A quoi sert encore Davos ?

**Un Printemps Européen n’est pas à exclure dans les prochains mois 

*En Europe, il existe un cocktail explosif pour un soulèvement de foule

Éruption de violences en Europe : feu de paille ou début d'une révolte à l'échelle du continent ?

*Pour Arnold Karskens, un célèbre journaliste de guerre néerlandais, un Printemps Européen n’est pas à exclure dans les prochains mois à venir. « Tous les éléments sont présents pour un soulèvement de foule », avertit-il dans NRC.

Pour Arnold Karskens, les points communs avec le Printemps Arabe (2010) ne manquent pas en Europe: chômage, corruption, explosion démographique, oppression... Selon ce célèbre journaliste de guerre néerlandais, un Printemps Européen n’est pas à exclure d’ici le mois de mai. « Il existe assez d’ingrédients pour assister à une révolution en Europe », écrit-il sur le site de NRC.
En premier lieu, Arnold Karskens pointe surtout l’émergence de partis qui se présentent comme les gardiens de valeurs occidentales. Pour lui, beaucoup de citoyens européens redoutent une islamisation de masse avec l’arrivée de migrants et la menace accrue des attaques terroristes sur notre continent. Les agressions sexuelles perpétrées à grande échelle à Cologne le soir du Nouvel An n’ont fait qu’augmenter cette crainte.

La situation économique en Europe est le second motif important pour un éventuel soulèvement de foule. Dans le sud de l’Europe par exemple, le taux de chômage a atteint des chiffres historiques chez les jeunes. De surcroît, les travailleurs peu qualifiés doivent désormais faire face à la concurrence des migrants, indique Arnold Karskens.
Le manque de leaders charismatiques crée aussi un grand sentiment d’insécurité en Europe. L’UE semble incapable de gérer la crise des migrants. Chaque conflit historique démarre avec un incident important. Toujours selon Arnold Karskens, les conditions météorologiques doivent également être favorables pour créer une révolution. Pour toutes ces raisons, Arnold Karskens redoute le pire d’ici le mois de mai alors que l’afflux des migrants risque d’atteindre un pic jamais atteint en Europe.*Christophe Da Silva/  Source: NRC / vendredi 08 janvier 2016

*Il y a un désaccord croissant entre les élites qui gouvernent et les peuples. 

**On assiste à des défilés massifs au Portugal et en Espagne ou encore en Grèce où policiers et manifestants s’affrontent. Les plans d’austérité imposés par l’Union européenne soulèvent une vague de contestation montante. En exigeant l’austérité, l’Europe va-t-elle mener à une révolution des peuples ?

Christophe BourseillerRévolte n’est pas forcément révolution. Deux facteurs rendent possible une crise sociale : une paupérisation brutale de la population, à laquelle s’ajoute une variable incontrôlable : le possible éclatement d’une colère collective.*Ainsi, la crise sociale en Tunisie a été rendue possible non seulement par la pauvreté générale de la population mais aussi par le suicide de Mohamed Bouazizi qui a constitué un facteur inattendu. On assiste depuis 2008 à de brutales flambées sociales dans plusieurs régions du globe (Grèce, Guadeloupe, Tunisie, Egypte, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal…).*Les pouvoirs institutionnels et politiques sont-ils conscients de la colère des peuples et du risque qu’elle fait peser sur la cohésion européenne ? Les partis nationalistes sont-ils les seuls à s’en rendre compte ? *Il y a un désaccord croissant entre les élites et les peuples. De même que les peuples ne parviennent pas toujours à saisir les décisions prises par les élites, les élites ont tendance à mépriser le peuple et à ne pas entendre ce que dit la voix de la foule. Si les populismes existent, c’est parce que les élites n’écoutent pas suffisamment le peuple. Du coup, les populismes tirent avant les autres les marrons du feu. En Egypte et en Tunisie, les islamistes incarnent à leur manière une forme de populisme. Et ils sont parvenus au pouvoir. En Europe, les slogans démagogiques des partis populistes rencontrent l’assentiment de la foule. Les formations modérées devraient méditer ce point. Jusqu’ici, la contagion a toutefois été contenue, tandis que les partis populistes se régulaient quand ils accédaient au gouvernement, à l’image de ce qui s’est passé en Suisse. Mais la dérive du pouvoir en Hongrie demeure un sujet d’inquiétude.**atlantico.fr/

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       *A quoi sert encore Davos ?

