Irak,le chaos après l’invasion

Les Kurdes irakiens annoncent s’être emparés de champs de pétrole dans la région de Kirkouk

La région autonome du Kurdistan irakien a annoncé vendredi avoir pris le contrôle de champs de pétrole disputés dans la région de Kirkouk (nord), provoquant la colère des autorités centrales de Bagdad.

« Les membres du gouvernement régional du Kurdistan et les forces de protection du pétrole de Kirkouk ont sécurisé les champs de pétrole des zones de Bai Hassan et de la zone de Makhmour », a annoncé le gouvernement kurde dans un communiqué.

« La production des nouveaux champs maintenant sous contrôle kurde va servir d’abord à faire face à la pénurie de produits raffinés sur le marché intérieur », a ajouté le communiqué, précisant que le personnel était invité à coopérer ou à partir.

Les Kurdes, qui se sont déjà emparés il y a un mois de la ville disputée de Kirkouk à la faveur de la crise provoquée par l’offensive fulgurante des insurgés sunnites, ont expliqué avoir pris cette initiative en réaction à la volonté du ministère du Pétrole de saboter un oléoduc de la zone.

Plus tôt dans la journée, ce ministère avait accusé les forces de sécurité kurdes, les Peshmergas, de s’être emparées de deux champs pétroliers près de Kirkouk (nord). Les autorités du Kurdistan irakien avaient alors démenti.

Leur initiative marque une nouvelle escalade dans les tensions entre Erbil et Bagdad, qui ont contribué au retard pris dans la formation d’un gouvernement d’union nationale face à l’offensive des insurgés sunnites.

Les autorités kurdes ont demandé jeudi au Premier ministre Nouri al-Maliki de quitter le pouvoir, le qualifiant d’ »hystérique » après ses déclarations accusant la province autonome d’être le quartier général des insurgés.(Afp-11/07/2014  )

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*Tony Blair est « devenu fou », selon le maire de Londres

**Beaucoup de Britanniques n’étaient pas d’accord  avec l’intervention américaine et britannique en Irak, d’il y a 11 ans. 

Les propos de Tony Blair sur l’Irak ont soulevé un tollé en Grande-Bretagne, où le maire de Londres en est « arrivé à la conclusion » lundi que l’ancien Premier ministre était « devenu fou ».

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Tony Blair, actuel envoyé spécial du Quartet (Nations unies, Union européenne, Etats-Unis et Russie) au Proche-Orient, a déclaré dimanche que l’offensive jihadiste en cours en ce moment en Irak n’avait aucun lien avec l’intervention américaine et britannique d’il y a 11 ans. Cette prise de position de l’ancien Premier ministre lui a valu les critiques de toutes parts, y compris de son propre camp politique du Labour. 

« Tort, tort et encore tort »
« Je n’étais pas d’accord avec Tony à l’époque et je ne le suis pas aujourd’hui », a affirmé son ancien vice-Premier ministre, John Prescott. Tony Blair a eu « absolument et durablement tort, tort et encore tort » sur cette question, a insisté l’ancienne ministre du Développement international Clare Short, qui avait démissionné en 2003 à la suite de l’intervention en Irak. Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Mark Malloch Brown, a supplié Tony Blair de « garder le silence ». 

« Tony Blair est devenu fou »
Les critiques les plus virulentes à droite sont venues du maire conservateur de Londres, Boris Johnson, qui en est « arrivé à la conclusion que Tony Blair est devenu fou », dans sa chronique hebdomadaire pour le Daily Telegraph lundi. « Il a fait des déclarations qui laissent pantois et qui sont tellement en décalage avec la réalité qu’il a certainement besoin d’une aide psychiatrique professionnelle », écrit-il. 

« Arrogance invraisemblable »
« La guerre en Irak a été une erreur tragique », ajoute Boris Johnson, qui, tout en reconnaissant avoir voté en faveur d’une intervention à l’époque, accuse Tony Blair de « nier les faits » et de vouloir « réécrire l’histoire ». Le maire de Londres estime que Tony Blair et le président américain de l’époque, George W Bush, avaient fait preuve d’une « arrogance invraisemblable » en pensant que le renversement de Saddam Hussein n’allait pas entraîner une instabilité directement responsable de la mort de plus de 100.000 Irakiens et de centaines de soldats américains et britanniques. *16/06/14 – 13h26  Source: Belga

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**Les ambassades ont commencé à quitter l’Irak 

        *Sauve qui peut!

Des ambassades occidentales ont commencé à évacuer leur personnel de la capitale irakienne lundi -16.juin 2014-en dépit des assurances de Bagdad affirmant avoir « repris l’initiative » face à l’avancée de jihadistes qui contrôlent désormais d’importants pans du territoire dans une région déjà très instable.

En l’espace d’une semaine, les jihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), soutenus par des partisans du régime déchu de Saddam Hussein, se sont emparés de vastes zones dans le Nord et le centre de l’Irak, dont la deuxième ville du pays, Mossoul. L’EIIL cherche à créer un Etat islamique dans une zone frontalière avec la Syrie, où il est connu pour ses exactions. Les insurgés tentent désormais d’avancer vers Bagdad et l’EIIL a affirmé avoir tué 1.700 soldats chiites irakiens, une revendication qualifiée « d’horrible » par la porte-parole du Département d’Etat américain Jen Psaki. « Des terroristes capables de perpétrer des actes aussi abominables sont les ennemis communs des Etats-Unis, de l’Irak et de la communauté internationale », a déclaré Mme Psaki. 
media_xll_6826248Face aux violences et à l’instabilité en Irak, des évacuations de personnel diplomatique ont été confirmées jusqu’ici par les Etats-Unis et l’Australie. Washington a annoncé par ailleurs l’envoi de renforts autour de son ambassade située dans la zone verte de Bagdad, déjà hautement sécurisée. Des employés seront évacués vers les consulats d’Erbil et de Bassora, des régions irakiennes épargnées par les violences, et d’autres vers l’ambassade des Etats-Unis en Jordanie, a expliqué Mme Psaki, sans préciser le nombre de personnes concernées.*16/06/14 – 11h58  Source: AFP

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**Les Etats-Unis envoient un navire de marines dans le Golfe

Le navire américain USS Mesa Verde, avec 550 Marines et des avions-hélicoptères Osprey à son bord, est arrivé dans le Golfe pour pouvoir envoyer des renforts en cas d’évacuation de l’ambassade américaine à Bagdad, a annoncé lundi le Pentagone. « Le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a ordonné au navire de transport amphibie USS Mesa Verde d’entrer dans le Golfe. Ce dernier a déjà franchi le détroit d’Ormuz », affirme le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, dans un communiqué.

