Sahara occidentale,la longue marche pour la liberté

**Le Conseil de sécurité rejette la proposition bizarre de l’ONU d’achever un projet de construction d’une route traversant les territoires sahraouis

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La majorité des membres du Conseil de sécurité ont rejeté, vendredi 09 septembre 2°16, la proposition de l’ONU d’achever un projet de construction d’une route traversant les territoires sahraouis, contesté par le Front Polisario, a rapporté hier l’AFP citant une source onusienne. «La majorité des membres du Conseil de sécurité n’étaient pas prêts à accepter la proposition de l’ONU concernant ce projet. Elle n’a reçu que le soutien de la France et du Sénégal, deux pays alliés du Maroc», a indiqué une source onusienne proche du dossier. Et d’ajouter : «Les membres du Conseil de sécurité ont insisté sur la retenue et le respect de l’accord de cessez-le-feu. La situation est toujours tendue, j’espère qu’il n’y aura pas de dérapage.»

Le secrétariat général de l’ONU a proposé au Conseil de sécurité d’achever le goudronnage d’une route, reliant la zone tampon d’El Guergarat jusqu’à la frontière avec la Mauritanie, un projet que le Maroc veut réaliser en violation de l’accord de cessez-le-feu.
L’ONU, qui s’est opposée en 2001 et 2002 à la construction de cette route, dont «certaines activités pourraient constituer une violation de l’accord de cessez-le feu», a cédé aujourd’hui au chantage du Maroc en acceptant de construire et de financer elle-même ce projet, a déclaré le Front Polisario.

«Cela signifie que l’ONU va devenir une société chargée de financer les projets du Maroc», alors qu’elle a, dans trois rapports précédents, considéré ces travaux comme une violation de l’accord de cessez-le-feu, a indiqué le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies, Ahmed Boukhari, dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité. Le Front Polisario s’est dit «surpris» par la position de l’ONU qui semble «ignorer ses propres décisions» antérieures sur ce projet.

L’impuissance de l’ONU

Le Maroc a entamé en août dernier les travaux de balisage de ce tronçon d’une longueur de 3,8 km, qui devrait traverser les territoires sahraouis sous contrôle du Front Polisario jusqu’à la frontière avec la Mauritanie. Le Conseil de sécurité s’est réuni vendredi à huis clos pour examiner la situation sécuritaire tendue qui prévaut dans cette zone sensible. Le président du Conseil de sécurité, Gerard van Bohemen, s’est contenté d’indiquer que l’organe onusien a été tenu informé de la situation à El Guergarat par Christopher Ross, l’émissaire de Ban Ki-moon pour le Sahara occidental, et Kim Bolduc, chef de la Minurso.

Il a précisé que son pays, la Nouvelle-Zélande, est préoccupé par cette situation qu’il dit suivre de près. Rejetant cette proposition, le représentant du Venezuela, Rafael Ramirez, a affirmé que «la Minurso n’a pas été créée pour construire des routes mais pour préparer le référendum du peuple sahraoui». De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a refusé de commenter la proposition onusienne.

La situation sécuritaire dans la zone d’El Guergarat reste tendue, les deux camps ont maintenu leurs positions à environ 120 mètres les uns des autres. Les Nations unies redoutent en effet «une reprise des hostilités, avec un risque d’implications régionales».   Dans une note confidentielle transmise pour information au Conseil de sécurité le 28 août, le secrétariat général de l’ONU a affirmé que le Maroc a violé l’accord militaire n°1 en déployant des forces de sécurité dans cette zone sans avertir au préalable la Minurso.

Récemment, la présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, a déclaré partager la «profonde préoccupation», exprimée par le secrétaire général de l’ONU, face à la situation tendue dans la zone tampon d’El Guergarat au sud-ouest du Sahara occidental. Situation causée par la violation marocaine du cessez-le-feu, signé entre le Front Polisario et le Maroc sous les auspices de l’ONU, le 6 septembre 1991. La présidente de la Commission a exhorté les deux parties en conflit (le Front Polisario et le Maroc) à respecter pleinement l’accord militaire n°1 et de mettre fin immédiatement à toute violation de l’accord de 1991 de cessez-le-feu.

Elle a aussi exhorté les deux parties à «œuvrer de bonne foi et sans conditions préalables, afin de créer l’environnement nécessaire à la reprise des négociations et la tenue du référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes de la Charte des Nations unies, ainsi que les résolutions et décisions de l’ONU et de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA)», aujourd’hui Union africaine (UA).

Elle a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’accélérer les mesures nécessaires pour la mise en œuvre de la résolution 2285 du 29 avril 2016, concernant le retour de la composante administrative et politique de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) dans ses pleines fonctions, afin de permettre à la Mission d’accomplir son mandat.*Amnay idir/ el watan/ dimanche 11 septembre 2016

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*Les Non-alignés appuient le peuple sahraoui

Le sommet des Non-alignés a mis l’accent sur le droit du peuple du Sahara occidental à s’exprimer librement dans le cadre d’un référendum d’autodétermination.

Sahara occidentale,la longue marche pour la liberté

Rabat fait le dos rond. Le Makhzen doit faire face à deux événements simultanés qui ne lui sont pas du tout favorables en ce qui concerne la question du Sahara occidental. Il y a le sommet des pays Non-alignés (auquel ont pris part les Marocains) et qui a accouché d’une déclaration qui fera probablement grincer des dents le Makhzen. «Le document a confirmé les positions précédentes du Mouvement et a appuyé les recommandations et les résolutions des Nations unies relatives à la lutte du peuple sahraoui, dans son conflit avec le Maroc», a déclaré Mohamed Yeslem Beissat, ministre sahraoui délégué, chargé de l’Amérique latine. Le groupe des 77 plus la Chine a mis l’accent sur la nécessité de garantir les droits du peuple sahraoui à la liberté et à l’autodétermination «en conformité avec les principes et objectifs énoncés dans la Charte des Nations unies et des recommandations de la résolution 1514 de l’assemblée générale des Nations unies du 14 décembre 1960, qui prévoit l’octroi de l’indépendance des peuples colonisés», a-t-il précisé. Le Mouvement a exigé que «toutes les options du règlement du conflit doivent respecter la liberté d’expression et les aspirations du peuple sahraoui, ce qui signifie inévitablement l’organisation du référendum d’autodétermination», a affirmé le ministre sahraoui. Il est à signaler que cet appui intervient dans le sillage de la tournée que vient d’effectuer du 25 au 31 août 2012 la présidente de la fondation Robert-Kennedy pour la justice et les droits de l’homme, Mme Kerry Kennedy, à la tête d’une délégation de quatre organisations non gouvernementales et une juge à la Cour interaméricaine des droits de l’homme, dans les territoires occupés du Sahara occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis. Une visite qui a pour objectif d’«attirer l’attention de la communauté internationale sur cette question et appuyer la dotation de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso) d’un mécanisme pour la surveillance et la protection des droits de l’homme» au Sahara occidental, avait précisé Mme Kennedy. A travers cette initiative, la présidente de la fondation Robert Kennedy compte détricoter le plan d’autonomie marocain. A ce titre, les témoignages que vient de recueillir la présidente de la fondation RFK seront plus que précieux. Des preuves irréfutables. «Il est très émouvant de voir des femmes qui ont des histoires aussi terribles sur des violations et des atrocités commises contre elles ou leurs proches gardent toujours cette force et cette volonté de bâtir des institutions solides de la société sahraouie» a déclaré, mercredi, Mme Kennedy après à sa visite au camp de réfugiés sahraouis de Smara. Un constat qui doit remettre sur le tapis la question des droits de l’homme dans les territoires occupés, ainsi que l’organisation d’un référendum d’autodétermination qui doit permettre au peuple sahraoui de s’exprimer sans contrainte quant à l’option de son indépendance. Un sacrilège pour le trône alaouite qui demeure sourd à de telles revendications. Le peuple sahraoui a quant à lui, trouvé en la digne héritière du clan Kennedy le personnage emblématique et précieux qui doit l’accompagner dans la quête de son indépendance et de sa dignité…(L’Expression-02.09.2012.)

**Mettant a nu la brutalité pratiquée par la police secrète marocaine sur les Sahraouis…Kerry Kennedy épingle le Makhzen

Kerry Kennedy (à droite) avec Aminatou Haïdar

Le mépris et l’arrogance manifestés par le Royaume marocain contre la dignité humaine a atteint son apogée.

La brutalité pratiquée par la police secrète marocaine sur les Sahraouis vivant dans les territoires occupés par le Royaume chérifien, n’est pas un vain mot. «Pour nous, cela ne ressemblait pas à une mise en scène. ses blessures, ses hématomes et son visage exsangue semblaient bien réels», a écrit sur le site Internet américain Huffington Post, Kerry Kennedy, présidente du Centre Robert F. Kennedy (Centre RFK) pour la justice et les droits de l’homme. Après sa visite au Sahara occidental, Kerry Kennedy fait un témoignage saisissant et accablant dans lequel elle accuse ouvertement les services secrets marocains d’avoir pratiqué toutes formes de torture physique et morale sur les Sahraouis, vivant à El Ayoun. «Nous sommes ici pour une semaine [...] Nous avons eu un aperçu de ce qui se passe dès le premier jour; il en reste encore sept», a-t-elle fait noter, avant de décrire les méthodes des services de renseignements du gouvernement marocain pour contrôler les manifestations de certains activistes sahraouis, dans les territoires occupés. Les sévices subis par les femmes, les hommes dans les geôles de Sa Majesté le Roi, ont été en effet rapportés dans les témoignages de Kerry Kennedy, qu’elle vient de publier sur le site Internet américain Huffington Post. Ainsi, elle a raconté comment des hommes (barbouzes, gardiens du temple marocain) sont intervenus au moment où la fille tentait de photographier le passage à tabac de Soukaina Jed Ahlou, la présidente du Forum des femmes sahraouies. Cette pauvre victime s’est retrouvée, témoigne la présidente du Centre RFK, dans un hôpital, toute ensanglantée et meurtrie. Un hôpital que Mme Kennedy a visité lors de l’hospitalisation de la victime. «Au moment où Maria les prenait en photo, ils ont essayé de dissimuler leurs visages. Deux de ces brutes se sont mises devant les vitres de notre voiture, bloquant en partie ce que nous pouvions voir du passage à tabac», a-t-elle révélé, avant d’ajouter que le troisième d’entre eux a insulté Maria et a saisi de la main son appareil photo.
Les vigiles décrits dans le témoignage de Mme Kennedy ne sont pas des inconnus pour elle et les membres de la délégation du Centre RFK. Car, a-t-elle expliqué, Aminatou Haïdar, lauréate du Prix RFK des droits de l’homme en 2008, a reconnu l’un d’eux comme étant Al Hasoni Mohamed, le même homme qui avait interpellé son fils de treize ans en lui lançant: «Je vais te violer jusqu’à ce que tu sois paralysé!» Ne s’arrêtant pas là, Mme Kennedy a soutenu qu’elle et ses collègues ont fait objet d’intimidation verbale et physique tout au long de leur périple. Le mépris et l’arrogance manifestés par le Royaume chérifien contre même la dignité humaine a atteint son comble. Cela s’explique d’ailleurs même par la colère manifestée par les Marocains contre la cérémonie d’allégeance au roi, décidément imposée. Ainsi, une cinquantaine de personnes ont manifesté samedi après-midi à Paris pour demander la fin de la cérémonie d’allégeance au roi. Un rituel qualifié par les Marocains d’archaïque qui porte atteinte à la dignité humaine. Ce faisant, les manifestants ont brandi des banderoles sur lesquelles est écrit: «Allégeance à la liberté et à la dignité» et «A bas le protocole de la servilité». C’est dire enfin que l’humiliation et la bêtise humaine au Maroc n’ont pas épargné même les Marocains….(L’Expression-02.09.2012.)

**Le Rapport accablant de la mission kennedy

Comme il fallait s’y attendre, le RFK Center a dressé un rapport au vitriol contre le Maroc, accusé de violations des droits de l’homme dans les territoires occupés. Ce document préliminaire de onze pages, rendu public hier, souligne l’urgente nécessité d’instaurer un «mécanisme international permanent afin de protéger les droits de l’homme du peuple sahraoui».

Une prise de position qui appuie la demande de la RASD d’élargir le mandat de la Minurso à la protection des droits de l’homme. Ce constat accablant pour le Maroc résulte de la visite effectuée par une délégation de RFK Center, il y a quelques jours dans les territoires occupés. Conduite par sa présidente, Mme Kerry Kennedy, cette mission, une fois sur le terrain, a permis aux membres de la délégation de prendre la mesure des atteintes aux droits de l’homme dont sont victimes les Sahraouis de la part des autorités marocaines. Autour de l’ex-secrétaire général de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), Erik Sottas, des juristes et experts mondiaux en matière de droits de l’homme ont pu constater de visu les exactions commises par le royaume contre les Sahraouis.

Le rapport est en effet truffé d’exemples concrets de traitements violents auxquels les membres de la délégation ont assisté «en live». Mais avant de sérier ces atteintes, le centre américain a d’abord posé son postulat de départ qu’«aucun pays ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental». Et de rappeler que le dossier du Sahara occidental fut porté devant le Comité de décolonisation de l’ONU et «plus d’une centaine de résolutions de l’ONU ont réaffirmé le droit à l’autodétermination des Sahraouis».

Des territoires occupés… et de non-droit

Preuve de son souci d’objectivité, RFK Center a pris le soin de souligner dans son rapport qu’il ne veut pas «prendre position quant au statut du Sahara occidental». Pour autant, il note que si les deux parties en conflit (Front Polisario et Maroc) ne sont toujours pas parvenues à une solution sur l’avenir du Sahara occidental, «cette situation ne doit pas occulter la question du respect des droits de l’homme dont plusieurs traités internationaux ont été, pourtant, signés et ratifiés par le Maroc». Bien qu’il reconnaisse «les changements positifs» apportés à la Constitution marocaine tels que la criminalisation de la torture, des détentions arbitraires et des disparitions forcées ainsi que le respect de la liberté d’expression, RFC a souhaité que ces mécanismes soient appliqués à «toutes les personnes sous la juridiction marocaine sans distinction entre les Marocains et les Sahraouis».

Et pour cause, la délégation conduite par Kerry Kennedy souligne avoir rencontré des organisations de la société civile et des personnes de plusieurs villes du Sahara occidental, dont El Ayoun, Dakhla et Smara, qui leur ont fait part des cas de disparition, de torture, de détention arbitraire, de brutalité des forces policières, de menace, d’intimidation et d’exécution extrajudiciaire. Elle dit aussi avoir reçu des «plaintes» au sujet de la «violation» des droits à la liberté d’expression, de réunion et d’association. Au cours de sa visite à El Ayoun, la délégation constatait «la présence de plusieurs véhicules militaires ou de police stationnés à presque chaque coin de rue», lit-on dans le rapport. La délégation a constaté également que la plupart des Sahraouis, avec qui la délégation s’est entretenue, «manifestaient des inquiétudes face aux intimidations suscitées par la forte présence des militaires et des policiers, en uniforme et en civil, qui les suivaient et proféraient contre eux des propos déplacés». 

Les droits de l’homme violés en direct

La mission de RFK Center écrit en outre que pendant tout son séjour à El Ayoun, elle avait été, elle-même, «constamment surveillée par des agents de sécurité en civil marocains». Un constat qui confirme celui de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross. Au chapitre des brutalités, la délégation note avoir constaté de «visu» un incident au cours duquel des policiers ont attaqué une femme sahraouie qui «manifestait pacifiquement». Les forces de sécurité marocaines, poursuit le rapport, sont allées jusqu’à «tenter d’empêcher la délégation d’être témoin de cet incident en recourant à des agressions verbales et physiques». Pour discréditer le témoignage de la délégation sur cet incident, s’étonne le rapport, un communiqué de presse officiel marocain prétendit que «la femme sahraouie fut blessée suite à un évanouissement», tandis que l’authenticité des photos présentées à un responsable du ministère marocain de l’Intérieur, en guise de preuve, «a été arbitrairement réfutée par ce dernier». 

RFK confirme les conclusions accablantes de Ross

RFK dénonce aussi les «assassinats d’indépendantistes sahraouis» par les forces de sécurité marocaines ainsi que les cas de torture et de disparition. «La préoccupation majeure pour la délégation est l’impunité quasi absolue pour la violation des droits de l’homme» des Sahraouis perpétrée par les forces de l’ordre marocaines.
Outre les multiples entraves (agressions, menaces, surveillance) aux activités des défenseurs des droits de l’homme, le rapport américain note que «la délégation a été informée, par des avocats, des harcèlements permanents et des obstacles auxquels ils sont confrontés pour défendre les victimes de violations des droits de l’homme qui ont été détenues et torturées pour avoir participé à des manifestations pacifiques». 

Le comble est que même la délégation de RFK Center «a fait l’objet d’intimidations et de harcèlements qui obstruaient notre capacité à travailler», lit-on dans le rapport.  Ainsi, durant son séjour à El Ayoun, la délégation était «constamment suivie par deux ou plusieurs voitures alors que des policiers en civil avaient tenté de l’empêcher de filmer ou de photographier les scènes de passage à tabac de manifestants pacifiques». Pour les animateurs du centre Kennedy, «la présence massive des forces de sécurité, les violations du droit à la vie, à la liberté, à l’intégrité physique, à la liberté d’expression, de réunion et d’association créent une atmosphère de peur et d’intimidation qui viole les règles de droit et le respect des droits de l’homme du peuple sahraoui». Un premier rapport déjà accablant en attendant un second que RFK Center promet plus «détaillé» et accompagné de recommandations.(El Watan-05.09.2012.)

*l’Onu dénonce les obstacles posés par le Maroc à la Minurso

Le Secrétaire général de l’Onu, M. Ban Ki-moon, a dénoncé, dans un rapport mardi (17.04.2012.)  au Conseil de sécurité, les obstacles posés par le Maroc à la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso).

M. Ban Ki-moona regretté dans son rapport que des « entraves » empêchent toujours la Minurso d’accomplir pleinement sa mission et de s’acquitter de son mandat de « manière crédible » dans les territoires sahraouis occupés.

« La Minurso n’est ni dans la capacité d’exercer pleinement ses fonctions de surveillance de maintien de la paix et d’observation, ni ne dispose de toute l’autorité pour contrecarrer l’effritement » de son rôle, a-t-il déploré. Rappelant que le but principal de la création de la Minurso était d’organiser et de superviser un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, il a expliqué que « le blocage du processus politique n’a pas permis à cet organe de mettre en oeuvre ce référendum, se limitant de facto à la surveillance du cessez le feu ». Il est en outre relevé dans le document qu »il semble que la confidentialité des communications entre le quartier général de la Minurso (situé dans une zone sous contrôle marocain) et New York ait été compromise au moins une fois ». Le secrétaire général de l’Onu a dénoncé également « la présence de la police marocaine à l’extérieur du complexe (qui) dissuade les visiteurs de se présenter à la Minurso de leur propre chef », ainsi que l’obligation de faire porter aux véhicules de la Minurso des plaques d’immatriculation diplomatiques marocaines au lieu d’une immatriculation de l’Onu. « Le déploiement de drapeaux marocains autour du quartier général de la Minurso crée une apparence qui soulève des doutes quant à la neutralité de l’Onu », a-t-il signalé. Le projet de résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara occidental sera élaboré, comme de tradition, par le « Groupe des amis du Sahara occidental » avant de le soumettre aux autres pays membres du Conseil de sécurité pour adoption avant le 30 avril en cours. (El Watan-18.04.2012.)

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*L’opération de sabordage de la Minurso fomentée par le Maroc stoppée net

***Le texte voté vendredi 29 mars 2016 par le Conseil de sécurité appelle à un règlement politique du conflit juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

Le retour de la Minurso est une véritable gifle pour le roi du Maroc

*Echec et mat. L’opération de sabordage de la Minurso fomentée par le Maroc a été stoppée net. La résolution présentée par les Etats-Unis et adoptée par le Conseil de sécurité a annihilé les desseins royaux. Elle souligne l’urgence de son plein rétablissement. L’Algérie a exprimé sa satisfaction. «L’Algérie accueille en particulier avec satisfaction la décision du Conseil de sécurité de reconduire le mandat de la Minurso pour une période d’une année et de reconnaître l’urgente nécessité pour cette mission d’être rétablie dans la plénitude de ses fonctions», indiquait un communiqué du ministère des Affaires étrangères rendu public samedi dernier. L’Algérie «escompte que des mesures seront rapidement prises afin de permettre à la Minurso d’accomplir pleinement son mandat, dont le couronnement réside dans l’organisation au Sahara occidental d’un référendum d’autodétermination libre et sans contrainte administrative ou militaire» est-il mentionné dans le texte du département de Ramtane Lamamra. Le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental jusqu’au 30 avril 2017 est une victoire incontestable pour le Front Polisario. Il entretient l’espoir d’indépendance du peuple sahraoui. «Le vote d’aujourd’hui (vendredi 29 avril, Ndlr) envoie un message, fort et clair, que le statu quo est inacceptable, et que le Maroc ne sera pas autorisé à entraver la mission de l’ONU au Sahara occidental, ni d’anéantir le droit des Sahraouis de participer à un référendum d’autodétermination pour décider de leur avenir politique», a déclaré le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies, Ahmed Boukhari, suite à l’adoption de la résolution 2285. Il était dit que le Maroc allait boire le calice jusqu’à la lie dans le bras de fer qu’il avait engagé contre le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies qui avait qualifié la présence marocaine au Sahara occidental d’«occupation» et son représentant personnel qu’il avait considéré persona non grata au Sahara occidental. «Il n’a rien à faire ici bien sûr. C’est hors de question qu’il se réunisse avec qui il veut à Laâyoune», avait déclaré, au mois de novembre 2015, le ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar dans un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE en marge de la visite du monarque alaouite à Laâyoune (capitale occupée du Sahara occidental) où il avait célébré le 40ème anniversaire de l’invasion du Sahara occidental.
La réponse du Conseil de sécurité est un cinglant désaveu pour le chef de la diplomatie royale. L’Algérie «relève avec satisfaction la ferme et opportune réaffirmation du soutien du Conseil de sécurité et de la communauté internationale au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon ainsi qu’à son envoyé personnel, Christopher Ross et à sa représentante spéciale, chef de la Minurso, Kim Bolduc», souligne le communiqué du ministère des Affaires étrangères. Non seulement les «15» réitèrent leur confiance à Ban Ki-moon et confortent Christopher Ross dans sa mission de médiation, mais ils appellent aussi les Marocains à s’asseoir autour de la table des négociations avec le Front Polisario. Un 5ème round de négociations se profile.
Le Maroc fait le dos rond, s’évertue à atténuer ses déboires diplomatiques et continue à montrer les crocs vis-à-vis du SG de l’ONU. «Cette résolution… constitue, à ce titre, un revers cinglant pour toutes les manoeuvres du secrétariat général de l’ONU, notamment celles opérées lors de la visite du secrétaire général et celles insérées dans son dernier rapport», indique un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération qui omet de souligner que le retour de la composante civile de la Minurso à Laâyoune représente un camouflet retentissant pour le souverain marocain qui avait décidé d’expulser 75 de ses membres. Mohammed VI avait décrété qu’ils n’y remettraient plus les pieds. Le Conseil de sécurité l’a recadré.*Par Mohamed TOUATI - Lundi 02 Mai 2016 / L’Expression

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**L’ordre des avocats de New York  juge le plan marocain illégal

Dans une étude publiée lundi 11.06.2012. et intitulée “Les questions juridiques liées au conflit du Sahara occidental”, l’ordre des avocats de New York a exclu tout plan excluant l’option d’indépendance dans l’exercice du droit à l’autodétermination des Sahraouis  et a soutenu que la limitation du choix au plan marocain d’autonomie seul “n’est pas conforme au droit international”.

