Au nom de la démocratie et de la guerre

** Et du mensonge!

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*Au nom de la “démocratie aéroportée”

La guerre aux enfants en Afghanistan

«(…) Je n’arrivais pas à trouver mon fils, alors j’ai ramené un morceau de chair à la maison et je l’ai appelé mon fils. J’ai dit à ma femme que nous l’avions retrouvé, mais je n’ai pas autorisé ses enfants ni personne d’autre à le voir. Nous avons enterré le morceau de chair comme si c’était mon fils.» *Détresse d’un vieillard afghan après la mort de son fils lors d’un bombardement

Afghanistan-otan-meurtre

Un meurtre de plus, un cri de révolte de plus, une bavure de plus et des excuses de plus, voilà comment on peut résumer la guerre faite aux enfants en Afghanistan. On apprend qu’une dizaine d’enfants ont perdu la vie dans un bombardement délibéré pour traquer les talibans ce début avril. Ces morts innocents nous rappellent les 400 enfants de Plomb durci à Ghaza. Un bombardement de l’Otan samedi dans l’est de l’Afghanistan, a tué dix enfants afghans, ont déclaré le 7 avril plusieurs responsables (..) Le bombardement s’est tenu alors qu’un combat intense opposait des troupes afghanes et américaines à des insurgés talibans, ont déclaré deux sources différentes. ´´Avant le bombardement, un Américain a été tué et quatre membres des forces de sécurité afghanes ont été blessés dans une attaque des insurgés´´, a commenté Wasifullah Wasifi, le porte-parole du gouvernement provincial du Kunar.(1)

La justification nous est donnée:

«On nous tirait dessus depuis plusieurs maisons de la zone. Un Américain a été tué et plusieurs de nos hommes blessés. La force de la coalition a répondu par un bombardement», a expliqué une source sécuritaire afghane présente durant l’opération. ´´Nous ne savions pas qu’il y avait des femmes et des enfants dans la maison. Les taliban les ont utilisés comme des boucliers´´. D’après Abdul Zahir, le gouverneur du district de Shigal, où les combats se sont tenus, dix cadavres d’enfants ont été rapportés par les villageois à Asad Abad, capitale du Kunar, alors que six femmes ont été prises en charge à l’hôpital provincial. (…) Abdulqahar Balkhi, un porte-parole des taliban, a regretté sur twitter la mort de ´´22 civils innocent devenus martyrs à cause d’un bombardement des terroristes américains et de l’Otan´´, dont ´´15 membres d’une même famille´´.»(1)

Gilles Devers pense qu’il y a une dérive du droit, la mission initiale de l’Isaf a été dévoyée. Il écrit:

«(…) Les heurts étaient violents, et ont causé la mort de quatre soldats afghans et d’un civil US, venu renforcer le commandement. Le commandement a perdu son sang-froid, et les hélicoptères de l’Otan ont été appelés pour bombarder.(…) De tels faits appellent quelques mises au point. L’ Otan a obtenu de l’ONU de débarquer en Afghanistan pour répondre à al Qaîda, mais elle n’a aucun mandat pour éliminer les taliban. (..)Le bombardement est donc une représaille, et les représailles sont interdites par l’article 33 al 3 de la IV° convention de Genève (…) Le bombardement visait une maison d’habitation dans un village, c’est-à-dire que les enfants ont été tués chez eux. La thèse du bouclier humain ne tient pas, car il est interdit de viser des biens civils, surtout dans une zone d’habitation. (…) Aucune nécessité militaire ne l’imposait. Ce fait, à lui seul, qualifie le crime.» (2)

Il conclut en rappelant les articles de la Cour internationale: «Selon le statut de la Cour Pénale internationale, sont des crimes de guerre: notamment le fait de diriger intentionnellement une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu; (…) Cette attaque est donc un crime de guerre, et les criminels sont les commandants de l’ Otan. Bien sûr, la justice ne sera pas saisie, et cette impunité est inadmissible.»(2)

Quel est le poids de ces arguments au nom du droit devant l’Empire et ses vassaux? Le pire est cette accoutumance au crime. Dans l’opinion occidentale, que vaut la vie d’un enfant afghan? On l’aura compris, nous sommes en présence d’un dommage collatéral- autre mot forgé par la doxa impériale-, les enfants étaient au mauvais endroit et au mauvais moment, Cette litanie constitue le bréviaire pour couvrir leurs actes criminels. Cela nous rappelle aussi les éliminations d’enfants à partir de drones- par erreur nous dit-on.» Un soldat du fin fond d’une salle climatisée appuie sur un bouton, amène le malheur dans une famille en fauchant un printemps et rentre chez lui s’occuper de ses enfants comme un bon père de famille.

Le conflit afghan

C’est l’un des tragiques conflits qui a duré et qui dure depuis que Bush a décidé, fin 2001, de s’en prendre à Bin Laden dans les montagnes de Bora Bora. Le conflit muta ensuite pour devenir celui de virer les taliban au pouvoir. Ces mêmes taliban qui étaient en grâce au point d’avoir un bureau de représentation à New York pour recruter des combattants de Dieu. Bin Laden mort, les Américains sont toujours là pour mettre en coupe réglée ce pays qui regorge de matières premières et de pétrole.

Selon un rapport de l’ONU publié le 9 mars 2011, l’année 2010 aura été la plus meurtrière pour les civils afghans dans le conflit qui oppose depuis neuf ans les forces internationales et nationales et les taliban. Avec 2777 civils tués, le nombre de morts dans les affrontements a fait un bond de 15% l’année dernière par rapport à 2009, selon un rapport de la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (Manua). Deux attentats suicides ont eu lieu ce samedi 6 avril 2013 en Afghanistan, en pleine visite du nouveau secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, arrivé la veille. Une explosion revendiquée par les taliban s’est produite à Kaboul, tuant neuf civils. Un deuxième attentat a été perpétré dans l’est du pays. Au moins huit enfants ont été tués. A Kaboul, les taliban ont prouvé que, malgré le renforcement du dispositif de sécurité lié à la venue d’un officiel américain, leurs attaques pouvaient toujours atteindre leur cible. (…) La rébellion menée par les taliban n’a toujours pas été matée malgré onze années de présence internationale et plus de 130.000 soldats étrangers sur le terrain. Dans l’est de l’Afghanistan, une deuxième attaque a tué huit enfants ainsi qu’un policier.»(3)

La «coalition» commence à s’effilocher; des sons de cloche différents se font entendre: «Le retrait anticipé entre dans la logique de l’illogisme qui a poussé à l’entrée en guerre contre l’Afghanistan. Les Américains, pour leurs intérêts exclusivement, impliquent toujours leurs alliés dans l’absurde. Un ex-conseiller militaire de François Mitterrand, Jean Fleury, avait expliqué que les Français ne combattaient plus et qu’il y avait encore des solutions, mais les Américains avaient anéanti toute solution de paix: «Ils ont uriné sur les cadavres des taliban, ils ont brûlé des Coran et ils se sont rapprochés de l’Inde à la grande colère des talibans.» (4)

Pour Manlio Dinucci, malgré leurs déclarations de départ fin 2014, les Américains ne sont pas prêts de partir, ils s’installent confortablement:

«L’aviation a effectué en 2010 plus de 30.000 opérations d’«appui aérien rapproché» et, au second semestre, le nombre des attaques avec bombes et missiles a doublé à environ 1.000 par mois. On a aussi intensifié l’usage des avions sans équipages, en particulier les MQ-9 Reaper armés de missiles et de bombes à direction laser, contrôlés par un pilote et un technicien de senseurs installés à une console à 12.000 km de distance, au Nevada. Le parachutage de matériel de guerre pour les troupes a quasiment redoublé, atteignant environ les 250.000 quintaux annuels. (…) On continue à potentialiser la base aérienne de Bagram: avec un personnel de plus de 30.000 militaires. Il en va de même dans la base aérienne de Kandahar.»(5)

