La Guerre des Mondes

**Crise ukrainienne: bras de fer américano-russe

    L’Occident et l’escalade vers le pire

Les dimensions que prend la crise ukrainienne, marquée par le bras de fer américano-russe, ne manque pas d’inquiéter dans un monde livré à la surenchère. Cette escalade vers le pire est en fait due à l’Occident qui fait des rêves impérialistes estimant sans doute que c’est le moment d’imposer son diktat aux nations. Dans la crise ukrainienne, les Etats-Unis et l’Union européenne cherchent sciemment le clash avec la Russie ou l’amener à commettre la faute. Aussi, mensonges, désinformation, sont instrumentalisés pour aggraver une situation déjà assez complexe. Il y a là un jeu malsain des puissances occidentales, qui jouent avec le feu quand il était attendu qu’elles sachent raison garder dans une région où tout excès peut mener à l’irrémédiable. Pourquoi cette ire de l’Occident contre la Russie? Sans doute le fait d’exister comme grande puissance à côté des USA dès lors qu’il estime suspect tout ce qui est russe ou vient de Moscou. Dès lors, l’Occident s’est attelé à la politique de la terre brûlée, accusant la Russie de tous les maux, même ceux suscités et entretenus par les Etats-Unis et l’Union européenne. Il est ainsi reproché à la Russie son «ingérence» en Ukraine. Si on examine de près les faits on se rend compte que si ingérence il y a, c’est bien du fait de l’Occident. En effet, combien de ministres, de conseillers russes, voire des combattants, ont été envoyés par Moscou dans l’est de l’Ukraine? Jusqu’à preuve du contraire aucun. Or, que constate-t-on? Les Etats-Unis ont «délégué» leur vice-président (Joe Biden), leur chef de la diplomatie (John Kerry), le chef de la CIA (John Brennan) outre des conseillers du FBI, de la CIA et du Pentagone, en sus de mercenaires de la société «Academi» (ex-Blackwater de triste mémoire qui a commis des massacres de masse en Irak en 2007, la contraignant à changer de nom). Cela est de notoriété publique, toute la presse – y compris occidentale – en parle et montre l’étendue de l’intervention occidentale en Ukraine où des ministres de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, du Canada notamment ont séjourné dans le fameux «Euromaidan» fief des ultranationalistes et fascistes ukrainiens qui ont pris le pouvoir par la violence par un putsch contre le président Viktor Ianoukovitch. Cela est vérifiable, mais la presse occidentale joua un rôle prépondérant dans l’intoxication de l’opinion internationale, avec l’intention de faire porter à la Russie la détérioration de la situation dans l’est de l’Ukraine. En avril dernier, ces médias accusèrent les opposants russophones d’avoir «kidnappé» des observateurs de l’Osce (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Ce qui, à tout le moins, constitue une violation des conventions internationales et des lois sur la guerre. Or, l’Osce avait rassuré et affirmé qu’aucun de ses éléments n’était manquant. Ce sont huit inspecteurs militaires ukrainiens qui ont été arrêtés à Slaviansk par les insurgés de l’Est. La presse occidentale – à quelques rares exceptions – n’a pas répercuté le rectificatif de l’Osce. En fait, radios, télévisions et presse ont invité, pour analyser les événements, les mêmes personnages qui, il y a une décennie, faisaient de l’Irak la quatrième puissance mondiale et disposerait de terribles armes de destruction massives (ADM). Ce qui s’est avéré, tout à fait faux. Toutefois, désireux d’accentuer leur hégémonie sur le monde et aussi, poussés par des pays est-européens revanchards – tels la Pologne et les Etats baltes – Etats-uniens et Européens semblent avoir perdu le sens de la mesure ne prenant aucune précaution ou garde-fou pour prévenir la belligérance. Il est patent que l’Occident veut faire «quelque chose» contre la Russie ne reculant ni devant le mensonge, ni les affabulations, qu’une presse soumise se fait un devoir de démultiplier. Washington accuse ainsi la Russie de n’être pas étrangère à la chute de l’avion malaisien abattu par un missile. Les Etats-Unis, qui ceinturent la planète par leurs satellites espions, disent avoir des preuves, Si c’est le fait, qu’ils les rendent publiques. A moins que ces preuves – comme l’auraient affirmé certains agents de renseignement US – accusent au contraire l’armée ukrainienne d’avoir abattu l’avion malaisien? Les Etats-Unis ont habitué le monde à leur mensonge, dont le plus médiatisé a été celui concernant l’Irak (Colin Powell ancien chef de la diplomatie US, a admis, sur le tard, que les preuves contre l’Irak étaient des faux). C’est encore un mensonge qui fit entrer les USA dans la guerre du Vietnam (cf; l’incident du golfe du Tonkin). La liste est en fait longue des mystifications américaines (comme celle de Pearl Harbor) qui ont fait entrer les Etats-Unis dans des guerres que sans doute le peuple américain n’aurait pas avalisées. Une pratique qui fait fi de la sécurité de la planète, avec désormais la menace d’une guerre qui risque d’être nucléaire. Obama, Hollande sont-ils conscients qu’ils jouent là un jeu dangereux qui pourrait les dépasser, pour le plus grand malheur de l’humanité?*L’Expression- Par Karim MOHSEN - Jeudi 14 Aout 2014

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*une colonne de blindés de l‘armée pro-Kiev en déroute près de Donetsk

Les forces d’autodéfense populaire de la république autoproclamée de Donetsk ont annoncé avoir dévié l’attaque de l’armée régulière contre Ilovaïsk (35 km à l’est de Donetsk), détruisant une colonne de blindés de l’ennemi, a appris l’agence RIA Novosti auprès de l’état-major des insurgés.

« Neuf unités de véhicules blindés ont été détruits », a précisé la source.

Ukraine, Crimée et influences blindes

Selon la source, des combats se poursuivent près de Mospino et à Krasnyï Loutch (région de Lougansk), à 120 km à l’est de Donetsk.

En outre, l’armée pro-Kiev poursuit le pilonnage des villes de Gorlovka, d’Enakievo et de Donetsk.

 Aide humanitaire indispensable

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Un cessez-le-feu pour apporter une aide humanitaire aux populations victimes des combats dans l’est de l’Ukraine « est non seulement possible mais indispensable », a affirmé dimanche le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

« Nous estimons que cette question est urgente, qu’elle ne supporte pas de retard », a poursuivi devant des journalistes à Sotchi (sud de la Russie) Lavrov, ajoutant que la question était suivie personnellement par le président russe Vladimir Poutine.

La Russie assure pour autant ne pas vouloir agir de façon unilatérale, alors que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, notamment, ont sévèrement mis en garde Moscou contre toute intervention militaire sur le sol ukrainien qui serait menée sous forme de mission humanitaire.

« Nous sommes actuellement en train de nous mettre d’accord avec la partie ukrainienne, avec le Comité international de la Croix Rouge et avec les organisations humanitaires des Nations Unies sur la nécessité d’envoyer d’urgence une aide humanitaire dans les régions de Lougansk et de Donetsk », a déclaré Lavrov.

Ces deux villes constituent les derniers bastions des Ukrainiens prorusses, confrontés à une offensive d’envergure des forces régulières ukrainiennes depuis plusieurs semaines. L’Occident accuse la Russie d’alimenter en armes les rebelles, ce que Moscou dément.

Le « Premier ministre » de la république autoproclamée de Donetsk Alexandre Zakhartchenko a déclaré samedi être prêt à un cessez-le-feu si l’armée ukrainienne cesse son offensive contre la ville « encerclée » et au bord selon lui d’une « catastrophe humanitaire ».