Les 550 Marines pourront participer le cas échéant à des opérations d’évacuation de l’ambassade américaine à Bagdad en cas d’aggravation de la situation, selon un responsable américain de la Défense. « L’USS Mesa Verde est capable d’effectuer toute une variété d’opérations de réaction rapide et de réponse aux situations de crise », ajoute le contre-amiral Kirby. 

Le navire a rejoint dans le Golfe le porte-avions USS George H.W. Bush qui dispose à son bord de plus de 70 avions et hélicoptères. Le porte-avions est lui-même escorté du destroyer USS Truxtun et du croiseur USS Philippines Sea, tous deux équipés de plusieurs dizaines de missiles de croisière Tomahawk. Washington avait déjà annoncé dimanche l’envoi d’un cinquantaine de Marines en renforts à leur ambassade en Irak et le déplacement de certains de leurs employés vers d’autres sites diplomatiques américains moins menacés par l’avancée des jihadistes. 

Le président américain Barack Obama avait indiqué vendredi qu’il déciderait dans les jours à venir quelle attitude adopter face à l’avancée des jihadistes. *16/06/14 – 15h07  Source: Belga

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*Abou Bakr al-Baghdadi formé par le Mossad

L’ancien employé à l’Agence nationale de sécurité américaine, Edward Snowden, a révélé que les services de renseignement britannique et américain, ainsi que le Mossad, ont collaboré ensemble pour la création de l’ex-EIIL ou l’État islamique en Irak et au Levant, selon l’agence d’information iranienne Farsnews.

Snowden a indiqué que les services de renseignement de trois pays, à savoir les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’entité sioniste ont collaboré ensemble afin de créer une organisation terroriste qui soit capable d’attirer tous les extrémistes du monde vers un seul endroit, selon une stratégie baptisée « le nid de frelons ».

Les documents de l’Agence nationale de sécurité américaine évoquent « la mise en place récente d’un vieux plan britannique connu sous le nom de « nid de frelons »pour protéger l’entité sioniste, et ce en créant une religion comprenant des slogans islamiques qui rejettent toute autre religion ou confession ».

Selon les documents de Snowden, « la seule solution pour la protection de « État juif »est de créer un ennemi près de ses frontières, mais de le dresser contre les États islamiques qui s’opposent à sa présence ».

Les fuites ont révélé qu’ »Abou Bakr al-Baghdadi a suivi une formation militaire intensive durant une année entière entre les mains du Mossad, sans compter des cours en théologie et pour maîtriser l’art du discours ».(Agence-11/07/2014 )

**Allah ne nous a pas ordonné de combattre Israël 

Israël bombarde avec ses avions américains les palestiniens de Ghaza et silence aussi des salafistes et autres djihadistes de pacotille qui n’ont jamais tiré une seule balle contre l’Etat sioniste. Interrogé sur le fait de ne pas soutenir la cause palestinienne et de ne pas déclarer le jihad contre l’Etat Hébreu qui massacre des civils innocents, la mouvance pseudo jihadiste Daech (EIIL, l’État islamique en Irak et au Levant) a précisé dans un communiqué posté sur son compte Twitter que  dans le saint Coran, Allah ne nous a pas ordonné de combattre Israël ou les juifs. Ainsi donc les pseudo jihadistes, alliés objectifs d’Israël, se défaussent de leur lâcheté et de leurs crimes en avançant une thèse aussi farfelue que ne l’est leur jihad contre les musulmans de Syrie et de l’Irak.*médias-10.07.2014

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*au moins 17 morts et 77 blessés dans des attentats

AFP– le 16.12.2012

Dix-sept personnes sont mortes et au moins 77 ont été blessées dimanche dans des attentats en Irak, visant notamment deux mosquées chiites et les locaux d’un parti politique kurde dans le nord du pays, selon des sources médicale et de sécurité.
A Kirkouk, dans le nord de l’Irak, deux mosquées chiites ont été la cible de deux attaques à la voiture piégée et de sept bombes placées en bord de route, tandis que près de la ville, une bombe magnétique a visé un policier, a indiqué la police.                                       

Au total, ces attaques ont fait treize morts et 57 blessés selon Sadiq Omar Rasul, chef des services de santé de Kirkouk.
La communauté chiite, majoritaire en Irak, est souvent la cible d’attaques menées par des insurgés sunnites.
Dans la province de Diyala, à 130 km au nord-est de Bagdad, une attaque à la voiture piégée a visé à Jalawla le quartier général local de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) du président irakien Jalal Talabani, où étaient rassemblés un certain nombre de personnes voulant rejoindre les peshmergas, les forces de sécurité kurdes, a indiqué un officier de police.
Cet officier a fait état de deux morts et de treize blessés parmi ces recrues, un bilan confirmé par une source médicale à l’hôpital de Jalawla.
Kirkouk et Jalawla, villes multiethniques, font partie des territoires du nord de l’Irak que les dirigeants du Kurdistan irakien souhaitent intégrer à leur région autonome, ce à quoi les autorités centrales irakiennes s’opposent.
La querelle autour des territoires contestés est l’un des dossiers les plus susceptibles de menacer à terme la stabilité et l’unité de l’Irak, selon des analystes et diplomates. Bagdad et Erbil divergent également sur la répartition des revenus du pétrole et le partage du pouvoir.
A Tarmiya, au nord de Bagdad, des hommes armés ont attaqué un barrage militaire, tuant au moins deux soldats et en blessant au moins trois autres, selon un responsable du ministère de l’Intérieur et un officier de police.
Et l’explosion d’une voiture piégée a blessé un policier et trois civils à Baiji, à 200 km au nord de la capitale, selon des sources médicale et de sécurité.
Les violences en Irak ont nettement diminué depuis le pic des années 2006 et 2007, mais les attentats restent très fréquents.*AFP– le 16.12.2012