Quelques prouesses de l’Otan (Isaf)  en Afghanistan

Il nous est impossible de lister tous les «dommages collatéraux» de ce terrible drame que subissent les Afghans. Nous allons citer chronologiquement quelques faits Souvenons- nous du bombardement d’Azizabad» effectué par les forces armées des États-Unis contre des taliban, qui a eu lieu le vendredi 22 août 2008 sur le village d’Azizabad situé dans la province d’Hérât, en Afghanistan. Un commandant taliban était la cible de cette opération qui a été réalisée par un Lockheed AC-130. Il a été estimé qu’entre 7 et 90 civils ont été tués pendant l’attaque, provoquant de nombreuses réactions internationales.»(6)

Dans le même ordre, le bombardement de Baba Buluk a fait 90 morts civils dont 60 enfants selon les Nations unies. «Le massacre de Bala Buluk est un massacre effectué par les forces de l’Isaf; il a eu lieu le lundi 4 mai 2009 dans le district de Bala Buluk, Des insurgés talibans étaient la cible de cette opération. Plus de 100 personnes, insurgés ou civils incluant femmes et enfants, auraient été tuées dans cette attaque, ce qui en ferait le bombardement le plus meurtrier pour les civils depuis le début de l’intervention internationale en 2001.» (7)

Par la suite, le record de l’horreur a été dépassé. Le bombardement de Kunduz a eu lieu le 4 septembre 2009 effectué par un F-15E américain à la demande de la Bundeswehr allemande, il visait deux camions d’essence pris par des taliban et a fait 142 morts, dont plus de 100 civils. Les familles des victimes racontent: «Aux premières lueurs de l’aube, vendredi dernier, dans le district de Chardarah de la province de Kunduz dans le nord de l’Afghanistan, les villageois s’étaient rassemblés autour des carcasses de deux camions citernes qui avaient été bombardés par l’Otan. Ils se sont frayés un chemin à travers prés de cent cadavres calcinés et de membres enchevêtrés mélangés aux cendres, à la boue et au plastic fondu des jerrycans, à la recherche d’un parent, d’un frère ou d’un cousin. (…)A l’heure qu’il était, il n’y avait plus de survivants. (…) Les parents en deuil ont commencé à se quereller et à se disputer les restes de ceux qui, quelques heures auparavant, cherchaient du carburant dans les carcasses des camions citernes.(…) «Nous n’avons reconnu aucun corps lorsque nous sommes arrivés,» a dit Omar Khan, le chef enturbanné du village d’Eissa Khail». (8)

 «C’est comme si une bombe chimique avait explosé, tout était brûlé» «Ils étaient comme des troncs d’arbres calcinés, comme du charbon. (…). Alors les anciens du village sont intervenus. Ils ont ramassé tous les corps qu’ils ont pu et ils ont demandé aux gens de leur indiquer combien de proches ils avaient perdus. Une queue s’est formée. Un par un, les personnes endeuillées ont donné les noms des frères, cousins, fils et neveux disparus, et chacun a reçu en retour son quota de cadavres. Leurs identités n’avaient pas d’importance, de toute façon ils étaient entremêlés au-delà de toute reconnaissance. La seule chose qui importait était d’avoir un corps à enterrer et de pouvoir prononcer les prières. «Un autre disait qu’il avait perdu cinq membres de sa famille, alors on lui donnait cinq corps qu’il pouvait ramener et enterrer. Puis lorsqu’il n’y avait plus de corps, nous avons commencé à distribuer des membres, des jambes, des bras, des troncs.» A la fin, il ne restait que cinq familles qui sont reparties (…) Jan Mohammad, un vieillard avec une barbe blanche et des yeux verts, dit avec colère: «J’ai couru, j’ai couru pour retrouver mon fils parce que personne ne voulait m’emmener. Je n’arrivais pas à le trouver.» (8)

Dans le même ordre du livre noir de l’horreur, l’hebdomadaire Der Spiegel a publié des clichés de dépouilles à côté desquelles des soldats américains posent fièrement: «L’armée américaine s’est excusée officiellement (…) Ces clichés «nous répugnent en tant qu’êtres humains et sont contraires aux principes et aux valeurs de l’armée des Etats-Unis», affirme l’armée dans un communiqué. Der Spiegel affirme que le Pentagone a tout fait pour éviter la publication des photos. Le magazine allemand précise en outre avoir enquêté pendant cinq mois sur l’affaire des tortures en Afghanistan «Nous n’en publions qu’une infime partie, trois sur quelque 4 000 photos et vidéos, juste ce qui est indispensable pour raconter l’histoire d’une guerre qui a commencé avec les meilleures intentions, qui devait chasser les terroristes d’al Qaîda d’Afghanistan, qui était autorisée par un mandat de l’ONU, mais qui est depuis longtemps devenue une autre guerre», écrit Der Spiegel.(9)

Theophraste R. du Grand Soir; nous parle d’une de ces bavures: «4 mars 2011. Une frappe aérienne de l’Otan (lire: USA) a tué 9 enfants sans armes qui ramassaient du bois, près de leur village, en Afghanistan, à environ 12.000 km des USA. Moins de dix jours plus tôt, une attaque similaire avait tué 65 civils dans le même coin. Les génies du Pentagone ont élaboré des plans complexes (…) Dans Le Grand Soir, un auteur féru d’humour noir (qu’il se dénonce!) a écrit naguère qu’il faudrait que les Afghans évitent de se marier le jour de leur enterrement. Ce qui suppose qu’ils attendent au moins leur puberté avant d’éparpiller leurs entrailles dans la poussière. Certains s’étonnent de la sauvagerie avec laquelle les USA installent et défendent la démocratie en Afghanistan. Pour comprendre, il suffit de remplacer démocratie” par pipeline” et de regarder une carte sur l’acheminement du pétrole.» (10).

Ou va ce monde qui permet ces horreurs et que vaut la vie des damnés de la Terre face à celle de ceux qui se croient investis d’une mission divine, voire d’une «destinée manifeste»? QU’est ce que la démocratie pour ce vieillard qui enterre un morceau de chair à la place de son fils tant aimée?

Saint Paul parlant de ces taghouts (tyrans) disait: «Dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains [...] insensibles [...] aimant le plaisir plus que Dieu.»(11)

C’est peut-être cela la fin des temps que, les spiritualités et notamment religions révélées n’ont cessé d’annoncer. La fin des temps ne sera pas brutale, c’est un long délitement des valeurs et de ce qui fait la dignité et la valeur d’une vie quelle que soit sa latitude.

*Par Chems Eddine Chitour: Ecole nationale polytechnique enp-edu.dz, Algérie.Paru dans mondialisation.ca- 15 avril 2013

Du même auteur voir :

Afghanistan : la mort d’enfants au nom des « valeurs » de l’Occident, 2008.

1. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/ 20130407.OBS7064/afghanistan-l-otan-aurait-tue-10-enfants-dans-un-bombardement.html

2. Gilles Devers : http://www.alterinfo.net/ Nouveau-crime-de-l-OTAN-en-Afghanistan-Dix-enfants-tues_a88886.htmlLundi 8 Avril 2013

3. Afghanistan: deux attentats font 18 morts, dont huit enfants Le Parisien.fr AFP 09.03.2013

4. http://www.legrandsoir.info/la-guerre-en-afghanistan-un-retrait-pressant-ineluctable.html

5. M. Dinucci : http://www.mondialisation.ca/ index.php?context=va&aid=22649, 5 janvier 2011

6.http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombarde-ment_ d%27Azizabad

7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombarde-ment_de_ Bala_Buluk

8. Ghaith A. http://www.guardian.co.uk/ world/2009/sep/11/afghanistan-airstrike-victims-stories

9. Audrey Pelé: L’US Army s’excuse pour des photos de victimes afghanes. Le Figaro. 22 3 2011

10. http://www.legrandsoir.info/+Sur-la-mort-de-neuf-enfants+.html

11. Saint Paul: Les signes de la fin des temps: 2 Timothée 3:1-5.

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*Amnesty international accuse les Etats-Unis d’avoir  tué des milliers de civils afghans sans être poursuivies ni avoir donné des compensations à leurs familles, 

