Rentrée scolaire 2017/2018

*Pour une école citoyenne de qualité

Algérie- Rentrée scolaire 2017-2018:  le 6 septembre

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Plus de 9 millions d’élèves rejoignent les bancs de l’école le 6 septembre

Le nombre total d’élèves attendus pour l’année scolaire 2017-2018 est de plus de 9 millions, soit plus de 270.000 de plus que l’année scolaire passée, a précisé Mme Benghabrit lors d’une Conférence nationale des directeurs de l’Education en prévision de la nouvelle rentrée scolaire. Le cours inaugural portera sur le thème de l’écocitoyenneté. L’accent sera, ainsi, mis sur l’éducation comportementale, avec une contribution « active » du ministère de l’Environnement et des énergies renouvelables, d’autant que le slogan choisi pour cette année scolaire est « Tous mobilisés pour une école citoyenne et de qualité ». A cette occasion, Mme Benghabrit a affirmé qu’elle s’engageait à assurer à tous les élèves une éducation de base de « qualité », relevant dans le même contexte les efforts consentis par l’Etat algérien qui a fait de « l’éducation de ses enfants, tous ses enfants, une priorité nationale alors même que notre pays vit une conjoncture financière particulière ».

L’essentiel des actions portera sur « l’amélioration de la maitrise des langages fondamentaux au primaire, la réforme du système d’évaluation pédagogique, la généralisation progressive de l’enseignement de Tamazight, l’amélioration de la gouvernance dans le système scolaire en poursuivant la numérisation du secteur, le renforcement de l’éducation à la citoyenneté et la mise en œuvre du programme national de formation en direction de tous les personnels ». Mme. Benghabrit a précisé qu’une plateforme de formation à distance a été mise en ligne au profit des chefs d’établissements. Cette formation a porté sur la gouvernance, le leadership éducatif et le projet d’établissement au profit de 1.630 proviseurs.

Au plan administratif, encadrement pédagogique et gestion des ressources humaines, la ministre de l’éducation a invité les 50 directeurs de l’éducation à effectuer des visites de terrain afin de s’assurer du lancement effectif de la rentrée à la date arrêtée et de la disponibilité de l’encadrement, mais aussi pour veiller que les manuels scolaires  parviennent aux élèves dans le temps requis. « Nous devons arriver au nécessaire rééquilibrage des effectifs au plan de la gestion des ressources humaines en assurant un redéploiement efficace vers les zones susceptibles d’être déficitaires. Aucune division pédagogique ne doit rester sans encadrement. Tous les chefs établissements scolaires sont instruits afin d’organiser des opérations élection des délégués de classe », a indiqué la ministre au plan de la gestion des ressources humaines.

« Il vous faut créer les conditions optimales pour des concertations régulières et systématiques entre l’administration scolaire et les partenaires sociaux, le même intérêt doit être accordé à la communication avec les médias. Pour ce faire, il importe d’informer constamment de toutes les décisions officielles », a indiqué la première responsable du secteur  concernant le plan de la gestion de proximité et de la communication. La ministre a appelé à une collaboration étroite pour une implication plus accrue de tous les intervenants dans la mise en œuvre du programme intégré de pérennisation des cantines scolaires et le versement de la prime de scolarité spéciale de 3.000 da dans les délais. Tous les moyens doivent être mis en œuvre en vue d’affiner la lutte contre la déperdition scolaire notamment dans le cycle moyen et la prise en charge des enfants à besoins spécifiques.

A cette occasion trois ateliers sur la gestion financière et des infrastructures, la formation et le système informatique ainsi que les volets pédagogiques, éducatifs et celui concernant les questions de scolarisation ainsi que l’organisation, les lois et les activités culturelles et sportives, sont prévues lors de la conférence.*APS et + /  dimanche, 27 août 2017

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Le secteur de l’éducation se vide

Le secteur de l’éducation perd plus qu’il ne gagne en matière de personnel encadrant, notamment dans les rangs des enseignants.

Ce constat n’est pas une simple hypothèse ou un constat fortuit mais plutôt une réalité confortée par les derniers chiffres annoncés par la Caisse nationale des retraites (CNR). Dans un communiqué dévoilé récemment, cette caisse, qui accuse depuis plusieurs mois un véritable déficit, annonce la finalisation du traitement de 8000 dossiers de départ en retraite proportionnelle et sans condition d’âge déposés au niveau de ces directions dans 12 wilayas par des enseignants.

En effet, ils sont plusieurs enseignants ayant choisi de partir à la retraite avant 2019, date butoir pour la retraite sans condition d’âge. Le communiqué de la CNR explique que ces dossiers étaient bloqués, ou plutôt mis en instance suite à problème de non-parachèvement de documents administratifs. Selon le même document, l’opération de traitement des derniers dossiers de demande de retraite proportionnelle et sans condition d’âge déposés par les fonctionnaires du secteur de l’éducation avant le 31 décembre 2016, dernier délai avant l’entrée en vigueur de la loi 15-16 du 31 décembre 2016 modifiant et complétant la loi 83/12 du 2 juillet 1983, s’est achevée le 27 août dernier au niveau des agences locales de la CNR.

Les enseignants concernés seront notifiés dans les prochains jours. Ainsi, ces 8000 enseignants qui quitteront leurs postes engendreront une hémorragie grave dans le secteur de l’éducation, surtout qu’il s’agit d’enseignants ayant une grande expérience contrairement aux nouveaux recrutés qui, malgré les formations qu’ils suivent avant leur prise de fonction, restent inexpérimentés question pratique et surtout dans l’attitude pédagogique et humaine qu’ils doivent entreprendre avec les élèves.

Ces derniers sont recrutés en lot pour pallier à ce manque. Le dernier recrutement a été estimé à plus de 10 000 enseignants pour plus de 100 000 candidats. Il faut dire que depuis l’annonce de la suppression de la retraite anticipée et l’adoption de la loi 15-16, une véritable saignée est ressentie dans tous les secteurs sans aucune exception. Dans le domaine médical, plusieurs paramédicaux, notamment des infirmiers et des sages-femmes, ont quitté leur poste.

Dans les autres secteurs, se sont surtout les cadres et dont les métiers restent tout de même pénible. Dans ce dernier volet, la liste des métiers pénibles n’est toujours pas encore adoptée. Pendant ce temps, la CNR souffre encore d’une véritable crise financière. Même si les responsables l’avouent puis la désavoue, la crise financière accable cette caisse. Elle a été renflouée de justesse par la CNAS l’année dernière. Avec ces milliers de départs en retraite, la CNR est loin de retrouver sa santé financière, encore moins atteindre les objectifs tracés par l’Etat lors de l’adoption de la loi 15-16 relative à la retraite. *Asma Bersali / el watan – lundi 04 septembre 2017

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  *de nouveaux manuels scolaires 

Une trentaine de nouveaux manuels scolaires de 2e génération, destinés aux élèves des 3e et 4e années primaires et à ceux des 2e et 3 années moyennes, seront introduits dès cette année.
Ce sont près de neuf millions d’élèves qui rejoindront, aujourd’hui, les bancs de l’école, à l’occasion de la rentrée scolaire 2017/2018. Soit, 4 373 222 élèves attendus dans le primaire, 2 820 172 dans le moyen et 1 222 687 dans le secondaire.
Cette rentrée scolaire, dont le coup d’envoi officiel de la nouvelle année scolaire 2017-2018 est donné à partir de la wilaya de Ouargla,  porte le slogan “Tous mobilisés pour une école citoyenne et de qualité”, et est marquée par l’introduction d’une trenteine de nouveaux manuels scolaires de 2e génération, destinés aux élèves des 3e et 4e années primaires, et les 2e et 3e années moyennes, et la tenue de salons du manuel scolaire qui seront organisés dans toutes les wilayas, par l’Office national des publications scolaires (ONPS) du 5 au 12 septembre.
Intervenant lors d’une rencontre lundi avec les  partenaires sociaux dont des syndicats et associations de parents d’élèves à la veille de cette rentrée, Mme Benghabrit a annoncé en outre l’entrée en vigueur de nouvelles mesures d’importance pour le secteur. Sur le plan pédagogique, la mise en œuvre de deux plans nationaux d’apprentissage et d’évaluation pédagogique. Et, sur le plan socioprofessionnel, elle a annoncé que “son département a, progressivement, pu régler nombre de déséquilibres enregistrés dans le secteur et remporter quatre acquis dans le cadre d’un conseil interministériel restreint présidé par le Premier ministre. Il s’agit de la régularisation de la situation de certains grades de l’éducation en suspens et qui touche 668 enseignants, et la régularisation de la question de la médecine du travail en application de la circulaire interministérielle de 2015 permettant aux médecins d’occuper des postes renforçant la médecine du travail au secteur de l’éducation, outre la promotion de 2 507 employés tels que les chauffeurs et les  gardiens”. Nouria Benghabrit a réaffirmé également que “la dérogation octroyée par la Fonction publique aux employés administratifs et pédagogues, permettant l’exploitation des listes de réserve, a été obtenue en coordination avec le Premier ministre”.
Dans ce cadre, la ministre a souligné qu’il était “impossible” d’organiser des concours de recrutement externe jusqu’à l’exploitation définitive des listes de réserve, ajoutant que l’organisation de concours annuels permettait aux diplômés des universités d’y participer, en vue de choisir les meilleurs pour parvenir à la réalisation de la mission principale du ministère, à savoir “une école de qualité”.
La nouvelle année scolaire s’accompagne aussi de l’engagement du ministère de l’Éducation nationale à s’employer au cours de cette année  scolaire à garantir un enseignement de qualité tout en œuvrant à “améliorer la maîtrise des langages fondamentaux au primaire, à revoir le système d’évaluation pédagogique outre la généralisation progressive de l’enseignement de tamazight, l’amélioration de la gouvernance dans le système scolaire en poursuivant la numérisation du secteur et la mise en œuvre du programme national de formation en direction de tous les personnels”.
Pour ce qui est de l’encadrement pédagogique, la nouvelle année scolaire verra la mobilisation de 36 206 nouveaux enseignants, dont 26 197  enseignants issus de la plateforme numérique, 10 009 enseignants admis lors du concours de recrutement de juin dernier, en sus d’enseignants diplômés des écoles normales supérieures et des enseignants titulaires.
Au titre de la politique de l’État en matière de solidarité, la ministre de l’Éducation nationale a appelé au versement de la prime de scolarité de 3 000 DA dans les délais, à l’ouverture des cantines scolaires et à une meilleure prise en charge des enfants aux besoins spécifiques.  
Mais pour les partenaires sociaux, la rentrée scolaire risque fort de ressembler certainement aux précédentes, puisqu’il s’avère qu’on continuera encore à parler des sempiternelles questions de surcharge des classes, de manque d’enseignants et de retard dans la distribution des manuels scolaires qui ne sont distribués qu’à hauteur de 93% des établissements, selon le propre aveu de la ministre. *Liberté/ mercredi 06 septembre 2017

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Austérité, exigences et protestation

Il y a eu du nouveau en cette rentrée scolaire, comme pour les livres, mais aussi des problèmes récurrents que le ministère peine à éradiquer : surcharge des classes, écoles fermées, déficit dans l’encadrement, absence de transport et des élèves sans cantines.

Pour couronner le tout, de nouveaux recrutés au Sud ont observé un mouvement de protestation hier. Ils demandent des logements. Le point de nos régions. Une rentrée considérée comme «réussie», comparativement aux précédentes même si quelques insuffisances ont été relevées. Dans toutes les wilayas, ce sont particulièrement les nouveaux livres qui ne sont pas tous disponibles.

Même si le ministère de l’Education a insisté dans une note remise aux directeurs d’éducation de ne pas augmenter le prix des manuels, des librairies privées se sont amusées à fixer les prix à leur guise. «En principe, ces libraires qui n’ont pas respecté les prix unifiés doivent être interdits de vente de livres scolaires», suggère Kamel Nouari, directeur d’un établissement.