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*L’IRAK AN VII
Chronique d’un pays en miettes

«Cette conjonction entre un immense establishment militaire et une importante industrie privée de l’armement est une nouveauté dans l’histoire américaine. (…) Nous ne pouvons ni ignorer, ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (…) nous devons nous prémunir contre l’influence illégitime que le complexe militaro-industriel tente d’acquérir, ouvertement ou de manière cachée» Général Eisenhower (Discours de fin de mandat 17 janvier 1961)

La visite du vice-président américain Jo Biden le 4 juillet à Baghdad nous a fait nous ressouvenir de l’Irak qui a disparu des écrans de l’information depuis les élections il y a quatre mois. On s’aperçoit alors qu’il n’y a toujours pas de vainqueur et que l’Irak est en roue libre. Certes, cela ne change pas grand-chose au quotidien des Irakiens sommés de survivre avec chaque jour son lot d’horreur. On apprend que le 14 juin, le nouveau Parlement irakien s’est réuni sans résultat plus de trois mois après les législatives du 7 mars, qui ont laissé le pays englué dans une crise politique. Avant cette séance inaugurale, les tractations vont bon train. Le Premier ministre sortant, Nouri al-Maliki et son rival Iyad Allaoui, se sont rencontrés pour la première fois depuis ce scrutin sans vainqueur net. Arrivé de peu en tête des élections (91 sur 325 sièges), le Bloc irakien (Iraqiya) du chiite laïque Allaoui, soutenu par la minorité sunnite, risque de ne pas obtenir les fruits de son succès électoral à la suite de divisions internes et du rapprochement de ses adversaires chiites. Le Bloc irakien se bat aujourd’hui pour obtenir des postes-clés au gouvernement. Un accord négocié en coulisses entre les deux principales coalitions chiites, avec l’aide de l’Iran, a en effet donné naissance à un nouveau bloc, l’Alliance nationale. Cette «super-coalition» rassemblant l’AED de M. Maliki et l’Alliance nationale irakienne (ANI), est destinée à priver le Bloc irakien du pouvoir avec une majorité parlementaire relative de 159 sièges. Dans une tribune publiée dans le Washington Post, Iyad Allaoui a accusé Nouri al-Maliki de défier «la volonté du peuple» en créant la nouvelle alliance pour s’emparer du pouvoir. M.Maliki «refuse de reconnaître sa défaite et le clair désir de changement et de progrès des Irakiens», écrivait-il. Selon une source proche des négociations, Iyad Allaoui pourrait aussi être disposé à accepter la présidence, un poste essentiellement protocolaire, ce qui permettrait à Nouri al-Maliki de conserver la tête du gouvernement.

Le prix payé par les Irakiens
L’Irak, héritier d’une grande civilisation qui remonte à l’ancienne Mésopotamie, deuxième producteur de pétrole après l’Arabie Saoudite, a constitué pour George W.Bush une sorte d’obsession et la personnalité de Saddam Hussein un objet de haine. Comme l’écrivait si bien en 1962 Pierre Rossi dans un magistral livre intitulé L’Irak des révoltés, L’Irak constituait un «pays où se mêlent trois mondes, asiatique, arabe et européen, une croisée de routes commerciales propices à l’établissement de grands empires, des richesses pétrolières moins miraculeuses qu’on en croit». «Vague après vague, le peuple irakien a essuyé toutes les guerres et tous les fléaux naturels possibles et imaginables, sans jamais plier le dos, comme si, ayant bu à la mort avant la mort, il détenait une puissance de résurrection inconnue en Occident.» Qu’il eût fallu, dans l’esprit de l’administration républicaine des Etats-Unis qui a succédé en l’an 2000 à William Clinton, se débarrasser de celui qui a incarné la dictature et la répression, en l’occurrence Saddam Hussein et ses compagnons, autorisait-il en somme, une guerre désastreuse, un lynchage en bonne et due forme d’un homme, la mobilisation la plus ahurissante des armées de l’Amérique, la gabegie des centaines et centaines de milliards de dollars et puis cette armada déployée dans la région du Golfe dont les conséquences politiques, économiques, sociales, humaines, culturelles et religieuses sont, à coup sûr, énormes et même catastrophiques?
Quel est le bilan de la dernière croisade? La guerre d’Irak, opération Iraqi Freedom a débuté comme on le sait le 20 mars 2003 avec l’invasion de l’Irak. Les raisons invoquées officiellement étaient: la «lutte contre le terrorisme», Etat soutenant Al Qaîda, l’élimination des armes de destruction massive qu’était censé détenir l’Irak. Ces accusations ont depuis été démontrées comme non fondées. Certains observateurs parlent de raisons officieuses: les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et des entreprises d’exploitation pétrolière, notamment le Groupe Carlyle, Enron, Halliburton Energy Services et Unocal. Après leur victoire, les troupes de la coalition ont cherché à «pacifier l’Irak». En outre, la majorité des villes se trouvent dans une situation difficile: pillages, affrontements, règlements de compte… Selon J. Stieglitz, le coût global de la guerre en Irak serait de 3000 milliards de dollars.
Si on devait faire honnêtement une comptabilité macabre de la période des 35 ans de pouvoir sans partage de Saddam Hussein, elle est à n’en point douter et sans faire de la concurrence victimaire moins tragique. Il n’est pas question,ici, de faire croire que Saddam Hussein était un saint, C’était un dictateur qui ne s’embarrassait pas de solutions expéditives. Antoine Sfeir analyse les raisons pour lesquelles la rue arabe a quasi unanimement soutenu le régime de Saddam Hussein. Refusant de voir en lui le boucher de l’Irak, elle a au contraire glorifié le «Bismarck du Monde arabe», l’homme qui avait fait de l’Irak un «pays qui avance, où la manne pétrolière était distribuée», se distinguant d’un monde arabe plongé dans la désolation.(..) Nul n’était mieux placé que Sami Zubaïda, sociologue irakien, pour faire le bilan de 35 ans de dictature bassiste sur la société irakienne. Elle montre comment le Baâs de Saddam Hussein a manipulé la société irakienne, détruisant certaines classes, en créant d’autres, plaçant tout le monde sous un système d’espionnite généralisé, nationalisant les entreprises et la terre, puis les dénationalisant, détribalisant la société puis la retribalisant, la laïcisant puis l’islamisant, en fonction des évènements et des vicissitudes d’un régime qui dépendait de la rente pétrolière. Il conclut en soutenant que le chaos actuel n’est pas le fruit d’une «nature» particulière de l’Irak, mais bien le résultat de 35 ans de
dictature. (1)
En octobre 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès irakiens imputables à la guerre à 655.000. L’institut Opinion Research Business a estimé à plus de 1000.000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007. La guerre a provoqué l’exode d’au moins deux millions d’Irakiens. Ceci sans parler des dégâts occasionnées par le programme pétrole contre nourriture: plus de 500.000 enfants seraient morts de maladie et de malnutrition. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses: les services de santé sont pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d’eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre, de l’Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l’insécurité générale (pillages, incendies et prises d’otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics tels que les forces de l’ordre. De nombreux centres historiques ont été détruits. Le Musée national d’Irak a été pillé.
L’épidémiologue américain Lee Roberts a publié à l’époque une enquête sur la mortalité en Irak après l’invasion, dans le magazine médical britannique The Lancet, provoquant une grande controverse aux Etats-Unis. Quand j’étais en Irak en 2004, je demandais à toutes les personnes que je rencontrais:» Pourquoi pensez-vous que les Américains sont venus?» Invariablement, leur première réponse était spontanément: «A cause du pétrole!» Si nous pensons aux attaques du 11 Septembre et réalisons que l’Irak a une population à peu près équivalente à celle de la zone métropolitaine de New York, ce nouveau bilan du gouvernement irakien suggère que les Irakiens ont connu un nombre de morts violentes équivalant à deux attaques similaires au 11 Septembre par mois pendant les trois premières années de l’occupation. Ça, c’est d’après le gouvernement irakien. Quant à notre enquête, elle estime l’équivalent de six «11 Septembre» par mois!» (2)

