les désillusions du «Printemps arabe»

**La face cachée des  »révolutions arabes »

Un ouvrage publié a Paris, dévoile les manipulations et traitements politiques et médiatiques abusifs des mouvements sociaux qui ont secoué les régions du Maghreb et Proche-Orient durant l’année 2011.   

Ce livre intitulé  » La face cachée des Révolutions arabes » est le résultat d’un travail réalisé par un groupe de 23 politiques et experts internationaux de nationalités différentes.

Montrer le vrai visage des révolutions arabes. tel est l’objectif d’un livre qui a été présenté jeudi à Paris. Intitulé La face cachée des Révolutions arabes, cet ouvrage dévoile «les manipulations et traitements politiques et médiatiques abusifs des mouvements sociaux qui ont secoué les régions du Maghreb et Proche-Orient durant l’année 2011, ainsi que leurs retombées négatives», ont expliqué les co-auteurs de ce livre qui sont un groupe de 23 politiques et experts internationaux de nationalités différentes dont deux Algériens, Mme Saïda Benhabyles et Ahmed Bensaâda. Dirigé par le Centre français de recherche sur le renseignement, sous la direction d’Eric Denécé, l’ouvrage en question a pour volonté de mettre la lumière sur les évènements qui ont touché le monde arabe. Son écriture est le résultat de deux missions d’évaluations, au cours de la même année, des conflits qui se sont produits dans le cadre du Printemps arabe en Libye et en Syrie. Suite à ces deux travaux d’évaluations, les auteurs ont ensuite jugé important d’élargir leur prospection par des témoignages et des analyses sur ce qu’a été le Printemps arabe dans d’autres pays (Egypte et Tunisie). Ce qui ressort de ces évaluations sont des positions claires qui dénoncent «la pensée dominante qui tend à faire de ces mouvements sociaux un événement spontané et positif pour les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient», ont-il expliqué. Ce travail leur a ainsi permis d’aller à l’origine de ces «mouvements sociaux et de décrypter le jeu des acteurs nationaux qui ont participé à ces événements». Il s’agit aussi selon les auteurs, de décoder le jeu des acteurs internationaux qui ont contribué à faire éclore ces Printemps arabes tout en s’intéressant aux conséquences prévisibles à venir.
Le directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, Eric Denécé, qui a été l’un des experts à faire la présentation de ce livre a insisté sur le fait que l’analyse approfondie des ces événements a permis aux auteurs de cet ouvrage de dégager des éléments qui rendent possible la compréhension de la réalité du phénomène derrière la vision «fabriquée» qui a été livrée à l’opinion internationale. Parmi ces éléments, il a notamment cité l’existence d’un malaise social réel mais instrumentalisé et la présence de Révolutions pilotées et mises en oeuvre par l’étranger afin de promouvoir des intérêts nationaux. Eric Denécé a également précisé que l’analyse à laquelle ont abouti les auteurs de cet ouvrage a dévoilé la mise en oeuvre de techniques éprouvées de manipulation des foules et de déstabilisation des régimes et révélé les conséquences néfastes de ces «Révolutions arabes» qui ne semblent pas, a-t-il estimé, être à la hauteur des espérances suscitées. Cet expert, a également révélé que les événement qui ont secoué le monde arabe étaient prémédités depuis déjà quelques années. «Les événements auxquels l’opinion internationale a assisté étaient en préparation depuis plusieurs années, bien que leur déclenchement n’ait pas été précisément planifié», a t-il assuré. Intervenant dans le débat, Richard Labévière, expert du Proche-Orient, a pour sa part, indiqué que ce qui a rassemblé l’entreprise de ce livre «est le concept de déconstruction». C’est dans ce sens qu’il a critiqué la couverture médiatique de ces événements. «Nous n’étions pas satisfaits par les couvertures médiatiques de ces évènements par la presse française et occidentale ainsi que par des chaînes de télévision satéllitaires arabes comme El Jazeera, Al Arabia ou autres médias», a-t-il souligné. «Il y avait donc, non seulement une urgence mais un intérêt à déconstruire ces accélérations de l’histoire, de mouvements sociaux, qui étaient très anciens, en Tunisie, en Egypte ou dans d’autres pays du Proche et du Moyen-Orient», a t-il ajouté. «Il s’agissait, par conséquent, d’essayer d’aller au-delà des affirmations de morale, souvent d’une presse trop pressée qui a qualifié trop hâtivement des mouvements sociaux de révolutions», a-t-il fait savoir. M.Labévière a ainsi déploré la perte de crédibilité considérable de certains grands journaux qui envoient en mission des journalistes généralistes qui ne font aucune lecture de ce qui se passe réellement, tout en précisant que cela est lié à des phénomènes économiques. Ce livre aura donc montré la face cachée du printemps arabe.
Les événement qui se passent ces derniers jours en Egypte et en Tunisie sont là pour confirmer les dires de ses auteurs…*L’Expression-09.12.2012.

