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L’étrange panne du Soleil

17012010

*Le Soleil sort lentement d’une longue léthargie comme il n’en avait pas connu depuis 1913. Ce repos inexpliqué est-il la cause d’un climat plus froid et perturbé ? Les scientifiques restent partagés.
 

Le Soleil en forte activité, à gauche, en juillet 2002. À droite, une image prise le 11 janvier dernier : seules quelques taches sombres laissent présager un «redémarrage» de notre astre.
Le Soleil en forte activité, à gauche, en juillet 2002. À droite, une image prise le 11 janvier dernier : seules quelques taches sombres laissent présager un «redémarrage» de notre astre. 

L'étrange panne du Soleil coeur-Alors que l’Europe grelotte, astronomes, climatologues et autres géophysiciens calculent et recalculent sans cesse. Pendant deux ans, le Soleil a affiché un calme inquiétant. Les experts cherchent à comprendre pourquoi il est resté dans un « minimum profond » aussi longtemps et à savoir si cette léthargie a des conséquences directes sur la Terre.

De telles périodes de repos ne sont pas inhabituelles. «Elles reviennent suivant un cycle bien connu, en moyenne tous les onze ans. Le Soleil donne alors l’impression de s’être assagi, puis les éruptions à sa surface reprennent et il projette à nouveau de grandes quantités de matière dans l’espace», explique le planétologue Jean-Loup Bertaux.

Mais cette fois, rien. Pendant 266 jours, notre étoile s’est même offert le luxe de rester vierge de taches noires, signe de reconnaissance d’une reprise d’activité. Du jamais-vu depuis le début du XXe siècle !

A l’automne, quelques soubresauts ont laissé croire à l’Agence spatiale américaine (Nasa) que notre astre avait décidé de sortir de sa torpeur. Fausse alerte : il s’est rendormi aussitôt. D’éminents spécialistes se sont alors alarmés : et si l’étoile, sans laquelle toute survie nous est impossible, ne retrouvait pas son intensité habituelle ?

David Hathaway, du Marshall Space Flight Center de la Nasa, s’est inquiété d’une diminution du rayonnement depuis le dernier minimum d’activité, en 1996, et de graves perturbations du vent solaire. «Nous sommes à peu près sûrs que le prochain maximum d’activité solaire sera nettement plus faible que le précédent», ajoute Jean-Loup Bertaux.

De leur côté, des climatologues ont constaté un ralentissement du réchauffement climatique et les météorologues enregistrent des records de mauvais temps en période hivernale. C’est le cas en ce moment sur l’Europe. Ce le fut il y a quelques semaines en Chine et l’année dernière au Moyen-Orient et en Amérique du Sud…

L’idée que la Terre pourrait entrer dans une mini-période glacière fait son chemin. D’autant qu’un tel phénomène n’est pas sans précédent. «Le Soleil a eu un minimum d’activité similaire très prolongé entre 1912 et 1913, explique Guillaume Aulanier, astronome au laboratoire d’Etudes spatiales et d’instrumentation en astrophysique (Lesia). En remontant encore dans le temps, c’est arrivé sous Louis XIV, pendant près de soixante ans. Ce cycle est connu des astronomes sous le nom de minimum de Maunder et du grand public comme la « petite période glacière ». Il fit alors extrêmement froid en Europe et en Amérique du Nord, ce qui laisse penser à certains chercheurs que les fluctuations de l’activité du Soleil influencent le climat.»

Sur cette question, la communauté scientifique reste divisée. Pour le Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les variations de l’activité solaire n’ont pas de conséquences sur l’équilibre de notre planète. «Une chose est sûre, la variation de luminosité totale du Soleil est extrêmement faible. Elle ne suffit pas, à elle seule, pour expliquer les grandes différences de température qu’on pourrait avoir actuellement ou qu’on a constatées pendant le minimum de Maunder. Des questions d’orbite, de perturbations par Jupiter ou les rayons cosmiques peuvent jouer. On sait aussi que les hautes couches de l’atmosphère sont très sensibles aux variations des ultraviolets et des rayons X. Autant d’objets de recherche sur lesquels nous sommes encore incapables de trancher.»

