La légende de François Hollande

**Élection présidentielle en France en 2017

Hollande jette l’éponge et quitte la scène avec amertume

François Hollande renonce à être candidat en 2017.

 Clap de fin pour François Hollande qui a décidé de jeter l’éponge en ne se présentant pas à sa propre succession en 2017.

Jeudi soir, dans un discours improvisé depuis l’Elysée, le président français a mis fin à un suspense qui aura duré plusieurs mois. Il a décidé de ne pas se présenter à sa propre succession en 2017. Après avoir énuméré ses multiples réalisations économiques et sociétales et regretté d’avoir proposé la déchéance de nationalité pour les Français d’origine étrangère, M. Hollande a déclaré, avec une voix blanche et empreinte de tristesse, qu’il ne se présentait pas à sa propre succession. Il a motivé sa décision par le fait d’éviter «l’implosion de la gauche». Mais en réalité, les raisons sont à chercher ailleurs.

D’abord dans son impopularité grandissante. Celle-ci dure depuis plus de trois ans. Une année après son élection, sa cote de popularité n’a pas pu dépasser les 25% de satisfaits. Elle a même atteint la barre des 7%, en octobre dernier, ce qui constitue une première dans la Ve République. Jeudi soir, un sondage Harris pour la radio RMC, réalisé juste après l’annonce de Hollande de ne pas briguer un second mandat, révélait que 82% de Français étaient satisfaits de la décision du Président, contre 4% seulement qui voulaient le voir candidat. Ensuite, la primaire de gauche pourrait s’apparenter à un dangereux saut d’obstacles.

En réalité, Hollande ne peut pas se permettre, en tant que Président, de revenir à la case des primaires pour affronter des ministres qu’il a lui-même nommés, à l’image de Benoît Hamon, Arnaud Montebourg ou même Emmanuel Macron. Ses proches, notamment son ancienne compagne et ses enfants, ainsi que ses amis lui ont déconseillé d’y aller au risque d’essuyer une humiliation et de sortir encore plus fragilisé. Après plusieurs semaines de réflexion, il a jeté l’éponge, préférant se consacrer entièrement à sa fonction de Président jusqu’au dernier jour.

La chute sera encore plus dure

Cependant, en faisant ainsi, il marque à sa façon l’histoire puisqu’aucun Président avant lui n’avait opté pour un tel scénario. Enfin, François Hollande, en homme averti, savait également qu’il serait battu par n’importe quel autre candidat. De droite comme de l’extrême droite. Tous les sondages le donnaient perdant et avec des scores qui frisent parfois l’humiliation.

Toutes ces raisons ont donc convaincu Hollande de ne plus défendre son bilan, laissant la voie ouverte à son Premier ministre pour se présenter et défendre les réalisations lors de son quinquennat. Isolé, critiqué par ses propres amis et tous ceux qu’il a aidés à devenir ministres, François Hollande sait plus que quiconque que la chute sera encore plus dure. En refusant de se représenter, il a d’ores et déjà marqué l’histoire de la Ve République française.*Yacine Farah / el watan / samedi 03 décembre 2016

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* François Hollande, à son plus bas niveau- à seulement de… 13%, selon un dernier sondage. Du jamais-vu pour un président français!

*François Hollande dans de sales draps

Entre une impopularité record, sa vie privée étalée dans un livre, le limogeage d’un ministre qui ne payait pas ses impôts et une économie française atone, le chef de l’Etat français est entré dans la période la plus sombre de son mandat. «Jusqu’à quand tiendra le président ?», se demandait hier le quotidien conservateur Le Figaro.

«Inexorablement, on sent approcher le moment où François Hollande se trouvera totalement paralysé (…). Ce jour-là, il faudra bien se résoudre à rendre la parole aux électeurs.» Selon un baromètre de l’institut TNS-Sofres, réalisé avant la publication du brûlot de son ex-compagne Valérie Trierweiler, la popularité de François Hollande, à 55% au début de son mandat, est tombée à… 13%. Du jamais vu pour un président français !

