La philosophie,un esprit critique sur le monde et la société

** La Journée mondiale de la Philosophie à l’UNESCO

Aujourd’hui: nouvelle année hégirienne 1434 dans actualité

**15e édition des Rencontres internationales sur les Nouvelles pratiques philosophiques

Cette journée est organisée, chaque année, par l’UNESCO. Elle met en avant le rôle que joue la philosophie dans notre quotidien. Elle permet d’avoir une réflexion au près d’un large public. Et d’autant plus dans des pays où la philosophie n’est pas abordée en études supérieures. Cette journée est célébrée le 3ème jeudi de novembre de chaque année.**en 2016, c’est jeudi 16 / 17 novembre. (en 2015 c’était jeudi 19 novembre– en 2012, c’était jeudi 15 novembre)**En célébrant la Journée mondiale de la philosophie chaque année, l’UNESCO souligne la valeur durable de la philosophie pour le développement de la pensée humaine, pour chaque culture et pour chaque individu.

*« Face à la complexité du monde actuel, la réflexion philosophique est d’abord un appel à l’humilité, à la prise de recul et au dialogue raisonné, pour construire ensemble des solutions aux défis qui nous dépassent. Elle est le moyen privilégié de former des citoyens éclairés, prémunis contre la bêtise et les préjugés. Plus les difficultés sont grandes, plus la philosophie est utile pour donner du sens aux questions de la paix et du développement durables. »**-Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO

 

La philosophie,un esprit critique sur le monde et la société

*********************A l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie, l’UNESCO organise la 15e édition des Rencontres internationales sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP) qui constituent un lieu de rendez-vous et d’échange pour tous ceux qui s’intéressent à la pratique de la philosophie sous toutes ses formes y compris les moins traditionnelles. Elles sont l’occasion d’une réflexion sur l’accessibilité de la philosophie au plus grand nombre, en dehors de ses espaces et modes d’expression traditionnels : à l’école primaire, à l’école secondaire, à l’hôpital, en prison, dans les cafés, les universités populaires, les médiathèques, au théâtre, au cinéma, au sein d’entreprises ou d’organisations, etc. Chercheurs, enseignants, praticiens et simples curieux sont tous les bienvenus à participer et partager leurs expériences. Au cours de ces deux jours de Rencontres seront proposés : des démonstrations de pratiques philosophiques avec des enfants, adolescents et adultes, des tables rondes, des ateliers de communication, des ateliers de recherche, un « ciné philo » animé par Ollivier Pourriol, et des stands d’éditeurs.*source: unesco.org/

*****Thèmes 2015 :

Apprendre à vivre ensemble
Transformations sociales
Programmes pour construire la paix
Dialogue interculturel

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*Apprendre à vivre ensemble

Dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, l’UNESCO accomplit chaque jour sa mission humaniste qui est d’accompagner les peuples en vue de mieux se comprendre et d’œuvrer ensemble pour aboutir à une paix durable. L’UNESCO contribue également à permettre aux gens de créer et d’utiliser des connaissancespour construire des sociétés justes et inclusives.

Une paix durable repose néanmoins sur un tissu complexe et fragile de pratiques quotidiennes, qui s’insèrent dans des contextes locaux, et sur le maintien créatif par les individus et les communautés de liens fortuits, dans la conviction que ces liens sont en fait les conditions durables d’un vivre ensemble dans la dignité et la prospérité.

Aujourd’hui, alors que les menaces et les défis nouveaux se multiplient au niveau mondial et nuisent à la cohésion de l’humanité, telles les nouvelles formes d’inégalités, d’exclusion, de violence et de fondamentalisme aggravées par des tensions et des conflits locaux, apprendre à vivre ensemble entre tous les membres de la communauté mondiale représente un enjeu d’une actualité toute particulière.

Les compétences interculturelles ne sont pas innées. Elles s’acquièrent par l’éducation et l’expérience vécue. D’où l’importance cruciale de l’accès à suffisamment des ressources éducatives de qualité, formelles et non formelles, pour acquérir les compétences interculturelles requises afin de réussir sa vie dans toute la complexité et l’hétérogénéité du monde moderne qui est le nôtre.

Ainsi, depuis son Siège et sur le terrain, l’Organisation intervient au quotidien pour aider ses États membres et l’ensemble de ses partenaires à mieux appréhender et relever les défis auxquels sont confrontées nos sociétés de plus en plus diversifiées, notamment à travers le Programme intergouvernemental pour la Gestion des transformations sociales (MOST) et le Programme d’action pour une culture de la paix et de la non-violence (site web en anglais), qui inclut, inter alia, les initiatives en faveur de la démocratie et de la citoyenneté mondiale, du dialogue interculturel, de l’éducation à la paix et aux droits de l’homme, et de laconstruction de la paix.

En outre, tenant compte du fait que le sport ignore les frontières géographiques et les barrières sociales, l’UNESCO encourage le développement et la pratique des activités sportives, et participe activement à la lutte contre le dopage, dans le souci de renforcer l’intégration sociale dans différents contextes culturels et politiques. D’autre part,  l’Organisation agit également pour que santé et éducation ne soient le privilège de quelques-uns.

« Il ne suffit pas d’être reliés les uns aux autres. Nous devons aussi partager nos solutions, nos expériences et nos rêves au sein d’une grande communauté cimentée par les droits humains et les libertés fondamentales ».

Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO
Conférence internationale des Commissions nationales pour l’UNESCO, Vienne (Autriche), 31 mai 2012

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Thème 2014 :

Les transformations sociales et le dialogue interculturel

En proclamant la Journée mondiale de la philosophie en 2005, la Conférence générale de l’Organisation a accentué l’importance de cette discipline, surtout pour les jeunes, et a souligné que « la philosophie est une discipline qui encourage la pensée critique et indépendante, à même d’œuvrer pour une meilleure compréhension du monde et de promouvoir la tolérance et la paix ».

La Conférence générale était persuadée que « l’institutionnalisation de la Journée de la philosophie à l’UNESCO en une Journée mondiale de la philosophie donnerait une reconnaissance et une impulsion forte en faveur de la philosophie, et en particulier en faveur de l’enseignement de la philosophie dans le monde ».

L’UNESCO mène la Journée mondiale de la philosophie – mais ne la possède pas. Cette Journée appartient à tous ceux qui apprécient la philosophie.

En ce jour d’exercice collectif de la réflexion libre, raisonnée et informée sur les défis importants de notre temps, tous les partenaires de l’UNESCO – les gouvernements nationaux, leurs institutions et organisations publiques, incluant les Commissions nationales pour l’UNESCO, les organisations non-gouvernementales pertinentes, les associations, les universités, les instituts, les écoles, les Chaires UNESCO/UNITWIN, les Écoles Associées et les Clubs, etc. – sont encouragés à organiser des activités variées – dialogues philosophiques, discussions, conférences, ateliers, événements culturels et présentations diverses autour du thème général de la Journée avec la participation de philosophes, de scientifiques de toutes les branches des sciences sociales et naturelles, éducateurs, enseignants, étudiants, journalistes et autres représentants des médias et bien sûr du grand public.

