Une explosion sociale menace l’Europe

**Le président du Parlement européen, Martin Schulz a mis en garde contre « une explosion sociale en Europe » sur fond de grogne en Espagne, empêtrée dans la crise…

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« Les manifestations en Espagne montrent qu’une explosion sociale menace en raison du fort taux de chômage des jeunes en Europe », a déclaré M. Schulz au quotidien populaire allemand Bild.Et de plaider pour la mise en oeuvre rapide « de nouveaux programmes européens pour créer enfin plus d’emplois pour cette génération ». M. Schulz souligne que la situation espagnole n’est pas comparable à celle de la Grèce: « le pays a des bases industrielles solides et une administration publique bien organisée », ajoute le social-démocrate allemand. L’Espagne a annoncé vendredi de nouvelles prévisions économiques très sombres, avec une poursuite de la récession en 2013 et un chômage pire que prévu cette année, alors que le pays fait face à la panique des marchés et à une grogne sociale sans précédent.

L’indignation populaire gronde

Excédés par une crise dont ils ne voient pas la fin, des centaines de milliers d’Espagnols étaient descendus jeudi dans les rues, signe d’une indignation populaire qui s’accroît face à un gouvernement qui n’a plus aucune marge de manoeuvre pour redresser l’économie du pays.

Le plan d’aide aux banques, finalement bouclé vendredi par la zone euro, et qui pourra atteindre cent milliards d’euros, ne semble plus en mesure de rassurer des marchés de plus en plus inquiets de la dégradation de la santé financière de l’Espagne. (Source: belga.be-21.07.2012.)

**Les chômeurs espagnols interdits de quitter le pays

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Les chômeurs espagnols bénéficiant de l’allocation de chômage de base de 426 euros se sont vus interdir de quitter le territoire espagnol sous peine de se voir retirer leurs indemnités. Pour ces chômeurs, tout voyage en dehors des frontières espagnoles entraînerait immédiatiement leur radiation des listes de demandeur d’emploi ainsi que la suspension du versement de leur allocation, indique le site econostrum.info. Ceux-ci se retrouveraient alors dans l’obligation de patienter douze mois avant de pouvoir se réinscrire à nouveau et bénéficier de l’allocation. Cette mesure, adoptée par le Ministère espagnol du Travail, vise à empêcher les chômeurs de prendre un emploi saisonnier à l’étranger tout en continuant à percevoir leurs indemnités. Un chômeur averti en vaut deux…(7s7-20.07.2012.)

***La police tire sur les manifestants à Madrid

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La police espagnole a chargé et tiré sur les manifestants avec des balles en caoutchouc jeudi soir à Madrid, à la fin de la grande manifestation contre le plan de rigueur du gouvernement. Les policiers ont chargé des petits groupes de manifestants et les ont battus avec des bâtons pour les disperser, dans le secteur de la Puerta del Sol, au centre de la capitale, alors qu’ils tentaient de rejoindre le Parlement, selon les journalistes. Les manifestants étaient arrivés jusqu’aux barrières qui protègent les bâtiments du Congrès, avec un groupe de pompiers en première ligne. Alors qu’une épaisse fumée s’élevait des poubelles en plastique incendiées, quelques manifestants ont décidé de suivre les pompiers en se rapprochant du parlement. La police est alors intervenue en chargeant, tandis que les manifestants répondaient en lançant des objets divers, notamment des bouteilles. Les policiers ont tiré des balles en caoutchouc contre ces petits groupes qui se sont dispersés dans les rues adjacentes. Plusieurs centaines de personnes, selon l’estimation des journalistes sur place, avaient auparavant participé à cette grande manifestation, qui s’est déroulée globalement sans incident. Les syndicats avaient appelé jeudi à manifester dans 80 villes, sous le mot d’ordre « Ils veulent ruiner le pays. Il faut l’empêcher ». Les manifestants ont ainsi exprimé leur refus au nouveau plan de rigueur du gouvernement espagnol, à la hausse de la TVA, aux coupes budgétaires qui frappent les fonctionnaires et les chômeurs.  (Source: belga.be-20.07.2012.)