A Lougansk inaccessible à la presse, les autorités dénoncent un « blocus » depuis huit jours, alors que la ville n’a plus d’électricité, d’eau courante ou de réseau téléphonique, et que l’essence et les réserves de nourriture s’épuisent rapidement.

Donetsk pilonnée

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Donetsk, fief des prorusses, a subi dimanche un pilonnage d’artillerie touchant une maternité. Depuis 04H20 locales, une journaliste de l’AFP a entendu plus de 20 détonations à Donetsk, la plus grande ville du bassin minier du Donbass (un million d’habitants avant les hostilités) qui est depuis plusieurs jours le théâtre d’intenses combats entre les prorusses et les forces ukrainiennes ayant tué plusieurs civils.

Dans une maternité du centre-ville, une explosion a soufflé les vitres dimanche à l’aube. Les mères et les nouveaux nés étaient réfugiés dans une cave jusqu’ici utilisée pour conserver du matériel médical stérilisé, selon une journaliste de l’AFP.

« Nous avons déjà eu trois naissances dans la cave, dont une ce matin même », raconte Marina Ovsianik, responsable de l’établissement.

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L’armée ukrainienne a annoncé dimanche matin avoir « resserré au maximum l’étau » autour de Donetsk et avoir tiré contre les bases rebelles en leur infligeant « de lourdes pertes ». Trois soldats ont été tués et 27 blessé en 24 heures, a annoncé le porte-parole militaire Andriï Lyssenko.

Il a fait état de « combats acharnés » à Krasny Loutch, ville de 120.000 habitant à 65 km au nord-ouest de Lougansk dont le contrôle permettrait selon Kiev de bloquer l’acheminement d’aide aux séparatistes de Donetsk depuis la Russie.

Samedi le « Premier ministre » séparatiste Alexandre Zakhartchenko a reconnu que Donetsk était « encerclé » et au bord d’une « catastrophe humanitaire ». 

Hélicoptères et blindés russes

Face à cette situation qui se dégrade pour les civils dont 300.000 ont déjà fui vers la Russie et les autres régions de l’Ukraine, Moscou a proposé de mener une mission humanitaire dans l’Est de l’Ukraine.

Une idée fermement rejetée par les Occidentaux qui accusent la Russie d’alimenter la rébellion en Ukraine en lui fournissant des armes et craignent une intervention russe sous prétexte d’une mission humanitaire.

En parlant avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov au téléphone, son homologue américain John Kerry a déclaré samedi qu’il n’était pas question que la Russie intervienne en Ukraine « par le biais de convois humanitaires ou tout autre prétexte de +maintien de la paix+ ».

Le président Barack Obama, le Premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel ont estimé que toute incursion russe en Ukraine serait « injustifiée, illégale et inacceptable ».

Selon le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko, deux hélicoptères et deux drones russes ont violé samedi soir l’espace aérien ukrainien respectivement dans les régions de Lougansk (est) et de Kherson (sud). Une colonne de 30 blindés a été repérée près de la frontière avec la région ukrainienne de Soumy (nord-est).

Selon l’Otan, le nombre de soldats russes postés près de la frontière ukrainienne est passé en trois semaines de 12.000 à 20.000 hommes.*source: AFP et Rianovosti-*sites wzb-dimanche, 10 août 2014 

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Gaz et pétrole russes coupés ?

**Gazprom interrompt l’exportation du gaz vers l’Ukraine

Le Premier ministre ukrainien, Arseni Iatsiniouk, a déclaré le vendredi 8 août que les sanctions occidentales contre la Russie pourraient influer directement sur le transit du gaz et du pétrole russes vers l’Union européenne via le territoire ukrainien. Il est prévu que le Parlement ukrainien examine le projet de loi des sanctions contre la Russie le mardi 12 août. Pour le transit de tous les 1000 mètres cubes de gaz russe vers l’Union européenne, l’Ukraine obtient 40 dollars. Le taux du transit s’élève chaque jour à 170 millions de mètres cubes. Depuis le 1er juillet, Gazprom a interrompu l’exportation du gaz vers l’Ukraine en raison des dettes de Kiev qui monte à 5.3 milliards de dollars. L’Ukraine est-elle vraiment en mesure d’interrompre unilatéralement le transit du gaz et du pétrole russes vers l’Union européenne pour exiger son droit de transit ? Après la montée de la crise en Ukraine entre l’Occident et la Russie, la partie européenne est en train d’essayer de trouver une alternative à l’énergie russe et régler une fois pour toute sa dépendance dans ce domaine de Moscou. Mais pour réaliser cet objectif, les Européens auraient besoin de beaucoup de temps. Parmi les pays membres de l’Union européenne, la dépendance actuelle de l’énergie russe varie entre 10% et 100%. La Russie a souvent menacé les Européens de se servir de l’arme du gaz contre eux. La société russe « Transneft » a annoncé qu’elle est en train d’étudier un changement d’itinéraire  de transit du gaz vers l’Europe, en contournant l’Ukraine. Le directeur général de « Transneft » a déclaré aux journalistes que la réalisation de ce projet augmenterait le prix du gaz russe dans les pays membres de l’Union européenne. Il est prévu que l’exportation du pétrole russe vers la Slovaquie, la Hongrie et la République tchèque via le territoire ukrainienne arrive à 14 millions de tonnes en 2014.*irib-dimanche, 10 août 2014

**Les marins russes ont détecté et chassé un sous-marin us

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Les forces anti-sous-marines de la Flotte du Nord russe ont détecté et chassé un sous-marin américain de la zone des eaux frontalières russes le 7 août 2014, a déclaré à RIA Novosti une source de haut rang dans l’état-major de la marine russe. Selon cette source, il s’agissait probablement d’un sous-marin nucléaire d’attaque classe Virginia des Forces navales des États-Unis. Il a été découvert dans la mer de Barents.

« Une formation navale anti sous-marins a été envoyée sur place, ainsi qu’un avion de chasse anti sous-marins IL-38″, selon le responsable.
« Le sous-marin a été chassé des environs des eaux territoriales russes par les manœuvres de ces unités », a ajouté le responsable, précisant que les radars russes avaient suivi pendant 27 minutes le bâtiment étranger avant que celui-ci ne disparaisse.

« Ce n’est pas un fait isolé concernant la détection de sous-marins étrangers dans la mer de Barents au cours de ces dernières années », a noté la source.

Source: Ria Novosti, AFP-09-08-2014 

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*Ingrédients pour une conflagration mondiale?

*Que de grands mots, alors que c’est l’agresseur qui crie à l’agression.  

