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    « Printemps arabe« 

des révoltes à 800 milliards de dollars, en plus des milliers de morts et des destructions massives

*les dégâts pour le monde arabe ne concernent pas simplement le PIB. Le chômage est resté haut…

S’il est sans doute trop tôt pour affirmer que les «révolutions» qui ont secoué plusieurs pays arabes au cours des trois dernières années ont fait augmenter leur niveau de liberté, on peut en revanche dire qu’elles ont coûté cher à leurs économies.

La banque britannique HSBC, selon l’agence de presse Reuters qui a rapporté l’information, a tenté d’estimer ce coût. Une étude publiée mercredi 9 octobre 2013, indique justement que les soulèvements du Printemps arabe auront coûté au total 800 milliards de dollars (environ 590 milliards d’euros) à la fin de l’année. «Dans son rapport de recherche, HSBC prédisait qu’à la fin de l’année 2014, le produit intérieur brut des sept pays les plus touchés – Egypte, Tunisie, Libye, Syrie, Jordanie, Liban et Bahreïn – sera de 35% inférieur à ce qu’il aurait été si les révoltes de 2011 n’avaient pas eu lieu», rapporte l’agence britannique. Le blog Beyond BRICs du Financial Times précise en outre que «les dégâts pour le monde arabe ne concernent pas simplement le PIB». «Le chômage est resté haut en Tunisie et en Egypte, une situation assez ironique quand on sait que le niveau élevé du chômage a été présenté comme une des causes de la révolution dans ces deux pays. En Egypte, le chômage, qui était autour de 9% de 2007 à 2010, est de 13% au premier trimestre de cette année», fait encore remarquer la même source.*El Watan-13.10.2013

*Sommet sur la Paix et la Sécurité en Afrique, les 6 et 7 décembre à l’Élysée

Grande manif à Paris contre  la visite de Mohammed VI

Une dizaine de partis politiques français et d’associations dont «Survie et Sortir du colonialisme» ont décidé de «chahuter» le Sommet sur la Paix et la Sécurité en Afrique, prévu les 6 et 7 décembre à l’Élysée, en organisant un «Contre-sommet» pour contester la venue à Paris de «dictateurs africains dont le roi du Maroc». Initiée essentiellement par l’association «Survie et Sortir du colonialisme», qui est membre observateur de la plate-forme Sahara occidental, la manifestation se déclinera sous deux évènements : un tribunal citoyen, le mercredi 4 décembre, qui traitera la question du Sahara occidental avec la participation de Bachir Moutik, représentant en France de l’Association des familles des prisonniers disparus sahraouis, et un rassemblement de protestation, le lendemain, place de la République. Selon les organisateurs, le «Tribunal citoyen de la Françafrique» visera à établir un bilan de 50 ans de «françafrique et d’interventions françaises sur le sol africain».

Le lendemain, un rassemblement inter-organisations est prévu place de la République pour dire que «la paix en Afrique ne doit pas se décider à l’Élysée avec des dictateurs». «Les organisateurs demanderont, à cette occasion, l’annulation du sommet, la fin du soutien diplomatique, économique, militaire, policier et des ventes d’armes aux régimes répressifs ainsi que la suppression des bases militaires françaises en Afrique», a appris jeudi l’APS auprès de l’un d’entre eux. Selon le secrétaire du Comité pour le respect des libertés et droits humains au Sahara occidental (Corelso), Jean-Paul Le Marec, le mouvement  associatif de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui est «directement concerné» par la manifestation puisque, a-t-il affirmé, le gouvernement français «continue de soutenir le Maroc qui poursuit sa politique de répression dans les territoires occupés, condamne des militants sahraouis à de très longues peines de prison et refuse la mise en œuvre du référendum d’autodétermination».

Un sommet «Pour la paix et la sécurité en Afrique» est attendu les 6 et 7 décembre 2013 à Paris, en présence d’une quarantaine de dirigeants africains. Outre des dirigeants africains, le sommet accueillera le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le président de la Commission européenne, José Manuel Barrosso, ainsi que la présidente de la Commission de l’Union africiane (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma. Il sera consacré aux questions de défense et de sécurité dans le continent, qui feront l’objet d’une première table ronde à huis clos le 6 décembre, au cours de laquelle les participants examineront les menaces qui pèsent sur l’Afrique, dont le terrorisme, la piraterie et la sécurité des frontières.*Le Courrier d’Algérie-29.11.2013

**Arabie Saoudite : la sécurité du hadj assurée par une société israélienne

Se sachant honnie par la population et craignant de subir un jour le même sort que certains dirigeants de la région lors des révoltes arabes de 2011, la famille Al Saoud a décidé de faire appel à des étrangers pour assurer sa sécurité.

Pour se maintenir au pouvoir et tenir ses adversaires en respect, la monarchie saoudienne est même prête à toutes les compromissions. La preuve : le quotidien libanais Al Akhbar vient de révéler que la sécurité du pèlerinage à La Mecque est assurée par la filiale d’une société israélienne de sécurité : Al Majal G4S, dirigée par un certain Khaled Baghdadi.

Le drame est que cheikh Ekrima Sabri (président du Conseil islamique suprême de Jérusalem et imam de la mosquée Al Aqsa) soutient que cette société a du sang de Palestiniens sur les mains. Comment ? La même source révèle que G4S fournit non seulement des équipements de sécurité aux colons, mais participe aussi aux interrogatoires musclés de détenus palestiniens dans plusieurs prisons israéliennes. «Ceux qui aident l’occupation sont responsables ou complices de ses crimes», a soutenu sans ambages cheikh Ekrima Sabri.

Sur le papier, Al Majal G4S appartient à une compagnie brito-danoise. En Israël, G4S cite toutefois d’autres activités en Arabie Saoudite, à Djeddah, lors du transfert des pèlerins vers La Mecque. D’après le site internet Asrar Arabiya (secrets arabes) G4S a passé une annonce, en 2011, pour recruter des employés pour une mission de sept jours dans la ville sainte au moment du pèlerinage. Mercredi 2 octobre, la campagne BDS (Boycott-Désinvestissement-Sanctions) a demandé aux autorités saoudiennes de rompre immédiatement leur contrat avec Al Majal G4S.

Selon certaines sources, le pèlerinage n’est que la face visible des activités de G4S dans le monde arabe où elle emploierait 44 000 personnes dans 16 pays, notamment aux aéroports de Baghdad et de Dubaï. Outre l’intérêt financier de ces contrats, G4S peut disposer des relevés d’identité de millions de pèlerins musulmans, y compris leur photo et leurs empreintes digitales. Et tout cela avec la bénédiction de Riyad.*El Watan-10.10.2013

**quand le Mossad espionne le monde arabe

Révélation d’un général israélien

Un ancien patron d’une section des services secrets israéliens ne s’est pas embarrassé de révéler que la section Aman du Mossad possède des réseaux d’espionnage dans plusieurs pays arabes.

S’exprimant sur la chaîne 7 de la télévision israélienne, le général Amos Yadlin, ancien patron de Aman, qui dirige actuellement un centre d’études et de recherche de sécurité nationale très lié à l’armée, a déclaré que son pays a des agents infiltrés dans les différentes sphères dans des pays arabes dont le Maroc, la Tunisie, l’Egypte, Le Liban, la Syrie, le Yémen, l’Irak. «Nous avons des agents disséminés dans plusieurs pays arabes à différents niveaux, dans les milieux politiques, économiques, culturels et sociaux et qui peuvent faire la promotion d’Israël, tout comme ils peuvent provoquer des destructions», a dévoilé le général israélien. «Nous sommes capables de provoquer et d’exacerber des crises tribales, confessionnelles et des tensions sociales et ainsi maintenir ces pays sous pression interne», a-t-il encore ajouté.

Le général israélien a indiqué, selon le quotidien londonien Al Quds Al Arabi, que des réseaux israéliens, similaires à celui implanté au Maroc, étaient en service également dans d’autres pays de la région, comme la Tunisie, la Libye ou l’Egypte. A en croire le journal londonien qui cite le général réserviste, l’Egypte serait le pays dans lequel les services secrets de l’Etat hébreu opèrent le plus en plaçant des agents dans les sphères politiques, économiques et même militaires.*El Watan-07.10.2013

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** Rien ne va plus entre Doha et Rabat, selon le journal marocain Akhbar Al Youm

Cheikha Moza boude le roi Mohammed VI

L'incident avec Cheikha Moza coûtera cher au roi

Fissure dans le club des rois ou intrigues de palais? En tout cas, rien ne va plus entre Doha et Rabat depuis quelques jours. Le journal marocain Akhbar Al Youm a rapporté dans son édition du 22 mars 2013, que le voyage que devait effectuer Cheikha Moza, épouse de l’émir du Qatar, au Maroc, a été annulée à la dernière minute, suite à des malentendus qui peuvent avoir de graves répercussions sur les relations entre les deux pays. «La venue de Cheikha Moza a été annulée en raison d’une préparation inadéquate de sa visite sous nos cieux, et d’un malentendu au sujet du doctorat honoris causa que devait lui remettre l’Université Qaraouiyyine», a rapporté le journal marocain citant des sources diplomatiques. «Cette décision, de dernière minute, plutôt sensible, et au lieu que d’en consulter préalablement le Palais royal, a été prise unilatéralement par le président de l’université, ce qui a créé une confusion qui, ajoutée aux relations actuelles entre le Qatar et le Maroc, a abouti à l’annulation de la visite de Cheikha Moza», a ajouté la même source qui nous apprend que «la conseillère du roi Mohammed VI, Zoulikha Nasri, avait fait le voyage à Doha pour régler les détails du voyage de la princesse, mais les choses ont apparemment évolué dans un autre sens». Pourtant, la venue de Cheikha Moza au Maroc a été décidée en réponse à une invitation «quasi officielle» du Maroc. Tout est tombé à l’eau, la visite aussi.
L’argument «des préparatifs inadéquats» est difficile à admettre quand on connaît la rigueur qu’accorde le Royaume chérifien aux cérémonies de ce genre.
 L’argument est donc à chercher ailleurs…, peut-être du côté de l’agenda des révoltes arabes. Cet incident ramène les rapports entre Rabat et Doha à leur ancienne situation. Pourtant, en 2011, la situation évoluait plutôt dans le bon sens. Un incessant ballet diplomatique dessinait un axe Rabat-Doha comme étant des plus solides.
Le chéquier ouvert, l’émir du Qatar donnait des gages au souverain marocain qui venait de faire une halte remarquée à Doha lors d’un périple au Moyen-Orient. «Le voyage de Mohammed VI au Moyen-Orient est perçu comme une volonté de créer un véritable club des rois aux intérêts bien compris» relevait alors, le Financial Times. Les révoltes arabes ont resserré les liens entre les Royaumes et les pétro-sultanats du Golfe, rallongent les chèques, réinventant la sainte alliance avec le royaume désargenté du Maroc. L’accalmie de 2011 a fait long feu. En réalité, Doha n’a jamais pardonné la position du roi Hassan II qui a blâmé, en 1995, le coup d’Etat de Cheikh Hamad contre son père alors en villégiature en Suisse.
Une brouille qui ne s’est jamais estompée, mais c’est certainement le Maroc qui va en pâtir. Le royaume en proie à une crise économique et sociale vient en effet de se priver d’une véritable manne financière.
Le volontarisme du roi pour contenir le bouillonnement social qui nécessite des milliards de dollars, sera stoppé net.
Que dire alors du soutien qu’apportait le Qatar au Maroc dans le dossier sahraoui? L’incident avec Cheikha Moza coûtera cher au roi.*L’Expression-24.03.2013.

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4 Marocains s’immolent par le feu, 70 autres menacent d’un suicide collectif

Le Maroc connaît une vague de protestations liées à la pauvreté et l’injustice

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Plusieurs chômeurs marocains (les chiffres oscillent entre 3 et 5) se sont immolés à proximité d’un bâtiment du ministère de l’Education à Rabat, capitale du Maroc et deuxième ville du pays après Casablanca.

Plusieurs vidéos particulièrement sensibles circulent sur les réseaux sociaux. Il s’agit de jeunes diplômés, sans emploi, qui protestaient contre le fléau du chômage et occupaient un immeuble du ministère de l’Education depuis
deux semaines.Ces immolations en rappellent immanquablement une autre, celle de Bouazizi en Tunisie qui fut l’élément déclencheur du printemps arabe.

Et vendredi, se sont 70 autres désespérés qui ont menacé de commettre un « suicide collectif » s’ils n’étaient pas embauchés par la société d’Etat de phosphate OCP, rapportent vendredi les autorités locales.

Les protestataires ont tenté de s’introduire dans une carrière de phosphate avec des explosifs, à proximité de la ville de Benguerir, dans le sud du pays.

D’après les statistiques officielles, Benguerir se situe dans la région du Maroc où l’indice de pauvreté est le plus élevé.

Le pouvoir en place autour du Palais Royal Marocain avait été contesté depuis le début de l’an dernier par des jeunes manifestants dans la rue. Composé de cyber-militants laïcs et de gauchistes, et jusqu’à récemment d’islamistes, le « Mouvement du 20 février » continue de manifester dans certaines villes du royaume pour revendiquer des réformes politiques, moins de corruption et une plus grande justice sociale.

Plus d’un mois après des législatives anticipées dans le tumulte du Printemps arabe, un gouvernement dirigé pour la première fois au Maroc par un islamiste, Abdelilah Benkirane, n’a pas réglé la situation et les marocains
s’impatientent. Le Maroc connaît une vague de protestations liées à la pauvreté. Près d’un tiers des jeunes Marocains sont au chômage et un quart des 33 millions de Marocains sont touchés par la pauvreté.*almanar.com.lb-21-01-2012

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Depuis 1967, « Israël » occupe deux îles saoudiennes !!!

   les iles Sanafir et Tayran.

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Israël » occupe depuis 1967 deux îles saoudiennes dans un mutisme ferme observé par le royaume qui n’a jamais réclamé leur récupération, dévoile le journal « Al Qods Al Arabi » paru à Londres.  Les îles Tirane et Sanafir sont situées dans le détroit de Tirane qui sépare le golfe d’Aqaba de la Mer Rouge.Les deux îles sont situées à l’extrémité sud du golfe d’Aqaba, menant à la mer Rouge. L’île de Tiran, qui a une superficie d’environ 80 kilomètres carrés, est situé à l’entrée du détroit de Tiran. Sanafir, avec une superficie de 33 kilomètres carrés, se trouve également à l’Est de Tiran. Les deux îles ont été occupées par Tel-Aviv depuis la défaite de l’Egypte
En 1967, le président égyptien Gamal abdel Nasser a voulu empêcher l’acheminement des aides à « Israël » via la Mer Rouge, le détroit de Tirane étant l’unique accès maritime économique de l’entité sioniste à l’Asie. Il a demandé au roi saoudien de l’époque, Fayçal Ben Abdel Aziz, d’utiliser les îles en question, situées à 4 miles de la station balnéaire égyptienne de Charm el Cheikh, dans la guerre contre « Israël ».

Le quotidien s’est dit étonné de l’insouciance de Riyad quant au sort de ces deux îles. « L’Arabie Saoudite n’a point déposé une plainte auprès des Nations Unies pour protester contre l’occupation israélienne des deux îles », a regretté Al Qods Al Arabi.

Il s’est égalemt interrogé sur les raisons du mutisme saoudien et du black-out médiatique imposé sur cette question. « L’Arabie craint-elle Israël ? Les deux pays sont-ils devenus des alliés dans le cadre d’une stratégie américaine, l’Arabie et le Caire ne voulant pas entrer en conflit avec Israël? Ou s’agit-il tout simplement des accords secrets? « , s’est demandé le quotidien.**Source : Al Qods Al Arabi et +

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*Le vice-ministre saoudien de la Défense, Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz, limogé

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Le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz, a été limogé samedi par un décret du roi Abdallah, a rapporté l’agence officielle Spa.
L’agence ne fournit aucune explication à ce limogeage, indiquant que le prince Khaled a été remplacé à son poste par le prince Fahd Ben Abdallah Ben Mohammed Ben Abdel Rahmane.
Le prince Khaled avait commandé en 1991 les forces de pays arabes et musulmans qui avaient participé aux côtés des troupes occidentales, notamment américaines, à libérer le Koweït de l’occupation du régime de l’ancien président irakien Saddam Hussein.
Il est le propriétaire du quotidien panarabe Al-Hayat publié à Londres.*AFP-21.04.2013.

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*Le Koweït rejoint le « printemps arabe »

*plus de 50.000 citoyens dans la rue pour protester contre une réforme constitutionnelle voulue par l’émir, avec un Parlement aux ordres

*la majorité de la population ne dispose souvent que du droit de se taire et de se faire exploiter

**Monde diplomatique-samedi 3 novembre 2012

On connaît peu de choses de cet émirat du Golfe. On en connaîtrait encore moins s’il n’avait pas été envahi par les troupes de Saddam Hussein en août 1990, ce qui allait déboucher sur une guerre, dirigée par les Etats-Unis…

Le 25 octobre 2012, plus de 50.000 citoyens sont descendus dans la rue pour protester contre une réforme constitutionnelle voulue par l’émir, qui tente de faire élire, le 1er décembre 2012, un Parlement aux ordres. De violentes échauffourées ont éclaté, faisant une centaine de blessés. Le dimanche 4 novembre 2012, l’opposition appelle à manifester à nouveau, alors même que le pouvoir cherche la confrontation et menace de faire intervenir l’armée (« Koweït : l’armée pourrait intervenir contre une manifestation de l’opposition », L’Orient-Le Jour, 3 novembre 2012).