Plusieurs milliers de civils ont ainsi péri depuis 2001,
note Amnesty à partir de plusieurs sources, dont les rapports de l’ONU.Les forces américaines ont tué des milliers de civils afghans sans être poursuivies ni avoir donné des compensations à leurs familles, dénonçait hier Amnesty international dans un rapport cinglant à quelques mois du départ de l’Otan du pays. L’organisation de défense des droits de l’homme dit y avoir rassemblé des preuves «de l’échec profond du système de justice américain» qui «cimente une culture de l’impunité» pour ses troupes qui ont tué des civils en Afghanistan, où elles sont déployées depuis la chute du régime des taliban à la fin 2001.
Le président afghan Hamid Karzaï a souvent dénoncé les victimes civiles des bombardements de la force de l’Otan (Isaf), à majorité américaine. Cette dernière répond invariablement qu’elle prend ces accusations au sérieux et enquête sur chacune. Plusieurs milliers de civils ont ainsi péri depuis 2001, note Amnesty à partir de plusieurs sources, dont les rapports de l’ONU. L’organisation souligne toutefois, comme l’ONU, que «la vaste majorité» des victimes civiles du conflit afghan sont victimes des groupes armés locaux, rebelles taliban et autres. Pour ce rapport, Amnesty dit avoir interrogé 125 Afghans détenteurs d’informations de première main sur 16 bombardements qui ont fait des victimes civiles, et rassemblé des informations sur une centaine d’autres depuis 2007. «Après chaque événement où des civils ont été tués par des forces américaines» et où il y a «des preuves crédibles» en ce sens, les Américains devraient «s’assurer que les suspects sont poursuivis en justice», souligne Amnesty dans de rapport intitulé «Laissés dans l’ignorance» («Left in the dark»).
Le rapport donne notamment en exemple un bombardement américain de 2012 qui a selon lui visé des femmes qui ramassaient du bois dans la province de Laghman (est), tuant sept femmes et filles et blessant sept autres. Il cite Ghulam Noor, un habitant qui a perdu dans cette attaque sa fille de 16 ans, Bibi Halimi, et a amené les dépouilles des victimes au siège de l’administration locale après que l’Isaf eut affirmé n’y avoir tué que des combattants rebelles. «Nous devions leur montrer que c’étaient des femmes qui avaient été tuées», a-t-il déclaré à Amnesty, en ajoutant, amer: «Je n’ai aucun pouvoir pour demander aux forces étrangères pourquoi elles ont fait cela. Je ne peux pas les poursuivre en justice». Selon Amnesty, les villageois ont porté plainte auprès du gouverneur local, mais l’affaire n’a aucun aucune suite car les forces étrangères en Afghanistan ne peuvent être poursuivies par la justice locale.
Ces cinq dernières années, Amnesty ne dénombre que six affaires où des soldats américains ont été traduits en justice pour avoir tué des civils afghans, dont la plus grave, celle du sergent américain Robert Bales, condamné à la prison à vie pour en avoir tué 16 en 2012. Le président Karzaï, sur le départ, a salué ce rapport. «Je suis très heureux que vous vous soyez concentrés sur ce qui constitue la principale pomme de discorde entre l’Afghanistan et les Etats-Unis», a-t-il déclaré dimanche aux représentants d’Amnesty, invités au palais présidentiel, ajoutant: «Ensemble, nous pouvons y mettre fin». Interrogée par l’AFP, l’Isaf a renvoyé sur le gouvernement américain, qui n’était pas immédiatement joignable. Près de 45.000 soldats étrangers, dont 30.000 Américains, sont actuellement déployés en Afghanistan, après un pic de 150 000 en 2012, pour soutenir Kaboul face à la rébellion menée par les talibans.
Les Etats-Unis ne prévoient de laisser dans le pays que 10.000 hommes, si un accord en ce sens est signé avec le gouvernement afghan, après le retrait du reste de l’Isaf prévu à la fin de cette année.*médias-Mardi 12 Aout 2014

*les militaire américains responsables des massacres de civils afghans

Amnesty International a mené une enquête sur l’impunité des forces américaines responsables de la mort de civils depuis 2001.

A quelques mois du départ de l’Otan d’Afghanistan, Amnesty International a recueilli de nombreux témoignages de victimes de la guerre, dans un rapport intitulé «Laissés dans l’ignorance» (Left in the dark). C’est l’une des premières fois que la population afghane est directement appelée à témoigner sur les méthodes des forces américaines. À la connaissance d’Amnesty International, depuis 2009 seules six affaires ont donné lieu à des procès de militaires américains. La plus grave est celle du sergent américain Robert Bales, condamné à la prison à vie pour avoir tué seize civils en 2012. Amnesty fait état des meurtres de milliers de civils afghans, sans que les Etats-Unis n’aient été poursuivis ou n’aient donné de compensations aux familles. L’organisation a interrogé 125 témoins, des victimes et leurs proches, qui pour la plupart n’avaient jamais témoigné auparavant. La mort de civils en temps de guerre n’est pas toujours considérée comme une infraction juridique, mais dans ce cas précis des civils auraient été «tués délibérément ou aveuglément» et auraient parfois fait l’objet «d’attaques disproportionnées», selon Amnesty.*médias-Mardi 12 Aout 2014

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Et si on parlait des stocks d’armes chimiques en Israël ?

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Photo : Attaque aux armes chimiques (phosphore blanc) sur une école des Nations Unies à Gaza, hiver 2008-2009. La barbarie sioniste a tous les droits, ne connait pas de freins, et bénéficie d’une complicité internationale coupable.

Le plan d’inspection et de destruction des armes chimiques de la Syrie attire l’attention sur les armes de destruction massive (ADM) non déclarées d’Israël.

Les responsables israéliens semblent de plus en plus nerveux, craignant que les efforts internationaux pour détruire les armes chimiques syriennes ne servent de prélude à des exigences pour qu’Israël élimine ses propres ADM non déclarées.

Israël maintient ce qu’il appelle « une posture de l’ambiguïté » sur la question de savoir s’il dispose d’armes nucléaire ou chimiques. Mais ce État est très fortement soupçonné de disposer d’un grand arsenal de bombes nucléaires, soustrait à toute surveillance internationale, et il existe de forts soupçons qu’il ait secrètement développé un programme d’armes chimiques.

Ces préoccupations se sont renforcées après la divulgation ce mois-ci d’un rapport confidentiel de la CIA suggérant qu’Israël avait constitué un stock important d’armes chimiques dans les années 1980. Israël a refusé à la fois de signer le Traité de non-prolifération de 1968, portant sur la réglementation des armes nucléaires, et de ratifier la Convention sur les armes chimiques de 1993, laquelle oblige les États à soumettre à une surveillance internationale et à détruire les agents chimiques en leur possession.

Au cours des derniers jours, d’autres pays du Moyen-Orient ont pris une série d’initiatives pour attirer l’attention internationale sur les ADM d’Israël.

Ces efforts ont suivi la ratification de la Convention sur les armes chimiques par Damas la semaine dernière, et l’annonce ce week-end d’un calendrier convenu entre la Russie et les États-Unis pour débarrasser la Syrie de ses stocks de substances chimiques d’ici le milieu de l’année prochaine.

Israël est aujourd’hui l’un des seuls six États qui refusent d’appliquer la Convention, avec dans la liste l’Égypte, le Myanmar, l’Angola, la Corée du Nord et le Sud Soudan. Cela a suscité des inquiétudes qu’Israël ne devienne rapidement un État paria sur la question.

Le journal quotidien Haaretz a rapporté cette semaine que la perspective que des pressions internationales ne s’exercent sur Israël pour connaître la vérité sur ses stocks d’ADM « tenait éveillés toute la nuit pas mal de hauts responsables de la défense israélienne ».

Shlomo Brom , un ancien général israélien et maintenant chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale à l’Université de Tel Aviv, a qualifié « d’imprudente » la politique actuelle d’Israël sur les armes chimiques.

