Genèse d’une occupation

*SAHARA OCCIDENTAL

GENÈSE D’UNE OCCUPATION

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Lors d’une conférence de presse avec son homologue marocain Abbas El Fassi, le Premier ministre français, François Fillon, vient de déclarer qu’un Accord était «absolument indispensable» pour mettre fin au conflit au Sahara Occidental. Fillon rajoutera : «Pour nous, le statu quo ne peut pas être un objectif, il faut un Accord, absolument indispensable pour le développement et la sécurité de la région», réitérant l’appui de Paris à la proposition d’autonomie marocaine, le chef de l’exécutif Français précisera , je le cite , « il nous semble être la base la plus pertinente pour sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons ». Ex- colonie espagnole, le Sahara Occidental a été annexé en 1975 par le Maroc, qui propose une large autonomie pour mettre fin au conflit. Rabat refuse l’indépendance, contrairement au Front Polisario favorable à la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.Le 15 octobre 1975, la Mission d’enquête de l’Onu publia son rapport tant attendu qui, au grand déplaisir des gouvernements marocain et mauritanien, concluait que la majorité de la population à l’intérieur du Sahara espagnol était manifestement en faveur de l’indépendance. Le lendemain, Rabat et Nouakchott éprouvèrent un nouveau choc lorsque la C.I.J. rendit public son avis consultatif, rejetant leurs revendications d’une souveraineté historique précoloniale sur le Sahara Occidental. La Cour conclut que les éléments et renseignements portés à sa connaissance n’établissent l’existence d’aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara Occidental d’une part, le Royaume du Maroc ou l’ensemble mauritanien d’autre part. l’instance indiquait que «La Cour n’a donc pas constaté l’existence de liens juridiques de nature à modifier l’application de la Résolution 1514 (XV) quant à la décolonisation du Sahara Occidental, et en particulier l’application du principe d’autodétermination grâce à l’expression libre et authentique des populations du territoire».

L’EXIL FORCÉ VERS TINDOUF
En 1976, l’invasion militaire du territoire Sahraoui entraînait de graves conséquences, car la population sahraouie était hostile à ses «nouveaux maîtres» et le Front Polisario leur opposait une résistance armée. À l’arrivée des troupes marocaines, les habitants des villes s’enfuyaient dans le désert, ne laissant que les femmes, les enfants et les personnes âgées ou incapables de partir. Les forces marocaines se livrèrent à des massacres de Sahraouis dans plusieurs villes (Jdiria, Haouza et Smara) et bombardèrent des camps de réfugiés près de Guelta-Zemmour en janvier 1976, à Tifariti le 19 janvier et à Oum Dreiga (au nord-est de Bir-Enzaran) les 18 et 23 février, faisant plusieurs centaines de morts et de blessés. Certains revinrent ensuite, mais beaucoup prirent la route de l’exil et se regroupèrent dans des camps de réfugiés. Maurice Barbier débute son ouvrage : «le conflit du Sahara Occidental» par le témoignage suivant, qu’il intitulera «L’exil, vers Tindouf» : Ce matin le soleil n’a pas sa force quotidienne. Nous nous disons, c’est peut-être la pluie. Et nous voyons le ciel s’obscurcir de grosses mouches très bruyantes. Le feu déchire nos paupières attentives. Nos tentes brûlent. Et les femmes agonisent. Les mouches portaient le métal de mort. C’est la désolation. Les corps s’entassent au creux des dunes. Tous les camps sont éventrés de bombes. Des familles isolées, il ne reste plus rien. La Saguia se recouvre de nos chairs calcinées. Et le Tîris s’enfonce dans de mortelles crevasses. Nos parents, nos amis, sont frappés, torturés. Quiconque n’a pas les doigts décorés de henné est aussitôt emprisonné. Quiconque ne sourit pas quand passent les blindés est attaché aux pylônes de l’électricité. (…) Mais c’est le bruit soudain de l’horreur. Le vacarme. Des avions crachent le napalm. Tifariti est calciné. En gémissant, nous ramassons nos morts et soignons les blessés. Le lendemain, alors que les nouvelles commencent à circuler, c’est Erni qu’ils bombardent. Les femmes et les vieillards brûlent sous le napalm. Les enfants agonisent de peur. La mort fait naître sur les pierres le souvenir d’un autre grand carnage. (…) L’occupation militaire du Sahara provoqua un exode croissant de réfugiés, qui étaient au nombre d’environ 40 000 au début de janvier 1976. La moitié se trouvait dans des campements dispersés dans le désert. L’autre moitié était hébergée dans des camps de fortune édifiés en Algérie, dans la région de Tindouf. Leurs conditions de vie étaient qualifiées de « tragiques » par le Comité international de la Croix- Rouge, d’autant plus qu’il y avait beaucoup d’enfants parmi eux. Le Polisario a voulu faire échapper le plus grand nombre possible de Sahraouis à l’emprise des envahisseurs marocains. Au milieu de beaucoup de difficultés, il a assuré leur passage en territoire algérien et leur regroupement dans la région de Tindouf, où ils furent bientôt 40 000 environ. Les réfugiés y vivaient dans une grande misère et dans le dénuement le plus complet, attendant les secours internationaux. On les a même désignés comme les «Palestiniens du Maghreb». http://www.saharaoccidental.com/pages/ informer