La contestation au Koweït a une longue histoire et on pourra se reporter à l’excellente étude « Looking for Revolution in Kuwait », de Mary Ann Tétreault, (MERIP, 1er novembre 2012), qui revient sur les diverses étapes de la vie politique de l’émirat et des forces d’opposition, sur le caractère singulier de ses institutions, l’indépendance du système judiciaire et la liberté de presse et d’expression qui y règne.

Un des paradoxes est que le le Parlement élu n’a pas le pouvoir de désigner le gouvernement, dont les membres sont choisis par l’émir et occupent de plein droit les bancs parlementaires. La confrontation entre l’Assemblée  et le gouvernement est au cœur des affrontements de ces dernières années.

L’impasse actuelle, écrit l’auteure, « s’inscrit dans la continuité de cette longue lutte entre les émirs et les parlements. Mais depuis que le cheikh Sabah Al-Ahmad est devenu émir en janvier 2006, les affrontements ont grandi dans une atmosphère de plus en plus lourde. L’animosité est stimulée par les niveaux élevés et croissants d’insatisfaction de la population comme des élites devant les faibles  performances du gouvernement et de la famille régnante. Ironie du sort, le cheikh Sabah a accédé au pouvoir sur une vague de popularité après avoir pris en charge une transition politique difficile consécutive à la mort de son prédécesseur. Mais cette bonne volonté s’est dissipée rapidement quand il a nommé un gouvernement médiocre et qu’il a voulu accorder un monopole du pouvoir aux membres de sa branche de la famille Al-Sabah ».

Peu après son accession au trône, l’émir s’est trouvé confronté à un mouvement pacifique de contestation, animé notamment par des jeunes, qui a duré plusieurs mois, préfigurant les soulèvements arabes de 2011. Il revendiquait le découpage de l’émirat en cinq circonscriptions au lieu de vingt-cinq, ce qui devait réduire l’achat de votes et la corruption. Plusieurs élections se sont déroulées depuis qui ont donné la victoire à des forces d’opposition — tribales, islamistes (sunnites et chiites) et quelques libéraux — et l’émir a fini par se débarrasser de son premier ministre en novembre 2011. Mais, en février 2012, après une énième dissolution du Parlement, l’opposition remporte 34 sièges sur 50. Le 18 juin, l’émir suspend le Parlement et deux jours plus tard la Cour constitutionnelle décide d’annuler les élections de 2012 et de réinstaller le Parlement de 2009. Le 20 octobre, l’émir annonce qu’il changera la loi électorale, ce qui provoque les plus grandes manifestations de l’histoire de l’émirat.

Au-delà de ces arguties constitutionnelles, c’est la nature même du régime qui est en cause, avec la demande, ici comme en Jordanie ou au Maroc, d’un système démocratique dans lequel le gouvernement serait responsable devant le Parlement. Ces soubresauts inquiètent, bien sûr, les autres émirats de la région (à Bahreïn, le mouvement démocratique se poursuit depuis plus de 18 mois malgré une violente répression), notamment les Emirats arabes unis, où des dizaines de militants ont été arrêtés (le Parlement européen a adopté une résolution le 26 octobre pour condamner la répression). Et, encore plus, l’Arabie saoudite, où la contestation n’est plus limitée à la région de l’Est, à majorité chiite : elle s’exprime aussi bien sur la Toile que dans de petites manifestations pour la libération des prisonniers politiques. C’est avec plus d’inquiétude que de joie que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis voient la montée des forces islamistes, notamment des Frères musulmans, dans l’émirat comme ailleurs (lire « Les islamistes à l’épreuve du pouvoir », Le Monde diplomatique, novembre 2012).

Il se pose bien sûr, pour tous ces émirats, une question : la démocratie, mais pour qui ? Pendant très longtemps, les femmes ont été exclues du droit de vote au Koweït et il ne leur a été accordé qu’en 2005 (avec les premières députées élues en 2009).

On compte aussi 106 000 Bidouns, ainsi définis par Human Rights Watch (« Koweït : La répression de manifestations de Bidouns a fait des dizaines de blessés », 19 février 2011) : « Les Bidouns sont des personnes apatrides, essentiellement d’origine bédouine ou nomadique, qui revendiquent la nationalité koweïtienne et les droits liés à cette nationalité. Leur statut apatride est lié au fait que la majorité n’a pas brigué la nationalité koweitienne quand l’émirat, devenu un protectorat britannique en 1914, a accédé à l’indépendance en 1961. » A la suite de ces manifestations, un certain nombre a obtenu la nationalité et le droit de vote, mais la majorité reste exclue.

Enfin, il faut évidemment dire un mot de la majorité de la population, ces immigrés (1,3 million sur un total de 2,8) provenant du monde arabe ou d’Asie et qui souvent ne disposent que du droit de se taire et de se faire exploiter.*Monde diplomatique-samedi 3 novembre 2012

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*Les Occidentaux et l’OTAN leur ont promis la liberté et la démocratie…ils ont eu des tueries a grande échelle, des massacres et les destructions massives…le chaos,  la peur, l’insécurité, l’exile et des lendemains incertains! 

*De nouveaux combats à Bani Walid ont fait samedi au moins 26 morts et plus de 200 blessés, selon l’AFP

*Des familles entiéres  fuient les tueries à Bani Walid en Libye

les ex-rebelles, constitués en milices, font la loi

Morcelé entre tribus et clans surarmés, le pays menace d’éclater à tout moment

La menace d’un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid après la mort d’un ex-rebelle enlevé et torturé à Misrata, ce qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid…

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Des centaines de familles et de travailleurs étrangers fuyaient dimanche (21.10.2012.) la ville Bani Walid, en Libye , au lendemain de combats meurtriers, a constaté un photographe de l’AFP.
Des dizaines de voitures transportant des familles quittaient la ville de 100.000 habitants, située à 185 km au sud-est de Tripoli, en direction de l’ouest. Des dizaines de travailleurs étrangers, dont de nombreux Egyptiens, partaient à pied en direction de Tripoli, des véhicules de l’armée faisant des aller-retour pour les transporter.
A 3 km de l’entrée principale de la ville, des coups de feu nourris et des explosions étaient entendus, témoignant de la violence des combats, selon un photographe de l’AFP.
Le colonel Salah al-Borki, qui dirige une des brigades d’ex-rebelles sur le front ouest de la ville, a indiqué que ses forces avançaient vers la ville dont ils géraient le principal point de contrôle.
« Nous sommes en train de traiter avec quelques éléments qui résistent encore, et surtout des snipers postés sur les toits », a-t-il dit, faisant état de deux blessés parmi ses hommes.
« Nous essayons d’assurer des couloirs sécurisés pour permettre aux civils de quitter la ville, afin d’avoir une plus grande marge de manoeuvre », a-t-il ajouté, expliquant que ses hommes « n’ont fait usage jusqu’ici que d’armes légères pour épargner les civils ».
De nouveaux combats à Bani Walid, coïncidant avec le premier anniversaire de l’assassinat du leader libyen Mouammar Kadhafi, ont fait samedi au moins 26 morts et plus de 200 blessés, selon un décompte de l’AFP basé sur les bilans des deux hôpitaux de Bani Walid et de la ville voisine et rivale de Misrata.
Durant la semaine, une quinzaine de personnes avaient déjà péri dans des bombardements des ex-rebelles sur Bani Walid. Les nouveaux dirigeants estiment que Bani Walid est « devenue un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même à des mercenaires ».

Samedi, les autorités ont semé la confusion, relayant des rumeurs et des déclarations contradictoires, sur l’arrestation de membres de l’ancien régime, dont Khamis, un des fils de Kadhafi ou Moussa Ibrahim, ex-porte-parole du régime de Mouammar Kadhafi, qui tentaient, selon eux, de fuir la ville.
La menace d’un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid après la mort d’un ex-rebelle enlevé et torturé à Misrata, qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, cités voisines et rivales historiques ayant choisi des camps opposés lors du conflit.*Les médias-21.10.2012.

**la Libye s’installe dans l’instabilité…l’ex-Jamahiriya reste aujourd’hui une poudrière.

La Libye depuis un an est devenue source d’insécurité.

C’est dans la crainte de lendemains incertains que les Libyens ont fêté hier le premier anniversaire de la chute du régime de Mouammar El Gueddafi. Un an aprés, la stabilité n’est pas revenue en Libye et dans les régions avoisinantes, tout particulièrement au Sahel. Au contraire, la situation s’empire de jour en jour au Mali où les éléments d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) contrôlent plusieurs villes du nord. Abandonnée à elle-même par ceux-là mêmes qui l’avaient aidée à se débarrasser de la famille El Gueddafi, l’ex-Jamahiriya reste aujourd’hui une poudrière. En l’absence d’institutions crédibles et fortes… ou tout simplement d’un Etat libyen, les spécialistes les plus optimistes soutiennent qu’il faudra entre 3 et 10 ans pour la remettre sur les rails.
Et le premier défi pour les Libyens sera de maintenir leur unité nationale.

Morcelé entre tribus et clans surarmés, le pays menace d’éclater à tout moment. En l’absence d’une police et d’une armée libyenne, les ex-rebelles, constitués en milices, font la loi. La tribu des Warfalla, qui était celle d’El Gueddafi, continuerait pour sa part à résister et à contester la légitimité du pouvoir en place. Il en va de même pour les populations Toubou du Sud libyen qui accusent les rebelles du nord de chercher à les exterminer et, donc, à les exclure du nouvel ordre libyen en construction.

Le tout nouveau président de l’Assemblée libyenne (Congrès général national, CGN), Mohamed El Megaryef, voit par contre dans l’attitude de ces tribus rebelles de la défiance. Une défiance qui, pour lui, doit recevoir une réponse musclée. M. El Megaryef a estimé, à ce propos, que la «libération» du pays du régime de Mouammar El Gueddafi n’a pas été complètement réalisée et qu’il faut donc terminer le travail. «La libération du pays n’a pas été complètement réalisée dans certaines régions», a-t-il dit dans un discours diffusé dans la nuit de vendredi à samedi, citant en particulier la ville de Bani Walid, présentée comme un des derniers bastions de l’ancien régime. Cette semaine, des groupes d’ex-rebelles se réclamant de l’armée libyenne ont d’ailleurs attaqué la localité pour, ont-ils dit, y déloger les pro-Gueddafi. Depuis plusieurs mois, les rebelles accusent la ville d’abriter des criminels et des partisans de l’ancien régime recherchés par la justice.

Très violents, les affrontements aurait ainsi empêché jeudi le président du CGN, la plus haute autorité politique du pays, d’entrer dans Bani Walid, où il devait tenter de négocier un compromis avec les chefs tribaux et militaires. La rupture des négociations a certainement du réjouir les partisans de la solution du «tout-militaire». Les dignitaires de Bani Walid refusent, quant eux, l’entrée de «milices hors la loi» et mettent en doute la neutralité de l’«armée nationale» qui n’existe pas encore, selon eux. Ils redoutent un sort similaire à celui réservé à la ville de Touarga, dont les habitants accusés d’avoir participé aux exactions de l’ancien régime contre Misrata durant le conflit de 2011, avaient été chassés de chez eux et leurs maisons détruites et brûlées.    

Dans sa plaidoirie, M. El Megaryef ne s’est par ailleurs pas empêché de critiquer le bilan du Conseil national de transition (CNT) présidé par Mustapha Abdeljalil et de dresser un bilan sombre de la période post-El Gueddafi. Il a particulièrement parlé d’un «retard et d’une négligence» dans la constitution d’une armée et d’une police, le contrôle des armes, et la non-intégration des ex-rebelles dans les institutions de l’Etat.

Le président du CGN a cité, en outre, un retard dans la réforme de la justice ainsi que le dossier de la réconciliation nationale.
«Cette situation a engendré un état de mécontentement et de tension parmi les différentes composantes de la société ainsi que la propagation du chaos, du désordre, de la corruption, ce qui a engendré une faiblesse dans le rendement des différents organismes gouvernementaux», a-t-il déclaré. Mohamed El Megaryef a sans doute raison de noircir le tableau.

En témoigne l’attaque, le 11 septembre dernier, du consulat américain à Benghazi, l’instabilité chronique qui caractérise la Libye depuis un an est devenue une importante source d’insécurité. La chute de Mouammar El Gueddafi a, de plus, ouvert un grand boulevard aux islamistes. Et même si le Parti pour la justice et la construction (PJC), vitrine des Frères musulmans en Libye, n’a pas obtenu la majorité au Parlement, celui-ci dispose tout de même de relais importants dans la société.
L’influence des Frères musulmans dépasse de loin – y compris au Parlement – celle du parti qui les représente. Et tout indique qu’ils ne négligeront aucun moyen, le moment venu, pour marquer de leur emprunte le système politique libyen en construction. Au plan économique, la situation est beaucoup moins catastrophique.

L’extraction de pétrole, qui était tombée à presque zéro durant la guerre, est repartie de plus belle. Elle atteint presque le niveau d’avant l’intervention franco-italo-britannique. Les affaires semblent aller tellement bien que le Fonds monétaire international (FMI) prédit à la Libye une croissance record de 116,6% cette année.Il est peu probable toutefois que les Libyens profitent de cette croissance. Ils manquent tellement de tout qu’ils sont souvent obligés d’aller faire leurs emplettes en Tunisie, en Algérie ou en Egypte. Le pétrole surnage en quelque sorte au-dessus d’un chaos institutionnalisé. Et la situation est malheureusement bien partie pour durer.*Afp+ El Watan-21.10.2012.

***procès des militaires français accusés de meurtre en Côte d’Ivoire

Des témoins importants pour l’accusation pourraient être absents du procès des quatre anciens militaires français de la force Licorne, en Côte d’Ivoire, qui vont rendre compte devant la cour d’assises de Paris à partir de mardi 27 novembre du meurtre de Firmin Mahé, un chef de bande, en 2005. Un procès à risque pour l’image de l’armée française. Selon l’avocat de la famille Mahé, Me Fabien Ndoumou, sept personnes pourraient ne pas pouvoir se rendre à Paris pour cette audience, dont les trois sœurs de Firmin Mahé, des cousins et, surtout, sa concubine, Edith Zahé, qui fut témoin d’une partie des faits. Ces parties civiles sont citées pour témoigner le 28 novembre 2012 à l’audience. Firmin Mahé avait été étouffé sous un sac plastique après avoir été tabassé, le 13 mai 2005, dans le véhicule blindé qui le transportait du camp de Bangolo vers celui de Man, à 600 km d’Abidjan, au nord-ouest du pays. Les forces françaises, alors placées sous mandat de l’ONU, intervenaient en zone rebelle, au nord du pays, avec la mission de sécuriser la « zone de confiance » séparant le Nord du Sud, zone contrôlée par Laurent Gbagbo.

Le général commandant la force Licorne, Henri Poncet, a bénéficié d’un non-lieu. Sont renvoyés devant la cour d’assises Eric Burgaud, alors colonel chef de corps du 13e bataillon de chasseurs-alpins de Chambéry, pour « complicité par instigation du meurtre », l’ex-adjudant-chef Guy Raugel, du 4e régiment de chasseurs, pour « homicide volontaire », l’ancien brigadier-chef Johannes Schnier, pour « complicité de meurtre par aide ou assistance », et l’ancien brigadier Lianrifou Ben Youssouf, pour « omission d’empêcher la réalisation d’un crime »….Le Monde-23.11.2012.

**L’Afrique, terre promise des narco-Etats

Le trafic de «coke» représenterait en Guinée-Bissau un montant supérieur au PIB.

Le président assassiné Joao Bernardo Vieira de la Guinée-Bissau Francois Lenoir / Reuters

Au petit matin, le 2 mars 2012, le président de Guinée-Bissau, Joao Bernardo Vieira (sur la photo ci-dessus) a été assassiné par des militaires du pays qu’il était censé diriger. Une vendetta des plus rapides: ces hommes en kaki soupçonnaient le Président d’être le commanditaire de l’attentat à la bombe qui avait tué quelques heures plus tôt, le chef d’Etat major, Tagmé Na Waié. Les « deux hommes forts » de cette ex-colonie portugaise se détestaient depuis des années. La violence de ce règlement de compte à «OK Bissau» est-elle avant tout l’expression d’un énième conflit de pouvoir en Afrique ? Sans doute. Mais cette issue fatale ne peut s’expliquer si l’on fait abstraction du nouvel objet de tous les désirs : la poudre blanche venue d’Amérique latine.

La Guinée-Bissau est en passe de devenir le premier «narco-Etat» d’Afrique.
Ces dernières années, les pêcheurs de ce pays côtier ont multiplié les prises miraculeuses. Ainsi dans le village d’Ondame, des «petits chanceux» ont remonté dans leurs filets des paquets de cocaïne. Certains d’entre eux ont répandu la poudre blanche sur leurs plants de tomates, qui ont rapidement dépéri. D’autres ont assaisonné leurs plats avec. Tout est rentré dans l’ordre lorsque deux «latinos» ont débarqué peu de temps après dans un jet privé, avec un cadeau de nature à plaire aux «indigènes»:  une valise contenant un million de dollars en petites coupures.