Diviser pour mieux régner
Sous le joug de Saddam, il y eut, dit-on, plusieurs milliers de morts sur une période de 35 ans. Est-ce que la démocratie aéroportée a apporté la paix aux Irakiens? Il est permis d’en douter. Pour rappel, en novembre 2008, les gouvernements irakien et américain ont signé un pacte bilatéral incluant le Status of forces agreement (Sofa) qui fixe à la fin 2011 le terme de la présence militaire des États-Unis. Les Américains avec la satisfaction du devoir bien fait, notamment par une mainmise sur les ressources pétrolières par multinationales américaines interposées, rentrent au pays. En fait, la situation est plus que jamais dangereuse. L’Irak est un pays profondément meurtri. Les haines séculaires interconfessionnelles et tribales maîtrisées du temps de Saddam Hussein ont été boostées par les Etats-Unis. Appliquant la politique du «diviser pour régner», les Américains enlisés en Irak, s’allient alternativement aux chiites contre les sunnites et inversement. La guerre civile larvée entre chiites et sunnites, qui a ensanglanté l’Irak après la destruction de la mosquée de Samarra, a été gelée par la nouvelle stratégie anti-insurrectionnelle mise en oeuvre par le général Petraeus en 2007, avec le renforcement, ou «surge», du corps expéditionnaire décidé par George Bush en 2007. Les Américains avaient alors pris sous leur aile et financé les milices de combattants sunnites, s’en faisant des alliés dans la lutte contre les jihadistes, tout en les protégeant contre les incursions des paramilitaires chiites, mettant fin ainsi au cycle des représailles. (…)» (3)
«En morcelant la société irakienne, l’occupant s’est pris à son propre piège: il ne peut pas quitter le pays sans prendre le risque de le livrer définitivement au chaos. A l’inverse, sa présence prolongée attise non seulement la résistance armée à l’occupation, mais aussi les rivalités entre forces antagonistes. Et il doit en payer le prix, qui s’alourdit chaque jour davantage: pertes humaines, coût financier, discrédit international. Fascinée par le modèle communautaire à la libanaise et obsédée par le souci de diviser pour régner, la coalition s’est interdite de reconstruire un Etat unitaire, garant de la stabilité politique de la nation irakienne.
Jouant au pompier-pyromane, il cultiva le particularisme des uns et des autres avant de s’en offusquer hypocritement aussitôt après. Trop tard: la boîte de Pandore est aujourd’hui grande ouverte et le pays au bord du chaos. Punis par l’occupant, les sunnites sont exclus du système institutionnel mis en place avec la bénédiction occidentale. Les chiites espèrent toucher les dividendes de leur supériorité numérique, les Kurdes préparent une indépendance qui finira par les opposer aux sunnites et aux chiites. Minoritaires, les forces laïques et progressistes tentent de surnager à la surface de cet océan communautariste. (3)
Michel Collon va plus loin, il écrit: «L’essence du plan Gelb, c’est de plonger l’Irak dans une guerre civile de longue durée afin de sauver l’occupation coloniale US et de pouvoir continuer à voler le pétrole.» Le New York Times publie le 25 novembre 2003 un éditorial signé Leslie Gelb. Homme influent qui présidait jusqu’il y a peu le très important Council of Foreign Affairs, groupe de réflexion regroupant CIA, ministère des Affaires étrangères et hauts bonnets de multinationales US. Le plan Gelb? Remplacer l’Irak par trois petits Etats: «kurde au nord, sunnite au centre et chiite au sud». Objectif? «Placer le maximum d’argent et de troupes chez les Kurdes et les chiites. (…) Mais en fait, diviser l’Irak est aussi un vieux rêve israélien. En 1982, Oded Yinon, un responsable des Affaires étrangères, écrivait: «Dissoudre l’Irak est encore plus important pour nous que la Syrie. A court terme, c’est la puissance irakienne qui constitue la plus grande menace pour Israël. Une guerre Iran – Irak déchirera l’Irak et provoquera sa chute. Toute espèce de conflit interarabe nous aidera et accélérera l’objectif de briser l’Irak en divers morceaux.» (…) Sa théorie des Etats purs, c’est celle d’Hitler: «Ein Volk, ein Reich, ein Führer» (un peuple, un empire, un chef). C’est aussi celle des sionistes rêvant d’un Israël «purifié des Arabes «. Le danger de cette folle théorie dépasse de loin l’Irak ou la Yougoslavie. La moitié des Etats existant aujourd’hui sur cette planète sont «multinationaux «. (…) Mais si on admet cette théorie des «Etats purs «, les USA auront des prétextes pour faire exploser n’importe quel pays «multinational «qui leur résisterait.» (4)
Quel est l’avenir de l’Irak? En fait, la seule solution pour l’Irak serait un état laïc comme l’avait fait Saddam Hussein. En attendant, si le communautarisme irakien profite aux puissances étrangères (Iran, Etats-Unis, Al Qaîda), il ne profite pas du tout à l’Irak qui s’affaiblit de jour en jour. Rien n’arrêtera en fait, l’Empire et le complexe militaro-industriel et sa soif de matières premières, notamment d’énergie. Les guerres seront de plus en plus récurrentes et le président Eisenhower met en garde les États-Unis contre les dangers du «complexe militaro-industriel»: «(…) Nous ne pouvons ni ignorer ni omettre de comprendre la gravité des conséquences d’un tel développement. (…) Rien, en vérité, n’est définitivement garanti. Seuls des citoyens alertes et informés peuvent prendre conscience de la toile d’influence tissée par la gigantesque machinerie militaro-industrielle et la confronter avec nos méthodes et objectifs démocratiques et pacifiques, afin que la sécurité et les libertés puissent fleurir côte à côte.»
Il vient que la partition du monde en unités techniques va sonner le glas des Etats Nations. On se rappelle que dans le cadre du Grand Moyen-Orient (Mepi) même l’Arabie Saoudite, pourtant allié des Etats-Unis, devait être divisée en un émirat religieux autour de La Mecque et un autre au nord-est (là où il y a les puits de pétrole).. Le Soudan est en route pour la partition (Timor-Oriental arraché à l’Indonésie, indépendance du Darfour probable en janvier prochain). Si les pays possédant des richesses, notamment pétrolières ne prennent pas les précautions nécessaires en allant de plus en plus vers l’autonomie (sous le modèle des landers allemands voire des Etats américains) et en se dépérissant du jacobinisme hérité (encore que la France accorde de larges autonomies aux régions) un schéma de partition de fait, sera imposé aux Etats faibles. Nous voilà avertis. (L’Expression-08.07.2010.) Par: le Pr Chems Eddine CHITOUR