Chaque jour nous relevons la morgue choquante de ceux qui se sont placés au-dessus des lois communes et gèrent les relations internationales à leur convenance. Ils se conduisent en maîtres du monde octroyant des bons points ici, sanctionnant là. Ce sont eux qui parlent haut et fort, qui se sont établis en gendarmes du monde et en oracles du bien et du mal. Ils imposent ainsi leurs diktats, sanctionnant et encensant à tout-va. La crise en Ukraine qui prend des proportions alarmantes, avec le risque de se transformer, outre en guerre civile, surtout en terrible conflagration mondiale, en témoigne largement. Et c’est ceux-là même qui ont allumé le feu de la guerre en Ukraine qui lancent des accusations tous azimuts à l’instar des dirigeants putschistes de Kiev. Ainsi, le Premier ministre pro-européen de Kiev, Arseni Iatseniouk, l’un des meneurs des factieux de Maidan – entre novembre 2013 et février 2014, qui ont abouti au renversement du régime constitutionnel ukrainien – avertissait vendredi dernier que «la Russie veut lancer une troisième guerre mondiale». Bien sûr, si jamais un tel conflit est déclenché, cela signifiera la disparition de notre monde et sans doute de la civilisation humaine. Ainsi, ceux qui veulent prendre le pouvoir coûte que coûte, y compris au prix d’une guerre mondiale – qui sera une guerre atomique – sont donc déterminés à imposer leurs desiderata. En Ukraine il s’agit en particulier, d’une prise de pouvoir. Aussi, pour faire oublier les conditions dans lesquelles cette prise de pouvoir a eu lieu à Kiev, marquée par le mystère de la présence en Ukraine du chef de la CIA, John Brennan – présence officiellement confirmée par la Maison-Blanche – on agite la pseudo menace russe. Selon nombre d’analystes, il est patent que la CIA soit impliquée dans les manifestations de Maidan, si elle ne les a pas directement orchestrées et dirigées. Aussi, qu’est venu faire Brennan en Ukraine, d’autant plus que, quelques jours après cette visite, les nouvelles autorités de Kiev, lancent dans l’est du pays, l’opération dite «antiterroristes» contre les contestataires russophones, qui ne reconnaissent pas les autorités de Kiev qui ont pris le pouvoir après le coup de force du Parlement contre le gouvernement légitime de Viktor Ianoukovytch. Aussi,ce qui est surprenant dans l’affaire ukrainienne est bien le soutien unanime apporté par l’Union européenne et les Etats-Unis à un mouvement antigouvernemental conduit par des néo-nazis et des fascistes notoirement connus en Ukraine. Ce qui permet aux putschistes de Kiev d’élever la voix et de menacer d’un cataclysme si l’on n’obtempère pas à leur oukase. C’est encore Arseni Iatseniouk, qui venait juste d’avoir des entretiens avec le vice-président américain, Joe Biden, en visite officielle en Ukraine (mardi et mercredi derniers) qui affirme: «Le soutien de la Russie aux +terroristes+ (les contestataires russophones, Ndlr) en Ukraine constitue un crime international, et nous appelons la communauté internationale à s’unir contre l’agression russe.» L’agression russe! Que de grands mots, alors que c’est l’agresseur qui crie à l’agression.  Or, en Ukraine un gouvernement légitime a été renversé par une jacquerie et la première décision prise par le «nouveau» pouvoir à Kiev issu du coup d’Etat a été d’annuler le statut du russe comme seconde langue nationale. C’est de la provocation, une déclaration de guerre? Toutes les supputations sont possibles dès lors que l’on sait que l’Ukraine est fondée sur une double identité: ukrainienne et russe. L’Est de l’Ukraine est majoritairement d’origine et de langue russes. L’Ukraine a donc une double identité, remise en cause par le nouveau pouvoir. Que cherchait donc le pouvoir pro-occidental en supprimant le statut de la langue russe? Est-ce cela la manière d’apaiser les choses? Or, c’est à tout le contraire que se sont livrés les nouveaux «hommes forts» de Kiev, qui ont multiplié les décisions contraignantes et contre-productives contre la population russophone de l’est du pays. D’où la question: les «pro-occidentaux» à Kiev, n’effectuent-ils pas une mission pour cet Occident qui les soutient et dont ils se réclament? C’est plausible, si l’on excipe du fait que les Etats-Unis, entre autres, avaient intérêt à détourner l’attention de la Russie de la crise syrienne. Moscou avait en effet entravé les plans américains de changement du pouvoir à Damas à leur profit. Comment cela se fait-il, d’autre part, que la question de l’utilisation d’armes chimiques par l’armée syrienne soit revenue au-devant de la scène depuis quelques jours? Y-a-t-il cause à effet? On se le demande! *Par Karim MOHSEN – L’Expression-Dimanche 27 Avril 2014 

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*La Crimée demande son rattachement à la Russie

Le parlement local de Crimée, dominé par des pro-russes, a demandé jeudi à Vladimir Poutine le rattachement à la Russie ainsi que l’organisation d’un référendum le 16 mars sur la péninsule ukrainienne pour le valider, a indiqué à l’AFP l’un de ses responsables. Les électeurs auront le choix entre un rattachement à la Fédération de Russie ou une autonomie nettement renforcée, a précisé le député Grigori Ioffe. L’assemblée de cette république autonome avait jusqu’à présent prévu l’organisation le 30 mars d’un référendum mais prévoyant simplement un renforcement de son autonomie.

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Poutine informé
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a annoncé que le président Vladimir Poutine avait été informé de la demande du Parlement local de Crimée. « Cette information (sur la demande du Parlement local de Crimée) vient tout juste de nous parvenir, le président en a été informé », a déclaré M. Peskov, cité par l’agence officielle Itar-Tass.

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Crimée
République autonome de deux millions d’habitants, en majorité d’origine russe, la Crimée est contrôlée de facto par des forces russes depuis le 28 février 2014. La veille, le parlement local avait été occupé par des hommes armées pro-russes et avait nommé alors à sa tête, dans des conditions contestées par Kiev, un nouveau Premier ministre, Serguiï Axionov. Le parquet général ukrainien a annoncé mercredi le lancement de poursuites contre M. Axionov, ainsi que contre le président du parlement local Volodymyr Konstantinov, pour « atteinte à l’intégrité » de l’Ukraine. Ils encourent jusqu’à dix ans de prison.

Le « cadeau » de Khrouchtchev
La Crimée avait été « donnée » en 1954 à l’Ukraine soviétique par Nikita Khrouchtchev, lui-même originaire d’Ukraine. Pour prévenir alors les tentations séparatistes, Kiev lui avait accordé en 1992 le statut de république autonome.*Source: Belga-06/03/2014

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La Guerre des Mondes  dans actualité

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Lavrov accuse les Etats-Unis, dans les événements qui se déroulent actuellement en Ukraine

* Sergueï Lavrov: 

« La Russie répondra si ses intérêts sont attaqués en Ukraine »

D’autre part, M.Lavrov a estimé hier que les États-Unis «dirigeaient» les actions des autorités de Kiev, alors que celles-ci ont annoncé la reprise de l’ «opération antiterroriste» contre les insurgés de l’Est.

