Egypte:une nouvelle ère ?

*quatrième anniversaire de la révolution égyptienne 

«L’Egypte se trouve au pire moment de sa phase post-révolutionnaire et à l’heure actuelle, on ne voit pas de lumière à la sortie du tunnel»

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	En Egypte, les manifestants investissent encore la rue  » src= »http://www.elwatan.com/images/2015/01/29/egypte_2600471_465x348.jpg » /></p>
<p><strong><span style=Le quatrième anniversaire de la révolution égyptienne a été terni par l’assassinat d’une militante, tuée d’une décharge de chevrotines dans le dos. Une image qui a choqué le monde. La transition démocratique en Egypte est un exercice qui n’est pas compatible avec le régime.

«Shaïmaa Al Sabbagh est tombée en martyre. Bientôt vous ne trouverez plus sa photo ni sa biographie, elle sera oubliée de tous. Parce que les personnes comme elle n’intéressent pas», déclare amèrement Hicham Soltan, journaliste et éditorialiste au journal égyptien Al Joumhouria. Hier, des dizaines d’Egyptiennes ont manifesté au Caire contre la police pour dénoncer la mort de la militante socialiste, tuée lors d’une marche à la mémoire des jeunes tombés lors de la révolte qui avait chassé Hosni Moubarak du pouvoir, en 2011. Sa mort, samedi, a provoqué un choc au sein de l’opposition (de gauche) au président Abdelfattah Al Sissi, qui réprime implacablement toute manifestation depuis qu’il a destitué son prédécesseur, l’islamiste Mohamed Morsi, en juillet 2013.

Shaïmaa Al Sabbagh, 34 ans et mère d’un garçon de 5 ans, a été tuée d’une décharge de chevrotines dans le dos, alors qu’elle participait à une marche pacifique de militants de mouvements laïques et libéraux pour déposer des fleurs sur la place Tahrir, célèbre théâtre de la révolte de 2011, en plein cœur du Caire. L’Alliance populaire socialiste, dont elle était membre, accuse, comme les organisations de défense des droits de l’homme et de nombreux témoins, un policier de l’avoir tuée, ce que le gouvernement a démenti tout en ordonnant une enquête.

Post-révolution

La police avait dispersé violemment cette marche, interdite en vertu d’une loi édictée par le gouvernement en novembre 2013 interdisant tout rassemblement ou manifestation non autorisé préalablement par le ministère de l’Intérieur, un texte dénoncé par les ONG comme l’un des plus liberticides du pouvoir d’Al Sissi. «L’Egypte se trouve au pire moment de sa phase post-révolutionnaire et à l’heure actuelle, on ne voit pas de lumière à la sortie du tunnel», a affirmé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord.

«La situation de milliers d’Egyptiens s’aggrave de jour en jour.» a-t-elle dénoncé. Quatre ans après la révolution égyptienne, le bilan est «difficile à faire», pour Fahd Baha, politologue égyptien : «La question démocratique en Egypte ne se pose plus, puisqu’elle est inexistante. Certains politiques et intellectuels parlent des acquis de la révolution. Mais à quel prix ?

C’est cette question que je pose à chaque fois que l’on me fait intervenir dans des émissions radiophoniques. La vie des personnes emprisonnées ou assassinées sur les places publiques ne dérange plus le régime !» Si depuis le début de la révolution, Hosni Moubarak a utilisé la répression pour y mettre un terme, demandant à l’armée d’intervenir, cette dernière avait refusé de le faire.

«Le fait qu’il ait tenté de réprimer le mouvement de révolte par la violence a certainement joué un rôle dans la propagation de celui-ci, étant donné que cela a motivé la population à mettre un terme à la tyrannie du dirigeant. Après le départ de Moubarak, c’est l’armée qui a pris le contrôle du pays. L’apaisement de la colère populaire n’a pas été au rendez-vous avec Mohamed Morsi non plus. L’Egypte a raté sa transition démocratique. Un traumatisme a fractionné la société», précise-t-il.

Transition démocratique

Des ONG, des associations égyptiennes, des médias et certains hommes politiques dénoncent, depuis le début de la révolution égyptienne, les exactions commises, les abus de pouvoir, les exécutions et les emprisonnements injustifiés. Najat Al Harbi, universitaire et journaliste, explique que tous ces éléments «feront échouer la transition démocratique en Egypte et dans le monde arabe. Al Sissi est en train de nourrir la bête léguée par ses prédécesseurs. Nous sommes en train d’encourager les voyous du système alors que notre mission a toujours été de les combattre.

Nasser doit se retourner dans sa tombe ! Morsi et les Frères musulmans ne sont pas les seuls à avoir précipité l’Egypte dans cette crise économique qui déstabilise le pays». Hier, dans son rapport annuel 2015, Human Rights Watch, a dénoncé la dégradation des droits humains en Egypte, tout en précisant que certains juges et procureurs égyptiens ont été complices de la répression dans leurs pays. Le rapport souligne qu’en avril et juin 2014, un juge du gouvernorat de Minya a condamné «220 accusés à la peine de mort et 495 autres à la prison à perpétuité, à l’issue de deux procès entachés d’irrégularités.

En décembre, un autre juge, dans le gouvernorat de Gizeh, a prononcé de manière préliminaire des peines de mort à l’encontre de 188 personnes accusées d’avoir attaqué un poste de police.» D’autres magistrats ont régulièrement autorisé des mises en détention provisoire dans des affaires où les éléments à charge étaient très minces, voire inexistants. En juillet, le ministère de l’Intérieur a déclaré que 1389 personnes arrêtées en relation avec les désordres qui se sont produits au moment du renversement de Morsi, étaient toujours en détention préventive un an plus tard.

Amnesty dénonce les violences faites aux femmes

En Egypte, les violences faites aux femmes sont dénoncées dans un nouveau rapport d’Amnesty International. Des réformes fragmentaires, des lois insuffisantes et surtout l’impunité encouragent, dans le pays, une culture généralisée de violences sexuelles fondées sur le genre, affirme l’organisation de défense des droits de l’homme. Ce rapport est destiné notamment à faire pression sur les parlementaires, qui seront élus lors des législatives de mars et mai prochain.

Même si la plupart seront encore des hommes, sachant que les femmes sont très peu présentes dans la vie publique en Egypte avec seulement 11% de cadres fonctionnaires.

Le rapport d’Amnesty dénonce également les violences faites aux détenues dans les prisons. Et, plus généralement, la discrimination dont sont victimes les femmes dans la société, à commencer par l’emploi.

L’Egypte compte 24% de femmes au chômage pour 9,2% de chômeurs selon ce document, publié mercredi 21 janvier par l’organisation de défense des droits humains.*Faten Hayed / El Watan/ vendredi 30/01/2015 |

****Egypte-jeudi 29/01/2015 | 22:14** Au moins 25 personnes, pour la plupart des militaires, ont été tuées dans des attaques jeudi dans le nord du Sinaï égyptien, selon un nouveau bilan communiqué par des responsables de sécurité et des sources médicales. Des tirs de roquettes et une voiture piégée ont touché des bâtiments de la police, de l’armée et une zone où résident des officiers à Al-Arich, capitale de la province du Nord-Sinaï, alors qu’une autre attaque à la roquette a eu lieu à Rafah, à la frontière avec la bande de Gaza. Les attaques contre les forces de sécurité se sont multipliées en Egypte depuis la destitution en 2013 du président islamiste Mohamed Morsi, faisant des centaines de morts.(Afp) *Jeudi 29/01/2015 

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Le nouvel «homme fort» de l’Egypte, Abdel Fatah al-Sissi refuse de répondre au coup de fil de Barack Obama

Le nouvel «homme fort» de l’Egypte, Abdel Fatah al-Sissi, aurait snobé le puissant président américain, Barack Obama, en refusant de répondre à son coup de fil. Cela a fait se rengorger agences de presse et journaux. Le général égyptien aurait ainsi commis un crime de «lèse- majesté». Et pour cause! L’Egypte considérée comme le «baromètre» du Monde arabe, chancelle et risque de tomber dans l’anarchie et la guerre civile. Or, ce sont les «immenses» intérêts US, notamment stratégiques – loin d’être ceux du peuple égyptien – qui sont ainsi mis en péril. Ce qui explique l’émoi, en particulier de Washington, dont le ministre de la Défense, Chuck Hagel était, dit-on, accroché ces derniers jours à son téléphone pour tenter de toucher le général al-Sissi. D’où, l’appel insolite et tout aussi infructueux de l’hôte de la Maison-Blanche soi-même. Il en est de même des Européens qui se réunissaient hier pour «réexaminer» les rapports de l’UE avec le pays des pharaons. Ce n’est certes pas la «santé» du peuple égyptien et la démocratie dans ce pays – pour autant que cela ait été leur priorité – qui préoccupent et font bouger un Occident pas du tout regardant sur les pertes humaines lorsque son diktat est remis en cause, (cf; l’Irak et l’Afghanistan en témoignent absolument). Aussi, peut-on se demander si les «marionnettes» (du point de vue des puissances occidentales) ne seraient-elles pas en train de faire de la résistance? Américains et Européens ont immédiatement sorti leurs calculettes et menacé de sanctionner Le Caire faisant planer la suspension des aides financières qu’ils octroient à ce pays. La manière avec laquelle l’Occident réagit aux événements en Egypte indique comment les puissances américaine et européennes apprécient, évaluent et comprennent leurs rapports avec les dirigeants arabes, estimés en tant que vassaux. Assurément, les pouvoirs arabes corrompus et interchangeables – qui méprisent leurs peuples – savent en revanche se montrer doux et flexibles avec les puissants. C’est ce qui explique leur longévité, car ils savaient être malléables et surtout comprenaient où est leur place. Les généraux égyptiens dont leur armée bénéficie chaque année de 1,3 milliard de dollars de la part de l’Oncle Sam savent bien ce qui est attendu d’eux en retour. La longévité de Hosni Moubarak ne s’explique pas autrement qui, durant 30 ans, a su faire passer les intérêts de son tuteur américain avant ceux du peuple égyptien. Il en est de même des fragiles trônes des monarchies du Golfe qui, sans le parapluie américain, disparaîtront comme un fétu de paille. Pourquoi, sans état d’âme, les Etats-Unis comme l’Union européenne ont collaboré et souvent protégé les Ben Ali, Moubarak et autre El Gueddafi, sont prêts à faire de même avec les nouveaux pouvoirs islamistes. La démocratie, au nom de laquelle tant de chose sont faites n’est en réalité qu’un paravent. En 1992, alors que l’Algérie vivait le drame des tueries islamistes, les Etats-Unis pronostiquaient la chute rapide du gouvernement républicain et formulaient même le voeu de voir s’installer un pouvoir wahhabite à Alger. L’Arabie Saoudite étant certes, le «modèle» de pouvoir recommandé par Washington pour les pays arabes. Le problème essentiel pour les puissances occidentales consiste surtout à contrôler les événements et, mieux, de les accompagner pour assurer une «transition» en souplesse où leurs intérêts stratégiques seront sauvegardés. Qui se soucie en effet des populations des profondeurs de l’Egypte, de l’Algérie, de la Tunisie et autre Libye? Pour l’Occident, la question était et demeure de savoir comment vendre les «nouveaux» pouvoirs sans faire de vagues. Toute la problématique est là. Il fallait ravauder une façade dirigeante arabe discréditée par la corruption et les passe-droits. Aussi, pour les grandes puissances, le «modèle» saoudien était le plus approprié et ces puissances étaient prêtes à contribuer à l’imposer à l’ensemble du Monde arabe aidant au passage au morcellement de ces pays en ethnies confessionnelles (ce qui est le cas de l’Irak de 2013 et peut l’être demain pour la Syrie). Toutefois, les choses ne semblent pas tourner aussi «positivement» que souhaité et ledit «Printemps arabe» aurait échappé, sinon à ses commanditaires, du moins à ceux qui ont pris le train «printanier» en marche pour l’orienter dans le sens de leurs intérêts bien compris. Aussi, la tournure sanglante et effrayante que prennent lesdites «révolutions» en Afrique du Nord (Tunisie, Libye et Egypte) a pris de court, stratèges et analystes, qui se répandent dorénavant en explications aussi percluses que vaines sur ce qui, selon eux, aurait dû être «l’événement» du XXIe siècle représenté par l’avènement de la «démocratie» dans le Monde arabe. La «démocratie» un terme qui couvre des velléités qui n’ont rien à voir avec le libre arbitre des peuples arabes.°L.Expression- 22/08/2013

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**Coup d’Etat ou Révolution ?

La presse internationale condamne massivement l'intervention de l'armée en Egypte.

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L’assaut des forces de sécurité contre les sit-in pro-Morsi tourne au carnage

État d’urgence après une journée sanglante

La violence fait son grand retour en Egypte. Après une semaine relativement calme, la situation a dégénéré au Caire et un peu partout à travers le pays, dès les premières heures de mercredi, lorsque les forces de l’ordre ont commencé à évacuer les deux places occupées par les partisans de l’ex-président Mohamed Morsi. La plus importante des deux places occupées par les pro-Morsi, qui appellent à de nouvelles manifestations, est sous contrôle du pouvoir. La communauté internationale condamne la violence de la répression qui a fait plus de 500 victimes. Navi Pillay, Haut commissaire de l’ONU en charge des droits de l’homme, a appelé de ses voeux  une enquête « indépendante et crédible »  sur les agissements des forces de sécurité en Egypte  dans les affrontements de mercredi. Selon le ministère de l’Intérieur, 43 policiers ont été tués dans l’intervention contre les pro-Morsi.

Egypte:une nouvelle ère ? 20130814PHOWWW00316

**Les images qui nous viennent du Caire, massivement relayées par les chaînes satellitaires et les réseaux sociaux, donnent froid dans le dos. Des images dignes d’un pays en guerre. Dès les premières heures de ce mercredi 14 août, les forces de police, soutenues par l’armée, ont donné l’assaut contre les campements de Rabaa El Adawiyah et la place Nahdha, où sont massés depuis un mois les partisans du président déchu Mohamed Morsi avec femmes et enfants.
Alors que le gouvernement de Hazem Al Beblawi et son ministre de l’Intérieur, Mohamed Ibrahim, avaient promis une évacuation «graduée» des sites occupés par les pro-Morsi, avec plusieurs sommations au préalable, finalement, les forces chargées de «nettoyer» les deux places susnommées ont opté pour une intervention-surprise qui a tourné très vite au carnage devant la résistance de leurs occupants. Une méthode que justifiera le ministère égyptien de l’Intérieur en alléguant que les troupes envoyées au casse-pipe ont essuyé des tirs de la part des irréductibles de la «Gamaâ». Le département de Mohamed Ibrahim soutient, à l’appui, que d’importants lots d’armes étaient stockés dans la mosquée Rabaa Al Adawiyah, devenue le QG opérationnel de la Confrérie.

