Relations algéro-françaises

**Arnaud Montebourg en Algérie :

« clore ce long débat des querelles mémorielles » Relations algéro-françaises trans transtrans

Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche pour l’élection présidentielle de mai 2017, effectue une visite en Algérie de deux jours à partir d’aujourd’hui samedi. La première étape de ce déplacement est Oran où Arnaud Montebourg visitera l’usine Renault. Il se rendra ensuite à Notre Dame de Santa Cruz.

La seconde partie de la visite d’Arnaud Montebourg sera d’ordre privé puisqu’il rencontrera des membres de sa famille maternelle, sa mère étant originaire de la région d’Oran. Le candidat de la primaire de la gauche s’envolera ensuite pour Alger où il aura lundi des entretiens avec des responsables politiques, des chefs d’entreprises et des représentants de l’UGTA ainsi que la presse. Il visitera en outre la Casbah et la Grande Mosquée.  

Quel projet ? Quel programme proposez-vous  aux Français pour la prochaine élection présidentielle ?

Je propose un programme de redécollage économique. Pour cela, je veux mettre fin aux plans d’austérité en France et en Europe, et tourner la page du quinquennat que nous venons de vivre, ou les inégalités et le chômage ont augmenté. Pour reconstruire l’économie, je propose un plan de soutien et développement aux PME, ce que j’appelle une grande politique du Made in France, les circuits courts, tant pour la production, que la distribution. Pour luttter contre la mondialisation excessive, Il est nécessaire d’établir des plans gagnant-gagnant entre les pays, et non des plans gagnant-perdant. Il est temps que la France protège ses intérêts, et que l’Europe se réforme en profondeur. Il ne s’agit pas de limiter les échanges économiques, mais de les rendre justes et équitables, sur la base de règles de réciprocité. 

La multiplicité des candidatures à la primaire de la gauche, et hors primaire, ne risque-t-elle pas d’entraîner une dispersion des électeurs ?  A moins que vous vous présentiez en candidat de rassemblement des diverses gauches ? Et avec quels arguments ? 

La Primaire doit être une première étape du rassemblement. Je pense que si la Primaire est un succès, elle entraînera un rassemblement nécessaire plus large. C’est ce que je m’attacherai à faire. Si nous laissons l’ensemble de la gauche dans cette situation de division, alors oui le succès sera bien plus difficile, et le risque d’un scénario noir d’un second tour entre M. Fillon et la Famille Le Pen et d’une victoire possible de cette dernière est écrit. Je construis méthodiquement cette candidature du rassemblement. Mes propositions sont au cœur des gauches, gauche du travail, gauche des valeurs, gauche entrepreneuriale, et peuvent réunifier le peuple de gauche aujourd’hui dispersé.

Quelle place des musulmans et de l’islam dans la société française ?

Une place semblable pour tous les français, voilà ce que je souhaite. Ni plus ni moins. Nous sommes un pays égalitaire et qui doit pratiquer l’Egalité, pas seulement la proclamer. Je ne veux pas qu’on catégorise, qu’on classifie, qu’on hiérarchise. Je veux qu’on protège, et qu’on assure à chaque Français quel qu’il soit les mêmes droits et devoirs, sans discrimination. De nos jours, nos compatriotes de confession musulmane vivent mal le fait d’être soupçonnés et ressentent une forme de stigmatisation. Ils ne doivent pas être assimilés à ces criminels, ces terroristes djihadistes, qui exploitent pour mener leur projet totalitaire et barbare la religion de l’Islam. C’est pourquoi je crois que la seule riposte aux attaques que nous avons subies est l’unité nationale, et l’association de nos compatriotes de confession musulmane au devoir d’entraide national. Je combattrai toute forme de stigmatisation, et les discriminations qui s’accompagnent, en recréant ce lien égalitaire et fraternel dans la société française . C’est que j’appelle Refaire France. C’est dans ce sens qu’il faut considérer ma proposition de rétablissement du service civil, militaire, et humanitaire, obligatoire de 6 mois, afin de permettre à tous les français  (jeunes hommes et jeunes femmes) de se retrouver, et de réapprendre à se connaître, et à vivre et travailler ensemble, quel que soient leur milieu, leur parcours, leur histoire et leur géographie. 

Quels sont les fondements des relations que vous souhaitez entretenir avec l’Algérie sachant que le volet humain de cette relation est conséquent, eu égard   aux 7 millions de Français qui ont un lien avec l’Algérie alors que plus de 740.000 Algériens (chiffre de 2011) vivent en France ? 

La relation Franco-algérienne doit se développer puissamment pour faire face ensemble aux défis considérables que nous avons intérêt à affronter ensemble : codeveloppement énergétique, technologique et économique de l’Afrique, problèmes migratoires entre nos deux continents, crise climatique, sécurité et terrorisme. 

Nous pouvons nous appuyer sur nos deux peuples, ces millions de Français, d’Algériens, de Franco-algériens qui disposent de liens historiques si puissants. Nos échanges économiques doivent beaucoup plus se développer. Il y a grande matière à les densifier. Nous devons travailler et investir ensemble en Europe et en Afrique ! Nous avons pour réussir cet atout que constituent les millions de personnes dont le cœur bat pour nos deux pays, un magnifique pont humain entre nos deux rives. 

Lors du débat télévisé qui l’avait opposé à Alain Juppé, à trois jours du deuxième tour de la primaire de la droite  et du centre, François Fillon avait affirmé que « la France n’a pas pour vocation d’être multiculturelle ». Quelle est votre réaction à cette affirmation ? 

Je ne comprends pas ce que M. Fillon veut dire. Car peut- on nier la réalité qu’un tiers des Français ont un grand parent étranger ? Que chaque année se nouent en France 50 000 mariages mixtes entre Français et étrangers? Peut -on nier les innombrables réussites en France des générations venues de vagues successives de l’immigration ? Il y a de la place sous le toit vaste de la République pour être un Français fervent et patriote tout en vivant selon ses choix et sa culture. Nier les différences, c’est nier la France. Ces faux débats ne font pas avancer notre pays, et souffle sur les braises de la division.

Quelle part accordez-vous à la dimension historique qui constitue une ligne de crête dans les rapports algéro-français ? Pensez-vous comme François Hollande qu’il y a « une place désormais pour un regard lucide et responsable » de la France sur son passé colonial en Algérie. 

Je pense en effet qu’il est temps de regarder avec sincérité ce passé. Il est lourd et douloureux. Il existe cependant des liens importants entre nos deux pays. Il est nécessaire de clore ce long débat des querelles mémorielles. Si je suis en condition d’exercer les plus hautes responsabilités du pays, j’ouvrirai un nouveau chapitre de notre Histoire commune, en laissant le soin aux historiens des deux rives d’écrire cette Histoire. Ce travail a bien évidemment commencé. Mais la France et l’Algérie doivent maintenant se tourner ensemble vers l’avenir. 

Au plan économique, alors que vous étiez ministre du redressement productif dans le gouvernement de François Hollande avant que vous le quittiez, vous aviez fait prévaloir le concept de « pacte de coproduction » et de « délocalisation ». Est-ce toujours d’actualité ?  Est-ce toujours votre objectif ? 

Oui c’est évidemment toujours d’actualité. Qu’est- ce que la co-localisation ? C’est le partage des tâches de production entre le nord et le sud. Plutôt que de laisser délocaliser en Asie, notre intérêt commun serait plutôt de bâtir des usines au Maghreb. J’ai déjà commencé à le faire, et à le réaliser concrètement. Il faut amplifier largement ce mouvement, et favoriser les échanges dans les deux sens. Nos deux pays ont tout à y gagner.*Propos recueillis par Nadjia BOUZEGHRANE / el watan / samedi 10 décembre 2016

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*Paris-Alger : une Histoire passionnelle, un livre édité par Stock, en France.

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C’est un livre aux multiples révélations que viennent de publier deux grands reporters français, Christophe Dubois de TF1 et Marie-Christine Tabet du Journal du Dimanche. Paris-Alger : Histoire passionnelle, édité par Stock, sort ce dimanche en libraire en France. Le livre consacre un chapitre aux «affaires» et plus particulièrement aux biens «acquis» ou «mal acquis» par de hauts responsables algériens. On y trouve les noms de la fille de Sellal, Bouchouareb, Saadani, Brahimi, Cherif Abbas….. Tropisme parisien.

Dans le chapitre «Alger-sur-Seine», le nom de l’actuel ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, apparaît en tête d’affiche de la nomenklatura algérienne parisianisée. «Le 26 juin2006, Abdessalem Bouchouareb a rendez-vous boulevard Saint-Germain, à Paris, dans une étude notariale de renom. Il vient conclure l’achat d’un bien qui appartient à une famille aisée du nord de la France. L’appartement est situé au 21, quai Montebello, dans le 5e arrondissement, l’une des adresses les plus charmantes de Paris», révèlent les auteurs du livre. Le ministre, à l’époque des faits, était député RND ; il s’est offert alors deux lots au premier étage, d’une surface de 156 m2, dans un quartier prisé de Paris, d’une valeur de 1 180 000 euros, dévoilent les auteurs.Comment a-t-il pu régler son achat ? Comment a-t-il pu transférer cette somme ? Selon l’acte de propriété et le montage financier, Bouchouareb a payé comptant 580 000 euros. Le solde, soit 600 000 euros, a fait l’objet d’un prêt relais auprès de l’agence lilloise du Crédit du Nord, précisent les auteurs du livre. Aujourd’hui, le bien immobilier du ministre est évalué à plus de trois millions d’euros. Notre ministre sait visiblement investir, mais en terre parisienne. Quant à l’origine de cet argent, Bouchouareb tente une explication aussi vague que peu convaincante : «Je suis résident en France depuis 1978. Je suis arrivé en tant qu’étudiant, puis j’y ai créé une entreprise. J’ai une activité en Algérie. J’ai mentionné tout cela très scrupuleusement dans ma déclaration de patrimoine aussi bien en tant que député que ministre….» L’actuel ministre de l’Industrie, faut-il le rappeler, est mis en cause dans l’affaire Khalifa Bank. Celui que la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, désigne comme «l’un des porte-parole de l’oligarchie» préfère de loin Paris à Alger.

Il n’est pas le seul, ils sont même nombreux, ces dignitaires du régime algérien, à couler des jours tranquilles en admirant la Seine. Cherif Rahmani en fait partie. A travers une subtile opération et des précautions que seuls les dignitaires d’Afrique maîtrisent, l’ancien gouverneur d’Alger a pu acquérir un appartement au 22, rue Singer, dans le très chic 16e arrondissement, via une société civile immobilière (SCI) constituée le 7 juillet 1997 par Ryda B. (22 ans) et Benyoucef B. (61 ans), deux prête-noms en réalité dont se sert Rahmani, plusieurs fois ministre, pour acquérir son appartement. «Le premier est aide-comptable, employé par un ami de Cherif Rahmani, qui dispose de nombreuses sociétés en France ; le second est son chauffeur. En 2003, la SCI change de propriétaire pour passer entre les mains de Zoubida Bentahar, épouse de Cherif Rahmani, en tant que gérante ; elle change de nom pour devenir FO-MM, des initiales qui désignent les quatre enfants de l’ex-ministre», dévoile le livre, qui s’appuie sur des documents, mais aussi sur un témoignage. Celui d’un ami à Rahmani, Zaïdi L., originaire de Sétif. «J’ai rencontré Rahmani il y a quarante ans, j’étais étudiant, lui travaillait pour la wilaya d’Alger. Il cherchait un pied-à-terre à Paris et m’a demandé de lui en trouver un. J’avais acheté cet appartement à crédit, je lui ai transféré les parts de la SCI. Ça ne lui a rien coûté. Il a repris le prêt, qui était remboursé par les loyers», raconte cet ami de l’ancien ministre, qui était gestionnaire du restaurant de la Mosquée de Paris.

L’appartement de la fille de Sellal à 860.000 euros

L’inénarrable secrétaire général de l’ex-parti unique, qui dispose d’un passeport diplomatique et aurait «demandé un sésame pour pouvoir circuler tranquillement en France», est propriétaire d’un appartement dans les hauts lieux de la bourgeoisie parisienne, Neuilly-sur-Seine. «Saadani est bien propriétaire d’un appartement à Neuilly, qu’il utilise lors de ses déplacement en France, mais il est occupé par l’une de ses filles», raconte l’avocat du patron du FLN, maître Jean-Yves Dupeux, qui s’occupe bien des affaires du chef du FLN reconverti. Selon l’acte de vente, «Amar Saadani a entamé en son nom propre les premières démarches avec le vendeur avant de constituer une SCI plus discrète», révèle le livre.

Un autre nom apparaît pour la première fois dans «la fine équipe» des dirigeants algériens ayant succombé aux charmes de la ville des lumières. Il s’agit de celui du Premier ministre, Abdelmalek Sellal. Si aucun bien n’est déclaré en son nom, en revanche «un membre proche de sa famille a investi dans la capitale. Le 27 avril 2007, sa fille Rym, 28 ans à l’époque, achète un appartement sur l’une des avenues les plus chères au monde, les Champs Elysées. Elle se déclare analyste demeurant à Londres. Ce jour-là, elle devient propriétaire de deux studios situés au niveau de la galerie des Arcades des Champs Elysées. Une adresse de prestige. La vendeuse est une Afghane de 32 ans, consultante fiscale (….). La vente est conclue à 860 000 euros», révèle Christophe Dubois dans son livre. «Le document notarié ne fait apparaître aucun prêt bancaire, mais précise que 50 000 euros ont été versés dès avant ce jour et hors la comptabilité de l’étude notariale», lit-on dans l’enquête menée par les auteurs du livre. Selon les services du courrier de la galerie des Champs-Elysées, Mlle Sellal n’a jamais mis les pieds dans cet appartement, qui serait loué. La question que se pose l’auteur du livre est de savoir d’où viennent les fonds pour acquérir cet appartement. Une hypothèse : mariée à un homme d’affaires libanais, Ramzy El Asmar, qui travaillait pour une compagnie pétrolière à Londres, la fille du Premier ministre aurait réglé la facture par le biais de son riche mari…

Dans ce livre sont mentionnés également les séjours réguliers de l’ancien ministre des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas, dans la région lyonnaise. Cet ancien ministre qui traîne la «légitimité révolutionnaire» en bandoulière et se fait passer pour le chantre de l’Algérie indépendante, «se serait installé à Lyon», à en croire les révélations du livre. Ce qui est certain, c’est que la fille de l’ancien ministre réside dans cette ville depuis des années et travaille au consulat d’Algérie.

Selon les statistiques des notaires de Paris, entre 2010 et 2014, «près d’un bien sur dix (appartement ou maison) acquis en Ile-de-France par un étranger l’est par un Algérien».

Le livre fait une autre révélation fracassante. Si ce chapitre du livre – «Alger-sur-Seine» – ne cite pas tous les hauts responsables civils et militaires algériens, actifs ou retraités, qui ont une résidence secondaire à Paris, il résume bien cette formule chère au sociologue Nacer Djabi : «Lorsque les responsables algériens prennent l’avion pour Paris, ils rentrent chez eux…»

Farid Bedjaoui, l’argent de l’or noir coule à Paris

Autre figure – vite grillée par les projecteurs dans le sillage du scandale Sonatrach – qui a recyclé l’argent des commissions en France, Farid Bedjaoui, recherché par Interpol. Il est également dans le collimateur de la justice française. «La saisie de son yacht, d’une valeur de 6,6 millions d’euros, et d’autres biens – deux immeubles avenue d’Iena dans le 16e arrondissement et une villa à Ramatuelle – constituent le volet financier d’une affaire tentaculaire qui ébranle le coffre-fort de l’Algérie». Son complice présumé, Omar Habour, 76 ans, est lui aussi visé par la justice française. Des biens immobiliers lui appartenant, d’une valeur de 6 millions d’euros, ont été saisis. Selon des sources proches de l’enquête, le patrimoine des deux compères s’élèverait à 36 millions d’euros, selon le livre de Dubois et Tabet. Farid Bedjaoui fait également objet d’un mandat d’arrêt délivré par la justice française.

Toufik, l’interlocuteur courtisé par les Français

«En décembre 2011, Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur, annonçait son arrivée à Alger. Dans les milieux diplomatiques, l’annonce suscite un certain embarras. Le protocole algérien déclare ne pas être au courant de ce déplacement. Sous couvert d’une visite de coopération, le ministre français veut, en fait, voir le général Mohamed Lamine Mediène, le patron des Services secrets. Cependant, la manœuvre française passe mal au niveau algérien, qui trouve le procédé désobligeant. Claude Guéant demande à voir le président Bouteflika, qui refuse. ‘Vous avez choisi votre camp’, fait-on comprendre en substance au ministre français.» Bien évidement, M. Guéant n’a pu rencontrer ni le Président ni le chef des Services.

Cet épisode rapporté dans le livre témoigne en tout cas de l’obsession qu’ont les dirigeants français à vouloir traiter avec le puissant patron du DRS, qui s’est taillé une réputation d’un homme aussi mystérieux que intrigant. «La fonction, le titre, le pouvoir et les relations de Mohamed Mediène en font un interlocuteur prisé. Claude Guéant avait déjà rencontré le tout-puissant patron du DRS à l’Elysée, lorsqu’il était secrétaire général. Lors d’un de ses déplacements, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, insista lui aussi pour le voir», révèleParis-Alger,histoire passionnelle,  qui dresse le portrait du général Toufik selon les témoignages des responsables français qui ont eu «le privilège» de le rencontrer. «Mediène est un taiseux, marqué par la lutte sanglante qu’il a menée contre les islamistes dans les années 1990. Un homme vif, subtil. Il fait partie de la génération des généraux qui ont le sentiment d’avoir sauvé la nation (…). Il pourrait être votre oncleUn petit monsieur avec des lunettes. Un papy très posé, fin analyste, mais aussi très respecté : quand il parle, les généraux derrière ne bougent pas, lorsqu’il rit, ils rient…. Les rencontres avec ses homologues étrangers se déroulent dans une vieille résidence coloniale française, sur les hauteurs d’Alger», peut-on lire dans ce livre.

Le Français qui a le plus côtoyé le général Toufik était Bernard Squarcini. «En juin 2007, Bernard Squarcini, passé de la direction centrale des Renseignements généraux à patron de la DST, continue à entretenir le lien entre la France et les Services algériens. Il côtoie Toufik.» Jean-Yves le Drian a été également l’un de ses visiteurs, lors de son déplacement à Alger en 2014. «Les collaborateurs du ministre de la Défense assurent que l’homme continue d’exercer une autorité morale, mais qu’il a tenu discours très langue de bois. Le ministre est ressorti déçu de cette réunion», révèle encore le livre.

Dans leur enquête, Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet racontent également que lors de son hospitalisation au Val-de-Grâce, le président Bouteflika avait reçu la visite discrète du président Hollande, de son ministre de la Défense J.-Y. le Drian et aussi de celle du patron de la DGSE, Bernard Bajolet. Ce dernier lui avait offert une boîte de chocolats. Un énorme bouquet de fleurs avait été envoyé en remerciements à la caserne Mortier, siège des Services secrets français. Qui a dit qu’entre le pouvoir algérien et le pouvoir français c’est la guerre ? Derrière le discours ultranationaliste et anti-français des responsables algériens se cache une forte amitié bien soignée.

Christophe Dubois et Marie-Christine Tabet, Paris-Alger : histoire passionnelle (Editions Stock, 370 pages)

*Hacen Ouali/ El Watan/ samedi 11 avril 2015

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*Jean-Pierre Chevènement à Alger 

Le président de l’association France-Algérie, Jean-Pierre Chevènement, a indiqué jeudi à Alger que sa rencontre avec les responsables algériens a permis de « dissiper certains malentendus qui pouvaient s’être développés à partir de maladresses ».

« Je suis heureux de ma visite à Alger qui m’a donné l’occasion hier, de rencontrer longuement, le Premier ministre (Abdemalek Sellal). Nous avons pu faire un large tour d’horizon, dissiper certains malentendus qui pouvaient s’être développés à partir de maladresses d’exécution », a indiqué M. Chevènement à l’issue d’une audience que lui a accordée le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra.

« Vous connaissez bien le système dans lequel nous vivons. Vous êtes des journalistes, vous savez très bien qu’un commentaire attire l’autre, les hommes politiques sont souvent friands de petites phrases, donc vous même vous faites monter la sauce », a ajouté le président de cette association en visite en Algérie depuis deux jours. « Il y a un moment où il faut dire +là n’est pas l’essentiel+. L’essentiel est dans les fondamentaux », a-t-il poursuivi.

Relevant des « évolutions positives » dans plusieurs domaines, il a donné l’exemple des visas accordés par la France aux Algériens, dont « le nombre a atteint les 400.000 en 2015 alors qu’il était à 200.000 en 2012″. Cette évolution se ressent aussi « dans les investissements français en Algérie ou algériens en France », a-t-il noté. Pour lui, « les Franco-algériens, qui sont près de trois millions, jouent un rôle extrêmement important dans le resserrement de nos liens ».

M. Chevènement a indiqué, par ailleurs, que « l’Algérie doit faire face à une conjoncture nouvelle ». « Le président Bouteflika l’a dit très clairement : la diversification de l’économie algérienne est un impératif », a-t-il expliqué, estimant « que chacun peut y contribuer ». Il a exprimé « la confiance dans l’avenir des relations bilatérales parce que, a-t-il dit, cela répond à l’intérêt mutuel, à l’amitié et aux affinités qui se sont créés qu’on le veuille ou non au cours du temps ».

« Les relations franco-algériennes peuvent être bonnes, elles peuvent être mauvaises, elles ne sont jamais banales », a-t-il indiqué en se référant à des propos du président Bouteflika, en souhaitant voir ces relations « s’améliorer constamment ». Pour le président de l’Association France-Algérie, « cette amitié (entre les deux pays) est plus que jamais indispensable, parce que la France a besoin de l’Algérie et l’Algérie a besoin de la France et ensemble nous pourrons faire beaucoup mieux que séparément ».

M. Chevènement, ancien ministre français, a déclaré avoir évoqué avec M. Lamamra « beaucoup de sujets qui se posent dans l’environnement général : en Afrique en Europe et au Moyen-Orient ». « En mettant en commun nos expériences, nos réflexions, nous pourrons parvenir à des définitions beaucoup plus fines et adaptées à la solution des problèmes », a-t-il dit. Sur la situation en Libye, il a indiqué que « l’approche algérienne nous apporte beaucoup », exprimant l’espoir « qu’ensemble, nous allons pouvoir peser d’une manière heureuse et positive pour permettre à la Libye de retrouver son équilibre dans la paix ». « Il y a beaucoup de plus-value », a-t-il conclu. (Aps)–jeudi 19 mai 2016

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François Hollande et l’histoire d’un apaisement avec l’Algérie trans

Si François Hollande a réussi à remettre de l’ordre dans les relations entre la France et l’Algérie, il ne sera pas allé au bout du chemin pour les apaiser définitivement.

I l fallait pour le président François Hollande, élu en 2012, essayer d’appliquer ses promesses de premier secrétaire du Parti socialiste, sans brusquer ceux qui refusent toute idée de mise à plat du contentieux historique quant à la brutalité de la colonisation française en Algérie.

Alors qu’il aborde ces derniers mois de présidence et qu’il ne se représentera pas, on peut dire que le président français aura aplani les contentieux au début de son quinquennat tout en froissant l’Algérie dans sa dernière année. Revenons au début : le 20 décembre 2012, alors qu’il entame sa visite officielle en Algérie, six mois après sa prise de fonction, François Hollande reconnaît «les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien», devant  les parlementaires algériens.

Il ne craint pas de convoquer devant le tribunal de l’histoire «les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata» dont il affirme qu’ils «demeurent ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens». Il qualifie, au passage, le système colonial de «profondément injuste et brutal». Du jamais entendu ! Hélas, le chemin de la reconnaissance en actes forts était encore loin et semé d’embûches.

Le texte de la  Déclaration d’Alger, signée par les présidents Bouteflika et Hollande, remet cependant tout à plat. Ainsi lit-on dans le préambule : «La France et l’Algérie sont déterminées à ouvrir un nouveau chapitre de leurs relations, cinquante ans après l’indépendance de l’Algérie. Les deux parties partagent une longue histoire et ce passé a longtemps alimenté entre nous des conflits mémoriels auxquels il est nécessaire de mettre un terme. Elles doivent, pour cela, regarder le passé en face, ensemble, avec lucidité et objectivité, tout en recherchant une voie originale permettant une lecture objective de l’histoire».Un langage nouveau. Après les cinq ans de pouvoir de son prédécesseur de droite, Nicolas Sarkozy (lui aussi désormais renvoyé de la vie politique), le président socialiste François Hollande ouvrait donc de nouvelles perspectives avec l’Algérie. Même s’il affirmait ne pas vouloir «faire repentance ou des excuses» : «Je viens dire ce qu’est la vérité, ce qu’est l’histoire.» Devant les journalistes, il disait encore : «J’ai toujours été clair sur cette question : vérité sur le passé, vérité sur la colonisation, vérité sur la guerre avec ses drames, ses tragédies, vérité sur les mémoires blessées.»

Tout semblait ainsi maîtrisé, à l’image des présidents Hollande et Bouteflika empruntant à pied les boulevards algérois pavoisés aux couleurs algériennes et françaises. Pourtant, si les relations tous azimuts pouvaient s’engager tous secteurs confondus, la démarche n’alla pas plus loin. En tout cas, cela permit des échanges d’ampleur jamais vue, avec un véritable pont aérien de ministres français venus en Algérie durant cette période de 2012 à 2016, pour concrétiser le partenariat signé au plus haut niveau franco-algérien. Dans l’autre sens,  la venue en France de plusieurs ministres algériens, en visites officielles, s’est accrue comme jamais. Par la suite, les pointes d’humeur ne pouvaient pas manquer d’apparaître.

Du capital de sympathie à l’incompréhension

On ne parlera pas ici de l’intervention militaire française dans le Sahel, aux portes de l’Algérie, pour contrer l’avancée djihadiste. Ce fut le premier moment de tension où fut mis à l’épreuve le nouvel état d’esprit de coopération entre la France et l’Algérie. Par contre, la volonté, finalement écartée, d’inscrire dans la Constitution la déchéance de la nationalité pour les binationaux coupables d’actes terroristes agita le microcosme politique hexagonal et traversa ardemment la Méditerranée. Hollande, qui avait un capital de sympathie jusque-là, suscita l’incompréhension. La vox populi algérienne rejoignait alors l’état d’esprit franco-français : François Hollande n’avait pas été élu pour ça. Jeudi soir, au moment de jeter l’éponge, il regretta publiquement d’avoir proposé cette disposition législative, qui avait irrité la communauté algérienne en France qui s’est sentie, à tort ou à raison, mise au ban de la citoyenneté. Enfin, il est deux sujets «algériens» qui révélèrent les tensions qui continuent de peser en France, avec des rebonds en Algérie.

François Hollande les a réveillés. Le premier a trait aux harkis. Lors de la journée d’hommage du 25 septembre 2016, inscrite dans le calendrier combattant en France, le président Hollande avait froissé quelques susceptibilités : «Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans (…) les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France.» Ce terme de massacres a suscité maints commentaires alors que la question de la reconnaissance des massacres coloniaux entre 1830 et 1962 n’a pas évolué d’un iota sous la présidence Hollande. Le dernier sujet franco-français est celui du 19 Mars, date du cessez-le-feu en Algérie. Aucun chef d’Etat n’avait jamais honoré physiquement cette commémoration. François Hollande l’a fait cette année, avec une levée de boucliers de la sphère «Algérie-française» encore virulente sur l’échiquier politique de droite.

Dans une langue de coton, il estime que «si on veut taire, occulter ce qui s’est produit, alors on fait resurgir les frustrations, les colères, et les douleurs. (…) L’histoire doit reconnaître les blessures mais ne pas blesser davantage». Moins langue de bois, il parle de la «somme de violences à l’égard du peuple algérien qui était colonisé». Le reste de son propos fut plus sujet à polémique, abordant la thématique chère aux révisionnistes que les «massacres qui ont eu lieu. Quand on parle du 19 Mars, on sait (que) c’est la fin de la guerre d’Algérie, mais c’est aussi le début d’un certain nombre de massacres, dont les pieds-noirs ou les harkis ont été victimes»… Cette prise de parole occultait les responsabilités, notamment de l’OAS, dans la fin sanglante des derniers mois avant l’indépendance. Au lieu de se maintenir dans la détente de son début de mandat, en voulant complaire à tous, François Hollande a fâché en Algérie ceux qui ont la mémoire toujours à vif.*Walid Mebarek / el watan / samedi 03 décembre 2016

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**Crise réelle ou diversion?

De «l’alacrité» de François Hollande en juin 2015 qui témoigne des liens solides entre les deux gouvernements au tweet de Manuel Valls d’avril 2016 provoquant une levée de boucliers en Algérie, les relations algéro-françaises passent brusquement de la sérénité à une nervosité palpable. Du moins du côté d’Alger. Paris semble déjà passer à autre chose. De la période la plus heureuse à la plus houleuse.

L’hystérie qui s’est emparée des partis politiques au pouvoir, des organisations syndico-patronales et de certains ministres ne connaît pas de répit. Elle franchit une nouvelle étape. Jeudi passé, c’était au tour du Conseil de la nation (Sénat) de reprendre le flambeau «patriotique» pour dénoncer «une campagne orchestrée contre l’Algérie à travers le comportement répréhensible du Premier ministre français». Une bronca.

A l’unisson, tous les porte-parole du pouvoir — à l’exception remarquée de Amar Saadani — dénoncent «un complot qui vise à déstabiliser l’Algérie» en remettant au goût du jour la vieille rhétorique nationaliste de type soviétique.

Chacun y va de son discours pour démontrer que le «tweet assassin» du Premier ministre français est un «coup prémédité pour porter atteinte aux institutions du pays» : d’El Hadi Ould Ali — qui semble découvrir la question palestinienne et celle du Sahara occidental — qui estime que le soutien indéfectible de l’Algérie serait à l’origine de «la campagne contre l’Algérie» à Abdelmadjid Tebboune qui accuse le puissant groupe Bouygues qui n’aurait pas obtenu le marché de la construction de la Grande Mosquée.

Une véritable surenchère. Un concours de patriotisme. Cette manifestation générale d’hostilité relève-t-elle d’une sérieuse dégradation dans les relations bilatérales ou participe-t-elle d’une opération de diversion ?

De toute évidence, cette «mobilisation nationale» a installé une ambiance de crispation sans pour autant aller jusqu’à provoquer une réelle crise entre Alger et Paris, du moins pour l’instant.

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Mais il est difficile d’imaginer, à l’avenir, Manuel Valls s’offrir une nouvelle  balade à la Grande-Poste. «Cet épisode rappelle celui provoqué par la fameuse loi de 23 février 2005 pourtant sur les bienfaits de la colonisation qui avait suscité une vive polémique de part et d’autre vite estompée», compare un ancien ministre.

Dans le fond, dirigeants algériens et français sont convaincus de la nécessité de maintenir les relations politiques hors de portée des querelles de conjoncture.

La densité et la complexité des relations entre l’Algérie et la France ne peuvent s’encombrer de polémiques. «Pour la France, l’Algérie relève de la politique intérieure et l’inverse est vrai aussi», assure-t-on de part et d’autre.

S’il est vrai que les relations entre les deux rives de la Méditerranée n’ont jamais atteint les dimensions stratégiques souhaitées, la réalité de la coopération — qui couvre pratiquement tous les domaines, y compris militaire —, la nature du dialogue politique et la confiance réinstaurée depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir ont permis un rapprochement sans précédent dans les relations entre les deux pays.

La visite d’Etat du président français en décembre 2012, ponctuée par la Déclaration d’amitié et de coopération, devait être le point de départ d’une nouvelle ère.

Émotion algérienne, pragmatisme français

Avec comme point d’orgue la mise en place du Comité intergouvernemental de haut niveau qui se réunit annuellement. Il est supposé impulser la dynamique des relations, diversifier les zones de rapprochement et surtout hisser à un niveau supérieur les liens d’amitié. Mais force est de constater que l’ambition des sommets algéro-français s’est limitée à la réalisation de projets économiques.

«De tout temps, nous avons eu une politique de court terme par rapport à l’Algérie», juge un diplomate français. De Paris, la relation avec l’Algérie est vue souvent sous l’angle des affaires.

A Alger, l’émotion mémorielle prend régulièrement le pas sur une vision stratégique, de surcroît inexistante. «Notre rapport à la France n’est pas clairement défini, pendant que le gouvernement français sait bien ce qu’il veut obtenir de l’Algérie, le nôtre pèche par un manque d’agenda clair vis-à-vis du partenaire français», estime un ancien haut fonctionnaire des Affaires étrangères.

Il est certain que le tweet du Premier ministre français publiant une photo parmi la vingtaine de clichés pris par le photographe de l’AFP a sérieusement agacé la Présidence. Mais le fait est-il suffisamment grave pour susciter une telle vague d’indignation et l’invocation du sacro-saint principe d’atteinte à la souveraineté ?

Au demeurant, si l’on juge réellement le geste de Manuel Valls comme participant d’une volonté de nuire, pourquoi ne pas faire passer la protestation officielle et vigoureuse par les canaux  réservés à cet effet ? Sonner la «mobilisation nationale» ne vise-t-elle pas simplement à jouer encore la partition de l’agression extérieure pour détourner une opinion qui, jusque-là, s’était particulièrement intéressée à l’état de santé réel du Président ? Ce faisant, toute interrogation légitime sur le sujet serait suspectée de connivence. Ahmed Ouyahia l’a ouvertement déclaré.

Ces coups de sang servent également à couvrir l’autre actualité, encombrante pour le pouvoir. L’on ne se demande plus, en effet, si des comptes ont été réclamés au ministre de l’Industrie Abdessalem Bouchouareb concernant l’affaire Panama Papers ? Encore moins ce qui se cache réellement derrière la passion subite de Chakib Khelil pour les vertus spirituelles des zaouïas. Quoi de mieux pour ressouder les rangs des familles au pouvoir, gagnées par le doute, que l’invention d’un ennemi extérieur ?

De toute évidence, les nombreuses interventions publiques des défenseurs du «Président agressé» ont donné lieu plus à une cacophonie nationale qu’à un message ferme à l’adresse de Paris. «Les Français nous connaissent bien et savent que tout ce vacarme est destiné à la consommation interne», commente un opposant, qui refuse d’être entraîné dans ce qui s’apparente à une opération de diversion savamment orchestrée.*Hacen Ouali/ El Watan/ samedi 23 avril 2016

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*Ségolène Royal à Alger

La ministre française de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Mme Ségolène Royal, sera demain vendredi à Alger pour une visite de deux jours, à l’invitation de Abdelwahab Nouri, ministre des Ressources en eau et de l’Environnement.

«Ce déplacement a pour objectif de resserrer encore les liens entre les deux pays et participe d’une démarche d’approfondissement des relations bilatérales», lit-on dans un communiqué de presse rendu public, hier, par l’ambassade de France à Alger. La visite de Ségolène Royal en Algérie s’inscrit, ajoute-t-on, «dans la continuité de la visite de travail du président Hollande au mois de juin dernier et des nombreuses rencontres ministérielles, en France comme en Algérie, et dans la perspective de la prochaine réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau, qui doit avoir lieu à Alger en début d’année prochaine».

Ce déplacement, le premier du genre pour la ministre française, «marque en outre la volonté de la France et de l’Algérie d’approfondir leur concertation en matière d’environnement à l’approche de la Conférence de Paris sur le climat (ou COP 21), événement majeur que Paris organisera dans quelques semaines», souligne-t-on dans le même communiqué. La visite de Mme Royal permettra aussi aux deux pays de repenser les partenariats productifs franco-algériens à l’aune des nouvelles exigences environnementales. Durant son séjour, Mme Royal sera reçue par de nombreuses personnalités algériennes. Elle rencontrera des ONG actives dans le domaine du développement durable et visitera une usine de traitement des eaux. *El watan–jeudi  01.10.2015 |

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*Bernard Emie, nouvel ambassadeur de France en Algérie

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Le nouvel ambassadeur de France en Algérie, Bernard Emie a pris ces fonctions, mercredi 10 septembre 2014, succédant ainsi à André Parant muté dans le même poste en Egypte.

Le diplomate français a été, à ce propos, reçu par le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra pour lui remettre les copies figurées des lettres de créances l’accréditant en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française, auprès de la République algérienne démocratique et populaire.

Le nouveau patron de l’ambassade de France à Alger, était en poste d’ambassadeur entre avril 2011 et 2014 au Royaume-Uni. Auparavant ce diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris a assumé  plusieurs postes d’ambassadeur en Jordanie (1998-2002) , au Liban(2004-2007) et en Turquie (2007-2011).

Bernard Emie aura plusieurs dossiers notamment l’affaire des moines de Tibhirine et la visite du juge Trévidic à Alger annoncée pour les 12 et 13 octobre prochain, la coopération économique et le dossier sécuritaire de la Libye et du Sahel.*Par Lila Ghali | 10/09/2014 | 19:53/algerie1.com

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*Samia Ghali. Sénatrice-maire et candidate socialiste à la mairie de Marseille

 vice-présidente du groupe d’amitié France/Algérie du Sénat

        en visite en Algérie du 6 au 11 mai 2013

*La cité phocéenne doit devenir «une plaque tournante de l’économie algérienne et française»

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Samia Ghali, née le 10 juin 1968 à Marseille, de parents algériens originaires  des Aurès, est sénatrice des Bouches-du-Rhône depuis septembre 2008, maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille depuis mars 2008. Le 21 janvier 2013, elle se déclare candidate à la mairie de Marseille en vue des élections municipales de 2014. Samia Ghali est vice-présidente du groupe d’amitié France/Algérie du Sénat qui se rendra en visite en Algérie du 6 au 11 mai prochain.

- Le voyage du président Hollande en Algérie en janvier dernier a-t-il tenu ses promesses ?

**On ne va pas reconstruire en quelques mois ce qui a été détruit depuis des années entre la France et l’Algérie. Il faudra du temps et surtout de la volonté politique des deux côtés pour y arriver. La France est liée à l’Algérie, qu’elle le veuille ou non, et réciproquement, par l’histoire et la proximité géographique. Marseille en est la preuve vivante, Marseille, c’est la sœur jumelle d’Alger ou de Annaba. Il est donc important qu’entre ces villes qui se ressemblent tellement il y ait une vraie passerelle. Marseille doit devenir la capitale méditerranéenne, une plaque tournante de l’économie algérienne et française à la fois, mais aussi pour le monde entier. La communauté algérienne à Marseille est plus qu’importante, elle est omniprésente, a toute une histoire, est ancrée et intégrée et entre cette communauté marseillaise et celle de l’autre côté de la Méditerranée, les liens sont extrêmement forts. Je parle pour moi, par exemple, j’ai mes parents à Marseille, mais j’ai mes tantes qui sont nées en France, mais qui ont décidé, dans les années 1980, à l’âge de vingt ans d’aller vivre en Algérie. Si demain j’étais maire de Marseille, je créerais une Chambre de commerce franco-algérienne qui permettrait des échanges bilatéraux, mais aussi avec le reste de l’Afrique. C’est incontestable. C’est ce qui va sauver Marseille. Elle a besoin de l’Algérie pour se développer. Cette dernière est amenée à se développer et elle a de l’argent, dans un pays de souffrance économique comme la France, un pays comme l’Algérie peut apporter un souffle à Marseille.

