La finance selon l’islam

  «La finance islamique présente bien des avantages, en ce qu’elle condamne la spéculation et en ce qu’elle condamne le hasard.» Christine Lagarde, actuelle présidente du FMI, ex-ministre française des Finances.

**Il est illogique que la monnaie circule entre les individus sans qu’il n’y ait un échange de marchandises et de services…selon l’Islam

**Lorsqu’on traite la monnaie comme une marchandise, on commet une erreur fatale…

**L’Islam interdit l’usure d’une manière irréfutable, car l’usure réunit l’argent entre les mains d’une minorité et en prive la grande majorité. Celui qui applique l’usure est averti d’une guerre sans merci de la part de Dieu et de Son Messager

   « Ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. »

**Dieu a interdit l’usure dans toutes les législations divines: christianisme, judaïsme et islam. L’usure a pour notion de base que l’argent produit de l’argent, alors que dans les législations divines ce sont les affaires et les services seuls qui produisent l’argent…

**Et quand l’argent génère de l’argent, comme dans le cas de l’usure, les fortunes se réunissent entre les mains d’une minorité de personnes et en privent une grande majorité. De nos jours, 10% des habitants de la terre possèdent 90% de ses ressources et ils sont dans les pays du Nord. Alors que 90% des habitants de la terre possèdent uniquement les 10% de ressources qui restent, et ils sont les pays du Sud. C’est la raison pour laquelle, dans les pays du Nord, la somptuosité, le luxe, le gaspillage et la dilapidation, sévissent de manière inimaginable..

**Le Sénat Français a publié un rapport au sujet de l’économie islamique qui connait un développement évident. Ce rapport mentionne que le système bancaire islamique est rentable pour tout le monde, musulmans ou non musulmans, et qu’il est possible de l’appliquer sur tout le territoire, en plus du fait qu’il réalise les besoins essentiels de l’homme. Ainsi, ce rapport encourage l’ouverture des banques islamique partout en France

**La situation actuelle  nous montre que l’usure a des effets néfastes sur l’économie et tout ce qui la touche. Et la plus grande preuve est la crise mondiale qui a vu son origine naître aux Etats Unis d’Amérique,  s’est propagée aux autres pays du monde..

**La crise financière mondiale  du point de vue islamique

Gloire à Allah, Maître de la Création . Paix et Salut sur notre guide Mohamed…Seigneur, nous ne savons que ce que Tu nous as enseigné; Toi le Savant, le Sage. Seigneur, enseigne-nous ; fais en sorte que ce que Tu nous enseignes nous soit utile et augmente notre savoir. Fais en sorte que nous soyons de ceux qui savent écouter pour suivre le meilleur discours. 

* L’une des plus grandes inventions de l’humanité est la monnaie qui a remplacé le système de troc. Ainsi, la monnaie est devenue la contre partie de la valeur des choses, et un outil de paiement des dettes, un outil qui facilite et contrôle les échanges entres les individus. Et il est illogique que la monnaie circule entre les individus sans qu’il n’y ait un échange de marchandises et de services. Car ces derniers sont à la base de l’invention de la monnaie, et si les gens échangeaient la monnaie entre eux sans qu’il n’y ait de contre partie en marchandises ou en services, la monnaie deviendrait elle aussi une marchandise. Alors que la différence primordiale entre les marchandises et la monnaie, qui est à l’origine le prix des marchandises, est que les marchandises sont d’une utilité directe pour l’homme, tel que le domicile où il habite, la voiture à conduire, la nourriture, alors que les prix sous la forme de monnaie il n’en bénéficie pas d’une manière directe. Et si on la traite comme une marchandise et qu’on en fait le commerce, on commet une erreur fatale au sujet de l’argent qui nous sert de subvention à notre vie, et on désobéit à la méthode du Créateur Majestueux Connaisseur des moyens qui garantissent notre sécurité et notre bonheur ; Car Il, Exalté soit-Il, a voulu que, dans Son Noble Livre, l’argent soit échangeable entre tous les humains et qu’il soit le prix à payer ou à recevoir pour une marchandise dont on fait le commerce. Il a également voulu que l’argent soit disponible à toutes les classes de la société et non pas le privilège de deux classes à part, à savoir les riches et les forts. Et parce que Dieu, Exalté soit-Il, a voulu que l’argent soit échangeable entre tous les humains, Il a interdit l’usure d’une manière irréfutable, car elle réunit l’argent entre les mains d’une minorité et en prive la grande majorité. Celui qui applique l’usure est averti d’une guerre sans merci de la part de Dieu et de Son Messager, Bénédictions et paix sur lui. Une guerre qui constitue l’avertissement le plus sévère dans le Coran. Dieu, Exalté soit-Il, dit: « Ô les croyants! Craignez Allah; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés.» (La Sourate Al-Baqara ; 278-279)