En 2013, la Journée se tiendra le jeudi 21 novembre avec l’organisation d’évènements aux niveaux international, national et local. Ils permettront à leurs participants de partager une multitude de vues et d’expériences, en respectant pleinement la diversité culturelle. Cette année, la Journée célèbrera la philosophie en général, et en même temps offrira une occasion de réfléchir sur certains des grands défis contemporains, qui sont liés au thème principal des évènements organisés à l’UNESCO pour la Journée 2013.*.un.org/fr/

****Programmes pour construire la paix

La construction d’une culture de la paix et du développement durable est au cœur même du mandat de l’UNESCO. La formation et la recherche pour le développement durable figurent parmi ses priorités ainsi que l’éducation aux droits de l’homme, les compétences en matière de relations pacifiques, la bonne gouvernance, la prévention des conflits et la consolidation de la paix.

Depuis 1945, l’UNESCO encourage le droit à l’éducation de qualité et l’avancement de la science ainsi que leur application pour développer le savoir et les capacités qui sont la clé du progrès économique et social, et le fondement de la paix et du développement durable.

La coopération internationale est encouragée à travers des programmes sur la gestion des sites transfrontaliers tels que les sites du patrimoine mondial, les réserves de biosphère, les géoparcs et les ressources en eau transfrontalières, ainsi que les programmes tels que L’eau pour la paix, ou Du conflit potentiel au potentiel de coopération (PCCP). L’UNESCO a été désignée par les Nations Unies pour coordonner l’Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau 2013 destinée à promouvoir une coopération plus étroite entre les pays pour répondre à un accroissement de la demande d’accès, de répartition des ressources et de services d’approvisionnement en eau.

Plusieurs projets internationaux établis sous les auspices de l’UNESCO visent à promouvoir la solidarité et la paix au Moyen-Orient grâce à la coopération scientifique. Il s’agit notamment de l’un des instituts de recherche les plus ambitieux au Moyen-Orient, connu sous le nom de SESAME (Centre international de rayonnement synchrotron pour les sciences expérimentales et appliquées au Moyen-Orient) et également de l’Organisation scientifique israélo-palestinienne (IPSO).

S’agissant de science, grâce à son mandat intergouvernemental et  sa composition universelle, l’UNESCO a concentré ses activités sur les préoccupations à l’échelle mondiale appelant la collaboration multinationale, telles que les problèmes de gestion des ressources en eau douce, la santé des océans, le changement climatique, les énergies renouvelables, la prévention des catastrophes naturelles, la perte de biodiversité le renforcement des capacités en science, technologie et innovation.

En outre, la connaissance des droits et des libertés est considérée comme un outil fondamental pour garantir le respect des droits de chacun. Le travail de l’UNESCO en matière d’éducation aux droits de l’homme est guidé par le Programme mondial en faveur de l’éducation aux droits de l’homme.

L’UNESCO s’inquiète de la montée du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée, et considère que l’éducation est essentielle pour renforcer les fondements de la tolérance, réduire la discrimination et la violence. Lancé le 18 Janvier 2012, le projet « Enseigner le respect pour tous », une initiative conjointe de l’UNESCO, des États-Unis d’Amérique et du Brésil, vise à concevoir un cadre pédagogique que les pays pourront adapter à leurs propres contextes et besoins respectifs afin de lutter contre le racisme et promouvoir la tolérance.(…)

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*Une reflexion sur le monde et la société

Près de 70 pays participent à cette journée, ainsi qu’une centaine de philosophes et de personnalités d’horizons, de langues et de cultures différentes. Une grande variété de thèmes et d’activités sont abordés (tables rondes, conférences, cafés philosophiques, événements artistiques et expositions de livres)…

*Pourquoi ?

Par la philosophie, nous avons un esprit critique sur notre société et nous nous interrogeons sur les problèmes auxquels le monde est confronté. Nous luttons contre toutes les sortes de racismes, d’intolérances, de fondamentalismes… Elle nous confère les outils dont nous avons besoin pour développer une pensée indépendante.*Journee-mondiale.com *

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La pratique de la philosophie est une dynamique qui profite à toute la société. Elle aide à tisser des ponts entre les peuples et les culturesquotes-R

Irina Bokova
Directrice générale de l’UNESCO

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**Consulter par ailleurs: graines de sagesse-1

*lumières d’Islam.1

*La méditation stimule le cerveau

 algerie.FMI dans culture

* Comment nourrir neuf milliards de Terriens

 dans

*les dérives de la finance

*la valeur d’un homme ou d’une femme

*Toi et Moi

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Journée mondiale de la philosophie 2012 :

* le théme de cette année:   « Les générations futures »

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*Quelques autres Journées internationales

  • Journée mondiale du souvenir des victimes des accidents de la route (le troisième dimanche du mois : 18 novembre 2012)
  • Semaine internationale de la science et de la paix (6-12 novembre)
  • Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé (6 novembre)
  • Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement (10 novembre)
  • Journée mondiale de la pneumonie (12 novembre)
  • Journée mondiale du diabète (14 novembre)
  • Journée mondiale de la tolérance (16 novembre)
  • Journée mondiale de la bronchopneumopathie chronique obstructive (17 novembre)
  • Journée de l’industrialisation de l’Afrique (20 novembre)
  • Journée mondiale de l’enfance (20 novembre)
  • Journée mondiale de la télévision (21 novembre)
  • Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre)
  • Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien (29 novembre)

************************La philosophie vue autrement

*La philosophie d’un petit dejeuner

Bon tout le monde n’est pas sans connaitre les deux lignes de philosophies qui s ‘opposent quand il s’agit du petit déjeuner….
Il s’agit d une vision complètement différente de voir le monde, et d’appréhender le démarrage de la journée.
Il s ‘agit d’ une pratique presque sectaire, souvent accompagnée de biscuits qui nous suivent depuis l’enfance (la marque hein, pas le paquet).
Alors je te vois, mon cher lecteur, lire ces lignes en te demandant de quoi je peux bien te causer….
Mais prend conscience cher lecteur, qu’a la maison c’est la guerre….
Que pommier et Pépin sont d ‘une philosophie, et que Pepinette et moi sommes d ‘une autre….
ET je suis ô combien fière que ma fille me suive dans cette voie….
Elle, elle me comprend…..
Alors je ne vais pas te faire mariner plus longtemps, cette philosophie de vie qui commence des le petit dej, c ‘est celle du biscuit mou ou pas….
C ‘est la guerre, des…