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Les gouvernements dits  »islamistes » ont lamentablement échoué!…selon certains observateurs

Les révoltes arabes qui ont accouché de gouvernements islamistes n’ont pas accompagné l’espoir fou de plus de liberté, de plus de justice, de moins de pauvreté… caressé par les peuples du Maghreb en particulier et d’Afrique du Nord en général. On leur attribue de surcroît des incompétences à conduire les affaires de leurs pays, notamment en matière économique. Ce dernier reproche représente le dénominateur commun attribué aux partis islamistes qui sont arrivés au pouvoir dans les pays de cette région par la voie des urnes. Il faut le souligner. Paradoxalement rejetés aujourd’hui par ceux-là même qui les ont portés à la tête de leurs pays respectifs. Une situation inédite? Certainement pas puisque l’Algérie a déjà connu ce type de scénario qui a fini par s’achever par des bains de sang pratiquement quotidiens dans les années 1990. Un phénomène que nos voisins avaient qualifié de spécifique à l’Algérie et qu’ils n’ont donc pas cru contagieux. L’Egypte vient de l’apprendre à ses dépens avec quelques nuances tout de même. Son président, Mohammed Morsi, a été destitué par l’armée après que des manifestants du mouvement Tamarod (rébellion) aient recueilli 22 millions de signatures demandant son départ. Tous ces paramètres combinés ajoutés à des positions rétrogrades affichées surtout en ce qui concerne le statut de la femme (polygamie, autorisation d’unions avec des filles pubères, excision…) ont rendu la situation explosive. Sur ce dernier point le phénomène est plus perceptible en Tunisie où la femme dispose pourtant d’un statut juridique unique dans le Monde arabe depuis la promulgation du code du statut personnel en 1956 par le président Bourguiba. Les lendemains s’annoncent malgré tout incertains pour elle. Le vent des révolutions qui a soufflé sur les pays du Maghreb et celui du pays des pharaons a ouvert une brèche dans laquelle se sont empressés de s’engouffrer les tenants de la tendance rigoriste de la religion musulmane. En Tunisie et en Libye considérées comme des fiefs du salafismes, les groupes islamistes armés ont fait leur nid alors que des prédicateurs font la promotion de leur idéologie au sein des universités et des mosquées. Des salafistes avaient envahi, le 15 septembre 2011, la basilique romaine du Kef (nord-ouest de la Tunisie, Ndlr) pour la transformer en mosquée. Le 9 octobre de la même année ils se sont attaqués à une chaîne de télévision privée alors que la veille des intégristes armés ont envahi l’Université de Sousse qui a refusé d’inscrire une étudiante en voile intégral (Niqab)…Dernier arrivé dans ce cercle infernal: le Maroc dont cinq ministres de l’Istiqlal ont claqué la porte de la coalition gouvernementale dirigée par les islamistes du PJD (Parti de la justice et du développement). Le souverain marocain a accepté leur démission tout en les sommant d’expédier les affaires courantes… Un premier signe qui indique que la crise est désormais ouverte. Le chef du gouvernement marocain à qui il est reproché les mêmes «tares» que le président égyptien par son allié d’hier, arrivera t-il à surmonter cette épreuve? Le Maroc connaîtra t-il des troubles du même type que ceux qui ont déstabilisé les islamistes du pays des pharaons? Le secrétaire général de l’Istiqlal qui avait mis en exergue l’incapacité du chef du gouvernement marocain à prendre «en considération la gravité de la situation économique et sociale» lui avait en outre conseillé de prendre acte de l’éviction de son «frère et ami», le chef de l’Etat égyptien, Mohamed Morsi…Benkirane qui a obtenu le feu vert de Mohammed VI pour former un nouveau gouvernement est désormais mis à contribution..*L’Expression-25.07.2013.