C’est la raison pour laquelle, le système financier islamique a pour axe le fait que l’argent est le moyen par lequel Dieu a fait notre subsistance. Dieu, Exalté soit-Il,  dit: « Et ne confiez pas aux incapables vos biens dont Allah a fait votre subsistance. Mais prélevez-en, pour eux, nourriture et vêtement; et parlez-leur convenablement. »-(Sourate An-Nissâ’, Les Femmes ; 5)….Et que cet argent, qui comporte la subsistance de la vie de l’homme, doit être partagé et échangé entre tous les humains: « … afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous… »
Tel que précisé dans le Noble Coran, et c’est la raison pour laquelle Dieu, Exalté soit-Il, a interdit l’usure dans toutes les législations divines: christianisme, judaïsme et islam. L’usure a pour notion de base que l’argent produit de l’argent, alors que dans les législations divines ce sont les affaires et services seuls qui produisent l’argent, car le profit des affaires et services est partagé alors entre une majorité de personnes qui sont en relation directe avec le projet en question, ou en relation indirecte en tant qu’investisseurs ou fournisseurs du projet –exemple de l’usine Renault en France, qui reçoit les produits de 220 usines qui lui fournissent leurs produits.
Et quand l’argent génère de l’argent, comme dans le cas de l’usure, les fortunes se réunissent entre les mains d’une minorité de personnes et en privent une grande majorité. Et de nos jours, 10% des habitants de la terre possèdent 90% de ses ressources et ils sont dans les pays du Nord. Alors que 90% des habitants de la terre possèdent uniquement les 10% de ressources qui restent, et ils sont les pays du Sud. C’est la raison pour laquelle, dans les pays du Nord, la somptuosité, le luxe, le gaspillage et la dilapidation, sévissent de manière inimaginable.