Trempeurs Vs croqueurs
Alors là tu ris, et tu prend peut être même une vieille grimace digne de tante Bernadette en t’ imaginant le biscuit ramollo porté a ta bouche et t ‘offrant cette texture monstrueuse, limite style prémamachée, qui s’ offre à ta bouche….
Peut être tu t’imagines un petit dej, avec ton thé-chocolat-café, et tes biscuits, et l’interdiction de les tremper dans ta boisson, et tu t’ imagines déjà ce biscuit sec dans ta bouche, limite estoufasse chretiennous…
Alors maintenant tu te demanderas de quel bord je me trouve???
Bein moi je suis du bord mou.
Du coté trempouille joyeuse et marinade de biscuit dans le thé fumant.
Mais ATTENTION!
La trempouille du biscuit est tout un art, il lui faut tremper mais pas trop longtemps, obligatoirement dans une boisson chaude, de façon a ce que le chocolat a l’intérieur du biscuit soit ramollo et fondant… Mais tout l’art est dans le chronométrage… tremper oui, mais pas trop, sinon le biscuit pourrait se défaire sur le court chemin entre la tasse et ma bouche m’offrant un double salto arrière pour atterrir avec un manque de délicatesse intense dans ma tasse fumante, me brûlant et m’éclaboussant au passage….
Dans le cas où je ne mangerais pas le fameux biscuit, je peux accessoirement me venger sur de la biscotte, ou du pain grillé, mais j’ai toujours besoin de tremper, de réchauffer, et de me délecter de la mixture imprégnée de la boisson…
Alors bon, je sais que parmi vous il y aura les trempeurs qui se reconnaîtront, et les croqueurs qui hurleront.
Mais voila… depuis un bon mois, tout les matins, quand ma fille a fini son bib, elle prend un biscuit commence a le mâchouiller, et viens me l’étaler sur ma cuisse, l’index tendu vers ma tasse de thé, de façon a ce que je lui trempe son biscuit dans mon thé.
Alors ce matin, alors qu’elle me demandait d ‘aller dans sa chaise haute pour boire le bibi, je lui ai mis un fond de thé dans un bol , je lui ai donné deux biscuits, et voila ma pepinette d ‘amour heureuse de pouvoir enfin tremper SON biscuit et SON « thé » ( plutôt de l’eau chaude qu’autre chose mais bon)….
ET donc voila comment ma fille s ‘est révélée ce matin comme étant une trempeuse invétérée…
Et comment sa mère peut dire que sur ce point là, la fille ressemble bien a elle!!
Me vient cependant une question…..
Il existe une guerre de biscuits aussi…. une guerre presque séculaire, et étroitement sérrée….
Cette guerre est dans le nombre d’adeptes d’ un célèbre biscuit ou d’un autre…
J’ai nommé, le Petit prince Vs le BN
Nous on est Petit Prince…. et vous??? *source: talent.paperblog.fr– le 08 septembre 2012

**Une minute de philosophie : le petit garçon et les clous

Il était une fois un garçon avec un sale caractère. Un jour son père lui donna un sachet de clous et lui dit d’en planter un dans la barrière du jardin chaque fois qu’il perdrait patience et se disputerait avec quelqu’un.

marteau clou

Le premier jour il en planta 37 dans la barrière. Les semaines suivantes, il apprit à se contrôler et le nombre de clous plantés dans la barrière diminua jour après jour : il avait découvert que c’était plus facile de se contrôler que de planter des clous.
Finalement, arriva un jour où le garçon ne planta aucun clou dans la barrière. Alors il alla voir son père et lui dit que pour ce jour il n’avait planté aucun clou.

Son père lui dit alors d’enlever un clou dans la barrière pour chaque jour où il n’aurait pas perdu patience. Les jours passèrent et finalement le garçon put dire a son père qu’il avait enlevé tous les clous de la barrière. Le père conduisit son fils devant la barrière et lui dit :

« Mon fils, tu t’es bien comporté. Mais regarde tous les trous qu’il y a dans la barrière. Elle ne sera jamais comme avant. Quand tu te disputes avec quelqu’un et que tu lui dis quelque chose de méchant, tu lui laisses une blessure comme celle là. Tu peux planter un couteau dans un homme et après lui retirer, il restera toujours une blessure.
Peu importe combien de fois tu t’excuseras, la blessure restera. Une blessure verbale fait aussi mal qu’une blessure physique. Les amis sont des bijoux rares, ils te font sourire et t’encouragent. Ils sont prêts a t’écouter quand tu en as besoin, ils te soutiennent et t’ouvrent leur cœur. »
(Fable moderne, auteur inconnu)

**Une minute de philosophie : carottes, œuf ou café ?

Une jeune femme rend visite sa mère et lui parle de sa vie et comment elle a de la difficulté à passer à travers chaque journée. Elle ne sait pas comment elle va s’en sortir et elle envisage d’abandonner. Elle est tellement fatiguée de se battre continuellement. Elle a l’impression que lorsqu’un problème est résolu, un nouveau se présente.

carottes œuf carottes philosophie

Sa mère l’amène à la cuisine. Elle remplit trois casseroles d’eau et les place sur le feu. L’eau se met à bouillir rapidement. Dans la première casserole, la mère ajoute des carottes. Elle met des œufs dans la deuxième casserole et elle met des grains de café moulu dans la troisième. Elle laisse reposer et bouillir, sans dire un mot.

Au bout d’un moment, elle ferme le feu. Elle égoutte les carottes et les place dans un bol. Elle sort les oeufs et les met dans un bol. Finalement, elle vide le café dans un bol. Se tournant vers sa fille, elle demande :
– Dis-moi ce que tu vois ?
– Des carottes, des œufs et du café, répond la fille.

Sa mère lui demande de se rapprocher des carottes. La fille note que les carottes sont molles. La mère lui demande ensuite de prendre un œuf et de briser la coquille, ce que fait la fille. Cette dernière observe alors que l’œuf est dur. Finalement, la mère demande à sa fille de goûter au café. La fille sourit en goûtant à l’arôme riche du café. La fille lui demande ensuite :
– Qu’est-ce que ça signifie, maman ?

Sa mère lui explique que chacun de ces objets a fait face à la même adversité : de l’eau bouillante. Chacun a réagi différemment.
Les carottes sont arrivées fortes et dures. Cependant, après avoir été soumises à l’eau bouillante, elles se sont ramollies et sont devenues faibles. Les œufs étaient fragiles. Leur coquille mince protégeait leur liquide intérieur, mais après avoir passé du temps dans l’eau bouillante, ils sont devenus plus durs à l’intérieur. Les grains de café moulu étaient uniques, quant à eux. Après avoir été soumis à l’eau bouillante, ils ont changé l’eau.

La mère demande à sa fille :
– Lequel es-tu ? Quand l’adversité frappe à ta porte, comment réagis-tu ? Es-tu une carotte, un oeuf ou un grain de café ?

Souviens-toi de ceci : Lequel suis-je ? Suis-je la carotte qui semble forte, mais qui devient molle et perd de sa force devant la douleur et l’adversité ?

Suis-je un œuf qui débute avec un cœur malléable mais qui change quand la situation se réchauffe ? Ai-je un esprit fluide, mais après un décès, une rupture, une difficulté financière ou un autre défi, suis-je devenu plus dur et fermé ? Et si ma coquille ressemble à toutes les autres, du côté intérieur, suis-je amer et dur avec un esprit rigide et un cœur de pierre ?

Ou suis-je un grain de café ? Le grain, en fait, change l’eau chaude, la circonstance qui amène la douleur. Lorsque l’eau devient chaude, il relâche sa fragrance et sa saveur. Si tu es comme le grain de café, quand les choses semblent être les pires, tu deviens meilleur et tu changes la situation autour de toi.

Quand les temps semblent les plus sombres et que les difficultés sont les plus grandes, est-ce que tu t’élèves à un autre niveau ? Comment gères-tu l’adversité ? Es-tu une carotte, un œuf ou un grain de café ?

Soyons tous des grains de café !

*source: talent.paperblog.fr– le 11 octobre 2012

routine

       **la routine

La routine, dans une vie de couple, est le point noir qu’on redoute souvent de voir arriver. C’est le sujet phare des magazines féminins qui trouvent, chaque mois, dix nouvelles manières de ne pas laisser cette biatch s’installer. On la prend comme une sorte d’ennemie, une intruse à abattre, alors qu’elle peut finalement être caractéristique d’une relation plutôt belle, voire enviable. Bref, la routine, elle est presque hypocrite, vous voyez, elle a une double-face.
Nous allons commencer par sa jolie face, histoire de finir par la mauvaise et de casser le moral de tout le monde.
Oui, à mes yeux, la routine a un bon côté. Quand la routine commence un jour à s’immiscer dans votre couple, cela ne peut-il pas être vu comme un bon signe ? Certes, c’était génial quand on faisait l’amour tous les jours, dans des endroits sympa, qu’on oubliait presque la dernière fois qu’on l’avait fait dans un vrai lit bien douillet. Certes, c’était génial quand on s’envoyait tellement de textos que sans les forfaits illimités, on aurait fini complètement sur la paille, à devoir vendre notre mère pour pouvoir se payer un bout de pain. Certes, les conversations coquines sur MSN donnaient des guillis dans le bide, et ça libérait une armée de papillons qui chatouillent dans les parties intimes. Certes, sortir à chaque fois qu’on se voit, ne jamais s’ennuyer, avoir toujours un truc de prévu ensemble, c’est signe d’un couple vivant.

