La dévaluation de l’enseignant chercheur

**Les chercheurs sont marginalisés et ignorés

Le directeur général de la recherche scientifique au ministère de l’enseignement supérieur, Hafid Aourag a indiqué, mercredi, que l’Algérie consacre à peine 6% du PIB pour la recherche scientifique équivalent à celui de trois universités américaines.

S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, Hafid Aourag se plaint du fait que les chercheurs et universitaires Algériens ne soient ni sollicités, ni intégrés dans la dynamique de développement du pays allant jusqu’à affirmer qu’ils sont « marginalisés » voire ignorés par les leaders de l’économie nationale qui préfèrent en appeler à l’expertise étrangère.

Néanmoins le même responsable a soutenu que cette tendance commence, quelque peu, à s’inverser en faisant état de la signature de plusieurs conventions de coopération entre le secteur de la recherche et plusieurs ministères, à l’exemple de ceux de l’industrie et de l’agriculture en particulier

Aourag n’a pas manqué, à l’occasion, de rappeler  que le secteur de la recherche en Algérie dispose de compétences avérées, lesquelles quand elles ont été sollicitées, ont démontré les qualités de leur savoir-faire.

Il en veut pour preuve les quelque 3.000 sites d’exploitation d’énergie renouvelable implantés avec leur concours en diverses régions du territoire.

Le directeur général de la recherche scientifique au ministère de l’enseignement supérieur a rappelé, dans le même sillage, cette découverte d’un vaste gisement à valeur « très élevée » de silicium par des chercheurs algériens à l’Ouest du pays. Il a, à ce propos, révélé que le Japon a, d’ores et déjà, exprimé son vif intérêt à contribuer à son exploitation commerciale.*Par Mourad Arbani | 07/10/2015 |algerie1.com/

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À grade égal : tâches égales, salaire inégal !

La dévaluation de l'enseignant chercheur spacer

Depuis la promulgation de l’ordonnance portant statut général de la fonction publique en juillet 2006 (et tous les espoirs suscités en son temps), les enseignants-chercheurs ainsi que leurs collègues chercheurs hospitalo-universitaires et chercheurs permanents n’ont eu aucune autre alternative que de ronger leur frein en attendant le régime indemnitaire qui n’a pas encore pointé son nez malgré les « assurances » des pouvoirs publics.
Tantôt c’est vers la fin de la promulgation de tous les statuts particuliers, tantôt c’est à chaque secteur de discuter les indemnités de ses fonctionnaires, une fois que leur statut particulier soit décrété. Dans un premier temps, on a évoqué le mois de juillet 2009. Mais comme en Algérie l’été est la saison du profond coma politico-social, c’est vers ce mois de septembre 2009 que les regards se sont tournés. Accrochés au moindre chuchotement ou à la plus petite rumeur suintant des journaux, de la radio ou de la télévision, les enseignants-chercheurs suivent ce feuilleton avec un grand intérêt dont le nombre d’épisodes semble incommensurable. 
 Cette rentrée 2009/2010 constitue donc une fois de plus une indéniable désillusion pour les enseignants chercheurs qui ont trop espéré depuis les multiples promesses, surtout après l’inattendue grille des salaires de septembre 2007. Ils sont lassés par tant d’attente et laminés par une inflation galopante. 
 Les responsables du secteur en particulier et les pouvoirs publics en général n’ont-ils pas annoncé, à maintes circonstances, que le problème des salaires des enseignants-chercheurs allait être définitivement réglé afin qu’ils puissent consacrer leur énergie aux défis qui les attendent ? Maintenant que les échéances arrivent à terme, il semble que plus personne ne se rappelle ces engagements et que l’amnésie règne dans les arcanes de la république.

