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Chili: les premiers mineurs remontent à l’air libre

13102010

*Les premiers des 33 mineurs bloqués sous terre depuis 68 jours au Chili ont été remontés mercredi pleins de vie à la surface, au terme d’une opération sans précédent qui se poursuivait sans accroc pour leurs compagnons, sous les yeux des caméras du monde entier.

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Premier hissé à l’air libre après 622 m d’ascension à 00H10 locales (03H10 GMT) dans une nacelle de 53 cm de diamètre, Florencio Avalos, 31 ans, a serré dans ses bras son enfant de sept ans, Byron, puis son épouse Monica.
Il a également donné une accolade au président chilien Sebastian Pinera, qui a salué ce sauvetage comme une opération « sans comparaison dans l’histoire de l’humanité ».
« C’est un très grand bonheur, je suis très content, très heureux », a déclaré le père de Florencio, Alfonso, avant d’être happé par une foule de journalistes qui a fait vaciller la tente où était installée la famille depuis le lendemain de l’éboulement qui a piégé les « 33″ au fond de la mine San José, le 5 août.
« Ce furent 69 jours d’attente avec beaucoup de souffrance et beaucoup de douleur, mais c’est terminé », a abondé Wilson Avalos, un oncle de Florencio, tout en pensant à son frère, Renan, 29 ans, toujours au fond de la mine.
Pendant les 17 premiers jours de cette épopée qui a captivé la planète entière, mineurs et familles ont vécu dans l’angoisse.
Les « 33″ attendaient désespérément les secours et leurs proches ignoraient si les mineurs étaient vivants jusqu’à ce qu’une sonde tombe le 22 août sur un message griffonné sur un bout de papier, désormais célèbre: « Nous allons bien, les 33, dans le refuge ».
Les premiers sortis ont donc affiché un immense sourire en sortant de la nacelle baptisée Phénix, en référence à cette renaissance.
Le deuxième mineur remonté à la surface, Mario Sepulveda a serré dans ses bras son épouse Katty Valdivia, puis a déclenché l’hilarité en sortant d’un sac des morceaux de roche du fond de la mine, qu’il a distribués aux secouristes, au président Pinera, au ministre des Mines.
« Viva Chile, mierda ! » (Merde, vive le Chili !) a crié Sepulveda, coiffé d’un casque et les yeux protégés par des lunettes spéciales, après deux mois de pénombre. Survolté, sautant comme un cabri, il s’est dirigé vers les premiers secouristes et ingénieurs passant à sa portée, les enlaçant, serrant des mains.
Juan Illanes, ex-militaire de 52 ans, et le Bolivien Carlos Mamani, seul non Chilien du groupe, âgé de 23 ans, ont eux aussi émergé en souriant avant de partir sur un brancard pour subir une première auscultation dans un hôpital de campagne sur place.
Ils devaient ensuite être transportés en hélicoptère si le ciel était assez dégagé ou en ambulance à un hôpital de Copiapo, à 50 kilomètres, pour des examens plus complets de deux jours minimum.
Les quatre premiers mineurs sont sortis en trois heures, un peu plus vite que le pronostic des autorités qui tablaient sur une heure pour chaque remontée, en comptant la préparation et l’ascension de 15 minutes. Ils ont été suivis d’un cinquième mineur dans l’heure suivante.
A ce rythme, le sauvetage pourrait être bouclé en 24 heures.
D’ultimes essais avaient retardé de plusieurs heures le début des opérations, qui n’ont commencé que vers 23H20 mardi (mercredi 02H20 GMT) avec la descente d’un premier secouriste, Manuel Gonzales, à bord de la nacelle qui doit remonter un à un les mineurs.
Les « 33″ l’ont accueilli par des applaudissements avant d’écouter ses instructions. Après les quatre premiers jugés les plus habiles, les secouristes devaient faire remonter les plus « faibles » physiquement ou psychologiquement, et enfin les plus « forts », capables de supporter une attente prolongée.
Outre les 800 proches et parents de mineurs, plus de 2.000 journalistes ont accouru du monde entier pour le « happy end » de cette aventure inédite de survie sous terre. Le président bolivien Evo Morales devait aussi arriver mercredi pour saluer son compatriote Mamani.
Les présidents américain, Barack Obama, et vénézuélien, Hugo Chavez, ont également envoyé des messages de soutien aux mineurs.
En l’espace de deux mois, les « 33″ sont devenus des vedettes planétaires, recevant des maillots dédicacés de stars du football, des chapelets bénis par le pape, des iPod offerts par le patron d’Apple Steve Jobs, pour les aider à tenir pendant leur calvaire, qui inspire déjà des réalisateurs de cinéma. (AFP-13.10.2010.)