Autre problème soulevé : la surcharge. Et c’est un phénomène qui persistera tant que les nouvelles cités et les nouvelles opérations de relogement ne sont jamais accompagnées d’infrastructures, dont les écoles. Il s’agit là d’une mauvaise gestion. Sans compter aussi que vu l’austérité, le budget des établissements scolaires a connu une baisse de 60% !

D’ailleurs, dans plusieurs écoles, il y a eu coupure d’électricité et d’eau. Les cantines seront, pour la première fois, gérées par les APC, ce qui pourrait retarder un peu l’ouverture. Cette année, et pour la troisième année consécutive, le coup d’envoi de la rentrée scolaire a été donné depuis le Sud, à Ouargla. Une manière de rassurer un peu la corporation qui ne cesse de demander de repousser la date de la rentrée des classes.

Benghabrit et le sud, c’est aussi une météo inhabituellement clémente aussi, gratifiant les élèves d’une baisse des températures à la suite de deux nuits de fortes pluies, comme pour réduire au silence la revendication principale des parents d’élèves et des syndicats d’enseignants à la fois, à savoir la révision du calendrier scolaire par une rentrée repoussée à fin septembre pour les villes du sud.

Même Maâmeri Ammar, président de la fédération des parents d’élèves de la wilaya de Ouargla, ne cache plus son amertume et en appelle à un recadrage du ministère pour permettre l’adoption des changements des rythmes scolaires et d’amélioration des conditions pédagogiques dans les zones reculées du grand Sud. Jugez-en : «Sur les 11 wilayas conviées l’année dernière à se réunir à Touggourt pour préparer la rentrée en proposant notamment la réduction des vacances d’hiver et de printemps pour reporter la rentrée au 20 septembre, seules les wilayas de Biskra, El Oued, Ouargla et Adrar ont répondu présent.

Le quorum n’a pu être atteint», constate-t-il amèrement au moment où la ministre exige un consensus local et des expérimentations à petite échelle. Réponse de Beghabrit : «Il faut que tous les acteurs de l’opération pédagogique s’entendent sur un consensus et déterminent les horaires les mieux adaptés. Ne comptez pas sur moi pour prendre une décision administrative à partir d’Alger.»

Pour M. Maâmeri, «la rentrée des classes s’est bien déroulée mercredi dernier sous les yeux des caméras, mais nos enquêtes ont prouvé que les établissements scolaires des zones sahariennes fonctionnent à 50% jusqu’en octobre depuis plusieurs années à cause de la chaleur, causant de fortes absences les après-midis et un retard dans le programme scolaire qui est irrattrapable.»

Ce constat, la fédération l’a bien consigné et suivi d’un rapport conjointement élaboré avec les syndicats d’enseignants transmis à la direction de l’éducation l’année dernière, mais «l’exigence d’une rentrée nationale semble être un impératif pour le ministère».

Une décision politique dûment assumée par Benghabrit qui persiste et signe en faisant le choix de lancer la rentrée scolaire à partir d’une wilaya du Sud pour la troisième année consécutive, et en septembre avec, successivement, Naâma, Ghardaïa et Ouargla cette année, comme pour dire que la question était tranchée.

Dialogue de sourds

Les partenaires sociaux du secteur dénombrent la pénalisation des écoles primaires de la wilaya ayant certes bénéficié d’un important programme de rénovation et de réhabilitation pour une enveloppe de plus d’un milliard de dinars sur le budget de la wilaya, mais un démarrage tardif de celui-ci. Ainsi, sur les 306 établissements où les travaux ont démarré depuis le mois de mai 2017, seuls 128 ont pu finaliser les travaux.

Les écoles connaissent des améliorations drastiques des classes de cours, des blocs sanitaires, des cours de récréation et des façades qui pour la plupart n’ont jamais été touchées depuis leur création, un véritable coup de jeune. Le seul bémol, des travaux qui empiètent sur la rentrée fortement perturbée par les chantiers ouverts, et ça, la fédération des parents d’élèves n’a pas pu le dire à la ministre qui a écourté sa visite à Ouargla à cause du Conseil interministériel tenu mercredi.

La fédération relève également le déficit de 150 surveillants généraux dans les établissements scolaires de Ouargla, 20 000 primes scolaires manquant au quota de Ouargla qui stagne à 60 000 et la centralisation du marché d’acquisition des équipements de climatisation qui ne prend pas en compte les normes du Sud, selon le rapport transmis à la ministre. A cela, Benghabrit brandit la fulgurante ascension de la wilaya de Ouargla qui a hissé ses résultats du baccalauréat de 38,10% en 2015 à 41,94% en 2016 pour atteindre les 50,53% en 2017.

Ceci, malgré la contre-performance de la daïra frontalière et pétrolière d’El Borma qui a brillé cette année par l’absence de candidats reçus au bac alors qu’elle venait d’acquérir sa première annexe de lycée depuis l’indépendance et se faire livrer les sujets du bac par avion spécial chaque jour.

Ecoles fermées

A El Tarf, et malgré les chiffres officiels, (7856 travailleurs dont 5181 enseignants, 253 écoles, 70 collèges et 31 lycées), la surcharge des classes reste très présente dans les agglomérations, où elles atteignent 50 élèves par classe. Elle est compensée par le système des doubles vacations ou des classes tournantes. La moyenne de 28-30 élèves par classe vient du fait qu’à l’opposé on trouve des classes de moins de 12 élèves en zone rurale. Il y aurait quelque 85 salles de classes fermées faute de «clients», nous a-t-on a rapporté.

Une quinzaine d’écoles sont encore fermées officiellement pour cause d’exode rural ou parce que menaçant ruine. Mais en fait, c’est le fruit des fantaisies de la planification locale qui a obéi aux humeurs et intérêts des responsables et élus locaux. Bien entendu, personne ne rendra de comptes pour cet énorme gaspillage. Les hivers sont rudes en plaine ou en montagne et malgré les nombrables injonctions des responsables et des récriminations des parents, la question du chauffage des classes revient chaque année.

On n’en est pas venu à bout. Les établissements sont en général dans un état lamentable, il y a des exceptions réconfortantes qui indiquent qu’il s’agit bien de l’engagement et du dévouement du chef d’établissement et de son équipe pédagogique. Le hic, c’est que même le wali a relevé le laisser-aller dans les écoles qu’il a visitées ! Matériel et équipement délabrés, murs écorchés…

Pour lui, le cynisme est poussé à bout lorsqu’on donne aux enfants un cours inaugural sur l’éco-citoyenneté dans un environnement aussi repoussant. Les parents sont, eux, moins rassurés. Pour eux, il leur faut passer d’abord l’écueil des vêtements et des fournitures scolaires. Ensuite, il faut compter les sous en zone rurale proche des chefs-lieux pour le transport et le déjeuner qui n’est pas assuré systématiquement pour cette catégorie de résidents.

Transport

A Tizi Ouzou, c’est particulièrement le déficit en matière d’infrastructures qui est à relever. D’ailleurs, la livraison de plusieurs établissements scolaires qui devaient être réceptionnés avant la rentrée a été différée, comme le lycée de Frikat, dans la daïra de Draâ El Mizan, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest Tizi Ouzou.

Les lycéens de Frikat continueront ainsi à se déplacer vers le chef-lieu de daïra. Les raisons de ce retard seraient liées, selon un parent d’élève, à certaines réserves constatées dans la réalisation de cette infrastructure. Autre problème : la surcharge des classes. Le wali, Mohamed Boudarbali, reconnaît. «11 établissements scolaires sont en cours de réalisation pour parer justement au problème de la surcharge des classes.

Ce retard est dû au manque de financement», a-t-il déclaré. Reste aussi l’encadrement où un déficit est perceptible, notamment avec le départ à la retraite de 2000 enseignants. Par ailleurs, notons que la rentrée scolaire est perturbée dans certaines localités de la wilaya de Tizi Ouzou, comme Aïn El Hammam où des parents d’élèves ont protesté contre les retards enregistrés dans l’avancement des travaux de la cantine scolaire.

Il en est de même à Mekla où des parents d’élèves se sont élevés contre les conditions de prise en charge de leurs enfants. A Biskra, à la veille de la reprise des classes, dans une lettre destinée à la ministre, la Coordination nationale des laborantins en poste dans les établissements scolaires du moyen et du secondaire, activant sous l’égide du syndicat de l’Unpef, dénonce l’exclusion et la marginalisation socioéconomique dont ils seraient victimes en dépit du fait que depuis 2008 ils sont passés de la classification des corps communs à celui de corps pédagogique et technique.

«Une insertion purement administrative n’ayant eu aucun effet sur nos salaires, sur les promotions internes et droits pécuniaires auxquels nous ouvrons droit selon le statut des personnels de la Fonction publique», souligne Ali Dahah, président du Conseil des laborantins du secteur de l’éducation de la wilaya de Biskra.

Intégration

Présentant une plateforme de revendications à leur sens «légitime» de pas moins de 20 points ayant trait à la valorisation salariale, aux primes de risque, au droit d’être classifié en tant qu’ingénieur d’Etat après 10 ans de travail, à l’intégration effective dans le corps pédagogique des collèges et lycées, au bénéfice d’être classés dans les catégories de laborantins formateurs et laborantins inspecteurs, à la prise en considération des diplômes obtenus par les laborantins au courant de leur carrière professionnelle dans les promotions internes, au volume horaire hebdomadaire ne devant pas dépasser 32 heures, selon eux, et au cycle de formation «inexistant» afin d’améliorer leurs pratiques et compétences professionnelles.

Autre revendication mise en exergue par les laborantins, les dangers encourus dans l’exercice de leur fonction où ils sont mis en contact avec des produits chimiques, des équipements et des appareils «dangereux et nocifs», selon leurs dires. «Nous voulons des moyens de protection et des équipements répondant aux mesures d’hygiène et de sécurité conformes aux normes internationales.

Une de nos collègues est décédée en juillet dans la wilaya de Batna des suites d’un cancer que nous soupçonnons avoir été provoqué par son contact avec des matières nuisibles à la santé lors de son travail», a précisé notre interlocuteur à ce propos.

Préparant activement une réunion régionale des laborantins de 14 wilayas de l’est du pays, laquelle devrait se tenir à Constantine le 16 septembre, les laborantins, dont le nombre avoisinerait les 8000 au niveau national, espèrent que la tutelle ne fera pas la sourde oreille à leurs revendications et que des décisions concrètes soient prises pour l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Ils ne veulent pas être poussés à des actions extrêmes, telles que des sit-in, des marches et des grèves, mais s’il n’y avait pas de réponse convaincante avant la fin de l’année, ils s’y résoudraient de guerre lasse, assurent-ils.

Repas froid

Ailleurs, à Jijel, visiblement les cantines risquent de ne pas être au rendez-vous, dont la gestion a été confiée aux communes. C’est du moins ce que nous ont confié différentes sources, notamment à la faveur d’un constat des plus déplorables qui a été relevé par ces mêmes sources lors d’une récente réunion tenue pour faire le point sur la situation de ces cantines.

«Le problème majeur qui se pose pour nous est l’eau, et quand l’eau vient à manquer, il n’y aura pas de repas pour les élèves, les directeurs des établissements confrontés à ce problème se rabattront automatiquement sur les repas froids pour sauver la face», soutient-on du côté de certains établissements scolaires dans la ville d’El Milia, l’une des grandes agglomérations de la wilaya de Jijel. «Et même le repas froid risque de ne pas être servi le jour de la rentrée», nous assure-t-on.

