Espionnage tous azimuts

*Echelon est un système d’écoutes mondial qui permet à la NSA d’intercepter toutes les communications et de les trier grâce à des mots-clefs

Espionnage tous azimuts

**d’autres articles: Les USA espionnent tout le monde

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*L’espion qui venait du froid

le cas Snowden, cet agent des services américains réfugié en Russie

Il faut perdre son angélisme pour se convaincre que Poutine n’a rien d’un philanthrope et que s’il a accordé l’asile à l’Américain Snowden, les fuites que ce dernier peut organiser ne peuvent se faire dans l’ignorance complète des services russes. WikiLeaks a trouvé son antidote.

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La semaine nous offre un sujet «explosif». Un sujet où la réalité rejoint la fiction. Nous avons emprunté le titre à l’écrivain anglais John Le Carré dont le roman avait été un best-seller avant d’être adapté au cinéma au début des années 1960. C’était une histoire des services secrets anglais et russes (on disait soviétiques à l’époque) qui se sont servis du même agent pour cibler la célèbre Stasi (services de renseignements de l’Allemagne de l’Est à l’époque). La guerre des services pourrait-on dire. Lundi dernier à Volgograd (sud de la Russie) une kamikaze s’est faite exploser dans un bus tuant six personnes et blessant une trentaine d’autres, selon un bilan officiel. L’explosion a été filmée par un automobiliste qui roulait derrière le bus et que les chaînes de télévision du monde entier ont diffusée. Selon les enquêteurs, la kamikaze serait une «islamiste» «récemment convertie à l’Islam».Elle faisait partie d’un groupe de terroristes du Daghestan dans la région du Caucase à forte population musulmane.
Pour Vladimir Poutine, le président russe, l’attentat est «signé» par «certaines forces politiques (qui) utilisent l’Islam et plus particulièrement ses courants radicaux… pour affaiblir la Russie et créer des conflits sur notre sol qui peuvent être fomentés depuis l’étranger». On ne peut pas douter que Poutine soit bien informé pour deux raisons au moins.
D’abord, parce que c’est une parole de Chef d’Etat. Et de quel Etat? La deuxième puissance militaire du monde! Donc, chacun de ses mots est bien pesé. Ensuite et avant d’être élu président, Poutine était le patron des services secrets de son pays qu’il avait intégré dans les années 1980. Chacun sait que la règle veut qu’un agent des services de renseignements et ce, dans tous les pays du monde, garde le «cordon ombilical» toute la vie. Poutine président reste poutine l’espion. Ceci pour dire que l’homme est informé et très bien informé. Et c’est cette piste qui prédomine dans l’attentat du bus. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre cet événement et la révélation des écoutes d’espionnage par la NSA américaine dans des pays occidentaux. En France, notamment et suite aux révélations faites par Snowden, cet agent des services américains réfugié en Russie. Il faut perdre son angélisme pour se convaincre que Poutine n’a rien d’un philanthrope et que s’il a accordé l’asile à l’agent américain, les fuites que ce dernier peut organiser ne peuvent se faire dans l’ignorance complète des services russes. C’est que Snowden a glissé entre les doigts des services occidentaux qui ont tout fait pour le récupérer. En vain. Aujourd’hui, il se trouve dans le rôle de celui qui rend les coups portés par WikiLeaks. On plonge dans la guerre des services. Il faut aussi se rappeler que les deux frères qui ont commis les attentats du marathon de Boston aux Etats-Unis avaient des ramifications en Russie. Cela non plus n’est pas anodin. Le plus intéressant dans ces constats est que ni l’affaire Snowden ni l’affaire de Boston n’ont réussi à entamer l’entente entre Obama et Poutine. Au contraire, ils se sont mis d’accord pour écarter les frappes militaires en Syrie. Mieux, l’Iran, cet allié de la Syrie, n’est plus perçu comme infréquentable par les Etats-Unis. Cela ne s’est pas fait par hasard. Il nous faut maintenant essayer de savoir qui sont ces «forces politiques» qui agissent «depuis l’étranger» qu’accuse Poutine. La kamikaze est présentée comme «islamiste» et Poutine ne croit pas à cette «couverture». Il a raison. Et qui défend ces faux «Islamistes»? On prend deux exemples. D’abord, l’enlèvement par les Américains du Libyen considéré comme un important responsable d’Al Qaîda. Qui n’a pas remarqué la levée de boucliers en Occident contre cet enlèvement? Ensuite, ces drones américains qui font des ravages dans les camps d’Al Qaîda et dernièrement au Pakistan. Qui n’a pas entendu ces ONG occidentales réclamer l’arrêt de leur utilisation? Dans les deux cas, les droits de l’homme sont mis en avant. Comme c’est gros! Reste quand même une dernière chose. Parmi les millions de communications interceptées par la NSA et dont Snowden détient les données, il n’est pas de l’ordre de l’extraordinaire que celles qu’a eues BHL, ce philosophe mercenaire auteur des malheurs du peuple libyen, puissent figurer en bonne place et être divulguées. L’espionnage continue car les protestations officielles françaises contre les écoutes de la NSA n’ont pas l’air d’impressionner Obama. Il répond que cela fait partie des activités normales de tous les pays. Façon de dire qu’il n’est pas question de lever le pied. Il continuera, comme toujours, à faire «froid» dans les allées des services de renseignement. Jusqu’au jour où apparaîtra la vérité sur le terrorisme international. Et démontrer que la réalité peut même dépasser la fiction! *Par Zouhir MEBARKI -L’Expression-Jeudi 24 Octobre 2013