***Le pouvoir d´un roi s´achève à sa mort. A la mort d´un prophète commence son influence.» Jonathan Sachs

A quoi sert encore Davos ? 6a2dec62-efb8-11dd-84f9-98cdaec9eb24

Le Forum de Davos, né en janvier 1971, a pour vocation de permettre aux grands de ce monde de faire le point sur la santé du capitalisme. C’est une véritable entreprise qui a besoin d’un budget conséquent. Ses membres sont des entreprises, 1000 entreprises les plus importantes au monde. Chiffre d’affaires: près de 85 millions d’euros. La réunion 2009 est placée sous la devise «Redessiner le monde de l’après-crise». Une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que des grands patrons participent à l’annuel Forum économique mondial dans la petite station suisse. Derrière la défense du système multilatéral, une autre idée: le retour de l’Etat. «Pour restaurer la confiance, qui est fondamentale pour le fonctionnement des marchés, nous avons besoin d’une meilleure régulation, d’une meilleure supervision, d’une meilleure gouvernance des entreprises», a ainsi déclaré le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a, quant à lui, appelé à «l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial» et demandé aux pays riches d’«assumer leurs responsabilités» en aidant les pays pauvres face à la crise. Il a particulièrement appelé les Etats-Unis à la «coopération», estimant que la «confrontation» serait néfaste aux deux pays. Dans le même temps, près de 2000 Indiens du Brésil et d’autres pays de la région amazonienne ont participé à la neuvième édition du Forum social mondial, qui a commencé le 27 janvier à Belém, dans l’Etat brésilien du Pará (…) «Le slogan du Forum, « Un autre monde est possible », n’a jamais semblé aussi actuel», affirment les organisateurs…qui continueront à voter des résolutions généreuses mais sans portée réelle.Des absents de marque
Cette année, le coeur n’était pas à la fête, pour cause de débâcle financière, malgré le m’as-tu vu des habitués. Jadis, écrit Federico Rampini, le gotha de la politique et de l’économie se retrouvait, chaque année, au Forum économique mondial, qui ouvre ses portes ce 28 janvier en Suisse. Mais la crise est passée par là. Nombre de grands patrons n’ont, cette fois, pas été invités. John Thain, le P-DG de la banque Merrill Lynch, a été remercié peu avant son départ pour le Forum économique mondial. Robert Rubin, ministre des Finances sous l’administration de Bill Clinton a été, pendant des années, une des stars de Davos. Il a démissionné, il y a quelques jours, de la direction de Citigroup, emporté par le désastre bancaire qui a déjà coûté presque 300 milliards de dollars en garanties de l’Etat. Au Forum économique mondial, qui s’ouvre le 28 janvier, l’industriel indien Ramalinda Raju devait présider un débat sur les marchés financiers. Mais, voilà deux semaines, les autorités ont retiré son passeport au fondateur de Satyam Computer Services, car il est accusé de faux en écritures comptables après avoir dissimulé un trou de 1 milliard de dollars. Huang Guangyu, le magnat chinois à la tête de l’empire de l’électroménager Gome, s’est retrouvé la semaine passée, après deux mois de cavale, dans une prison de son pays. Quant à Adolf Merckle, 74 ans, patron de la multinationale pharmaceutique allemande qui porte son nom et qui figurait sur la liste des cent dirigeants d’entreprise les plus riches du monde, il a connu une fin plus tragique. Il s’est suicidé, il y a deux semaines, en se jetant sous un train.
