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G7 : l’ardoise pour les peuples

15 02 2010

*LE CHANTAGE DE LA FINANCE

Les ministres des Finances du G7 veulent « purger » la Grèce, par où est venue la « rechute » fi nancière, et prônent des plans d’austérité partout dans le but de faire face au surendettement des États.

. Le second acte de la crise financière de 2007-2008 s’est invité au sommet des ministres des Finances du G7, réuni ce week-end dans le Grand Nord canadien. L’effondrement des Bourses sur toute la planète, la monnaie unique européenne en capilotade, toute la zone euro ébranlée par le « sur-endettement  » de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie et du Portugal, la poursuite inexorable de la détérioration de l’emploi et toute une série d’indicateurs virant au rouge sont venus troubler quelque peu l’ambiance « Coin du feu chez les Inuits » mis en scène par Ottawa, la puissance hôte de ce sommet. En l’espace de quarante-huit heures, les derniers gourous de l’économie capitaliste invoquant « une sortie prochaine de la crise » sont devenus définitivement inaudibles et l’acte II de la crise qui a démarré s’annonce particulièrement rude puisqu’il consiste en un véritable choc frontal entre les marchés financiers et les peuples, priés de régler coûte que coûte l’addition du krach financier des années précédentes.

Les membres du G7 n’ont pas fait preuve du moindre esprit de résistance face au chantage de la finance qui consiste à réclamer « des plans d’austérité partout » sous peine de faire exploser la bombe des taux d’intérêt – c’est-à-dire de la prime versée aux marchés. Les plus claudicants parmi les « canards boiteux » sont désignés à la vindicte. « Le message, a déclaré ainsi la ministre française de l’Économie, Christine Lagarde, a été que les membres européens du G7 ont confirmé à leurs partenaires la substance et l’importance du plan mis en place par la Grèce, et qu’ils sont convaincus que (ce problème) sera géré. » « Nous sommes confiants » qu’Athènes « prendra toutes les décisions qui lui permettront d’atteindre l’objectif » – entendez la super-austérité –, a surenchéri Jean-Claude Trichet, le président de la BCE. Pourtant, à l’origine du phénomène de surendettement auquel n’échappe aucun État aujourd’hui, on retrouve les gigantesques opérations, les centaines de milliards de dollars injectés par les puissances publiques pour voler au secours des banques et des Bourses menacées d’écroulement, il y a un peu plus d’un an. Autrement dit : après avoir été sauvés des eaux, s’être « refaits » – en partie en prêtant massivement de l’argent pour financer des plans dits de relance –, ces mêmes marchés appellent les États à une discipline de fer. Pour une raison simple : empêcher que les « folies » de ces derniers mois ne deviennent source d’inflation, cette ennemie de la rentabilité des placements. Personne n’est épargné par ces appels pressants. Pas même les États-Unis dont la note de la dette pourrait être – une première – abaissée à son tour par l’agence Moody qui accueille favorablement le plan de rigueur annoncé par Barack Obama dans son discours sur l’état de l’Union mais le juge « insuffisant  ». Discréditées au moment du krach parce qu’elles ont décerné jusqu’au bout des brevets d’excellence à Lehman Brothers et consorts, ces agences se voient labélisées à nouveau comme des acteurs hors pair et servent de fer de lance aux marchés pour mettre les gouvernements au pas.

AUSTÉRITÉ À L’HORIZON

Conscient sans doute de la difficulté à négocier l’effet du choc frontal programmé sur les opinions publiques, le G7 s’est bien essayé à donner le change en annonçant qu’il souhaitait voir les grandes banques mettre la main à la poche. « Il y a un consensus sur la question », a assuré l’un des sherpas de la réunion. En se gardant toutefois bien de préciser quelle forme concrète pourrait prendre cette « contribution des banques ». Pendant ce temps-là, les « purges » dans les budgets publics prennent, elles, déjà des formes très précises. En Grèce le plan d’austérité (10,3 milliards d’euros de coupes) prévoit de sabrer dans l’emploi public, de geler, voire diminuer le salaire des fonctionnaires, de reporter l’âge de départ à la retraite à 67 ans et de réduire les pensions. Mais la résistance populaire s’annonce massive avec de multiples arrêts de travail et un appel à la grève générale pour le 24 février. En Espagne ou au Portugal la colère gronde aussi. Et en France la teneur exacte des coupes à la hache programmées par le gouvernement qui entend ramener le déficit de 8,2 % à 3 % en trois ans a été prudemment différée après les régionales. Le scénario de l’acte III de la crise, celui de la mise au pas des peuples priés de payer l’addition finale, est bien loin d’être écrit. (L’Humanité-08.02.2010.)

 

 


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