L’Inflation-une fatalité ?

fruits-et-legumes_19

************************************* 

*Le taux d’inflation grimpe à 5,3%

ous les algériens ont dû se rendre compte que la majorité des produits alimentaires sont presque hors de portée non seulement des petites bourses mais aussi des cadres moyens. Dans les marchés des fruits et légumes les prix brûlent… Un constat que confirme par les chiffres l’office national des statistiques (ONS) qui souligne que le rythme d’inflation annuel a grimpé à 5,3% en septembre dernier contre 5,1% un mois auparavant.

C’est la première fois que durant l’année 2015 que le taux d’inflation atteint ce pic après avoir stagné à 5% en juillet et juin (contre 4,8% en mai et 4,5% en avril). L’office explique cette tendance haussière par une augmentation de plus de 6% de l’indice des prix à la consommation durant septembre 2015 par rapport au même mois de l’année dernière. Cet indice des prix à la consommation sert faut-il le préciser à calculer l’évolution du rythme annuel de l’inflation. Et comme constaté dans les marchés, les prix des biens alimentaires trônent dans le hit parade des augmentations.

La vie est trop chère !

Ils enregistrent en effet une hausse de près de 7% voire 8,3% pour les produits agricoles frais et 5,6% pour les produits agro-alimentaires, et ce, en glissement annuel (septembre 2015-septembre 2014). S’agissant des biens manufacturés, ils ont connu une croissance de 5,7%, tandis que ceux des services ont enregistré une hausse de 4,5%, soit la même variation enregistrée le mois dernier, selon l’ONS. Seule lueur dans ce sombre tableau des prix, la baisse des prix de la pomme de terre (-13,2%), des œufs (-18,8%) et des fruits frais (-4%). Sinon, quasiment tous les autres produits alimentaires frais ont connu une augmentation en septembre dernier comparativement au même mois de l’année 2014.

Les légumes frais flambent

Les hausses ont été enregistrées, essentiellement, pour les légumes frais (+40,3%), viande de poulet (+13,8%) et poissons frais (+4%), relève l’Office. D’autres produits ont également connu des augmentations mais de moindre ampleur telles les viandes de mouton (+3,7%) et de bœuf (+2,9%). Grosso modo, l’indice des prix à la consommation sur les neuf premiers mois de 2015, a enregistré une hausse de plus de 5% par rapport à la même période de 2014. L’officie met cette hausse sur le compte de l’augmentation de l’ordre 5,8% des biens alimentaires, avec 7,3% pour les produits agricoles frais et 4,4% pour les produits alimentaires industriels. Les prix des biens manufacturés ont grimpé, quant à eux, de plus de 4,6%, et les services de plus de 4%.

Cette augmentation a touché l’ensemble des produits du groupe «alimentation et boissons frais» à l’exception des œufs (-9,7%) et les fruits frais (-1,8%). Les hausses les plus prononcées, durant les neuf mois de l’année en cours, ont concerné la pomme de terre (+30,5%), les légumes frais (+16,64%), poissons frais (+11,4%), viande de poulet (+9,14%), viande de boeuf (+3,02%) et viande de mouton (+2,3%).

Seule la pomme de terre…

D’autres produits alimentaires ont aussi connu une variation haussière telles les viandes et poissons en conserve (+6,5%), les boissons (+8%), pain et céréales (+4,46%), lait et fromage (+3,3%), café-thé-infusion (+2,9%) et sucre (+1,4%). Du coup on est loin des prévisions de la loi de finances complémentaire 2015 qui a tablé sur un taux d’inflation de 4% (contre 3% dans la loi de finances initiale).

A ce rythme l’année 2016 sera difficile à supporter pour les algériens aux revenus modestes surtout avec la majoration de certains impôts et taxes sur le carburant et l’électricité notamment contenus dans le projet de loi des finances. Si ce taux d’inflation de 5,1 devait se poursuivre durant l’année prochaine, la vie sera encore plus dure pour les ménages. A titre de comparaison, durant l’année 2014, le taux d’inflation en Algérie s’était établi à 2,9% contre 3,3% l’année d’avant. Autant dire que certains ne pourront même pas serrer la ceinture…*Par Rafik Benasseur | mardi 20/10/2015 | algerie1.com/

***************************

*Le prix des légumes a augmenté de plus de 21%

Le coût de la vie a littéralement explosé en 2012, provoquant une surchauffe insupportable des prix des grands produits agricoles de large consommation.

Les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) pour l’année 2012, confirment cette tendance haussière, d’ailleurs dénoncée par les économistes comme étant un facteur extrêmement pénalisant pour la croissance économique.

Selon l’ONS, l’inflation en Algérie a pratiquement doublé en 2012, passant de 4,5% en 2011, à 8,9% en 2012. L’explication est simple, selon l’ONS : une augmentation de plus de 21% des prix des produits agricoles frais. Les biens alimentaires ont augmenté de 12,22%, avec notamment 21,37% pour les produits agricoles frais et 4,67% pour les produits alimentaires industriels.

Dans le même sillage, la hausse des prix a également touché les produits manufacturés qui sont passés de 5,51% en 2011 à 6,60%, alors que ceux des services ont évolué de 3,28% à 5,02%, en 2012. En fait, l’ONS précise que tous les produits du panier de la ménagère ont connu des hausses quasi généralisées, en 2012, les plus prononcées ont concerné la pomme de terre (36,03%) et les autres légumes frais (14,93%) ainsi que les fruits frais 7,33%.

Même tendance pour les viandes avec une hausse de 30,28% pour la viande de mouton, 20,32% pour la viande blanche (volaille), les poissons frais (13,35%), les oeufs (12%), la viande de boeuf (8,1%) et les viandes et poissons en conserve (9,20%), ajoute l’ONS. Il faut également retenir les hausses des produits alimentaires industriels, comme les boissons (14%), sucre et produits sucrés (4,5%), huiles et graisses (4%), café, thé et infusion (4,8%), pain et céréales (3,8%) et lait, fromages et dérivés (2,4%).

Par ailleurs, l’inflation a été en nette hausse au mois de décembre dernier, par rapport au même mois de 2011, l’indice des prix à la consommation ayant enregistré une progression de 9,03%, tirée essentiellement à la hausse par les produits alimentaires (+14,25%), dont 27,35% pour les produits agricoles frais et 3,88% pour les produits alimentaires industriels. Quant aux prix des produits manufacturés et des services, les hausses ont été respectivement de 4,6% et 5%, en décembre dernier, par rapport à la même période en 2011.

Pour autant, le ministre des Finances Karim Djoudi table sur une décrue de l’inflation en 2013, sur le sillage de la stabilisation des salaires. Mais, en dépit des déclarations rassurantes des responsables, dont le ministre de l’Agriculture, les prix des produits agricoles ne connaissent plus de limites à la hausse depuis l’hiver 2011.* 24 Janvier 2013-Le Quotidien d’Oran

*************************************

*Sur la dévaluation du dinar

Ce n’est pas une glissade, mais un plongeon

Un dinar dévalué, une inflation non maîtrisée et un pouvoir d’achat qui s’effondre. Le gouvernement risque de faire face rapidement à un malaise social à la veille de la présidentielle.