ENTREPRISE DE GÉNOCIDE
Après un séjour dans les camps de réfugiés, la Fédération internationale des droits de l’Homme déclara à Alger, le 18 février 1976, que le peuple sahraoui était victime d’une véritable entreprise de génocide, du fait de l’occupation de son territoire par les troupes marocaines et mauritaniennes. Elle dénonçait les exactions ignobles commises par celles-ci contre la population civile. À propos de la situation sanitaire des réfugiés sahraouis, les médecins suisses, accompagnés par Konrad Witwer, journaliste ont séjourné du 15 au 20 avril 1976 dans les camps de réfugiés sahraouis situés à proximité de Tindouf et ont visité ceux de Hassi Robinet (Hafid Boudjemaâ), Sabti, El Ayoun, Bir Tolet, Bougarta et Bel Lagraâ. Ils déclaraient à cet effet : «Nous avons eu le sentiment que les autorités et le Croissant-Rouge algériens font le maximum pour aider les réfugiés sahraouis, mais que l’immensité de la tâche à accomplir nécessite véritablement une aide internationale. » Le nombre des réfugiés augmentait sans cesse étant donné les nouveaux arrivages quasi journaliers. Le 20 avril 1976, il s’élevait à 68 800 personnes. Il s’agit presque uniquement de femmes, d’enfants et de vieillards, car la plupart des hommes valides sont au front. Au printemps 1976, la majorité des Sahraouis avaient fui le territoire pour s’installer en Algérie dans des camps de réfugiés, dans la région de Tindouf. La guerre d’indépendance des Sahraouis commence en 1973. Le Congrès constitutif du Polisario, début mai 1973, se déroule sous le slogan « c’est par le fusil que nous arracherons la liberté « et c’est la prise du poste de El Khanga, le 20 mai 1973, qui constitue le déclenchement de la lutte armée.

L’ACCORD SECRET DE MADRID
Le 22 novembre 1975, une semaine après l’Accord de Madrid, le roi Hassan II nomma son directeur de Cabinet, Ahmed Bensouda, gouverneur adjoint du Sahara Occidental pour le Maroc. Trois jours plus tard, Bensouda arriva à El-Ayoun après avoir traversé le pays, au départ de Tarfaya, avec le colonel Dlimi et une centaine de fonctionnaires marocains dans le premier convoi militaire marocain qui atteignit la capitale du Sahara Occidental. Le 27 novembre, le ministre mauritanien de la Fonction publique et du Travail, Abdellahi Ould Cheikh, vint se joindre à l’administration tripartite, en tant que gouverneur adjoint de la Mauritanie, et plus tard dans la même journée, il retrouva Bensouda et le général Gomez de Salazar dans le bureau du gouverneur général pour leur première séance de travail. Cependant, des tanks espagnols continuaient à patrouiller dans les rues, et les banlieues sahraouies étaient toujours entourées de barbelés et de militaires, si bien que la population sahraouie d’El-Ayoun ne put guère manifester son mécontentement devant la tournure que prenaient les événements. 
L’Accord de Madrid fut tenu secret. Seule fut rendue publique une «déclaration de principe «qui stipulait que l’Espagne se retirerait du Sahara Occidental vers la fin de février 1976 et qu’en attendant elle « procédera immédiatement à l’institution d’une administration intérimaire dans le territoire avec la participation du Maroc et de la Mauritanie et la collaboration de la «Djemaâ». «Les gouvernements marocain et mauritanien nommeraient chacun un gouverneur adjoint chargé de travailler avec le gouverneur général espagnol. On ne disait rien sur ce qui se passerait à la fin de cette période transitoire. La déclaration soulignait que « l’opinion de la population sahraouie, exprimée par la Djemaâ, serait respectée «et ne faisait aucune allusion au partage. («Sahara Occidental : Origines et enjeux d’une guerre du désert « Tony Hodges) Aux yeux des Sahraouis, les revendications, marocaine et mauritanienne, débouchant, grâce à l’Accord de Madrid sur la double invasion de leur patrie, ne sont pas mises sur le même pied.

LE SOUTIEN ALGÉRIEN
L’aide algérienne coïncide avec l’invasion militaire marocaine du Sahara Occidental qui commence dans les derniers jours d’octobre 1975, avant même la Marche verte (6 novembre) et l’Accord de Madrid (14 novembre). À cette époque d’ailleurs, l’armée algérienne se déploie le long de la frontière algéro-marocaine. Kadhafi annonce que toute agression contre la Révolution algérienne serait considérée comme une agression contre la Révolution libyenne. Le soutien algérien en matériel s’accompagne même en ces débuts du conflit d’un engagement de certains éléments de l’armée algérienne aux côtés du Front Polisario. Le 5 août 1979, est signé à Alger un Accord de paix entre le Front Polisario et la Mauritanie. Par cet Accord, notamment, «la République islamique de Mauritanie déclare solennellement qu’elle n’a et n’aura pas de revendications territoriales ou autres sur le Sahara Occidental ; Elle décide de sortir définitivement de la guerre injuste du Sahara Occidental suivant les modalités arrêtées en commun accord avec le représentant du peuple sahraoui, le Front Polisario. Le Front Polisario décide solennellement qu’il n’a et n’aura pas de revendications territoriales ou autres sur la Mauritanie. Neuf jours plus tard, le 14 août 1979, le Maroc envahit la zone mauritanienne du Sahara Occidental. (Le Courrier d’Algérie)

** La France cautionne la politique coloniale du Maroc au Sahara Occidental

*Les Gouvernements français, de gauche comme de droite, ont toujours soutenu le Maroc dans son occupation du Sahara occidental 

En effet, la France, membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU et berceau des droits de l’Homme, continue de faire fi des principes du droit international en cautionnant les pratiques de la monarchie marocaine dans la dernière colonie qui existe encore en Afrique.

Fidèle à sa doctrine coloniale, la France continue à tourner le dos aux valeurs de justice et de paix en prenant parti pour le fait accompli et en niant au peuple sahraoui son droit fondamental à l’autodétermination, un principe fondateur de l’Organisation des Nations Unies dont la France a contribué à son avènement au lendemain de la seconde guerre mondiale.

La France a été jusqu’à présent la seule puissance ayant entravé la volonté de la communauté internationale en faisant avorter les tentatives d’un règlement du conflit du Sahara Occidental au niveau du Conseil de sécurité. L’acte le plus flagrant en ce sens, fut la levée de boucliers contre la proposition américaine d’introduire la dimension des droits de l’Homme dans le mandat de la mission des Nations unies au Sahara occidental, la MINURSO, seule mission parmi celles qui ont été mises en place dans le cadre de l’ONU qui ne dispose pas d’un volet relatif aux droits de l’Homme.

C’est d’ailleurs la France qui a exigé à ce que la solution au conflit n’ait pas un caractère contraignant pour les deux parties et que toute solution doit être mutuellement acceptable. Cette position a conforté le Maroc dans son entêtement pour s’opposer à toute initiative ne répondant pas à ses intérêts expansionnistes.