Chili: les premiers mineurs remontent à l'air libre chili_0 

**les « 33 » mineurs, commencent à recouvrer la liberté

Les opérations de sauvetage pour les mineurs de San José ont débuté cette nuit heure locale. L’événement tient en haleine le pays depuis plus de deux mois.

Le compte à rebours a commencé pour les « 33 ». Et c’est tout le Chili qui retient son souffle. Le début des opérations de sauvetage pour délivrer les mineurs de San José, ensevelis sous terre depuis plus de deux mois, devrait, sauf imprévu de dernière minute, débuter hier soir à minuit heure locale (quatre heures du matin, heure française). L’événement se jauge à la mesure de sa couverture médiatique. Pas moins de 1700 journalistes du monde entier ont fait le déplacement jusqu’à cette mine de cuivre et d’or, située à 800 kilomètres au nord de Santiago, la capitale. Il faut dire que jamais dans l’histoire minière, des hommes n’avaient survécu aussi longtemps sous terre. Jamais non plus un tel dispositif technologique n’aura été déployé pour sauver des mineurs.

Retour sur terre dans une nacelle

Pas moins de trois puits de secours ont en effet été creusé afin de s’approcher au plus près des « 33 » qui ont trouvé refuge, depuis 68 jours, dans une cavité localisée à plus de 600 mètres de profondeur. Depuis samedi, les équipes d’ingénieurs s’affairent à gainer le puits de secours par lequel les mineurs seront treuiller. La nacelle qui servira à transporter les hommes – une capsule surnommée Phénix, dessinée et construite dans les chantiers navals chiliens, Astilleros et Maestranzas de l’armée (Asmar) – pèse plus de 400 kilos, et mesure 53 centimètres de diamètre, a expliqué le ministre des Mines, Laurence Golborne. Elle est par ailleurs pourvue d’une ventilation et de quatre réserves d’oxygène pour parer à une éventuelle urgence. La remontée de chaque mineur devrait durer environ une heure afin d’éviter que la vitesse n’entraîne des complications physique de type hyper-tension ou trombose pulmonaire. Phénix descendra cette donc cette nuit avec deux mineurs et deux infirmiers à une profondeurs de 610 mètres. Les mineurs ont eux été chargés de creuser une galerie afin de parvenir jusqu’à la nacelle.

Les présidents chilien et bolivien sur place

L’ordre de remontée « ne sera pas rendu public », a insisté le ministre des Mines. Néanmoins la presse chilienne faisait état hier d’un planning visant d’abord à extraire les plus expérimentés, puis les plus physiquement diminués et  enfin, les derniers, présentés comme psychologiquement plus forts et à même résister à la pression de l’attente. Une fois sortis de terre, les mineurs seront transportés à l’hôpital de Copiapo, la principale ville de la région où un dispositif d’urgence a été mis en place pour les accueillir.

Très médiatiquement, le président Sebastian Pinera a fait savoir qu’il se rendra aujourd’hui à San José pour assister, aux premières loges, au sauvetage des “33”. Il sera accompagné de son homologue bolivien, Evo Morales, qui tient à accueillir en personne l’un de ses concitoyens enseveli depuis plus de deux mois avec ses collègues chiliens. (L’Humanité-13.10.2010.)

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**France: la mobilisation continue pour les retraites

 

Au lendemain de la journée de mobilisation très suivie, les syndicats organisent la poursuite du mouvement. La suite, heure par heure.

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10h40. 135 lycées perturbés à des degrés divers en France. Cent trente-cinq lycées étaient perturbés à des degrés divers mercredi matin en France, soit 3,1% de l’ensemble des lycées, dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites, a annoncé le ministère de l’Education nationale.