Dans le rapport de 107 pages, d’une étude publiée lundi et intitulée “Les questions juridiques liées au conflit du Sahara occidental”, dont l’APS a obtenu une copie, l’ordre des avocats de New York retrace minutieusement la genèse du dossier du Sahara occidental depuis sa colonisation successivement par l’Espagne et le Maroc, le processus engagé par l’ONU pour le traitement du conflit entre le Front Polisario et le Maroc, et l’aspect juridique de la question sahraouie en vertu des principes du droit international qui constitue la plus grande partie consacrée par cette étude.
Le barreau new-yorkais indique avoir mené cette étude “afin de donner aux décideurs politiques américains quelques conseils sur cette question lors de l’élaboration de leur politique à l’égard de ce différend” entre le Front Polisario et le Maroc.
Passant au crible les conditions juridiques permettant la revendication du droit à l’autodétermination, les options valables aux territoires non autonomes en général et l’application de ces principes au cas du Sahara occidental, l’ordre des avocats de New York a abouti à la conclusion qu’en vertu du droit international, “le droit à l’autodétermination exige que les Sahraouis aient la possibilité de déterminer librement leur statut politique et que cette détermination doit inclure l’option de l’indépendance”. Il préconise que les moyens par lesquels le peuple sahraoui doit être autorisé à exercer ce droit à l’autodétermination “doivent veiller à ce que la libre volonté de la population du Sahara occidental soit respectée et ne peuvent entraîner la restriction d’options à celle qui peut être favorable aux objectifs du Maroc”.
à partir de là, le barreau new-yorkais estime que “l’exercice de l’autodétermination, quelle que soit la forme qu’elle peut prendre, doit inclure, entre autres, l’option que le statut définitif du Sahara occidental sera l’indépendance”.

L’arrêt de la Cour internationale de justice
Rappelant que la Cour internationale de justice a déjà statué que “le Maroc n’a aucune souveraineté territoriale sur le Sahara occidental”, l’ordre des avocats de New York assure qu’ainsi “tout plan qui élimine l’option d’indépendance pour l’exercice de l’autodétermination des Sahraouis est illégal au regard du droit international”.
Aussi, il ajoute : “Nous mettons en garde la communauté internationale pour qu’elle s’abstienne d’imposer au peuple sahraoui, sans son consentement, un plan excluant l’option de l’indépendance.” L’étude observe que si certains différends internationaux avaient été, certes, résolus sans l’option de l’indépendance, de telles situations ont eu lieu en dehors du contexte colonial, mais souligne-t-elle : “Il est incontestable que le Sahara occidental s’inscrit parfaitement dans un contexte colonial classique et selon les exigences spécifiques de la résolution 1514 qui prévoit l’option de l’indépendance.” Tranchant le sujet, “l’ordre des avocats de New York conclut que la limitation du choix du peuple du Sahara occidental au plan marocain d’autonomie ne se conforme pas au droit international”.
à la lumière de tous ces principes, il préconise plusieurs démarches qu’il décrit comme “compatibles avec le droit à l’autodétermination des Sahraouis en vertu du droit international”. L’exécution du plan de règlement ONU-UA selon lequel “le référendum doit être mené par la Minurso en conformité avec les dispositions du plan de règlement convenu par les parties au conflit, avec une liste des électeurs établie par la Minurso, sous la supervision du Conseil de sécurité et de l’UA”, est la solution la plus indiquée affirme l’ordre des avocats de New York.

Des négociations  sur la base de toutes  les options, dont  l’indépendance
Il suggère aussi de “mener des négociations avec des conditions préalables qui exigent toutes les options pour l’autodétermination dont celle de l’indépendance, avec un calendrier pour ces négociations, après quoi, si aucun accord n’est atteint, un référendum sera organisé avec toutes les options disponibles”.
Il est mis en exergue qu’“il y a une incohérence entre le principe d’autodétermination, confirmé à plusieurs reprises par les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU sur la question d’inclure l’option de l’indépendance, et les actions du Conseil de sécurité, en se bornant à demander aux deux parties au conflit de poursuivre les discussions pour une solution politique sans conditions préalables”. Les avocats new-yorkais précisent qu’“étant donné les positions inconciliables des parties sur la souveraineté sur le territoire, cette approche de l’ONU permet à chaque partie de maintenir sa position, mais passe sous silence le fait que la position du Front Polisario est compatible avec la jurisprudence, alors que celle du Maroc est incompatible avec les précédents juridiques”.
Prenant en exemple l’accord de paix global entre le Soudan et le Sud-Soudan qui, après six années de négociations pour un règlement politique du conflit, la population du Sud-Soudan a obtenu le droit à un référendum dans lequel l’indépendance était une option, ils avancent qu’“une approche similaire au conflit du Sahara occidental serait compatible avec les principes du droit international”. Enfin, l’ordre des avocats de New York affirme que “les membres du Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU ainsi que la communauté internationale ont l’obligation de faire respecter les principes de droit international et de faciliter la résolution du différend sur le Sahara occidental d’une manière conforme à ces principes”, sinon “le différend va se poursuivre et le statu quo sera maintenu au profit du Maroc qui contrôle la majorité du territoire sahraoui”. (Liberté-13.06.2012.)

**des juristes démocrates comparent la situation au Sahara Occidental à l’occupation israélienne

« ‘Le jour où les Espagnols s’en vont, la colonisation est terminée et, dès ce moment-là, le peuple sahraoui redevient maître de ses affaires. Et dans l’immédiat, qu’est-ce qu’il se passe  ».. Les Marocains envoient une expédition occuper le Sahara Occidental. C’est exactement comparable à l’occupation de la Palestine par Israël. » Ces propos sont de Roland Weyl, avocat au barreau de Paris et 1er vice-président de l’Association internationale des juristes démocrates qui a livré, le 4 juillet 2012, pour le site Nouvellesdusahara.fr, son analyse du conflit du Sahara Occidental dans une interview où il n’a pas hésité à user d’un langage pour le moins cru sur le dossier du Sahara Occidental. Le juriste français considère l’occupation marocaine comme ‘une agression qui viole l’article 2/4 de la charte qui interdit le recours à la force dans les relations internationales ». Pour lui, l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc est ‘une agression qui se perpétue ». (Liberté-11.07.2012.)

 ****************************Le Sahara occidental

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Le Sahara occidental, territoire de 284 000 km² est une ancienne colonie espagnole. Presque entièrement désertique, il comprend deux régions principales. Au Nord , le Seguiet el Hamra, et au sud le Rio de Oro.

Sa population est estimée à l’heure actuelle à 600 000 habitants dont 160 000 vivent dans les campements de réfugiés , à Tindouf au sud de l’Algérie. Ce territoire possède des ressources économiques importantes. L’un des plus important gisement au monde de phosphates et dont les réserves sont estimées à 10 milliards de tonnes. Des eaux côtières très riches en poissons. De plus , son sous sol renferme
probablement d’autres ressources telles que le fer, le pétrole, le cuivre, le nickel, l’uranium…

Dès les années 1960, les Nations Unies avaient reconnu le droit inaliénable du peuple Sahara Espagnol à
l’auto- détermination. Dans l’objectif de préparer un référendum d’autodéter- mination , l’Espagne organise en 1974 un recensement. L’Espagne signe en novembre 1975 les accords de Madrid, avec le Maroc et la Mauritanie, selon lesquels le Sahara occidental sera partagé entre ses deux voisins.

Pourtant, en octobre 1975, la Cour Internationale de Justice de la Haye recommandait l’application des décisions de l’ONU concernant le principe d’autodétermination. Le Maroc et la Mauritanie passent outre et attaquent militairement le territoire. La résistance
sahraouie menée par le Front Polisario remporte de nombreux succès militaires et diplomatiques, et signe une paix séparée avec la Mauritanie en 1979.

La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) est proclamée en février 1976. Admise en 1982 à l’OUA, elle y siège comme membre à part entière en novembre 1984. Elle est reconnue aujourd’hui par 77 états. En août 1988, le Maroc et le Front Polisario
acceptent le principe d’un plan de paix proposé par l’ONU, prévoyant « l’organisation et le contrôle par l’ONU, en coopération avec l’OUA, d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

En 1992, faute d’accord sur les critères d’identification des personnes habilités à prendre part au vote, les ambitions colonialistes marocaines soutenues par certaines capitales occidentales comme la France, le référendum prévu par le plan de
paix de l’ONU est reporté sine die.
Plus de sept années ont passé depuis l’entrée en vigueur du cessé le feu (6 septembre 1991) ; le référendum n’a toujours pas eu lieu .

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**Retrait de confiance à Christopher Ross

Le Maroc s’en mord-il déjà les doigts ?

 Après avoir accusé le diplomate américain de s’aligner sur les positions du Front Polisario, qui demande l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental, le Maroc semble regretter son empressement à retirer sa confiance à l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies. En effet, calmant le jeu, Rabat donne l’impression d’opter pour l’apaisement comme l’indique cette déclaration de son ministre marocain délégué aux Affaires étrangères, Youssef Amrani : “Le Maroc restera engagé avec sérieux (..) dans les efforts de l’ONU pour dépasser l’impasse.” Mais, le mal est fait car la décision prise par Rabat de retirer sa confiance à Christopher Ross a déjà des répercussions négatives. C’est du moins ce que pensent des analystes marocains, à l’instar d’Abdelfettah El-Belamachi, directeur du Centre de la diplomatie parallèle et du dialogue des civilisations, à Rabat, qui a déclaré à l’AFP que “cette décision va enliser davantage le conflit dans l’immobilisme et aura un impact direct sur le processus de négociation (avec le Polisario), déjà plombé par les échecs répétés.” Cet expert a ajouté que “le gouvernement marocain aurait pu protester officiellement au lieu de prendre cette décision, car c’est le secrétaire général de l’ONU qui décide du retrait ou du maintien de confiance à M. Ross.” Pour rappel, tous les émissaires de l’ONU ont déjà échoué au fil des années en tentant de mettre d’accord les parties prenantes pour un règlement politique du conflit. “Plus de neufs rounds de pourparlers entre le Maroc et le Polisario n’ont conduit à aucun résultat. Il y a une situation de blocage”, a souligné Abdelfettah El-Belamachi, en faisant allusion au dernier round des pourparlers informels entre le Maroc et le Polisario, qui a eu lieu en mars dernier dans la banlieue de New York, et qui s’est soldé par un énième échec. Même point de vue chez Mustapha Naïmi, de l’Institut universitaire de la recherche scientifique à Rabat, qui a affirmé que “c’est l’enlisement du conflit, mais je crois que M. Ross voulait jouer la carte du référendum et le Maroc rejette cette option.” “Par cette décision, le Maroc adresse un message de défiance à tous ceux qui privilégient l’option référendaire. Il veut montrer qu’il est catégorique à ce niveau. Mais en même temps, aucune solution ne se profile à l’horizon”, a-t-il expliqué. Ainsi, de blocages en échecs, le conflit du Sahara occidental, parmi un des plus anciens au monde, semble s’enliser dans les sables du désert sahraoui. Pour rappel, le Maroc n’a pu contenir sa déception et sa colère après l’adoption, le 24 avril, d’une résolution du Conseil de sécurité qui épinglait le comportement des autorités marocaines envers les Casques bleus de l’ONU dans la région ainsi que les Sahraouis. Pis, l’ONU avait également demandé au Maroc “d’améliorer la situation des droits de l’homme” au Sahara occidental. C’est la goutte qui fait déborder le vase, poussant le Maroc à récuser officiellement Christopher Ross. Malheureusement pour le Maroc, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui a désigné en 2009 Christopher Ross comme émissaire spécial, a dit avoir “toute confiance” en son négociateur. (Liberté-28.05.2012.)

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*La police du roi bastonne à El ALayoune

 La police bastonne à El Aayoune

De retour d’Alger, une quarantaine de défenseurs des droits humains sahraouis, qui ont participé à la seconde conférence internationale sur le droit des peuples à la résistance, ont eu droit à un accueil très musclé.

Insultes. Brimades. Confisca-tions de documents… Toute la panoplie du parfait policier zélé pressé de casser du Sahraoui a été mise en oeuvre… Il était assuré que le Makhzen l’aurait saumâtre mais l’on s’attendait tout de même à un peu plus de «fair-play». Preuve finalement qu’en politique, les revers se digèrent mal. De retour d’Alger, une quarantaine de défenseurs des droits humains sahraouis qui ont participé à la seconde conférence internationale sur le droit des peuples à la résistance ont eu droit à un accueil musclé. Ils ne s’attendaient certes pas à ce qu’on leur déroule le tapis rouge, mais de là à être agressés, insultés et humiliés de la sorte, il n’y avait qu’un pas à franchir.
Les barbouzes à la solde du pouvoir marocain l’ont fait. Témoignages. «En provenance d’Alger où ils avaient participé à la deuxième édition de la conférence internationale d’Alger sur «Le droit des peuples à la résistance», les activistes sahraouis ont été agressés par de dizaines de policiers armés de matraques qui les insultaient en les bastonnant durant plus de quatre heures», rapporte une dépêche de SPS qui cite une source officielle sahraouie. Une agression à caractère sauvage d’après l’information recueillie par l’agence de presse officielle sahraouie: «Après avoir été dépossédés de tous les documents et livres qu’ils avaient dans leurs bagages, ils seront jetés hors de l’aérogare avec leurs valises béantes et déchirées et leurs vêtements éparpillés sur le sol», précise l’informateur du média sahraoui. Que reprochait-on à ces militants pacifiques de la cause sahraouie? Les visites des camps de réfugiés et celle des territoires libérés sahraouis en plus de leur participation à la 2e conférence internationale d’Alger sur le droit des peuples à la résistance qui a été dédié au peuple du Sahara occidental. L’histoire donne l’impression de bégayer alors que les autorités marocaines sont incorrigibles. Et ce n’est pas les antécédents qui manquent. Flash-back.
Le 8 octobre 2009 sept militants sahraouis des droits de l’homme de retour de Tindouf ont été arrêtés à leur descente d’avion sur le tarmac de l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Ils ont été accusés d»«atteinte à la sécurité de l’Etat» et jetés en prison pour avoir rendu visite à leurs familles dans les camps de réfugiés.
Le 13 novembre 2009, la militante des droits de l’homme Aminatou Haidar refuse de porter la mention «Maroc» sur sa fiche d’embarquement, elle sera expulsée vers l´île de Lanzarote (archipel des Canaries). Il s’ensuivra un bras de fer qu´elle a engagé contre les autorités marocaines sur fond d´une grève de la faim qui durera 32 jours. Sous la pression internationale, le gouvernement marocain finira par céder. Elle rentrera chez elle le 17 décembre 2009 à bord d’un avion médicalisé. Il faut rappeler que ces violences interviennent dans la foulée de l’enlèvement de trois travailleurs humanitaires (deux Espagnols et une Italienne, qui s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche derniers dans le camp de réfugiés sahraouis de Hassi Rabouni (à 30 km de Tindouf). Un acte terroriste qui porte l’empreinte de la branche maghrébine d’Al Qaîda que le chef de la diplomatie marocaine, Taib Fassi Fihri a vainement essayé de récupérer en tentant de faire croire à une complicité d’éléments du Front Polisario.
Une offensive avortée qui, apparemment, n’a pas été digérée en plus des échos en provenance d’Alger qui ont mis à nu le système répressif de la colonisation marocaine. La solidarité internationale avec la cause du peuple sahraoui, quant à elle, ne faiblit pas contrairement aux espérances du Makhzen. L’UE a promis une aide de 9 millions d’euros pour les réfugiés sahraouis d’ici la fin de l’année 2011. Du côté de Rabat on grince, déjà, des dents…(L’Expression-03.11.2011.)

 *Le Maroc a sollicité les USA pour un dialogue avec le Polisario

Le Maroc a sollicité l’aide des Etats-Unis en mai 2006 pour l’ouverture d’un « dialogue » avec le Polisario, le mouvement indépendantiste sahraoui, indique un câble diplomatique américain publié par le site WikiLeaks et repris lundi par la presse marocaine.

 Le 6 juin 2006, lors d’une rencontre entre l’ambassadeur américain à Rabat Thomas Riley et le président du Conseil royal pour les affaires sahraouies (CORCAS, officiel), Khelli Henna Ould Errachid, celui-ci a sollicité l’aide des Etats-Unis pour « ouvrir un dialogue » avec le Polisario, selon le câble diplomatique.

Cette dernière ajoute que M. Ould Errachid avait auparavant tenu des rencontres «non officielles», qualifiée de « prometteuses », avec le Polisario mais que ce dernier n’y avait pas donné suite. C’est suite à ces rencontres que le président du CORCAS, un conseil dont les membres sont tous nommés par le roi Mohammed VI, a sollicité « l’aide américaine pour approfondir les contacts avec le Polisario », souligne le câble diplomatique qui date du 6 juin 2006.

L’ambassadeur avait précisé qu’il était pour une réponse favorable à la demande des Marocains, conclut le câble.

Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole annexée en 1975 par le Maroc.

Rabat propose une large autonomie du Sahara occidental avec un gouvernement et un parlement locaux, sous sa souveraineté. Le Front Polisario rejette le plan marocain et réaffirme « le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination » via un référendum. (AFP-05.09.2011.)

 

**Hillary Clinton à Rabat…elle épouse les thèses marocaines

 Au terme de sa tournée au Maghreb et après l’escale algérienne, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a été accueillie, samedi soir (25.02.2012.), à l’aéroport de Rabat-Salé, par le ministre délégué aux Affaires étrangères et de la Coopération, Youssef Amrani, ainsi que par l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Samuel Kaplan. En réalité, cette visite de deux jours dans le royaume est, pour Hillary Clinton, un énième retour dans un pays qu’elle connaît bien et dont on dit qu’elle serait éprise. Sa dernière visite officielle au Maroc remonte à novembre 2009. C’était sa première visite dans la région en sa qualité de secrétaire d’État. L’accueil que lui ont réservé, cette fois, les Marocains a porté essentiellement sur deux étapes.
La troisième étape, une réunion avec des représentants de la société civile marocaine ayant été purement et simplement annulée sans aucune forme d’explication. L’association américaine, Human Rights Watch, avait saisi l’occasion de cette visite pour appeler la secrétaire d’État à faire des pressions sur le nouveau Chef du gouvernement marocain, l’islamiste Abdelilah Benkirane, et à exhorter notamment les autorités marocaines à libérer Rachid Nini, un journaliste qui purge actuellement une peine d’une année de prison ferme pour ses écrits critiques. Elle a, donc, d’abord, été reçue par Tayeb Fassi Fihri, conseiller du roi Mohammed VI, et en l’absence de ce dernier qui serait, dit-on, en voyage aux… États-Unis. Cet entretien avec un membre éminent de la Task Force royale s’est déroulé en présence du secrétaire d’État adjoint pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman. Ceci, pour la première partie. Après, c’était le tour de Saâd Eddine El-Othmani, le nouveau ministre islamiste des Affaires étrangères, tout auréolé de ses “exploits” en terre algérienne et de sa proposition courageuse de supprimer le mot “arabe” de l’UMA, de recevoir son homologue US pour un long entretien suivi d’un déjeuner de travail.
Il s’agit du premier entretien officiel entre la secrétaire d’État américaine et un membre du gouvernement de l’islamiste Abdelilah Benkirane, leader du Parti justice et développement (PJD), entré en fonction début janvier, après sa victoire aux élections législatives saluée du reste par Mme Clinton qui avait alors offert l’aide des États-Unis au nouveau Parlement marocain. À cette même période, le Maroc faisait son entrée en qualité de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour une période de deux ans.
“Les États-Unis d’Amérique soutiennent les efforts visant à trouver une solution mutuellement acceptable à la question du Sahara”, a indiqué ensuite Hillary Clinton qui, après le repas, a mis les pieds dans le “tajine”. Lors d’un point de presse à l’issue de ses entretiens avec les officiels marocains, la secrétaire d’État US a qualifié l’initiative d’autonomie du Sahara Occidental présentée par le Maroc de “sérieuse, réaliste et crédible”, soulignant que cette initiative est de nature à permettre aux Sahraouis de gérer leurs affaires par eux-mêmes. La veille, le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, avait lancé, pour sa part, à partir des camps des réfugiés de Tindouf, un appel à Hillary Clinton, pour prendre conscience du problème sahraoui et à respecter les résolutions des Nations unies. De la légalité internationale, la secrétaire d’État n’en a soufflé mot. Elle semble plutôt avoir choisi son camp en faveur des positions marocaines. Et, semble-t-il, elle ne serait pas la seule. En effet, pour certains observateurs avertis, l’internationale islamiste va peser de tout son poids en faveur du Maroc. “Avec un nouveau gouvernement islamiste marocain résolument attaché à la ‘marocanité’ du Sahara et déjà très motivé par ses premières prouesses diplomatiques, il y a tout lieu de craindre un basculement en faveur des thèses marocaines qui, désormais, ont le vent en poupe à la faveur de ce que certains s’autorisent à appeler Printemps arabe”, nous explique une source diplomatique très au fait de ce dossier. (Liberté-27.02.2012.) 

***Réactions des internautes: *Vous l’avez refusée pour Timor et vous avez éxigé l’indépendance pour ce pays, alors vos deux poids et deux mesures sur l’autodétermination des peuples.. fait telle partie de vos valeurs. Je vous épargne votre position sur le Soudan qui a été partagé en deux Etats souverains. NOUS VOUS AVONS COMPRIS …VOUS ETES CONTRE L AUTODERMINATION DES PEUPLES LORSQUE CELA VOUS ARRANGE.

*Les USA avec les déclarations de Mme CLINTON se rangent du côté du MAROC pour bien se partager le gateau sahraoui.Le peuple sahraoui ne se laissera pas faire même si les partis dits islamistes installés avec la bénédiction de l’oncle SAM ont le vent en poupe sur tout le MAGHREB. Les USA pays impérialiste garde toujours les mêmes réflexes quand ses intérêts sont en jeu.

*Pour le Maroc, c’est tout bénéf : occupation de ce territoire et exploitation des ses richesses par le Maroc avec des pays étrangers, d’Europe notamment, pour financer l’effort de guerre, unilatéralement interrompue par le F Polisario depuis 1995, qui s’est même privé de cette carte maitresse, et qui a libéré des centaines de prisonniers marocains…en entrant  dans des négociations, qui deviennent un rituel stérile….

***Un autre  » Mur de la Honte« …analogue à celui d’Israël !

Des dizaines de Français manifestent devant le «mur de la honte»

Ils ont dénoncé ce rempart dressé par l’occupant marocain

 Les Sahraouis célèbrent, depuis hier (26.02.2012.), le 36e anniversaire de leur République. Un Etat dont le peuple est divisé, depuis 1980, par un mur de séparation de près de 2700 km.

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De l’Envoyé spécial d’El Watan au Mehbes.
(Territoire libéré du Sahara occidental)

Pour marquer cet anniversaire de la proclamation de la RASD,  ils étaient des dizaines de manifestants français à se rendre dans la localité de Mehbes et à former une chaîne humaine devant ce «symbole» de l’occupation marocaine, pour demander son démantèlement. Elus, représentants de familles d’accueil, syndicalistes, délégués d’associations de solidarité françaises ont dénoncé à l’unisson ce rempart militaire truffé de millions de mines antipersonnel et surveillé par des milliers de soldats armés jusqu’aux dents.
«Ça me choque de voir ce mur, cela exprime plus la volonté d’occuper que de préserver», lâche, dépité, Claude Rucker, un anthropologue venu de Nice pour «constater les problèmes pour enrichir mes recherches anthropologiques».  
Né à Alger qu’il n’a pu revoir qu’en 2005, cet ancien pied noir regrette que «les Etats ne se rendent pas compte que cela favorise des extrémismes qui menacent la région et l’Occident».