Ce n’est pas une glissade, mais un plongeon. La dernière décision de la Banque d’Algérie de dévaluer le dinar de plus de 10% marque l’impuissance du gouvernement à juguler une inflation galopante qui a atteint officiellement les 5%, alors qu’elle serait plus proche des 8%, selon certains économistes, et de l’explosion de la facture des importations qui devrait atteindre cette année les 60 milliards de dollars, auquel il faudra ajouter les 12 milliards de dollars de services. «Le gouvernement veut colmater une brèche en faisant exploser une autre digue, résume un chef d’entreprise sous le couvert de l’anonymat. Si cette dévaluation peut avoir un effet sur la facture de nos importations, elle aura aussi des conséquences désastreuses sur l’inflation. En réalité, le gouvernement répond à une demande du Fonds monétaire international qui estime que le dinar est encore trop cher. Il a décidé de le rapprocher un peu plus de sa valeur telle que pratiquée sur le marché parallèle.» Même constat pour l’expert en économie Abdelhak Lamiri, qui estime que si la décision de la Banque centrale aura peut-être un impact sur la facture des importations pendant un court laps de temps, elle ne pourra pas éviter une escalade des prix sur les produits importés. «On va se retrouver avec une hausse des prix qui touchera essentiellement les produits qui ne sont pas subventionnés, estime l’expert en économie. Ces augmentations devraient dépasser les 10%. Malheureusement, cette hausse aura également des répercussions sur les produits locaux. Les producteurs nationaux qui sont tributaires de la matière première importée et des équipements seront, eux aussi, contraints de répercuter la dévaluation du dinar sur le prix des produits.»

Piégés

Au lendemain de la décision de la Banque centrale, les industriels ne cachent pas leur mécontentement. S’estimant «pris au piège», les patrons critiquent à demi-mot cette mesure sans accabler le gouvernement, dont ils sont trop dépendants. Lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale, Mohamed Laïd Benamor, PDG du groupe Amor et président du Comité interprofessionnel des céréales (CIC) s’est contenté de rappeler que cette dévaluation pourrait avoir des répercussions sur le prix des produits de première nécessité. «On passe nos commandes avec un euro à 100 DA et quand on réceptionne la marchandise, on nous demande de payer des taxes sur un euro qui vaut 112 DA. Cette dépréciation de la monnaie aura des répercussions sur le prix des produits de premières nécessité», a-t-il averti. «Pour le moment les industriels ont sorti les calculettes pour voir combien cela va leur coûter et quelles pourraient être leur marge de manœuvre, raconte un industriel. Ils se concertent et attendent de voir. La plupart d’entre eux ont des stocks avec lesquels ils peuvent travailler jusqu’à la fin de l’année.» Chez Candia, leader en Algérie du lait UHT avec 90% de parts de marché, on se veut rassurant… pour le moment. L’entreprise, qui peut compter sur d’importants stocks en poudre de lait, se prépare malgré tout à augmenter ses prix. «A moyen terme, il faudra bien opérer des ajustements, même si on est disposé à rogner sur notre marge bénéficiaire, déclare un responsable marketing de l’entreprise. Car, il y a un seuil à partir duquel l’entreprise ne sera plus viable.» Cependant, certains fournisseurs ont décidé de répercuter immédiatement la dévaluation. Un industriel, qui utilise du film pochette pour emballer sa marchandise, vient d’en faire l’expérience. «J’ai reçu un mail de mon fournisseur qui m’informait qu’à partir du 15 novembre, le film pochette me sera cédé à 245 DA le kilo, alors que je le payais 220 DA, il y a encore une semaine. Le patron a augmenté de 11% son prix.»

Augmentation de salaires

Le Syndicat autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) s’engouffre dans la brèche et réclame une revalorisation salariale qui soit indexé sur le taux de l’inflation. «Les dernières augmentations de salaires que le gouvernement a accordées aux salariés ont été victimes de l’inflation, explique Rachid Malaoui, président du Snapap. Aujourd’hui, nous estimons que seuls les enseignants de l’enseignement supérieur peuvent résister à cette nouvelle dévaluation du dinar, alors que ceux de l’administration seront les plus touchés. Il faut s’attendre dans les mois à venir à ce que le problème des salaires soit à nouveau sur la table du gouvernement.»

**Pendant ce temps : Les sénateurs veulent une augmentation

Les sénateurs, qui ont aussi été ministres, trouvent que leur indemnité, plafonnée actuellement à 60 000 DA, n’est pas digne de leur rang et demandent qu’elle soit revue à la hausse. Cette exigence fait suite à la demande formulée par le Conseil de la nation de choisir entre leur salaire de sénateur qui est de 290 000 DA, ou leur retraite de ministre qui atteint les 380 000 DA.

«Les anciens ministres devenus sénateurs ne veulent pas que leur salaire actuel les pénalisent pour leur retraite, résume un sénateur. Ils considèrent qu’ils méritent des indemnités plus conséquentes.» Sitôt demandé, sitôt transmise à la Présidence par Abdelkader Bensalah.*Salim Mesbah-El Watan-01.11.2013

*Réaction d’un internaute:

taguerciftdes chiffres qui n’existent pas

Je ne suis pas spécialiste en la matière, il n’y a pas  longtemps  on lisait dans les média que l’économie de  l’Algérie se portait bien (niveau de vie stable)  et qu’il y avait même des excédents  de trésorerie dégagé dans la balance commerciale. Aujourd’hui on nous annonce que le DA a subi des régressions (dévaluations) depuis le mois de Juillet… Il y a quelque chose qui ne colle pas… Sauf si on nous annonce des chiffres qui n’existent pas ….i

**Dévaluation, inflation et pouvoir d’achat

Les économistes sont sollicités de toutes parts pour essayer d’expliquer les récentes décisions des pouvoirs publics de dévaluer, car c’est de cela qu’il s’agit, la monnaie nationale. Les explications fournies par les responsables ne font que brouiller les pistes. En effet, les variabilités des taux de change internationaux et les risques de crises récurrentes ont existé durant les dernières décennies. On ne voit pas par quels mécanismes une dévaluation peut les contrecarrer. Il y a d’autres politiques, surtout structurelles, capables de rendre notre économie très résistante. Techniquement, une dévaluation sert à équilibrer la balance des paiements en boostant les exportations et en réduisant les importations. Mais en économie de rente, les dés sont pipés, la logique du marché de l’énergie est déconnectée du taux de change, l’offre n’est pas élastique. On peut uniquement réduire l’écart qui existe entre le taux de change parallèle et le taux réel.