Réaction d’un internaute: Mais, dans la réalité du pouvoir au Maroc, toute cette mise en scène n’est que du  »cinéma »-Les rènes du pouvoir sont détenues par d’autres mains invisibles au citoyen lambda désespéré qui subit chaque jour les effets négatifs de cette politique monarchique… 

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Tunisie: un député de l’opposition assassiné

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Un député de l’opposition de gauche, Mohamed Brahmi, a été abattu jeudi -25.07.2013, près de Tunis, sa famille et ses partisans accusent les islamistes au pouvoir d’être derrière l’assassinat.

**Voiture piégée à Tunis

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Son corps a été criblé de balles devant son épouse et ses enfants
« Allah Akbar (Dieu est grand), Mohamed Brahmi a été tué, son corps a été criblé de balles devant son épouse et ses enfants », a déclaré, en pleurs, à la radio, Mohsen Nabti, membre du bureau politique du Mouvement populaire, une petite formation de gauche. La télévision Watanya a précisé que M. Brahmi avait été abattu par onze balles tirées à bout portant par des inconnus.
Deuxième assassinat du genre
L’assassinat de Mohamed Brahmi est le deuxième du genre après celui de l’opposant Chokri Belaïd, tué également par balles le 6 février 2013, devant son domicile. Le meurtre de ce dernier avait provoqué une grave crise politique dans le pays.