 Et on trouve, dans les pays du Sud, que ce sont la pauvreté, le manque, les famines et les dettes lourdes qui règnent le plus. Et c’est ceci la raison derrière ce terrorisme qui préoccupe les riches et forts et leur dissipe la jouissance de leur vie aisée.
Ainsi, la perte de la fonction essentielle de la monnaie, comme un moyen d’échange de biens et de services, et la transformer en marchandise dont on fait le commerce, comme dans le cas de l’usure interdite par toutes les législations divines, et plus particulièrement l’Islam, le dernier des Messages, signifie le gel de ces capitaux et le resserrement des échanges réels dans la société, et il en découle un manque dans la production, une diminution de l’influence économique, l’augmentation du chômage, la propagation des transactions fictives… Maurice Allais, prix Nobel d’Economie, a dit: « Le mécanisme d’assurance- financement usuraire, conduit inévitablement à la création de moyens de paiement fictifs crées à partir de rien, car le propriétaire d’un dépôt bancaire considère ce dernier comme un actif monnayable disponible mis à la disposition de la banque, alors que cette dernière a prêté ce dépôt et sa promesse de le payer reste sans contre partie réelle. »
Cette vérité nous montre l’effet énorme que produit l’usure sur la monnaie. Ainsi la raison économique derrière l’interdiction de l’usure est une sagesse pleine de vision quant au devenir des transactions usuraires. En exemple flagrant la crise économique qui a éclaté aux Etats-Unis, qui a généré des pertes inimaginables, soit des centaines de trillions de Dollars dans la plupart des pays du monde. Une crise que les experts en économie ont décrite comme une crise fatale pour le système de l’usure, et ce depuis la deuxième guerre mondiale. Chose qui a appelé à repenser à un nouveau système économique mondial dont la base ne serait pas l’usure.
Tous les systèmes économiques mondiaux cherchent à créer l’équilibre entre l’épargne et l’investissement, comme condition pour garantir un certain niveau de revenu et pour faire les réserves monétaires pour les investir dans les projets économiques non usuraires. Les experts en économie considèrent que le système d’investissement usuraire affaiblit les encouragements aux investissements agricoles, commerciaux, industriels, et dans le domaine des services, et en termes économiques, il diminue les investissements productifs, base de l’amélioration du niveau de vie. De plus, le système usuraire aux revenus faibles pousse les gens à thésauriser et à ne pas trop dépenser pour se procurer les produits que la société fournit dans ses marchés, ce qui provoque des crises de consommation, car l’argent dans ce cas la, reste entre les mains des riches.
Il est évident qu’il est dans l’intérêt des différentes activités économiques – agriculture, industrie, commerce- que les agents participants aient les mêmes désirs, objectifs et intérêts communs visant à développer ces activités (incitatives à la propriété). Ceci n’est possible que par la participation de tous les agents du même secteur d’activité, dans le revenu de cette activité, qu’il soit une perte ou un profit, pour que tout le monde puisse œuvrer pour éviter les pertes et garantir les profits. Et ceci est le contenu du système économique islamique qui fut mentionné dans le Noble Coran.
Le système économique traditionnel, quant à lui, qui est basé sur le financement usuraire, permet aux investisseurs propriétaires d’argent, d’exploiter leurs ressources dans les activités économiques, non pas en tant que partenaires dans les pertes et profits, mais en tant que débiteurs de ces activités, en recevant l’usure à travers leurs emprunts de manière périodique. Ceci désintéresse l’investisseur du gain ou perte du projet, de penser aux méthodes d’amélioration ou de développement du projet, du niveau de production ou de son amélioration, ce qui diminue l’expertise technique qui se base essentiellement sur l’élément humain. Ainsi, au lieu de coopérer, dans un système de partenariat, pour s’intéresser au projet et à la manière de le développer et comment fournir les efforts communs pour le faire réussir, le prêteur ne pense qu’à recevoir un revenu fixe et l’emprunteur ne pense qu’à la manière de rendre le prêt, que le projet réussisse ou perde.