**Marée humaine pour dire « Non » à la rigueur

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Dans une forêt de drapeaux multicolores, une énorme marée humaine a envahi jeudi soir le centre de Madrid, pour crier « non » au nouveau plan de rigueur du gouvernement espagnol, à la hausse de la TVA, aux coupes budgétaires qui frappent les fonctionnaires et les chômeurs. Des incidents ont éclaté après la fin de la manifestation, lorsque la police anti-émeutes a dispersé de petits groupes de jeunes à coups de matraques et en tirant des balles de caoutchouc. Six personnes ont été légèrement blessées et sept interpellées, selon la police. « Mains en l’air, c’est un hold-up », hurlait la foule qui s’était rassemblée quelques heures plus tôt, défilant lentement sur les grandes avenues, reprenant le slogan devenu le cri de ralliement des manifestations qui se multiplient depuis l’annonce, le 11 juillet, de ce plan destiné à économiser 65 milliards d’euros. « Si tu veux gagner, lutte sans relâche », « Rajoy nous vole », « Je veux un Noël », proclamaient de petites pancartes. D’autre portaient ce seul mot « NO » illustré d’une paire de ciseaux, symbole de ces coupes budgétaires qui ont déclenché la colère de tout le pays. A Madrid, les manifestants étaient plusieurs centaines de milliers, selon des journalistes sur place. Les syndicats avaient appelé à manifester dans 80 villes, sous le mot d’ordre « Ils veulent ruiner le pays. Il faut l’empêcher ». Car le malaise des Espagnols, déjà soumis à de lourds sacrifices dans un pays en récession, étranglés par un chômage de près de 25%, est monté d’un cran face à ce nouveau tour de vis. « Nous ne pouvons rien faire d’autre que de descendre dans la rue. J’ai perdu entre 10% et 15% de mon salaire depuis quatre ans. Et les nouvelles mesures ne serviront pas à résoudre la crise », s’indigne Sara Alvera, fonctionnaire de 51 ans à la Cour des comptes, venue manifester avec son mari, employé dans le privé. Le gouvernement cherche ainsi à redresser les comptes publics: le budget 2012, d’une rigueur historique avec 27,3 milliards d’euros d’économies, n’a pas suffi et l’Espagne s’est vu imposer par Bruxelles des conditions draconiennes, en échange d’une aide à ses banques et d’un délai, jusqu’en 2014, pour ramener son déficit public à moins de 3%.

Hausse de TVA, réduction de salaire et chômage

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Pour renflouer les caisses, c’est cette fois le pays tout entier qui va payer: renonçant à ses promesses, le chef du gouvernement de droite Mariano Rajoy a décidé une hausse de la TVA, qui devrait rapporter 22 milliards d’euros d’ici à 2014. Les fonctionnaires, qui ont déjà vu leur salaire réduit de 5% en 2010, puis gelé, perdent en 2012 leur prime de Noël, l’équivalent de 7% du salaire. Et les nouveaux chômeurs verront leurs indemnités réduites au bout de six mois. « Quel Noël fabuleux nous allons passer. Il n’y aura aucun extra cette année. Tous les ans, ils baissent les salaires, pendant que les prix montent, le métro, le bus… », s’inquiète Paloma Martinez, une fonctionnaire de 47 ans, une petite pancarte à la main portant les mots: « Si tu ne luttes pas, qu’auras-tu? ». « Si nous n’achetons plus, les commerces fermeront, ils vont licencier encore des gens », ajoute-t-elle. « Les gens doivent sortir dans la rue, plus s’il le faut, tout le temps qu’il faudra. » 

 « Non à la précarité »

Depuis la semaine dernière, répondant aux mots d’ordre des syndicats ou des « indignés », ou alertés par les réseaux sociaux, des Espagnols de tous horizons se rassemblent quotidiennement dans les rues, portant les t-shirts jaunes des fonctionnaires de la Justice, verts de l’Education ou les blouses blanches des infirmières. Les architectes, sous une banderole « Non à la précarité », les chercheurs, avec une pancarte « moins de science, plus de pauvreté », le monde du spectacle, promenant un mannequin noir pendu avec l’inscription « théâtre public exécuté » étaient au rendez-vous jeudi. Dans la foule encore, des policiers en chemises noires, des pompiers casqués, promenant la maquette géante d’un hélicoptère rouge sur un chariot. « Ils dévalorisent notre travail, qui est un travail dur. Nous devons descendre dans la rue. Pompiers, balayeurs, infirmiers, pour dire ‘assez’ », lance Manuel Amaro, un pompier de 38 ans. Après le défilé qui s’est dispersé dans le calme autour de la place de la Puerta del Sol, au coeur de Madrid, un petit groupe de jeunes manifestants s’est massé face à un cordon de policiers qui gardaient les abords du Parlement. Comme ils refusaient de s’éloigner, les policiers les ont repoussés à coups de matraques, tirant des balles en caoutchouc. Lançant quelques bouteilles ou canettes de bière, les manifestants se sont dispersés dans les rues alentour, allumant des feux de poubelles sur leur passage, se regroupant parfois pour défier encore les cordons de policiers. (AFP-20.07.2012.)