La Guinée-Bissau est un «paradis» pour les narcotrafiquants. A lui seul l’archipel des Bijagos, situé au large de Bissau, la capitale, compte une centaine d’îles. Certaines d’entre elles sont désertes et leur végétation particulièrement fournie. Des avions venus d’Amérique latine larguent la nuit des paquets sur les plages de cet archipel. Avant que des bateaux de la marine nationale ne viennent les récupérer.

Un journaliste local, Allen Yéro Embalo avait eu la «mauvaise idée» de filmer ces scènes. Depuis lors, il a dû quitter son pays. Les trafiquants lui avaient offert une alternative très simple. Comme en Amérique latine «plata o plomo», l’argent ou le plomb. Il devait accepter de la cocaïne qu’il pourrait vendre, sinon il serait tué. Sa famille aussi était menacée. Sa maison a été mitraillée avant qu’il ne décide de prendre le chemin de l’exil. Selon Allen Yero Embalo «dans les rues de Bissau les trafiquants colombiens se promènent tranquillement comme s’ils étaient chez eux. D’autant qu’ils ont des complices au plus haut niveau de l’Etat». Dans les coffres des 4×4 rutilants qui sillonnent la ville, les kilos de cocaïne circulent tranquillement. Les policiers en ont saisi 674 kilos en 2006, mais ceux-ci ont mystérieusement disparu du bâtiment où ils étaient stockés. Les deux Colombiens arrêtés en possession de la cargaison ont été libérés sans explication.

Pour les bateaux de la marine nationale, la chasse aux trafiquants est des plus difficiles : le plus souvent, le carburant leur fait défaut. Ce qui au fond tombe bien, car les chefs de la marine sont supectés d’être les principaux organisateurs du trafic. Les autorités ont d’autant moins l’intention de faire la chasse aux trafiquants que le «business de la coke» rapporterait, selon les Nations unies, un montant supérieur au Pib (Produit intérieur brut) de la Guinée-Bissau. La veille de l’assassinat du Président de Guinée-Bissau, la population du pays voisin, la Guinée-Conakry était, elle aussi, sous le choc. Ousmane Conté, le fils du Président défunt Lansana Conté faisait des aveux télévisés: «Je reconnais être impliqué dans le trafic de drogue en Guinée (Conakry). C’est vrai je suis dans cette affaire de drogue, je le reconnais, mais je n’en suis pas le parrain». D’autres membres de cette illustre famille sont suspectés d’avoir participé à un vaste trafic. Les aveux du fils du Président ont été arrachés après des interrogatoires menés en prison par …Moussa Dadis Camara, le nouveau Président autoproclamé. Avant d’accéder aux plus hautes fonctions, Moussa Dadis Camara entretenait d’excellentes relations avec les fils de l’ex- Chef de l’Etat. Plusieurs hauts gradés de la junte qu’il vient de mettre en place sont suspectés d’entretenir des liens étroits avec les narcotrafiquants.

Au cours des derniers mois, les saisies spectaculaires se sont multipliées dans toute  l’Afrique de l’Ouest: de la Mauritanie au Nigeria en passant par le Mali ou le Togo. L’Afrique de l’Ouest est une terre d’élection pour les narcos car elle constitue une nouvelle route très prisée pour atteindre l’Europe. Selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), près de 50 tonnes de cocaïne à destination de l’Europe transitent chaque année par cette région. Autre avantage de l’Afrique pour les narcos, elle est aussi une terre de blanchiment «aisé». Dans des pays comme le Sénégal, le Ghana ou le Bénin, qui sont stables et où les prix des logements flambent, les investissements dans l’immobilier ne sont guère contrôlés. Dans ces Etats qui comptent parmi les plus pauvres de la planète, l’investisseur fortuné est vu comme un «bienfaiteur» auquel il serait mal venu de poser trop de questions.

Au Bénin, des hommes d’affaires qui ont fait fortune grâce au trafic de stupéfiants parviennent même à obtenir des immunités parlementaires. «Ils financent la campagne de candidats à la députation, se font inscrire comme suppléants, puis demandent à leur poulain de démissionner une fois l’élection acquise. Ainsi, ils se retrouvent à l’Assemblée nationale» explique Marcus Boni Teiga, directeur de l’hebdomadaire Le Bénin Aujourd’hui. Autre écueil, les autorités africaines sont rarement très motivées pour lutter contre le trafic. Selon Martinho Dafa Kabi, ex-Premier ministre de Guinée-Bissau, la cocaïne est un problème d’Occidentaux: «Ici, personne n’en fabrique ou n’en consomme, et nous sommes trop faibles pour lutter seuls». Un point de vue largement partagé sur le continent. Sur les routes de l’Ouest africain, il n’est pas rare de rencontrer de jeunes Nigérians qui répondent tout simplement à la question «Qu’est ce que vous faites dans la vie ?» «I’m in dope business» (Je fais dans les affaires de dope) comme si c’était un métier comme un autre. Un de ceux qui sont ouverts à tous ceux qui ont le sens des affaires: en Afrique, la petite entreprise des narcos ne connaît pas la crise.*SlateAfrique- 14/05/2012

<a href= »http://www4.smartadserver.com/call/pubjumpi/37963/260212/14321/M/[timestamp]/? » target= »_blank »><img src= »http://www4.smartadserver.com/call/pubi/37963/260212/14321/M/[timestamp]/? » border= »0″ alt= »" /></a>Pierre Cherruau

Pierre Cherruau a publié de nombreux ouvrages, notamment Chien fantôme (Ed. Après la Lune), Nena Rastaquouère (Seuil), Togo or not Togo (Ed. Baleine), La Vacance du Petit Nicolas (Ed. Baleine) et Dakar Paris, L’Afrique à petite foulée (Ed. Calmann-Lévy).

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L’incertitude gagne les Libanais au lendemain de  l’attentat qui a tué le chef des services de renseignements

séisme politique au Liban et crainte que le pays replonge dans le chaos

Cette situation a ravivé les années noires de la guerre civile

Alors que l’attentat qui a tué le chef des services de renseignements de la police antisyrien, Wissam Al Hassan, fait craindre de replonger le Liban dans le chaos, un cheikh a été tué dans des heurts et des routes ont été coupées par des hommes en colère dans le pays, selon des sources de sécurité. Cet assassinat a créé un séisme politique au Liban, resté pendant 30 ans sous tutelle syrienne. L’opposition a accusé le régime de Bachar Al Assad d’avoir commandité l’attentat et appelé à la démission du gouvernement Mikati..

«J’ai assuré au Président que je n’étais pas attaché au poste de chef de gouvernement. Il m’a demandé de rester, car il ne s’agit pas d’une question personnelle mais de l’intérêt national» et pour éviter un «vide politique», a dit M. Mikati après une réunion d’urgence du Conseil des ministres. Il a fait le lien entre la mort du général Hassan et l’arrestation, en août, par les services de ce dernier de l’ex-ministre pro-syrien, Michel Samaha..

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Plus haut responsable de la sécurité libanais à être assassiné depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), Wissam Al Hassan a joué un rôle majeur dans l’enquête sur de nombreux attentats au Liban entre 2005 et 2008 et dans lesquels le pouvoir syrien a été pointé du doigt. Son assassinat, qui a ravivé les années noires de la guerre civile et rappelé les précédents attentats, a été condamné par la communauté internationale, ainsi que par les autorités syriennes.  La presse libanaise s’est fait l’écho de la crainte que le pays bascule dans l’instabilité. L’assassinat a «transporté le Liban d’une rive à une autre, avec tous les dangers qui guettent la stabilité et la sécurité», affirme An Nahar.

«La paix civile en danger», titre As Safir. En signe de protestation à l’assassinat, plusieurs routes ont été coupées dans des régions à majorité sunnite par des hommes, dont certains étaient armés. Des dizaines de partisans de M. Hariri ont coupé la circulation en brûlant des pneus dans l’est, le nord et le sud. Un cheikh a été tué à Tripoli dans des échanges de tirs. Mais plusieurs analystes interrogés par l’AFP ont écarté le risque que le Liban sombre de nouveau dans le chaos.*El Watan+médias-21.10.2012.

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**L’ancien président Turgut Özal a-t-il été empoisonné ?

Depuis la mort de l’ancien président de la République turc Turgut Özal, en 1993, les spéculations sur les causes de sa mort n’ont jamais cessé. Depuis plus de 18 ans, son frère, Ahmet Özal, clame que l’ancien chef d’Etat a été assassiné. Officiellement, Özal est décédé d’une crise cardiaque alors qu’il se trouvait dans son bureau.

Vendredi 2 novembre 2012 au matin, le quotidien conservateur turc Bugün, lance un pavé dans la mare et publie en exclusivité, des informations qu’il affirme tenir de l’Institut médico-légal. Selon Bugün, l’ancien président Özal aurait bel et bien été empoisonné. Des traces de produits toxiques auraient été retrouvées dans son corps : il mentionne la présence de strychnine et de  créatine. Özal serait mort en 20 minutes, affirme-t-il.

Le dossier a été rouvert récemment par la justice qui a procédé à l’exhumation du corps, le 3 octobre, pour réaliser une autopsie. Depuis, les examens se poursuivent. Le directeur de l’Institut de médecine légale a démenti les affirmations du journal. « Nous n’en sommes pas la source. Nous n’avons pas trouvé les produits annoncés« , a-t-il déclaré, précisant que le rapport sur les causes de la mort n’était pas terminé.

S’il s’avère qu’Özal a bel et bien été assassiné, comme le soupçonnent Kurdes et démocrates turcs depuis près de deux décennies, la justice devra désigner les responsables et les motifs de sa mort. L’Etat profond, la bureaucratie militaire, mécontente des idées libérales de Turgut Özal sur la question kurde ? Ses projets panturquistes d’Union des pays turcophones ?* mBlog-02 novembre 2012

Attentat de rebelles kurdes contre un gazoduc : 28 soldats turcs blessés

Vingt-huit soldats turcs ont été blessés dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord-est de la Turquie lors d’une attaque de rebelles kurdes contre un gazoduc reliant l’Iran à la Turquie, qui a conduit à l’interruption des livraisons de gaz iranien, ont rapporté hier les médias.

«Les terroristes ont organisé une attaque contre le gazoduc d’Iran près du village de Türkeli, dans le district d’Eleskirt. A la suite de l’explosion, nous avons eu des camarades blessés par l’incendie», a déclaré à l’agence de presse Anatolie Mehmet Tekinarslan, le gouverneur de la province d’Agri, dont dépend le district d’Eleskirt. 
«Au total, 28 de nos militaires ont été blessés», dont un a été gravement brûlé, a ajouté le gouverneur. Les forces de sécurité ont lancé une opération pour intercepter les auteurs de l’attaque, a indiqué M. Tekinarslan, précisant que l’incendie provoqué par l’attentat avait été éteint. Le flux de gaz iranien était cependant interrompu, a affirmé la chaîne d’information NTV.

Le ministre turc de l’Energie, Taner Yildiz, a assuré que cet incident n’avait eu aucune conséquence sur l’approvisionnement en gaz de son pays.  «Nous n’avons aucun problème d’approvisionnement en gaz naturel», a déclaré M. Yildiz, cité par l’agence de presse Anatolie. «L’Azerbaïdjan comme la Russie (…) ont augmenté leurs livraisons de 50% après une conversation téléphonique», a-t-il ajouté.  Le PKK se bat pour l’autonomie du sud-est de la Turquie, peuplé en majorité de Kurdes. Le conflit a fait plus de 45 000 morts depuis le début de l’insurrection du PKK, en 1984, selon l’armée turque.El Watan.-20.10.2012

**Afghanistan : 15 personnes tuées dans une explosion

L’explosion d’une bombe en bordure d’une route a tué au moins 15 personnes et blessé 18 autres qui se rendaient hier par minibus à un mariage dans le nord de l’Afghanistan, ont indiqué les autorités policières.

«Toutes les victimes sont des civils et il s’agit pour la plupart de femmes et d’enfants», a déclaré à l’AFP Shir Jan Durrani, porte-parole de la police de la province de Balkh (nord), précisant que l’explosion était survenue à 40 km de la capitale provinciale Mazar e Sharif.  
L’attaque n’a pas été immédiatement revendiquée, mais des attentats de ce type sont régulièrement perpétrés par les insurgés talibans qui veulent déloger le gouvernement du président Hamid Karzaï soutenu par les Occidentaux. 
Lors de mariages en Afghanistan, les familles invitent souvent des centaines de proches et d’invités dont certains parcourent un long trajet pour assister aux festivités.El Watan.-20.10.2012

**les kamikazes d’Al Qaîda provoquent l’horreur au Yémen…15 soldats tués

Quinze soldats yéménites ont été tués dans un attentat-suicide à la voiture piégée mené par Al Qaîda contre un camp de l’armée dans le sud du pays, au lendemain d’un raid aérien qui a coûté la vie à au moins sept insurgés du réseau extrémiste.
L’attentat qui a fait huit morts – dont le kamikaze – parmi les combattants d’Al Qaîda, selon des sources militaires, témoigne de la persistance de la capacité de nuisance du réseau dont les membres se sont repliés dans les zones
montagneuses du Sud après une offensive de l’armée au printemps.

La voiture piégée a explosé dans un camp de la Brigade 115 après avoir réussi à passer plusieurs points de contrôle de l’armée à Chaqra, une localité côtière de la province d’Abyane, selon une source militaire.  «Quatre membres d’Al Qaîda, ceinturés d’explosifs, en treillis et circulant  à bord d’un véhicule militaire, sont parvenus à passer plusieurs barrages de l’armée pour arriver jusqu’au camp de la Brigade 115» à Chaqra, à 35 km de Zinjibar, chef-lieu d’Abyane, a précisé une autre source au sein de l’armée. «Deux soldats ont été tués à l’entrée du camp par les assaillants qui ont poursuivi ensuite leur course à l’intérieur du camp où trois des quatre occupants du véhicule sont descendus alors que le conducteur s’est fait exploser», a ajouté cette source.

Au total, 15 soldats yéménites ont péri dans l’explosion et 29 autres ont   été blessés. Les trois combattants d’Al Qaîda descendus du véhicule avant son explosion ont été tués par l’armée, y compris un ayant brièvement réussi à prendre la fuite, selon les sources militaires.Quatre autres activistes, entrés de force dans la base à la faveur de l’explosion, ont également été tués. L’agence de presse officielle Saba a cité un dirigeant militaire confirmant  que huit membres présumés d’Al Qaîda avaient péri, y compris le kamikaze.        

«Réponse d’Al Qaîda»  

Le véhicule utilisé fait partie du matériel de l’armée dont Al Qaîda s’était emparé en 2011 quand le réseau extrémiste contrôlait plusieurs localités de la province d’Abyane. L’armée a repris ces localités en juin au terme d’une offensive d’envergure lancée en mai.  L’attentat-suicide à Chaqra est «la réponse d’Al Qaîda au raid aérien» de la veille près de Jaar, ont estimé des sources militaires. Il s’agissait du deuxième raid depuis le début du mois. Le 4 octobre, cinq   membres présumés d’Al Qaîda avaient été tués dans une attaque de drone qui avait pris pour cible deux voitures dans la province de Chabwa, dans le sud du Yémen. La branche locale d’Al Qaîda, Al Qaîda dans la péninsule arabique (AQPA), a profité de l’affaiblissement du pouvoir central lors de l’insurrection populaire de 2011 qui a abouti au départ du président Ali Abdallah Saleh pour renforcer son emprise dans l’est et le sud du pays.El Watan.-20.10.2012

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*LOURD TRIBUT DES RÉVOLTES ARABES

6.500 morts et 55 milliards de dollars de perte

Les pays arabes touchés par l’insurrection populaire ont payé rubis sur l’ongle le changement tant attendu et espéré. Le départ des régimes autoritaires, oligarchiques… est très coûteux. Les dégâts collatéraux en matière de pertes économiques et en vies humaines de ces révoltes arabes sont très importants. L’agence Geopolicity, une société de consulting en intelligence économique, a publié une évaluation des conséquences économiques de la vague de soulèvements populaires, qui a secoué le Monde arabe l’hiver dernier, et communément baptisée «Printemps arabe».
Les chiffres font état de pertes économiques sans précédent, dont les conséquences politico-sociales s’annoncent considérables. Pour la Tunisie, l’Egypte ou la Libye, sans oublier le Yémen et le Bahreïn, cela représenterait un total de plus de 55 milliards de dollars de pertes directes (40 milliards d’euros) enregistrées par ces Etats d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Ce chiffre n’est qu’une approximation des importants dégâts matériels, estime le coordinateur de l’étude. Sur ce total, 25 milliards d’euros sont imputables à une baisse des finances publiques, et 15 milliards à la chute du PIB. Selon l’OAT, le secteur du tourisme pour l’ensemble du Monde arabe a déjà perdu 4,3 milliards de dollars depuis le début de l’année. En Tunisie et en Égypte, la croissance économique, déjà trop faible pour fournir un emploi à tous, va baisser en 2011.
En 2010, les exportations des pays du Sud méditerranéen ont chuté de 30%, les recettes touristiques de 4%, et avec la crise économique, les investissements directs étrangers se sont eux aussi effondrés de 31,2%. C’était le prix à payer pour se débarrasser des dictateurs et autocrates qui s’accrochaient et s’appliquaient à perpétuer leurs systèmes liberticides, dominant et écrasant sous leurs bottes la majorité de la population.
L’effusion du sang est une autre conséquence des dramatiques répressions subies pour recouvrir la dignité perdue. Il y a eu et il y a encore beaucoup de pertes humaines, oppressant leurs peuples respectifs. Ces révoltes arabes qualifiées de «réveil arabe» ont fait des milliers de morts. En Afrique du Nord, la Libye aurait subi les effets les plus importants. «Le conflit en Libye aurait ralenti l’activité économique en lui faisant perdre 7,67 milliards de dollars. Plus de 740.000 personnes ont fui le pays depuis le début du conflit, et l’arrêt quasi total de l’activité du secteur des hydrocarbures a dévasté l’économie», assurent les auteurs du rapport. Ce coup de tonnerre débuté par des immolations par le feu, vite propagé dans le Monde arabe par un effet domino a fait plus de 2000 morts dans toute la Libye.
Ce chiffre dépasse amplement les deux révolutions égyptienne et tunisiennes réunies. Environ 300 Tunisiens sont morts et 700 ont été blessés entre le 17 décembre, date du début de la révolte contre le régime Ben Ali et le 14 janvier.
La répression violente lors des dix-huit jours qui ont fait tomber Hosni Moubarak a engendré plus de 850 morts, et ce n’est pas terminé puisque la deuxième révolution en cours a causé déjà plus de 42 morts au Caire. La répression en Syrie, qui fait rage encore, a fait plus de 3000 morts, dont au moins 187 enfants, depuis le 15 mars, a indiqué le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. En outre, des milliers ont été arrêtés, détenus, victimes de disparitions forcées et torturés, a déclaré la même source. De ce fait, quelque 1,5 million de Syriens ont besoin d’une aide internationale pour se nourrir, a-t-on appris samedi auprès de l’ONU.
Les principales causes de ces mouvements à forte dimension sociale sont le manque de libertés individuelles et publiques, la dictature, le chômage, la misère, la dégradation du pouvoir d’achat ainsi qu’un besoin de démocratie qui ne soit pas une simple façade. Quand la répression des services locaux ne suffit pas à écraser les révoltes, les armées étrangères peuvent l’appuyer: aviation syrienne en Libye, troupes saoudiennes au Bahreïn. (L’Expression-27.11.2011.)