« La réalité au Moyen-Orient a changé depuis qu’Israël a refusé de ratifier la convention. Il n’y a plus aucune bonne raison pour Israël de rester avec la poignée de régimes qui s’opposent à lui. »

Cette semaine, les États arabes ont présenté une résolution devant l’organisme de surveillance nucléaire des Nations Unies, l’Agence internationale de l’énergie atomique, demandant à Israël de placer ses installations nucléaires sous le régime d’inspection de l’AIEA dans le cadre du projet d’instaurer une zone sans armes nucléaires dans la région.

Le Traité de non- prolifération des armes nucléaires, qu’Israël a refusé de signer, a été élaboré en 1968, un an après Israël ait très certainement produit sa première ogive nucléaire.

« Mesures graves »

Un rapport publié ce dimanche par deux experts en prolifération a évalué qu’Israël avait construit un total de 80 bombes nucléaires jusqu’à 2004, année où il a semble-t-il avoir interrompu la production. Le même rapport conclut qu’Israël avait des stocks de matières fissiles suffisamment importants pour doubler le nombre de bombes à court terme.

Les responsables américains se sont cependant opposés aux États arabes à l’AIEA. Joseph Macmanus, le représentant américain à l’agence, a déclaré que la résolution « ne fait pas avancer notre objectif partagé de progrès vers une zone exempte d’ADM au Moyen-Orient. Au lieu de cela, elle sape les efforts d’un dialogue constructif vers cet objectif commun. »

Un plan égyptien préparant le terrain pour l’établissement d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient avait été parrainée par les États-Unis en 2010, malgré l’opposition d’Israël. Cependant, Washington a annoncé l’an dernier qu’il reportait toute action à un date ultérieure. Dans le même temps, dimanche dernier, le ministère iranien des Affaires étrangères a exhorté la communauté internationale à « prendre des mesures sérieuses » pour forcer Israël à ratifier la Convention sur les armes chimiques.

Suite à la ratification de la convention par la Syrie, son ambassadeur à l’ONU, Bachar Jaafari, a déclaré : « le principal danger des armes de destruction massive, c’est l’ arsenal nucléaire israélien », ajoutant qu’Israël possédait des armes chimiques, mais que la plupart des autres États ne sont pas prêts à en parler.

Cela peut encore changer. Les représentants du gouvernement israélien se sont dits inquiets que le secrétaire d’État américain, John Kerry, puisse exiger d’Israël la ratification du traité de non prolifération dans le cadre des efforts américains pour effacer les armes chimiques du Moyen-Orient. « Maintenant, Kerry peut expliquer que les USA ont besoin de l’aide d’Israël avec une ratification du traité interdisant l’utilisation d’armes chimiques », a rapporté le journal Haaretz .

Selon des informations parues dans les médias israéliens, les ambassades israéliennes à l’étranger ont reçu des instructions pour éluder les questions posées par les journalistes et les diplomates et liées aux armes chimiques israéliennes.

Le ministère israélien de la Défense a refusé de faire des commentaires pour Al-Jazeera, renvoyant les questions au bureau du Premier ministre. David Baker, un porte-parole de Netanyahu, a également refusé de répondre, traitant de « spéculations » toutes les interrogations. Il n’a pas voulu dire si le gouvernement israélien avait donné des directives aux responsables politiques.

Dans une déclaration publique inhabituelle, Amir Peretz, ancien ministre de la Défense, a déclaré à Radio Israël cette semaine : « J’espère beaucoup, et je suis certain, que la communauté internationale ne va pas en faire une question centrale et que nous allons maintenir le statu quo ». Contrairement à la Syrie, a-t-il prétendu, Israël était un « régime démocratique et responsable ».

Uri Avnery , un journaliste israélien et ancien homme politique, a déclaré que les Israéliens sont persuadés que leur pays possède secrètement de telles armes. « Le gouvernement israélien a toujours maintenu que Israël était une exception, qu’il s’agissait d’un gouvernement responsable et qu’il n’avait donc pas besoin de se soumettre aux conventions internationales, qu’elles soient nucléaires, biologiques ou chimiques. Les Israéliens croient qu’en raison de l’Holocauste, ils ont droit à une protection supplémentaire, ce qui signifie en pratique l’accès à tout type d’arme. »

Le secret d’Israël est, en partie, motivée par la promesse d’éviter d’embarrasser les États-Unis en déclarant posséder des armes de destruction massive. Washington en effet viole la législation américaine en continuant à verser à Israël des milliards de dollars chaque année, alors qu’Israël possède des armes nucléaires hors de tout traité de non- prolifération.

Une position à courte vue

Le refus d’Israël de ratifier la Convention sur les armes chimiques aux côtés de la Syrie « est une position à courte vue et d’utilité douteuse » , dit un éditorial du Haaretz, ajoutant qu’un changement de politique montrerait qu’Israël était prêt « à faire sa part dans l’effort général pour débarrasser la région des armes de destruction massive ».

Les soupçons qu’Israël puisse dissimuler un programme d’armes chimiques se sont renforcés à la suite d’un récent rapport du magazine américain Foreign Policy, révélant que des satellites espions américains avaient découvert une zone de stockage d’armes chimiques dans le désert du Néguev en Israël pour la première fois en 1982.

Un rapport confidentiel de la CIA de 1983 et divulgué par le même magazine, avait identifié « une probable installation de production et stockage d’agent innervant », près de la ville israélienne de Dimona, elle-même proche du réacteur nucléaire israélien. Le magazine ajoute que les industries chimiques d’Israël sont également soupçonnées d’être impliquées dans la production d’armes.

Selon des communications militaires israéliennes captées et divulguées par l’Agence de sécurité nationale américaine à cette époque, les bombardiers israéliens ont mené des missions simulant des bombardements par armes chimiques dans le Néguev .

Le rapport suggère que « plusieurs indicateurs nous amènent à croire [que les Israéliens] ont à leur disposition au moins des agents neurotoxiques persistants et non persistants, du gaz moutarde et plusieurs agents toxiques de lutte antiémeute, insérés dans des systèmes appropriés de diffusion ».

Bien qu’il ne soit pas possible de savoir si fonctionne encore le site de stockage d’armes chimiques identifié par la CIA au début des années 1980, il y a des indications sérieuses qu’Israël a continué à travailler sur des agents neurotoxiques dans les années qui ont suivi.

Israël est connu pour avoir un institut de recherche biologique à Ness Ziona, à environ 20km au sud de Tel Aviv, qui se présente comme un centre de recherche du gouvernement. Officiellement, l’institut effectue de la recherche pour la médecine et pour la défense, notamment en aidant Israël à se prémunir contre les effets d’une attaque au moyen d’ armes chimiques ou biologiques.

L’institut est cependant soupçonné d’avoir également et secrètement développé des capacités offensives, le plus célèbre de ses agents toxiques ayant été utilisé dans une tentative d’assassinat du dirigeant du Hamas, Khaled Mechaal, en Jordanie en 1997.

Mechaal, à qui des agents du Mossad avait injecté un produit toxique dans une oreille, ne fut sauvé que parce que les deux agents impliqués ont été capturés alors qu’ils étaient encore en Jordanie. Binyamin Netanyahu, le premier ministre israélien de l’époque, avait décidé de remettre un antidote en échange de la libération des deux espions.

Des armes expérimentales

Israël est fortement soupçonné d’avoir utilisé une toxine très difficile à détecter dans la mort encore inexpliquée du dirigeant palestinien Yasser Arafat en 2004.

La connexion entre Israël et les armes chimiques a également fait surface suite à un crash d’un avion israélien près d’Amsterdam en 1992.

Les médias néerlandais avaient rapporté que l’avion d’El Al transportait des quantités importantes d’un composant chimique majeur du gaz sarin, le gaz neurotoxique utilisé près de Damas le dernier mois, le gouvernement syrien ayant été largement accusé d’être responsable de l’attaque. La société américaine qui avait fourni [en 1992] le produit chimique en question, avait déclaré que la livraison devait se faire à l’Institut de recherche biologique à Ness Ziona.