Guerre des bilans

L’opération a vu la mobilisation de toute une armada d’engins blindés et de bulldozers pour raser tentes, hérisses et barricades, tandis que des hélicoptères bourdonnaient nerveusement dans le ciel du Caire. Les jours ayant précédé l’assaut, le gouvernement Al Beblawi semblait assez optimiste, lui qui misait sur une intervention à moindre frais, sans trop d’effusion de sang et donc sans résistance. Après les quatre jours de la fête de l’Aïd, comme il est de tradition au pays des Pharaons, les autorités égyptiennes se sont encore accordé deux jours supplémentaires en espérant obtenir la capitulation des chefs islamistes et leurs affidés. C’était compter sans la détermination des FM à faire aboutir leurs revendications par tous les moyens. Finalement, la force a prévalu.

Le bilan de cette opération musclée est lourd. Très très lourd. Mohamed Fathallah, porte-parole du ministère égyptien de la santé, cité par le quotidien Al Masri Al Youm, a avancé un premier temps un chiffre «light» qui faisait état de 22 morts et 293 blessés au Caire ainsi que 7 morts dans les provinces. En fin de journée, un bilan officiel parlait de 149 morts dans l’ensemble du pays, le plus gros des victimes ayant été enregistré autour des deux places fortes occupées par les «Ikhwan» (124 morts selon un décompte de l’AFP). Au moins 7 agents des forces de l’ordre ont péri dans ces affrontements. Comme on pouvait s’y attendre, le bilan établi par les Frères musulmans est beaucoup plus élevé. Un premier décompte fourni par les FM estimait les pertes humaines à 250 morts. Gehad El Haddad, attaché de presse de la Confrérie, a posté un tweet profondément indigné dans lequel il écrit : «8 heures de liquidation massive et pas une seule personne raisonnable en Egypte ni dans le monde pour arrêter ça ! Plus de 2000 morts et de 10 000 blessés et le monde qui regarde.»

La fille de Mohamed Al Baltagui parmi les victimes

Gehad El Haddad a assuré, par ailleurs, sur son compte tweeter, que la jeune Asmaa El Baltagui, fille de Mohamed Al Baltagui, figure de proue des Frères musulmans, a été tuée par balle à Rabaa El Adawiyah. Elle avait à peine 17 ans. L’info a été relayée par nombre de sites et médias égyptiens, avec, à la clé, un portrait angélique de la jeune fille. Dans une vidéo, Mohamed Al Baltagui, contenant stoïquement sa peine, martèle : «Je ne veux pas parler de deuil. Ma fille est avec les mariées du paradis qui se sont sacrifiées non pas pour de vils intérêts d’ici-bas ni pour une lutte de pouvoir (…) mais pour la dignité de ce peuple et pour une vraie libération nationale.» Le parti de la Justice et de la liberté, bras politique des Frères musulmans rapporte par ailleurs, sur sa page facebook, que la fille d’un autre responsable des FM, Ahmed Abdelaziz, ex-conseiller médias du président Morsi, est également au nombre des victimes. Il s’agit de Habiba Ahmed Abdelaziz, correspondante de Gulf News, un journal émirati.

En outre, des informations difficiles à vérifier font état de la mort, dans les mêmes conditions, de la fille du n°2 de la Confrérie, Khaïrat Echater, avec son mari. En plus des violences qui ont semé le chaos au Caire hier, différentes villes égyptiennes ont été le théâtre de heurts sanglants entre partisans de Morsi et forces de l’ordre. La journée a été, de plus, émaillée par toute sorte d’actes de représailles avec appel à la désobéissance civile. Ainsi à Suez, Sohag et El Minia, des églises coptes ont été incendiées. A Alexandrie, des manifestants se sont attaqués au siège du gouvernorat ainsi qu’à des représentations consulaires, selon Al Ahram. Ils ont également saccagé des banques et ont pris d’assaut la célèbre bibliothèque d’Alexandrie qui abritait un photographe. A Fayoum, les affrontements ont fait au moins 35 morts selon un bilan provisoire du ministère égyptien de la Santé, relayé par la presse. A Suez, plusieurs personnes ont été tuées alors que des insurgés islamistes s’en prenaient au siège du gouvernorat et ibrûlaient un véhicule de police. A Assiout, un commissariat a été attaqué. Face à cette situation chaotique, le gouvernement a décrété l’état d’urgence dans pas moins de 13 gouvernorats sur 27 (voir encadré).

«Crimes de guerre»

Dans une déclaration à Sky News, Khaled Daoud, porte-parole du Front du salut national, a imputé la responsabilité de ce qui s’est passé à la «violence des Frères musulmans». «Je n’ai jamais entendu parler d’un sit-in pacifique où l’on érige des murs en ciment et des barricades en sacs de sable. Nous avons tous vu comment les partisans des Frères musulmans organisaient chaque jour des manifestations assorties d’actes de violence. Ils se dirigeaient vers les sièges des ministères et les bâtiments de l’armée et de l’Etat et tentaient d’y accéder par la force», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «Il est clair qu’il y a une tentative de la part des Frères musulmans de pousser les forces de sécurité à verser plus de sang, et il est certain que les affrontements vont continuer pour un temps.

Les appels au martyre ne contribuent pas à arrêter l’effusion de sang.» Pour sa part, l’Alliance de soutien à la légitimité a fermement dénoncé, dans un communiqué, les événements de ce «bloody Wednesday» qu’elle qualifie de «grande boucherie». Le communiqué s’en prend violemment aux «auteurs du coup d’Etat du 3 juillet» qui, selon l’Alliance, ont montré leur «visage barbare et sanguinaire». Pour elle, cette opération de police «équivaut à des crimes de guerre». «Ils ont utilisé l’armée et la police comme s’ils étaient dans une bataille militaire contre un ennemi extérieur. Ils ont tué plus de 1000 citoyens et en ont blessé plus de 10 000 autres, des citoyens pacifiques qui étaient visés par les balles des snipers». Le communiqué évoque aussi des manifestants «brûlés vifs dans leurs tentes». Des images insoutenables de ces immolés ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux.

Et de conclure : «L’Alliance fait porter l’entière responsabilité pénale et politique (de ces événements) aux auteurs du coup d’Etat du 3 juillet» en appelant à la poursuite des manifs, d’une façon pacifique, «jusqu’à la chute des putschistes». D’emblée, les manifestants délogés ont occupé, dès la matinée d’hier, la place Mostafa Mahmoud, près des Mohandissine, à Gizeh, où de violents affrontements ont opposé tout au long de la journée, militants pro-Morsi et forces de police.
Il y a fort à parier que cette opération qui a fait l’unanimité contre à elle à en juger par la vague d’indignation qu’elle a suscitée dans le monde entier, rend un grand service aux Frères musulmans qui ne se sont jamais sentis aussi à l’aise que dans la posture de la victime…

El Baradei démissionne :

Le vice-président égyptien et prix Nobel de la paix, Mohamed El Baradei, a présenté sa démission au président intérimaire Adly Mansour pour protester contre la brutalité avec laquelle ont été délogés les manifestants pro-Morsi. Dans sa lettre de démission, Mohamed El Baradei écrit notamment : «Il est devenu difficile pour moi de continuer à assumer la responsabilité de décisions que je ne partage pas, et dont je crains les conséquences.

Je ne peux assumer la responsabilité d’une seule goutte de sang devant Dieu ni devant ma conscience et mes concitoyens, surtout que ma conviction est qu’il y avait possibilité d’éviter cette effusion de sang. Hélas, ceux qui tirent bénéfice de ce qui s’est produit aujourd’hui sont les partisans de la violence et du terrorisme et les groupes les plus extrémistes. Souvenez-vous de ce que je dis.»     M. B.

Le pays sous état d’urgence

Au vu de la gravité de la situation en Egypte après les derniers événements, le gouvernement égyptien a décrété l’état d’urgence pour une durée d’un mois à compter de ce mercredi 14 août, à 16h (15h à Alger). Dans la foulée, le couvre-feu a été instauré au Caire et dans 13 autres provinces qui ont été secouée par de violents troubles, à savoir  Gizeh, Alexandrie, Beni Sueif, El Minya, Assiout, Sohag, Quena, Fayoum, El-Beheira, le Nord et le Sud-Sinaï, Suez et El-Ismailia. Le couvre-feu s’étend de 19h à 6h.

Dans un communiqué rendu public hier, il est précisé que le président par intérim Adly Mansour «a donné pour mission aux forces armées, en coopération avec la police, de prendre toutes les mesures nécessaires pour maintenir la sécurité et l’ordre ainsi que pour protéger les biens publics et privés et les vies des citoyens».     M. B.

Mustapha Benfodil- El Watan-15.08.2013.

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**Le bilan officiel s’élève désormais à 525 morts

Les violences de mercredi ont fait 525 morts dont 482 civils, selon un nouveau bilan du ministère égyptien  de la Santé.  202 personnes avaient péri sur la seule place Rabaa al-Adawiya, principal point  de rassemblement occupé par les pro-Morsi.

**43 policiers ont été tués, selon l’Intérieur

Selon le ministère de l’Intérieur, 43 policiers ont été tués dans l’intervention contre les pro-Morsi

Deux policiers tués par des islamistes  à Al-Arish

Un policier de 21 ans a été tué par balles dans l’attaque d’un club  de la police à Al-Arish, dans la péninsule du Sinaï, un fief des groupes  islamistes armés qui visent régulièrement les forces de l’ordre. Un autre a péri  dans l’assaut d’un commissariat à Assiout, dans le centre.
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Des mosquées transformées en morgue

Plusieurs journalistes livrent sur Twitter des témoignages glaçants de scènes vues dans les mosquées où sont entreposés les cadavres par dizaine.
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« À l’intérieur de l’hôpital de fortune de Rabaa. Tout est détruit ».

Selon Alice Fordham, les proches des manifestants tués peinent à récupérer les corps car leur mort est traitée comme des affaires criminelles nécessitant une autopsie. Beaucoup de familles insistent auprès des médecins pour que ceux-ci inscrivent une cause naturelle de décès sur le certificat pour pouvoir enterrer vite les défunts.

**Un bâtiment administratif pris d’assaut au Caire

Des manifestants islamistes ont mis le feu  au siège de  l’administration de la province de Guizeh en feu. Guizeh est une province qui fait  partie de la métropole du Caire.

**L’institution al-Azhar se désolidarise

La mosquée Al-Azhar au Caire, la plus haute autorité sunnite dans  le monde, s’est désolidariséede l’opération policière qui a fait des  dizaines de morts parmi les partisans de Mohamed Morsi, après avoir pourtant  soutenu la destitution du président islamiste. « Al-Azhar veut dire aux Egyptiens qu’elle n’avait pas eu  connaissance des méthodes utilisées pour disperser les manifestations, sauf à  travers la presse », a assuré le grand  imam de la mosquée, Ahmed al-Tayyeb.

**Shell ferme ses bureaux

La compagnie pétrolière Royal Dutch Shella fermé pour plusieurs jours ses bureaux égyptiens et réduit les déplacements vers l’Egypte après les violences d’hier,qui ont fait au moins 525 morts selon le dernier bilan officiel. Le numéro un européen du secteur n’a pas précisé le nombre de  salariés concernés par ces mesures, ni la localisation des bureaux égyptiens  fermés. « Nous continuons de suivre l’évolution de la  situation en Egypte », a déclaré un porte-parole.

Parmi les autres compagnies pétrolières étrangères implantées en Egypte, BP n’avait dans l’immédiat aucune information nouvelle à donner. Total s’est quant à lui refusé à tout commentaire. Un  porte-parole de BG, dont les installations de gaz naturel liquéfié au  large représentent environ 20% de la production et qui avait rapatrié le mois dernier une centaine de salariés et de leurs proches, a déclaré  n’avoir aucun changement à annoncer. « Tous nos salariés ont été recensés et sont sains et saufs et nous continuons de surveiller l’évolution de  la situation », a déclaré un porte-parole.

Electrolux ferme ses usines au Caire

Le fabricant suédois d’électroménager Electrolux a fermé provisoirement ses usines en Egypte, face à la violence dans le pays. « Nous fermons temporairement nos sites au Caire et alentour. La décision a été prise hier et aujourd’hui. Nous aurons des  réunions ce week-end pour en discuter », a déclaré le porte-parole du  groupe, Daniel Frykholm. « Nous avons l’impression que nous devons  examiner la situation en termes de sécurité », a-t-il ajouté. Electrolux emploie environ 6700 personnes dans le pays.

La mosquée Rabaa al-Adaouia gravement endommagée

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La mosquée était le centre névralgique d’un des campements pro-Morsi évacués mercredi par l’armée

84 inculpations pour meurtres et incendies d’églises

Les autorités égyptiennes ont déféré devant la justice militaire 84 personnes,  dont des membres des Frères musulmans, accusés de meurtre et d’incendie  d’églises coptes. Les suspects ont été arrêtés mercredi à Suez.*source:Le Figaro-15.08.2013.
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Le Caire, le jour d’après

Ces passants fouillent les débris du camp de la place Nahda dans l’espoir de retrouver leurs biens.
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Retour au calme, selon de hauts responsables

Le couvre feu a permis un « retour au calme » dans toute l’Egypte mercredi soir, ont annoncé des hauts responsables  de la sécurité.
 *Les camps des protestataires ne seront plus tolérés

Les camps mis en place par les protestataires ne seront plus tolérés, annonce le ministère de l’Intérieur.
*Catherine Ashton condamne à son tour la violence

Le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a vivement condamné les violences en Egypte et a appelé le gouvernement intérimaire à mettre fin à l’état d’urgence aussi vite que possible.
Voir l'image sur Twitter
*Une deuxième journaliste tuée
The Gulf News, un journal des Émirats Arabes Unis, annonce sur son site que la journaliste Habiba Ahmed Abd Elaziz, 26 ans, a été tuée par balles sur la place Rabaa al Adaouia, où se trouvait le dernier campement des partisans de Mohammed Morsi.
**Un journaliste de Sky News tué
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Mick Deane, caméraman pour la chaîne de télévision britannique Sky News, a été tué par balle au Caire alors qu’il couvrait les évènements. Le journaliste était âgé de 61 ans et travaillait pour Sky News depuis 15 ans.
 **source:Le Figaro-15.08.2013.
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L'instauration de l'état d'urgence et du couvre-feu a ramené un calme relatif dans le pays après une journée sanglante. Les Frères musulmans appellent à manifester, et l'armée menace à nouveau d'intervenir.
**plus de 500 morts, craintes de nouvelles violences
 Après une journée sanglante qui a débuté par l’évacuation brutale de partisans des Frères musulmans et s’est terminée par l’instauration de l’état d’urgence dans la moitié des provinces du pays, l’Egypte craignait un retour de la flambée de violence jeudi, qui a coûté la vie à au moins 500 personnes.