Par contre, les citoyens s’intéressent à leur pouvoir d’achat. Va-t-on subir une inflation ? Bien évidemment, nous importons plus de 65% de nos besoins en biens et services. Beaucoup seront plus chers. Les prix des véhicules, des fromages importés, etc., seront, du fait de la dévaluation, plus élevés. Les prix des produits de première nécessité vont devoir rester stables, mais l’Etat va dépenser plus pour les subventionner. Cependant, l’Etat est le plus grand gagnant de la dévaluation : les recettes du budget, à 70% tirés des hydrocarbures, vont augmenter de 10% à peu près. 1 à 2% seront affectées aux subventions ; le reste va réduire le déficit budgétaire. Durant la dernière décennie, les couches de population organisées et ayant un pouvoir sociopolitique conséquent ont vu quelques améliorations partielles de leur niveau de vie à travers des hausses salariales (fonctionnaires). L’inflation commence à éroder et va continuer à réduire leur pouvoir d’achat : normal, ces hausses ne sont pas la conséquence d’une hausse de la productivité.

D’autres moins chanceux comme les retraités, les salariés des entreprises privées, les travailleurs de l’informel, ceux qui vivent d’une rente ou d’une aide familiale, ont vu leur pouvoir d’achat laminé par des taux d’inflation, qui, à l’aide du processus cumulatif, ont infligé des sévères coupures dans les capacités de consommation de ces catégories. Mais la Banque centrale a l’impression d’avoir joué son rôle de limitation des importations et d’encouragement des exportations. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Tant que les politiques structurelles sont absentes (qualifications humaines, modernisation managériale, économie et industrie du savoir, financement de l’économie productive), les politiques conjoncturelles visant l’équilibre de la balance des paiements produiront des effets mineurs.*Abdelhak Lamiri.Expert en économie-El Watan-01.11.2013

***********************************

** inflation en hausse de 5,9% en mars 2012

 **hausse des pris de 23,63% pour les produits agricoles frais

Les prix s'envolent à une vitesse vertigineuse

Le rythme d’inflation annuel en Algérie a atteint 5,9% au mois de mars dernier, contre 5,3% en février et 4,9 en janvier de la même année, soit un taux supérieur à celui observé durant toute l’année 2011 (4,5%), a-t-on appris mercredi auprès de l’ONS. Cette tendance haussière, entamée dès décembre dernier, est due notamment à une importante hausse de l’indice des prix à la consommation avec 10,12% en mars dernier par rapport au même mois de l’année écoulée, précise l’Office national des statistiques (ONS).

En glissement annuel, les produits alimentaires ont augmenté de 14,23% avec notamment 23,63% pour les produits agricoles frais et 6,37% pour les produits alimentaires industriels, explique l’ONS. Les produits manufacturés ont également augmenté de près de 7,5% et les services ont évolué de 4,98% en mars dernier par rapport à la même période de l’année écoulée, ajoute l’office.

La hausse a touché tous les produits alimentaires, mais les augmentations les plus importantes ont concerné les produits agricoles frais (23,63%), dont notamment la pomme de terre (73,85%). Il est à signaler que les fortes intempéries qui ont touché le pays en février dernier ont provoqué une flambée généralisée des prix des produits agricoles frais, notamment la pomme de terre dont le prix a atteint un pic de 120 DA/kilo contre une moyenne de 45 à 55 DA le kilo durant l’année 2011. Un retour à la normale est attendu dès la semaine prochaine pour ce produit, puisque les prix ont connu ces derniers jours une baisse, évoluant dans une fourchette de 55 à 70 DA/Kilo, a-t-on constaté.

D’autres produits alimentaires frais ont également augmenté, il s’agit: des viandes de mouton (31,23%), des oeufs (21,2%), des poissons frais (19,17%), des légumes frais (16,67%) et des fruits frais (9,48%), relève l’ONS. Les autres produits du groupe alimentation s’étaient également inscrits en hausse, dont notamment la viande de boeuf (7,6%), les boissons (19,83%), les sucres (10,19%), le pain et les céréales (5,64%) Cette hausse a touché également d’autres produits alimentaires, mais reste de moindre ampleur. Il est question notamment des huiles et graisses (4,44%), laits, fromage et dérivés (près de 2%) et la viande blanche (1,3%), ajoute l’ONS.

De son côté, l’indice des prix à la consommation a connu une hausse de 1,44 en mars 2012 par rapport au mois de février 2012, soit une variation mensuelle supérieure à celle relevée le même mois en 2011 (+0,7%), en raison d’une hausse généralisée des prix des produits agricoles frais qui ont augmenté de 4,88%, relève l’Office. Cette hausse des produits agricoles frais s’explique par la forte augmentation des prix de la pomme de terre (26,83%), les légumes frais (16,09%), et poissons frais (5,58%), selon les chiffres de l’ONS. Les produits alimentaires industriels ont connu une légère hausse de près de 0,4% en raison essentiellement de l’augmentation des prix des sucres et des huiles et graisses, ajoute l’organisme des statistiques.

Durant le premier trimestre 2012, l’indice des prix à la consommation a connu une forte hausse de 9% par rapport à la même période en 2011 en raison d’une hausse généralisée des prix des produits agricoles frais qui ont augmenté de 18,87%. Cette hausse des produits agricoles frais s’explique toujours par la forte augmentation des prix de la pomme de terre (48,06%), des oeufs (24,32%), des légumes (11,67%) et des fruits frais avec 4,10%, relève l’Office.

Les produits alimentaires industriels ont aussi marqué une hausse de 5,64% en raison essentiellement de l’augmentation des prix des boissons (19,88%), du café et thé (7,9%), des sucres et produits sucrés (3,73%) et des huiles et graisses (3,54%), ajoute l’organisme des statistiques. Les prix des produits manufacturés ont également enregistré une hausse de 7,9% ainsi que ceux des services avec 4,55% durant les trois premiers mois de 2012. Durant cette période, les hausses les plus importantes ont touché la viande de mouton (26,95%), les poissons frais (14,66%), la viande de bœuf (6,63%) et celle de poulet (6,05%), ajoute l’office. La hausse des prix des produits alimentaires, notamment les fruits et légumes, enregistrée durant ces derniers mois, «est conjoncturelle », avait déclaré lundi le ministre du Commerce M. Mustapha Benbada, précisant que les prix de certains produits ont déjà amorcé une tendance baissière. Les prix de plusieurs produits alimentaires « sont aussi liés aux fluctuations des marchés internationaux », a-t-il expliqué. (L’Expression-25.04.2012.)

media_xll_5495388 dans

**************************************

**L’Inflation n’est pas une fatalité

**par Mourad Benachenhou

On peut gloser à perdre l’haleine sur la fiabilité des statistiques publiées sur le taux d’inflation ; encore tout récemment, une réunion de spécialistes algériens a souligné la faiblesse du système de collecte et de traitement des données relatives

 à l’état de l’économie, comme à l’évolution des prix.