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La nouvelle a secoué les Tunisiens en cette journée chômée marquant le 56e anniversaire de la République et des centaines de personnes ont afflué dans le centre de la capitale pour dénoncer l’assassinat, accusant eux aussi le parti Ennahda, qui a démenti toute implication.
Cet assassinat intervient près de six mois après celui de Chokri Belaïd, une autre figure de la gauche tunisienne. Sa famille avait aussi accusé Ennahda, qui avait là aussi démenti toute implication. Le pouvoir avait imputé ce crime à un groupuscule islamiste radical.
A l’étranger, la France, les Etats-Unis, la Suisse, l’Algérie et le Parlement européen ont dénoncé l’assassinat et la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Navi Pillay a demandé « une enquête rapide et transparente ».
« M. Brahmi a été assassiné par balles au sortir de son domicile », a laconiquement annoncé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, sans préciser les circonstances.
Selon la télévision nationale Watanya et l’agence officielle TAP, Mohamed Brahmi, coordinateur général du Mouvement populaire et membre de l’Assemblée nationale constituante (ANC), a été assassiné par balles devant son domicile dans la région de l’Ariana », au nord de Tunis.
« Son corps a été criblé de balles devant son épouse et ses enfants », a déclaré à la radio, Mohsen Nabti, membre du bureau politique du Mouvement populaire.
D’après la télévision, il a été abattu par onze balles tirées à bout portant par des inconnus.
La principale centrale syndicale tunisienne (UGTT) a annoncé dans un communiqué une grève générale vendredi après ce « crime odieux » et en réponse, la compagnie Tunisair et sa filiale Tunisiar Express ont annoné l’annulation de tous les vols programmés vendredi.
Homme rond à la moustache touffue et au teint basané, Mohamed Brahmi, 58 ans, avait été élu député à Sidi Bouzid, le berceau de la révolution qui a renversé le régime de Ben Ali en 2011.
Cet homme très critique des islamistes avait démissionné le 7 juillet de son poste de secrétaire général du Mouvement populaire, mouvement qu’il a fondé, en déclarant que sa formation avait été infiltrée par les islamistes.
Sa famille a imputé l’assassinat au parti au pouvoir. « J’accuse Ennahda », a déclaré en pleurs Chhiba Brahmi, la soeur du défunt, sans avancer de preuves.
Dans une déclaration à l’AFP, le chef d’Ennahda Rached Ghannouchi a rejeté ces accusations affirmant que les commanditaires veulent mener le pays vers une « guerre civile » et « perturber la transition démocratique ».
Dans une allocution télévisée, le président tunisien Moncef Marzouki a parlé d’une « deuxième catastrophe nationale » après la mort de Belaïd.
« Les responsables de ce drame veulent montrer que la Tunisie (…) peut basculer elle aussi (dans la violence), ils veulent démontrer que le Printemps arabe a échoué », a-t-il déclaré en référence à l’Egypte où des violences meurtrières ont lieu depuis le renversement par l’armée le 3 juillet du président islamiste.
Le chef du gouvernement Ali Larayedh a appelé les Tunisiens au calme, soulignant que cet assassinat « ne doit pas être exploité pour semer le trouble et inciter les Tunisiens à s’entretuer ».
Des centaines de Tunisiens ont manifesté dans le centre de Tunis et en province, notamment à Sidi Bouzid, région natale de Mohamed Brahmi.
« La Tunisie est libre, dégagez les Frères », ont scandé des manifestants dans la capitale, en référence aux relations étroites entre Ennahda et la confrérie des Frères musulmans en Egypte.
« Ghannouchi assassin », « Ennahda doit tomber aujourd’hui », « l’Assemblée constituante doit être dissoute », ont-ils crié sur l’avenue Habib Bourguiba, dans le centre-ville aussitôt la nouvelle de l’assassinat connue.
Après une accalmie à l’heure de rupture du jeûne de ramadan, les manifestations ont repris dans la soirée et la police a tiré des gaz lacrymogènes quand ils ont voulu installé une tente pour un sit-in « jusqu’à la chute du pouvoir islamiste ».
A Sidi Bouzid, les manifestants ont envahi le siège du gouvernorat et incendié des bureaux, selon un journaliste de l’AFP. Là aussi, la police a dispersé les manifestants à coup de bombes lacrymogènes.
Dans la même région, à Menzel Bouzaïane, les manifestants ont saccagé les locaux du parti islamiste en criant « A bas les obscurantistes, Ennahda et salafistes », en référence aux groupes islamistes radicaux.*AFP-25.07.2013.

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Les fruits amères du «printemps arabe»