Le coût humain après les affrontements de mercredi reste encore incertain : selon le gouvernement, dont le bilan a augmenté tout au long de la matinée, au moins 525 personnes ont été tuées dans tout le pays, dont 482 civils et 43 policiers. Les Frères musulmans parlent eux de 2 200 morts et 10 000 blessés.

Un décompte indépendant reste compliqué, beaucoup de zones étant inaccessibles aux journalistes. Nos envoyés spéciaux au Caire se sont rendus dans un hôpital de fortune sur la place Rabiya Al-Adawiya, où l’on constate l’étendue des violences.

LES FRÈRES MUSULMANS RESTENT MOBILISÉS

Face à ce qu’ils appellent « un coup d’Etat militaire » contre le président déchu Mohamed Morsi, les Frères musulmans ont appelé à nouveau leur partisans à descendre dans la rue. « Nous allons continuer jusqu’à ce que le coup d’Etat militaire soit mis en échec », a déclaré un des porte-parole de la confrérie, Gehad El-Haddad.

La police et l’armée ont répondu qu’elles n’accepteraient aucun nouveau sit-in des partisans de Mohamed Morsi. L’état d’urgence, proclamé selon les militaires pour une durée d’un mois, permet à l’armée de procéder à des arrestations et à des détentions illimitées, comme durant les trente années de présidence d’Hosni Moubarak.

Le gouvernement de transition mis en place par les militaires accuse les islamistes d’avoir tiré sur la police et attaqué des églises coptes. Selon l’agence officielle MENA, proche du pouvoir, 84 personnes originaires de Suez auraient été déférées devant la justice militaire, dont des membres des Frères musulmans, accusés de meurtre et d’incendie d’église copte.

La justice égyptienne aurait par ailleurs prorogé de trente jours la période de détention de M. Morsi, déposé par l’armée le 3 juillet, toujours selon MENA.*Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | 15.08.2013

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Des pays du Golfe au secours de l’Egypte

12 milliards de dollars pour sauver la transition

L’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Koweït consentent des aides financières importantes pour soutenir l’effort de redressement économique à la faveur du changement du pouvoir à la tête de l’Egypte.

Les observateurs y voient la preuve d’un déclin de l’influence du Qatar qui avait jusque-là parrainé l’accession au pouvoir des Frères musulmans et leur soutien le plus fort durant une année de règne. La chute du pouvoir des Frères musulmans semble avoir reconfiguré la géopolitique dans la région du Moyen-Orient. Le Koweït, les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite se repositionnent aux dépens du Qatar.
La transition politique en Egypte se met en place sur fond de tension politique extrême et d’une déconfiture économique inquiétante. Débarrassé de Morsi, le pays du Nil, qui est au bord de la banqueroute, peut espérer désormais un redressement de la situation grâce aux monarchies du Golfe qui volent au secours des nouvelles autorités provisoires du Caire.

En l’espace de quarante-huit heures seulement, l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats arabes unis ont injecté pas moins de 12 milliards de dollars dans les caisses de l’Egypte. Riyad, qui a ouvertement soutenu la déposition de Mohamed Morsi, a fourni une aide de 5 milliards de dollars, tandis que le Koweït a accordé une aide de 4 milliards, un don d’un milliard de dollars, un dépôt de 2 milliards de dollars à la Banque centrale d’Egypte et la fourniture à ce pays pour un milliard de dollars de produits pétroliers. Cette importante assistance vient s’ajouter à une aide de 3 milliards de dollars des Emirats arabes unis.

Ces trois pays, franchement opposés à la prise du pouvoir par les Frères musulmans en Egypte, opèrent ainsi un repositionnement stratégique dans la région, qui se fait fatalement aux dépens du rôle du Qatar. Doha, qui a apporté un soutien politique, financier et médiatique aux Frères musulmans égyptiens, perd une zone d’influence considérable.

Les Frères en déroute

Le Caire était un terrain de bataille idéologique et financier entre l’Arabie Saoudite, qui soutenait depuis longtemps les salafistes égyptiens d’un côté et le Qatar, principal appui des Frères musulmans et pourvoyeur de fonds de l’Egypte, sous la présidence de Morsi de l’autre.  Au plan politique, l’étau se resserre autour des Frères musulmans d’Egypte depuis le renversement du président Mohamed Morsi. Tandis que le nouveau Premier ministre, l’économiste Hazem Beblawi, entame des consultations pour la formation d’un cabinet, la justice a ordonné, hier, l’arrestation du guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badei, et d’autres dignitaires de la confrérie, dont l’influent prédicateur Safwat Higazi, selon des sources judiciaires citées par les médias. Ils sont accusés d’incitation à la violence dans le cadre de la répression meurtrière, lundi, devant le siège de la Garde républicaine au Caire.

En revanche, le président déchu, Mohamed Morsi, ne fait «pour l’heure l’objet d’aucune poursuite» judiciaire, a assuré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Badr Abdelatty. Il se trouve «en lieu sûr, pour son propre bien, et il est traité dignement», a-t-il assuré. Auparavant, plus de 200 personnes ont été inculpées.

Profitant du rejet massif des Egyptiens, les nouvelles autorités provisoires du pays cherchent à décapiter l’organisation islamiste qui, en une année de pouvoir, a réussi à noyauter plusieurs sphères de l’appareil de l’Etat. Affaiblie et surtout dépourvue du soutien des autres mouvements islamistes, l’organisation fondée par Hassan El Bena en 1928 traverse une phase cruciale. Elle est sérieusement menacée dans son existence. Le pouvoir qu’elle a pu conquérir lui a été fatal. Par ailleurs, le processus politique post-Morsi risque de connaître des trébuchements. Le consensus peine à s’établir entre le pouvoir provisoire et les forces politiques qui ont conduit à la chute de Mohamed Morsi.

La feuille de route proposée par le président provisoire, Mansour Adly, est critiquée par les différents acteurs politiques mobilisés contre Morsi. Le mouvement Tamarod (rébellion) – fer de lance de la révolte du 30 juin –, le Front de salut national (FSN) et le Courant populaire estiment que la déclaration constitutionnelle, composée de 33 articles relatifs à la mise en place du processus institutionnel, a été décidée sans consultation préalable des forces politiques. La coalition des forces révolutionnaires a exprimé son désaccord avec certains articles. «Cette déclaration constitutionnelle confère de larges prérogatives au président intérimaire», juge le FNS, qui propose ses propres amendements.

De son côté, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), bras politique de la confrérie des Frères musulmans, conteste le décret constitutionnel qui annule de fait la Constitution de Morsi et refuse également de participer à un nouveau gouvernement. «C’est un décret constitutionnel (…) par un homme nommé par des putschistes, qui ramène le pays à la case départ», a réagi Essam Al Erian, vice-président du PJL. En somme, deux ans après le renversement du dictateur Hosni Moubarak, l’Egypte n’arrive toujours pas à édifier un nouveau régime politique tant les antagonismes entre les forces en présence, aux intérêts opposés, sont difficiles à concilier. Le mouvement révolutionnaire né en janvier 2011 reste puissant, mais peine à prendre le pouvoir tant qu’il ne s’est pas doté d’un programme et d’une direction politique.*El Watan-11.07.2013.

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L’Islam face à l’islamisme

*Par Zouhir MEBARKI – L’Expression-08.07.2013.

Pas de confusion. La destitution du président Morsi ne signifie pas un recul de l’Islam et encore moins son échec en Egypte. C’est le candidat des Frères musulmans qui après une année à la tête de l’Etat, a échoué. C’est le programme politique appliqué par Morsi qui est en cause. En effet, beaucoup ont tendance à confondre l’Islam et l’islamisme politique. C’est cette confusion qui a fait perdre les Frères musulmans en Egypte. S’ils revendiquent la légitimité tirée des urnes, ils oublient cependant qu’une telle légitimité est le fondement même de toute démocratie. Laquelle démocratie se décline par le respect des libertés. individuelles et collectives. Dans le cas de l’Egypte, Morsi n’a pas tenu compte des 38 millions d’Egyptiens qui n’ont pas voté pour lui. Ceux qui avaient voté pour Ahmed Chafik et ceux, deux fois plus nombreux, qui s’étaient abstenus. Il a commis l’erreur de croire qu’un vote démocratique pouvait lui permettre de gouverner seulement par et pour les 13 millions d’Egyptiens, seulement, qui avaient porté leur choix sur sa candidature au deuxième tour. En réalité, les voix des Frères musulmans ont été moins de 6 millions au premier tour. Au second tour, Morsi a bénéficié d’un report de 7 millions de voix. Une force plus importante que les 6 millions du premier tour. C’est l’erreur qu’ont tendance à commettre tous les partis islamiques de par le monde. Accepter les règles de la démocratie pour accéder au pouvoir et mieux «l’enterrer» par la suite. C’est ce qu’a essayé de faire Morsi en imposant son islamisme accepté par 6 millions d’électeurs en ignorant totalement les aspirations de 44 millions d’Egyptiens. Cette énorme erreur d’appréciation de la part de Morsi ne peut être due qu’au fait qu’il n’était pas bien préparé aux hautes charges de l’Etat. Le véritable candidat des Frères musulmans avait été Khairat al-Chater. Cependant, et pour d’anciennes condamnations à la prison, sa candidature a été invalidée. C’est ainsi que les Frères musulmans ont dû le remplacer par Morsi. En tout état de cause, si l’Islam est compatible avec la démocratie, comme l’a si bien rappelé le président français à Tunis, l’islamisme politique en revanche ne l’est pas. La différence est de taille. Dans un Etat démocratique, toutes les sensibilités, quelles soient religieuses ou politiques, ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Dans le respect et la tolérance. Un pays, même avec une majorité musulmane, pour être démocratique doit défendre les droits des minorités. C’est le cas en Occident à forte majorité chrétienne.
Par contre, un Etat islamique signifie aujourd’hui la marginalisation de toutes les pratiques religieuses. De plus, la liberté individuelle y est exclue. En ne se remettant pas en cause pour s’adapter aux réalités du troisième millénaire, les islamistes «nagent» à contre-courant. Ils ne contribuent pas à la renaissance de la civilisation musulmane, au contraire. Le cas de l’Egypte devrait faire réfléchir. Celui de la Turquie aussi. Le totalitarisme n’a plus sa place dans le monde. Qu’il soit religieux ou, comme en Europe de l’Est avant 1989, idéologique. La révolution industrielle d’abord et celle du numérique et des technologies nouvelles que nous vivons, ont modifié les notions de temps et de l’espace. L’information traverse la planète de bout en bout à la vitesse de la lumière. Les frontières n’offrent plus qu’une protection toute relative. A notre époque, le pragmatisme est la seule forme de gouvernance durable. Si les islamistes ne le comprennent pas, ils ne feront que servir les intérêts des ennemis de l’Islam. La démocratie, bien comprise, est le meilleur système politique qui permettra la renaissance de la civilisation musulmane. Pas seulement le temps d’accéder au pouvoir. Mais pour une bonne et durable gouvernance! *L’Expression-08.07.2013.

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**Les Frères musulmans égyptiens ont manqué de lucidité

L’Egypte se trouve sur une corde raide certes, il semble néanmoins prématuré de dire – comme certains se sont empressés de le faire – que le pays des Pharaons soit dans une phase de guerre civile. Les ingrédients sont cependant en place qui pourraient faire basculer le pays dans la guerre à tout moment. Si la situation est arrivée à ces extrémités c’est dû particulièrement au fait que les islamistes n’ont pas su – sans doute pas pu ou voulu – saisir la chance extraordinaire – qui sans doute ne se reproduira plus – qui s’est offerte à eux de participer au développement du pays et à sa prospérité. Les Frères musulmans égyptiens ont en fait manqué de lucidité face au pouvoir. Cela d’autant plus que celui-ci leur a échu quasiment par accident, au moment où ils s’y attendaient le moins. La révolte contre la dictature de Moubarak n’a pas été le fait des islamistes – qu’ils se revendiquent des Frères ou des salafistes – mais celui du peuple dans sa composante plurielle – jeunes, laïcs, coptes – représentant une Egypte laissée en marge par Moubarak. Or, en une année de pouvoir, le président Morsi – issu des Frères musulmans – dilapida le capital confiance que le peuple lui accorda qui mit en lui l’espoir de rendre aux Egyptiens ce qu’ils ont pu perdre en trente années sous la férule de Moubarak. Or, les Frères musulmans qui n’ont pas voulu sortir du carcan de la «fraternité», par la mise de l’intérêt du pays avant le leur, ont été incapables de s’adapter aux circonstances et conditions du pouvoir, étant appelés à administrer une nation et non une confrérie obéissant à un «guide» suprême. Plus, l’ex-président Morsi, s’est montré, au long de son année de pouvoir, d’une intransigeance obtuse conjuguée à un manque de pragmatisme flagrant. Cette obstination, quelque peu sotte, à vouloir imposer la chari’â à un peuple multiconfessionnel n’avait pas de sens, d’autant que l’urgence était de voir comment sortir l’Egypte de la banqueroute qui la menace. C’est incroyable! Entre tenter de sauver le pays de la débâcle ou instaurer la chari’â, les «Frères» font le choix de la chari’â au regard de leur dogme: «L’islam est la solution.» C’était aussi la devise du FIS dissous algérien, c’est également celle d’Ennahdha en Tunisie, ou encore du PJD marocain. Partout où les islamistes sont parvenus au pouvoir, souvent par effraction – en Algérie, le FIS dissous a saisi l’occasion de la révolte du peuple en octobre 1988 contre le parti-Etat FLN pour récolter à son profit les fruits de cette révolte, ce n’est pas autrement qu’ils sont arrivés au pouvoir en Tunisie, en Egypte et au Maroc tirant les marrons d’un feu que le peuple avait allumé – l’urgence a été pour eux d’instaurer immédiatement les normes islamiques. Ce manque de discernement et d’anticipation conjugué à une vision étriquée du pouvoir ont en fait scellé les ambitions des islamistes à conduire les affaires de l’Etat. Les expériences hier en Algérie, actuellement en Egypte, en Tunisie et au Maroc, montrent combien les islamistes – outre leur incapacité à faire des lectures correctes de leur environnement sociopolitique et stratégique – n’ont jamais été prêts à gouverner et encore moins à envisager une gouvernance qui ne soit pas fondée uniquement sur la chari’â. Dans des sociétés désorientées par la mal-vie et la pauvreté, les islamistes ont certes obtenu la légitimité électorale, ce n’est pas encore la légitimité démocratique car il aura fallu pour cela que les islamistes commencent par répondre aux doléances des citoyens, par la recherche de solutions aux maux de la société. Cela n’a pas été le cas partout où ils sont arrivés à la gestion de leur pays par les urnes. C’est suffisamment probant pour dire que le slogan «l’islam est la solution» reste un échappatoire pour des groupes qui ignorent deux principes essentiels de gouvernance: la légitimité technocratique et le savoir-faire politique et administratif. Ils se sont disqualifiés eux-mêmes de la gouvernance en ne prenant pas en compte ces sources fondamentales de l’exercice du pouvoir.*L’Expression-11.07.2013.