«Il peut difficilement descendre plus», juge le politologue Philippe Braud. Et «il va rester Président jusqu’en 2017», ce que la Constitution française lui garantit, même si son gouvernement tombe avec une dissolution de l’Assemblée nationale, rappelle-t-il.     
Dans l’histoire de la Ve République, un président socialiste (François Mitterrand) a déjà dû cohabiter avec une majorité et un gouvernement de droite.

Philippe Braud ne croit toutefois pas à des élections anticipées : «Cela dépend du comportement de la majorité socialiste.» Les députés «indisciplinés» savent que «s’ils renversent le gouvernement de Manuel Valls, il y aura une dissolution» de l’Assemblée nationale qui «serait catastrophique» avec le risque de favoriser l’opposition de droite et l’extrême droite. «Je crois que les députés socialistes reculent devant cette perspective catastrophique», ajoute cet expert.

Il bat tous les tristes records

A l’initiative de l’Exécutif, un vote de confiance est prévu le 16 septembre après un discours de politique générale du Premier ministre. Manuel Valls doit ensuite enchaîner avec la préparation du budget pour 2015.  Les socialistes disposent d’une majorité absolue d’une voix, avec 290 députés sur 577. L’aile gauche de cette majorité compte une quarantaine de députés «frondeurs» qui critiquent régulièrement les options prises par l’Exécutif. Depuis août, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées pour le Président.

Le premier choc est survenu le 25 août avec une démission du gouvernement ponctuant un week-end marqué par de vives critiques du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, dénonçant la politique économique de l’Exécutif. Confirmé à son poste, Manuel Valls présente une nouvelle équipe, débarrassée de l’aile gauche du parti socialiste. Mais jeudi, neuf jours plus tard, le nouveau secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, un proche du numéro deux du gouvernement Laurent Fabius (Affaires étrangères), démissionne. Thomas Thévenoud, présenté comme une étoile montante à gauche, a admis des «retards de déclaration et de paiement» au fisc qui rendent impossible son maintien au   gouvernement. 

Sur le plan économique et social, les chiffres accablent François Hollande : une croissance nulle et un record historique de chômage (plus de 10%). Depuis son élection en mai 2012, plus de 500 000 chômeurs supplémentaires ont été recensés et il n’a pas réussi à inverser la courbe du chômage comme il s’y était engagé. A la politique et l’économie, s’est ajoutée la vie privée étalée sur la place publique : la parution surprise cette semaine du livre de Valérie Trierweiler, un brûlot-confession, déballage de situations et d’anecdotes embarrassantes pour le chef d’Etat. Un «coup de grâce» pour nombre de médias. *El Watan-Samedi 06 Septembre 2014 

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***Selon un baromètre de l’institut TNS-Sofres, la popularité de François Hollande, à 55% au début de son mandat, est tombée à… 13%. Du jamais-vu pour un président français!