La Russie répondra si ses intérêts sont attaqués en Ukraine, de la même manière qu’ils l’avaient été en Géorgie en 2008, ce qui avait mené à une intervention armée, a affirmé hier le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. «Si nos intérêts, nos intérêts légitimes, les intérêts des Russes étaient attaqués directement, comme par exemple ils l’avaient été en Ossétie du Sud (territoire séparatiste en Géorgie), je ne vois pas d’autre manière que de répondre, dans le respect du droit international», a expliqué M.Lavrov à la chaîne télévisée RT (Russia Today). «Une attaque contre les citoyens russes est une attaque contre la Russie», a-t-il ajouté. En 2008, une guerre éclair avait opposé la Russie à la Géorgie, à l’issue de laquelle Moscou a reconnu l’indépendance de deux territoires séparatistes dans ce petit pays du Caucase, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie.
Ces déclarations font suite à l’annonce par les autorités de Kiev de la reprise de l’opération «antiterroriste» contre les séparatistes de l’Est de l’Ukraine, quelques heures seulement après le départ du vice-président américain Joe Biden, en visite officielle. A cette occasion, le chef de la diplomatie russe a estimé que les décisions du pouvoir ukrainien étaient «dirigées» par les États-Unis. «L’opération avait été déclenchée immédiatement après la visite à Kiev de John Brennan (patron de la CIA, NDLR) (et) il est clair qu’ils ont choisi le moment de la visite du vice-président américain pour annoncer (sa) reprise», a déclaré M.Lavrov. «Je n’ai aucune raison de ne pas croire que les Américains dirigent ce spectacle de la manière la plus directe», a-t-il ajouté. Sergueï Lavrov a également fermement démenti la présence de troupes russes dans l’Est de l’Ukraine, comme l’en accusent Kiev et les Occidentaux. «Je voudrais souligner que les troupes russes se trouvent sur le territoire russe», a-t-il déclaré, ajoutant que cela avait été vérifié par des inspections internationales impliquant l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis. «Aucune personne ayant pris part à ces inspections (…) n’a jamais apporté une seule preuve que la Russie serait impliquée dans quelque activité militaire dangereuse», a lancé M.Lavrov. Selon l’Otan, la Russie aurait massé jusqu’à 40.000 troupes à la frontière ukrainienne. Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré la semaine dernière qu’il «espérait fortement» ne pas avoir à envoyer l’armée en Ukraine. Le chef de la diplomatie russe a également réaffirmé que le pouvoir ukrainien ne remplissait pas, selon lui, ses engagements pris à Genève afin de mettre fin à l’escalade en Ukraine. «Rien de ce qui a été convenu à Genève et que, bien sûr, les autorités de Kiev auraient dû commencer à exécuter, n’a été fait», a-t-il déclaré. M.Lavrov a estimé lundi lors d’une conversation téléphonique avec son homologue américain John Kerry que les États-Unis devaient oeuvrer pour «encourager les dirigeants ukrainiens à remplir strictement leurs obligations».
L’accord de Genève, compromis signé jeudi dernier entre l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et l’Union européenne, prévoit notamment le désarmement des groupes illégaux et l’évacuation des bâtiments occupés.*L’Expression-jeudi 24 Avril 2014 

*des séparatistes retiennent en otage des « espions de l’Otan« 

Les séparatistes pro-russes qui ont capturé treize observateurs de l’OSCE dans l’est de l’Ukraine ont accusé ces derniers d’être des espions de l’Otan. Une équipe de négociateurs de l’OSCE serait en route vers Sloviansk afin de les faire libérer.

Les séparatistes pro-russes qui ont capturé vendredi les treize observateurs militaires de l’Organisation pour la Sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont accusé, samedi 26 avril, ces personnes d’être des « espions de l’Otan » et ont affirmé qu’ils ne seraient libérés qu’en échange de « leurs propres prisonniers ».

Au sein du groupe retenu dans l’est de l’Ukraine, figurent sept représentants de l’OSCE – quatre d’entre eux sont des Allemands, dont trois appartiennent à l’armée – et des accompagnateurs ukrainiens.

Une équipe de négociateurs de l’organisation européenne est en route vers l’est de l’Ukraine pour tenter d’obtenir la libération des observateurs internationaux détenus à Sloviansk par les séparatistes pro-russes, a indiqué, samedi, une source gouvernementale allemande.

Moscou promet d’œuvrer pour leur libération

Une situation qui a fait réagir le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, lequel est intervenu samedi auprès de son homologue russe Sergueï Lavrov pour obtenir leur libération. « Nous utilisons tous les moyens à notre disposition pour éclaircir les circonstances auxquelles ont dû avoir à faire face les observateurs de l’OSCE [...] et pour faire en sorte d’assurer la poursuite de leur mission », a souligné le ministère, qui a mis en place une cellule de crise.

La Russie a de son côté annoncé qu’elle allait prendre toutes les mesures possibles pour permettre cette libération, a déclaré le représentant de Moscou auprès de l’OSCE. « Nous pensons que ces personnes doivent être libérées le plus rapidement possible », a dit Andreï Keline, cité samedi par l’agence de presse Itar-Tass. « La Russie en tant que membre de l’OSCE va prendre toutes les mesures possibles à ce sujet. »* France24 Avec AFP- 26/04/2014

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*Consulter par ailleurs:

*Manipulations et guerre des images

Où est le vrai et où est le faux?

*Dans la crise de l’Ukraine, Kiev et les USA ont-il publié des photos truquées de rebelles russes?

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L’Ukraine et les Etats-Unis ont dévoilé des clichés qui attesteraient la présence de troupes russes dans l’est de l’Ukraine. Moscou évoque des photos truquées.*cliquer ici: Faut-il faire confiance aux images ?

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*Chine-Etats-Unis : la rivalité s’accélère

 dans actualité

Plus la Chine croît et plus elle se heurte à la superpuissance américaine. Les contentieux se multiplient : stratégiques, militaires, économiques, monétaires ou politiques. Julien Wagner décrypte les postures et enjeux de cette rivalité à travers trois évènements récents : le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS),  les escarmouches sino-philippines en mer de Chine et l’affaire Chen Guang- Cheng.

Il y a onze ans, la Chine et la Russie initiaient la création de l’OCS, émanation du Groupe des cinq (ou groupe de Shanghaï) crée en 1996. Composée de la Chine et de la Russie donc, mais aussi du Tadjikistan, du Kirghizstan, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Peut-être bientôt, de l’Iran et de l’Afghanistan. L’OCS, dont le sommet 2012 s’est achevé à Pékin le 7 juin dernier, possède un avantage majeur : les Etats-Unis en sont absents.

 Puissance planétaire, Oncle Sam est présent quasiment partout. Comme il  « contenait » hier l’URSS (stratégie du containment), il semble aujourd’hui, à travers sa présence militaire, contenir la Chine. Aussi bien à l’est (Japon, Corée du Sud), qu’au sud (Philippines, Vietnam, Australie) ou à l’ouest (Afghanistan, Ouzbékistan, Kirghizstan).

A l’ouest justement, quelque chose de nouveau : l’OCS. Ce forum de coopération économique et militaire, s’il a comme objet, pour Pékin, la sécurisation de l’approvisionnement en hydrocarbures et le développement des échanges commerciaux avec l’Asie centrale, il a aussi l’avantage stratégique indéniable de ne pas prendre en compte les intérêts américains, et peut-être à terme d’éloigner les pays membres de son influence, desserrant d’autant l’étreinte ressentie.

Des intérêts convergents avec la Russie ?

 Sur ce thème, il faut noter que ses intérêts convergent parfaitement avec ceux de Moscou, et peut-être bientôt avec ceux de Téhéran : faire un jour de l’Asie centrale une zone US free, c’est à dire, sans les Américains. Et ce fol espoir ne peut-être qu’entretenu par la perspective de voir les  troupes américaines quittées l’Afghanistan en 2014.

Intérêts convergents donc, et non divergents avec les autres membres fondateurs, puisque la Chine, culturellement et historiquement, n’est pas une puissance impériale ou coloniale en dehors de son extérieur proche. Mais pour l’entendre, il faut déjà en connaître son centre. Et celui-ci se situe en Extrême-Orient. Pékin se dit Beijing en mandarin, ce qui signifie la capitale du Nord. Nanjing est donc la capitale du Sud. C’est cet axe qui est le « milieu » de l’Empire. Plus on s’en éloigne, et moins la Chine a d’ambition hégémonique sur le territoire en question. Tibet et Xinjiang (territoires ouïgoures) sont déjà, à l’ouest, cet extérieur proche… et elle les a déjà avalés. Il n’y a donc théoriquement rien à craindre pour les pays membres de l’OCS de la part de la Chine.

 La Russie est, elle, moins sereine quant aux intentions de son voisin. Les immenses régions désertiques du grand- Est russe créeront-elles un « appel d’air » face à une Chine surpeuplée et en mal de terres arables ? C’est en tout cas l’hypothèse invoqué par les Européens pour empêcher Moscou de s’allier sans compter avec la Chine.