La fiabilité totale et parfaite des données statistiques est hors d’atteinte

 Il a été, maintes fois, déclarés par les officiels en charge de cette activité que les normes internationales de calcul des différents indices reflétant l’inflation sont suivies et qu’il n’y a pas de raison majeure de rejeter en bloc les chiffres publiés dans ce domaine. La fiabilité des données statistiques portant sur les agrégats économiques, y compris ceux relatifs à l’évolution des prix, n’est jamais parfaite en Algérie comme ailleurs dans le monde/ et même dans les pays les plus avancées des voix s’élèvent pour critiquer les méthodes du taux d’inflation ;et comme il s’agit d’un indice établi par les autorités publiques, il plane toujours le soupçon que les méthodes de calcul de cet indice et les données qui y entrent , sont manipulés à des fins politiques.

 La collecte et le traitement de l’information économique est coûteuse. De plus, il existe des méthodes statistiques permettant de déterminer le degré de fiabilité des données recueillies et traitées, et tant que la marge d’erreur ne dépasse pas la rangée des 5 pour cent en plus et en moins par rapport à la réalité que l’on veut saisir, les indices calculés sont fiables.

 Cependant, il reste la possibilité pour les autorités publiques de diffuser des indices « fabriqués » pour la circonstance, et qui n’ont rien à voir avec les données collectées et traitées !

 Cette manipulation des indices, dont l’effet attendue est de rassurer le consommateur ou le producteur, risque de ne pas avoir le résultat voulu, car, par définition, on peut tout cacher dans une transaction sauf le prix auquel elle a été conclue.

 Et nul acteur sur le marché n’a besoin de tenir ses propres séries de prix pour s’apercevoir que l’inflation est là.

 Donc, c’est un exercice dérisoire que de tenter de cacher la réalité de l’évolution des prix, et c’est également un acte de lâcheté politique comme un signe d’incompétence en matière de prise de décision économique!

Bonne gouvernance et manipulation des données statistiques

 Il faut souligner que, dans les pays à économie de marché avancée, l’indice des prix à la consommation joue un rôle central pour assoir la rationalité de toutes les décisions économiques, et où la transparence dans la gouvernance des affaires publiques, est , non une exigence morale, mais une nécessité à la fois politique, économique et sociale dont dépend la stabilité des gouvernements en place, les autorités publiques ont une marge de manœuvre en matière de manipulation des données économiques et sociales, quelque peu limitée.

 Le phénomène de l’inflation est pris très au sérieux, car de lui dépend non seulement la survie politique des gouvernements au pouvoir, mais également la survie des activités économiques qui fondent la prospérité, la paix sociale, et la place des pays en cause sur l’échiquier politique et économique international.

La stabilité des prix : une exigence fondamentale de l’économie de marché

 Par définition, en économie de marché, ce sont les prix des biens et services consommés qui déterminent, de manière quasiment automatique, l’orientation des investissements, et par voie de conséquence, la création d’emplois, le taux d’épargne nationale, la structure des exportations et des importations.

 Si ces prix, quelle que soit la façon dont leur évolution est calculée, ne sont pas stables, les différents agents économiques- du producteur au consommateur- voient leur capacité de prendre les décisions rationnelles qui assurent leur survie et le maintien de leur position économique ou sociale, réduites.

 L’inflation cause une situation de ralentissement des activités économiques qui couvrent toutes les composantes du cycle de décisions économiques, depuis la décision d’investir à la décision de consommer, en passant par la décision d’épargner.

L’inflation, frein à la croissance

 Il y a contradiction dans les termes entre croissance et inflation. La croissance, calculée en terme d’évolution de la valeur de la production d’une année à l’autre, ne peut pas être au rendez-vous dans une situation d’instabilité des prix, quelle qu’en soit la cause.

 Un banquier qui n’est pas en mesure de calculer de manière aussi précise que possible la marge qu’il peut obtenir en accordant un crédit, dont le remboursement s’étend , par définition, sur plusieurs mois ou plusieurs années- et tout crédit comporte des risques inhérents qu’il s’agit de prévoir et de minimiser- n’a aucun intérêt à prêter sur de longues périodes de temps et à des taux d’intérêts supportables pour l’emprunteur.

 Un épargnant, qui voit le pouvoir d’achat de son revenu fondre, sans même qu’il l’utilise, n’a plus de raison, ni le plus souvent même, de moyen, de mettre de côté de l’argent pour de grosses dépenses futures, comme l’achat d’un logement, d’une voiture ou même d’un appareil électroménager.

 L’investisseur, qui veut établir un plan d’affaires fondé sur un minimum de prédictibilité des sommes qu’il aura à prévoir pour acheter ses équipements et payer sa matière première et ses travailleurs dans la période de lancement de sa production, et fixer le prix de ses produits pour qu’ils trouvent preneurs, ne peut qu’hésiter si la tendance des prix est à la hausse ou à l’instabilité.

Inflation, Spéculation et Corruption : un Trio Inséparable

 Il ne reste plus sur le marché que les spéculateurs, c’est-à-dire des acteurs économiques, qui par définition, ne contribuent pas à la croissance, mais profitent des désordres du marché, reflétés par des taux d’inflation élevés, pour accumuler des richesses.

 Le spéculateur est un opportuniste qui profite des déficiences des politiques économiques publiques, pour se construire rapidement une fortune. Son horizon économique est en général extrêmement court ; dans ses cartes, il n’a en vue ni l’investissement à long terme créateur d’emplois et de richesse, ni le service du consommateur pour la fourniture de biens et de services à des prix abordables.

 En fait, en période d’inflation, seul le spéculateur s’enrichit ; les producteurs de biens et services, soumis aux aléas de l’évolution des prix et de la baisse de la demande pour leurs produits qui en résultent, voient leurs marges bénéficiaires augmenter en chiffres, mais en fait, se réduire en terme de pouvoir d’achat ; les consommateurs des produits finaux ne peuvent tenir un budget, si primitives soient les méthodes qu’ils utilisent pour répartir leur revenue entre différents emplois ; les banquiers ont le choix soit de prêter à des taux inférieurs au taux d’inflation avec pour conséquence de recevoir, en terme de pouvoir d’achat, moins que les sommes qu’ils ont prêtées, soit d’ajuster leurs taux d’intérêts et, donc leur marge couvrant les dépenses de gestion et les bénéfices, au taux d’inflation et , voir, par conséquent, se réduire le nombre de leurs clients.

 Quand la spéculation s’étend, parce que l’inflation, générée par la politique économique publique déclarée ou implicite, décourage les activités de production, la corruption se généralise, car ceux chargés des affaires publiques n’ont plus d’autre moyen pour maintenir leur mode de vie que de vendre à titre privé les services qu’ils gèrent pour le compte de l’Etat.