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« Plus de brioche? Qu’on leur donne du pain!»

Crise: risque de guerres civiles en Europe

Charles Sannat*Par Charles Sannat- Charles Sannat est Directeur des Etudes Economiques du site AuCoffre.com. et rédige quotidiennement des articles sur l’actualité économique dans Le Contrarien Matin, journal gratuit accessible chaque jour sur le site LeContrarien.com

S’il est un sujet qui me tient à cœur, c’est celui de l’Europe. Il est difficile d’aborder ce thème sans tomber dans un européisme béat et stupide ou dans ce que la bien pensance dominante ne manque jamais de qualifier de « populisme », insulte suprême censée décrédibiliser celui ou celle ayant prononcé des propos considérés comme anti-européens.

C’est ce que disent certains médias, et encore très sobrement comme pour mieux en éloigner le danger et en nous rappelant très vite qu’il s’agit de tentations populistes de la part de peuples déboussolés. Heureusement quelques « zélites » éclairées sont là pour remettre tout ce petit monde dans le droit chemin de la construction européenne. Je n’aime pas cette terminologie beaucoup trop réductrice. Encore une fois, on peut souhaiter une autre Europe sans être pour autant « europhobe ».

Sur quoi repose cette remise en cause populaire de l’Europe?

Dans chaque pays européen ou presque, les gouvernements sont des partisans affichés des processus européens en cours. L’Europe que l’on nous construit, malgré une opposition des peuples clairement exprimée à plusieurs reprises et dans plusieurs pays via notamment des référendums, est une Europe qui est imposée, pas une Europe qui a été choisie. C’est une Europe libérale dans une Europe à la tradition sociale forte. C’est une Europe qui ne protège pas notamment avec les abandons des protections douanières (même si sur certains sujets on voit poindre quelques changements) donc une Europe qui favorise le chômage et la désindustrialisation.

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C’est une Europe qui se mêle de sujets anodins ou agaçants pour les peuples comme la taille des noix que l’on doit manger. C’est une Europe des lobbys et de la corruption. C’est une Europe qui brade l’intérêt des peuples au profit de l’intérêt des financiers et des grandes multinationales. C’est une Europe qui taille dans ses programmes d’aides alimentaires. C’est une Europe qui n’aide plus les pays à se développer. C’est une Europe qui cesse le programme d’échange Erasmus pour les étudiants européens…

Et malgré tout cela, c’est une Europe qui s’étonne de la montée du sentiment « populiste ». Alors que nos européistes le sachent sans ambiguïté. Ce sentiment va continuer à progresser et à monter car c’est aussi l’Europe de l’austérité qui partout lamine les classes moyennes. C’est l’Europe du dumping fiscal où l’on aide un pays comme l’Irlande en faillite totale en le laissant continuer à avoir comme « business model » de faire payer le moins d’impôts possibles aux entreprises qui évidemment installent leurs sièges sociaux là-bas, font leur bénéfices partout, font de « l’optimisation » fiscale en volant tous les autres peuples. Les peuples d’Europe paient pour que l’Irlande ne fasse pas payer d’impôt aux entreprises… Absurde économiquement et politiquement.

Une Europe haïe, une Europe honnie !

L'un des visuels de la marche «indignée»

Nos « zélites » européistes peuvent créer une police de la pensée sur Internet en créant leur brigade de trolls plutôt que de donner à manger aux pauvres rien n’y fera. Ce sentiment anti-européen, puisque, c’est comme cela qu’ils veulent l’appeler pour « culpabiliser » (on n’a pas le droit d’être contre l’Europe sinon cela veut dire que l’on est pour la 2ème Guerre mondiale, je schématise, mais c’est l’idée implicite), va poursuivre sa montée. Que l’Europe affame les peuples et l’Europe sera détestée. Que l’Europe remplisse les gamelles et l’Europe sera aimée. Il est facile d’être populaire. Dites au peuple « ils n’ont pas de pain qu’ils mangent de la brioche » et cette simple phrase traverse les siècles. L’Europe est enfermée dans le syndrome Marie-Antoinette. Voilà la réalité de l’Europe perçue par les peuples.