«C’est le politologue Samuel Huntington qui avait forgé l’expression « homme de Davos », du nom du rendez-vous obligatoire de l’establishment capitaliste, réuni à la fin de chaque mois de janvier dans les montagnes suisses des Grisons.» L’«homme de Davos» semblait évoquer une mutation anthropologique, une nouvelle classe dirigeante affranchie des conditionnements nationaux, plus puissante que les gouvernements, liée par de denses intérêts communs, fidèles à la pensée unique néolibérale. (…) En une année, l’«homme de Davos» a pratiquement tout perdu. Tous ont vu s’écrouler leur crédibilité et leur légitimité.(…) Jusqu’en 2008, même les adversaires les plus radicaux de la pensée néolibérale, comme les mouvements altermondialistes, attribuaient à l’«homme de Davos» un projet stratégique, une vision. Aujourd’hui, l’élite globale est en pleine débandade. Les plus chanceux, ceux qui n’ont pas été licenciés dans le déshonneur, qui n’ont pas été arrêtés ni placés sous enquête, mendient aujourd’hui l’aide de l’Etat. (…) Au cours des dernières décennies, à chaque signal de crise, l’«homme de Davos» réagissait en cooptant son rival. Plus rapide que le G8 ou que le Fonds monétaire international, le Forum économique mondial a été le premier à s’ouvrir aux idées des altermondialistes. Il a intégré le Forum social, Le débat sur le «code éthique des banquiers», qui figure en évidence sur le programme de ce sommet 2009, fait aujourd’hui sourire.(1)
Mais comment en effet, peut-on donner le moindre crédit aux bavardages sans issue de gugusses qui, il y a deux ans encore, «célébraient un conte de fées à Davos», selon les propres termes de Michael Eliott, directeur du magazine Times, habitué des lieux (…) Seule une économie financière complètement sous contrôle étatique est à même d’empêcher le retour des bonnes vieilles pratiques. (…) Ce ne serait que moral que les responsables payent après avoir honteusement profité des décades durant, de rentes de situation et permettent ainsi au monde de se redresser.(2)
A Davos, écrit Sebastien Maillard du journal La Croix, une session, modérée par Tony Blair en personne, a défendu le rôle des religions pour, non pas être source de divisions dans le monde, mais le soigner de la crise qu’il traverse «Il y a un lien à établir entre la crise qui se déroule et les valeurs», a justifié l’ancien Premier ministre britannique, «La consommation procure un plaisir de 24 heures jusqu’à l’achat suivant. Mais elle n’a pas distribué le bonheur», a fustigé le grand rabbin de Londres, Jonathan Sachs. Pour lui, les religions peuvent indiquer les «valeurs ultimes» au monde des affaires. Pour Gilles Bonafi, les prémices d’une débâcle étaient connues et étaient irréversibles: Dès octobre 2008, j’avais, écrit-il, dans mon article «cessation de paiement» indiqué les différentes étapes de la crise systémique actuelle: Acte I: les subprimes /les banques. Acte II: faillite des hedge funds. Acte III: l’économie réelle est touchée (faillite de Ford, General Motors, Chrysler et des compagnies aériennes US entre autres, au premier trimestre 2009). Acte IV: faillite des collectivités locales et des Etats aux USA. Acte V: cessation de paiement et destruction du dollar (fin du deuxième trimestre 2009). Selon Klaus Schwab, le chef du Forum économique international de Davos, la crise financière a coûté pour le moment 5000 milliards de dollars. Il ne compte pas les engagements du gouvernement US et de la Fed en soutien à la finance qui totalisent 7400 milliards, soit 50% du PIB US (source: Bloomberg 24-11-2008). Le département américain du Travail a d’ailleurs déclaré une moyenne à quatre semaines de 558.000 chômeurs de plus en décembre 2008 (source: AFP). Il y aura donc 1,7 million de chômeurs supplémentaires aux USA au mois de mars, si tout va bien. (…) En Chine, 670.000 petites entreprises ont fermé et 6,7 millions d’emplois ont disparu en 2008 (source: Reuters). Les risques d’émeutes deviennent l’obsession