 Taïwan (évidemment), Vietnam, Japon, Corée du Sud ou Philippines ont un problème tout autre. Ils sont très proches du centre. Et les Etats-Unis, qui les « protègent », sont là face à une toute autre Chine. Pour résumer cette attitude, un épisode jamais confirmé mais devenu mythique de la diplomatie chinoise est très parlant. En 1988, la présidente des Philippines Corazon Aquino se rend à Pékin. Lors d’une discussion sur la souveraineté des îles Spratley avec le président chinois Deng Xiaoping, elle déclare :  « Ces îles appartiennent aux Philippines puisqu’elles sont géographiquement plus proches de nous que de la Chine ». Ce à quoi Deng répond : « Géographiquement, les Philippines sont aussi très proches de la Chine ». Au-delà de l’anecdote, on comprend ici que les revendications de l’Empire du milieu en mer de Chine méridionale sont à la fois très grandes et soutenues par une volonté coercitive très forte. C’est d’ailleurs bien simple, Pékin revendique la quasi-totalité de cette mer et elle est sans doute prête à aller loin pour l’obtenir. Pour preuve, les évènements d’avril aux îles Scarborough où la Chine et les Philippines ont frôlé le conflit ouvert. Des navires de guerre philippins ont voulu y déloger des pêcheurs chinois venus dans ces eaux poissonneuses a priori hors de leurs eaux territoriales. La réaction fut immédiate : des patrouilles chinoises intervinrent pour leur en empêcher l’accès et protéger ces pêcheurs aventureux. Tout ce beau monde dans un espace aussi restreint et aussi insignifiant avait quelque chose d’incongru. Il fallut pourtant une rude négociation pour éviter un dérapage et que chacun reparte de son côté.

Or un conflit qui dégénèrerait avec les Philippines, c’est un conflit potentiel avec les Etats-Unis (Washington et Manille ont un Traité de Défense mutuelle). D’où de chaque côté, une sorte de stratégie du poulet. Aventureux mais pas téméraire. Dès que le risque menace, on repart vite se cacher, car les conséquences seraient trop grandes. Au grand dam des Philippins, qui souhaiteraient sans doute plus de fermeté de la part de l’allié américain.

Les bisbilles dans cette zone du globe vont croissantes, car plus la Chine gagne en puissance, plus elle affirme ses intentions et plus elle affiche une certaine arrogance. Lors de la Conférence de l’ARF (Forum régional de l’Asean) à Hanoi en juillet 2010, Yang Jiechi, le ministre des Affaires étrangères chinois, apostropha son homologue singapourien en ces termes, « la Chine est un grand pays, tandis que les autres sont tous de petits pays, c’est un fait. » Ambiance.

Si les Etats-Unis sont une démocratie impériale, qui voit l’extension de la démocratie et du libre-échange comme à la fois juste et la plupart du temps compatible avec ses intérêts, la Chine fonctionne sur un modèle inverse : la démocratie est pour elle une menace. Ses ambitions stratégiques ne sont pas « mondiales ». Le libre-échange n’est souhaitable qu’avec parcimonie. Elle privilégie les accords économiques bilatéraux aux accords multilatéraux, qui diminuent son pouvoir de négociation. Et l’ingérence dans ses affaires intérieures est vécue comme une attaque odieuse qui ne peut être dénuée d’arrière-pensées. Elle applique d’ailleurs cette logique, aussi bien à elle même qu’aux autres, puisqu’elle est contre toute ingérence en matière de relations internationales (voir le cas Syrien par exemple). Mais cette règle s’atténue évidemment, dès lors que le pays en question est proche du centre (Taïwan, Mongolie par exemple). Chacune des deux superpuissances est soutenue dans ses constantes culturelles et stratégiques par un sentiment nationaliste puissant. Cela est particulièrement vrai pour la complexe oligarchie chinoise. Le parti communiste, comme tout pouvoir autoritaire, use et parfois abuse des sentiments nationalistes pour asseoir sa légitimité et son emprise. C’est un hydre qu’il peine parfois à maîtriser, dès lors qu’il entre en contradiction avec le pragmatisme nécessaire à toute politique extérieur réaliste.   En ce sens, l’issue de l’affaire Chen Guangcheng est rassurante. Cet avocat assigné à résidence par le pouvoir chinois du fait notamment de son combat contre les avortements forcés induits par la politique de l’enfant unique, s’était évadé, puis réfugié le 22 avril dernier à l’ambassade américaine à Pékin. On a longtemps redouté que l’incident obère fortement les relations entre les deux pays. Les Etats-Unis, et Barack Obama en particulier (année électorale oblige), ne pouvaient livrer le dissident aux Chinois, sans mettre à mal leur image et déconcerter leur opinion publique, attachée aux valeurs démocratiques et à la liberté d’expression. C’eût été un camouflet sans précédent. Pour les Chinois, de même, cette forme d’ingérence ne pouvait rester impunie : afficher de la faiblesse face aux Américains eût été vécue comme une humiliation. Le pire était à craindre…

Pragmatisme et « smart power »

Pourtant, aucune de ces craintes ne se vérifia. En trouvant un accord négocié dans lequel Chen irait vivre aux Etats-Unis, les deux pays ont prouvé leur pragmatisme. Aucun n’était tout à fait satisfait et aucun ne perdait vraiment la face. « La relation vitale avait survécu à un test critique», comme l’énoncera l’hebdomadaire de référence The Economist.  

Que pouvons-nous conclure des ces trois évènements différents ? Les nouvelles inflexions de l’administration Obama dans son approche de la Chine (smart power*) porteraient-elles leurs fruits ? L’arrogance et les démonstrations de muscles ne sont-elles pour les dirigeants chinois qu‘une forme de négociation ? Ou existe-t-il finalement une volonté commune de préserver au maximum une relation plus importante qu’aucune autre, malgré toutes les rivalités ? Certainement un peu des trois.**(jolPress.com-18.06.2012.) écrit par:Julien Wagner.Journaliste-essayiste.. Julien Wagner est journaliste au Progrès. Il a étudié l’économie et les relations internationales. Son premier livre, « La République aveugle » (Ed. de l’Aube), tente d’apporter un regard « extérieur » et polémique à la question des banlieues-ghettos en France..

* Lors de son discours d’investiture au département d’Etat américain le 13 janvier 2009, Hillary Clinton évoque l’établissement envers Pékin d’une smart diplomacy (diplomatie intelligente) qui serait une stratégie à la fois d’influence et de fermeté, qui trancherait avec les années de confrontations de l’ère Bush. Un mix entre le soft et le hard power en somme.

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**La Guerre des Mondes

Deux ans après la crise des subprimes qui a ébranlé les marchés financiers, le monde s’apprête à connaître une période très difficile. En effet, depuis que le poids de la dette des états est devenu un véritable risque pour les pays occidentaux, ils sont aujourd’hui confrontés à un véritable dilemme : réduire leurs dépenses budgétaires ou au contraire accroître significativement leurs déficits afin de soutenir leurs économies.

Le risque d’une spirale déflationniste “à la japonaise”, qui plongerait pour les dix prochaines années une grande partie des économies dans une crise généralisée, est devenu réalité. Afin de mieux comprendre cette nouvelle réalité économique, il convient d’expliquer plus en détail les mécanismes de la crise de la balance des paiements que nous vivons.