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**La chute de Mohamed Morsi a été saluée par une foule survoltée sur la place Tahrir, au Caire

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L’armée protège l’Egypte et le peuple lui fait confiance, déclare un des manifestants sur la place Tahrir. et ajoute: le Conseil militaire était dirigé par un géronte de quatre-vingts ans. L’actuel ministre de la Défense, Abdel Fattah al-Sissi a cinquante-huit ans, c’est une génération différente. De toute façon, il a donné le poste de président à un homme neutre, le président de la Cour Constitutionnelle, pour une période de transition.» Ce 4 juillet 2013, le juge, Adly Mansour, sera chargé de former un gouvernement de coalition nationale. L’opposition à Morsi s’étend des salafistes, qui se sont désolidarisés à temps du navire en détresse des Frères, aux socialistes nasséristes. Les partis choisiront des candidats au gouvernement. La Constitution votée il y a six mois est abrogée. Elle avait beaucoup contrarié l’opposition, qui y voyait un document bâclé et qui ne revenait pas sur les privilèges de l’armée, et qui écoutait trop les salafistes.

Rassemblements place Tahrir, 3 juillet 2013 / Reuters

Dans la nuit, les partisans de Morsi ont commencé à quitter le campement géant établi le 28 juin dans une ville en périphérie du Caire —pour être fouillés par des soldats qui souhaitent leur retirer toute arme avant de leur permettre de se mêler au reste de la population. Traités comme des terroristes, alors que des tireurs inconnus ont fait plusieurs morts dans leurs rangs— raison qui leur a fait lever le camp. D’après le journal d’ Al-Ahram, plus de 300 mandats d’arrêts ont été lancés contre des Frères musulmans. Le président déchu lui-même aurait été transféré au ministère de la Défense. Quant au chef du parti Justice et Liberté, bras politique des Frères musulmans (Sayed el Katatni), il aurait déjà été arrêté.

Les chaînes de télévision sympathisantes des Frères ont été arrêtées, comme Misr25 ou Al-Jazeera Mubashir Masr.
Certains trouvent la répression immédiate contre les Frères un peu exagérée et effrayante:

«Aujourd’hui, c’est eux, demain ce sera nous», dit sur Tahrir ce manifestant sans parti mais anti-Moubarak, anti-régime militaire et anti-islamistes, qui a participé à la révolution de 2011, dès les premiers jours. D’autres se sentent immensément soulagés de ne plus avoir à craindre «ce groupe terroriste, dont les partisans transportent les drapeaux de l’Arabie Saoudite («il n’y a de Dieu que Dieu»), voire les drapeaux noirs qui ressemblent à celui d’al-Qaida, et qui sont de toute façon armés et ont déclaré être prêts à verser leur sang.»

«L’armée doit savoir des choses que nous ne savons pas, renchérit un autre. Peut-être les rumeurs sur les tentatives de vente du Canal de Suez et du Sinaï au Qatar étaient-elles vraies. Ils ne s’intéressaient pas au pays pour lui-même, pas vraiment non plus à notre héritage pharaonique, ils n’avaient qu’un califat islamique international en tête, et l’Egypte comme nation n’y a pas de valeur particulière.»

Alors que les opposants de Morsi exultaient sur la place Tahrir du Caire, ses partisans ont attaqué des bâtiments de la sécurité dans le nord du pays. Sept d’entre eux ont péri dans des heurts avec les forces de l’ordre à Marsa Matrouh et Alexandrie, sur la côte méditerranéenne. Des violences ont aussi éclaté dans d’autres villes du pays. Au total, au moins 14 personnes ont péri.

Le président n’a pas dit qu’il acceptait sa défaite, aussi beaucoup d’Égyptiens redoutent des violences dans les prochains jours. L’armée n’est peut-être pas le gardien angélique du peuple auquel beaucoup veulent croire —l’Egypte n’est pas sortie de l’incertitude.*Sophie Anmuth, au Caire-slateafrique.com-04.07.2013.

**Coup d’Etat populaire

Clap de fin pour le président égyptien Mohamed Morsi et les Frères musulmans. La révolte populaire qui grondait depuis le 30 juin dernier a eu raison du gouvernement qui ne sera resté en place qu’un an. Retour, avec des Egyptiens, sur une semaine décisive.

«Je suis si heureuse, là, c’est un vrai printemps arabe !» Amina, 22 ans, étudiante, a participé aux manifestations qui ont rythmé la vie cairote cette semaine et c’est avec exaltation qu’elle s’est confiée à El Watan Week-end. Elle exprime la joie que des millions d’Egyptiens ont ressentie après l’annonce faite mercredi soir par le général Sissi : «Mohamed Morsi n’est plus président de la République égyptienne.» Le feu d’artifice qui a illuminé la désormais célèbre place Tahrir du Caire sonne comme un point final à la contestation qui n’a eu de cesse de s’intensifier. «Cette semaine a été riche en enseignements. Les gens se protégeaient entre eux, ils ont tiré des leçons de 2011 et le climat était plus sain. Certains amenaient de l’eau fraîche et la distribuaient aux manifestants pour les pousser à poursuivre le combat», poursuit Amina. Nesrine, pour sa part, décrit la même ferveur à Alexandrie : «Si Morsi a réussi une chose, c’est certainement d’être parvenu à unir le peuple égyptien contre lui, de manière si forte que l’armée n’a pu que lui emboîter le pas.» Les Egyptiens semblent davantage se concentrer sur le départ de Morsi que sur la nature même de ce départ, aux allures de coup d’Etat militaire. «On entend beaucoup dire dans les médias qu’il s’agit d’un coup militaire, mais ici, ce n’est pas ce que les gens me confient. Ils se réjouissent qu’un civil prenne la suite de Morsi», selon Vincent, Français résidant au Caire. «L’armée ne semble pas faire les mêmes erreurs qu’il y a deux ans. Elle a mis provisoirement à la tête du pays un civil, Adli Mansour, président de la Cour constitutionnelle et non un militaire», s’exclame Myrna, jeune Egyptienne du Caire qui y voit un symbole fort et «une révolution volée la première fois aux Egyptiens» et qui semble leur revenir.

Pacifisme

Les quatre jours qui ont amené à la destitution se sont déroulés dans un calme assez rare, que ne manquent pas de souligner les manifestants. «Des protestations pacifiques partout du côté des pro-Morsi, bien organisées et courageusement menées», décrit Inas, jeune copte vivant à Héliopolis avec une émotion palpable. Une émotion que partage l’essentiel des personnes contactées. Pour autant, après la chute des Frères musulmans, des affrontements entre pro et anti-Morsi ont éclaté sur l’ensemble du territoire et les autorités égyptiennes font état de plus de 32 morts. Mais l’ambiance est toujours à la fête en Egypte. «Les gens dansent et chantent dans la rue, l’ambiance ne retombe pas», se réjouit Vincent. Seif, qui manifeste depuis dimanche place Tahrir, se dit «confiant» pour l’avenir. Si l’optimisme est de mise, certains Egyptiens se montrent plus mesurés, à l’image de Nesrine : «On ne sait pas encore si les militaires vont aller à l’encontre du peuple pour assouvir leurs intérêts. Je ne le pense pas, car personne ne les conteste de toute manière.» Ashraf, qui a manifesté à Alexandrie, s’attend à «des violences et représailles de la part des Frères musulmans». Un politologue, spécialisé dans les questions du Monde arabe, va dans le même sens : «Les intérêts de l’armée n’ont jamais vraiment été en danger. Ma crainte porte davantage sur la profonde division de la société et l’état de l’économie. La recrudescence des violences n’est pas à exclure. De toute manière, celle-ci n’a jamais vraiment cessé.» Alors que les chaînes d’obédience islamiste ont cessé d’émettre mercredi dans la soirée, le président Morsi était hier soir encore retenu au ministère de la Défense. Les aéroports du pays ont reçu l’instruction d’empêcher les dirigeants des Frères musulmans de quitter le territoire. Mohamed Morsi, pour sa part, abat sa dernière carte et invoque l’argument «encore Président de l’Egypte, élu démocratiquement», dénonçant par la même occasion un «un putsch militaire».

élu démocratiquement

Quant au processus qui a amené les Frères musulmans au pouvoir, Myrna tient à ajouter : «Je voudrais revenir sur le fait que la tricherie en masse et les bourrages d’urnes dont il a été question pour amener les Frères musulmans au pouvoir sont tout sauf démocratiques. On a également vu les dérives autoritaires et enfin la division qu’il a créée au sein du peuple.» Ashraf appuie ses propos et poursuit : «Morsi était le président des Frères musulmans, pas des Egyptiens. La situation économique était catastrophique, pas d’eau, pas d’électricité, pas d’essence.» Si Morsi a été élu par les urnes, c’est par la rue que la population a obtenu son départ ; une population assez différenciée qui plus est «chrétiens, musulmans, hommes, femmes voilées ou non voilées. Un ancien Frère musulman menait une marche anti-Morsi au Caire, c’est une image que jamais je n’oublierai», révèle Amina. La feuille de route de l’armée est claire, elle prévoit la mise en place d’un gouvernement d’union nationale pour gérer les affaires courantes jusqu’à la tenue d’élections anticipées. Toutefois, la journée de jeudi a été marquée par plusieurs mandats d’arrêt lancés par le parquet à l’encontre de plusieurs dirigeants du parti de Morsi, dont Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, et son adjoint, Khairat El Shatar. Alors que le parti principal de l’opposition, le FSN, refuse l’exclusion des partis islamistes de la vie politique et les invite à participer au processus démocratique qui sera mis en œuvre durant la période de transition, les Frères musulmans expriment leur refus catégorique de travailler avec «les autorités usurpatrices». Ils appellent de plus à des «manifestations pacifiques» aujourd’hui (vendredi), alors que les soutiens de Morsi n’ont pas attendu cette annonce pour sortir dans les rues du Caire, jeudi en fin d’après-midi. Autant dire que l’islamisme politique est loin d’avoir dit son dernier mot en Egypte.

Ils ont dit :

         L’Algérie fait confiance «au génie du peuple égyptien»

Les réactions de la communauté internationale sont différentes, mais prudentes pour la plupart. Peu de pays ont exprimé leur position sur les évènements secouant le pays des Pharaons. Hier matin, l’Algérie a déclaré «suivre de très près» les derniers développements de la crise en Egypte et formé le vœu que la transition dans ce pays puisse répondre aux «aspirations légitimes» du peuple égyptien, à travers un «consensus national fondé sur le rassemblement et la réconciliation nationale, et en veillant au respect des dispositions constitutionnelles».

Et d’ajouter : «Nous faisons confiance au génie du peuple égyptien pour trouver une solution qui préserve son unité, ainsi que la stabilité et la sécurité de l’Egypte.» La France a annoncé de son côté «prendre acte» du changement désiré par le peuple égyptien, alors que François Hollande est en déplacement en Tunisie, pays où le parti Ennahdha, proche idéologiquement de Morsi, perd chaque jour un peu plus l’adhésion du peuple.

De même, le président américain, Barack Obama, invite à la prudence, même s’il se dit «inquiet» de la situation, d’où sa décision d’évacuer l’ambassade américaine du Caire. Par ailleurs, l’Allemagne dénonce «un échec majeur pour la démocratie en Egypte», faisant écho au «coup d’Etat inacceptable» critiqué par la Turquie, alors qu’un proche du président russe Vladimir Poutine affirme que «le Printemps arabe a amené le chaos et non la démocratie». D’ailleurs, il est clair qu’une telle situation ne peut que profiter à l’allié de la Russie dans la région, la Syrie.

En effet, Bachar Al Assad n’a pas attendu longtemps avant de déclarer que «les évènements en Egypte prouvent, une fois de plus, les limites de l’islam politique et son incapacité à exercer le pouvoir». Il n’y a aucun doute que la situation actuelle de son éternel rival égyptien ne peut que réjouir Damas. Seulement, les Egyptiens semblent déterminés, autant dans la société civile que dans les rangs de l’armée, à «corriger la trajectoire de sa glorieuse révolution», selon les termes de son nouveau président par intérim, A. Mansour.

Amrane Mahfoud Medjani- El Watan-05.07.2013.

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La transition s’engage en Egypte

 Mohamed El Baradei nommé vice-président

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Le prix Nobel Mohamed ElBaradei a été nommé vice-président de transition par le président intérimaire Adly Mansour, et devait prêter serment. ElBaradei était le chef de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique jusqu’en 2009. Il a participé au soulèvement qui a renversé l’ancien-président Hosni Moubarak et est devenu un membre éminent de l’opposition.

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***Surprenant retournement de l’histoire en Egypte. Mohamed El Baradei, coordinateur du Front national du salut (FNS), qui priait, en vain, le président Morsi «d’écouter la rue», a été nommé hier vice-président. El Baradei ne manque pas de charisme. Progressivement, il s’est construit une aura politique au sein de l’opposition égyptienne pour s’imposer comme l’un des contempteurs attitrés des Frères musulmans et du président Mohamed Morsi. El Baradei a aussi ceci de particulier dans le paysage politique égyptien : il n’a jamais été le poulain des militaires ni mouillé avec le régime de Moubarak. C’est à ce titre qu’il a fini, au bout de deux ans, par convaincre les opposants au clan du raïs déchu et aux Frères musulmans, qu’il était digne de les représenter.  