1. Chris Kutschera: Le Livre Noir de Saddam Hussein. OH Editions, Paris, 2005
2. Judith Weinstein: Combien de «11 Septembre» par mois en Irak? 08/05/2008
3. Pascal Riché: Les élections irakiennes pour les nuls. Rue 89 06/03/2010
4. Michel Collon: Washington a trouvé la solution «Divisons l’Irak comme la Yougoslavie!» http://perso.wanadoo.fr/polex/irak_resit/Irak les dessous de la guerre civile.htm

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*ÉLECTIONS PARLEMENTAIRES IRAKIENNES  UN RENDEZ-VOUS DE DUPES

Moins de deux années après l’occupation de l’Irak en mars 2003, par des forces supposées libératrices oeuvrant dans le cadre de la lutte du bien contre le mal, le pays avait sombré dans la guerre civile, une guerre sans précédent. les milices et les escadrons de la mort sévissaient, les attentats se multipliaient, les corps déchiquetés sans aucun espoir d’être identifiés étaient entassés dans des fosses au mieux dans une benne d’un camion à destination de la morgue où les familles faisaient la queue dans un dernier espoir de faire leur «ultime» deuil en vue d’une improbable identification. Ignorant froidement le sanglant quotidien irakien les forces d’occupation légitimaient leur échec par des élections lesquelles devaient avoir lieu vaille que vaille enfonçant l’Irak dans un chaos sans précédent.

Sept ans après l’invasion américaine de l’Irak, le pays a été appelé, une nouvelle fois, aux urnes le dimanche 7 mars pour élire le Parlement. L’enjeu étant : la constitution d’une majorité suffisamment stable pour assurer que le retrait des troupes américaines se poursuivra et s’achèvera bien en décembre 2011. Hier, près de 19 millions d’Irakiens ont été appelés aux urnes pour choisir, parmi 6 100 candidats, les 325 députés qui siègeront au Parlement national les quatre prochaines années. Ce scrutin législatif, le deuxième depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, intervient quelques mois avant le retrait total de l’armée américaine du pays, prévu à la fin de 2011. Dans un sondage réalisé au début du mois de février auprès de 5 000 électeurs par le Centre national des médias, qui dépend du cabinet du Premier ministre, l’Alliance de l’État de droit arrivait en tête des intentions de vote avec 29,9 % des suffrages, suivie du Bloc irakien laïc d’Iyad Allaoui (21,8 %). En 2005, les sunnites qui représentent 23,6% de la population avait largement boycotté les élections. Cette fois leur forte participation devrait rééquilibrer la donne politique. Ils sont bien présents dans le scrutin, soit par le biais de listes propres comme l’Alliance de l’unité irakienne, soit par le biais de coalitions mixtes. Les principales coalitions justement, les voici: d’abord l’Alliance pour l’État de droit de l’actuel Premier ministre Al Maliki qui comprend 40 mouvements et courants chiites et sunnites. Le Bloc irakien, le plus populaire y compris parmi les sunnites notamment représentés par A Hashemi, vice-président et ex-militant du parti baâth. L’Alliance nationale irakienne, principalement chiite, partisans de Moktada Sadr. Et puis la coalition kurde dominée par deux partis qui contrôlent le Kurdistan. Les principaux candidats de cette élections sont : Nouri Al Maliki, Ahmed Chalabi et Iyad Allaoui.