Contrairement à cette vision réactionnaire et de part ses responsabilités en matière de maintien et de préservation de la paix et de la sécurité dans le monde que lui incombe son statut de membre permanent du Conseil de sécurité, Paris aurait du s’impliquer dans les efforts de la Communauté internationale pour amener Rabat à se conformer à ses obligations internationales au lieu de l’encourager à piétiner le droit et la légalité internationale.

Outre la volonté de préserver son influence politique dans son pré-carré africain, la France cautionne la politique coloniale du Maroc au Sahara Occidental, d’abord pour se frayer un chemin parmi les autres puissances qui se disputent une présence soutenue en Afrique (Etats- Unis et Chine), et assurer une pérennité de ses intérêts économiques et culturels au Maroc pour qui elle constitue de loin le premier partenaire avec un volume d’échange de 5,5 milliards d’euros et plus de 6000 entreprises françaises implantées dans ce pays.

Par ailleurs, la France a été, avec l’Espagne, le principal artisan de la reconduction de l’accord de pêche signé entre le Maroc et l’Union Européenne permettant ainsi aux flottilles de pêche communautaires d’accéder aux eaux territoriales du Sahara Occidental. Cet accord, qui fait fi des principes du droit des peuples à disposer de leurs ressources naturelles, a été obtenu malgré l’opposition dont il a fait l’objet au niveau des parlementaires européens et de la société civile dans de nombreux pays.

La France sensée rejoindre l’engagement des Nations Unies et de la Communauté internationale pour un règlement juste, basé sur une solution politique mutuellement acceptable  permettant l’autodétermination du peuple du Sahraoui, nous a habitué lorsqu’il s’agit de ses ex-colonies, le Maroc notamment, de ne privilégier que la politique du fait accompli et ses intérêts.

Malgré cette prise de position très négative et décevante, l’examen  du dossier du Sahara occidental par le Conseil de sécurité à la fin du mois courant, offre une occasion en or pour Paris de se détacher de cette réputation et s’aligner sur la légitimité internationale qui reconnait au peuple du Sahara Occidental son droit de disposer de lui-même. *Dr A.Saidani / Universitaire/ paru dans El Watan-26 avril 2015

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*LE LONG CHEMIN DES SAHRAOUIS POUR LE LIBRE CHOIX DE LEUR DESTIN

Le 12 Septembre 1977, 190 prisonniers marocains et mauritaniens ainsi qu’un important lot de matériels et d’armements militaires ont été présentés à la presse internationale par Brahim Ghali ministre sahraoui de la Défense. «Notre lutte de libération, affirmait à l’occasion, Brahim Ghali, amorce un important tournant. Le cinglant revers que viennent de subir les forces de Rabat et de Nouakchott en est une preuve éclatante. En dépit de tous leurs efforts, a souligné le ministre sahraoui de la Défense, les régimes marocain et mauritanien ne pourront cacher indéfiniment l’amère réalité de leurs défaites à leur peuple respectif».

En fait de 1973 à 1975, le bras armé du Front Polisario – qui deviendra à partir du deuxième Congrès, en août 1974, l’Armée de Libération Populaire Sahraouie, ALPS – est peu et mal équipée, sans grande formation ou instruction militaire, et de ce fait réduit à une guerre de guérillas à petite échelle. Il faudra attendre 1974 pour que le Polisario reçoive le soutien extérieur. Durant cette même période le Front Polisario se constitue en organisation équipée en armes automatiques, avec ses camps d’entraînement, parallèlement, son implantation au Sahara Occidental devient totale. Sa branche militaire a désormais des ramifications dans tout le territoire, notamment parmi les Troupes nomades et la police territoriale. Les désertions sahraouies des Troupes nomades qui rejoignent le Polisario s’accompagnent de prises d’armes, de munitions et de matériel, elles permettent aussi à l’Alps de bénéficier de la formation et de l’expérience militaire de ces nouvelles recrues. El Ouali, le secrétaire général du Front, qui se rend en Libye en 1973, obtient du président Kadhafi une aide morale et militaire. Les armes arrivent à partir de 1974. Le Front Polisario entend être reconnu par l’Espagne comme le représentant du peuple du Sahara Occidental. En juin 1975, ont lieu les premiers contacts entre officiels espagnols et le Front. Le 9 septembre 1975, El Ouali s’entretient avec le ministre des affaires étrangères Pedro Cortina Mauri à Alger et en octobre a lieu un échange de prisonniers. (Martine de Froberville : «Sahara occidental : La confiance perdue) L’objectif du Front Polisario à cette époque est de protéger la population civile qui fuit les villes dans le dénuement total pour échapper aux exactions des troupes d’occupation vers des camps de réfugiés installés à l’Est du territoire. Les colonnes de réfugiés (femmes, enfants et vieillards) se dirigeant sur Oum Dreiga, Tifariti, Mahbès, Guelta Zemmour, sont soumis aux bombardements au napalm et au phosphore de l’aviation marocaine, le 18 février 1976. Les 20 et 23 du même mois ce sont les camps eux-mêmes qui subissent le même sort. Les réfugiés qui en échappent parviennent, épuisés, mutilés, brûlés, dans la région de Tindouf où le Polisario installe des campements. Alors qu’il préparait la guerre, le roi avait déclaré à son peuple, le 20 août 1975, à propos des chances de récupérer le Sahara Occidental par des moyens pacifiques ou par les armes «nous sommes en mesure d’affirmer, et nous sommes très pessimistes, que nos chances sont de l’ordre de 50 %».