Mais pourquoi, lorsque cela s’épuise, ne peut-on pas en voir les bons côtés ? A mes yeux, lorsque tout devient plus calme, plus raisonnable, et qu’on continue quand même à avoir du plaisir à être ensemble, c’est qu’on a passé une sorte d’étape (en tout cas, dans mon couple). L’étape du « pas besoin de retourner le monde, pour que notre couple en vaille la peine ». Finalement, je trouve que mon couple a davantage de valeur à présent que tout est plus calme, même si ça n’est pas agréable tous les jours, plutôt qu’à nos premiers pas, lorsqu’on était timides, passionnées, toujours en mouvement, et surtout, qu’on était encore dans une étape de notre relation où un rien pouvait tout gâcher, nous faire dire que ce n’était pas la peine de continuer, qu’on était peut-être pas faits pour être ensemble. C’est vrai, non ? Je me sens davantage en sécurité maintenant, qu’au début. Maintenant, même quand on reste chez moi à regarder les Simpson en bouffant du fromage à tartiner, en glandant sur WOW, et en regardant film après film, je sais que ce manque de renouvellement ne nous est pas forcément toxique, qu’il nous fait du bien, et nous entoure d’une sorte de bulle dans laquelle nous sommes sûrs de nous aimer, vu que c’est une routine que NOUS avons installé, selon nos goûts, et non qui s’est infiltrée sans notre accord. Après tout, si notre routine c’était de regarder le foot tous les vendredis, ça me ferait davantage chier qu’une routine faite à base de choses qu’on aime à deux.

Alors voilà, la routine, je lui pisse pas complètement dessus, parce que si elle est là, c’est forcément qu’on l’a laissé s’installer, et qu’on a décidé ensemble, inconsciemment, de quoi elle serait faite.

Lorsque j’ai compris que nous étions rentrés dans une routine, je ne vais pas être hypocrite, je n’ai ressenti aucune once de bonheur ou un quelconque bien-être. J’ai juste réfléchi, et je me suis dit, qu’une routine en amoureux, c’était beaucoup plus enviable qu’un couple qui se déchire, qui n’est pas sûr de passer le mois et qui est composé de deux personnes qui ne se connaissent pas encore très bien.

La routine est une étape à passer, le genre d’étape qui, si vous la franchissez avec succès, sans tout foutre par terre, promet peut-être de faire durer votre couple encore un petit bout de temps. Et puis, de notre côté, nous continuons toujours à prévoir des sorties (DISNEYLAAAND… Merde, j’oubliais que mon copain est un rabbat-joie, tsss), mais plus modérement, pour savoir en profiter. Parce que c’est tellement beau, de profiter. De savourer chaque minute de nos si beaux moments… Oui, nous n’avons pas de sous donc techniquement, ce n’est pas QUE pour ça que nous limitons nos sorties. Mais c’est tellement beau, d’y croire… (j’arrête, promis).
Mais, parce qu’on est pas non plus des gros lapins blancs sans un gramme de pensée négative, il faut avouer que la routine, elle peut aussi se montrer trèèès vilaine. Vilaine dans le sens où si tu la croises en chair et en os, vaut mieux pas que t’aies un couteau à la main. Après tout, elle nous met à l’épreuve, pour voir si nous pouvons continuer à être ensemble. Si on s’en sort bien, c’est parfait, mais il n’empêche que OUI, elle nous met à l’épreuve, quand même. Une épreuve pas toujours facile à supporter, et ce pour plusieurs raisons plus ou moins évidentes. Premièrement, parfois, on finit par s’ennuyer, c’est un fait et on ne va pas s’en cacher. Même si c’est un plaisir d’être ensemble, et de se contenter de ça, un être humain est également conçu pour être en mouvement, pour bouger, pour découvrir de nouvelles choses. Et lorsqu’on finit par voir toujours les mêmes choses, on a beau y prendre toujours un minimum de plaisir, l’envie d’en explorer de nouvelles s’impose à nous. Oui, ça s’impose, parfois. Et pour y parvenir, nous sommes obligés de casser la routine. Comme quoi, si s’adonner à de nouvelles choses revient à « casser la routine », c’est qu’elle n’est pas toujours si bénéfique que ça.

Ensuite, le problème qui découle de tout ça, c’est que ce que nous avons besoin de découvrir pour sortir de notre petit cocon sans nouveauté est parfois en contradiction avec notre vie actuelle. Par exemple, il arrive qu’un être humain normal puisse avoir envie, non pas de découvrir de nouvelles choses, mais aussi de nouvelles personnes, rien que pour voir ce que ça fait, pour se souvenir des débuts de relation enflammés, de cette sensation d’être désiré, et cette petite peur au ventre qu’on a, parce qu’on est dans un lien humain avec une autre personne, qui se peut se briser à tout moment. Pour être plus explicite : on veut revivre ce qu’on a vécu au début avec la personne qu’on aime. Sauf que la personne qu’on aime n’a pas toujours envie de faire cet effort. Alors, de mauvaises idées viennent, la frustration tisse sa foutue toile tout doucement. Parce que quand « casser la routine » revient à faire quelque chose que l’on considère comme mauvais, plus l’on se retient d’y penser, plus le désir de nous enfuir et de passer à l’acte nous obsède. J’ai souvent été à deux doigts d’aller voir ailleurs, pour découvrir de nouveaux hommes, répondre à leur désir, voir si je pouvais plaire à un autre homme que le seul et l’unique étant tombé amoureux de moi. Plus je me retenais, plus j’en avais envie. Je voyais notre routine comme un frein, comme l’obstacle qui m’empêchait de sauter le pas, et je lui en voulais d’exister. J’ai eu de la chance, finalement. Afin de me sortir de cette sorte de sentiment de merde très dangereux, j’ai dû me rapprocher très près de mon but, pour comprendre que je n’en avais pas envie. C’était un pari risqué. Mais je suis revenue à ma routine avec plaisir, lorsque j’ai compris que j’avais failli faire quelque chose de mal, que j’aurais forcément regretté par la suite, et qui ne m’aurait jamais rien apporté de bon. Et, rien qu’en avoir eu envie à ce point a cassé ma routine, et m’a permis de la retrouver ensuite avec soulagement. Oui, j’ai pris la routine comme une vieille amie que j’aurais revu avec grand plaisir, comme un bon pote à qui taper dans le dos en disant « ça fait un bail, ma poule ». N’empêche qu’on voit où elle a failli me mener, hein… (je décline toute responsabilité, c’est sa faute, pas la mienne.)
Voilà. Cette jolie madame qu’est la routine, le train-train, n’a rien d’une fatalité, et surtout, elle n’a rien non plus d’un concept très défini. A chacun de la prendre à sa manière, de la combattre ou de l’accepter telle qu’elle est. Ou, dans des termes plus explicites : de lui maraver sa gueule, ou de la prendre tranquillou.