Le maire de Saint-Denis indigné

«C’est anachronique de voir ce mur. Ça ne doit pas exister. Où est la liberté ?», enchaîne France Veyl, une avocate française, une habituée de la défense des activistes sahraouis. Pour elle, «ce mur, c’est quelque chose à abattre même si nous ne sommes pas nombreux on le fera par la conviction, pour que le peuple sahraoui retrouve sa liberté». Car Mme Weyl est convaincue que «la liberté est toujours victorieuse». Elle n’omettra pas, par la même occasion, de lancer un message à tous les activistes sahraouis dont certains croupissent dans les geôles marocaines, pour leur dire : «Nous sommes là, juste dernière vous, tenez bon !»
Brigitte Bedouet, représentante des familles d’accueil d’enfants sahraouis dans la ville du Mans, se dit «choquée» à la vue du «mur de la honte». Elle foule le sol sahraoui pour la première fois en compagnie de sa compatriote, Martine Barrabas, «pour exprimer leur souhait que le peuple sahraoui retrouve son territoire».

«Il faut que l’hypocrisie cesse», estime pour sa part le maire de Saint-Denis, qui exhorte l’Elysée à jouer «un rôle plus positif» dans la résolution du conflit du Sahara occidental. Il a ainsi invité les candidats à la présidence française à porter dans leur programme la question sahraouie. «Ces derniers doivent se prononcer sur ce vieux conflit. On ne doit pas se permettre d’étouffer un conflit », avance-t-il.

C’est le vœu qu’exprime aussi son compatriote Laloyer Grégory, un syndicaliste CGT, un cheminot de Normandie. «Notre gouvernement doit agir pour contraindre le Maroc à ouvrir des négociations pour donner le territoire au peuple sahraoui», dit-il. Laloyer Grégory dit par ailleurs se retrouver dans les camps «pour redynamiser les activités d’accueil et de solidarité avec le peuple sahraoui». «Un peuple cloisonné c’est un sentiment d’offense. C’est une entrave à la circulation des populations sahraouies», estime-t-il.

Le mur de la mort en bref

Long de 2720 km, érigé en six étapes, protégé par 160 000 soldats armés, 240 batteries d’artillerie lourde, 20 000 km de barbelés, des milliers de blindés et des millions de mines antipersonnel interdites par les conventions internationales, le «mur de défense» marocain, désormais connu sous le nom de «mur de la honte», est une grande muraille qui divise tout un peuple et son territoire depuis 1980. Il a déjà fait des centaines de victimes de part et d’autre : des civils sahraouis qui ont voulu le franchir ou des milliers de bêtes à la recherche de pâturages. (El Watan-27.02.2012.)

**36e anniversaire de la proclamation de la RASD

Un défilé populaire et des messages

Les festivités célébrant le 36e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) se sont déroulées cette année dans le camp de Smara, en présence de plusieurs invités.

Smara… envoyé spécial

Outre l’organisation d’un marathon international du Sahara, Smara a également vécu, dans la matinée d’hier, une ambiance particulière.
Il s’agit de l’organisation d’un grand défilé populaire véhiculant des images illustrant tous les aspects de la vie sahraouie depuis des temps lointains. Ainsi, des métiers ont été représentée : la santé, l’éducation, la formation professionnelle, l’agriculture traditionnelle, la culture… Bref, toute une démonstration, sous les yeux des ONG internationales, des acquis qui ont édifié les institutions de la RASD depuis sa naissance.

Détermination

Tous cela appuyé par un rappel du Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, qui a, à travers un bref discours devant un millier d’invités, retracé l’historique de la lutte du peuple sahraoui. Mais aussi fait part de la détermination du peuple sahraoui à poursuivre son combat pour l’autodétermination. Cela, comme le regrette le ministre, malgré «l’entêtement du Maroc qui campe sur son intransigeance et son rôle destructif» plutôt que de suivre la voie de la construction. Cette voie pourtant réitérée par les Nations unies à travers ses différentes résolutions statuant sur une «solution politique mutuellement acceptable» respectant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers un référendum.

S’exprimant devant les élus, syndicats et représentants de la société civile française, M. Taleb Omar a une nouvelle fois sévèrement critiqué l’Elysée, lui imputant toute la responsabilité de l’impasse que connaît le processus de paix dans la dernière colonie d’Afrique. La France a, à chaque fois, pesé de son poids pour former un obstacle dans l’application des résolutions des Nations unies. M. Taleb Omar a réaffirmé l’attachement du Front Polisario à une solution politique du conflit à travers les négociations en cours sous l’égide de l’ONU. Des pourparlers informels vont en effet se dérouler les 12 et 13 mars prochain à Manhasset (USA).
A signaler qu’une série d’expositions culturelles reflétant le vécu de la société du Sahara occidental était également au menu de la célébration du 36e anniversaire de la proclamation de la RASD. (El Watan-27.02.2012.)

 

**Le message des Sahraouis…Le peuple sahraoui vient de célébrer le 36e anniversaire de la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), l’occasion pour lui d’interpeller la communauté internationale et lui rappeler que les questions de justice, de légalité et de droit doivent échapper à la vision étroite du cas par cas car les conséquences seront inacceptables. Il n’est plus possible de tenir un discours à la carte et de décider ce qui est bon ou mauvais. Au risque de perdre tout son sens, la notion de droits de l’homme ne doit souffrir aucune restriction, sous quelque forme que ce soit. Elle s’applique en tout lieu, pas seulement aux individus, mais à tous les peuples privés jusqu’à leur droit à l’existence. Tel est le message lancé lors de cet anniversaire par les dirigeants sahraouis, alors qu’approche un nouveau round de négociations indirectes avec l’occupant marocain.

De quelle utilité serait un tel rendez-vous, si l’ONU, qui en est l’organisatrice, respectant en cela le mandat que lui a donné le Conseil de sécurité, est empêchée d’appliquer son propre plan de paix ? Pour être plus juste, de quelle marge de manœuvre dispose-t-elle si elle se heurte à de multiples obstacles, et qu’elle finit par gérer le statu quo ?
En fait, un état de ni guerre ni paix, alors même que la solution se trouve dans les propres décisions de l’ONU, votées pourtant sans la moindre réserve par tous ses membres depuis 1990 et que le contexte international n’a jamais été aussi favorable qu’il l’est actuellement. C’est pourquoi des peuples vivant sous occupation refusent d’en être exclus.

 Après que le Parlement européen eut adopté un accord avec le Maroc portant sur les produits agricoles, sans que l’on sache si les produits en question proviendraient des territoires sahraouis occupés, les Etats-Unis viennent de relancer l’idée d’une solution «pacifique, durable et mutuellement acceptable» dans ce conflit. La secrétaire d’Etat américaine a précisé que la position des Etats-Unis sur ce conflit «reste inchangée» et que son pays continue à soutenir les efforts de l’ONU pour trouver une solution. C’est quoi au juste, alors qu’il y a dix années, le Maroc et certains pays préconisaient la recherche d’«une solution politique» et d’une «troisième voie» alors même que l’accord de paix signé par ce pays prévoyait le choix entre l’indépendance et l’intégration au Maroc ?

 Une approche que son propre initiateur n’a jamais pu lui-même définir pour avoir préalablement accepté le plan de l’ONU et qu’il ne pouvait se rétracter de manière ouverte. Cette option n’a d’ailleurs jamais été validée par l’ONU, laquelle fait toujours preuve de constance en traitant le conflit du Sahara occidental sous le seul angle de la décolonisation. Et si depuis l’été 1997, il est question de «remise sur les rails» du plan de paix de l’ONU et de négociations, il est précisé, dans les documents du Conseil de sécurité, que c’est en vue de l’autodétermination du peuple sahraoui, ce qui exclut toute autre option.

 Les premiers contacts ont été menés par l’ancien secrétaire d’Etat américain, contraint de démissionner de son poste d’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental afin de dénoncer le blocage marocain. Il est toutefois utile de rappeler que James Baker avait bénéficié de l’appui du Congrès des Etats-Unis, les parlementaires américains votant aussi une résolution soutenant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Les Etats-Unis ont enfin donné un signal fort en excluant le territoire sahraoui de l’accord de libre-échange conclu avec le Maroc en 2005. Il paraît alors bien difficile de s’éloigner ou de vouloir contourner les textes de l’ONU. Le signal transmis dimanche par les Sahraouis est fort. C’est ce même signal qui est venu des profondeurs du Sahara occidental, où le sentiment nationaliste demeure très fort. (El Watan-29.02.2012.)

 

 **Sans le Sahara occidental, il n’y aura point d’UMA…

 Pour les ministres sahraouis, il y a une volonté de pousser le peuple à reprendre les armes.

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Smara…. envoyé spécial d’El Watan

Tant que le Maroc occupe le Sahara occidental, nous ne croyons pas à un Maghreb stable et prospère.» Le ministre des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed Salem Ould Salek, est même catégorique : «La question de l’occupation du Sahara constitue le seul obstacle pour la relance de l’UMA.» Mieux, il évacue toute paix dans la région tant que le Maroc occupe illégalement le Sahara occidental. Après un bref rappel historique de la question devant un parterre de Français, M. Ould Salek a réitéré notamment que le mandat de la Minurso est d’organiser un référendum sur l’indépendance du peuple sahraoui ; il s’est élevé contre toute tentative de s’écarter de ce principe.

«Nous avons l’impression que certains veulent pousser les Sahraouis à se radicaliser», a-t-il indiqué. Il regrette qu’«au moment où des pays dits des droits de l’homme envoient leurs avions dans certains pays arabes, on refuse au peuple sahraoui de s’exprimer». C’est ainsi qu’il a sévèrement critiqué la France, qui reste «scotchée» au plan d’autonomie du Sahara sous la souveraineté de sa majesté. «Nous sommes très surpris par cette intransigeance de la France aux côtés du royaume marocain», a-t-il dit, rappelant que «c’est cette même France qui a aidé le Maroc à bombarder au napalm des populations sahraouies au début du conflit». M. Ould Salek a affirmé que «la seule solution acceptable est celle qui représente et respecte le libre choix du peuple du Sahara occidental». Il n’hésite pas à prévenir que «la patience des Sahraouis a des limites». «La direction du Front Polisario se trouve dans une situation très difficile. Il y a une pression de la population sahraouie à ouvrir de nouveau le dossier militaire», a-t-il révélé. Il est vrai que la majorité de population sahraouie ne croit plus aux efforts des Nations unies pour la résolution du conflit, notamment avec les négociations engagées depuis 2007. «Il n’y a aucun signe qui nous dit qu’il y a une quelconque avancée dans les négociations, car le Maroc poursuit son chauvinisme politique», a-t-il reconnu.

Situation «explosive» dans les territoires occupés

Pendant ce temps, la situation dans les territoires occupés du Sahara occidental est très grave. «C’est une prison à ciel ouvert», témoigne l’avocate des activistes sahraouis, maître France Weyl, qui invite ses compatriotes français à aller «briser le mur du silence» dans ces territoires. France Weyl se demande d’ailleurs ce qu’attendent les Français pour ouvrir un débat sur la question des violations des droits de l’homme dans les villes occupées du Sahara occidental. Le ministre des Territoires occupés sahraouis, Mohamed Ould Akik, a fait part, lui, d’une situation «très grave». «La population sahraouie dans les territoires occupés se bat depuis le début de l’intifadha, en 2005, de manière pacifique et civilisée, mais les troupes marocaines recourent à la manière forte», a-t-il indiqué. Les territoires occupés connaissent toutes sortes de violations : répression, torture, intimidation, enlèvement et emprisonnement, regrette M. Ould Akik.

Et dans tout cela, le Maroc agit dans l’ombre et réprime sans témoin. Pas moins de 82 prisonniers d’opinion croupissent encore dans les geôles marocaines et se trouvent dans une situation dramatique. Mais en dépit de cela, l’intifadha se poursuit dans toutes les villes du Sahara et même dans certaines villes du sud du Maroc. «Cette volonté des Sahraouis de continuer l’intifadha est encouragée par le soutien des ONG», assure le conférencier.
M. Ould Akik, s’adressant aux Français dans la salle, leur demande d’être les «messagers» des Sahraouis auprès de leur gouvernement. Il les invite à se solidariser avec les populations des territoires occupés «pour rompre le mur marocain» et à faire pression sur leur gouvernement «pour que l’expression de la population sahraouie puisse être respectée». (El Watan-29.02.2012.)

 

**Le président sahraoui appelle l’ONU à tirer les leçons

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Le discours de la fête du trône,prononcé vendredi dernier par  le souverain marocain Mohamed VI continue de susciter la réprobation des principaux acteurs du conflit du Sahara Occidental. Ce discours, que d’aucuns dans cette partie du Maghreb avaient espéré «calme, apaisé et serein, annonciateur de la fin du conflit» au Sahara Occidental, a, au contraire, ravivé les pires inquiétudes pour l’avenir politique de ce territoire.Pour le président sahraoui Mohamed Abdelaziz, le «discours du Roi (du Maroc, NDLR) est une agression et une guerre ouverte contre le droit du peuple sahraoui». Ce discours, a-t-il indiqué dans une intervention à la Radio Chaîne 1 dimanche, confirme «le retour, une fois de plus, de la politique du dossier clos adoptée par le Maroc depuis les années 70 et qui n’accepte aucune alternative ni négociations», précise le président sahraoui.

Bien plus, Mohamed Abdelaziz estime que «ce discours contrarie les décisions de l’Union africaine et la communauté internationale, ce qui implique que les Nations-unies doivent tirer les leçons qui s’imposent et prendre leurs responsabilités pour faire respecter ses décisions et résolutions devant cet entêtement marocain».Le point fort du discours de Mohamed VI est ce passage dans lequel il réaffirme que «en tout état de cause, le Maroc continuera à défendre sa souveraineté, son unité nationale et son intégrité territoriale, avec la détermination de ne pas renoncer au moindre pouce de son Sahara». Il a, également, rappelé qu’il n’acceptera dans ses négociations avec le Front Polisario sous les auspices des Nations-Unies, que sa seule proposition qui est celle d’une marge autonomie au Sahara Occidental, mais sous la souveraineté politique du Maroc.

Mais, pour le président sahraoui, cette proposition d’une large autonomie dans ce territoire «est une confirmation de l’occupation illégale du Sahara Occidental, comme elle a fermé toutes les portes du dialogue et bloqué les négociations de paix sous l’égide de l’ONU, ne prenant en compte que sa seule vision des choses», avant de relever que «le Maroc porte l’entière responsabilité de ce blocage de la question sahraouie». Dès lors, le président sahraoui a appelé l’ONU à envisager des «sanctions économiques et politiques contre le Maroc pour l’obliger à respecter la légalité internationale, et accepter un référendum libre et démocratique pour l’autodétermination du peuple sahraoui».

Concernant le processus de négociations de Manhasset, sous les auspices de l’ONU, Mohamed Abdelaziz a indiqué que «la date du 5é round de (ces) négociations n’a pas été encore définie. Depuis le mois d’avril dernier, nous attendons d’entrer dans cette phase, mais le blocage de la partie marocaine met en péril ce processus, et les efforts de l’envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara Occidental sont donc sapés par les obstacles dressés par le Maroc, notamment après un tel discours».

Par ailleurs, le président sahraoui est revenu sur la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés, qu’il a qualifiée de préoccupante. Il a surtout rappelé que le Maroc a construit une vaste ceinture de sécurité autour des territoires occupés de 2700 kilomètres sur lesquels il a disséminé son armée, posé des mines et restreint les libertés individuelles des Sahraouis.

Il a, à ce titre et tout en rappelant les conditions extrêmes des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines où la plupart observent régulièrement des grèves de la faim pour dénoncer leurs conditions de détention, invité la Minurso à intervenir pour faire respecter les droits de l’homme au Sahara Occidental, en attendant d’organiser et de superviser un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui.

Samedi, le gouvernement sahraoui avait lancé un appel aux Nations-Unies pour «faire respecter la légalité internationale et les résolutions du Conseil de Sécurité dans le dossier de décolonisation au Sahara Occidental». En réaction au discours du monarque marocain, les autorités sahraouies ont mis en garde la communauté internationale contre cette attitude du Maroc, qui n’a «aucune volonté sincère de coopérer de manière constructive en faveur d’une paix durable et définitive, conformément à la légalité internationale». Dans un communiqué du ministère sahraoui de l’information, les autorités de la RASD avaient précisé que «le discours (du roi du Maroc) consacre la politique expansionniste marocaine adoptée depuis plus de 35 ans». (Le Quotidien d’Oran-02.08.2010.)

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*Affirmant que la situation des Sahraouis est insoutenable

Le Polisario appelle à des sanctions contre le Maroc pour violation des droits de l’Homme

Le Front Polisario ne désarme pas. Il ne se passe pas un jour sans qu’il dénonce la dégradation de la situation des droits de l’Homme dans les territoires occupés et la nécessité de soutenir les citoyens sans défense livrés aux autorités occupantes. Le Front Polisario a appelé, une fois de plus samedi dernier,
l’Organisation des Nations unies à imposer les «sanctions nécessaires» contre le Maroc pour «mettre fin à ses violations des droits de l’Homme au Sahara occidental». Dans une déclaration reprise par l’agence de presse sahraouie (SPS), le Front Polisario a réitéré, à l’issue de la réunion de son secrétariat national, sa revendication pour la mise en place d’un mécanisme onusien. Un mécanisme «efficace, capable d’assurer la protection des droits de l’Homme au Sahara occidental». Ce mécanisme devrait également être chargé de «surveiller et rapporter la situation des droits humains dans les territoires sous occupation marocaine dans l’attente d’une solution définitive du conflit», a encore revendiqué le Front Polisario. L’occasion pour lui de condamner aussi les «pratiques répressives» du Maroc contre les «manifestants pacifiques et défenseurs des droits humains sahraouis». Le Front Polisario a saisi cette occasion pour appeler à la libération du prisonnier politique sahraoui Yahya Mohamed Elhafed Iaaza, condamné à 15 ans de prison ferme, ainsi que tous ses
compagnons croupissant encore dans les prisons marocaines. Il exhorte la communauté internationale à faire toute la lumière sur le sort de plus
de 150 prisonniers de guerre, plus de 500 disparus depuis le début de l’occupation marocaine du Sahara occidental et une quinzaine de jeunes Sahraouis enlevés par les autorités marocaines en décembre 2005, ajoute SPS. Le Front Polisario a, par ailleurs, fait part de sa «préoccupation» quant à la position de la France concernant ce conflit. «L’obstination» de la France visant à «bloquer tout règlement pacifique du conflit du Sahara occidental» et à «protéger les violations flagrantes des droits de l’Homme dans les territoires occupés du pays» renseigne, selon le Front Polisario, sur la partialité du pays des «droits de l’Homme». Se disant «alarmé» par la position «unilatérale et contradictoire» de la France, le Front Polisario estime, en revanche, que Paris «doit jouer un rôle positif» dans la décolonisation du Sahara occidental pour «le bien des peuples de la région, de la paix, de la stabilité et d’une coopération fructueuse dans
le Bassin méditerranéen». Rappelons que le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, avait accusé auparavant la France d’être responsable du conflit sahraoui depuis le retrait de l’Espagne en 1976, pour avoir encouragé, a-t-il dit, le Maroc et la Mauritanie à envahir le Sahara occidental. Il a également indiqué dans des déclarations à la presse que Paris «n’a jamais été aussi isolé au sein de l’ONU et de l’Union européenne», ajoutant qu’avec sa position de veto en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la France «est aujourd’hui responsable des violations des droits de l’Homme commises par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés».(La Tribune-10.05.2010.) 

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**Le Danemark se prononce pour l’autodétermination….

La ministre danoise des Affaires étrangères, Lene Espersen a réaffirmé de nouveau, que son pays soutient l’autodétermination du peuple sahraoui, selon la représentation du Front Polisario au Danemark. Lene Espersen qui répondait aux questions du député, Jeppe Kofod, porte-parole de la politique étrangère du parti social-démocrate au Parlement, a déclaré que « le Danemark soutient les efforts des Nations unies pour trouver une solution mutuellement acceptable, fondée sur le principe de l’autodétermination du peuple sahraoui ». Elle a également souligné que son pays soutient les efforts des Nations unies pour favoriser la confiance et la reprise des négociations directes entre le Front Polisario et le Maroc. S’agissant de la situation des droits de l’Homme au Sahara Occidental, la ministre danoise des Affaires étrangères a indiqué que « cette question est présente dans les pourparlers bilatéraux entre le Danemark et le Maroc » et a été débattue durant le sommet de l’UE avec le Maroc. Par ailleurs, le Front Polisario a marqué une nouvelle fois, lors de la réunion de son secrétariat national, sa «préoccupation face à l’obstination » de Paris à bloquer tout règlement pacifique du conflit du Sahara Occidental et sa «volonté délibérée de protéger le Maroc qui s’adonne à des violations flagrantes des droits humains dans la zone occupée de la RASD ». Le Front Polisario s’est en outre déclaré « alarmé et préoccupé face à la position unilatérale et contradictoire de la France » (…) « et son obstruction de la solution pacifique et démocratique du conflit maroco-sahraoui, ainsi que sa protection de l’occupant marocain et ses violations flagrantes des droits humains au Sahara Occidental, confirmés par les témoignages et les rapports des organisations et des organismes compétents en la matière.» Pour le Front Polisario, la France doit jouer «un rôle positif dans la décolonisation du Sahara Occidental, pour le bien des peuples de la région, de la paix, de la stabilité et de la coopération fructueuse dans le bassin méditerranéen ». Sur un autre plan une campagne de boycott des produits agricoles en provenance des territoires occupés de la RASD, a débuté dans certains pays scandinaves. C’est ainsi que la chaîne suédoise agroalimentaire Axfood a décidé de mettre fin à l’importation et la vente des tomates provenant du Sahara Occidental, a indiqué le chargé de relations de la chaîne, Ingmar Kroon, dans une déclaration rendue publique sur le site de l’Observatoire international des ressources naturelles du Sahara Occidental (WSRW) . « Il s’avère que les tomates viennent de Dakhla au Sahara Occidental occupé, donc nous n’allons plus les vendre. Ces choses ne doivent pas arriver » a-telle dit. Le magazine suédois Västsahara avait découvert en avril dernier les tomates cerises de l’entreprise Azura dans un magasin de Gothenburg. La boutique appartient à la chaîne d’épicerie Axfood, avec 225 enseignes en Suède. Azura est une entreprise francomarocaine qui produit des fruits et légumes à Agadir et au Sahara Occidental. (Courrier d’Algérie-10.05.2010.)

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*statu quo reconduit au Sahara occidental …

On prend la même résolution et on recommence…

Ceux qui attendaient un sursaut d’orgueil et un esprit de responsabilité chez les membres du Conseil de sécurité à propos des souffrances du peuple sahraoui ont dû rester sur leur faim. La résolution 1920 est un chef-d’œuvre d’inaction, voire de non-assistance à peuple en danger.

Le document rendu public vendredi est un chapelet d’incantations qui n’obligent en rien le Maroc. Bien soudés autour de la France, les membres permanents du Conseil de sécurité sont encore une fois passés outre la légalité internationale pour produire une littérature, alors qu’il était question de solder les comptes d’une colonisation en bonne et due forme. Au final, c’est une résolution plutôt « sympathique » qui invite le Maroc et le Polisario à négocier encore. Exit les atteintes aux droits de l’homme dans les territoires occupés et motus sur le pillage des richesses du Sahara. Pourtant, la résolution souligne, à juste titre, qu’on est face à une « impasse ». Mais il fallait bien adopter un document…Ainsi, le Conseil de sécurité a appelé le Maroc et le Front Polisario à poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général de l’Onu en vue d’une solution pourvoyant à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

« En adoptant à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 1920 (2010), parrainée par l’Espagne, les Etats-Unis, la Fédération de Russie, la France et le Royaume-Uni, et telle qu’oralement amendée, le Conseil demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts faits depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », souligne un communiqué rendu public vendredi soir.