De nombreux problèmes sont en effet répertoriés dans les préparatifs pour mettre en place le dispositif nécessaire pour l’ouverture des cantines scolaires. «Il y a aussi le problème des cuisiniers, la plupart de ceux qui sont affectés pour la préparation des repas dans les écoles sont recrutés dans le cadre du filet social et n’ont aucune qualification professionnelle pour exercer ce métier», indique-t-on.

Si on ajoute à ces contraintes le problème des fournisseurs, dont la désignation manque à l’appel dans certaines écoles, le risque de voir les élèves repartir sans goûter à leur repas scolaire devient une quasi certitude au premier jour de la rentrée scolaire. «Tous ces problèmes peuvent cependant être réglés au fur et à mesure que la rentrée scolaire avance, mais le manque d’eau reste un sérieux handicap pour servir des repas chauds», affirme-t-on.

Dans les écoles confrontées à cet aléa, on se débrouille pour aller chercher le précieux liquide ailleurs, tout simplement parce que la commune est incapable de les alimenter en eau. Il convient de préciser que ce problème ne concerne le plus souvent que les localités rurales ou éloignées des grands centres urbains, qui ne sont pas alimentées en eau. Ceci dit, officiellement, tout est pourtant fin prêt pour faire de la rentrée scolaire une réussite totale, même dans son volet cantine scolaire. A ce titre, on avance un chiffre de 381 établissements scolaires du primaire recensés à travers la wilaya pour 343 cantines et 346 écoles bénéficiaires.

Retard

Les établissements ne disposant pas de cantines sont inscrits, soutient-on, pour la réalisation des infrastructures nécessaires à l’effet de permettre aux élèves de bénéficier de leurs repas. Côté fournisseurs, on affirme que ces derniers sont liés aux communes par un contrat dûment établi selon le code des marchés qui court jusqu’au 31 décembre prochain.

Si le prix du repas est de 45 DA, selon les instructions du ministère de l’Education nationale, les communes peuvent l’augmenter selon leurs moyens. Des cadres des Collectivités locales sont désignés pour superviser l’application des directives du département de Benghabrit pour le suivi et la gestion des cantines scolaires. Même tableau à Sidi Bel Abbès.

Quelque 152 500 élèves ont rejoint les bancs d’école le 6 septembre. Les classes du cycle primaire compteront cette année près de 70 000 élèves, selon des chiffres récents communiqués par la direction de l’éducation. Outre l’encadrement pédagogique et administratif mobilisé pour la prise en charge des écoliers, un réseau d’une centaine de cantines scolaires devrait être opérationnel au premier jour de la rentrée scolaire. Cependant, bon nombre de ces cantines scolaires, qui ont pour vocation d’assurer un soutien alimentaire conforme aux ratios réservés aux enfants, font face au sempiternel manque de personnel qualifié : préparateurs, employés de cuisine, serveurs…

«Un quart des cantines scolaires est dépourvu de personnel qualifié», a révélé la directrice de l’éducation lors d’un conseil de l’exécutif de la wilaya consacré aux préparatifs de la rentrée scolaire. Recrutés le plus souvent sur le «tas», les agents de service ont, en fait, du mal à s’acquitter convenablement de leurs tâches qui, faut-il le rappeler, nécessitent des aptitudes et un niveau de qualification confirmé pour la préparation des repas.

Le personnel des cantines, affecté par les communes, fera encore défaut cette année dans plusieurs établissements scolaires en raison notamment du renouvellement des Assemblées locales (APC) prévu au mois de novembre. En effet, les élus des différentes APC, beaucoup plus préoccupés par leur reconduction pour un nouveau mandat, n’ont pas accordé toute l’importance qui sied à l’aménagement et l’encadrement des cantines scolaires.

C’est d’ailleurs le constat établi, unanimement, par plusieurs chefs de daïra lors de ce conseil de l’exécutif. Beaucoup parmi eux ont également mis en exergue les difficultés liées à l’approvisionnement en denrées alimentaires des cantines situées dans les localités déshéritées de la wilaya. Certains fournisseurs ont même refusé au cours de l’année scolaire 2016-2017 d’approvisionner les cantines prétextant un défaut de paiement, selon la directrice de l’éducation.

Encadrement

Face à cette situation, le chef de l’exécutif a instruit les responsables de l’administration locale à apurer les dettes des APC et à recourir à «tous les moyens disponibles pour assurer le fonctionnement de ces cantines dès le premier jour de la rentrée». Signalons que la wilaya de Sidi Bel Abbès compte en totalité 437 établissements scolaires, dont 287 écoles, 101 CEM et 49 lycées. Pour la prochaine année scolaire, il est prévu de réceptionner un nouveau lycée et deux CEM.

A Bordj Bou Arréridj, particulièrement dans les communes berbérophones, c’est le désarroi des enseignants de tamazight. Ils se sentent lésés dans leurs droits. Au départ, les enseignants étaient submergés par l’enthousiasme et la fierté d’être les pionniers à redonner vie et faire renaître de ses cendres une langue millénaire menacée d’extinction.

Mais l’euphorie a fini par s’éclipser avec l’apparition des déboires socioprofessionnels qui ont eu raison de la motivation des enseignants. Certains, criblés de dettes faute d’être payés, ont tout bonnement menacé de rendre le tablier et d’aller chercher un autre job. Face à cette situation, le directeur de l’éducation d’alors, en coordination avec le HCA, a décidé de prendre en charge les revendications des enseignants. Au mois d’avril 2014, toutes les situations financières des fonctionnaires ont été régularisées au dernier centime.

Quelques semaines plus tard, deux inspecteurs de l’académie de Tizi Ouzou ont été invités pour les titulariser lors d’une cérémonie grandiose, puisqu’il s’agissait de la première promotion d’enseignants de tamazight. Sauf que depuis cette date, les enseignants n’ont bénéficié d’aucune promotion pour les motiver, ni de formation pédagogique pour consolider leurs compétences.

La situation n’est pas plus brillante pour les enseignants de la daïra de Mansoura et Zemmoua, qui, eux aussi, galèrent et souffrent du manque d’encadrement et d’isolement des établissements épars où ils exercent. En somme, tamazight est, certes, entré à l’école, mais à titre facultatif et avec les moyens du bord. Donc, il appartient aux cercles de décision de rectifier le tir et de mettre les moyens nécessaires si on veut vraiment promouvoir une langue très chère à Mouloud Mammeri. A Batna, le décor est inquiétant.

Le manque d’encadrement est clair. Les quelques surveillantes essaient tant bien que mal de faire rentrer les élèves dans leurs salles, une mission qu’elles abandonnent rapidement. «Trouvez une salle, asseyez-vous, on verra après la visite du wali», criera l’une d’elles. Le mur d’enceinte, lui, ne cesse de subir des attaques, nous rapportent plusieurs parents interrogés. Selon eux, il y avait un trou de la taille d’une porte.

Un accès libre à l’intérieur du collège. «Il a été reconstruit et démoli à plusieurs reprises. Les délinquants entraient à leur guise. Il y a même eu une tentative de kidnapping d’une fille en plein jour, l’année passée», raconte l’un d’eux. Une situation sécuritaire extrêmement précaire et intolérable lorsqu’il s’agit d’enfants. Dans l’arrière-cour, un terrain nu servira de stade pour les activités d’éducation physiques et sportives. Des amas de gravier, des gravats, des ferrailles et de bois y traînent.

*Abdelkrim Mammeri, Houria Alioua, Slim Sadki, Hafid Azzouzi / el watan / vendredi 08 septembre 2017

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*En Algérie, la rentrée est fixée au 04 septembre 2016

l'Etat n'a pas lésiné sur les moyens financiers pour assurer une rentrée scolaire 2011/2012 digne.

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*les réformes engagées à l’école par Mme Nouria Benghebrit pour la modernisation du système scolaire

A une semaine de la rentrée scolaire, les milieux conservateurs et islamistes rouvrent les hostilités contre la ministre de l’Education nationale et les réformes engagées à l’école, qu’ils considèrent attentatoires aux «constantes nationales». Malgré les assurances données par Mme Benghebrit et ses appels répétés au dialogue, des milieux islamistes menacent carrément de mobiliser la rue pour faire barrage à la modernisation du système scolaire.

Menaces de sortir dans la rue, communiqués au vitriol et coups tordus : à quelques jours de la rentrée scolaire, les opposants à la réforme de l’école redoublent de férocité. Ils ne se limitent pas à la critique du contenu réel des réformes, mais ils s’attaquent, de manière virulente, à la personne de la ministre de l’Education nationale qui représente, aux yeux de beaucoup d’entre eux, l’opposé de ce qu’ils espèrent pour l’avenir de l’école algérienne.

Après les attaques des partis islamistes traditionnels et diverses associations – dont le Syndicat des imams – le prédicateur salafiste Abdelfattah Hamadache Zeraoui a posté une vidéo sur les réseaux sociaux pour s’en prendre à la ministre «qui ne fait pas partie de nos valeurs» et menacer le gouvernement de «faire sortir les Algériens dans la rue» si le nouveau programme scolaire, qui entre en vigueur dès la semaine prochaine, n’est pas retiré. «Ou vous retirez cette réforme ou nous allons mobiliser la population et les associations pour le soutien à la langue arabe», a-t-il dit.

Pour le cheikh autoproclamé, le contenu du programme dit de nouvelle génération, est «un programme français». Il pense que le contenu de la réforme – tout comme la ministre elle-même – est «opposé aux valeurs de la société algérienne».
Plus grave, alors que le contenu des programmes n’est pas rendu public, l’Association des oulémas a adressé une lettre au chef de l’Etat pour s’inquiéter des «valeurs» de la société algérienne.

Une inquiétude qui a poussé la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, à adresser un message aux «oulémas» à l’occasion de la tenue de leur université d’été. Elle a notamment rappelé que contrairement aux rumeurs entretenues par «les tenants de l’immobilisme», ni l’éducation islamique ni la langue arabe ne seront retirées des programmes scolaires ou de l’examen du baccalauréat.

Une assurance qui a déjà été donnée par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, lors d’une réponse écrite à un député islamiste qui se plaignait des nouvelles réformes. Malgré la réponse pourtant explicite de Sellal, le parlementaire, très polémique, ne décolère pas. Hacen Aribi, député proche de Abdallah Djaballah, multiplie, en effet, les sorties médiatiques pour s’en prendre à Nouria Benghebrit. A l’unisson, tout ce que compte le pays comme conservateurs s’est ligué contre Nouria Benghebrit.

Y compris dans la presse arabophone. En revanche, pour les partis laïques qui portent pourtant des projets proches de celui de la ministre de l’Education nationale, c’est le silence gêné. Le RCD et le MDS ont tenté d’évoquer le sujet dans quelques-unes de leurs communications. Sans plus.

Dans la corporation, la majeure partie des syndicats semble soutenir la réforme de la ministre de l’Education nationale. Il en est de même pour les associations de parents d’élèves. Il reste maintenant à savoir si les autorités politiques, à commencer par le chef de l’Etat et le Premier ministre, résisteront aux assauts de ces empêcheurs de tourner en rond ! *Ali Boukhlef / el watan / mercredi 31 aoùt 2016

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*Benghebrit dresse le bilan d’une année et trace les perspectives pour la rentrée

*cliquer ici:  Education-Enseignement

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*la rentrée est fixée au 06 septembre 2015

*Nouria Benghebrit: mon objectif, une école de qualité

Dans cet entretien, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, s’est exprimée sur la situation actuelle de son secteur, sur sa stratégie. Elle a mis l’accent sur les axes majeurs pris en considération dans le plan de modernisation du secteur, notamment la gestion des ressources humaines, le processus enseignement-apprentissage et la gestion de la vie scolaire. Elle explique que le défi actuel du système éducatif algérien est celui de la qualité et l’équité.