Votre avis ? On lui crève les yeux à cette scrogneugneu de routine ou quoi ?

(en relisant mon article, je me fais l’effet des monologues de Meredith dans Grey’s Anatomy… Quand j’ai écrit cet article, je pense que j’avais le cerveau rendu en purée par toutes les séries bien cuculs dont je me nourris.)

*source: talent.paperblog.fr–le 13 novembre 2012

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La deuxième édition des Journées internationales de philosophie d’Alger–les 11 et 12 mars 2017

      **Le beau en débat

La deuxième édition des Journées internationales de philosophie d’Alger (JIPA) se dérouleront les 11 et 12 mars 2017 à l’Institut français d’Alger. Les débats s’articuleront autour du thème du «beau ». « Nous sommes constamment à la recherche de choses utiles qui nous rendent la vie plus facile : une maison pour s’abriter, une chaise pour s’asseoir, une route pour passer…Pourtant, nous ne nous satisfaisons pas de l’aspect pratique de ces choses. Nous voulons que la maison qui nous abrite, la chaise sur laquelle nous sommes assis et la route par laquelle nous passons soient belles », a souligné Razika Adnani, présidente fondatrice des Journées Internationales de Philosophie d’Alger, dans la présentation de l’évènement.

Elle s’est posée une série de questions : « Est-ce à dire que nous ayons besoin du beau? Si c’est le cas comment expliquer que chez certains, tout comme dans certaines cultures, l’utile soit satisfaisant ? Le besoin du beau n’est-il pas naturel ? ». Les débats prévus à Alger vont donc aborder la question de la relation entre le beau et l’art, l’art et la civilisation et la place du beau dans la vie de tous les jours. « Deux jours durant, des artistes, des architectes et des philosophes animeront des conférences et des débats autour de ce thème aussi passionnant que captivant », a estimé Razika Adnani qui est philosophe et islamologue.

Bencherki Benmeziane, professeur de philosophie à l’université d’Oran, va aborder la thématique du « beau et la question du vivre ensemble ». « Le renversement de la métaphysique Kantienne au XXème siècle a fait qu’à partir d’Heidegger, plusieurs philosophes, comme E.Cassirer (philosophe suédois), ont mis en exergue la valeur du symbolique qui a permis aux expressions artistiques (arts, symboles, rites, etc) de s’amplifier et au beau de s’identifier par rapport aux spécificités des nations», a expliqué l’universitaire dans le résumé de sa conférence.

 Nadira Laggoune, qui enseigne à l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger, analysera « la beauté et la laideur de l’art public ». « En nous appuyant sur le corpus d’œuvres visibles dans l’espace public (fresques, statues, monuments) nous tenterons de comprendre comment à travers les sujets, l’iconographie, les auteurs et les lieux, sont transmises certaines valeurs esthétiques et images de nous-mêmes, de notre histoire et nos imaginaires et en quoi consiste leur capacité d’identifications et de projection », a relevé Nadira Laggoune. L’universitaire tunisienne Rachida Triki se pose, elle, une question qui paraît simple : « peut-on encore parler du beau en art ? ».

« Historiquement, le Beau a été considéré comme la norme esthétique. Les autres valeurs aujourd’hui reconnues comme valeurs esthétiques étaient considérées comme des modalités ou encore des dégénérescences du beau.  Cette conception, initiée par Platon, a donné lieu, à travers son accommodation à différentes conceptions de l’art classique et même moderne, à un statut du « beau » intermédiaire entre le sensible et le suprasensible mais en gardant toujours le primat de la forme sur la matière », a analysé Rachida Triki qui est présidente de l’Association tunisienne d’esthétique et de poïétique.

Antoine Arjakovsky, directeur de recherche au Collège des Bernardins à Paris,reviendra sur la quête du sacré dans l’art moderne à partir des œuvres de l’allemand Vassily Kandinsky et du russe Serge Boulgakov. Vassily Kandinsky, qui était peintre, poète et dramaturge, est l’un de pionniers de l’art abstrait. On lui doit la célèbre phrase : « l’art fuit devant le « il faut » comme le jour devant la nuit ».  Youcef Chennaoui, directeur de recherches à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger(EPAU), évoquera le principe de « Venustas » (beauté), l’un des trois sur lesquels s’appuie l’architecture. Les deux autres sont : Firmitas (solidité) et Utilitas (commodité).

 « A partir du XXème siècle, pour chaque courant stylistique, « Le beau » sera perçu différemment. « Et chez nous en Algérie ? La crise de l’architecture fut déterminée tantôt par une adaptation passéiste des stéréotypes stylistiques, tantôt engendrée par une importation de modèles occidentaux », a souligné l’universitaire. Les débats seront modérés par Lazhari Labter et Youcef Saïah.  La philosophe-praticienne française Isabelle Millon animera trois ateliers destinés au jeune public (8-16 ans). Les enfants devront répondre à trois questions : « Aimez-vous le beau ? Pourquoi ? », « Quand pouvez-vous dire qu’une chose ou qu’une personne est belle » ?, «La beauté est-elle dans le regard et dans l’objet regardé ».

Isabelle Million est directrice de l’Institut de pratiques philosophiques de Paris. « Les Journées Internationales de Philosophie d’Alger n’oublient pas les enfants. Convaincues que l’esprit, tout comme le corps, a besoin de s’habituer dès l’enfance aux bonnes manières qui créent en lui l’aptitude à s’interroger indispensable à toute vivacité de la pensée, elles ont prévu des ateliers philosophiques pour enfants, a indiqué Razika Adnani. Les premières JIPA, pour rappel, ont débattu le thème de «Autrui ». *Fayçal Métaoui / el watan / 07 mars 2017

***Clôture des Journées Internationales de Philosophie d’Alger

           Cette beauté cachée

Les deuxièmes Journées internationales de philosophie d’Algérie ont pris fin dimanche. Un espace qui aura été un cadre de référence et de réflexion.

Razika Adnani, écrivaine, philosophe et islamologue, a organisé la deuxième édition des Journées internationales de philosophie d’Alger, les 11 et 12 mars 2017, au niveau de l’Institut français d’Alger. De nombreux intervenants, des professeurs de différentes spécialités, y ont  abordé le thème «Le beau».

Beaucoup de questions ont été posées, telles que la question de la beauté et de la laideur de l’art, la place de la beauté en architecture en Algérie, le beau dans l’art moderne, le jugement esthétique, le beau et la question du vivre-ensemble, la quête du sacré dans l’art moderne, le beau et l’utile, le sens esthétique et sa relation avec la culture et bien d’autres questions encore, auxquelles tenteront de répondre les professeurs invités.

Parallèlement à ces débats réservés aux adultes, un programme d’ateliers d’initiation à la philosophie ont été prévus pour les enfants, et ce, pour la première fois en Algérie. Trois ateliers ont été programmés dans lesquels les enfants eux aussi ont questionné  le beau : «Aimez-vous le beau ? Pourquoi ?

Quand pouvez-vous dire qu’une chose ou une personne est belle ? La beauté est-elle dans le regard ou dans l’objet regardé ?» Ils ont été animés par Mme Isabelle Million, philosophe-praticienne spécialisée en philosophie pour enfants. Pour Razika Adnani, l’objectif des Journées internationales de philosophie d’Alger est d’offrir, non seulement aux professionnels, mais aussi à tout passionné de la connaissance et du débat, un espace de temps consacré au questionnement, à la réflexion et à l’argumentation.