- Vous allez vous rendre prochainement en Algérie avec le groupe d’amitié du Sénat avec quelles perspectives ?

**D’abord pour rencontrer nos homologues  algériens, c’est essentiel que je le fasse, je n’attends pas que cela pour aller en Algérie, vous imaginez bien, mais il est important qu’en tant que sénatrice d’origine algérienne, je fasse aussi cet acte-là, bien que je n’aie jamais coupé le cordon et l’échange entre l’Algérie et Marseille. Ce voyage est là aussi pour voir si les propositions du président Hollande à l’Algérie avancent. Pour moi la question du visa est un vrai problème, ce n’est pas normal que pour les Algériens ce soit un parcours du combattant  pour pouvoir venir visiter leur famille en France.

- Si vous étiez élue maire de Marseille, ville carrefour, quelles seraient vos premières mesures ?

**Si demain j’étais maire de Marseille, je demanderais dans un premier temps à rencontrer le président de la République et le Premier ministre pour qu’ils m’accordent de l’aide pour Marseille. On ne peut pas donner 30 milliards d’euros à Paris et zéro euro à Marseille. Marseille a vingt ans de retard et il faut qu’elle les rattrape. Ensuite, après ce voyage à Alger avec le groupe d’amitié du Sénat, je ferai un autre voyage pour rencontrer les autorités algériennes. Je n’irai pas avec mon catalogue de La Redoute pour dire «on fait ceci ou cela», ce serait ne pas connaître l’Algérie. Je veux simplement leur dire qu’on a besoin de l’Algérie et l’Algérie a besoin de nous et qu’ensemble nous sommes une force. Il ne faut pas que les responsables algériens oublient qu’il y a des binationaux en France et à Marseille, et qu’ils ont besoin aussi du pays d’origine pour être aidés, du moment qu’ils sont citoyens algériens autant qu’ils sont citoyens français.

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- Et pourtant l’extrême droite et une grande partie de la droite française somment les binationaux de choisir ?

**Il y a les Accords d’Evian et je ne vois pas pourquoi on ne peut pas être Français et fiers de l’être et je pense qu’ils le sont, et avoir des origines qu’on n’a pas envie de renier. Moi, je ne renie pas ce que je suis et pourtant je suis Française jusqu’au bout des ongles. Lorsque Manuel Valls va soutenir l’équipe de football de Barcelone, personne ne dit rien, si demain un député d’origine algérienne va soutenir une équipe algérienne face à une équipe française, je ne suis pas sûre qu’on ne ferait pas la Une des journaux.

- Quelles sont les difficultés auxquelles vous vous heurtez en tant que maire de deux arrondissements difficiles ?

**Je me rends compte d’abord de l’inertie de la société et de la lourdeur de la bureaucratie qui font que l’on n’arrive pas à faire avancer des projets qui sont parfois simples.  Le mal-logement est une réalité, 37 000 demandes en attente à Marseille, c’est énorme ! La question de l’emploi des jeunes est aujourd’hui enterrée. Marseille a pris trop de retard en matière de transport. Le décrochage scolaire m’inquiète beaucoup. La crise économique, à Marseille, nous la connaissons depuis des années. Une personne sur quatre vit au-dessous du seuil de pauvreté, on a ghettoïsé certains quartiers, le chômage atteint, à certains endroits, des chiffres insupportables. Dans les villes qui se sont développées, la violence est moins présente. A Marseille l’insécurité est une réalité.

- On a assisté récemment à la montée en première ligne de mamans contre l’insécurité dont sont victimes leurs enfants ?

**Un enfant se fait à deux. Et le fait que ce soit seulement la mère qui soit amenée à réagir ou qu’on la désigne quand cela ne va pas et qu’on occulte le père, c’est un vrai problème de société. Beaucoup de mères n’ont pas fait le choix de se retrouver  seules à élever leurs enfants. Elles subissent souvent cette situation. Beaucoup de pères vont en Algérie pour plusieurs mois et ne s’intéressent pas à l’éducation de leurs enfants. Quand j’ai fait mon appel à l’armée, pendant des mois j’entendais dire «Ah ce n’est pas grave, tant qu’ils se tuent entre eux». Entre eux c’est qui. Ce sont les Arabes, les Noirs. Une vie d’Arabe, de Noir ça ne compte pas ? Ce ne sont pas des règlements de compte, ce sont des  meurtres. Il y a une justice, elle doit fonctionner. Si des jeunes dans les cités sont armés, ces armes de guerre c’est la porte ouverte à tout. Ceux qui sont aujourd’hui dans les cités sont dans la précarité totale, la génération de mes parents a quitté les cités, s’est noyée dans la masse. 

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- C’est ce qu’on appelle l’ascenseur social ?

**Dès qu’on réussit, c’est suspect. Je suis venue des bidonvilles, mais mon travail m’a permis de réussir. Les Algériens, pendant des années, ont eu peur de devenir  propriétaires. La souffrance d’aujourd’hui c’est peut-être celle-là. Pendant des années, en pensant qu’ils allaient être propriétaires en Algérie, ils n’avaient pas besoin d’être propriétaires en France,  ils ont laissé passer une étape de leur vie et peut-être qu’on le paie cher.

- Vous êtes candidate à la mairie de Marseille. Des primaires pour désigner le candidat socialiste auront lieu en octobre prochain. Vous avez bon espoir d’être choisie ?

**Ma candidature résulte d’un combat que je mène depuis 25 ans, je me suis construite au fil du temps avec mon travail,  je suis sénatrice-maire, j’ai été élue au premier tour dans mon secteur, les 15e et 16e arrondissements, les Marseillais me connaissent, apprécient ma manière d’être, mon franc- parler, du moins c’est ce qu’ils me disent.
Je ne renierai jamais ce que j’étais et ce que je suis, au contraire, c’est ce qui m’anime et qui construit ma vie du futur. *Nadjia Bouzeghrane-El Watan-30.04.2013.

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Jean-Pierre Chevènement :

 «Nous avons des intérêts et des objectifs communs avec l’Algérie»

En tournée dans la région dans le cadre d’une mission d’information sur le Sahel, le groupe de travail du Sénat français – composé de MM. Chevènement, Larcher, Berthou et Gournac – était à Alger ; les émissaires français se sont entretenus avec les responsables algériens. Dans cet entretien, J.-P. Chevènement considère qu’il est de l’intérêt de l’Algérie que toute la région soit stabilisée.

- Vous êtes en Algérie dans le cadre du groupe de travail sur le Sahel du Sénat français. Quel est l’objet de votre visite ?

C’est une mission d’information et d’enquête du Sénat coprésidée par Gérard Larcher et moi-même sur le Sahel, au sujet des problèmes de sécurité et du développement, qui sont liés. Nous avons centré notre réflexion sur le Mali. Maintenant, nous essayons de l’élargir. C’est l’objet de la visite que nous effectuons à Alger avec les sénateurs. Nous avons été reçus par le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères.

- Lors de vos entretiens avec vos interlocuteurs algériens, avez-vous constaté une convergence de vues à propos de l’analyse de la crise du Sahel ?

Je pense que nous avons des intérêts et des objectifs communs. Je pense que la France n’a pas l’intention de maintenir des forces au Mali. Nous allons réduire notre présence à environ 1000 militaires en appui de la force de l’ONU qui va progressivement s’installer à partir du mois du juillet. Une force de maintien de la paix composée de 12 600 Casques bleus. Naturellement, c’est aux Africains eux-mêmes de garantir la sécurité dans ces régions. Le pays le plus important est l’Algérie ; de loin, elle est le pays le plus puissant avec une armée plus forte de 300 000 hommes. Il y a d’autres zones qui posent problème, la Libye, le Niger et, plus largement, tous les pays de la zone qui est quand même très vaste.  Nous œuvrons avec le souci d’associer autant qu’il est possible.

- Selon vous, l’Algérie joue-t-elle le rôle qu’on attendait d’elle ?

L’Algérie a ses propres intérêts qui recouvrent largement ce que nous poursuivons. Nous cherchons à stabiliser cette région. C’est un intérêt commun. Les frontières sont ce qu’elles sont, l’Union africaine les reconnaît, comme l’ONU. Il faut faire prévaloir, notamment au Mali, des autorités légitimes. Des élections doivent avoir lieu à la fin du mois de juillet pour désigner un nouveau Président. Et nous souhaitions qu’elles aient lieu dans tout le Mali, au Nord comme au Sud. Il faut faire converger nos efforts pour que le processus de réconciliation aille à son terme. C’est vraiment l’intérêt du Mali et de tous les pays riverains, et celui de la France aussi.

- L’intervention française a effectivement empêché la prise de Bamako par les groupes terroristes. Ces derniers n’ont opposé aucune résistance remarquable quand l’armée est intervenue au Nord-Mali, mais l’action terroriste déplace le terrain de son action, comme le montre le double attentat au Niger. Pensez-vous que la France cerne toute la problématique du Sahel ?

Il n’y a pas de solution seulement militaire, comme l’a dit le président Larcher. Il faut des solutions politiques, mais dans l’immédiat nul ne peut accepter qu’un sanctuaire terroriste s’installe. Et c’est ce qui a failli se passer. Ils s’en est  fallu de très peu pour que ce danger se concrétise pour l’ensemble du Mali, donc l’intervention française a été une intervention en urgence, à l’appel des autorités légitimes du Mali, mais nous n’avons pas l’intention de la prolonger indéfiniment. Quand vous dites que les groupes terroristes n’ont pas opposé de résistance, mais si. Dans l’Adrar des Ifoghas, ils étaient constitués en forteresse avec des armes, de la logistique, des caches, des matériels, des engins explosifs improvisés. Il a fallu des combats très durs pour les déloger. Et effectivement, une partie d’entre eux ont pu se disperser dans des pays comme le Niger, la Libye. L’Algérie elle-même a fermé ses frontières.

- Comment ces pays de la bande du Sahel (Mali, Niger, Tchad, Mauritanie) des années après l’indépendance, des Etats forts, n’arrivent toujours pas à se construire ?

Ma première réponse, c’est qu’il y a un problème de démographie qui n’est pas maîtrisé. Un pays comme le Mali, avec 15 millions d’habitants, atteindra les 50 millions en 2050. Il en va de même pour le Niger. Or, ces pays sont pauvres. Ces Etats se sont révélés plus fragilisés. Mais il n’y a pas d’autre perspective que de les aider à se reconstituer à se développer, à constituer des forces armées puissantes, faire l’effort de dominer leurs problèmes. Derrière, il y a toute une aide internationale. Trois milliards d’euros ont été promis par la conférence qui s’est tenue à Bruxelles le 15 mai dernier. Le Japon, 750 millions de dollars pour la bande sahélienne. Toute cette aide doit être concentrée sur le développement durable, centré sur les infrastructures, l’agriculture, l’éducation.

- Des voix s’élèvent et pointent du doigt le rôle trouble du Qatar dans la région. Cet Etat est accusé d’avoir financé les groupes islamistes radicaux. Qu’en dites-vous ?

Nous évoquons, dans notre rapport, le financement de mosquées, de madrasas (écoles) et d’ONG. Il n’y a pas que le Qatar, nous abordons aussi l’Arabie Saoudite tout en essayant d’être le plus objectif qui soit. Il faut une vision large. Responsabiliser les gouvernements.

- Il semblerait que l’instabilité en Libye est partie pour s’installer dans la durée. Qu’en pensez-vous ? 

Au point où nous en sommes, c’est aider le gouvernement libyen à reconstituer une armée, une police, constituer un Etat, une administration, à faire en sorte qu’il puisse contrôler son territoire qui est immense avec une très longue frontière commune avec l’Algérie. Donc l’Algérie peut déjà contrôler sa frontière et c’est important.

Le Premier ministre nous a rappelé que constitutionnellement, l’armée algérienne n’intervient pas en dehors de ses frontières, mais l’Algérie peut aider à la constitution, à la formation des forces armées, de la police, dans les pays voisins. L’intérêt de l’Algérie est de faire en sorte que les pays riverains soient des Etats dignes de ce nom. C’est-à-dire qu’on les aide à marcher sur leurs jambes.

- Ne pensez-vous pas qu’en intervenant avec le largage des armes, l’OTAN n’avait pas mesuré toutes les conséquences qui pouvaient en découler ?

Les appréciations peuvent diverger. Disons que Gueddafi n’était pas un homme très commode. Il faut bien le reconnaître, cela n’aidait pas. On peut toujours refaire l’histoire. Les choses sont ainsi qu’il vaut mieux repartir de la situation actuelle et voir comment on peut les améliorer. J’avais fait quelques réserves sur ce qui a été entrepris à l’époque par Sarkozy. Je suis conscient de l’immense difficulté de traiter ces problèmes. Je dirais que l’interdiction de toute fonction des gens qui ont servi à l’époque de Gueddafi me paraît excessive. On aurait pu limiter cette interdiction au cercle étroit qui avait coopéré à ce gouvernement.

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** la France a plus besoin de l’Algérie contrairement à ce qu’on pourrait penser selon «Le Nouvel Observateur»

Au terme de la visite quasi présidentielle du Premier ministre Abdelmalek Sellal en France, l’hebdomadaire, «Le Nouvel Observateur», a scanné les relations franco-algériennes à la lumière du contexte actuel. Dans un long article intitulé « Pourquoi la France a besoin de l’Algérie», «l’Obs», souligne que la France a plus besoin de l’Algérie contrairement à ce qu’on pourrait penser.

Le journal appuie que l’Algérie est un «important marché» duquel elle a été détrônée au profit de la Chine comme premier fournisseur. Et Paris «aimerait retrouver sa place en Algérie qui a un «potentiel économique énorme».

En chiffres, le magazine écrit qu’entre 2010 et 2013, 230 milliards de dollars ont été dépensés pour construire des logements, des routes, des voies ferrées, des hôpitaux…

Et de sérier les entreprises françaises qui opèrent en Algérie notamment Bouygues, Accor, Lafarge, Renault, Sanofi, Alstom et qui souhaitent y prendre une part de ce «gâteau». Aussi la France pousse-t-elle l’Algérie à développer le gaz de schiste en lui marchandant son savoir-faire dans le travail de prospection, «faisant ainsi baisser par la même occasion le prix du pétrole et du gaz, plus rentable pour la France», souligne, Naoufel Brahimi El Mili professeur à Sciences-po Paris.

Un important marché

Parallèlement aux profits économiques, le Nouvel Obs souligne également que la France à grandement besoin de l’Algérie pour, lit-on, «s’en servir comme relais logistique militaire» dans la région du Sahel.

«C’est la menace djihadiste dans le Sahel qui est à l’origine d’un changement de donne dans les relations franco-algériennes : la vigueur de la coopération militaire est, depuis plus d’un an, inédite», écrit encore le magazine.

Cet appui logistique constitue d’après le journal le «ciment» de ce «réchauffement diplomatique» et de l’intensification de la coopération militaire entre les deux pays.

Et au Nouvel Obs de glisser que l’Algérie est une «puissance militaire largement reconnue et louée, forte d’une armée de 300 000 soldats, qui connaît le terrorisme pour l’avoir douloureusement vécu sur son sol dans les années 1990».

Un soutien majeur au Sahel

C’est pourquoi, l’Algérie est devenue, écrit-il, «un maillon incontournable» dans le processus d’éradication des groupes djihadistes de la région, qui est l’objectif militaire de l’opération française «Barkhane».

Là aussi, le magazine précise que «c’est plutôt la France qui a besoin, de plus en plus, de l’Algérie et non le contraire».

Par ailleurs et toujours dans la région du Sahel, le Nouvel Obs qui s’appuie sur les avis des experts algériens et français, soutient que la France «attend beaucoup de l’Algérie» dans le dialogue entre les Touaregs du Nord-Mali et le pouvoir de Bamako.

Mais si la France gagne sur tous les tableaux de cette lune de miel, que gagne l’Algérie en retour ? «Pas grand-chose» estime le magazine.

Naoufel Brahimi El Mili, pense que l’Algérie n’aura besoin de la France que lorsqu’elle commencera à devenir «moins riche». Pour autant, ajoute-il, l’Algérie est également «en demande en raison de l’urgence de diversifier son économie, encore beaucoup trop dépendante des ses matières premières».*Par Rafik Benasseur | 07/12/2014 / algerie1.com

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***Jean-Louis Bianco, ancien ministre et ancien secrétaire général de l’Élysée, a été nommé « représentant spécial du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius pour les relations avec l’Algérie », a annoncé le ministère français des affaires étrangères, dans un communiqué.

« M. Bianco accompagnera M. Fabius pour son déplacement en Algérie lundi », selon le même communiqué. M. Fabius et le ministre de l’Économie Emmanuel Macron, ainsi que le PDG de Renault Carlos Ghosn, doivent se rendre demain lundi en Algérie pour inaugurer l’usine Renault de Oued Tlélat près d’Oran.

Âgé de 71 ans, M. Bianco, socialiste, secrétaire général de l’Élysée de 1982 à 1991 sous François Mitterrand, succède à l’ancien Premier ministre de droite Jean-Pierre Raffarin « qui a souhaité se consacrer entièrement à ses nouvelles fonctions de président de la Commission du Sénat chargé des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées », selon le communiqué du Quai d’Orsay.*Par Kaci Haider | 09/11/2014 |algerie1.com

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Maïté Debeuret, spécialiste de l’entrepreneuriat féminin à L’Econews :

«Il est difficile pour l’entrepreneur algérien de créer son entreprise en France»

Les Algériens résidants en France et ayant des projets trouvent beaucoup de difficultés à créer leur propre entreprises dans ce pays. Ils font face à des lourdeurs administratives. «Ce n’est pas facile déjà de créer son entreprise en France. Donc il faut que l’Algérie accorde plus de facilité à ces entrepreneurs qui veulent investir dans leur pays». C’est ce qu’a estimé Mme. Maïté Debeuret, codirigeante au groupe Force Spécialiste de l’entrepreneuriat féminin en France, qui a accordé une interview exclusive à l’Econews lors de la caravane des entrepreneurs que son groupe a organisé à la place de Bellecour au centre de Lyon.

L’Econews : Qu’est-ce que la caravane des entrepreneurs et quel son objectif ?

**Maïté Debeuret : La caravane des entrepreneurs est un pôle d’expertise itinérant qui se déplace comme une caravane dans le désert. Mais là, Nous parcourons la France de ville en ville. Nous nous levons le matin. Nous montons nos chapiteaux pour recevoir les gens et le soir, nous repartons comme un cirque. L’objectif est d’accompagner les créateurs d’entreprises, ceux qui veulent reprendre ou vendre leurs entreprises. Donc nous les aidons à avancer dans leurs projets. L’idée est de pérenniser les projets d’entreprises et faire en sorte que les gens avancent et qu’ils ne se plantent pas. 

Y a-t-il un suivi après le passage de la caravane?

**Oui. Nous l’organisons avec des acteurs locaux de chaque ville qui vont continuer à les suivre.

Et comment vous arrivez à faire passer votre message?

**Nous nous appuyons sur des outils de formation à l’entreprenariat, à savoir le portail de l’entrepreneuriat féminin «www.entrepreneure.fr» et d’autres portails comme «www.tvdesentrepreneurs.com». Ce sont des portails qui permettent de se former à partir de vidéos sur internet pour acquérir toutes les qualités que doit avoir un entrepreneur sur le plan commercial, humain et financier. Cela de façon à ce qu’il réussisse  le projet.

Quelles sont les catégories visées par cette caravane?

**Elle concerne beaucoup de catégories. Nous nous occupons des demandeurs d’emploi, d’entrepreneurs qui ont des boucles salariés. Nous ne nous limitons pas la cible, puis que l’on s’installe dans une place publique. Il faut être en capacité d’aider toutes les gens qui viennent. C’est vrai que l’on cible beaucoup plus les entreprises car nous ne sommes pas un pôle d’emploi. Aujourd’hui en France, il y a beaucoup de gens qui se sont inscrits à Pôle emploi et qui ont du mal à trouver un trvail. La création d’entreprise peut être un moyen d’avoir une activité qui fait vivre ces gens à condition qu’ils soient bien accompagnés et qu’ils se forment.

Vous n’avez pas l’intention de faire ce genre de caravane dans d’autres pays comme l’Algérie?

**Nous avons déjà de quoi nous occuper en France. Par contre, nous étions déjà en contact avec le ministère de l’Industrie et de la PME en Algérie qui voulait organiser une caravane des entrepreneurs. Effectivement la caravane des entrepreneurs peut se faire en Algérie, à condition que cela ne soit pas en plein été mais plutôt en février ou en mois de septembre. Nous ne pouvons pas le faire nous-mêmes parce qu’il faut connaitre les acteurs locaux. Mais c’est quelque chose qui peut être dupliquée effectivement dans des pays étrangers. Nous sommes d’accord pour faire du transfert de compétences, expliquer comment on fait et également et apporter des outils. Par contre après, il faut qu’il y ait un acteur majeur qui prenne le projet en charge et qui s’en occupe.

Parmi les gens que vous recevez et que vous formez dans votre caravane, y a-t-il ceux qui sont intéressés par l’investissement en Algérie?

**Je n’ai pas eu de demande pour le moment. Les entreprises françaises se préoccupent plus par l’exportation de leurs produits. Il y a toujours eu des contacts entre la France et l’Algérie pour que les choses se mettent en place. La sécurité doit être assurée pour les entreprises françaises qui veulent s’installer et investir en Algérie. Ce sont des partenariats qui peuvent être intéressants pour les deux parties.

Vous connaissez un peu le marché algérien?

**J’ai eu l’occasion d’aller en Algérie, mais cela fait longtemps. Cela remonte à 1976. Je pense que mes connaissances sur ce marché sont un peu obsolètes.

Vous m’avez dit que vous étiez née en Algérie.

**Oui. Je suis née à Blida.

Et vous êtes revenu là-bas?

**Oui je suis revenu plusieurs fois. C’est mon pays natal. Cela fait quand même longtemps que je n’y suis pas retourné. Et là, j’aimerai y repartir. L’Algérie est un pays magnifique qui a un potentiel important. Il y a beaucoup de jeunes. Alors cette idée de caravane peut  justement les aider jeunes à rêver de devenir entrepreneurs. Au niveau politique, il faudrait bien que cela suive.  C’est peut être plus facile d’entreprendre en Algérie. Parce que je vois souvent des entrepreneurs algériens qui viennent me voir dans la caravane et qui disent que ce n’est pas aussi facile que ça et qu’ils font face à des lourdeurs notamment administratives. Ce n’est pas facile déjà de créer son entreprise en France. Donc il faut que l’Algérie  facilite un peu les choses  pour ces entrepreneurs algériens.

Comment trouvez-vous les projets de ces entrepreneurs algériens?

**Il y a beaucoup de jeunes algériens issus de la diversité qui ont des projets mais ce sont des projets qui n’entrent pas dans le moule de l’accompagnement que nous proposons. Je rencontre pas mal d’entre eux qui sont capables de développer des entreprises. Le problème qu’il y a, c’est qu’il faut s’adapter aux idées de ces jeunes. Ils n’ont pas la même façon de comprendre les choses. Ils essayent de s’adapter à l’accompagnement que nous proposons, alors que c’est l’accompagnement qui doit s’adapter à eux. Il y a beaucoup de choses à faire dans ce sens. Il y a des jeunes qui ont vraiment des projets sauf qu’il faut trouver les bons modes de formation et d’accompagnement pour eux. C’est ce qu’on essaie de faire avec la caravane.

Vous voulez ajouter un petit mot?

**Quant on voit tous ces jeunes qui n’ont pas d’emploi, il faut les faire rêver un peu. Je pense que l’entreprenariat peut être une chose qui peut les sortir un peu de leur marasme. Que ce soit en Algérie ou ici en France, c’est pareil. Pour cela, il faut une vraie volonté politique. Il faut leurs proposer des choses simples et faire comme on dit, le «One to One», et ne pas proposer des choses qui ne leur conviennent pas.* Econews -02.06.2013-Propos recueillis à Lyon par Lahcene Brahmi

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*Hollande en Algérie les 19 et 20 décembre 2012

 Les détails sur une visite particulière

François Hollande qui effectuera une visite d’Etat en Algérie les 19 et 20 décembre 2012, sera l’hôte de la ville de Tlemcen « capitale des arts islamiques » dont il visitera notamment l’université.

C’est l’information que l’on peut lire dans l’article publié par le journal le Monde consacré à cet événement sous la plume de la journaliste Isabelle Mandraud.

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Les temps forts de la visite du chef de l’Etat français seront avec son déplacement à Tlemcen, l’accueil bien entendu qui lui fera son homologue algérien, mais également l’arrêt qu’il effectuera au cimetière de Bologhine qui abrite des sépultures juives et chrétiennes, ainsi que le discours qu’il prononcera devant la chambre des députés et le Sénat algérien, réunis. La journaliste du Monde croit savoir que la visite devra se conclure par une déclaration solennelle des deux pays.

Sur l’état d’esprit avec lequel Hollande fera sa visite en Algérie, Isabelle Mandraud a affirmé qu’aux dires de collaborateurs élyséens, il veut «faire du politique» et ainsi se démarquer de son prédécesseur venu «faire du business » accompagné de 150 chefs d’entreprises. Hollande sera lui aussi accompagné par une «imposante » délégation, mais il proposera «un partenariat d’égal à égal» avec l’Algérie pour, selon la journaliste du Monde, «sortir les deux pays d’une relation embourbée et alambiquée».

Ambition qui, toujours selon la journaliste du Monde, n’est pas pour déplaire à Bouteflika qui, écrit-elle, «aimerait bien achever son troisième mandat par une image de concorde et de bonne volonté». D’après Isabelle Mandraud, François Hollande n’arrivera pas à Alger «les mains vides». Elle précise que des contrats commerciaux ou sectoriels notamment dans l’agroalimentaire et l’agriculture sont prévus.

De même que l’accord pour une usine de montage de véhicules Renault près d’Oran qui sera ainsi « enfin bouclé après plus de deux années de laborieuses négociations ». Le volet « politique » prédominera néanmoins dans les discussions qu’auront les deux présidents durant cette visite – dont dépendra le réchauffement désiré des relations algéro-françaises.

Isabelle Mandraud pense que François Hollande dispose « d’un précieux atout » qui jouera en sa faveur en Algérie : le vote positif de la France pour l’obtention du statut d’observateur à l’ONU de l’Etat palestinien, auquel s’ajoute celui de sa reconnaissance officielle de la sanglante répression des manifestants algériens qui réclamaient le droit à l’indépendance tués à Paris le 17 octobre 1961.

Il n’empêche que François Hollande sait qu’il est attendu avant tout sur les mots qu’il prononcera pour « panser les plaies du passé », a affirmé la journaliste qui pense qu’il le fera à l’occasion de l’hommage qu’il rendra au militant anticolonialiste français mort sous la torture, Maurice Audin, sur la place qui porte désormais son nom. Même si les dossiers délicats ne seront pas tous réglés et resteront en souffrance, François Hollande escompte asseoir un « vrai partenariat politique » entre l’Algérie et la France.

Une perspective qui, selon la journaliste du Monde, se trouve renforcée par la situation au nord du Mali, dominé par des groupes djihadistes et visé par une possible intervention miliaire internationale. En tout cas, la visite du président français a fait l’objet d’une préparation minutieuse à tous points de vue.

La journaliste du Monde l’a souligné en rappelant la succession de visites de ministres français ayant fait le déplacement à Alger pour y préparer le terrain.* 05 Décembre 2012- Le Quotidien d’Oran

**Manuel Valls à alger

Le ministre français de l'Intérieur

Le Sahel et l’immigration seront au centre de la visite que Manuel Valls, ministre français de l’Intérieur, effectuera aujourd’hui et demain à Alger(13 et 14 octobre 2012). Le cas des travailleurs sans papiers algériens qui ne peuvent pas être régularisés au regard du droit commun français sera, entre autres, évoqué.

C’est une visite chargée que s’apprête à effectuer à Alger, aujourd’hui et demain, le ministre français de l’Intérieur et des Cultes, Manuel Valls. A l’examen du programme de cette visite officielle – destinée principalement à préparer celle que devra effectuer le président Hollande avant la fin de l’année – les dossiers d’intérêt commun que Manuel Valls abordera avec ses interlocuteurs algériens sont nombreux.

Des sujets récurrents mais aussi dictés par l’actualité. Ces dossiers couvriront tant la relation algéro-française dans ses multiples dimensions depuis le volet diplomatique afférent à la situation régionale subsaharienne, qu’à la sécurité dans cette région, de l’immigration et de la circulation entre les deux pays, qu’au culte musulman en France. Autant de sujets qui seront abordés avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Daho Ould Kablia, et le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Bouabdallah Ghlamallah.

Un des dossiers bilatéraux sensibles concerne la révision de l’accord bilatéral de 1968 sur la circulation et le séjour des Algériens en France qui semble bloquée. Les autorités algériennes, à travers l’immigration et la circulation des personnes, se montrent soucieuses de la dimension humaine de la relation bilatérale. Alger refuse que l’immigration algérienne en France – première communauté étrangère – soit alignée sur le droit commun (comme le voulait la précédente majorité de Nicolas Sarkozy) auquel sont assujettis les ressortissants des autres pays, hors Union européenne, et entend préserver l’accord bilatéral de 1968 qui traduit le cas spécifique, de par l’histoire et la densité de la relation humaine, de l’immigration algérienne en France en lui adjoignant les éléments positifs du droit commun dont sont exclus les Algériens. C’est le cas par exemple des travailleurs sans papiers, pour ne citer que ce problème, lesquels ne sont pas régularisables au regard du droit commun français, alors que l’accord de 1968 ne prévoit rien à ce sujet (lire article ci-dessous).

Les conditions de regroupement familial et des séjours de longue durée devraient être également améliorées. Le gouvernement socialiste ne s’est pas encore prononcé sur l’accord de 1968. La visite de M. Valls à Alger pourrait en être l’occasion, pour ce faire. Il y a également la question récurrente des visas et des conditions dans lesquelles ils sont délivrés aux postulants algériens qui mécontentent tant les autorités que les Algériens eux-mêmes alors que Paris fait état de progrès et d’augmentation du nombre de visas délivrés.
Manuel Valls parlera avec ses interlocuteurs algériens de sécurité et de lutte contre le crime organisé, le trafic de drogue et le terrorisme dans la région du Sahel et particulièrement dans le Nord-Mali. La France fait de la menace terroriste dans le Sahel l’un de ses grands sujets de préoccupation en politique étrangère. Récemment, une source diplomatique autorisée française affirmait que la solution à la crise au Sahel est africaine et que «rien ne pourra se faire sans ni contre l’Algérie».

Et de considérer qu’une «coopération très étroite avec Alger – qui a eu à faire face dans les années 1990 aux groupes terroristes dont AQMI est l’héritière – est indispensable». «Le fait qu’AQMI soit réfugiée au Nord-Mali peut donner le sentiment que les autorités algériennes soient distantes.» Mais celles-ci sont «pleinement conscientes du danger et de la menace que constitue AQMI pour la région». «Il faut qu’Alger soit un acteur important» dans la résolution de la crise malienne, a ajouté cette source. Les autorités françaises, qui défendent d’abord leurs propres intérêts, n’ont de cesse de faire pression sur leurs homologues algériennes pour les amener à soutenir une intervention militaire au Nord-Mali.

En effet, Paris considère que les groupes islamistes – AQMI, Ançar Eddine et Mujao (Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest) – menacent directement les intérêts français, en Afrique et dans l’Hexagone. Alger, qui connaît bien la région, refuse de se laisser entraîner dans une aventure militaire lourde de conséquences pour l’Algérie et pour toute la région, et continue à privilégier une solution politique au problème malien.* (El Watan-13.10..2012.)*Nadjia Bouzeghrane

****Intervenant après la valse de trois de ses collègues, en l’occurrence Laurent Fabius (Affaires étrangères), Yamina Benguigui (Francophonie) et Nicole Bricq (Commerce extérieur), la visite de Manuel Valls est en moins de trois mois, la quatrième d’un ministre français en Algérie.

La visite de M. Valls constitue l’amorce de la dernière ligne droite avant la visite début décembre prochain du président François Hollande.

Elle est, sans doute, la plus importante visite d’un ministre français en Algérie, depuis l’investiture, le 15 mai dernier, de François Hollande. Intervenant après la valse de trois de ses collègues, en l’occurrence Laurent Fabius (Affaires étrangères), Yamina Benguigui (Francophonie) et Nicole Bricq (Commerce extérieur), la visite de Manuel Valls est en moins de trois mois, la quatrième d’un ministre français en Algérie. Lors de son séjour, le ministre français s’attellera, avec ses interlocuteurs, à apporter les dernières retouches aux dossiers phare entre les deux pays. Il s’agit, notamment de trouver une formule appropriée pour signer un nouvel avenant à un accord bilatéral de décembre 1968 «relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles», la libre circulation des personnes, la situation des immigrés algériens qui continuent de subir les tensions xénophobes, les conditions de séjour des étudiants et surtout la coopération sécuritaire et économique. Deux jours durant, Valls s’entretiendra aussi avec le Premier ministre Abdelmalek Sellal, son homologue Dahou Ould Kablia, le chef de la diplomatie Mourad Medelci et le ministre des Affaires religieuses Bouabdallah Ghlamallah dont l’administration finance la Grande Mosquée de Paris et lui fournit des imams rémunérés par l’Etat algérien. La gestion de la Grande Mosquée de Paris a de tout temps été au centre d’une polémique. Recevant en décembre 2011 son homologue de droite Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur, Ould Kablia avait souhaité que la Grande Mosquée de Paris puisse continuer «à jouer son rôle historique de lieu de rayonnement religieux et également de rayonnement moral et culturel, et cela en faveur prioritairement des Algériens». Dans un autre chapitre, le dernier coup de filet dans les milieux islamistes en France, ne sera pas en reste dans les discussions entre Valls et Ould Kablia. Au plan régional, la visite de M.Valls intervient  au moment où les deux pays divergent sur la solution à la crise au Mali où les islamistes ont pris le contrôle dans le nord de ce pays du Sahel. Puissance militaire régionale, l’Algérie qui partage une longue frontière avec le Mali, prône une solution politique, alors que la France souhaite une intervention militaire, considérant que toute négociation avec les groupes armés ne serait que perte de temps. Côté coopération économique, qui jusque-là s’est confinée dans le dossier Renault,  la visite du ministre français de l’Intérieur coïncide avec la tenue à Paris d’une rencontre d’affaires sur les opportunités d’investissements en Algérie.
La rencontre, à laquelle ont pris part des capitaines de l’industrie algérienne dans divers domaines, penchée sur la problématique des retours d’expériences et les stratégies de développement, la coopération économique algéro-française, et les secteurs et filières en émergence. Initiée par le Réseau des Algériens diplômés des grandes écoles et universités françaises (Reage) et l’Association internationale de la diaspora algérienne (Aida), de plus, elle se proposait surtout de chercher les voies et moyens de convaincre la diaspora algérienne disséminée à travers le monde à s’impliquer dans le développement économique et social du pays.
Le président de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (Cciaf), Jean-Marie Pinel, qui évoquait le partenariat économique entre Alger et Paris, a estimé que «l’Algérie est une économie de demande, et non pas d’offre, dont la traduction par les chiffres est que 70 à 75% des produits consommés sont importés d’où de nombreuses opportunités à fabriquer sur place». Ce qui est sûr, c’est que la visite de M. Valls constitue l’amorce de la dernière ligne droite avant la visite début décembre prochain du président François Hollande. En attendant, un véritable branle-bas de combat est enregistré aussi bien à Alger qu’à Paris. En plus des visites croisées, à l’exemple de la visite de Valls et de celle que doit effectuer à partir d’aujourd’hui en France, le secrétaire d’Etat chargé de la Communauté algérienne à l’étranger Belkacem Sahli, l’ambassadeur de France à Alger, M.André Parant a été reçu par les ministres de la Communication et des Ressources en eau. La question des archives de la guerre de Libération et la coopération dans le domaine des ressources en eau ont été respectivement au centre des deux entrevues.*L’Expression-13.10.2012.

**Un nouveau dialogue entre la France et l’Algérie

La visite prévue en Algérie du président français François Hollande marquera « le point de départ d’un dialogue » entre les deux pays, a estimé vendredi à Alger la ministre française déléguée chargée de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui.

« La visite de M. Hollande n’est pas anodine. Elle sera le point de départ d’un dialogue entre l’Algérie et la France », a souligné Mme Benguigui lors d’une conférence de presse. « L’histoire (entre les deux pays) est douloureuse, mais nous devons réfléchir comment nous pouvons avancer ensemble et le rapprochement doit se faire des deux côtés », a t-elle estimé. La ministre française a relevé que « plusieurs dossiers de coopération sont bloqués » et « c’est pour cela, a-t-elle dit, qu’il est temps de se remettre à la table de dialogue ». « On ne mettra jamais de croix sur le passé colonial (de la France en Algérie) et d’ailleurs ce n’est pas la volonté de M. François Hollande, pour qui la visite en Algérie pèse lourd », a ajouté Mme Benguigui, qui a reconnu que « beaucoup de maladresses dans les mots ont été constatées dans le passé ». « Les discours sur les bienfaits de la colonisation (loi du 23 février 2005) ont été très violents et très vexatoires (à l’égard des Algériens), même au regard des Français, et ont même ralenti ce qui était en marche dans le cadre de la coopération entre les deux pays », a admis la ministre française. « Avec l’arrivée de M. Hollande (au pouvoir), nous avons définitivement changé de langage », a affirmé Mme Benguigui.

Par ailleurs, à une question sur la teneur de ses entretiens jeudi avec M. Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Mme Benguigui a indiqué que M. Messahel a fait part de la proposition de l’Algérie de « la tenue d’une réunion des 12 pays Amis du Sahel » en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Qualifiant cette proposition d’ »initiative favorable », elle a précisé qu’elle la transmettra au président François Hollande et au ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius.*El Watan avec APS-08.09.2012.

**La ministre française chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui en visite en Algérie

La ministre française chargée de la Francophonie, Yamina Benguigui, se rendra jeudi en Algérie pour, notamment, y préparer une visite du président François Hollande avant la fin de l’année, a-t-on appris hier auprès de son cabinet.

Lors de son séjour en Algérie, qui s’achèvera samedi, Mme Benguigui rencontrera le ministre chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, et le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci. Elle aura aussi un entretien avec la ministre de la Culture, Khalida Toumi, et le ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, selon la même source. En juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait effectué une visite à Alger, centrée sur l’urgence de la crise au Mali voisin et sur un renforcement des liens franco-algériens. La France et l’Algérie se sont mises d’accord pour s’entendre d’ici la fin octobre sur plusieurs dossiers, avait déclaré M. Fabius après cette visite, en évoquant des questions, notamment de «circulation des personnes», de «propriétés immobilières» ou encore «d’écoles» à ouvrir.