Sur ces 135 lycées, 29 étaient bloqués, les autres étant touchés par des tentatives de blocage, des regroupements d’élèves ou des distributions de tracts « avec souvent un fort taux d’absentéisme », selon le ministère.

En Ile-de-France, trois lycées étaient bloqués (dans l’académie de Versailles) et 25 perturbés. A Paris, le ministère a compté sept tentatives de blocage.

10h30. Les six raffineries du groupe Total en France en cours d’arrêt. Les six raffineries Total en France sont en cours d’arrêt en raison de la grève pour les retraites, a indiqué mercredi la direction du groupe pétrolier, qui a précisé qu’il n’y avait pas à ce stade de problème d’approvisionnement des stations-services.

10h15. Opération péage gratuit à Chartres. Une trentaine de militants CGT ont organisé mercredi matin une opération « péage gratuit » sur l’autoroute A11 à hauteur de Chartres pour protester contre la réforme des retraites, a-t-on appris de source syndicale.

Environ 400 voitures en provenance de Paris et de province ont pu sortir gratuitement de l’autoroute, avec distribution de tracts, a-t-on précisé de même source.

« L’opération visait à sensibiliser les automobilistes sur les conséquences dramatiques de la réforme des retraites, sans les pénaliser. Ils n’ont pas été bloqués », a indiqué Guylène Raffin, secrétaire de l’union départementale CGT en Eure-et-Loir.

9h40. La raffinerie Total de Feyzin en grève, blocage d’un dépôt en Auvergne. Les salariés de la raffinerie Total de Feyzin, près de Lyon, ont décidé mercredi matin de mettre leur site à l’arrêt pour protester contre la réforme des retraites, tandis que plusieurs dizaines de manifestants ont commencé à bloquer un dépôt de carburants en Auvergne.

Réunis à partir de 06H00 en assemblée générale, « 70% environ des salariés se sont prononcés pour poursuivre la grève », entamée mardi à Feyzin comme dans onze des douze raffineries de métropole, a indiqué David Faure, représentant CFDT et secrétaire du comité d’entreprise.

Des assemblées générales de grévistes doivent avoir lieu mercredi dans les autres sites français pour décider d’une éventuelle reconduction du mouvement sur les retraites.

Selon M. Faure, « l’arrêt de la production a été voté » et devrait commencer à être mis en oeuvre « dans la matinée », selon un processus lourd qui devrait prendre « une vingtaine d’heures ».

Par ailleurs, selon Jacques Cocheux, de la CGT Puy-de-Dôme, « environ 80 militants bloquent le dépôt de carburants de Cournon-d’Auvergne », appartenant lui aussi au groupe Total. La direction n’était pas immédiatement disponible pour confirmer.

9h30. Blocage de la zone industrialo-portuaire du Havre. Plusieurs dizaines de salariés ont bloqué durant trois heures mercredi matin l’accès à la zone industrialo-portuaire du Havre pour protester contre le projet de réforme des retraites, a-t-on appris de source syndicale.

Ces militants venus notamment d’usines Renault, Total, Chevron et Eliokem ont disposé à 06H00 des palettes qu’ils ont enflammées à un pont qui commande l’accès à cette zone depuis la ville. Cette action, qui s’est terminée vers 09H00, a provoqué d’importants embouteillages.

8h40. Le ramassage des ordures perturbé à Marseille par la grève. Le ramassage des ordures est fortement perturbé à Marseille sur la quasi-totalité de la ville en raison de la reconduite de la grève des agents de nettoiement contre la réforme des retraites, a-t-on appris mercredi de source syndicale.

« Aucune benne n’est sortie depuis hier des dépôts », a-t-on précisé de même source.

8h30. Des dizaines de camions bloqués par des barrages au Mans. Une cinquantaine de camions étaient bloqués tôt mercredi matin par des barrages mis en place par des transporteurs CGT pour bloquer l’accès d’une zone industrielle du Mans dans le cadre du mouvement contre la réforme des retraites, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les quelque 200 manifestants, parmi lesquels des enseignants FSU et des représentants CGT Renault, bloquent sept accès à la zone industrielle Sud du Mans depuis 04H00, selon un porte-parole.

Les barrages filtrants, qui laissent le passage aux voitures particulières, devaient être maintenus au moins jusqu’à 10H00, après quoi une réunion intersyndicale devait décider de la suite de l’action, selon la CGT.

