un monde à la dérive

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**Réfugiés en Allemagne:

Des milliers d’enfants migrants ont disparu

**Ces enfants finissent en général entre les mains de réseaux mafieux qui les revendent ou les exploitent dans leurs activités criminelles

Sur les 8 006 enfants migrants entrés sur le territoire allemand, parmi lesquels un nombre important d’Algériens, prés de 6 000 d’entre eux, ont disparu.

Interrogé sur ce phénomène inquiétant lors d’une séance parlementaire, le ministre de l’Intérieur allemand a admis l’existence de ce phénomène qui prend des proportions inquiétantes. Pourtant, son homologue de la Famille s’est exprimé à ce sujet, en février dernier, pour soutenir que ces disparitions sont dues à des erreurs d’enregistrement. Les faits sont là: 5835 mineurs migrants ont bel et bien disparu en Allemagne en 2015.

Sur ces 8 006 enfants migrants présents en Allemagne, 2171, sont originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Érythrée, du Maroc et d’Algérie. Parmi les personnes disparues, 555 sont des enfants dont l’âge ne dépasse pas les 14 ans.

Europol évoque, quant à lui, la disparition de 10 000 enfants migrants à l’échelle européenne. «Ce sont des enfants qui sont entrés sur les territoires européens sans accompagnement», indique l’organisme de police européen, soulignant que ces enfants finissent en général entre les mains de réseaux mafieux du crime international qui les revendent ou les exploitent dans le cadre de leurs activités criminelles.*algerie-focus.com/ lundi 11 avril 2016

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****Identités Meurtrières

Enigme

un monde à la dérive spacer

« Je suis profondément persuadé que n’importe qui peut développer son appartenance par rapport à sa propre famille, car chaque fois qu’on plonge dans l’histoire d’une famille, on trouve des choses extraordinaires ».A.Maalouf.

Lorsqu’en 1989 Amine Maalouf publia ses « Identités Meurtrières », il venait de poser les préalables d’un débat qui fait l’actualité en France, mais pas seulement. Pour Maalouf, la question identitaire passe par nombre de conflits nés d’un « besoin contemporain de tout vouloir catégoriser », vouloir tout mettre dans un même sac. En d’autres termes pouvons-nous évoquer la notion de citoyenneté et de nation en tenant compte des particularités régionales, tribales, ethniques, culturelles, religieuses, dialectales? Exercice difficile d’autant que les exigences de la mondialisation reconnaissent par nécessité, de moins en moins, les valeurs individuelles, celles qui fondent les caractères, les us et les coutumes. La consommation a tendance à se normaliser, le capital a grand besoin de circulation, faisant fi des frontières pour se reproduire, les sociétés se transforment plus rapidement grâce à la technologie, de nouvelles valeurs s’installent avec une rapidité incontrôlable, les systèmes connaissent de nouvelles mutations et produisent des crises imprévues. Que restera-t-il de national, de tribal, de linguistique, de religieux dans cette spirale qui donne le vertige aux politiques, au point de lancer sur le marché des idées, des thèmes aussi porteurs de conflits que cette fameuse « identité nationale » qui ne veut plus rien dire de sérieux, mais qui peut se retourner contre eux ?

 En France le débat prend forme à partir d’un accoutrement qui s’appelle burqua, simple morceau de tissu porté par des femmes et qui semble déborder sur une volonté politique d’intégration qui va jusqu’à s’attaquer à une façon de s’habiller. En soi la burqua ou ses habits périphériques, le hidjab, le niqab, le khimar ou le simple « foulard islamique », ne sont que des formes d’attachement à une identité justement.