La voie et la voix des humbles

Le Conseil de sécurité a également décidé de proroger d’une année (jusqu’au 30 avril 2011) le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), réaffirmant que les accords militaires de cessez-le-feu conclus avec la Mission doivent être « pleinement respectés » et exhorte les parties (Maroc et Front Polisario) à y « adhérer pleinement ». Prenant la parole à l’issue du vote, le représentant de l’Ouganda a rappelé que le Sahara occidental était un membre à part entière de l’Union africaine depuis 1982. « C’est le seul pays du continent qui attend toujours un processus de décolonisation », a-t-il dit.

Après avoir réitéré le mandat de la Minurso, qui est d’organiser un référendum sur l’indépendance du peuple sahraoui, le représentant ougandais s’est élevé contre toute tentative de s’écarter de ce « principe directeur ». Son homologue du Nigeria a regretté que seul un « nombre restreint » de membres du Conseil de sécurité ait participé aux consultations sur le projet de résolution. Il a fait état d’une tentative à « vouloir minimiser les abus en matière de droits de l’homme », soulignant que le minimum que le Conseil de sécurité puisse faire serait de « promouvoir le respect des droits de l’homme en toutes circonstances ». De son côté, le représentant du Mexique a déclaré que sa délégation aurait préféré un texte « plus équilibré », « plus direct », abordant toutes les questions, dont celles du principe d’autodétermination et du respect des droits de l’homme, qui constituent l’« épine dorsale » de la situation au Sahara occidental. (El Watan-02.05.2010.)

***Dangereux statu quo

 L’ONU n’a nul besoin de décrire le statu quo, elle l’applique en ce qui concerne la question du Sahara occidental. Elle l’a d’ailleurs si bien fait avec d’autres missions que celles-ci ont été perdues de vue, bien qu’elles soient déployées sur certains terrains depuis longtemps, même très longtemps. Et le vote qui a eu lieu vendredi apparaissait déjà comme une simple formalité au regard du rapport adressé au Conseil de sécurité par le secrétaire général de l’ONU et de ses éléments constitutifs. Il s’agit bien entendu de cette fameuse symétrie que l’on a pu ainsi relever, ce qui est tout simplement incompatible avec l’esprit même de la résolution de 2007 appelant le Maroc et le Front Polisario à ouvrir des « négociations directes sans condition préalable en vue de l’autodétermination du peuple sahraoui ».

Du moment, effectivement, qu’il est déclaré que la question sahraouie relève de la décolonisation, il était attendu de l’ONU qu’elle joue pleinement son rôle et celui-ci consiste à mettre fin à l’occupation marocaine en recourant à tous les moyens. Ce dont elle n’est pas dépourvue. Et la puissance occupante, considérée comme telle par tous les documents de l’ONU, ne devrait avoir d’autre possibilité que de se soumettre à cette évidence. Ce que le Maroc n’a pas fait, perpétuant un conflit et empêchant l’ONU d’achever la décolonisation de la planète. Et même de veiller au respect des droits de l’homme, puisque l’organisation internationale est vivement interpellée sur cette question.

Ainsi donc, la Minurso, cette fameuse mission chargée de l’organisation du référendum, continuera à observer le respect du cessez-le-feu, sans pouvoir au moins être un témoin de l’état des droits de l’homme, et tout laisse croire qu’avec la poursuite de la résistance des populations sahraouies, celle-ci va se dégrader. L’ONU a dit non, mais pour la vérité, on dira que l’organisation internationale aura bon dos avec tout ce qui se fait en son nom, même d’aller vers des évidences comme le respect des droits de l’homme rendu ainsi sélectif, et d’appliquer sa doctrine, décidément au cas par cas ou à la carte. Beaucoup de choses sont commises en son nom, comme le maintien de l’arbitraire, ou de décréter des guerres que l’on sait injustes. Le Front Polisario est donc dans son droit de dénoncer « l’échec du Conseil de sécurité à défendre et protéger les droits de l’homme au Sahara occidental ». Il faut en tirer les conséquences. (El Watan-02.05.2010.)

 ***LE MAROC TABASSE À EL AAYOUNE ET DAKHLA
Les Américains n’y ont vu que du feu
 Alors que les violentes répressions qui se sont abattues sur les populations sahraouies ont été vigoureusement condamnées par la communauté internationale, l’ambassadeur américain au Maroc souligne une amélioration des droits de l’homme dans le royaume.

Une sortie médiatique qui risque de, très certainement, compliquer la prochaine tournée de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies dans la région. Christopher Ross est attendu, en principe, ce mois de mars pour tenter de renouer le fil du dialogue entre le Front Polisario et le Maroc. …L’ambassadeur US avait-il l’intention de contrer les déclarations du président du Conseil européen? «Nous avons aussi discuté de la question du Sahara occidental, question que l’Union européenne suit de près et qui engage beaucoup d’Européens. L’Union européenne soutient les efforts des Nations unies pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable. L’Union européenne continuera à être active sur le front des aspects humanitaires du conflit. Nous souhaitons voir des améliorations dans la situation des droits de l’homme dans ce contexte et dans la situation de leurs défenseurs», avait fait remarquer Herman Van Rompuy dans son rapport, à l’issue du premier sommet UE-Maroc qui s’est tenu le week-end dernier à Grenade en Espagne.
Les deux jours qui ont suivi cet événement ont été émaillés de violentes répressions.
Les populations sahraouies de Dakhla et d’El Aayoune qui manifestaient pacifiquement après le retour d’une délégation de militants sahraouis des droits de l’homme des camps de réfugiés de Tindouf, ont subi un tabassage en règle.
Les Etats-Unis n’y ont vu que du feu. Le congrès chilien a condamné avec fermeté les perpétuelles violations des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, a fait savoir un communiqué de la représentation sahraouie à Santiago. Ses membres ont appelé leur gouvernement (chilien) à dénoncer «les violations systématiques des droits fondamentaux pour lesquels ont été victimes les militants sahraouis». L’Association des amis de la Rasd (Aarasd) a énergiquement condamné, jeudi, les violences policières exercées par les forces d’occupation marocaines à l’encontre des manifestants sahraouis.
«L’Aarasd dénonce vigoureusement cette nouvelle atteinte aux droits de l’homme et ce déni de toute expression démocratique à l’encontre des militants et défenseurs sahraouis des droits de l’homme», a déclaré depuis la capitale française, Régine Villemont, la secrétaire générale de cette organisation non gouvernementale.
Deux de ses membres ont assisté à la brutalité qui a caractérisé l’intervention musclée des policiers marocains. Aux côtés des onze militants sahraouis qui ont visité les camps de réfugiés de Tindouf, ils ont pu témoigner avec émotion de leur stupeur face à la brutalité de la répression d’une manifestation pacifique, simplement destinée à réclamer l’application d’un droit reconnu par la communauté internationale», a indiqué le communiqué de l’ONG française.
Cette dernière souligne sa très forte inquiétude quant au sort réservé par les autorités marocaines aux manifestants sahraouis qui, pacifiquement, réclament leur droit, pourtant consacré par la légalité internationale, à décider de leur avenir.
«La communauté internationale doit se donner les moyens de protéger la population civile sahraouie en élargissant le mandat de la Minurso à la surveillance effective du respect des droits de l’homme et en mettant le Royaume chérifien en situation de respecter au Maroc comme au Sahara occidental, ses engagements internationaux», a proposé l’Aarasd.
Une déclaration en guise de mise au point. Elle devrait rappeler au diplomate américain en poste à Rabat, que le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique sous occupation marocaine. (L’Expression-13.03.2010.)

 **La France complote contre le processus de paix au Sahara Occidentale..

La France complote et saborde le processus de paix mis en place par l’ONU au Sahara Occidental, et est derrière la situation actuelle de blocage de ce dernier conflit de décolonisation en Afrique. C’est, du moins, l’affirmation du président de la République arabe sahraouie (RASD), M. Mohamed Abdelaziz, lors d’un point de presse dans la soirée de lundi, dans les camps de réfugiés, 24 heures après avoir reçu l’envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara Occidental, le diplomate américain Christopher Ross. «Le gouvernement français orchestre un grave complot de nature à entraîner un dérapage dangereux dans la région», dénonce le président sahraoui, qui a précisé que Paris «soutient, avec le gouvernement espagnol, la position de l’actuel gouvernement marocain contre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». La France, il faut le rappeler, a adopté une position pour le moins dangereuse, ambigüe et biaisée lorsque Rabat avait présenté, lors des négociations avec le Front Polisario à Manhasset, sous les auspices de l’ONU, son projet de large autonomie au Sahara Occidental. Ce projet dénie tout simplement le droit au peuple sahraoui de s’exprimer sur son avenir politique. Le président sahraoui accuse la France de fomenter un complot qui «mènera à un dérapage dangereux comme celui de 1975 lorsqu’elle avait convaincu le défunt souverain marocain, Hassan II et Mokhtar Ould Dada, et par la suite le Roi d’Espagne à signer la convention de Madrid pour diviser le territoire du Sahara Occidental et son peuple». Cette partition et l’annexion du territoire sahraoui ont conduit à une guerre qui dure depuis 35ans. «Le gouvernement français réédite la même aventure, qui mènera à un dangereux dérapage», a averti M. Abdelaziz, qui a dénoncé la volte-face du Maroc de prendre en considération l’option, dans les négociations menées sous les auspices de l’ONU, du référendum d’autodétermination, en dépit des engagements de «Hassan II d’organiser un referendum d’autodétermination libre et démocratique». Réitérant la nécessité de l’organisation d’un tel processus pour parachever la lutte des «fils des nuages» pour leur indépendance, le chef de l’Etat sahraoui a fait remarquer que «il n’y a pas d’autre alternative, et il est nécessaire d’organiser un referendum avec plusieurs options, à leur tête l’indépendance nationale, la solution à laquelle nous demeurons attachés». Le chef du Polisario a ainsi haussé le ton devant les multiples tentatives de blocage du processus référendaire au Sahara Occidental, au moment même de la tournée dans la région de M. Ross, avec lequel il s’est entretenu dimanche, lui exprimant notamment les inquiétudes des dirigeants sahraouis sur les graves violations des droits de l’Homme dans les territoires annexés par le Maroc. «Le meilleur moyen pour ce faire consiste en la mise en place d’un organisme au sein de la MINURSO qui prendra en charge la protection des droits de l’Homme», a-t-il laissé entendre. La tournée de M. Ross, qui l’a déjà conduit à Tétouan (Maroc), Alger et les camps de réfugiés sahraouis, doit s’achever à Nouakchott. Il devra ensuite élaborer son rapport qu’il soumettra au secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki Moon et au Conseil de sécurité pour décider de la prorogation ou non (six mois) du mandat de la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental.(Le Quotidien d’Oran-24.03.2010.)

 ***Le secrétaire du Front Polisario avertira que « le complot de la France mènera à un dérapage dangereux, comme celui de 1975 lorsqu’elle avait convaincu le défunt souverain marocain, Hassan II, Mokhtar Ould Dada et le roi d’Espagne à signer la convention de Madrid pour diviser le territoire du Sahara occidental et son peuple », et qui a été, selon lui, à l’origine d’une guerre qui dure depuis 35 ans. Pour Abdelaziz, le gouvernement français est en train de rééditer « la même aventure qui mènera à un dangereux dérapage de la situation », dans la région. Les récents propos du roi n’ont pas été sans faire réagir le président sahraoui qui a réaffirmé que l’indépendance de son pays constituait la seule alternative.

Mohamed Abdelaziz a dénoncé la position actuelle du gouvernement qui constitue « un recul » dans les engagements de Hassan II « d’organiser un référendum d’autodétermination libre et démocratique ». Il fera rappeler dans ce registre qu’à la faveur de ces engagements (ceux de Hassan II), « la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) a été constituée et par laquelle le cessez-le-feu a été instauré ». Ainsi, pour M. Abdelaziz, « il n’y a pas d’autres alternatives, et il est nécessaire d’organiser un référendum avec plusieurs options, à leur tête l’indépendance nationale, la solution à laquelle nous demeurons attachés ». Cette option a été d’ailleurs à maintes reprises réitérées par les différentes résolutions du Conseil de sécurité. Mieux, le président sahraoui a rappelé qu’il s’agit également de la décision de la communauté internationale et de la Cour internationale de justice. Invité à s’exprimer à propos de sa dernière rencontre avec l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross, le président sahraoui a affirmé qu’il a fait part des « profondes » préoccupations de son peuple concernant la question des violations des droits de l’homme au Sahara occidental.

A ce propos, le Président sahraoui a exhorté les Nations unies à prendre en charge la protection des droits de l’homme au Sahara occidental en attendent la solution définitive. Pour ce faire, pour M. Abdelaziz « le meilleur moyen pour ce faire consiste en la mise en place d’organismes au sein de la Minurso qui prendra en charge la protection des droits de l’homme ». Mais sans omettre de rappeler que toutes les organisations internationales des droits de l’homme confirment les violations des droits de l’homme par le Maroc au Sahara occidental. A noter que le forum international « Femmes et la résistance », qui s’est tenu dans les camps des réfugiés sahraouis, s’est achevé avec la création d’un réseau international des femmes pour l’autodétermination au Sahara occidental que préside Winnie Mandela, la femme de l’ex-président sud-africain, Nelson Mandela. Une médaille du mérite pour son soutien à la cause sahraoui lui a été décernée par le président sahraoui .(El Watan-24.03.2010.)

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***NÉGOCIATIONS MAROC-POLISARIO

Christopher Ross occulte les droits de l’homme
 
A l’occasion de sa troisième tournée au Maghreb, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU n’a pas fait de déclarations publiques concernant cette question fondamentale qui caractérise le conflit du Sahara occidental.

Un peuple colonisé qui ne courbe pas l’échine et qui revendique son indépendance subit des répressions violentes. Ce n’est certes pas une démonstration. Ce sont des faits prouvés par l’histoire: celle que font les peuples décidés à retrouver le souffle de la liberté.
Le peuple sahraoui en est la preuve vivante. «Les restrictions sont particulièrement strictes dans la région contestée du Sahara occidental sur laquelle le Maroc revendique la souveraineté et qu’il administre comme si elle faisait partie de son territoire national» avait souligné Human Rights Watch dans son rapport publié en janvier 2010.
La répression, le peuple sahraoui l’a vécue et continue de la vivre dans sa chair. «De nombreux sahraouis ont été inculpés ou emprisonnés à cause de leurs revendications pacifiques en faveur de l’autodétermination pour le Sahara occidental» indiquent les rédacteurs du rapport de l’ONG internationale dont le siège se trouve à New York. Les affaires les plus médiatisées, celles de la pasionaria sahraouie, Aminatou Haïder, expulsée au mois de novembre dernier vers l’ile de Lanzarote aux Canaries et des sept militants des droits de l’homme sahraouis interceptés le 8 octobre 2009 sur le tarmac de l’aéroport Mohammed V, après leur retour des camps de réfugiés de Tindouf ont fait le tour de la planète. Ali Salem Tmek et ses compagnons croupissent depuis dans la prison militaire de Salé où ils ont entamé une grève de la faim illimitée.
Des prisonniers politiques incarcérés à Tiznit les ont rejoints depuis samedi, dans ce mouvement qui gagne plusieurs prisons du Royaume. Christopher Ross le sait. Il ne peut l’ignorer. Comme il ne peut ignorer les violentes répressions et les passages à tabac subis ces derniers jours par les populations sahraouies des villes rebelles de Dakhla et El Aâyoune qui manifestaient pacifiquement. Lors de la visite qu’il a effectuée samedi dernier dans les camps de réfugiés de Tindouf, il s’est borné à déclarer qu’il était venu «s’enquérir de la position du Front Polisario et de son point de vue sur les modalités à mettre en oeuvre pour progresser dans les négociations auxquelles a appelé le Conseil de sécurité (…) pour une solution mutuellement acceptable, une solution qui prend en charge le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». Et c’est justement sur la mise sur pied de ce référendum qui prendrait en compte le droit du peuple sahraoui à s’exprimer librement quant à son avenir que butent les négociations. Que les cris de révolte du peuple sahraoui veulent être étouffés par les forces d’occupation marocaine. L’accès des peuples opprimés à disposer d’une patrie leur est consacré par le droit et la légalité internationales.
Les deux sont foulés aux pieds, que ce soit au Sahara occidental ou en Palestine, sous le regard d’instances internationales qui cultivent le paradoxe de voter et d’adopter des résolutions qu’elles ne mettront pas en oeuvre. Avant l’arrivée de l’envoyé spécial de Ban Ki-moon au Maghreb, les autorités marocaines ont soigneusement pris le soin d’actionner tous leurs «leviers» pour crier sur tous les toits et à qui voulait les entendre que seule l’application de leur plan d’autonomie représentait une solution au conflit du Sahara occidental. Le Maroc a définitivement rejeté le principe de référendum qui inclurait l’option de l’autodétermination au peuple sahraoui. «Les vieux schémas (référendum d’autodétermination) sont définitivement écartés et l’indépendance impossible» a indiqué le chef de la diplomatie marocain lors de son entretien avec l’envoyé spécial des Nations unies au Sahara occidental. Taïeb Fassi Fihri a poussé le bouchon jusqu’à déclarer que «l’initiative d’autonomie a été élaborée à la demande des Nations unies». Un coup de bluff auquel n’a pas cédé le diplomate américain. Christopher Ross a rappelé, lors de son escale à Alger et après l’entretien qu’il a eu avec le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, que son objectif «est d’arriver à une solution politique mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes avec les buts et les principes énoncés dans la Charte des Nations unies». Une déclaration qui ne souffre d’aucune ambiguïté et qui devrait en principe remettre les pendules à l’heure et battre en brèche l’unilatéralisme de la position marocaine.(L’Expression-25.03.2010.)

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*34e anniversaire de la proclamation de la RASD ….

900 athlètes de 28 pays  présents dans le marathon de solidarité.

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A cinq jours de la célébration du 34e anniversaire de la proclamation de la République arabe démocratique sahraouie (RASD), les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf ont abrité, hier, la 10e édition du Saharamarathon, qui a vu la participation de quelque 900 athlètes représentant 28 nations. Certains pays ont participé à cette manifestation sportive pour la première fois, comme l’Argentine, les Etats-Unis, l’Australie, le Nigeria, le Canada et le Chili.

Le marathon, qui a drainé une grande foule, a été rehaussé par la participation de l’ancienne star du football du Real Madrid, Ivan Helguera. Sa venue dans les camps de réfugiés se veut comme une marque de solidarité avec le peuple sahraoui dans sa lutte pour son autodétermination. L’autre invité d’honneur de cet événement était le président de la Fédération nigériane d’athlétisme, Selomane Oukba. Le président de la République arabe démocratique, Mohamed Abdelaziz, qui a donné le coup d’envoi des quatre étapes du marathon, a déclaré, dans sa courte intervention au camp de Laâyoun : « Cette compétition se déroule dans un esprit de coexistence, de paix et de solidarité internationale. Elle se donne comme objectif l’instauration de notre Etat dans le cadre de la légalité internationale. »

C’est le slogan de cette dixième édition du Saharamarathon. Il faut dire que cette manifestation sportive se veut un rendez-vous par lequel les peuples amis du Front Polisario vont médiatiser la cause du peuple sahraoui. Toutes les délégations qui étaient dans les camps de réfugiés sont venues avec un esprit de solidarité et pour faire connaître la question sahraouie à travers le monde. « Le sport, comme la culture, peut être un canal par lequel les peuples occidentaux pourront découvrir les souffrances dans lesquelles est plongé tout un peuple. Il faut faire comprendre à nos sociétés qu’il s’agit d’un colonialisme », a souligné un participant anglais.

Le Saharamarathon, qui commence à devenir un événement très particulier dans les camps de réfugiés, a suscité l’intérêt des médias occidentaux. Les chaînes de télévision étrangères et autres organes de presse étaient nombreux hier dans les camps de Tindouf. Plus d’une cinquantaine d’organes de presse étrangers ont couvert ce 10e marathon du Sahara occidental, y compris la chaîne qatarie Al Jazeera, qui a dépêché son correspondant permanent à Londres. Il faut dire que depuis la grève historique de la militante sahraouie Aminatou Haïdar, la cause sahraouie fait réagir jusque dans les camps de ceux considérés pas très proches de la cause. (El Watan-23.02.2010.)

**Quelque 900 personnes, dont plus de 400 étrangers, prennent part au 10e Marathon du Sahara occidental, qui s’est ébranlé lundi du camp de réfugiés de Layoune.

Le coup d’envoi de la manifestation a été donné par le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Mohamed Abdelaâziz, qui a tenu à saluer cette forte participation étrangère. Parmi les hôtes de marque du monde de l’athlétisme présents à ce marathon, Selmoune Oukba, président de la Fédération nigérienne d’athlétisme, Jean Salvadore, vainqueur des semi-marathons d’Espagne et du Sahara occidental, Roman Alvers et Manuel Morientes, vainqueurs du Marathon du Sahara occidental, ainsi que la star du football du Real Madrid (Espagne), Ivan Helguera. Les participants de 28 pays des quatre coins du monde, dont certains pour la première fois (Australie, Canada, Chili, Etats-Unis, Argentine et Nigeria), sont venus témoigner à travers cette manifestation sportive leur solidarité avec le peuple sahraoui.

L’ensemble des participants, dont 40% de Sahraouis, devront parcourir le marathon en quatre étapes. Jean Salvadore, champion du semi-marathon d’Espagne, a considéré cette manifestation sportive comme un signe de la volonté « d’ancrer la paix, de raffermir les liens entre les peuples et de propager les valeurs de concorde, de justice et d’équité dans le monde ». Le directeur des sports de la RASD, Mohamed Bouqlida, a salué « la forte participation étrangère » à ce 10e Marathon du Sahara occidental, comparativement aux précédentes éditions, notamment de pays qui y participent pour la première fois. Au plan médiatique, plus d’une cinquantaine d’organes de presse étrangère couvrent ce 10e Marathon du Sahara occidental. (APS-23.02.2010.)

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*Elle a qualifié d’illégale l’exploitation des richesses naturelles du peuple sahraoui Berlin ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental

Le conflit sahraoui est une question de décolonisation pour le gouvernement allemand, qui a estimé illégal le pillage systématique euro-marocain des richesses naturelles du Sahara occidental dans sa réponse aux membres du Bundestag, à la question de savoir si l’Allemagne œuvrait pour que tous les accords concernant ce territoire respectent la volonté et les intérêts des populations de la région.