8h30. Et pendant ce temps-là, le ministre du Budget François Baroin a reconnu sur France Inter (voir la vidéo) que le bouclier fiscal était devenu « un symbole d’injustice » tout en réaffirmant que le gouvernement ne voulait pas, « dans la précipitation », le « faire sauter », en même que l’ISF, dans le budget 2011.

8h00. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, appelle à «trouver les moyens d’augmenter la pression sur le gouvernement» pour obtenir une négociation sur les retraites. (L’Humanité-13.10.2010.)

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**Pourquoi Nicolas Sarkozy a peur

La France est en mouvement, elle refuse de se laisser imposer les choix du monde du capital sur les retraites. Les premières nouvelles de cette mobilisation montrent que si certains secteurs jouent l’avant garde de ce mouvement, la bataille ne s’y limite pas. La mobilisation du monde du travail pour faire entendre ses exigences se développe dans tous les secteurs économiques et sur tous les territoires du pays, avec une revendication principale qui touche toutes les couches sociales et entraîne plusieurs générations dans ce combat.Nicolas Sarkozy a tout mis en œuvre pour faire passer à la sauvette le projet de loi au Sénat. Le président de la République a en effet un impératif de calendrier : faire finir le « sale boulot » par l’équipe en place, avant d’installer la nouvelle dans toute sa virginité politique avant la tenue du sommet du G20 à Séoul, les 11 et 12 novembre prochains.Cette frontière temporelle est très importante pour un président isolé parmi le « peuple qui travaille » et même affaibli auprès de son électorat traditionnel de droite et des « élites » de son camp. Face à un mouvement grandissant, passer en force et dans l’urgence les articles de ce projet au Sénat, ne lui permettra pas d’atteindre son objectif, à savoir décourager et démobiliser ce monde en mouvement bien décidé à protéger la retraite à 60 ans.

La mobilisation pour la journée d’action de ce mardi regroupe des salariés (du privé et du public) qui vivent de leur travail, les personnes privées d’emploi, des jeunes qui espèrent trouver un travail ou encore ceux qui « ont donné » en travaillant toute leur vie et vivent maintenant de leur pension de retraite. Ce monde souffre. Au fil du temps, ceux dont les salaires ou les pensions sont trop faibles ont été poussés à la marge de la société. Les syndicats, partie organisée du monde du travail, expriment la volonté de ce monde, les partis politiques de gauche dans leur diversité appuient la traduction politique de cette volonté à l’intérieur des organes législatifs et électifs.

La peur de Nicolas Sarkozy est due à l’action unitaire du monde du travail et de ses représentants syndicaux et politiques qui freine le retour en arrière. Le développement de ce mouvement unitaire dans les jours à venir peut stopper  ce train socialement régressif, affrété  par le camp du grand capital dont le fidèle serviteur est à la tête de l’état. Il faut prouver à Nicolas Sarkozy qu’il a bien raison d’avoir peur. (L’Humanité-12.10.2010.)

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** blocages devant le dialogue euroméditerranéen

«Le Maghreb est un enjeu stratégique et économique» 

 L’Algérie, selon Noëlle Lenoir, ancien ministre française en charge des Affaires européennes, peut jouer la carte de l’intégration maghrébine dans ses rapports avec l’Europe.

«Il est vrai que les intérêts peuvent diverger d’un pays à l’autre du Maghreb, mais il existe une identité maghrébine. Parler ensemble est une manière de renforcer le poids de la région vis-à-vis de l’Europe. Le Maghreb est un enjeu stratégique et économique», a-t-elle déclaré, lundi soir au Centre culturel français (CCF) à Alger, lors d’un débat qui a suivi une conférence sur «La relation franco-allemande et la construction européenne : un précédent pour la coopération euro méditerranéenne». Une commission Europe-Maghreb est, selon elle, possible. La Tunisie, l’Algérie et le Maroc sont liés à l’Union européenne (UE) par des Accords d’association signés à part. Noëlle Lenoir a estimé que l’Union pour la Méditerranée (UPM), qui regroupe 43 pays, présentée comme un projet stratégique,  doit «avoir le courage»  d’avancer. «Je trouve miraculeux qu’on ait déjà installé un secrétariat à cette union et que la Ligue arabe soit désignée membre observateur. Il y a donc déjà des fondations. Après, il faut transcender les problèmes politiques qui ne peuvent pas être réglés dans le cadre de l’UPM», a-t-elle noté.