UN RÉFÉRENDUM D’AUTODÉTERMINATION QUI TOURNE À LA DÉBÂCLE
Pris en charge dès les années 60 par la commission de décolonisation de l’ONU, la question sahraouie est toutefois demeurée en stand-by tant du fait de l’absence d’une véritable volonté internationale à résoudre le problème dans le cadre du droit et des lois internationaux que des obstacles érigés tout au long de ces années par le Royaume chérifien. De fait, le dossier sahraoui est simple dans son énoncé, un problème classique de décolonisation auquel s’appliquent les résolutions pertinentes de l’ONU y afférentes, cependant complexe dans la mise en oeuvre du processus référendaire, qui bute depuis de nombreuses années sur les atermoiements marocains. Dans deux avis rendus en 1964 et en 1975, les deux fois à la demande de l’ONU, la Cour internationale de Justice, (CIJ) a, notamment dans son dernier avis rendu le 16 octobre 1975, constaté que le Sahara Occidental ne constituait pas à l’époque de la colonisation (espagnole en 1884) un territoire sans maître mais qu’il n’était placé ni sous la souveraineté effective du Maroc et encore moins sous celle de la Mauritanie. Cela étant, la Cour internationale de justice a estimé applicable au Sahara Occidental le principe d’autodétermination. Moins d’un mois après cet avis, le Maroc, dans ce qui a été appelé la Marche verte, a envahi le territoire sahraoui le 14 novembre 1975. Répliquant à la provocation marocaine, le Front Polisario, qui a pris les armes contre la colonisation espagnole en 1973, proclame la (République arabe sahraouie démocratique Rasd) le 27 février 1976. Des milliers de Sahraouis en fuite, l’armée marocaine bombarde les colonnes de femmes et d’enfants, les jeunes Sahraouis sont arrêtés en masse et torturés à Smara, El Ayoun et Dakhla. Les Nations unies, impuissantes, s’apprêtent à évacuer leur personnel d’El Ayoun. Le référendum d’autodétermination attendu par les Sahraouis depuis 1975 tourne à la débâcle. De Kurt Waldheim dans les années 70 à Kofi Annan, en passant par Javier Pérez de Cuellar et Boutros Boutros-Ghali, quatre secrétaires généraux des Nations unies, ont tenté sans succès, jusqu’à maintenant, de faire appliquer au Sahara Occidental les résolutions de l’ONU d’une part et mettre en oeuvre d’autre part les lois internationales, conformément à la lettre et à l’esprit de la Charte de l’ONU quant à la décolonisation. Peu disposé à se soumettre au droit international, le défunt roi du Maroc, Hassan II, a inventé ce qu’il a appelé un « référendum confirmatif » allant à l’encontre de toute la jurisprudence internationale en matière de décolonisation. (http://lesaharaoccidental. over-blog.com/article- 2391520.html)

PREMIÈRES TENTATIVES DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL KURT WALDHEIM
En 1975, le Secrétaire général Kurt Waldheim envoya André Lewin en mission diplomatique auprès du Maroc, de la Mauritanie et de l’Algérie pour une ultime tentative en vue d’éviter la guerre au Sahara Occidental alors Sahara Espagnol, que le Roi Hassan II du Maroc s’apprêtait à envahir. Lewin échoua. Le Maroc se trouvait en guerre avec le Polisario au Sahara Occidental de 1975 à 1991 lorsqu’il y eut un cessez-lefeu organisé par les Nations unies. En échange du cessez-le-feu, il devait y avoir un référendum sous les auspices des Nations unies pour permettre aux autochtones du Sahara Occidental de décider s’ils voulaient être indépendants ou rattachés au Maroc. Quoi de plus simple ? Le référendum était prévu pour 1992, mais il fut remis plusieurs fois à plus tard. Le travail de Baker était de remettre le référendum à l’ordre du jour. À la surprise de beaucoup, Baker accepta. Après de longues tractations diplomatiques, Baker parvint à mettre d’accord les deux parties Maroc et Polisario à Houston avec proposition d’identification des votants, rapatriement des réfugiés. Cependant au jour d’aujourd’hui le Maroc considère le Sahara Occidental comme une province marocaine, et va jusqu’à l’inclure dans son recensement national. Selon les termes des Accords de Houston, accord de compromis sur les questions en suspens relatives à l’identification , les Parties conviennent qu’elles ne parraineront ni ne présenteront, directement ou indirectement, aux fins d’identification, aucun membre des groupements tribaux à l’exception des personnes figurant dans le recensement espagnol de 1974 et des membres de leur famille immédiate, mais les Parties ne sont pas tenues d’empêcher activement les personnes appartenant à ces groupements tribaux de se présenter ellesmêmes. Elles conviennent que l’identification de toute personne qui pourrait ainsi se présenter elle-même doit avoir lieu dès que possible. Les Parties conviennent que le Représentant spécial du Secrétaire général leur notifiera les résultats du processus d’identification, en indiquant le nombre de personnes identifiées mais sans mentionner de nom.

L’IDENTIFICATION DU FUTUR CORPS ÉLECTORAL
Il y a eu un début de travail effectué par la Commission d’identification, entre août 1994 et décembre 1995. Un total de 60 111 personnes ont alors été entendues des deux côtés : 37 970 du côté des zones sous contrôle marocain et 22 141 du côté des campements de réfugiés sahraouis. Mais la tactique de blocage du Maroc a eu raison de toutes les bonnes volontés, et le processus a connu un temps mort, la Minurso a été réduite à sa plus simple expression : un simple bureau politique à El-Ayoun et quelques observateurs militaires pour surveiller le cessez-le-feu. Dès le 3 décembre 1997, la Commission d’identification a pu reprendre son travail dans le territoire et dans les camps de réfugiés. L’accord sur l’identification a fait l’objet d’un compromis, le noeud du litige étant « qui a le droit de participer au référendum ? » En décembre 1991, Pérez de Cuellar a élaboré des critères d’éligibilité au nombre de cinq : 1° personne enregistrée dans le recensement espagnol de 1974 ; 2° personne ayant un document qui prouve qu’elle a résidé dans le territoire en 1974 mais n’a pas été incluse dans le recensement ; 3° les parents proches du 1er et 2ème degré 4° personne appartenant à une sous fraction sahraouie qui peut prouver que le père est né dans le territoire du Sahara Occidental 5° et enfin la personne qui peut prouver avoir résidé dans le territoire pendant six ans consécutifs ou douze ans par intermittence, avant 1975. Ces critères ont été également pris en compte par les accords de Houston et Baker a tranché en distinguant, d’une part, les tribus sur l’identification desquelles tout le monde est d’accord, d’autre part, des tribus et des groupements de tribus contestés. Selon Baker, le Front Polisario doit assumer l’identification des personnes appartenant aux tribus contestées (inscrites dans le recensement espagnol), à l’instar des personnes appartenant aux tribus incontestées du recensement, et le Maroc, pour sa part, doit s’abstenir de présenter luimême des listes de personnes, elles doivent venir d’elles-mêmes. Seules les personnes incluses dans le recensement espagnol de 1974, et leurs proches parmi ces groupements contestés, ont le droit de se présenter devant la Commission d’identification, et s’il y en a d’autres qui veulent se présenter ce doit être un petit nombre, dans un tel cas de figure ces gens doivent se présenter individuellement. Houston a éliminé quelque 65 000 personnes appartenant aux groupements contestés, parce que « leur identification serait une perte de temps et de moyens pour les Nations unies », parce qu’ils n’ont pas la moindre preuve pour répondre à l’un des cinq critères. Et c’est en fait là où réside la difficulté résultant d’une condition Kafkaïenne.