Dans sa première vidéo de Russie, Snowden fustige "l'espionnage tous azimuts" des Etats

**Snowden fustige « l’espionnage tous azimuts » des Etats

Wikileaks a diffusé ce qu’il présente comme la première vidéo d’Edward Snowden  depuis qu’il est exilé en Russie, dans laquelle l’ex-consultant durenseignement  américain apparaît de bonne humeur et met en garde contre les dangers visant la  démocratie. 

« Si nous ne pouvons comprendre les politiques et les programmes de nos  gouvernements, nous ne pouvons les approuver », a dit Snowden dans une courte vidéo diffusée dans la nuit de vendredi  à samedi sur Wikileaks, le site qui a publié des centaines de milliers de câbles diplomatiques  confidentiels

Il s’adressait à un groupe de quatre anciens membres du renseignement  américain lors d’une cérémonie à Moscou, où il s’est exilé. Ces quatre anciens agents ont remis jeudi  à Snowden un prix pour « son intégrité dans le travail de  renseignement ». 

Un ancien analyste de la CIA Ray McGovern a souligné  que son association était « fière d’honorer la décision de M. Snowden de suivre  sa conscience et de donner la priorité au bien commun plutôt que de se  préoccuper de son avenir », selon Wikileaks. « Nous avons bon espoir que d’autres,  avec la même droiture morale, suivront son exemple en éclairant les zones  d’ombre et en révélant les crimes qui menacent nos droits civiques de citoyens  libres », a-t-il dit. 

La vidéo montre Snowden en costume noir et chemise bleue, mais sans cravate,  et paraissant à l’aise, lors d’un dîner avec les quatre ex-agents américains  dans un lieu non précisé. On y voit Snowden affirmant que l’espionnage tous azimuts était « très éloigné » de programmes  légitimes. « Il s’agit d’une sorte de vaste filet qui place sous surveillance des  populations entières ». 

« Dans le monde entier, les gens réalisent que ces programmes ne nous donnent  pas plus de sécurité, ils affaiblissent nos économie, nos pays, ils limitent  notre liberté d’expression, de penser, de vivre et d’être créatif, d’avoir des  relations, de nous associer librement », a-t-il dit à ses compagnons. 

Snowden, 30 ans, a obtenu le 1er août un asile provisoire  d’un an en Russie après avoir passé plus d’un mois dans la zone de transit de  l’aéroport de Moscou Cheremetievo. Son père Lon Snowden est  arrivé jeudi à Moscou. *L’Express-12/10/2013

*De nouvelles informations troublantes sur le renseignement américain émergent  avec les fuites orchestrées par Snowden.

**la NSA partage les résultats de son espionnage avec Israël
L’agence américaine d’espionnage et interception des communications transmet des  données brutes de sa surveillance à son homologue israélienne, l’ISNU. Ce  protocole d’accord est dévoilé par l’ex-consultant Edward Snowden*L’Express-12.09.2013

Encore une révélation sur l’espionnage américain via Edward Snowden. L’ex-consultant de  la NSA, réfugié en Russie, a dévoilé au Guardian que cette agence  d’interception des communications partage des données brutes directement avec  son homologue israélienne, l’ISNU. 