**Une étude de l’institut Thomas-More révèle

Les raisons qui ont affaibli le GSPC dans le Sahel

Le rapport, rendu public mercredi dernier à Bruxelles, estime que la région constitue une menace pour l’Afrique, l’Europe et les USA.

L’institut européen Thomas-More, dont le siège est basé à Bruxelles, vient de rendre publique une étude sur l’évolution du terrorisme dans la région du Sahel. Intitulée “Pour une sécurité durable au Maghreb, une chance pour la région, un engagement pour l’Union européenne”, l’étude a été débattue, mercredi dernier, lors d’une conférence à Bruxelles.
De prime abord, l’étude relève un net recul de l’activité du GSPC ces dernières années grâce aux “actions efficaces du gouvernement algérien dans la lutte antiterrorisme”. Elle indique que la région du Sahel sert de base de repli pour les terroristes et aussi pour les trafiquants. L’institut Thomas-More, qui est un centre de réflexion et d’influence européen indépendant, créé en 2003, affirme que l’établissement d’une zone de repli pour les terroristes au Sahel ne menace pas seulement la sécurité de toute l’Afrique du Nord, “mais aussi de l’Europe et des États-Unis, dont les intérêts sont les cibles privilégiées des terroristes”. Le désert sahélien abrite tous genres de trafics et sert de base de repli pour les groupes terroristes. Ce qui nécessite une coopération entre les pays de la région en affirmant que “la lutte contre l’insécurité dans la région passe par la reprise en main du désert sahélien par les États maghrébins pour rendre plus efficace la stratégie de lutte”. Il faut savoir que les États de la région ont progressivement développé un arsenal pour lutter contre l’immigration clandestine en provenance d’Afrique subsaharienne.
L’étude voit dans la coopération entre États et le partenariat euromaghrébin une des clés de la “sécurité durable” dans la région.
L’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, Amar Bendjama, qui a représenté l’Algérie dans ce débat, a déclaré dans son intervention qu’il “ne faut pas exagérer la menace terroriste, les membres du GSPC sont peu nombreux. Le problème, c’est l’immensité du désert peu contrôlé par des États affaiblis”. Amar Bendjama estime que l’Union européenne a également un rôle à jouer. “L’Europe peut aider les États de la région en octroyant les moyens de communication et des renseignements grâce à ses satellites”, a-t-il déclaré.
Dans ce même contexte, le rapport fait remarquer que la difficulté à contrôler le désert n’est, cependant, pas le “seul obstacle” dans la lutte contre la criminalité au Maghreb, mais “le manque de coopération entre les États, parfois en proie eux-mêmes à des conflits frontaliers”, citant l’Algérie et le Maroc.
L’étude n’a pas manqué de parler de la connexion entre la criminalité, les actions terroristes et les trafics de tous genres dans la région du Sahel. Le GSPC a profité de l’immensité du désert sahélien, qui s’étend de l’Atlantique à la mer Rouge, pour en faire  un “refuge à la fois physique et financier”, souligne un expert marocain qui a ajouté que le désert du Sahel permet aux terroristes de financer leurs activités, via toutes sortes de trafics : prises d’otage et demandes de rançon, voitures, cigarettes, denrées alimentaires subventionnées par les États puis détournées, mais aussi pétrole et armes de guerre.
Les rédacteurs du rapport ont enregistré un recul dans le déploiement du groupe terroriste, à savoir le GSPC dans le Maghreb, une situation due, selon eux, à quatre raisons principales. “L’islam maghrébin traditionnellement modéré constitue un rempart culturel et religieux à la montée du radicalisme, les actions du gouvernement algérien se sont révélées globalement efficaces dans la lutte antiterroriste, les attaques d’Al-Qaïda contre les sunnites en Irak ont largement terni l’image du mouvement au Maghreb et, enfin, les actions du GSPC, notamment les attentats-suicides”, ont été à l’origine de la faiblesse de la stratégie des terroristes qui n’ont pas pu recruter au sein des couches populaires. En affirmant qu’après une explosion de violences entre 2001 et 2008, culminant avec l’apparition d’attentats-suicides jusqu’alors inconnus dans la région, le rapport conclut que l’année 2008-2009 a marqué une rupture dans le déploiement du GSPC. (Liberté-17.04.2010.)

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Le sommet de la ligue arabe à Syrte s’est tenu en l’absence de plusieurs dirigeants

La rue arabe n’y voit qu’une “traditionnelle pièce théâtrale annuelle”

Se limitant comme à son habitude à dénoncer, sans prendre la moindre mesure concrète, le sommet arabe de Syrte n’a pas dérogé à la règle malgré les appels de Kadhafi à prendre en considération la colère de la rue arabe, qui n’y voit qu’une “traditionnelle pièce théâtrale annuelle”.

Saisissant l’occasion de ce vingt-deuxième sommet de la Ligue arabe, les médias ont pris le pouls de la rue arabe pour savoir quelle était l’opinion de la rue arabe sur cet événement annuel.
Et c’est sans surprise aucune que les personnes interrogées ont répondu qu’elles ne voyaient pas l’utilité de cette réunion, qui n’a jamais réussi à unifier les rangs arabes, bien au contraire. En effet, l’absence à chaque fois de près de la moitié des dirigeants arabes atteste on ne peut mieux des divergences, qui les séparent et qui sont étalées au grand jour.
Les scènes regrettables, marquées de différents pendant lesquels on en arrive parfois aux mains, qui se produisent à chaque sommet ont été qualifiées par quelqu’un de “traditionnelle pièce théâtrale annuelle” faisant des Arabes la risée du monde. Si cette fois-ci à Syrte en Libye, il ne sait rien passé de regrettable entre les participants à la réunion, il n’en demeure pas moins qu’on en est même point quant au traitement des dossiers. L’on se limite toujours au même discours dénonciateur qui ne sont jamais suivis d’actes concrets, comme c’est le cas pour la question nodale de la Palestine, qui ne jouit toujours pas d’un soutien effectif en cette période cruciale où Israël tente d’imposer au monde une carte géographique ne répondant qu’à ses intérêts. Kadhafi, qui fait preuve d’une retenue inhabituelle pendant ce sommet en raison peut-être du fait qu’il en est l’hôte, a cependant averti ses pairs qu’ils ne pouvaient plus continuer à ignorer les cris des masses arabes.
En inaugurant le sommet, le leader libyen les a appelés à  agir, en martelant : “Les masses arabes et le peuple en ont assez des mots”, avant d’ajouter : “Ils attendent de l’action, pas des mots ni des discours.” Mais, jusqu’à preuve du contraire, rien d’extraordinaire n’est sorti de ce rendez-vous annuel, d’autant plus que la marge de manœuvre est fortement réduite à cause de la défection de grosses pointures, à commencer par celle du souverain wahhabite, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, dont la présence à Syrte n’était guère envisageable en raison des nombreuses altercations qu’il a eues lors des précédents sommets avec le colonel Kadhafi. Le seul point positif serait l’adoption de la proposition yéménite de la mise sur pied d’une Union arabe, qui prendrait la place de l’actuelle Ligue arabe.
Bien que la proposition semblait avoir réuni l’adhésion de tous à l’applaudimètre, mais les réticences étaient nombreuses quand il a fallu discuter sérieusement du projet, que le président yéménite Ali Abdallah Salah a justifié sa requête en affirmant : “Nous devons créer une Union arabe, vu les dénominateurs communs que nous avons en partage tels que la terre et la langue, en vue de faire face à l’intransigeance israélienne.”
En dépit de tous ces points communs, les Arabes n’arrivent pas encore unir leurs points de vue, même sur les questions les plus sensibles, confirmant le célèbre aphorisme : “Les Arabes se sont mis d’accord pour ne jamais s’entendre.” (Liberté-29.03.2010.)

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*Un lobby suspect entre le Mali, la France et Al-Qaïda pour forcer la main à l’Algérie et militariser le Sahel ..

Une conférence ministérielle de coordination des pays de la région sahélo-saharienne s’esst tenue mardi à Alger avec la participation des ministres des Affaires étrangères d’Algérie, du Burkina Faso, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad.

La lutte antiterroriste et les phénomènes connexes ainsi que les questions de développement dans la région sahélo-saharienne sont les points inscrits à l’ordre du jour de cette conférence.Elle aété consacrée à une évaluation de la situation qui prévaut dans la région, en particulier sous l’angle de la recrudescence des actes terroristes et de la menace que représente ce fléau et ses connexions avec le crime transnational organisé et les trafics de tous genres, sur la paix, la sécurité et la stabilité de la région. La fourniture d’assistance en matière d’enquête sur le financement du terrorisme a fait également  l’objet, lundi à Alger,  et ce jusqu’au 19 mars, d’un atelier régional organisé par le Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme (CAERT) en collaboration avec l’ambassade du Canada en Algérie. Cette rencontre a ét l’occasion pour déterminer les positions des pays concernés par la lutte anti-terroriste. Egalement à l’ordre du jour,  La coopération sécuritaire dans le but d’assécher les sources   de l’approvisionnement » et le financement des organisations terroristes et des réseaux de trafic  d’armes,  les réseaux criminels et la contrebande.  Cela intervient  notamment  suite aux certitudes  des relations tentaculaires et sous-jacentes entre ces  dernières  parties,  hostiles à la sécurité et la stabilité de la région du Sahel. La quelle région  s’est transformée en une cible favorables   à la militarisation et à la violation de sa souveraineté.

Une « machiavélique  coalition » au relent de chantage contre Alger .

Ainsi donc, Ladite  rencontre sera déterminante et importante au plus haut point.  Elle le sera en effet pour mettre les points sur les (i)  concernant  la complicité, voir l’implication même de certains pays dans les crimes de financement et d’approvisionnement  des terroristes, ainsi que la violation des accords internationaux   et les chartes des Nations Unis. Et  tout cela  sous couvert de sauvetage de vies d’otages des griffes des groupes terroristes. La France de son coté, s’est retrouvée dans une position délicate suite à son implication directe et  proclamée du versement de rançons au profit du GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) pour libérer les otages  occidentaux.  Ladite  rançon  a arrangé plutôt les affaires du GSPC et a conforté leur position en témoigne la multiplication des prises d’otage depuis cette date et la revue à la hausse des montons des rançons en contrepartie de la libération   des otages.

Les  experts et analystes spécialisés en  relations internationales et la coopération sécuritaire accusent  en effet   la France non seulement de violer  les conventions internationales, mais elle est directement impliquée dans le financement d’une organisation terroriste. Cette dernière est pourtant inscrite officiellement par ses services de sécurité  dans la liste des organisations terroristes mondiales.   Nonobstant, et même si  Paris a bel et bien  versé une rançon pour une organisation terroriste, elle prétend combattre ces terroristes sur son territoire en chassant et réprimant  des « suspects ». Ceci intervient dans un contexte où la France s’est illustrée abominablement dans une  campagne de poursuite des immigrants et des migrants, de sévir contre les personnes voyageant de et vers son territoire, et le durcissement  des conditions d’obtention de visa  sous le prétexte de la sécurité accrue et de la lutte contre le terrorisme international, mais à son tour, a financé une organisation terroriste solennellement et impunément ! Des observateurs affirment  que la France est allée encore plus loin dans ses caprices en osant   à créer  un dangereux précédent après  avoir versé une rançon aux terroristes, tout prétendant et  en faisant valoir qu’elle s’oppose  au principe de négocier avec eux ou de répondre à leurs revendications.  Cependant, au moment où l’Algérie a été incluse par la France dans sa liste des exportateurs du terrorisme, l’hexagone a négocié directement avec les véritables terroristes et leur a payé de grosses sommes d’argent, en impliquant même le Mali au centre de l’arène. Cette dernière a été soit forcée, soit séduite  ou même contrainte de vendre sa disposition pour la libération des terroristes recherchés par la police et poursuivis par l’Algérie. Ce  qui révèle, attestent des observateurs, d’un accord secret, ou engagement confidentiel  entre la France et le Mali, qui est revenue sur ses engagements et obligations  en trahissant leurs accords et la coopération avec l’Algérie. Après coup, Alger  n’a pas tardé à réagir en rappelant son ambassadeur à Bamako pour « consultation ».  Cette attitude de l’Algérie officielle  reflète indubitablement  le rejet et la condamnation de cette déviation grave et irresponsable. Par cette attitude, La France, avec le Mali, non seulement elle encourage le terrorisme dans la région, mais a été impliqué dans l’incitation au terrorisme et de provoquer l’appétit des organisations terroristes en compagnie des bandes de trafic d’armes et les réseaux du crime organisé. La visite significative du ministre français des Affaires étrangères au Mali, n’était au fait que  l’arbre qui recouvre  la forêt de l’accord secret franco-malien. Il est évidemment à exclure totalement le fait du hasard  la coïncidence frappante de  la libération  des terroristes de prison maliennes, immédiatement après la fin de cette visite suspecte et mystérieux de Kouchner à Bamako. Dans un contexte « Pavlovien »   à ouvrir l’appétit, l’ambassade de Chine au Cameroun, a annoncé lundi  l’enlèvement de 7 personnes de nationalité chinoise  travaillant pour une société privée de chasse au large de la côte de la péninsule de Bakassi, dans le sud-ouest du Cameroun. L’ambassade a fait savoir  qu’un groupe se faisant appeler « Fedayin de l’Afrique Marins » a revendiqué l’enlèvement. Cela conforte la conviction selon laquelle qu’après « la sortie ratée » du gouvernement français dans la région, toute organisation n’aura aucune peine  à se recourir aux opérations d’enlèvement et de kidnapping  tant qu’il ya de pays qui paient la rançon et  négocient  sur la vie de ses citoyens pour  faciliter  ainsi  la propagation du terrorisme et les assassinats d’innocents et désarmés. Etant donné que le crime  est un acte impardonnable dans le jargon de la  diplomatie et de la sécurité, de la sorte que le crime produit inévitablement le terrorisme, et se constitue comme un substitut de haut patronage et de réanimation de l’activité terroriste, la France, après avoir échoué à se voiler la face  derrière l’excuse de » sauver la vie des otages », tente  de détourner  l’opinion publique internationale et de l’induire en erreur. En effet, Paris s’est mise  rapidement à créer des conflits utopiques et marginaux, tout en tentant de faire apparaitre   une prétendue crise de tension avec l’Algérie pour détourner l’attention et l’intérêt  médiatique  et diplomatique. Le  scandale d’impliquer l’Algérie dans la liste noire des pays exportateurs du terrorisme, et d’imposer à ses citoyens des mesures sécuritaires spéciales et immorales dans ses aéroports, ainsi que d’inciter   les extrémistes de Le Pen à associer le phénomène de l’extrémisme au drapeau des martyrs Algériens, pour ensuite prendre soins d’éviter de leur incomber des peines judiciaires malgré les déclarations  politiques  appelant  à l’apaisement et au calme et d’absorber  la colère, ce n’était finalement que de la poudre au yeux. Ce n’était  plutôt qu’une énième tentative du gouvernement français de se fuir encore une fois de plus de sa responsabilité du dérapage voulu et du complot ficelé et ourdi.