des dirigeants chinois. L’OCDE prévoit «20 à 25 millions» de chômeurs en plus dans le monde d’ici 2010 (source: AFP). (…) Je conclus, écrit-il, mon article avec cet extrait d’un mail de Francis Neri président de l’Institut européen de socialisation et d’éducation qui résume tout: «Pour 2009, la conjonction des crises nous promet une série de malaises sociaux sans commune mesure avec le passé. Il est probable que le danger vienne de la récupération de la colère des jeunes, victimes d’une éducation et d’une socialisation déficitaires. Nous avons le dos au mur, et nous n’avons pas d’autres solutions que de chercher un « autre chemin ». Les crises économique, sociale, écologique, énergétique, des matières premières, alimentaires, sont interreliées et l’on ne peut considérer l’une sans se préoccuper des autres. Il est temps « d’avoir des idées » de les rapprocher et de les mettre en oeuvre.»(3)
Famine pour certains, moins de luxe pour d’autres
Cachez cette misère que je ne saurais voir! Le monde occidental est plus que jamais ambivalent! Au moment où se tient le festival de Davos, à Madrid on se lamente comment réunir quelques dollars pour qu’il y n’y ait pas de famines. On se souvient que le 19 novembre 2008, M.Jacques Diouf, directeur général de la FAO, avait lancé un appel aux leaders de la planète pour la tenue d’un Sommet mondial sur la sécurité alimentaire au cours du premier semestre de 2009 pour jeter les bases d’un nouvel ordre agricole mondial et trouver 30 milliards de dollars par an pour éradiquer rapidement et définitivement la faim de la surface de la terre. «Engager une telle somme pour sauver l’humanité de la faim n’est pas déraisonnable quand on sait qu’il n’a fallu que quelques semaines pour réunir plus de 100 fois ce montant pour tenter de juguler la crise financière mondiale. Ce montant est modeste comparé aux 365 milliards de dollars consacrés en 2007 au soutien de l’agriculture dans les pays de l’OCDE et aux 1340 milliards de dollars pour les dépenses militaires mondiales au cours de la même année dans les pays développés et en développement.» Si la communauté internationale semble avoir pris conscience, avec les émeutes de la faim, des dangers politiques et sociaux que peut provoquer une flambée des prix alimentaires, les mesures pour augmenter la production dans les pays pauvres tardent à se concrétiser. Pourtant, la menace n’est pas écartée: les aléas climatiques, l’instabilité des marchés et les incertitudes financières sont autant de facteurs qui risquent de ramener au premier plan la crise alimentaire. Elle ´´reste d’actualité et risque de s’aggraver´´, a averti Jacques Diouf, lors de la réunion internationale sur «la sécurité alimentaire pour tous», lundi 26 et mardi 27 janvier, à Madrid. Les pays membres de la FAO s’étaient engagés, lors du Sommet de Rome, à réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim mais n’avaient accompagné leur promesse que d’engagements financiers limités. 20 milliards de dollars, c’était le montant des engagements des 95 pays réunis sous l’égide de la FAO à Rome, en juin 2008. A peine 2 milliards ont aujourd’hui été mis à disposition. 1 milliard d’euros. Depuis des années pourtant, la FAO appelle à réinvestir dans l’agriculture, notamment dans les pays pauvres, incapables d’assurer leur sécurité alimentaire. Le nombre des personnes souffrant de sous-alimentation a augmenté: il approche un milliard.(4)