L’Expression : Pour cette rentrée scolaire, on annonce un manque d’infrastructures, une surcharge des classes dans certaines wilayas. On croit savoir que pas moins de 532 établissements n’ont pas été réceptionnés. Comment allez-vous y remédier?

***Nouria Benghebrit :Les causes du phénomène de surcharge, aujourd’hui, malgré l’exécution d’un important programme d’inscription depuis 2000, sont, essentiellement, liées à : l’ouverture de zones d’habitations urbaines nouvelles (ZHUN) engendrant un déplacement massif de population, au retard dans la réalisation des projets, l’engouement pour certaines filières au détriment d’autres filières : par exemple la surcharge concerne plus la filière sciences expérimentales que les filières mathématiques et techniques mathématiques qui fonctionnent avec des effectifs réduits. Cependant, il faudrait définir le concept de surcharge selon les indicateurs établis. Quand parlons-nous de surcharge? Nous parlons de surcharge quand il s’agit de division pédagogique dont le nombre dépasse les 40 élèves. La surcharge ne concerne qu’un nombre limité de divisions pédagogiques, identifiées dans certaines poches seulement.

En raison de la baisse relative des effectifs dans le secondaire, cette année, liée à la sortie de la double cohorte et à la réception de nouvelles infrastructures scolaires, nous pouvons dire qu’au niveau macro, la situation est plutôt confortable mais, au niveau micro, certaines contraintes persistent. Par niveau micro, nous entendons, le cycle primaire. Nous avons toujours tenu le langage de la vérité et nous avons, à maintes fois, signalé, lors de nos interventions, que le secteur fera face, relativement, à ce phénomène dans le cycle primaire en raison, également, de la reprise de la natalité, depuis l’année 2000. Le nombre d’élèves dans le cycle primaire connaît cette année une augmentation de près de 200.000 élèves. Malgré ces contraintes, la surcharge touche 844 écoles primaires sur un total de 18.350, soit un taux de 4,59% et 151 CEM sur un parc global de 5.346 établissements d’enseignement moyen, soit 2,82%. Au niveau du cycle secondaire, le secteur ne connaît pas de surcharge si ce n’est dans quelques rares foyers. Les solutions ponctuelles pour faire face à cette situation sont, pour le primaire, la double vacation simple (une division par exemple) ou totale (toutes les divisions) qui sont des réaménagements horaires des enseignants. Pour le moyen et le secondaire, le secteur a recours aux classes mobiles (les élèves changent de classes). Afin de juguler le phénomène de surcharge nous continuerons à travailler de concert avec le ministère de l’habitat pour prendre en charge, en priorité, les poches de tension sur la base de la cartographie des régions qui souffrent de cette situation, tracée par nos services compétents.

Le secteur de l’éducation nationale a pris des mesures palliatives dont la transformation des établissements selon besoin (école en lycée par exemple), l’utilisation d’annexes, salles en extension. Cependant, les capacités d’accueil du secteur seront confortées par 30.280 nouvelles places pédagogiques au niveau du cycle primaire ; 63.240 nouvelles places pédagogiques, au niveau du cycle moyen et 95.600 nouvelles places pédagogiques au niveau du cycle secondaire. Il convient de rappeler que le Ministère de l’Education Nationale prend en charge, en plus des classes dites « normales », des classes multi-niveaux, intégrées, d’adaptation (difficultés d’apprentissage), inclusives et des classes ouvertes en milieu hospitalier.

L’école algérienne est malade. Le système éducatif est médiocre. Partagez-vous ce constat?

***L’évaluation que je fais des acquis de l’éducation nationale est plutôt positive au regard du chemin parcouru. Les effectifs globaux des élèves ont été multipliés par 10 depuis l’indépendance, passant de 813.613 élèves en 1962 à 8 451 370 élèves cette année, ce qui signifie que le quart de la population algérienne actuelle est à l’école, ce qui ne peut, objectivement, nous laisser indifférents. L’examen des indicateurs d’accès à l’enseignement primaire montre une quasi-généralisation de l’accès atteinte depuis plusieurs années aussi bien pour les filles que pour les garçons. Les taux nets de scolarisation au primaire ont dépassé le seuil des 95% depuis près d’une décennie. Le taux de scolarisation de la tranche d’âge des six ans a atteint 98,16% en 2012 alors qu’il n’était que de 43,42% en 1966. En outre, le taux de scolarisation de la tranche d’âge des 6-15 ans est passé de 45,36% en 1966 à 95,68% en 2012. Le taux de scolarisation des filles, à tous les niveaux d’enseignement, était confiné dans des proportions minimes en 1962. Depuis, ce taux a connu une augmentation importante. En 2014, la participation des filles a atteint, respectivement 47% au primaire, 48% au moyen et 57% dans le secondaire. Cela signifie que les filles sont, non seulement, de plus en plus nombreuses à accéder à l’école mais, qu’en plus, elles font tout pour y évoluer. L’Algérie compte aujourd’hui plus de 400.000 enseignants tous cycles confondus, ce qui représente un effectif 17 fois supérieur à celui enregistré en 1962 puisque nous comptions alors 23.612 enseignants. L’évolution n’est pas seulement quantitative mais également qualitative puisque le corps enseignant est constitué dans sa globalité de diplômés de l’université. Par ailleurs, les différents plans de lutte contre l’analphabétisme ont donné des résultats probants au regard de la situation héritée de l’ère coloniale. Le taux d’analphabétisme a reculé pour atteindre les 15% en 2014 alors qu’il était estimé à 85% en 1962. Le nombre d’infrastructures pédagogiques a connu, lui aussi, un accroissement considérable à la faveur de la politique tracée par l’Algérie en matière de scolarisation ; une politique planifiée qui assure un équilibre entre les différentes régions du pays notamment, les zones enclavées. Le nombre des infrastructures pédagogiques a été multiplié par 10 depuis l’indépendance, passant de 2.666 en 1962 à plus de 25.000 aujourd’hui. Et à tout cela, il faudrait ajouter toutes les mesures de soutien à la scolarité, je pense aux cantines scolaires, aux bourses scolaires dans les cycles moyen et secondaire, la prime de scolarité, instituée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, la gratuité du manuel scolaire à plus de 4 millions d’élèves, la gratuité des fournitures scolaires aux élèves issus des familles démunies, la santé scolaire, le transport scolaire. La conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme de l’école, tenue les 25 et 26 juillet, a pointé le doigt sur un certain nombre de dysfonctionnements, générés après la mise en œuvre de certains dispositifs de la réforme.

C’est la raison pour laquelle, tous les efforts, actuellement menés, visent, dans une approche de suivi et d’évaluation régulière, à résoudre les difficultés et à anticiper sur l’avenir. Avoir un citoyen doté d’une culture scientifique, adossée à une culture humaniste ancestrale et ouverte sur les acquis technologiques et la maîtrise des langues étrangères est notre ultime ambition.

Depuis 20 ans, on a livré l’école aux tiraillements idéologiques et on a fait de nos élèves des cobayes. Oserez-vous proposer une vraie réforme avec un projet de société moderniste qui mettra cette école sur orbite. Des conquêtes scientifiques?

***Il n’est pas exagéré de dire que les univers éducationnels dans le monde sont entrés dans une phase de bouleversement. Le système éducatif algérien vit une crise de croissance où il s’agit de passer d’un investissement de type quantitatif où il était question d’assurer la scolarisation de tous les enfants algériens par la massification, à un redéploiement qualitatif. C’est le défi actuel du système éducatif algérien, celui de la qualité. En mettant au cœur de son action deux référents transversaux essentiels à savoir, l’équité et la qualité, en application des orientations du programme de Monsieur le Président de la République, le secteur de l’éducation nationale prévoit l’introduction de plusieurs mesures ayant pour objet l’amélioration des performances du système éducatif aussi bien au niveau de la gouvernance que de la refonte pédagogique, avec la formation par la professionnalisation comme moyen et mode d’action privilégié.

Au niveau de la gouvernance, la feuille de route du ministère de l’éducation nationale consiste, principalement, à poursuivre les actions de modernisation de la gestion pédagogique et administrative de l’institution éducative, adopter la démarche de projet à tous les niveaux comme modalité de mise en œuvre de la politique éducative, proposer une charte d’éthique consensuelle. Au niveau de la refonte pédagogique, l’action du ministère de l’éducation nationale porte, essentiellement, sur l’amélioration des pratiques de classe, sur la généralisation de l’éducation préscolaire, notamment au Sud du pays, la réécriture des programmes d’enseignement, la rationalisation et l’optimisation de la gestion du temps scolaire en appliquant au moins 32 semaines d’activité effective d’enseignement, la poursuite de la promotion des filières mathématiques et technique mathématique et l’amélioration de la qualité des apprentissages et des acquis des élèves notamment dans les langages fondamentaux. Mais, il est tout à fait clair que l’amélioration du niveau des apprenants ne saurait être possible sans une formation de qualité des personnels du secteur particulièrement, les enseignants et des encadreurs pédagogiques. La formation des personnels doit permettre à chacun de remplir ses missions et d’exercer son métier dans les meilleures conditions mais également de développer ses compétences. A ce titre, le Ministère de l’Education Nationale a mis en place un vaste et ambitieux programme de formation à l’adresse de toutes les catégories de personnels de l’éducation mais surtout des enseignants dont 67,47% ont moins de 45 ans.

Des parents d’élèves déçus par l’école publique, soucieux de l’avenir de leurs enfants, s’en remettent aux écoles privées à leurs risques et périls. Que prévoyez-vous comme mesure de normalisation de ces écoles?

***Pour prendre la mesure de la part du privé dans le secteur de l’éducation, permettez-moi de vous livrer quelques chiffres. Le nombre d’établissements privés d’enseignement est estimé à 292 établissements, soit un taux de 1,12%, par rapport au nombre d’établissements scolaires publics. Répartis sur 22 wilayas, ces établissements accueillent 59.214 élèves. Quand on sait que le nombre d’élèves scolarisés dans le public est estimé à 8.112.475, on comprend très vite que le taux d’élèves qui fréquentent les établissements privés est infime, comparé à celui des établissements publics. Ceci étant dit, nous encourageons le secteur privé à investir dans le secteur de l’éducation. Toutes les initiatives à même de multiplier les chances de scolarisation de nos enfants, sont les bienvenues. La diversification de l’offre éducative peut être considérer comme une valeur ajoutée à charge pour nous, Ministère de l’éducation nationale, d’assurer le suivi et le contrôle nécessaire. Une commission travaille sur l’amélioration des cahiers des charges.

Le dialogue avec les syndicats et les parents d’élèves a jusque-là donné ses fruits. Une rentrée sans encombre. Mais des parents d’élèves et certains syndicats revendiquent, par exemple, une 2ème session au Bac. Pourquoi pas?

***L’un des ateliers de la conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme de l’école, tenue, au palais des nations, les 25 et 26 juillet, et à laquelle ont pris part plus de 1000 participants dont les partenaires sociaux, a été consacré à la question de la réorganisation des examens nationaux. Concernant l’examen du Baccalauréat, les participants à cet atelier ont proposé diverses possibilités. Il est vrai que l’organisation de l’examen du baccalauréat telle qu’elle est conçue, actuellement, gagnerait à être révisée. Néanmoins, la prise en compte des recommandations portant sur des volets engageant l’avenir du pays, telles que la refonte des examens officiels (5ème, BEM, BAC), relèvent à la fois d’un niveau de compétence scientifique et technique qui est le travail des experts, et d’un processus institutionnel, qui, lui, porte, comme l’a si bien dit Monsieur le Premier Ministre à Constantine, sur un examen minutieux de chaque proposition, en termes de pertinence, de contexte, de moyens et d’impact sur le plan quantitatif, qualitatif (résultats attendus) et financier. Aussi, nous présenterons, très prochainement, au Gouvernement, un dossier exhaustif comprenant les propositions retenues en matière d’organisation des examens nationaux dont bien sur le baccalauréat.