Soutien pour verser les rançons et  incitation aux enlèvements

Il est maintenant clair, selon les conclusions des observateurs, que la France essayait abusivement, d’anéantir les forces de l’Algérie pour lui forcer la main et l’entrainer dans un jeu malsain. Cela pour faire aboutir au pacte diabolique franco-malien d’obliger  l’Algérie à accepter le fait accompli  sans discussion ni négociation préalable. En  d’autres termes, de se plier et d’abdiquer  aux intérêts suspects  de la France, qui cache mal sa volonté accrue d’exercer une pression terroriste introduite par  une coalition flagrante   entre la France et le Mali, et ce qu’on appelle Al-Qaïda!  La France, qui persiste encore à refuser la reconnaissance et la demande d’excuses pour les crimes coloniaux dont elle est coupable, essaye  de traiter avec l’Algérie, selon des anciennes philosophies et anciens percepts ; le principe utopique de  l’ancienne colonie. Pour cela, Paris tente de s’imposer devant une Algérie souveraine, et s’approprie et contrôle  les décisions du Mali avec des tentations financières et les pots de vin et le contraint à la libération de terroristes et de leur verser une rançon. Tous ces dépassements dangereux ont été criminalisés  récemment par le Conseil de sécurité à  travers une charte internationale que l’Algérie a longtemps lutté pour son aboutissement, et soutenus par des pays puissants, y compris la Grande-Bretagne. D’ailleurs, Londres  s’élève et s’oppose  aujourd’hui contre l’approche et la politique franco-américaine de lutte contre les  organisations terroristes dans le Sahel. L’objectif  de la France dernière le payement de rançon se résume-t-il uniquement à sauver la vie des otages ? Si c’est oui, donc l’objectif  est spontané et humain. Mais si ce n’est pas le cas, la France vise-t-elle des objectifs  le plus souvent discret  et inconnu qui se résument en des « cibles » ambigus, ceux de frapper de plein fouet la  stabilité et la sécurité dans la région du Sahel et de dompter les terroristes pour servir les intérêts français, et les transformer en un lobby de mercenaires, de kamikaze et des boucliers humains pour être utilisés  dans certaines occasions et circonstances pour exercer la pression et autre chantage à l’encontre des pays de la région, notamment l’Algérie en tête ?  Ces questions ont suscité des soupçons soulevés par des analyses et autres estimations dessinant  des points d’interrogation et d’exclamation en face des relations des services de renseignements français ou une partie avec les terroristes du Sahel?, En particulier après la révélation de l’identité de l’un des otages libérés par le GSPC, qu’il était un espion français, après paiement d’une rançon bien sûr. Que faisait-t-il  un espion dans la région ? Et comment il a été démasqué par les ravisseurs ?  Et qu’est  ce qui a eu lieu entre les ravisseurs et l’otage d’être important et distinctif au cours de l’enlèvement ?  L’espion était-t-il en mission de travail  ou simplement dans une tournée touristique dans une région connue pour son activité terroriste pourtant la France a pris le soin d’avertir ses ressortissants de s’y rendre ? En dépit de l’agitation et la tension dont étaient à l’origine  le Mali et la France, l’Algérie officielle insiste sur le fait que le terrorisme ne peut pas être un prétexte à une intervention étrangère où une quelconque ingérence dans la région. Egalement, il ne pourrait pas y avoir de développement dans le Sahel et du Sahara quant la sécurité fait défaut. Ainsi  que  pour parvenir à la démocratie et le développement, ajoute toujours Alger, la problématique sécuritaire reste une priorité et un préalable pour tout avancement.En tout et pour tout,  la France tente de profiter de cette situation pour s’investir et mettre le paquet économiquement dans la région du  Sahel en tablant sur le dossier sécuritaire. En effet,  des millions de dollars affectés à des projets de développement, en particulier l’eau, la santé et la formation, ainsi que le grand projet structuré de l’autoroute devant transiter  par le désert qui s’étend de l’Algérie à Lagos, au Nigeria, en passant par le Niger, a fait couler apparemment la salive du côté français. Ce détail  est de  l’avis des observateurs l’un des principaux motifs poussant la France à faire des mains et des pieds pour acquérir et  s’accaparer tous ces butins en ayant recours à des conventions et autres pratiques malsaines anti-Algérie et qui ne servent nullement les intérêts d’Alger. Bien au contraire, Paris cible de faire de l’Algérie cette colonne vertébrale qui sert de  passerelle vers cette région du Sahel. Une région que la France veut vaille que vaille transformer  en un foudre de guerre et de fief de groupes terroristes, de contrebandiers de trafiquants d’armes en les finançant par les rançons. Sinon  transformer le Sahel  en bases militaires formées des alliances entre certains pays comme la France  le Mali et les organisations agissant en dehors du droit et de la légalité internationale ! (Echorouk)

****Collusion Paris-Bamako….

Que dire de Bamako qui, aidé par Paris et Washington, veut à tout prix obtenir le droit d’organiser un sommet sur le Sahel ? Il est vrai que les occidentaux veulent sauver le soldat ATT, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin.

La réussite de la rencontre antiterroriste des sept pays du sahel à Alger n’a pas fait que des heureux. Si Bamako tient toujours à son sommet, Paris dit qu’il attend du concret. Ou comment saboter le consensus sahélien.
La France a réagi avec son habituel double langage. Si elle salue la tenue de cette rencontre qui vise à mettre en œuvre une stratégie commune de lutte contre l’Aqmi et aider une des régions les plus pauvres d’Afrique, elle dit attendre des actes et du concret. Une déclaration qui dresserait les cheveux à n’importe quel diplomate. Car il faut être sacrément présomptueux pour avancer de telles déclarations. Que veut dire Paris par du concret, alors qu’il vient faire la démonstration la plus honteuse de l’ingérence politique au Sahel ?
Il faut dire qu’en matière de “concret”, Paris sait y faire. Libérer un otage, faux humanitaire et vrai espion, en renflouant les caisses des salafistes de la région, en bafouant les règles de l’ONU. Forcer le président malien à libérer quatre terroristes qui sont demandés par leurs pays. Applaudir aux coups d’État au Niger pour préserver les gisements d’uranium d’Areva. Jouer aux marionnettistes au Tchad pour renflouer les rebellions locales. Déstabiliser le Soudan dans la région du Darfour. Tout cela est du concret à mettre au crédit des héritiers de la “FranceAfrique”. Alors, quand le Quai d’Orsay distille ce genre de commentaires, on s’enfonce dans le dédaigneux le plus cynique.
Que dire de Bamako qui, aidé par Paris et Washington, veut à tout prix obtenir le droit d’organiser un sommet sur le Sahel ? Il est vrai que les occidentaux veulent sauver le soldat ATT, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. Si le Mali, pays qui sert de base avancée de l’Aqmi au Sahel, abrite les camps d’entraînement des terroristes, sous-traite les cartels de la drogue et de contrebande les plus puissants de la région et opprime les Touareg qui n’ont rien demandé que de lutter contre le terrorisme, veut un sommet, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Il n’y a qu’à inviter Droudkel à assister à ce sommet tout en sachant qu’il ne risque rien comme ses acolytes.
Plus sérieusement, il faut que l’axe Bamako-Paris arrête de prendre les pays sahéliens pour des États sans consistance et sans souveraineté. Les actes ne supposent pas seulement des engagements verbaux et creux sur la lutte contre le terrorisme. (Liberté-20.03.2010.)

**CONFÉRENCE SUR LA SÉCURITÉ AU SAHEL
*Éloigner toute ingérence dans la région du Sahel

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La Conférence d’Alger sur la sécurité dans la région sahélo-saharienne tonne comme une alarme destinée à recadrer l’effort de lutte contre le terrorisme dans cet espace tant convoité. L’initiative algérienne d’inviter autour d’une même table les pays concernés par cet espace régional, théâtre d’un déploiement inquiétant du terrorisme, souligne la nécessité de conjuguer les efforts de tous autour d’un seul et même objectif. Après que des vicissitudes se soient installées entre voisins au sujet, notamment, de la libération des otages, la rencontre d’Alger a replacé dans leur contexte les objectifs d’une lutte efficace et surtout éloignée de toute ingérence extraterritoriale. La rencontre des états-majors militaires des pays du Sahel, en avril prochain, sera une nouvelle étape décisive pour confirmer l’option d’une lutte concertée et consensuelle.
Les représentants des sept pays participant à la réunion ministérielle consacrée à la situation dans la région sahélo-saharienne – Mali, Niger, Mauritanie, Tchad, Algérie, Burkina Faso et Libye – se sont mis d’accord sur une série de mesures politiques, sécuritaires et économiques à mettre en œuvre pour prévenir et lutter contre le terrorisme selon « une approche intégrée coordonnée et solidaire ». Les plus importantes, et surtout urgentes, ont trait au volet sécuritaire. Ainsi, les ministres se sont mis d’accord sur le principe de réunir leurs responsables de la lutte antiterroriste, ainsi que leurs chefs d’état-major des armées à Alger, « dans les meilleurs délais, en vue de dégager les voies et moyens de renforcement des échanges d’informations et d’évaluation et d’analyses en lien avec la menace terroriste et ses connexions ».

Dans ce cadre, ils ont « félicité » la décision de « rendre opérationnel » le conseil de leurs chefs d’état-major, issu de la réunion de Tamanrasset, en été 2009, qui, selon eux, est un outil important dans la lutte contre le terrorisme et « va contribuer à avoir une vision commune, tenant compte de l’évolution de la menace terroriste et de l’état de la situation socioéconomique de la région », mais aussi à « consolider et conforter la coopération régionale et donner une impulsion à la lutte antiterroriste ». En fait, il s’agit d’une véritable stratégie de lutte menée sur le plan d’abord national à travers « la responsabilité des Etats à mener une lutte efficace et globale contre le terrorisme », ainsi que sur le plan bilatéral par « le renforcement de la coopération en mettant en œuvre les mécanismes et accords bilatéraux », et au niveau régional, « à travers la promotion de la coopération régionale structurée, inclusive et de bonne foi ».

Enfin sur le plan international, « par la participation active à l’action internationale de lutte contre le terrorisme ». Pour les participants, la coopération bilatérale et régionale « constitue le seul cadre incontournable pour une lutte coordonnée, efficace, totale et sans concession contre le terrorisme et ses connexions ». Dans ce cadre, ils ont souligné « la primauté du principe de responsabilité des Etats de la région et leur appropriation de la prise en charge des problèmes et défis auxquels est confrontée la région sahélo-saharienne ». Une manière de rejeter toute idée d’intervention extrarégionale, brandie ces derniers jours par certaines puissances occidentales. Tout en félicitant l’adoption par la Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution incriminant le versement des rançons aux terroristes, ils ont rappelé la « nécessité pour tous les Etats de son application pleine et entière, et l’adoption de mesures répressives à l’égard des personnes et entités listées pour leurs liens supposés avec les activités terroristes ».

Faire adhérer les populations locales

Toujours sur le volet de la coopération, les ministres ont mis l’accent sur l’importance du renforcement des mécanismes d’assistance judiciaire mutuelle, « fondée sur les conventions judiciaires bilatérales existantes, les conventions régionales et internationales en lien avec le terrorisme, et la mise à profit au bénéfice de la lutte, les possibilités offertes en matière d’assistance technique par les mécanismes multilatéraux… » Sur le plan socioéconomique, les ministres ont mis l’accent sur l’importance de la réalisation des programmes de développement durable pour l’amélioration des conditions de vie des populations et leur réinsertion sociale et économique, notamment en direction des jeunes.

« Dans ce cadre, le renforcement de la coopération transfrontalière visant à améliorer les conditions de vie des populations ainsi que le soutien aux grands projets structurants à vocation régionale, constituent des domaines d’action prioritaires pour les Etats de la région. Les actions humanitaires pour faire face à des situations d’urgence ont été identifiées comme l’expression d’une solidarité régionale agissante ». Mieux encore, les participants à la conférence d’Alger ont estimé que les efforts de lutte contre le terrorisme et les autres formes de criminalité transfrontalière ainsi que ceux destinés au développement « nécessitent l’adhésion et la mobilisation des populations locales, dont la sécurité et la quiétude sont directement menacées et dont l’attachement séculaire à la stabilité et à la sécurité a toujours constitué un élément déterminant de la relation transfrontalière ». A ce titre, ils ont tenu à souligner le rôle significatif de ce patrimoine séculaire fait de tolérance et d’échanges, dans la préservation des populations des dangers des relents idéologiques du terrorisme.

Les ministres n’ont pas omis de revenir aux principes de la conférence ministérielle de Bamako, tenue en novembre 2008, en rappelant « sa validité et la pertinence » de ses conclusions, mais aussi « en confirmant le format de ce cadre de consultations et de coopération régionale ». De ce fait, ils n’ont pas manqué de relever l’importance de la tenue « dans les meilleurs délais de la conférence des chefs d’Etat sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne à Bamako ». Par ailleurs, tout en réitérant « la ferme condamnation » de leurs pays respectifs du terrorisme, les ministres ont « affirmé avec force leur détermination à agir individuellement et collectivement pour éradiquer le terrorisme et redonner à la région sa vocation d’échanges, de paix, de stabilité et de coopération féconde ».

En conclusion, ils ont tous mis l’accent sur la nécessité de la mise en œuvre des mesures qu’ils ont adoptées, notamment celles relatives à la réunion à Alger, courant avril 2010, des chefs d’état-major et des responsables de la lutte antiterroriste.(El Watan-18.03.2010.)

*Alger veut une coopération «sans concession»
Le chef de la diplomatie algérienne a insisté devant ses pairs de la région sahélo-saharienne sur la nécessité de s’engager dans une lutte franche, sincère et sans faille.

L’Algérie insiste auprès des pays du Sahel sur le devoir de respecter les règles de lutte antiterroriste dans la région. Parmi ces règles, Alger souhaite une coopération «franche» et un engagement «sans concession» de la part des pays de la région. C’est ce qui ressort de l’allocution prononcée par Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, à l’occasion de l’ouverture des travaux de la conférence ministérielle des pays de la région sahélo-saharienne qui s’est tenue hier à l’hôtel Sheraton d’Alger. Ainsi, le chef de la diplomatie algérienne, qui s’adressait à ses homologues du Burkina Faso, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, souligne que ces règles incombent aux pays de la région. «Je suis persuadé que les vertus de loyauté et de coopération franche et sincère, notre engagement (à) sans concession dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que le devoir de solidarité qui nous anime tous envers nos populations les plus démunies, sont des règles qu’il nous incombe de respecter», a-t-il souligné. A travers cette déclaration, le ministre algérien adresse un message «crypté» à son homologue malien, du fait que ce pays n’a pas respecté ses engagements vis-à-vis de l’Algérie sur cette question. Ainsi, le Mali a violé la convention bilatérale signée entre Alger et Bamako portant sur l’extradition des terroristes algériens arrêtés au Mali. Bamako a fini par céder à la pression de Paris et au chantage des terroristes en procédant à la libération des deux terroristes demandés par Alger.

Faisant allusion à cette concession faite par le Mali, M.Medelci a tenu, ainsi, à rappeler à ses invités et, notamment, au diplomate malien, que la coopération antiterroriste ne se concrétise pas par des concessions. Pour la réunion d’hier, le ministre a rappelé qu’elle se tient dans l’objectif de «restaurer» la région conformément aux règles de bon voisinage et «une coopération sincère». «Notre rencontre témoigne de notre prise de conscience individuelle et collective de l’importance de sujets qui nous interpellent, en l’occurrence la sécurité, la paix et le développement de notre région», a-t-il ajouté. C’est dans ce cadre qu’il a affirmé la nécessité de «restaurer la région dans sa vocation d’espace de prospérité et de stabilité, conformément aux règles de bon voisinage, de solidarité et de coopération sincère».
Par la même occasion, l’Algérie souhaite instaurer une coopération frontalière efficace et multiforme afin de faire face au défi de l’insécurité qui menace la région et aussi pour assurer son développement. M.Medelci a souligné que la sécurité et la paix sont «un préalable» au développement et que le terrorisme et ses alliances avec le crime organisé constituent des «menaces réelles» et «objectives» à la paix et à la stabilité. Le ministre algérien évoque, par la même occasion, qu’il s’agit, dans ce cadre, «d’autant d’entraves et d’obstacles aux efforts de développement, privant nos populations de leur aspiration légitime à vivre en paix et à jouir de conditions de vie décentes».
M.Medelci évoque la nécessité de procéder à une évaluation continuelle de la situation dans la région dans le but d’agir en mettant en place la politique adéquate. «Notre responsabilité nous impose d’évaluer continuellement et d’agir», a-t-il dit, soulignant qu’il incombe «de fait» d’évaluer la menace terroriste qui connaît des «développements dangereux» et qui prend une «nouvelle dimension» avec ses connexions multiples et de «plus en plus fortes» avec le crime organisé, le trafic de drogues et d’armes. C’est ainsi qu’il a indiqué qu’«il faut agir en mettant en oeuvre, de manière résolue et grâce à des actions concrètes, les mécanismes de coopération bilatérale, régionale et internationale, en les améliorant et en les adaptant en cas de besoin». Parmi les mécanismes évoqués, le ministre a mis l’accent sur la nécessité de dégager des formules visant à juguler la pauvreté et «répondre aux besoins les plus urgents des populations démunies». M.Medelci indique qu’il est primordial «d’accorder une plus grande attention aux actions concrètes visant l’amélioration des conditions de vie et le renforcement du tissu social dans les zones démunies». Les travaux de cette réunion ont été clôturés hier en fin d’après-midi.(L’Expression-17.03.2010.)