Une série de rapports, dont un de la BBC au début de la deuxième Intifada palestinienne il y a dix ans, a également accusé Israël d’utiliser ce qui semblait être une forme expérimentale de gaz lacrymogène produisant des convulsions graves pour beaucoup de ceux qui l’ont inhalé.

Plus récemment, les attaques répétées d’Israël sur Gaza ont été l’occasion d’utiliser des munitions Dense Inert Metal Explosive ( DIME), un type d’arme expérimentale qui n’est pas encore couvert par les traités internationaux. Son explosion provoque de graves dommages internes aux victimes et laisse des traces de métaux cancérigènes, tels que le tungstène, dans les corps de ceux qui survivent.

En hiver 2008-09 , Israël a été largement condamné pour avoir utilisé du phosphore blanc sur des zones habitées de Gaza. Même si ce gaz est autorisé à être utilisé sur un champ de bataille pour créer un écran de fumée, le phosphore blanc est considéré comme une arme chimique lorsqu’il est utilisé dans des zones où des civils sont présents. Les éléments de cette substance chimique brûlent à travers la chair et les poumons et ils sont particulièrement difficiles à éteindre.

Sous la pression internationale, l’armée israélienne s’est engagée plus tôt cette année à mettre fin à l’utilisation de ce type de produit toxique.

*ParJonathan Cook–Paru dans mondialisation.ca-25 septembre 2013

Article original en anglais :
http://www.aljazeera.com/indepth/fe… 20 septembre 2013
Traduction : Info-Palestine.eu - Claude Zurbach

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Jonathan Cook a remporté le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Ses derniers livres sont Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East(Pluto Press) et Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair (Zed Books). Voici l’adresse de son site : http://www.jkcook.net.

***Un document de la CIA révèle qu’Israël a mis aussi en place son propre arsenal d’armes chimiques.

cia

Des responsables du renseignement à Washington estiment que l’Etat hébreu a secrètement fabriqué et stocké des armes chimiques et biologiques depuis des décennies pour compléter son arsenal nucléaire présumé.

Peu d’informations ou de preuves tangibles circulent toutefois sur un éventuel programme chimique israélien. Les informations les plus fiables sur un tel programme apparaissent dans un rapport secret de la CIA en 1983. Des satellites espions américains ont repéré en 1982 «une usine de production de gaz chimique et une unité de stockage dans le désert du Néguev», selon le document de la CIA. «D’autres unités de production d’armes chimiques auraient aussi été mises en place dans le cadre d’une industrie chimique bien développée». Il n’est pas sûr si Israël dispose encore à ce jour d’armes chimiques. En 1992, le gouvernement israélien a signé mais n’a jamais ratifié la Convention sur les armes chimiques, qui interdit de telles armes.

Le rapport de la CIA, déclassé en 2009, traite d’informations sur l’utilisation par l’Union soviétique d’armes chimiques et biologiques en Afghanistan et dans le sud-est asiatique. Des sections entières sur le Moyen-Orient ont été censurées par des responsables gouvernementaux*Paru dans mondialisation.ca-20 septembre 2013

Article original en anglais : Does Israel Have Chemical Weapons Too? One secret CIA file may have the answer, 9 septembre 2013

Traduction : Médiarama :

http://gallery.mailchimp.com/fdeacba4fa4c5ec4d8ce5787c/files/Mediarama_419.pdf

http://www.foreignpolicy.com/articles/2013/09/09/does_israel_have_chemical_weapons_too

Rapport de la CIA :

http://www.foreignpolicy.com/articles/2013/09/09/does_israel_have_chemical_weapons_too?page=0,3

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Le grand tabou américain :

de ce que l’on (ne) dit (pas) quand on parle de crimes de guerre

« Quand on s’engage à servir son pays et qu’on prête serment, on s’y tient. Ce n’est pas une option. » *Steven Bussi de la Fondation Néoconservatrice Heritage, à propos de Chelsea Manning, (anciennement connu sous le nom de Bradley).

Tabou américain

Vraiment ? Peu importe ce que l’on demande à un individu qui s’est engagé ? Peu importe ce qu’il voit ou ce qu’il sait, il doit ignorer sa conscience et obéir aux ordres ? Mais Steven, mon ami, vous n’êtes pas sans savoir qu’après la Seconde Guerre Mondiale de nombreux Allemands utilisèrent, bien évidemment, l’excuse d’avoir obéi aux ordres. Les alliés victorieux exécutèrent pourtant beaucoup d’entre eux.

Les condamnations à mort furent prononcées par le Tribunal Militaire International de Nuremberg, en Allemagne, qui déclara que les individus ont des devoirs internationaux qui surpassent les obligations nationales d’obéissance. C’est pour cela que les citoyens, en tant qu’individus, ont le devoir d’enfreindre les lois nationales pour empêcher que des crimes contre la paix et contre l’humanité n’aient lieu.

En outre, le Principe IV de Nuremberg stipule : le fait qu’une personne agisse selon les ordres de son Gouvernement ou d’un supérieur ne l’exonère pas de sa responsabilité au regard des lois internationales, pour peu qu’on parvienne à démontrer qu’il avait la possibilité d’agir autrement.

Manning, mais aussi Edward Snowden, avaient des alternatives d’ordre moral et ils les ont saisies.

Il convient de dire que Barack Obama a refusé de présenter à la justice ceux qui, sous l’ère Bush, étaient impliqués dans les actes de torture car, affirme-t-il, ils ne faisaient qu’obéir aux ordres. Cet homme instruit, n’a-t-il jamais entendu parler du Tribunal de Nuremberg ? Pourquoi n’est-il pas gêné de répéter encore et toujours le même argument ?

Durant les trois dernières années d’incarcération, de torture et d’humiliation que Manning a vécues et qui ont augmenté considérablement ses difficultés personnelles déjà existantes, j’imagine que l’idée du suicide lui a traversé l’esprit à bien des reprises. Cela aurait été le cas si j’avais été à sa place. Au cours des milliers de jours et de longues nuits d’incarcération à venir, ces pensées habiteront peut-être Manning. Si les pensées se transforment en désir et si le désir devient insupportable, j’espère que cette jeune femme courageuse trouvera le moyen de le réaliser. Toute personne possède ce droit, même les héros.

Les Etats-Unis et leurs petits caniches européens sont peut-être allés trop loin, pour leur propre bien, dans leurs tentatives de contrôler toute communication dissidente en exigeant toutes les données de la part des sociétés impliquées dans la messagerie codée, en mettant la pression pour fermer plusieurs d’entre elles, en obligeant l’avion du président bolivien à atterrir, en détruisant les ordinateurs d’un journal important, en arrêtant la conjoint d’un journaliste pendant plus de neuf heures dans un aéroport, en s’appropriant les conversations téléphoniques de journalistes de l’Associated Press, en menaçant d’emprisonnement un journaliste du New York Times s’il ne révélait pas sa source lors d’une opération d’infiltration, en mentant de manière éhontée au plus haut niveau, en dissimulant des micros au sein du Parlement Européen et des Nations Unies, en organisant des surveillances sans limites. Où tout cela s’arrêtera-t-il ? A quel moment cela sera-t-il contreproductif et permettra aux Etats-Unis de revenir à un niveau de surveillance normal ? Le 24 Juillet, une loi limitant le pouvoir de la NSA a été retoquée par seulement 217 votes contre 205 à la Chambre des Représentants.

Et combien de temps encore Amnistie Internationale continuera-t-elle à salir son image en niant l’évidence ? A savoir que Manning rentre dans la catégorie des Prisonniers d’Opinion. Quiconque visite le site d’Amnistie Internationale à la recherche de Prisonniers d’Opinion en trouvera un grand nombre, dont plusieurs cubains. Existe-il un lien entre l’oubli de Manning et le fait que la Directrice Exécutive d’Amnistie Internationale, Suzanne Nossel, ait pris ses fonctions actuelles tout de suite après son départ du Département d’Etat Américain, où elle occupait le poste de Vice-Secrétaire Adjointe en charge des Organisations Internationales ?