Et si une banque dans un pays quelconque donne un intérêt fixe et garanti pour un dépôt donné sans aucun effort fournit par le dépositaire et sans qu’il ne supporte aucune perte, et sans employer un individu pour diminuer le chômage, et sans prendre aucun risque, qui est le gain dans le commerce, l’industrie et l’agriculture, et sans qu’il ne paye aucun impôt dont bénéficieraient les citoyens de ce pays ; c’est-à-dire que l’argent devient lui-même une marchandise qui a généré de l’argent, et a bloqué toutes les activités qui auraient pu générer de l’argent… Et donc, aucun investisseur ne se risquerait à investir son argent dans un projet agricole, industriel ou de service sauf s’il génère de gros profits que les banques usuraires ne réalisent pas. Ceci signifie que l’investissement usuraire conduit à l’augmentation des prix, à la propagation du chômage qui génère les délits et escroqueries, le crime et la corruption, le retard du mariage, la diffusion de la turpitude et de la fornication, puis du terrorisme, qui devient une réaction involontaire à l’injustice sociale. Et quand les prix augmentent, les acheteurs de telles marchandises, dont les prix ont augmenté, diminuent, la récession sévit, bon nombre d’employés perdent leurs emplois et le taux de chômage augmente.
Le financement usuraire utilisé par les banques signifie que ces dernières obtiennent le principal en plus des intérêts fixes et garantis, qui sont comptabilisés comme des dettes pour l’emprunteur, alors que la valeur du crédit n’est pas influencée en y ajoutant les intérêts générés soit d’exploitation ou de capitalisation. La logique ici dit que ce crédit a participé à la réalisation de ces profits d’une manière directe ou indirecte, ce qui est une injustice envers la banque, car au lieu de recevoir son dû des gains réalisés, elle reçoit une part indépendamment de la perte ou du profit du projet. Et dans le cas de perte, l’emprunteur est lésé, car il se doit par contrat de payer la dette et de ses intérêts. Et dans les deux cas, perte ou bénéfice, la justice de distribution ne se réalise pas, autant pour l’emprunteur que pour la banque.
Le Sénat Français a publié un rapport au sujet de l’économie islamique qui connait un développement évident. Ce rapport mentionne que le système bancaire islamique est rentable pour tout le monde, musulmans ou non musulmans, et qu’il est possible de l’appliquer sur tout le territoire, en plus du fait qu’il réalise les besoins essentiels de l’homme. Ainsi, ce rapport encourage l’ouverture des banques islamique partout en France, ou l’établissement de systèmes législatifs et d’impôts sur le territoire Français qui prennent en considération les règles de la législation islamique dans le domaine financier. Le système bancaire islamique en particulier, et le système financier en général, vise à respecter cinq notions: interdiction de l’usure, interdiction de la vente de jeux de hasard, interdiction de jeux de hasard, l’interdiction d’investir dans tout ce qui est illicite par la religion telle que les boissons alcoolisées et la fornication, le partage des pertes et profits et l’interdiction de l’achat à terme sous conditions.
Il fait partie des balances publiques dans les pays en voie de développement, et en particulier dans les pays arabo-musulmans, qu’elles soient basées sur des montagnes de dettes qui dépendent les unes des autres, et que la source principale du financement de ces déficits dans les balances publiques sont les emprunts usuraires de l’extérieur. Ce qui a des conséquences néfastes sur les économies, telles que la dévalorisation de la monnaie nationale à cause du manque de confiance vis-à-vis de la monnaie locale que les dettes externes ont affaiblie, et l’acceptation des conditions des pays prêteurs forts qui réalisent leurs intérêts grâce à ces crédits. Il est facile de remarquer cela en faisant l’étude de cas réels où le fond monétaire international oblige les pays en voie de développement à accepter les conditions de pays prêteurs.
Le meilleur exemple étant le pays arabe sortant d’une guerre civile et qui fut obligé d’emprunter quarante milliards de dollars, et qui est obligé maintenant à puiser dans son produit intérieur brut pour payer les intérêts des dettes externes uniquement, alors que la date du paiement du principal et de ses intérêts composés n’est connue de personne.
Ce qui précède nous montre que l’usure a des effets néfastes sur l’économie et tout ce qui la touche. Et la plus grande preuve est la crise mondiale qui a vu son origine naître aux Etats Unis d’Amérique et qui s’est propagée aux autres pays du monde. L’humanité est donc obligée d’éviter l’usure en respectant ce que les législations divines ont prescrit, qu’elle soit chrétienne, judaïque ou musulmane. Et pour percevoir la logique, car ce système permet d’éviter des grandes lésions et garantit des intérêts réels et tangibles.( source: Encyclopédie Nabulci )
Traduction : Laïla ElHakimi