Yamina Benguigui, née en France de parents algériens, participe pour la première fois à un gouvernement. Cinéaste engagée, elle s’est distinguée par des films documentaires consacrés à l’histoire de l’immigration maghrébine en France, Mémoires d’immigrés ou encore aux effets du racisme Aïcha, Mohamed, Chaïb… engagés pour la France, Le plafond de verre. Elle a plusieurs fois exprimé «le souhait» que l’Algérie entre dans l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). «Mais on ne peut effacer l’histoire, je comprends que ce pays n’en soit pas encore membre», dit-elle dans un entretien publié cette semaine par l’hebdomadaire Jeune Afrique. «Le précédent gouvernement français a été très maladroit. Nous devons à présent faire des gestes» dans la relation de la France avec l’Algérie, a ajouté la ministre. (AFP-04.09.2012.) 

**Escale capitale pour Yamina Benguigui a Alger

Les invitations répétées de la France n’ont pas convaincu l’Algérie d’adhérer à la Francophonie.

Alger, escale capitale pour Yamina Benguigui

La visite de Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre français des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, sera bien consacrée au développement de la coopération en matière de Francophonie, notamment dans les domaines de la culture et de l’éducation.
C’est ce qu’a déclaré, hier, le porte-parole du Quai d’Orsay. De son côté, le ministère algérien des Affaires étrangères confirme que des entretiens sont prévus avec des responsables sur des thèmes relevant de l’agenda de la Francophonie. L’escale d’Alger s’avère capitale pour plaider la «cause» de son département. Lors de son séjour qui commence aujourd’hui pour s’achever samedi, Mme Benguigui rencontrera le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci et le ministre chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel. Elle aura aussi un entretien avec la ministre de la Culture, Khalida Toumi, et le ministre de l’Éducation nationale, Abdelatif Baba- Ahmed.
L’ancien titulaire du portefeuille, Boubekeur Benbouzid, aura aussi des entretiens avec l’hôte d’Alger.
En plus du thème de la Francophonie, elle aura à poursuivre la préparation de la visite du président François Hollande avant la fin de l’année. L’Algérie et la France sont d’accord pour s’entendre d’ici à la fin octobre sur plusieurs dossiers, avait déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, après sa dernière visite dans la capitale. La circulation des personnes, les propriétés immobilières ou encore l’ouverture des écoles sont évoquées. Pour ce qui est de la Francophonie, la ministre se montre plus offensive que ses autres collègues au gouvernement.
Elle n’a pas caché son souhait que l’Algérie entre dans l’Organisation internationale de la Francophonie. Ce que le pays a toujours refusé. La ministre est consciente de cet écueil car elle admet qu’«on ne peut effacer l’Histoire, je comprends que ce pays n’en soit pas encore membre». C’était dans un entretien publié par l’hebdomadaire Jeune Afrique. Si elle évite toute précipitation sur la question, c’est qu’elle ne veut pas irriter le gouvernement algérien. Elle tire des leçons des agissements du précédent gouvernement français qui a été, selon elle, «très maladroit».
«Nous devons à présent faire des gestes» pour apaiser les relations entre la France avec l’Algérie, a-t-elle dit. Récemment, sur le plateau de l’émission «Vivement dimanche» sur France 2, la ministre de la Francophonie avait clairement avoué que son objectif est de convaincre l’Algérie d’intégrer l’OIF, à la veille de son Sommet qui se tiendra en octobre prochain à Kinshasa, en République démocratique du Congo. En France, il y a longtemps qu’on insiste sur le fait que l’Algérie est le deuxième pays francophone au monde. Mais pour Alger, l’argument n’est pas suffisant pour adhérer à la Francophonie car on n’est pas loin de voir dans l’organisation un héritage de la période coloniale.
Sans que cela ne soit entendu comme une francophobie car les Algériens apprécient les langues étrangères et ne sont pas hostiles à d’autres cultures que la leur. Aussi, lors du prochain Sommet de la Francophonie, prévu en octobre à Kinshasa, il n’y aura que la présence d’une délégation algérienne en tant qu’observateur. C’est la ministre qui a confirmé l’information. Bien que non membres de l’organisation, les Algériens ne perdent aucune opportunité pour participer à des événements sur la Francophonie. C’était le cas lors du Forum mondial sur la langue française, qui s’est tenu au Québec, en juillet, et a vu la participation d’une quinzaine d’universitaires algériens venus, notamment des universités de Constantine, d’Alger, de Tizi Ouzou et de Aïn Témouchent. L’ambassadeur d’Algérie à Ottawa y a assisté ainsi que le secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf y avaient pris part. Le président Abdelaziz Bouteflika, en qualité d’invité personnel du président libanais Emile Lahoud, a participé à la IXe conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement ayant le français en partage et qui s’était tenue au Liban. Etre dedans sans y être vraiment. Voilà une spécificité algérienne.(L’Expression-06.09.2912,)

**Nicole Bricq, ministre française du Commerce  à Alger

Des responsables dans l’appareil d’Etat et des entrepreneurs vont rencontrer la ministre française du Commerce.

Nicole Bricq aujourd'hui à Alger

Les ministres du gouvernement de François Hollande continuent leurs déplacements à Alger pour préparer la visite du président français prévue à la fin de l’année. C’est la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, qui est attendue aujourd’hui dans la capitale quelques jours après la venue de Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie.
Manuel Valls, ministre de l’Intérieur est annoncé dans les prochaines semaines. Nicole Bricq préparera le volet économique du déplacement de François Hollande. La ministre sera accompagnée de plusieurs dirigeants de PME françaises et rencontrera des représentants du gouvernement algérien et la communauté d’affaires locale. Ils auront à dessiner les contours d’un renouveau du partenariat économique global entre les deux pays. Ils auront du pain sur la planche au vu du volume des dossiers à étudier dont celui de l’investissement.
Les rapports entre les deux pays sont déjà intenses sur le plan commercial étant donné que la France est le quatrième partenaire commercial de l’Algérie et son premier fournisseur. Les exportations algériennes vers la France sont de 6,6 milliards de dollars en 2011. Les importations algériennes en provenance de France sont de 7,03 milliards de dollars. Elles sont constituées de biens alimentaires (43%) et de biens d’équipements industriels (30%). Dans ce domaine, la ministre tentera de faire mieux pour appliquer l’initiative de la diplomatie économique lancée par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. La France vise le retour à l’équilibre de sa balance commerciale avec l’ensemble de ses partenaires. Avec l’Algérie, on n’est pas loin de l’équilibre de la balance des échanges. L’offensive vis-à-vis de l’Algérie ne pourrait donc pas être interprétée comme un segment de cette politique économique confié à la ministre mais cela n’empêche pas la France de tenter d’exporter davantage.
Pour l’ensemble de leurs partenaires, les entreprises françaises ont exporté 430 milliards d’euros de biens et marchandises, 30 milliards à travers la réalisation de grands contrats, 400 milliards grâce au commerce courant. Ces deux volets seront pris en compte dans les relations bilatérales avec l’Algérie. Des secteurs aussi variés que les industries agro-alimentaires, le luxe, l’automobile, les filières des sciences, du numérique et bien d’autres encore sont appelés à être boostés. Il est fort à parier que le dossier Renault sera à nouveau abordé dans l’espoir qu’il consente à un investissement pour suivre l’exemple d’autres entreprises comme Lafarge. Les Algériens ne veulent plus concentrer leurs relations sur de simples échanges commerciaux et veulent surtout attirer des projets industriels créateurs d’emploi et consommateurs des produits de la sous-traitance. Quant à l’intérêt des Français, il consiste à ne pas perdre des marchés face à la concurrence chinoise ou occidentale. La France demeure le premier fournisseur de l’Algérie en 2011 avec des exportations en hausse de 15% et une part de marché en très légère progression à 15,12%, devant l’Italie et la Chine. Les Etats-Unis demeurent le premier client de l’Algérie, devant l’Italie, l’Espagne et la France. Malgré la bonne place occupée par la France dans le commerce, Nicole Bricq est intervenue à la XXe Conférence des ambassadeurs en août dernier pour clamer que sa priorité exige de mettre à la disposition des entreprises des financements pour l’export similaires à ceux dont bénéficient les concurrents allemands, américains ou japonais. La France compte aussi s’implanter durablement dans les marchés porteurs de croissance comme en Afrique du Nord afin d’atténuer les effets de la crise économique.
Les gouvernements algérien et français ne sont plus dans la logique d’échanges déséquilibrés et ils aspirent à des relations gagnant-gagnant.
Lors de son déplacement en Algérie, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a expliqué que le sens de sa visite est tout simplement celui «d’impulser un nouvel élan à la coopération entre l’Algérie et la France (…) Je pense que tous les ingrédients pour y parvenir sont réunis, on va donc y travailler» a-t-il poursuivi. Cet objectif est celui des autres ministres qui viennent rencontrer leurs homologues à Alger.*L’Expression-24.09.2012.

**Des chefs d’entreprise françaises  bientôt à Alger (du 22 au 25 octobre 2012)

Une délégation d’une trentaine de chefs d’entreprises françaises séjournera à Alger du 22 au 25 octobre à Alger, à l’initiative du réseau Alfranc, issu de la diaspora algérienne en France, selon Mouad Benyelles, membre du réseau qui vient d’être installé en Algérie.

Cette visite a pour but de rencontrer des acteurs algérois des milieux associatif, économique et institutionnel afin de créer des dynamiques qui  permettront un partage d’expériences et de projets. «Ce sont des porteurs de projets dans les secteurs du bâtiment et du sport», ajoute M. Benyelles, également président de Easy Oz. Cette initiative a déjà bénéficié de l’appui d’organisations patronales. C’est le cas du Forum des chefs d’entreprises, l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen et du réseau Melun Val-de-Seine Entrepreneurs. Un forum et des rencontres B to B sont prévus à cette occasion. Ce réseau se veut un trait d’union entre les chefs d’entreprise des deux pays et un dispositif d’accompagnement à l’international. «L’économie algérienne offre de belles opportunités.

Nous voulons en finir avec les idées reçues. Notre réseau vise à tisser des liens entre les chefs d’entreprise des deux pays», affirme Mouad Benyelles. Il ambitionne aussi une vulgarisation du cadre juridique, un transfert de technologie et préparer le terrain à des jointes-ventures entre entreprises algériennes et françaises. Par ailleurs, il est programmé de mettre en synergie l’association Insertion & Développement et l’association algérienne Ouled El Houma, et le jumelage entre des villes françaises et algériennes. Ce réseau ne compte pas en rester là : des délégations de chefs d’entreprise effectueront des visites de travail tous les trois mois. «La réciprocité est au cœur de notre démarche», estime notre interlocuteur. (El Watan-01.09.2012.)

**Boutéflika dans un message adressé à François Hollande :

 «Nous voulons nous tourner vers le futur et gommer tous les malentendus»

C’est une réconciliation profonde et perspicace que propose le chef de l’Etat algérien

Il faut exorciser le passé pour mieux appréhender l'avenir

Dans un message adressé à son homologue François Hollande à l’occasion de la fête nationale, le président Bouteflika a estimé qu’il était temps de faire un examen «lucide et courageux» du passé entre l’Algérie et la France, qui contribuera à renforcer les liens d’estime et d’amitié entre les deux pays. Pour le Président Bouteflika, «les relations entre l’Algérie et la France ont précédé la période coloniale qui a marqué plus particulièrement notre histoire commune et laissé des traces durables chez nos deux peuples».
C’est une réconciliation profonde et perspicace que propose le chef de l’Etat. «Les blessures qui en ont résulté pour les Algériens sont profondes, mais nous voulons, comme vous, nous tourner vers le futur et essayer d’en faire un avenir de paix et de prospérité pour les jeunes de nos pays.» C’est réellement une nouvelle page qui s’ouvre avec l’arrivée de François Hollande à la tête de la République française. Aussi, Alger et Paris ont-ils définitivement tourné la page du quinquennat Sarkozy quand les deux pays se regardaient en chiens de faïence? «Il est temps pour cela d’exorciser le passé en faisant ensemble, dans des cadres appropriés, un examen lucide et courageux qui contribuera à renforcer nos liens d’estime et d’amitié», a encore écrit le Président Bouteflika dans son message. Le chef de l’Etat a exprimé son «entière disponibilité» à oeuvrer, de concert avec le président François Hollande, au «raffermissement des relations, de la coopération et du dialogue, en vue d’établir un partenariat qui s’appuie sur les potentialités que recèlent nos deux pays et qui puisse répondre aux aspirations de nos deux peuples». A pas sûrs, les deux présidents expriment, à chaque occasion, cette volonté d’aller de l’avant.
C’est à l’occasion de la fête nationale de la République française que M.Bouteflika a adressé ce message. «A l’occasion de votre fête nationale, il m’est agréable de vous adresser, au nom du peuple et du gouvernement algériens et en mon nom personnel, mes félicitations les plus chaleureuses ainsi que mes meilleurs voeux de santé et de bonheur pour vous-même, de progrès et de prospérité pour le peuple français», a ajouté le président de la République.
Cette séquence de rétablir les ponts entre les deux pays, a débuté avec l’entretien téléphonique entre M.Bouteflika et M.Hollande, puis le message adressé par François Hollande à M.Bouteflika à l’occasion du Cinquantenaire de l’Indépendance coïncidant avec le 5 Juillet. Sans complexe et avec détachement par rapport à la Guerre d’Algérie, le successeur de Nicolas Sarkozy a soutenu dans son dernier message que «le 5 juillet 2012, l’Algérie célèbre la fin de son long combat pour l’indépendance… en ce Cinquantième anniversaire de la naissance de la République algérienne démocratique et populaire, les Français s’associent à l’émotion de tous les Algériens». L’Algérie ne pouvait espérer meilleur interlocuteur que M.Hollande pour crever tous ces abcès et gommer tous les malentendus hérités du précédent quinquennat. (L’Expression-14.07.2012.)

**Laurent Fabius en visite en Algérie:  «Un pays ami, que j’aime»

Toutes les conditions sont réunies pour «passer à un nouveau stade» dans les relations entre l’Algérie et la France, estime le chef de la diplomatie française. Laurent Fabius affirme que «ce ne sont pas là des mots en l’air» car des volontés existent aussi bien du côté algérien que français. Cette visite du ministre français des AE tend, entre autres, à préparer la visite de François Hollande prévue avant la fin de l’année.

Le ministre français des Affaires étrangères

«Le sens de ma visite en Algérie est de donner un nouvel élan au partenariat entre l’Algérie et la France, et toutes les conditions sont réunies pour cela».
C’est ce qu’a affirmé, hier soir, le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, en visite en Algérie. «C’est la première visite que j’effectue dans un pays arabe, un pays ami que j’aime. Elle intervient dans un contexte doublement particulier, car d’une part, l’Algérie fête le cinquantenaire de son indépendance et la France vient d’élire un nouveau président.
A partir de là, et sur la base de l’objectivité, de la proximité et de l’amitié, nous considérons que tout est réuni pour ce nouvel élan qui est nécessaire entre l’Algérie et la France», a déclaré le locataire du Quai d’Orsay lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue algérien, Mourad Medelci. Pour le chef de la diplomatie française, «lancer un nouvel élan, passer à un nouveau stade, partenariat d’exception ne sont pas des mots en l’air». «Ce sont des volontés concrètes qui existent à la fois du côté algérien et du côté français», a-t-il précisé. Revenant sur son entretien avec son homologue algérien, Fabius a indiqué que les conversations «étaient utiles et faciles», tant sur le plan bilatéral que multilatéral, ajoutant : «Nous sommes tombés d’accord sur chacun des sujets que nous avons abordés, notamment sur les archives, l’économie, d’ailleurs certains grands dossiers ont avancé. Sur la question de la circulation des personnes, c’est vrai qu’il y a une certaine amélioration, mais il reste encore quelques problèmes à régler.
D’ailleurs, mon collègue de l’intérieur, Manuel Valls, avait l’intention de se rendre bientôt en Algérie pour faire avancer ces sujets.» Dans le même contexte, le chef de la diplomatie française a indiqué que l’Algérie et la France sont tombées d’accord pour préparer ensemble, pour une périodicité allant de 2012 à 2016, un document «qui résumera les différents éléments de la coopération».
Ce document, a-t-il précisé, doit être prêt avant la fin du mois d’octobre afin que la visite du président Hollande, prévue avant la fin 2012, «puisse se faire sur un travail préalable précis et qui permet d’avancer».
De son côté, le ministre algérien des Affaires étrangères a indiqué que les deux pays ont décidé d’apporter une «contribution plus franche à leurs relations politiques, économiques et de dimension humaine, ainsi qu’à leur coopération militaire et sécuritaire». M. Medelci a, dans ce sens, noté que «des progrès ont été enregistrés» sur chacune de ces questions. Ainsi, concernant les archives, le chef de la diplomatie algérienne a précisé que les deux parties ont convenu de mettre en place un comité conjoint.
Pour ce qui est du plan économique, M. Medelci a indiqué que l’Algérie et la France ont décidé de poursuivre le travail fait ces derniers mois pour aboutir et finaliser un certain nombre d’accords prioritaires, citant le secteur de l’automobile, des médicaments, des matériaux de construction et de la pétrochimie.
Algérie-Maroc : «une relation apaisée»
Interrogé, hier, sur l’état des relations entre l’Algérie et le Maroc, M. Medelci a indiqué que celles-ci «gagnent en densité». «Aujourd’hui, nous pouvons noter que la relation entre l’Algérie et le Maroc est une relation apaisée, qui est en train de se reconstruire, y compris la question des frontières qui n’est plus un sujet tabou», a-t-il dit. Au sujet du Sahara occidental, il a indiqué que cette question demeurait de la responsabilité du secrétaire général des Nations unies, de son envoyé spécial et des membres permanents du Conseil de sécurité, «particulièrement la France».
Démantèlement tarifaire : «Les négociations sont bouclées»
Le chef de la diplomatie algérienne a annoncé, hier, «quasi officiellement» que les négociations sur la question entre l’Algérie et l’UE sur le démantèlement tarifaire «sont bouclées». Ces négociations dont un 8e round s’est tenu en février à Alger sans aboutir à un accord, butent sur le volet industriel. L’Algérie défend une liste de produits industriels, appartenant notamment aux secteurs de la sidérurgie, du textile, de l’électronique et de l’industrie de l’automobile, qu’elle veut protéger.
«La question de la mémoire ne peut être oubliée»
La question de la mémoire «ne peut être oubliée» dans les relations algéro-françaises, selon le ministre des AE. Selon lui, cette question, «est présente, non seulement dans les esprits des responsables, mais aussi dans ceux des citoyens». «Nous voulons aujourd’hui croire qu’un nouvel état d’esprit est en train de se créer qui nous permette de traiter d’une façon plus intelligente cette question de la mémoire», a-t-il ajouté, soulignant que personne ne peut décider de «l’oubli» de cette mémoire.
La libération de trois diplomates confirmée
Trois diplomates algériens parmi les sept enlevés à Gao début avril dernier ont été libérés et sont en Algérie, a annoncé hier soir M. Medelci. Cependant, le chef de la diplomatie algérienne n’a pas donné d’indications concernant les quatre autres diplomates, «pour des raisons liées à leur sécurité». Reuter, se basant apparemment sur de fausses pistes, avait annoncé la libération des quatre diplomates restants la semaine dernière. (InfoSoir.com-16.07.2012.)

 *L’Algérie et la France décident de finaliser des accords prioritaires dans leur coopération

L’Algérie et la France ont décidé de finaliser, « le plus rapidement possible », certains accords prioritaires dans la coopération bilatérale, a indiqué dimanche soir à Alger le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci.
« Nous avons convenu de nous organiser pour que les accords retenus comme prioritaires puissent être finalisés le plus rapidement possible », a déclaré M. Medelci lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue français, M. Laurent Fabius, au terme d’une séance de travail.
Il a indiqué que les deux pays ont décidé d’apporter une « contribution plus franche à leurs relations politiques, économiques et de dimension humaine, ainsi qu’à leur coopération militaire et sécuritaire, notant que pour chacune de ces questions « des progrès ont été enregistrés ». Concernant les archives, le chef de la diplomatie algérienne a précisé que les deux parties ont convenu de mettre en place un comité conjoint.
Sur le plan économique, M. Medelci a indiqué que l’Algérie et la France ont décidé de poursuivre le travail fait ces derniers mois pour aboutir et finaliser un certain nombre d’accords prioritaires citant le secteur de l’automobile, des médicaments, des matériaux de construction et de la pétrochimie.
Sur les questions de dimension humaine, les deux parties ont enregistré « une amélioration » au niveau de la circulation des personnes avec « un accès meilleur aux visas », a-t-il relevé, soulignant, toutefois, que « des progrès restaient encore à faire » sur ce sujet. Exprimant, par ailleurs, sa satisfaction des relations entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), il a annoncé que la négociation sur la question du démantèlement tarifaire est « officiellement bouclée ».
Interrogé sur les relations algéro-marocaines, M. Medelci a indiqué que celles-ci « gagnent en densité ». « Aujourd’hui, nous pouvons noter que la relation entre l’Algérie et le Maroc est une relation apaisée, qui est en train de se reconstruire, y compris la question des frontières qui n’est plus un sujet tabou », a-t-il dit.
Au sujet du Sahara occidental, il a indiqué que cette question demeurait de la responsabilité du secrétaire général des Nations unies, de son envoyé spécial et des membres permanents du Conseil de sécurité, « particulièrement la France ». (APS-16.07.2012.)

**Fabius à Alger: Objectivité, proximité et amitié

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré dimanche à son arrivée à Alger, pour sa première visite dans un pays arabe, souhaiter un nouvel élan dans les relations algéro-française basé sur la proximité, l’objectivité et l’amitié.

Pour ce qui est des relations franco-algériennes «trois mots résument cela: d’abord il faut développer l’objectivité (en référence à la mémoire), il faut la proximité et nous allons mettre en application un mot qui est très important pour l’Algérie et la France, c’est l’amitié», a-t-il déclaré. «Si vous ajoutez objectivité, proximité et amitié, vous avez le sens du nouvel élan que nous voulons donner à notre relation et nous avons toutes les raisons d’être proches», a-t-il souligné.

Vers un «partenariat d’exception»

«Dans le passé, il y a eu des hauts et des bas, je suis pour les hauts», a expliqué Laurent Fabius, en allusion aux relations proches mais difficiles et complexes qu’entretiennent l’Algérie et la France, ancienne puissance coloniale. Interrogé sur la signature d’un traité d’amitié, il a répondu qu’il allait en discuter avec ses interlocuteurs. Mais de source diplomatique, le qualificatif retenu pour les relations franco- algériennes est celui de «partenariat d’exception».

«Cette première visite d’un ministre des Affaires étrangères dans un pays arabe intervient à un double moment: 50 ans après l’indépendance de l’Algérie et après l’élection de François Hollande», a indiqué Laurent Fabius. Laurent Fabius vient préparer une visite à l’automne du président François Hollande et aborder longuement la situation de la crise malienne. .

Arrivé à 20h pour une visite d’un peu plus de 24 heures, Laurent Fabius a été accueilli à l’aéroport par son homologue algérien Mourad Medelci et de hauts responsables algériens, a constaté une journaliste de l’AFP. Lundi, Laurent Fabius rencontrera lors d’un petit-déjeuner des chefs d’entreprises français installés en Algérie et visitera l’institut français d’Alger. Il déjeunera avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika avant de donner une conférence de presse vers 16h. (AFP-15.07.2012.)

 

**Laurent Fabius attendu demain à Alger

Le ministre français des Affaires étrangères

 Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est attendu à Alger pour une visite de deux jours, dimanche et lundi.

Cette visite qui constitue le premier déplacement du chef de la diplomatie française au Maghreb et dans le Monde arabe, constitue le prélude de la visite du président français, François Hollande à Alger avant la fin de l’année. Aussi, M.Fabius aura-t-il à déblayer le terrain pour le président Hollande. Pour le porte-parole du ministère français des AE, Bernard Valero, cette visite «marque l’importance que nous attachons aux relations entre la France et l’Algérie». Des relations qu’il a qualifiées d’«exceptionnelles par leur profondeur et leur intensité».
En plus des relations économiques entre les deux pays, le gros chapitre que Laurent Fabius aura à évoquer avec les responsables algériens sera la crise malienne pour laquelle l’Algérie s’oppose à toute intervention étrangère dans cette région.
Au cours de cette visite qui «permettra un dialogue approfondi» avec les autorités algériennes, M.Fabius rencontrera son homologue algérien, Mourad Medelci, a précisé le porte-parole.
Ce déplacement intervient «dans un contexte particulier pour nos relations bilatérales, marqué notamment par la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance algérienne», a ajouté Bernard Valero. «Il s’inscrit dans une séquence qui a débuté avec l’entretien téléphonique entre les deux présidents français et algérien (…), s’est poursuivi avec l’appel téléphonique du ministre avec son homologue algérien le 15 juin, puis le message adressé par notre président à son homologue le 5 juillet pour le Cinquantième anniversaire de l’Indépendance», a-t-il ajouté. Cette séquence, a-t-il dit, culminera avec la visite que le président Hollande effectuera en Algérie avant la fin 2012.
Interrogé sur les points inscrits à l’ordre du jour de la visite de M.Fabius, il a indiqué qu’elle offrira l’occasion d’évoquer «l’ensemble des nombreux sujets qui sont au coeur de notre relation».
«Dans l’ensemble de nos relations bilatérales, il y a évidemment les volets économiques, le développement de nos coopérations culturelles et une immense palette de points sur lesquels nous allons travailler ensemble», a-t-il poursuivi.
S’agissant de la situation internationale, le porte-parole a précisé qu’il sera notamment question de la situation au Sahel, la situation en Syrie, l’Union pour la Méditerranée (UPM), «autrement dit, le grand espace de coopération entre le nord et le sud du Bassin méditerranéen et toutes les grandes questions internationales», a-t-il indiqué.
«Je pense que nos partenaires algériens partagent cet avis d’avoir, non seulement des échanges réguliers, mais approfondis sur l’ensemble de ces sujets», a déclaré le porte-parole.
«Sur la question du Sahel et du Mali, il est important d’avoir avec nos partenaires algériens des échanges approfondis sur la situation dans cette région», a-t-il encore souligné. (L’Expression-14.07.2012.)

**Algérie-France:des lendemains meilleurs ?

M.Hollande, qui considère que «l’image de la France a été abîmée par cinq années de sarkozysme», s’attellera-t-il alors à raccommoder ces dégâts, notamment à l’égard de l’Algérie?

Est-ce un nouveau départ dans les relations algéro-françaises? Le déplacement annoncé dans les prochains jours, du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et la visite du président François Hollande, à Alger vers septembre prochain, a en croire des sources diplomatiques, sont des signes qui annoncent des lendemains meilleurs pour les deux pays. Après tant de ratages, de temps perdu, Alger et Paris ouvrent une nouvelle page et passent à la séance de rattrapage. Il faut s’attendre à ce que les relations algéro-françaises passent à une «vitesse supérieure» en surmontant la «période compliquée». M.Hollande qui considère que «l’image de la France a été abîmée par cinq années de sarkozysme», s’attellera-t-il alors donc à raccommoder ces dégâts, notamment à l’égard de l’Algérie? Hollande veut rénover les relations avec l’Algérie qu’il considère comme stratégiques dans la région du Maghreb. En témoigne d’ailleurs cette première sortie au Maghreb et en Afrique qu’il réserve à l’Algérie. Le défi est de taille puisqu’il s’agit de rétablir le contact avec le premier partenaire de la France en Afrique, le plus grand pays francophone au monde et celui qui possède la plus grande communauté en France. Plus de 4 millions d’Algériens y vivent. Qualifié par l’ex-président Sarkozy de pays incontournable. M.Hollande abordera avec son homologue algérien le dossier de l’Union du Grand Maghreb, du Sahel et du Mali et de la question du Sahara occidental. M.Hollande se dit ami de l’Algérie.
C’est à Alger qu’il il a effectué un stage à l’ambassade de France en 1970 et c’est à Alger, lors de sa dernière visite, en décembre 2010, qu’il a prononcé sa trouvaille: «Un président normal.» Il y a donc une relation magique entre Alger et le président français. L’élection de François Hollande a été perçue très positivement du côté d’Alger, même le premier contact entre les deux présidents est resté au smig diplomatique. Il faut bien un temps d’observation. En mai dernier, le président Hollande a affirmé à son homologue le Président Bouteflika son attachement aux relations d’amitié franco-algériennes à l’occasion d’un entretien téléphonique. Cette élection vient à point nommé pour redéfinir, de manière sereine, les rapports entre les deux pays. Il y a des sujets qui fâchent entre Alger et Paris. Ces sujets irritants sont liés au débat sur la repentance de la France, l’affaire des moines de Tibhirine, ainsi que la loi du 23 février 2005 glorifiant le colonialisme. Pour autant, ce ne sont pas des problèmes insolubles. Lors de sa campagne électorale, il s’est dit prêt à faire des efforts pour stabiliser les relations entre les deux pays et les fructifier sur tous les plans. Le premier geste, rappelle-t-on, a été lors de la célébration, l’année dernière, des événements du 17 Octobre 1961 à Paris. On se rappelle que François Hollande avait déposé une gerbe, le 17 octobre 2011, au pont de Clichy, où des Algériens furent jetés à la Seine, il y a cinquante ans, par des policiers placés sous les ordres de Maurice Papon, préfet de police. «Au cours de cette commémoration, j’ai tenu à témoigner ma solidarité aux enfants et petits-enfants des familles endeuillées par ce drame. Il faut que la vérité soit dite (…)», a déclaré M.Hollande avant même qu’il soit élu à la présidence de la République. Il traduit ainsi la vision avec laquelle le président Hollande conduira la politique étrangère de son pays, qui tranche évidemment avec celle de son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait pourtant l’ambition de donner un autre cachet à ses relations n’était-ce une série d’événements contraignants pour la position algérienne. M.Sarkozy avait lancé en grande pompe le grand projet de l’UPM qui lui tenait à coeur, mais il a été stoppé net lors des bombardements de l’armée israélienne contre Ghaza en 2008. Il y a eu ensuite l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire pour déloger Laurent Gbagbo et en Libye pour éliminer le guide El Gueddafi et aboutir au chaos libyen. Il y a beaucoup de dégâts. François Hollande impulsera-t-il une nouvelle dynamique? Suscitera-t-il un nouvel espoir? (L’Expression-06.06.2012.)

**Paris-Alger: L’heure de vérité

François Hollande est considéré comme un ami de l'Algérie

A une semaine de la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie les élites françaises bougent. Le nouveau président français a décidé de mettre les bouchées doubles pour tenter de raccommoder des relations franco-algériennes taillées en pièces par son prédécesseur.
François Hollande, qui est considéré comme un ami de l’Algérie autant par la population que la classe politique, s’y attèle à un rythme soutenu. Sa démarche a trouvé écho auprès de Dominique de Villepin l’ex-Premier ministre du président Jacques Chirac, fervent supporter de la signature d’un traité d’amitié qui était sur le point d’être signé avant qu’il n’ait été enterré par Nicolas Sarkozy qui lui a succédé en 2007. L’ex-secrétaire général de l’Elysée estime que le moment est venu de voir les choses en face. «Assumons enfin, et c’est le plus difficile, notre histoire, même quand elle est douloureuse. J’ai la conviction que la clé d’une nouvelle politique arabe de la France, c’est une nouvelle relation de la France et de l’Algérie fondée sur une réconciliation historique comme nous l’avons fait avec l’Allemagne», a écrit Dominique de Villepin dans une contribution au journal Le Monde. «L’Algérie semble immobile. Elle se débat avec la mémoire de ses passés, de son indépendance, de sa guerre civile meurtrière. Soyons au rendez-vous de la réconciliation.» a t il ajouté. Cette réconciliation qu’il appelle de tous ses voeux, passe par des signaux forts, notamment une visite du chef de l’Etat chez nos partenaires de la région, pour montrer que nous sommes aux côtés des peuples. Je garde le souvenir de l’accueil réservé, il y a quelques années, au président Jacques Chirac lors de sa visite à Alger et Oran», a rappelé avec un brin de nostalgie l’ex-chef de la diplomatie française (2002-2004). François Hollande s’y prépare-t-il?  La visite de son ministre des Affaires étrangères, qui pourrait avoir lieu vers la mi-juillet soit quelques jours après la célébration du Cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, sonne comme un prélude à cette éventualité. Une date sera fixée par les responsables des deux pays. «Le ministre des Affaires étrangères a bien l’intention d’effectuer, à brève échéance, un déplacement en Algérie, à une date qui sera annoncée en liaison avec nos partenaires algériens», a précisé, lors d’un point-presse Bernard Valero le porte-parole du Quai d’Orsay. Les présidents français et algérien ont décidé «de donner une nouvelle impulsion à la relation bilatérale franco-algérienne», a-t-il souligné. «Cette relation est exceptionnelle à bien des égards. Elle est marquée par une histoire commune et par des liens humains très denses. Le moment est particulièrement favorable à cette nouvelle impulsion. La France et l’Algérie sont décidées à avancer de concert pour développer leurs relations bilatérales», a indiqué Bernard Valéro. François Hollande veut tourner la page Nicolas Sarkozy. Le nouveau président de la République française avait affiché son intention plus d’une année avant son élection. Il avait accompli un premier geste en 2011 lors de la célébration des événements du 17 Octobre 1961 à Paris. Il avait déposé une gerbe au pont de Clichy où des Algériens furent jetés à la Seine. «Au cours de cette commémoration, j’ai tenu à témoigner ma solidarité aux enfants et petits-enfants des familles endeuillées par ce drame. Il faut que la vérité soit dite…» avait déclaré l’ex-premier secrétaire du Parti socialiste avant qu’il soit élu à la présidence de la République. Nul n’ignore que les relations entre Paris et Alger ont été minées, pendant le quinquennat de Sarkozy, par l’affaire des moines de Tibhirine, du diplomate Hasseni, de la loi du 23 février 2005 qui glorifie la présence française en Algérie et le débat sur la repentance. Une période qui a rythmé des relations algéro-françaises tumultueuses. L’heure est à l’apaisement. «Aujourd’hui, entre une repentance jamais formulée et un oubli forcément coupable, il y a place pour un regard lucide, responsable sur notre passé colonial et un élan confiant vers l’avenir», avait écrit François Hollande, alors candidat socialiste à l’Elysée dans une tribune publiée par le quotidien El Watan pour le 50e anniversaire de la signature des Accords d’Evian (mars 1962). «Le moment est venu de lui donner (à la relation algéro-française) une nouvelle impulsion, une nouvelle ambition et de lui conférer toute l’envergure mais aussi la sérénité et la chaleur qui conviennent», a déclaré de son côté, à la presse, le nouvel ambassadeur français en Algérie, André Parant, à l’issue de l’audience que lui a accordée le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika. «Comme je l’ai dit au Président Bouteflika, représenter la France en Algérie est à la fois un grand honneur et une lourde responsabilité. Je crois, en effet, que la relation entre les deux pays ne se compare à aucune autre», a déclaré le diplomate français. Une remarque qui résume la relation tourmentée entre l’Algérie et la France qui donne l’impression de vouloir atteindre l’âge de raison. (L’Expression-28.06.2012.)

***Les sincères voeux de la France à l’Algérie

«Je vous adresse les voeux sincères qu’avec l’ensemble des Français, je forme pour la prospérité de votre grand pays, pour le bonheur du peuple algérien…». Ainsi commence le message adressé, jeudi dernier, par le président français, François Hollande, au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion du Cinquantenaire de notre Indépendance. Et il ajoute à la suite, «…et pour le renforcement de l’amitié entre l’Algérie et la France». L’essentiel est dans cette première phrase du message. D’abord, la sincérité. Il faut croire en la sincérité de Hollande et nous y croyons, car tout au long de son long parcours politique, il n’a jamais été pris en défaut. Il a toujours fait ou, en tout cas, essayé, de faire ce qu’il a dit, mais surtout il n’a jamais été surpris avoir dit le contraire de ce qu’il fait. Bien sûr, les voeux sont autant d’espoirs qui ne peuvent se réaliser qu’avec des moyens. Compte tenu de la situation actuelle des moyens dont dispose le Chef de l’Etat et notamment sur la question des relations franco-algériennes, il faut être réaliste et savoir qu’il n’a pas, au moment où il envoie ce message, tous les moyens pour réaliser, à court terme, le rapprochement tant souhaité par les deux pays. Donc nous croyons à sa volonté de «renforcer l’amitié entre la France et l’Algérie», tout en sachant qu’il n’a pas de baguette magique. Il lui faudra énormément travailler en «interne» pour atteindre son prolongement qui est «l’international». C’est une conviction qu’il a toujours affirmée. La dernière fois, c’était sur le plateau de France 24, le
17 décembre 2010. Nous le croyons aussi quand il dit que ces voeux sont aussi ceux de «l’ensemble des Français». De cette écrasante majorité des électeurs français de métropole qui ont voté, en 1962, pour l’indépendance de l’Algérie. Sauf que là aussi il reste une minorité qu’on appelle les «nostalgéries», qui sont, non seulement plus bruyants que la majorité, mais qui font partie de réseaux et de lobbys aux nuisances certaines. La preuve, ils sont, ces jours-ci, sur tous les plateaux de télé de France, à refaire à leur manière l’histoire de la guerre coloniale. Ils poussent même jusqu’à s’ingérer et faire leur «audit» sur nos 50 années d’indépendance. Ils sont tellement sélectifs dans les points qu’ils n’abordent jamais la période qui a précédé l’expédition militaire française, transformée, par la suite, en colonie de peuplement. S’il fallait une «lecture objective de l’histoire, loin des guerres de mémoire et des enjeux conjoncturels» comme le mentionne Hollande dans son message, les véritables raisons du débarquement avec ses véritables objectifs, politiques et stratégiques, ne peuvent être occultées. L’objectivité impose, en effet, d’appréhender l’Histoire, non pas par la fin comme c’est le cas dans la débauche de colloques et débats auxquels on assiste, mais bien par son début. Nous osons croire que lorsque le président français dit dans son message que «Français et Algériens partagent une même responsabilité, celle de dire la vérité…», il pense à l’Histoire pas aux histoires. Il pense à celle qui a un début et une fin. Surtout quand il poursuit sa phrase par «…ils le doivent à leurs aînés mais aussi à leur jeunesse». Cette référence aux «aînés» est significative. Surtout, aussi, que cette «lecture objective» était demandée par le Président Bouteflika, dans son message qu’il lui a adressé, au lendemain de son élection. «J’ai bien entendu votre appel» lui répond le Président Hollande. Signe que les deux présidents se comprennent bien. Oui, nous croyons à la sincérité du Président Hollande, car elle découle de son culte du respect de l’autre! L’ère Hollande se veut une rupture avec les pratiques du passé qui étaient dépouillées de cette qualité humaine. Tout dans le message de l’Elysée pousse, ici à Alger, à l’optimisme. La suite, nous l’aurons dans le message algérien à l’occasion du 14 Juillet!  *Par Zouhir MEBARKI – (L’Expression-07.07.2012.)

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*L’Algérie au Sénat français….

Un colloque sur l’avenir des relations algéro-françaises

France-Algérie : comprendre le passé pour mieux construire l’avenir», tel est l’intitulé d’un colloque prévu le 30 juin 2012 au siège du Sénat français.