Quant à savoir si le Soleil commence un nouveau cycle d’activité, rares sont ceux qui s’aventurent à un pronostic après la fausse alerte de septembre dernier. Pourtant, des taches noires plus importantes et plus régulières commencent à assombrir sa surface. Quelques petites éruptions – équivalentes, tout de même, à plusieurs fois la taille de la Terre – ont été constatées. L’activité est modérée, mais l’étoile de notre système semble avoir décidé de se remettre au boulot. Pour retirer les moufles et les cachemires, un conseil : il faut attendre un peu. (Le Figaro-15.01.2010.)

***La Station spatiale internationale
va bientôt servir à l’étude du climat

L'ISS devrait voir ses applications élargies.
L’ISS devrait voir ses applications élargies. 

Le bail de ce gigantesque Meccano orbital pourrait être prolongé jusqu’en 2020.

coeur-La Station spatiale internationale (ISS) est en passe de mettre une nouvelle corde à son arc. Jeudi, lors de la présentation de ses vœux à la presse, Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA) a révélé qu’un appel d’offres a été lancé en novembre dernier à destination des climatologues en vue d’élargir les applications de l’ISS et notamment du laboratoire européen Columbus, en service depuis bientôt deux ans.

Jusqu’à présent, les expérimentations scientifiques réalisées à bord de la station ont tourné essentiellement autour de l’étude des effets de la microgravité sur les organismes vivants, en particulier le corps humain, et le comportement de certains fluides. Mais ce gigantesque Meccano orbital, aussi grand qu’un terrain de football, qui gravite à seulement 350 kilomètres au-dessus de nos têtes, représente un poste d’observation privilégié de la Terre et de son climat. L’orbite de l’ISS couvre, en effet, une large bande comprise entre 51° de latitude nord et 51° de latitude sud, soit l’ensemble de la zone équatoriale et des régions tropicales et tempérées des deux hémisphères, théâtres de nombreux phénomènes climatiques comme la mousson ou le courant El Nino.

Les scientifiques ne s’y sont visiblement pas trompés : «À quelques jours de la clôture de l’appel d’offres, nous avons reçu dix-sept propositions intéressantes», s’est félicité M. Dordain en précisant que l’ESA est d’ores et déjà «l’agence spatiale qui fait certainement le plus d’efforts» pour réunir des données sur le changement climatique, grâce à ses satellites Envisat, Smos, Goce et bientôt Cryosat 2, qui sera lancé fin février.

100 milliards de dollars

«On peut même se demander pourquoi personne n’y a pensé plus tôt…», glisse un de ses collaborateurs qui avance plusieurs raisons. «Les scientifiques aiment bien avoir“leur”satellite dédié et, jusqu’à présent, nous étions polarisés par l’assemblage de l’ISS.»

Aujourd’hui, ce chantier pharaonique, qui a bien failli être interrompu après la catastrophe de Columbia en février 2002, est en passe de se terminer. Le 7 février prochain, la navette Atlantis ira livrer les deux derniers gros éléments de structure fournis par l’Europe (en particulier l’Italie) : le module de liaison Node 3 et la «coupole» qui offrira une vue imprenable sur le ciel et la Terre à l’avant de la station.

L’utilisation qui sera faite de cet avant-poste orbital, qui aura coûté la bagatelle de 100 milliards de dollars, aura naturellement une grande influence sur la décision de prolonger ou non sa durée de vie jusqu’en 2020 (au lieu de 2015). Pour M. Dordain, il faut continuer d’exploiter l’ISS «tant que les bénéfices en matière de retombées scientifiques, de coopération internationale et de préparation du programme d’exploration spatiale valent les coûts». Mais les cinq partenaires de l’ISS (États-Unis, Russie, Europe, Japon, Canada), qui se réuniront en mars prochain au Japon, devront, selon lui, trancher cette question avant la fin de l’année.

L’Europe ira sur Mars en 2016

Après bien des avatars, ExoMars est maintenant «sécurisée», a assuré jeudi Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l’ESA. Mais cette grande mission d’exploration de la planète rouge, qui comprend un orbiteur, un atterrisseur et un rover bardé d’instruments scientifiques, sera scindée en deux avec un premier lancement en 2016, par une fusée américaine Atlas, suivi d’un second en 2018. En raison de contraintes budgétaires (le coût doit se limiter à un milliard d’euros), ExoMars se fera en effet dans le cadre d’une « coopération à long terme avec la Nasa », a indiqué M. Dordain. Le lancement initial était prévu en 2011. (Le Figaro-15.01.2010.)







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