«Les Algériens ont soif de savoir et de débats philosophiques. Le beau est un thème très ancré dans la pensée philosophique. Nous avons discuté du beau et de l’art. En Algérie, poser la question du beau s’impose. Pourquoi le beau est si absent dans l’environnement algérien. Nous avons débattu de l’architecture (à travers la conférence de Youcef Chennaoui, directeur de recherches à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger, EPAU). Des modèles nous ont été présentés.

Ils sont beaux, mais ce n’est pas le cas du reste que nous voyons en Algérie. Où est le beau des objets ? Je ne parle pas du beau des œuvres d’art, qui exigent une culture et un savoir. J’évoque le beau quotidien ou le beau du quotidien. Pourquoi nous n’avons pas de fleurs sur nos balcons, des espaces verts, des trottoirs bien faits, des maisons bien peintes ? Avons-nous un problème avec le beau ? Et où se situe ce problème ?» soutiendra Razika Adnani. Pour faire profiter le plus grand nombre, le débat traverse la Méditerranée, le temps d’un après-midi, le 18 mars prochain : les Journées internationales de philosophie d’Alger à Paris, au siège de Berbère télévision.*el watan /  mardi 14 mars 2017

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****Razika Adnani. Présidente des Journées internationales de philosophie d’Alger

«En Algérie, la philosophie a du mal à trouver sa place»

Razika Adnani est fondatrice et présidente des Journées internationales de philosophie d’Alger, dont la deuxième édition s’est déroulée samedi et dimanche  à l’Institut français d’Alger.

Le thème choisi, cette année, pour cette manifestation, la seule consacrée à la philosophie en Algérie, est «Le beau». Razika Adnani est islamologue et philosophe. Elle est notamment auteure des essais Le blocage de la raison dans la pensée musulmane est-il bénéfique ou maléfique à l’islam ? (paru au Maroc) et de La nécessaire réconciliation (sur la relation à l’autre) qui a été édité à Alger.

Vous organisez les Journées internationales de philosophie d’Alger. Question simple: pourquoi ces journées ?

Nous organisons ces journées pour redonner à la philosophie sa place dans la société algérienne. Je pense que nous vivons une époque, où on doit s’intéresser à la philosophie et à ses analyses. La philosophie doit nous dire, elle aussi, ce qu’elle pense des problèmes que nous vivons aujourd’hui en Algérie et dans le monde. En Algérie, la philosophie est en retrait. Elle reste loin des questionnements que l’Algérien se pose. Il est important qu’elle retrouve sa place. Elle a beaucoup de choses à nous dire. Les Algériens ont soif de savoir et de débats philosophiques.

Pourquoi la philosophie est-elle marginalisée en Algérie ?

On entend rarement parler de philosophie en Algérie. Nous connaissons la philosophie à l’université, au lycée. Sortis du lycée et de l’université, la philosophie, c’est fini ! La philosophie devient alors du bavardage inutile. Aujourd’hui, il faut réhabiliter la philosophie. Elle est passée par une histoire qui a fait qu’elle soit assimilée à des choses plutôt négatives. Un peuple qui ne philosophe pas, comme dit Descartes, est un peuple qui ne peut pas voir les belles couleurs des choses.

La marginalisation de la philosophie est-elle liée à des considérations religieuses ?

Cela est lié à l’histoire de la pensée musulmane. Cette pensée était très riche dans le domaine de la philosophie jusqu’au XIIe et XIIIe  siècles. Il y a eu un divorce entre la pensée musulmane et la philosophie. Le théologien et fakih, Ahmed Ibn Taymiya, a dit qu’il n’existait pas de philosophie en islam. Cela est resté dans la conscience profonde des musulmans. Aujourd’hui, il faut qu’on sache que l’être humain est naturellement philosophe. On ne peut pas l’amputer de ce besoin de philosopher.

La marginalisation de la philosophie n’est-elle pas liée également à l’enseignement supérieur ?  

A l’université algérienne, la philosophie est présente comme dans les autres pays. Il y a des instituts de philosophie dans beaucoup de villes algériennes. On ne se plaint pas sur ce plan-là. Ce n’est qu’après que le problème se pose. Une fois qu’on sort de l’université, on ne parle plus de philosophie.

La faute n’incombe-t-elle pas aussi aux philosophes ?

Si. Chez nous, les philosophes préfèrent se présenter plus en tant que penseurs que philosophes. Très rares sont ceux qui assument cette qualité. Il faut se présenter comme philosophes et dire que la philosophie existe.

Cette année, vous avez retenu le thème du «beau» pour les 2es Journées internationales de philosophie d’Alger. Pourquoi ce thème ?

Le beau est un thème très ancré dans la pensée philosophique. Nous avons discuté du beau et de l’art. En Algérie, poser la question du beau s’impose. C’est une question importante. Pourquoi le beau est si absent dans l’environnement algérien ? Nous avons débattu de l’architecture (à travers la conférence de Youcef Chennaoui, directeur de recherche à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger, EPAU). Des modèles nous ont été présentés. Ils sont beaux, mais ce n’est pas le cas du reste que nous voyons en Algérie.

Où est le beau des objets ? Je ne parle pas du beau des œuvres d’art, qui exigent une culture et un savoir. J’évoque le beau quotidien ou le beau du quotidien. Pourquoi nous n’avons pas de fleurs sur nos balcons, des espaces verts, des trottoirs bien faits, des maisons bien peintes ?

Avons-nous un problème avec le beau ? Et où se situe ce problème ?L’évacuation du beau n’est-elle pas la conséquence de la domination de la culture de l’utilité sur celle de l’esthétique ?

Oui, je me pose cette question. Est-ce que l’utilité ne l’emporte-t-elle pas sur le beau ? Certains algériens croient que l’utilité passe avant le beau. Pour moi, les philosophes sont responsables de cette représentation du beau. Il y a toute une culture. Il y a aussi l’attitude de l’individu lui-même, comment il voit le beau…

Pourquoi les philosophes algériens n’écrivent-ils pas beaucoup, publient peu d’ouvrages, animent peu de conférences ?

En Algérie, la philosophie a du mal à trouver sa place. Il y a quelques écrits, mais on est loin de ce qui se fait ailleurs. Il faut que ceux qui ont fait des études et des recherches en philosophie se présentent, se mettent en avant, cassent les tabous pour espérer quelque chose dans le futur. Les responsabilités sont partagées. Il y a plusieurs facteurs.

L’université fait son travail, mais ce n’est pas suffisant. Lors des premières Journées internationales de philosophie d’Alger (en 2016), j’ai remarqué l’absence des étudiants. Je suis allée à l’université de Bouzaréah à Alger.

J’ai posé la question sur la non-présence des étudiants aux Journées. La réponse était que les étudiants ne s’intéressent pas beaucoup aux débats philosophiques ! C’est tout de même étonnant. Je voulais tellement rencontrer ces étudiants pour débattre avec eux.

Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de les rencontrer. Mais, je rêve d’aller à l’université et aux écoles parler de l’intérêt qui doit être porté à la philosophie aux étudiants et aux enfants. C’est pour cette raison que nous avons organisé cette année des ateliers de philosophie pour le jeune public (8-16 ans). L’esprit comme le corps a besoin de s’habituer à des actions intellectuelles qu’il faut acquérir dès l’enfance. *Fayçal Métaoui / el watan / 13 mars 2017

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Premières journées de philosophie d’Alger :

Philosopher ou ne pas philosopher, telle est la question

L’estrade du palais de la Culture Moufdi Zakaria a vu ainsi se succéder une pléthore d’universitaires et pas des moindres, acerbes critiques envers le «système» évoluant autour de Razika Adnani, la «présidente fondatrice» de l’événement.  Sociologues, linguistes et islamologues ont tenté l’exercice de «rendre la raison au peuple» dans la pure tradition des universités populaires dont l’organisatrice est issue.