  « La France se grandit en reconnaissant ses fautes »

Ce colloque, organisé à l’occasion de la célébration du 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et mis sous le haut patronage de Jean-Pierre Bel, président du Sénat français, est le fruit d’un partenariat entre le quotidien national El Watan, le quotidien français Le Monde, les chaînes de télévision Public Sénat et TV5 Monde. Le thème principal se déclinera en quatre sous-thèmes que développeront chercheurs, historiens, sociologues, politologues, journalistes et hommes politiques. La première table ronde sera dédiée à évoquer la période de colonisation. Intitulé «1830-1945 : l’Algérie entre colonisation et assimilation», ce sous-thème sera modéré par Slimane Zeghidour, écrivain et journaliste à TV5 Monde.

****Les relations franco-algériennes font salle comble au Sénat français, ce samedi. Le parlement accueille un colloque intitulé « Algérie-France : comprendre le passé pour mieux construire l’avenir ». A l’invitation du groupe France-Algérie du Sénat, de nombreux universitaires, historiens et socioloques, des journalistes et des personnalités politiques interviennent tout au long de la journée.

Parmi les interventions remarquées, on compte celle d’Abdelmadjid Merdaci. L’universitaire à la double casquette d’historien et de sociologue a commencé par affirmer que les échanges sur la guerre d’indépendance sont inégaux entre les deux rives de la Méditerranée. « Dès que des travaux [de recherche] important sont produits en France, ils sont immédiatement publiés en Algérie. Ce n’est pas le cas pour les travaux algériens en France », a-t-il expliqué. Il cite notamment le colloque de Skikda, dont la 6ème édition s’est tenu les 25 et 26 octobre dernier.

Côté français, Merdaci considère que la mémoire de la guerre a été confisquée par une partie des rapatriés d’Algérie. Ceux-ci se posent en victimes, au point que l’historien rapporte avoir entendu récemment dans un colloque à Marseille, des cris « FLN assassin ! ». Il interprète ce type de manifestation comme un signe que certains nient que le combat nationaliste algérien visait à libérer un peuple. La tendance « dure » des rapatriés, proche des anciens de l’OAS, n’est pourtant pas la seule qui existe en France. « Il y a des organisations de pieds-noirs progressistes en France, tempère Merdaci. Mais leur voix n’est pas entendu, on n’entend que la voix victimaire ». Ce qu’il ne manque pas de lier aux enjeux politiques et électoralistes locaux. Avant de conclure : « Pour construire l’avenir, il faut lever les hypothèques et notamment l’hypothèque des rapatriés».

La journée s’est articulé autour de quatre tables rondes revisitant l’histoire commune aux deux pays dans l’ordre chronologique. Le premier thème à toucer la période du début de la colonisation jusqu’à la seconde guerre mondiale: « 1830-1945: L’Algérie entre colonisation et assimilation ». Animée par le journaliste Slimane Zeghidour, cette table ronde a permi au public d’entendre les interventions de chercheurs spécialistes de cette période: Olivier Le Cour Grandmaison, Guy Pervillé, Todd Shepard, Christelle Taraud et Sylvie Thénault.

Est venue ensuite la question « 1945-1962: inéluctable indépendance ? ». Des chercheurs algériens, Abdelmadjid Merdaci et Amar Mohand-Amer, un français, Gilbert Meynier et un américain, Matthew Connelly, se sont succédés sur ce sujet; ainsi qu’un ancien membre du FLN, Ali Haroun. Isabelle Mandraud, journaliste au journal Le Monde où elle couvre l’actualité du Maghreb, assurait la modération.

« 1962-2012: Comment réconcilier les mémoires ? »: la discussion, animée par Sonia Mabrouk de la chaîne française Public Sénat, s’est poursuivie sur les cinquante années écoulées depuis l’indépendance. Les historiens Joelle Hureau, Gilles Manceron et Pascal Blanchard et la sociologue Laetita Bucaille ont apporté leur éclairage académique à côté de celui de la journaliste Danielle Michel-Chich, née en Algérie et de  Fatima Besnaci-Lancou, fille de harki et fondatrice de l’association Harkis et droits de l’Homme.

Le dernier panel s’est tourné vers le futur en se demandant: « Et maintenant? Quelles leçons tirer de l’Histoire pour l’avenir des relations franco-algériennes ? » Les historiens ont alors laissé place aux personnalités politiques, dont Jean-Pierre Chevènement, sénateur français et président de l’association d’amitié France-Algérie, Denis Bauchard, diplomate et ancien président de l’Institut du monde arabe à Paris, Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat, Sid-Ahmed Ghozali, ancien premier Ministre; ainsi qu’au politologue George Morin et à l’écrivain Anouar Benmalek. La modération de cette dernière table ronde était assurée par le directeur de la publication d’El Watan, Omar Belhouchet.

Claude Domeizel, sénateur et président du groupe d’amitié France-Algérie est venu clôturer le colloque, en sa qualité d’organisateur de l’évènement. Il a souhaité « rappeler quelques évidences » sur l’Histoire commune des deux pays: « Rien ne pouvait justifier le traitement réservé à ceux que l’on appelait alors des indigènes, et qui étaient interdit d’accès à la citoyenneté ». Il s’agit d’une référence directe à la polémique ayant accompagné le texte de loi français sur « la reconnaissance des aspects positifs de la colonisation », adopté en février 2005 puis supprimée un an plus tard.

Domeizel a également avoué s’être confronté aux réticences de certains, quant à l’organisation du colloque, craignant qu’il ne « rallume des polémiques inutiles ». « Je ne l’ai pas crû un seul instant », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter en direction du nouveau Président français: « Beaucoup de nos compatriotes attendent des mots de réconciliation et d’apaisement. Nos amis algériens attendent, non pas une repentance, mais une reconnaissance des erreurs commises. » Enfin, il a terminé en citant ces mots de François Hollande: « La France se grandit en reconnaissant ses fautes ». (El Watan-30.06.2012.)

***l’appel des participants à F. Hollande.

Les participants, conférenciers et intervenants au colloque «Algérie-France : comprendre le passé pour mieux construire l’avenir», organisé par le Sénat français, ont unanimement appelé le président français, François Hollande, à prendre l’initiative de «reconnaître les méfaits de la colonisation française en Algérie».

L’occasion de la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance algérienne est, selon eux, le bon moment pour «le changement radical de la position de la France officielle concernant son passé colonial» en reconnaissant «les exactions de l’armée française commises contre le peuple algérien». Plusieurs citoyens algériens et français, présents dans la salle Clémenceau, accueillant le colloque, ont réclamé que soient «interdites les commémorations d’hommage à l’OAS» et de «bannir les textes de loi qui prônent le rôle positif de la colonisation» comme la loi du 23 février 2005.

Justement, l’historien Olivier Le Cour Grandmaison, qui était parmi les premiers à dénoncer et à critiquer cette loi avec acharnement, pense que le bon choix à faire pour la France est de suivre le «chemin opposé» à ce genre de lois. «Les nouvelles autorités françaises s’honoreraient de reconnaître que le France officielle ait fermé l’œil sur des crimes de guerre et contre l’humanité en Algérie de 1830 à 1962», a-t-il déclaré. Refusant, pour la plupart d’utiliser le terme «repentance», les conférenciers ont néanmoins insisté sur la «nécessité» voire la «vitalité» d’une vraie réconciliation entre les deux pays liés par 182 ans d’histoire commune. Pour cela, ils font appel au président français, fraîchement élu, à prendre le dessus sur ses prédécesseurs en faisant un geste de reconnaissance des «souffrances qu’a endurées le peuple algérien engendrées par la machine colonialiste française». Dans ce sens, le chercheur émérite au CNRS, Pascal Blanchard, se réjouit qu’«il y ait une avancée sur la voie de la réconciliation. Il y a 50 ans, on se tuait, aujourd’hui on se parle».

Spécialiste en communication politique, il affirme que «le travail d’histoire est bien fait. Les historiens ont fait le boulot. Maintenant, c’est aux hommes politiques de faire le leur, des deux côtés, français et algérien». Mais, dit-il, «il faut une décision politique forte» pour pouvoir passer à une autre étape dans les relations franco-algériennes. Et c’est à Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de la Défense et président de l’association France-Algérie, de «rassurer» tout le monde : «Le président de la République, François Hollande, avec lequel je me suis entretenu, est bien prêt pour défendre les intérêts de la France avec l’Algérie.» De son côté, Denis Bouchard, diplomate et ancien président de l’Institut du monde arabe, assure que «Hollande aime l’Algérie qu’il connaît très bien. Il a même fait son stage pratique à Alger quand il était encore étudiant à l’Ecole de l’administration, ENA». Cette volonté de réconciliation est aussi exprimée par Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien. «Je prône la réconciliation entre la France et l’Algérie. Des relations plus importantes et un partenariat économique plus fort feront du couple franco-algérien le moteur de développement de la Méditerranée occidentale, comme fut le couple franco-allemand pour l’Union européenne».

Dire la vérité sans repentance !

Bien que le colloque ait traité beaucoup de thèmes comme la mémoire et l’écriture de l’histoire, la question d’exploitation des archives par les historiens, la question des harkis, etc., le sujet phare, qui a pris la part du lion des débats, est la question de la «repentance». Concluant les travaux du colloque, Claude Domeizel, président du groupe d’amitié France-Algérie du Sénat, a rappelé les engagements du «candidat Hollande» qui aurait déclaré qu’«il faut que la vérité soit dite. Sans repentance ni mise en accusation particulière. Reconnaître ce qui s’est produit (…) la France se grandit en reconnaissant ses fautes. La France du XXIe  siècle, que je souhaite construire avec les Français, a besoin d’une mémoire apaisée».

Depuis sa tribune, M. Domeizel lance un appel en s’adressant directement au «président Hollande», cette fois-ci. «Il est dans mon rôle de président de groupe d’amitié de lui dire combien il est important d’être clair sur le sujet de l’Algérie. Beaucoup de nos compatriotes attendent des mots d’apaisement et de réconciliation. Nos amis algériens attendent un message de la France. Pas une repentance, pas une contrition. Simplement une reconnaissance des erreurs que nous avons pu commettre», a-t-il lancé. (El Watan-02.07.2012.)

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*Le colloque sollicitera l’éclairage d’Olivier Le Cour Grandmaison, historien, Guy Pervillé, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse, Todd Shepard, professeur associé au département d’histoire de la John Hopkins University, Christelle Taraud, membre du Centre de recherches en histoire du XIXe siècle et Sylvie Thénault, chargée de recherche au CNRS. Autre problématique à présenter au débat celle de : «L’inéluctable indépendance ?» Autour de la journaliste du Monde, Isabelle Mandraud, se relayeront pour en parler : Amar Mohand-Amer, maître de recherche au Crasc d’Oran, Mattew Connely, professeur d’histoire à Columbia University, Gilbert Meynier, professeur émérite à l’université Nancy II, Ali Haroun, ancien membre du FLN, et Abdelmadjid Merdaci, sociologue et historien, professeur à l’université Mentouri de Constantine.

Autour de la question «Comment réconcilier les mémoires», la journaliste de Public Sénat, Sonia Mabrouk, invitera, quant à elle, au débat, Fatima Besnaci-Lanclou, éditrice, fondatrice de l’association Harkis et droits de l’homme ; Pascal Blanchard, chercheur au Laboratoire communication et politique du CNRS ; Laetitia Bucaille, sociologue, maître de conférences à l’université Victor Segalen ; Joëlle Hureau, historienne ; Gilles Manceron, historien et Danielle Michel-Chich, journaliste, essayiste et traductrice.

Le directeur du journal El Watan, Omar Belhouchet, animera la troisième table ronde consacrée à la problématique «Quelles leçons tirer de l’histoire pour l’avenir des relations franco-algériennes ?» Il fera donc interagir Denis Buachard, diplomate, ancien président de l’Institut du monde arabe, Anouar Benmalek, écrivain, Jean-Pierre Chevènement, sénateur et ancien ministre, président de l’association France-Algérie ; Zohra Drif-Bitat, ancienne membre du FLN, vice-présidente du Conseil de la nation ; Sid Ahmed Ghozali, ancien chef de gouvernement ; Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat français, et Georges Morin, politologue, président du réseau Algérie des collectivités territoriales
françaises. (El Watan-19.06.2012.) 

*Présentation du colloque: Sénat français

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*François Hollande à Alger cet été

Selon l’ambassade de France à Alger, le nouveau président français, François Hollande, a eu un entretien téléphonique avec le président Abdelaziz Bouteflika, jeudi 24.05.2012. Le chef de l’Etat français a exprimé à son homologue algérien son attachement profond aux relations d’amitié franco-algériennes»…En outre, le président français a fait part à M. Bouteflika, de sa volonté de développer encore les nombreux liens existant entre la France et l’Algérie et de renforcer le partenariat entre les deux pays dans tous les domaines. Les deux présidents ont convenu de se rencontrer «dans les meilleurs délais», indique encore le même communiqué, sans préciser la date et le lieu de cette rencontre. Pour autant, des sources sûres indiquent que cette rencontre entre les deux chefs d’Etats devrait avoir lieu, cet été, à Alger..François Hollande s’est entrenu avec son homologue algérien, au moment où il recevait le roi Mohammed VI à l’Elysée, en visite « privée » à Paris..(source:divers médias-26.05.2012.)

**Le président François Hollande a réaffirmé jeudi son attachement à l’amitié ancienne et à la force des liens de la France avec l’Algérie et le Maroc en recevant le roi Mohammed VI à l’Elysée et en s’entretenant au téléphone avec son homologue Abdelaziz Bouteflika. C’est pratiquement dans les mêmes termes que la présidence française a décrit dans deux communiqués distincts diffusés presque simultanément « l’attachement à l’amitié » unissant ces pays d’Afrique du nord et l’ancienne puissance coloniale française et leur volonté de « construire un espace euro-méditerranéen« .François Hollande a fait part au président Bouteflika « de sa volonté de développer encore les nombreux liens existant entre la France et l’Algérie » et de renforcer le « partenariat d’exception » entre les deux pays. Les deux présidents sont convenus par ailleurs « de se rencontrer dans les meilleurs délais« , selon l’Elysée. Sachant qu’on est à la veille de la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance algérienne, le président français ira-t-il jusqu’à se déplacer à Alger pour participer à l’événement ou invitera-t-il Bouteflika à Paris ? L’occasion sera-t-elle mise à profit pour évoquer le contentieux colonial ? Les jours prochains, on en saura plus.

Il demeure que malgré la froideur des relations de ces dernières années, Alger et Paris continuent de coopèrer sur le plan économique. L’Algérie est l’un des partenaires privilégiés de la France en Méditerranée, mais les relations entre Paris et Elger traversent régulièrement des zones de tension. Le 11 mai 2012, la France a distribué comme la plupart des capitales européennes et arabes ses satisfecits à l’Algérie et salué la tenue des élections législatives, estimant qu’elles s’étaient « globalement déroulées dans le calme et sans incident majeur« .

Le lendemain, Paris avait simplement constaté qu’ »une nouvelle législature s’ouvre en Algérie« , après la proclamation des résultats qui consacraient la prééminence de l’ancien parti unique le Front de libération nationale. Les islamistes ont été relégués à la troisième place, alors qu’ils s’étaient imposés partout dans les pays touchés par le « Printemps arabe »… 

La France a toujours navigué avec sensibilité entre Alger et Rabat. Alors forcément quand on contacte l’un, il faut faire pareil avec l’autre. Aussi, François Hollande a sacrifié à la règle. Il a assuré Mohammed VI, en visite privée en France, de « son attachement à l’amitié entre la France et le Maroc« , à l’occasion de leur première rencontre depuis la prise de fonction du socialiste français le 15 mai.

Sur la question du Sahara occidental, la France a toujours soutenu la position du roi, malgré le plan préconisé par les Nations-Unies pour l’autodétermination du peuple sahraoui qui constitue la base sérieuse et crédible d’une solution durable dans la région« .

Cette déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valero intervenait alors que Rabat venait de retirer sa confiance à Christopher Ross, accusant l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental de mener un travail « partial et déséquilibré », quelques semaines après un rapport des Nations unies critique vis à vis des autorités marocaines. Le rapport de l’ONU mettait en cause des agissements des autorités de Rabat, accusées notamment de compliquer le travail des Casques bleus de la Mission de l’ONU (Minurso) au Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc depuis 1975 et revendiqué par le Polisario. En des termes très diplomatiques, Paris avait toutefois appelé « à un règlement rapide du différend » qui oppose Rabat à Christopher Ross.(sourceAFP et plus-25.05.2012.)

**M.André Parant: nouvel ambassadeur de la France à Alger

 Claude Bartolone

Le président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, a reçu à Alger, M.André
Parant, qui lui a remis ses lettres de créance, l’accréditant en qualité d’ambassadeur extraor-dinaire et plénipotentiaire de la République française en Algérie.**
M. Parant, 55 ans, ex conseiller de Nicolas Sarkozy pour les affaires africaines, il avait notamment dirigé la délégation française à la  Conférence internationale sur le Sahel en septembre dernier à
Alger, il vient remplacer  Xavier Driencourt en poste en Algérie depuis quatre ans.
Avant d’être à l’Elysée, André Parant avait été ambassadeur de France au  Liban.Né en 1956, M. Parant a été chef de la mission de coopération et d’action  culturelle à Bangui entre 1990 et
1993, et ambassadeur au Sénégal de 2005 à  2007.
Ancien secrétaire de l’ambassade de France à Rabat au milieu des années 1980,  André Parant, avait été un temps pressenti comme chef de la diplomatie française  au Maroc.(26.06.2012.)

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**Violation des droits de l’homme au Sahara occidental par le Maroc….Dans son rapport mondial 2011 sur les droits de l’homme publié jeudi dernier, le département d’Etat américain affirme que «plusieurs questions des droits de l’homme des Sahraouis, qui continuent d’être une source de préoccupation, sont liées aux actions revendiquant l’indépendance» du Sahara occidental.Il cite ainsi «les limitations à la liberté d’expression et de réunion, l’utilisation de la détention arbitraire pour étouffer la dissidence et la violence physique et verbale à l’encontre des détenus sahraouis lors des arrestations et durant leur emprisonnement». Le document rendu public observe «l’impunité quasi générale à l’égard des fonctionnaires marocains qui commettent des abus, tandis que les Sahraouis sont victimes de discrimination dans l’application des lois» et cite, entre autres, le cas d’un policier marocain qui a tué par balle Saïd Dambar, un résident sahraoui d’El Ayoun. Le département d’Etat note que la famille de la victime avait alors refusé de l’enterrer, si une autopsie n’était pas effectuée pour connaître les véritables circonstances de sa mort. Cependant, les autorités marocaines n’ont jamais autorisé à procéder à une autopsie indépendante et ont régulièrement harcelé la famille Dambar en exigeant d’elle d’enterrer le corps en usant même de chantage. La même source note qu’il avait été ainsi refusé au frère de la victime d’être recruté dans un ministère après qu’il eut formulé une demande d’embauche et a été informé par des représentants du ministère de l’Intérieur qu’il n’obtiendrait ce poste que s’il acceptait d’enterrer son frère sans autopsie.
Le rapport relève également les cas de disparition de plus d’une centaine de Sahraouis depuis les années 1970 et 1980, dont le sort reste inconnu. Le département d’Hillary Clinton, se basant sur le travail d’ONG internationales et locales, affirme que «des rapports crédibles» témoignent du recours par les forces de sécurité marocaines à la torture, aux coups et autres mauvais traitements sur les détenus sahraouis.

Des cas de disparition

Abordant leurs conditions carcérales, il note que l’Observatoire marocain des prisons reçoit régulièrement des plaintes d’abus physiques et de tortures déposées par les familles des détenus de la prison d’El Ayoun, dont l’accès est interdit depuis 2008 aux ONG des droits de l’homme. Plus encore, ajoute le rapport, les ONG internationales et locales affirment que les tribunaux refusent souvent d’ordonner des examens médicaux ou de prendre en compte les résultats des examens médicaux dans les cas de torture. Par ailleurs, poursuit le rapport, les militants des droits de l’homme et pour l’indépendance rapportent que «les autorités marocaines les accusent faussement d’infractions criminelles». Et d’évoquer les arrestations arbitraires suivies de longues détentions (des dizaines de jours), ajoutant que dans de nombreux cas, les familles des détenus n’en sont informées qu’après leur libération. Citant les organisations de droits de l’homme, le département d’Etat indique que plus de 85 prisonniers politiques sahraouis sont détenus dans des prisons marocaines. Dans son rapport, le département d’Etat relève également que «la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso) est dépourvue du mandat de surveillance des droits de l’homme». De son côté, Amnesty International, qui vient de publier son rapport 2012 sur les droits de l’homme au Maroc, dresse un tableau sombre aussi. Dans son document publié sur son site internet, il est mentionné que les autorités marocaines continuent à restreindre l’exercice de la liberté d’expression, d’association et de réunion des Sahraouis partisans de l’autodétermination du Sahara occidental. Cette année encore, indique la même source, des militants de premier plan ont fait l’objet de poursuites. Aucune enquête indépendante et impartiale n’a été effectuée sur les événements qui se sont déroulés à Gdim Izik et à El Ayoun en novembre 2010, lorsque les forces de sécurité marocaines ont démoli le campement de protestation sahraoui. Treize personnes, dont 11 membres des forces de sécurité, avaient trouvé la mort dans les violences consécutives. Pis, de nouvelles informations ont fait état d’actes de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus, par des agents de la Direction de la surveillance du territoire (DST) notamment.(El Watan-26.05.2012.)

***Audience non officielle accordée à Mohammed VI et entretien téléphonique avec Bouteflika : le président français joue les équilibres avec le Maghreb. Mis lourdement en difficulté par l’ONU, le Maroc éprouve le besoin de solliciter de Paris un soutien fort sur le dossier sahraoui.

Vertement décrié par un rapport du secrétaire général des Nations unies, le Maroc se tourne vers son allié traditionnel dans son conflit avec le Sahara occidental, la France, dont le pouvoir est passé à gauche à la faveur de l’élection de François Hollande. En visite «privée» à Paris, depuis l’entre les deux tours de la présidentielle française, le roi Mohammed VI a été reçu par le nouveau locataire de l’Elysée jeudi. La présidence française a pris soin de préciser que l’audience est intervenue à l’occasion d’une visite privée du souverain alaouite.
Dans un communiqué laconique, l’Elysée a indiqué : «Le président de la République a reçu cet après-midi (jeudi), au palais de l’Elysée, sa majesté Mohammed VI, roi du Maroc, à l’occasion d’une visite privée qu’il effectue en France.»
Dans le même temps et pour ne pas «froisser» Alger, l’Elysée a rendu compte d’un entretien téléphonique entre François Hollande et son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, qui a eu lieu la veille. Pour les deux chefs d’Etat, le président français a réaffirmé «son attachement profond aux relations d’amitié» entre les deux pays.

Nouveau contexte

Ainsi, à peine élu chef de l’Etat, François Hollande se retrouve face à l’épreuve du Maghreb. Si rien n’a filtré du contenu des discussions entre F. Hollande et Mohammed VI, il est fort probable, au regard du contexte actuel, que le dossier sahraoui a été au cœur de l’audience. Le Maroc se trouve dans une mauvaise posture diplomatique sur ce dossier. Après le rapport très critique du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, désignant le Maroc comme étant la partie qui entrave le travail de la Minurso, Washington, contrairement à Paris, a assuré l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, de son soutien infaillible. Le rapport du département d’Etat sur les violations des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc vient de porter un autre coup au makhzen. Le Maroc est lourdement mis en cause. La France étant un allié traditionnel et inconditionnel de Rabat, notamment sur le dossier sahraoui, le souverain alaouite veut s’assurer ses faveurs. Il y a sans doute, dans la visite «privée» du monarque chérifien à l’Elysée, un besoin du Maroc de solliciter de Paris un soutien fort dans son bras de fer avec l’envoyé spécial de l’ONU au Sahara occidental, Christopher Ross. En somme, pour le nouveau pouvoir français, «l’obligation» de soutenir le Maroc s’est posée très rapidement. Mais François Hollande saura-t-il être le président de la rupture avec le soutien traditionnel et sans réserve de Sarkozy à la «cause» de son ami le roi ?

Doctrine française

Et si des observateurs se disent sceptiques quand à l’évolution dans la doctrine de la politique étrangère française, «le nouveau gouvernement français n’entend pas changer de sa politique traditionnelle hostile à l’application des résolutions de l’ONU sur l’autodétermination des Sahraouis. Ce sera la continuité, les liens sont ceux du corps à corps entre les élites françaises et le Maroc», estime-t-on. Le ton est donné par le Quai d’Orsay. En prenant «acte» de la décision du Maroc de «retirer» sa confiance à Christopher Ross, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères rappelle «le soutien de Paris au plan d’autonomie» défendu par Rabat. Cependant, d’autres analystes estiment que, au sein de la gauche française, le soutien au palais royal au sujet de la question sahraouie ne fait pas l’unanimité. Le Premier ministre et proche du président, Jean-Marc Ayrault, est présenté comme le chef de file des partisans de l’autodétermination du peuple sahraoui et qualifie d’«occupation» la présence marocaine sur les territoires sahraouis.

Jeu d’équilibre

François Hollande, lui, ne figure pas sur la liste des amis socialistes du roi, contrairement à Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Pierre Moscovici. D’où la difficulté, pour le monarque marocain, de réussir son opération de séduction auprès de François Hollande. Mohammed VI avait clairement jeté son dévolu sur Martine Aubry pour la présidentielle.
Soucieux des équilibres dans ses relations avec les deux pays du Maghreb – Algérie et Maroc – le nouveau président français est en tout cas très attendu sur ce terrain où les positions se sont avérées jusque-là inconciliables en raison de l’entêtement marocain à vouloir imposer sa logique, au mépris de la légalité internationale. Cependant, il y a lieu de souligner que d’autres dossiers, tout aussi importants, conditionnent les rapports entre Paris et la rive sud de la Méditerranée.Pour le gouvernement français, ses intérêts stratégiques déterminent la conduite à tenir vis-à-vis de ses partenaires maghrébins. Hollande et Bouteflika ont convenu de «se rencontrer dans les meilleurs délais». Une occasion pour tirer les choses au clair. (El Watan-26.05.2012.)

***Avec l’arrivée des Socialistes, un nouveau climat de confiance est en train de construire, pour le bien des deux pays, selon un communiqué de l’ambassade de France transmis à la rédaction. Selon l’ambassade de France à Alger, le nouveau président français, François Hollande, a eu un entretien téléphonique avec le président Abdelaziz Bouteflika, jeudi. «Le président de la République a eu, hier après-midi, un entretien téléphonique avec le président Bouteflika. Le chef de l’Etat a exprimé à son homologue algérien son attachement profond aux relations d’amitié franco-algériennes», précise le même communiqué. En outre, le président français a fait part à M. Bouteflika ‘’de sa volonté de développer encore les nombreux liens existant entre la France et l’Algérie et de renforcer le partenariat entre les deux pays dans tous les domaines. Ce partenariat devra renforcer encore la proximité qui unit déjà les peuples français et algérien et contribuer à construire une communauté de destin entre les Etats de l’espace euro-méditerranéen. «L’ambassade de France annonce, également, que les deux présidents ont convenu de se rencontrer «dans les meilleurs délais», indique encore le même communiqué, sans préciser la date et le lieu de cette rencontre. Pour autant, des sources sûres indiquent que cette rencontre entre les deux chefs d’états devrait avoir lieu, cet été, à Alger. L’entretien entre les deux présidents dénote déjà la volonté, à Paris, de revoir beaucoup de choses dans la relation avec l’Algérie. Le président Français, qui vient de boucler un voyage aux Etats-Unis où il a participé aux sommets de l’OTAN et du G8, a ,également, fait une virée en Afghanistan où il a confirmé le retrait des troupes françaises du bourbier afghan. Le dossier Algérie est ainsi en bonne place dans l’agenda du nouveau locataire de l’Elysée, qui aura en fait sur la table deux copieux menus: relancer le traité d’»amitié algéro-français, bloqué par la droite et sa maladresse dans la reconnaissance de «l’aspect positif de la colonisation», au moment où l’Algérie, partis politiques en première ligne, revendiquait la reconnaissance des crimes contre l’humanité commis par l’armée coloniale, notamment les massacres du 8 Mai 1945. Lancé du temps de Chirac, le traité d’amitié algéro-français a été ensuite bloqué par la politique néocoloniale de Sarkozy. Et, visiblement, le nouveau président français, sinon les Socialistes veulent aller vite dans ce dossier encore pendant, ainsi que celui qui lui est lié, «le devoir de mémoire». Hollande, alors en pré-campagne électorale, avait dit vouloir «en finir avec la guerre des mémoires», dans une tribune publiée à l’occasion du 50e anniversaire de la signature des accords d’Evian. «La France et l’Algérie ont un travail en commun à mener sur le passé pour en finir avec la guerre des mémoires et passer à une autre étape, afin d’affronter les défis communs en Méditerranée», avait-il encore ajouté. Invité en Algérie par le FLN l’année dernière, il avait souhaité que l’avenir «se construise ensemble».«Aujourd’hui, entre une repentance jamais formulée et un oubli forcément coupable, il y a place pour un regard lucide, responsable sur note passé colonial et un élan confiant vers l’avenir», avait, également, relevé Hollande. Certes, il y a beaucoup de gestes amicaux du côté de l’hexagone envers l’Algérie, qui veut également que le dossier de la libre circulation des personnes, conformément aux traités bilatéraux entre les deux pays signés à la fin des années 60 et 70 et toujours en vigueur, soit examiné dans toute sa profondeur pour ne pas entraver la bonne marché des relations plurielles enre Paris et Alger. Et puis, au milieu du gué de relations passionnées entre les deux pays, il y a également le moteur de cette relation particulière, les relations économiques, appelées à se dévelopepr davantage après le travail effectué par M. Jean Pierre Raffarin et le ministre de l’Industrie, M. Mohamed Benmeradi. Ensemble, et avec le soutien des deux chefs de l’Etat, ils ont pu défricher le terrain à une coopération économique, mutuellement, bénéfique pour les deux pays.
Avec les socialistes, ce dynamisme devrait, également, avoir une suite qui devrait aller vers l’émergence de pôles économiques d’excellence entre Alger et Paris. Par les chiffres, l’embellie est encourageante: La France a exporté vers l’Algérie pour une valeur de 5,7 milliards d’euros (céréales, machines outils, lait, médicaments, voitures, ect..), alors que l’Algérie a vendu pour une valeur de 4,4 milliards d’euros à la France des produits d’hydrocarbures, en 2011. (Quotidien d’Oran-26.05.2012.)

 

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*Hollande fera tout pour séduire Alger

Tout de suite après son message à François Hollande pour le féliciter de son accession à la présidence française, le Président Abdelaziz Bouteflika avait plaidé, le 8 mai dernier, en faveur d’une nouvelle page dans les relations entre les deux pays. Un premier pas dans ce sens est-il franchi hier, avec la prise de fonction de Hollande. Ce dernier avait affiché sa disponibilité à envisager l’histoire sereinement lorsqu’il a rendu hommage aux victimes des massacres d’Octobre 1961 en France.
A Alger, on n’est pas loin de penser que seule une lecture objective de l’Histoire permettra à la France et à l’Algérie de transcender les stigmates d’un passé douloureux. Ce sont les termes utilisés par Bouteflika à Sétif pour prononcer son discours deux jours après l’élection en France du socialiste François Hollande à la présidence de la République.
François Hollande sera-t-il le président français capable de remettre les relations algéro-françaises dans le sens qu’elles auraient dû prendre et garder?
Un nouveau président français, à quelques mois de la célébration du 50e anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, ne laisse pas indifférent, et c’est l’une des raisons qui plaident en faveur de l’adoption de gestes de réconciliation.
A Alger, on ne cache pas les bonnes relations qu’on entretient avec Hollande que ce soit au sein de l’Etat ou des partis. Dès le début du mois, le ton est donné par le patron du FLN, Belkhadem, lequel a estimé qu’il y aura un changement dans les relations franco-algériennes si le candidat socialiste François Hollande était élu président.
Désormais, le doute est dissipé. Il faudrait alors s’attendre à ce que les relations entre Alger et Paris soient plus apaisées et plus denses. D’ailleurs, Hollande s’est préparé à cette éventualité. Il était venu à la fin 2010 à Alger à l’invitation du FLN avec lequel il entretient de bonnes relations. Hollande a laissé entendre que la France officielle reconnaîtra les crimes de la colonisation. Une fois cet obstacle levé, il n’y a pas de raison pour que les relations ne connaissent pas une embellie, dit-on à Alger.
François Hollande est le parfait président qui agira dans ce sens, nous l’espérons. Il est d’accord pour donner à la mémoire une place dans les relations entre les deux pays. En plus de l’Histoire, les deux pays auront à renforcer leur coopération dans le domaine diplomatique car ils sont des voisins et la Méditerranée ne doit pas être perçue en tant que digue qui sépare les peuples voisins, mais plutôt un bassin de paix qui les réunit.
Un avant-goût de cette volonté est donné par la députée et ancienne ministre, Elisabeth Guigou, qui s’était rendue à Alger pour y rencontrer les électeurs français avant le scrutin en France. Mme Guigou a été reçue par le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci. L’entretien avait porté sur les relations franco-algériennes qu’elle souhaite redéfinir et renforcer. La rencontre n’était pas seulement d’ordre diplomatique. La ministre a condamné la colonisation et fait référence à l’amendement voté en 2005 par l’Assemblée nationale française et auquel le PS s’était opposé. Pour l’ancienne ministre de la Justice, la France s’inspire de ce qu’a fait l’Allemagne avec les pays de l’Est dans la coopération économique, c’est-à-dire concevoir un codéveloppement à une échelle plus large que ses propres frontières.
Mme Guigou a aussi insisté sur la richesse pour la France de ses binationaux. «Nous ne profitons pas assez de cette richesse extraordinaire que sont ces Français qui ont leurs racines ici, par exemple», a-t-elle affirmé. La députée socialiste plaide en faveur d’un développement commun aussi bien culturel qu’économique et social.
Pour ce qui est des mouvements migratoires, la responsable socialiste pense que «ce n’est pas en créant des lignes Maginot en Europe, une forteresse, que nous résoudrons le problème. Pour y arriver, il faut un codéveloppement pour permettre aux personnes de trouver du travail chez elles en Algérie et plus généralement chez elles en Afrique». En fait, elle ne fait que tracer une feuille de route à suivre par Hollande lorsqu’il s’agira d’améliorer ses relations avec l’Algérie. (L’Expression-16.05.2012.)

** le drapeau algérien à la Bastille après la victoire de François Hollande

 

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***Quand le cinéma amgérien s’exporte

deux courts-métrages algériens cette semaine sur sur la Chaîne télé France 3 et ARTE

Khouya de Yanis Koussim et Mollement… un samedi matin,  de Sofia Djama seront diffusés sur les chaînes de télé françaises .. Un scénario qui se perd par là (Ben M’hidi de Bachir Derrais), un film qu’on croit censuré en Algérie sans donner de preuve concrète et qui suscite autour de lui autant d’attachement que de répulsion et polémiques ni queue ni tête (El Gusto de Safinz Bousbia), des films fantoches réalisés ou pas dans le cadre du cinquantième anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, au milieu de ce tumulte anarchique qui caractérise notre environnement cinématographique en Algérie, heureusement que certains cinéastes algériens parviennent à tirer leur tête de cette mélasse, font et continuent à faire, bon gré et mal grés, des films, en Algérie, et ce bien qu’ils soient peu ou pas du tout vus dans le pays, car excepté les quelques festivals qui se comptent sur les doigts d’une seule main, et les avant-premières, ces films retournent souvent bredouilles dans les tiroirs. Boudés aussi- ils le sont par la télé – celle-ci même qui les aide parfois dans la production. Ces films ne sont, hélas, pas très connus et d’aucuns n’entendent même pas parler d’eux. Qu’à cela ne tienne! Si certains réalisateurs chevronnés sortent du lot et font immerger leur tête de ce mer de médiocrité stérile dans laquelle patauge notre culture, leurs films font les beaux jours des festivals internationaux à l’étranger et parviennent même à glaner des prix. Non déplaise à certains. Parmi eux on peut citer Yanis Kousim, auteur de plusieurs courts métrages et lauréats de nombreux prix. Son dernier film Khouya passera en soirée, le 2 février prochain, sur la Chaîne télé France 3, dans le cadre de l’émission «La nuit du court», émission spéciale dédiée à la nouvelle vague de cinéastes du Monde arabe. Pour rappel, Khouya est le récipiendaire de nombreux prix dont le plus prestigieux fut il y a deux ans à Locarno. Il a été aussi sectionné l’an dernier en compétition officielle au festival de Clermont Ferrand. Khouya a aussi obtenu le Grand prix a Corté et à Vaux en velin, Prix du public à Sao Polo, sans oublier une Mention spéciale à Besançon. Il a été en outre le coup de coeur de France Télévision en novembre 2011. Et il n’est pas le seul film qui passe sur les télés françaises. Mollement un samedi matin de Sofia Djama sera aussi diffusé le lendemain, soit le 3 février sur Arte, chaîne qui a financé en partie ce film. Un court métrage de 29 minutes qui concourt à l’heure actuelle au Festival de Clermont-Ferrand. Un film qui aborde un sujet socio-politique pourtant bien propre à notre pays. On a réellement le droit de se poser la question: pourquoi notre télévision ne passe pas nos courts métrages?. Une émission télé consacrée en ce genre de 7e très prisée par les Algériens a failli voir le jour, croit-on, l’an dernier mais ne s’est jamais concrétisée, et ce malgré tous les efforts consentis par la jeune cinéaste et journaliste Yasmine Chouikh, laquelle avait défendu mordicus ce projet, elle qui a tout fait aussi pour le festival du court métrage de Taghit avant que celui-ci mette la clé sous le paillasson, faute de sponsor, et surtout de gens viables et compétents qui croient en la culture dans ce pays. Un état de déliquescence qui témoigne de l’intérêt qu’on accorde au cinéma en Algérie, parent pauvre de la culture, a fortiori quand son financement s’apparente à une peau de chagrin. En attendant, on ne peut que souhaiter bon vent à nos films de l’autre côté de nos frontières. (L’Expression-28.01.2012.)

**El Gusto ou L’Algérie qui chante

«L’histoire les a séparés, la musique les a réunis»

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R&eacute;p&eacute;tition des chanteurs et musiciens d’El Gusto sous la direction d’El Hadi El Anka.<br /> » src= »http://www.elwatan.com/images/2012/01/14/culture1_822447_465x348.jpg » /></a></strong></span></p>
<p><span style=Ils ont chanté, dansé ensemble, juifs pieds-noirs et musulmans qui ne s’étaient pas rencontrés pendant cinquante ans jusqu’à ce qu’un jour, par le plus heureux des hasards, une jeune femme, Safinez Bousbia, forme le projet de les réunir.Deux concerts exceptionnels, les 9 et 10 de ce mois de janvier 2012, au Grand Rex de Paris, d’une grande émotion sincère et digne. Exceptionnels, ils l’ont été. Le qualificatif n’est pas exagéré, tant les 27 artistes présents sur scène et menés par Abdelkader Meskoud — le benjamin — ont réussi une communion entre eux, mais aussi avec la salle.