*LA DÉVALUATION DE L’ENSEIGNANT CHERCHEUR DÉCRÉTÉE
Au moment où l’on s’attendait à se mettre quelque chose sous la dent à propos du régime indemnitaire, voilà que le site Internet du journal officiel a mis en ligne, en ce jeudi 17 septembre 2009 et 27ème jour du mois de Ramadhan 1430, le décret exécutif n° 09-272 du 30 août 2009 modifiant et complétant le décret n° 86-276 du 11 novembre 1986 fixant les conditions de recrutement des personnels étrangers dans les services de l’État, des collectivités locales, établissements, organismes et entreprises publics. 
 Exactement, c’est comme l’année dernière qui nous fait évoquer non sans soupirs le 1er anniversaire du jour béni des parlementaires suite à la nuit de leur destin. 
 La spécificité de l’amendement dudit décret concerne les enseignants-chercheurs et notamment leurs collègues hospitalo-universitaires avec le nouvel article 2 qui est libellé de la sorte: « L’article 8 bis du décret n° 86-276 du 11 novembre 1986, modifié et complété, susvisé, est modifié, complété et rédigé comme suit : les personnels étrangers recrutés pour exercer les fonctions de professeur hospitalo-universitaire, professeur, maître de conférences hospitalo-universitaire classe «A», maître de conférences classe «A», maître de conférences hospitalo-universitaire classe «B» et maître de conférences classe «B» au sein des établissements l’enseignement supérieur perçoivent le traitement de base de leurs homologues algériens. Le traitement de base déterminé ci-dessus est affecté d’un coefficient correcteur compris entre 2 et 4,1. Le reste sans changement ».
Notons que dans la version officielle en langue nationale, le mot « affecté » signifie « multiplié ». Pour rappel, mentionnons qu’en 1986 le coefficient correcteur était compris entre 1,1 et 4 pour l’ensemble des travailleurs étrangers jusqu’en octobre 2004 où il a bondi entre 8 et 11 pour les enseignants universitaires afin d’encourager les étrangers à venir enseigner dans nos établissements universitaires. En plus, l’arrêté interministériel du 9 janvier 2005 a encore corrigé ce coefficient pour le hausser à 10 ou 11 fois le salaire de base !
Par ailleurs, le coefficient multiplicateur risque encore d’augmenter si l’on tient compte de l’indemnité d’expérience professionnelle et des primes qui sont, en général, toutes calculées en fonction du salaire de base. 
 En attendant l’arrêté interministériel qui va détailler le dernier décret paru, le salaire de base pourra atteindre la somme de 273060,00 DA (vingt-sept millions trois mille soixante centimes algériens en brut) pour l’équivalent de notre professeur sans oublier le reste ! Ainsi, le traitement de base d’un maître de conférences de classe B « étranger » peut aisément dépasser le triple de celui de notre malheureux cher professeur !

*L’HISTOIRE DE L’ANNONCE CANADIENNE DE 2004 
 On se rappelle toujours de cette offre d’emploi pour les années 2004/2005 et 2005/2006 du ministère de l’enseignement supérieur Algérienne destinée aux enseignants exerçant au Canada. C’était le bureau des relations internationales de l’école polytechnique de Montréal qui avait diffusé l’annonce émise par le consulat général d’Algérie à Montréal, via l’ambassade d’Algérie à Ottawa. Cette alléchante annonce avait défrayé la chronique au sein du milieu universitaire Algérien. L’enseignant embauché avait droit à une prise en charge totale : billet d’avion pour lui, son conjoint et de deux de ses enfants et la mise à sa disposition d’un logement meublé. 
 En plus d’un salaire net de 60.000 da, l’enseignant coopérant se verrait octroyer un supplément transférable allant de 900 à 1100 dollars canadiens. Il bénéficierait, en outre, d’un congé annuel et d’un rapatriement en cas de difficultés de santé ou autres. 
 Comme le signale cette affiche, il y a lieu de souligner que l’enseignement devrait être dispensé en français et ou en arabe pour les enseignants maîtrisant la langue officielle du pays. Une telle annonce ne pouvait autrement s’adresser qu’à nos universitaires expatriés au Canada mais seul Dieu sait s’ils sont revenus au galop ou se sont retenus : il n’y malheureusement aucun chiffre sur le sujet mais la réalité visible du terrain l’a bien décelée. Rappelons seulement, qu’à l’époque, le salaire d’un enseignant algérien au grade de professeur à l’échelon intermédiaire ne dépassait guère les 50000 da. 
 Il est important de souligner ici que les enseignants-chercheurs ne sont absolument pas contre la venue des compétences étrangères. Bien au contraire, l’université algérienne doit s’ouvrir sur le monde extérieur afin d’éviter l’isolement scientifique et le repli sur soi. Personnellement, je me réjouis que les salaires proposés soient aux normes maroco-tunisiennes. Mais là où le bât blesse, c’est que les enseignants-chercheurs algériens ne peuvent même pas rêver de ces payes malgré des compétences semblables et des obligations similaires. 
 Les fortes disparités entre les rémunérations des enseignants locaux et coopérants risquent de porter atteinte au respect et à la dignité de l’enseignant local. Une humiliation de plus. A titre d’exemple, regardons la situation qui prévaut dans l’équipe nationale de football. Les joueurs sont tous traités de la même façon par le pays. En effet, les joueurs expatriés et leurs camarades locaux perçoivent, au centime près, les mêmes primes et indemnités. Cela est aussi vrai pour ceux qui n’ont jamais évolué sur le terrain. Imaginez ce que cela provoquerait comme zizanie et malaise si jamais les instances du sport avaient opté pour la différence de traitement. L’équipe en serait sans aucun doute décimée. 
 En tous les cas, elle n’aurait jamais fait un tel parcours. Notons que le décret n° 86-276 du 11 novembre 1986, dans son article 2, révèle que les travailleurs étrangers doivent justifier des conditions de recrutement au moins égales à celles offertes aux homologues algériens occupant les mêmes emplois ou postes de travail et doivent avoir une expérience de travail d’au moins 4 ans. Ces conditions sont déterminées par les statuts particuliers compte tenu des titres universitaires et professionnels détenus par les intéressés, ainsi que les travaux qu’ils auraient réalisés dans leurs spécialités. 
 Remarquons, au passage, que comme l’expérience minimale exigée n’est pas énorme, ce ne sont donc pas du tout les grandes sommités qu’on cherche à attirer.