François Hollande savait que la rentrée de septembre serait difficile. Mais entre une impopularité record, sa vie privée étalée dans un livre, le limogeage d’un ministre qui ne payait pas ses impôts et une économie française atone, le chef de l’Etat français est entré dans la période la plus sombre de son mandat. «Jusqu’à quand tiendra le président?», se demandait hier le quotidien conservateur Le Figaro. «Inexorablement, on sent approcher le moment où François Hollande se trouvera totalement paralysé (…). Ce jour-là, il faudra bien se résoudre à rendre la parole aux électeurs».
Selon un baromètre de l’institut TNS-Sofres, réalisé avant la publication du brûlot de son ex-compagne Valérie Trierweiler, la popularité de François Hollande, à 55% au début de son mandat, est tombée à… 13%. Du jamais vu pour un président français! «Il peut difficilement descendre plus», juge le politologue Philippe Braud. Et «il va rester président jusqu’en 2017», ce que la Constitution française lui garantit, même si son gouvernement tombe avec une dissolution de l’Assemblée nationale, rappelle-t-il. Dans l’histoire de la Ve République, un président socialiste (François Mitterrand) a déjà dû cohabiter avec une majorité et un gouvernement de droite. Philippe Braud ne croit toutefois pas à des élections anticipées. «Ça dépend du comportement de la majorité socialiste». Les députés «indisciplinés» savent que «s’ils renversent le gouvernement de Manuel Valls, il y aura une dissolution» de l’Assemblée nationale qui «serait catastrophique» avec le risque de favoriser l’opposition de droite et l’extrême droite. «Je crois que les députés socialistes reculent devant cette perspective catastrophique», ajoute cet expert. A l’initiative de l’exécutif, un vote de confiance est prévu le 16 septembre après un discours de politique générale du Premier ministre. Manuel Valls doit ensuite enchaîner avec la préparation du budget pour 2015. Les socialistes disposent d’une majorité absolue d’une voix, avec 290 députés sur 577. L’aile gauche de cette majorité compte une quarantaine de députés «frondeurs» qui critiquent régulièrement les options prises par l’exécutif. Depuis août, les mauvaises nouvelles se sont enchaînées pour le président. Le premier choc est survenu le 25 août avec une démission du gouvernement ponctuant un week-end marqué par de vives critiques du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, dénonçant la politique économique de l’exécutif. Confirmé à son poste, Manuel Valls présente une nouvelle équipe, débarrassée de l’aile gauche du parti socialiste. Mais jeudi, neuf jours plus tard, le nouveau secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, un proche du numéro deux du gouvernement Laurent Fabius (Affaires étrangères), démissionne. Thomas Thévenoud, présenté comme une étoile montante à gauche, a admis des «retards de déclaration et de paiement» au fisc qui rendent impossible son maintien au gouvernement. Sur le plan économique et social, les chiffres accablent François Hollande: une croissance nulle et un record historique de chômage (plus de 10%). Depuis son élection en mai 2012, plus de 500.000 chômeurs supplémentaires ont été recensés et il n’a pas réussi à inverser la courbe du chômage comme il s’y était engagé. A la politique et l’économie, s’est ajoutée la vie privée étalée sur la place publique: la parution surprise cette semaine du livre de Valérie Trierweiler, un brûlot-confession, déballage de situations et d’anecdotes embarrassantes pour le chef d’Etat. Un «coup de grâce» pour nombre de médias. Quelques lignes de cet ouvrage titré «Merci pour le moment» ont déchaîné une tempête de réactions outrées. «Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches.
En réalité, le président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé: «les sans-dents» très fier de son trait d’humour», affirme celle dont le chef de l’Etat s’est séparé le 25 janvier.*L’Expression-Samedi 06 Septembre 2014 

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*la fulgurante ascension d’un « président normal»

Dans un livre paru récemment en France aux éditions Albin Michel, sous le titre «L’homme qui ne devait pas être président», les deux auteurs, Antonin André et Karim Rissouli, révèlent la fulgurante ascension de François Hollande. Depuis la rue de Solferino, siège du PS au palais de l’Elysée qu’il vient de conquérir de haute main. La dernière visite de Hollande, en décembre 2010, à Alger, a scellé son destin celui d’être «un président normal», trouvaille magique qui le propulsera deux années plus tard aux manettes de la République française.