L’inflation n’est pas une scorie inséparable de la politique économique

 Seules les décisions économiques prises par les autorités publiques peuvent créer une situation d’inflation. Tous les autres acteurs, producteurs de biens ou services, distributeurs, ou simples consommateurs, n’ont ni le poids économique et financier, ni la puissance politique leur permettant d’avoir, par leurs décision, un effet sur les prix de tous les biens et services tels que ces prix augmentent dans leur globalité, et quels que soient leur nature ou leurs consommateurs finaux.

 L’inflation, ici, comme partout dans le monde, est la conséquence directe et incontournable de politiques économiques gouvernementales qui font fi de l’impact de cette politique sur le niveau et l’évolution des prix.

 L’inflation n’est donc pas un phénomène neutre dans sa relation avec la politique économique publique.

 Au vu de l’effet de frein causé sur l’économie nationale par l’inflation,-et on ne peut trop le souligner, -Il y a contradiction dans les termes entre une politique visant à la croissance et la diversification de la production nationale, d’un côté, et l’acceptation d’un taux d’inflation élevé.

 Lorsque l’autorité publique est le premier investisseur dans le pays,-comme c’est le cas pour l’Algérie ou, suivant les dernières données publiées, a financé, au cours de ces dernières années, soixante dix huit pour cent des investissements productifs, – la liaison entre inflation et politiques économiques étatiques est d’autant plus avérée.

 L’acceptation de contradiction entre les objectifs économiques et sociaux visés, d’un côté, et l’inflation, de l’autre, est d’autant plus incompréhensible que l’Etat est un agent économique soumis aux mêmes contraintes en termes de calcul du coût et du rendement de ses investissements ; si cette autorité est obligée de revoir le coût de ses engagements de manière continue du fait de l’évolution rapide du prix des biens et services qu’elle mobilise, les objectifs économiques et sociaux qui sous-tendent ses investissement, ne peuvent qu’être manqués; et au lieu de consolider la croissance économique, ces investissements instaurent le désordre dans l’économie et créent l’instabilité sociale, sans compter ses conséquences politiques, qui peuvent être reportées, mais non supprimées.

 Contrairement aux autres agents économiques, l’Etat ne peut échapper à ses responsabilités à l’égard de la communauté nationale ; il doit prendre en charge les effets négatifs de sa politique économique sur la sécurité des biens et des personnes ; car c’est une constatation qui est confortée par les faits, que la criminalité augmente avec la détérioration du pouvoir d’achat de la monnaie nationale et ses effets sociaux négatifs !

 Donc, un Etat responsable ne peut que veiller à ce que sa politique économique ne soit pas cause d’inflation et, en conséquence, d’extension de la misère et des fléaux sociaux de tout genre qu’elle entraîne. Toute politique économique qui ignore l’inflation ne peut se poursuivre que par la répression des manifestations d’insatisfaction populaire que cette politique provoque et entretient.

La justice pénale et les forces de répression des mouvements de foule spontanés deviennent les auxiliaires obligatoires de la politique économique dont la mise en œuvre génère le désordre dans le système national des prix et leur évolution.

Les différents indicateurs de l’inflation

 L’inflation est une perte du pouvoir d’achat de la monnaie nationale, qui se manifeste par l’augmentation des prix de tous les biens et services. La méthode la plus répandue de présentation chiffrée de l’inflation est l’indice des prix à la consommation. De manière générale, c’est un fait accepté par les spécialistes dans le domaine que « l’indice des prix à la consommation (IPC) est l’instrument de mesure de l’inflation. Il permet d’estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix de produits consommés par les ménages ; c’est une mesure synthétique de l’évolution pure de prix de produits, c’est–à-dire à qualité constante. » Cette définition a été tirée du site internet de l’INSEE française et correspond à la définition qui en est donnée sur le plan international, S’agissant d’une définition générale, la citation donnée ci-dessus est valable pour l’Algérie, dont le directeur général de l’Office National des Statistiques a, à plusieurs reprises, indiqué que ses services suivaient les méthodes internationales de collecte et de traitement des données statistiques et des indices correspondants.

 Les spécialistes distinguent, cependant, entre plusieurs indices reflétant l’évolution des prix : non seulement l’IPC, mais également l’indice du pouvoir d’achat, l’indice des prix à la production, le déflateur du Produit Intérieur Brut, l’indice des prix des matières premières, etc. Cependant, -et bien que chacun de ces indices puisse être établi indépendamment les uns des autres et par des approches différentes, même si les mêmes données de base utilisées sont, à quelques éléments près, identiques ,-parce que la finalité de toute activité de production de bien et de service est sa consommation, sous une forme ou une autre, par l’acheteur final du bien ou service en cause, l’IPC est considéré comme l’indice de l’évolution des prix le plus important, et celui auquel les autorités publiques doivent accorder le plus d’importance pour déterminer la cohérence de leur politique économique avec les objectifs de croissance et d’amélioration des conditions de vie de la population.

L’inflation, une réalité incontestable et durable

 Les prix des produits de consommation courante connaissent une flambée quasi continue depuis ces trois dernières années, nonobstant les variations saisonnières,-qui sont même à contre-saison ; ce dernier fait prouve, s’il le fallait encore, que le problème n’est pas lié à un déséquilibre entre l’offre et la demande ou à des pics de consommation comme pendant le mois de jeûne, mais est une conséquence de la politique économique publique mettant l’accent sur les grands travaux d’infrastructure avec appel massif aux entreprises et à la main d’oeuvre étrangère.

 Comme le signale la Banque d’Algérie dans sa note sur les tendances financières et monétaires pour le premier semestre de l’année 2009 : « Alors que la tendance mondiale est à la nette décélération de l’inflation, voire une inflation négative aux Etats-Unis et dans la zone euro, l’évolution des prix en Algérie fait émerger un nouveau défi d’inflation endogène forte, d’autant plus que le premier semestre 2009 est caractérisé par une contraction monétaire. Aussi, l’inflation est endogène et n’est plus générée, dans des proportions significatives, par la hausse des produits agricoles importés comme en 2007 et 2008; l’inflation importée s’amenuisant considérablement,»

 L’Algérie est, donc, devenue un pays à haut niveau d’inflation, alors que dans les pays qui sont ses principaux partenaires économiques, les taux d’inflations ont eu tendance à chuter, en particulier depuis ces deux dernières années, conséquence de la crise économique mondiale.

L’inflation en Algérie, la déflation dans le reste du Monde !

 Il est à noter, en passant, que, comme il est reconnu dans les analyses officielles, que notre pays a subi les effets négatifs de cette crise, à travers la chute des recettes d’exportations d’hydrocarbures, la réduction du montant des impôts perçus sur les hydrocarbures, les pertes de changes liées à la dévaluation du dollar, la quasi seule monnaie de nos recettes d’exportation, les pertes de placement du fait de la réduction brutale des taux d’intérêts imposés par les banques centrales pour relancer leurs économies- par rapport aux monnaies dans lesquelles sont libellées les importations, etc.