Crise de la balance  des paiements
Le premier secteur à subir les conséquences de l’explosion d’une bulle financière est très souvent le secteur privé. En effet, la dévaluation de ses actifs (biens immobiliers, actifs financiers, etc.) financés par de l’emprunt détériore considérablement son bilan comptable ou balance des paiements. Devenues fortement endettées, les entreprises privilégient le remboursement de leur dette à l’investissement. De leur côté, les ménages, très inquiets de l’avenir, préfèrent épargner plus afin de parer à toute éventualité. Tous les schémas classiques de relance par l’investissement et/ou la consommation deviennent alors inefficaces. Lorsque le privé n’investit plus et que les ménages réduisent leur consommation pour épargner plus, l’activité économique ralentit considérablement. Ce phénomène est plus communément connu par les financiers sous le nom de crise de la balance des paiements.
Le schéma I ci-dessous présente de façon très simplifiée le mécanisme standard de transfert et de création de richesse dans une économie classique. Le revenu des ménages est essentiellement alloué à l’épargne placée en banque et à la consommation (étape 1). La consommation d’un ménage “A” génère alors du revenu pour un autre ménage “B” et l’épargne placée en banque permet à l’entreprise qui l’a empruntée auprès de cette même banque d’investir et de produire (étape 2).
Cependant, lors d’une crise de la balance des paiements, le schéma I n’est plus valable. En effet, le secteur privé fortement endetté n’emprunte plus et les banques n’osent plus lui prêter de l’argent. Ainsi, les 100 $ épargnés en banque par le ménage “A” ne sont ni prêtés par cette banque, ni empruntés par le secteur privé (schéma II). Bref, ils restent en banque et sortent totalement du circuit monétaire de création de richesse. Ce n’est plus 1 000 $ qui se retrouvent dans l’économie lors de l’étape 2 mais plus que 900 $ (schéma II) qui deviendront par la suite 810 $ lors de l’étape 3 (900 $ moins les 10% d’épargne), puis 729 $ lors de l’étape 4 (810 $ moins les 10% d’épargne), etc. La réduction de l’investissement et la baisse du revenu des ménages contractent alors fortement la demande domestique et accélèrent la chute du prix des actifs (biens immobiliers, biens de consommation, actifs financiers, etc.) initialement provoquée par l’explosion de la bulle financière. On appelle cela de la déflation. Si l’état ne prend pas le relais du privé par la mise en place de stimuli fiscaux lui permettant d’emprunter l’épargne accumulée en banque et de la réinjecter dans l’économie, dans le cadre d’un plan de grands travaux créateurs d’emplois et de richesses, l’économie se contractera de manière inéluctable.

La grande récession au Japon (1990-2005)

Ce phénomène a pu effectivement être observé lors de la crise que le Japon a connu au début des années 90. En dépit de conditions favorables à l’investissement et à la consommation, l’activité économique n’arrivait pas à redémarrer.
Richard C. Koo, économiste à la Federal Reserve Bank of New York, étonné de l’inefficacité de la politique de réduction des taux directeurs de 8% à 0% entre 1990 et 1997 décida alors de s’y intéresser de plus près. Il constata avec stupeur que la politique monétaire n’avait pas eu l’effet escompté car tout simplement le secteur privé fortement affecté par la crise avait décidé de réduire sa dette et ce, malgré des taux d’intérêt et une inflation à 0%.
Selon Richard C. Koo, la méconnaissance de ce type de crise est avant tout imputable aux deux principaux protagonistes qui ont tout intérêt à dissimuler leurs difficultés. En effet, si leurs problèmes venaient à être découverts, d’une part, l’entreprise endettée subirait une décote de son action de la part des agences de notation, ce qui la fragiliserait davantage et d’autre part, la banque qui lui a octroyé des prêts risquerait de perdre sa ligne de crédit (nécessaire à son fonctionnement) obtenue auprès de la Banque centrale. Cette opacité autour du comportement des différents agents économiques (secteur privé et bancaire) engendre malheureusement la mise en œuvre de mauvaises politiques de relance de la part des dirigeants. Ainsi en 1997 et 2001, les gouvernements japonais successifs, ne voyant pas venir les effets de la politique monétaire menée par la Banque Centrale, cédèrent aux pressions du FMI. Ce dernier préconisait comme solution de sortie de crise la réduction du déficit budgétaire par la mise en place d’un plan d’austérité. Au lieu de le réduire, ce plan d’austérité provoqua une augmentation du déficit budgétaire de 65%, ce qui plongea le Japon dans une spirale déflationniste d’une dizaine d’années. En effet, le plan d’austérité ne fit qu’accélérer la baisse du PIB, réduisant ainsi les recettes fiscales et augmentant le déficit budgétaire.

Réformes fiscales prématurées de 1997 et 2001

Les conclusions de Richard C. Koo ont non seulement mis en évidence l’inefficacité des politiques économiques standards en période de crise de balance des paiements mais surtout l’incapacité de certains organismes dits “spécialistes” (Banques Centrales, FMI, OCDE, etc..) à comprendre la logique inhérente aux comportements économiques. De plus, elles ont permis au gouvernement japonais de comprendre les raisons de ses échecs en matière de politique de relance. Le Japon arrêta finalement son plan d’austérité par la mise en place d’une politique de stimulus fiscal de 315 trilliards de yen (2,9 trilliards de $) et évita ainsi un effondrement de son PIB de 2000 trilliards de Yen (18,4 trilliards de $). Malgré une vive condamnation de la part des agences de notation et du FMI, cette politique de relance ne sembla pas, a posteriori, être une aussi mauvaise opération. En effet, en dépit de l’augmentation de sa dette, elle permit au Japon de maintenir son PIB au-dessus des niveaux d’avant crise (1990) et ce, malgré une chute de 87% des prix de l’immobilier.

Croissance du PIB au Japon
Leçons de l’expérience  japonaise
à l’heure où les économies occidentales ont décidé de réduire leurs déficits budgétaires par la mise en place de plans d’austérité, elles risquent malheureusement de connaître le même sort que le Japon des années 90 : une déflation.
N’est-il pas trop risqué d’implémenter des plans d’austérité alors qu’apparaissent déjà des signes avant-coureurs d’un ralentissement de l’activité économique ? Ainsi, comme le montre si bien l’indicateur économique ECRI (Economic Cycle Research Institute), l’indice américain ISM (indicateur d’expansion ou de contraction de l’activité économique) devrait dans les six prochains mois passer sous la barre symbolique des 50. Cela signifierait tout simplement que les états-Unis passeraient en récession.

ECRI prédit les retournements de l’Indice ISM avec 5 à 6 mois d’avance (fichier photo 4)
Entrer en récession avec un marché du travail déjà fortement détérioré risque d’augmenter considérablement la précarité aux États-Unis. En effet, aujourd’hui, un chômeur américain met deux fois plus de temps (35 semaines) à retrouver un emploi qu’en 2008. C’est un triste record historique.

Temps moyen de chômage d’un travailleur américain (en semaines) depuis 1948

De même, le Baltic Dry (coût du fret maritime) qui est un indicateur économique fortement corrélé à l’évolution du commerce international et qui rend compte de l’expansion ou de la contraction de l’activité économique globale a perdu près de 60% de sa valeur au cours des deux derniers mois (graph ci-dessous). C’est un signal très inquiétant d’un ralentissement économique à l’échelle planétaire.