«Nous venons d’Alger, El Behdja et de La Casbah, la ville d’El Anka, de Lilli Boniche, de Lilli Labassi», lance dans un salut à la salle Abdelkader Meskoud. Ils ont vieilli, la plupart ont les cheveux blancs, mais ils n’ont rien perdu de leur joie de vivre, de chanter. Sans pathos, sans démonstrations déplacées, ils ont exprimé leur plaisir de se retrouver pour chanter ensemble Alger et La Casbah. Les deux concerts ont été dédiés à Brahim Gaoua, amputé d’une jambe, et à René Pérez, décédé en août, et Ahmed Benchaouch, décédé en juillet.

La musique chaâbie, c’est la musique des hommes et c’est une femme qui les a réunis, dira à juste titre Mohamed Ali Allalou, le populaire animateur de la Chaîne III des années 1980 et début 1990. Huit ans de travail et d’efforts ont abouti à la création de l’orchestre El Gusto qui a donné deux concerts lundi 9 et mardi 10 janvier, au Grand Rex de Paris, une grande salle parisienne mythique et chargée d’histoire, puisque c’est devant ses portes que de nombreux Algériens ont été tabassés et blessés par la charge des forces de la police parisienne un certain 17 Octobre 1961.

L’orchestre El Gusto se produira samedi à Bruxelles. Il est à rappeler que le 29 septembre 2007, le palais omnisports de Bercy avait réuni, à l’initiative du maire de Paris, Bertrand Delanoë, plus de 10 000 personnes, pour une soirée de Ramadhan, à un premier concert du groupe El Gusto nouvellement formé. La majorité du groupe vient d’Alger. Lundi 9 et mardi 10 janvier, ils ont été rejoints par Luc Cherki, Robert Castel et Maurice El Médioni. Le travail de Safinez Bousbia a aussi abouti à un film, qui est dans les salles depuis mercredi, qui raconte ces retrouvailles et à un CD de la bande originale du film. Un livre sur l’aventure El Gusto sera publié en mars prochain. Quand on les voit et entend sur scène, on comprend que le titre du film de Safinez Bousbia L’histoire les a séparés, la musique les a réunis, leur correspond parfaitement. Voire, on a le sentiment qu’ils ne se sont jamais quittés, tant leur complicité est éloquente, pas du tout surfaite. Comme lorsque Mohamed Ferkioui, boute-en-train du groupe, esquisse quelques pas de danse et entraîne Maurice el Medioni dans son élan, et qui s’achève par une accolade.

Le public sera aussi gratifié d’une belle démonstration de «hadi» de la part de Rachid Berkane, sous les youyous, rappelant ceux des femmes de La Casbah, cachées derrière les rideaux des fenêtres jouxtant la terrasse où les hommes étaient regroupés autour de la «tinda» de l’orchestre chaâbi. Encore une fois, la représentation est expurgée de pathos, et de la nostalgie, il y en a eu forcément, y compris dans le public, mais avec pudeur et sans étalage. Oui, la musique a réuni les amoureux de chaâbi de tous âges, ceux qui ont l’Algérie et sa capitale au cœur. Luc Cherki, Robert Castel, Maurice El Médiouni, Rachid Berkane, Cheikh El Yamine, Abdelkader Chercham ont repris avec leurs tripes les quacidate chaâbies devant un public de trois générations — pieds-noirs, musulmans et Français de France.

Ce dernier terme en référence à la chanson composée par Robert Castel, il y a quelques années, pour dire tout l’amour qu’il porte à sa terre natale : «Oh Français de France, écoutez cette musique, écoutez la différence… C’est mon père qui me l’a donnée… C’est tout mon passé qui chante et qui danse. C’est l’Algérie qui chante. C’est l’histoire de ma vie. Elle vient de mon père, qui est au ciel et à qui je dis merci». S’ensuit une longue ovation. A Lili Labassi, la chanson chaâbie doit des titres célèbres. L’artiste enflamme la salle qui tape des mains en cadence.

La ferveur était totale

Le concert commence par un morceau déclamé par un rabbin et un muedhin en hébreu et en arabe. Puis, des extraits du film documentaire consacré à El Gusto et ce superbe survol aérien d’Alger et de La Casbah. L’Algérie, et plus particulièrement Alger, n’a jamais été aussi louée, aussi chantée avec amour et tendresse que ces deux soirées des 9 et 10 janvier avec le chœur (cœur) des auditeurs. Ya dzaïr ya hbibti, ya zinet el bouldane par cheikh el Yamine, El Acima par Abdelmadjid Meskoud. Wahran el bahia par un de ses fils, Maurice El Médioni. Quand Abdelmadjid Meskoud déclame sa célèbre El acima, c’est le silence, le public savoure les paroles, les plus âgés, enfants d’Alger, hochent la tête quand l’artiste évoque la ville en perte de ses repères. «Ouled el bahdja, ouine».

Luc Cherki entame Ali yahab yelaab sport irouh lal Mouloudia, ali machhoura fi chamal Ifriqiya… Galia Mouloudia, c’était notre dimanche. Alger je ne t’oublierai pas. Là aussi, dans le public, parmi les plus âgés, des murmures approbatifs et des souvenirs significatifs. Puis, avant de chanter Je suis un pied-noir de là-bas, Luc Cherki rappelle qu’en 1955 il a quitté «le plus beau pays du monde, le pays où je suis né, La Casbah». Et il intercale «un refrain d’une chanson qui a bercé toute mon enfance», Lahmam lioualaftou m’cha ‘alaya. Fin du concert. Le public reste scotché, malgré l’heure tardive, il n’est pas pressé de quitter les lieux. Le temps n’a pas été compté, avec ces «papys» du chaâbi qui ont tenu en haleine, de bout en bout, un public conquis et ravi et qui en redemandait.

El Gusto entame la dernière chanson Ya rayah de Dahmane El Harrachi, reprise avec un succès retentissant par Rachid Taha. Lundi 9 et mardi 10 janvier 2011 au Grand Rex, c’était l’Algérie d’il y a cinquante ans. Et, à l’aube du cinquantième anniversaire de son indépendance, elle devra se souvenir qu’elle a été plurielle, que sa culture, sa musique ont été, et sont toujours partagées par des juifs pieds-noirs et des musulmans. Par Nadjia Bouzeghrane (El Watan-15.01.2012.)

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**El Gusto….  Plus qu’un film, une ode à une humanité retrouvée

 El Gusto, le film sorti le mercredi 11 janvier 2012, dans trois salles parisiennes et une en banlieue, est au-delà d’un simple témoignage documentaire sur une musique au tréfonds populaire : le chaâbi, qui est né dans la Basse Casbah d’Alger dans les années 1920, tend à devenir film, CD, et livre à paraître en mars, concerts à travers l’Europe aidant un véritable phénomène de société.La floraison d’articles de presse, d’interviews radio, de sujets télé (le 20h de TF1 !) rappelle, aux plus âgés, l’engouement et l’enracinement dans l’Hexagone ce qu’a été le raï dès 1986, après le festival de Bobigny qui révéla, à l’époque, au public français et franco-arabe, Khaled ou Mami. Durera-t-il dans le temps ? On peut le penser, à voir les foules de jeunes, mais pas seulement, qui se pressent dans les salles de concerts (voir l’article de Nadjia Bouzeghrane ci-contre). El Gusto (Le goût), le film, raconte tout à la fois la naissance et l’essor du chaâbi sous la houlette de son créateur premier, El Hadj M’hamed El Anka, mais va bien au-delà, se muant en une aventure aux accents d’une pleine humanité dès lors que sa genèse réveille une part de cette histoire culturelle commune, qui a lié juifs et musulmans d’Alger.

Le mérite en revient à une toute jeune femme, Safinez Bousbia, la trentaine, architecte de son état, originaire d’Alger et vivant à Dublin, et qui, un jour de 2003, a poussé — pour le meilleur — la porte d’une échoppe de La Casbah tenue par le miroitier-musicien, Mohamed El Ferkioni. L’intérêt pour la miroiterie s’est vite mué en passion pour ce genre chaâbi dont El Ferkioui est l’un des dépositaires d’une formidable mémoire. Subjuguée, les quatre heures d’entretien dans l’échoppe vont déclencher une incroyable ouverture aux accents humains autant que musicaux. Car, la jeune Safinez va se lancer dans une entreprise au long cours qui va s’étaler sur plusieurs années.

Cela commence par la recherche de cette trentaine de chanteurs et musiciens disséminés au gré des vents de l’histoire… Les Algériens de La Casbah, relégués dans la périphérie suite à la dégradation des habitations et à l’arrivée massive des «blédards» après 1962, et ces juifs si fortement intégrés et que les aléas de l’histoire ont déposés sur l’autre rive de la Méditerranée. Le film tisse d’abord la toile des connections en plongeant dans les souvenirs des uns et des autres qui, nostalgie aidant, font revivre une grande part de l’histoire algérienne du chaâbi qui, non content d’inscrire une musique populaire dans le patrimoine national, révèle les entrelacs sémantiques d’une langue, la dardja, aux contours et au souffle d’une poésie qui aurait dû pénétrer beaucoup plus fortement l’école algérienne, quand de plus l’arabe du Moyen-Orient demeure un élément exogène à la culture proprement algérienne…

Mais cela est une autre histoire qui met en cause des choix stratégiques culturels et linguistiques sur lesquels il y aurait beaucoup à dire… Entrelacement de témoignages tantôt teintés d’émotion, tantôt frappés du sceau de l’humour algérois, El Gusto, le film, culmine dans ces moments de rencontres physiques (l’arrivée des Algériens à Marseille retrouvant leurs «frères» juifs pour un premier concert donné au Gymnase). Et là, c’est le miracle de l’alchimie, lorsqu’une phrase musicale est tout de suite reprise dans une harmonie qui n’a jamais disparu, malgré un demi-siècle de séparation… S’il existait une référence cinématographique et musicale, ce serait évidemment l’aventure du «Buena Vista Social Club», ce «son» de La Havane immortalisé par la caméra de Wim Wenders.

Et, El Gusto de Safinez Bousbia n’a rien à envier au travail pourtant très fouillé du cinéaste allemand. Ce qui ressort aussi de l’œuvre de la documentariste, c’est qu’au-delà des individus filmés, La Casbah, elle-même, devient un personnage central du récit, dont les images hésitent entre sa célébration et sa désolation, née des décombres et des ordures qui la caractérisent en 2011. Aussi, qu’un hommage soit rendu à cette jeune Algérienne soucieuse de mémoire, et dont seule la détermination a permis de surmonter tous les obstacles inhérents à un tel projet. En effet, le premier concert d’El Gusto devait se dérouler à Alger…

malheureusement les autorités publiques en ont décidé autrement. Ce qui est dommageable, c’est qu’en Algérie, on est si prompt à dénoncer les méfaits du colonialisme et de la guerre — à juste titre au demeurant — et qu’on ne soit pas capable de louer les moments de fraternité, même s’ils se sont inscrits en pointillés. A notre connaissance, aucun juif de «Djamaa Lihoud» n’a fait partie des tristement célèbres commandos «Delta» de l’OAS. (El Watan-15.01.2012.)

**en France, il y a 66.000 immigrés algériens « très diplômés »– (masters, grandes écoles et doctorat).

Parmi les quelques 700.000 « très diplômés » étrangers que compte la France, 66 000 sont des algériens, soit environ 10%.

L’Algérie partage, selon l’étude réalisée par le Secrétariat général de l’immigration français, la première place avec le Maroc qui compte le même nombre de diplômés. Vient en seconde place la Tunisie avec 26 000 « très diplômés » (masters, grandes écoles et doctorat).

La même étude précise que sur l’ensemble des étudiants entrés en France en 2002, un tiers y est toujours présent. Ils «semblent s’installer durablement en France, soit qu’ils se sont mariés, soit qu’ils ont trouvé un emploi, soit qu’ils détiennent encore, pour 10% d’entre eux, un titre de séjour étudiant », précise l’enquête reprise par AFP. L’étude ne prend pas en compte les personnes nées françaises mais de parents étrangers en raison de l’interdiction des statistiques ethniques

Il est à noter que cette étude est rendu public quelques jours seulement avant la publication, la semaine prochaine, d’une circulaire portant assouplissement de la délivrance du permis de travail à certains étudiants étrangers «hautement qualifiés». Cette circulaire intervient après plusieurs mois de mobilisation d’étudiants étrangers, appuyés par des présidents d’universités et des chefs d’entreprises, qui étaient menacés d’expulsion au terme de leur formation. Au total la France compte 6,24 millions de « très diplômés » et 41,3% des doctorants sont étrangers.

Les effectifs de pays d’Afrique (hors Maghreb), précise la même étude, sont «assez faibles» alors que certains pays sont au contraire «surreprésentés ». (El Watan-06.01.2012.)

**Laminées par la crise de la zone euro..Les entreprises françaises veulent se renforcer en Algérie

        **Une délégation du MEDEF en Algérie

 Le marché algérien semble tout désigné, aux yeux des entreprises françaises et européennes, pour être l’alternative par excellence au ralentissement dû à la crise qui commence à toucher l’économie réelle en Europe.

Interrogé lors d’une conférence de presse animée conjointement, hier à Alger, par le président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Réda Hamiani et le coprésident du Conseil d’affaires algéro-français du Medef, Jean-Marie Dauger, ce dernier est revenu sur la crise de la dette dans la zone euro en affirmant que «l’économie réelle commence à ressentir les effets préjudiciables de cette crise, bien que celle-ci concerne en premier lieu l’endettement des Etats». Selon lui, les entreprises françaises, qui ont peur de voir leurs profits remis en question ou leurs investissements ralentis, vont certainement se tourner vers les régions économiques présentant des opportunités plus importantes «en raison de leur fort potentiel de croissance». Même son de cloche du côté d’Ubifrance, l’agence française pour le développement international des entreprises.

Selon l’adjoint du directeur de la mission économique, Jean-Charles Hirondel, «le Maghreb et particulièrement l’Algérie sont aujourd’hui une priorité pour les entreprises françaises». Hier, en marge d’une rencontre entre opérateurs français et algériens, M. Hirondel a déclaré que «les entreprises de l’Hexagone sont plus enclines à prospecter le marché algérien malgré certaines conditions réglementaires, à l’image de la règle des 51/49». L’invité du FCE, M. Dauger, ne manquera pas de souligner, à ce propos, que ces entreprises sont obligées de s’adapter au contexte juridique algérien. Tout en présentant l’Algérie comme étant l’un des pays du Maghreb où il fait bon investir, malgré tout ce qui est dit sur l’environnement des affaires, il fera remarquer que «ce n’est pas aux entreprises de déterminer le cadre dans lequel elles travaillent». Et d’ajouter : «Non seulement elles ne s’en plaignent pas, mais elles l’acceptent et s’en accommodent.» (El Watan-13.12.2011.)

**Les entreprises françaises «doivent s’installer dans la durée»

Les entreprises françaises doivent «s’installer dans la durée» sur le marché algérien, a indiqué hier à Alger le président du Conseil des chefs d’entreprises France-Algérie de Medef international, Jean-Marie Dauger. «La présence d’une délégation des chefs d’entreprises françaises en Algérie marque un intérêt réel pour le marché algérien et témoigne de la volonté des entreprises françaises à aller plus loin dans leurs partenariats. Il faut qu’on s’installe dans la durée», a-t-il déclaré au cours d’un point de presse tenu à l’occasion d’une rencontre économique organisée par le Forum des chefs d’entreprises (FCE) et le Medef International (patronat français). Jean-Marie Dauger a affirmé au cours de cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre des activités de ce Conseil d’affaires, que la nouvelle politique économique de l’Algérie dont les principaux axes ont été tracés dans la loi de finances complémentaire 2009 «ne gêne nullement» les entreprises françaises. Pour le numéro deux de la plus importante organisation patronale française, les entreprises françaises «s’accommodent » à cette nouvelle réglementation qui a redéfini le cadre juridique des sociétés à capitaux étrangers désireuses de s’installer en Algérie. «Il n’y a pas de constat d’échec. Au contraire, de nombreux partenariats se sont noués et concrétisés depuis la promulgation de cette loi (instaurant la règle 49/51% régissant l’investissement étranger en Algérie) relativement récente», a-t-il soutenu, citant pour exemple le partenariat dans le domaine de la gestion de l’eau potable avec la Seaal, la gestion de l’aéroport international d’Alger avec les aéroports de Paris (ADP) ou encore la réalisation du tramway d’Alger. Soulignant la disponibilité des entreprises de son pays à «développer de nouveaux partenariats» avec les entreprises algériennes, Jean-Marie Dauger a appelé les deux parties à travailler «dans la complémentarité». Selon ce responsable, la mission du Conseil d’affaires est de travailler pour que les perspectives de coopération et de partenariat entre les hommes d’affaires des deux pays s’améliorent encore davantage. «Nous devons nous rapprocher et apporter les informations attendues aux chefs d’entreprises et les rassurer pour expliquer que l’Algérie représente beaucoup d’avantages, car il y a la proximité géographique et la facilité linguistique. Des atouts que nous devons utiliser au profit de nos entreprises», a-t-il souligné. Les entreprises françaises, a-t-il poursuivi, sont présentes en Algérie dans «des secteurs extrêmement diversifiés générant pas moins de 35 000 emplois directs et 100 000 indirects». De son côté, le président du FCE, Reda Hamiani, a affirmé que cette rencontre vise à «renforcer la confiance entre nos entreprises» et «débattre de l’actualité de notre cadre organisationnel et des changements réglementaires intervenus» en vue «d’influer positivement sur l’évolution qualitative et quantitative de notre partenariat». Il a estimé que la règle 49/51% «ne constitue pas un obstacle», et que des «résultats probants » pour les deux parties peuvent être obtenus. «Les entreprises françaises qui ont une croissance nulle dans leur environnement, recherchent en Algérie cette relance de croissance. L’Algérie peut les accueillir et elles peuvent promouvoir des investissements en partenariat», a-t-il avancé. La délégation du Medef international, conduite par Jean Marie Dauger, qui est également directeur general adjoint de Gaz de France Suez, a entamé, hier, une visite de deux jours en Algérie. Elle est «composée d’une soixantaine de dirigeants de grandes entreprises et de PME françaises» opérant dans différents secteurs, notamment les banques, les assurances, les finances, le conseil et la formation, l’énergie, les transports, les nouvelles technologies, l’ingénierie, l’eau, le BTP et l’industrie. Outre des rencontres avec des operateurs économiques algériens, elle sera reçue par plusieurs ministres et hauts responsables de différents secteurs économiques. (Le Courrier d’Algérie-13.12.2011.)

**colloque sur «L’Algérie et la France au XXIe siècle»

Nos relations ne doivent pas se limiter aux seuls courants d’affaires

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Jean-Pierre Chev&egrave;nement, pr&eacute;sident de l&rsquo;Association France-Alg&eacute;rie.<br /> » src= »http://www.elwatan.com/images/2011/12/26/eco5_797535_465x348.jpg » width= »396″ height= »288″ /></a></strong></span></p>
<p><span style=Jean-Pierre Chevènement, président de l’Association France-Algérie.

Les caprices de certains chefs d’Etat, les lobbies malveillants, les surenchères politiques, notamment à l’approche d’échéances électorales, les préjugés raciaux, le repli sur soi et le manque d’offensive médiatique de la part des Algériens ont été cités parmi les facteurs qui ont causé le plus de tort aux relations entre l’Algérie et la France.

Si le colloque sur «L’Algérie et la France au XXIe siècle», qui s’est tenu, à l’initiative de l’Association France-Algérie, le 17 décembre dernier à l’Assemblée nationale française, n’a pas eu le temps de mettre en évidence toutes les entraves aux bonnes relations de voisinage auxquelles nos deux peuples sont en droit de prétendre, les conférenciers et les nombreux intervenants à l’occasion des débats ont tout de même réussi à mettre le doigt sur un large faisceau d’obstacles et d’incompréhensions qui entravent les processus de refondation que des associations et des personnalités de bonne volonté ont, à de nombreuses occasions, tenté d’engager pour améliorer ou, à défaut, empêcher la détérioration des relations entre nos deux pays dont les intérêts communs convergent à beaucoup d’égards.

Le processus de refondation en question consiste à instaurer une politique humaniste de bon voisinage basée sur le respect de l’indépendance et la souveraineté des Etats, l’essor des courants d’affaires, la libre circulation des personnes et la coopération dans autant d’activités utiles que possibles.

Il ressort des interventions de personnalités aussi compétentes et ouvertes d’esprit que les hommes de lettres Boualem Sansal, Rachid Boudjedra, Malek Chebel, Michèle Gendreau Massaloux, les élites politiques, Jean-Pierre Raffarin, Sid Ahmed Ghozali, Jean-Pierre Chevènement, Lakhdar Brahimi, Cherif Rahmani, Bariza Khiari, les hommes d’affaires Issad Rebrab, Laurent Dupuch, Samir Karoum, Benoit Richard et les journalistes de renom Omar Belhouchet, Jean-Pierre Elkabbach, Jean Daniel et Régis Debray, que l’Algérie et la France sont, de par leur passé, leur présent, le partage d’une mer commune (la Méditerranée) qui draine depuis des millénaires des courants d’affaires, de cultures et de civilisations, sans oublier de citer l’usage courant de la langue française par une très large frange de la population algérienne, faites pour s’entendre et entretenir une coopération durable et multiforme.

Ce très large spectre d’avantages propice au développement d’une coopération exemplaire et fructueuse pour nos deux pays n’est, malheureusement, pas mis à profit ou, en tout cas pas assez, pour être à la hauteur des attentes de nos deux peuples. Les caprices de certains chefs d’Etat, les lobbies malveillants, les surenchères politiques, notamment à l’approche d’échéances électorales, les préjugés raciaux, le repli sur soi et le manque d’offensive médiatique de la part des Algériens et, enfin, les intérêts économiques étroits et encore fortement empreints de mentalité coloniale, ont été cités parmi les facteurs qui ont causé le plus de tort aux relations entre l’Algérie et la France. L’exacerbation de ces contraintes au gré du temps et des conjonctures est de nature à décourager toute volonté de refondation positive de ces rapports durant le siècle en cours, redoutent certains intervenants parmi les plus actifs de l’Association France-Algérie.

Révolutions arabes

Un siècle qui de surcroît complique davantage les relations du monde occidental avec le monde arabe, traversé depuis peu par des révolutions qui ont mis le pied à l’étrier aux partis islamistes qui gouvernent aujourd’hui pratiquement tous les pays du Maghreb et du Moyen-Orient (exception faite de l’Algérie dont on attend sans trop d’illusions le résultat des prochaines législatives). Quelles relations entretiendront ces gouvernants d’obédience islamiste avec la France «coloniale et impie» et quel type d’influence auront-ils sur les millions d’émigrés installés dans l’Hexagone ? Quelles relations la France devrait-elle développer avec ces nouveaux régimes qui ont, pour certains, déjà proclamé leur ferme intention d’instaurer la charia, pour les contraindre à respecter les principes sacro-saints de la démocratie ?

Partis d’extrême droite

Les partis d’extrême droite européens et, notamment, français pourraient en conséquence brandir le spectre du «péril vert» et inciter leurs gouvernements respectifs à compliquer encore davantage l’octroi de visas en faveur des pays musulmans, notamment ceux du Maghreb avec lesquels ils entretiennent d’étroites relations. Dans un pareil contexte, il sera évidemment très difficile pour les partis progressistes français de mettre en exergue des réformes humanistes et, encore moins, de les imposer en tant que programmes d’action soutenus par une large frange de la population française.

Les conférenciers, notamment les hommes d’affaires, ont également été nombreux à relever le riche potentiel d’investissements possible entre nos deux pays, dans les domaines économique et social, mais aussi et surtout, dans celui de la formation qualifiante où il y a énormément à faire.

L’Algérie est effectivement un pays qui a l’avantage de bénéficier d’atouts considérables à divers niveaux : position géostratégique, ressources énergétiques, minières, hydrauliques et agricoles ainsi que la disponibilité d’une jeunesse nombreuse et relativement bien instruite mais en attente de formations qualifiantes pour mieux servir l’économie et la société en général. Ses avoirs financiers conséquents (près de 200 milliards de dollars de réserves de changes) constituent également un gros avantage, notamment à l’heure où la France éprouve de très graves problèmes d’endettement et d’insuffisance de liquidités. Il y a donc là matière à bâtir un fructueux partenariat entre la France, qui a l’avantage de la maîtrise des technologies, et l’Algérie, qui cherche à faire fructifier sur les bases d’une coopération saine et sans arrière-pensées coloniales ses nombreux atouts.

énormes potentialités

Même si quelques fructueux partenariats ont pu être mis en œuvre au cours de ces dernières années, ils restent malheureusement insignifiants au regard de ce que nos énormes potentialités recommanderaient de faire. Le groupe privé algérien Cevital pourrait, à titre d’exemple, à lui seul, offrir plus de dix milliards d’euros d’opportunités d’affaires à des partenaires étrangers pour donner corps à ses grands projets d’investissement dans la construction du port de Cap Djinet, la réalisation d’une usine de fibres synthétiques, d’une usine de fabrication automobile et autres, selon Issad Rebrab dont le bilan a, du reste, suscité l’admiration de l’assistance et, notamment, celles des hautes personnalités françaises.

Les entreprises françaises Alstom et Suez offrent déjà près de 2000 emplois en Algérie et les partenariats en cours avec des entreprises locales promettent de recruter encore plus d’Algériens et, mieux encore, de réaliser des équipements industriels en Algérie (locomotives et wagons de tramway, stations d’épuration, etc.). Si quelques personnalités politiques, à l’instar de Jean-Pierre Raffarin, Sid Ahmed Ghozali, Jean-Pierre Chevènement et Chérif Rahmani ont évoqué les aspirations pressantes des Algériens à la démocratie, aucune voix ne s’est cependant élevée pour rappeler à nos gouvernants leurs promesses de réformes démocratiques et encore moins pour s’inquiéter du déroulement des élections législatives qui auront lieu dans à peine 5 mois, sans qu’aucune des lois promises ne soit promulguée à ce jour. Tout semble être fait pour assurer la victoire des partis de l’actuelle Alliance présidentielle et faire barrage à toute velléité de changement systémique. (El Watan-27.12.2011.)

** Medelci en visite à Paris

Les réformes en Algérie, les mutations politiques survenues et en cours au Maghreb et au Moyen-Orient ont été autant de questions abordées au palais Bourbon.

Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a été reçu hier par son homologue français, Alain Juppé. Outre les domaines d’enseignement, de formation professionnelle, des échanges économiques et culturels, ils ont également évoqué des sujets de l’actualité régionale et internationale, en l’occurrence les mutations politiques survenues et en cours au Maghreb et au Moyen-Orient.
Mourad Medelci s’est également exprimé, durant la matinée d’hier, devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, au palais Bourbon.
Interrogé sur plusieurs questions intéressant tant les réformes politiques menées en Algérie que les relations bilatérales, le chef de la diplomatie algérienne est revenu sur les évolutions enregistrées dans le pays depuis 2000, année à partir de laquelle, a-t-il souligné, des réformes profondes ont concerné des domaines cruciaux tels que l’école, la justice, l’économie et les finances. Il a soutenu que le processus de réformes sera consolidé à partir du second semestre 2012, soit après la révision de la Constitution.
Car, a-t-il précisé, de nouvelles dispositions et amendements seront introduits pour situer au plus haut niveau de la hiérarchie des textes, les options annoncées par le chef de l’Etat en avril dernier.
Le ministre a fait savoir que le Président Abdelaziz Bouteflika a consacré son troisième mandat au renforcement des institutions républicaines et de l’Etat de droit. Il a souligné que la paix et la stabilité avaient été rétablies et la croissance avait connu des résultats très encourageants et très clairement perceptibles par les Algériens.
Pour ce qui est des réformes engagées durant l’année en cours, il a noté que le président de la République a largement répondu, en avril dernier, aux attentes des citoyens au plan politique et économique afin de leur apporter de meilleures réponses.
Au plan bilatéral, Medelci s’est félicité de la dernière visite à Alger du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui, a-t-il affirmé, «a pu apprécier à la fois l’ampleur des réformes engagées, mais également la volonté du gouvernement algérien de bâtir ce partenariat d’exception souhaité par le président Sarkozy dès 2007». Mourad Medelci a fait savoir que les consultations régulières entre les responsables des deux pays sont un signe très encourageant. «Nos approches sur les crises qui secouent le monde et sur les mutations enregistrées notamment autour de la Méditerranée, nous donnent l’occasion de renforcer nos convergences et de mieux comprendre nos positions respectives sur certains sujets qui restent d’actualité comme la mémoire», a argué le ministre. Pour ce qui est des relations algéro-libyennes, Medelci a déclaré que le chef des nouvelles autorités libyennes, Mustapha Abdeljalil, effectuera bientôt une visite en Algérie. «Je confirme que le président Abdeljalil sera très bientôt en Algérie», a-t-il assuré. Medelci et Juppé en sont à leur troisième rencontre.(L’Expression-08.12.2011.)

**Le ministre de l’Intérieur français est venu à Alger les mains vides.

         Les dessous de la visite de Guéant à Alger

Les responsables français ont souvent parlé de l’avancée de certaines négociations, mais jamais évoqué les accords en attente de leur signature.

Le ministre de l’Intérieur français est venu à Alger les mains vides. Les valises aussi…. M. Guéant est venu discuter à Alger. Pas de délégation, pas d’accord en vue. L’on évoque, par contre, des contentieux entre Alger et Paris dont d’autres avant lui ont inauguré des négociations qui n’ont pas abouti à grand-chose.
L’enjeu, évidemment, est autour de l’immigration dans laquelle l’Algérie semble prendre, au regard de l’Hexagone, la plus grande importance.
Parallèlement à la politique française de traitement bilatérale de la question migratoire, l’Union européenne, par le biais de l’accord de décembre 2005, enjoint aux États membres de se mettre en conformité avec ses décisions qui se résument en trois grands axes. L’organisation de la migration légale, lutte contre l’immigration clandestine et, enfin, la promotion du lien entre la migration et le développement des pays d’origine des migrants.
Depuis son élection, le président français, Nicolas Sarkozy, a adopté une politique intensive et volontariste en la matière en procédant à la signature de plusieurs accords bilatéraux avec des pays d’Afrique francophone dont la Tunisie. Mais depuis l’accord signé avec le Cameroun 2009, c’est le blocage. Une panne dont Paris accuse particulièrement Alger de bloquer les négociations autour de la convention de 1968. Ce qui n’a pas été le cas avec le Maroc qui ne bénéficie pas d’un tel accord (1968) où la France a donné mandat à la Commission européenne pour négocier l’accord de réadmission. Avec l’Algérie, la France insiste et se fixe exclusivement sur la révision de l’accord de 1968 qui a subi des modifications à deux reprises, en 1985 et 2001. Un mobile qui va servir des années durant pour justifier la panne… du côté français.
En accusant ainsi Alger, les autorités françaises, Présidence et ministère de l’Intérieur, tentent, par ce détour, de taire les non-dits et de donner les vraies raisons du blocage qui incombent foncièrement à la partie française. Les responsables français, y compris l’ambassadeur à Alger, ont longuement parlé de l’avancée des négociations, mais jamais évoqué les accords conclus en attente de leur signature. Cela est dû, vraisemblablement, à des considérations de politique interne. Idéologiques aussi. Car comment expliquer autrement les accords entre la France et les pays des Balkans d’où sont exclus pour le moment deux pays, la Bosnie et l’Albanie. Deux pays à majorité musulmane. À partir de là, quand bien même l’Algérie voudrait avancer sur “ces contentieux”, elle ne pourra le faire seule. Raisons véritables pour lesquelles les négociations patinent.
L’Algérie a bien signifié à Sarkozy, Guéant et Hortefeux avant lui que l’accord de 68 ne concernait que les Algériens établis en France et qu’il ne concerne pas les Français installés en Algérie. La France, qui réclame le principe de réciprocité, veut réviser cet accord afin d’y intégrer les Français établis à Alger. Réponse d’Alger : pourquoi pas un accord spécifique, comme celui de 68 pour les Français ? Bien entendu, l’Algérie veut garder les avantages de cet accord, notamment les conditions d’installation des Algériens en France, le regroupement familial, la possibilité de demander une carte de résidence sur la base d’un visa court séjour, etc. La France refuse évidemment “l’offre” sans concession aucune.
Et c’est ce contexte que
M. Guéant évoque dans la presse des accords, alors qu’il ne va signer aucun. Pourquoi alors cette visite ? Pour les observateurs, cette visite est intimement liée à l’agenda politique français. La présidentielle de 2012. L’accueil réservé à Alger au candidat aux primaires socialistes et candidat du PS pour 2012, François Hollande, n’est pas fait pour agréer Sarkozy. Bien au contraire, cela a dû déranger et gêner énormément à l’UMP qui pourrait y voir une prise de position et un soutien au PS avec le risque que cette position influe sur l’électeur d’origine maghrébine. Un potentiel de voix susceptible de devenir déterminant dans un score serré. Ainsi, le but de la visite de Claude Guéant est de faire oublier le passage de Hollande à Alger.
Mais dans la conjoncture actuelle, cette visite risque de fausser, par ses effets, les calculs de l’Élysée. Il y a d’abord, pour entre autres raisons, la personne et la personnalité de l’hôte d’Alger. En venant à place Beauvau, Claude Guéant a repris et fait sien le discours et déclarations à la limite racistes, de son prédécesseur, Hortefeux, stigmatisant les étrangers, principalement les Algériens et les Maghrébins. Quid des débats sur la laïcité et l’identité. Le dernier est celui où il refuse le vote des étrangers “extracommunautaires” aux municipales. Le sentant sur son terrain de chasse électorale, Marine Le Pen, du Front national, l’a invité à s’éloigner de “son électorat”. Ces déclarations sont également mal perçues à Alger. Ensuite, vient le fait que M. Guéant est venu seul, sans dossier. A-t-il omis ou refusé de se faire accompagner de responsables de son département qui sont d’origine algérienne ? Et il n’en manque pas. Ce qu’il n’a pas manqué de faire lors de ses déplacements à Tunis et Rabat. Cette omission équivaut en diplomatie à un impair. En venant chercher le soutien d’Alger pour le candidat UMP, Claude Guéant aurait dû prendre toutes les précautions pour éviter de créer d’autres “contentieux”. Et c’est pourtant, selon les observateurs, le cas. (Liberté-05.12.2011.)*

**Réactions d’internautes:

*Arretez de dire n’importe quoi… l’Algérie est un état independant qui a des personnes qualifiées pour gérer sa politique étrangére, n’oubliez pas que c’est cette diplomatie qui a négocié les accords d’évian et le président était déjà là, alors un peu d’humilité… et que les Français décident chez eux… même en matiére d’immigration ..cela ne regarde que leurs citoyens et meme ceux qui sont d’origine étrangére comme sarko ou zidane… c leurs affaire pas la notre occupons nous des nôtres.

.*hoho…Nicolas Sarkozy est lui même Français d’origine Hongroise .Alors pourquoi tout ce tintamarr..e A t il subi l’insertion ? Alors que l’une des personnaltés les plus en vue etait Zineddine Zidane il y a quelque temps.il est redevenu aujourd’hui Français d’origine algerienne.. Moi je souhaite que Sarkozy gagne les élections de 2012 , comme cela apres avoir mis la France à genoux pendant cinq ans , il va la mettre à plat ventre cinq ans après.

 **Le ministre français de l’Intérieu à Alger le 4 décembre 2011.

Cette visite attendue est très significative

Cette visite du ministre français de l’Intérieur, qui intervient avec un avant-goût de campagne électorale, permettra aux deux pays de remettre sur la table beaucoup de dossiers sensibles

**Guéant aujourd’hui à Alger…et Medelci mercredi prochain à Paris

Au moment où le MAE algérien, Mourad Medelci, se prépare pour prononcer un discours, mercredi prochain, devant l’assemblée nationale française, sur les réformes politiques engagées par le pouvoir algérien qui ne semblent pas satisfaire les partenaires d’Alger, le ministre français de l’intérieur, Claude Guéant, est attendu ce dimanche à Alger.

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Dans ce sens, le ministre des AE, M. Mourad Medelci, qui a reçu, le week-end dernier, le secrétaire général du Quai d’Orsay, est prévu mercredi prochain à Paris, où il s’entretiendra avec son homologue, Alain Juppé. Il compte prononcer un discours sur les réformes politiques engagées par Alger, devant les députés français. A relever que lesdites réformes n’ont pas été bien accueillies par les puissances occidentales. Il est tout à fait clair que les politiques algériennes nécessitent la caution des occidentaux …. Bien que sur le plan interne, la majorité des acteurs politiques estiment que lesdites réformes sont sorties de leur contexte initial. L’appel d’Alain Juppé adressé aux autorités algériennes les incitant à approfondir les réformes a semé le doute au sein des milieux officiels en Algérie, qui laissent entendre qu’ils n’ont pas besoin d’une caution étrangère. Pour sa part, le parti au pouvoir en France, dirigé par Sarkozy souhaite recevoir des signaux de la part de l’Algérie, qui peuvent soutenir le président sortant à remporter les présidentielles de 2012. (El Khabar-03.12.2011.)

 

***Les réformes en Algérie impressionnent la France

La visite de Claude Guéant à Alger a permis aux deux pays de mettre en place une feuille de route qui permettra la relance des relations algéro-françaises.

Les réformes politiques engagées par l’Algérie impressionnent la France. C’est en ces termes que Claude Guéant, ministre français de l’Intérieur, a apporté l’appui de son pays aux réformes décidées par le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika. Le ministre français s’est dit convaincu que les projets adoptés ou ceux qui font l’objet de débat au Parlement vont apporter un plus à la démocratie en Algérie. «J’ai été très impressionné, je dois dire, par la description que m’a faite le ministre de l’Intérieur de tous les textes qui ont été soit déjà adoptés, soit présentés au Parlement afin de donner un supplément de démocratie à l’Algérie», a-t-il avoué lors d’une conférence de presse co-animée, hier, à la résidence El-Mithak, avec son homologue algérien Daho Ould Kablia.
Le représentant du gouvernement français a affirmé que les chantiers politiques en Algérie méritent d’être encouragés dans la mesure où ils viennent répondre aux préoccupations des Algériens. Ces «nombreuses» démarches vont dans «le sens des préoccupations qui se sont manifestées dans la population algérienne», a-t-il souligné. Et d’insister: «C’est profondément encourageant.»

La relance des relations bilatérales
La visite de Claude Guéant à Alger a permis aux deux pays de mettre en place une feuille de route qui permettra aux collaborateurs des deux rives, de poursuivre le travail entamé hier, afin de donner un autre élan à la relance des relations algéro-françaises. «Nous avons convenu que nos collaborateurs poursuivent les discussions de manière plus poussée, aussi bien en France qu’en Algérie, dans les prochaines semaines», a déclaré M. Ould Kablia.
Les deux ministres ont affirmé la volonté des deux pays de donner un élan nécessaire à la relance des relations bilatérales dans tous les domaines pour en faire un partenariat d’exception tel que souhaité par les deux chefs d’Etat. «Nous sommes déterminés, conformément au souhait exprimé par les présidents algérien et français, à donner l’élan nécessaire à la relance de nos relations dans tous les domaines, sachant que les relations entre les départements de l’Intérieur des deux pays concernent des problèmes extrêmement complexes», a-t-il ajouté. Quant à M. Guéant, il a insisté sur le fait que les deux pays sont liés par un partenariat d’exception. Et de souligner la possibilité de fixer un «certain nombre d’objectifs supplémentaires» à la coopération. «Nous pouvons améliorer encore cette coopération. Une rencontre telle que celle que nous venons d’avoir permet aussi davantage de compréhension entre les gouvernements et, par conséquent, entre les deux pays», a-t-il relevé. Pour y parvenir, M. Ould Kablia a affirmé avoir abordé avec son hôte toutes les questions essentielles et les sujets complexes relatifs à la sécurité, à la circulation et à l’installation des personnes et leur séjour. Toutefois, les deux responsables n’ont pas donné plus de détails quant aux actions concrètes que les «collaborateurs» algériens et français vont entreprendre «très prochainement».