Si l’échange  de renseignements entre services alliés est  courante,  il est  bien plus rare qu’il s’agisse comme ici de  données « brutes »  qui ne sont pas auparavant analysées. 

Selon le  protocole d’accord entre les deux services, révélé par le journal  britannique,  la NSA transmet directement à l’ISNU une  partie des courriels et  autres millions de conversations téléphoniques  qu’elle intercepte. Le document  de cinq pages transmis par Edward Snowden n’est pas daté mais remonterait à  mars 2009. 

Aucune obligation légale sur la vie privée

« Si le protocole est explicite sur le fait que les données doivent  être  traitées dans le respect de la loi américaine, et que les  Israéliens  acceptent de ne pas cibler délibérément des Américains identifiés  dans  les interceptions, ces règles ne sont soutenues par aucune obligation   légale », observe le Guardian

La loi américaine encadre effectivement les activités de la NSA, lui  interdisant de  collecter les données de communications des  citoyens américains ou des  étrangers installés légalement sur son sol, sauf  motif valable. 

Mais les révélations depuis juin de l’ex-consultant Snowden  ont  montré que cette collecte est si vaste qu’elle a à de nombreuses  reprises  concerné des citoyens américains, violant les lois sur les  libertés publiques et la protection  de la vie privée. 

*REUTERS/Suzanne Plunkett

Espionnage de la France par la NSA: Laurent Fabius convoque l'ambassadeur américain

**Espionnage de la France par la NSA:

Laurent Fabius convoque l’ambassadeur  américain

Le ministre français des Affaires étrangères a annoncé ce lundi la convocation  « immédiate » de l’ambassadeur américain à Paris après les révélations du  Monde selon lesquelles la NSA a massivement espionné la France. 

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent  Fabius, a annoncé lundi avoir « convoqué immédiatement »  l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris après des informations selon lesquelles  l’Agence de sécurité américaine (NSA) a intercepté massivement des communications en  France

« J’ai convoqué immédiatement l’ambassadeur des Etats-Unis qui sera reçu ce  matin même au Quai d’Orsay », a déclaré Laurent Fabius à son arrivée à une  réunion européenne à Luxembourg. 

Sur  une période de trente jours, entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier   2013, 70,3 millions d’enregistrements de données téléphoniques des  Français ont  été effectués par la NSA, a révélé lundi le site  lemonde.fr, citant des documents de l’ancien  consultant de l’agence  américaine Edward Snowden

SMS et historique de connexions

Ces pièces, dévoilées en juin par l’ex-consultat de l’agence, Edward  Snowden, décrivent  les techniques utilisées pour capter illégalement les  secrets ou la simple vie  privée des Français, ajoute le quotidien. 

La NSA dispose de plusieurs modes de collecte, indique Le Monde.   Quand certains numéros de téléphone sont utilisés dans l’Hexagone, ils  activent  un signal qui déclenche automatiquement l’enregistrement de  certaines  conversations. Cette surveillance récupère également les SMS  et leur contenu en  fonction de mots-clés. Enfin, de manière  systématique, la NSA conserve l’historique des connexions de chaque  cible, précise le  journal. 

*REUTERS-Benoit Tessier-21.10.2013

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   Bruxelles, nid d’espions

C’est l’émoi à Bruxelles et dans les capitales européennes: pensez-donc, selon Der Spiegel, les Etats-Unis espionneraient l’Union (institutions communautaires, gouvernements, ambassades, citoyens). L’indignation est forte: on exige des explications, on menace même de suspendre la négociation du TTIP, le futur traité de libre échange transatlantique. Je demande à voir. Car, ce n’est pas la première fois que les Européens « découvrent » que leur principal allié les surveille de près. Le système Echelon va d’ailleurs bien plus loin que le système Prism et celui-ci n’a jamais été interrompu ou contré. Et pour cause, puisque les Etats, dont la France, participent à ces programmes d’espionnage en livrant des données à Washington et, surtout, eux-mêmes rendent la politesse aux Américains en les espionnant.  Je vous rappelle cette enquête que j’ai réalisée et qui est parue le 28 novembre 2006 dans Libération,  »Bruxelles, nid d’espions? »