Pour Attac France, tous les événements qui se sont produits au cours des dernières années confirment totalement les analyses du mouvement altermondialiste. La soumission de toutes les activités humaines à une logique financière, la concurrence exacerbée entre les travailleurs et les systèmes sociaux, la pression exercée dans les pays du Sud pour les intégrer de force dans le marché mondial, au mépris de leur souveraineté alimentaire, la confiscation des terres par des grands propriétaires, la dissémination des OGM sacrifiant l’autonomie des paysans et la biodiversité, ne pouvaient que provoquer crise sociale, crise alimentaire et crise écologique. Dans le même temps, la spéculation sur les marchés financiers atteignait de tels sommets qu’elle a dégénéré en crise financière monumentale. Le monde a récolté aggravation des inégalités, concentration de la richesse, épuisement des ressources, réchauffement climatique et conflits en tous genres. De très nombreuses propositions émergent des rencontres des altermondialistes qui dessinent des voies alternatives au capitalisme financier. En particulier, la sauvegarde de tous les biens communs de l’humanité soustraits aux appétits privés, la mise sous contrôle public du crédit, la suppression des paradis fiscaux, l’annulation de la dette des pays du Sud, l’accès à la terre, la souveraineté alimentaire, le respect des droits humains et sociaux la réponse à l’urgence climatique sont susceptibles de mieux répondre aux besoins. Retrouver la maîtrise collective de l’avenir de l’humanité, telle est la raison d’être des forums sociaux. Le FSM de Belém s’inscrit dans cette perspective.(5)
Ce que n’a pas pu faire le forum des antimondialistes à savoir les forums de Porto Allègre, du Mali, de Bélem et de bien d’autres, la crise financière l’a fait en quelques mois. Alors qu’à Davos les grands de ce monde se font tout petits et chacun fait preuve de pénitence avec naturellement un coupable désigné: les banques. Joseph Stirglitz parle d’une mutualisation des pertes et d’une privatisation des profits. Preuve s’il en est que seul l’argent, le nerf de la guerre, gouverne le monde. Foin de bonnes paroles de résolutions généreuses soixanthuitardes à la «il est interdit d’interdire». Seul compte le money-théisme- adoration du dieu argent-et pourtant les altermondialistes n’ont pas démérité. A sa façon, Pierre Gauvin-Evrard résume en quelques phrases la mal-vie de la terre et son dérèglement éthique. Il écrit: «J’accuse les pauvres de se plaindre inutilement; j’accuse les affamés de pleurer sans raison valable; j’accuse les riches d’être trop généreux; j’accuse les crapules de trop de compassion; j’accuse les écolos d’empêcher le suicide de l’humanité et de la Terre; j’accuse les hommes d’affaires d’être encore trop nombreux; j’accuse les politiciens, les intellectuels, les médias de ne pas assez cacher la vérité; j’accuse les puissances nucléaires de ne pas utiliser les bombes atomiques pour réduire la surpopulation des pays du Tiers-Monde..»(6)
La seule note positive à Davos c’est le courage du Premier ministre turc Erdogan qui a tenu à témoigner des atrocités de Ghaza devant une salle acquise, modérateur à Peres qui a rabâché les mêmes clichés: Israel lutte pour sa survie, elle représente le dernier rempart de la civilisation contre les barbares. Pendant ce temps, Amr Moussa représentant l’Egypte avec le budget des pays arabes, planait : il n’était pas concerné… Par le Pr Chems Eddine CHITOUR (*)
(*) Ecole nationale polytechnique
1.F.Rampini Davos a perdu les maîtres du monde, La Repubblica, Courrier internat. 28 01. 2009
2.WEF Davos: théories, théories,…28 janvier 2009 http://ouvertures.info/societe/econ…
3.Gilles Bonafi http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3823
4.J-J Bozonnet, L. Clavreul Nouvelles menaces sur la sécurité alimentaire: Le Monde 28.01.09
5.Attac France, le 26 janvier 2009 Le FSM anti-crise Lundi 26 Janvier 2009
6.P.Gauvin-Évrard: Contrefaçon au ’J’accuse’ de «L’Affaire Dreyfus». Agoravox 31.01.2009.