L’immigration et les accords de 1968
Quant au sujet de l’immigration et la révision des accords de 1968 signés entre les deux pays sur la circulation des personnes, le ministre français a annoncé qu’une autre réunion pour relancer les négociations est prévue «dans une très brève échéance». Il affirme que la signature par l’Union européenne d’un pacte sur l’immigration ne remet pas en cause les accords bilatéraux.
«Un pacte sur l’immigration a été conclu entre les 27 membres en 2008. Ce pacte maîtrise l’immigration, ne la ferme pas. Il y a des directives concernant l’asile politique, mais il reste de la place, bien entendu, pour les négociations bilatérales et notamment aux accords tellement spécifiques comme ceux qui nous unissent à l’Algérie», a t-il rassuré.

Le rôle de la Grande Mosquée de Paris
Le ministre Ould Kablia a manifesté le souhait de laisser la Grande Mosquée de Paris, sous tutelle algérienne, jouer son rôle historique de lieu de rayonnement religieux, moral et culturel. Sur ce sujet son homologue français affirme que la Gmdp a une place «toute particulière dans l’islam de France», ajoutant que «son autorité morale a un rayonnement considérable et le recteur de la mosquée a une place à part dans l’organisation de l’islam en France».
Quant aux «divergences» au sein du Conseil français du culte musulman (Cfcm), une organisation de droit français, il affirme que la question de la représentativité des musulmans au sein du Cfcm pose problème. Il a affirmé avoir arraché l’accord de toutes les organisations représentatives des musulmans de France afin de définir de nouveaux critères pour la représentativité et en finir avec le critère des mètres carrés dans les mosquées.
Quant au sort du traité d’amitié qui devait être signé entre les deux pays, l’invité de l’Algérie affirme que les traités se traduisent sur le terrain et non pas sur papier. (L’Expression-05.12.2011.)

**Claude Guéant :

 « La France et l’Algérie ont un partenariat d’exception … »

Le ministre français de l’Intérieur, M. Claude Guéant, est arrivé dimanche à Alger pour une visite officielle. M. Guéant a été accueilli à son arrivée à l’aéroport international Houari Boumédiène par le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales, M. Dahou Ould Kablia.

 

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« La France et l’Algérie ont un partenariat d’exception auquel nous avons donné une densité nouvelle depuis 2010 », a déclaré M. Guéant à son arrivée à l’aéroport international Houari Boumediene. Rappelant les visites effectuées par des ministres du gouvernement français en Algérie ces derniers mois, M. Guéant a précisé qu’il abordera lors de ses entretiens avec son homologue algérien « tous les sujets » intéressant les ministères de l’Intérieur des deux pays. Il a ajouté que les discussions porteront également sur la situation prévalant dans la région du Sahel « qui constitue pour nous, a-t-il dit, une préoccupation, notamment avec le problème des otages qui sont capturés et détenus dans cette région ». « Je crois qu’il faut être très vigilant sur la sécurité de cette zone car il y va de l’intérêt collectif », a-t-il relevé. Pour sa part, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M.Daho Ould Kablia, a affirmé dimanche à Alger que l’Algérie et la France sont déterminées à donner « l’élan nécessaire » à la relance de leurs relations bilatérales, « Nous sommes déterminés, conformément au souhait exprimé par les présidents algérien et français, à donner l’élan nécessaire à la relance de nos relations dans tous les domaines, sachant que les relations entre les départements de l’Intérieur des deux pays concernent des problèmes extrêmement complexes », a déclaré M. Ould Kablia lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre français de l’Intérieur, M. Claude Guéant, à l’issue de leurs entretiens.Ces problèmes complexes concernent les dossiers, a-t-il dit, de « la sécurité, la circulation des personnes, l’installation des personnes et leur séjour », précisant avoir abordé avec son homologue français toutes les questions « essentielles »Le ministre de l’Intérieur a indiqué, dans ce cadre, que vu le temps limité de la réunion, la visite de M. Guéant ne durant qu’un jour, il a été décidé de laisser le soin à leurs collaborateurs de continuer le travail. « Nous avons convenu que nos collaborateurs poursuivent les discussions de manière plus poussée, aussi bien en France qu’en Algérie, dans les prochaines semaines », a-t-il précisé. (El Khabar-04.12.2011.)

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***Redynamisation des visites officielles entre l’Algérie et la France ou virée avec un avant-goût de campagne électorale? L’une ou l’autre ou les deux à la fois, la mission est endossée à Claude Guéant. Ainsi, le ministre français de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration est attendu dimanche prochain pour une visite officielle en Algérie, a-t-on appris de source autorisée.

****Claude Guéant, le ministre français de l’Intérieur, a atterri à Alger pour une visite officielle.

 Ce proche de Nicolas Sarkozy ne cache pas sa volonté de renforcer les liens entre l’Algérie et la France dans tous les domaines. Avant son arrivée à Alger, il a même tenu à souligner qu’il avait ouvert la voie à la désignation de Jean-Pierre Raffarin au poste de Monsieur Algérie. Il n’est donc pas étonnant que son homologue algérien, Daho Ould Kablia lui déroule le tapis rouge pendant son séjour dans la capitale. Avec cette disponibilité des deux côtés à négocier sérieusement, il est fort probable que les dossiers importants puissent enregistrer quelque évolution. Que ce soit au niveau des échanges économiques, des conditions de séjour des Algériens, des Accords de 1968 ou encore de la sécurité et du Printemps arabe, les deux pays tenteront de continuer à rapprocher leurs points de vue et à résorber leurs différences. Le ministre français rappelle bien que les relations bilatérales ont connu une période de froid qui s’est étalée sur deux ans avant que les deux pays ne consentent à s’échanger des visites d’hommes d’Etat. Même le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia a visité la France récemment pour aborder des sujets liés à la sécurité. Tous ces dossiers n’ont pas seulement une portée technique car ils relèvent surtout d’une volonté politique affichée des deux côtés de la Méditerranée pour maintenir les relations bilatérales dans un excellent état et au niveau le plus haut de l’Etat. Le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci sera également à Paris cette semaine pour exposer le point de vue de l’Algérie sur le dossier des révoltes arabes. Les négociations vont également bon train à propos de la sécurité au Sahel car la France est intéressée au plus haut point du fait que ses ressortissants ne cessent d’être les cibles de rapts par les éléments d’Aqmi.
La France est également un partenaire économique de premier plan. Ses sociétés ont bien réalisé des projets importants notamment si l’on se réfère au secteur des transports avec le métro et le tramway d’Alger. On en veut pour preuve le fait que la répartition des sociétés inscrites au registre du commerce, selon la nationalité du gérant à fin septembre dernier, montre que les sociétés françaises dominent avec 1 324 sociétés (19,8%). Elles sont suivies de loin par les entreprises syriennes 816 (12,2%), chinoises 639 (9,56%), égyptiennes 505 (7,5%) et turques 473 (7,07%). Ouvrir les portes à l’investissement français peut avoir des conséquences sur l’emploi et la création des richesses si toutes les commodités lui sont offertes. C’est là un impératif pour un partenariat gagnant-gagnant. Avoir un partenaire fiable au sud de l’Europe peut donc se révéler payant pour l’Algérie. A condition de ne pas assombrir un ciel bleu avec les questions de la mémoire. A quelques mois de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, la demande de la repentance peut surgir à nouveau aux avant-postes des revendications politiques. La France a déjà reconnu par le biais de son président Nicolas Sarkozy que le colonialisme était effectivement contraire aux principes de la République. Il n’est pas allé jusqu’à la repentance. Il estime, peut-être, avec bien des Algériens, que c’est une blessure qu’il appartient au temps de cicatriser.
Avec des hommes de droite comme Guéant, disponible au dialogue, il est opportun que l’Algérie profite de cette embellie pour tenter d’améliorer le sort des Algériens en France et de regarder vers l’avenir. Il y a de grandes chances pour que le prochain quinquennat d’un président français issu des élections de 2012 soit celui de l’approfondissement des relations entre les deux pays.
Pour l’Algérie, le fait d’avoir quasiment un voisin au nord est susceptible de conforter sa singularité car il reste pour l’instant le seul pays à ne pas tomber entre les mains de l’islamisme au moment où les gouvernements à nos frontières sont acquis à la vague verte.
Ce particularisme pousse les Occidentaux à voir dans l’Algérie un interlocuteur capable de faire valoir leurs intérêts communs en dehors de toute pression idéologique. A travers la France, c’est en effet, toute l’Europe qui se réjouit de dialoguer avec un allié stable, ne serait-ce que pour stopper les assauts des terroristes. La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, ne se trompe pas lorsqu’elle considère que la coopération avec l’Algérie ne peut générer que des bénéfices. (L’Expression-04.12.2011.)

***Réaction d’un internaute: Pourquoi l’Algérie reçoit un « nostalgique de l’Algérie Française », un nostalgique de l’ »Algérie à papa », copain des organisations pieds-noirs revanchardes et anti-algérie indépendante.
Que vient faire ce triste sire en Algérie? Par quel moyen, son voyage a été imposé à l’Algérie? Qu’elle moyens possède donc la France contre l’Algérie, pour que cet adepte des « croisades » vienne en Algérie faire la promotion des politiques de l’oubli de l’Histoire et des crimes coloniaux français en Algérie et du racisme français anti-algérien en France?

***Le «cardinal» qui courtise les «lepénistes» ?

Le ministre de l’Intérieur français, Claude Guéant, connu pour être très proche du président français, est aujourd’hui à Alger. Proche de Nicolas Sarkozy, c’est peu dire.

Il était d’ores et déjà directeur de cabinet de Sarkozy lorsque celui-ci était ministre de l’Intérieur, puis directeur de campagne du candidat de droite lors de la présidentielle de 2007. Après la victoire de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant est nommé au poste de secrétaire général de la présidence de la République. En février 2011, il se voit confier l’un des portefeuilles ministériels les plus stratégiques : celui de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration. Il succède ainsi au très controversé Brice Hortefeux, épinglé à maintes reprises pour ses déclarations jugées racistes.Pourtant, seulement quelques semaines après son installation, M. Guéant fait des déclarations qui ne tranchent pas du discours de son prédécesseur. A la veille du fameux «débat sur l’identité nationale», celui dont la proximité avec le président Sarkozy lui vaut des surnoms tels que le «cardinal», «Premier ministre bis» ou encore «vice-président», enchaîne les commentaires qui mettent en cause l’intégration, la réussite et les pratiques de la communauté musulmane établie en France. Depuis, et fort du malaise de la crise et du sentiment «d’insécurité» qui rongent la France, M. Guéant se propose de réduire le nombre de naturalisations, de limiter à 10%, l’immigration légale ou encore de limiter aux étrangers l’accès au droit de vote et d’éligibilité aux élections locales.Puis, il y a aussi la «circulaire Guéant», qui prévoit de restreindre l’embauche d’étudiants étrangers diplômés en France, ou encore les sorties médiatiques incriminant telle communauté ou telle autre pour un fort taux de «violence». Ces propos créent la polémique et soulèvent indignations et condamnation, jusque dans les rangs de l’UMP, tant ils flirtent avec les discours extrémistes. A tel point, d’ailleurs, que le Front national et sa présidente Marine Le Pen, l’accusent de draguer d’un peu trop près l’électorat lepéniste…(El Watan-04.12.2011.)

***Cette visite attendue donc pour le 4 décembre prochain, est très significative. Elle intervient dans un contexte très particulier. Cela aussi bien sur le plan du climat des relations algéro-françaises que sur le climat politique régnant en France. L’occasion sera offerte pour remettre sur la table les dossiers les plus sensibles entre les deux capitales.
En sa qualité de ministre de l’Intérieur, M.Guéant aura à ouvrir, certainement, avec son homologue algérien, Daho Ould Kablia, les dossiers relatifs à l’immigration, à la communauté nationale établie en France et à la coopération sécuritaire. Sur la question de l’immigration, le ministre français fait de cette question son cheval de bataille depuis son installation à la tête de ce département.
En matière de lutte contre l´immigration, M.Guéant table sur 30.000 reconductions aux frontières en 2011. Le même responsable compte également réduire de 20.000 chaque année le nombre d’entrées légales. La question des sans-papiers concerne directement des milliers d’Algériens en attente d’une régularisation. Pour des raisons historiques, la France reste la première destination pour les émigrés algériens, et ce, depuis des dizaines d’années. L’ancien secrétaire général de l’Elysée est persona non grata chez les immigrés en France, notamment chez la communauté musulmane. Il n’avait pas cessé de faire des déclarations qui avaient tendance à stigmatiser l´Islam.
Abordant l’accroissement de la communauté de musulmans en France, M.Guéant avait jugé qu’«un certain nombre de comportements posent problème». Quant à sa vision des immigrés, il croit dur comme fer que l’échec des enfants d’immigrés représente les deux tiers des échecs scolaires en France. C’est autant de déclarations qui font de Claude Guéant «un ministre provocateur» au sein de la communauté issue de l’immigration en France.
Ainsi, toutes les questions liées à l’immigration clandestine feront l’objet de discussions entre les deux ministres. Quant à la coopération sécuritaire, Alger et Paris sont liés par de nombreux accords relatifs à la coopération en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, le blanchiment de fonds et l’immigration irrégulière, et enfin la cybercriminalité. Ces conventions ont été paraphées notamment sous l’ère de Nicolas Sarkozy à la tête du ministère français de l’Intérieur.
En dépit de nombreux points de convergence entre les deux pays en matière de lutte antiterroriste, il n’en demeure pas moins qu’Alger et Paris se sont engagés dans un conflit silencieux concernant le paiement des rançons. L’Algérie a défendu dans les tribunes internationales le principe consistant à interdire le paiement de rançons aux terroristes contre la libération des otages. Il est reproché à la France d’entrer dans des négociations indirectes avec les groupes armés pour libérer les otages français, comme cela était le cas avec Pierre Camate. Loin du cadre officiel, ce déplacement intervient à quelques mois de l’élection présidentielle en France. M.Guéant est l’un des proches du président français. Avant de rallier le département de l’Intérieur, il était nommé secrétaire général de l’Elysée par le président Sarkozy. Il était également directeur de cabinet du ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, poste occupé alors par l’actuel président français. Il était chargé en février 2010 de réchauffer les relations algéro-françaises empoisonnées à cette époque par Bernard Kouchner, ancien ministre français des Affaires étrangères.
C’est autant d’éléments qui témoignent des relations qu’entretient M.Guéant avec le président français. Dans ce sens, le ministre français aura pour mission de sonder la tendance du pouvoir algérien quant à la prochaine élection présidentielle. Les candidats à la présidentielle française ont toujours oeuvré pour arracher la sympathie de personnalités influentes et même des pays avec lesquels «Paris possède des relations stratégiques». A travers l’histoire de l’élection présidentielle en France, l’Algérie a toujours constitué un enjeu important dans l’équation. Lors de la dernière élection de 2007, M.Sarkozy avait effectué de nombreux déplacements entre Alger et Paris afin de gagner la sympathie de la communauté algérienne résidant en France. Notons que le premier enjeu est bien le réservoir électoral que constituent les émigrés algériens établis sur le sol français. La communauté algérienne arrive en tête des immigrés qu’accueille la France. Environ trois millions d’Algériens et de Franco-Algériens résident en France. Les électeurs algériens sont considérés parmi les plus importants de la liste «d’électeurs immigrés en France». En tout état de cause, il est attendu à ce que ce déplacement contribue au dégel et à la décrispation des relations algéro-françaises. (L’Expression-28.11.2011.)
** Bouteflika reçoit le secrétaire général de l’Elysée
 

Le Président Bouteflika a reçu, hier à Alger, le secrétaire général de l’Elysée, M.Claude Guéant. L’audience s’est déroulée à la résidence d’Etat de Zéralda en présence du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci et du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M.Abdelkader Messahel. Arrivé hier, à Alger, M.Guéant a été reçu dans la matinée par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia.
Le 21 février dernier, Claude Guéant avait effectué un premier déplacement en Algérie où il avait été reçu par le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Les Algériens avaient formulé plusieurs demandes pour améliorer les relations bilatérales.
Le secrétaire général de l’Elysée avait promis d’apporter des réponses aux demandes des Algériens, qui concernent plusieurs dossiers: le cas du diplomate Hasseni, la liste noire des pays à risque terroriste, l’immigration, la libre circulation des personnes, les investissements, le Sahara occidental…(L’Expression-21.06.2010.)

**AXEL PONIATOWSKI
«Kouchner s’ingère dans les affaires algériennes»

Désavoué, Bernard Kouchner rame en plein désert. La France ne doit faire «aucune ingérence» dans les affaires intérieures algériennes, a estimé Axel Poniatowski, après des propos du chef de la diplomatie Bernard Kouchner sur la génération au pouvoir en Algérie.
«Il ne faut faire aucune ingérence dans le pouvoir politique algérien, ce n’est pas notre affaire, ce n’est pas à nous de décider, ce n’est pas à nous de choisir», a déclaré le président (UMP, majorité présidentielle) de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française, dans un entretien à la chaîne Berbère Télévision.
«Dès l’instant où nous ferons le moindre mouvement d’interférence dans la politique algérienne aujourd’hui, ce serait une profonde erreur», a-t-il ajouté. «Le fait de dire que par la suite, c’est meilleur si ce ne sont pas les mêmes, c’est une forme d’ingérence», a-t-il souligné. Ces mises au point font suite aux déclarations du ministre français des Affaires étrangères.
Dans une déclaration à l’hebdomadaire français Le Journal du Dimanche (JDD), où Bernard Kouchner n’avait pas hésité à soutenir que la relation algéro-française sera «peut-être plus simple» lorsque la génération de l’indépendance algérienne ne sera plus au pouvoir. Une manière directe d’appeler le peuple algérien à se soulever contre les pouvoirs publics.
Ce n’est pas la première fois que le chef de la diplomatie française fait l’objet d’une mise au point.
En effet, Didier Billion, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), avait souligné «alors que les relations sont tendues, on fait difficilement pire. Cela va à l’encontre de la pratique diplomatique et du bon sens politique» à propos des déclarations de Bernard Kouchner.
Par ses propos, le «French Doctor» a ouvert la voie à d’autres dérapages.
Gérard Longuet, proche du président Nicolas Sarkozy et patron des sénateurs UMP (droite), a affirmé mercredi préférer «un vieux protestant» à «un socialiste d’origine algérienne» pour diriger l’autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). «Je préfère voir nommer quelqu’un du corps français traditionnel plutôt qu’une personnalité d’origine algérienne», a déclaré Gérard Longuet, allusion à Malek Boutih, pressenti pour remplacer Louis Schweitzer, à la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde). «La Halde, cela veut dire que c’est la France qui s’ouvre aux populations nouvelles. Schweitzer, c’est parfait! Un vieux protestant, parfait! La vieille bourgeoisie protestante, parfait!», a-t-il affirmé lors d’une émission commune à la Chaîne parlementaire, à la radio France Info et à l’AFP.
Des «relents racistes» dénoncés, certes, par le numéro 2 du parti socialiste (PS) Harlem Désir. «Des propos qui sont, bien plus qu’un dérapage, une véritable théorie raciale», a-t-il dit. En septembre 2009, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux ne déclarait-il pas, à propos d’un jeune militant UMP d’origine algérienne: «Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.»
Tandis que la ministre en charge de la Famille, Nadine Morano, exigeait d’un «jeune musulman» qu’il se sente français et trouve du travail. Ainsi, la campagne pour les élections régionales en France a révélé l’état d’une société en crise où la parole s’est «débridée» parfois jusqu’aux dérapages racistes, avec des Français angoissés et repliés sur eux-mêmes face à une classe politique déconnectée. (L’Expression-13.03.2010.)

**Dangereux et malsain

Que le «petit» peuple véhicule ce que l’on qualifie communément de «racisme ordinaire» peut, à la limite, se comprendre, même s’il ne peut être admis; mais quand ce sont des «politiques» qui se font les hérauts, sinon encouragent la xénophobie, voilà qui devient grave. C’est pourtant, la dérive observée ces dernières années en France, où des hommes politiques sont de plus en plus nombreux à monter au créneau pour casser «l’autre». Quand c’était le tortionnaire Le Pen qui brandissait la bannière de la ségrégation contre les immigrés en général, les Algériens en particulier, on l’ignore. Tout simplement. On ne pouvait s’attendre à moins, de ce prototype de la bêtise, qui s’est donné pour mission la chasse au «faciès». Mais que cette «théorie» rétrograde est reprise à son compte par la droite classique française, qui en a fait, outre un fonds électoral, un principe, cela devient non seulement préoccupant, mais dangereux et malsain. Or, les dérapages de langage se font répétitifs et ne se comptent plus, même au plus haut niveau de l’Etat français. Le dernier dérapage en date est celui du sénateur Gérard Longuet, proche du président Sarkozy, qui préfère voir à la tête de la Halde (un institut de lutte contre la discrimination) «quelqu’un du corps traditionnel français, plutôt qu’une personnalité d’origine algérienne». Avant lui, la secrétaire d’Etat à la Famille, Nadine Morano, apostrophait les jeunes immigrés musulmans qui devaient, selon elle, «aimer la France» «trouver du travail» et ne pas «parler verlan». En 2004, un député UMP, Jacques Alain Benisti (président de la commission Prévention du groupe d’études parlementaire sur la sécurité intérieure), rédigea, à la demande de Dominique de Villepin, alors Premier ministre, un pré-rapport dans lequel il énonçait un certain nombre de propositions pour «améliorer» la prévention de la délinquance «dès les prémices de déviances, c’est-à-dire dès le plus jeune âge». Il recommandait singulièrement, pour les enfants étrangers âgés de 1 à 3 ans, que leur mère s’oblige «à parler le français dans leur foyer pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer». Ce pré-rapport s’insurge aussi du fait que les pères «exigent souvent le parler patois du pays à la maison». Sur cette lancée anti-immigrés et anti-algériens, fut votée, à l’initiative de députés de l’UMP, la loi hypocrite du 23 février 2005 glorifiant le colonialisme et louant le «rôle positif» de la «présence française» outre-mer. Face à des ministres originaires de cette «outre-mer» qui ont mal pris ladite loi, un député sarkozyste, un certain Lionel Luca, eut cette rodomontade: «Sans la colonisation, ni Léon Bertrand ni Azouz Begag ne seraient ministres de la République française.» C’est dire jusqu’où la discrimination est partie se nicher. De fait, dans la France de Nicolas Sarkozy, le racisme semble, bel et bien, en voie d’institutionnalisation, comme en témoigne le débat controversé sur l’identité nationale française, initié par le président français. La sociologue française, Valérie Sala Pala, qui consacra une étude au logement social en France, insiste ainsi sur la dimension «institutionnelle» de cette discrimination, qui est, selon elle, «le produit de logiques, de contraintes, de routines, d’une culture, institutionnelles». Dit autrement, ce sont les institutions françaises qui, par leurs décisions au quotidien, font le lit de la ségrégation. Et la sociologue de s’interroger, se demandant si ce n’est pas là, l’expression d’une «idéologie raciste», d’un racisme ordinaire qui serait «inconsciemment partagé (à un plus ou moins grand degré) par tous les membres de la société française?» En effet, la question se pose face aux dérapages racistes récurrents de la classe politique française. Si c’est le «beauf» qui oriente la politique et la diplomatie de la France, alors, bonjour les dégâts! (L’Expression-14.03.2010.)

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**Une loi rend la vie des étudiants algériens infernale

À quand l’abrogation de la loi du 24 juillet 2006 ?

Les étudiants algériens en France souffrent le martyre et se sentent désavantagés par rapport à ceux des autres nationalités, en raison du caractère simplifié de la loi du 24 juillet 2006 autorisant les étudiants étrangers à travailler. La non-modification des accords bilatéraux
entre l’Algérie et la France, à ce jour, constitue un handicap majeur dans la vie estudiantine
des Algériens. Leurs camarades d’autres
pays rencontrent beaucoup moins de
problèmes dans leur vie estudiantine en
France. C’est ce que révèle une enquête d’un mensuel français.
Le 24 juillet 2006, en effet, l’État français promulgue une loi destinée à “mieux réguler l’immigration, lutter contre les détournements de procédure et promouvoir une immigration choisie et une intégration réussie” et aider les étudiants étrangers en France “à voir l’obtention de leur titre de séjour facilitée”. Cette loi, qui supprime l’Autorisation temporaire de travail (ATT), véritable sésame que devrait demander tout étudiant étranger auprès de la Direction départementale du travail et de l’emploi (DDTE), s’avère une clé pour prétendre à une demande d’emploi en Hexagone. 59% d’entre eux travaillent pour payer leurs études, et le taux “horaire de travail autorisé passant de 50 à 60% de la durée de travail annuelle”.
Saïd Mohdeb, doctorant en sciences sociales, vice-président étudiant de l’université Paris VIII et membre de l’Unef et de l’Union des étudiants algériens de France, affirme que “par le passé, le problème de l’ATT concernait tous les étudiants étrangers. Or, nous avons mené un combat dans ce sens avec l’Unef et 25 autres associations au niveau national en organisant, en 2006, les états généraux sur l’accueil des étudiants étrangers en France, au cours desquels l’une des revendications était précisément la suppression de cette ATT. C’était donc un acquis de taille pour tout le monde, sauf pour les étudiants algériens pour qui, malheureusement, et en raison de la non-modification des accords bilatéraux entre leur pays et la France, rien n’a changé. On est toujours soumis à l’ancienne réglementation, on est obligés de demander une autorisation de travail, et on est restreints à l’ancien taux horaire qui est de 18 heures 30 minutes par semaine au lieu de 21 heures pour les autres. On est toujours l’exception
algérienne”. Marie Haeussler, adjointe de la directrice de la cité Internationale universitaire de Paris, affirme que “si j’avais une requête à faire, ce serait de changer l’accord franco-algérien”. Selon elle, c’est la première chose à faire pour mettre un terme aux souffrances des étudiants algériens en France.
Autrement, contrairement aux idées
reçues, la France n’a accueilli à la rentrée universitaire 2007/2008 que 25 394 étudiants marocains, 20 525 Algériens et 10 059 Tunisiens.
Selon un rapport de l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), il existe peu de statistiques sur la géographie des communautés étudiantes étrangères inscrites en France. “Le classement par nationalité s’avère sensiblement différent. Car, s’agissant des nouveaux arrivants, ce sont cette fois les étudiants chinois qui sont en tête, suivis de loin par les Marocains, les Algériens, puis les Tunisiens”, note le magazine. À titre de comparaison, rien qu’entre 2004 et 2005, le nombre  d’Algériens a diminué de 31,1%.  (liberté-09.03.2010.)

****LA FRANCE VEUT RÉVISER LES ACCORDS DE 1968 AVEC ALGER

L’inscription de l’Algérie dans la liste noire des pays à risque, l’affaire Mohamed Ziane Hasseni, le dossier des moines de Tibhirine, les essais nucléaires français en Algérie et la repentance, sont autant de sujets de friction entre Alger et Paris

Rien ne va plus entre Alger et Paris. Encore moins depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence. Paris souhaite même modifier les accords migratoires entre les deux pays signés en décembre 1968.
En effet, selon un document mis en ligne par le site «toutsurlalgerie», la France vient de transmettre aux pouvoirs publics algériens des propositions dans le but de modifier les accords de 1968. Ces derniers offrent aux Algériens vivant en France un statut particulier, avec de nombreux privilèges par rapport aux autres ressortissants étrangers non issus de la communauté européenne. Ce sont ces privilèges accordés aux Algériens, que la France veut annuler, par leur mise au même niveau que les autres immigrés. Selon le document, qui ne fait d’ailleurs aucune référence aux accords d’Evian, excluant de fait le passé historique entre les deux pays, les changements ont trait à tous les aspects. Ainsi, si ces propositions sont acceptées par les autorités algériennes, aucun Algérien ne pourra obtenir sa carte de résidence d’un an renouvelable même s’il justifie sa présence sur le sol français depuis plus de 10 ans, y compris en situation irrégulière, comme convenu dans l’ancien article des accords. Une convention qualifiée de spécificité algérienne du fait que l’Algérie, contrairement à la Tunisie et au Maroc, considérés comme protectorats, était un «département» français. En effet, l’article 7 bis des accords ratifiés le 27 décembre 1968 stipule: «Les ressortissants algériens visés à l’article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de dix ans s’ils justifient d’une résidence ininterrompue en France de trois années».
En outre, Paris ne veut pas accorder cette carte de résidence aux enfants algériens sauf s’ils justifient avoir résidé sur le sol français, avec au moins l’un de ses parents, depuis 13 ans au lieu de 10 ans, comme c’est le cas actuellement. Par ailleurs, l’article 4 des accords de 1968 souligne que les membres de la famille qui s’établissent en France sont mis en possession d’un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu’ils rejoignent. Cet article ne semble pas plaire à Paris qui fait le pressing pour l’annuler. En effet, fini les mariages avec un simple visa. Selon la proposition faite par Paris, pour se marier en France et épouser une Française, il faudra à tout ressortissant Algérien avoir un visa long séjour. C’est pas tout. Une fois marié, l’heureux élu devra justifier d’une «vie commune effective» avec son conjoint français à chaque demande de renouvellement de son titre de séjour. Présentement, cette requête n’est exigée que lors du premier renouvellement. Une telle disposition interdirait à tout Algérien le divorce, même si son conjoint est accusé d’«adultère», condamné par l’Islam. «Il ne pourra demander le divorce que si son conjoint meurt ou s’il subit des violences conjugales.» Quel est l’Algérien qui va admettre que sa femme le batte? Pour le meilleur et pour le pire. Quant au regroupement familial, la France le conditionne à des «ressources stables et suffisantes». Par cette disposition, un préfet peut s’y opposer sans qu’on crie à la discrimination ou à la xénophobie. Presque dans le même registre, il est dit, ajoute le document, que «tout ressortissant algérien établi en France et désireux d’exercer une activité commerciale doit justifier de la viabilité de son projet». Cependant, le projet français souligne qu’il sera réservé un bon accueil pour les compétences algériennes, qui bénéficieront de la carte «compétences et talents» valable trois ans. «Les ressortissants algériens porteurs d’un projet susceptible de participer, de façon significative et durable, au développement économique, au développement de l’aménagement du territoire ou au rayonnement, notamment intellectuel, scientifique, culturel, humanitaire ou sportif, de la France et directement ou indirectement de l’Algérie, et qui justifient de leur aptitude à le réaliser, reçoivent un certificat de résidence portant la mention « compétences et talents », valable trois ans, renouvelable une fois», précise le document. Ainsi n’est considérée comme bon Algérien que l’élite. D’ailleurs, des facilitations seront octroyées aux étudiants algériens ayant achevé leur cursus universitaire avec succès désirant s’établir en France. Ces derniers pourraient même, selon le même document, travailler durant leur scolarité. Si de telles dispositions sont acceptées, la sortie du tunnel des relations algéro-françaises risque de se faire attendre longtemps. (L’Expression-09.03.2010.)

  

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*La France veut faire fléchir la position de  l’Algérie sur 4 dossiers

   Malgré la tempête médiatique soulevée par ses déclarations sur les relations historiques algéro-françaises, le ministre français des affaires étrangères Bernard Kouchner espère toujours arriver à arrêter une date pour sa visite officielle en Algérie.
La date possible avancée, jusqu’a présent,  par le coté français, serait vers le mois de mars ou avril. Une source de l’Elysée a déclaré que «  le président algérien n’aura qu’à nous prévenir quelques jours à l’avance de sa visite et nous l’accueillerons comme il se doit ».
Même déclarations des responsables français concernant la visite de Kouchner en Algérie, « nous espérons pouvoir arrêter une date bientôt », mais les récentes sorties de celui-ci ne risquent pas de rendre la chose aisée. Les conseillers du président indiquent que cette visite aura pour objet, en plus de dossiers liés à la coopération bilatérale, de nombreux dossiers internationaux, comme le dossier du nucléaire iranien, la cause palestinienne et le dossier du Sahara occidental, questions sur lesquelles les avis de la France et de l’Algérie divergent, sans oublier la question de la liste des pays à risques sur laquelle l’Algérie figure.
Une source diplomatique française a, d’ailleurs, déclaré «  nous ne visons pas le peuple algérien en mettant l’Algérie sur la liste, mais les voyageurs qui utilisent des vols d’Air Algérie et il y a, malheureusement, des terroristes qui voyagent sur des vols de la compagnie algérienne ».
La question que nous sommes, alors, en droit de nous poser est  quel genre de terroristes la France cherche-t-elle,  sachant que l’Algérie faisait partie des premiers pays à avoir intégrer la coalition internationale contre le terrorisme, mais elle refuse, cependant, la mise en place de bases militaires étrangères sur son sol et elle appelle à éviter toute ingérences dans les politiques sécuritaires des pays africains, sous  couvert de l’Africom, en plus de son refus de considérer la résistance palestinienne comme terroriste.
Concernant la question du Sahara occidental, la France est très sensible à tout ce qui peut lui rappeler l’idée d’autodétermination et préfère plutôt parler, toujours selon notre source, de « concessions que le Maroc pourrait faire au Polisario » et  le projet d’autonomie présenté par le Maroc « irait » dans ce sens.
Sur le plan des dossiers bilatéraux dont les négociations sont, selon une source « au point mort » comme la convention 68, en raison de la volonté de la France d’obtenir « un statut juridique pour les français d’Algérie ». dans ce cas aussi, nous ignorons toujours ce qu’ils entendent par « français d’Algérie », font-il référence à la communauté française résident en Algérie ? Si tel  est le cas, il y a des lois en Algérie qui régissent la résidence d’étrangers sur son territoire. Ou bien parlent-il des français qui ont quitté l’Algérie à l’indépendance de leur propre gré, et qu’on appelle les pieds-noirs, ou bien, troisième variante, de ceux qui ont décidé de rester en Algérie et dont on ignore le nombre exact, ni combien ont obtenu la nationalité algérienne…les responsables français évoquent également la difficulté d’obtenir un visa algérien et lient cela à l’augmentation  des visas français pour les algériens.
Ces dossiers illustrent donc la réalité des relations algéro-française qui ne semblent  être calme qu’en apparence. (El Khabar-26.02.2010.)
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*la France qui a changé de visage et donc d’objectifs, déterre ses vieilles rancœurs…

Au-delà des luttes pour la sauvegarde de ses sphères d’influence, la France qui a changé de visage et donc d’objectifs déterre ses vieilles rancœurs, revisite son passé peu glorieux pour en faire un outil de propagande, voire de fierté. 

La brouille persistera pour longtemps encore entre Alger et Paris. Après le “il faut” de Mitterrand qui a voulu imposer une certaine idée d’une Algérie islamiste, relayée par l’un de ses petits élèves devenu grand, près de vingt ans plus tard, qui ne demande ni plus ni moins au président Bouteflika et à tous ses compagnons d’armes de quitter le pouvoir pour normaliser les relations algéro-françaises, il faut vraiment dire que l’on est arrivé à un point de blocage où il sera difficile de dénouer le nœud.
On sait, en revanche, que les relations bilatérales ont toujours évolué en dents de scie. Il est tout à fait normal que 132 ans de colonisation ne peuvent s’effacer d’un trait de plume inscrit sur des accords ou des traités. Près de cinquante ans après l’Indépendance, les partisans “d’une Algérie française” sont plus forts que jamais. Au-delà des luttes pour la sauvegarde de ses sphères d’influence, la France, qui a changé de visage et donc d’objectifs, déterre ses vieilles rancœurs, revisite son passé peu glorieux pour en faire un outil de propagande, voire de fierté.
Le débat sur les bienfaits de la colonisation, enclenché par la droite et partagé par la gauche et la majorité d’une classe politique qui ne sait plus quoi offrir à son électorat, prend aujourd’hui des dimensions importantes pour déboucher sur l’identité nationale. Jamais la France n’a eu à s’interroger sur ses propres principes qui ont fait d’elle, jusqu’à un passé récent, une certaine référence mondiale. Mais aujourd’hui, ce même débat prend des proportions qui dépassent les luttes internes d’autant que la présidentielle de 2012 pointe à l’horizon et il serait tout à fait normal que Sarkozy puisse tenter de continuer de jouer sur les arguments qui l’ont fait élire à la présidence de la République.
Ce débat donne lieu sur une sorte d’ingérence dans les affaires algériennes, ce qui est de nature à plomber davantage des tentatives d’ici et de là-bas de régler au fur et à mesure les contentieux existants. Et force est de constater qu’à chaque fois qu’un problème est réglé, un autre plus délicat et plus complexe surgit. Histoire, immigration et voilà maintenant la liste noire. La France de Sarkozy porte une grande responsabilité dans ce froid glacial qui caractérise les relations algéro-françaises. Car à force de vouloir plaire à ses lobbies, il risque de compromettre beaucoup de choses surtout qu’Alger lui a déroulé le tapis rouge lors de sa visite officielle en décembre 2007.(Liberté-25.02.2010.)

**PLONGÉE AU CŒUR DE LA RELATION ALGÉRO-FRANÇAISE
Lundi, 9h30. Six journalistes algériens débarquent au Quai d’Orsay, le sanctuaire de la diplomatie française. L’objet de la mission est de s’enquérir de la relation algéro-française qui peut se résumer actuellement à la température polaire qui règne à Paris. À l’entrée, on découvre que le plan Vigipirate est passé au rouge, mais les contrôles ne sont pas zélés. À peine un scanner, même pas corporel, pas de quoi provoquer un scandale diplomatique matinal.

Le long du couloir, une exposition photos rappelle le drame en… Haïti. Les visages héroïques des sauveteurs français ou l’autre manière de faire de la diplomatie. Haïti. Un drame planétaire qui mobilise “la maison” de Bernard Kouchner qui a donné au Quai des accents d’ONG interventionniste. Kouchner, celui qu’Alger a toujours regardé avec méfiance du fait de son appartenance à la famille socialiste et son invariable droit d’ingérence. Bernard Kouchner que nos consœurs de l’Expression et d’El Watan ne cessent de réclamer. “Vous savez, il est trop occupé actuellement”, leur répond-on poliment.

Ziani au Quai d’Orsay ?
Premier passage obligé, les porte-parole. Ceux qui portent le message de la diplomatie française. Romain Nadal est le sous-directeur de la presse. Petit bouc poivre et sel, lunettes cerclées, aux manières chirurgicales. Il nous explique la façon de communiquer du Quai d’Orsay avec les points de presse électroniques, les communiqués en plusieurs langues et les réactions en temps réel. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu une pensée émue pour Mourad Medelci, notre MAE, dont la communication se rapproche davantage de l’huître que de la diplomatie. Mes pensées sont interrompues par l’entrée en matière sympathique de M. Nadal : “J’ai été dans un café où il y avait un poster de l’équipe algérienne sur le mur. Et savez-vous quoi ? Ils m’ont dit que je ressemblais à un joueur algérien de votre équipe nationale.”
Cette réflexion attire comme un sourire attristé à mes confrères qui semblaient accablés qu’on  leur parle football et autre Saâdane en ce lieu si lointain de Khartoum. J’étais tout aussi effondré surtout que je ne voyais pas réellement à qui pouvait bien ressembler le monsieur. Peut-être à Ziani… par la taille. Bref, l’échange était du même acabit avec des “communicants” qui font bien leur travail, mais qui semblaient tellement loin de ce qui nous préoccupait. À savoir : comment cela va-t-il entre Paris et Alger ?