Intégration maghrébine

Elle a cité l’exemple de Chypre qui a rejoint l’UE en 2004. «L’UE ne pouvait pas attendre que les Chypriotes grecs et turcs s’entendent entre eux pour accepter l’accession de ce pays à cette union. L’Europe a fait un choix d’aller loin vers le Sud en intégrant Chypre», a-t-elle affirmé. A ses yeux, L’UPM est aujourd’hui un simple espace de dialogue.  «Demain, elle deviendra un espace de projets et peut être tout de suite un espace politique. L’Europe commence à peine à devenir un espace politique», a-t-elle appuyé. L’UPM peut, d’après elle, soutenir des projets relatifs à la dépollution et à la désalinisation de l’eau de mer. «L’Algérie, c’est aussi un peuple d’ingénieurs. En France, les jeunes d’origine algérienne réussissent d’une manière extraordinaire. En Algérie, il existe une classe moyenne supérieure qui se développe», a relevé l’intervenante, soulignant au passage la question des fonds pour ces initiatives. Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, a relevé, lors des débats, que le projet de la Banque méditerranéenne avance à grands pas. «Nous sommes arrivés assez vite à des résultats. Mais nous avons réussi à faire venir un Allemand», a-t-il observé. Noëlle Lenoir a reconnu l’existence de malentendus entre Paris et Bonn lors du lancement de l’UPM. «Il y a des discussions actuellement sur l’UPM au sein du processus de coopération franco-allemand, notamment sur l’énergie solaire», a-t-elle relevé, précisant que la France est perçue comme  «un pays méditerranéen» par le reste de l’Europe, l’Allemagne en tête.  Parlant des relations algéro-françaises, Noëlle Lenoir a estimé que la société civile et les jeunes,  «qui sont universels et qui vivent la mondialisation», peuvent jouer un rôle dans le dialogue entre les deux Etats. Elle a évoqué le cas de Maghrébins vivant en France, «autant talentueux que Zineddine Zidane»,  qui peuvent contribuer à ce dialogue.

«Il y a une forme de volonté politique chez les dirigeants. Cette volonté ne pourra conduire au succès de cette relation Europe-Méditerranée, France-Algérie que si on ne mélange pas la recherche de solution à des problèmes difficiles avec ce dialogue euro- méditerranéen», a-t-elle noté. Elle a reconnu que le débat sur la guerre d’Algérie est encore faible en France. «En France, on vit avec les non-dits. On a mis beaucoup de temps à parler de la France de Vichy. Il a fallu attendre le discours du président Chirac en 1995 pour dire que Vichy, c’était la France. C’était un grand moment pour les familles des déportés. Quand j’ai su que ma mère était juive, j’avais 15 ans. Cela ne se disait pas. C’était interdit», a-t-elle affirmé. Selon elle, il a fallu attendre 1972 pour qu’on dise que les Français n’étaient pas à 99% résistants pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a rappelé que le film La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo était pendant longtemps interdit en France, mais que de grands intellectuels s’étaient engagés aux côtés de l’Algérie. «Les Français digèrent lentement. Dans vingt ou trente ans, on en parlera davantage. Pour l’instant, c’est encore une blessure», a-t-elle observé. Interrogée sur l’interdiction de la burqa sur la voie publique, elle a estimé qu’il existe un consensus national en France pour cette interdiction. Elle s’est dit inquiète par la remontée des populismes en Europe. «Aujourd’hui, les gens ont peur en Europe. Les équilibres mondiaux sont en train de changer. Il y a l’émergence de certains pays, tels que la Chine. Des pays ont de la matière première, d’autres n’en ont pas. L’Europe a le sentiment d’être d’une grande fragilité. Et quand on a ce sentiment, c’est toujours l’autre qui est responsable», a analysé celle qui fut la première femme à siéger au Conseil constitutionnel français. Il faut, selon elle, être impitoyable vis-à-vis des racistes et des xénophobes. (El Watan-13.10.2010.)