COMMENT FABRIQUER DES SAHRAOUIS CONFORMES AUX CRITÈRES D’IDENTIFICATION MAROCAINS
Une circulaire confidentielle n°84/CAB adressée le 22 janvier 1998 par le ministre marocain de l’Intérieur, de l’époque, Driss Basri aux walis et gouverneurs du Maroc indique, je vous en cite un passage : « … Chaque postulant est enregistré et recherché à l’aide de son numéro de formulaire. Celui-ci porte les principaux renseignements concernant le postulant, son père et sa mère, ainsi que tous les éléments permettant de préciser à quel critère d’identification, parmi les cinq critères définis par le Plan de Paix des Nations unies, le postulant est susceptible de répondre. Aussi ce dernier doit-il connaître parfaitement au moins le contenu du dit formulaire et doit chercher à reconnaître facilement les éléments clés tels que : · Les lieux de naissance du postulant et de ses proches (père, mère, enfants). · Les aires de transhumance au Sahara fréquentées par le postulant ou sa famille. · Les dates repères en rapport avec la naissance du postulant et de ses proches (père, mère, enfants) au Sahara. · La filiation du postulant et de ses proches et le rattachement à une famille sahraouie connue. · L’histoire de la tribu du postulant et de sa famille. · La géographie de la région où ils ont vécu et se sont déplacés. Enfin il y a lieu d’inculquer au postulant un comportement psychologique lui permettant de : · démystifier l’opération d’identification et la commission de la Minurso. · être motivé et conscient de l’enjeu du référendum. · avoir confiance et assurance en lui-même. · surmonter timidité et indifférence et s’exprimer à haute voix. · connaître à l’avance par des postulants déjà identifiés dans la même sous fraction, les questions que pose la Commission d’Identification. · citer un ou plusieurs proches recensés ou identifiés en précisant le numéro de ces derniers. · convaincre le Cheikh marocain qui convaincra à son tour la Commission d’Identification… » Voila qui complète la démarche Pérez de Cuellar !!! C’est en effet à se poser la question : à qui s’adresse ces formulaires ? Aux postulants eux-mêmes !!! Le doute s’impose ; surtout quand la circulaire indique qu’en cas de difficulté dans la maîtrise des éléments de réponse, une formation du postulant dans la préfecture ou province d’origine et un perfectionnement aux côtés du Cheikh marocain pendant 2 à 3 jours avant la séance d’identification et que le contenu doit être spécialement préparés par les services du Ministère à justement «connaître au moins le contenu dudit formulaire»

CHRISTOPHER ROSS DEMANDE À L’ONU DE SURVEILLER LES DROITS DE L’HOMME
Le quotidien espagnol El Païs, rapporte que Christopher Ross a déclaré devant le Conseil de sécurité des Nations unies, lors d’une réunion à huis clos tenue le 28 janvier dernier, que “la question des droits de l’Homme occupera une place de choix dans le renouvellement du mandat de la Minurso .Selon le représentant de Ban Kimoon, «le Conseil de sécurité va devoir s’occuper de la question et la soutenir».C’est ainsi que cette question a figuré dans le rapport qu’a présenté, au mois d’avril dernier , le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, au Conseil de sécurité devant se prononcer sur le renouvellement de la Minurso. http://www.afrik.com/article19325.html Pour rappel, la Minurso devait s’occuper de ce volet en 2006 après la publication du rapport accablant du Haut-commissariat de l’ONU des droits de l’Homme sur la situation au Sahara Occidental, mais le veto de la France en avait décidé autrement. Christopher Ross a longtemps été chargé des affaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au département d’État. Il a occupé le poste d’ambassadeur des États-Unis à Damas et à Alger. Il a aussi été directeur du centre culturel américain de Fès, au Maroc. Toutefois l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Occidental, n’a pu que constater, en mars dernier à Alger, « l’impasse » du processus de paix entre le Maroc et le Front Polisario. Les quatre rounds de négociations directes, appelés Processus de Manhasset et entamées il y a plus de deux ans et demi, ont été infructueux. La rencontre informelle, tenue en février dernier à New York pour préparer le 5e round de négociations officielles, s’est elle aussi soldée par un échec.À Rabat, le roi du Maroc Mohammed VI a réitéré au facilitateur onusien que l’option du référendum au Sahara était « définitivement écartée ». Cependant si aujourd’hui le Maroc a réussi à bloquer depuis des décennies le processus d’autodétermination du peuple sahraoui, c’est dû non pas à la seule détermination de Rabat, mais surtout aux États, plus soucieux de leurs intérêts stratégiques et économiques, qui soutiennent en sous-main l’intransigeance du Royaume chérifien empêchant de fait la légalité internationale de pouvoir s’exprimer dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc. L’invasion qui a entraîné de nombreuses souffrances pour le peuple sahraoui n’a pas changé les données du problème qui demeurera tant que les Sahraouis n’auront pas choisi librement leur destin. (Le Courrier d’Algérie)

***Le royaume marocain  cherche à torpiller coûte que coûte les efforts déployés par l’ONU pour régler le conflit du Sahara occidental