 ****************La finance selon l’islam

«La finance islamique présente bien des avantages, en ce qu’elle condamne la spéculation et en ce qu’elle condamne le hasard.» Christine Lagarde, actuelle présidente du FMI, ex-ministre française des Finances

Cette déclaration d’un ministre des Finances d’un pays européen est un scoop. Pour la première fois, un modus vivendi en termes de finances est cité en exemple en termes d’éthique. Pour la première fois, on parle de l’Islam en termes respectueux et pas seulement en termes de bombes dans le turban de meurtres de sang et de sauvagerie. L’Islam pourrait-il apporter une solution aux problèmes de notre temps?. Il est vrai que le monde est secoué par une spéculation innommable, des faillites en série au nom de la libre entreprise, du libéralisme sauvage et de la dictature du marché. Naturellement, tous les spéculateurs qui vivent des créances pourries et qui risquaient la faillite appellent à une aide, voire à une nationalisation par l’Etat. Tant qu’il s’agissait de distribuer des dividendes, il ne fallait rien dire et laisser 6 milliardaires posséder la fortune d’un milliard et demi de personnes. Par contre la faillite aidant, «il faut, écrit Joseph Stiglitz, privatiser les profits aux actionnaires et socialiser les pertes».

Deux principes Sur quoi repose en fait, l’économie en terre d’Islam? «La finance islamique, en accord avec l’éthique de l’Islam. Elle est basée sur deux principes: l’interdiction de l’intérêt, aussi appelé usure, et la responsabilité sociale de l’investissement. Elle lie plus étroitement la rentabilité financière d’un investissement avec les résultats du projet concret associé. L’islam interdit les transactions tant civiles que commerciales ayant recours à l’intérêt (ribâ), à la spéculation (gharar) ou au hasard (massir). La finance islamique se chiffre à 1000 milliards de dollars sur le marché mondial.»
«La prohibition de l’intérêt résulte du verset 275 de la deuxième sourate du Coran: « Dieu a rendu licite le commerce et illicite l’intérêt. » Afin d’expliciter ce verset, un hadith (propos) expose les règles du commerce légal. Ce hadith a une portée générale parce qu’il vise six produits dits « ribawi »: or, argent, blé, froment, dattes, sel. Tout échange de produit identique (or contre or, blé contre blé) avec un avantage pour une personne constitue une opération usuraire, sauf en ce qui concerne les avantages résultant de l’échange de produits de nature différente (or contre blé). En matière d’échanges de monnaie (argent contre argent), tout surplus tiré d’une transaction non basée sur des actifs réels et préalablement possédés par le vendeur est illicite (haram). Entrent dans cette catégorie les contrats de prêt. Concrètement, les crédits bancaires – qu’ils s’agissent des crédits à la consommation ou des crédits aux entreprises – ne respectent pas cette exigence. Il existe des mécanismes pour éviter l’intérêt. Pour rester dans la légalité islamique, les banques islamiques et les filiales islamiques des banques conventionnelles ont développé des mécanismes juridico-financiers. Ces derniers se fondent sur la moudaraba, la mousharaka, la mourabaha, et l’ijara.
La moudaraba permet à un promoteur de mener un projet grâce à des fonds avancés par des apporteurs de capitaux dont la clé de répartition des gains et des pertes est fixée dans le contrat. Les apporteurs de capitaux supportent entièrement les pertes, les promoteurs ne perdant que le fruit de leur travail».
Selon la Banque islamique de développement (BID), c’est une «forme de partenariat où une partie apporte les fonds et l’autre (moudarib) l’expérience et la gestion. Le bénéfice réalisé est partagé entre les deux partenaires sur une base convenue d’avance, mais les pertes en capital sont assumées par le seul bailleur de fonds». Dans la mousharaka, les partenaires apportent les fonds, mais seulement l’un d’eux dispose de la charge de la gestion du projet. Concrètement, les banques islamiques ont développé la mousharaka mutanaquissa qui consiste à participer au financement de l’acquisition notamment d’un bien immeuble (d’habitation).
Une grande partie des fonds (90%) est apportée par la banque et le reste (10%) par le particulier. Le remboursement obéit à un tableau d’amortissement qui comprend, outre le capital principal, les bénéfices tirés par la banque pour cette opération. La mourabaha est un «contrat de vente, entre un vendeur et un acheteur, par lequel ce dernier achète les biens requis par un acheteur et les lui revend à un prix majoré. Les bénéfices (marge bénéficiaire) et la période de remboursement (versements échelonnés en général) sont précisés dans un contrat initial». L’ijara est un mode de financement à moyen terme par lequel la banque achète des machines et des équipements puis en transfère l’usufruit au bénéficiaire pour une période durant laquelle elle conserve le titre de propriété de ces biens.
Le soukouk est l’équivalent islamique d’une obligation où l’intérêt devient un profit prévu à l’avance à risque quasi nul. Cette forme d’obligation est particulièrement utilisé pour les financements immobiliers. S’ajoute à cet ensemble de contrat, l’istisna qui s’apparente à un mode de financement à moyen terme. C’est un contrat de fabrication (ou de construction) aux termes duquel le participant (vendeur) accepte de fournir à l’acheteur, dans un certain délai et à un prix convenu, des biens spécifiés après leur fabrication (construction) conformément au cahier des charges.
Il existe des exigences quant à la nature de l’activité dans laquelle un investissement demeure conforme à la charia. Ainsi, les jeux de hasard, les activités en relation avec l’alcool, avec l’élevage porcin ou encore avec l’armement, avec l’industrie cinématographique suscitant ou suggérant la débauche ou la déchéance de l’être humain, constitue des secteurs d’investissement prohibés. La supervision des investissements se déroule de deux manières. La première est d’ordre individuel dans le sens où tout musulman est censé ne pas investir ses fonds dans les industries non compatibles avec son éthique. La seconde est d’ordre institutionnel ou organisationnel puisque les banques et les fonds d’investissements islamiques sont composés, outre d’un conseil d’administration et d’une assemblée générale, d’un comité de supervision ou d’éthique (Sharia Board) dont les membres sont indépendants. Ainsi, les participations dans les sociétés évoluant dans les domaines illicites encourent une réprobation de ces comités.
En forte croissance, le marché de la finance islamique suscite aujourd’hui un vif intérêt, notamment auprès des banques occidentales. Des comités indépendants constitués de docteurs de la foi assurent la conformité des produits et des techniques aux principes islamiques. Dans le monde, ils ne sont qu’une vingtaine à faire ce métier. Nous nous sommes rendus à Dubaï où nous avons rencontré l’un d’entre eux, le professeur Hussaïn Hassan. Pour lui, la formation d’experts en finance islamique n’est pas assez rapide et ne répond pas au développement fulgurant des banques et autres institutions financières islamiques. La dernière étude de Moody’s, une agence de notation et d’analyse financière, évalue ce marché entre 500 et 700 milliards de dollars. Certains produits affichent une croissance impressionnante, c’est le cas par exemple du marché des obligations islamiques, les sukuks. Pas question pour les Anglais de la City de laisser filer cette manne économique. Aujourd’hui à Londres, la finance islamique est devenue le nouveau créneau des banquiers.

