Relations algéro-italiennes

*PMI / PME italiennes cherchent homologues algériennes

Pour un futur partagé

L’Institut italien pour le commerce extérieur a mis les petits plats dans les grands pour recevoir les autres pays de la Méditerranée (au nombre de 13) pour un grand débat sur l’intégration et le libre-échange. Pari réussi par les organisateurs si ce n’est que les “pâtes” n’étaient pas assez cuites.

Le 2e Forum économique de la Méditerranée, qui s’est tenu les 25 et 26 février à Rome, d’abord pour la première journée, dans la célèbre salle de la mairie de la capitale puis au siège de la Confédération patronale pour les ateliers et les discussions d’affaires, a montré l’intérêt des uns et des autres, si on en juge par le nombre de rendez-vous pris (plus de 160, selon Samuele Porsia, directeur de l’Institut du commerce extérieur en Algérie).
D’abord les discours de bienvenue des différents ministres qui ont mis l’accent sur l’intérêt, voire la volonté politique affichée par le pays de la Botte à franchir la Méditerranée dans son côté sud.
Pour le maire de Rome, il est urgent de remplacer la filière de la consommation par une filière de la production tout autour de la grande bleue, faire tomber les boucliers de la protection pour mieux travailler en direction d’une zone de libre-échange. Son rêve : que Rome ne soit pas seulement ouverte aux Italiens mais à tous les peuples de la Méditerranée.
Le président des entrepreneurs a, quant à lui, mis l’accent sur l’importance du portefeuille de son organisation, le nombre de ses adhérents, au nombre de 440 000 entreprises, des atouts en matière d’infrastructures de communication.
Le ministre du Développement économique a axé son intervention sur les chiffres qui donnent une image de la densité des échanges entre son pays, qui veut devenir le hub de l’Europe et les pays voisins. À titre indicatif, le volume des échanges en 2008 de ce pays s’élève à 27 milliards d’euros pour les importations et à 39 milliards pour les exportations. Pour lui, le prochain défi est de faire de son pays une plate-forme énergétique et solaire vers l’Europe et, avec les autres pays, un ensemble intégré de 600 millions d’habitants.

Pourquoi maintenant ?
À lire entre les lignes, les différentes interventions nous renvoient au dernier G8, tenu au pays de Berlusconi, dans une ville (Aquila) frappée par un séisme. Ce dernier, à quelque chose malheur est bon, a poussé les Italiens à revoir leur copie dans le domaine des relations économiques.
Leurs tentatives à frayer dans le monde des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont été un échec pour ce pays dont le levier de développement est constitué de petites et moyennes industries, et d’entreprises.
Autant changer son fusil d’épaule et revenir en territoire connu et proche constitué par les pays voisins et connus. La crise financière aidant l’ardeur à sa juste valeur, les organisateurs de l’événement décident de donner une suite au premier forum du même nom, tenu à Palerme, en 2006.

Pari réussi ?
Oui, si on en juge par l’intérêt des pays invités présents et par le nombre d’entreprises italiennes venues à la conquête d’un marché, qui pour proposer un partenariat, qui pour vendre un produit. L’important est que le déclic a eu lieu.
La délégation algérienne, forte de représentants de 25 entreprises publiques et privées, des présidents du Forum des chefs d’entreprises et de la CGEA, a senti une autre approche chez leurs homologues italiens, et que le temps de la vente est révolue. Effectivement, les Italiens, au courant de la nouvelle réglementation en matière d’investissement et d’échanges, n’ont pas boudé les rendez-vous et les entretiens bilatéraux. Au contraire. C’est ce que nous dit S. Porsia, directeur de l’Institut du commerce extérieur à Alger, satisfait de la réponse massive des sociétés algériennes, venues prendre part à ce forum. Il ajoute : “Nous demandons aux opérateurs algériens de nous aider à nous installer chez eux, les nouvelles normes prises (LFC 2009) ne nous effraient pas. Il faut juste lier le partenariat fixe et durable avec des règles acceptées par tous. Comment pourrait se traduire ce partenariat ? Par exemple, l’opérateur italien peut amener l’équipement et l’Algérien son atelier et sa main-d’œuvre. Il y a beaucoup de secteurs porteurs comme, par exemple, celui de la sous-traitance, qui commence à prendre de l’importance chez vous. Nous le faisons avec le Maroc et la Tunisie. Avec ce dernier pays, il y a 30 000 opérateurs et en Algérie, il n’y en a que 5 000. Pourtant, l’Algérie est un grand pays avec deux avantages extraordinaires : le coût de l’énergie et la qualité des ressources humaines. Mais, je reste confiant pour l’avenir.”
Pour Rédha Hamiani, président du Forum des chefs d’entreprise, qui connaît bien l’Italie, il faut mettre un bémol à cet enthousiasme tant que l’on ne voit pas encore de résultats probants sur le terrain. Néanmoins, il ajoute avoir remarqué chez les dirigeants et le patronat une volonté affirmée à se situer dans des échanges enrichis avec des investissements et un partage des risques. Cette logique est enclenchée même s’il y a encore un décalage avec les opérateurs sur le terrain. “L’essentiel et le plus important avec nos futurs partenaires consistent à renforcer nos liens en termes de patronat, alimenter un portefeuille de projets à même d’arriver à une ambiance saine pour de meilleures chances de réussite.” Pour M. Yousfi, patron de la CGEA, il faut “inscrire nos échanges dans un cadre équitable et gagnant-gagnant pour chacun. Aux partenaires de privilégier le secteur productif et créer un climat de confiance entre les parties. C’est l’image que je me fais d’un partenariat partagé et équilibré.”
Abderahmane Benkhalfa, délégué général de l’ABEF, partage le même sentiment. Pour lui, un développement économique passe par les PMI/PME certes, mais aussi par les banques. Ces dernières doivent plus que jamais accompagner les opérateurs économiques qui montrent de réelles intentions d’investir dans le secteur productif. En effet, la relation banques/opérateurs ne suffit plus. Il faudrait que la volonté politique s’exprime par des textes réglementaires précis qui situeraient la part des responsabilités et surtout le partage des risques de chacun. En somme, un opérateur doit avoir un banquier derrière lui comme accompagnateur sur tout projet viable et fiable et les négociations avec son banquier sont beaucoup plus rassurantes pour l’autre partie. C’est aussi l’avis des Italiens. Attendons du concret.
Même sentiment aussi partagé par les patrons ou représentants d’entreprises qui ont été frappés par le réel intérêt manifesté par les Italiens qui ont assisté aux
démonstrations du savoir-faire national dans le cadre de tables rondes thématiques. Le président du groupe Cosider a fait un exposé sur les capacités de son groupe dans le domaine des barrages, celui de Cevital a séduit son auditoire par les capacités mises en exergue du groupe dans le domaine de la logistique. Un exposé succinct mais précis du manager Net Skills sur le marché des télécoms a mis en valeur les possibilités d’un partenariat.
Au final, cette rencontre a été bénéfique puisqu’elle a permis aux Algériens de vérifier de visu que les Italiens ont une autre image du pays et que la seule coopération viable et fiable repose sur un véritable partenariat avec un partage de risques et de bénéfices.
“La preuve qu’on est proches ; c’est ce temps printanier chez vous et chez nous, alors que les autres pays sont paralysés par l’endettement, les grèves (allusion à la grève des aiguilleurs du ciel) ou les conditions climatiques affreuses”, résume un Italien lors du dîner de gala qui a clôturé cette rencontre.(Liberté-07.03.2010.)

21 réponses à “Relations algéro-italiennes”

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  1. 16 08 2018
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