Ahmed Chalabi, 65 ans, qui a vécu la majeure parti de sa vie à l’étranger a été l’un des artisans de l’invasion en 2003, il avait présenté à l’Administration américaine des preuves factices sur les armes de destruction massive de Saddam Hussein. Les États-Unis le considèrent aujourd’hui comme un agent de l’Iran. Les premiers contacts d’Ahmed Chalabi avec le Mossad datent de l’époque où il dirigeait la Banque Petra en Jordanie. Dans les années 70, Israël autorisa Chalabi à ouvrir des succursales dans les territoires occupés de Cisjordanie. Son premier voyage secret à Tel-Aviv, connu, eut lieu en 1985 pour rencontrer Albert Wohlstetter, un de ses professeurs à l’Université de Chicago, Wohlstetter lui présenta Richard Perle, alors sous-secrétaire à la Défense de Ronald Reagan, et, plus tard, Paul Wolfowitz, qui propageait dans les années 70 une soi-disant menace irakienne sur l’Arabie Saoudite. Wohlstetter l’introduisit dans le cercle restreint des amis de Dick Cheney et de Donald Rumsfeld. Leur poulain s’étant engagé à établir des relations diplomatiques et commerciales avec Israël et à reconstruire l’oléoduc reliant Kirkuk à Haïfa, ils en firent le pivot des opérations de déstabilisation de l’Irak et le président éventuel du pays après le renversement de Saddam Hussein. À ses alliés arabes qui craignaient que ses liens avec l’American Israël Public Affairs Committee (AIPAC), le lobby sioniste américain, le desservent, Chalabi répondait qu’ « il avait besoin des Juifs pour obtenir ce qu’il voulait de Washington, et qu’après il les laisserait tomber ! » Ni les néo-conservateurs, ni la CIA ne se doutaient que Chalabi était en relation d’affaires avec le Vevak, le service secret iranien. Scott Ritter, ancien chef des inspecteurs des Nations unies, s’en était inquiété lorsque Chalabi, cherchant à le manipuler, lui avait proposé de rencontrer le chef de poste du Vevak à Baghdad. Personne ne se rappelait que la Banque Petra n’avait pas seulement couvert des opérations du Mossad, mais géré des comptes du mouvement proiranien Amal au Liban, dans les années 80. En avril 2004, la DIA (Service secret de la Défense) découvrit le pot aux roses en écoutant les conversations téléphoniques entre l’ambassade d’Iran en Irak et Téhéran. Comme Scott Ritter l’avait subodoré, Chalabi trahissait les États- Unis. Il avait informé le Vevak que les services secrets américains avaient cassé le code cryptant ses messages. Celui que les néo-conservateurs appelaient « Notre homme à Baghdad » était un sous-marin iranien.

QUI EST NOURI AL MALIKI ? Nouri Al-Maliki, Premier ministre sortant, 60 ans, fait cavalier seul avec son Alliance pour l’État de droit. Chef du parti religieux Dawa, à ne pas confondre avec son homonyme palestinien, revenu en Irak en 2003 après un exil en Iran et en Syrie, il est chef du gouvernement depuis mai 2006. Dans les années 80, «Jawad» Al- Maliki-son nom dans la clandestinité, réfugié en Iran et en Syrie, faisait partie des «Amoureux de Hussein», un groupuscule chiite intégré au Djihad islamique, bras armé du parti Al-Dawa, dirigé par Ali Akbar Mohtashimi, ambassadeur d’Iran à Damas, futur ministre de l’Intérieur iranien.

Sous ses ordres, Al-Maliki a participé à l’organisation des attentats commis à Beyrouth en 1981 contre l’ambassade d’Irak (81 morts, dont l’ambassadeur), en octobre 1983, contre l’immeuble Drakkar, base du corps français de la Force multinationale d’interposition (58 morts) et le quartier général des Marines (242 morts). Les États-Unis aussi, même s’ils lui affichent leur soutien, s’agacent parfois de son manque d’empressement à désarmer les milices chiites, coupables d’exactions communautaires. Quant aux milices liées aux factions politiques, accusées d’être à l’origine de la violence sectaire, il a déclaré son intention -soutenu en cela par l’influent Ayatollah Ali Al-Sistani-de les désarmer. Quelques jours seulement avant le rendez-vous électoral Nouri Al Maliki a déclaré sur une chaîne de télévision que: « Sa victoire est assurée, l’Alliance de l’État de droit sera la première et distancera largement ses concurrents, mais le pourcentage exact que nous obtiendrons n’est pas encore clair. » C’est aussi Nouri Al Maliki qui a déclaré : « Nous avons exercé un rôle lors de nos différentes rencontres avec les Américains sous l’Administration Bush. Plusieurs rencontres ont eu lieu entre les Iraniens et les Américains, l’Irak a joué un rôle de médiateur. Mais aujourd’hui, alors que le nouveau président américain Barack Obama a déclaré vouloir entamer un dialogue avec l’Iran, nous n’avons pas été consultés pour jouer un rôle de médiateur. Mais si nous sommes sollicités, nous ferons sans aucun doute le nécessaire pour trouver une solution au différend qui existe entre les deux pays. Ce différend n’est pas dans l’intérêt des deux pays ni de la région toute entière. »