Les mauvaises graines semées au «printemps arabe», en 2011, n’ont pas tardé à donner leurs fruits pourris. Après la Libye où le chaos a été de toute évidence programmé par les pays occidentaux qui ont provoqué la chute de Mouammar Kadhafi, par son assassinat, c’est au tour de l’Egypte et de la Tunisie de connaître les affres d’une transition voulue par ces mêmes pays occidentaux. Les nouvelles qui proviennent de ces deux pays sont dramatiques et n’incitent pas à l’optimisme. Le terrorisme fait ses premières victimes en plus des affrontements violents entre pro et anti-Morsi en Egypte en attendant les violences entre pro et anti-Ennahda en Tunisie. C’est peu dire que la tension monte dans ces deux pays. En Tunisie particulièrement où l’assassinat du député de gauche Mohamed Brahmi a créé une situation nouvelle en radicalisant l’opposition au pouvoir d’Ennahda et en ouvrant la voie à un scénario à l’égyptienne, c’est-à-dire de grandioses manifestations populaires, l’intervention de l’armée, l’éviction des islamistes du pouvoir et la désignation de nouvelles autorités pour remettre la transition sur la voie souhaitée par la population, vers la résolution des problèmes socioéconomiques réels que rencontre la Tunisie. Dans ce pays, les problèmes du chômage, de la misère, de la corruption, se posent, à peu près, avec la même acuité qu’en Egypte. Non seulement, ils n’ont pas disparu après la «révolution» mais ont même connu une aggravation avec l’arrivée au pouvoir des islamistes d’Ennahda dirigé par Ghannouchi. Les indicateurs qui reflètent l’état de l’économie sont très mauvais : taux de chômage élevé, niveau des recettes extérieures très faible, pouvoir d’achat complètement érodé… Mais le pire est qu’Ennahda, en sous-main, facilite les activités des extrémistes islamistes et même encourage le terrorisme, comme le soulignent nombre d’observateurs tunisiens et étrangers qui connaissent bien la situation dans ce pays. La violence armée et le risque d’actions terroristes ont déjà créé un climat d’insécurité alimenté par ailleurs par une situation sociale détériorée. C’est cela le «printemps arabe» ? *Par Kamel Moulfi -AlgériePatriotique-27.07.2013.

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Colloque d’El Khabar

*Les femmes «premières victimes» du Printemps arabe

Le Printemps arabe a-t-il trahi les femmes ? En première ligne, tout au long des manifestations qui ont abouti à un changement de régime en Tunisie et en Egypte, elles subissent aujourd’hui le «retour de bâton».

Le quotidien El Khabar a organisé, hier, à la faculté des sciences politiques d’Alger un colloque ayant pour thème «Les femmes et le Printemps arabe». Des femmes et militantes ont ainsi été invitées à exposer la situation de leurs pays respectifs : Raja Ben Slama, psychanalyste tunisienne, professeur à l’université de Tunis, l’Egyptienne Marry Danial, activiste politique, la Syrienne Lama Tayara, femme de média et de critique cinématographique, ainsi que Samia Belkadi, journaliste algérienne au quotidien El Khabar. La modératrice du débat était la linguiste et professeur Khaoula Taleb Ibrahimi. Les intervenantes tiennent, tout d’abord, à réfuter le concept de «printemps». Elles préfèrent ainsi parler de «révolutions et de contre-révolutions» qui sont toujours en cours.

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Ces «mouvements», en dépit de leurs différences, se rejoignent en une grande ligne : la femme. Elles ont ainsi été les premières «victimes» de ces bouleversements. Au Caire, la répression contre la gent féminine, (agression sexuelle, tests de virginité et autres sévices), s’est ainsi manifestée au début même de la révolution de la place Tahrir. En Syrie, le violent conflit, qui perdure, touche durement les femmes dans leur citoyenneté et dans leur féminité. «Elles se retrouvent sans hommes, puisqu’ils sont tous partis, mobilisés ou morts, et sont exposées à tous les dangers», relate Mme Tayara. En Tunisie la «condition féminine» s’est retrouvée prise en otage par des islamistes arrivés au sommet de l’Etat. «Une fois au pouvoir, ils se sont rendus compte qu’ils n’avaient aucun programme sérieux.

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Alors ils se sont tournés vers la gent féminine», ironise Raja Ben Slama. Puis, plus sérieuse, elle avoue ne pas comprendre cette politique, et ce raisonnement qui, au final, ne s’inquiète que d’une chose. «Contrôler et régenter la vie de la femme, ses libertés, ses droits et sa sexualité», déplore la psychanalyste tunisienne. «Nous savons aujourd’hui que ce ne sont pas ces révolutions contre un pouvoir qui garantiront pleinement aux femmes le respect de leurs droits, qu’elles soient Syriennes ou issues d’un autre pays du Monde arabe. Dans de nombreux pays, les citoyens ne respectent aucun des préceptes de l’islam. Sauf, évidemment, lorsqu’il s’agit des ‘traditions’ rétrogrades qui maintiennent la soumission de la femme», insiste Lama Tayara.