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**Centre de rétention de Cagliari en Sardaigne (Italie)

Mutinerie de migrants clandestins

Une trentaine d’Algériens étaient parmi les 102 immigrés clandestins qui se sont échappés, lundi 11 octobre 2010, du centre de rétention de Cagliari, en Sardaigne (Italie), a indiqué Mounira Haddad, présidente de l’Association de défense des droits des migrants, demandeurs d’asile et des réfugiés (AFAD), après avoir pris contact, en fin d’après-midi hier, avec ses homologues d’ONG italiennes qui militent pour la même cause. Après leur évasion, les 102 sans-papiers, des Maghrébins, ont aussitôt envahi l’aéroport de la ville, puisque le centre où ils étaient placés depuis plusieurs mois est une ancienne base aéronautique militaire située à 150 mètres à peine de la tour de contrôle de cet aérodrome, ont rapporté les médias italiens. Selon ces derniers, en début d’après-midi de lundi, sur la centaine de révoltés ñ dont l’action est motivée par leur refus du transfert de certains d’entre eux dans un centre d’identification et d’expulsion ñ une quarantaine a réussi à rejoindre la piste de l’aéroport, obligean  t sa fermeture durant toute la journée. Les forces de l’ordre ont alors été mobilisées en masse pour récupérer les migrants. Dix ont été arrêtés et conduits à la prison de Cagliari et deux blessés ont été hospitalisés. Et ce n’est qu’hier que l’aéroport a été rouvert.
Toutefois, ajoutent les mêmes sources, la situation demeure tendue dans le centre de rétention de Cagliari, où les conditions de vie attentatoires aux droits humanitaires ont toujours été dénoncées par les ONG de par le monde. Ce que ne manquera pas de souligner Mme Haddad qui, en 2009, faut-il le noter, n’avait pas été autorisée par les autorités italiennes à visiter nos concitoyens pensionnaires dudit centre. «Bien que nous réprouvons ce mode de protestation, j’estime qu’il fallait s’attendre à de telles actions. Les conditions de vie et les modes répressifs continuels auxquels ont souvent recours les services de sécurité des centres de rétention italiens poussent cette frange de migrants à l’extrême. Toutes les ONG et associations de défense des droits des migrants n’ont jamais cessé de porter ces graves atteintes aux droits humanitaires sur la scène internationale. Malheureusement, elles ont bien du mal à se faire entendre par le gouvernement italien», regrette-t-elle. La présidente d’AFAD s’interroge toujours sur l’étrange placidité des autorités nationales à l’égard de ce phénomène des harraga qui a l’intérêt de montrer comment elles sont amenées à le combattre, pas seulement pour répondre aux exigences européennes, mais avant tout pour nier la faillite de leurs propres politiques sociales. Ces autorités nationales qu’elle interpelle encore une fois pour se pencher sur le cas du jeune harrag disparu lors de son évacuation vers un hôpital romain. En effet, a-t-elle tenu à rappeler, un groupe de harraga algériens détenus en Italie est toujours sans nouvelles d’un des leurs, et ce, depuis début 2009. Il faisait partie d’un groupe de migrants clandestins ayant été transféré du centre de détention de Bari vers celui de Ponte Galliera à Rome (Italie). Ce jeune, non identifié, souffrait d’une maladie cardiaque chronique.
Les jours passent et les migrants enfermés se rappellent aussi de Salah Soudami, mort la même année (2009), dans les mêmes conditions. Etant également atteint d’une lourde maladie, le jeune Salah aurait été mortellement tabassé dans ce sinistre centre de Ponte Gallierra. «Les migrants enfermés ont demandé des nouvelles de leur copain à la Croix-Rouge chargée de la gestion du centre, mais ils n’ont pas eu de réponse. Même black-out du côté des policiers qui l’ont évacué», ajoute notre source. Sur cette question de conditions inhumaines de détention des harraga algériens dans les centres de rétention italiens, évoquée par un confrère, l’ambassadeur d’Italie à Alger, Giampaolo Cantini, s’est abstenu de s’étaler lors de sa récente visite, en marge des Journées italiennes de Annaba. Il s’est contenté de mettre en avant la sensible baisse du flux migratoire algérien à destination de son pays : seulement 219 clandestins nationaux enregistrés à fin septembre 2010 contre 1599 en 2008 et 408 en 2009.







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