Selon le Spiegel, le programme d’espionnage de l’UE était constitué non seulement de micros installés dans le bâtiment de l’UE à Washington et à New-York, mais aussi d’une infiltration du réseau informatique qui permettait de lire les courriers électroniques et les documents internes. Tiens donc! J’avais dévoilé, en 2001, une belle affaire qui s’est noyée dans les sables de l’indifférence, l’affaire Perkins, qui montre que cela fait longtemps que les Américains ont accès aux données européennes les plus secrètes. Revoici mes articles.*/bruxelles.blogs.liberation.fr–30 juin 2013

Big Brother à la Commission 

 Article paru le 1er mars 2001

On se doutait que les services secrets américains étaient comme des poissons dans l’eau à Bruxelles. Après tout le siège de l’Otan, où ils sont chez eux, s’y trouve et tant qu’à faire, pourquoi ne pas s’intéresser aussi aux institutions communautaires? Mais, la National Security Agency (NSA) semble avoir réussi un gros coup: la Commission européenne lui a permis d’accéder à ses systèmes de cryptage des informations confidentielles. Paranoïa anti-américaine? Que nenni. C’est le chef du bureau chargé du cryptage des communications au sein de l’exécutif européen, le Britannique Desmond Perkins, qui l’a lui-même reconnu: «J’ai toujours eu de très bons contacts avec la NSA à Washington. Elle vérifie régulièrement nos systèmes (de cryptage) pour voir s’ils sont bien verrouillés et s’ils sont correctement utilisés.»

Deux semaines de tests. Une déclaration explosive : imaginons comment réagirait Washington si l’homologue de Perkins à la Maison Blanche faisait vérifier ses ordinateurs par le FSB russe… Et ce n’est pas pour rien que ces machines sont protégées des regards indiscrets et ne sont accessibles qu’à un personnel habilité. C’est le 6 février, devant la «commission temporaire sur le système d’interception Echelon» (1) du Parlement européen, que ce fonctionnaire s’est laissé aller à cette confidence sur ses liens privilégiés avec les services américains. Perkins était auditionné pour exposer les systèmes de cryptage utilisés par la Commission pour communiquer avec ses bureaux extérieurs (une soixantaine, dont Genève, auprès de l’Organisation mondiale du commerce, Washington, Moscou, Pékin, etc.). Et, devant quelques eurodéputés éberlués, il s’est livré à ces digressions d’autant plus désarmantes qu’on ne lui demandait rien. Pressé de préciser ses liens avec la NSA, il s’étonne: «J’ai de la famille qui (y) travaille!» Mais il s’est voulu rassurant : «En deux semaines, [les agents de la NSA] ne sont pas parvenus à percer nos systèmes de cryptage, ce dont je suis très satisfait.» Toute la question est de savoir si, dans le cas contraire, les agents américains auraient gentiment averti Perkins de la perméabilité des systèmes de confidentialité communautaire?

L’affaire est très grave car Bruxelles ne s’occupe pas seulement d’agriculture ou de l’harmonisation de la taille des boîtes de petits pois. Ses compétences touchent des domaines très sensibles où le secret est fondamental, comme le commerce international ou la concurrence. Obtenir des informations privilégiées sur une position de négociation dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou sur une enquête concernant une entreprise américaine est sans prix pour Washington.

Le plus amusant dans cette pantalonnade est que grâce à la désinvolture de Desmond Perkins, la NSA n’a même pas besoin d’avoir recours à Echelon ou à une technologie futuriste puisque tout indique qu’elle dispose de ses entrées à la Commission… C’est cette supériorité américaine dans le domaine du renseignement qui sert de justification au chef du bureau de cryptage: à quoi bon leur cacher quelque chose qu’ils sauront tôt ou tard? «Les Américains lisent tout grâce à leurs satellites, peu importe ce qui se passe ici», a-t-il expliqué devant la commission d’enquête. Cette affaire est d’autant plus inquiétante que l’UE a désormais des compétences dans le domaine militaire. On comprend mieux, au passage, les réticences des Américains à transmettre des renseignements aux Européens, de crainte que le secret ne soit éventé. Ils sont bien placés pour savoir que Bruxelles est une tour de verre.