QUI EST IYAD ALLAOUI ? Iyad Allaoui, 64 ans, Premier ministre du premier gouvernement après l’invasion de 2003. Le New York Times rapporte, dans son édition du 9 juin 2004, qu’Iyad Allaoui, président de l’Accord national irakien et Premier ministre désigné par les États-Unis, a eu recours à des actions terroristes au début des années 1990 pour tenter de renverser Saddam Hussein. Pour chaque opération, il était rémunéré par la CIA qui voyait en lui une alternative à l’encombrant Ahmed Chalabi du Conseil national irakien (CNI). En plus d’activités de sabotage, les hommes d’Allaoui se livraient, selon différents responsables des services de renseignement états-uniens de l’époque, à des attentats à la voiture piégée devant des objectifs civils. Robert Baer, agent de la CIA basé dans la région pendant cette période, évoque notamment une attaque contre un bus de ramassage scolaire. Un cinéma de Baghdad aurait été visé par une opération similaire, faisant de nombreuses victimes. Officiellement, Iyad Allaoui a créé l’Iraqi National Accord (INA, ou Al Wifaq) en décembre 1990 avec Omar Ali Al-Tikriti, ancien ambassadeur d’Irak à l’ONU (1970-1982). C’est aussi lui qui a porté l’accusation contre le Président irakien, Saddam Hussein, d’entretenir des relations avec Al-Qaïda. C’est lui qui a assuré que Mohamed Atta -chef présumé du commando contre le World Trade Center- aurait été entraîné par Abou Nidal à Baghdad durant l’été 2001 quelques semaines avant l’attentat du 11-Septembre. C’est encore lui qui a affirmé que les Irakiens avaient tenté d’acheter de l’uranium au Niger, et c’est enfin lui aussi qui a fourni, début 2003, la retentissante allégation selon laquelle Saddam Hussein dispose d’armes de destruction massive « opérationnelles en quarante-cinq minutes » (in : “Iyad Allaoui, le protégé de la CIA”, par Patrice Claude (Le Monde – 29/6/04) C’est ce même Iyad Allaoui qui écrivait le 27 juin, au lendemain de son investiture, dans les colonnes du Washington post : « la souveraineté de l’Irak sera restaurée et les Irakiens feront le premier pas vers un futur libre et prospère. Ce sera une avancée importante pour l’Irak, la région et le monde entier. En tant qu’Irakiens, nous remercions les États-Unis pour les sacrifices faits par leurs soldats pour libérer et reconstruire notre pays. Nous espérons pouvoir bénéficier du soutien de la communauté internationale alors que nous prenons la responsabilité de notre avenir. Les membres de mon gouvernement intérimaire sont parmi les plus brillants des Irakiens et ils reflètent la diversité du pays. Ils sont tous attachés à la paix, à la stabilité, à la liberté et au progrès économique. » En 2005, la liste d’Iyad Allaoui n’avait obtenu que 9% des voix. Malgré ses relations avec la CIA et le MI6 britannique, de nombreux Irakiens préfèrent voter pour lui que pour des agents iraniens, estimant qu’il est plus facile de se débarrasser ensuite de partisans d’un ennemi lointain que de ceux d’un voisin…

ÉLECTIONS OU OPÉRATIONS DE DÉBAÂTHIFICATION Les autorités irakiennes ont décidé d’exclure de la course électorale plus de 500 candidats accusés d’être des anciens membres ou partisans du Baath, le parti interdit de l’ancien président Saddam Hussein Les 511 candidats exclus étaient tous accusés à divers degrés d’avoir appartenu au Baâth. La commission électorale a exclu ces candidats sur la base d’une liste de noms présentée par le Comité pour la justice et l’intégrité, une instance qui a hérité des prérogatives de l’ancien organe de débaâthification chargé de purger les institutions des anciens fidèles de Saddam. Le CIJ, Comité pour l’Intégrité et la Justice, qui a succédé au Conseil de débaâthification créé en 2003 par le gouverneur Paul Bremer, est un organisme conçu avant l’invasion par Salem Chalabi, Rapporteur de « Transition vers la démocratie », diffusé en 2002 par le Conseil National Irakien (CNI), groupement d’opposants constitué par la CIA pour renverser Saddam Hussein, juriste neveu d’Ahmed Chalabi, chef du Conseil national irakien (CNI). Salem était à l’époque très lié à Marc Zell, Israélien originaire de la colonie sioniste de Alon Shvut (Le chêne du retour, en hébreu), au sud-ouest de Jérusalem. Membre quelque temps du comité central du Likoud, de Zell, Goldberg & Co, «un des cabinets juridiques d’affaires israélien» avec qui il constitua l’Iraqi International Law Group (IILG) pour introduire les entreprises israéliennes de sécurité sur le marché irakien. Le Conseil de débaaâification était dirigé par Ahmed Chalabi et un certain « Jawad » Al-Maliki, désigné plus tard Premier ministre sous le nom de Nouri Al-Maliki. Selon Ali Al-Lami, leur porte-parole… et actuel président du CIJ, 150 000 personnes (professeurs, fonctionnaires, policiers) furent licenciées pour délit d’opinion rien qu’entre mai et septembre 2003. Après la mise à l’écart des Chalabi – Salem pour l’assassinat de Haithem Fadhil, directeur général du ministère des Finances, et Ahmed pour espionnage au profit du Vevak (le service secret iranien), et fabrication de fausse monnaie – «Jawad »Al-Maliki relança la campagne anti-baâthiste en janvier 2005, juste avant les législatives, en dénonçant la présence de 15 baâthistes sur la liste d’Iyad Allaoui. Nommé Premier ministre en 1986, il fit voter-non sans difficultés-une nouvelle loi sur la débaâthification en prétendant qu’elle faciliterait la «réconciliation» entre chiites et sunnites ! 143 députés étaient présents sur 245… 90 l’approuvèrent. Saleh Al-Mutlaq avait quitté la salle avec les députés du Front du dialogue national en signe de protestation. Le Comité pour l’Intégrité et la Justice (CIJ) fut créé peu après, mais les parlementaires ne réussirent jamais à se mettre d’accord sur sa composition.