Sinon, comment expliquer son entêtement à vouloir impliquer à tout prix l’Algérie dans ce dossier, sachant que la question sahraouie est du ressort du Conseil de sécurité de l’ONU et que le territoire du Sahara occidental figure depuis déjà belle lurette sur la liste onusienne des 16 territoires non autonomes qui sont considérés par l’ONU comme des territoires n’ayant pas encore achevé leur processus de décolonisation.
Dans le but évident de «bilatéraliser» le conflit, le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Youssef Amrani, n’a pas trouvé mieux que d’appeler, à partir de l’Argentine, l’Algérie à… changer de position. Pour le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères (MAE), Amar Belani, qui était invité hier à réagir à la déclaration du responsable marocain, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : «(…) Certains veulent profiter de la situation d’instabilité qui prévaut dans la région du Sahel pour tenter les amalgames les plus hardis et les plus impudents en espérant parvenir, ainsi par ce tour de passe-passe, à faire tordre le cou à la légalité internationale.»

Faisant bien entendu allusion au Maroc, M. Belani souligne que «si le contexte régional devait faciliter la recherche d’une solution politique acceptable qui soit en conformité avec l’esprit et la lettre des résolutions du Conseil de sécurité, ce serait plutôt en incitant la partie qui pose des conditions préalables à se départir de sa position intransigeante et irréaliste qui consiste à préempter le choix d’un peuple dont le territoire est occupé en le sommant d’accepter l’option de l’autonomie comme s’il s’agissait, en somme, de simples sujets marocains concernés par la réorganisation de la gouvernance territoriale». En un mot, cela veut dire que c’est plutôt au Maroc de changer de position.

Revenant justement sur l’attitude du Maroc qui consiste à vouloir imposer aux Sahraouis «sa solution (le plan d’autonomie, ndlr)», le responsable algérien souligne que celle-ci «sera immanquablement vouée à l’échec (…)». Pour ce qui est également du souhait de Rabat de voir l’Algérie changer de position sur le dossier du Sahara occidental, Amar Belani aura cette réponse : «(…) L’on a beau formuler, à l’envi à partir de capitales latino-américaines, tous les vœux que l’on veut pour que l’Algérie renie sa position de principe en ce qui concerne la primauté du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination, ces vœux resteront à l’état de vœux pieux car, en dernier ressort et par-delà les gesticulations diplomatiques, il appartient au peuple sahraoui et à lui seul de se prononcer librement et sans contraintes sur son avenir.»

Le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères qualifie par ailleurs de «contre-vérité historique insoutenable» l’idée, soutenue par le Maroc, selon laquelle le conflit du Sahara occidental est un «conflit artificiel imposé au Maroc par l’Algérie». A ce propos, Amar Belani indique que «pour s’en convaincre, il suffit de relire toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU ainsi que les rapports et les décisions du comité spécial de l’ONU chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, qui date du 14 décembre 1960».*El Watan-11.04.2013.

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**Un conflit interminable et anachronique

Depuis trente-cinq ans, les relations entre l’Algérie et le Maroc ne sont pas au beau fixe  en raison de la question du Sahara Occidental que l’Espagne, ancienne puissante occupante, avait abandonné en 1975 dans la précipitation. En novembre de la même année, la monarchie organise une marche à laquelle ont participé des milliers de sujets de Sa Majesté, brandissant le Coran et les portraits du roi, décidés à franchir la frontière pour « récupérer  les provinces du Sud « . Mise sous pression, à un moment où le général Franco était agonisant, l’Espagne avait invité le Maroc et la Mauritanie à signer les Accords de Madrid par lesquels la souveraineté du territoire (partagé en deux) avait été transférée aux deux pays. Le régime algérien, hostile à ces Accords, réagit en donnant son soutien total au Front Polisario (Front pour la Libération de Saguia el Hamra et le Rio del Oro), une organisation luttant pour l’indépendance, qui déclenchera une guerre meurtrière …menée par le Polisario, amenant la Mauritanie à se retirer des Accords de Madrid et à abandonner la moitié sud du territoire (au profit du Maroc). Entre-temps, fuyant l’invasion marocaine, plusieurs milliers de réfugiés ont franchi la frontière algérienne et se sont installés dans la région de Tindouf dans des camps de toile, bénéficiant de l’aide internationale d’organisations humanitaires et de l’Union européenne.

 C’est dans ces camps que le F. Polisario a proclamé en février 1976 la naissance de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) reconnue à ce jour par plusieurs dizaines d’Etats.

Origine et enjeux du conflit

(…) La monarchie marocaine envahissait un territoire qu’elle considère comme faisant partie intégrante du Maroc pour des « raisons historiques » !?. Face à cette détermination, l’Algérie, mettant en avant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, soutient le F. Polisario avec l’objectif de créer un Etat indépendant. Plusieurs médiations ont tenté d’aider à trouver un compromis, mais elles ont toutes échoué. Ni l’OUA, ni la Ligue arabe, ni l’ONU ne sont arrivées à résoudre ce conflit qui empêche le peuple sahraoui de disposer de son droit à l’autodétermination et les deux voisins à normaliser leurs relations et entamer une coopération économique bénéfique à la région.