Partage des pertes et des profits -  En Europe, c’est au Royaume-Uni que s’est développée la première industrie de la finance islamique.. En 2004, l’Islamic Bank of Britain a été agréée par les autorités britanniques (voir le site de la Financial Service Authority7). Le Système Financier Islamique. Le principe général de la banque islamique est de s’engager à partager à la fois les profits et les pertes de ses clients. Contrairement à certaines idées, ce système existe au sein des communautés musulmanes depuis le Moyen Age. Il a fait l’objet de nombreuses études universitaires sous la dénomination de SFI, Système Financier Islamique, depuis les années 80. Néanmoins ces institutions bancaires ne représentent qu’un des aspects du SFI. L’accent est alors mis sur le partage des pertes, des risques tout comme des bénéfices entre les investisseurs et les acteurs d’un projet. La valeur du travail se trouve ainsi rehaussée. La thésaurisation étant interdite, l’investissement de l’argent est recommandé.
Les cinq premières banques islamiques du Golfe persique, au 30 juin 2008, totalisaient 120 milliards de dollars
La France tente à marche forcée de rattraper son retard, pensant de ce fait, pouvoir attirer 100 milliards de dollars. Ainsi, le ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, a montré son engagement dans le développement de la finance islamique en France, hier, lors du IIe Forum français de la Finance islamique, organisé par la Chambre du commerce franco-arabe (Ccfa) et Secure Finance le 28 novembre en France. L’Autorité des marchés financiers a déjà mis en place des règles compatibles avec le développement de fonds d’investissement qui remplissent les principes de la charia. Dans un message diffusé à l’assistance, elle a voulu «convaincre que Londres n’est pas le seul point de passage obligé de la finance islamique». L’économiste Olivier Pastré, présent à ce forum a, quant à lui, estimé que «la finance islamique a un rôle historique à jouer» du fait qu’elle est adaptée à la situation actuelle, en ce qu’elle préconise le partage des risques et permet le financement durable. L’un des plus influents théologiens musulmans au monde, Youssef Al Qaradaoui, en est persuadé: la crise financière actuelle prouve toute la pertinence de la finance islamique.
«L’effondrement du système capitaliste fondé sur l’usure et sur le papier et non sur l’échange de marchandise démontre que la philosophie économique islamique se tient», a déclaré, le 12 octobre à Doha, celui qui fut dans les années 1970 l’un des premiers promoteurs de la finance islamique. La réalité est plus nuancée, même si, avec son éthique particulière, la finance fondée sur la loi islamique pourrait échapper en partie aux dérives observées ces derniers temps.
En conclusion, nous avons dans les pays industrialisés une machine financière aux mains d’apprentis-sorciers pour qui c’est le money-théisme qui compromet l’équilibre mental de milliers de cadres stressés par le court-termisme des entreprises, la course aux résultats, au culte de l’urgence annihilant du même coup le respect la reconnaissance, l’attachement aux valeurs métier, qui s’effritent face aux décisions financières pour que l’entreprise aille bien, au profit de ses actionnaires et de ses dirigeants..Le désenchantement du monde, appliqué à la sphère de l’entreprise, prend pour partie sa source dans l’idéologie managériale.
«
Qui cherche matière à polémique, écrit Marie de Verges, en ces temps de crise morale du capitalisme, n’a qu’à se pencher sur le montant des émoluments accordés aux dirigeants de Porsche. Au cours de l’exercice fiscal 2007-2008, les six membres du directoire du fabricant allemand de bolides ont encaissé 143,5 millions d’euros, en hausse de 27% sur un an, selon le rapport d’activité publié mercredi 26 novembre. Selon certaines rumeurs, le patron aurait négocié, par le passé, de toucher 0,9% du bénéfice imposable du constructeur. Celui-ci était de 8,6 milliards d’euros cette année, M.Wiedeking aurait donc perçu plus de 77 millions d’euros. (…)
A partir de ce montant, on peut se livrer à d’intéressants calculs: ´´En admettant que Wiedeking travaille soixante-dix heures par semaine (…) et qu’il ne prenne pas de vacances, on arrive à une moyenne de 21.346 euros de l’heure´´, fait par exemple remarquer le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung du jeudi 27 novembre
».
A côté de cela la finance qui respecte l’éthique de la religion islamique semble être plus «fréquentable». Ceci dit, il ne faut pas croire que les saints ne sont que d’un côté et les diables de l’autre. Le fil rouge moral et religieux évite cependant les dérives criantes de la société de consommation qui a perdu son âme pour avoir fait de l’homme, une marchandise.
Il est à espérer que l’attrait pour la finance dénommée, curieusement, «islamique» avec peut-être une arrière-pensée, fasse son chemin non pas en tant que méthode de régulation conjoncturelle des marchés pour passer cet orage de la crise financière, mais que la philosophie sous-tendant les relations financières en terre d’Islam donne à réfléchir et à éviter les jugements hâtifs à l’emporte-pièce visant à rejeter en bloc tout ce qui vient des musulmans et des Arabes, exception faite on l’aura compris, pour les profits potentiels de cette façon «singulière» de gérer le temporel. On croit rêver quand on entend des ministres occidentaux «en rajouter» en parlant de la moudaraba, la mousharaka, la mourabaha, et l’ijara sans en connaître la signification éthique. ( L’Expression)