Heureusement pour la Commission, son fonctionnaire a fait ses déclarations devant une salle quasiment vide, en fin d’audition. Si bien que l’affaire est restée jusqu’à présent secrète. Mais conscient de la gravité des faits, le 7 février, le rapporteur de la commission d’enquête, le socialiste allemand Gerhard Schmid, a pris sa plus belle plume pour écrire au supérieur hiérarchique de Perkins, le commissaire chargé des Relations extérieures, le Britannique Chris Patten, afin de l’avertir que ses déclarations avaient été faites durant une «réunion publique» et risquaient d’attirer à la Commission de «sévères critiques». Implicitement, il suggère à l’exécutif européen d’essayer de trouver une explication rationnelle à la «gaffe» de son fonctionnaire afin d’éviter que l’affaire n’échappe à tout contrôle. Le chef de cabinet du commissaire, Anthony Cary, a joué profil bas et a simplement envoyé à Gerhard Schmid les laborieuses explications écrites de Perkins: il affirme qu’il n’a pas voulu dire que la NSA était en possession des clefs de cryptage.

Réactions. En réalité, à l’intérieur de la maison, c’est la panique. Datée du 6 février, une note interne et confidentielle pose de bonnes questions: si le responsable du cryptage sait que les Américains peuvent intercepter les communications de la Commission, «pourquoi n’a-t-il rien fait pour y remédier?» Ensuite, «pourquoi nos équipements ont-ils été vérifiés (testés?) par la NSA au lieu d’agences européennes? Est-il approprié que le chef du cryptage de la Commission ait des membres de sa famille à la NSA? Enfin, l’interrogation la plus angoissante, «comment les Etats membres vont-ils réagir?» Mal, sans doute.

(1) Echelon est un système d’écoutes mondial qui permet à la NSA d’intercepter toutes les communications et de les trier grâce à des mots-clefs. Cette commission, créée en juillet 2000, remettra son rapport en juin prochain.

Le chef du bureau chargé du cryptage des communications de la Commission européenne, le Britannique Desmond Perkins, a-t-il fait «vérifier» ses systèmes informatiques par la National Security Agency (NSA), l’une des agences de renseignements américaine chargée des écoutes? Entretient-il bien de «très bons contacts à la NSA»? Pour dire les choses clairement, a-t-il livré aux Américains les clés de cryptage utilisées par Bruxelles pour protéger ses informations confidentielles? Après l’audition, hier, de son supérieur hiérarchique, le Néerlandais Lodewijk Briet, directeur politique adjoint, par la «commission temporaire sur le système d’interception Echelon» du Parlement européen, on n’en sait pas plus, ce qui est pour le moins inquiétant. L’impression dominante est même plutôt que «quelque chose ne colle pas», comme l’a clamé le député Christian von Bötticher (Allemagne, démocrate-chrétien), en concluant: «Les malentendus s’amplifient.»

Dans le saint des saints. Il faut dire que Lodewijk Briet a ajouté à la confusion par des déclarations emberlificotées qui montrent l’embarras de la Commission après la révélation, le 1er mars par Libération, des propos tenus le 6 février par l’un de ses fonctionnaires devant la commission Echelon. Perkins, 65 ans, qui a consacré sa vie au cryptage, est un ancien de la Royal Navy et du Foreign Office, entré à la Commission en 1976 et habilité au secret par les services d’espionnage de Sa Très Gracieuse Majesté. Il s’occupe du saint des saints au siège bruxellois: le cryptage des communications échangées avec les délégations à l’étranger de l’exécutif européen. «Il est habilité au plus haut niveau», a confirmé Briet, son supérieur hiérarchique. A priori, donc, un eurocrate qui sait de quoi il parle. Or, il y a un mois, il explique «spontanément et dans sa propre langue», comme l’a rappelé hier un député allemand, que la NSA a eu accès aux systèmes de cryptage de la Commission. Il a même été très précis, en fournissant un exemple de ce travail effectué avec les Américains: «En deux semaines, [les agents de la NSA] ne sont pas parvenus à percer nos systèmes de cryptage, ce dont je suis très satisfait.» Et Perkins affirme, avec une franchise désarmante, entretenir des relations très étroites avec les services américains, dont rien ne prouve qu’ils l’auraient averti s’ils avaient brisé les clés de cryptage.