L’UPM : “le machin” de Sarkozy
Après cette réunion sans grand intérêt, on débarque à la mission interministérielle de l’Union pour la Méditerranée (UPM). Les deux diplomates français qui occupent le lieu ont la lourde tâche de rendre le fantasme de Nicolas Sarkozy une réalité. L’édifice qui fait face à l’Élysée, précisément face au jardin où Sarkozy fait semblant de faire son jogging chaque matin, est majestueux avec sa pierre d’Aix, ses lignes parfaites et ses murs qui semblent résister au temps. L’endroit était, jusqu’à récemment, le lieu de résidence des chefs d’État étrangers en visite à Paris. C’est là que le président Bouteflika avait résidé en juin 2000. Et c’est là que l’indécrottable Kadhafi avait posé sa tente au mépris de siècles de culture.
Jean-Christophe Menet arrive. Ce diplomate s’excuse et semble désarçonné par ces journalistes qui avaient déjà squatté la salle de réunions, véritable musée, avec ses porcelaines et ses bustes en marbre noir. En attendant l’UPM, on prend des photos comme des Japonais. L’UPM. En voici un sujet qui nous éloigne de notre question de base : que se passe-t-il entre Alger et Paris ? Menet, un trentenaire aux mains nerveuses, distille son discours sur “le défi”, “l’aventure” et l’extraordinaire “pari” qu’est cette Union qu’a proposée Sarkozy et qui a tant de mal à fédérer les 43 pays signataires et encore plus de mal à convaincre Alger de s’y investir. J’ai eu une pensée pour Bouteflika qui doit se dire que cette union, qui réunit à sa tête Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak, ne semble exister que pour l’embêter. Sarkozy qui tisse son projet du Maroc à Israël a eu la mauvaise idée, pour le président algérien, de favoriser Moubarak, notre “meilleur nouvel ennemi”. Juré, ce n’est pas pour reparler football. L’Algérie n’est nulle part. Ni dans ce projet et ses secrétariats ni dans le discours de M. Menet qui a le mérite de tenter de nous convaincre que nous y avons notre place dans cette Méditerranée. “N’est-ce pas une normalisation déguisée avec Israël que Paris propose ?” osais-je. Et nous voilà repartis pour cinq autres minutes de langue de bois. Mais en français dans le texte. À force d’entendre cela, je me rappelle curieusement les photos d’Haïti sur les murs en me disant que cela aurait été bien que ce soient des photos de Gaza. Ses enfants, ses femmes et ses immeubles détruits par Israël. Qu’en dirait Kouchner ?
Il est temps de prendre congé du jeune diplomate qui a capté que ce sujet ne nous fait pas sauter au plafond. D’ailleurs, il était très haut le plafond de cette salle de réunion qui sent la naphtaline et les pas feutrés des rois de France.

Intégration contre islam
Le déjeuner est programmé au restaurant Le Vauban, pas loin de la Concorde, où je distingue des Japonais avec des appareils photos. Un pléonasme parisien. J’étais tout aussi surpris que les collègues ne dégainaient pas les leurs. Benoît Normand nous y attend. Normand de nom et d’appartenance. Silhouette imposante, chevelure blanche et costume rayé élégant, qui semble sorti des salons privés londoniens. Il préside le Haut-Conseil à l’intégration (HCI) créé par Michel Rocard. À ne pas confondre avec notre Haut-Conseil islamique. Un organe consultatif qui a eu l’avantage ou l’inconvénient d’avoir soufflé l’idée du débat sur les “valeurs communes” des Français, transformé par Eric Besson en débats sur “l’identité nationale”. Le HCI, c’est la boîte à idées de la France multicolore.
Benoît Normand sait de quoi il parle. Entre le duo de saumon aux épinards et le chablis, il nous explique, chiffres à l’appui, que les Algériens ne sont pas aussi nombreux qu’auparavant à bénéficier de la nationalité française. À peine. Burqua, banlieues, excisions, traditions et immigration, tous les sujets y passent avec mesure, sens didactique et une précaution extrême de ne pas choquer les musulmans que nous sommes. “Ce ne sont tout de même pas les bouddhistes qui vous posent problème ?” demande-t-on. Pour M. Normand, il y a cinquante mosquées répertoriées comme salafistes, mais que la France se doit d’intégrer tout le monde. Le HCI conseille le gouvernement Fillon qui puise dans ce think thank des idées pour réussir sa politique d’intégration. Une politique qui, selon notre interlocuteur, intéresse même les Canadiens actuellement. J’ai eu alors une pensée inquiète pour nos exilés algériens au Québec. Faites attention, les idées d’Hortefeux voyagent.

Où est passé Robert Menard ?
Au quartier de la Bourse, l’once d’or flambe.  Au siège de Reporters sans frontières (RSF), l’accueil est cordial. Dans les locaux flambants neufs de cette ONG dont l’histoire avec l’Algérie est tumultueuse, on s’est débarrassé des vieux meubles, dont… Robert Menard.  RSF veut tourner la page avec la presse algérienne et n’hésite pas à se livrer à l’autocritique. Sur le mur, une affiche reflète l’état de la liberté de la presse dans le monde. L’Algérie est en rouge. La Lybie en noire. “Qu’est-ce qu’il faut faire pour passer à l’orange ?” demandai-je. “Briser les monopoles, notamment audiovisuels et publicitaires”, réplique la représentante du bureau Afrique du Nord. Paradoxalement, le débat glisse vers l’état de la presse en… France. Notre confrère d’El Khabar évoque la liberté de la presse sous Sarkozy. Bug. La représentante va ramener son directeur qui tranche avec Menard. Moins excité et plus constructif, il explique, sans entrer dans le détail, le recul de la presse française dans le monde. En sortant, je tombe nez à nez avec les portraits des journalistes emprisonnés en remarquant que la photo de Taoufik Ben Brik côtoie celle de Hafnaoui Ghoul. Malaise.

Paris otage d’Alger !
Retour au Quai d’Orsay. Anne Claire Legendre, de la sous-direction d’Afrique du Nord, nous accueille. Elle est la cheville ouvrière de la relation. On va enfin entrer dans le vif du sujet. Mais cette blonde, à la coupe carrée, à l’allure d’asperge, maîtrise également les non-dits. On. Elle préfère s’effacer au profit de son chef.
“Double P.”, c’est de lui qu’il s’agit. Dans un bureau plein de portraits de rois, de princes, de souverains et de présidents arabes, travaille celui qui est considéré comme “l’architecte” des relations algéro-françaises. Diplomate chevronné de père en fils, souhaitant garder l’anonymat, il détecte d’emblée qu’on ne veut plus entendre des poncifs sur la relation et ouvre le feu sans sommation : “Les relations algéro-françaises ne se portent pas bien actuellement. Elles sont d’autant moins bonnes que votre Parlement veut adopter un texte antifrançais que je déplore (…)” ; en référence au projet de loi de 125 parlementaires algériens qui veulent criminaliser la colonisation.
Voilà, on est dans notre sujet. Il poursuit son exposé sur le fait que la France est “otage de la proximité”, et accuse certains responsables algériens, sans les nommer, de “presser le bouton France quand cela va mal chez vous”, évoque un “dialogue en panne” et indique que la relation bilatérale n’est pas “là où elle devrait être”. En bon communicant, Double P. dit les choses et arrondit les angles aussitôt. Son message, sur le mode “indigné”, témoigne d’un ras-le-bol français, réel ou surjoué, de servir de punching-ball au pouvoir algérien. Paris veut que le président Bouteflika arrête d’utiliser la relation et sa détérioration, comme un alibi de politique intérieure.
Le propos mordant intéresse mes consœurs qui insistent sur la liste noire qui condamne les Algériens à faire du striptease dans les aéroports français et… américains.  Double P. botte en touche, précisément chez notre ambassadeur Sbih qui serait informé de la situation sur une liste qui devait “rester secrète”, selon lui. Le débat commence à tourner en rond du moment qu’il n’est pas réellement nouveau et qu’il revient à la surface comme un cadavre mal lesté. On doit prendre congé de Double P. qui a fait son effet. En clair, le gouvernement français ne peut être tenu pour responsable dans l’affaire Hasseni, les moines de Tibhirine et encore moins la liste noire. Rien de nouveau sous le soleil, surtout qu’il n’y en avait pas.

Allez l’OM…
Le séjour marseillais commence à la Commanderie de l’OM, le centre d’entraînement d’un club qui a le mérite d’être le seul sujet fédérateur entre Marseillais. Le cœur de la ville bat pour son club, souvent au Stade vélodrome où Arabes, Comoriens, Antillais, Africains, juifs ou Arméniens se mélangent sans se taper sur la gueule. Car en dehors de l’enceinte, pas de merci.
Jean Claude Dassier, le président de l’OM, écharpe mauve et élégance parisienne, semble avoir été contaminé par la faconde marseillaise. Il parle sans discontinuer.

L’ancien patron de l’info à TF1 a pris les rênes de ce club en ne sachant pas dans quelle marmite il a mis les pieds. Il s’en rend compte et indique recevoir “cent fois plus d’appels” que lorsqu’il dirigeait la rédaction de la première chaîne française.
Il dresse la politique du club axé sur le centre de formation où pointent quelques jeunes talents algériens. Face à lui, se tiennent des journalistes qui piaffent d’impatience de lui poser la question.
La seule, l’unique, l’indispensable et vitale question qui va probablement faire basculer les relations algéro-françaises. Celle qui va certainement provoquer une nouvelle crise entre Paris et Alger : “Est-ce que oui ou non l’OM va recruter Chaouchi ?”
Voilà. 2 heures d’avion, trois heures de TGV, des heures en bus pour arriver à ça. Que mes confrères harcèlent le pauvre Dassier sur le cas d’un gardien de but que même sa propre équipe refuse d’enrôler. Le président de l’OM, compatissant et ignorant jusqu’à l’existence du gardien de l’ESS, nous donne du grain à moudre : “Je ne le connaissais pas jusqu’à hier, mais on verra en juillet”. Dassier condamne au passage les supporters qui sont sortis avec les drapeaux algériens, “des voyous”, dira-t-il qui ne “représentent pas votre pays”. J’ai pensé alors à Chaouchi qui lui aurait mis un coup de boule pour moins que ça. 

Générations décomplexées
Karim Zeribi, sourire ultrabright, cheveux soignés et corps d’athlète, cet ancien footballeur qui avait eu la cheville et la carrière brisées a bien rebondi dans la société marseillaise, gravissant les échelons jusqu’à devenir un élu régional écouté et courtisé, aussi bien par la gauche que par la droite. Il fait partie de ces Français, d’origine algérienne, qui n’attendent pas la charité des politiques mais sont partisans du compter sur soi. Dans le hall du Palais des sports, celui qui gère la RTM (rail et tramway de Marseille) nous explique comment il faut refuser le communautarisme, la politique des quotas, mais surtout organiser la communauté algérienne comme un lobby puissant. Ce qui est loin d’être le cas. Entre deux poignées de main et des sourires électoraux, Zeribi tient un discours décomplexé qui consacre la double appartenance algérienne et française et la laïcité républicaine : “Les incidents de Marseille après la victoire de l’équipe d’Algérie sont le propre de voyous et pas de musulmans comme l’avait dit Gaudin. J’aurais pu crier au scandale, mais il ne faut pas nous stigmatiser, les Français d’origine algérienne.”
Ce quadra dynamique est celui d’une nouvelle France, fière de sa citoyenneté, mais également attachée à ses racines. Reste qu’il a eu la désastreuse idée d’emmener sa famille en vacances en… Égypte un mois après le match. “Malgré nos passeports français, ils ne nous ont pas lâchés à la PAF jusqu’à ce qu’on dise qu’on était algériens”, raconte Zeribi, qui affiche sa laïcité. Le déjeuner se termine, le fils de Zeribi, qui a 20 ans, me montre fièrement un article de la Provence qui explique que la chaîne de fast-food Quick s’est mise à la viande hallal : “Vous voyez, on avance” ! Autre génération, autre vision.

Marseille, la 49e wilaya
Dans les entrailles réaménagées de la mairie de Marseille, le défilé commence. Ceux des Français d’origine algérienne, entre associatifs, militants, élus locaux, entrepreneurs ou universitaires qui vivent la relation algéro-française au quotidien. Et comme il se doit, ils la vivent mal.
Et comme pour souligner le débat de l’heure. On commence par le plus urgent ! La mosquée de Marseille qui focalise les attentions et les polémiques. Amri, de l’association de la mosquée, qui a à peine le sens de l’exagération, souligne que la mosquée de Marseille est “attendue depuis un siècle”, qu’elle va coûter 22 millions d’euros et que le gouvernement français ne veut d’un financement d’un pays musulman qu’à hauteur de 25%. L’Arabie Saoudite, le Maroc, l’Algérie et la Turquie ont fait des promesses de “dons”, mais sans suite.
Intervient alors l’imam… Ghoul. Un nom qui à le chic pour me mettre sur la défensive. Ghoul indique que ce projet va permettre à l’islam “de  France” à sortir “des garages et des caves” et qu’il veut éviter “la mainmise” d’un pays étranger. Pourtant, la mosquée de Cannes a été construite avec un don de 1,5 million d’euros du P-DG de la chaîne Iqra. Des histoires de minarets et de gros sous qui ne sont pas lointaines de celles de la Grande mosquée d’Alger.
Place aux chercheurs et aux militants associatifs. Le chercheur Chachoua a des mots durs pour définir la relation Algérie-France et n’exclut pas sa “dimension historique”. “Nous sommes les petits-enfants de la colonisation (…) L’intégration est un terme ambigu pour remplacer l’assimilation. Ce terme qui n’est plus opérant traduit l’inachevé.” Et de conclure : “On ne peut pas avoir deux terres, deux sangs, deux pays.” Le propos rebondit indéniablement sur ces jeunes Franco-Algériens qui se sont livrés à la casse à Marseille après les matchs Algérie-Égypte, ce qui a fortement choqué l’opinion publique française : “Les drapeaux algériens après la victoire sont révélateurs de la dégradation du sentiment d’appartenance à la France.” Une phrase de Malraux me taraude les concernant : “Ce pays qu’on quitte mais qui ne quitte jamais.”
Je ne sais quel malheureux journaliste tente de savoir ce que fait l’Algérie, à travers le ministre de la Solidarité Djamel Ould-Abbès, pour les Algériens de l’immigration : “Il y a quatre députés indignes du métier politique. Ils ne savent rien. On ne sait pas ce qu’ils font.” Je me dis que ces Algériens, fiers de leur patrie d’origine, n’ont pas dû être invités aux colloques d’Ould- Abbès à… Djenane El-Mithak.

Sabeg défend le patron Retour à Paris.
Restaurant Chez Françoise. Salle des Premiers ministres. Sur les murs, des caricatures de Chirac, Balladur, Rocard ou Juppé. On attend sagement Yazid Sabeg. Les viennoiseries aussi. Mine patibulaire, pas d’une première fraîcheur, le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances débarque pour le café. Un personnage qu’on reconnaît à sa taille XXXL et dont l’intelligence est proportionnelle. “On vit une pause dans les relations algéro-françaises. On a toujours besoin l’un de l’autre. Mais le facteur historique pèse beaucoup sur la relation (…) Il faut arriver à ce qu’il ait un geste fort comme dans le couple franco-allemand”, indique le commissaire pourtant connu pour être fort en gueule mais qui choisit ses mots. Le café commençant à faire son effet, Sabeg, homme d’affaires à succès, déploie le verbe de celui qui ne doit rien à personne : “Il n’y a pas de sujets qu’on ne puisse pas dépasser” ; et définit l’axe d’effort sur la mémoire : “Il faut que la France fasse un geste très fort, comme avec l’Allemagne. Dans le cas de ce projet de loi, il y a aussi les plaintes des pieds-noirs et des harkis qui ont des choses à dire. À travers l’amnistie, cette affaire a été soldée sur le plan juridique. Il reste le plan politique. Il n’y a pas de sujets sur lesquels on ne peut pas dialoguer.” Sabeg clôt en une phrase la polémique naissante entre Alger et Paris avant de se lancer dans un éloge à celui qui l’a nommé : “Le président Sarkozy est très attaché à une relation de confiance avec Bouteflika mais il n’est ni un acteur ni un témoin de la guerre d’Algérie et de ce fait, il est une page blanche complètement vierge sur cette histoire.” En un mot, il faut chercher le responsable de la crise “historique” ailleurs qu’au palais de l’Élysée.

Paris fauché attend les sous d’Alger
Thomas Courbe travaille aux finances à Bercy. Il est le directeur chargé des relations internationales. Il a une chemise à carreaux. Courbe sort des graphiques. Cela ne s’invente pas : “Comparativement à la Chine, l’Espagne ou l’Italie, la France reste le premier partenaire, mais il y a un très fort rééquilibrage depuis 2005. Marché absolument stratégique. La concurrence est très rude, notamment en projets intensifs en main-d’œuvre.”
Son assistant, qui s’occupe de l’Algérie, a également une chemise à carreaux. Plus petits, les carreaux. Il paraissait tellement jeune qu’on aurait dit qu’il est né avec la dernière crise financière. Il ne parle pas, il murmure. Une discrétion qui semble contaminer tous les acteurs économiques français qui multiplient les précautions pour ne pas altérer une relation économique problématique. Qu’en est-il de la LFC 2009 : “De manière globale, les importations ont été très freinées. Ce qui était le but (…) Les mesures prises sont comprises à Paris.”
Dans l’antre de l’économie française, je sens monter un indescriptible sentiment de fierté nationale lorsqu’on aborde les fameuses lignes de crédit françaises qui n’ont plus lieu d’être. D’un côté, un plan de relance de l’économie française à 26 milliards d’euros. De l’autre, une cagnotte algérienne de 150 milliards de dollars juste pour 2010. Une situation que nous confirment les deux experts : “L’État algérien n’aura pas besoin de financements extérieurs. Votre Banque centrale a un niveau de réserves très élevé.” Et de conclure qu’Alger peut même acheter des bons de Trésor français sous forme d’obligations. J’ai failli chanter Qassaman. 

El-Mouradia, version parisienne
La barrière se lève. On est en zone protégée. Les alentours du palais de l’Élysée sont décrétés quartier où l’on ne doit pas trop flâner sous peine de sanctions pénales. On n’est pas trop dépaysé du fait que le palais d’El-Mouradia est tout aussi protégé. En descendant du Van, on a le malheur de se tromper de trottoir. Un policier très remonté vient nous remettre sur le bon côté. On ne badine pas avec la sécurité. Dans une salle à manger royale, un diplomate de la cellule élyséenne nous reçoit. Il avait fait l’Algérie, pas la guerre, mais l’ambassade, vingt ans auparavant, et fait partie du groupe de sherpas qui conseillent Sarkozy. D’emblée, il qualifie la liste noire, l’affaire Hasseni et celle des moines de Tibhirine de “petits parasites”. “Des irritants”, mais indique que “les deux présidents savent que la relance est tellement prépondérante. Ils ne peuvent pas mettre en péril cette relation”.
Concernant l’action des députés algériens, le diplomate plaide l’ignorance : “Pas de matière pour en parler. L’avant-projet de loi a été transmis, est-ce que la loi va être votée ? On n’en sait rien, et le processus est loin d’être achevé. On n’a pas de commentaires à faire. Certains députés français se sont émus. Vous ne pouvez pas réagir à quelque chose qui n’existe pas. Le gouvernement en Algérie a son mot à dire sur le devenir, qui doit passer par des stades et des étapes. Que veulent-ils ? Criminaliser les actes, des individus ? On n’en sait rien.”
Qu’en est-il de la visite de Bouteflika à Paris, évoquée depuis une année ? “Nous, on n’est pas fâchés. Il est le bienvenu à tout moment avec un léger préavis. Nous le recevrons avec plaisir.” Un message qu’a dû transmettre le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, et le conseiller diplomatique du président français Nicolas Sarkozy, Jean-David Levitte, dont la visite n’a pas été annoncée.
On sort en file indienne comme des demandeurs d’asile qui se font reconduire à la frontière. Entre nous, on discute, on analyse, on tente de synthétiser une semaine de rendez-vous. Une semaine de mots qui partent dans tous les sens dès qu’il s’agit de parler de l’Algérie et la France. Ou de l’Algérie contre la France. Paradoxalement, je me suis mis à parler comme tout ce beau monde avec des poncifs bien rodés genre : “On est des voisins et personne de nous ne peut déménager”, “on est condamné à s’entendre” ou encore “notre relation a toujours été passionnelle”. Je comprends que j’ai passé trop de temps à Paris. Il faut qu’on rentre chez nous. Il est vendredi et dans cette grisaille parisienne, il est rare de distinguer un rayon de soleil optimiste pour l’avenir. On annonce du mauvais temps pour un mois supplémentaire à Paris. En Algérie, l’hiver colonial a tout de même duré 132 ans. (Liberté-25.02.2010.)

**Des diplomates français évoquent leur vision des relations bilatérales

Paris-Alger : les sujets qui fâchent

Alors que Claude Guéant et Jean-David Levitte, la garde rapprochée de Sarkozy, sont dépêchés à Alger, les diplomates français à Paris ne dissimulent pas leurs ressentiments quant à la relation tumultueuse avec l’Algérie.

Un jour avant l’arrivée non annoncée du SG de l’Élysée et du conseiller diplomatique du président français, des sources diplomatiques françaises proches de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, se montraient amères quant au refus d’Alger de programmer la visite du MAE français : “Je vous confirme qu’il y a de grandes difficultés d’Alger pour trouver une date. Il faut sortir de cette spirale où les deux se rendent coup pour coup. Ce sera le message de Kouchner à Alger. Il a émis le souhait de se rendre en Algérie pas pour réparer des pots cassés ou se réconcilier, mais pour une visite de travail avec un des partenaires essentiels de la France dans cette région”, nous indique-t-on, avant d’ajouter : “On a du mal à la programmer. Prévue en janvier, elle a été reportée d’un commun accord. On essaie de trouver des dates. Le plus tôt sera le mieux pour Kouchner.”
Or, ce message c’est bien les “hommes du Président” qui l’ont transmis au Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui, pour la circonstance, a convié aux entretiens le MAE, Mourad Medelci, et même le numéro deux des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé de la Coopération maghrébine. Un signal protocolaire qui implique que la visite de Kouchner est devenue caduque.
Le même Kouchner, qui lance dimanche  le fameux : “La génération de l’indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple”, pour expliquer l’échec des relations ou probablement pour répondre au désaveu de l’Élysée qui envoie, dans son dos, des émissaires de haut niveau. D’ailleurs, dans la même journée, Sarkozy a également recadré Kouchner sur le dossier palestinien.
Mais revenons aux sources diplomatiques françaises qui nous ont offert une vision assez pessimiste du couple Alger-Paris quoi qu’en disent les émissaires de Sarkozy : “Les relations bilatérales ne sont pas bonnes, mais elles ne sont pas non plus détestables. On aurait aimé qu’elles soient plus chaleureuses.” Elles ne risquent pas de s’améliorer avec les négociations en cours de l’accord de 1968 puisque Paris veut supprimer le statut dérogatoire des Algériens pour le dossier de la circulation des personnes et pousse Alger à accepter la réciprocité en termes de délivrance de visas long séjour pour les Français qui se rendent en Algérie. “On ne veut pas figer les positions”, indique une diplomate qui nous renvoie aux négociations entre les deux ministères de l’Intérieur.
En évoquant le dossier de la mémoire, les positions semblent plus que figées du côté français. Du moins de la part de nos interlocuteurs qui excluent catégoriquement toute idée d’excuses officielles ou d’actes de repentance de Paris : “Pour Sarkozy, la repentance est profondément ancrée dans sa vision politique comme il l’a dit dans le discours en Algérie (Constantine). C’étaient des paroles fortes contre le système colonial. C’est l’un des éléments de réponse de Kouchner, il a parlé de la fondation pour la mémoire en cours de création. Est-ce que cela répond à la question de la repentance ? Pas entièrement. Les choses sont loin d’être mûres du côté français. La demande de Bouteflika était sophistiquée, il a parlé de ‘voie originale’. Il faut qu’on ait un retour. Une manière de répondre à la revendication de Bouteflika. Il y aura d’autres initiatives pour tenter de répondre. Il faut se parler. Pas seulement dans les hémicycles. Il faut sortir du cycle des déclarations du style ‘Insultant, scandaleux, martyrs’. Un processus de réconciliation ne passe pas nécessairement par un processus de repentance. Il n’y a aucune chance  que cela se passe comme entre l’Italie et la Libye. Les problèmes qu’on ne sait pas résoudre, on les contient”.
De là à s’inquiéter de l’initiative des 125 parlementaires algériens qui ont déposé un avant-projet de loi criminalisant la colonisation, les diplomates ne veulent pas sombrer dans la paranoïa et croient, en définitive, que cette initiative ne sera pas soutenue, jusqu’au bout, par le gouvernement algérien : “On a constaté que le gouvernement ne l’avait pas inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée et avait la maîtrise de ce projet. Ce n’était pas d’origine gouvernementale, et on est loin de son adoption. On a dit que c’est préoccupant, ce qui est dans la gamme des qualificatifs, et à une échelle assez basse. S’il est adopté, on utilisera le terme scandaleux (…) Il faut accorder le bénéfice du doute. Si ce projet passe, ce sera un problème bilatéral important. C’est évident, il n’est pas passé, pas inscrit, et le gouvernement n’a pas pris position. La sagesse du gouvernement algérien est de ne pas encourager cette initiative qui risque de provoquer des réactions politiques très fortes. Alger peut forcer le gouvernement français à accompagner le mouvement. Si ce texte passe, le gouvernement français ne va pas dire que c’est bien. On va le condamner (…)”. Ce qui peut être assimilé à une menace à peine voilée.
Évoquant la liste noire, ces sources indiquent : “Je comprends que cette liste ait pu choquer, heurter la sensibilité des Algériens. Mais laissez-moi essayer à sa plus juste mesure d’expliquer ce qui s’est vraiment passé dans ce dossier. Cette liste n’est pas une liste qui stigmatise l’Algérie, elle ne concerne que les compagnies aériennes et les personnes qui prennent ces compagnies, de toutes nationalités, qui partent d’Algérie. C’est un vieux dispositif qui existe depuis un an. Il n’y a aucune contrainte supplémentaire pour les personnes, pas de fouilles supplémentaires. Le Quai d’Orsay rend souvent hommage à la coopération dans la lutte antiterroriste avec l’Algérie qui n’est pas un pays terroriste.” Elles révèlent que l’accord est entré en vigueur avec Alger depuis… février 2009 !
Mais le plus dur est à venir dès qu’on aborde le dossier du Sahara occidental sur lequel la diplomatie française franchement pro-marocaine ne cache pas son parti pris et condamne l’action de l’envoyé spécial onusien, Christopher Ross, qui est pour elle “vouée à l’échec (…) Est-ce qu’on a une position pro-marocaine ? Nous, on ne le croit pas. On ne croit pas à la viabilité d’un Sahara occidental indépendant. On pense que ce sera une perspective qui déstabilisera la région (…) Ce qui me frappe sur ce dossier, c’est que c’est un théâtre d’ombres depuis 30 ans, entre le Maroc et une partie qui se nomme le Front Polisario, une partie qui est aidée clairement par l’Algérie. C’est votre choix politique, et nous le respectons. L’Algérie en tire la conséquence ; elle n’est pas une partie en conflit. Elle est plus que ça. La France n’a pas cette approche. Une approche entre les deux solutions extrêmes, indépendance ou annexion”.
Paris veut pousser Alger à être partie prenante des négociations, ce qui risque de faire grincer des dents. À la lumière de ces déclarations qui ont le mérite de ne souffrir d’aucune ambiguïté en comparaison avec le langage conventionnel de la diplomatie française, on se demande à Alger si ce n’est pas le chant du cygne de Kouchner sur le dossier algérien qui, avec ses déclarations, gère probablement sa sortie. (Liberté-25.02.2010.)  

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*Les points qui empoisonnent les relations entre Alger et Paris… 

Le Premier ministre Ouyahia a soulevé plusieurs points qui empoisonnent les relations entre Alger et Paris  : l’affaire Mohamed Ziane Hasseni, le dossier vide des moines de Tibhirine, la question du Sahara occidental et les essais nucléaires français en Algérie. Ahmed Ouyahia a évoqué aussi le volet du partenariat économique entre les deux pays, demandant sa révision sur des bases plus équilibrées. La visite éclair, dimanche, à Alger, de l’envoyé spécial du président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, s’est terminée sur une note d’espoir que les relations entre les deux pays iront mieux dans les mois à venir. Dépêché par l’Elysée pour renouer le fil du dialogue rompu depuis des mois avec Alger et par là même diagnostiquer la situation des relations bilatérales, M. Guéant devrait remettre sans tarder son rapport détaillé sur l’entretien qu’il a eu avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, au président Sarkozy.

C’est sur la base de ce rapport que ce dernier décidera de la marche à suivre pour assurer un retour à la normale dans les relations entre l’Algérie et la France. L’entretien de plus de trois heures entre Guéant et Ouyahia, comme affirme une source diplomatique, qui a requis l’anonymat, a été à la fois « chaleureux, courtois et sincère ». « Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, était franc, évoquant tous les dossiers qui sont à l’origine de ces turbulences dans les relations entre les deux pays. Il a parlé sans tabou, abordant même les sujets qui fâchent », souligne notre source. Le Premier ministre a beaucoup insisté sur la question de la mémoire et le partenariat économique, deux dossiers sur lesquels les deux parties doivent se mettre au travail rapidement pour lever les malentendus et aplanir les difficultés.

M. Ouyahia n’a pas caché, par ailleurs, la déception d’Alger quant au manque d’investissements français dans le secteur économique productif, critiquant à cet effet l’attitude des hommes d’affaires français qui n’accompagnent pas le développement du pays. Il a ainsi fait savoir à l’envoyé spécial du président Sarkozy le mécontentement d’Alger et surtout sa volonté à revoir les bases du partenariat économique entre les deux Etats pour le rendre plus équilibré.

L’Algérie demande des explications

Aussi, M. Ouyahia est revenu sur la guerre des mémoires que se sont livrés les deux pays et la nécessité que la France assume son passé colonial. Il y a 5 ans, le 23 février 2005, la France, faut-il le rappeler, avait adopté une loi glorifiant la colonisation, la considérant comme un « fait positif ». L’Algérie l’avait énergiquement dénoncée, poussant le chef de l’Etat de l’époque, Jacques Chirac, à lui apporter quelques modifications. Depuis quelques semaines, une proposition de loi faite par une centaine de députés algériens, criminalisant le colonialisme français, a réveillé les vieux démons. Une bonne partie de la droite française a exprimé sa colère, la condamnant avant même qu’elle ne soit adoptée. Ces tensions cycliques sur le fait colonial interpellent les deux pays qui sont appelés à se pencher sérieusement sur cette question de la mémoire.

Les déclarations du ministre français des Affaires étrangères, selon lesquelles les relations algéro-françaises pourraient être meilleures si la génération algérienne de l’Indépendance quitte le pouvoir, ont été également relevées par le Premier ministre. Des propos jugés excessifs et à la limite de l’ingérence. M. Ouyahia a ainsi demandé des explications. Dans le même sillage, et parmi les séquelles du colonialisme, Ouyahia est revenu, précise notre source, sur le dossier des essais nucléaires français dans le Sud algérien et la nécessité que l’Etat français prenne en charge les victimes algériennes et mette les moyens pour la décontamination de la zone affectée. La question des archives a été soulevée au cours de cet entretien de même que la révision des accords de 1968 portant sur l’immigration. M. Ouyahia n’a pas omis d’aborder l’Union pour la Méditerranée (UMP), qui se trouve actuellement bloquée. Le Premier ministre a également évoqué un autre dossier qui fâche, à savoir celui du Sahara occidental, sur lequel les visions des deux pays demeurent diamétralement opposées.

La France soutient le Maroc et l’Algérie défend le principe du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. La réouverture du dossier de l’assassinat des moines de Tibhirine figure également parmi les sujets qui irritent Alger, qui dit ne pas comprendre les déclarations du président Sarkozy sur cette affaire, selon lesquelles il y aurait mensonge d’Etat. Autre dossier sur lequel Ouyahia a exprimé le mécontentement d’Alger est relatif à la lenteur constatée dans le traitement de l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni, arrêté à Marseille le 14 août 2008, parce que « soupçonné » d’avoir commandité l’assassinat en France de l’opposant algérien et citoyen français Ali Mecili en 1987. L’inscription de l’Algérie sur la liste noire des pays à haut risque terroriste a été aussi soulevée par Ahmed Ouyahia. De son côté, Claude Guéant, qui a pris note, a transmis « la franche volonté » du président Sarkozy à renouer le dialogue pour aplanir toutes les difficultés et trouver des solutions aux problèmes évoqués.

L’envoyé spécial de l’Elysée a rappelé le caractère « dense et multiforme » des relations algéro-françaises, qui « les rend complexes ». Bien qu’aucune date n’ait été fixée, la visite du président Bouteflika reste d’actualité et devrait intervenir durant l’année 2010, affirme une source sûre. Une visite qui interviendra une fois la crise entre les deux pays désamorcée et les dossiers en suspens réglés. (El Watan-23.02.2010.)

***un climat encore obscur….

Les émissaires de Sarkozy ont été déviés de la Présidence vers le Palais du gouvernement où, selon des sources proches, les hôtes algériens se sont contentés, avec politesse, de prendre note du message du président français à son homologue algérien.

Les déplacements confiés au secrétaire général de l’Élysée sont généralement frappés du sceau du secret ou entrent dans le cadre des missions secrètes. Dans quel cadre faut-il positionner celle effectuée dans la journée (puisqu’il est reparti à 21 heures) par Claude Guéant en Algérie, où il a été reçu non pas par le président de la République, mais par le Premier ministre en présence, outre les ministres compétents, de son homologue auprès de la Présidence, M. Habba El-Okbi ?
Un communiqué a annoncé la visite sans donner les raisons de ce déplacement inattendu dans le climat encore obscur qui entoure les relations politiques entre les deux pays. Relations perturbées par la sortie des députés, à majorité d’obédience FLN, sur la criminalisation des crimes de guerre de la colonisation, et ensuite et surtout par la sortie maladroite et grave pour un ministre des Affaires étrangères, en l’occurrence Bernard Kouchner qui a tété la mamelle du socialisme mitterrandien pour se voir en fin de carrière offrir ses services au parti de la majorité. L’ingérence de ce dernier et l’appréciation qu’il porte sur le personnel politique algérien n’ont pas été du goût des personnes visées si bien que les émissaires de Sarkozy ont été déviés de la Présidence vers le Palais du gouvernement où, selon des sources proches, les hôtes algériens se sont contentés, avec politesse, de prendre note du message du président français à son homologue algérien. Ce qui pourrait expliquer l’absence de toute déclaration ou communiqué final.
Cette situation de malaise entre ces deux pays de la Méditerranée où l’Algérie a récupéré son rôle primordial, ce qui dérange un certain lobby encore actif dans la région, est accentuée par la position intransigeante des deux Présidents. Pour l’un, l’aboutissement à un partenariat d’exception passe par la reconnaissance des méfaits de la colonisation et par assumer le passé d’une nation coloniale. Pour l’autre, les Africains n’ont d’histoire que celle qui les lie à la mère patrie. Les divergences de vues sur beaucoup de dossiers de la région, notamment le Sahara occidental et le terrorisme dans la région du Sahel, ne font qu’accentuer la rancune accumulée. (Liberté-23.02.2010.)

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*Kouchner envenime le débat…. la provocation de trop

Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, continue de s’immiscer, sans retenue aucune, dans les affaires intérieures de l’Algérie. Dans son dernier entretien publié hier par le Journal du dimanche, il appelle, en des termes à peine voilés, au changement du pouvoir en Algérie. «La génération de l’Indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple», selon lui. C’est ce qu’il a répondu à une question sur les modalités de «réparer» les choses avec Alger. Ce n’est pas le premier écart de langage du diplomate français. Récemment encore, il a jugé que le projet de proposition de loi sur la criminalisation du colonialisme a peu de chances d’aboutir car, estime-t-il, c’est le pouvoir exécutif qui prend les décisions. Ce à quoi certains hommes politiques ont répondu que l’Algérie a des institutions souveraines, capables de décider de ce qui est bon pour le pays. Ces déclarations ne sont nullement destinées à améliorer le climat des relations entre l’Algérie et la France.
D’aileurs, si elles sont arrivées à un degré si excécrable, c’est en grande partie à cause du comportement de Kouchner. Grand chantre du devoir d’ingérence, pouvait-on néanmoins s’attendre à pire de sa part? On en est même à s’interroger si ses coups médiatiques ne font pas partie d’un calcul visant délibérément à envenimer davantage les relations entre Paris et Alger.
Sinon, comment expliquer le fait que ce soit Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, qui soit chargé actuellement du contact avec Alger? «Je sais qu’il (Guéant) va en Algérie approcher les militaires», dit encore Kouchner. «J’irai après, pour toucher Bouteflika», poursuit le chef de la diplomatie française. Par cet aveu, le ministre des Affaires étrangères français admet que le report de sa visite en Algérie, ne coupe pas le contact et que des circuits prennent le relais entres les deux capitales.
Pour l’heure, sa venue dans le pays est repoussée à une date inconnue si tant est qu’elle soit encore d’actualité et que Kouchner soit encore le bienvenu en Algérie. Le ministre déclare qu’il comprend l’indignation de l’Algérie après qu’elle ait été placée sur une liste de pays dont les ressortissants constitueraient un risque pour la sécurité de la navigation aérienne.
«C’est une norme de sécurité, et l’Algérie n’est pas seule en cause. Les Algériens sont choqués et c’est vrai qu’ils se battent courageusement contre Al Qaîda. Mais nous appliquons des règles de sécurité.» La réponse du ministre à cette question a contribué à jeter le froid sur les relations diplomatiques entre les deux pays, à tel point que l’ambassadeur de France à Alger aurait indiqué à des députés du FLN qu’il sent qu’il occupe un poste inutile. Mais le ministre français des Affaires étrangères n’a pas jugé utile de mentionner la possibilité de revoir la liste des pays concernés, à l’instar de ce qu’ont déclaré des responsables américains dont le pays a procédé à des mesures similaires.
Hormis les questions sécuritaires et le dossier de la mémoire, d’autres sujets comme ceux des moines de Tibhirine et du diplomate Hasseni ont contribué à envenimer les relations entre les deux pays. La France tente de jouer, de temps en temps, la carte de l’apaisement pour sauvegarder ses intérêts. Mais certains réflexes ne tardent pas à revenir au galop. A travers ses déclarations, le ministre français des Affaires étrangères ne va pas dans le sens de l’apaisement. Il s’est tracé une ligne de conduite dans ses relations avec l’Algérie. Au lieu de suivre le chemin du bon sens selon lequel tous les problèmes sont susceptibles de trouver une solution, il ne cesse de vouloir se substituer aux autorités algériennes comme il tente de le faire avec d’autres pays africains.
Même lorsqu’il s’agit de regarder l’Histoire, les crispations sont visibles, même si quelques-uns au sein du gouvernement français lâchent des bribes de vérité. Récemment encore, ce sont les essais nucléaires français en Algérie qui sont revenus sur la table des discussions entre Alger et Paris, y compris en ce qui concerne les indemnisations des victimes civiles. (L’Expression-21.02.2010.)