Durant les grandes manifestations contre Morsi, El Baradei a été formellement mandaté  par le mouvement Tamarod (rébellion) pour négocier une sortie de crise. Il apparaît donc logique qu’il soit nommé Premier ministre compte tenu de cet appui populaire dont il dispose.  Signe de ce retour en grâce, El Baradei était aux côtés du général Abdelfattah Al Sissi quand celui-ci avait annoncé le renvoi de Morsi. Le désormais Premier ministre a même pris la parole pour justifier le coup d’Etat «douloureux mais nécessaire» des militaires. Le jour même du renversement de Morsi, El Baradei a révélé, dans une interview accordée au journal américain The New York Times, avoir contacté au téléphone le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et la chef de diplomatie européenne, Catherine Ashton, pour les «persuader de la nécessité de destituer Morsi pour engager une véritable démocratie en Egypte».

Quoi qu’il en soit, sa nomination signe l’amorce d’une transition politique en Egypte. M. El Baradei devra rapidement prendre ses fonctions après avoir prêté serment devant le président intérimaire Adly Mansour.  Il est plus urgent de lancer le processus de rétablissement de la confiance et du calme d’autant plus que les rue du Caire et d’autres grandes villes du pays sont en proie à une flambée de violence.  N’ayant pas encore digéré le coup de force de l’armée égyptienne, le mouvement des Frères musulmans, galvanisé par le discours ferme de son guide Mohamed Badie, a promis de s’installer durablement dans les places publiques. Et sur le terrain, les choses commencent à déraper : au moins 37 personnes ont perdu la vie en 24 heures et 1079 autres blessées dans des affrontements entre partisans et adversaires de Morsi.  On signale aussi des attaques armées dans le nord du Sinaï, où cinq policiers avaient été assassinés dans le nord-est de la péninsule, selon le dernier bilan annoncé hier par le ministère de la Santé et des sources de sécurité. Un prêtre copte y a été aussi victime d’un attentat perpétré par des hommes armés non identifiés.  

300 mandats d’arrêt contre les «frères»

Durant la soirée de vendredi à samedi, des partisans du président déchu armés de fusils et de sabres ont attaqué le siège du gouvernorat du nord du Sinaï à El Arich, dans le nord-est de l’Egypte, selon les agences. C’est dire la délicatesse de la mission qui attend le président Adly Mansour et son Premier ministre El Baradei.  A peine nommé par l’armée, le président intérimaire a dans son premier décret dissous la Chambre haute dominée par les islamistes qui assure l’intégralité du pouvoir législatif, et désigné un nouveau chef des  renseignements.  De son côté, la justice égyptienne a entamé hier les interrogatoires de plusieurs hauts dirigeants des Frères musulmans dans le cadre d’une enquête  pour «incitation au meurtre» de manifestants. Il s’agit notamment de Mehdi Akef, l’ancien guide suprême de la confrérie musulmane, Khairat Al Chater, son actuel n° 2 arrêté dans la nuit, Saad  Al Katatni, chef du Parti de la liberté et de la justice, vitrine politique  des Frères musulmans et Rached Bayoumi, adjoint du guide, a précisé l’agence de presse officielle Mena.   
Au total, la justice a lancé 300 mandats d’arrêt contre des membres de la confrérie et arrêté plusieurs de ses leaders. M. Morsi lui-même est toujours détenu par l’armée. Mais ces rafles dans les milieux islamistes risquent d’envenimer les choses. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a mis en garde hier contre une politique de «représailles». *El Watan-07.07.2013.

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Hasni Abidi. politologue

«Morsi a été incapable de s’affranchir de son parti»

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Chargé de cours à l’Institut européen de l’université de Genève, auteur de Où va le Monde arabe ?, Hasni Abidi voit, dans la destitution de l’ancien président Morsi, un «coup d’Etat». Il avait prévu «le scénario algérien» au lendemain de la victoire du représentant des Frères musulmans.

- Comment peut-on qualifier la destitution du président égyptien ? Coup d’Etat, redressement démocratique… ?

Du point de vue juridique et politique, il s’agit d’un coup d’Etat quand le pouvoir en place, en l’occurrence issu des urnes, est déposé et lorsqu’on annule et suspend une Constitution. L’armée égyptienne, à l’instar des armées arabes, tient scrupuleusement au formalisme dans son coup de force. Elle a pris toutes les précautions pour assurer habilement un habillage acceptable. La mobilisation de la rue, le 30 juin, et les consultations tous azimuts ont facilité leur action. Bref, c’est un coup d’Etat pour renvoyer tout le monde à la case départ.

- Comment l’Egypte en est-elle arrivée là ?

D’abord l’ambiguïté entre le parti islamiste Liberté et justice et les Frères musulmans. Cette confrérie, toujours interdite officiellement, secrète sur son fonctionnement, gouverne de facto la vie politique. L’incapacité de Morsi à s’affranchir de la confrérie et de son parti l’a rendu aveugle et sourd. Pire, un homme coupé de la réalité. Une réalité devenue explosive. Etranglé par les soucis de la vie quotidienne, le peuple a trouvé dans Morsi et les Frères musulmans le bouc émissaire idéal pour exprimer son ras-le-bol. L’armée, mécontente de la gestion chaotique de Morsi et inquiète d’un risque de révolte populaire, a préféré «crever l’abcès» que de jouer la carte du pourrissement. En Egypte, il est illusoire de gouverner sans le soutien des institutions du pays, même si elles sont archaïques. L’ex-président Morsi a réussi les mettre, tous unis, contre lui, pour s’engouffrer dans une tentation autoritaire. La volonté affichée de sa tutelle de s’exporter a brusqué les monarchies du Golfe, hormis Doha. Sa chute était programmée.

- On ne peut pas s’empêcher de penser à l’expérience algérienne de 1992. Est-ce le même scénario ?

J’avais déjà mentionné, au lendemain de la victoire de Morsi, que l’armée égyptienne était sur les pas de l’armée algérienne. Les militaire égyptiens étaient devant deux options : celle de l’armée turque – rester républicaine et obliger les islamistes à faire des concessions – ou l’option algérienne : intervenir et stopper tout. Finalement, l’armée égyptienne a préféré la moins coûteuse, l’option algérienne, avec une mise à jour. Laisser Morsi au pouvoir le temps d’accumuler des erreurs. Rendre le coup d’Etat nécessaire et utile à la démocratie, ce fut l’argument du mouvement Tamarod. Dans le cas algérien, on a arrêté la démocratie pour «sauver le pays» ; en Egypte, c’est pour redresser le processus de transition.

- Quelle pourrait être la suite des événements, selon vous ?

La gestion de la période de transition déterminera la suite. En cas d’intégration des islamistes, on peut éviter une radicalisation de la scène politique. Il serait suicidaire pour les partisans de Morsi de bouder l’offre de participation. En 80 ans d’existence, seules les élections ont permis aux islamistes de gouverner. 

Rémi Yacine- El Watan-07.07.2013.

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A la lumière de ce qui se passe en Egypte, le syndrome algérien relance le débat.

Presque instantanément, la Toile algérienne s’est enflammée en commentaires après le coup d’Etat en Egypte. Les Algériens, mais aussi des commentateurs d’ailleurs, ont rapidement pensé au soir du 12 janvier 1992, quand l’armée algérienne avait décidé d’interrompre le processus électoral. La question de cette date charnière reste un sujet de discorde profond qui, à la lumière de ce qui se passe en Egypte, relance le débat.




Des petits cœurs aux couleurs du drapeau égyptien et algérien au-dessus de la photo de Morsi et un slogan, «Non à la légitimité des choyoukh du Golfe et des sionistes !»

Mercredi soir, sur la page facebook des supporters d’Abdallah Djaballah, patron du Front de la justice et du développement, le ton était donné. Depuis l’après-midi déjà, les Algériens des réseaux sociaux s’étaient emparés de la crise égyptienne (voir encadré) pour en faire des lectures croisées avec l’interruption du processus électoral de janvier 1992 et le début de la décennie noire. Une actualité qui a ravivé une vieille querelle entre éradicateurs et réconciliateurs… Du côté des militaires, le discours est clair et attendu : l’intervention des militaires n’est pas un coup d’Etat, mais, pour reprendre les termes du général-major à la retraite Abdelaziz Medjahed, «la correction d’un processus électoral dévoyé». «Il est même insultant de parler de coup d’Etat, alors que l’armée égyptienne n’a fait que répondre à l’appel du peuple qui a manifesté et qui a signé une pétition de 22 millions de signataires», précise-t-il à El Watan Week-end. «Un coup d’Etat, c’est quand on met un militaire de force à la tête de l’Etat. Or, c’est l’armée qui a permis aux Frères musulmans de prendre le pouvoir, souligne un cadre de l’ANP. Le problème, c’est que la situation a empiré, car on ne solutionne pas le chômage par des slogans religieux. Ils se sont cassés les dents tous seuls, il fallait intervenir pour sauver la stabilité et l’intégrité du pays.» Comme en 1992 ? Ahmed Adimi, politologue et ancien officier de l’ANP, y voit tout de même deux différences.

Version

«D’abord, le commandement militaire algérien a agi en 1992 de son propre chef avec le soutien des démocrates et de quelques personnalités nationales. En Egypte, l’armée n’aurait jamais pu faire un pas sans l’accord des Saoudiens, des Emiratis et surtout des Américains, relève-t-il. Ensuite, le FIS n’était pas un parti, mais plutôt une foule, un mouvement qui a rassemblé les mécontents du temps de Chadli. Rien à voir avec les Frères musulmans, organisation politique et idéologique de presque un siècle, à la tête du mouvement islamiste dans le Monde arabe.» Abdelaziz Medjahed insiste : «Chez nous, l’armée n’est pas intervenue directement, il y avait un Comité national pour la sauvegarde de l’Algérie qui comptait toute la société civile, des partis, des syndicalistes, des moudjahidine.» Une version de l’histoire – non tranchée par les historiens – qui fait sourire un ancien membre du gouvernement Chadli. «Disons qu’en Algérie comme en Egypte, les militaires ont mis les formes. Ils ont prétexté avoir senti un rejet du FIS dans la population pour intervenir. Et pour cela, ils se sont basés sur les déclarations des islamistes qui promettaient de changer nos habitudes alimentaires, de supprimer la mixité, etc. C’était un excellent message pour préparer l’opinion internationale et dire : ‘‘Ce qu’on va faire n’est pas vraiment un putsch, on va sauver la République.’’ La différence, c’est que l’armée algérienne n’a laissé aucune chance aux islamistes de gouverner. Voire de rentrer dans le mur. Car sans cadres et sans l’adhésion de l’administration centrale, ils ne seraient pas allés bien loin.» Mais pour les islamistes, impossible de cautionner cette lecture des événements. Hamlaoui Akouchi, membre du bureau national d’El Islah, voit au contraire un scénario «exactement similaire à ce qui s’était passé en janvier 1992 en Algérie, une défaite de la démocratie». «Pourquoi les résultats des élections sont-ils respectés partout dans le monde, même en Amérique latine (les Etats-Unis, malgré leur aversion pour Chavez, le considéraient comme légitimement élu) ?, s’interroge-t-il. On a ici une caste de politiciens, libéraux et communistes, qui ne croient pas en la démocratie et qui font toujours appel aux godasses de l’armée pour écraser les pouvoirs élus.»

Tranché

Ceux d’Ennahda ont été les premiers, mercredi soir, à dénoncer «un coup d’Etat» et à accuser «les armées arabes d’être les complices des élites laïques extrémistes». Pour le général à la retraite Mohamed Oudaï, ancien élève de l’Ecole de guerre en Egypte, «l’armée se retrouve arbitre parce qu’on n’a pas réussi, dans nos pays, à asseoir la démocratie et à confiner l’armée dans ses missions constitutionnelles. Ces missions doivent être très clairement définies et inscrites dans la Constitution. Il faut aussi que le pouvoir politique s’impose à l’armée. Un chef d’état-major ne devrait pas rester à son poste une éternité, sinon il croira que c’est lui le vrai pouvoir.» Est-ce une fatalité que l’issue des grandes crises politiques arabes soit in fine une confrontation entre l’armée et les islamistes ? «C’est à cause de l’absence d’élites, analyse Ahmed Adimi. Le régime de Hosni Moubarak n’a pas permis l’émergence de partis politiques forts. Comme en Algérie, ce qui laisse la scène occupée par ce face-à-face.» L’ex-général Mohamed Oudaï se souvient, ironique, de la réaction de Moubarak lors de la victoire du FIS aux élections de 1991 : «L’Algérie est un pays faible avec une direction faible.»

Mais il ne croit pas que les Frères musulmans choisiront la violence. «Tactiquement, le terrain ne s’y prête pas (absence de montagnes et de maquis), peut-être seront-ils tentés par le terrorisme urbain. Mais la population est très quadrillée, avec notamment les informateurs de la police placés dans chaque quartier, dans chaque immeuble.» Pourtant, cette peur du passage à la lutte armée existe : elle s’était déjà manifestée lorsque Ennahdha a remporté les élections en Tunisie. «Elle est l’occasion de réveiller de vieilles divisions comme celles qui subsistent dans les partis politiques ou l’élite autour de cette sempiternelle question : est-ce que l’armée devait intervenir ou fallait-il laisser les islamistes rentrer dans le mur en leur donnant la possibilité de gouverner, conclut un ancien ministre. Nous n’avons toujours pas tranché et c’est pour ça que l’actualité résonne en nous de cette manière.»

Abderrezak Makri. Président du MSP : les seuls démocrates, ce sont les islamistes

- Faites-vous le parallèle entre l’Egypte de juin 2013 et l’Algérie de 1992 ?

Un coup d’Etat militaire et un effacement total de la démocratie : la situation est exactement la même. La seule différence, c’est que le parti Liberté et Justice est un parti responsable qui va continuer de protester pacifiquement.

- Vous avez pourtant tweeté que de nombreux jeunes comprendraient qu’il n’y a pas de changement pacifique par les urnes…

Oui, la rupture de l’horizon politique est un danger réel qui ne guette pas uniquement l’Egypte. J’ai même appelé, sur ma page facebook, les partisans de Morsi de patienter de ne pas verser dans la violence. Mais je me demande qui va contenir tous ces jeunes qui veulent le changement et qui n’appartiennent à aucun parti.

- Vous craignez un basculement dans la violence ?

On peut craindre à tout moment un déchaînement. Car quand on refuse les règles de la démocratie, c’est le chaos. On est en train de se rendre compte que tous ceux qui parlent de démocratie ne sont en réalité pas démocrates eux-mêmes ; que les seuls démocrates dans le Monde arabe, ce sont les islamistes.