OBAMA SUFFISAMMENT PRÉSIDENT POUR QUITTER L’IRAK ? Quelques mois avant l’invasion de l’Irak par les armées d’occupations anglo-américaines, Barack Obama, alors élu de l’État de l’Illinois, annonce et explique son opposition à la guerre, il dira lors d’ un rassemblement : « Après le 11-Septembre, témoin du carnage et de la destruction, de la poussière et des larmes, j’ai soutenu notre gouvernement dans son engagement à traquer et à extirper ceux qui sont prêts à massacrer des innocents au nom de l’intolérance ; je prendrais volontiers les armes moimême pour empêcher qu’une telle tragédie ne se reproduise (…). Ce à quoi je m’oppose, c’est à une guerre stupide. Ce à quoi je m’oppose, c’est à une guerre irréfléchie. Ce à quoi je m’oppose, c’est à la tentative cynique des Richard Perle et autres combattants de salon, guerriers du dimanche de cette administration, de nous forcer à avaler leurs programmes idéologiques, quel qu’en soit le coût en termes de vies perdues et de souffrances subies.» Rajoutant : «Je sais que même une guerre contre l’Irak ayant des chances de réussir, nécessitera une occupation américaine d’une durée indéterminée, d’un coût indéterminé et ayant des conséquences indéterminées…» À 48 heure chrono du rendez-vous électorale des hauts responsables de l’administration américaine ont averti que le processus de formation du gouvernement après le scrutin risquait de prendre des mois, soulignant que la période de transition serait « potentiellement dangereuse». La Cour Suprême américaine devrait toute fois entériner les résultats dans un délais d’un mois maximum quant aux institutions qui sortiront des urnes pour quatre ans celles-ci devraient retrouver une entière souveraineté dès la deuxième année de leur mandat respectif fin 2011, c’est en tout cas ce qu’a promis Barack Obama «tous nos soldats, a-t-il dit, auront quitté l’Irak» à cette date.» Barack Obama avait fait de l’Irak, où plus de 4 300 soldats américains ont été tués depuis l’invasion de mars 2003, un thème dominant de sa campagne, mais face à la crise économique et à l’embourbement de ses troupes en Afghanistan. Obama s’en est déchargé sur le vice-président Joe Biden reléguant l’Irak au second rang. En octobre dernier le locataire de la Maison-Blanche a exhorté, lors d’une rencontre à la Maison-Blanche avec Nouri Al Maliki, l’Irak à adopter un Code électoral afin que les législatives puissent avoir lieu au moment prévu. Le président américain a aussi dit qu’il maintenait son plan de retrait complet des forces américaines d’Irak d’ici 2011. La question qui demeure, voire demeurera, est : sera-t-il possible à Obama, qui pour des raisons d’intendances veut tourner la page aussi vite que possible, de quitter un pays en plein chaos et où en pris racines des intérêts aux coûts incommensurables ? Est-il suffisamment président et a-t-il véritablement les coudées franches pour le faire ? Nous le saurons inévitablement dans moins d’un an et peut-être bien avant. (Le Courrier d’Algérie-08.03.2010.)

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*Au moins 33 morts dans un triple attentat-suicide

Au moins 33 personnes ont été tuées et 55 blessées dans un triple attentat-suicide mercredi à Baaqouba, au nord de Baghdad, à quatre jours d’un scrutin législatif crucial pour l’avenir de l’Irak. Vers 09H30 locales (06H30 GMT), une voiture conduite par un kamikaze a explosé au niveau d’un bâtiment abritant une administration dépendant du ministère du Logement, située à proximité d’un poste de police à Baaqouba, selon des sources de sécurité.
Un deuxième véhicule a au même moment explosé à une centaine de mètres de là, près d’une place, et peu après un troisième kamikaze a fait détoner sa ceinture d’explosifs à l’hôpital général de Baaqouba dans le centre-ville. Le kamikaze, qui est passé pour un blessé, s’est introduit au service des urgences de l’établissement et s’est fait exploser où moment où le chef de la police de la province, le général Abdel Hussein al-Chommari, rendait visite à des blessés. Le général Chommari n’a pas été touché. «Les trois attentats ont fait 33 morts et 55 blessés», selon un dernier bilan fourni par un responsable des forces de sécurité.
«Les terroristes veulent semer la confusion et empêcher les Irakiens d’aller voter. Ces élections sont un grand danger pour les terroristes et c’est pourquoi ils veulent torpiller ce scrutin», a affirmé un conseiller du Premier ministre Nouri al-Maliki, Ali al-Moussawi. Ce triple attentat, le plus sanglant depuis le 5 février, survient à quatre jours d’élections législatives cruciales prévues dimanche en Irak, les deuxièmes depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003. Pour ce scrutin, qui intervient quelques mois avant le retrait massif des troupes de combat américaines, près de 19 millions d’Irakiens sont appelés aux urnes pour choisir, parmi 6.100 candidats, les 325 députés qui siègeront au Parlement pour les quatre prochaines années.
Le 5 février, alors que les fidèles chiites achevaient les commémorations du 40e jour de la mort de Hussein, a fait 41 morts et 144 blessés à Kerbala (centre), où un obus est tombé sur la foule. Le réseau Al-Qaîda et un autre groupe extrémiste Ansar al-Sunna ont affirmé qu’ils feraient tout pour torpiller les législatives.
L’insurrection sunnite est encore active à Baaqouba, capitale de la province mixte de Diyala qui compte des communautés sunnites, chiites et kurdes. «(Nous) avons décidé d’empêcher ces élections par tous les moyens possibles, principalement par des moyens militaires», a averti le chef d’Al-Qaîda en Irak, Abou Omar al-Baghdadi, dans un message audio diffusé le 12 février. Baghdadi y a qualifié le scrutin de «crime politique manigancé par les chiites».
Les autorités irakiennes avaient averti que les insurgés et d’Al-Qaîda chercheraient à faire dérailler le processus politique. Al-Qaîda, bien qu’affaibli, peut encore frapper fort comme l’ont montré une série d’attentats sanglants commis ces derniers mois dans la capitale contre les institutions irakiennes. (L’Expression-04.03.2010.)

11 réponses à “Irak,le chaos après l’invasion”

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