***Les Etats-Unis félicitent les pays du Sahel

Les Etats-Unis se félicitent de la décision des gouvernements de l’Algérie, du Burkina Faso, du Tchad, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie et du Niger de se réunir le 16 mars à Alger pour affronter collectivement la menace terroriste. «Nous espérons que la réunion confortera les efforts en cours en vue de renforcer la coopération régionale et de consolider davantage l’action collective contre des groupes qui cherchent à exploiter les territoires de ces pays et à lancer des attaques contre des civils innocents», a déclaré Philip J.Crowle, secrétaire d’Etat adjoint pour les Affaires publiques, chargé de la coopération antiterroriste régionale dans le Sahel et au Maghreb.

****Après l’Afghanistan, le Sahel

L’Algérie ne se satisfait pas d’avoir réussi à réduire sur son territoire le terrorisme. Elle est décidée à le poursuivre au-delà, en aidant les pays où il se «replie». C’est l’objet de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du Sahel, qui s’est tenue hier à Alger. C’est également l’objet de la 27e session des ministres arabes de l’Intérieur tenue hier et aujourd’hui à Tunis. Medelci et Messahel à Alger, Zerhouni à Tunis. C’est dire que l’Algérie se dresse de toutes ses forces contre le terrorisme. Elle y met toute son expérience et la force de sa diplomatie. Elle y consacre beaucoup de ses moyens financiers et militaires. Il est clair que tant que subsiste une seule poche de cette criminalité organisée sur le moindre point de la planète, notre pays ne considérera pas sa mission achevée. S’agissant du terrorisme, qui a installé ses «bases» au Sahel, notre ministre des Affaires étrangères avait, hier, dans son discours d’ouverture devant ses pairs de la région, toutes les raisons pour leur demander une «coopération franche» en mettant en exergue les «vertus de la loyauté». En effet, on ne peut combattre un fléau qui touche toute une région sans une rigoureuse discipline et une solidarité sans faille de tous les pays concernés. D’ailleurs et sans être devin, la réunion des pays du Sahel a été motivée par les derniers événements qui ont eu lieu récemment au Mali à l’avantage des groupes terroristes. Ces derniers ont réussi, avec l’aide de la France, à imposer leurs conditions et ont obtenu la libération de leurs acolytes détenus au Mali. Leur contrepartie a été de libérer un agent des renseignements français qu’ils avaient pris en otage. Bon nombre d’observateurs n’hésitent pas à parler de «coup monté» par les services français. Leurs arguments se fondent sur les deux déplacements en une dizaine de jours du ministre français des Affaires étrangères au Mali. Le premier voyage s’était soldé par un refus des autorités maliennes de céder au chantage des terroristes, avalisé par l’Etat français. Le second (le 13 février 2010) a dû être certainement plus «persuasif». Il a même précédé le coup d’Etat au Niger de quatre jours seulement (le 17 février 2010). De là à penser que les autorités maliennes aient été sensibles au risque de «contamination» et aient pu avoir le sentiment d’avoir été entre le marteau et l’enclume, il n’y a qu’un pas que ces mêmes observateurs n’hésitent pas à franchir. Revigorés d’avoir fait aboutir leurs exigences, les terroristes peuvent échafauder de nouvelles actions surtout si la rançon exigée en même temps que la libération des terroristes leur a été versée. Rien n’a filtré à ce sujet. Quoi qu’il en soit, les Africains en général et les pays du sahel en particulier, se doivent de mettre leurs forces en commun et ne compter que sur eux-mêmes pour se défendre contre toutes les formes de menace. Toute «aide» d’un autre continent a son prix. C’est d’ailleurs pour ce fameux «prix» que l’Europe a interdit à la Grèce, en pleine déconfiture, de demander l’aide de l’Amérique. C’est cette discipline que gagneraient à adopter l’Afrique et l’ensemble des pays arabes. Surtout quand on sait que le terrorisme afghan va bientôt être contraint de se «délocaliser». (l’Expression-17.03.2010.)

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** L’Égypte refuse de lâcher le secrétariat général de la Ligue Arabe …

*Ce poste ne doit pas être monopolisé par un seul pays Avant même la tenue du sommet de la Ligue Arabe prévu la fin du mois en Libye, l’Égypte déclare les hostilités et annonce par la voix de son ministre des affaires étrangères qu’elle ne renoncera pas au poste de secrétariat général de la Ligue à l’expiration du second mandat d’Amr Moussa. Cette réponse à la requête faite récemment par l’Algérie, rend tendue l’atmosphère et menace même le bon déroulement du sommet.Dans une déclaration à la presse jeudi, le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Abou Al Gheit a indiqué que la question était tranchée pour l’Égypte, tout en reconnaissant qu’il n’y avait point de conflit entre l’Égypte et l’Algérie au niveau officiel. Les relations entre les deux pays sont en fait tendues depuis novembre dernier lors du match entre les Pharaons et les Fennecs pour les éliminatoires au Mondial, le régime de Moubarak avait alors convoqué son ambassadeur à Alger avant qu’il  revienne sur sa décision, le mois dernier.  Le ministre égyptien a justifié la position de son pays par le fait que le poste de secrétaire général de la Ligue Arabe doit revenir au pays qui abrite le siège de l’organisation, soulignant que la seule fois où ce poste a été attribué à un non égyptien, c’était lorsque le siège avait été transféré à Tunis. Des articles de presse égyptienne ont récemment souligné la volonté du président Hosni Moubarak de maintenir Amr Moussa à son actuel poste afin qu’il n’entre pas dans la course à la présidentielle égyptienne, d’autant que l’homme est sollicité pour se présenter au scrutin, aux côtés de Mohammed El Baradai. Pourtant, la plupart des pays arabes veulent que le secrétariat général de la Ligue Arabe soit tournant, même si ce n’est pas tout le monde qui le dit haut, de peur de froisser le Caire. L’Algérie et d’autres pays estiment que la réforme de l’organisation commence justement par ce point. Ce poste ne doit pas être monopolisé par le pays qui accueille la Ligue, et les arguments d’Abou Al Gheit sont illogiques, puisque même le secrétariat général de l’Union Européenne est accessible à tous les pays, petits ou grands, qu’il soit hôte du siège ou non. Les autorités égyptiennes craignent que cette question du poste tournant de secrétaire général de la Ligue Arabe ne soit mise sur la table à l’occasion du prochain sommet, d’autant qu’il sera organisé en Libye, pays maghrébin. Le sommet d’Alger en 2005 avait programmé ce point à l’ordre du jour suscitant le courroux de l’Égypte.  Il n’est pas encore sûr que le sujet sera abordé lors du prochain sommet à Tripoli, ce qui a d’ailleurs été confirmé par le chef de la diplomatie algérienne,    Mourad Medelci. Le prochain sommet devrait en tout cas être mouvementé et à plus d’un titre, car il n’y a pas le poste controversé du secrétaire général qui pourrait miner les discussions, mais également d’autres dossiers  qui s’invitent, comme celui relatif à la question palestinienne : certains menacent de boycotter si une partie est conviée au sommet sans l’autre. Il y a en outre la possibilité que certains chefs d’Etat soient absents, comme le président égyptien Hosni Moubarak qui vient de subir une opération chirurgicale en Allemagne, et le président libanais Michel Sleimane en raison du conflit avec la Libye au sujet de l’Imam Chiite Moussa Sadr disparu depuis 1978. (Echorouk-13.03.2010.)

*Le Mali hypothèque la sécurité pour faire plaisir à la France…Selon le journal malien L’indépendant, les trois Algériens du Comité de suivi de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006 qui étaient attendus, mardi, au ministère malien de l’Administration territoriale et des collectivités locales, ne se sont pas présentés à la cérémonie d’adieu qui devait être organisée à leur honneur. Ce journal s’interroge alors si ces diplomates algériens n’ont pas décidé, à la dernière minute, de surseoir à leur retrait de l’Accord d’Alger. Pour ce journal, «cette hypothèse paraît confortée par le changement de ton intervenu à Alger au cours des dernières heures. Au lendemain de la libération des quatre terroristes d’AQMI pour sauver la vie du Français Pierre Camatte, Alger est passée d’un discours réprobateur à une simple formulation de vœu». Ce journal écrit encore qu’ «à Bamako même, on s’évertue à dédramatiser la situation dans l’entourage du ministre de l’Administration territoriale et des collectivités locales, on laisse entendre que l’Algérie ne s’est pas retirée de l’Accord d’Alger, mais que, conformément à une décision arrêtée au cours de la dernière session du Comité de suivi, en juillet 2009, le nombre de ses représentants au sein de cet organe devait être réduit de trois à un seul (ainsi d’ailleurs que pour ceux du Mali et de l’ADC, les deux autres parties signataires du document). C’est le départ de deux de ces trois représentants qui avait occasionné le cocktail manqué d’hier». Par ailleurs, sous le titre «Sécurité dans la bande sahélo-saharienne : le Mali hypothèque la conférence pour faire plaisir à la France», le journal malien Le Matin revient sur la crise qui prévaut entre le Mali et ses voisins l’Algérie et la Mauritanie. Une crise générée par la libération de quatre terroristes d’Al-Qaeda au Maghreb (Aqmi) arrêtés et détenus sur son sol en échange de celle du Français Pierre Camatte. Le journal estime que cette crise «risque d’hypothéquer pour de bon l’organisation d’une Conférence internationale sur la sécurité dans la bande sahélo-saharienne. Un projet si cher au président Amadou Toumani Touré, mais qu’il a curieusement compromis pour faire plaisir à la France». «La crise diplomatique entre le Mali et ses voisins sonne presque définitivement le glas de la Conférence internationale sur la sécurité dans la bande sahélo-saharienne (du Sénégal au Soudan en passant par la Guinée, le Mali, le Niger, le Tchad, la Mauritanie…), programmée et reportée à plusieurs reprises», écrit L’indépendant. Ce journal considère que ce projet ne peut pas être concrétisé sans l’adhésion de la Mauritanie et surtout de l’Algérie. «Et pourtant, ajoute ce journal, cette initiative chère au président Touré, peut être très efficace pour lutter contre l’essor pris par Al-Qaeda qui, avec ses prises d’otages et son implication dans le trafic de cocaïne et d’armes, fait planer sur les Etats du Sahel la menace d’une criminalité rampante». Ce journal écrit encore que «les rançons obtenues via les prises d’otages et les revenus du trafic de drogue permettent aux islamistes d’Aqmi de s’armer et de recruter parmi les populations pauvres de pays comme le Niger, le Mali, la Mauritanie et même le Burkina». Le Matin écrit que «l’une des conséquences prévisibles de cette décision des autorités maliennes est le retrait de l’Algérie de l’Accord d’Alger qui avait mis fin à la rébellion au nord du Mali en 2006». «Avec le retrait du principal médiateur et facilitateur, des groupuscules peuvent être tentés de déstabiliser la région nord». Ce journal n’a pas été tendre avec le président Amadou Toumani Touré à qui il rappelle qu’il est qualifié de »passeur de rançons» et de «ventre-mou de la lutte contre le terrorisme», par ses homologues mauritanien et algérien. Plus loin, ce journal estime que «certes la France a beaucoup œuvré à la formation et à l’équipement de l’armée et des forces de sécurités maliennes contre les terroristes. Mais, son appui ne peut pas permettre au Mali de se passer du soutien d’un pays comme l’Algérie, surtout pour la stabilité de son septentrion». Et ce journal d’affirmer : «Ce n’est un secret pour personne que c’est le refus de ce puissant voisin (l’Algérie, NDLR), de servir de base arrière aux groupes rebelles qui a favorisé le retour de la paix dans le septentrion du Mali. Ce qui fait craindre une résurgence de la rébellion pouvant hypothéquer tous les projets de développement initiés dans ces régions ces dernières années». Le journal conclut qu’ «en libérant des terroristes qui ont commis des crimes en Mauritanie et en Algérie, le Mali a mis des grains de sables dans le mécanisme de riposte communautaire». (le Quotidien d’Oran-06.03.2010.)

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Un minaret s’effondre sur des fidèles à Meknès

AP et AFP
20/02/2010

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Le bilan, encore provisoire, fait état de quarante et un morts.

coeur- Quarante et une personnes ont été tuées et 76 autres blessées vendredi dans l’effondrement du minaret d’une mosquée à Meknès, dans l’est du Maroc, selon un bilan provisoire de la protection civile de la ville.

Toute la soirée de vendredi, le bilan n’a cessé de s’alourdir, le ministère de l’Intérieur et les autorités locales faisant état de 11 morts, de 32, de 36 puis de 40 et 41. Le nombre de victimes pourrait toutefois encore augmenter car les fidèles sont traditionnellement très nombreux à la prière de la mi-journée (Addohr) le vendredi.

C’est le minaret de la mosquée «Bab Berdieyinne» qui s’est effondré lors de la prière du vendredi, a précisé le ministère dans un communiqué. «Le minaret s’est effrondré à cause des fortes pluies qui se sont abattues ces derniers jours sur toute la région», a ainsi expliqué la télévision publique Al-Oula dans son principal bulletin d’information de la soirée.

Les blessés légers ont été évacués sur les hôpitaux de Meknès, alors que les cas graves ont été dirigés vers les centres hospitaliers de Fez. Les ministres de l’Intérieur et des affaires religieuses devaient également se rendre à Fez. Une cellule de suivi psychologique, comprenant un personnel qualifié, a aussi été mise en place.(20.02.2010.)

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**En refusant les visas aux Européens

Kadhafi déclenche une crise entre la Suisse et l’UE

En mettant tous les Européens dans le même sac, à travers son refus de leur accorder des visas libyens, Mouammar Kadhafi a poussé la France et l’Italie à interpeller la Suisse pour qu’elle trouve une solution à son différend avec Tripoli pour éviter de “prendre en otage” la liberté de mouvement des Européens dans l’espace Schengen.

Devant les répercussions négatives de la décision libyenne de ne plus accorder de visas d’entrée sur son territoire aux ressortissants européens, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a demandé à la Suisse et à la Libye de trouver une solution à leur différend politique pour éviter de “prendre en otage” la liberté de mouvement des Européens dans l’espace Schengen.
À l’occasion de sa rencontre avec son homologue italien Franco Frattini, le chef de la diplomatie française a estimé que ce différend bilatéral hélvéto-libyen crée une situation qui “ne peut durer”. “On ne peut être pris en otage, au niveau des entrées, des sorties, des visas, du mouvement des personnes qui, évidemment dans l’Union européenne, compte beaucoup”, a déclaré Kouchner.
Il ajoute que “le différend qui s’est accentué entre nos amis suisses et nos amis libyens n’est pas entièrement de notre responsabilité, c’est le moins qu’on puisse dire. (…) Nous n’allons pas, au moment où nous voulons arranger les choses, distribuer les responsabilités et les fautes. Nous voulons que ça s’arrange, parce que cette politique (…) ne va conduire à rien”. Même son de cloche chez Franco Frattini, qui a souligné que “l’accord Schengen n’a pas été adopté pour régler les problèmes bilatéraux et diplomatiques”, mais pour contribuer “à la prévention contre les criminels et les terroristes”. Sans hésiter, il a pointé du doigt la Suisse en affirmant : “Nous n’avons pas de problèmes avec la Libye, c’est la Suisse. Nous aidons la Suisse, mais elle ne peut pas prendre le reste de l’Europe en otage.”
Il explique que “Kadhafi et certains ministres ont été placés sur une liste noire Schengen par la Suisse”. En faisant cela, “la Suisse a de ce fait placé Kadhafi et les ministres sur le même plan que des criminels et terroristes”, précise le ministre italien. Voilà ce qui explique la sévérité de la réaction libyenne vis-à-vis de tous les ressortissants européens de l’espace Schengen. Ceci étant, les autorités libyennes n’ont pas fait de commentaires, mais certaines exceptions ont été faites. D’après le ministère italien des Affaires étrangères, 55 de ses ressortissants auraient été finalement autorisés à entrer en Libye.
Versant dans le même sens que le chef de la diplomatie italienne, l’avocat des deux hommes d’affaires suisses retenus en Libye a accusé le gouvernement helvétique de “retarder un règlement de la crise” entre Tripoli et Berne et de “compliquer” la situation de ses clients. Il a déclaré que “le gouvernement suisse retarde un règlement de la crise” née après l’interpellation musclée, en juillet 2008 à Genève, d’un fils du numéro un libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal, et de son épouse, sur une plainte de deux domestiques accusant leur employeur de mauvais traitements. “La solution est entre les mains du gouvernement suisse pour mettre fin à la souffrance de ses deux ressortissants”, retenus en Libye depuis le début de cette crise, a-t-il estimé. Il ira plus loin en ajoutant que la Suisse “doit juger les responsables des procédures illégales” engagées par la police genévoise au moment de l’arrestation de Hannibal Kadhafi, une condition exigée par Tripoli pour un règlement de la crise. “À chaque fois qu’on a eu le sentiment que l’affaire était en cours de règlement, la Suisse a compliqué les choses et nous a fait repartir en arrière”, déplore l’avocat. Selon lui : “La Libye a pris de nombreuses initiatives positives, mais n’a rien obtenu en contrepartie.” Par ailleurs, des consultations sont prévues avec les États membres et les pays associés à l’espace Schengen afin de décider d’une “réaction appropriée avant la fin de la semaine”, avait annoncé la Commission européenne.