L’exploitation des ressources naturelles par le Maroc avec le concours des pays européens est dénoncée par l’Allemagne, que le gouvernement allemand a qualifiée d’illégale. Mieux, Berlin a souligné que la question sahraouie était une question de décolonisation.
En effet, dans sa réponse aux membres du Parlement allemand, le Bundestag, le représentant du gouvernement allemand a reconnu l’illégalité du pillage systématique euro-marocain des richesses naturelles sahraouies, rapporte une dépêche de l’agence sahraouie de presse (SPS).
C’est un coup dur aux thèses colonialistes de Rabat, car il s’agit d’une réponse officielle de l’Allemagne, qui rejoint une précédente position exprimée en ce sens par l’ancien secrétaire général adjoint de l’ONU Hans Corell.
Pour rappel, celui-ci avait affirmé que  l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles contre la volonté et les intérêts de la population du Sahara occidental sont “en contradiction avec les principes du Droit international comme le stipule la législation relative à l’exploitation des ressources naturelles dans les territoires non autonomes”. Pour en revenir à la réponse du gouvernement allemand, il y a lieu de faire remarquer qu’elle souligne l’impératif pour tous les pays de s’engager à se renseigner en vue “de déterminer si l’exploitation des ressources naturelles des pays colonisés servait les intérêts de la population de ces régions et si elle se faisait en concertation avec leurs représentants”. À la question de savoir si  le gouvernement allemand œuvrait pour que tous les accords concernant le Sahara occidental respectent la volonté et les intérêts des populations de la région, l’interlocuteur des parlementaires du Bundestag dit que son pays a mis en avant la nécessité de bien étudier le processus de mise en œuvre des accords internationaux, surtout si les accords bilatéraux entre l’Allemagne et le Maroc ne comportent pas une énonciation express sur le domaine de vigueur. Il ajoute qu’une décision unilatérale sera, le cas échéant, promulguée concernant la situation au Sahara occidental, conformément au droit international, a encore indiqué le gouvernement allemand.
Au sujet d’éventuels investissements de sociétés allemandes dans les territoires sahraouis occupés, le gouvernement allemand fera savoir qu’il ne soutenait aucun projet dans cette région, tout en affirmant qu’il n’avait pas d’informations sur la participation d’entreprises allemandes dans la parc éolien d’El-Ayoune.
Par ailleurs, les parlementaires, qui ont évoqué d’autres questions relatives au Sahara occidental, notamment l’affaire de la militante des droits de l’homme Aminatou Haïder et la position de l’Allemagne à l’égard des efforts onusiens de décolonisation, ont exigé du gouvernement de leur pays d’adopter des positions claires et qui soutiennent la légalité internationale.
Ainsi, le rejet de la participation des pays de l’Union européenne à l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental par le Maroc commence à faire tache d’huile sur le vieux continent, comme le confirme cette prise de position de l’Allemagne. (Liberté-31.01.2010.)

**Pillage

Le débat est plutôt rare, mais il a le mérite d’exister. Cela se passe en Allemagne où les députés ont été bien au-delà des questions internationales dites classiques, c’est-à-dire dans lesquelles leur pays est engagé. Il s’agit de la question du Sahara occidental, et pas seulement dans sa forme classique, celle-ci étant dépassée ; les élus allemands se penchant sur ce qui se passe dans le sillage de l’occupation marocaine et dans l’ombre évidemment. Il s’agit bien entendu du pillage des richesses du Sahara occidental auquel contribuent de nombreuses nations, comme si elles percevaient une espèce de rétribution pour leur soutien à la politique coloniale. De ce point de vue, la réponse du gouvernement allemand ne souffre d’aucune ambiguïté. C’est un acte illégal et, en tant que tel, ce n’est rien d’autre que du pillage et cela, relèverons-nous, se fait également au nom de l’Allemagne engagée en tant qu’Etat membre de l’Union européenne dans les différents accords conclus avec le Maroc incluant l’espace et les eaux territoriales du Sahara occidental. Il n’y a même pas lieu de parler de controverse au sujet de l’accord de pêche conclu par les deux parties, mais d’un choix délibéré, l’ONU se faisant fort de rappeler le caractère colonial de la question du Sahara occidental et que le Maroc est un occupant et pas une puissance mandataire.

Ce qui n’atténue en rien la nature de cette question et ne remet nullement en cause les droits nationaux du peuple sahraoui, mais certains s’en servaient pour préserver des intérêts matériels bien étroits. Ou encore « une autorité de fait » comme tentaient de le faire valoir certains milieux diplomatiques européens. Quelle belle invention pour contourner le droit international et la simple morale et lancer les flottes de pêche européennes à l’assaut des richesses halieutiques sahraouies. Et ce n’est pas en usant d’un verbe, au demeurant facile, que l’Europe réussira à se donner bonne conscience. Une simple clause, que l’on sait sans suite, ne restituera pas au peuple sahraoui ses droits les plus élémentaires. Pas d’agitation inutile quand il faut appeler les choses par leur nom et agir en conformité avec les résolutions des Nations unies. Autrement dit, la légalité internationale. De nombreux pays ont pressé leurs entreprises de ne pas participer au pillage et les Américains ont refusé que le territoire du Sahara occidental soit inclus dans la zone de libre-échange conclue en 2003 avec le Maroc.

Cela constitue une prise de position, mais sans qu’elle soit totale puisque le Maroc persiste dans son blocage des résolutions internationales qui cernent avec une extrême précision la question du Sahara occidental. Il est impensable aussi de parler ou de prétendre à une certaine équidistance dans un cas d’injustice aussi flagrant que celui-ci. La pire des supercheries qui perpétuerait les souffrances du peuple sahraoui. C’est du parti pris et rien d’autre. (El Watan-31.01.2010.)
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*REGAIN D’INTÉRÊT DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL 

* Échec au roi

Le Royaume du Maroc se souviendra à coup sûr de l’affaire d’Aminatou Haïdar par ce qu’elle a engendré comme acquis au peuple sahraoui et comme effets désastreux pour le Maroc. L’effet boomerang de cette affaire a dévoilé au grand jour le vrai visage du Palais royal. À présent, le monde entier sait avec qui le peuple sahraoui a affaire : un Maroc arbitraire qui se cache derrière des slogans de démocratie, un Royaume usurpateur de toutes les richesses sahraouies, un pays occupant sans aucune souveraineté légitime le territoire sahraoui et violeur des droits de l’Homme. Au moment où, nous nous attendions à une attitude salutaire de ce pays envers la question sahraouie, Rabat persiste et signe dans son arrogance au point où il ne sait plus quoi faire que de poursuivre sa fuite en avant et prouver davantage le statut d’un pays occupant qu’il s’est attribué depuis 1975. Les tensions entre les deux protagonistes ne cessent de monter au point qu’il est naturel à l’Algérie d’apporter le soutien nécessaire au peuple sahraoui frère. La visite du président de l’Assemblée populaire nationale, Abdelaziz Ziari, dans les territoires libérés de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), à la tête d’une importante délégation de l’APN s’inscrit dans la logique d’un pays solidaire qui n’a jamais abandonné une cause aussi juste que celle du peuple sahraoui. La question du Sahara Occidental est « une question internationale inscrite dans la liste des questions de décolonisation auprès de l’Organisation des Nations unies dans l’attente de la tenue d’un référendum d’autodétermination», a souligné, lundi, Abdelaziz Ziari dans son intervention à l’école Olof Palme d’El Ayoun, tout en ajoutant que « l’Algérie a la conviction de l’aboutissement à l’autodétermination du peuple sahraoui et l’exercice de sa souveraineté nationale. » Le président de l’APN ne s’est pas arrêté sur ce seuil, il enfonce le bouchon encore plus loin, et ce, en comparant le plan marocain de l’autonomie du territoire sahraoui, au chantage exercé sur l’Algérie par la France en proposant une autonomie au peuple algérien afin d’éradiquer les idées indépendantistes. « Quelles que soient sa langue et sa religion, un colonisateur demeure un colonisateur (…) et la volonté des peuples est toujours plus grande que celle des colonisateurs ». À noter qu’à la veille de la visite de Abdelaziz Ziari au territoire libéré de la République arabe sahraouie démocratique, le roi du Maroc, Mohammed VI a prononcé un discours dans lequel il a annoncé avoir confié à un groupe d’experts la mission de développer en six mois un modèle de décentralisation, dont le but est la «rénovation et la modernisation » de l’État. Il propose au peuple sahraoui une « régionalisation élargie ». En réaction à l’ambition folle du roi, le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, dira dans un discours prononcé à l’occasion de la visite de Abdelaziz Ziari, que « la République sahraouie, le peuple sahraoui, le Front Polisario ne sont pas concernés par les déclarations du roi du Maroc. Le Sahara Occidental n’est pas marocain, n’a jamais été marocain et ne sera jamais marocain. » Mohamed Abdelaziz considère le contenu du discours de Mohammed VI comme un coup de poignard donné dans le dos de la communauté internationale par ce qu’il représente une fuite en avant et une entrave aux efforts des Nations unies dans la perspective de régler le conflit. Il a qualifié le discours de tentative de «redorer le blason du Maroc terni par les violations les plus odieuses des droits de l’Homme et du droit international». «Il est temps que la communauté internationale assume pleinement ses responsabilités en imposant toutes les sanctions possibles au gouvernement marocain, afin qu’il se conforme aux exigences du droit international et du droit humanitaire », a-t-il ajouté. Il faut dire, dans ce contexte, que le discours de Mohammed VI témoigne encore une fois l’arrogance du Maroc. Il démontre davantage que la politique marocaine de la fuite en avant n’a pas encore atteint son terme. Toutefois, l’espoir demeure intact, tant que les pressions sur le Maroc persistent. Nous sommes même convaincus que le Palais aux poutres d’argile finira un jour par s’écrouler. Signalons enfin que, le juge espagnol Baltasar Garzon se rendra, dans les prochains jours, dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf pour auditionner treize témoins sahraouis, dans le cadre de son enquête sur le « génocide et crimes de guerre » perpétrés par des responsables politiques et militaires marocains au Sahara Occidental depuis octobre 1975.  (Le Courrier d’Algérie-07.01.2010.)

***Virée dans les camps de réfugiés sahraouis

“Le combat d’Aminatou Haider se poursuivra”

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La bataille pour la dignité, menée pendant un mois par la militante sahraouie des droits de l’homme, Aminatou Haïder, est sur toutes  les lèvres des Sahraouis, rencontrés lors de notre séjour dans les camps de  réfugiés, du simple citoyen au président de la République  sahraouie (RASD), en passant par nos confrères journalistes et les différents cadres de l’administration et des structures du Front Polisario.

Ce petit bout de femme, surnommée affectueusement la “Gandhi du Sahara”, est devenue un des plus importants modèles de la résistance sahraouie, surtout chez les jeunes. Elle a réussi, disent-ils, à donner un second souffle à “l’Intifada de l’indépendance”, qui fêtera ses cinq années en mai prochain, grâce à sa grève de la faim mémorable, qui a pourtant failli lui coûter sa vie et rendre orphelins ses deux enfants.
Aminatou, celle-là même qui a été invitée dans différents forums occidentaux et honorée par plusieurs prix internationaux, y compris celui de la fondation américaine Kennedy, a fini par retourner “par la grande porte et sans conditions” dans sa ville d’El Ayoun, qui n’est autre que la capitale du Sahara occidental sous occupation marocaine, soutient-on fièrement. Pour Khadidja Hamdi, l’épouse du président de la RASD que nous avons approchée, lundi dernier, lors de la première visite officielle du président de l’APN, Abdelaziz Ziari, dans les camps de réfugiés sahraouis, “Aminatou est une partie de nous”. Une manière de dire que cette activiste a réussi à renforcer les liens entre les Sahraouis des territoires occupés et les Sahraouis exilés dans les camps de réfugiés et ailleurs. “Aminatou est une amie et une militante qui a connu la prison et la torture, et qui a déjà entamé des grèves de la faim. Mais avec sa dernière grève de la faim, elle a donné à la cause sahraouie une dimension nouvelle et plus juste par rapport à ce qu’endure le peuple sahraoui, par rapport à sa résistance pacifique et par rapport à ses attentes nationaux”, nous a confié la ministre de la Culture, également membre de la direction nationale du Polisario. Toujours selon Mme Hamdi, l’actuelle surveillance d’Aminatou Haider, de sa maison et de sa famille, par les forces d’occupation, prouve une chose, que “le Maroc a peur de cette femme qui a défendu avec courage la question des droits de l’homme, ainsi que les revendications légitimes du peuple sahraoui, relatives à l’autodétermination et à l’indépendance”.

La mise à nu du Makhzen
Au cours d’un meeting populaire, organisé à l’arrivée de M. Ziari, Bachir Mustapha Sayyed, un des cadres du secrétariat national du Front Polisario, a déclaré que la bataille engagée par Aminatou, dans un aéroport espagnol, traduit “la volonté du peuple sahraoui colonisé, portée par une femme, de s’opposer à l’expansionnisme et au colonialisme”. Plus explicite, il a indiqué que le combat de l’enfant d’El Ayoun occupé a infligé “un coup dur au lobby espagnol” et placé les dirigeants marocains dans “l’impasse”, en mettant à nu le régime de Rabat, en matière de manquements à la démocratie et d’atteintes aux droits humains. Résultat, dira-t-il, “le régime marocain est apparu dans sa vraie nature et la vitrine servant à arborer le plan d’autonomie (du Sahara occidental, ndlr) s’est brisée”. “La bataille légendaire d’Aminatou Haider a eu un impact et des effets meilleurs que ceux que nous avons obtenus ces 18 dernières années. Par ailleurs, elle a montré que le Maroc ne mérite pas ce que l’Union européenne lui a octroyé et que le lobby espagnol doit payer la facture de la « vente »  du peuple sahraoui”, a souligné M. Mustapha Sayyed. Plus loin, ce dernier a tenu à signaler que l’Intifada, déclenchée dans les territoires sahraouis occupés, de même que la dernière bataille conduite par Aminatou Haïder “équivalent notre espoir et nos perspectives et signifient donc qu’il n’y a pas d’alternative à l’autodétermination”. Un rappel à l’ordre réitéré plus tard par le Premier ministre de la RASD, Abdelkader Taleb Omar, lorsque celui-ci a affirmé, à l’ouverture des travaux de la session du Parlement sahraoui, que le peuple sahraoui doit se préparer en cas de “fait accompli marocain, qui menacerait la paix dans la région, les droits de l’homme dans les territoires occupés sahraouis et le droit international”. Un rappel à l’ordre renouvelé, le 4 janvier dernier, en fin de journée, par Mohamed Abdelaziz, le président de la RASD, également secrétaire général du Polisario. Le chef de l’État sahraoui a clairement laissé entendre que si la lutte pour l’indépendance du pays exige un prix à payer au peuple colonisé du Sahara occidental, les sacrifices et les souffrances de ce même peuple, y compris ceux d’Aminatou Haïder, d’Ali Salem Tamek et de ses six compagnons, ne peuvent, cependant, s’accorder avec les démarches complaisantes et indifférentes émanant de l’Union européenne et de la communauté internationale. Le Front Polisario et le gouvernement de la République sahraouie précisent qu’“il faut réunir les conditions indispensables pour la réussite des négociations directes entre les parties du conflit”, a-t-il déclaré, lors de la réception organisée à l’occasion de la visite du troisième homme de l’État algérien. Mohamed Abdelaziz a en outre réitéré l’entière disponibilité du mouvement de libération nationale sahraoui et des autorités de la RASD à travailler avec les Nations unies.
Par “conditions indispensables”, Mohamed Abdelaziz entend notamment la levée de l’embargo sur les territoires sahraouis sous occupation marocaine, la mise en place, par l’ONU, d’instruments de protection de la population de ces zones occupées, la levée immédiate des contraintes encerclant la militante Aminatou Haïder, la libération des activistes sahraouis des droits de l’homme et des détenus politiques, ainsi que l’arrêt du pillage des ressources naturelles du Sahara occidental.   “Le temps est venu de mettre fin au crime contre l’humanité”, a annoncé par la suite le chef de l’État sahraoui, en faisant référence au “mur militaire marocain”, dressé par Rabat dans les années 1980, sur une partie du territoire sahraoui, avec l’intention à la fois d’isoler le Front Polisario de la population sahraouie et de profiter en toute impunité des richesses dont regorge ce territoire.

L’ONU de nouveau face à ses responsabilités
Près de 35 ans après l’invasion de l’ancienne colonie espagnole, par les forces armées royales, et 25 ans après la construction du dernier pan du “mur de la honte”, le royaume chérifien maintient le cap dans sa fuite en avant et dans le reniement des engagements pris devant la communauté internationale, quant à la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Le discours prononcé par le roi Mohammed VI, dans la soirée du 3 janvier 2010, présenté néanmoins avec moins d’arrogance que celui du 6 novembre dernier, n’invite pas à la sérénité. Bien au contraire, il vient en porte-à-faux avec les résolutions de l’ONU, à commencer par celles de la IVe commission de décolonisation, dont la plus récente date d’octobre 2009.
Dans les camps de réfugiés sahraouis, les déclarations faites au début de la nouvelle année sont interprétées comme “une insulte” au processus de paix onusien et “un nouveau complot” encouragé par “le silence complaisant de l’ONU”, voire même comme “une réponse directe” à la dynamique suscitée par l’action d’Aminatou Haïder, à l’échelle sahraouie et au niveau international. Pour la majorité des Sahraouis abordés, notamment chez la population juvénile, le discours de Mohammed VI a dénaturé l’histoire du conflit du Sahara occidental et vise à détruire tous les acquis arrachés par la lutte, alors que le prix payé par les Sahraouis se compte en “martyrs, souffrances, enlèvements, disparitions, assassinats, emprisonnements et exil”. Selon eux, la situation exige une réponse ferme et immédiate des Nations unies et des autres organisations, à commencer par l’Union africaine, en sa qualité de coauteur du plan de règlement de 1990-1991 et parce que la RASD est membre à part entière de l’UA. D’aucuns n’ont pas caché leur dégoût ou leurs appréhensions devant cette nouvelle “politique douce” et ces “mensonges annoncés publiquement et en toute impunité”, estimant qu’ils sont destinés à faire encore gagner du temps au Maroc et, par voie de conséquence, à prolonger le calvaire du peuple sahraoui. D’autres ont vu dans les propos du roi du Maroc la mise en place d’une “nouvelle stratégie” reposant sur un double objectif : d’abord miner le Polisario et ensuite recentrer le débat sur l’autonomie du Sahara occidental, en veillant à reprendre le terrain perdu.
Parmi ces derniers, certains pensent dur comme fer que toute concession touchant principalement Aminatou Haïder et le groupe des 7 militants des droits humains arrêté, il y a quelques mois, à son retour des camps de réfugiés, sera comprise dans l’esprit de tous les Sahraouis comme une condamnation à toute résistance à l’occupation marocaine, en premier lieu la condamnation de ceux qui se trouvent de l’autre côté du mur, confrontés directement à la lourde machine coloniale. “Devant la poursuite de cette intransigeance (du Maroc), le temps est venu pour la communauté internationale de prendre toutes ses responsabilités et d’exercer toutes les sanctions qui s’imposent sur le gouvernement marocain, afin de le remettre sur les rails de la légalité internationale et du droit international humanitaire”, a soutenu le président de la RASD, au lendemain du discours du roi Mohammed VI. Son appel sera-t-il entendu à temps par les décideurs de l’ONU et de l’UE ?
Pour les réfugiés sahraouis, principalement les jeunes, la question de la décolonisation du Sahara occidental n’a jamais été plus claire qu’aujourd’hui et “le combat d’Aminatou se poursuivra”.
“Toutes les preuves sont réunies sur les véritables desseins de l’occupant marocain et sur notre attachement à notre terre et à nos droits”, soutiennent-ils. Sans cacher pour autant leur doute, sinon leur perplexité devant “la mollesse de la communauté internationale”. (Liberté-07.01.2010.)

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*L’Espagne n’a jamais reconnu la « souveraineté du Maroc » sur le Sahara occidental 

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a affirmé  que l’Espagne n’avait jamais reconnu la « souveraineté du Maroc » sur la Sahara  occidental, a rapporté lundi l’Agence de presse sahraouie (SPS) citant l’Agence  de presse espagnole (EFE).          Dans une conférence de presse organisée à l’issue de la dernière réunion  du Gouvernement pour l’année 2009, la secrétaire à l’Organisation au PSOE Mme  Leire Pajin a souligné que la position du Gouvernement à l’égard de la question  sahraouie « s’est toujours articulée autour de la recherche d’une solution  définitive et juste à même de permettre au peuple sahraoui de jouir de son droit  à l’autodétermination conformément aux décisions des Nations unies ».          Le gouvernement sahraoui avait qualifié vendredi dernier les déclarations  du chef du gouvernement espagnol, José Louis Zapatero d’ »ambiguës » quant aux  responsabilités de l’Espagne en matière de décolonisation de la dernière colonie  en Afrique, précise la même source.          Dans ce contexte, le gouvernement sahraoui avait précisé dans  un communiqué que « les engagements de l’Espagne l’obligent à mettre un terme  aux tergiversations graves notamment ce qu’elle qualifie de +respect des lois  marocaines+ au Sahara occidental, car cela est contraire à la responsabilité  historique de l’Espagne et à la mission de l’ONU dans un territoire sur lequel  aucun pays ne reconnaît une quelconque souveraineté du Maroc ».          Le conseiller juridique des Nations unies avait indiqué dans son rapport  du 29 janvier 2002 que l’Espagne « demeure la puissance administrante de ce   territoire conformément au Droit international jusqu’au parachèvement de la  mise en oeuvre du principe d’autodétermination qui constitue l’essence des plans  de paix et des décisions de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité, de  l’Union africaine et du Mouvement des pays non-alignés, précise le communiqué.(APS-22.12.09.)  