 Mais, la déflation que connaissent nos partenaires internationaux, en conséquence directe et reconnue de cette crise mondiale, n’a pas eu d’effet sur l’évolution du taux d’inflation dans notre pays.

 Ainsi, alors que le dernier indice des prix publié indique une projection du taux d’inflation annuelle en Algérie égal à 5,7 pour cent, il est de 0,4 pour cent en France, de 0,5 pour cent en zone Euro, de 0,8 pour cent en Chine (avec un taux de croissance pour 2009 de 8,9 pour cent !), de 1,3 pour cent aux Etats-Unis d’Amérique et de moins 2,3 pour cent au Japon !

 L’inflation est donc, par exemple, 14 fois plus faible en France qu’en Algérie, 11 fois plus basse dans l’ensemble monétaire européen que dans notre pays, etc. pour prendre la mesure de la gravité de la situation inflationniste dans notre économie, libre à tout un chacun peut faire le même calcul pour chacun des pays cités ici, et qui,-faut-il le souligner ? – sont nos principaux partenaires économiques !

En conclusion :

1. La fiabilité des informations économiques n’est jamais totale, que ce soit en Algérie ou dans le reste du monde ;

2. Cependant, il existe des méthodes statistiques pour déterminer une marge d’erreur qui n’enlève pas aux données statistiques présentées sous formes d’indices ou d’agrégats, comme le Produit Intérieur Brut ou l’indice des prix, leur utilité comme reflets de l’évolution de l’économie et des prix;

3. Le problème dans ce domaine est la tentation de manipuler ces donnés à des fins politiques circonstancielles, au grand dam de l’économie ;

4. Dans les pays à économie de marché avancée, les données économiques et sociales collectées et traitées par les autorités publiques sont trop importantes pour le maintien de la stabilité politique et la continuation de la prospérité, fondement de la sécurité nationale et de la position sur l’échiquier mondiale, pour qu’elles donnent lieu à manipulation ;

5. Les prix, en économie de marché, constituent les indicateurs fondamentaux dans la prise de décision des différents acteurs économiques ;

6. L’inflation, ou augmentation générale des prix de tous les biens et services dans une économie, constitue un obstacle à des prises de décision rationnelles par les différents acteurs ;

7. L’inflation est un frein à la croissance, et son acceptation par les autorités publiques est en contradiction avec les objectifs économiques de développement et d’amélioration du niveau de vie comme d’expansion de la production et de la productivité nationale que ces autorités affichent et proclament comme finalités de leur politique économique explicite ou implicite ;

8. Seules les autorités publiques ont le poids économique, financier et politique nécessaire pour créer la stabilité des prix ou générer l’inflation ;

9. L’inflation n’est pas une fatalité entrainée par la politique de croissance décidée et exécutée par les autorités publiques ;

10. Du fait de la politique économique suivie, l’inflation s’est accélérée depuis 2006, et plus particulièrement au cours de l’année 2009, bien que les économies des pays dont elle est partenaire économique, connaissent la déflation ou une inflation proche de zéro du fait de la crise économique mondiale, dont seuls les effets négatifs ont été ressenties par notre pays ;

11. L’inflation entraîne avec elle non seulement la spéculation, mais également la corruption et l’accroissement de la criminalité, phénomènes négatifs dont la répression est du ressort des autorités publiques ;

12. La réduction de l’inflation est du ressort des autorités publiques qui doivent la mettre au centre de leur politique économique, si elles veulent consolider la crédibilité de leurs objectifs affichés de développement, et de renforcement de l’économie de marché ;

13. Faute de mesures ciblant l’inflation et visant à la réduire, la menace d’hyperinflation avec ses conséquences économiques, politiques et sociales échappant au contrôle des autorités, est un risque majeur qui n’a rien d’une prédiction et dont tous les éléments constituants sont en place.

14. L’année 2010 sera-t-elle fatale pour l’évolution de l’économie nationale, si aucun train de mesures de réduction de l’inflation ne sont prises et si elle continue à être acceptée comme inévitable et incontrôlable ?  (Le Quotidien d’Oran-02.01.2010.)

**********************

*L’Inflation, cet acide qui ronge l’économie et la société algériennes

par Mourad Benachenhou

La situation d’inflation accélérée que connaît actuellement l’économie algérienne est si grave qu’il est nécessaire de l’aborder de manière, si ce n’est exhaustive, du moins suffisamment systématique pour que le défi qu’elle pose soit compris et pris en charge. C’est pour cela que l’exposé suivant est présenté sous la forme de seize points :

1- Bien que l’IPC (indice des prix à la consommation) ne reflète pas de manière exacte l’évolution des prix de tous les biens et services commercialisés dans un pays déterminé, il est considéré comme un indicateur suffisamment fiable du taux d’inflation à l’échelle nationale. Quel que soit son mode de calcul ou la composition du panier de produits qu’il comporte, cet indice est utilisé, universellement, par les différents acteurs économiques nationaux ou internationaux qui ont besoin de savoir comment les prix évoluent dans leurs pays, et à l’échelle internationale, pour déterminer les prix de leurs propres produits, élaborer leurs plans d’affaires, projeter leurs besoins en investissements et les coûts de ces investissements, ou simplement établir leur budget familial et leurs objectifs d’épargne personnelle.

2- Au vu de son importance dans une économie de marché, où les décisions d’investissement, de production, comme de consommation sont guidées par les prix des produits en cause, l’IPC, dont le calcul dépend, dans tous les pays, des autorités publiques, doit être calculé de telle manière que sa fiabilité ne soit pas sujette à caution, et qu’il reflète, avec autant de précision que possible, l’évolution de la valeur de la monnaie locale ou de son pouvoir d’achat.

3- Le calcul de l’indice des prix est établi à partir d’une enquête de consommation dans une année déterminée, qui permet aux statisticiens de concevoir un modèle de consommation, qui révèle les habitudes de consommation d’une partie de la population suffisamment importante pour qu’elle donne une image aussi proche que possible de la réalité des dépenses les plus courantes des ménages.

4- En Algérie, et jusqu’en 2008, l’enquête de consommation, sur la base de laquelle cet indice était établi, datait de 1989, c’est-à-dire d’une année où l’Etat jouait encore un rôle déterminant dans la fixation des prix et dans la production et la distribution des produits de grande consommation, comme dans l’établissement des loyers. A compter de 2009, l’IPC a été calculé sur la base d’une enquête de consommation datant de 2000.

5- Or, entre 1989 et 2001, et de 2001 à ce jour, l’économie algérienne a changé du tout au tout, quoique dans sa structure de base, elle reste dominée par le secteur des hydrocarbures. L’intervention de l’Etat dans la fixation des prix s’est fortement réduite. La liste des produits subventionnés ou dont les prix sont réglementés est devenue marginale dans le panier de la ménagère. De plus, les écarts de revenus se sont creusés entre la couche la mieux nantie de la population et la classe moyenne, composée essentiellement de salariés. Plus important encore, l’ouverture de l’économie a abouti à la mise à disposition du consommateur de produits d’importation variés qui ont été intégrés dans son plan de dépenses journalières. Finalement, la publicité, dans la presse comme dans les médias lourds, a accru et raffiné les besoins de consommation.