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*50 ANS D’INDÉPENDANCE POUR 17 PAYS D’AFRIQUE
Entre fiascos et fiertés
Six-sept pays africains s’apprêtent à célébrer dans le courant de l’année leur demi-siècle d’indépendance, propice pour faire un bilan d’étape.

Dix-sept pays africains, dont 14 ex-colonies françaises, fêtent cette année le 50e anniversaire de leur indépendance: c’est l’heure des bilans, plutôt sombres, des invectives et des autocritiques, mais aussi le moment de se sentir, intimement, malgache, ivoirien ou sénégalais…Né à la veille des indépendances, le journaliste Venance Konan juge depuis Abidjan que «célébrer avec faste» le cinquantenaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, «c’est se foutre du monde!», puisque les Ivoiriens vivent «dans un pays contrôlé au nord par une rébellion» et que «la pauvreté est partout». «Que les Africains prennent le temps de faire le bilan, de reconnaître là où ils ont failli», lance-t-il. Et d’évoquer, en généralisant, des «peuples libérés du joug colonial pour tomber sous d’autres jougs: les partis uniques, les pouvoirs militaires, les pouvoirs dictatoriaux…». Plus nuancé, l’historien congolais (RDC) Elikya Mbokolo, estime qu’«il y a eu des avancées très fortes dans les années soixante, un fort ralentissement les 25 années qui ont suivi, et aujourd’hui un nouveau démarrage vers l’avant». Pour lui, «les Etats qui émergent» sont à présent plus nom-breux que «ceux qui posent problème». Bien sûr, certains évoquent avec nostalgie des aspects de l’époque coloniale, telle l’Ivoirienne Germaine Kouassi, 67 ans, fonctionnaire à la retraite, qui se souvient qu’avant 1960, «l’école était vraiment gratuite: on nous donnait le porte-plume, la plume, toutes les fournitures…». Mais pas question, sur le continent, d’ouvrir un quelconque débat sur «l’aspect positif» de la colonisation, qui «reposait sur un racisme ouvert» et «une exploitation économique forcenée», selon M.Mbokolo (RDC). A Libreville, Guy Rossatanga-Rignault, professeur de droit à l’Université Omar Bongo, renchérit: La colonisation a été un viol. Ouvrir un tel débat est malsain parce que cela revient à dire: «D’accord, on l’a violée, mais il en a résulté une grossesse et ensuite un beau bébé». «L’Afrique n’a pas demandé à être « civilisée » et nul ne peut préjuger de ce qu’elle serait devenue sans la colonisation», selon lui. D’autres disent encore attendre le «procès symbolique» d’une France qui a beaucoup manoeuvré en Afrique, après 1960, pour conserver ses intérêts «bleu-blanc-rouge». Le Camerounais Paulin Tchuenbou, coordonnateur d’une ONG de défense des droits de l’homme, juge ainsi que Paris a toujours soutenu «un Etat incarné par des hommes plus préoccupés par la préservation de leurs privilèges et les intérêts de la France que par le bien-être des Camerounais». De l’avis général, «le processus de libération» enclenché en 1960 reste inachevé et les Etats africains doivent encore conquérir toutes leurs «souverainetés», économique, alimentaire, énergétique…Mais les commémorations de l’indépendance donnent aussi l’occasion de se sentir exister d’une façon particulière. «On a notre propre identité, on le sent carrément, on est Sénégalais!», lance Ibrahima, Dakarois de 24 ans. «Il y a une fierté d’être Malgache. Même si certains veulent attiser le tribalisme (entre originaires des côtes et des Hauts-Plateaux), on a acquis de manière générale la conscience d’être une Nation», assure l’historienne Lucile Rabearimanana, à Antananarivo. «La culture s’est développée, il y a eu l’épanouissement d’une identité malgache», dit-elle. Alors, le professeur gabonais Rossatanga-Rignault invite les Etats africains indépendants à «un bilan d’étape (…) pour se projeter positivement dans le monde de brutes qui est le nôtre, en s’y créant une place». «Cela suppose, conclut-il, de briser un certain nombre de chaînes mentales pour exister en soi comme partie du monde et non comme perpétuelle périphérie». (L’Expression-16.02.2010.)

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*la question de l’alternance du secrétariat général de la Ligue arabe…

L’obstination de l’Egypte contre l’Algérie, la Syrie et le Qatar s’explique par le fait que ces pays remettent en cause le leadership du Caire et lui dénient le rôle de «parrain» des pays arabes.

L’Algérie est-elle devenue une préoccupation pour l’Egypte? Elle fait toujours l’actualité de la presse égyptienne. L’Algérie empêche toujours les Egyptiens de dormir et même de tourner en rond. Après le sport, la culture en passant par la politique, les Egyptiens n’hésitent pas à inventer de nouveaux scénarii pour vitupérer contre l’Algérie. A nouveau la diplomatie égyptienne engage une campagne médiatique contre l’Algérie.
A quelques mois du sommet arabe, prévue en mars à Tripoli en Libye, l’Egypte impute à l’Algérie un travail de coulisses visant à couper l’herbe sous les pieds de Amr Moussa, secrétaire général (Egyptien, la précision s’impose) de la Ligue arabe. Citant des sources diplomatiques de son pays, la presse égyptienne rapporte que l’Algérie mènerait une campagne diplomatique contre l’immuable secrétaire général de la Ligue. Selon la même source, l’Algérie aurait demandé aux pays arabes d’introduire un nouveau point à l’ordre du jour du prochain sommet de Tripoli.
Il s’agirait d’inscrire, en fait de revenir, sur la question de l’alternance du secrétariat général lors des prochains travaux de la Ligue arabe. Autrement dit, tous les pays membres auront droit à assumer, durant un mandat limité, le poste de secrétaire général. Ce qui n’est pas pour plaire aux Egyptiens qui estiment ce poste comme étant la propriété de l’Egypte.
A noter que l’actuel mandat de Amr Moussa s’achèvera l’année prochaine. Le secrétaire général est désigné par consensus, sans vote, entre les pays membres. La diplomatie égyptienne s’est mise en branle pour préparer le terrain dès maintenant afin d’assurer un nouveau mandat à Amr Moussa qui, en affirmant de ne pas avoir d’ambition présidentielle, laisse la porte ouverte à Gamal Moubarak pour succéder à son père, Hosni Moubarak au pouvoir depuis 1981. L’Égypte accuse l’Algérie de manipuler d’autres pays arabes tels la Syrie et le Qatar, lesquels auraient incité, à leur tour, le Guide libyen, Mouamar El Gueddafi (la Libye assume la présidence tournante de la Ligue) à inscrire ce point à l’ordre du jour de la réunion du 27 mars prochain.
Les médias égyptiens rapportent que des parlementaires algériens étudient la faisabilité de cette proposition pour que le projet soit proposé au prochain sommet de la Ligue.
Certes, l’Algérie a demandé à revoir des mécanismes portant sur le fonctionnement de la Ligue arabe, sans pour autant en faire une fixation. Elle n’est pas revenue sur le sujet alors que seuls les Egyptiens refusent la «politique d’alternance».
Pourtant, nous avons l’exemplarité de l’Union européenne qui reste un modèle à méditer, qui fonctionne à l’exemple d’un Etat fédéral bien structuré. Un tel modèle semble relever de l’impossible pour ce qui est de la Ligue arabe, phagocytée depuis un demi-siècle par l’Egypte.
Une question mérite d’être soulevée dans ce contexte: de quoi a peur l’Egypte? Si les descendants des Pharaons «perdent» le poste de secrétariat général, cela n’empêchera pas la Ligue arabe de continuer de fonctionner et le monde de tourner.
Les observateurs estiment que l’Egypte met le forcing pour garder Amr Moussa à ce poste afin de le bloquer et l’empêcher de revenir sur la scène politique égyptienne. Mais dans le cas contraire, Amr Moussa aura toutes les raisons de se présenter à la présidentielle égyptienne de 2011, au même titre que Mohamed El Baradei.
Ce qui ne sera pas pour arranger les affaires du clan Moubarak. Le retour de la Syrie sur le devant de la scène internationale dérange aussi, quelque part, l’Egypte et ses alliés. Bachar Al Assad a réussi à sortir son pays du «ghetto» qu’on lui a imposé. L’amélioration des relations franco-syriennes est mal perçue du côté du Nil. L’Egypte veut surtout perpétuer son «parrainage» sur le monde arabe. C’est dans ce contexte que s’expliquent les attaques de l’Egypte contre la Syrie et l’Algérie.
Le travail de coulisses dont parlent la presse égyptienne n’existe que dans les couloirs du ministère des Affaires étrangères égyptien.
La nouvelle campagne contre l’Algérie n’est, tout compte fait, que le prolongement d’une défaite toujours pas digérée du côté du Nil. Cela ne fait plus sourire, et l’on se demande avec insistance où veut en venir Le Caire, auquel, de toutes les manières, nous dénions le leadership sur le monde arabe, en tout état de cause sur le Maghreb et singulièrement l’Algérie.
Au début, c’était le foot, après la culture, maintenant c’est la politique. Et demain? (L’Expression-07.01.2010.)

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*Ligue arabe, une coquille vide…Les Etats-Unis ont décidé d’imposer des mesures de contrôle humiliantes pour les ressortissants de quatorze pays qui débarquent dans les aéroports américains. Le contrôle sera total et ira jusqu’à dénuder entièrement le passager. Prétexte invoqué : les citoyens de ces pays sont des terroristes potentiels. On y trouve treize pays musulmans, dont neuf arabes et… Cuba, un pays qui n’a jamais été mêlé de près ou de loin au terrorisme. L’Algérie, qui est félicitée régulièrement par les autorités américaines pour sa contribution à la lutte contre le terrorisme islamiste, figure malheureusement sur la liste noire. Seul le Nigeria, autre pays cité, a eu un sursaut de dignité et annoncé qu’il fera les démarches nécessaires auprès des Etats-Unis pour que son nom soit retiré. Les autres (Algérie, Liban, Arabie Saoudite, Irak, Yémen, Soudan, Syrie, Libye, Somalie, Pakistan, Afghanistan et Iran) observent étrangement le silence. Si ces pays font le dos rond, on s’étonne par contre du mutisme de deux organisations qui les représentent à l’échelle internationale : la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique (OCI). L’effacement de la première n’est pas étonnant. Son siège est au Caire et son secrétaire général est un Egyptien, Amr Moussa. Elle ne s’est jamais illustrée dans la défense des peuples arabes. Elle a toujours été un syndicat de chefs d’Etat au service des régimes arabes et pas des peuples. Et, surtout, elle n’a fait que servir les intérêts de l’Egypte et c’est à juste titre que Abdelaziz Belkhadem a dénoncé son mode de fonctionnement lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères.

C’est une coquille vide qui doit disparaître, à moins de la démocratiser. Sinon elle restera moins qu’un « machin » servant tout juste à nourrir grassement des fonctionnaires égyptiens. L’autre, l’OCI, a été créée à l’initiative des Saoudiens dans le but d’imposer et d’étendre l’hégémonie du wahhabisme. Elle a réussi dans la mesure où cette doctrine religieuse a développé un islam obscurantiste à travers le monde musulman avec pour conséquence la propagation du terrorisme islamiste. Pour preuve, cette organisation, dont le siège est à Djeddah, n’a jamais condamné la violence islamiste qui a endeuillé l’Algérie. Egyptiens et Saoudiens ont en commun des liens de vassalité avec les Etats-Unis et ils ne peuvent prendre aucune initiative à caractère international sans le feu vert de Washington. On ne peut par conséquent rien attendre de la Ligue arabe et de l’OCI pour défendre les peuples arabo-musulmans. Ces derniers ne bénéficient toujours pas de leur liberté d’action et ne sont pas près de voir leurs intérêts et leur dignité défendus. Pour cela, il faudrait d’abord qu’ils rejoignent le monde démocratique. Ce n’est malheureusement pas pour demain.( El Watan-06.01.2010.)

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**Côte d’Ivoire, une manifestation réprimée dans le sang ….

Des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants opposés au président Laurent Gbagbo,  ont fait plusieurs morts vendredi (19.02.2010.) dans le centre du pays.

coeur- Le sang coule de nouveau en Côte d’Ivoire. Plusieurs personnes ont été tuées vendredi à Gagnoa, dans le centre-ouest du pays, lors de manifestations contre le pouvoir. Des manifestants ont déposé dans la matinée trois corps à l’hôpital de la ville. Les victimes ont succombé à des blessures par balles, a affirmé un membre du personnel hospitalier, qui a également fait état d’un blessé grave. Une source policière a confirmé «des morts» mais sans préciser leur nombre ni à quel camp appartenaient les victimes. «La police et la gendarmerie ont chargé les manifestants en tirant à balles réelles», a accusé Gildas Konan, coordinateur local du mouvement de jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), l’un des principaux partis d’opposition. La marche, a-t-il indiqué, avait débuté tôt vendredi matin pour réclamer le «rétablissement» de la Commission électorale indépendante (CEI), dissoute vendredi dernier en même temps que le gouvernement par le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo.

Des manifestations dans tout le pays

Cette annonce choc a fait monter d’un cran la tension en Côte d’Ivoire. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu depuis le début de la semaine dans plusieurs villes du pays, pour protester contre ce que l’opposition qualifie de «coup d’Etat». Parfois émaillées de violences, elles n’avaient jusque là pas fait de morts. Jeudi, ils étaient plus d’un millier de manifestants à Bouaké, fief de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) dans le centre du pays. A Bondoukou, dans l’est, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre avaient fait le même jour des blessés dans les deux camps, selon des habitants. Egalement jeudi, dans la capitale économique Abidjan, des manifestants ont dressé des barricades dans le quartier populaire d’Adjamé et deux autobus ont été caillassés. Le camp présidentiel a dénoncé des «actes de sabotage». Avec ce nouvel accès de fièvre politique, les observateurs craignent que la Côte d’Ivoire plonge à nouveau dans un cycle de violences. Ils se souviennent qu’en 2004, la répression par l’armée d’une manifestation de l’opposition avait fait plus de cent morts à Abidjan. Aussi les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont appelé mardi «la classe politique ivoirienne à faire tout ce qui était possible pour préserver le processus de paix». Le chef de l’ONU Ban Ki-moon a quant à lui exhorté les Ivoiriens à rester calmes et à s’abstenir de toute violence, appelant également leurs dirigeants à la retenue. Tous les regards sont tournés vers le premier ministre reconduit, le chef de l’ex-rébellion Guillaume Soro, chargé de constituer un nouveau gouvernement. Jeudi, il a obtenu un délai supplémentaire de 48 heures. En attendant, l’élection présidentielle, censée clore une crise politique qui dure depuis 2002, est encore une fois renvoyée à une date indéterminée. (Le Figaro-19.02.2010.)

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*Une coopération au point mort

Le « non-Maghreb » coûte cher au Maghreb

Le conflit du Sahara occidental représente toujours l’un des obstacles majeurs à une coopération indispensable entre le Maroc et l’Algérie, freinant les échanges régionaux qui pourraient se développer conjointement avec la Tunisie. Pourtant, une complémentarité existe entre les trois pays et, si elle était encouragée par l’Union européenne, une collaboration politique et économique aiderait à résoudre bien des problèmes de la rive sud de la Méditerranée.–Par Francis Ghiles- Le Monde diplomatique..janvier 2010.

A quelques kilomètres d’Oujda, capitale de la région marocaine de l’Oriental, le visiteur est confronté à une situation ubuesque : la route vers l’Algérie est barrée par des engins de travaux publics, quelques agents de sécurité déambulent et un calme étrange règne sur ce lieu qui devrait être un point de passage encombré entre les deux pays d’Afrique du Nord les plus peuplés. Ce silence reflète la mésentente entre Rabat et Alger depuis une génération. En revanche, plus au sud, à Figuig, les soldats algériens traversent tranquillement la frontière pour prendre un café dans le royaume, tandis que les Marocains rendent visite à leurs cousins républicains sans que personne ne trouve à redire à ces échanges familiaux.Le « coût du non-Maghreb » peut se décliner selon des partitions différentes : énergie, banques, transports, agroalimentaire, éducation, culture ou tourisme. Le commerce entre Etats d’Afrique du Nord équivaut à 1,3 % de leurs échanges extérieurs, le taux régional le plus bas du monde. Deux conférences intitulées « Du coût du non-Maghreb au tigre nord-africain » et un rapport du Peterson Institute ont amplement mis en relief les avantages dont bénéficieraient les peuples d’une Afrique du Nord dont les frontières seraient ouvertes. Quand on réunit des chefs d’entreprise maghrébins, la plupart n’expriment qu’une envie, celle de pouvoir se déployer dans un espace qui transcende les divisions nationales.Les pauvres comme les riches paient l’incapacité des élites à concevoir un projet commun. Alors que le monde connaît des bouleversements sans précédent depuis 1945, le Maghreb reste aux abonnés absents. Les pays de la région n’ont guère fait de propositions à l’Union européenne concernant leur place dans le processus de Barcelone . Seront-ils plus actifs vis-à-vis du « processus de Barcelone – Union pour la Méditerranée » ? Il est permis d’en douter .Le Maghreb possède de nombreuses ressources : du pétrole, du gaz, des phosphates en abondance, une production agricole variée et souvent de qualité — mais un déficit croissant (…)Le Monde Diplomatique

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*Il délocalise le sommet France-Afrique à Paris pour empêcher Omar al-béchir d’y assister

Hosni Moubarak se venge du Soudan

Pour faire payer au président soudanais le fait d’avoir facilité la présence en masse des supporters algériens à Khartoum, lors du match d’appui des éliminatoires du Mondial 2010 de football Égypte-Algérie, le raïs égyptien a, en concertation avec Paris, décidé de tenir le sommet France-Afrique à Paris, afin de l’empêcher d’y participer.