«Révolutionner les mentalités archaïques»

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«Dès lors, ce qu’il faut, c’est une révolution contre cette société rétrograde et discriminatoire envers le sexe féminin», conclut-elle. Même son de cloche pour l’Algérienne. «Il y a de nombreuses discriminations envers les femmes. Pourtant des lois existent, mais qui doivent évidemment être améliorées. Mais ces discriminations viennent et sont perpétuées par la société, les citoyens, hommes et femmes. Ce qui doit être changé, ce sont donc les mentalités archaïques», affirme la journaliste Samia Belkadi. Pourtant, les révolutions et contre-révolutions, qui ont ébranlé les sociétés, et en dépit des nombreuses menaces qu’elles font peser sur les femmes, sont aussi à leur profit. Car dans ces situations où aucun relâchement n’est permis, aucune trêve ne devant être concédée, et ce, au risque de voir les acquis confisqués, les femmes se doivent d’être omniprésentes. «Cela se fait à notre profit, car les femmes sont dans la rue», se réjouit la Tunisienne.

Elles manifestent, elles occupent les espaces publics, elles osent dire tout haut, ce que l’on voudrait qu’elles cachent. Et cette mobilisation a porté ses fruits, en Tunisie par exemple. «La Constitution ne sera pas basée sur la charia, contrairement à ce qui était réclamé par les conservateurs. De même, les acquis du statut personnel ne seront pas remis en question, en perpétuant l’égalité entre femmes et hommes, et non la complémentarité», explique Mme Ben Slama. De même, en Syrie, «aujourd’hui les Syriens ont pris conscience de la valeur de la femme et que rien ne se fera sans elles».* Ghania Lassal -El Watan–04.03.2013.

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**Tous les pays visés par la vague du «printemps arabe» sont en ébullition permanente.

Partout, c’est la désillusion, après une brève période d’euphorie qui a laissé croire que la démocratie allait s’instaurer comme par enchantement.

L’Egypte que certaines capitales occidentales présentaient comme un modèle de réussite de la transition démocratique, est en train de revenir à la case de départ, avec, en toile de fond, une guerre idéologique qui risque de prendre des proportions très dangereuses.

Trois mois après l’élection du candidat des Frères musulmans, à la tête du pays, les Egyptiens découvrent toutes les sournoiseries de la confrérie, qui semble pressée d’instaurer un Etat théologique.

Le président Mohamed Morsi, dont les tentations despotiques sont clairement affichées, a profité du succès de sa médiation entre le Hamas palestinien et Israel, pour tenter ce nouveau coup de force, pour imposer un projet de constitution qui divise le pays, tandis que des centaines de milliers d’islamistes ont été mobilisés pour le soutenir.

«Le projet de Constitution exprime les objectifs de la révolution » qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011, a déclaré M. Morsi en appelant tous les Egyptiens, qu’ils soient pour ou contre le projet, à se prononcer.

Dans la journée d’hier, des centaines de milliers d’islamistes ont manifesté en soutien à M. Morsi, au lendemain d’un rassemblement massif de l’opposition contre le renforcement des pouvoirs du président et le projet de Constitution, accusé de porter atteinte à la liberté de religion et d’expression. Il s’agit de la crise politique la plus grave en Egypte depuis l’élection en juin de M. Morsi, issu des Frères musulmans. Les divisions sont de plus en plus profondes entre la mouvance islamiste et les groupes laïcs, de gauche et chrétiens.

Après des mois de blocage, le projet de Constitution a été adopté en quelques heures entre jeudi et vendredi par la commission, boycottée par l’opposition de gauche et laïque ainsi que par les églises chrétiennes, qui dénoncent la mainmise des islamistes. «Morsi soumet à référendum un projet de Constitution qui sape les libertés fondamentales et viole les valeurs universelles. La lutte continue», a lancé samedi soir l’opposant Mohamed El-Baradei.