Indice Baltic Dry (Fret Maritime)

Faut-il continuer le programme de stimulus fiscal afin de prendre le relais d’un secteur privé plus soucieux de se désendetter que d’investir ou de consommer ? Quid du risque inflationniste inhérent à l’usage abusif de stimuli fiscaux ?
Au risque de subir une déflation à la japonaise, faut-il au contraire prendre note de l’expérience récente de la Grèce et assainir sa dette budgétaire afin de garder la confiance des marchés financiers et des investisseurs acheteurs de bons du Trésor ?
Le monde est plus que jamais divisé entre les pro-stimuli fiscaux invoquant l’expérience japonaise et les pro-austérité désespérés de mettre fin à cette course effrénée à l’endettement. C’est une véritable guerre de conception de la crise que se livrent aujourd’hui les économistes des quatre coins du monde et personne ne peut prétendre en connaître l’issue. À mon humble avis, le risque déflationniste ne sera que de très courte durée et je pense qu’au contraire les économies occidentales entreront rapidement dans une période inflationniste. Il n’y aura pas de sortie de crise facile et il serait naïf de croire à l’existence d’une seule et unique solution. Cette incertitude quant à l’avenir des économies occidentales fortement endettées ainsi que la fébrilité des grandes places boursières sont symptomatiques d’une volatilité imminente des marchés financiers. Celle-ci offrira demain de grosses opportunités d’investissement aux structures de gestion proactives de type Hedge Funds plus à même de combiner une vision court terme (dynamique et tactique) et long terme (macroéconomique fondamentale). En effet, elles sauront mieux identifier et exploiter les revirements de tendance (mouvements aussi bien haussiers que baissiers) à court et moyen terme. Les structures qui au contraire adopteront une gestion plus classique, souvent tenues de garder une simple vision haussière à long terme, risquent de ne plus être en phase avec cette nouvelle dynamique des marchés et d’être les grandes perdantes.(Liberté-19.08.2010.)

(*) Partner chez GH Trading LLP
Londres

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Après l’attaque de Charlie Hebdo dans actualité car_12_01_2015_601215699

La libre expression de la haine

 

Au nom de la démocratie et de la guerre

 

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*Terreur en France:

La guerre des mondes ne fait que commencer

Il est possible de décrire la série d’attentats perpétrés en France la semaine dernière par un terme très fort et beaucoup plus précis: la guerre. Elle pourrait se propager dans de nombreux pays européens et changer le sort de l’humanité.

Une guerre civile

Suite à l’attaque contre Charlie Hebdo, journal satirique français peu connu en Russie, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé que des « barbares » avaient déclaré la guerre à la France.

« Ces meurtres font partie d’un affrontement plus large qui n’est pas un conflit entre des civilisations mais une lutte entre le monde civilisé, d’une part, et ses adversaires de l’autre », a souligné John Kerry, secrétaire d’État américain omniprésent, lors du discours prononcé à son ministère le lendemain de l’attentat à Paris.

De telles interprétations primitives et partiales ne reflètent pas le sens réel de ces événements et provoquent naturellement l’inquiétude. Pourtant, la France n’a pas subi une attaque de barbares préhistoriques mais bien de ses citoyens actuels, qui maîtrisent parfaitement le français et les technologies de l’information. Les terroristes ont tué non seulement des européens ethniques, mais aussi Ahmed Merabet, agent de police et musulman, et Moustafa Ourrad, rédacteur du journal d’origine algérienne. La source du conflit ne réside donc pas dans le multiculturalisme ou des tensions interethniques, mais dans l’identité, l’idéologie et les valeurs.         
On compte en France près de 6 millions de citoyens de confession musulmane. Parmi eux, des milliers ont suivi des entraînements dans les camps d’organisations radicales terroristes dans certains pays arabes avant de revenir dans l’Hexagone. Aujourd’hui ils sont prêts à prendre les armes pour défendre leur identité et leurs valeurs. C’est pourquoi la récente série d’attentats en France peut être désignée par un terme très fort et beaucoup plus précis: la guerre civile.

L’islamisme radical: un produit occidental

La France s’est avérée être le « maillon faible » de l’Union européenne mais d’autres pays de l’UE ont également une épée de Damoclès au-dessus de la tête, et pas parce que des millions de musulmans y vivent.

L’islamisme radical est en réalité un produit de la culture et la politique occidentales, qui négligent l’égalité des peuples et des États. Les tentatives incessantes de l’Occident de déconstruire la vie traditionnelle dans les pays orientaux pour en tirer profit sont en train de détruire tout le monde civilisé. Ces actions asymétriques et peu compétentes ne font que susciter le chaos, les massacres, les réfugiés et une riposte aussi violente. C’est exactement le cas de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Lybie et de la Syrie, pays d’origine des Talibans, d’Al-Qaïda, du printemps arabe et de l’État islamique.

Aujourd’hui, l’économie et l’information sont mondialisées. L’accessibilité des moyens de haute technologie fait que chaque nouvelle croisade provoque immédiatement un djihad. Mais le vocabulaire religieux ne s’applique que partiellement dans ce domaine de la destruction physique des adversaires ou des porteurs d’une idéologie étrangère.

Selon les autorités françaises, près de 1 200 citoyens du pays participent à des réseaux radicaux en Irak et en Syrie. Les islamistes arabes ouvrent aux nationalistes européens la voie vers le pouvoir. Les tensions s’aggravent. Et des unités renforcées de police sont incapables de résoudre ce problème. La guerre des mondes ne fait que commencer.

Nous ne sommes pas Charlie

Certains pensent que l’Occident n’est pas en mesure de contrôler les immigrés musulmans qui ne veulent pas s’adapter aux valeurs européennes traditionnelles – mais ces affirmations ne sont que des contes pour enfants. Car l’image de l’Europe du dernier millénaire se fonde sur des croisades et des guerres incessantes, c’est-à-dire sur des massacres visant à s’approprier les fruits du travail des autres et les ressources naturelles des territoires d’outre-mer. Toutes les valeurs traditionnelles occidentales sont en vérité le produit de pillages: les mathématiques arabes, l’astronomie arabe, la médecine arabe etc.

L’islamisme radical est donc une réaction à l’expansion de l’Occident, qui ne sait pas contrôler ses instincts prédateurs, ses frontières et ses lois. Ces attenants et cette guerre civile pourraient donc marquer le début de la destruction de la civilisation occidentale perverse et mécaniste, tout comme Sodome et Gomorrhe il y a 5 000 ans.

Ce n’est pas donc un hasard si le philosophe français Abdennour Bidar écrivait le 7 janvier dans Le Monde que l’islam aiderait la France à créer une civilisation réunissant les meilleures qualités des traditions occidentales et orientales. *Par Alexandre Khrolenko, observateur de Rossiya Segodnya–jeudi 15 janvier 2015

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Le côté obscur d’une antinomie

*Avant la tragédie, Charlie Hebdo divisait déjà la société française. 

Le journal creusait un immense fossé entre les musulmans de France et les chrétiens, entre les croyants et les athées, entre, pour reprendre ce vers de Louis Aragon, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas.

*** Il est inhumain de pleurer Charlie en élevant une tragédie locale à une tragédie d’envergure mondiale tout en passant sous silence les monstruosités perpétrées dans d’autres coins du monde avec l’aval d’un certain nombre de ceux qui ont défilé dans une ruelle bien gardée

Deux semaines après les faits, cette division s’accentue on ne peut plus. Loin de se résorber, l’abcès pourrait crever à tout moment. Ce qui en sortira risque de n’être pas si beau à voir.

Je suis Charlie arborent, endeuillés, des amis sur facebook. Paris est Charlie, peut-on lire sur le frontispice de l’Arc de Triomphe. Charb est le nouveau Jean Moulin, martyr de la liberté d’expression, peut-on entendre de la part de sa compagne, Jeannette Bougrab. Il conviendrait donc de l’inhumer au Panthéon. Dans un même temps, on apprend que le couple entendait quitter à tout jamais la France pour s’installer dans un pays plus conforme à leurs idéaux démocratiques.