 François Hollande à Alger cet été dans actualité

«Le temps d’un président normal est venu!» Sous le soleil d’Alger, ce 9 décembre 2010, François Hollande dessine les traits de sa candidature à la présidentielle. Au détour d’une interview.
Instinctivement. Est-ce la chaleur écrasante? Une trentaine de degrés en plein hiver, même à Alger, ce n’est pas courant. La beauté du panorama? Vue plongeante sur la Méditerranée et le vieux quartier populaire de Bab El Oued. Ou peut-être l’intuition, déjà, que la présidentielle française sera avant tout affaire de style, de tempérament, de caractère? La légende de François Hollande retiendra la dernière. Mais comme souvent en politique, la vérité est moins évidente et le hasard un facteur décisif.
En cette fin d’automne 2010, la rivalité entre Martine Aubry et Ségolène Royal est à son comble. Le 29 novembre, dans un entretien donné à plusieurs quotidiens régionaux, l’ex-candidate à la présidentielle a ouvert les hostilités en se lançant dans la primaire. Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn assument leur pacte publiquement. La guerre de ces trois-là aura bien lieu. François Hollande en est encore au stade de l’échauffement, enchaînant les tours de piste dans une relative indifférence. Le premier round du duel Aubry-Royal va se jouer en banlieue parisienne, dans un maelström médiatique à rendre fous les «solférinologues» les plus aguerris.

Opération réussie
Ce mercredi 8 décembre, Ségolène Royal convoque la presse dans la matinée au conseil général du Val-d’Oise. Pour son premier déplacement de candidate, la présidente de Poitou-Charentes mise sur la banlieue, avec une visite dans les quartiers populaires de Cergy-Saint-Christophe. Tous les chroniqueurs du PS sont présents. La première sortie de Royal est un événement, un spectacle qui s’affichera en une.
Seuls quelques confrères manquent à l’appel. Quatre, pour être précis. Marie-Bénédicte Allaire de RTL, Hélène Hug de France 2, Rosalie Lucas du journal Le Parisien et Christine Pouget de l’AFP. Ces quatre journalistes ont rendez-vous au même moment rue de Solférino, pour suivre une visite tenue secrète de Martine Aubry… en banlieue. «Venez en voiture banalisée non siglée. Vous ne connaîtrez pas le lieu du déplacement avant le départ de Solférino. Et bien sûr aucune fuite, sinon pas de virée en exclu avec la première secrétaire.» Les consignes sont strictes. On se croirait dans un film de James Bond. Les quatre médias convoqués au PS ignorent quels confrères ont été autorisés à suivre la mission avec eux. Mais la virée tourne vite au rodéo. À Cergy, la conseillère presse de Ségolène Royal a eu vent de l’expédition et décide de vendre la mèche aux journalistes présents au conseil général du Val-d’Oise. «Ah, vous êtes là? Vous n’êtes pas avec Martine Aubry à La Courneuve?» balance l’ancienne journaliste Françoise Degois sur un ton faussement détaché.
Opération réussie: David Revault d’Allonnes, chroniqueur du PS pour Libération, sort de ses gonds. Au téléphone, il éructe contre le service de presse de Martine Aubry: «Vous ne nous avez pas prévenus! Non mais c’est dingue!» TF1 et France 2 tenues à l’écart sont en ébullition. Les chefs des services politiques sont alertés. Rue de Solférino, c’est le branle-bas de combat. Martine Aubry cavale dans l’escalier et s’engouffre précipitamment dans sa voiture.
«Dépêchez-vous! hurle le service de presse aux quatre journalistes médusés, il faut qu’on décolle avant que les autres rédactions envoient des équipes ici pour nous suivre.» La campagne de la primaire démarre sur les chapeaux de roues et dans un bordel médiatique d’où émergent deux personnalités opposées. François Hollande, lui, n’est pas encore dans le «story telling».
À 1500 kilomètres de Paris, entouré d’une poignée de journalistes qui ont arraché à leur rédaction un billet pour Alger, le futur candidat pose l’acte fondateur de sa campagne présidentielle.
Ce jeudi midi, François Hollande achève un déplacement de quarante-huit heures dans la capitale algérienne, censé lui apporter ce qui lui manque le plus: la dimension internationale et la stature d’un homme d’État. DSK est au firmament dans les sondages. Hollande s’accroche, loin derrière. Il n’est déjà plus «Monsieur 3%», mais à Paris comme à Alger, absolument personne ne voit en lui le futur chef de l’État. Pas assez clinquant, pas assez charismatique, pas assez populaire pour l’emporter. D’ailleurs, depuis des mois, on lui pose la question: «Monsieur Hollande, DSK et vous, vous êtes exactement les mêmes sur le fond. S’il rentre de Washington, vous vous retirez?» Et depuis des mois, le député de Corrèze fait la même réponse: «Nous sommes socialistes tous les deux, mais nous avons des parcours différents, des tempéraments différents.»