Comme dans l’ancienne Constitution, le nouveau texte fait des «principes de la charia» la «source principale de la législation», une formulation assez consensuelle en Egypte. Mais il ajoute une nouvelle disposition selon laquelle les principes de la charia doivent être interprétés selon la doctrine sunnite, ce que certains considèrent comme une possibilité de renforcer la place de la loi islamique, en particulier dans ses interprétations les plus rigoristes.

Le projet accorde également à l’Etat un rôle de «protection de la moralité» et interdit «l’insulte des personnes humaines» et des «prophètes », des dispositions qui pourraient ouvrir la voie à la censure. La Tunisie au bord du gouffre En Tunisie, la situation est encore plus dramatique, avec le spectre de l’insécurité qui menace la cohésion nationale.

Les derniers événements de Siliana, où la population demande le départ du wali, montrent l’extrême vulnérabilité de l’autorité politique actuelle. Ce qui a amené le président (non-élu) Moncef Marzouki a appeler à la formation d’un gouvernement restreint «pour stabiliser le pays», le cabinet actuel se montrant selon lui incapable de répondre aux attentes de la population.

Or, tout le monde sait en Tunisie que c’est le mouvement Ennahda, qui décidera du maintien ou non de l’actuel gouvernement qui est issu de ses rangs. M. Marzouki, a indiqué avoir «peur» que les violences, déclenchées par l’exaspération de la population face à la misère, ne s’étendent.

La hantise d’un embrasement social similaire à celui qui avait emporté l’ancien président Ben-Ali, à quelques jours du deuxième anniversaire, du début de la «révolution », est vécue comme une menace sérieuse sur la coalition au pouvoir, déjà fragilisé au cours de ces derniers mois par les attaques menées par des groupuscules salafistes.* 03 Décembre 2012-La nouvelle république.

**Tunisie: 80 coups de fouet pour les «rumeurs infondées»

Lors de son prêche d’avant-hier, vendredi 28 décembre, tenu au siège central d’Ennahda, le président du mouvement, cheikh Rached Ghannouchi, a rappelé que «la loi islamique punit par 80 coups de fouet ceux qui relaient des rumeurs infondées».

Rached Ghannouchi a ainsi répondu d’une manière à peine voilée aux propos touchant son gendre, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Ben Abdessalem, en rapport avec ce que les médias tunisiens appellent désormais «Sheraton Gate».
Il s’agit de factures publiées par la blogueuse Olfa Riahi concernant six nuitées séparées passées par ledit ministre à l’hôtel Sheraton de Tunis, situé devant le ministère. Lesdites factures ont été payées par les soins de l’administration, «ce qui correspondrait à de la mauvaise gestion», selon la blogueuse.

Cette dernière a également rapporté que M. Abdessalem a personnellement payé, en liquide, le séjour d’une dame au même hôtel pour la nuit du 18 juin 2012, nuitée que le ministre a lui aussi passée au Sheraton. «Il s’agit d’une cousine, qui est venue me voir pour une question familiale. Comme je me suis attardé au travail, je n’ai pu la recevoir au bureau. J’ai dû lui réserver une chambre à l’hôtel parce qu’il y avait un couvre-feu, suite aux incidents du musée Ebdelliya à la Marsa», a expliqué le ministre aux médias.
Ces propos ont suscité beaucoup de rumeurs, portant aussi bien sur la mauvaise gestion que sur l’adultère. La dame concernée est alors montée au créneau pour déclarer sur les ondes d’une radio «être la cousine du ministre». Malgré toutes ces déclarations, les spéculations n’ont pas baissé d’intensité.