Toujours dans un même temps et toujours au nom d’une liberté dont on ne sait trop guère le nom, on voit les autorités austraciser Zemmour et voir d’un assez mauvais oeil Houellebecq. L’un est un identitaire, un raciste incorrigible. L’autre est anxiogène, bref, xénophobe. Il serait intéressant de relever que Mohamed Sifaoui a publié dans Le Mondeun article extrêmement critique de Soumission en gratifiant son auteur d’étiquettes tantôt hargneuses tantôt condescendantes. La publication date du 7 janvier, jour de l’attentat et c’est Le Monde, un journal de référence et un journal de centre gauche qui en a fait la promotion. Si même l’on considère que les manifestations qui ont eu lieu un peu partout en France en mémoire du collectif Hebdo et en hommage à la liberté de la presse ont véritablement été organisées à ces seules et nobles fins, on pourrait se demander s’il n’y a pas comme une contradiction intrinsèque à l’Idée véhiculée.

Et ces contradictions, ces incohérences même, Dieu sait si elles foisonnent. Permettez-moi de les répertorier aussi brièvement que possible.

Sur un plan substantiel

- Douze personnes sont mortes, pour la plupart des journalistes et deux policiers. Il s’agit sans conteste d’un massacre abominable que n’importe quelle personne saine d’âme et d’esprit ne saurait que condamner quelles que soient ses convictions. Ceci étant dit, je me demande – et, a posteriori, je suis loin d’être la seule – pourquoi est-ce que cette tuerie devrait faire la une de tous les journaux du monde alors donc que tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, des gens sont massacrés aux quatre coins de l’Afrique, du Moyen-Orient et du Donbass au nom des fameuses valeurs républicaines que l’on prétendrait défendre?

La vie d’un journaliste occidental, vaudrait-elle plus que celle d’un enfant irakien mort sous les bombes de l’OTAN? Que celle d’une jeune femme syrienne tuée par ceux qui feraient « du bon boulot »? Que celle d’un journaliste russe tué par balles dans le Donbass alors qu’il prenait des photos?

Aurait-on vu en ces circonstances qui perdurent une offense à la démocratie? Auraient-elles interpellé la conscience de ceux qui pleurent Charb et son équipe ? Il ne semblerait pas. J’ai vu la souffrance des Donbassiens, le pleur des vieillards qui balaient les neiges épaisses de janvier sous le sifflement des obus, des enfants qui jouent dehors au moment où l’artillerie se défoule sur Donetsk. J’ai parlé à leurs parents qui évoquent la présence de mercenaires occidentaux – français, hélas, y compris – dans les bataillons dits punitifs.

Si donc j’ai moralement le droit de répéter, à la suite de mes compatriotes, Je suis Charlie, n’aurais-je donc pas doublement le droit, voire le devoir moral de proclamer « Je suis Odessa » (une centaine de morts brûlés/ou asphyxiés), « Je suis le Donbass » (près de 5.000 morts selon l’OSCE), « Je suis la Syrie » (200.000 morts environ), « Je suis l’Irak » (plus d’un million de morts) et j’en passe? L’exercice de nos valeurs, à admettre que celles-ci existent encore, n’est-il pas censé enjamber le seuil des locaux d’Hebdo?

- Cette hypocrisie, si elle est avant tout affligeante pour les peuples concernés en premier lieu, a frappé la France. Clairvoyant comme il sied à un Président de son envergure, Bachar al-Assad avait prévu le retour de manivelle qui trois jours durant ramena la France aux heures sombres du RER B station Saint-Michel et aux drames plus récents de Toulouse et Montauban. Peut-on se permettre d’instrumentaliser des islamistes au Moyen-Orient en ayant sur son territoire des cellules dormantes difficilement contrôlables ? Comme par hasard, les frères Kouachi revenaient de Syrie. Le cadet, Chérif, avait écopé trois ans de prison en 2008 pour avoir intégré une filière djihadiste. Trois ans seulement. C’est à méditer.

- Comment se fait-il que la marche républicaine de Paris ait rassemblé des chefs d’Etat et des politiciens représentant des pays assez peu sensibles aux discours voltairiens de M.Hollande? Faudrait-il rappeler que la Turquie est sur le point d’autoriser la construction d’une église chrétienne à Istanbul alors qu’elle l’interdisait jusqu’ici? Quid de la Jordanie, une monarchie où la liberté de la presse est inexistante ? Quid de Porochenko qui est allé jusqu’à interdire les chaînes russes en Ukraine et qui cautionne le pilonnage des immeubles? La liberté d’expression, sauf erreur de ma part, ne constitue pas une valeur spécifique à la Vème République. Elle tend à l’universel. Surtout quand le prix de cette liberté est estimé à des vies humaines comme c’est aujourd’hui le cas, en plein centre de l’Europe, avec l’Ukraine.

Sur un plan (plus) technique

- Le Plan Vigipirate-attentats de vigueur supposait, tout à fait logiquement, que toute manifestation éventuelle soit repoussée à des fins de sécurité. Qu’a-t-on finalement remarqué ? Près de 100.000 personnes sont descendues dans les rues de Paris alors que des provocations auraient pu intervenir. La télévision montrait des leaders issus d’un grand nombre de pays marcher soi-disant à la tête du peuple. Or, dans la réalité, ces derniers ont défilé dans une ruelle parfaitement gardée par les forces de l’ordre et surtout barrée. On appréciera plus que jamais le degré de proximité et de solidarité des leaders mondiaux vis-à-vis d’un peuple dont ils prétendent être proches.

- On prétend organiser une marche dite d’unité nationale. Fort bien ! Se croirait-on alors permis d’en exclure les représentants du FN comme envisageaient de le faire les grands promoteurs de la démocratie européenne version PS ? Est-ce parce que Marine Le Pen, dans son discours aux Français, avait appelé à enquêter sur les sources de financement des cellules djihadistes disséminées à travers le territoire français ? Voilà qui serait bien plus efficace que d’arrêter Dieudonné dont l’humour serait moins acceptable que celui de Charlie Hebdo.

- Des journalistes ont été tués manifestement parce qu’ils se sont permis des caricatures de Mohamed. Dans le numéro historique du 14 janvier, on peut VOIR le Prophète, larmoyant, tenant une pancarte avec ce slogan au sens si vague Je suis Charlie. Mais a-t-on demandé aux musulmans s’ils sont Charlie? Je ne crois pas. Au lieu d’apaiser les tensions au nom de la sécurité nationale et du vivre-ensemble, on les entretient … à petits coups d’encre. S’agirait-il de motiver une nouvelle intervention soi-disant anti-islamiste au Moyen-Orient?

Il est humain de se reconnaître dans Charlie dans la mesure où toute vie est sacrée. Il est inhumain de pleurer Charlie en élevant une tragédie locale à une tragédie d’envergure mondiale tout en passant sous silence les monstruosités perpétrées dans d’autres coins du monde avec l’aval d’un certain nombre de ceux qui ont défilé dans une ruelle bien gardée. Il est humain de vouloir défendre la liberté d’expression. Il est inhumain de le faire au détriment d’autres libertés en jouant sur les contradictions. Cette antinomie lancinante que représente Charlie n’a ni commencement ni fin. On dirait un cercle vicieux. Un peu à l’image des politiques nulles et suicidaires qui régissent l’UE. Je suis Charlie et je ne suis surtout pas Charlie. Voilà pour résumer.*Par Françoise Compoint, La Voix de la Russie-RIA Novosti - jeudi 15 janvier 2015

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10 réponses à “La Guerre des Mondes”

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