***Ouyahia reçoit l’envoyé spécial de Sarkozy…(21.02.2010.) -

 Le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, a reçu ce dimanche à Alger le secrétaire général de la présidence de la République française, M. Claude Guéant, rapporte l’APS. Selon l’agence de presse l’audience, qui s’est déroulée à la résidence El-Mithaq, a porté sur les relations algéro-françaises, sans toutefois donné de détails sur les sujets abordés par les deux parties. Depuis plusieurs mois les relations entre les deux pays sont au plus bas. Ont pris part à cette rencontre, du côté algérien, le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelkader Messahel, et le secrétaire général de la présidence de la République, M. Habba El-Okbi. Etaient présents, du côté français, le conseiller diplomatique du président Nicolas Sarkozy, M. Jean-David Levitte, le conseiller technique à la cellule diplomatique de la présidence de la République chargé de l’Afrique du Nord, du Proche et Moyen-Orient, M. Nicolas Galey.

** Le secrétaire général de l’Elysée n’a pas été reçu par le président Bouteflika mais par son Premier ministre, Ahmed Ouyahia Une visite éclair qui prête à différentes interprétations. L’analyse la plus courante étant celle qui consiste pour Nicolas Sarkozy de tenter de combler le fossé qui ne cesse de s’élargir entre les deux pays. Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, a effectué hier à Alger une visite dite « exceptionnelle ». Accompagné du conseiller diplomatique du président Nicolas Sarkozy, Jean -David Levitte, et du conseiller technique à la cellule diplomatique de l’Elysée chargé de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient, Nicolas Galey, M. Guéant a été reçu par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, en présence du ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, et du secrétaire général de la présidence de la République, Habba El Okbi, selon l’agence de presse officielle APS. Contrairement à ce qui avait été annoncé la veille par la presse, M. Guéant n’a pas été reçu par le président Bouteflika.

Cela prête à différentes interprétations. Certains observateurs estiment que ce serait une manière pour le président Bouteflika d’exprimer sa colère quant aux dernières déclarations de Bernard Kouchner, qui conditionne l’amélioration des relations entre l’Algérie et la France par le départ du pouvoir (algérien) de la génération de l’Indépendance. Des propos qui visent en premier lieu le président Bouteflika, lui-même issu de cette génération. « L’audience, qui s’est déroulée à la résidence El Mithaq, a porté sur les relations algéro-françaises », précise l’APS. Rien n’a filtré sur la teneur des discussions. Selon une source diplomatique à Alger, cette visite de M. Guéant a été décidée en très haut lieu, au début de la semaine dernière. Son objectif, souligne la même source, est d’exprimer la volonté des autorités françaises de faire avancer les choses et de sortir du tunnel dans lequel se trouvent coincées les relations entre les deux pays.

« Quelque part, le président Sarkozy veut montrer à quel point la France a besoin de l’Algérie et tient beaucoup à améliorer ses relations avec ce pays. Le déplacement de M. Guéant s’inscrit dans cette trajectoire. Il est venu pour tenter de surmonter cette situation et faire sortir les relations bilatérales de leur impasse actuelle en renouant le dialogue », précise notre source. Ce froid dans les relations algéro-françaises, qui dure depuis des mois, s’explique notamment par les « griefs » retenus de part et d’autre, surtout du côté algérien. Alger semble irritée par, entre autres, le refus de la France de reconnaître les crimes coloniaux, la réouverture du dossier des moines de Tibhirine (à propos duquel le président Sarkozy a évoqué le « mensonge d’Etat ») et la lenteur dans le traitement de l’affaire du diplomate Mohamed Ziane Hasseni, arrêté à Marseille le 14 août 2008, parce que soupçonné d’avoir commandité l’assassinat en France de l’opposant algérien et citoyen français Ali Mecili en 1987.

Il y a aussi l’inscription, en janvier dernier, de l’Algérie sur la liste noire des pays à fort risque terroriste, mais aussi d’autres dossiers comme celui de la révision des accords de 1968 sur l’immigration et la lutte antiterroriste dans la région du Sahel. Côté français, les inquiétudes sont aussi d’ordre économique, avec les récentes mesures prises par le gouvernement algérien visant notamment à réduire les importations en instituant le crédit documentaire. A cela s’ajoute la proposition de loi sur la criminalisation du colonialisme français annoncée par un groupe de parlementaires algériens.

Une proposition de loi vertement critiquée par une partie de la droite française, qui est allée jusqu’à demander le report de la ratification de la convention sur le partenariat avec l’Algérie. Dans ce contexte marqué par un coup de froid sur les relations entre Alger et Paris, plusieurs visites ont été reportées. Il s’agit entre autres de celle que devait effectuer le président Bouteflika en France en juin 2009 qui a été renvoyée à une date ultérieure, de celle de Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, d’Eric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, et celle que devait effectuer Bernard Kouchner en ce mois de février. Même si, aussi bien du côté français que du côté algérien, on avance « des contraintes de calendrier et d’agenda », ces « reports » semblent plutôt une sorte de rupture momentanée de dialogue entre les deux pays. Un dialogue que la France cherche aujourd’hui à renouer. A sa manière…(El Watan-22.02.2010.)

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**Kouchner lie l’avenir des relations algéro-françaises au départ de la génération de novembre

        La nouvelle ingérence du “French doctor”

Le chef de la diplomatie française a fait une sortie médiatique, pour le moins, provocante,  en affirmant que les relations algéro-françaises ne pourraient être normales tant que la génération  de Novembre reste au pouvoir en Algérie.

“Monsieur sac de riz”, dans une déclaration à l’hebdomadaire le Journal du dimanche, a estimé que “la génération de l’indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple”. La même réflexion est valable pour la génération au pouvoir en France. Tant que le lobby sioniste continue à dicter sa démarche à la diplomatie française et tant que les partisans de l’Algérie française restent au pouvoir à Paris, pas moyen d’imaginer une relation apaisée, dépassionnée entre les deux pays.
Le chef de la diplomatie française, qui a dû abandonner ses convictions socialistes pour servir la cause du lobby sioniste, n’a pas, toutefois, perdu toutes ses mauvaises habitudes. Connu pour son penchant pour l’ingérence étrangère dans les affaires des pays en développement, sous le couvert d’actions humanitaires, Bernard Kouchner était en déplacement la semaine dernière à Bamako pour arracher du gouvernement malien la libération de terroristes d’Al-Qaïda en contrepartie de la libération de l’otage français. Il a fini par obtenir gain de cause, et tant pis pour les principes sacro-saints défendus dans les tribunes internationales. Ce donneur de leçons devant l’Éternel vient d’étaler son art de dire la chose et de faire son contraire.
Dans la même déclaration, Bernard Kouchner défend la liste noire établie par la France pour faire plaisir aux Etats-Unis d’Amérique. Là aussi, le chef de la diplomatie française fait preuve d’une hypocrisie bien française. “C’est une norme de sécurité et l’Algérie n’est pas seule en cause. Les Algériens sont choqués, et c’est vrai qu’ils se battent courageusement contre  Al-Qaïda. Mais nous appliquons des règles de sécurité”, explique M. Kouchner dans l’interview. Cette nouvelle maladresse diplomatique française intervient au moment où la visite de Bernard Kouchner à Alger est reportée depuis plusieurs mois et que la visite prévue par le président Abdelaziz Bouteflika à Paris reste toujours hypothétique.
La dernière déclaration de Bernard Kouchner ne va certainement pas participer à aplanir les divergences, bien au contraire. Son contenu constitue une réponse de la France officielle à la dernière proposition de loi déposée par des députés algériens pour criminaliser la colonisation.
La France officielle, en déclassifiant des archives liées aux essais nucléaires dans le Sahara algérien, a voulu transmettre un message selon lequel les irradiations n’étaient pas si importantes, pour preuve ses soldats mis en première ligne n’auraient pas été très atteints et, par voie de conséquence, les populations “indigènes” n’auraient aucun droit de revendiquer des indemnisations. Cette façon de traiter un pan de l’histoire coloniale française en Algérie renseigne sur les résistances des partisans de l’Algérie française au sein de la Ve République. Ceux-là mêmes qui ont tenté de faire passer un texte de loi au Parlement louant “les bienfaits du colonialisme”.
Évidemment, M. Kouchner et ses semblables qui se précipitent à courber l’échine, à verser de chaudes larmes à chaque anniversaire de l’holocauste, à se confondre en excuses et à poursuivre le dernier des collaborateurs, même sur son lit de mort, n’arrivent toujours pas à admettre les crimes coloniaux, les fours crématoires, les exécutions sommaires commis en Algérie. Ils n’arrivent surtout pas à admettre que l’Algérie souveraine considère les “harkis” comme les “collabos”. Mais au-delà de cette guerre sémantique, Bernard Kouchner et tout son lobby doivent attendre encore trop longtemps s’ils comptent, réellement, voir l’Algérie débarrassée de la génération de Novembre. Car, en Algérie, chaque enfant qui naît est abreuvé des principes de Novembre. La Révolution coule dans le sang des Algériens, y compris ceux nés en France. Bien avant l’arrivée des colons français, l’Algérie a connu d’autres envahisseurs, d’autres civilisations qui ont tous fini par rebrousser chemin. Vouloir, aujourd’hui, ou dans cent ans, insulter la mémoire des Algériens, les inciter à devenir amnésiques ou myopes, serait une vaine tentative. Que M. Kouchner soit rassuré : les Algériens, qui n’ont aucun problème avec le peuple français, n’ont pas l’intention de changer. Même s’ils pardonnent, ils n’oublieront jamais. Même s’ils acceptent de tourner la page, ils ne la déchirent pas. (Liberté-21.02.2010.)

***LOUISA HANOUNE RÉPOND AU MINISTRE FRANÇAIS DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
«Occupez-vous de vos affaires»
 

Sous le couvert du droit d’ingérence humanitaire, le chef de la diplomatie française s’immisce dans les affaires intérieures de plusieurs pays.

«Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est un supplétif de l’administration américaine», a soutenu, hier, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, au cours d’une réunion avec le bureau de la wilaya d’Alger. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire Le Journal du Dimanche, le ministre français des Affaires étrangères a affirmé que la relation entre la France et l’Algérie sera «peut-être plus simple lorsque la génération de l’Indépendance algérienne ne sera plus au pouvoir». «La génération de l’Indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple», a-t-il ajouté à l’hebdomadaire. Courroucée par ce qu’elle qualifie d’agissement colonialiste, Louisa Hanoune a dressé un lourd réquisitoire contre Bernard Kouchner. «L’intervention de Kouchner est une ingérence flagrante dans les affaires intérieures du pays», a-t-elle déclaré, avant de mettre en lumière la situation socioéconomique française qui se «dégrade davantage». «Occupez-vous de vos affaires intérieures», s’est-elle adressée à Kouchner. Sous couvert du droit d’ingérence humanitaire, prôné par ce dernier, la secrétaire générale du PT qualifie Bernard Kouchner de «criminel récidiviste». Pour Louisa Hanoune, le chef de la diplomatie française «est un agitateur politique qui incite à la rébellion civile dans plusieurs Etats, à l’image de l’Iran». «Bernard Kouchner ne représente pas le peuple français. Pour preuve, explique Mme Hanoune, pourquoi ne s’interroge-t-il pas sur le refus du peuple français de voter oui pour la Constitution européenne?» Cette sortie médiatique de Bernard Kouchner risque de froisser davantage les relations algéro-françaises, déjà en froid. La diplomatie française ne rate aucune occasion pour multiplier ses attaques contre l’Algérie. Abordant les scandales financiers, dont plusieurs institutions publiques ont été éclaboussées, l’intervenante a plaidé pour une séparation des pouvoirs. Aussi a-t-elle invité les hautes autorités du pouvoir à une reforme politique du pays. «Le système du parti unique est le seul responsable de la multiplication de la corruption», a-t-elle martelé. Aussi, Mme Hanoune a insisté sur la dissolution de l’Assemblée populaire nationale, du fait qu’elle est «obsolète».
Dans ce sens, a-t-elle ajouté, le PT compte récolter 3 millions signatures pour demander, à la fois, la dissolution de l’APN et la réforme politique du pays. Abordant le front social, notamment la grève des médecins, la secrétaire générale du PT a appelé le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, à ouvrir les portes du dialogue avec les syndicats de la santé publique. «Ce n’est pas normal que le gouvernement ne négocie pas avec les médecins, l’attitude du gouvernement est inconcevable», fera-t-elle savoir. (L’Expression-21.02.2010.)

****Ça suffit, M. Kouchner!

Le ci-devant chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, vient d’en rajouter une couche en tenant des propos provocateurs à l’endroit de l’Algérie et peu en rapport avec la charge que la République de France lui a confiée. Sans doute que le sieur Kouchner confond les Affaires étrangères françaises, avec «Médecins sans frontières», cette ONG dont il était un temps le directeur et où il imposait sa loi. Quoi qu’il puisse en dire ou en penser, l’Algérie n’est certes pas la Somalie (avec tout le respect que nous devons au peuple martyre somalien) où cet étrange personnage a été vu coltinant sur le dos des sacs de riz dans le sillage des GI’s venus «pacifier» ce pauvre pays de la Corne de l’Afrique. Une image d’Epinal qui n’a dupé personne. Non, M.Kouchner, vous vous abusez et vous vous trompez d’époque, les Algériens, qui ont payé chèrement leur Indépendance, qui ont maté le terrorisme sans votre «aide», n’ont que faire de vos conseils et de votre agitation. N’est-ce pas un certain Bernard Kouchner qui, en pleine période du terrorisme islamiste – qu’il honorait de la qualification «d’opposition armée» -, recommandait «l’ingérence humanitaire» en Algérie? Non, M.Kouchner, surtout pas vous! Vous avez fait trop de mal, pas seulement à notre pays, mais à tous les pays du continent africain que vous estimez devoir être sous la férule de la France. Mais vous êtes loin d’être un Foccart, pour ne guère dire davantage. Le fait surprenant est que la République française ait pu vous confier la charge de sa diplomatie, une charge dont on se demande si vous en êtes encore digne. De fait, quoique ayant connu des hauts et des bas, les relations entre l’Algérie et la France n’ont jamais été aussi troublées que depuis votre arrivée à la tête de la diplomatie française. Jugez-en: l’affaire du diplomate algérien, Mohamed Ziane Hasseni, abusivement arrêté à Marseille et traité comme un malfaiteur, le dossier des moines de Tibhirine, rouvert à dessein à des fins de déstabilisation. Mais, comble d’imposture, le récent scandale de l’inscription par la France de l’Algérie parmi les pays à risque. A quoi cela rime-t-il? Comment se fait-il qu’un pays dont la population a été victime d’un terrorisme féroce – terrorisme que l’Algérie a combattu seule et avec ses seuls moyens, durant une décennie -, se retrouve aligné sur la liste de ces mêmes groupes de l’infamie qui font trembler l’Occident? L’inscription de l’Algérie comme «pays à risque», qui fait trop d’honneur à un terrorisme algérien qui n’a fait de mal qu’aux Algériens, met, par ailleurs, en marge de la communauté internationale l’ensemble des Algériens. Des Algériens, que la police française des aéroports traite déjà comme les pires des voyous, exigeant d’eux qu’ils se déchaussent et, même, pour certains, qu’ils se déshabillent, y compris les femmes. C’est cela le pays des «droits de l’homme» de Kouchner? Dans son interview au JDD, le ministre français des Affaires étrangères tente de justifier l’injustifiable, mais se livre surtout à de la provocation. Une provocation de trop de Kouchner qui porte un jugement de valeur sur les dirigeants de ce pays. Personne ne demande à Kouchner d’aimer l’Algérie (qui n’est plus un département français. Qu’il s’en convainc enfin une fois pour toutes) ou d’aimer les Algériens. M.Kouchner est toutefois tenu de respecter les Algériens, et à savoir raison garder, surtout du fait de la position qui est la sienne, en tant que chef de la diplomatie de son pays. Rien de plus, ni de moins. Il reste évident cependant, qu’après ces propos, l’ambassadeur de France à Alger est tenu de donner des explications sur la sortie grossière de son chef et ses déclarations peu amènes comme son ingérence délibérée dans les affaires d’un Etat souverain. Ça suffit comme ça, M.Kouchner! (L’Expression-21.02.2010.)

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*Kouchner sur la liste noire  ….L’interview accordée par Mourad Medelci au quotidien Le Monde indique que le chef de la diplomatie française n’est pas près d’atterrir sur le sol algérien.

Le ministre français des Affaires étrangères qui fait des pieds et des mains pour tenter de réchauffer les relations entre Paris et Alger, se heurte à une véritable muraille défensive. Qui a tiré le premier? Le traitement réservé au diplomate algérien Hasseni dans le cadre de l’assassinat d’Ali Mecili, l’affaire des moines de Tibhirine qui fut ressuscitée juste pour démon- trer l’implication de l’Armée nationale dans leur exécution par le GIA (groupe islamique armé), et la décision par la France de faire figurer de façon unilatérale l’Algérie sur la fameuse liste des pays estimés «à risque», ont jeté un coup de froid sur les relations entre les deux pays. Le ministre algérien des Affaires étrangères, qui a passé au crible toutes les questions, a eu des réponses limpides, franches qui traduisent une forme d’injustice qui n’est pas près d’être digérée du côté algérien. «Il y a des dossiers qui font mal», a fermement soutenu le chef de la diplomatie algérienne qui a estimé que «l’Algérie n’a pas à être sur cette liste. C’est inacceptable et nous ne l’accepterons pas».
C’est clair et net. Un ton qui n’est pas annonciateur de relations apaisées, du moins pour un proche avenir. Mettre en effet, un pays comme l’Algérie sur une liste de pays «à risque» alors qu’il a été à la pointe du combat contre le terrorisme. Rechercher son expérience dans la lutte antiterroriste qui est devenue un modèle pour la première puissance de la planète puis le ranger au même rang que certains Etats qui ont abreuvé la nébuleuse islamiste, relève d’un paradoxe dont ne sont capables que Washington et Paris. Il devient de plus en plus évident que la diplomatie française a plus que besoin de l’expérience algérienne pour libérer l’otage français, enlevé le 26 novembre 2009, dans le nord du Mali. L’axe Bamako-Alger est devenu incontournable dans cette affaire. La capitale algérienne est une étape qui ne peut point être ni contournée et encore moins annulée. Le temps presse, l’ultimatum donné par les ravisseurs de Pierre Calmatte expire le 20 février.
Bernard Kouchner qui s’y est pris à deux reprises pour négocier sa libération en échange de celle de quatre islamistes d’Al Qaîda parmi lesquels figurerait un Algérien, a vu cette offre, pour le moins étonnante de la part d’un Etat qui ne cesse de clamer qu’il mène une lutte implacable contre le terrorisme islamiste, se solder par une fin de non-reçevoir par les autorités maliennes. Une position fermement soutenue par le gouvernement algérien et qui, certainement, doit fortement agacer le chef de la diplomatie française et Nicolas Sarkozy. Le président de la République française, qui fait de la libération de l’otage français détenu par un groupe islamiste se revendiquant de la nébuleuse Al Qaîda, une affaire d’Etat, veut y parvenir par tous les moyens. Il faut rappeler que l’Algérie, qui apporte une contribution efficace à la lutte contre le terrorisme, a déposé une motion contre le paiement de rançon pour la libération d’otages. Cette initiative bénéficie, notamment du soutien des Etats-Unis d’Amérique, du Royaume-Uni et de la Russie. Dans ses déclarations, Nicolas Sarkozy qui compte utiliser tous les moyens pour parvenir à libérer Pierre Calmatte, ira-t-il jusqu’à verser une rançon? Certains pays occidentaux dont les ressortissants ont été pris en otage et menacés d’exécution, ont dû y recourir pour obtenir leur liberté. Face à ce chantage qui ne dit pas son nom de la part des groupes terroristes, le Président algérien oppose la plus grande fermeté. «Le produit de ces rançons s’est révélé être, désormais, la principale source de financement du terrorisme», avait déclaré en septembre 2009 Abdelaziz Bouteflika. Le chef de l’Etat français ne l’ignore pas. En ce qui concerne la lutte contre l’insécurité dans le Sahel, la coopération entre le Mali et l’Algérie semble avoir le vent en poupe. «Il y a eu des malentendus. Mais avec le soutien clair de l’Algérie au Mali dans sa position de ne pas libérer des terroristes, je voudrais souligner qu’il y a une embellie, que nous Maliens voulons consolider», a indiqué à l’AFP une source proche de la présidence malienne. L’axe Bamako-Alger s’avère un passage obligé pour la libération de Pierre Calmatte. Bernard Kouchner le sait. A Alger l’on n’est pas encore prêt à lui dérouler le tapis rouge. L’Algérie a elle aussi établi sa liste noire, où y figurent Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, Eric Besson le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale et…Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française. (L’Expression-18.02.2010.)

****Les relations algéro-françaises évoquée par Medelci au quotidien le Monde.

Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a accordé une interview au quotidien le Monde dans laquelle il a abordé des questions relatives à l’évolution des relations bilatérales algéro-françaises, à la lumière des atouts et potentiels qui nécessitent d’être davantage mis en œuvre. Le ministre a particulièrement insisté, dans cet entretien sollicité par le journaliste Jean-Pierre Tuquoi, sur la priorité absolue accordée par le Président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, à la diversification économique avec les partenaires de l’Algérie, à travers la promotion d’investissements hors hydrocarbures. L’entretien a également porté sur des dossiers considérés comme sensibles, tels le devoir de mémoire et la restitution des archives algériennes. La situation de la communauté algérienne en France a donné l’occasion au ministre d’évoquer la nécessité de préserver les accords de 1968 et de les améliorer, en tenant compte des évolutions du droit commun français dans ses dispositions “les plus favorables”.
Au chapitre des questions internationales, deux questions ont été évoquées : celle du Sahara occidental et celle relative à la coopération entre les pays du Sahel. M. Medelci a réitéré la position de l’Algérie quant à la nécessité de permettre l’organisation d’un référendum d’autodétermination devant permettre au peuple sahraoui de décider librement de son destin. Quant à la situation au Sahel, le ministre a souligné les efforts souverains des pays de la sous-région concernés pour renforcer leur coopération, y compris en matière de lutte contre le terrorisme et les autres fléaux. Sur ces deux questions, “l’Algérie ne ménagera aucun effort pour apporter une contribution appuyée dans le respect des principes chers à la diplomatie algérienne, à savoir la défense des causes justes dans le monde, le non-ingérence extérieure et le développement de la coopération dans toute ses dimensions”, a réaffirmé M. Medelci. Par ailleurs, l’entretien a donné l’occasion au ministre de réaffirmer également la position algérienne sur les conditions “inacceptables” dans lesquelles ont été traités un certain nombre de dossiers, en particulier celui du diplomate algérien, M. Hasseni, la résurgence du dossier des moines de Tibhirine et plus récemment, l’annonce unilatérale de la liste discriminatoire de pays jugés “à risque” par le partenaire français.(El Moudjahid-17.02.2010.)

***Embrouilles

Le flou a régi, durant les dernières quarante-huit années,  les relations tumultueuses qu’entretiennent Alger et Paris. Rien n’a de fait fonctionné normalement – ou comme il se devait – entre nos pays marqués, il est vrai, par le sceau d’une colonisation qui a laissé des traces indélébiles dans la société algérienne, qui a connu les criminelles enfumades et l’infâme code de l’indigénat. L’apartheid, ce sont les Français qui l’ont inventé et mis en application en Algérie. Sans l’avoir, certes, déchirée, l’Algérie a cependant tourné cette page noire. Encore fallait-il que de l’autre rive de la Méditerranée on agisse de même pour, à tout le moins, placer les relations entre les deux pays sur des normes plus apaisées. En refusant la repentance et surtout en «glorifiant» la colonisation, la France a rouvert, inutilement, des plaies pas toujours cicatrisées. Ce qui n’a en rien aidé à clarifier la donne algéro-française. De fait, du devoir de mémoire à la restitution des archives (archives municipales et documents légaux sortis illégalement à la veille de l’indépendance de l’Algérie), en passant par le dossier des Algériens irradiés par les essais nucléaires français dans le Sud algérien, le contentieux algéro-français est lourd. Cela sans se référer aux affaires – du diplomate Hasseni aux moines de Tibhirine – ou encore à la toute récente inscription de l’Algérie sur l’infamante liste noire. Que dire encore de l’anémie des relations économiques et commerciales qui n’ont jamais été ce qu’elles auraient dû être du fait même de tout ce qui nous «rapproche», comme s’en gargarisent volontiers hommes politiques et dirigeants économiques français. Dans le contexte des relations algéro-françaises qui, certes, n’ont jamais été ni faciles ni allant de soi, il est indubitable que quelqu’un joue faux. Sur ce registre, il y a beaucoup à dire quant au comportement de la France officielle, mâtiné de calculs et d’arrière-pensées, vis-à-vis de l’Algérie. Nous regardions vers l’avant car – sans pour autant sceller les plaies d’hier – nous croyons à un avenir que nous pouvions construire en coopération avec la France. Cela a-t-il été réciproque? Aujourd’hui, face aux multiples obstacles mis sur le chemin de rapports apaisés et d’une coopération féconde, pour tous, nous sommes enclins à en douter. A Paris, même parmi les dirigeants les plus éclairés, on garde une certaine nostalgie de l’empire, de cette «grande» France allant de «Dunkerque à Tamanrasset». Cette vision erronée de l’histoire ne pouvait qu’avoir un impact négatif sur des relations qui ont connu plus de bas que de hauts en près d’un demi-siècle d’indépendance de l’Algérie. C’est la France qui refuse de tirer un trait sur son passé colonial, allant jusqu’à faire voter une loi (23 février 2005) glorifiant la colonisation avec tout ce que cela pouvait induire comme conséquences sur les rapports entre Paris et Alger. De fait, la France a pris ces dernières années nombre de décisions, qui se sont avérées improductives, marquées qu’elles étaient par une certaine arrogance envers l’Algérie. A défaut de relations privilégiées, ce qu’Alger n’a jamais exigé en fait, il est demandé à la France d’avoir avec notre pays des rapports normaux, débarrassés de tout paternalisme et autres bienveillances de mauvais aloi. Nous y gagnerons tous, car chacun saura ce qu’il doit attendre de l’autre. Or, le recul de la France, au plan du partenariat économique et commercial, est patent au moment où notre coopération avec des pays européens, américains et asiatiques, se renforce et s’élargit. L’Algérie de 2010 ne doit rien à la France, un fait qu’il faut souligner. Aux Français de faire leur introspection et se dire si leur conduite avec l’Algérie a été correcte et dépourvue de spéculations, d’autant que Paris n’a rien fait pour que ses rapports avec Alger s’établissent sur une base saine.(L’Expression-18.02.2010.)

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Tout va mal, Mme la Marquise

 Aux plans bilatéral, régional et international, Paris s’est distingué par une duplicité qui tranche totalement avec la politique arabe de la France.

Le président Abdelaziz Bouteflika ira bel et bien en France dans le cadre d’une visite officielle dont la date sera fixée selon l’agenda des présidents respectifs. Jeudi en marge de la séance plénière au Sénat, consacrée aux questions orales aux ministres, le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci, a confirmé ce voyage qui a soulevé de nombreuses polémiques. La réponse du ministre des Affaires étrangères tranche en effet la question du voyage du Président algérien en France.
A ces reports successifs, les observateurs se livrent à une lecture qui traduit un réel malaise dans les relations algéro-françaises. «Tout va mal, Mme la Marquise», semblent-ils dire, même si Mourad Medelci rassure que «nos relations avec la France sont bonnes», tout en reconnaissant «l’existence de quelques divergences dans le point de vue des deux Etats». Et les points de divergence, ce n’est pas ce qui manque depuis ces derniers mois, notamment les positions politiques de la France sur plusieurs dossiers.
D’abord, au plan bilatéral, les observateurs ne comprennent pas l’acharnement français contre l’Algérie dans «l’affaire» des moines de Tibhirine.
Le ministère de la Défense français a ordonné la levée du secret-défense sur une vingtaine de documents classés secrets liés à l’assassinat des moines à Médéa. Le dossier du diplomate Hasseni n’est pas pour apaiser les tensions. Les mêmes observateurs s’interrogent en effet: comment se fait-il qu’un diplomate avec un passeport lui assurant une immunité, se fasse arrêter comme un vulgaire malfrat? Les tests ADN auxquels il a accepté de se soumettre, n’ont fait que confirmer son innocence qu’il clame depuis des mois. S’ensuit l’affaire Ben Barka. Quatre mandats d’arrêt internationaux émis par la France et visant, notamment le chef de la gendarmerie marocaine dans l’affaire de la disparition de Mehdi Ben Barka en 1965 à Paris, ont été diffusés par Interpol après accord du ministère de la Justice. Quelques jours plus tard, la justice française annule tout simplement ces mandats d’arrêt. On s’interroge alors sur cette politique des deux poids, deux mesures de la justice française. Dans le sillage de cette visite, les observateurs voient d’un mauvais oeil le fait que le roi du Maroc soit invité à se rendre à Paris avant le Président Bouteflika, dont le voyage a été initialement fixé avant celui de Mohammed VI.
Ensuite, il y a la position de la France par rapport au conflit du Sahara occidental que l’Algérie n’a pas appréciée. La France apporte un soutien inconditionnel à Rabat dans le projet marocain d’autonomie du territoire sahraoui. Un soutien qui s’apparente à une ingérence. Paris aurait pu et dû faciliter le règlement de ce conflit de décolonisation par une position de neutralité positive, cela au plan régional.
Au plan international, c’est la position ambivalente de la France que les observateurs regrettent. Depuis l’entrée de Sarkozy sous la tente de la présidence de la République, la politique arabe de la France s’est éclipsée en faveur d’un soutien sans réserve à Israël.
N’est-ce pas avec les Emirats arabes unis que la France a décroché des contrats de vente d’armes? C’est bien le Qatar qui a allongé le chèque pour la libération des infirmières bulgares! C’est bien avec l’Arabie Saoudite que l’Hexagone gagne de gros contrats et avec l’Algérie que des entreprises françaises, à l’image d’Alstom, ont été sauvées de la banqueroute?
Aux plans bilatéral, régional et international, Paris s’est distingué par une duplicité qui tranche totalement avec la politique arabe de la France. Ce sont autant de points divergents qui étaient au coeur des discussions tenues par les ministres des Affaires étrangères des pays respectifs en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. «Avec M. Bernard Kouchner, nous avons discuté des dossiers d’ordre économique et social. Bien évidemment, nous avons évoqué l’histoire.» Le ministre des Affaires étrangères a souligné que certains dossiers qui divisent les deux pays ont été posés sur la table des discussions.
A l’occasion de ce face-à-face, l’Algérie a réitéré sa volonté de développer ses relations avec la France «dans le cadre des intérêts communs». Interrogé sur la revendication des harkis ayant trait à la révision de la date de l’indépendance de l’Algérie, Medelci insiste que «nous n’avons pas de problème avec la France mais avec une partie des Français qui veut falsifier l’histoire et refuse de reconnaître la vérité».(L’Expression-10.10.09.)

**** les larmes du crocodile

La Radio Chaîne III (algérienne faut-il le préciser) a tendu le micro au dirigeant du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) une ONG française, pour passer ses propos au journal de 12h30, hier, où on l’a entendu «s’indigner» sur le prix littéraire «Luc Durand-Réville» que délivre «L’Académie (française) des Sciences d’Outre-mer» anciennement «Académie des sciences coloniales». La bonne foi des journalistes de la radio n’est pas à mettre en doute. Eux aussi ont été, sans aucun doute, indignés d’apprendre que cette «académie» qui est une structure dépendante du ministère français de l’Enseignement supérieur, puisse promouvoir des écrits sur «les aspects positifs de la colonisation» par l’attribution d’un prix dit «Durand-Réville». Ils ont été indignés que ces «aspects positifs» plus connus par la loi du 23 février 2005, reviennent encore sur le tapis. Ils ont été indignés et on les comprend. Sauf que…sauf que…ce prix ne date pas d’aujourd’hui. Il est attribué chaque année depuis 2003. Donc cette année nous en sommes à la 7e édition. Il aurait fallu s’en indigner toutes les années passées ou pas du tout. Pourquoi, alors, aujourd’hui et pas les années passées? Parce que «l’info» est partie «d’outre-mer» et non sans raisons. La reprendre au vol chez nous relève de la précipitation car c’est précisément son écho auprès de notre opinion nationale qui était recherché. Au moment même où notre ministre des Affaires étrangères, M.Mourad Medelci déclarait que «certaines parties en France s’évertuent à falsifier l’histoire», les falsificateurs ont voulu remettre une couche à «l’oeuvre civilisatrice de la colonisation». Ces mêmes falsificateurs qui ont suggéré l’ineptie d’écrire «une histoire commune».
La vérité est que nous sommes face à une affaire franco-française. Deux Frances cohabitent dans l’Hexagone. Ce n’est pas notre problème. Ce que nous ne devons pas oublier, par contre, c’est que la majorité des Français étaient pour l’indépendance de l’Algérie. A deux reprises. La première fois lors du référendum du 8 janvier 1961 où 54% d’entre eux étaient pour notre autodétermination et 18% seulement étaient contre. La seconde fois le 8 avril 1962 où 65% de Français étaient pour notre indépendance et seuls 7% étaient contre. 18 millions de Français contre moins de 2 millions. Tout le monde peut compulser les archives. Même pour mieux connaître le personnage qu’était Durand-Réville. Il faut savoir que ses parents ont été expulsés de France, ce qui explique sa naissance au Caire en 1904. Avant de devenir sénateur il aura passé le plus clair de sa vie aux «affaires coloniales». Il faisait donc partie des 2 millions de Français qui étaient contre les 18 millions d’autres Français. Le prix qu’il a institué les concerne. Le débat sur la colonisation aussi. L’histoire ne s’écrira jamais sur des gesticulations. Il y a des archives pour cela. Pour dire si les enfumades et le Code de l’indigénat ont été «civilisateurs»? Ou, pour être plus précis, s’ils peuvent être l’oeuvre de gens civilisés? Alors, Messieurs de l’Académie des sciences, décernez le prix que vous voudrez, vous ne changerez pas le cours de l’histoire! Ni celui de la France et encore moins le nôtre.(L’Expression-12.10.09.)

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*Une histoire de malentendus

** l’Algérie demeure le premier partenaire commercial de la France sur le continent africain…avec 10 milliards d’euros en 2008. 

Depuis son accession à l’indépendance, en juillet 1962, l’Algérie n’a eu de cesse de s’affranchir économiquement de l’ex-puissance colonisatrice en diversifiant ses partenariats avec d’autres Etats.

L’affaire du diplomate Hasseni et plus récemment celle de l’assassinat des moines de Tibhirine ont remis sur le tapis la question de la détérioration des relations franco-algériennes. La brouille entre les deux pays remonte à beaucoup plus loin, et pas à seulement près d’un demi-siècle. Elle est avant tout historique et puise ses origines dans une colonisation basée sur un système de domination et d’expropriation féroces qui a duré 132 ans. Le divorce, pour le moins que l’on puisse dire, n’a pas eu lieu à l’amiable.
C’est, contrainte et forcée, et après une guerre de Libération menée sans répit durant plus de sept ans, que la quatrième puissance militaire de la planète a dû plier bagage de l’ensemble du territoire algérien. Depuis, le couple Algérie-France a évolué au rythme des «Je t’aime moi non plus». Le 24 Février 1971, date de la décision de la nationalisation des hydrocarbures par le président défunt Houari Boumediene, allait définitivement enterrer l’accord du 29 juillet 1965 portant sur les hydrocarbures et qui faisait la part belle à la France quant à l’exploitation du sous-sol algérien.

Le virage de 1985
Cet événement, que l’on peut considérer comme historique, n’allait toutefois s’avérer qu’un petit grain de sable par rapport à ce qui attendait les futures relations entre les deux Etats. Le 3 janvier 1983 fut vécu comme un des moments les plus forts de la coopération algéro-française lorsque a été signé le fameux contrat qui allait mettre fin à un conflit gazier qui commençait à dépasser le strict cadre commercial. La France venait d’accepter de payer le prix du mètre cube de gaz algérien au prix fort. Plus cher que le prix moyen affiché sur le marché. Toutefois, la fin de l’état de grâce conduisit la France à penser dès 1985 à la renégociation de cet accord privilégié.
C’est à la droite, à Jacques Chirac, Premier ministre de la première cohabitation sous la présidence de François Mitterrand qui revint au pouvoir en 1986, qu’a échu la tâche.

Le diplomate et les moines
La lune de miel annoncée allait prendre fin. Les relations se crispèrent davantage avec le lourd dossier de l’immigration. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua, qui en fit sa priorité, allait donner un sérieux tour de vis aux conditions d’entrée et de séjour en France, en particulier pour les Algériens. Dans la foulée, survint la tragédie nationale et les sombres et dramatiques années du terrorisme. La position de l’Etat français pendant cette période a consisté à surtout déconseiller la destination Algérie et à entraîner la frilosité des entreprises françaises à investir dans un pays qui était considéré comme leur pré carré dans la région du Maghreb. La brèche fut ouverte notamment aux Italiens qui ont eu le courage de rester malgré tous les risques encourus, mais aussi à certains pays émergents à l’instar de la Chine dont le savoir-faire de ses techniciens est devenu incontes-table.
L’entreprise Citic-Crcc a arraché un marché estimé à 6 milliards de dollars dans le cadre de la réalisation de l’autoroute Est-Ouest.
Cependant, les affaires restent les affaires. Malgré toutes les turbulences qui ont jalonné la si particulière coopération entre les deux nations, l’Algérie demeure le premier partenaire commercial de la France sur le continent africain. Le montant des échanges commerciaux a presque doublé en l’espace d’une décennie.
De 8 milliards d’euros en 2005, il est passé à près de 10 milliards d’euros en 2008. «L’Algérie représente un marché stratégique pour les entreprises françaises car il constitue le premier débouché vers l’Afrique» a déclaré Marc Bouteiller, chef de la mission économique française en Algérie, lors d’une rencontre organisée à Paris au mois de février 2009 par le Réseau des étudiants algériens diplômés des grandes écoles de France, le Reage. Comme on peut le constater, ni l’affaire du diplomate Hasseni ni celle de l’assassinat des moines de Tibhirine et encore moins la loi du 23 février 2005 qui glorifie l’action de la France coloniale en Algérie, n’ont sérieusement perturbé le climat du partenariat économique entre les deux pays.
Le marché algérien qui reste à conquérir offre des opportunités et des garanties financières attestées. Cela ne se fera pas à n’importe quel prix. La France doit désormais faire face à des concurrents redoutables.(L’Expression-31.08.09.)

 

 

6 réponses à “Relations algéro-françaises”

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