Un coup de fil au siège d’Amnistie Internationale à New York ne m’a pas permis d’obtenir une quelconque explication sur l’oubli de Manning. Je suggère que les lecteurs essaient de l’obtenir en contactant le bureau d’Amnistie Internationale de leur pays.

En attendant, l’autre grande organisation internationale de défense des droits de l’homme, HRW, a vu le Directeur du bureau de Washington, Tom Malinowski, être nommé par Obama, Secrétaire d’Etat Adjoint en charge de la Démocratie, des Droits de l’Homme et du Droit du Travail. Est-il vraiment exagéré d’attendre d’un haut fonctionnaire à la tête d’une organisation de défense des Droits de l’Homme qu’il refuse de travailler pour un gouvernement qui a le plus enfreint les Droits de l’Homme au cours des cinquante dernières années ? Et si cette nomination vous semble écœurante, il vous faut considérer la torture comme le meilleur exemple de la cruauté humaine. Qui d’autre que les Etats-Unis a été le plus impliqué dans cette horreur ? Allant même jusqu’à l’enseigner, fournissant manuels et équipements, créant des centres de torture un peu partout dans le monde, séquestrant des personnes pour les conduire vers ces lieux, incarcération, alimentation forcée, Guantanamo, Abu Ghraib, Bagram, Chili, brésil, Argentine, Chicago…

Que Dieu nous pardonne !

*William Blum–Paru dans mondialisation.ca- 25 septembre 2013

Source originale : Counterpunch

Auteur de Killing Hope : U.S. Military and CIA Interventions Since World War II, Rogue State : a guide to the World s Only Super Power.

Son dernier ouvrage s’intitule America s Deadliest Export : Democracy.

Contact : BBlum6@aol.com <mailto:BBlum6@aol.com>

Traduit pour Investig’Action

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*Armes chimiques et donneurs de leçons

Petite pédagogie de l’horreur

«Je ne comprends pas ces réticences à l’emploi du gaz. Je suis fortement en faveur de l’utilisation du gaz toxique contre les tribus barbares… L’effet moral sera bon. On diffusera une terreur vivace…» Sir Winston Churchill à propos des rebelles kurdes

Phan Thi Kim Phuc, la fillette vietnamienne brulée au napalm par les Américains ainsi que tout son village en 1972

Le mérite de Winston Churchill c’est d’avoir été franc. Il n’a aucun état d’âme à gazer des populations, et il s’insurge contre ceux qui sont contre. Il leur explique qu’il n’y a pas de quoi puisque ce sont des tribus barbares que l’on doit démoraliser par la terreur. Au passage, Winston Churchill sans état d’âme sait qu’il parle de la terreur mais malgré cela il persiste et il signe. Dans cette contribution pour décrire les faits, nous allons parler des justiciers actuels imposant une doxa occidentale qui repose comme au bon vieux temps sur le fait du prince -des princes pourrait-on dire- et la lettre de cachet pour les manants version actuelle de l’expédition punitive qu’affectionnent particulièrement les socialistes au point d’en user et d’en abuser. Ceci, depuis une certaine France de Guy Mollet partie guerroyer avec son complice de toujours, la perfide Albion et avec l’incontournable Israël, quand il s’agit de mettre au pas les Arabes, jusqu’à la «punition» promise à la Syrie par Hollande, le chevalier sans peur et sans reproche, frustré de ne pas en découdre sans la protection du parapluie américain.

L’histoire de l’utilisation des armes chimiques
Nous avons dans une contribution précédente décrit l’histoire de l’utilisation des armes chimiques en consommant par les feux grégeois qu’un certain Calllinicus avait mis au point. Le feu grégeois était basé sur l’association d’un comburant, le salpêtre, avec les substances combustibles, comme le goudron. Bien plus tard, c’est l’Allemagne qui utilisa la première les armes chimiques en 1915-17: chlore liquide et phosgène, puis gaz vésicatoire et asphyxiant moutarde (ou ypérite). En riposte, la Grande-Bretagne et la France produisirent elles aussi ce gaz létal. Le gaz nervin Tabun, qui provoque la mort par asphyxie, fut découvert en 1936 par des chercheurs de la société allemande I.G. Farben En 1930, l’Italie utilisa des armes chimiques en Libye et en Éthiopie en 1936.
Les pays occidentaux qui poussent des cris d’orfraie, doivent se souvenir que ce sont eux les inventeurs et les vendeurs de ces armes de la mort tragique. Camus écrit à ce propos dans Agoravox: «(…) Pour ce qui est de la tragédie du gazage du village Kurde d’Halabja en 1988, sans doute conviendrait-il de faire remonter à la surface de l’oubli ce qu’écrivait Barry Lando, ancien de la chaîne américaine CBS, dans Le Monde du 17 octobre 2005 à savoir qu’il eut fallu se souvenir «que les armes chimiques irakiennes étaient fournies principalement par des sociétés françaises, belges et allemandes, dont les ingénieurs et chimistes savaient exactement ce que Saddam préparait. Ni que les États-Unis avaient précédemment fourni à Saddam des images satellite lui permettant d’attaquer les troupes iraniennes avec des armes chimiques». (1)

Quand Winston Churchill approuvait les gaz de combat
Avant de devenir l’icône de la résistance au nazisme, lit-on sur une contribution parue dans le Guardian, Winston Churchill a d’abord été un fervent défenseur de l’Empire britannique et un antibolchevique convaincu. Au point de préconiser le recours aux gaz qui avaient été la terreur des tranchées.(…) Winston Churchill, alors secrétaire d’Etat à la Guerre, balaie leurs scrupules d’un revers de la main. Depuis longtemps partisan de la guerre chimique, il est décidé à s’en servir contre les bolcheviques en Russie. Durant l’été 1919, quatre-vingt-quatorze ans avant l’attaque dévastatrice en Syrie, Churchill prépare et fait lancer une attaque chimique d’envergure. Ce n’est pas la première fois que les Britanniques ont recours aux gaz de combat. Au cours de la troisième bataille de Gaza [contre les Ottomans] en 1917, le général Edmund Allenby a fait tirer 10.000 obus à gaz asphyxiants sur les positions ennemies. Cependant, la mise au point de l’»engin M», un gaz extrêmement toxique, le diphénylaminechloroarsine décrit comme «l’arme chimique la plus efficace jamais conçue.»(2)
En 1919 Winston Churchill alors Secrétaire d’État à la Guerre décide d’utiliser les grands moyens Nous lisons sous la plume de Camus: «Un programme exécuté à la lettre par le lieutenant-colonel Arthur Harris qui lui s’en vantait en ces termes: «Les Arabes et les Kurdes savent maintenant ce que signifie un véritable bombardement… En 45 minutes nous sommes capables de raser un village et de tuer ou blesser un tiers de sa population.» Vingt-cinq ans plus tard, Winston Churchill, fidèle à lui-même, professait des idées à peu près identiques à propos du Reich national-socialiste (…) Ajoutons par honnêteté que l’usage britannique des attaques aériennes au gaz moutarde – Ypérite – notamment au Kurdistan à Souleimaniyé sur la frontière irano-irakienne en 1925 – un an après la signature du Protocole de Genève prohibant ´´l’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques´´ – n’a pas été une pratique totalement isolée, les Espagnols dans le Rif marocain [1921-1927], les Japonais en Chine ne s’étant pas privés d’y recourir.» (1)