Lazhari Labter. Editeur : Il faut réhabiliter la philosophie dès le jeune âge

Quelle est l’importance de ces journées philosophiques ?

L’importance réside d’abord dans la discipline elle-même. Car la philosophie a été mise sous le boisseau depuis longtemps, que cela soit dans le système éducatif ou dans la société en général.

On ne se pose pratiquement plus de questions parce qu’il y a réponse à tout dans les textes sacrés, pense-t-on. Tout fonctionne aujourd’hui dans cette société par la dichotomie Haram/Hallal, permis ou pas permis. Plus de questions à poser. Même pas celles qui interpellent le monde entier, comme par exemple le don d’organes.

Ça c’est un sujet philosophique. Le corps de l’être humain étant ce qu’il est, est-il permis ou pas de faire don de ses organes pour sauver des vies ? D’autres questions agitent aussi la société telles : l’identité, le devenir autour de l’environnement et autres. Toutes ces interrogations méritent d’être traitées en profondeur et du point de vue philosophique.

Ensuite, l’importance de cet événement tient du thème lui-même: autrui. Je crois que nous avons, nous les Algériens, un rapport assez complexe avec autrui. D’abord envers l’étranger. L’autre, c’est aussi nous-mêmes.

Dans ce pays, il y a une diversité de couleurs, de religion, d’identité, d’approche. Mais souvent on essaye de cacher cela en tentant d’uniformiser ce peuple. Le genre aussi pose problème.

Ce rapport aux femmes, qui est de plus en plus complexe et tendu. Malheureusement, nous n’avons pas rencontré d’intérêt de la part des éditeurs algériens aux publications philosophiques.

Je connais une seule éditrice et éditeur qui font ce travail de réhabilitation de la philosophie. Une discipline qui était pourtant au summum de la civilisation musulmane ; je pense à notre amie Assia Moussa et Bachir Mefti des éditions El Ikhtilaf. Mais en dehors d’eux, c’est le désert.

Est-ce que ce sont les éditeurs qui ne jouent pas le jeu, ou y a-t-il un problème de production et de marché ?

En fait, c’est les deux en même temps. Je crois que les éditeurs ne sont pas conscients de l’importance de cette discipline, de cette réflexion et de l’esprit critique. Il y a aussi le fait que dans ce pays, malheureusement, nous n’ayons pas de philosophes. On confond souvent entre professeur de philo et philosophe.

Ce dernier est quelqu’un qui réfléchit, crée des concepts, interpelle sa société, vit dans sa société. Un philosophe, c’est quelqu’un qui fonde un système de pensée, je pense à Socrate, mais aussi à Sartre, à El Farabi, Ar-Razi et Ibn Sina.

Nous n’avons pas ce genre de philosophes en Algérie ou dans le monde arabe, sauf quelques-uns comme Ali Harb au Liban.

La dévalorisation de tout ce qui est sciences humaines n’est-elle pas à l’origine de cette défaillance ? N’est-ce pas volontaire et prémédité ?

Les différents pouvoirs qui se sont succédé dans ce pays jusqu’à aujourd’hui ont tout fait pour éliminer tout ce qui touche à l’esprit critique.

En 1972, j’ai passé entièrement mon bac en arabe, y compris la philo. Mais quelle philosophie ? Autant j’avais commencé à avoir les rudiments en seconde et première avec de vrais professeurs qui n’hésitaient pas à nous enseigner Descartes, Sartre et qui nous donnaient des dissertations sur des sujets qui paraissent aujourd’hui comme tabous, autant quand je suis arrivé en terminale je me suis retrouvé face au livre d’El Yacoubi. ça a déformé des générations d’Algériens.

Pour El Yacoubi, la philosophie c’est la conscience, la mémoire. On apprend aux élèves de manière scolaire et scolastique, mais sans réflexion philosophique. Plus de référence à l’esprit critique, plus de référence à Descartes, à Althusser, à Freud, ni aux philosophes, y compris ceux arabes et musulmans.

L’arabisation qui est intervenue de manière brutale dans des disciplines comme la sociologie et la psychologie a été faite pour mettre sous le boisseau toutes les spécialités, qui hors de la religion et des sciences dures permettaient la réflexion.

Résultat des courses : au bout de deux générations, on a créé des monstres. Des personnes qui ne réfléchissent pas et disent : «Si tu n’es pas dans le Hallal, tu es dans le Haram. Et dans le Haram tu es mort.» Voilà comment les jeunes réfléchissent aujourd’hui.

Cela nous a mené vers une impasse et la destruction des valeurs…

Cela nous a mené, avant l’impasse, à une guerre atroce qui a fait 200 000 morts. ça a donné Daech et Boko Haram aujourd’hui qui secouent le monde. Et ça peut aussi donner ailleurs l’extrême droite, comme en Europe.

Donc, ce refus de la pensée est universel…

Forcément, quand on tue l’esprit critique dans un pays ou dans un autre il va finir par resurgir sous d’autres formes.

Que faire alors ? Commencer par le système éducatif ?

On doit d’abord cibler les enfants. C’est comme la lecture. On ne peut pas demander à quelqu’un qui a 20 ans de s’intéresser à la lecture. On doit lui inculquer ce «vice impuni» dès qu’il a 5 ou 6 ans, après c’est trop tard. Dans certains pays, des éditeurs sont carrément spécialisés dans des livres de philo destinés aux enfants, comme Oscar Brenifier.

Ces œuvres s’intéressent à des questions philosophiques, mais comme dans des livres de jeunesse avec des mots très simples. Je pense qu’il faut réhabiliter la philosophie dès le jeune âge et apprendre aux enfants à s’interroger sur leur vie, leur devenir, leur rapport à l’autre etc.

L’école a un rôle fondamental. Je dis que si on commence aujourd’hui, dans 50 ans nous verrons les résultats tant le mal dans notre société est profond.*Samir Azzoug/ el watan / 21 octobre 2015

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Razika Adnani. Présidente des Journées nationales de philosophie d’Alger

Le terme philosophie lui-même fait peur

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texteComment vous est venue l’idée d’organiser les Journées de philosophie d’Alger ?

Au départ, j’étais professeur de philosophie, j’ai quitté l’enseignement et du coup la philosophie me manquait terriblement. Même si j’écris encore dans la discipline, j’avais besoin du contact avec le public, discuter, échanger avec les Algériens et recréer un petit peu ma classe.

Est-ce facile d’organiser un événement consacré à la philo ?

Non, et c’est parce que la philo n’a pas sa place dans la société algérienne que j’ai décidé d’organiser ces journées. Le terme philosophie lui-même fait peur. J’ai envie d’ôter ce tabou et de présenter la philosophie comme quelque chose d’utile et nécessaire.

La philo est capitale, car elle doit répondre aux questionnements de l’individu.

Nous sommes dans une époque où on ne peut pas se passer des analyses de ces penseurs. Il faut d’abord que le terme philosophie soit présent pour décomplexer les gens et ensuite revenir à la pensée, à l’esprit critique et à l’art d’argumenter.