 Il a été démontré par un groupe de parlementaires que ces « signes ostentatoires » d’appartenance religieuse, ne touchent qu’une minorité de l’immigration et plus particulièrement des militantes, qui n’ont rien de femmes soumises, fait d’ailleurs bousculant les croyances établies du pays des Droits de l’Homme, y compris Madame Amara. Pensant poursuivre un débat qui a pris des dimensions inquiétantes, à la limite du racisme post-colonial, le Président de tous les Français « sans exclusive », s’en remet aux institutions de son pays pour « lever le voile » sur cette question qui pose le préalable d’une immigration positive. La création d’une commission de pérennisation du débat comprendrait des intellectuels, historiens, sociologues et parlementaires, qui doivent rendre leurs conclusions sans obligation d’en référer aux principaux concernés les non–intégrés, se situant dans la marge des valeurs républicaines. C’est dire qu’une nationalité ne suffit plus à l’égalité. Un train de mesures est, par ailleurs, pris pour faire de l’école, le centre des actions gouvernementales de la politique d’intégration en associant parents et enseignants. Mais qu’est-ce que l’intégration pour un immigré?

 Quand on sait comme l’énonce Maalouf, à propos d’un de ses personnages, immigré en Allemagne que « aux yeux de sa société d’adoption, il n’est pas allemand ; aux yeux de sa société d’origine, il n’est plus vraiment turc », se posent alors des questions de fonds qui consistent à savoir qui intégrer et à quoi. Depuis que la France accueille des populations particulièrement en provenance de ses anciennes colonies, on demandait à ces communautés de participer à l’effort de développement par leur travail et c’est ce qu’elles ont fait en contrepartie d’un salaire. Un rapport clair. Jamais la langue n’a été le souci des patrons et il n’est pas étonnant de voir des milliers de personnes vivant en France, communiquer avec seulement quelques mots volés à la rue, aux bistrots ou aux chantiers.

 C’était le fait d’une génération qui, tout en restant attachée à des valeurs culturelles d’origine, a travaillé en France, a fondé des familles, a fait l’effort d’instruire sa progéniture et fourni une main- d’œuvre de rechange, une fois à la retraite. Elle n’a jamais essayé de s’intégrer dans l’espace culturel français et jamais on ne le lui a demandé. «Bojor messiou, merci madame », des années durant et ça a marché. Il est vrai que pour cette génération en voie de disparition, les choses étaient différentes. Aujourd’hui que les enfants ont grandi dans la marge des banlieues et des bidonvilles et qu’ils ont développé une stratégie de survie, pas tout à fait conforme aux règles sociales et juridiques au point de la qualifier de « racaille » que veut-on intégrer même si, au plan politique quelques figurants au gouvernement prouvent que l’aventure est possible. Particulièrement comme le rappelle l’auteur de Léon l’Africain si l’on considère que « l’identité n’est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l’existence ». Le Président des Français en sait quelque chose étant lui-même fils d’immigré. Cela ne l’empêche nullement de défendre son actuel pays en demeurant dans sa propre culture d’origine.

 Le retranchement sur les valeurs d’essence, qu’il se manifeste par un habit ou autre signe est le résultat d’une résistance à un mode d’organisation basé sur l’exclusion. Et là qui doit faire le mea culpa de la France, selon la liturgie bien catholique ?

 Les intellectuels ? Ils se disent tous ou presque laïcs? Les parlementaires ? Ils sont divisés sur la question identitaire et loin du problème sauf dans les discours électoraux. Alors que le débat prenne forme chez les principaux concernés, à savoir les communautés immigrées, particulièrement musulmanes, puisque du point de vue religieux le débat les a pris pour cible première. Mais là, encore, y a-t-il un espoir d’aboutissement ? Quand on sait comment se fait la répartition géographique des émigrés ou immigrés, selon la rive où l’on se place, et que cette répartition obéit très généralement aux régions d’origine dans les pays d’origine, on comprend mieux la nécessité d’aller doucement mais sûrement dans ce débat.

 En Conclusion et selon les écrits d’Amine Maalouf « rien n’est plus dangereux que de chercher à rompre le cordon maternel qui relie un homme à sa langue. Lorsqu’il est rompu, ou gravement perturbé, cela se répercute désastreusement sur l’ensemble de la personnalité » et par extension sur l’ensemble de la société. Une Enigme, que nulle aventure même néocoloniale n’a suffi à en venir à bout. (Quotidien d’Oran-11.02.2010.)

par Ahmed Saifi Benziane

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46 réponses à “un monde à la dérive”

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