Donc, c’est pour éviter que de tels propos n’enveniment la vie interne du parti et, éventuellement, la vie familiale de son gendre, que Rached Ghannouchi a rappelé les 80 coups de fouet de la loi islamique concernant la rumeur infondée. Toutefois, au-delà de cette question d’adultère qui demeure du domaine privé, les observateurs s’interrogent s’il est normal qu’un fonctionnaire passe ses nuits à l’hôtel sur les deniers du ministère alors que son logement se trouve à quelques centaines de mètres, sans qu’il s’agisse de mauvaise gestion.*El Watan-30.12.2012.

**Les pays du «printemps arabe» dans la tourmente

Les manifestations et les heurts se poursuivent dans les pays secoués par le dit «Printemps arabe». Que se soit en Tunisie, Egypte ou en Libye, les nouveaux dirigeants trouvent d’énormes difficultés à gouverner et se voient de plus en plus contestés par les citoyens qui ne trouvent pas autre que d’occuper la rue pour s’exprimer.
La Tunisie berceau des «révolutions» arabes continue de manger son pain noir et ce, malgré l’installation d’un Président et d’un Parlement issus des parties politiques, vainqueur dans les dernières élections. La capitale tunisienne et les autres régions du pays sont paralysées alors que les troubles à l’ordre public sont au quotidien. Au moment où nous rédigeons ce papier de violents heurts opposent les forces de l’ordre et les manifestants à Seliana. Les citoyens de cette ville réclament le départ du gouverneur issu du parti d’Ennahda mais le gouvernement refuse de satisfaire la revendication de la population. Samedi, l’armée qui a été contrainte d’intervenir pour séparer les forces de police et les manifestants, a fini de se retirer après que le ministre de l’Intérieur s’est opposé à cette médiation. Au même moment de milliers de manifestants de la capitale se sont dirigés vers le siège du ministère de l’Intérieur en guise de soutien aux citoyens de seliana. Dans un dernier sursaut, la population menace de quitter la ville (hommes, femmes et enfants) et de marcher vers la capitale si toutefois le gouverneur ne sera pas démis de ses fonction. Les affrontements entre force de l’ordre ont fait jusqu’ici plus de 400 blessés dans les deux camps. En Egypte, la situation de dégrade de plus en plus surtout après que le président Mohamed Morsi issu de la confrérie des islamistes a tenté de renforcer ses pouvoirs par le biais d’un projet de Constitution. La situation a pris une autre tournure lorsque le président Morsi qui a mis main basse sur l’armée s’est permis de limoger le procureur général de la haute Cour. Cet état de fait est la goutte qui a fait déborder le vase et a créé un climat de tension dans l’ensemble des villes egyptiennes. En réaction à ces décisions, des milliers de manifestants occupent la place Tahrir au centre du Caire réclamant le retrait du projet de la Constitution. Le débrayage mené par plus de 15 partis politiques se poursuit depuis plus d’une semaine et s’est propagé à Alexandrie et dans plusieurs autres villes du pays. Des contres- manifestations ont été également organisées par le courant islamiste dans plusieurs villes. Les échauffourées et les affrontements mettant au prise les deux camps et les forces de l’ordre ont fait plus 2 décès parmi les manifestants et plus de 600 blessés. C’est le même cas en Libye où la situation demeure toujours confuse. Les dernières élections organisées il y a quelques jours n’ont rien apportées de nouveau et tout peut basculer à n’importe quel moment. Les armes utilisées durant la dite «révolution» sont toujours aux mains des ex-rebelles alors que les enlèvements, les règlement de compte et les assassinats se poursuivent. Il y a quelques jours, un tribunal militaire a officiellement convoqué l’ex-président du CNT, Mustapha Abdeljalil afin qu’il soit entendu dans l’affaire de l’assassinat du général Abdelfatah Younes. Une éventuelle implication du premier responsable de la dite révolution enflammerait de plus en plus la situation déjà explosive. En somme, contrairement à ce que s’attendaient certains «naïfs» qui croyaient à l’instauration de la démocratie, la paix et sérénité dans ces pays, c’est le contraire qui s’est produit et le pire est à craindre à l’horizon.* INR-02.12.2012

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