- On en revient toujours à la même  configuration : militaires contre islamistes…

Parce que l’armée fait partie des forces traditionnelles qui tiennent les pays arabes, maintiennent la corruption, garantissent l’échec total du développement. En face, elles trouvent des alternatives qui veulent le changement, la démocratie : les partis islamiques. C’est une lutte permanente entre la corruption et la transparence.

Leïla Aslaoui. Ministre de la Jeunesse et des Sports (1991-1992) : l’essentiel, c’est que les extrémistes ne soient plus au pouvoir

- Qu’inspire la crise égyptienne à celle qui fut ministre au début des années 1990 ?

Je salue ce qui s’est passé en Egypte. L’armée a répondu à un appel citoyen pour sauver la République de l’extrémisme et de l’obscurantisme, tout comme notre armée en 1992 quand notre pays a été plongé dans le chaos. Je n’y vois pas un coup de force mais un sursaut salutaire.

- Pas l’interruption d’un mandat décidé par les Egyptiens ?

L’armée égyptienne, comme l’armée algérienne, sont des armées républicaines, qui ont le devoir et la responsabilité de sauver la nation quand elle est en danger. J’espère qu’il y aura le même sursaut populaire et la même réaction de l’armée en Tunisie.

- Que se passera-t-il si les salafistes appellent à la violence ?

Quand bien même des groupes armés prendraient les armes contre la République, tôt ou tard ils seraient éradiqués. L’essentiel, c’est que les extrémistes ne soient plus au pouvoir. En tant qu’Algérienne et Maghrébine, j’en ai vraiment assez de n’avoir le choix qu’entre la dictature et l’islamisme. L’aspiration à la démocratie existe.

- Le Monde arabe peut-il sortir de la confrontation militaires/islamistes ?

Cette confrontation est entretenue par les Occidentaux. Moi qui ai vécu la décennie noire, j’ai vu comment l’Algérie a été présentée comme prise en étau entre la dictature des généraux et les islamistes. Or, la réalité n’est pas tout à fait celle-là. Les militaires nous protégeaient. Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu d’abus de la part de certains militaires, mais nous savions qui nous protégeait et qui nous égorgeait.

Sur les réseaux sociaux :

«L’Algérie est le dernier pays qui pourrait condamner une intrusion de l’armée dans les affaires politiques.»

«Eh bien, l’Etat algérien a été logique cette fois, il n’a pas condamné une pratique qu’il exerce depuis 1962.»

«L’Algérie a donné l’exemple en matière de coup d’Etat militaire».

«C’est l’échec de l’islamisme politique et de la démocratie ; l’islam a servi de tremplin pour le retour à la dictature comme en Algérie. Les extrêmes se rejoignent.

«En Egypte l’armée a finalement fait mieux qu’en Algérie. Pas plus de deux ans après le début, l’armée reprend tout et… fait la belle à la télévision officielle. En Algérie, la même manoeuvre avait duré 3 ans et demi presque (1988 – 1992).»

«C’est une victoire contre l’islamisme politique, mabrouuuk l’Egypte ! C’est le même scénario que l’Algérie. On a vaincu le FIS et les barbus, c’est une bonne leçon pour le Qatar et les salafistes dans le monde… En 2013, les peuples musulmans n’ont pas besoin de ceux qui leur dictent la religion, mais ils ont besoin de manger, de se loger, de travailler. L’islam, c’est dans nos coeurs tous, mais pas besoin de diables hypocrites barbus.»

«Finalement, peut-être que les temps n’ont pas autant changé. Egypte… Algérie, ça ne rappelle rien à personne ?»

«Bien pensé le rapprochement entre Algérie en 1992 et Egypte aujourd’hui ! Ce n’est pas vraiment le même contexte ni les mêmes raisons qui ont poussé a la destitution des islamistes, mais le rapprochement peut être intéressant ! L’islamisme : un espoir qui finit souvent par décevoir?»

Adlène Meddi, Mélanie Matarese- El Watan-05.07.2013.

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****Le président égyptien, renversé par les militaires au cours de la journée du mercredi 3 juillet 2013, a été transféré jeudi au ministère de la défense. Une intervention de l’armée qui suscite de nombreuses interrogations et réactions dans la presse internationale, qui s’accorde ce matin à qualifier les évènements de « coup d’Etat ». Et à massivement critiquer l’intervention de l’armée.

« Malgré ses erreurs, et il y en a beaucoup eu, Mohamed Morsi fut le premier président d’Egypte démocratiquement élu, et son renversement par l’armée est incontestablement un coup d’Etat. Il serait tragique que les Egyptiens, qui ont permis la révolution en 2011 [...] se retrouvent au final face à un rejet de la démocratie », affirme ce matin l’éditorial du New York Times.

Le quotidien, qui rapporte l’atmosphère délétère en Egypte, insiste sur l’importance des décisions que prendra l’armée dans les prochains jours. « Les généraux ont annoncé, dans un discours lu à la télévision mercredi, qu’ils suspendaient provisoirement la Constitution et mettaient en place un gouvernement de transition, mené par le président du Conseil constitutionnel. Le premier test sera de savoir s’ils permettent aux leaders de la société civile et aux principaux chefs religieux d’échafauder un plan pour remplacer ce gouvernement grâce à des élections. Le plus rapidement sera le mieux »,  martèle l’éditorial du quotidien new-yorkais. 

 The Guardian souligne que « personne en Egypte ne sait qui est Adly Mansour ». Celui-ci est devenu président par intérim après avoir prêté serment jeudi.

Le quotidien britannique se montre particulièrement méfiant envers le nouveau régime,  qualifié de tout « tout sauf libéral ». A l’appui, The Guardian relate les premières mesures liberticides prises par l’armée. « Sa première action a été de fermer cinq chaînes de télévision, qui étaient en train de couvrir la révolte montante des partisans des Frères musulmans. Une sixième chaîne, émanation d’Al-Jazira, appelée Al-Jazira Misr, a subi une descente de la police, et ses journalistes ont été arrêtés », rapporte le quotidien.

Constat partagé en Espagne par El Pais, qui s’étonne de la réaction des Egyptiens. « Les manifestants ont accueilli la nouvelle avec liesse. Ce fut une preuve supplémentaire du mythe qui confère à l’armée un rôle de sauveur de la patrie. Mais l’Egypte n’avancera pas tant qu’elle n’aura pas remis l’armée à sa place », prévient le quotidien espagnol. Avant de conclure que les militaires jouent « un rôle important dans le désastre égyptien », conclue El Pais.

A contre-courant de ces prises de position, le Washington Post tempère. « Ce qui s’est passé en Egypte est-il un coup d’Etat ou une révolution ? Les deux à la fois », titre le quotidien américain, qui insiste sur la complexité des évènements. « Aucun de ces deux mots ne suffit à décrire ce qui s’est passé. Il s’agissait à la fois d’un coup d’Etat et d’une révolte populaire, à la fois de l’expression comme de la contestation de l’expérience démocratique égyptienne. »

Face à la confusion, le Washington Post insiste sur la nécessité de ne pas tomber dans une lecture manichéenne des évènements. « Morsi a été élu démocratiquement, et par ses propres actions, il a miné une grande partie de son mandat. Oui, les Etats-Unis continuent [...] à le décrire comme le dirigeant démocratiquement élu ; oui, il a parfois ébranlé les institutions démocratiques », assure le quotidien.

Une influence de la diplomatie américaine sur laquelle insiste également le New York Times, qui rappelle que les Etats-Unis sont, depuis les accords de Camp David en 1979 entre Le Caire et Israël, l’un des pays à avoir « le plus investi » en Egypte. Le quotidien rappelle que si Barack Obama ne peut actuellement influencer Mohamed Morsi et l’opposition, il dispose néanmoins d’un sérieux moyen de pression sur l’armée égyptienne, « à laquelle il accorde une aide de 1,3 milliard de dollars par an ».*source-Le monde-04.07.2013.

**Abdel Fattah Al-Sissi, le général qui a restauré l’image et le pouvoir de l’armée

Le général Abdel Fattah Al-Sissi.

Le Caire, correspondance. En évinçant le maréchal Tantaoui au profit du général Abdel Fattah Al-Sissi, nommé ministre de la défense en août 2012, le président Morsi croyait inaugurer le processus de « frérisation » de l’Etat qui devait lui permettre de prendre le contrôle des institutions, et au premier chef de l’appareil militaire. L’âge de ce général, 58 ans, et sa piété notoire ont-elles suffi à convaincre le président qu’il serait un partenaire loyal, voire soumis ? En faisant de lui son ministre de la défense, Mohamed Morsi semble en fait avoir signé son arrêt de mort.

La hâte et la méthode avec laquelle le général Sissi a mis en état d’arrestation les chefs de la confrérie dès le renversement de M. Morsi laisse penser qu’il souhaitait se débarrasser d’eux depuis un moment. Certains analystes, comme Toufik Aclimandos, spécialiste de l’armée égyptienne, estiment que le départ de M. Morsi avait été planifié de longue date par le haut commandement militaire. Le refus des Frères musulmans de partager le pouvoir acquis par les urnes, la dérive autocratique de M. Morsi, sa mise en cause dans le lynchage de quatre chiites le 23 juin 2013 et le caractère sectaire d’un projet de société, tout cela a abouti à l’impasse…04.07.2013.

 **En Tunisie, les partisans d’Ennahda sont sous le choc

Témoin d’une scène de viol collectif, lors d’un bref passage sur la place Tahrir, au Caire, saturée de manifestants, Salaheddine, un jeune sympathisant du parti islamiste tunisien Ennahda, est revenu, mardi 2 juillet 2013, épouvanté. Choqué, aussi, par la vision d’Egyptiens faisant la queue aux pompes à essence, et plus encore par le climat de violence. « C’est un scénario à l’Algérienne qui se prépare », pronostiquait-il.

Rached Ghannouchi, président d'Ennahda, le 1er juillet à Tunis.

Mercredi soir, après l’annonce de la destitution du président égyptien Mohamed Morsi par l’armée, Salaheddine était plus sombre que jamais, tandis que la direction d’Ennahda, réunie à huis clos, débattait des événements. Tard dans la nuit, des militants étaient toujours rassemblés devant le siège du parti, commentant entre eux « le coup d’Etat militaire et le malheur » égyptien. A quelques pas, devant l’ambassade d’Egypte, une centaine de personnes fêtaient la chute des Frères musulmans. La presse tunisienne y consacre ses gros titres, jeudi matin, reléguant à l’arrière-plan la première visite d’Etat du président François Hollande prévue le jour même. « Le régime islamiste est tombé, le peuple est content « , écrit Echourouk, le premier tirage arabophone, tandis que le quotidien francophone La Presse s’interroge sur une éventuelle « contagion, surtout si l’on considère que les erreurs commises par les frères musulmans…04.07.2013.

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Ce qui se passe en Egypte avec Morsi est sans doute bien plus important que ce qui s’y est passé avec Moubarak car si alors le peuple avait dit non à la dictature, aujourd’hui, il dit non à l’imposture. Et, tout compte fait, cette dernière est pire que la dictature.

La déroute de la Gamaâ Islamiya dans son fief égyptien ne sera pas sans laisser de traces dans tous les mouvements qui en ont emprunté le sillon.

**Quelles conséquences sur ls scène politique algérienne?

Ce qui se passe ces derniers jours est, sans doute, suivi avec beaucoup d’intérêt de la part de certains de nos partis, notamment ceux qui, il y a encore quelques jours, nous rappelaient, le menton haut et le torse bombé, leur fierté d’avoir beaucoup en commun avec les Frères musulmans et nous prédisaient un succès semblable de leur mouvement lors des prochaines élections. La déroute de la Gamaâ Islamiya dans son fief égyptien ne sera pas sans laisser de traces dans tous les mouvements qui en ont emprunté le sillon. Non seulement chez nous, mais de par le monde car la situation égyptienne a montré les limites de cette organisation et a confirmé son incapacité à gérer, l’archaïsme de son raisonnement et son penchant naturel pour la violence et l’agressivité.
Les Frères musulmans ne sont pas meilleurs que d’autres partis ou organisations politiques. Ils ont démontré qu’ils savent même être pires lorsqu’il s’agit d’écouter les peuples. Le risque que court l’Egypte est peut être le plus grave de toute son histoire – et Dieu sait combien elle n’est pas récente – mais ceci n’a inquiété ni Morsi ni ses conseillers ni ses partisans qui ont décidé de s’agripper au pouvoir malgré tout et qui, en dépit du réel risque de guerre civile et au nom d’une certaine légitimité populaire, ont poussé l’insolence jusqu’à rejeter l’ultimatum adressé par l’armée. En réitérant, dans son dernier discours à la télévision, «je suis un président démocratiquement élu par le peuple», Morsi fait valoir une légitimité qui a cessé d’exister depuis que le peuple qui l’a élu est descendu dans la rue pour brandir les pancartes du «dégage» et appeler à son départ.

Quelles conséquences aura l’échec égyptien du mouvement des Frères musulmans sur notre scène politique nationale?
Tout d’abord, les Algériens qui ont bien suivi l’expérience égyptienne des Frères musulmans, suivent avec intérêt les événements du pays du Nil et savent maintenant à qui ils ont affaire. Ils ont compris qu’il n’est pas facile de jouer avec la stabilité du pays et sa sérénité et, de ce fait, il est fort à parier sur un faible résultat de certains partis qui ont tenté, dès à présent d’intimider les acteurs politiques de tous bords. L’islamisme a de moins en moins de chance de passer chez nous en 2014. D’autre part, les partis en question savent qu’ils seront éclaboussés par ce qui se passe en Egypte car, lorsque les Frères se tapent un rhum en Egypte, tous ceux qui y sont affiliés éternuent de par le monde. Ceci provient du phénomène d’une reproduction pure et simple par ces partis d’un comportement et d’une attitude sans trop tenir compte des différences et des conditions locales. Réduiront-ils leur passion? Reverront-ils leur ambition à la baisse? Nous le saurons sans doute. Mais comme les responsables de ces partis savent que désormais leur crédit va en souffrir, attendons-nous à ce qu’ils s’expriment ces jours mêmes, soit pour se démarquer de leurs frères et amis égyptiens, soit pour souligner leurs différences avec eux, histoire de nous dire qu’il y a une spécificité à respecter, chose, jusque-là volontairement niée.