Comment comptez-vous faire face à l’échec des bacheliers à la Fac suite au passage d’un système complètement arabisé à celui d’un enseignement en français?

L’amélioration dans la maîtrise des langages fondamentaux constituent une des réponses que nous avons prises au niveau de l’éducation nationale, face aux résultats médiocres, obtenus au niveau de la première année universitaire, dans certaines filières. Mais des réponses et des solutions sont, également, proposées par le secteur de l’enseignement supérieur pour évaluer et résoudre le problème.

L’enseignement préscolaire n’est qu’à ses premiers balbutiements. Pensez-vous le généraliser?

***Assurer l’équité et l’égalité des chances pour l’ensemble des élèves, à travers le territoire national, suppose que certaines mesures spécifiques soient prises, notamment, la généralisation de l’éducation préparatoire. Les classes préparatoires, comme étant un outil d’équité, doivent être graduellement généralisées sur l’ensemble des localités notamment dans les régions du Sud, en impliquant tous les secteurs concernés. Dès notre installation, nous avons fait de la question du préscolaire notre cheval de bataille. Comme vous n’êtes pas sans le savoir, il existe actuellement une diversité référentielle en raison de la pluralité institutionnelle qui prend en charge ce segment (Préscolaire religieux, Préscolaire d’entreprise, Préscolaire communal, Préscolaire privé…) d’où l’absence d’un curriculum unifié. C’est pourquoi, l’une de notre première mesure, dans ce domaine, a été de mettre en place un curriculum national pour le préscolaire, basé sur un socle de compétences minimales à développer chez tous les enfants, quelle que soit leur structure de pré scolarisation, de sorte que le profil de sortie du préscolaire soit, pour tous, le profil d’entrée au primaire.

La Feuille de route du Ministère de l’Education Nationale, à ce sujet, comprend l’élaboration des listes des communes prioritaires, la régulation de la diversité de l’offre institutionnelle, la création de classes enfantines dans les zones prioritaires, la diffusion du curriculum et suivi de son application, la formation des éducateurs (initiale+continue) et l’évaluation continue de la stratégie.

Qu’en est-il de l’enseignement des langues étrangères?

***Le monolinguisme ne peut contribuer au développement du pays. Il ne permet ni l’ouverture sur le monde, ni l’accès aux savoirs et aux connaissances scientifiques élaborées ailleurs, empêchant ainsi l’établissement d’un dialogue fécond avec les autres cultures et civilisations. Aussi, dans le cadre de la refonte pédagogique, nous œuvrons pour l’amélioration de la prise en charge des langues étrangères, considérées comme l’une des compétences fondamentales que doit maîtriser l’apprenant ainsi que pour le renforcement de la couverture de la 3ème langue vivante au niveau de la filière langues étrangères (cycle secondaire).

Des experts ont proposé l’utilisation des langues maternelles dans les premières classes du primaire. Une recommandation accueillie par une salve d’attaques vous visant personnellement. Qu’avez-vous à répondre?

***En tant qu’institution éducative, nous nous devons de veiller à deux dispositions : la conformité et le respect. La conformité des décisions à prendre par rapport à un cadre référentiel national, celui de la constitution d’abord et ensuite, celui de la loi d’orientation sur l’éducation nationale et à des structures de validation officielle qu’est le Conseil des Ministres. En dépit des démentis officiels et des explications – témoignages apportés par des participants à la conférence nationale sur l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme de l’école qui s’est déroulé au Palais des Nations les 25 et 26 juillet 2015, regroupant plus de 1000 présents au titre de 42 catégories sociales: cadres de l’état, professionnels de l’éducation, universitaires, représentants syndicaux et associatifs, écrivains, journalistes…il est regrettable de constater que certains continuent à produire des discours générant le doute et la suspicion, sur la base d’extrapolations qui n’ont rien à avoir avec le contenu réel d’une recommandation, issue des travaux d’un atelier de ladite conférence. Conformément à la loi d’orientation sur l’éducation 08-04 et aux autres textes officiels de référence nationale, la langue arabe est la langue des enseignements et des apprentissages et, à aucun niveau, il n y a eu remise en cause de ce principe. Quant aux interactions des langues et des disciplines en contexte scolaire, leurs enseignements / apprentissage relèvent d’un niveau de scientificité et de technicité adossé à des domaines de connaissance et de spécialités de recherche, en Algérie, au Maghreb, dans le monde arabe et le monde entier, que sont la didactique des disciplines, les sciences du langage, les sciences de la cognition, les sciences de l’éducation, la pédagogie… Et le débat engagé à ce niveau révèle la vivacité de la recherche.

Vous avez évoqué l’usage de l’internet. Or, il se trouve qu’actuellement les enseignants n’ont même pas de plate-forme sur laquelle ils peuvent se connecter au niveau national.

***De nos jours, les apports de l’informatique ne sont plus à démontrer, dans tous les domaines de la vie, et l’éducation n’est pas en reste. Et quand on parle d’apports de l’informatique en éducation, ce n’est pas seulement son utilisation dans le processus enseignement-apprentissage dont il s’agit, mais bien plus, puisque nous avons l’ambition légitime d’exploiter toutes les ressources des technologies informatiques dans la modernisation de la gestion administrative et pédagogique au niveau du secteur.

Cette révolution silencieuse du secteur nous permettra de nous projeter véritablement dans le 3ème millénaire. Trois axes majeurs sont à prendre en considération dans le plan de modernisation du secteur : la gestion des ressources humaines, le processus enseignement-apprentissage et la gestion de la vie scolaire. Les élèves de la génération actuelle ont grandi avec les technologies numériques. Les appareils numériques font partie de leur quotidien en dehors de l’école. Grâce aux TIC, les enfants peuvent désormais accéder à une multitude d’informations, de contenus et de ressources, notre rôle est de les orienter. La modernisation de la gestion des ressources humaines nous permettra de renforcer la performance de l’administration, de maîtriser les dépenses publiques et de répondre, au mieux, aux attentes des citoyens et des personnels. Aujourd’hui, le cheminement de l’information du niveau local au niveau central prend énormément de temps, ce qui a des répercussions négatives sur l’efficacité du secteur en matière de gestion des ressources humaines. Il est temps que les choses changent…et vite. Alors que les nouvelles technologies tiennent une place prépondérante dans le quotidien des élèves à la maison, les professeurs doivent essayer d’exploiter ce phénomène pour optimiser l’apprentissage en salle de classe et à la maison. Les élèves n’apprennent plus de la même manière qu’auparavant et les professeurs doivent adapter leurs méthodes d’enseignement en conséquence. L’introduction des TICE permet une amélioration de la participation, la motivation, l’apprentissage autonome, la présence et la ponctualité des élèves ainsi que l’allongement du temps d’apprentissage de l’élève. Le professeur doit s’adapter aux nouvelles méthodes d’apprentissage : enseignement à distance, « classes inversées ou salles de classes à l’envers »… D’ailleurs, ce dernier concept est une méthode d’enseignement qui met fin au modèle de salle de classe traditionnelle. Lorsque les élèves regardent une leçon sous forme de vidéo ou lorsqu’ils font leurs devoirs, la présence de l’enseignant n’est pas toujours nécessaire. En revanche, les enseignants ont besoin d’être présents pour aider les élèves à comprendre certains problèmes et à leur expliquer comment résoudre une question. En assumant ce rôle de guide facilitateur, l’enseignant peut passer plus de temps avec chaque élève séparément mais, il est clair que cela exige de lui des compétences nouvelles. Des expériences pilotes peuvent être introduites. La modernisation de la gestion de la vie scolaire, quant à elle, permettra de réaliser le lien entre les parents et les élèves. D’ailleurs, certaines Directions de l’Education ont, déjà, initié des expériences réussies dans ce domaine. Le programme d’informatisation dans lequel nous nous sommes engagés nous permettra de franchir un autre cap vers la qualité, car l’informatisation du secteur assurera la transparence, la célérité et la traçabilité des actions menées.

Après les CD, pensez-vous qu’il sera possible de mettre les cours en ligne?

***Evidemment. Les cours en ligne existent déjà grâce à la plate-forme de l’ONEFD, un organe sous tutelle. « Http://scolarium-secondaire.onefd.edu.dz »!

Cette plate-forme contient plus de 16.000 vidéos didactiques dans toutes les disciplines et toutes les filières, des cours en PDF illustrés, des exercices corrigés, des évaluations interactives pour le traitement de plus de 40 situations didactiques, des références multiples, des simulations, des supports audio et vidéo pour l’apprentissage des langues, des forums de discussion pour encourager le travail de groupe.

Les sorties scolaires ont un intérêt pédagogique pour apprendre la culture et l’histoire sur le terrain aux enfants, pourquoi nos écoles n’organisent plus ce genre d’activités?

***Permettez-moi de vous corriger. Les sorties scolaires sont toujours organisées. Mais, peut-être que nous ne mettons pas suffisamment en avant tous les efforts qui sont menés par le secteur, toutes les activités qui sont organisées. Notre conviction profonde est que les activités périscolaires doivent être développées pour qu’elles soient au service des exigences pédagogiques avec pour objectif, l’affirmation de la personnalité algérienne et de la consolidation de l’unité nationale, tout en restant guidés par la rationalité et l’ouverture sur l’universalité. Des conventions ont même été signées avec le ministère de la culture et celui des moudjahidine. Pour ne citer que cet exemple, je vous rappelle qu’au mois d’avril dernier, nous organisions des portes ouvertes sur l’orientation et la guidance scolaires et en marge de cette manifestation nous avons organisé des visites au musée El Moudjahid (Riad El Feth).Plus de 3000 élèves ont pu ainsi visiter ce musée durant ces journées. Des journées cinématographiques ont, également, été organisées au profit des élèves de 14 wilayas qui ont pu, ainsi, assister à la projection du film « Lala N’Soumer ». Plusieurs représentations de la pièce ont été données aux élèves de la wilaya d’Alger, au niveau du TNA. Avec le concours des départements des moudjahidine et de la culture, le MEN organise plusieurs visites aux musées et aux sites historiques notamment durant le mois du patrimoine. Nous sommes en cours d’élaboration d’un programme systématique, à mettre en œuvre dans tous les établissements scolaires pour que la dimension culture, théâtre, cinéma, musique…serve d’ancrage à la valorisation du patrimoine national.

Comment stopper la violence qui sévit dans les écoles?

