouis de “traîtres” à la nation marocaine. Il n’en fallait pas plus pour que sept militants sahraouis des droits de l’homme, de retour d’un séjour dans les camps de réfugiés de Tindouf soient emprisonnés pour le motif en question. Ils ne sont, en fait, que des victimes collatérales des déclarations d’Hillary Clinton, tout comme Aminatou Haïder, laquelle de retour le 13 novembre dernier des États-Unis, où elle avait reçu le “Prix du Courage civil” décerné par la Fondation John-Train, s’est vue refoulée de l’aéroport d’al-Ayoune vers celui de Lanzarote dans les îles Canaries espagnoles. L’obstination du Makhzen à refuser à la militante sahraouie de revenir au Sahara Occidental peut lui coûter cher, car nombreuses sont les voix qui s’élèvent à travers le monde pour demander le retour chez elle d’Aminatou Haïder. Ainsi, le Haut- commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, avait exhorté le Maroc et l’Espagne à faciliter le transfert, vers Al-Ayoune, d’Aminatou Haïder. Il a indiqué dans un communiqué que eu égard à la dégradation rapide de l’état de santé de Mme Aminatou Haïder, en grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote depuis le 16 novembre, le haut commissaire lance un appel en vertu des bons offices du HCR et, pour des motifs purement humanitaires, aux gouvernements des deux États directement concernés, l’Espagne et le Maroc, afin d’envisager toute mesure pouvant faciliter son transfert et sortir de l’impasse actuelle. Idem pour le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui s’est déclaré “préoccupé” par les tensions “croissantes” entre le Maroc et le Front Polisario, tensions qui se sont accrues avec la récente détention de plusieurs groupes de militants sahraouis et le sort de la militante sahraouie Aminatou Haïder, comme l’avait annoncé auparavant sa porte-parole.
Il a répondu par écrit à des lettres envoyées par le Front Polisario à ce sujet, a-t-elle ajouté lors du point de presse quotidien au siège des Nations unies à New York. De son côté, le coordonnateur avec la Minurso et membre du secrétariat national du Front Polisario, M’hamed Khaddad a dénoncé “l’entêtement” du Maroc à l’égard de l’affaire Aminatou Haïder qui observe une grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote (îles Canaries). Dans une déclaration à l’agence de presse espagnole (EFE), M. Khaddad a estimé que le non-retour de l’activiste sahraouie Aminatou Haïder à Al-Ayoune occupée dénote de “la sévérité et l’entêtement” du Maroc. Ceci étant, l’attitude marocaine irrite au plus haut point Madrid et risque de donner une autre tournure au conflit, si l’on en juge par les nombreuses réactions nées des derniers développements de cette affaire. Il faut dire que le gouvernement espagnol, qui n’a pas assumé jusque-là son rôle d’ancienne puissance coloniale, n’a guère apprécié l’entêtement des autorités marocaines à refuser le retour d’Aminatou Haïder à al-Ayoune. C’est surtout l’exigence d’un plan de vol, excuse avancée par Rabat, qui a provoqué la colère des Espagnols, comme en témoigne la déclaration du chef de cabinet du ministère des affaires étrangères, Augustin Santos, lequel a affirmé qu’“il déplore profondément” cette décision “contraire au droit international”. Le diplomate ibérique ne s’est pas privé d’adresser une pique en direction du Maroc en ajoutant : “le gouvernement espagnol invite Mme Haïder à poursuivre sa lutte pour les droits de l’Homme et réitère sa proposition, si elle le juge utile à son combat, de lui accorder un statut de réfugiée ou la nationalité espagnole, jusqu’à ce qu’elle puisse retourner à al-Ayoune avec des documents marocains.” Enfin, le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, a souligné samedi dans son discours devant les participants au 7e congrès de l’Union de la jeunesse du Front Polisario que “le règlement du conflit du Sahara occidental exige une solution démocratique, la décolonisation définitive de la dernière colonie en Afrique à travers un référendum libre, juste et intègre”. Il a, à nouveau, averti que “si nous avons choisi la paix comme option, nous réaffirmons cependant que notre engagement est avant tout la lutte pour nos droits nationaux garantis par les chartes internationales, avec tous les moyens légaux y compris la lutte armée”.
Il faut dire que la crise entre Madrid et Rabat a atteint un seuil au point où le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a reconnu hier que son pays connaissait des “difficultés” avec le Maroc sur le dossier de la militante sahraouie Aminata Haïder, mais qu’il fallait préserver les relations entre les deux pays. (Liberté-07.12.09.)

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Entêtement

Si le roi du Maroc se croit tout permis, c’est pour la simple raison que les Américains avaient ouvert la boîte de Pandore. Quand Hillary Clinton lançait à Marrakech un appui démesuré au plan d’occupation marocain du Sahara occidental, elle ne se doutait probablement pas, qu’elle venait de déplacer les lignes de démarcation au Maghreb.

Elle est frêle, obstinée et libre. Aminatou Haïder, la militante sahraouie est en train de faire trembler les colonnes de marbre du palais royal de Rabat. Le Maroc la traite avec mépris alors que le monde s’indigne.
Mohammed VI est également obstiné mais à la limite de l’entêtement. En refusant l’accès à Aminatou Haïder qui devait regagner sa terre natale, al-Ayoune, sous prétexte qu’elle n’accepte pas la nationalité marocaine, il est en train de se mettre à dos l’opinion publique internationale même la plus traditionnellement aimable avec le Maroc.
Le régime de Mohammed VI fonctionne ainsi, comme celui de son père, Hassan II, sur la paranoïa. Paranoïa envers des opposants politiques qui, au pire, sont tués, car ils ne savent pas traverser un passage clouté, soit, au mieux, sont jetés dans les oubliettes des geôles marocaines. Le traitement est devenu tellement usité juste à en devenir une référence puisque même la CIA a fait “sous-traiter” les islamistes qu’elle a arrêtés par les mains expertes en torture des militaires marocains.
Mais faut-il accabler Mohammed VI dont la déraison est devenue problématique même au sein du sérail marocain ? Assurément non. Car il n’est pas le seul responsable de cette bérézina diplomatique qui a fini par énerver même les officiels espagnols, réputés pourtant très conciliants avec le maître du Makhzen.
Si le roi du Maroc se croit tout permis, c’est pour la simple raison que les Américains avaient ouvert la boîte de Pandore. Quand Hillary Clinton lançait à Marrakech un appui démesuré au plan d’occupation marocain du Sahara occidental, elle ne se doutait probablement pas, qu’elle venait de déplacer les lignes de démarcation au Maghreb. Rabat a eu ce qu’il voulait, un soutien franc des États-Unis, il pouvait alors sortir l’artillerie diplomatique et faire ce qu’il voulait. Ce n’est pas une femme malade et amaigrie par la grève de la faim dans un aéroport espagnol qui allait faire peur à la monarchie.
Pourtant, Rabat est en train de cumuler les erreurs stratégiques. Pour un rocher, Perijil, elle avait titillé l’Espagne dans sa souveraineté avec les conséquences humiliantes qui s’en sont suivies. Pour un cachet sur un passeport, Mohammed VI vient de se “payer”, tout seul, l’une des pires crises d’image du Maroc. Comme Moubarak qui, pour un match de football, a déclenché des hostilités politiques indignes de son pays, Mohammed VI est devenu en quelques jours un monarque dictateur. À se demander quelle mouche est en train de piquer ces dirigeants arabes ! (Liberté-07.11.09.)

 







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