La France et «son savoir-faire» dans les armes chimiques
La France comme toutes les nations occidentales a développé d’une façon intensive les gaz de combat, notamment dès la Première Guerre mondiale. Son savoir-faire a été exporté dans plusieurs pays. Malgré toutes les conventions signées, elle a gardé en Algérie une base d’expérimentation. Fabrice Nicolino écrit à ce sujet: «La France gaulliste a oublié les armes chimiques de B2 Namous. La France socialo a oublié les 5000 morts d’Halabja. Le 16 mars 1988, des Mirage made in France larguent sur la ville kurde – irakienne – d’Halabja des roquettes pleines d’un cocktail de gaz sarin, tabun et moutarde. 5000 morts. (…) L’urgence est de soutenir Saddam Hussein, raïs d’Irak, contre les mollahs de Téhéran. Et que l’on sache, pas un mot de Hollande, en ce temps l’un des experts du Parti Socialiste. Il est vrai que ce n’est pas demain la veille qu’ils devront s’expliquer sur la base secrète B2 Namous. ancienne base d’expérimentation d’armes chimiques & bactériologiques (…) De Gaulle a l’obsession qu’on sait: la grandeur, par la puissance. La première bombe atomique de chez nous explose le 13 février 1960 dans la région de Reggane, au coeur d’un Sahara alors français. Ce qu’on sait moins, c’est que le pouvoir gaulliste deale ensuite avec l’Algérie d’Ahmed Ben Bella pour conserver au Sahara des bases militaires secrètes. Les essais nucléaires français, devenus souterrains, continuèrent dans le Hoggar, près d’In Ecker, jusqu’en 1966. La France a signé en 1925 une convention internationale interdisant l’utilisation d’armes chimiques, mais que valent les chiffons de papier? Entre 1921 et 1927, l’armée espagnole mène une guerre d’épouvante chimique contre les insurgés marocains du Rif. Et l’on sait maintenant que la France vertueuse avait formé les «techniciens» et vendu phosgène et ypérite à Madrid».(3)
Fabrice Nicolino nous parle ensuite des accords d’Evian qui permettent à la France de garder des bases militaires qu’ils ont restituées dans leur état naturel «Outre Reggane et In Ecker, B2 Namous, un polygone de 60 kilomètres par 10 au sud de Béni Ounif, non loin de la frontière marocaine. Dans une note de l’état-major français, on peut lire: «Les installations de B2-Namous ont été réalisées dans le but d’effectuer des tirs réels d’obus d’artillerie ou d’armes de saturation avec toxiques chimiques persistants; des essais de bombes d’aviation et d’épandages d’agressifs chimiques et des essais biologiques.» En 1997, le ministre de la Défense Alain Richard déclare: «L’installation de B2 Namous a été détruite en 1978 et rendue à l’état naturel». En février 2013, le journaliste de Marianne Jean-Dominique Merchet révèle qu’un accord secret a été conclu entre la France et l’Algérie. Il porte sur la dépollution de B2 Namous, «rendue à l’état naturel» trente ans plus tôt».(3)

L’utilisation des armes chimiques par les Etats-Unis
Il est impossible dé décrire les nombreuses circonstances dans lesquelles les armes chimiques ont été utilisées. Qu’il nous suffise de rapporter la philosophie du plus grand chantre de l’utilisation de ces armes de l’horreur. «Décidément lit-on sur Agoravox sous la plume de Camus, comme s’il fallait établir des distinguos abscons entre morts déchiquetés sous des bombes conventionnelles ou asphyxiés au gaz innervant. Et puis les Anglo-Américains devraient commencer par balayer devant leurs malpropres portes au lieu de jouer aux offusqués et aux saints innocents. (…) N’est-ce pas en effet Washington qui a livré une impitoyable guerre chimique au Vietnam entre 1961 et 1971 avec des épandages massifs – 80 millions de litres – d’Agent Orange, un défoliant comportant de la dioxine? Ce sont de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens qui ont été touchés par ce composé hautement mutagène dont les effets se font sentir encore aujourd’hui.» (1)
Massimo Fini s’interroge à son tour,sur l’autorité morale des Etats Unis: «(…) Mais ce que j’aimerais comprendre, c’est d’où vient exactement cette autorité morale des États-Unis qui se permettent de tracer des «lignes rouges» sur l’utilisation d’armes chimiques. Ce sont pourtant eux qui, en 1985, en fournirent à Saddam alors au pouvoir dans sa lutte contre les Iraniens, et par la suite contre les Kurdes. (…) Lors de la guerre contre la Serbie, les USA utilisèrent des bombes à l’uranium appauvri. (…) On imagine facilement l’effet de cet «uranium appauvri» sur les civils serbes et surtout sur les enfants qui évoluent à 1 m du sol et sont habitués à toucher à tout. En 2001, pour capturer Ben Laden, les Américains noyèrent les montagnes d’Afghanistan sous les bombes à l’uranium et le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait déclaré que «pour chasser les terroristes, nous utiliserons aussi des gaz toxiques et des armes chimiques». On en voit les résultats aujourd’hui. Un paysan afghan, dénommé Sadizay, raconte: «Un raid de l’Otan a détruit ma maison, tué ma femme et trois de mes fils. Mais quand j’ai vu naitre mon neveu sans bras et sans jambes, alors j’ai compris que les Américains nous avaient volé jusqu’à notre futur.» (4)

Le secret des gaz israéliens
«Ce sont écrit Thierry Meyssan, les recherches israéliennes sur les armes chimiques et biologiques qui ont poussé historiquement la Syrie à rejeter la Convention interdisant les armes chimiques. C’est pourquoi la signature par Damas de ce document risque de mettre en lumière l’existence, et éventuellement la poursuite, de recherches sur des armes sélectives destinées à tuer les seules populations arabes. (…) Un document de la CIA récemment découvert révèle qu’Israël a mis aussi en place son propre arsenal d’armes chimiques. Des responsables du renseignement à Washington estiment que l’Etat hébreu a secrètement fabriqué et stocké des armes chimiques et biologiques depuis des décennies pour compléter son arsenal nucléaire présumé. Dans un rapport secret de la CIA en 1983. Des satellites espions américains ont repéré en 1982 «une usine de production de gaz chimique et une unité de stockage dans le désert du Néguev». (5)
Pour Jean Shaoul, la condamnation par les États-Unis de l’usage des armes chimiques ne s’applique pas à Israël. Il écrit: «(…) Aucune obligation morale de cette sorte n’est cependant invoquée à l’égard d’Israël, pays qui détient le plus important stock d’armes chimiques biologiques et nucléaires au Moyen-Orient, et qui est le seul Etat à ne pas avoir signé le traité de non-prolifération nucléaire. Comme l’a relevé le site Web Foreign Policy le lundi 9 septembre, non seulement les États-Unis connaissent depuis des dizaines d’années l’existence des armes chimiques israéliennes, mais ils ont maintenu le silence à leur propos. Ce n’est pas simplement qu’Israël possède un important arsenal d’armes chimiques. Il s’en est servi contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Ghaza, contre le Liban et Ghaza durant les assauts militaires de 2006, et durant l’opération Plomb durci à Gaza en 2008-2009.(…) Un protocole de la convention de 1980 sur les armes conventionnelles interdit l’usage du phosphore blanc en tant qu’arme incendiaire (…) Le rapport d’enquête de l’ONU, le rapport Goldstone, a réaffirmé les conclusions de nombreuses enquêtes internationales respectées, confirmant l’usage disproportionné par Israël de la force contre les Palestiniens, et les accusations de crime de guerre contre Israël et le Hamas ainsi que de «probables crimes contre l’humanité,» comprenant l’usage du phosphore blanc par Israël. Il y est dit que les forces israéliennes se sont comportées de façon «systématiquement irresponsable» dans leur usage de phosphore blanc dans les zones construites, citant l’attaque israélienne contre le bâtiment de l’Agence de soins et de travaux de l’ONU dans la ville de Ghaza, l’attaque de l’hôpital Al Quds et celle de l’hôpital Al Wafa. (6)
On parle souvent de la «Pax Americana» pour dénommer l’ordre résultant de l’hégémonie des Etats-Unis. Cette position de force n’est pas un gage d’équilibre et de paix à l’échelle mondiale. C’est ainsi que les États-Unis interviennent de façon chronique pour leurs intérêts stratégiques. Pour l’histoire, cela a commencé en 1846: Guerre américano-mexicaine, les États-Unis d’Amérique annexent La Californie. Ce fut aussi, sans être exhaustif, la Guerre de Corée (1950-1953), du Viêt Nam (1968-1975). Cela a continué pour la période récente avec la guerre du Vietnam où des centaines de tonnes d’agents chimiques orange ont été déversées créant la mort et la désolation pour des dizaines d’années, ce sera ensuite le ou la Guerre en Irak (2003), le feuilleton irakien de la démocratie aéroportée à raison de dizaines de morts tous les jours ne s’est pas clôturé avec la pendaison inhumaine de Saddam Hussein. En 2011 ce fut la mise à sac de la Libye et le lynchage abjecte de Kadhafi. au total soixante-six interventions extérieures pour la plupart sanglantes»
Charles de Gaulle écrivait en son temps, que «les armes ont torturé mais aussi façonné le monde. Elles ont accompli le meilleur et le pire, enfanté l’infâme aussi bien que le plus grand, tour à tour rampé dans l’horreur ou rayonné dans la gloire. Honteuse et magnifique, leur histoire est celle des hommes». La guerre de tous conte tous n’est jamais propre, c’est de fait l’échec de la parole désarmée qui est l’empathie envers la détresse des faibles. Assurément, l’humanité court à sa perte.*
Par Chems Eddine Chitour: Ecole nationale polytechnique enp-edu.dz, Algérie-L’Expression-Lundi 23 Septembre 2013