***Je préfère parler de violence tout court. Pourquoi stigmatiser l’école alors qu’on entend chaque jour parler d’actes de violence, dans les quartiers, dans la rue, dans la famille…Ce phénomène a pris de telles proportions, qu’il devient inquiétant. Lutter contre cette violence exige l’intervention de tous et à tous les niveaux, à commencer par la cellule familiale. Le Ministère de l’Education Nationale, conscient de la gravité et de l’ampleur de l’usage de la violence en milieu scolaire, a engagé un certain nombre de dispositions et d’actions. Ainsi, bon nombre de mesures ont été prises pour prévenir ce phénomène, notamment l’interdiction, par des dispositions législatives et réglementaires, des châtiments corporels ainsi que des insultes, brimades et humiliations et prise de sanctions administratives, pouvant aller jusqu’à la radiation, à l’encontre de tous contrevenants à cette interdiction et qui peuvent même faire l’objet de poursuites judiciaires : la loi d’orientation sur l’éducation nationale, notamment son article 20 qui instruit les élèves sur la nécessité de respecter leurs enseignants et tous les autres membres de la communauté éducative, ainsi que son article 21 qui interdit le châtiment corporel, les sévices moraux et toutes formes de brimades, les arrêtés et circulaires d’application abondent dans le même sens. La mise en place, de commissions au niveau wilaya de lutte contre la violence et les fléaux dans les établissements scolaires. L’organisation de rencontres, de séminaires et de journées d’études sur le thème de la violence en milieu scolaire. L’organisation de concours de dessin, littérature, théâtre etc. autour du thème de la violence et de la culture de la paix, le développement des activités sportives en milieu scolaire, l’introduction, dans les curriculum, des notions relatives aux Droits de l’Homme et au Droits de l’Enfant, ainsi que des thèmes relatifs à la tolérance, à la cohabitation pacifique et à la culture de la paix, notamment les programmes d’éducation civique et ceux d’éducation religieuse, aux différents paliers de l’enseignement. Je peux vous dire que dès l’année 2000, le MEN avait initié une enquête exhaustive au niveau de tous les établissements scolaires pour cerner les contours du phénomène. Successivement, en 2008 et en 2013, des études conjointes avec l’UNICEF et le CREAD (39.000 élèves de 15 à18 ans ont été concernés) ont été réalisée sur le phénomène. Le 7/12/2013, une réunion au niveau central a été organisée pour délivrer les conclusions des différentes études. S’en est suivi une large concertation sur le terrain et par visioconférence. Toutes ces consultations ont été sanctionnées par un séminaire qui a regroupé, en 2013, tous les intervenants. La violence, c’est bien connu, demeure depuis quelques années, une préoccupation réelle dans toutes les sociétés du monde entier. En Algérie, elle exige la mise en place d’une stratégie nationale car la contribution de tous est indispensable. *Par Ilhem TERKI - Mercredi 16 Septembre 2015/ L’Expression

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*Préscolaire, tamazight, manuels

Rentrée scolaire 2015/2016 : ce qui va changer

Du nouveau pour la rentrée scolaire. La ministre de l’Education nationale, qui a réuni ses directeurs de wilaya en prévision de la prochaine rentrée, le 6 septembre, a annoncé que l’enseignement préscolaire sera  «généralisé» sur tout le territoire national. 

La généralisation du préscolaire est l’une des mesures que compte prendre la ministre depuis sa prise de fonction.

Mme Benghebrit, dont l’un de ses axes de recherche au Crasc était justement l’éducation préscolaire, a annoncé, en fin d’année dernière, que cet enseignement «sera généralisé dans les écoles publiques, privées et coraniques et dans les crèches relevant des entreprises économiques durant l’année scolaire 2016-2017».

Cette mesure vise à permettre «à tous les enfants de bénéficier» des mêmes chances de réussite aussi bien dans les établissements scolaires publics que privés ou dans les écoles coraniques et les crèches relevant des entreprises économiques.

La répartition de cet enseignement n’est pas la même d’une région à une autre : dans certaines wilayas, l’enseignement préparatoire est assuré à 100%, contre 25% dans d’autres, a indiqué la ministre qui a appelé, à l’occasion, ses directeurs de l’éducation à consentir davantage d’efforts pour généraliser les classes préscolaires en 2017.

Autre mesure annoncée : l’élargissement de l’enseignement de tamazight dans 20 wilayas contre 11 auparavant. Le ministère de l’Education nationale et le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) ont signé, en février dernier, un accord de partenariat pour la promotion de la langue amazighe.

Objectif : «Agir par des mesures particulières au sujet de l’enseignement de tamazight dans toutes ses variantes, à son amélioration et sa prise en charge à travers le territoire national.» Quel instrument mettre en place ? Une commission technique de suivi commune, composée de spécialistes, linguistes et pédagogues, proposée par le HCA (8) et le ministère de l’Education (7), a été installée avec pour mission de «discuter d’observations relevées sur le terrain quant aux difficultés d’ordre objectif ou subjectif faisant obstacle à l’attractivité et l’avancée de l’enseignement de tamazight aux plans qualitatif et quantitatif».

Le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, qui a salué l’engagement de Mme Benghebrit, a indiqué, dans un entretien à El Watan, que la généralisation de l’enseignement de tamazight, telle que préconisée par son institution, doit être progressive et menée sur deux plans en parallèle : une extension horizontale et une autre verticale assurant une continuité de l’enseignement de tamazight dans les mêmes cycles et entre les cycles dans les 11 wilayas ainsi qu’une extension géographique qui retient le principe d’aller au-delà de ce nombre.

Mme Benghebrit a souligné devant ses cadres que son ministère œuvrera à relever trois défis lors de l’année scolaire 2015-2016 : «L’équité et l’égalité des chances pour tous les élèves et le principe de citoyenneté et de qualité dans l’enseignement.»

Un minimum de 32 semaines

La ministre compte s’attaquer à un problème épineux : le nombre d’heures d’enseignement. Mme Benghebrit a ainsi évoqué la rationalisation, à partir de la prochaine rentrée, de la gestion du volume horaire scolaire en assurant un minimum de 32 semaines d’activité effective. Les élèves algériens font face à une instabilité chronique due aux grèves cycliques. «Le total des jours et des semaines perdus depuis dix ans» a engendré «une perte sèche de deux ans.

En fin de cursus moyen ou secondaire, les élèves algériens sont l’objet d’un déficit de deux ans par rapport aux élèves de la région ou du monde», a annoncé Farid Benramdane, chargé de la pédagogie au ministère, contacté par El Watan.

Mme Benghebrit a annoncé la promotion des filières mathématiques et des langues étrangères et l’encouragement de la création d’associations de parents d’élèves au niveau de tous les établissements scolaires. L’accent sera mis également sur l’accompagnement des élèves et leur consultation sur les solutions à apporter aux problèmes du secteur.

La formation n’est pas en reste dans ce «pacte» (le mot est de la ministre) qui sera mis en place à la prochaine rentrée. La «formation sera axée sur un constat des problèmes existants, autrement dit il s’agira de l’étude et l’analyse des erreurs de l’élève durant l’année scolaire, notamment durant les examens, une approche adoptée par d’autres pays», a indiqué Mme Benghebrit.

S’agissant de la consécration de la citoyenneté, la ministre a rappelé que l’identité algérienne sera «présente» dans les ouvrages scolaires à travers des extraits d’écrivains et auteurs algériens, en plus des visites culturelles aux sites historiques conformément aux accords conclus avec le ministère de la Culture.

Mme Benghebrit, qui a fait face ces dernières semaines à une levée de boucliers consécutive à l’annonce de l’introduction des langues maternelles, a invité tous les cadres de son secteur à s’«engager pleinement» autour de ce qu’elle a appelé le «pacte éducatif» en vue de préserver l’école et l’intérêt de l’élève.

Plus de 8 112 000 élèves répartis sur les trois paliers (primaire, moyen et secondaire) sont concernés par la rentrée scolaire 2015-2016.*Nadir Iddir/ el watan/ mardi 01 septembre 2015

**Réforme du système éducatif

Mme Nouria Benghebrit mise sur le cycle primaire

La ministre de l’Education nationale veut redonner au cycle primaire «ses lettres de noblesse».

La refonte du système éducatif commence, selon elle, par des changements au niveau du cycle primaire. «72% des écoles que compte le pays relèvent de ce cycle, mais est-il logique que 10% des élèves qui entrent en 1re année échouent à passer en 2e année ?» s’interrogeait-elle hier à Boumerdès, lors d’une allocution devant les directeurs et les inspecteurs du cycle primaire.

Avant de parler des solutions, la ministre a dressé un tableau peu reluisant de la situation dans certaines écoles, citant le manque de propreté et d’entretien des espaces verts en raison du «manque de dynamisme et de motivations des directeurs».

Comment changer cet état de fait ? «Ma réunion aujourd’hui avec les directeurs et les inspecteurs du primaire est essentielle pour moi. Les concernés sont le fer de lance de la refonte pédagogique», a-t-elle précisé lors de son intervention. Pour elle, le cycle primaire revêt une importance capitale dans la vie de l’élève, d’autant qu’«il est le plus long et lui laisse des souvenirs indélébiles».

Mme Benghebrit affirme que «le rôle des directeurs et des inspecteurs est de motiver leurs équipes et de réunir les conditions nécessaires à l’épanouissement de l’apprenant, en veillant sur des choses simples sur lesquelles je suis obligée de revenir : la propreté et l’entretien de l’école, la création d’espaces verts».

«Un peu de verdure ne coûte pas grand-chose. Nous attendons du directeur de l’école qu’il crée une synergie entre tous les acteurs, notamment les enseignants et les parents», a-t-elle recommandé, en soulignant qu’«il est anormal de trouver des écoles verdoyantes et d’autres en état de chantier permanent juste à côté».

«Mon souhait est que l’élève étudie dans des classes agréables, qu’il ait des enseignants engagés et performants et qu’il puisse bénéficier de repas chauds et de chauffage. J’attends que vous assumiez aussi la formation et l’accompagnement des équipes pédagogiques et que vous soyez plus à l’écoute et en proximité avec les enseignants et les élèves.

Car ce sont les pièces maîtresses dans le processus d’enseignement et d’apprentissage», a-t-elle enchaîné. L’oratrice rappelle qu’«il ne suffit pas de faire le diagnostic, mais de trouver les solutions».

Invités à faire part de leurs préoccupations, de nombreux directeurs ont expliqué les problèmes susmentionnés par le fait que la gestion des écoles primaires dépend des APC.

La plupart ont demandé leur rattachement au ministère de tutelle, au même titre que les CEM et les lycées.
Dans ses réponses, la ministre a assuré qu’elle était prête à changer les choses, en précisant que «sans l’engagement, la mobilisation et la disponibilité de tous, on ne pourra rien faire».

Selon elle, «le nombre d’observateurs et de gens qui nous critiquent dépasse le nombre du personnel de l’éducation». La ministre n’a pas manqué de faire appel aux associations de parents d’élèves qui, déplore-t-elle, sont inexistantes dans la quasi-totalité des écoles primaires. Le défi sera relevé avec l’implication de tous.

«C’est avec vous tous que je veux le faire et c’est sur vous que je veux m’appuyer pour le faire. On a tous les moyens et les compétences pour que l’école algérienne soit un modèle à l’avenir», a-t-elle conclu, sous les applaudissements de l’assistance. *Ramdane Koubabi/ mercredi 09 septembre 2015

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*La rentrée scolaire 2014/2015, dimanche 07 septembre 2014 

rentres

Le ministère de l’Education nationale vient de fixer la date de la rentrée scolaire 2014-2015 au 7 septembre prochain dans toutes les régions du pays.

Alors que le personnel administratif reprendra ses fonctions dimanche 31 août 2014 et les enseignants rejoindront leurs postes le mardi 2 septembre.

La décision du ministère de l’éducation n° 46 portant le calendrier de la prochaine années scolaire précise que les vacances scolaires d’automne  sont fixées pour la période du jeudi 30 octobre au mercredi 5 novembre 2014, les vacances d’hiver débuteront le 18 décembre 2014 et prendront fin le 4 janvier 2015 tandis que celles du printemps auront lieu du 19 mars au 05 avril 2015. Les vacances d’été commenceront le jeudi 2 juillet 2015 pour les élèves.

Pour les personnels administratifs ils ne pourront partir en vacance qu’après avoir accompli toutes les opérations liées à la fin de l’année scolaire y compris les réunions des conseils d’admission et d’orientation et l’affichage des résultats des examens officiels. Ainsi, les vacances d’été pour les personnels administratifs et les enseignants sont prévues le jeudi 16 juillet 2015 dans les première et deuxième zones et jeudi 19 juillet 2015 dans la troisième zone (le sud).*médias-Lila Ghali | 10/06/2014-algerie1.com

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*La rentrée scolaire 2013/2014, dimanche 08 septembre 2013 

*Oran manque de professeurs de mathématiques et de physique

C’est du jamais vu. Le directeur de l’Education de la wilaya d’Oran vient de lancer un appel d’offres d’emplois pour le recrutement de professeurs de mathématiques et des sciences physiques des wilayas limitrophes pour combler le déficit à Oran et éviter ainsi des élèves sans professeur : «Pour les 70 postes de PES de mathématiques, seuls 31 candidats se sont présentés au concours, et pour les 57 postes de PES des sciences physiques, 49 se sont présentés au concours. Cela nous a obligé de les prendre tous, et de lancer un appel d’offres d’emplois aux autres wilayas du pays pour le recrutement de 47 autres PES dans les deux matières», a déclaré le D.E. de la wilaya d’Oran, Ahmed Guellil.