On peut hurler. On peut aimer l’Europe, on peut se rouler par terre, on peut faire les incantations que l’on veut, rien n’y changera.

Or ce phénomène commence (enfin) à être perçu par les élites de Bruxelles qui ne souhaitent pas pour autant changer leur fusil d’épaule. On ne change pas une équipe qui perd. Les récentes déclarations de Jean-Claude Juncker, l’ancien Président de l’Eurogroupe et l’une des figures les plus respectées dans les cénacles européens, donnent un nouvel éclairage sur l’inquiétude qui monte dans les couloirs de Bruxelles.

L’Europe tentée par ses vieux démons nationalistes et guerriers

On apprend donc que Jean-Claude Juncker tire la sonnette d’alarme ! En effet, il s’inquiète des mouvements nationalistes qui enflent en Europe, et qui s’expriment notamment à l’occasion des élections en Italie et en Grèce… Dans une interview publiée par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, Jean-Claude Juncker évoque des « ressentiments nationaux que nous pensions disparus depuis la fin de la seconde guerre mondiale et se dit atterré d’avoir vu en Grèce des affiches brandies par des manifestants, associant la chancelière allemande Angela Merkel au régime nazi ».

C’est bien d’être atterré. Mais est-ce surprenant alors que les Grecs ne peuvent même plus se soigner, que les Grecs n’ont plus de travail, que les Grecs en sont réduits à faire les poubelles pour se nourrir, que la moitié des magasins d’Athènes a purement et simplement fermée, que la Grèce vit un enfer économique, un effondrement total de ses structures ? N’est-ce pas évident ? Oui je sais les grecs l’ont bien cherché ils n’avaient qu’à payer leurs impôts. Mais c’est beaucoup plus complexe que cela. Pour mettre la balle au centre, JC Juncker « regrette les critiques très violentes émises par certains hommes politiques allemands à l’encontre de la Grèce, qui ont causé des blessures profondes du côté d’Athènes. Quant à l’élection italienne, elle a fait ressortir pendant la campagne certaines positions excessivement hostiles à l’Allemagne et de ce fait anti-européennes ».

Et voilà comment, par un raccourci intellectuel malhonnête, on se retrouve europhobe et pour la guerre si l’on ose émettre la moindre critique à l’égard de la politique que l’Allemagne impose au reste de l’Europe. Mais là n’est pas le plus intéressant. Lisez plutôt la suite. « Quiconque pense que l’éternelle question de la guerre et la paix en Europe n’est plus de mise se trompe lourdement. Les démons ne sont pas partis, ils ne sont qu’endormis, comme l’ont démontré les guerres de Bosnie et du Kosovo. J’ai froid dans le dos en m’apercevant des similitudes entre l’Europe de 2013 et celle d’il y a 100 ans ». M. Juncker, qui a dirigé l’Eurogroupe, qui rassemble les ministres européens des Finances, de 2005 à janvier 2013, fait ainsi un parallèle avec la situation qui prévalait juste avant la guerre de 14-18. « En 1913, beaucoup pensaient qu’il n’y aurait plus de guerre en Europe. Les grandes puissances du continent étaient si étroitement liées entre elles sur le plan économique qu’elles estimaient ne plus pouvoir se permettre une confrontation militaire »…

Alors voilà encore une fois la seule incantation qu’il reste aux « zélites ». L’Europe c’est la paix, donc il n’y a pas d’autre alternative que cette Europe sinon vous aurez la guerre. Ou comment prendre les peuples pour des crétins. Ce qui est assez remarquable dans ce type d’argumentation, c’est de voir autant de grandes intelligences se tromper aussi grandement. Ils font fausse route et défendent particulièrement mal leur idée de l’Europe (qui n’est pas la mienne). Plus personne ne croit à la guerre en Europe. Nos anciens, ceux qui ont connu la Deuxième Guerre mondiale en tant qu’adulte sont presque tous partis. 90 % de la population européenne n’ont connu que la paix et … la prospérité.