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*Aminatou Haïdar rentre triomphalement à ElAyoun

**La dame de coeur fait plier le roi et  rentre chez elle à Laâyoune

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 Les Sahraouis ne pouvaient rêver meilleur épilogue. Une happy-end. Une apothéose. Après 32 jours de grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote (archipel canarien), Aminatou Haïdar s’est envolée, dans la nuit de jeudi à vendredi, à bord d’un avion médicalisé affrété par le gouvernement espagnol, vers son pays, le Sahara occidental.C’est le triomphe du droit international, des droits de l’homme, de la justice internationale et de la cause sahraouie », a déclaré la pasionaria sahraouie à sa sortie de l’hôpital de Arrecife, capitale de Lanzarote. L’annonce, jeudi en début de soirée, du retour imminent d’Aminatou Haïdar à Laâyoune, rendu public par les représentants du gouvernement espagnol, a été suivie par une explosion de joie. La communauté sahraouie établie dans les îles Canaries, les militants et sympathisants de toutes nationalités présents sur les lieux ont fêté, jusqu’à tard dans la nuit, la victoire de la plus célèbre des activistes sahraouis, présidente du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme. Une éruption de joie dont l’île – habituée à d’autres explosions, plus volcaniques – a très rarement vue et vécue. L’aéroport international de Lanzarote, où la militante sahraouie a observé sa grève de la faim depuis le 14 novembre dernier, jour de son expulsion de Laâyoune, l’hôpital d’Arrecife où elle a été admise dans la nuit de mercredi à jeudi suite à des crises de nausées, ont été pris d’assaut dès que la nouvelle est tombée, relayée par les médias locaux et la presse internationale. Les foules en liesse scandaient à tue tête le nom d’Aminatou. Des youyous, des « Libertà Sahara » et même des « One, two, three, viva l’Algérie » faisaient vibrer les abords de l’aéroport.Vers 22h30, l’ambulance transportant la militante sahraouie a fait son entrée sur la piste de l’aéroport où attendait un jet médicalisé dans lequel se trouvaient déjà des membres de la famille de Aminatou, Domingo de Guzman Perez, le médecin de la plateforme de soutien à Aminatou et des représentants du gouvernement espagnol. Derrière le grillage séparant le tarmac, quadrillé par un important dispositif de la Guardia civile, de l’esplanade du parking de l’aéroport, les fervents adorateurs d’Aminatou applaudissaient le décollage, à 22h45, de l’avion de la pasionaria sahraouie. A l’heure du décollage, la militante pro-polisario observait encore sa grève de la faim. « Si cela se produit de nouveau (son refoulement) je resterai à bord de l’avion et je continuerai ma grève de la faim », avait-elle averti quelques heures auparavant. La presse espagnole parle d’un « accord » hispano-marocain, les responsables du Polisario, les animateurs de la plateforme réfutent. « Le Maroc a accepté sans condition aucune le retour d’Aminatou et la restitution de son passeport », souligne Omar Boulsane, un des représentants du front Polisario, chargé de la communauté sahraouie dans les îles Canaries.…et tombe le mur du silenceCarmelo Ramirez, un des plus fervents militants de la cause sahraouie et membre de la plateforme de soutien, est aux anges. « Le retour à Laâyoune s’est fait sans condition, alors qu’il y a quelques jours seulement, les représentants marocains avaient exigé d’Aminatou qu’elle demande pardon au roi… C’était incroyable. C’est une grande victoire que nous venons d’obtenir. Par son culot, sa détermination, Aminatou a pu raviver la question sahraouie qui était tombée complètement dans les oubliettes de la communauté internationale ». « La grève de la faim d’Aminatou Haïdar a cassé le mur du silence qui entoure le drame sahraoui », jubile le porte-parole de la plateforme de soutien à Aminatou, Fernando Peraïta, qui ajoute : « Ces derniers jours, nous avons entretenu beaucoup d’espoirs. Ça n’a pas été vain. Des négociations ont eut lieu à Washington entre une délégation marocaine dirigée par le patron des services marocains et l’Administration Obama. Le Parlement européen était, jeudi dernier, sur le point d’adopter une résolution condamnant le Maroc pour les violations des droits de l’homme au Maroc et au Sahara occidental. Les socialistes, opposés à cette résolution, ont promis de régler dans les 24 heures l’affaire Aminatou. Zapatero, dans sa dernière déclaration, a aussi affirmé que le cas Haïdar allait bientôt trouver une solution. Alors qu’on était à l’hôpital (de Lanzarote) la conseillère du président du gouvernement espagnol nous appelle et nous annonce la bonne nouvelle. Elle nous écrit même une lettre où le gouvernement espagnol s’engage à assurer le retour, dans de bonnes conditions, d’Aminatou Haïdar. C’est une grande délivrance. Une immense victoire. »Le coordinateur du Front Polisario auprès de la Minurso, M’hamed Khedad, est également sur place. M. Khedad, qui fut un des négociateurs de Manhasset, ne cache pas sa satisfaction. « On se félicite de ce dénouement heureux. Aminatou rentre chez elle, dans son pays, auprès des siens, de ses enfants. Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui se sont mobilisés autour de la cause sahraouie. Une mobilisation sans précédent. Cela étant, même si Mme Haïdar rentre aujourd’hui à Laâyoune, il ne faudrait pas oublier les dizaines de détenus politiques sahraouis qui risquent la peine de mort dans les prisons marocaines. N’oublions pas aussi que le calvaire, le drame que vit le peuple sahraoui impose désormais, plus que jamais, à la communauté internationale d’exiger l’avènement d’une solution juste, respectant le droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple sahraoui, et ce, conformément aux résolutions des Nations unies. » Une vingtaine de minutes après son décollage de l’aéroport de Lanzarote, l’avion d’Aminatou a atterri à l’aéroport Hassan II, dans Laâyoune occupée. 140 km séparaient la « Gandhi sahraouie » de sa patrie qu’elle voulait retrouver à tout prix, « morte ou vivante », disait-elle. 32 jours d’une grève de la faim qui a passionné le monde et forgé une légende à la hauteur des idéaux de liberté qu’elle défend. « Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir, mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer », disait le Mahatma Gandhi, la Grande Ame. (El Watan-19.12.09.)

**********************Echec au roi…..Le retour triomphal, ce jeudi, de la militante sahraouie Aminatou Haïdar chez elle, au Sahara occidental, est un véritable crime de lèse-majesté. Le monarque marocain devrait apprendre désormais qu’il ne faut jamais jurer de rien quand on n’est pas maître de ses actes. Il a suffi que Sarkozy hausse un peu le ton pour que la fièvre monte au makhzen. Et le président français s’est payé un bon coup de pub en rendant public comment il a « ordonné » le retour d’Aminatou Haïdar. L’Elysée a en effet rendu public un communiqué dans lequel il est révélé que le président français a demandé au Maroc de remettre un passeport à Mme Haïdar. Ce communiqué a fait suite à la convocation à Paris du ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri. « L’ordre » de Sarkozy n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque M6 a aussitôt répondu par un message qu’il allait s’exécuter. Et comme pour sauver les apparences d’un palais royal à la fierté lézardée, le communiqué de l’Elysée a été « saucé » d’une formule euphémique évoquant « la tradition d’ouverture et de générosité du Maroc ». Mais il est difficile de faire avaler une telle couleuvre à l’opinion marocaine qui a été abreuvée, un mois durant, du niet scellé et non négociable que Aminatou Haïdar puisse remettre les pieds à Laâyoune. Pari sèchement perdu pour notre ami le roi. Pari gagné pour la militante sahraouie. Et sensationnel triomphe diplomatique de Paris !

Voulant sans doute sauver la face dans ce qui s’apparente à un immense échec au roi, le ministère des Affaires étrangères de Sa Majesté a estimé hier que le Maroc avait accédé à la demande de « pays amis et partenaires » en faveur d’un retour de Mme Haïdar à Laâyoune. Mais pourquoi donc avoir attendu un mois pour accéder à la demande des « amis » si tant est que cela ne tenait qu’à cela ? En réalité, cette fameuse demande s’est transformée en ordre émanant, ces derniers jours, de Paris et Washington. Et Rabat sait qu’il ne peut refuser quoi que ce soit à ces deux capitales pour la simple raison que sa colonisation du Sahara ne tient qu’à leurs soutiens. Fihri étale une fausse autonomie diplomatique en précisant que même si Aminatou Haïdar est autorisée à rentrer chez elle, le Maroc « restait ferme sur le respect total de la loi marocaine, par tous, sans exception et sur l’intégralité du territoire national ». Réponse d’Aminatou Haïdar avant même d’atterrir à Laâyoune : « C’est un triomphe du droit international, des droits de l’homme, de la justice internationale et de la cause sahraouie ! » Voilà qui bat en brèche la thèse de ce ministre qui croit avoir obtenu le silence ad vitam aeternam de l’icône Haïdar. Moralité : à trop vouloir défendre son « plan » d’autonomie, le royaume a fini par prouver au monde entier qu’il ne dispose pas de sa propre autonomie de décision. La vaillante Aminatou Haïdar a provoqué, sans le préméditer, la mise à nu du makhzen. (El Watan-18.12.09.)

****Un juste combat…

Le Maroc a cédé en permettant le retour, hier, à Laâyoune de la militante sahraouie Aminatou Haïdar. C’est donc, diront certains avec une fausse certitude, la fin d’un bras de fer. Effectivement, Aminatou Haïdar a cessé sa grève de la faim qu’elle observait depuis le 14 novembre quand les autorités d’occupation marocaines lui avaient retiré ses documents de voyage, et l’ont expulsée vers les îles Canaries. Depuis ce jour, la militante sahraouie a réussi à perturber les bonnes consciences, en tout cas celles tous ceux qui se présentent comme les défenseurs des droits de l’homme. Personne ne doute en effet de l’impact de son action, et il y avait alors urgence à la faire cesser, et c’est pourquoi, remarquera-t-on, de nombreuses capitales ont demandé le retour chez elle de Aminatou Haïdar, certains dirigeants n’hésitant pas pour l’occasion à dire qui est cette personne qui a mis sa vie en péril.

« Une militante sahraouie », comme l’a fait le département d’Etat américain. Une identité et un statut que ne révèlent pas ses documents de voyage marocains qui ne font pas d’elle une citoyenne marocaine. C’est là l’échec de l’occupant qui a recouru pour cela à tous les artifices, et les lois les plus contraignantes, comme à revoir les cartes de géographie, et traiter comme traîtres tous ceux parmi les Marocains qui ne s’y conforment pas. Un décret, fût-il royal, n’est d’aucun effet dans de telles conditions. De son vivant, Hassan II l’avait compris, et son successeur en est à dresser le même constat. Et ce n’est pas aussi en changeant des hommes que le Palais royal fera des Sahraouis de bons sujets du roi. Trente-quatre années d’occupation n’ont pas réussi à venir à bout des aspirations du peuple de ce territoire, occupé depuis 1975 par le Maroc, malgré la batterie de résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

L’occupant, traité comme tel par les Nations unies, parlait pour lui-même, surtout en ce qui concerne cette question de frontières et d’intégrité territoriale. Même ses plus proches alliés font preuve à son égard d’une réelle surdité, ou encore de bon sens politique et de lucidité. Personne, à vrai dire, ne reconnaît son aventure coloniale, comme en attestent les textes de l’ONU et tous leurs référents. Aminatou Haïdar a réussi à attirer l’attention sur son cas qui est celui d’une militante, et de ce point de vue, elle y est parvenue puisque la planète entière lui a rendu l’hommage qui lui revient. Elle l’a fait aussi pour son peuple, privé de ses droits les plus élémentaires. Elle a contraint, comme en Espagne qui a une responsabilité historique dans l’injustice faite au peuple sahraoui, à des débats intenses et des interventions en faveur du droit de ce peuple.

Alors que la planète a l’attention orientée vers d’autres guerres et d’autres débats, elle a secoué les consciences et brisé le silence fait autour de cette question. Des responsables et des médias se sont rendu compte à quel point certaines choses deviennent dérisoires face à d’aussi évidentes injustices, et parfois autant de complicités. Le combat de Aminatou Haïdar ne prendra fin que lorsque tout cela cessera. (El Watan-19.12.09.)

****Après 32 jours de grève de la faim, de courage et de détermination pour la militante sahraouie des droits de l’Homme, l’intrigue qui est arrivée à son apogée a enfin connu une fin heureuse, du moins pour cette militante, sa famille et les défenseurs des causes humanitaires dans le monde. En effet, Aminatou Haïdar est arrivée dans la nuit de jeudi à vendredi à El Ayoun occupée, à bord d’un avion médicalisé en provenance de Lanzarote (îles Canaries). L’avion médicalisé dans lequel elle avait embarqué s’est posé sur l’aéroport d’El Ayoun hier vers 00h15. Il avait quitté Lanzarote à 22h15. «C’est une victoire pour le droit international, pour les droits de l’Homme, pour la justice internationale et pour la cause sahraouie», a déclaré Madame Haïdar à la presse soulignant que son retour imminent à El Ayoun occupée est une «victoire pour la cause sahraouie». À peine ayant mis les pieds sur le territoire occupé, cette militante infatigable a mis en garde les autorités marocaines dans le cas où ces dernières procèderaient à des actions similaires. Si les autorités marocaines s’opposaient une nouvelle fois à son retour au Sahara Occidental, elle “resterait à bord de l’avion et continuerait sa grève de la faim” a-t-elle affirmé dès son arrivée à l’aéroport d’El Ayoun. Cette décision intervient après son hospitalisation à l’hôpital de Lanzarote où elle avait été admise dans la nuit de mercredi à jeudi. Son déplacement était à bord d’un avion médicalisé affrété par le gouvernement espagnol. L’activiste sahraouie, qui est arrivée à l’aéroport dans une ambulance depuis l’hôpital de Lanzarote où elle a été admise à sa propre demande, avait annoncé qu’elle ne cesserait sa grève de la faim qu’une fois arrivée chez elle au Sahara Occidental. Son arrivée au Sahara Occidental a provoqué de véritables scènes d’allégresses parmi ses nombreux sympathisants et les partisans de la cause sahraouie.

Les alliés de Rabat sortent de leur mutisme
Suite à sa détermination et à la mobilisation des sociétés civiles de par le monde, même les gouvernements des alliés habituels de Rabat sont sortis de leur mutisme se montrant inquiets quant au sort de cette dame qui a mis à mal tout un royaume. En effet, au trentième jour de sa grève, c’était le département américain qui avait réagi par rapport à cette question dont les autorités marocaines veulent minimiser l’effet. Cette réaction s’ajoute à celle de l’Union européenne. De son côté, le Parlement espagnol, exception faite du parti populaire, a exhorté le Maroc de réagir afin que cette affaire connaisse un dénouement. De ce fait, les députés espagnols ont appelé à des démarches au plus haut niveau, à savoir la médiation active de Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, de Christopher Ross, l’envoyé spécial pour le Sahara Occidental ainsi qu’à l’intervention du haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme. De par ses répercussions sur la position politique des amis du Maroc qui ont fini par réagir dans le but de mettre fin à cette injustice d’ordre humanitaire, l’affaire Aminatou Haïdar a échappé au royaume chérifien. Mercredi, le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a affirmé au Parlement qu’il suivait la situation «minute par minute» et a dit espérer une solution «rapide et favorable». Face aux pressions dont il faisait objet, le Maroc a tenté vainement de trouver une issue à ce dédale, non sans accuser l’Algérie d’en être l’instigateur. Cette mère de deux enfants avait, pour rappel, entamé sa grève de la faim le 16 novembre pour réclamer son retour à El Ayoun occupée, d’où elle a été expulsée illégalement, le 14 du même mois, par les autorités marocaines, à son retour des États-Unis où elle avait reçu un prix des droits de l’Homme. (Le Courrier d’Algérie-19.12.09.)

*****Mohammed VI capitule face à la condamnation internationale

Le triomphe d’Aminatou Haïder

1 

“C’est un triomphe pour le droit international, les droits de l’Homme et la cause sahraouie”. C’est le cri victorieux poussé par Aminatou Haïder à la sortie de l’hôpital des îles Canaries, avant de s’envoler hier aux aurores, vers son pays, le Sahara occidental.

Victorieuse mais affaiblie, la militante de 42 ans y avait été admise la veille, à sa demande, après de violentes douleurs abdominales et des nausées. Le roi du Maroc a lâché, Aminatou Haïder, la Gandhi sahraouie, est à Al-Ayoune, capitale du Sahara occidental, après un mois de grève de la faim à l’aéroport de l’île espagnole. La militante sahraouie protestait contre le fait d’avoir été refoulée le 14 novembre, anniversaire de l’invasion annexion du Sahara occidental par son voisin du Nord (1975) par les autorités marocaines à l’aéroport de Al-Ayoune, en provenance des États-Unis où elle avait reçu un prix pour son action en faveur des droits de l’Homme. Et pas n’importe quel prix : le prix Robert-Kennedy, tout un symbole qui également implique l’administration américaine.
Ce qui est devenu rapidement “l’affaire Haïder” a donné lieu à un bras de fer entre la frêle sahraouie et le pouvoir marocain tout en s’invitant dans les chancelleries, y compris chez celles qui soutiennent ou tout simplement ont fermé les yeux sur les agissements du Maroc au Sahara occidental. Comme elle a montré la duplicité du gouvernement socialiste espagnol avec la monarchie marocaine. Madrid, aux yeux de l’ONU, toujours puissance administrante de son ancienne colonie le Sahara occidental, avait fui ses responsabilités alors que la gréviste de la faim était sur les Canaries, une autre colonie, Zapatero s’est contenté d’avouer son impuissance ! Heureusement que les autres pays occidentaux plus respectueux des droits de l’Homme ont réagi faisant pression, comme jamais, sur le Maroc. Le Parlement européen allait même mettre à exécution sa menace de voter une résolution condamnant le pays de Mohammed VI qui a obtenu de Bruxelles, voilà quelques années, un statut privilégié, plus élevé que celui d’associé. Le roi du Maroc, le dos au mur, est sauvé par le président français, Nicolas Sarkozy. Dans la nuit de vendredi, l’Élysée a publié un communiqué dans lequel il est fait état que le cas d’Aminatou a été évoqué lors de la rencontre entre Sarkozy et le ministre marocain des AE, Taïb Fassi-Fihri, le 15 décembre dernier, à Paris. Selon ce communiqué, le président français a alors exprimé le vœu que le Maroc remette son passeport à Aminatou Haïder à son arrivée sur le territoire du royaume. Et, selon ce texte, le roi Mohammed VI s’est exécuté. Sarkozy sauve ainsi la face de son ami le roi qui pourra toujours dire qu’il a rendu service à la France dans le cadre du partenariat d’exception qui unit les deux pays amis, qu’il n’a pas réagi à la pression internationale, laquelle, d’une façon ou d’une autre, exprime bien l’élargissement de l’audience de la cause sahraouie. Le commentaire de la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, est clair comme l’eau de roche. “J’ai été contente d’apprendre la décision du gouvernement marocain”, a dit Mme Clinton, rappelant que la militante sahraouie avait reçu le prix Robert-Kennedy pour les droits de l’Homme. La chef de la diplomatie américaine a souligné à l’intention des autorités marocaines, “l’urgence à trouver une solution permanente au conflit du Sahara occidental”. Mme Clinton rejoint la position de Ban-Ki-moon, le SG de l’Onu, lequel la semaine dernière avait pris fait et cause pour la militante sahraouie, annonçant une initiative pour reprendre les négociations sur le Sahara occidental. Ce qui est différent de la position de Sarkozy, qui, lui, ne s’est pas empêché de rappeler son soutien au projet de Mohammed VI : l’autonomie dans la marocanité. Le Maroc considère que le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole annexée en 1975, fait partie intégrante du royaume et propose une large autonomie sous sa souveraineté. Le Front Polisario lutte, en revanche, pour son indépendance et réclame un référendum d’autodétermination que l’ONU n’a pas réussi jusqu’ici à organiser. (Liberté-19.12.09.)

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* Affaire Aminatou Haïdar….Hillary Clinton met les pieds dans le plat.

 

Parmi les nombreux appels en faveur de la militante sahraouie des droits humains, celui lancé par la secrétaire d’Etat américaine aura ébranlé le Maroc sur la question des droits de l’homme.

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Un coup de fil a suffi pour lever toute ambiguïté quant à la position de l’administration Obama dans cette dramatique affaire de respect de la dignité humaine. L’Amérique officielle a définitivement basculé en faveur du combat que mène la résistante sahraouie. La diplomatie marocaine se voit infliger un sérieux revers. Vendredi, l’ex-Première Dame des Etats-Unis et représentante de la politique étrangère américaine appelle son homologue marocain. Elle l’interpelle sur le cas d’Aminatou Haïdar, à propos de son état de santé très préoccupant depuis qu’elle a entamé une grève de la faim. Elle lui fait part de son «inquiétude» concernant l’état de santé de la pasionaria sahraouie. «Notre inquiétude pour la santé de Mme Haïdar et notre souhait que l’on essaie de résoudre cette situation dès que possible.»
C’est en ces termes que la secrétaire d’Etat américaine s’est adressée à Taïeb Fassi Fihri, ministre marocain des Affaires étrangères, qui se trouvait à New York vendredi, a indiqué lan Kelly le porte-parole du département d’Etat. Pour rappel, la militante sahraouie des droits de l’homme avait été expulsée le 13 novembre dernier par les forces d’occupation marocaines d’El Aâyoune vers l’île de Lanzarote dans l’archipel des Canaries, pour avoir refusé de mentionner, «nationalité marocaine» sur sa fiche de débarquement. La réaction de l’administration américaine n’est en fait qu’un rappel à l’ordre.
En effet, dès le 26 novembre elle avait manifesté sa «préoccupation» au sujet de l’état de santé de Aminatou Haïdar.
«Washington demeure inquiet pour le bien-être et la santé de la militante sahraouie Aminatou Haïdar, lauréate du prix Robert F. Kennedy pour les droits de l’Homme 2008 et du prix 2009 du courage civil de la Fondation Train», avait souligné un précédent communiqué de la diplomatie américaine. Voilà qui vient remettre les pendules à l’heure à propos de la position de cette dernière, vis-à-vis du conflit du Sahara occidental, jugée promarocaine et en faveur du plan de large autonomie prônée par le Royaume alaouite. Il est de notoriété publique que l’Administra-tion Bush l’avait soutenu. En visite au Maroc au début du mois de novembre 2009, la nouvelle secrétaire d’Etat américaine a laissé entendre que la position de son pays n’avait guère évolué à ce sujet. Ses déclarations ont-elles été interprétées? La presse et les officiels marocains y avaient, en tous les cas, applaudi à tout rompre. «Il s’agit d’un plan, qui, vous le savez, a été amorcé sous l’Administration Clinton. Il a été réaffirmé sous l’administration Bush et il demeure la politique des Etats-Unis sous l’administration Obama. Actuellement nous soutenons le processus des Nations unies, car nous estimons qu’un règlement pacifique des difficultés qui existent avec vos voisins de l’est, du sud, de l’ouest servira les intérêts de tout le monde…Je ne veux pas qu’il y ait de doute, dans la région ou ailleurs, au sujet de notre politique qui demeure inchangée», avait déclaré dans une interview accordée à l’agence de presse officielle MAP, Hillary Clinton, en marge de la sixième réunion ministérielle du Forum pour l’Avenir qui s’est tenu à Marrakech du 2 au 3 novembre 2009. Nul n’ignore que le président américain, qui vient d’être distingué du prix Nobel de la paix, a été sollicité dès le début de son mandat par de nombreux sénateurs démocrates emmenés par leur emblématique chef de file, disparu le 25 août dernier, pour soutenir la tenue d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. «Alors que vous entamez votre mandat, nous vous demandons instamment ainsi qu’à votre administration d’agir pour soutenir le peuple du Sahara occidental dans son droit à l’autodétermination à travers l’organisation d’un référendum libre, juste et transparent» avaient écrit à Barack Obama, Ted Kennedy et ses compagnons. Aminatou Haïdar qui symbolise plus que tout le rêve de liberté du peuple sahraoui à travers la farouche résistance qu’elle oppose aux forces de répression marocaines, tout en courant le risque d’y laisser sa vie, a soulevé l’admiration de la communauté internationale.
Leur mise à l’index et leur condamnation sont unanimes. L’organisation américaine Human Rights Watch, qui vient de saisir le Commissariat européen des droits de l’homme a manifesté, à son tour, sa préoccupation quant à la situation dramatique que vit Aminatou Haïdar suite à son expulsion par le Maroc. «Human Rights Watch exprime son inquiétude car les autorités espagnoles n’ont pas aidé la militante sahraouie à rentrer chez elle. Cette expulsion est une atteinte au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination…», a conclu le communiqué de l’organisation internationale. (L’Expression-14.12.09.)

**Hillary Clinton s’implique dans le cas Aminatou Haïder

1 À la demande de l’Espagne, qui a sollicité le concours des États-Unis, la secrétaire d’État US aux Affaires étrangères devait réunir, hier à Washington, les chefs de la diplomatie marocaine et espagnole pour trouver une issue à la crise provoquée par la grève de la faim de la militante sahraouie des droits de l’Homme.