Les chances des islamistes d’arriver au pouvoir en… Algérie ont diminué
Ceux qui brandissaient le spectre du printemps arabe et qui attendaient, dans la certitude, de prendre le pouvoir à leur tour en Algérie doivent déchanter ces jours, car ils ont compris que leurs chances d’arriver au pouvoir ont sérieusement diminué, pour ne pas dire qu’elles ont été simplement anéanties par l’expérience égyptienne du parti de Morsi et son parti. Délaissant l’important pour le futile, ignorant jusqu’à la priorisation des questions et des problèmes et, occupés à brasser du vent au moment même où le peuple égyptien, s’enfonçant dans un effroyable marasme économique, demandaient à manger, les Frères musulmans offraient, en échange de leur incapacité à gérer le pays, des promesses de paradis et des assurances contre la géhenne oubliant que, de notre temps, les peuples refusent d’ «aller au paradis le ventre creux» (dixit Boumediene). Les Egyptiens ont compris qu’à Oum Kelthoum des régimes précédents, celui de Morsi a simplement substitué une fausse et mauvaise perception de la religion pour tenter d’anesthésier le peuple. Mais à l’ère des réseaux sociaux et de l’économie de la connaissance, seule l’aptitude à satisfaire les besoins des peuples peut servir d’argument vendeur des régimes car il est révolu à jamais le temps des veillées berceuses au rythme interminable des romances qui ont servi à endormir les citoyens pour leur faire oublier leur faim. La misère égyptienne est grande. Une grande partie des citoyens vit au-dessous du seuil de pauvreté et une autre, non moins importante, est carrément analphabète. Les maladies ne se comptent plus. A cela, il faut ajouter la violence de la vie de tous les jours et la difficulté à dénicher une source de revenu. Or, c’est de cela que les Egyptiens attendaient d’être débarrassés. C’était la mission implicite donnée au nouveau raïs le jour des élections.
Mais le rapport des hommes au pouvoir diffère. Il y a ceux qu’il use et il y a ceux qui en abusent. Malheureusement, depuis qu’il est à la tête de l’Egypte, l’actuel président semble faire partie de cette dernière catégorie. D’entrée, et au lieu de s’employer à améliorer l’économie de son pays et les conditions de vie de ses concitoyens, il s’est octroyé les trois pouvoirs pour faire passer une Constitution qui donnerait l’Egypte, poings liés, à sa confrérie sans se soucier du reste.

Tendance de la médiocrité, à l’inexpérience, au «dez bark»….
La plus importante conclusion que l’on peut déjà tirer des événements égyptiens est que l’on ne peut pas convenablement gérer les pays avec des intentions ou, encore moins, avec des fuites en avant interminables car vient forcément le jour où l’on fonce droit dans le mur. Gouverner un pays requiert des compétences, des comportements, voire des réflexes, or tout ceci semble manquer à ces partis qui ont commencé à s’allier dans l’attente de 2014 et qui avaient publiquement fêté la victoire des Frères musulmans en Egypte convaincus de fêter la leur en 2014. Ceci ne signifie pas qu’au sein de ces partis il n’y ait pas quelques compétences, mais que la tendance y est à la médiocrité, à l’inexpérience, au «dez bark», au penchant pour l’argument de la religion là où l’humain doit primer. D’ailleurs, l’une des raisons essentielles de l’échec des Frères musulmans est qu’ils ont proposé la religion comme solution à une société qui, non seulement, souffre de l’économique mais qui, en plus, n’a pas de problème religieux. L’inadéquation du remède risque d’être la caractéristique principale de ce mouvement car il n’a rien à proposer que sa perception fausse et erronée de la religion. En d’autres termes, c’est ce qu’on nous proposera à nous aussi si un jour ces mouvements et ces partis arrivent au pouvoir. Pour lutter contre le chômage, ils proposeront, au nom d’une certaine religion, de renvoyer les femmes au foyer pour céder la place aux hommes et, entre deux discours creux, on priera pour que la pluie tombe afin que, comme les oiseaux et autres animaux, nous trouverions de quoi manger. Pour éradiquer les maladies, ils invoqueront les cieux et pour l’instruction des générations, ils tableront sur une culture générale plus que boiteuse.
Pourtant, l’Islam est bien plus noble et bien plus haut pour être traîné dans la boue chaque fois que des incompétents, en manque de statut social, sont pris par le désir de guider le monde.
La religion, comme la langue, la région, la race… ne doit pas être un critère fondateur des partis, tel est pourtant la loi chez nous. Alors comment se peut-il que cette loi soit piétinée?
L’homme a toujours été bien sur cette terre et il n’a perdu sa sérénité qu’à partir du moment où il a mélangé les choses. C’est-à-dire à partir du moment où il a cru que la religion peut, à sa place, aléser le métal, couper au laser, produire des processeurs, éradiquer le cancer, faire pousser le blé… alors que la religion n’est qu’un cadre dans lequel il doit, lui-même bouger, suer, apprendre, semer, produire, résoudre les problèmes de la société… Lorsqu’on mélange les rôles, plus rien ne va! Dans les années de l’obscurantisme européen, on a une référence qui nous renseigne suffisamment.
Ce qui se passe en Egypte avec Morsi est sans doute bien plus important que ce qui s’y est passé avec Moubarak car si alors le peuple avait dit non à la dictature, aujourd’hui, il dit non à l’imposture. Et, tout compte fait, cette dernière est pire que la dictature. C’est la fermeture d’une parenthèse qui n’aurait peut-être jamais dû être ouverte. Le printemps arabe est une simple illusion, la révolte arabe est, quant à elle, une réalité. Une révolte qui emporte les dictateurs et les imposteurs pour pousser enfin les battants du chemin de l’avenir devant les générations jusque-là étouffées par les chasseurs de privilèges de tous genres. Ecartez-vous donc du chemin! En tous cas, les peuples n’ont jamais tort. Qu’on se le dise! *L’Expression-04.07.2013.

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** Morsi interdit de quitter l’Egypte

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Place Tahrir, la rumeur enfle: le président aurait été assigné à résidence. Le président Mohamed Morsi et plusieurs dirigeants des Frères  musulmans ont interdiction de quitter l’Egypte,  dans le cadre d’une enquête sur une affaire d’évasion de prison en 2011, ont  indiqué des sources de sécurité. Techniquement, l’armée avait donné jusqu’à 16h30 au président pour répondre aux demandes de la rue. Les militaires doivent publier un communiqué, mais on ne sait pas quand. Pendant ce temps les soldats distribuent des rafraichissements aux manifestants qui chantent place Tahrir.
Des responsables à l’aéroport du Caire ont confirmé à l’AFP avoir  reçu l’ordre d’empêcher les responsables islamistes, dont le Guide suprême de la  puissante confrérie Mohammed Badie et son « numéro 2″ Khairat al-Chater, de  voyager. Un tribunal égyptien avait affirmé le 23 juin 2013 que le mouvement  islamiste palestinien Hamas et le Hezbollah chiite libanais étaient impliqués  dans l’évasion de prisonniers, dont l’actuel président Morsi, de cette prison à  quelque 70 km au nord-ouest du Caire, pendant la révolte contre Hosni Moubarak  début 2011.
Le président du tribunal d’Ismaïliya, sur le canal de Suez, avait  demandé au Parquet d’enquêter sur cette évasion qui s’est produite en janvier  2011. Il avait affirmé que les Frères musulmans, dont est issu Morsi, avaient  organisé l’évasion avec l’aide de membres du Hamas et du Hezbollah. A l’époque, Morsi avait assuré que lui et les 33 autres membres  de la confrérie islamiste emprisonnés ne s’étaient pas évadés mais que « des  habitants (leur avaient) ouvert les portes » de la prison.*Le Figaro+divers médias-03.07.2013.

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**Morsi écarte l’armée du pouvoir en Egypte 

Le président égyptien destitue le maréchal Tantaoui, ministre de la Défense depuis plus de vingt ans

il met à la retraite l’inamovible maréchal Hussein Tantaoui, président du Conseil suprême des forces armées

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Ces décisions du nouveau président participent-elles de sa volonté à s’approprier toutes les prérogatives que lui confère la Constitution, ou s’agit-il d’une mise en scène concertée entre les islamistes et les militaires, sous l »il vigilant de l’Oncle Sam ‘
Une nouvelle note vient s’ajouter à la partition des Frères musulmans incarnés par le président Morsi contre l’armée égyptienne : l’inamovible maréchal Hussein Tantaoui, président du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et ex-homme fort du régime du président déchu Hosni Moubarak a été mis à l’écart hier.
Selon la télévision officielle égyptienne, citée par les agences de presse, il sera remplacé par le général Abdel Fatah Al Sissi, chef des services de renseignements militaires.Réputé pour avoir empêché l’infiltration de l’armée par les islamistes durant tout son ‘règne », Hussein Tantaoui comptabilise à son tableau de chasse plusieurs participations aux guerres, notamment aux guerres israélo-arabes et à la première guerre du Golfe en 1991. Mais il restait un grand ‘inconnu », sinon une énigme pour de nombreux Egyptiens et même les étrangers. Il aura fallu attendre 2008 pour qu’enfin un télégramme diplomatique américain, révélé par Wikileaks, lève le voile sur quelques facettes de sa personnalité.Qualifié d’homme secret, le document le décrit comme « charmant et courtois », mais aussi ‘âgé et résistant au changement » et obsédé par le maintien de la stabilité du plus peuplé des pays arabes avec près de 82 millions d’habitants. À la chute de Moubarak en février 2011, il hérite du pouvoir. Mais très vite, lui, la première
personnalité du régime à avoir parlé aux manifestants à la place Tahrir, a commencé à perdre de son prestige notamment après la mort de quelques manifestants en décembre 2011. Autre poids lourd du CSFA mis à la retraite, le numéro deux, Sami Anan. Selon les médias, il sera remplacé par le général Sedki Sobhi. Dans ce bras de fer engagé avec les militaires, le président Mohamed Morsi réussit aussi un autre tour de force : abrogation du décret constitutionnel pris par l’armée avant son élection qui donnait des pouvoirs élargis aux militaires. Et au train où vont les choses, la réhabilitation du Parlement, à forte dominance islamiste, n’est pas exclue. Il reste maintenant à se demander si ces décisions du nouveau président participent de sa volonté à s’approprier toutes les prérogatives que lui confère la Constitution, ou seulement une mise en scène d’une feuille de route concertée entre les islamistes et les militaires, sous l »il vigilant de l’Oncle Sam qui aide l’armée égyptienne depuis les accords de paix avec Israël en 1979. Aujourd’hui encore, Washington lui octroie 1,3 milliard de dollars d’assistance par an.
Car, selon la télévision d’Etat, la ‘décision a été prise en accord avec les deux militaires et le CSFA ». Les deux officiers ne vont pas, d’ailleurs, chômer. Tantaoui et Anan resteront ‘conseillers auprès du chef del’Etat ». Autre pièce du puzzle : la nomination d’un juge, gage de neutralité, Mahmoud Mekki, comme vice-président.
Ce remue-ménage intervient alors que la situation sécuritaire inquiète dans la péninsule du Sinaï, à la lisère avec Gaza et Israël tandis que le Parquet général a décidé d’interdire au patron d’une chaîne privée et au rédacteur en chef d’un quotidien indépendant, visés par des plaintes notamment pour ‘insulte au président » Mohamed Morsi, de quitter le pays. C’est dire que la guerre de l’ombre n’a pas encore livré tous ses secrets. (Liberté-13.08.2012.)

Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui aux côtés du président Morsi