Quant aux infrastructures scolaires, Oran a bénéficié de 13 lycées, 15 collèges, 40 écoles et 100 nouvelles salles de cours sans oublier les salles de sports. «La surcharge est un vieux souvenir», a affirmé le wali d’Oran. A propos des manuels scolaires, le D.E. a souligné qu’un nouveau livre de français pour la 4e année du primaire, un livre de la langue Amazigh et ceux de l’italien et l’espagnol ont été élaborés et opérationnels dès cette année scolaire 2013/2014. Cependant, il faut rappeler que plusieurs points noirs persistent, et les responsables ont encore quelques jours pour y remédier.

Notons que des affectations provisoires seront délivrées aux nouveaux enseignants pour occuper leurs postes de travail dès la rentrée scolaire, le 08 septembre prochain, en attendant le certificat de conformité de chacun par la direction de la Fonction publique : «Ceux qui seront rejetés seront remplacés», explique le D.E. et de poursuivre : «Avec le départ massif à la retraite, nous allons atteindre le double des postes pédagogiques à pourvoir, soit 1500 postes au lieu des 778 prévus initialement».*El Watan-04.09.2013

**Tizi Ouzou: 49 écoles fermées par manque d’élèves

La dénatalité enregistrée ces dernières années dans la wilaya de Tizi Ouzou et l’exode des populations vers les villes ont engendré une baisse sensible du nombre d’enfants scolarisables, notamment dans les zones rurales. Quarante neuf écoles primaires parmi les 651 existantes resteront fermées à la prochaine rentrée scolaire prévue le 8 septembre en raison du manque d’élèves inscrits. Sur ce nombre d’établissements fermés, une quinzaine sont situés dans la daïra d’Azeffoun, 6 à Bouzeguène et 2 à Beni Yenni. Plusieurs autres localités enclavées comme Zekri, Yakouren et Draâ El Mizan, sont concernées par la diminution des effectifs scolaires. Pour la même cause, certaines divisions pédagogiques y ont même fonctionné avec un effectif de 11 élèves seulement. Selon les chiffres communiqués par la direction locale de l’éducation, 210.340 élèves, tous cycles confondus, dont 29.690  nouveaux inscrits sont attendus cette année.

«Tout est fin prêt pour accueillir les élèves dans de bonnes conditions», a-t-on rassuré. Au plan infrastructurel, les responsables du secteur font état de la disponibilité de 651 écoles primaires, 176 collèges et 57 lycées. Si tout est «parfait» en matière d’infrastructures d’accueil, il n’en sera pas de même sur le plan pédagogique où le manque d’enseignants dans certaines matières comme le français et le tamazight revient tel un leitmotiv chaque année.

Les responsables à tous les niveaux s’inquiètent également à trouver des enseignants et des inspecteurs de qualité après un départ massif sans précédent à la retraite. Pour palier ce manque, la direction de l’éducation a recruté 269 nouveaux enseignants par voie de concours dont 150 pour le secondaire, 100 pour le primaire et 19 pour le moyen. L’encadrement de l’enseignement de tamazight a été également renforcé par le recrutement de 41 enseignants qui s’ajouteront aux 945 opérationnels à travers les 67 communes de la wilaya. L’insuffisance des moyens de transport scolaire et de cantines est l’autre problème soulevé chaque année par les élèves dans plusieurs villages. Même si la direction de l’éducation rassure que 98 %  des 651 écoles que compte la wilaya de Tizi Ouzou seront à même d’assurer la restauration à leurs élèves, ils seront nombreux à se contenter d’un morceau de pain et d’une maigre tranche de fromage pour casser la croûte à midi. Les associations locales des parents d’élèves ne cessent de dénoncer cette situation.

D’autre part,  plusieurs établissements scolaires de la wilaya de Tizi Ouzou sont dans un état de délabrement avancé et souffrent de déficits multiples. Parmi les carences relevées dans un rapport de la commission Education, formation professionnelle et enseignement supérieur de l’APW, figurent l’insuffisance des moyens d’entretien, le manque de raccordement aux réseaux d’eau potable et du gaz naturel, l’insécurité, insalubrité, présence de l’amiante dans certaines structures en préfabriqué, retard et insuffisance en matière de réalisation.*  El Watan-04.09.2013

**Ils sont plus de 8 millions à rejoindre les bancs de l’école

Plus de 8 millions d’élèves reprendront le chemin de l’école dès demain. La rentrée scolaire est placée cette année sous le sceau de la relance de «l’école algérienne» qui a sombré dans de multiples problèmes ces dernières années. Des aménagements de programme devraient avoir lieu et des réponses sont promises pour régler définitivement le problème du poids du cartable, de la surcharge des classes et du déficit en enseignants. Autant de défis que le ministère de l’Education nationale (MEN) dit avoir relevés avec succès. En termes d’infrastructures 25 640 nouveaux établissements scolaires ont été réceptionnés par le secteur de l’éducation, en prévision de cette rentrée scolaire, dont 254 primaires, 99 CEM et 109 lycées. Ces établissements seront encadrés par 20 850 enseignants diplômés des Ecoles normales supérieures dont 797 pour le primaire, 732 pour le moyen et 1321 pour le secondaire. Pour étoffer l’effectif, le MEN a organisé durant l’été un concours de recrutement de plus de 12 000 enseignants. Le nombre total du personnel du secteur de l’éducation nationale est de 664 864 employés.

Autre nouveauté de cette rentrée, l’introduction d’un nouveau manuel de français pour la 4e année moyenne et la révision de l’emploi du temps du cycle moyen, pour mieux l’adapter aux différents programmes de ce cycle. Pour alléger le poids du cartable, le ministère a fixé une nouvelle liste du matériel scolaire. Il a instruit les directions de l’éducation pour veiller à l’application de cette liste. Ainsi, le ministère a écarté l’utilisation des cahiers volumineux, optant pour l’utilisation d’un cahier par trimestre. Cela en plus de l’installation de casiers dans tous les établissements scolaires à travers le pays afin que les élèves ne trimbalent pas l’ensemble des articles scolaires. Il y a aussi l’introduction de l’enseignement de la langue italienne comme troisième choix pour la filière des langues étrangères du cycle secondaire général et technique. Mais ces «réformettes» ne répondent pas au fond du problème de l’école qui n’arrive plus à transmettre le savoir aux générations futures.

L’état de l’école a été résumé la semaine dernière, de manière peu subtile peut-être, par le Premier ministre qui a appelé à réhabiliter l’enseignement scientifique, indispensable pour la construction et le développement de notre pays. Des chiffres de l’ONS font état du nombre très faible de diplômés des sciences exactes. Ce chiffre est la conséquence directe du système éducatif trop centré sur les sciences sociales et qui a délaissé un tant soit peu l’enseignement scientifique et pratique. La surcharge du programme, hantise des élèves mais aussi revendication des enseignants, n’a toujours pas été réglée. Pourtant, de nombreux enseignants et pédagogues estiment «surhumain» le volume des programmes, toutes matières confondues. Cette surcharge se répercute négativement tout d’abord sur les capacités d’assimilation du contenu. L’année dernière, le ministère a été contraint de fixer un seuil pour les examens de fin d’année en raison des importants retards enregistrés dans l’exécution du programme jugé trop chargé. Cette méthode décriée risque de se reproduite cette année encore. Surtout que, du point de vue pédagogique, les coupes ne peuvent être opérées au courant de l’année scolaire. L’allègement des programmes, estiment des pédagogues, doit se faire avant le début de l’année scolaire par une commission scientifique qui maîtrise le contenu du programme scolaire. Chose qui n’a pas été faite pour le moment. Hormis donc des changements plutôt d’ordre technique, l’école reste la même sur le fond. Une autre année de perdue pour les élèves ?
  Aide aux élèves de familles démunies :

Plus de 4 millions d’élèves démunis auront leurs manuels scolaires gratuitement. Une enveloppe de 6,5 milliards de dinars a été consacrée à cette opération. Aussi, l’Etat va verser à chaque élève issu d’une famille pauvre 3000 DA pour pouvoir faire face aux dépenses scolaires. Par ailleurs, une enveloppe de 5,4 milliards de dinars a été destinée à la maintenance et à l’acquisition d’appareils de chauffage au profit de 709 écoles primaires, 324 CEM et 155 lycées, outre l’acquisition et l’installation de 3900 climatiseurs dans 145 établissements éducatifs du sud du pays. Quant aux cantines scolaires, leur nombre atteindra cette année 14 739 cantines, au profit de plus de 3 millions d’élèves.
M. A. O.
  Mokrane Ait Ouarabi-El Watan-07.09.2013

**La rentrée scolaire par les chiffres

94 000 élèves démunis bénéficieront d’une aide de 3 000 DA et 150 000 autres auront des manuels scolaires.

Le coup d’envoi officiel de la rentrée scolaire 2013/2014 sera donné à partir de l’ancien lycée d’Oued Tlélat sous le slogan : «L’utilisation des nouvelles technologies de l’informatique et la communication», selon le Directeur de l’Education de la wilaya d’Oran Ahmed Guellil, lors d’un point de presse organisé jeudi dernier au lycée Lotfi. Ce dernier a brossé un tableau exhaustif sur la rentrée scolaire dont la réception de 6 lycées, 4 collèges, 14 écoles et 48 salles de cours sans oublier les établissements en cours de réalisation dont le lycée de Tafraoui qui ouvrira ses portes le mois de décembre prochain.

Face aux craintes des parents d’élèves, le responsable de l’Education a déclaré : «Il n’y aucune surcharge des classes, à part quelques cas isolés. Le manque de professeurs de maths et de physiques sera comblé.» Quant au cartable, les frais scolaires, le volume horaire et le dossier social, Ahmed Guellil rassure : «Nous avons établi une liste ‘’utile’’ des affaires scolaires». 94 000 enfants bénéficieront des 3 000 DA, 150 000 autres des manuels scolaires et 4,5 milliards de centimes ont été débloqués par la DAS pour aider les démunis non pris en charge par les premières opérations citées où une aide de 3 500 DA leur sera octroyée.

Le volume horaire sera revu à la baisse pour la 4e AM, de 33 h à 28 h. «Aidez-nous à mettre à nu les points noirs ! Je m’engage à offrir les manuels à tout enfant qui n’en a pas les moyens. Le comité de wilaya de solidarité a fait bénéficier 600 élèves l’année dernière», a affirmé l’orateur. D’autre part, le DE est revenu sur le cas des enfants syriens et des établissements scolaires dégradés : «Pour le moment, nous avons inscrit 25 enfants syriens au primaire et 21 au moyen.

La liste est ouverte. Nous avons bénéficié de 13 milliards de cts pour les travaux d’étanchéité et autres pour 17 collèges et 16 lycées. Quant à l’affaire d’El Hamar, je demande aux parents d’être coopératifs. Nous avons démoli l’ancien collège en préfabriqué pour réaliser sur le même site un collège en dur, et nous avons orienté les scolarisés vers les établissements proches, en attendant la réalisation du nouveau collège», a conclu Ahmed Guellil.      

Noureddine B.- El Watan-07.09.2013

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*Ils étaient vraiment très beaux à voir

De la gaieté sur les chemins de l’école

Parés de leurs plus beaux habits, des milliers d’élèves, issus de tous les quartiers, ont repris hier, dans une ambiance bon enfant, le chemin de l’école.