Devant l’entêtement du Maroc, qui refuse de laisser Aminatou Haïder retourner chez elle à Al-Ayoune, Madrid a sollicité l’ONU et les États-Unis pour l’aider à trouver une solution à cette affaire qui a pris des proportions internationales, qui la mettent dans une situation inconfortable vis-à-vis de la communauté internationale de par sa position d’ancienne puissance coloniale du Sahara occidental.
En effet, incapable de raisonner Rabat, l’Espagne s’est résignée à demander à Washington de venir à son secours pour ne pas avoir à encaisser seule les retombées d’un éventuel décès de “pasionaria” sahraouie, plus que jamais déterminée à aller jusqu’au bout de sa revendication. Prenant les choses en main, Hillary Clinton a appelé hier les ministres des Affaires étrangères espagnol  et marocain à une réunion  dans l’espoir d’aboutir à une sortie de crise.
Il ne fait aucun doute que l’administration demeure un des rares membres de la communauté internationale en mesure de faire plier le Maroc, si l’on excepte la France, qui fait la sourde oreille. Il faut dire que l’échec patent de la diplomatie espagnole de trouver une solution à l’affaire Aminatou Haïder ne laissait guère de choix au gouvernement Zapatero que de se tourner vers les États-Unis dans l’espoir de faire entendre raison au Maroc, qui n’a accordé aucun crédit aux appels du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon pour dénouer la crise. Hillary Clinton, qui a fait part, il y a quelques jours, de sa “vive inquiétude devant la détérioration de l’état de santé de Mme Haïder”, devra faire preuve de davantage de pression sur Rabat pour espérer lui forcer la main et éviter une mort certaine de la militante sahraouie des droits de l’Homme. En effet, le département d’État US n’a pas caché que Washington “demeure inquiet pour la santé et le bien-être de la militante sahraouie Aminatou Haïder, lauréate du prix Robert-F. Kennedy pour les droits de l’Homme 2008 et du prix 2009 du courage civil de la Fondation Train”, tout en ajoutant que “nous demandons instamment la détermination rapide de son statut légal et le plein respect du processus et des droits de l’Homme”. L’initiative de la secrétaire d’État américaine intervient après les nombreux appels du président sahraoui Mohamed Abdelaziz en direction des personnalités influentes de la planète, à l’instar du secrétaire général de l’ONU, du président Barack Obama, du président français Nicolas Sarkozy, du pape Benoît XVI, du roi d’Espagne Juan Carlos 1er, et de la reine d’Angleterre Elizabeth II, pour sauver la vie d’Aminatou Haïder. En dépit de l’opiniâtreté des responsables marocains, le Front Polisario s’est déclaré prêt à poursuivre les négociations avec le Maroc sur l’avenir du Sahara occidental sous l’égide de l’ONU si “des conditions favorables” sont réunies. Le secrétaire général du Front Polisario Mohamed Abdelaziz a néanmoins estimé que ces “conditions favorables” au succès des négociations pour une solution au conflit ne peuvent être réunies que “loin de la logique d’escalade, de répression sauvage, des arrestations, des procès arbitraires (…) imposée par le gouvernement marocain aux citoyens et aux militants sahraouis”. Il a, toutefois, réaffirmé “la disponibilité du Polisario à une coopération constructive avec l’ONU (…) pour la reprise des négociations directes avec le gouvernement marocain, afin de garantir au peuple sahraoui son droit inaliénable à l’autodétermination, conformément à la légalité internationale et aux décisions du Conseil de sécurité”. Dans ce cadre, le président sahraoui sollicite “une intervention immédiate pour mettre un terme à la large campagne d’arrestations et de procès arbitraires” menée par le Maroc au Sahara occidental. (Liberté-15.12.09.)

*****Aminatou Haïdar…Une militante pas comme les autres

« Aminatou n’a pas de problème, c’est le Maroc qui en a un. Et il peut le résoudre, il devra le résoudre, non seulement à cause d’une frêle jeune femme, mais aussi à cause de tout un peuple qui ne se rend pas, parce qu’il ne peut comprendre cette irrationalité, ni cet appétit expansionniste qui appartient à un autre temps, à un autre stade de la civilisation. » Lettre à Aminatou Haïdar de José Saramago, prix Nobel de littérature 1998, lue 14 samedi novembre à Lanzarote.Une femme qui vaut son pesant de poudre. Son visage émacié, sa frêle silhouette, son charisme, son engagement hanteront à jamais le Palais royal. « Mes enfants pourront vivre sans mère mais pas sans dignité. » Aminatou Haïdar n’a décidément rien d’une militante indépendantiste ordinaire. « Elle ne se fixe aucune limite. Un tempérament de kamikaze sans en être une pour autant, car elle se sait trop précieuse pour son peuple », parle d’elle Fatimatou, une infirmière espagnole, Gouroutse Irisar de son vrai nom, engagée dans la lutte sahraouie depuis plus de trente années. 42 ans, divorcée, mère de deux enfants en bas âge, un air de Gandhi. La ressemblance avec la légende indienne est plus vraie que flatteuse. Son parcours de militante pacifiste, d’ambassadrice itinérante de la cause sahraouie, est des plus détonants. Elle fait mal au régime marocain. Plus que la critique des armes, l’arme de la critique dans toute sa superbe. M’hamed Khedad est tout fier de sa protégée. Comme tous ceux qui, connus ou illustres inconnus, viennent saluer ici, à Arrecife, capitale de l’île de Lanzarote, devenue en l’espace de quelque jours La Mecque des hommes et femmes libres, le combat de la Gandhi sahraouie, le coordinateur sahraoui auprès de la Minurso ne tarit pas d’éloges sur Aminatou. « Elle réussit, dit le négociateur du Polisario à Manhasset, là où les armes ont échoué. Haïdar, un infinitésimal grain de sable qui a enrayé toute la machine de propagande marocaine. C’est notre plus grande victoire. Plus belle que toutes celles qu’on aurait pu avoir sur le champ de bataille ». « Elle est habitée, profondément, par la cause, les idéaux de justice, de liberté qu’elle défend depuis sa frêle jeunesse. » Ali Salem, doyen des journaliste sahraouis, ancien de la radio et télévision algérienne, boit, sans modération, ses paroles. Une parole d’Evangile. Depuis 2006, année où la présidente du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme (Codesa) quitte les territoires occupés, Aminatou Haïdar sillonne les capitales mondiales, enchaîne conférences, meetings et forums, en Suède, en France, en Italie, En Espagne, aux Etats-Unis. La American Friends Service Committee a proposé, l’année passée, sa nomination au prix Nobel de la paix. Elle décroche de prestigieuses distinctions et prix de renoms internationaux. Une douzaine au total. Le prix de la fondation Robert Kennedy, fondation connue pour son soutien au peuple sahraoui (2008), le prix de la US-Western Sahara foundation, le prix Silver Rose 2007 de « Solidar », une alliance internationale indépendante de 42 ONG de 20 pays européens, le prix Juan Maria Bandres pour la défense du droit d’asile, le Freedom Award 2006, décerné par l’association américaine Defense Forum Foundation, etc.En novembre dernier, quelques semaines avant sa « déportation » vers les îles Canaries, elle recevait à New York le prix du Courage Civil décerné par la Fondation John Train. Le 13 novembre, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer chez elle, son courage est de nouveau mis à l’épreuve. Sa destination, Laâyoune, sa ville natale au Sahara occidental, une zone sous administration espagnole jusqu’en 1975, occupée par la suite par le Maroc. L’ONU l’a classée comme territoire « non autonome » et a déployé des casques bleus sur place en 1991 dans l’attente d’un référendum sur son futur statut qui tarde à venir. Un « tank » nommé Aminatou C’est là qu’elle réside, avec sa mère et ses deux enfants. Le journaliste Pedro Barbillo était avec elle, vendredi 13 novembre, dans l’avion qui la transportait des îles Canaries vers l’aéroport Hassan II à Laâyoune. « Elle était zen. C’était une image incroyable. Elle disait qu’elle allait être arrêtée dès son arrivée à Laâyoune, que le Maroc ne lui pardonnera jamais ses témoignages sur les violations des droits de l’homme mais elle y est allée quand même. Nous l’avons accompagné moi et Pedro Guillen (aussi journaliste espagnol, ndlr). « C’est dans les conditions extrêmes qu’il faudrait se montrer libre », nous disait-elle, avant qu’elle ne soit arrêtée et reconduite aux îles Canaries. Lors de son passage au poste de police des frontières, Aminatou présente son passeport et sa fiche de débarquement. Dans la case réservée à « l’adresse au Maroc », elle écrit « Sahara occidental ». Un crime de lèse-majesté. Elle sera arrêtée, interrogée toute la nuit par les services de police, les renseignements, le wali de la Sûreté nationale, le patron de la police judiciaire et le procureur du roi qui lui signifie qu’elle allait être renvoyée en Espagne où « elle devrait passer désormais le restant de sa vie ». Au petit matin, elle est embarquée de force dans l’avion, direction Lanzarote. Les autorités espagnoles, promptes à satisfaire les caprices marocains, ne se sont pas encombrées de scrupules à violer leurs propres lois. Elles accepteront, sans rechigner, d’admettre dans leur territoire une ressortissante étrangère voyageant, contre sa volonté, et sans passeport. Les deux journalistes, témoins gênants de la sordide collusion entre l’Espagne et le Maroc dans la gestion de cette affaire, seront refoulés et les enregistrements de leur caméra confisqués. Arrivée à Lanzarote, île la plus orientale de l’archipel des Canaries, Aminatou est débarquée manu militari par les policiers de la Guardia Civil. « Ils m’ont dit que je pourrais prendre un autre vol pour rentrer (…)mais quand je suis entrée dans l’aéroport de Lanzarote et que je suis allée prendre un billet, là , la police espagnole m’a dit non, tu n’as pas de passeport, tu ne peux pas sortir du pays. » Dans l’après-midi même, elle entame une grève de la faim. Une grève qui se poursuit toujours. Elle entame aujourd’hui sa 5e semaine de grève. C’est sa deuxième grève de la faim après celle de 2005, observée dans la sinistre « prison noire », El Kahla de Laâyoune, dans laquelle, elle a été jetée pendant 7 mois. Une grève de 42 jours, observée avec d’autres militants sahraouis, arrêtés suite à l’Intifadha de Laâyoune. Lors des manifestations auxquelles elle avait activement pris part, elle sera grièvement blessée à la tête, passée à tabac par les forces armées royales. L’image de Aminatou, la tête ensanglantée, avait fait à l’époque, le tour du monde.« La première fois que je l’ai vue, c’était à la télévision. En 1996 ; Aminatou était dans la même voiture que Mohamed Deddach, le plus célèbre des prisonniers de guerre sahraouis, plus de 20 ans dans les prisons marocaines. Elle tenait dans ses mains un tank en miniature, fabriqué par Deddach au cours de sa détention. Les foules de Sahraouis qui applaudissaient au passage le cortège, scandaient à tue-tête : Aminatou, Aminatou… Déjà, c’était elle, la star », raconte Amane Cheguafi, journaliste à la TV-Rasd. La vie de la Gandhi sahraouie n’a pourtant rien d’une doucereuse vie de star. Son histoire est tout, sauf romantique. Aminatou endurera, dans sa chair, l’occupation marocaine. Les prisons et centres secrets de détention à la réputation patibulaire, la torture, les traitements dégradants, les humiliations, Aminatou en aura tout vu. Tout connu. Elle en garde encore des séquelles indélébiles. « Elle a une vertèbre cassée. Un ulcère contracté en prison. Une plaie cicatrisée au niveau du crâne. Je m’étonne vraiment qu’elle soit encore debout. Il faut dire que mentalement, elle est une vraie force de la nature car sa constitution physique n’a rien d’exceptionnelle. Je la trouve même très faible », témoigne le Dr Chema Anda, coordinateur de l’aide sanitaire pour les camps des réfugiés sahraouis, et médecin de la plateforme de soutien à Aminatou Haïdar. Elle avait à peine 20 ans quand elle séjournera pour la première fois en prison. Une prison secrète située à 25 km à l’ouest de Laâyoune, « El Bir » (le puits). Elle y passera quatre longues années. Elle était portée disparue. « Nous n’avons eu aucune nouvelle d’elle pendant sa détention », affirme un de ses cousins, rencontré à Arrecife. En 1987, Aminatou Haïdar, issue d’une famille modeste, le père, mort très jeune, dans un accident de voiture, y est internée. Elle y subira les pires traitements. Des plus dégradants qu’elle contera pudiquement, dans ses témoignages. Dès sa libération, en novembre 1991, elle reprend la lutte politique. « Vous pouvez me tuer, mais vous ne pourrez jamais tuer mes principes », disait-elle. De l’insoumission, elle en a fait une religion. La nouvelle génération de militants sahraouis s’y identifie. L’icône sahrouie est née. Elle devient l’égérie d’un peuple en lutte pour son droit à l’autodétermination. « Aminatou représente la nouvelle génération de Sahraouis qui n’a pas connu la colonisation espagnole, qui a fait ses études au Maroc (elle est licenciée en littérature, ndlr), mais dont le cœur n’a jamais été conquis, contrairement au territoire, par les Marocains. La souffrance du peuple sahraoui se déclinait jusque-là en chiffres. Sans visage. Du moins jusqu’à maintenant. Désormais, Aminatou offre le sien. Le visage d’une femme, un peu fragile. Une mère, de deux enfants. Son parcours exceptionnel plaide pour elle, en cela qu’elle n’a jamais revendiqué quelque chose pour elle-même, mais a toujours demandé qu’on s’intéresse à la condition du peuple sahraoui. Aminatou a une histoire de souffrance, de lutte pour la dignité, elle n’utilise que la parole. Une parole forte, insoumise, que personne ne peut réellement humilier, même dans les conditions que vous constatez, ce parking d’autobus de l’aéroport dans lequel elle observe sa grève de la faim. Des conditions horribles pour toute personne, encore plus est pour une femme en grève de la faim. Fernando Peraita, comme beaucoup d’« amis du Sahara occidental » est sous le charme de la pasionaria sahraouie. Il est vrai qu’elle en impose. Un « vrai leader. La détermination personnifiée. Enfin une figure charismatique pour le peuple sahraoui », dit d’elle Omar Boulessane, un membre du bureau du Front Polisario. « Aucun homme, aucune femme, libres, ne voudraient la voir disparaître. Elle est trop précieuse pour nous, trop précieuse pour son peuple. Pas question qu’elle s’en aille trop tôt », souligne-t-il. Aujourd’hui, Aminatou Haïder est à son 29e jour de grève de la faim. Combien de jours lui reste-t-il à vivre ? (El Watan-15.12.09.)

**** Rabat ne peut exiger d’elle des «excuses», ni l’expression d’une allégeance au Trône.

A travers le monde entier, tous ceux qui se tiennent au courant de l’actualité savent très précisément ce que recouvre «l’affaire Aminatou Haidar».

Une militante sahraouie des droits de l’Homme rentre chez elle à Laayoune sous occupation marocaine, elle est empêchée d’accès et expulsée vers les Canaries par des fonctionnaires marocains qui appliquent à la lettre les ordres du Roi, qualifiant de «traître» tout ceux qui ne reconnaissent pas la «marocanité du Sahara». Madrid se laisse embarquer dans un jeu marocain juridiquement intenable, en acceptant qu’Aminatou Haidar soit «expulsée» vers un territoire espagnol. Tout cela devait fonctionner parfaitement dans la pure tradition de l’arbitraire… Sauf qu’Aminatou Haidar ne cède pas. Elle veut rentrer chez elle, elle n’accepte ni la nationalité espagnole, ni un statut de réfugié politique et elle se met en grève de la faim. Une action de rupture qui révèle au monde entier l’arbitraire marocain et qui met dans un embarras extrême l’Espagne, ancienne puissance occupante du Sahara Occidental. Les juristes constatent une aberration juridique aussi évidente qu’absolue. Le Maroc est une puissance occupante au Sahara Occidental, sa souveraineté n’est pas reconnue par le droit international. Le roi du Maroc ne peut donc exiger d’une population sous occupation, et dont le sort relève toujours de l’Onu, de lui faire allégeance. Et encore moins d’en bannir les membres. En engageant une grève de la faim où elle risque de perdre la vie, Aminatou Haidar a contraint Madrid à se souvenir que le droit international existe. L’Espagne veut qu’Aminatou Haidar, comme le droit l’exige, revienne chez elle parmi les siens. Cette dame a tous les droits de retourner chez elle et Rabat ne peut exiger d’elle des «excuses», ni l’expression d’une allégeance au Trône. La situation est si peu ambiguë que même les «amis» occidentaux en arrivent à exprimer une franche réprobation de l’attitude de Rabat. Tous les Etats, y compris le bienveillant parrain français, savent que le dossier du Maroc est indéfendable.  

Le «complot ourdi»

 La présidence suédoise de l’Union européenne exprime très clairement un consensus européen en exigeant du Maroc de «respecter ses obligations internationales relatives aux droits de l’Homme et à coopérer avec les autorités espagnoles, afin qu’une solution positive puisse être trouvée concernant sa situation». Plutôt que de répondre à ces exigences internationales pressantes, Rabat, après avoir jusqu’ici fonctionné sur mode arbitraire, a carrément basculé sur mode ridicule. L’affaire Aminatou Haidar ne serait pas la conséquence d’une expulsion illégale d’une ressortissante sahraouie de son pays, mais d’un vaste «complot ourdi» par l’Algérie. C’est ce qu’affirme, sans rougir, le ministre marocain de la Communication, Khalid Naciri, qui parle de « un complot systématique, méthodique, ourdi par l’Algérie».

 Si l’on suit la logique étrange de cet argumentaire – d’une inanité confondante – ce seraient donc les «services» algériens ou la diplomatie algérienne qui auraient suggéré aux cerbères marocains qui officient à Laayoune d’empêcher Aminatou Haidar de rejoindre les siens et de l’expulser vers les îles Canaries. Et, bien entendu, Mme Aminatou Haidar, qui n’accepte pas que des occupants sans droit ni titre l’empêchent d’entrer chez elle, ne serait qu’une «comploteuse», une «traîtresse» au service de l’Algérie. Le ridicule est complet. A partir de l’occultation de l’acte arbitraire initial, le porte-voix du gouvernement marocain construit un scénario tiré par les cheveux. Ainsi donc, le «timing» de la grève de la faim de Mme Haidar n’est pas une conséquence immédiate, vérifiable par tout un chacun, d’une mesure d’expulsion illégale ordonnée par le Maroc. Non, ce «timing» découlerait d’une position de «faiblesse» de l’Algérie face au plan d’autonomie marocain «qui est bien accueilli par la communauté internationale».

«Arguments creux»

 Quel est donc le rapport entre une supposée grande victoire du plan marocain au niveau international et l’expulsion d’une dame qui rentrait dans sa patrie après avoir reçu, à New York, un prix de la Train Foundation pour son engagement non violent en faveur des droits de l’Homme ? Si le Maroc est convaincu que son plan est si puissamment soutenu au niveau international, pourquoi s’en prendre aussi brutalement – priver quelqu’un du droit d’entrer dans son propre pays est un acte de violence – à Mme Haidar ? Les arguments du ministre marocain sonnent creux. Il tente même de se moquer de l’intelligence des Espagnols en présentant l’affaire Haidar comme un «complot machiavélique» contre le Maroc et l’Espagne. «Le Maroc et l’Espagne sont victimes d’un plan machiavélique et nous sommes attristés, désolés, de constater que l’on essaie de manipuler l’opinion publique internationale avec cette affaire (…). Nous sommes solidaires de l’Espagne, elle peut être assurée de l’amitié et de la considération du Maroc». Gageons que Madrid, qui tente de se sortir de l’outrageante violation du droit international dans laquelle Rabat l’implique, aura de la peine à y croire… Il est pourtant simple de mettre fin au présumé «complot machiavélique» algérien: que Mme Haidar rentre chez-elle, dans son pays, parmi les siens. (le Quotidien d’Oran-15.12.09.)
 

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**les élus du monde se mobilisent pour la cause sahraouie

**Ils sont venus d’Espagne, de France, d’Italie, de Suisse, du Brésil, d’Uruguay, d’Afrique du Sud, de l’Ouganda, du Ghana, de Namibie, du Botswana, du Kenya et même du fin fond de l’Australie, pour dire « basta » à l’occupation du Sahara occidental par le Maroc.

Mais également pour soutenir la résistante sahraouie, Aminatou Haïdar dans son combat héroïque contre le régime occupant de « sa majesté ». Pas moins de 360 élus et maires, représentant une trentaine de pays, se sont donc donné rendez-vous, hier à Alger, dans le cadre de « la Conférence internationale des villes jumelées et des villes solidaires avec le Sahara occidental », pour débattre de la lutte du peuple sahraoui pour son droit à l’autodétermination. Et comme cette conférence intervient dans un contexte très particulier, marqué par la grève de la faim que mène l’icône de la lutte du peuple sahraoui, Aminatou Haïdar, les élus, présents à Alger, ne parlaient que du courage de cette femme-symbole. Les intervenants ont dénoncé à l’unanimité le Maroc, qui « continue à violer gravement les droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés ». Ils ont tenu à exprimer leur soutien indéfectible à Aminatou Haïdar, qui entame sa quatrième semaine de grève de la faim. Et pour rendre hommage à son combat, les participants ont désigné symboliquement la « Gandhi sahraouie », présidente de la conférence. Une messe contre l’occupant Du haut de la tribune de la conférence qui se déroule sous un chapiteau à l’hôtel Mazafran (ouest d’Alger), le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a vivement dénoncé le comportement des autorités marocaines qui « tournent le dos à la légalité internationale et qui persistent dans leur logique colonialiste, en violant systématiquement les droits de l’homme dans les territoires occupés ». Le responsable de la RASD n’a pas ménagé, par ailleurs, le gouvernement espagnol, qu’il accuse de « complicités avec le Maroc ». De son côté, l’infatigable Pierre Galand, président de la Coordination européenne de solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco), a déclaré : « Le Maroc poursuit sa politique de fuite en avant pour tenter de détourner l’opinion internationale sur les violations systématiques des droits de l’homme dont il s’est rendu coupable dans les territoires occupés du Sahara occidental. » Lui succéda à la tribune, le président de l’Union générale des villes et cités africaines, le Sud-Africain Smangalison Mkhatshawa, qui a dénoncé les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés par le Maroc. Il a aussi appelé les grandes puissances dans le monde à exercer des pressions sur le Maroc pour qu’il « permette à Aminatou Haïdar de retourner chez elle et procède immédiatement à la libération de tous les détenus politiques sahraouis ».

Aminatou rapproche Sydney… 

Mais le clou de cette première journée aura été l’intervention du maire de Sidney (Australie), Jimmy Parker Thomas. Il s’est dit « scandalisé » par ce qui arrive à la militante sahraouie. J. Parker Thomas, qui a traversé la moitié de la planète, a estimé que « ce qu’Aminatou Haïdar endure illustre parfaitement la politique de répression qu’exerce l’occupation marocaine sur le peuple sahraoui ». Même indignation chez le député-maire Jean Paul Le Coq, du Parti communiste français. Tout en condamnant le comportement des autorités marocaines, le député a exhorté la communauté internationale et les militants des droits de l’homme « à ne pas laisser la militante Aminatou Haïdar toute seule dans le combat qu’elle mène au nom de tout un peuple ». Le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mahrez Lamari, qui a ouvert les travaux de la conférence, a estimé quant à lui que « la grève de la faim d’Aminatou ne fera qu’encourager le peuple sahraoui à poursuive sa lutte pour son autodétermination ». Pour rappel, la conférence constitue un forum pour débattre, deux jours durant, de plusieurs questions en rapport avec la lutte du peuple sahraoui. Les participants se pencheront, entre autres, sur « Les fondements juridiques de la question sahraouie » et « Le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Il sera également question de « La spoliation systématique des richesses naturelles du Sahara occidental par le Maroc », ainsi que de « La situation des réfugiés sahraouis et l’assistance humanitaire internationale ».(El Watan-14.12.09.)

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**Pétition internationale pour un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Telle est la résolution principale retenue, hier, dans la «la Déclaration d’Alger des élus locaux du monde pour la solidarité avec le peuple sahraoui». Laquelle déclaration a sanctionné la conférence internationale des villes jumelées et des villes solidaires des villes sahraouies, tenu en début de cette semaine, dans la capitale.
Ainsi, pas moins de 360 élus venus de 31 pays ont décidé de faire pression sur les gouvernements et les instances internationales pour l’application des résolutions de l’ONU. «Nous, participants à la conférence, décidons d’adresser au secrétaire général de l’ONU, et au président du Conseil de sécurité, une pétition pour exiger l’organisation transparente d’un référendum d’autodétermination», lit-on dans la déclaration. Dans ce sens, les participants entendent saisir urgemment les institutions internationales, européennes, africaines, asiatiques, océaniques, confessionnelles pour qu’elles s’impliquent en faveur de la cause sahraouie.
Cela dit, les «élus locaux du monde», ont qualifié la proposition marocaine de «large autonomie pour le Sahara occidental» de «fuite en avant» de la monarchie chérifienne. Par ailleurs, ces derniers ont lancé une pétition de soutien à la militante sahraouie, Aminatou Haïdar.
A propos de cette dernière, Mohamed Abdelaziz a appelé, samedi, le pape Benoît XVI à lancer un appel à l’adresse du gouvernement marocain «pour l’amener à se conformer à la légalité internationale». Alors que le soutien international à la cause sahraouie s’élargit, la monarchie alaouite accentue l’oppression sur les militants sahraouis.
Dans sa furie, la justice marocaine n’épargne pas les mineurs. Jeudi dernier, le tribunal de première instance de Guelmim, dans le sud du Maroc, a prononcé des peines de un à trois ans de prison ferme contre neuf détenus politiques. Selon les informations du ministère des Territoires occupés et de la Communauté sahraouie, un mineur figurait parmi les mis en cause. Ainsi, ces derniers ont payé la rançon de leur participation à des manifestations de soutien à Aminatou Haïdar et les sept militants sahraouis des droits de l’homme arrêtés qui croupissent dans les geôles marocaines. C’est dire que la conférence d’Alger intervient dans un contexte crucial de la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance.(L’Expression-14.12.09.)