**Morsi renvoie l’armée à ses casernes

Le président égyptien, Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a fait prendre à la politique égyptienne un virage à 180° en «mettant» à la retraite d’office le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui (76 ans) – inamovible ministre égyptien de la Défense depuis 20 ans – une fournée de hauts gradés de l’armée parmi lesquels le chef d’état-major, le général Sami Enan. Pour un coup d’éclat, c’en est un du fait même de l’effet de surprise qu’il a induit dans les milieux politiques et militaires égyptiens, régionaux et internationaux. Ainsi, l’intouchable et toute-puissante armée égyptienne a été sèchement renvoyée à ses casernes par un président déterminé à exercer les responsabilités que lui a confiées le peuple égyptien. Dans un communiqué de la présidence, le porte-parole du chef de l’Etat a déclaré: «Le maréchal Hussein Tantaoui est admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter de ce jour (dimanche, 12 août, Ndlr).» Il est remplacé aux postes de ministre de la Défense et de président du Csfa par le général Abdellatif al-Sissi, indiquait la même source. Le général Sidki Sohbi succède quant à lui, au général Sami Enan à la tête de l’état-major. Ce dernier, âgé de 64 ans, a longtemps été considéré comme très proche des Etats-Unis, qui financent en grande partie l’armée égyptienne. De fait, c’est là une première qui induit nombre de questionnements sur la détermination du président égyptien à rendre aux civils toutes leurs prérogatives et un pouvoir jusqu’ici exercé par la hiérarchie militaire dont les présidents – depuis la Révolution de 1952 et la destitution du roi Farouk II – étaient issus de ses rangs. De fait, l’attaque terroriste contre des gardes-frontières au Sinaï, le 5 août dernier, semble avoir donné un coup d’accélération aux événements, qui amenèrent le président Morsi à affirmer qu’il «allait reprendre le Sinaï en main».
En fait, c’est bien l’armée qu’il a repris en main… Cette détermination s’est déjà exprimée en vérité quelques jours après sa prise officielle de fonction, lorsque M.Morsi a rétabli dans ses prérogatives l’Assemblée nationale dont l’élection d’une partie de ses membres – issus de la mouvance islamique – a été annulée par un décret du Conseil d’Etat. Cette décision du Conseil d’Etat a été suivie le 17 juin par une «Déclaration constitutionnelle complémentaire» du Conseil suprême de l’armée (CSFA) qui redonnait de fait la haute main au CSFA (dont le maréchal Tantaoui en est le chef) sur le pouvoir législatif. En effet, en détenant le pouvoir législatif, les généraux, tout en dépouillant le président de ses prérogatives, gardaient un droit de veto sur toute nouvelle loi ou mesure budgétaire, se réservant aussi un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution. La mise à la retraite d’office du maréchal Tantaoui, l’annulation de la «Déclaration» du 17 juin, remettaient d’une certaine manière les choses à l’endroit alors que d’aucuns estimaient que le duel à fleurets mouchetés, engagé entre le nouveau président et l’armée, semblait avoir tourné en faveur des militaires. Aussi, ce que certains commentateurs avaient estimé être un limogeage, est en fait un acte éminemment politique et marque [désormais] la frontière entre le pouvoir politique civil – le président Morsi est le premier civil égyptien élu à la tête de l’Etat depuis 1952 – et la hiérarchie militaire qui a régné sans partage sur l’Egypte pendant 60 ans. Ce qui en fait, constitue un tournant et remet définitivement (?) au pouvoir, les civils dans un pays qui a été tout au long de six décennies dirigé par les généraux dont le représentant atypique a encore été le président Hosni Moubarak qui dirigea le pays d’une main de fer durant 30 ans. Cette fermeté du président Morsi envers les militaires se veut un signal fort quant aux prérogatives politiques qui, désormais, seront du seul ressort du chef de l’Etat et de son gouvernement. Cette mise à la retraite de Tantaoui, qu’elle soit forcée ou en consultation avec l’intéressé – comme l’indiquait dimanche soir le général Mohamed al Assar, fraîchement promu vice-ministre de la Défense, lequel a expliqué que la décision du chef de l’Etat avait été prise après des consultations avec l’intéressé et le Conseil suprême des forces armées, qu’il présidait – n’en dénote pas moins que l’Egypte est en passe de tourner définitivement la page du pouvoir militaire qui régna si longtemps sur le pays. De fait, la nomination par le président Morsi du maréchal Tantaoui et du chef d’état-major Sami Anan – également mis à la retraite d’office – comme conseillers de la présidence nuance quelque peu l’aspect bras de fer que le retrait de la vie active de hauts dignitaires de l’armée et du renseignement égyptien pouvait laisser supposer. De fait, le président Morsi dans une déclaration télévisée, dimanche soir, expliquait: «Les décisions que j’ai prises aujourd’hui ne visaient pas certaines personnes et n’avaient pas non plus pour but de gêner les institutions, et ce n’était pas non plus mon but de restreindre les libertés» ajoutant que «je n’ai pas voulu envoyer des messages négatifs à propos de qui que ce soit, mais mon objectif était de servir cette nation et son peuple», tout en rendant toutefois hommage au travail des forces armées. En réalité, ces prises de décisions inédites en Egypte – où il n’était pas évident de contrarier l’armée et son tout-puissant chef, le maréchal Tantaoui – même si elles ne sont pas dirigées contre l’armée comme l’affirmait M.Morsi, n’en donnent pas moins un nouveau éclairage sur les relations que le nouveau pouvoir civil égyptien compte désormais instaurer avec l’armée, enjointe d’accomplir ses missions et responsabilités qui sont et demeurent celles de protéger le peuple et défendre la nation, l’exonérant ainsi de toute implication politique dans la marche de l’Etat. C’est là une première, non seulement en Egypte, mais dans l’ensemble des pays arabes où le véritable pouvoir est détenu par les généraux. De ce point de vue, l’expérience égyptienne sera suivie avec attention, car les décisions du chef de l’Etat égyptien, nonobstant sa qualité d’islamiste, ouvre une nouvelle ère de gouvernance de la vie publique et politique en Egypte plus en phase avec la réalité et son environnement. Notons que le président Morsi a nommé dans ce sillage, un vice-président Mahmoud Mekky, un ancien magistrat qui dénonça en 2005 la fraude électorale qui permit à Moubarak d’étrenner un énième mandat à la tête de l’Etat. Il est à relever que le poste de vice-président n’a plus été pourvu depuis 1981 et l’accession du vice-président… Hosni Moubarak à la magistrature suprême. En deux coups trois mouvements, Mohamed Morsi redonna à l’Egypte toute son aura. Si Révolution de «printemps» il y a, c’est maintenant qu’elle commence effectivement en Egypte avec le retour des militaires à leurs casernes. (L’Expression-14.08.2012.)

** Coup de théâtre !

La presse égyptienne faisait ses Unes hier sur le coup de théâtre de l’éviction de la tête de l’armée du puissant maréchal Tantaoui.

Le président égyptien Mohamed Morsi apparaissait hier en position de force après avoir écarté le puissant ministre de la Défense et chef de l’armée, le maréchal Hussein Tantaoui, et annulé les larges prérogatives politiques dont bénéficiaient les militaires. La presse égyptienne a qualifié hier de «révolutionnaires» ces décisions annoncées à la surprise générale dimanche, certain médias s’inquiétant toutefois de voir M.Morsi, issu des Frères musulmans, concentrer désormais d’énormes pouvoirs entre ses mains. «Les Frères officiellement au pouvoir», titrait le journal indépendant al-Watan, tandis qu’un hebdomadaire proche de certains cercles militaires, al-Ousbou, dénonçait «la dictature des Frères». «Morsi met fin au pouvoir du Conseil suprême des forces armées (Csfa)» dirigé par le maréchal Tantaoui, avec qui M.Morsi était engagé dans une difficile cohabitation au sommet de l’Etat, affirmait pour sa part al-Chorouq. Pour ce journal indépendant, les mesures constitutionnelles annoncées, notamment la prise du pouvoir législatif par le président qui détient déjà l’exécutif, lui donnent «des prérogatives plus importantes que celles de (Hosni) Moubarak», déchu l’an dernier sous la pression d’une révolte populaire. M.Morsi a de fait mis fin à la tutelle que lui imposait le Csfa, qui s’était, dans la foulée de la dissolution de l’Assemblée dominée par les islamistes, octroyé en juin le pouvoir législatif, limitant considérablement la marge de manoeuvre du président élu au même moment. Le chef de l’Etat a également récupéré à son compte la possibilité de former une nouvelle commission chargée de rédiger la Constitution, en cas de blocage des travaux de la commission actuelle. Outre la mise en retraite de M.Tantaoui, 76 ans, et du «numéro deux» du Csfa, le général Sami Anan, M.Morsi a fait sortir du Haut conseil militaire les chefs de la marine, de l’aviation et de la défense aérienne, pour leur confier des postes élevés dans le secteur public. Le chef de la marine, le vice-amiral Mohab Mamish, prend ainsi la direction de l’organisme chargé du canal de Suez, une des premières sources de revenus du pays. Certains commentateurs s’interrogeaient sur la facilité apparente avec laquelle M.Morsi s’était débarrassé du sommet de la hiérarchie militaire, alors que beaucoup s’attendaient à une longue guerre d’usure entre le président et les généraux. «Cela montre que Tantaoui et Anan n’étaient en fait pas si puissants que cela et que le Csfa était un tigre de papier. Les faire partir aura finalement été plus facile qu’éteindre une cigarette», estime un analyste en vue Ibrahim Eissa dans le journal al-Tahrir. Un autre membre du Csfa, le général Abdel Fattah al-Sissi, chef du renseignement militaire, a accepté de devenir ministre de la Défense à la place du vieux maréchal, à ce poste pendant 20 ans sous M.Moubarak. Un responsable militaire a fait savoir dimanche soir, dans un commentaire à l’agence officielle Mena, que «ce qui s’est fait l’a été en coordination et après des consultations avec les forces armées», et a démenti toute «rumeur de réactions négatives» au sein de l’appareil militaire. M.Morsi a, lui, pris soin de déclarer qu’il n’avait l’intention de «marginaliser» personne mais de promouvoir une «nouvelle génération» avec un «sang neuf».(L’Expression-14.08.2012.)

**Un fait inédit dans un Monde arabe

Le président égyptien Mohamed Morsi a créé la surprise, hier, en annonçant l’annulation d’une «déclaration constitutionnelle» accordant de larges pouvoirs à l’armée et la mise à la retraite du maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense depuis 20 ans, ainsi que son chef d’état-major.   

Le fait est tout simplement inédit dans un Monde arabe où l’arriération politique est le «produit» le plus abouti des républiques héréditaires, des monarchies moyenâgeuses et des régimes dictatoriaux. Le nouveau président égyptien, Mohamed Morsi, a accompli,
hier, une véritable œuvre pharaonique : envoyer à la retraite le tout-puissant maréchal Hussein Tantaoui, également ministre de la Défense !

Dans sa salve contre les dignitaires de l’armée, le président Morsi a aussi mis à la retraite le chef d’état-major de l’armée, Sami Anan, qu’il a remplacé par le général Sedki Sobhi, a indiqué l’agence d’information Mena. Il a en outre nommé un nouveau ministre de la Défense, Abdel Fattah Al Sissi, chef des renseignements militaires, ainsi qu’un vice-président, le juge Mahmoud Mekki, selon la même source.

Maigre consolation : les vieux militaires en disgrâce, MM. Tantaoui et Anan, ont tous deux été nommés conseillers auprès du président Morsi, selon les médias officiels. Une voie de garage ? Sans doute.
Cette salve de «liquidations politiques» des empêcheurs de gouverner en rond en Egypte intervient trois jours après le limogeage du chef des services de renseignement, Mourad Mouafi, ainsi que du gouverneur de la province du Nord-Sinaï, dans le sillage de l’attaque qui s’est soldée par la mort de 16 soldats égyptiens. Signe que les décisions du président Morsi constituent un changement dans la nature même du régime, il a aussi annulé la fameuse «déclaration constitutionnelle» adoptée par l’armée en juin, accordant de larges pouvoirs aux militaires, a annoncé hier son porte-parole, Yasser Ali. Avec cette déclaration, les militaires avaient dépouillé le président élu de ses prérogatives et renforcé les leurs.

Bataille perdue pour les militaires

M. Morsi a donc décidé de déclarer ce document nul et non avenu. Un retentissant discrédit. C’est une grosse surprise de la part du président égyptien issu des Frères musulmans, qui a pris le monde entier à contre-pied en envoyant ainsi au tapis l’homme le plus puissant – en tout cas le plus craint – du pays et ses bras droits…
Sans doute que l’opinion publique, en Egypte, dans le Monde arabe, voire au niveau international, a été prise de court par un coup aussi dévastateur du président Morsi. Descendre le plus haut gradé de l’armée égyptienne de son piédestal pour en faire un simple citoyen appelé à laisser son poste à plus jeune que lui…
Tous les Egyptiens en rêvaient, leur nouveau président l’a fait !
Symbole par excellence du pouvoir écrasant de l’armée en Egypte qui dure depuis le coup d’Etat des Officiers libres, en 1954, le maréchal Tantaoui a même contrarié Mohamed Morsi dans sa quête des prérogatives constitutionnelles de Président. Ayant servi pratiquement de président par intérim depuis la démission de Moubarak, en février 2011, Hussein Tantaoui et son Conseil suprême des forces armées (CSFA) ont constitué un contre-pouvoir à celui des Frères musulmans qui avaient raflé les élections législatives avant de placer leur raïs en la personne de Mohamed Morsi.

Le contrat de Morsi

Et dans sa volonté de soumettre le Président élu à la «discipline» de son armée, M. Tantaoui et ses amis généraux ont même tordu le cou à la Constitution et au simple bon sens en invalidant, par un avis de la Cour constitutionnelle obéissante, l’élection de l’Assemblée constituante qui a déjà commencé à légiférer sous les ordres d’un «Frère» au perchoir.
Cette décision, qui avait choqué le monde entier, est la première étincelle d’un bras de fer entre le nouveau Président soutenu par la place Tahrir et les militaires décidés à battre en retraite.
Mais c’est finalement à la retraite que Mohamed Morsi a décidé d’envoyer ces hommes en uniforme qui horripilent les Egyptiens. Il se sera ainsi débarrassé des derniers «pharaons» d’Egypte de l’ère moderne, qui ont privatisé le pays et asservi le peuple.
Mohamed Morsi, qui a été précisément élu par ce même peuple de «l’Egypte d’en bas», devra être à la hauteur de la confiance placée en lui, mais surtout être en phase avec ses engagements d’être le président de tous les Egyptiens. C’est le contrat qu’il est tenu de remplir avec ses concitoyens de la place Tahrir, qui lui ont donné un sacré coup de pouce dans sa bataille contre Tantaoui et ses lieutenants. (El Watan-13.08.2012.)

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24 cas de viol ont été signalés place Tahrir ces derniers jours.

« Les femmes ne doivent pas se mêler aux hommes pendant les manifestations »

Victimes d’agressions sexuelles en série, les femmes égyptiennes en seraient les seules responsables d’après des élus islamistes. Ces mêmes élus, cherchant une solution pour mettre un terme à ces crimes, ont déclaré que les femmes « attirent parfois le viol ».

égyptiennes

Être une femme politisée, c’est être une proie pour les agresseurs ? D’après les Frères musulmans les Egyptiennes qui s’exposent dans les manifestations n’ont pas leur place dans ce genre de regroupement, où elles seront nécessairement exposées à leurs agresseurs, d’après le site d’information égyptien Bikyamasr.

Lors d’une réunion de la commission du Conseil de la Choura, l’équivalent du Sénat, les commentaires des islamistes ont été pour le moins surprenants concernant ce fléau qui menace chaque jour les Egyptiennes. « Les femmes ne doivent pas se mêler aux hommes pendant les manifestations », a déclaré Reda Al-Hefnawy, du Parti de la liberté et de la justice. Comment peut-on demander au ministère de l’Intérieur de protéger une femme qui se trouve au milieu d’un groupe d’hommes ? » Alors qu’un autre élu du parti salafiste Hizb El-Asala a estimé que « les femmes attirent parfois le viol en se mettant dans une situation qui en fait des objets de viol. »

Même les femmes, y mettent leur grain de sel. Mervat Ebeid, une élue issue du parti des Frères musulmans, a exhorté les femmes de « réfléchir à deux fois » avant de participer à des manifestations politiques « de façon à ne pas être la proie de délinquants sexuels et de voyous armés qui commettent des viols. »

Ainsi les membres de la commission du Conseil de la Choura ont recommandé l’instauration de « lieux déterminés pour les manifestations féminines. » Encore une fois, les femmes doivent se retirer de l’espace pour ne pas être victimes de ces agresseurs, qui restent impunis la plupart du temps.

Les Egyptiennes sont perpétuellement victimes d’agressions physiques et sexuelles, et les initiatives se multiplient pour dénoncer ces injustices. Et pourtant les violences à l’encontre des femmes ne cessent de se produire en Egypte. D’après Ezzedine El-Komi, membre des Frères musulmans, « 24 cas de viol ont été signalés place Tahrir ces derniers jours. » Ce dernier estime que « personne ne fait quoi que ce soit pour lutter contre cette tendance troublante. » Alors que différentes campagnes de lutte contre ce fléau ont été mises en place, des cours de self-défense ont été proposées aux femmes, une carte géolocalisant les agressions, la « harrassmap » a été mise en place. Quoiqu’en pensent les islamistes, d’autres personnes luttent pour que les femmes aient la liberté de circuler dans leur propre pays, sans être accusées d’attirer sciemment les agresseurs.*16 février 2013-Algérie.Focus

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