Mon point de vue est que c’est l’austérité imposée par l’Europe qui mènera non pas à des guerres entre nations européennes, qui ne correspondent à rien dans notre monde, mais beaucoup plus prosaïquement à des quasi guerres civiles dans certains pays européens comme la France, la Belgique, les Pays-Bas, ou dans une moindre mesure l’Allemagne. Il ne faut pas se tromper sur les risques. Invoquer le risque de guerre entre deux pays comme l’Allemagne et la France par exemple est absurde.

Le risque de guerre civile enfin évoqué

Mais là où Jean-Claude Junker fait passer enfin un message subliminal essentiel c’est lorsqu’il évoque les guerres de Bosnie ou du Kosovo, qui sont par nature et par essence des guerres civiles. Alors non, Juncker ne va pas jusqu’à appeler un chat un chat… mais c’est déjà beaucoup pour être noté comme une déclaration assez exceptionnelle qui, hélas, n’est pas comprise pour ce qu’elle est volontairement ou par confort par et là je cite la dépêche « la plupart des observateurs estiment que M. Juncker a volontairement forcé le trait sur les comparaisons historiques lors de cet entretien, afin de faire prendre conscience à la classe politique européenne de la gravité de la crise économique que traverse actuellement l’Union européenne ». Alors messieurs les observateurs, Juncker n’a pas forcé le trait et on se fiche fondamentalement de la gravité de la crise. Ce qui est important c’est les conséquences de la crise économique.

Il ne faut pas se tromper. Cette crise ne fait pas penser à l’Europe de 1913 mais plutôt à celle de 1930 avant la montée très forte de nouveaux partis dont le parti nazi puisque les peuples avaient tout essayé sans que rien ne fonctionne ou ne change avec les partis traditionnels. A l’époque l’impact politique avait mené au plus grand conflit en Europe qui avait embrasé le monde entier. Cette fois, les risques sont à l’intérieur même de chaque nation d’Europe et c’est ce que vient de dire Jean-Claude Juncker.

Alors oui, désormais l’Europe est sur le sentier non pas de la guerre, mais des guerres. Reste à savoir si nous saurons éloigner ces périls par des politiques courageuses et en commençant surtout par poser les vrais constats pour pouvoir apporter les véritables réponses. Pour le moment, ce n’est pas le cas et nous ne pouvons que constater jour après jour cette lente dégradation qui nous conduit vers l’abîme sans que rien ni personne ne fasse quoi que ce soit. Comme le disait Albert Einstein « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Pour le moment nous laissons faire, mais il faut entendre les bruits sourds que font les peuples en souffrance. Les gamelles se vident et il n’y a pas plus grand danger. *jolpress-14.03.2013.

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 L’oligarchie en Europe, ça suffit !

**Ni démocratiques ni dictatoriaux, les pays européens sont en réalité des pays qui glissent vers un régime oligarchique, «un système d’organisation politique dans lequel un petit nombre de personnes concentrent et se partagent les pouvoirs économique, politique et médiatique.

**Si vous croyez que les pays européens sont des pays démocratiques parce que les élections y sont libres, la presse indépendante et qu’on ne jette pas les opposants en prison, lisez d’urgence L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie(1) le petit livre – accablant, effrayant – d’un journaliste essayiste, Hervé Kempf, qui, faits et chiffres à l’appui, nous démontre que ces pays ne sont que des «théâtres de marionnettes dont nombre de fils sont tirés en dehors de la vue du public». Ni démocratiques ni dictatoriaux, les pays européens et, ceux qui, hors d’Europe, fonctionnent selon leur modèle, sont en réalité des pays qui glissent vers un régime oligarchique, c’est-à-dire «un système d’organisation politique dans lequel un petit nombre de personnes concentrent et se partagent les pouvoirs économique, politique et médiatique et discutent entre eux des décisions à prendre pour la collectivité».