**LE PARADOXE DES JUMEAUX 
 Pour parler concrètement, prenons le cas de 2 jumeaux. Après avoir fait leurs études ensemble au pays, partent à l’étranger pour poursuivre leurs études dans la même université. Après avoir obtenu des diplômes similaires de doctorat, les frères siamois se sont ensuite séparés. Le premier est rentré au pays muni de son passeport vert et recruté dans un établissement universitaire local en tant que Maître de Conférences « A », après avoir honoré ses obligations du service national. Je ne vous raconterais pas les années de galère et les déboires qu’il a endurés pour obtenir un logement social dans un quartier populaire à cause de la crise aiguë dans le domaine. Quant au second, il est resté dans le pays formateur et a été engagé avec un grade équivalent au premier et possède dorénavant l’avantage de la double nationalité. Ce dernier peut donc, s’il le souhaite, être recruté au pays avec son passeport étranger. 
 À ce titre, il bénéficiera de la multiplication de son salaire et logé à bonne enseigne, contrairement à son homologue possédant la nationalité algérienne : un vrai dilemme et un casse-tête juridico-politico-administratif très complexe à résoudre. 
 La problématique reste la même si on remplace le deuxième enseignant par un Canadien de souche car le patriotisme de l’enseignant local en prendrait un sacré coup. 
 Il est dévalué par son pays et de surcroît dans son propre pays. Les complexes d’infériorité et de supériorité seraient ainsi nourris en permanence.

**VALORISER AU LIEU DE DÉVALORISER 
 Il va sans dire qu’un nombre considérable d’enseignants-chercheurs locaux vont se sentir mal à l’aise et diminués devant leurs homologues recrutés en qualité d’étrangers. Pour remédier à ce dilemme inconcevable, les décideurs auraient dû revaloriser les salaires des locaux à leur juste valeur et indexer ceux des coopérants étrangers sur ces salaires. De la sorte, ils en finiraient une fois pour toute avec cette politique de deux poids, deux mesures au détriment de l’Algérien et du pays. Les nôtres se hâtent d’attribuer les normes internationales aux étrangers mais non à leurs propres compatriotes ! Pouvez-vous imaginer une telle situation dans un pays européen ? Une telle affaire aurait ébranlé la scène politique de ce pays et les médias s’en seraient donné à coeur joie. En procédant ainsi, les autorités algériennes sont tacitement en train de dévaloriser toute la formation universitaire. En plus, ils mettent également en doute toutes les compétences locales qui ont été marginalisées à cause justement de ces mesures injustes et inacceptables. Comble de cette ambiguïté, le décret a été publié suite au rapport du ministère de tutelle comme l’indique précisément le texte. C’est ce qu’on appelle en japonais se faire hara-kiri.

*UN RÉGIME INDEMNITAIRE SALVATEUR ? 
 Enfin, le décret présidentiel n°07-304 du 29 septembre 2007 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires est cité en avenant du décret d’août 2009. Cependant, à la place de « régime de rémunération des fonctionnaires », les rédacteurs du décret l’ont remplacé par « régime indemnitaire des fonctionnaires ». S’agit-il d’une erreur de transcription ou d’une promulgation prémonitoire des indemnités ? Attendons les prochaines péripéties du feuilleton pour mieux voir. (Le Quotidien-24.09.09.)

par Mohammed Beghdad (*) Enseignant à l’université de Mostaganem et syndicaliste du CNES.