 Pendant plusieurs années, l’armée marocaine a dû faire face à une guérilla des combattants sahraouis …ce qui amena le Maroc au début des années 1980 à construire un mur  » infranchissable »  qui protège le Sahara utile. Un cessez-le-feu a été néanmoins signé sous les auspices de l’ONU en 1991, et les deux parties, Marocains et Sahraouis, se sont mises d’accord pour organiser un référendum qui déterminera l’avenir du territoire. Cet accord prévoit que la population locale sahraouie aura la possibilité de choisir librement entre un Etat indépendant ou le rattachement au Maroc. L’ONU crée la MINURSO (Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental), chargée officiellement de réunir les conditions de déroulement de ce référendum. Mais celui-ci n’a pas pu se tenir en raison de désaccords sur la taille de l’électorat et des manoeuvres mùarocaines de toutes sortes. Le F. Polisario estime que seuls les habitants du territoire-et leurs enfants devenus adultes – au moment du départ de l’Espagne en 1975, ont le droit de vote. A l’inverse, les Marocains considèrent que l’électorat doit aussi comprendre les « descendants de Sahraouis chassés par les Espagnols au XIXe siècle vers le Maroc » (entendre par là, les Marocains ramenés au Sahara occidentale en 1975, après l’invasion de la Longue marche.. et cela pour influer sur le scrutin au profit du royaume marocain)  . A cette date, le territoire comptait 100 000 habitants ; aujourd’hui, il en compte quatre fois plus. Le résultat du vote ne sera certainement pas le même selon l’option de l’une ou l’autre partie. Malgré les efforts diplomatiques et les pressions, dans un sens comme dans un autre, des USA, de l’UE, de l’ONU et d’autres organisations, le conflit s’est enlisé  à cause des manoeuvres marocaines et des ambiguités de certains Etats occidentaux qui voient un intérêt dans le prolongement du conflit…. En 2007, l’ONU adopte une résolution n°1754 pressant les protagonistes du conflit à « parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental. Cette résolution sera suivie par des négociations entre Marocains et Sahraouis, qui ont eu lieu en avril 2007 à Manhasset, dans l’Etat de New York. Cependant, malgré plusieurs sessions de travail, les négociateurs ne sont pas arrivés à trouver un compromis …. Les négociations ont repris  mercredi 10 février 2010, dans la même petite ville de l’Etat de New York. Il est fort à parier, malheureusement, que rien n’en sortira. Certains prétendent que ce conflit du Sahara Occidental exprime une rivalité entre deux Etats, le Maroc et l’Algérie, qui se disputent  » le leadership dans la région ». (…)

 Du côté algérien, même si la question du Sahara Occidental n’est pas déterminante pour la survie du régime comme chez les voisins, le pouvoir en fait une affaire de principe. L’Algérie ayant décidé de soutenir le F. Polisario en 1975, elle s’en tient à cette position quoi qu’il en coûte. (…)

 L’Algérie et le Maroc ont très peu d’échanges économiques, ce qui leur permet de s’ignorer. L’économie de l’un ne dépendant pas de celle de l’autre (comme c’est le cas de l’Allemagne et de la France par exemple), leurs politiques étrangères respectives se construisent en dehors des pressions des milieux économiques nationaux. Par ailleurs, malgré les liens historiques entre les deux pays, les flux de biens, de personnes et de culture demeurent très faibles.

 La frontière terrestre, qui sépare des parentèles et des lignages, est officiellement fermée depuis 1975. Jusqu’à l’année 2007, les deux pays exigeaient un visa d’entrée pour des personnes obligées d’emprunter l’unique liaison aérienne hebdomadaire Alger-Casablanca. Les deux Etats ont délibérément empêché que des relations sociétales s’établissent entre les deux pays, et les générations nées après les Indépendances ont été élevées à l’ombre de discours officiels dénigrant les voisins. Pour toutes ces raisons, ce conflit est anachronique et risque de durer……(Source…quotidien d’Oran-11.02.2010.)

***Sahara Occidental: La paix trahie ?

Le peuple sahraoui a déposé les armes en 1991 contre la promesse, par la communauté internationale, de l’organisation d’un référendum populaire pour son avenir.

 La présence marocaine au Sahara Occidental, autrement dit, sa colonisation du Sahara n’est pas due à sa supériorité militaire. Elle n’est pas non plus le résultat d’une « abdication » du peuple sahraoui et de son armée de libération pour le combat pour la liberté engagé depuis 1969 contre l’occupant espagnol, soit bien avant l’invasion marocaine. L’occupation graduelle du Sahara Occidental par les forces armées marocaines est l’exemple même de la trahison par le palais royal marocain du pacte pour la paix que le gouvernement provisoire du Sahara et son bras politique le «Polisario» ont signé, en 1991, avec le pouvoir marocain, sous le témoignage et les garanties de la communauté internationale pour une solution politique qui préserve les droits légitimes du peuple sahraoui, dont celui d’un référendum populaire sur son avenir.

 Le cessez-le-feu signé entre le Maroc et le Polisario en 1991 devait ouvrir le dialogue politique entre les deux belligérants pour mettre en place les conditions de l’organisation d’un référendum populaire d’autodétermination pour le peuple sahraoui. C’était cette garantie légitime confortée par le sceau officiel du Conseil de sécurité de l’Onu qui a convaincu les Sahraouis à déposer les armes. S’en est suivi un nombre de résolutions des Nations unies qui ont, toutes, conforté les Sahraouis dans leurs droits à s’exprimer sur leur avenir, y compris l’option d’un Etat indépendant s’ils le choisissaient. La dernière résolution du Conseil de sécurité de l’Onu datant d’avril 2007, portant le n°1754, appelle clairement les parties – Maroc et Polisario – à trouver «une solution juste et durable qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui ». Cette résolution a été confortée et confirmée par les résolutions 1783 (2007) et 1813 (2008). Après les quatre rounds de négociations entre le Maroc et le Polisario qui se sont déroulés à Manhasset (New York), l’Assemblé générale de l’Onu a encouragé et réaffirmé la tenue du référendum pour l’autodétermination des Sahraouis. Cette résolution a été adoptée à la quasi-unanimité par 177 voix. Seuls les USA (de George Bush), l’Angleterre et Israël ont voté contre, alors que la France s’est abstenue. Quant à la célèbre déclaration du 21 avril 2008 de l’ex-envoyé spécial du SG de l’Onu pour le Sahara Occidental, Peter Van Walsum, par laquelle il «ne croyait pas, pour l’heure, à l’organisation d’un référendum pour l’indépendance au Sahara réaliste», il faut signaler ce qu’il a déclaré juste avant cette phrase. Il a précisé et reconnu « qu’en l’absence de pressions de la communauté internationale sur le Maroc… une organisation du référendum n’est pas réaliste ». Peter Van Walsum a, en réalité, reconnu que la communauté internationale a manqué à ses engagements par lesquels elle a demandé aux Sahraouis de déposer les armes en 1991, en contrepartie de la garantie de leur droit à l’organisation d’un référendum d’autodétermination. «En l’absence de pressions», a-t-il précisé, avant de constater «l’irréalisme» d’un référendum populaire avec, entre autres propositions, l’option pour un Etat indépendant.