«François, j’ai bien entendu «président normal»!?…»
Réponse inaudible. En cette fin d’automne, le patron du FMI est une superstar, un médecin de la finance mondiale qui vole au secours des économies malades. Personne, malgré les rumeurs, ne l’imagine sérieusement en consommateur régulier de prostituées. Nafissatou Diallo est une inconnue, le Carlton de Lille, un simple hôtel de luxe du Nord, et François Hollande un gentil présidentiable qui rentrera dans le rang le jour venu.
Mais à Alger, ce 9 décembre, l’ancien premier secrétaire du PS va réussir à transformer ses faiblesses personnelles en atout politique. Après une série de rencontres au pas de charge, du FLN au légendaire Ben Bella, notre homme s’autorise une halte touristique sur les hauteurs d’Alger.
Visite de la basilique Notre-Dame d’Afrique et ultime interview avec les quelques journalistes qui ont fait le déplacement. «Monsieur Hollande, n’êtes-vous pas trop gentil pour un combat comme la présidentielle, pas assez mordant pour un homme politique?» Réponse: «Moi, je ne suis pas pour prendre au collet mes adversaires, pour les clouer à un croc de boucher… Est-ce que je suis normal? Oui. Et je vais vous dire, je pense que le temps d’un président normal est venu.» François Hollande vient de théoriser la stratégie de «l’homme normal», anti-portrait de Nicolas Sarkozy et de Dominique Strauss-Kahn. Fin de l’interview, le cortège repart, motards en tête, toutes sirènes hurlantes. Dans la berline bleu nuit qui redescend les pentes de Bab El Oued, il est accompagné de l’un de ses proches, Kader Arif. Le député européen à l’accent toulousain est stupéfait: «François, j’ai bien entendu «président normal»!?…» Hollande hésite un instant. Il semble lui-même troublé par cette sortie non préméditée: «Oui, c’est ça… Le temps d’un président normal est venu. T’en penses quoi? C’est bien, non?» interroge-t-il comme pour se rassurer.
Kader Arif, bluffé par l’intuition de son patron, valide le concept: «Président normal… Oui, c’est pas mal du tout…»
En une phrase, François Hollande installe une candidature différente. La formule, lancée sur les bords de la Méditerranée, lui servira de slogan pendant toute la première moitié de l’année 2011. L’homme normal contre le maître du monde capitaliste. Hollande contre DSK. Le duel est installé, Royal et Aubry progressivement évincées.
Un an après Alger, dans un TGV direction Nancy. Le candidat normal se félicite de sa trouvaille. La campagne lui donne raison. Nous sommes le 8 octobre 2011, veille du premier tour de la primaire socialiste. L’ancien patron du PS a le trac des favoris, l’angoisse de ceux qui ont fait la course en tête depuis le début et qui ont peur du dérapage. Il repense à ces trois dernières années, à son incroyable remontée et place l’épisode d’Alger parmi les moments fondateurs de sa campagne. «Les Français voulaient un homme normal. Il y avait un film de John Ford qui s’appelait L’Homme tranquille. Eh bien là, ils ne voulaient pas un homme tranquille, mais un homme normal.» Était-ce vraiment un hasard? La chance de trouver ces mots-là, à ce moment-là? «À Alger, je n’avais pas prévu de dire là, devant Notre-Dame d’Afrique, que j’étais un homme normal. Mais parfois vous dites quelque chose et ça fait sens. C’est pour ça que c’est un moment très important pour moi. Depuis le départ, mon opinion, c’est que les Français veulent battre Sarkozy.
La popularité de Strauss tenait essentiellement à ça. Il était le bélier qui permettrait de battre Sarko. Pour battre Strauss-Kahn, je n’avais pas d’autre choix que de montrer, avec la stratégie de l’homme normal, que j’étais le mieux placé pour battre Sarkozy.» Rien de prémédité donc. Mais, comme souvent chez lui, ce qui ressemble à une fulgurance est le résultat d’une réflexion personnelle plus ancienne.