Au départ, la culture musulmane s’est beaucoup intéressée à la philosophie et nous a transmis un héritage très intéressant. Nous avons dans la pensée musulmane des penseurs et des philosophes de très haut niveau comme Ibn Sina, El Farabi, Ibn Rochd, El Ghazali est bien d’autres, même si nous ne sommes pas toujours d’accord avec tout ce qu’ils disent. Mais évidemment après il y a eu un courant qui a dit «stop» parce qu’il a eu peur de l’esprit critique. Et l’absence de cet esprit-là a fait du tort à l’islam lui-même.

Existe-t-il des travaux de recherche et des efforts de pensées de valeur ?

Dans notre pays, la philosophie est absente. Elle n’existe pas. Dans notre culture, même si on veut parler d’un philosophe, on dit penseur. Pour éviter le terme philosophe. Et moi, je veux que le mot trouve sa place, qu’on l’utilise. Je veux casser un peu ce tabou qui est un complexe historique et culturel. Et c’est ancré en nous.*Samir Azzoug/ el watan / 21 octobre 2015

***Un ovni dans le désert intellectuel

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texteMême si les journées philosophiques d’Alger ont manifestement raté leur rendez-vous avec le public – une trentaine de personnes en comptant les organisateurs et le personnel du palais de la Culture dépêché par la directrice – elles auraient tout du moins le mérite d’avoir ainsi insidieusement tenté de conquérir un territoire institutionnel où la libre pensée y est de longue date proscrite.

Notion philosophique et personnages haut en couleur ont donc disserté sur le thème d’«Autrui». Il faut dire que le tonitruant socio-linguiste Mohamed Lakhdar Mougal, comme l’islamologue polémiste Saïd Djabelkhir sont autant d’ovnis intellectuels dans notre espace médiatique et dont l’apport cérébral serait salutaire en ces temps de morbidité intellectuelle.

Mais si le premier a finalement laissé l’audience sur sa faim, le dernier fut incontestablement l’outsider de cette rencontre – mais malencontreusement en l’absence de ses pairs -  dont la majorité avait quitté la rencontre avant la fin des travaux, probablement déçue par l’absence du public et de l’annulation «paradoxale» de la table ronde qui était prévue en marge des conférences.

L’estrade du palais de la Culture Moufdi Zakaria a vu ainsi se succéder une pléthore d’universitaires et pas des moindres, acerbes critiques envers le «système» évoluant autour de Razika Adnani, la «présidente fondatrice» de l’événement.  Sociologues, linguistes et islamologues ont tenté l’exercice de «rendre la raison au peuple» dans la pure tradition des universités populaires dont l’organisatrice est issue.

Peine perdue ? Pourtant, d’aucuns estiment les JPA à leur juste valeur comme «une louable reviviscence des rencontres philosophiques devant la démission des élites universitaires locales» et saluent la laborieuse initiative de Razika Adnani, une ancienne professeure de philosophie pour les élèves des lycées, démissionnaire de l’Education nationale pour se consacrer à l’écriture et la recherche.

Après le franc succès de son manuel parascolaire El Kafi fi el Falssafa (Le suffisant en philosophie) à l’adresse des élèves des lycées sur l’art de disserter, Mme Adnani ose franchir le pas vers La Philosophie de haut vol avec son ouvrage Le blocage de la raison dans la pensée musulmane, édité au Maroc et qui lui ouvre la porte de l’école du plus célèbre philosophe de France, celui dont on ne prononce pas le nom :

Michel Onfray ! le philosophe démissionnaire de l’Education nationale française qui défraie la chronique hexagonale. Manifestement aguerrie sous les auspices de l’université populaire de Caen dirigée par Onfray, Razika Adnani semble capitaliser son expérience d’intervenante dans cette sorte de contre-université où l’on dispense gratuitement des cours entre café littéraire et enseignement non diplômant, «mais en toute liberté de pensée s’il vous plaît» pour asseoir une autre contre-tradition qui consiste à faire «sortir la philosophie algérienne des cercles universitaires étriqués», ambitionne-elle.*Mohamed Staifi / el watan / 21 octobre 2015

***Mohamed Moulfi. Professeur de philosophie à l’Université Oran 2, membre de l’Internationale Hegel-Gesellschafte

Les gens ne pensent pas

 

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texteY a-t-il une place pour la philosophie à l’université algérienne ? Est-ce que ça y «philosophe» encore ?

Oui, je crois. De toutes les manières, institutionnellement, il existe des départements de philosophie où se dispense un enseignement. Je ne dirais pas un enseignement de qualité partout, mais il doit y avoir des centres d’excellence dans les grandes villes. Seulement, le fait de multiplier ces centres a fait qu’on a dispersé les énergies. Il aurait fallu peut-être créer trois ou quatre centres à Constantine, Alger, Annaba et renforcer ces pôles d’enseignement. Et cela créerait un échange extraordinaire. La philosophie, c’est aussi les échanges, les débats et la dialectique.

Comment est considéré un enseignant de philo dans le milieu universitaire ?

Le professeur de philosophie a son prestige. C’est maintenu et conservé. Mais il y a aussi une banalisation du métier de l’enseignant parce que la philosophie elle-même n’a pas une grande place dans la société algérienne. Quand on avait fait des études de philo à la terminale, on n’apprenait pas El maqalate ! A mon époque, le professeur de philo m’apprenait à raisonner et non pas à mémoriser.

Les étudiants d’aujourd’hui sont-ils devenus des caisses enregistreuses ?

Un peu. Il y en a certains qui réfléchissent. On trouve dans les promotions des étudiants très intéressants qui veulent comprendre, s’ouvrent aux langues, lisent en français, en allemand, en anglais et ils maîtrisent l’arabe. Donc, ils ont une vue d’ensemble de toutes les questions qui se posent en philosophie.

Quelles sont les perspectives pour un philosophe après des études de philo ?

ça reste l’enseignement dans les lycées, dans le supérieur et puis des postes de recherche. Cela dit, il y a des débouchés un peu partout dans le monde. Aux USA par exemple, ils emploient les philosophes dans les sociétés de publicité parce qu’ils ont besoin d’un certain regard et d’une certaine vision.

On peut trouver des philosophes aussi dans la presse. Il existe aussi des spécialistes dans le monde de la philosophie qui lisent et font des comptes rendus. On n’a pas encore cette tradition, mais ça peut venir.

Il y a, y compris en Algérie, un problème de valeurs et de pensée… L’humanité a-t-elle besoin d’une nouvelle idéologie ?

C’est clair qu’il faudrait ressusciter une espèce d’idéologie. C’est parce qu’il n’y a plus d’idéologie aujourd’hui que les gens se retrouvent sans repères.

Or, on a besoin de ces repères quelles que soient leurs valeurs pour apprendre à se battre, à se défendre et à argumenter. Les hommes ont besoin de repères solides et sérieux pour se remettre à penser et à réfléchir. Aujourd’hui, le prêt-à-consommer et le prêt-à-penser ont annihilé la réflexion. C’est pour cela que j’insiste sur la nécessité de complexité, de compliquer les choses pour aller plus loin. Et cela est le rôle de la philosophie.  

Est-il permis de penser aujourd’hui à l’Université ?

On n’a jamais interdit à un universitaire de penser ; malheureusement, les gens ne pensent pas. Certains écrivent, organisent des journées d’études, des colloques, réfléchissent entre eux… Maintenant, quelle est la qualité de cette pensée ? C’est aux médias, ceux qui lisent et suivent les travaux de faire le feed-back pour évaluer les produits qui sortent de l’université.*Samir Azzoug/ el watan / 21 octobre 2015

 

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