Confronté à ces propos, le Néerlandais Lodewijk Briet a expliqué qu’ils avaient donné lieu à des «malentendus très graves, sans doute exagérés par la presse». En réalité, «M. Perkins n’a jamais eu de contacts directs avec la NSA.» Simplement, l’un de ses «parents par alliance, aujourd’hui à la retraite», y travaillait. Tout le reste «ne relève pas de la vérité». Bref, «la Commission garantit la fiabilité de ses systèmes de communication», tout en admettant qu’il faut «améliorer le système» et sécuriser ses bâtiments. Perkins, selon Briet, a simplement voulu dire que le groupe allemand «Siemens [qui a fourni les systèmes de cryptage, il y a dix ans] [lui] a dit avoir été approché par des Américains, lesquels, je ne sais pas, et Perkins ne le sait pas non plus, qui voulaient faire une enquête sur ses systèmes». Une offre à laquelle Siemens n’aurait «pas répondu». Cette version diffère de celle livrée jeudi dernier par le porte-parole de la Commission, selon lequel Siemens avait utilisé comme «argument de vente» les tests infructueux de la NSA…

Gerhard Schmid, vice-président du Parlement européen et rapporteur de la commission Echelon (Allemagne, socialiste), s’étonne alors: «Pourquoi Perkins n’a-t-il pas raconté son histoire comme vous la racontez?» Certains eurodéputés, énervés, menacent la Commission de créer une «commission d’enquête» sur cette affaire. Il est vrai que l’on s’y perd un peu puisque, en dépit des dénégations de la Commission, Perkins a bien dit ce qu’il a dit. «On pourrait lui foutre des baffes», a admis Briet, mais «pas entamer une procédure disciplinaire contre lui» car «la Commission appuie entièrement M. Perkins». Que celui-ci raconte n’importe quoi ou qu’il collabore avec les services américains? Reste à voir la réaction du Parlement après cette audition peu convaincante.

La Commission européenne n’en a pas fini avec l’affaire Perkins. La France s’est dite hier «étonnée» et «préoccupée» par les failles existant à Bruxelles dans la protection des informations confidentielles. Cette réaction du ministère des Affaires étrangères suit la révélation des propos tenus par le Britannique Desmond Perkins, chef du bureau de cryptage de l’exécutif européen, qui s’est vanté de faire «vérifier» ses systèmes par l’agence d’écoute américaine National Security Agency (NSA). Des propos que la Commission s’est efforcée de démentir. En vain. «La sécurité des données détenues par la Commission est un objet de préoccupation sérieuse», a déclaré le Quai d’Orsay. «Nous avons pris note des explications successives apportées par la Commission.» Elles ne semblent pas rassurer la France : «Nous attendons d’elle qu’elle apporte toutes les garanties nécessaires à la protection de ces informations» et «nous souhaitons qu’elle fasse un rapport sur la situation» devant le Conseil des ministres.

Et puis quoi? Et puis rien. Perkins n’a jamais été sanctionné, il n’y a jamais eu de commission d’enquête. Cela risquait de fâcher nos amis Britanniques et Américains. En revanche, la commission temporaire d’enquête du Parlement européen sur Echelon a rendu son rapport. Il est ici. A chaque fois que les Européens ont voulu lutter contre les abus américains, ils ont perdu: PNR, Swift, protections des données… Et cela n’est pas près de changer, la puissance n’étant pas de ce côté de l’Atlantique.

*/bruxelles.blogs.liberation.fr

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*Espionnage à grande échelle

Allemagne, France, Espagne et Suède surveillent à grande échelle, selon The Guardian