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*Les enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires et la question de leur retraite

La dernière vague de mises à la retraite, en 2013, a concerné les de professeurs de 70 ans et plus. Mais leurs pensions de retraite sont amputées de près de 25%.

Les enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires de 65 à 70 ans sont dans la tourmente. L’âge requis pour le départ à la retraite pour ces professionnels de la santé n’est pas encore fixé. La dernière vague des professeurs mis d’office à la retraite en 2013 a concerné les 70 ans et plus et leurs pensions de retraite ont été amputées de près de 25%. Ce qui est qualifié d’«injustice qui ne doit pas se reproduire».

C’est pourquoi  le Syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) a saisi le Premier ministre ainsi que les ministres de l’Enseignement supérieur, du Travail et de la Sécurité sociale et celui de la Santé,  «mais sans résultat», précise le professeur Djidjli, président du Snechu.

Et de rappeler que lors du conseil national du syndicat qui s’est tenu le 12 novembre 2015 à l’hôpital Mustapha, à Alger, le sujet a été évoqué. «Ce dossier de la retraite est en discussion depuis plus de deux années sans connaître son épilogue. Ceci ne pouvant plus durer, le conseil a chargé le bureau national d’interpeller les autorités de tutelle pour qu’une solution urgente soit trouvée. Dans le cas contraire, le bureau national appellera à l’utilisation de tous les moyens que lui confère la loi pour faire valoir nos droits», note le Snechu dans un communiqué rendu public.

Eviter les erreurs du passé

Le syndicat exige des autorités de fixer définitivement l’âge de départ à la retraite des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires. «Cela leur permettra de connaître à l’avance cette éventualité somme toute logique et naturelle afin de s’y préparer. Eviter les erreurs du passé, ne plus dépendre du bon vouloir et des humeurs d’une administration tatillonne, tels sont les buts aussi de cette normalisation», tient à préciser le conseil national du Snechu, qui refuse de fixer un âge pour le départ à la retraite et réitère sa proposition de la fourchette 65-70 ans.

«C’est à l’administration de choisir l’âge propice (dans la fourchette 65-70 ans) en fonction des besoins d’encadrement et de la nécessité d’éviter des départs massifs qui pourraient handicaper l’enseignement en sciences médicales», précise le Snechu, qui demande aussi de mettre impérativement en place un échéancier de départ à la retraite pour que cette normalisation se fasse progressivement et sans heurts.

Et de revendiquer de «mettre fin à l’injustice qui frappe une partie des enseignants hospitalo-universitaires qui partent en retraite. En effet, un certain nombre d’entre eux, parmi les plus anciens et les plus gradés, voient leurs pensions de retraite amputées de près de 25%. Ils ont cotisé toute une vie pour avoir une pension de retraite estimée à 80% de leur salaire, mais ils n’en perçoivent que 55%». Pour le Pr Djidjli, il faut normaliser et discuter sans tabou de ce départ à la retraite, qui doit «se faire dans la dignité, le respect, la reconnaissance, sans précipitation et dans un esprit d’équité et de justice».

Le Snechu a également discuté, lors de son conseil national, du prochain concours au poste de chef de service et notamment de la grille d’évaluation. «Après le débat, le conseil a accepté le principe de ‘donner notre avis’ sur le contenu de cette grille d’évaluation et d’apporter d’éventuelles corrections ou suggestions. Chaque bureau du Snechu examinera cette grille puis fera parvenir ses propositions au bureau national, qui en fera la synthèse avant de transmettre le tout au ministère de la Santé.»

Le Snechu s’est également penché sur le dossier des sanctions qui ont touché certains hospitalo-universitaires. «Ces sanctions n’ont pas respecté la réglementation et les textes régissant le régime disciplinaire des enseignants hospitalo-universitaires», estime le syndicat, qui a saisi les deux tutelles à ce sujet. Et de signaler qu’un groupe de travail réunissant des membres de l’administration de la santé, de l’enseignement supérieur et du Snechu, travaille sur ce sujet et devrait incessamment rendre ses conclusions. **Djamila Kourta/ el watan/ lundi 23 novembre 2015

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157 réponses à “La dévaluation de l’enseignant chercheur”

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