6- Donc, l’IPC, comme il est établi actuellement, ne reflète pas de manière fiable l’évolution des prix à la consommation, telle que ressentie par la population et, par voie de conséquence, sous-estime la perte du pouvoir d’achat du dinar que ressentent les consommateurs. Sur le plan international, par ailleurs, les autorités publiques algériennes ont marqué certaines réticences à adopter une démarche normalisée de calcul de l’IPC qui permette de comparer, de manière acceptable, l’inflation algérienne à l’inflation dans d’autres pays. Ainsi, un rapport présenté

Par Aïcha Kadi, en mai 2008, lors d’un séminaire à Genève, ne fait aucune mention de normes internationales ou interrégionales d’établissement de l’IPC. De plus, suivant Katilal Munusad, dans une étude (publiée dans Stateco N° 102, 2008), l’Algérie (en compagnie de l’Erythrée, de la Libye, des Seychelles et de la Somalie) n’est pas membre de l’initiative internationale, coordonnée par la Banque Africaine de Développement et visant à uniformiser les normes de calcul de l’IPC pour faciliter les comparaisons internationales. Donc, on peut affirmer que l’IPC, tel qu’établi actuellement, n’est pas fiable à l’échelle nationale et ne peut servir pour la comparaison des taux d’inflation au niveau international.

7- Si l’inflation était aussi basse que l’indique l’IPC publié par l’ONS, on peut se demander pourquoi une institution importante vient d’obtenir pour ses fonctionnaires une augmentation extraordinaire de doublement des salaires avec effet rétroactif sur une année. En supposant même que cette augmentation, qui vient s’ajouter à des primes discrétionnaires données à l’occasion d’évènements majeurs de tout type, a simplement pour objet un rattrapage de pouvoir d’achat des salaires, elle apparaît comme infondée, à moins que les autorités publiques elles-mêmes n’accordent aucune crédibilité à l’IPC, pourtant établi et diffusé par une institution officielle. Cette augmentation, aussi légitime puisse-t-elle paraître, constitue un démenti cinglant à l’IPC qui, officiellement, n’aurait pas dépassé les 4,8 pour cent en moyenne au cours de cette année.

8- L’économie algérienne connaît un taux d’inflation supérieur à ce qu’annonce l’IPC, qui ne reflète même plus le panier de la ménagère, puisque sa base de calcul est en retard par rapport à l’évolution des revenus et des modèles de consommation, vécue par l’Algérie au cours de ces dix dernières années : on ne peut, à la fois, jurer de la fiabilité de cet indice et affirmer que l’économie algérienne a subi des bouleversements profonds ; il faut choisir : ou l’économie dans toutes ses composantes de production, de consommation, de distribution, de structure de revenus, a changé lors de ces quelques dix années, et l’IPC ne reflète pas ces changements ; ou cette économie a stagné et donc, tout ce qui est dit et écrit sur elle est loin de représenter la réalité des choses.

9- L’inflation, on ne le répétera pas assez, est un phénomène monétaire dont la maîtrise ressortit exclusivement aux autorités publiques. C’est là une affirmation maintenant acceptée par tous les économistes, qu’ils soient «keynesiens », c’est-à-dire partisans d’un rôle central et direct de l’Etat dans les politiques de gestion du marché, ou « monétaristes », c’est-à-dire donnant à l’Etat un rôle de correcteur des mécanismes du marché, sans plus. Or, du fait même de l’augmentation du prix du pétrole à l’échelle internationale et de l’accroissement des recettes en devises, et donc des réserves de changes, qui constituent une des contreparties de la monnaie en circulation dans l’économie, la masse monétaire a augmenté de manière quasi automatique ; de plus, les autorités publiques, disposant de plus de ressources fiscales, se sont lancées dans un programme monstrueux de remise à niveau des infrastructures, contribuant à accroître la pression sur la demande de biens et services. L’inefficacité générale de l’économie, dans laquelle la relation entre le niveau des investissements et leur rendement (le fameux rendement marginal des investissements ou ICOR en anglais) est encore extrêmement bas, a poussé les prix à la consommation encore plus haut que ce qui aurait pu être attendu de l’augmentation de la masse monétaire découlant directement de l’accroissement du montant des devises entrant à la Banque centrale.

10- Il est évident que la corruption, dont la généralisation n’est plus à prouver, comme le montrent un certain nombre d’affaires, qui n’ont même pas épargné « la vache à lait » de l’Algérie, présentée comme un « modèle de management à l’américaine ! », a contribué fortement à pousser encore plus haut l’inflation. Comme l’écrivent Teymour Rahmani et Hana Yousefi (dans «Corruption, Politique monétaire et Inflation, Une Comparaison inter-pays »).

 « Plus de corruption entraîne un taux d’inflation plus fort (p.2)… La corruption cause l’augmentation directe de l’inflation en augmentant les dépenses gouvernementales… Cependant, il y a un canal indirect au travers duquel la corruption accroît le taux d’inflation. Puisque le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) est plus bas et la recherche de rente est plus élevée, et puisque l’effet inflationniste de la croissance de l’offre de monnaie est plus élevé quand le taux de croissance est plus bas, plus le taux d’inflation est élevé, plus la corruption est forte ». (p.8)

11- Ces auteurs corroborent leurs conclusions pas une étude économétrique qui effectue la comparaison entre le niveau de corruption dans un groupe de pays et l’importance de l’inflation dans ces pays. Il ne s’agit nullement de paroles en l’air ou de suppositions que n’appuieraient aucunes données chiffrées.

12- Le taux d’inflation a atteint un niveau insupportable et constitue un risque politique, et donc sécuritaire, qui ne peut simplement pas être combattu par la force brute contre ceux qui sortent dans la rue pour exprimer leur désespoir de voir leur niveau de vie et le pouvoir d’achat de leurs maigres salaires réduits peu à peu, mais de manière accélérée depuis cette année. Le déclassement social causé par l’inflation est un phénomène extrêmement dangereux et peut aboutir à des conséquences incalculables sur les plans tant économiques que politiques et sécuritaires. Le peu de crédibilité que l’on est en droit d’attribuer à l’IPC officiel accroît d’autant plus les risques, parce que les autorités, comme les citoyens, ne savent pas exactement jusqu’à quel point la détérioration du pouvoir d’achat du dinar est arrivée. D’ailleurs, le marché parallèle des devises fortes constitue un indice à ne pas négliger dans la détermination de l’inflation réelle.