*****Le droit à l’indépendance,de Martine Froberville

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 Sahara occidental : Le droit à l’indépendance, ce livre de Martine de Froberville, paru aux éditions Anep, ne pouvait tomber mieux (ou pire) dans un contexte marqué par l’inhumaine expulsion de la militante sahraouie Aminatou Haïder de sa patrie.

Cette femme-courage qui observe la grève de la faim depuis bientôt un mois, symbolise à elle seule la lutte permanente du peuple sahraoui pour son autodétermination. Elle donne un immense crédit à ce déni de droit expliqué de long en large dans l’ouvrage très documenté de Martine Froberville. Face à un monde ébahi qui découvre, 35 ans après, le visage hideux de la colonisation marocaine au Sahara occidental, avec cette mise à nu offerte par la pacifiste Aminatou, le livre de Martine Froberville propose une immersion historique, politique, sociale, économique et diplomatique dans une cause qui ne peut que triompher. L’auteur nous donne, en effet, l’occasion de comprendre la question sahraouie depuis le début de la colonisation espagnole jusqu’aux dernières résolutions onusiennes. C’est un document indispensable pour celui qui veut se faire une idée objective sur le dernier territoire non autonome que le Maroc voudrait annexer quoi qu’il lui en coûte. C’est une récapitulation historique d’un conflit jalonné de « trahisons » et de « promesses non tenues » pour l’indépendance du peuple sahraoui.

Vade-mecum de la cause Sahraouie

Tout au long des 282 pages, l’auteur montre, preuve à l’appui, comment une « question simple de décolonisation », celle du Sahara occidental, « a été tellement dévoyée » que toutes les résolutions ou recommandations des instances internationales (ONU, OUA, Cour internationale de justice) sont restées lettre morte 46 ans durant. Il relève aussi comment l’Espagne, premier colonisateur du Sahara occidental, après avoir annoncé son intention d’organiser un référendum d’autodétermination des Sahraouis au premier semestre 1975, a « laissé tomber » ce peuple, laissant le champ libre au Maroc qui a occupé ce territoire. Martine Froberville écrit que le 16 octobre 1975, l’Espagne affirmait qu’« il n’existe aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental, d’une part, le royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien, d’autre part ».

Du MLS au Polisario

Et de préciser que l’Espagne de Francisco Franco n’a pas, pour autant, accompagné ce peuple vers son indépendance. Bien au contraire. L’auteur a retracé également la genèse de la prise de conscience du peuple sahraoui pour recouvrer son droit à l’autodétermination. A commencer par le Mouvement de libération sahraoui (MLS) avant que le Front Polisario ne voie le jour. Pour Martine Froberville, les Sahraouis ont fini par comprendre que la solution pacifique n’est pas forcément la méthode appropriée pour faire entendre raison aux colonisateurs. C’est ainsi que les Sahraouis vont déclarer la guerre d’indépendance successivement à l’Espagne, puis aux deux agresseurs, le Maroc et la Mauritanie. Si les Sahraouis ont pu forcer les Espagnols et les Mauritaniens à quitter leur territoire, tel n’est pas encore le cas pour le 3e envahisseur. Pourquoi ? Martine Froberville passe en revue les différentes résolutions onusiennes et les conventions internationales violées par le Maroc au nez et à la barbe de l’ONU et de la communauté internationale. Et au-delà de cette spoliation de la terre, le livre montre la face cachée des pratiques inhumaines de Rabat contre le peuple sahraoui pour le forcer à lever le drapeau blanc de la capitulation. « Le Maroc s’est rendu coupable des pires outrances : disparitions forcées, assassinats, tortures, enfermement de ses prétendus sujets », écrit Martine Froberville. Un constat d’une brûlante actualité avec ces dizaines de militants sahraouis qui croupissent dans les gêoles marocaines et qui attendent que la main lourde du roi s’abatte sur eux. Leur crime ? Ne pas reconnaître la « marocanité » de leur pays ! Et au Maroc cela ??? à une qualification : crime de lèse-majesté ! Au propre et au figuré. C’est dire que l’ouvrage de Martine Froberville qui a déjà publié en 1996, Sahara occidental : la confiance perdue, peut servir de « livre de chevet » à tous les sympathisants de la cause sahraouie mais aussi à tous ceux qui veulent simplement comprendre ce conflit. (El Watan-14.12.09.)

Martine Froberville
- Le Sahara occidental : Le droit à l’indépendance. Edition Anep

***********Pierre Galand. Président de la Coordination européenne de solidarité avec le peuple sahraoui (EUCOCO)

« Le Maroc s’est tiré une balle dans le pied »

 Aminatou Haïdar a mobilisé toute l’opinion internationale. Il s’agit là d’un tournant dans la lutte du peuple sahraoui. Qu’en pensez-vous ? Absolument, c’est ce qu’il faut dire en pareille circonstance. Aminatou Haïdar est une résistante qui revendique courageusement et de manière pacifique son droit légitime de vivre dignement sur une terre libre et indépendante. Cette grande militante, grâce à son courage et à sa détermination, a pu remettre la question du Sahara occidental au devant de la scène internationale. Depuis qu’elle a engagé cette bataille contre l’occupant, toute la presse mondiale ne parle que d’elle et, par ricochet, de la lutte du peuple sahraoui pour son droit à l’autodétermination. Le monde entier découvre à l’occasion de cette grève comment le Maroc viole, depuis 1975, les droits d’un peuple digne qu’est le peuple sahraoui. En refoulant Aminatou Haïdar, le Maroc se tire une balle dans le pied. Je pense que le peuple sahraoui, qui a lutté depuis 1975 jusqu’à 1991, les armes à la main, puis diplomatiquement, est arrivé à un point tel qu’il ne peut plus accepter de faire d’autres concessions. Abandonné par les Nations unies, il va certainement radicaliser son action et si l’impasse perdure, il reprendra les armes pour recouvrer sa souveraineté et sa liberté. Aminatou Haïdar est ce grain de sable qui a bouleversé le monde entier et qui a rappelé qu’un peuple se fait massacrer quotidiennement.
- Malgré une mobilisation internationale, le régime du Maroc ne veut rien entendre…
- Ecoutez, j’ai rarement vu un occupant qui a fait preuve d’humanisme. Il faut que la communauté internationale réagisse sérieusement pour mettre un terme à l’occupation du Sahara occidental, une des dernières colonisations dans le monde. La communauté internationale n’a pas le droit de laisser cette situation perdurer. Elle a le devoir d’agir et de faire respecter la légalité internationale. Il est vrai que nous avons vu comment le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU réagir fermement dans un message très clair. Maintenant, le secrétaire général de l’instance onusienne est mis devant ses responsabilités historiques. La balle est dans son camp. Il doit, en urgence, élargir la Minurso aux questions des droits de l’homme, car beaucoup de militants sahraouis périssent dans les bagnes marocains.
- L’Espagne est aussi montrée du doigt dans l’affaire Haïdar…
- L’Espagne s’est mal pris dans cette affaire, elle a la patate chaude entre ses mains… On est en face d’un cas grave de violation de l’un des droits les plus fondamentaux des droits de l’homme. Avec l’amplification du mouvement de solidarité, l’Espagne est prise dans un piège, d’autant plus qu’elle s’apprête à présider l’Union européenne. Il est scandaleux pour Madrid d’entamer sa présidence de l’UE, avec sur son sol un cas grave de violation des droits de l’homme. Je lance un appel au parlement espagnol pour qu’il puisse s’exprimer et évoquer l’article 2 qui stipule que tout partenariat avec l’Union européenne doit être lié au respect des droits humains et du droit humanitaire, notamment découlant des résolutions de l’Organisation des Nations unies. Je sais que le parlement européen se prononcera la semaine prochaine sur cette question.
- Ne redoutez-vous pas une fin tragique de l’action que mène Aminatou Haïdar ?
- Comme tout le monde le sait, dans toutes les luttes pour la liberté et l’indépendance, les gens donnent de leur vie. Et je trouve cela très noble et Aminatou Haïdar fait partie de ces femmes et hommes épris de justice et de liberté, qui sont prêts à se sacrifier pour une cause juste. Par son action, elle a anobli la cause sahraouie. Si elle vient à en mourir, d’autres Aminatou vont se lever et reprendre le flambeau de la lutte. Quand je vois l’héroïsme de cette femme, qui, faut-t-il le rappeler, a été torturée pendant 4 ans, je me rappelle ces femmes vietnamiennes qui se sont fait massacrer au napalm. Donc, la détermination d’Aminatou donne du courage et de l’espoir. (El Watan-14.12.09.)

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**LE MAHATMA GANDHI, BARACK OBAMA, AMINATOU HAÏDAR
Trois poids, trois mesures

«Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abri que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie?» «Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer.»
Le Mahatma Gandhi

Barack Obama a reçu officiellement, ce 10 décembre 2009 à Oslo, son prix Nobel de la paix. Empêtré dans deux conflits en Irak et en Afghanistan, il est néanmoins distingué par l’académie norvégienne du prix Nobel. C’est, dit-on, une héroïque infirmière militaire britannique, qui convainquit Alfred Nobel de créer un prix de la paix pour compenser le mal fait par la dynamite dont il était l’inventeur. Or, parmi les lauréats qui ont reçu le prix depuis sa création, en 1901, quelques-uns ne s’étaient pas montrés particulièrement rétifs à l’utilisation militaire des explosifs. À commencer par le président américain Théodore Roosevelt, prix Nobel en 1906 qui, en dépit de son aimable sobriquet de «Teddy», était un militariste avéré, de même que certains en vrac: l’Egyptien Anouar al-Sadate, l’Israélien Menahem Begin, le Palestinien Yasser Arafat, l’Américain Henry Kissinger, ou encore le Vietnamien Le Duc Tho, qui devait, lui, prudemment le décliner. Avec 21 prix Nobel de la Paix à ce jour, les Etats-Unis détiennent le record du genre, devant le Royaume-Uni et la France. Mais de Jimmy Carter à Barack Obama, Washington aura initié nombre d’opérations militaires dans le monde entier, parfois comme en Irak, sans motifs justifiables a posteriori. Les archives du comité Nobel s’ouvrant au bout de 50 ans, on connaît maintenant les finalistes auxquels le prix a échappé dans la dernière évaluation. Ainsi Adolph Hitler a-t-il été proposé en 1939, Mussolini en 1935 et Staline par deux fois, en 1945 et 1948.

Le Nobel de la paix au pays de la guerre
On sait aussi que le Nobel est avant tout une récompense de ceux qui sont dans la mouvance de la doxa occidentale. Pendant la guerre froide, toutes les méthodes de déstabilisation de l’Union soviétique ont été utilisées. Souvenons-nous du prix Nobel de littérature attribué à Boris Pasternak pour un manuscrit sorti de derrière le rideau de fer, par la CIA, dans des conditions rocambolesques. Souvenons-nous de Soljenitsyne à qui on a attribué le prix Nobel pour lui donner une réputation d’intouchable et qui fut par la suite récupéré par l’Ouest. Ce fut par la suite durant l’ère Reagan, l’électricien Lech Walesa qui déstabilisa la Pologne, eut le prix Nobel, devint président mais ne fit pas illusion trop longtemps, il fut balayé au bout d’un mandat. Ce fut aussi Mgr Belo [inconnu jusqu’alors] qui eut à lutter contre l’Indonésie pour l’indépendance de son île, le Timor oriental, et le prix Nobel lui a donné une dimension planétaire. Je citerai pour mémoire les deux prix Nobel de la honte acceptés par Sadate et Arafat pour reddition en rase-campagne devant Israël. Seul Jean-Paul Sartre eut la dignité et le courage de refuser le prix Nobel.
Peut-on recevoir le Nobel de la paix tout en faisant une guerre en Irak et en Afghanistan? Barack Obama n’a pas cherché à esquiver la polémique en recevant jeudi son prix à Oslo, en Norvège. Le président américain a accepté sa médaille avec «une profonde gratitude et humilité».
Relevant l’ironie qu’un président d’un pays «au milieu de deux guerres» reçoive le Nobel de la paix, le démocrate a souligné «la dure vérité qui veut que les conflits armés ne seront pas éradiqués de notre vivant». «Dire vouloir la paix ne suffit pas à l’obtenir», a asséné le président américain, ancien professeur de droit. «Si la paix est l’objectif, la guerre est parfois justifiée», a-t-il insisté. «Un mouvement non violent n’aurait pu stopper Hitler ou persuader Al Qaîda de déposer les armes», a-t-il cité en exemple. «Dire que la violence est nécessaire n’est pas cynique mais une reconnaissance de l’histoire et des imperfections de l’homme.» «Avec le sang de nos citoyens, nous avons oeuvré à un monde plus juste, de l’Allemagne à la Corée. Nous avons amené la démocratie dans les Balkans. Nous n’agissons pas par intérêt mais nous voulons un avenir meilleur pour nos enfants.»
Rappelant que la paix suppose non seulement le respect des droits politiques et civils mais aussi la «sécurité économique», le président américain a exhorté le monde à faire face au changement climatique et aider les pays pauvres. «Il faut tenter d’atteindre le monde tel qu’il devrait être, atteindre l’étincelle de divin qui est en chacun de nous», a lancé le chef d’Etat américain. «Nous pouvons comprendre qu’il y aura encore des guerres mais encore et toujours poursuivre la paix. Nous pouvons y arriver, c’est l’histoire du progrès humain.» Ovations de l’assistance.
Obama a défendu le concept de «guerre juste». Il se prend pour saint Thomas qui, dans «La Somme Théologique», définit les principes d’une guerre juste: «Si la paix est l’objectif, la guerre est parfois justifiée», a-t-il insisté. «Avec le sang de nos citoyens nous avons oeuvré à un monde plus juste de l’Allemagne à la Corée. Nous avons amené la démocratie dans les Balkans. Nous n’agissons pas par intérêt mais nous voulons un avenir meilleur pour nos enfants.» «Même confronté à un adversaire qui ne respecte aucune règle, les Etats-Unis doivent rester la référence en matière de respect du droit dans la conduite de la guerre.»
On l’aura compris: Obama étend sa guerre juste à l’Afghanistan et au Pakistan. «Il y a une semaine,écrit Barry Grey dans son discours de l’Ecole militaire de West Point, le président Obama cherchait à présenter son escalade de la guerre en Afghanistan comme un prélude à un retrait rapide des troupes américaines. Il est de plus en plus clair aujourd’hui que ce discours n’était rien de moins qu’un exercice visant à tromper la population. Mardi 8 décembre, le journal a rapporté qu’avant le discours d’Obama, son conseiller à la Sécurité nationale, le général James L.Jones, a rencontré le chef de l’armée pakistanaise et celui des services de renseignements et leur a dit qu’à moins que le Pakistan ne bouge rapidement pour étendre l’offensive militaire contre les insurgés au Baloutchistan et au Waziristan du Nord, «les Etats-Unis étaient prêts à agir unilatéralement pour étendre les frappes de drones Predator au-delà des zones tribales et, si nécessaire, recommencer les raids des forces spéciales d’opérations dans le pays contre Al Qaîda et les chefs talibans»(1).
Dans un éditorial parsemé d’arrogance impérialiste et publié mardi, le Times a demandé que les Pakistanais «arrêtent de chercher à gagner du temps et se lancent pleinement dans le combat». L’éditorial a poursuivi en déclarant qu’Obama se devait de persuader les Pakistanais que «les Etats-Unis seront là pour une longue période cette fois-ci». On voit se dessiner un programme d’agression militaire américaine sans précédent pour transformer l’Afghanistan et le Pakistan en protectorats américains. C’est ce que signifie la récente déclaration du conseiller à la Sécurité nationale, Jones selon qui: «Nous ne quittons pas cette région. Nos intérêts stratégiques sont immenses en Afghanistan et à l’est de l’Afghanistan, au Pakistan…»
«(…) La guerre en Afghanistan n’est qu’une partie de la stratégie mondiale de l’impérialisme américain pour assurer leur domination sur une région où le pétrole et le gaz naturel abondent et qui est d’une importance géostratégique cruciale pour la suprématie sur le continent eurasien. Les conséquences de cette nouvelle aventure seront catastrophiques pour les peuples de cette région qui subiront d’innombrables morts, la dévastation sociale et l’oppression néocoloniale.(1)»
Voilà donc la personnalité à qui le Comité Nobel, présidé par le mystérieux Thorbjorn Jagland, a remis un prix censé être un prix couronnant un combat incessant pour la paix et non pour une guerre incessante. Si l’attribution du prix Nobel de la paix, écrit Thierry Meyssan, a donné lieu à un concert de louanges parmi les dirigeants de l’Alliance atlantique, elle a aussi suscité le scepticisme dans le monde. Plutôt que de débattre des bonnes raisons qui pourraient a posteriori justifier ce choix étonnant, Thierry Meyssan expose la corruption du Comité Nobel et les liens unissant son président, Thorbjørn Jagland, aux collaborateurs d’Obama. «Ce matin, en écoutant les nouvelles, ma fille est entrée et m’a dit: ´´Papa, tu es prix Nobel de la paix´´» Telle est la touchante histoire que le président des États-Unis a raconté à des journalistes complaisants pour attester qu’il n’avait jamais souhaité cette distinction et en était le premier surpris. Sans chercher plus loin, ceux-ci ont immédiatement titré leurs journaux sur «l’humilité» de l’homme le plus puissant du monde.(2)

Pourquoi Gandhi n’a jamais eu le Nobel?
«À vrai dire, on ne sait ce qui doit le plus surprendre: l’attribution d’une si prestigieuse distinction à Barack Obama, la mise en scène grotesque qui l’accompagne, ou encore la méthode utilisée pour corrompre le jury et détourner ce prix de sa vocation initiale. (…) Ainsi, Barack Obama aurait été le plus méritant des militants de la paix en 2008 et n’aurait commis aucune atteinte majeure au droit international en 2009. Sans parler des personnes toujours détenues à Guantanamo et Bagram, ni des Afghans et des Irakiens confrontés à une occupation étrangère, qu’en pensent les Honduriens écrasés par une dictature militaire ou les Pakistanais dont le pays est devenu la nouvelle cible de l’Empire?» Il faut lire l’article de Thierry Meyssan pour comprendre les liens de l’administration avec le Comité Nobel, on ne sera pas alors surpris de cette attribution comme l’est Obama qui a beaucoup travaillé au Ghana avec le président du Comité Nobel…
Que penser alors de la politique de Obama si l’on se réfère à la non-violence de Gandhi qui a perturbé l’Occident au point de ne pas lui attribuer le prix Nobel? «Dès que nous perdons la base morale, écrit Gandhi, nous cessons d’être religieux.» «Les paroles de Mahomet sont un trésor de sagesse, pas seulement pour les musulmans mais pour l’humanité entière.» «Je suis hindouiste, je suis aussi un chrétien, un musulman, un bouddhiste et un juif.»
Gandhi pouvait admirer les avancées technologiques et le bien-être économique que donnait la civilisation occidentale moderne, mais pointait également ses lacunes et les nouveaux risques et besoins qu’elle apportait à l’individu. Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (Leur Civilisation et notre délivrance) où il fait la critique du développement et de la notion même de civilisation telle qu’idéalisée par la Grande-Bretagne et les Occidentaux, Gandhi montre que chaque progrès réalisé d’une part, correspond à une aggravation des conditions de vie, de l’autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu’elle a créé de nouveaux besoins liés à l’argent et impossibles à satisfaire, qu’elle accroît les inégalités et voue à l’esclavage une grande partie de l’humanité. Pour lui, ce type de civilisation est sans issue: «Cette civilisation est telle que l’on a juste à être patient et elle s’autodétruira.» Time Magazine a nommé Gandhi la «Personnalité de l’année» en 1930 et Gandhi fut derrière Albert Einstein comme «Personnalité du siècle» en 1999. Le magazine a désigné le dalaï-lama, Lech Wa³êsa, Dr Martin Luther King, Jr, Cesar Chavez, Aung San Suu Kyi, Benigno Aquino, Jr, Desmond Tutu et Nelson Mandela comme enfants de Gandhi et héritiers spirituels de la non-violence. Gandhi a été nommé en 1937, 1938, 1939, 1947 et 1948 au prix Nobel de la paix, mais sans jamais l’obtenir. Plus tard, certains membres du comité regretteront publiquement que le prix ne lui ait jamais été accordé. Le président du comité dira, au cours de la remise du prix au dalaï-lama en 1989, que le prix est remis en partie à la mémoire du Mahatma Gandhi.
Si le conflit du Sahara occidental intéressait l’Occident, si Aminatou Haïdar était chrétienne, toutes les foudres du monde s’abattraient sur le Royaune chérifien? La militante des droits de l’homme, qui eut plusieurs distinctions, a été persécutée et réprimée par les autorités marocaines à plusieurs reprises. En 1987, alors âgée de 21 ans, elle a participé à une manifestation dont le but était de demander l’organisation d’un référendum pour l’indépendance du Sahara. Elle a alors été mise en détention dans la prison pour une durée de 4 ans. En 2005, elle a été condamnée par la justice marocaine à un séjour de 7 mois dans une prison à Laâyoune. Pour les indépendantistes du Polisario, cette femme de 42 ans est «la Gandhi sahraouie». Une chose est sûre: Aminatou Haïdar, refoulée sans ménagement le 13 novembre de l’aéroport de Laâyoune – ville où elle habite avec ses deux enfants – en direction des îles Canaries, et, depuis, déclarée persona non grata au Maroc, est une militante déterminée.(…) La militante sahraouie est très affaiblie par ses 25 jours de grève de la faim. Elle a réaffirmé jeudi sa «revendication» de rentrer au Sahara occidental, «morte ou vivante, avec ou sans passeport», lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Lanzarote. A l’occasion de la Journée internationale des droits de l’Homme, elle a lancé «un appel urgent en faveur des droits de mon peuple, en faveur du peuple sahraoui». Mme Haïdar «ne peut être laissée mourir à petit feu sur un territoire européen», écrit Mohamed Abdelaziz dans une lettre adressée à M.Sarkozy. En 2008, l’Afsc, (Américain Friends Service Committee) a proposé sa nomination au prix Nobel de la paix. La lutte du peuple saharaoui est complètement escamotée au point de demeurer un conflit oublié. Il est à craindre que la militante meure et l’Occident portera à la fois dans cette mort injuste pour la paix et plus largement, une responsabilité quant aux souffrances du peuple sahraoui depuis 1975. (L’Expression-14.12.09.)

Pr Chems Eddine CHITOUR (*) Ecole polytechnique
(*) enp-edu.dz

1.Barry Grey -Samedi 12 Décembre 2009 http://thetruthorthefight.files.wordpress.com/2009/03/obama-terrorism-pakistan_0preview.jpg
2.Thierry Meyssan: Le dessous du prix Nobel de la paix 2009 -Réseau Voltaire 13 octobre 2009

 

9 réponses à “Sahara occidentale,la longue marche pour la liberté”

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