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* La « Montagne magique » et la souris..!

Le professeur Klaus Schwab, son organisateur, avait promis que le Forum économique mondial 2009 serait «le sanatorium du monde ». Davos n’est-il pas la «Montagne magique» (1), dont les vertus climatiques soignaient la tuberculose ? Patrons, ministres ou têtes d’œuf, les 2 500 congressistes savaient en arrivant qu’ils souffraient de «produits toxiques» et que l’infection était devenue pandémique. À l’issue de cinq jours de rencontres, ils ont appris qu’un mal plus insidieux les frappait, la peur et le ressentiment. Dès la séance d’ouverture, il fut évident qu’il y avait de l’électricité dans l’air. Vladimir Poutine a remis à sa place Michael Dell, le patron de Dell Computers, qui lui proposait son assistance. «Nous sommes réputés pour notre école de mathématiciens», a répondu le premier ministre russe. Un peu plus tard, Jakob Frenkel, vice-président de l’assureur AIG, qui a reçu 85 milliards de dollars d’aide du Trésor, s’est vu reproché d’être toujours en poste. «Je ne suis pas membre du conseil d’administration», a plaidé, penaud, cet habitué des lieux. «La seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de la peur elle-même» : le professeur Nouriel Roubini, a rappelé la phrase fameuse de Roosevelt des années 1930 pour constater que les patrons s’empressent partout de réduire leurs effectifs et leurs investissements. Par peur. Voilà qui est rationnel au niveau de chaque entreprise mais irresponsable à l’échelle globale. Cette contradiction, entre l’égoïsme des individus et l’intérêt collectif, est apparue dans tous les débats. La «main invisible du marché», qui conciliait si bien ces deux niveaux, ne fonctionne plus. Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a stigmatisé la pression des investisseurs qui incite actuellement les banques à accroître leurs ratios de fonds propres. «Ce n’est pas le moment, a-t-il martelé. De même que ce n’était pas opportun, en 2004, de permettre aux banques d’investissement américaines de faire passer l’effet de levier à trente fois leurs capitaux propres (au lieu de douze auparavant.»«Une décision folle», a insisté Kenneth Rogoff, professeur à Harvard, et à la source de la crise actuelle. Les solutions sur la table, telle la création de bad banks – des structures de cantonnement isolant les actifs toxiques – ont donné lieu, elles aussi, à de rudes échanges. «Nous n’avons pas d’alternative : il n’y aura pas de reprise économique tant que le crédit sera grippé», a expliqué Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE. «Stupidité», a rétorqué Joseph Stiglitz, le Prix Nobel d’économie, qui préconise de véritables nationalisations, sinon l’argent des contribuables sera perdu à jamais et la dette publique plombée pour des décennies. Or le «mot en N», comme disent les Américains, qui l’abhorrent, fait très peur aux pays émergents qui y voient une forme de nationalisme inévitable. À partir du moment où les États financent leurs banques, les contribuables sont en droit d’exiger que cela leur profite. Même chose pour les plans d’aide sectorielle. Le programme automobile américain stipule que «tout l’acier devra être produit aux États-Unis». Pascal Lamy, directeur de l’Organisation mondiale du commerce, «espère que le Sénat américain aura la sagesse de retirer cette clause». Mais il reconnaît qu’en démocratie «les élus ont le dernier mot». La porte est étroite entre la demande, légitime, de protection des populations, auxquelles le Bureau international du travail annonce 50 millions de chômeurs supplémentaires, et le protectionnisme, considéré comme le mal absolu.Le Forum 2009 aura-t-il eu un effet de catharsis en mettant à nu tous ces réflexes de peur qui ne font qu’envenimer des difficultés bien réelles ? Car les pertes de richesse sur les marchés financiers et immobiliers ne sont pas une vue de l’esprit : 30 000 milliards de dollars, deux fois le PIB annuel américain, a rappelé Bill Clinton. La récession elle-même et son ampleur dépendront pour une bonne part des «prévisions autoréalisatrices» des entreprises et des consommateurs. Deux portes de sortie ont été évoquées dans ce concert de lamentations. La chute des prix du pétrole depuis l’été représente pour les Américains un gain quotidien de 1,2 milliard de dollars, a rappelé al-Sayari, gouverneur de l’agence monétaire d’Arabie saoudite. Au-delà des supputations sur les plans de relance gouvernementaux, le Forum a passé en revue les possibilités des nouvelles technologies. «C’est de là que viendra le vrai rebond», nous affirme un industriel français. La «Montagne magique» a peut-être accouché d’une souris, mais c’est aussi celle de l’ordinateur et de l’innovation. (Le Figaro) 

 

602 réponses à “A quoi sert encore Davos ?”

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