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1.Camus mardi 17 septembre 2013 http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/guerres-chimiques-pages-d-histoire-140994
2.http://www.courrierinternational.com/article/2013/09/13/quand-winston-churchill-approuvait-les-gaz-decombat?utm_campaign=&utm_medium=email&utm_source=Courrier+ international +au+quotidien The Guardian 13 09 2013
3.FabriceNicolinohttp://www.altermondesansfrontiere.com/spip.php?article2399019 septembre 2013
4.Massimo Fini, http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/veto-sur-les-armes-chimiques-sauf-135436 4 mai 2013
5.Thierry Meyssanhttp: // www.voltairenet.org/article180223.html 15 09 2013
6.Jean Shaoul http://www.mondialisation.ca/la-condamnation-par-les-etats-unis-de-lusage-des-armes-chimiques-ne-sapplique-pas-a-israel/5350557

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Le gouvernement français a t-il présenté un faux à propos de la Syrie, devant le Parlement ?

jean_marc_ayrault2septembre-2013

Le comité Valmy recherche un député susceptible de briser l’omerta en posant cette question au 1er Ministre. Quand le gouvernement viole la loi en tentant d’obtenir un consensus du Parlement au moyen d’un faux document dans le seul but d’entraîner la France dans un conflit au bénéfice des auteurs du crime qu’on prétend combattre, les députés sont face à une responsabilité historique : doivent-ils se coucher et accepter honteusement cette manipulation, ou, au contraire, demander des comptes, laver l’honneur de la République, et mettre sous la tutelle des élus de la Nation ce gouvernement qui a fait la démonstration de son irresponsabilité ?

Monsieur le Premier Ministre,

Le 2 septembre dernier, avant le débat à l’Assemblée nationale visant à obtenir un consensus sur une intervention militaire en Syrie, vous rendiez public un document déclassifié des services DRM et DGSE, document censé établir la preuve que l’armée régulière syrienne serait l’utilisatrice des armes chimiques contre le peuple syrien, le 21 août 2013.

Les lecteurs de ce document ne pouvaient qu’être frappés par l’absence de fait précis et la médiocrité de son contenu : après une présentation scolaire laborieuse de l’histoire de l’armement syrien, l’auteur pense pouvoir deviner l’identité des criminels de la seule nature des armes… Comme si toutes les utilisateurs de six coups étaient américains et russes les utilisateurs de Kalachnikov !

De l’affirmation non étayée que seule l’armée régulière serait en capacité technique de manipuler de telles armes, la représentation nationale devait conclure comme un seul homme à la responsabilité du gouvernement syrien. Pourtant, seuls les “rebelles” avaient intérêt à fournir le prétexte requis par le président Obama pour intervenir militairement. Par ailleurs, ce document occultait la présence d’éléments non syriens parmi les “rebelles”, dont certains étaient armés, formés et épaulés par de nombreux services étrangers capables de leur fournir la capacité d’utiliser des armes chimiques, ce qui ruinait le raisonnement précité.

Depuis le renoncement des États-Unis à l’attaque contre la Syrie, aucun service occidental et anti-syrien n’a été capable d’apporter la moindre preuve tangible de la responsabilité du gouvernement syrien dans les drames du 21 août. A l’inverse, nombre de documents, de témoignages et de faits incontestables tendent à établir la culpabilité d’éléments de la rébellion.

Sans un salvateur vote à la Chambre des Communes britannique, suivi d’un accord russo-américain, la France aurait été entraînée dans une agression militaire aux risques incalculables, très certainement pour soutenir les utilisateurs des armes chimiques, sur la seule foi de ce document.

Nous découvrons maintenant que ce document [1] présenté comme émanant des services secrets français porte la signature électronique de M. Sacha MANDEL [2] (« smandel ») et semble bien, en réalité, avoir été concocté par ce conseiller en Communication du Ministre de la Défense.

L ’introduction précise que « Ce document est constitué de renseignements déclassifiés issus des sources propres françaises. Il repose également sur l’analyse technique approfondie des sources ouvertes réalisée par nos services. » Force est de constater qu’aucun avis de Commission Consultative du secret de la défense nationale n’a été publié au Journal Officiel, seule preuve de déclassification légale de renseignements. [3] La Commission n’a donc pas été saisie, la procédure [4] n’a donc pas été respectée.

“le ministre ne peut déclassifier sans avoir préalablement demandé cet avis, même s’il est favorable à la demande.” [5]) L’introduction du document étant mensongère, la question se pose : ces « renseignements déclassifiés » n’existent t-il que dans l’imagination d’un communicant du ministère de la Défense ?

De quel droit le gouvernement prétent-il présenter aux parlementaires des renseignements déclassifiés sans qu’aucune procédure de dé-classification n’ait existé ? Quelle est la véritable origine de ces pseudo « renseignements déclassifiés » sur la base desquels il fallait déclencher de toute urgence un conflit au conséquences planétaires ?

Pouvez-vous, monsieur le Premier Ministre, désigner le véritable auteur de ce document ?

S’agit-il de M. Sacha MANDEL, responsable en communication de M. le Drian ou des services de renseignement, dont la DGSE qui a vu la prise de fonction d’un nouveau directeur [6] la veille de la parution de ce document ?

S’il s’agit des services officiels, pourquoi M. Mandel n’a t-il pas démenti ? Et dans ce cas, des sanctions ont-elles été prises ? Les services ont-ils été appelé à fournir des renseignements de meilleure qualité, au minimum pour que la France ne se trouve pas entraînée dans un conflit en se trompant d’adversaire, sur la base de renseignements erronés ?

Enfin, en prétendant que ce document essentiel émanait des services DRM et DGSE, qu’il contenait des « renseignements déclassifiés », le gouvernement a t-il présenté un faux à la représentation nationale ?

Comité Valmy
28 septembre 2013* Paru dans mondialisation.ca- 30 septembre 2013

Notes

[1] -Document sur le site du Premier Ministre

[2] -Organisation du cabinet du ministre de la Défense

[3] -CODE DE LA DÉFENSE : Commission consultative du secret de la défense nationale

[4] -Rapport de la CCSDN, procédure page 73

[5] -”Secret Défense” sur le site du Secrétariat Général pour l’Administration

[6] -Décret du 22 août 2013 portant nomination d’un directeur à la direction générale de la sécurité extérieure – M. BIGOT (Christophe)

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Au nom de la démocratie et de la guerre

 

gaza

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Anti_semitism

enfants

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42 réponses à “Au nom de la démocratie et de la guerre”

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  1. 9 04 2017
    Hamish (17:30:13) :

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