 En somme, le palais royal marocain profite, depuis 1991 et le cessez-le-feu, de la confiance que la communauté internationale lui tient pour l’organisation de ce référendum, pour occuper civilement, administrativement et militairement le Sahara Occidental. Le peuple sahraoui a plus perdu, et beaucoup perdu, dans sa quête de liberté en faisant confiance aux engagements, justes, de la communauté internationale. Le pouvoir marocain pratique, en vérité, la politique de «la terre brûlée». Par une occupation tous azimuts du Sahara Occidental, le palais royal marocain vise à mettre devant le fait accompli la communauté internationale. C’est une vieille recette des régimes politiques expansionnistes avec en sus, et sur le plan interne, une plus-value politique: interdire toute revendication sociale, politique ou d’alternance du pouvoir tant que la question du Sahara élevée au stade du sacré n’a pas été résolue à son profit, bien sûr. «L’absence de pression» de la communauté internationale pour une solution juste de la question sahraouie peut s’expliquer par le bouleversement de l’ordre mondial intervenu, justement, dès les années 1990-91 (année du cessez-le-feu au Sahara) qui a vu la fin de la guerre froide. De nouvelles alliances et stratégies régionales se mettent, depuis, en place en fonction de nouveaux intérêts et perspectives sur le long terme. Les puissances mondiales, notamment occidentales, ont été (et continuent) confrontées dès la chute de l’empire soviétique à de nouvelles urgences politiques et géostratégiques (dissuasion nucléaire, avenir énergétique, flux migratoires, foyers de guerres, apparition du terrorisme international, etc.) C’est cette période exceptionnelle de 10 ans (1990-2000) marquée par de violents conflits et guerres (Rwanda, ex-Yougoslavie, Irak, Palestine…) qui a mis la question sahraouie en marge des préoccupations de la communauté internationale et qui, du coup, ne lui a pas permis de faire face à ses obligations et son engagement à « presser » le Maroc pour accepter l’organisation d’un référendum populaire au Sahara. C’est cette période de 10 ans qui a été mise à profit par le pouvoir marocain pour occuper graduellement les 80% du territoire sahraoui. C’est pourquoi, la responsabilité de la communauté internationale dans la perpétuation du drame du peuple sahraoui est entière. Elle doit assumer concrètement la promesse et les garanties qu’elle a sanctifiées par les accords du cessez-le-feu de 1991 et les innombrables résolutions des Nations unies. (quotidien d’oran-29.03.2010.)

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**Encore une rencontre pour rien

Ce cinquième round n’a pas échappé à la règle écrite en 2007 à Manhasset et qui consiste à sacrifier à cette formalité d’un pseudo tête-à-tête dont on connaît le résultat avant son annonce en grande pompe.

Une nouvelle fois, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, n’a fait que constater le grand fossé séparant l’attachement du Front Polisario au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions onusiennes, et l’entêtement du Maroc à mettre son plan d’autonomie comme un grain de sel dans les négociations. « Aucune des deux parties n’a accepté la proposition de l’autre comme base unique pour les négociations à venir », a précisé l’envoyé spécial du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, dans un communiqué rendu public à l’issue de ces pourparlers à huis clos.

Comment pouvait-il en être autrement dès lors que l’organisation de Ban Ki-moon se montre incapable de faire entendre raison au Maroc ? Ces discussions autour d’un café, aux Etats-Unis, ressemblent assurément à un feuilleton de mauvais goût. Pour les Sahraouis surtout. Car pour le royaume du Maroc, le temps est un allié. Autant donc passer le temps dans ce genre de rencontres informelles qui ne sont que de simples formalités destinées à entretenir un semblant de sérieux dans une discussion piégée par une approche exclusivement annexionniste. Le Maroc, qui compte sur les lobbies qu’il achète à coups de millions de dollars pour s’assurer la pérennité du soutien de Washington, a le beau rôle dans ces tours de table improductifs.

Mis à part la mise à nu réussie par la militante sahraouie Aminatou Haïdar, qui a subjugué le monde et a amené le roi à se dégonfler suite aux ordres de Paris et Washington, le Polisario a du mal à faire entendre raison aux puissants de ce monde de soumettre le Maroc au respect de la légalité internationale. C’est, en effet, le Conseil de sécurité de l’ONU qui a adopté la résolution 1871 qui demande « aux parties (le Maroc et le Polisario) de poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi (…) en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». 

Pourquoi donc Christopher Ross a-t-il jugé utile de convoquer les deux parties à New York, sachant d’avance que Rabat s’enferme encore dans son plan ? C’est à ce niveau que se situe la faillite de ce « machin » de l’ONU qui n’arrive pas à sortir de ce cercle vicieux. A quoi servirait-il alors de « poursuivre les négociations dès que possible » ? Le communiqué rendu public hier par Christopher Ross, au lendemain de cet échec recommencé, rappelle la littérature en vogue chez les potentats en nos contrées. « Les discussions entre le Maroc et le Front Polisario se sont tenues dans un esprit d’engagement sérieux, de respect mutuel et d’honnêteté » ! Mais où est donc cet engagement, ce sérieux et cette honnêteté dont parle Christopher Ross puisqu’il annonce lui-même que la rencontre n’a abouti à aucun résultat tangible ? 

En réalité, l’envoyé spécial de l’ONU n’a fait que convoquer les deux parties pour « spécialement » pondre un communiqué et dire au monde que l’affaire est prise charge ! Fallait-il, en effet, toute cette logistique et ce battage médiatique pour un dialogue aux allures de soliloque marocain ?  C’est la mort dans l’âme que le Polisario a constaté hier que le Maroc a « persévéré dans son intransigeance, au mépris des résolutions du Conseil de sécurité (…), malgré l’insistance de Christopher Ross ». Tout se passe comme si l’envoyé spécial de l’ONU est chargé d’organiser ces rencontres et le Maroc d’imposer son préalable. Et au final, c’est le peuple sahraoui qui trinque…(El Watan-13.02.2010.)

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12 réponses à “Genèse d’une occupation”

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