Le sommet Afrique-France, initialement programmé en Égypte, se déroulera en fin de compte en France. Cette délocalisation a été décidée par le président égyptien Hosni Moubarak en concertation avec Nicolas Sarkozy dans le seul but d’éviter la présence du président soudanais Omar Al-Béchir à cette rencontre.
Ainsi, au lieu de le soutenir, comme c’est le cas de tous les chefs d’État arabes et africains, voire du tiers-monde, le raïs égyptien l’isole encore plus sur la scène internationale. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que l’agissement de Hosni Moubarak n’est qu’une manière de faire payer au président El-Bachir le fait que le Soudan ne se soit pas aligné sur les positions égyptiennes lors du déroulement du match d’appui de football ayant opposé l’Égypte à l’Algérie à Khartoum, dans le cadre des éliminatoires jumelées de la Coupe d’Afrique des nations et du Mondial 2010.
Pour rappel, dans un souci d’équité, les autorités soudanaises avaient pris la décision de supprimer le visa d’entrée sur leur territoire pour les supporters algériens désirant assister à la rencontre, la mesure n’existant pas pour les Égyptiens.
Ajoutez à cela la position de neutralité affichée par Khartoum à cette occasion, alors que le régime Moubarak s’attendait à un parti pris en sa faveur, et vous aboutirez à la conclusion que l’Égypte tient toujours rancune au Soudan. Il suffit de se rappeler les attaques des médias égyptiens contre le Soudan, au lendemain du match, pour s’en convaincre. Cela étant, c’est officiel, le sommet France-Afrique, qui devait se dérouler à Charm El-Cheikh en mai prochain, a été transféré à Paris dans le seul objectif d’empêcher Omar Al-Béchir, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, d’y assister.
C’est le secrétaire d’État français à la Coopération, Alain Joyandet, qui a confirmé l’information annoncée par le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit, au journal Asharq El-Awsat paru hier.
La décision a été prise, lundi, entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak, lors d’une visite de ce dernier à Paris. En réponse à la question de savoir s’il s’agit “d’éviter d’avoir à inviter le président El-Bachir”, le ministre égyptien des Affaires étrangères à répondu en toute clarté : “Exactement.”
S’appuyant sur la position de Paris, qui est l’un des plus fermes soutiens de la Cour pénale internationale sur la scène internationale, et ne pouvant de ce fait accepter la présence du chef de l’État soudanais à cette traditionnelle grand-messe des relations franco-africaines, Le Caire a opté pour cette solution lui permettant de faire d’une pierre deux coups. En effet, l’Égypte évite d’avoir des problèmes avec la France et se venge par la même occasion d’El-Bachir. (Liberté-16.12.09.)

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*la Guadeloupe.. Une France à part entière ou entièrement à part ?

«Je voudrais passionnément que mon peuple existe en tant que peuple, qu’il s’épanouisse et qu’il porte sa contribution à la civilisation universelle. Le monde de la colonisation, c’est le monde de l’écrasement, c’est le monde de l’affreux silence, c’est le monde bâillonné.» Aimé Césaire

Depuis un mois, une région de France, la Guadeloupe, est en ébullition. La partie visible de l’iceberg des revendications concerne la vie chère déclinée sous toutes ses formes. La Guadeloupe est un département d’outre-mer français. Ce petit archipel des Antilles se trouve à environ 7000km de la France Autrefois appelée calaou çaera, puis Karukera («île aux belles eaux»), Guadeloupe tient son nom du monastère royal de Santa María dans la ville espagnole de Guadalupe. Ce nom aurait été donné par Christophe Colomb. Depuis 1945, ce n’est pas la première fois que la Guadeloupe est agitée par de graves conflits sociaux. Entre 1910 et 1967, les conflits sociaux du travail dans l’île ont fait plus de 100 morts. Encore plus connus sont les événements de mai 1967, quand avaient été sévèrement réprimées des manifestations visant à obtenir une hausse de salaire de 2,5%. Le bilan officiel est aujourd’hui de 87 morts.
Qu’est-il exactement? Sous le soleil trompeur des Caraïbes, écrit Antoine Guiral, la révolte est symbolisée par une couleur – le rouge des insurgés de 1801 contre le rétablissement de l’esclavage – et trois lettres: LKP, pour Lyannaj kont pwofitasyon (littéralement, en créole: «union contre l’exploitation outrancière»). (…)Identité, pouvoir d’achat, démantèlement systématique des structures de la société créole…Les symptômes du malaise étaient pourtant connus. Mais ils étaient étouffés par la classe politique locale et un Etat paternaliste. C’est d’abord la vie chère qui a cristallisé l’opinion en raison d’une économie de monopoles et de conteneurs, contrôlée par pas moins d’une dizaine de grandes familles békés, des créoles blancs descendants d’esclavagistes. Bref, les Guadeloupéens ont dit que la pwofitasyon [l’exploitation], ça suffit! «C’est la deuxième abolition de l’esclavage, car l’organisation économique qui a prévalu jusqu’à aujourd’hui est édifiée à l’image de l’économie des plantations.»(1)

Au début était le Code Noir
En quelques jours, le porte-parole du LKP est devenu la figure de la contestation guadeloupéenne. Après un mois de grève générale, il continue d’appliquer la même recette: alterner prises de parole musclées et appels au calme. Elie Domota sait faire entendre ses harangues, déclinaisons d’une image ancrée dans l’inconscient des Guadeloupéens: celle de l’esclave noir dominé par le maître blanc. Un discours qui fait mouche dans ce département d’outre-mer. Certains Guadeloupéens le qualifient de «messie», de sauveur qui «serait apparu comme le Soleil». A la radio, des évangélistes rappellent qu’il porte le prénom de l’Elu (Elie), que son père était charpentier,…comme Joseph, père de Jésus. Les partisans d’Elie Domota sont, eux, persuadés que 2009 marque la naissance d’une nouvelle Guadeloupe.(2)
On le voit, pas un mot sur les raisons profondes qui font de la Guadeloupe, une France entièrement à part. Pour François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem): «(..) Il y a deux questions profondes qui touchent à la reconnaissance de la situation particulière et lourde des Antilles: l’organisation économique et sociale autour des monopoles et des prix, et la reconnaissance et le traitement ouvert de l’identité et de la mémoire, notamment de l’esclavage.»
Justement pour comprendre ce qui se passe, il faut remonter au passé esclavagiste de la France. Promulgué par Louis XIV en mars 1685, et considérablement aggravé en 1742, le Code Noir est un corpus de règles qui régissait le sort des esclaves noirs aux Antilles jusqu’à son abolition en 1848. Texte méconnu, longtemps enterré au plus profond de la mémoire collective, c’est pourtant, en partie du moins, à sa lumière qu’il faut éclairer le conflit social qui frappe la Guadeloupe depuis maintenant plus d’un mois dont le maître mot «pwofitasyon» (l’exploitation outrancière) résonne comme un grondement survenu du plus lointain passé qui resurgit aujourd’hui sous les traits d’un profond mécontentement compréhensible et prévisible. (…) Les rues de la Guadeloupe s’enflamment sous les feux de la colère d’une jeunesse oubliée, sans avenir et contenue à la périphérie de la société insulaire. (…) Dans son travail de mémoire remarquable, Louis Sala-Molins ressuscite et décrypte consciencieusement, scrupuleusement et sans concession aucune, ce texte de loi inique, glacial et inhumain, qui pourtant prospéra tout au long du siècle des Lumières. C’est cela qui remonte maintenant à la surface des mémoires, travesti sous les habits du conflit social. Bien au contraire, il nous faut creuser cette histoire, en extirper les souffrances engendrées et transmises au fil des générations, comme un conte morbide qui hante les entrailles d’un peuple encore sous le joug du tortionnaire. Qu’on le veuille ou non, le crime non expié et non réparé demeure ancré au plus profond de la descendance laissée par les victimes.(…) (3)(4)
Le Manifeste de neuf intellectuels antillais solidaires du mouvement, appelle à divorcer d’avec la vision capitaliste: «C’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social…Aucune de nos revendications n’est illégitime. (…) Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d’épuration éthique1″ (entendre: désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. (…) Il est donc urgent d’escorter les « produits de première nécessité », d’une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d’une « haute nécessité ». Par cette idée de « haute nécessité », nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en oeuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d’achat, relève d’une exigence existentielle réelle, d’un appel très profond au plus noble de la vie»(…). Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américains pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire.(5)
En fait, le conflit a aussi une dimension affective. Comme l’écrit Solenn de Royer: (…) Fait aggravant, aux yeux de l’opposition notamment: Nicolas Sarkozy, qui aime sauter dans un avion pour régler les problèmes, n’a pas jugé bon, jusqu’à présent, de se rendre en Guadeloupe. Les relations entre Nicolas Sarkozy et l’outre-mer sont compliquées. En décembre 2005, le ministre de l’Intérieur avait dû annuler un déplacement en Martinique et en Guadeloupe, alors que les manifestations contre sa venue se multipliaient. Le poète et chantre de la négritude, Aimé Césaire, décédé depuis, avait fait savoir qu’il ne recevrait pas le futur candidat UMP à l’élection présidentielle – ce qu’il fit finalement, trois mois plus tard. Motif de la grogne: la colère suscitée par la loi de février 2005 faisant état du «rôle positif» de la colonisation française et, plus profondément, les mots de «Kärcher» et de «racaille», lâchés la même année par Nicolas Sarkozy lors de deux déplacements en banlieue, où vivent de nombreux Domiens, installés en métropole. (…) Les sociétés d’outre-mer accordent une grande importance à la forme, analyse un spécialiste de la région. Ce qui compte, c’est la relation personnelle et la notion de respect. «C’est parce que Sarkozy a toujours osé leur dire ce que tout le monde pense tout bas, estime un conseiller de l’Élysée: les DOM sont des territoires où le travail n’est pas valorisé et qui vivent sous perfusion de la métropole.»(6)

Haine anti-noire
Nous y voilà! Nous rejoignons cette opinion «d’assistanat» martelée par des idéologues comme Alain Finkielkraut. Nous produisons ci-dessous deux témoignages. Jacky Dahomay, professeur de philosophie, en Guadeloupe, lui répond: Monsieur, le dimanche 6 mars dernier (2005), dans le cadre d’une émission de la Radio Communauté Juive, à 13h30, vous avez tenu des propos qui ont profondément choqué les Antillais qui en ont eu connaissance. (…) Vous dîtes en effet, en parlant de nous, Antillais, et je vous cite: «Les victimes antillaises de l’esclavage qui vivent aujourd’hui de l’assistance de la métropole. Mais passons.» Tout cela est bien mais le «passons», lourd de sous-entendus, qui clôt votre affirmation en question donne à ceci un autre sens. On pourrait l’interpréter comme ceci: «On leur a accordé la liberté, la citoyenneté en abolissant l’esclavage. De plus, on les assiste encore aujourd’hui. Que veulent-ils encore? De quoi se plaignent-ils?»(..) Nous traiter nous, tous les Antillais, d’assistés, est chose absolument méprisante. (..) En laissant entendre que l’abolition a été octroyée uniquement grâce à une France républicaine et généreuse et en désignant les Antillais comme assistés, vous sous-estimez la lutte que nos ancêtres ont mené contre l’esclavage. Cela ne pourrait-il pas être interprété comme un déni d’humanité? (…) Tout cela a culminé lors de l’Exposition coloniale de 1931 où se rendaient en masse les citoyens français découvrant la puissance de leur empire. Des Négresses comme d’autres indigènes étaient honteusement exposés comme des animaux dans un cirque. Les manuels scolaires sous Jules Ferry et même bien après ne cessaient de faire l’éloge des expéditions coloniales avec une iconographie donnant à voir une image dévalorisée du Noir et de l’Arabe. La même chose s’est produite dans le cinéma (pensez au film à Tintin au Congo) et dans la publicité avec le célèbre «ya bon banania» dénoncé par Fanon. (…)(7)
L’autre mise au point est venue de Raphaël Confiant, un autre professeur antillais. Ecoutons-le: «Depuis quelques semaines, le philosophe Alain Fienkielkraut se répand dans tous les médias, en particulier sur les radios juives, pour stigmatiser les Antillais, en particulier les Martiniquais. (…) Mieux (ou pire): la créolité serait une idéologie haineuse distillant un discours antiblanc et francophobe. Il enfonce le clou en lançant une pétition nationale qui se révèle être un véritable appel à la haine anti-Noirs, un manifeste de ce qu’on pourrait appeler la « mélanophobie ». Sans doute Alain Fienkielkraut ignore-t-il ce qu’est exactement la Guadeloupe. En 1635, les Français débarquent dans une île peuplée depuis des millénaires par les Caraïbes. (…) En moins de trente ans, ils massacrent ceux-ci jusqu’au dernier, continuant ainsi le génocide des Amérindiens, entamé avant eux par les Espagnols et les Portugais. Vers 1660, et cela jusqu’en 1830, ils importent des centaines de milliers d’Africains qu’ils transforment en esclaves dans des plantations de canne à sucre lesquelles contribueront pendant trois siècles à faire la fortune des ports de Bordeaux, Nantes, La Rochelle, etc. et plus généralement de la France, participant ainsi, aux côtés des autres puissances européennes, à l’esclavage des Nègres.» «Telle est, en raccourci, l’histoire de la Martinique. Mais sans doute est-il bon de rappeler deux autres points à Alain Fienkielkraut: à l’abolition de l’esclavage des Noirs (1848), pas un arpent de terre, pas un sou de dédommagement n’a été accordé aux anciens esclaves. Même aux Etats-Unis, accusés pourtant d’être, dans le Sud profond, un enfer pour les Nègres, l’Etat s’est fait un devoir d’accorder à chaque ancien esclave «twenty-two acres and a mule» (vingt-deux acres de terre et un mulet). Pas rancunier pour deux sous, le Nègre antillais a participé à toutes les guerres qu’a lancées ou qu’a subies la France: guerre de conquête du Mexique en1860 (…) guerre de 1870 contre l’Allemagne; guerre de 14-18 au cours de laquelle de nombreux soldats martiniquais furent décorés pour leur vaillance lors de la fameuse bataille des Dardanelles; guerre de 39-45 (..) Guerre d’Algérie au cours de laquelle, pour un Frantz Fanon, un Daniel Boukman ou un Sonny Rupaire qui rallièrent le FLN, des centaines de soldats antillais participèrent sans état d’âme à cette «sale guerre»; alors, anti-Blancs et francophobes les Martiniquais? Assistés, les Antillais alors que pendant trois siècles, ils ont travaillé sans salaire, sous le fouet et le crachat, pour enrichir et des planteurs blancs et l’Etat français?
(…) Mais venons-en maintenant à la question de l’antisémitisme des Antillais. Et là, que l’on me permette d’énoncer une vérité d’évidence: la Shoah est un crime occidental! Comme l’a été le génocide des Amérindiens, comme l’a été l’esclavage des Noirs, comme l’a été la déportation des Hindous, comme l’a été l’extermination des aborigènes australiens, etc.(…) Non, monsieur Fienkielkraut, si la Shoah est bien une abomination, elle n’a été mise en oeuvre ni par les Nègres, ni par les Amérindiens, ni par les Chinois, ni par les Hindous, ni par les Arabes. Elle a été mise en oeuvre par l’Occident. Ce même Occident qui n’a cessé de pourrir la vie des Juifs depuis 2000 ans. (…) 8)
Naturellement avec le mépris qu’on leur connaît, les hommes politiques de Droite comme de Gauche n’ont pas compris que le colonisé devenu indépendant ou resté français du deuxième collège, a besoin pour vivre, outre de la nourriture, de dignité de culture et d’âme. Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime. Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons. Tout est dit tant que la Métropole feint de réduire le ras-le-bol à un problème de sous, elle passera une fois de plus à côté de l’histoire.  Pr Chems Eddine CHITOUR (*)- Ecole nationale polytechnique

1.A.Guiral Le Temps, L’heure de la révolution a-t-elle sonné? Courrier intern 955 – 19.02.2009
2.Matthieu Deprieck, Thierry Dupont: Elie Domota, la voix de la révolte, L’Express 19/02/2009
3.Louis Sala-Molins, Le Code Noir ou le calvaire de Canaan, PUF, 2003
4.Du Code Noir à la «pwofitasyon» ou les résurgences de l’Histoire, Agoravox 20 02 2009
5.Manifeste de 9 intellectuels antillais: Mille Babords 18/02/2009
6.Solenn. de Royer: Sarkozy et l’outre-mer: des relations compliquées. La Croix: 19/02/2009
7.Jack Dahomay, Lettre à A. Finkielkraut. http://www.potomitan.info/matinik/dieudonne4.php
8.R Confiant A propos de A.Fienkielkraut http://www.potomitan.info/matinik/dieudonne5.php

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