*********************

*Les banques islamiques défient la crise

Les actifs des 100 premières banques islamiques mondiales ont progressé de 66% en 2008 par rapport à 2007 malgré la crise financière mondiale, a indiqué vendredi la presse spécialisée.
Les actifs détenus par ces banques en 2008 étaient de 580 milliards de dollars, contre 350 milliards de dollars un an plus tôt, alors que les actifs des 300 premières banques d’Asie n’ont progressé que de 13,4%, selon une enquête annuelle publiée par un magazine asiatique spécialisé. «Malgré la crise financière (…) qui a touché tant d’institutions occidentales, les banques islamiques ont continué à progresser en taille et en importance», a souligné l’enquête. Le principe fondamental de la finance et de la banque islamique est l’interdiction de l’usure. Dans le classement, les banques iraniennes occupaient 7 des 10 premières places tandis que les banques d’Arabie Saoudite étaient les plus rentables, selon le magazine.
La banque d’Arabie Saoudite Al Rajhi Bank à titre d’exemple affichait un produit net bancaire de 1,74 milliard de dollars, soit plus de 5 fois les bénéfices de la Bank Tejarat, la banque iranienne la plus rentable. En dehors du Moyen-Orient, deux banques islamiques britanniques figurent dans le top 100.(l’Expression-29.08.09.)


 

4 réponses à “La finance selon l’islam”

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