13- Pourquoi les autorités publiques sont-elles indifférentes à une inflation élevée ? La première réponse est qu’elles sont conscientes de leurs responsabilités dans l’accélération de ce phénomène, mais qu’elles en évaluent l’importance en fonction des objectifs de leur propre démarche politique qui sous-tend leur programme de dépenses publiques. Si leur objectif est d’élargir leur base politique en intégrant le maximum de personnes dans le circuit de distribution de la rente, il est évident qu’elles considèrent l’inflation comme un épiphénomène sans importance, vu que la clientèle politique qu’elles recherchent y est peu sensible, car elle a soit le pouvoir d’ajuster le prix de ses services en fonction de l’évolution globale des prix, soit qu’elle est assurée de garder son pouvoir d’achat par un accès amélioré à la rente. D’autre part, les autorités publiques ont le loisir de réévaluer les dépenses nécessaires à leurs opérations, sans avoir, par définition au vu du système politique actuel, à rendre compte en détail des raisons expliquant les dépassements de crédits. Les discours-fleuves, si denses soient-ils, prononcés par telle ou telle autorité publique, sont, non des occasions d’explications, mais des opportunités de noyer les responsabilités et de brouiller les cartes ou de manipuler les chiffres et les opinions.

14- L’expérience des crises économiques et sociales passées ne semble pas promettre que les autorités publiques prendront au sérieux, et rapidement, cette maladie grave qu’est l’inflation ; on a vu que, dans des circonstances où pratiquement l’Etat algérien était en danger d’effondrement, il a fallu beaucoup de sang et de pressions pour que les mesures adéquates soient prises. Combien faudra-t-il de mouvements sociaux, spontanés ou organisés, de manifestations pacifiques comme d’émeutes violentes, pour que, finalement, les autorités publiques acceptent l’appel de la rue à prendre en charge le problème ? C’est là une question dont seules ces autorités ont la réponse.

15- L’inflation, par ses effets sur le quotidien de l’Algérien moyen, est un acide qui touche au plus profond de la société et de l’économie : il pousse à la démoralisation tant des consommateurs que des investisseurs et des producteurs ; il laisse la voie aux spéculateurs ; il force littéralement à la corruption des gens, qui dans un contexte de stabilité des prix, seraient peu portés à vendre leurs services de manière clandestine ; il détruit la moralité publique en encourageant les comportements antisociaux, de l’usage de la drogue à la prostitution, avec tous les autres types de crimes qui s’y attachent directement ou indirectement. Il est cause de l’instabilité des familles, si lourde de conséquences sociales à court et long terme.

16- En conclusion, un Etat sérieux et conscient de ses responsabilités prendrait à bras-le-corps ce phénomène dangereux et mettrait en place une politique cohérente et complète de lutte contre l’inflation, dont le seul taux acceptable est zéro. Verra-t-on les autorités publiques réagir ? Ou vont-elles continuer à se vanter de réserves de changes élevées, de surplus commerciaux garantis, et de réalisations d’infrastructures colossales, tout en assistant à la dilution de la société et à l’effondrement de l’économie productive au profit de la spéculation et de la corruption ? Là est la question, de vie ou de mort, qui se pose actuellement! ‘Quotidien d’Oran-30.12.2010.)

 

 

12 réponses à “L’Inflation-une fatalité ?”

  1. 6 11 2011
    how to learn japanese (23:20:34) :

    Hy. I sincerely want to say that what you say here is really the best post so I m thinking to post http://niarunblog.unblog.fr/consommateurs-et-prix/linflation-nest-pas-une-fatalite on my Facebook profile so everybody can have the freedom to enjoy. I was happy when I saw this tittle, ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité, in my google search, and i was so becouse in the end I found what I was looking for. My regrds

  2. 3 11 2011
    traduceri daneza romana in targoviste (06:21:16) :

    What you have here it is a great piece of information this is the reason why I post a link to you in one of my site your link is here . But first of all I must say all the visitors. Hello. After this I must say that I have post http://niarunblog.unblog.fr/consommateurs-et-prix/linflation-nest-pas-une-fatalite on my Hi5 profile. I will do this because finally I found what I was looking for. What you post here is really very good sharing. In the second I saw this tittle, ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité, in my google search I was very glad. I think I found something that have the same ideea here http://www.toplevel-traduceri.ro/traduceri_rapide_Romana_Daneza_in_Targoviste.html, I’m not sure but I thing it was the same. All the best

  3. 2 11 2011
    bilete avion (01:09:44) :

    What you have here it is a great piece of information. But first of all I must say all every one. Hy. After this I must say that I will post http://niarunblog.unblog.fr/consommateurs-et-prix/linflation-nest-pas-une-fatalite on my Twitter profile. I will do this because in the end I found what I was looking for. What you say here is really nice information. When I saw this tittle, ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité, on my google search I was very glad. It is possible I found something like this here http://www.xbileteavion.ro, I’m not sure but I thing it was the same. Thank you

  4. 25 10 2011
    Cattle (12:58:06) :

    What you have here it is a great article. But first of all I must say all the visitors. Hello. And now I must say that I m thinking to post http://niarunblog.unblog.fr/consommateurs-et-prix/linflation-nest-pas-une-fatalite on my Facebook profile. And this because in the end I found what I was looking for. What you give us here is really nice sharing. In the minute I saw this tittle, ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité, on google search I was very happy. It is possible I found something that have the same ideea here http://www.bonsmara.biz, I’m not sure but I thing it was the same. My regrds

  5. 23 10 2011
    Constipation remedies (10:32:32) :

    Thankyou for sharing ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité with us keep update bro love your article about ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité .

  6. 21 10 2011
    liberty reserve (05:20:04) :

    I seem similar I’m constantly sensing for unputdownable things to read almost a show of subjects, but I deal to countenance your blog among my reads every day because you individual compelling entries that I countenance frontward to. Here’s hoping there’s a lot much impressive matter upcoming!

  7. 21 10 2011
    Constipation remedies (04:02:57) :

    An newsworthy language is couturier statement. I guess that you should write much on this content, it mightiness not be a preconception dominate but mostly grouping are not enough to communicate on much topics. To the next. Cheers like your ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité.

  8. 19 10 2011
    Potato And Leek Soup (05:53:20) :

    Major job, Your place is an excellent ideal of why I have future stake to record your superior degree statement

  9. 15 10 2011
    ed hardy sale clearance (13:39:54) :

    Good reputation

  10. 25 09 2011
    droid bionic (22:18:34) :

    Thanks for sharing ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité with us keep update bro love your article about ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité .

  11. 25 09 2011
    hyips (22:18:31) :

    Thankyou for sharing ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité with us keep update bro love your article about ELAyam-2 » L’Inflation n’est pas une fatalité .

  12. 25 09 2011
    search engine optimisation kent (04:58:42) :

    Very good information can be found on website.




évasion |
Généalogies |
vivreavec1handicap |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ANTI CORRIDA
| dartagnan
| Actualité de la Politique d...