Se rencontrant régulièrement dans quelques clubs très sélectifs – la Trilatérale, le groupe Bilderberg, le Forum économique mondial, le Siècle – les oligarques appartiennent à la catégorie la plus fortunée de la population, qui elle-même se divise en «riches» – en France, 10% des citoyens, + de 7500 euros par mois pour un couple avec deux enfants —, «très riches» – I%, + de 17 600 euros par mois et par couple —, «hyper-riches» enfin, 0,1%, avec 142 500 euros mensuels par couple. C’est dans les deux dernières catégories (très riches, hyper-riches) que se recrutent les décideurs politiques – ministres, conseillers, députés, sénateurs, PDG des grandes entreprises publiques – qui naviguent entre les secteurs public et privé. Sortis des grandes écoles, ils commencent généralement leur carrière dans l’appareil d’Etat, la poursuivent à la direction d’une banque ou d’une grande entreprise, puis reprennent une fonction politique. Le va-et-vient est permanent et permet aux principaux centres de pouvoir d’agir de façon complémentaire : tel PDG, devenu ministre, mènera une politique qui favorisera le secteur d’où il vient ; tel autre où il envisage de siéger. Ces oligarques n’ont qu’un objectif : l’accroissement de leur pouvoir, de leur visibilité et de leur fortune.

«Toutes les descriptions des milieux financiers, écrit Hervé Kempf, décrivent une obsession : gagner, gagner toujours plus, pour dépasser les rivaux dans la course au prestige matériel.» Se moquant de l’intérêt général, ils n’ont qu’un souci : des revenus toujours plus élevés, dans une société où «l’argent est le principal signifiant de la réussite sociale».  N’hésitant pas à augmenter eux-mêmes leur salaire lorsqu’ils entrent en fonction, ils subissent dès le début les assauts des lobbyistes qui s’efforcent d’orienter leurs choix politiques. Les 15 000 lobbyistes établis à Bruxelles et qui «représentent 2600 groupes privés» influencent considérablement la législation. Souvent, ils rédigent eux-mêmes résolutions et projets de loi. Toutes n’ont qu’un but : servir les intérêts des dirigeants. C’est pourquoi, dans tous les pays européens, les décideurs privatisent les entreprises détenues par l’Etat, démantèlent le service public – fermeture d’hôpitaux, de bureaux de poste, de commissariats –, vendent ou louent des biens nationaux (on peut s’offrir le toit de l’Arc de triomphe pour y célébrer un mariage, organiser bals et festins), réduisent les budgets sociaux (enseignement, santé, justice…), bloquent les salaires, diminuent le montant des allocations familiales et baissent indirectement les pensions de retraite.

Obtenus autrefois à la suite de longues luttes ouvrières, tous les acquis sociaux sont progressivement bradés et de plus en plus de citoyens, faute de moyens, renoncent par exemple à consulter un médecin ou un avocat. Seuls les riches ont les moyens de se soigner et d’offrir à leurs enfants la possibilité de fréquenter l’université. La reproduction des castes dirigeantes est ainsi assurée et d’autant plus paisiblement qu’à dose homéopathique, quelques jeunes des classes «défavorisés» sont admis à l’ENA ou à Sciences-po. Ce qui, en donnant aux autres de faux espoirs, évite qu’ils ne s’insurgent et confère au pouvoir un air de démocratie.

Beaucoup de citoyens ne sont pas dupes et si leur passivité est stupéfiante, elle s’explique aisément. Car tout est fait pour les rendre amorphes : lorsqu’on passe en moyenne 4 heures par jour devant une télévision qui endort tout esprit critique, lorsqu’on absorbe, entre deux émissions stupides, message publicitaire sur message publicitaire, lorsque l’attention ne s’éveille qu’à la diffusion d’un match, lorsqu’on est dépourvu, car l’école n’en donne pas, de tout outillage intellectuel pour décrypter valablement ce qu’on voit et entend, le cerveau est dans un état tel qu’abruti ou hypnotisé, on n’a plus les moyens de réagir.

D’où ce désintérêt quasi général pour la «politique», la résignation («tous pourris !»), le repli sur soi et l’attente du prochain loto. Par crainte, malgré tout, qu’un jour le peuple ne se réveille, «l’oligarchie, estime Hervé Kempf, prépare un régime d’exception. Une bonne moitié du programme présidentiel de Jean-Marie Le Pen est depuis passée au Journal officiel». Le reste de ce programme s’y inscrira bientôt si, mal logés, mal soignés, mal payés ou sans travail, les damnés de la Terre n’ont plus la force de se lever. 
- 1) Hervé Kempf, L’oligarchie, ça suffit, vive la démocratie (essai, collection Points -
Le Seuil, 2011 et 2013)

*Par: Maurice Tarik Maschino-El Watan-25.04.2013.

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10 réponses à “Une explosion sociale menace l’Europe”

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