L’article prémonitoire
de Valérie Trierweiler
Cette étonnante formule a une histoire. Au scepticisme de certains dans son entourage, peu séduits par l’idée de la normalité, Hollande oppose des arguments précis qui témoignent du cheminement de son personnage. «Je me suis demandé quels reproches on me ferait une fois candidat. Je n’ai pas été ministre, mon parcours n’a rien d’exceptionnel, peu d’expérience à l’international, simplement la Corrèze. Je me suis dit qu’il fallait que je tire avantage de tout cela. Aux côtés de Jospin, en tant que premier secrétaire du PS, j’étais reconnu comme étant partie prenante des grandes décisions, mais jamais comme premier rôle. Cette fois, il fallait que je me mette à mon compte. Avec l’homme normal, on ne me regarde plus comme un ancien premier secrétaire associé à un PS qui n’a pas bonne presse, mais comme un homme nouveau, un candidat neuf avec des idées nouvelles, défiant un président et un candidat autoproclamé par le système. Dès lors, tous mes handicaps deviennent des atouts: la Corrèze redevient un ancrage, avec un Chirac me donnant d’une certaine façon l’imprimature; mon éloignement du PS me permet de porter mes propres idées. Bref, je recrée un espace pour être écouté.»
Cette inspiration vient sans doute de plus loin encore. La première pierre, c’est un conseiller de l’ombre quasi clandestin qui l’a posée sans le savoir, le 9 décembre 2004. Ce jour-là, la journaliste de Paris Match, Valérie Trierweiler, consacre trois pages au premier secrétaire du Parti socialiste. C’est l’homme politique de l’année.
Victoire aux régionales, aux européennes, aux cantonales, aux sénatoriales et lors du référendum interne au PS sur la Constitution européenne. Une «année aux cinq victoires (…) qui restera gravée», écrit la journaliste.
À cette époque, personne ou presque ne sait. Le grand public, les journalistes, la majorité des responsables politiques ignorent la nature exacte de leur relation. Le portrait de François Hollande est à la fois très précis et un brin empathique.
Valérie Trierweiler y retrace son parcours, de l’enfance joyeuse à Rouen à la rencontre avec la «belle Ségolène» sur les bancs de l’ENA et le moment de «la concrétisation de cet amour François-Ségolène», dans la maison familiale de Michel Sapin à Argenton-sur-Creuse. Elle raconte la vie de cet homme qui ressemble tant à sa mère. «Elle lui a transmis sa gentillesse et son dynamisme, lui a appris à ne pas humilier les autres», écrit encore la future première dame, avant de conclure sur une étonnante analyse, quasi prémonitoire: «Les militants aiment ce premier secrétaire qu’ils appellent par son prénom. Mais auront-ils envie de le désigner comme candidat? C’est la question que se pose François Hollande: «Les Français peuvent-ils élire quelqu’un de normal?» Au fond, n’est-ce pas anormal, quelqu’un d’aussi normal? (…) Vouloir devenir président de la République, est-ce vraiment normal?» (L’Expression-27.05.2012.)

**Voir en image: Hollande nouveau président français

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17 réponses à “La légende de François Hollande”

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