Les services de renseignement allemand, français, espagnol et suédois ont mis au point des systèmes de surveillance de masse des communications téléphoniques et internet en « collaboration étroite » avec l’agence britannique GCHQ, a révélé samedi le journal The Guardian.
Le développement de ces systèmes remonte aux cinq dernières années, selon le quotidien britannique qui se fonde sur des documents obtenus par l’ex-consultant du renseignement américain Edward Snowden, aujourd’hui réfugié en Russie.
Ces révélations interviennent alors que l’Europe et l’Asie sont en pleine polémique avec les Etats-Unis sur la collecte massive de données par Washington, et qu’Edward Snowden a mis en évidence l’étroite collaboration entre le GCHQ et son homologue américain, l’Agence de sécurité nationale (NSA).
Dans un rapport du GCHQ sur ses partenaires européens datant de 2008 et cité samedi par The Guardian, l’agence britannique fait part de « son admiration concernant les capacités techniques » des services de renseignement extérieur allemand (BND).
Le BND a « un potentiel technologique énorme et un bon accès au coeur de l’internet – ils surveillent déjà des câbles de fibre optique de 40 gigabits et 100 gigabits » par seconde, affirme ce rapport. En 2012, le GCHQ n’était lui capable que de surveiller des câbles de 10 gigabits par seconde, précise le journal.
The Guardian affirme aussi que le GCHQ « a joué un rôle essentiel en conseillant ses homologues européens sur la façon de contourner les lois nationales destinées à limiter le pouvoir de surveillance des agences de renseignement ».
« Nous aidons le BND à obtenir une réforme (…) de la législation très restrictive en matière d’interception (des communications) en Allemagne », détaille le rapport du GCHQ cité par le journal.
Les services secrets allemands ont réagi aux informations du Guardian, en affirmant qu’il était « inexact de dire que le BND s’efforçait de contourner la loi pour pouvoir utiliser des techniques britanniques de collecte d’informations ». « Le BND s’est comporté conformément à la loi et au droit », ont-ils assuré dans un communiqué.
En 2008, « il y a eu un échange d’expériences avec les services britanniques », ont-il cependant poursuivi, précisant qu’il s’agissait « au premier plan de soulever des questions techniques et pas juridiques ». Il « existe régulièrement un échange d’expériences avec les services européens à propos des développements techniques », a précisé le BND.
Dans le cas de la France, bien notée aussi dans ce document, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) dispose « d’un avantage compte tenu de ses relations avec une société de télécommunications, qui n’est pas nommée », selon The Guardian. Le GCHQ « espère tirer profit de cette relation pour ses propres opérations », ajoute le journal, précisant que le GCHQ a formé des membres de la DGSE pour « des opérations internet multidisciplinaires ».
En ce qui concerne l’Espagne, le CNI procédait, au moins en 2008, à la surveillance de masse des télécommunications sur internet via une société britannique.
Le GCHQ se félicite par ailleurs de l’adoption en 2008 en Suède d’une loi permettant de recueillir des données internet et téléphoniques transmises par des câbles à fibres optiques.
Les révélations depuis juin d’Edward Snowden ont provoqué une vive polémique aux Etats-Unis et dans le monde sur les atteintes aux libertés publiques et à la vie privée.*AFP-02.11.2013

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*Espionner des quidams à travers le monde grâce aux caméras de surveillance?

*Espionner la terre entière? Faahcile!

Une bijouterie à Manhattan, un car wash à Agen en France, un bureau au Bangladesh ou un café à Bruxelles. Comme pour ces quatre lieux, des milliers d’autres caméras de surveillance (ou CCTV pour closed-circuit television) réparties dans le monde entier se retrouvent à portée de clics sur le site internetInsane.com, rapporte Le Courrier International.

À coté des images de caméras de surveillance, figurent non seulement les coordonnées géographiques du lieu mais aussi le login et le mot de passe utilisé.

Négligence
Comment est-ce possible? Comme le soulignent les concepteurs de ce site au design on ne peut plus sommaire, aucune d’entre elles n’est sécurisée. Soit faute de mot de passe, soit parce que le propriétaire a conservé le mot de passe par défaut, à savoir « admin » ou « 12345″, une négligence qui laisse la porte ouverte au voyeurisme. En Belgique -pour ne citer que notre pays- 169 caméras non-sécurisés sont recensées.

Selon le site néerlandais NRC, Insane.com est hébergé en Russie mais on ignore qui se cache derrière. « Ce site a été créé dans le but de démontrer l’importance des paramètres de sécurité. Pour ne plus voir les images de votre caméra de surveillance sur ce site et les rendres privées, la seule chose que vous avez à faire est de modifier votre mot de passe », préviennent les créateurs d’Insane. La démarche est discutable mais comme on dit « À bon entendeur, salut ».*6/11/2014 – Source: Courrier International

Taiwan

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Une réponse à “Espionnage tous azimuts”

  1. 15 06 2015
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