De la gaieté sur les chemins de l'école

Ils étaient vraiment très beaux à voir parés de leurs plus beaux habits. Les milliers d’élèves, ont rejoint à la date prévue leurs écoles. A l’exception des nouveaux que les parents essayaient de raisonner pour dissiper les appréhensions de la rentrée. Tous piaffaient d’impatience de retrouver leurs camarades de classe après une aussi longue séparation.
Près de quatre mois de vacances, c’est, en effet, beaucoup très long. Certains n’ont pas dormi la nuit.
Afin de fêter les retrouvailles, ils n’ont pas hésité à se rendre, très tôt le matin, au domicile de leurs camarades pour effectuer ensemble, le trajet menant à l’école. Les plus âgés, c’est-à-dire, les collégiens ont profité de ce premier jour de rentrée pour discuter football et de la rencontre Libye-Algérie, comptant pour le dernier tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations, prévue en janvier prochain en Afrique du Sud.
Pour les parents, ce sont les risques de surcharge des classes qu’ils appréhendent le plus, après les informations faisant état de retard mis dans la réception des établissements programmés pour la rentrée au niveau de certaines wilayas.
M.Abdelatif Baba Ahmed, qui était en tournée d’inspection dans la commune d’El Biar, a tenu à rassurer tout le monde, hier, en rappelant les mesures prises par les départements ministériels pour pallier, justement, à la surcharge des classes.
Selon lui, seules dix wilayas ont fait part de ce problème qui a été pris en charge grâce aux solutions palliatives.
Le problème de la scolarisation dans notre pays a été, lui aussi pris en charge et ne perturbera pas la scolarité des 8.300.000 élèves, affirment les responsables du ministère de l’Education nationale.
Dans une ambiance bon enfant, ils ont entonné en de nombreux endroits le célèbre refrain «Gai, gai l’écolier», qui a fait sortir les passants d’Alger de leur torpeur.
Les agents de police et de la gendarmerie qui étaient postés aux abords des édifices pour en assurer la sécurité et l’ordre, étaient très contents, eux aussi, de retrouver ces écoliers et cette ambiance qui leur a manqué quatre mois durant.* L’Expression-10.09.2012.

**Plus de 8 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école

cette rentrée solaire 2012-2013 ne s’annonce pas sous de très bons auspices, en raison de la surcharge des classes avec la scolarisation des enfants syriens et le déficit en enseignants dans certaines matières

Deux fois plus d'élèves rejoindront les bancs de l'école cette année

Longtemps différé, le départ de celui qu’on disait  «inamovible» va-t-il enfin, libérer l’institution des pesanteurs qui l’entourent et surtout des contradictions qui la minent et qui en ont fait, à la longue, une «école sinistrée»? De l’avis de nombreux experts, l’Ecole algérienne a perdu depuis deux ou trois décennies son statut et partant, sa vocation d’institution dispensant le savoir et la connaissance. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, dit-on. Le système éducatif adopté, le choix des programmes, de même que les méthodes employées, au lieu de stimuler le savoir ont, au contraire, beaucoup handicapé les élèves et limité leurs connaissances. Toutes les expériences qui ont été tentées jusqu’ici le montrent. Habitués à apprendre par coeur au lieu de raisonner et n’arrivant pas à maîtriser et l arabe et le français, près de la moitié des élèves des classes terminales échouent à l’examen du Bac. Ceux qui échappent à la purge et décrochent le fameux sésame, sont souvent contrariés lorsqu’ils se retrouvent à l’université parce que les cours et les comptes rendus se font uniquement en français ou en anglais, alors qu’ils ont fait toutes leurs classes en arabe. Plus de 8 millions d’élèves reprendront, à partir de demain, le chemin de l’école. Pour la majorité des parents, cette rentrée solaire 2012-2013 ne s’annonce pas sous de très bons auspices, en raison de la surcharge des classes avec la scolarisation des enfants syriens et le déficit en enseignants dans certaines matières. Résultat: on risque de se retrouver avec des classes de 50 élèves, voire plus.qui compliqueront davantage la tâche des enseignants qui ont déjà fort à faire avec les élèves locaux. La réception de 130 nouveaux lycées constitue, certes, une bouffée d’oxygène, mais elle ne pourrait, à elle seule, résorber le déficit existant. La cherté des articles scolaires et des vêtements destinés à habiller leurs enfants en âge d’aller à l’école constitue également un casse-tête pour les parents et hante leurs nuits. Malgré les contributions de l’Etat et les mesures qu’il a prises en faveur des familles nécessiteuses auxquelles il octroie, chaque année, une prime de 3000 dinars par enfant scolarisé, de plus en plus de parents éprouvent des difficultés pour subvenir aux besoins de leurs enfants, particulièrement, les smicards. A peine sortis d’un rude mois de Ramadhan qui les a presque mis sur la paille, voilà qu’ils se retrouvent obligés d’honorer d’autres achats et d’autres dépenses. Une sacrée gymnastique quand on sait que pour l’achat d’un seul cartable ou sac à dos, les parents doivent débourser, en moyenne, 1500 dinars. Les prix des tabliers ont, eux aussi, connu une flambée vertigineuse sur le marché. Profitant de la disparition des vendeurs de l’informel qui leur faisaient concurrence, des commerçants ont majoré les prix des tabliers, en les vendant entre 750 et 1500 dinars l’unité. Certes, les prix des cahiers, comparés à ceux des livres, n’ont pas énormément augmenté mais, il faut faire très attention car beaucoup ne sont pas de très bonne qualité et les enseignants sont intransigeants et obligent souvent les élèves à opter pour telle ou telle marque de cahier. 61 millions de livres seront distribués cette année, dont 4 millions offerts gratuitement aux enfants des familles démunies. Selon l’Association nationale des parents d’élèves, s’il est vrai que l’Etat a imprimé pour cette rentrée 61 millions de livres, beaucoup de parents n’arrivent pas à les trouver, facilement au niveau des points de vente ou des librairies. Et lorsqu’ils y parviennent, ils sont obligés de les payer au prix fort, jusqu’à deux fois leur prix, parfois. Le hic, c’est auprès des revendeurs du secteur privé qu’ils sont souvent disponibles, les librairies étatiques invoquent les ruptures de stocks pour justifier la disparition de tel ou tel manuel de leurs étals. Profitant à plus de 80% des élèves du premier palier, la cantine scolaire est sur le point d’être assurée par l’ensemble des établissements, à la grande satisfaction des enfants issus de familles démunies qui y voient là un moyen pour équilibrer la nourriture de leurs rejetons qui souffrent de malnutrition. Une enveloppe de 28,5 milliards de dinars est consacrée à cette opération. Reste à l’organiser et à mieux la prendre en charge, en faisant contrôler, quotidiennement, la nourriture et les produits achetés par un médecin spécialiste ou un diététicien pour éviter les risques de contamination et les intoxications alimentaires qui sont, malheureusement, légion. Installer des cantines c’est bien, les rendre plus fonctionnelles et surtout plus sûres en matière d’hygiène, c’est beaucoup mieux.*L’Expression-08.09.2012.

**c’est aussi la rentrée pour toute la population active

Demain c’est la rentrée scolaire. Et après? Où est l’événement? Chaque année, à la même période, les enfants reprennent le chemin de l’école après les grandes vacances. Il y a tout de même une autre façon de voir la rentrée scolaire. On croit que ce sont les parents qui «poussent» leurs enfants sur le chemin de l’école. En réalité, c’est plutôt la rentrée des enfants qui remet les parents au travail. Donc, demain, c’est aussi la rentrée pour toute la population active. La vraie rentrée, quoi! Les villes se repeupleront. Les commerces rouvriront. Les embouteillages reprendront. Au début on ne parlera pas de disponibilité du pain ni de celle des eaux minérales mais du coût des articles scolaires. Même si, pour cela, l’Etat déboursera une prime de scolarité de 3000 DA pour chacun des 3 millions d’écoliers dont les familles sont démunies. Même si, pour tous les élèves du primaire, les livres scolaires sont fournis gratuitement par l’Etat. Ce qui, ajouté aux démunis, concernera au total quelque 4 millions d’enfants. Soit la moitié des 8 millions qui iront demain à l’école. Même si 81% d’entre eux bénéficieront de la cantine scolaire. Malgré tous ces efforts de l’Etat, l’attention se portera sur les points noirs. Sur les classes en surcharge causée par le retard accusé dans la livraison des nouveaux établissements programmés pour cette rentrée. Sur le transport scolaire où le chiffre insuffisant de 128 bus supplémentaires, a été annoncé. Sur le prix des livres pour ceux qui ne sont pas concernés par la gratuité. Pour tous ces points, les parents afficheront, sans nul doute, leur mécontentement. Mais ils le feront aussi parce qu’ils sont stressés en comptant toutes les dépenses cumulées (vacances, Ramadhan, Aïd et rentrée scolaire) en un laps de temps relativement court. Ils arrivent devant la porte de l’école sur les «jantes». Ce qui influe sur leur moral. D’où la recherche des points noirs en guise d’exutoire. Une aubaine pour les organisations de la société civile qui ne ratent aucune occasion de médiatisation qui est pour elles ce que la pub est aux entreprises économiques. Et pas de Benbouzid ou de Baba Ahmed qui tienne! Le «tarif» sera le même. De tout cela, les enfants n’en ont cure. Pour eux, c’est l’ambiance de la fête. Revenus bronzés de leurs vacances et tirés à quatre épingles, ils retrouveront leurs camarades de classe et c’est à qui aura la plus belle paire de chaussures, qui sera de marque la plus prestigieuse. C’est à qui aura le plus beau cartable. On peut ainsi monter dans la frime jusqu’au dernier smartphone et autre portable tactile qui «zoome». Ils sont loin, très loin des soucis des parents qui comptent et recomptent leur budget pour savoir s’il les mènera jusqu’au prochain versement des salaires. La nouveauté cette année, parce qu’il y en a une quand même, est dans le dispositif de surveillance qui sera mis en place par la police et la gendarmerie aux alentours des établissements scolaires. Des petits et des grands. Les agents, dont une bonne partie en civil, auront une nouvelle arme, le «taser» à impulsions électriques. Très efficaces pour immobiliser les «fiers à bras». Ce qui, espère-t-on, éloignera les dealers et autres délinquants dont certains sont même signalés dans des cas d’enlèvements. Voilà ce qu’on pouvait dire de la rentrée scolaire de demain. De ce qui peut la distinguer des précédentes. Et si l’on devait consoler les tout petits qui font leur première rentrée demain avec le trac et les larmes que l’on connaît, disons-leur que même le ministre de l’Education, Abdelatif Baba Ahmed, s’est fait sa première rentrée. Certes il était recteur de l’université de Blida, mais être «recteur» de tous les lieux du savoir du pays pour plus de 8 millions d’élèves, c’est d’une tout autre dimension. A lui et à tous les écoliers, nous souhaitons une bonne année scolaire! *Par Zouhir MEBARKI …L’Expression-08.09.2012.

**L’année scolaire 2012-2013-sera particulièrement pénible par rapport aux années précédentes, en gardant irrésolus les mêmes problèmes socioprofessionnels.

«L'arrivée en première année secondaire de la première promotion d'élèves de la 5e année primaire augmentera la moyenne d'occupation des classes»

Flambée des prix des articles scolaires, surcharge des classes, rappels qui tardent à venir, mécontentement généralisé des travailleurs de l’éducation et violence exacerbée dans les écoles et collèges…sont autant d’ingrédients qui font dire à nombre d’observateurs que la rentrée scolaire s’annonce houleuse. Des sources syndicales, prévoient une réédition des revendications traditionnelles de la famille des enseignants, avec en sus une formidable prédisposition des personnels à l’action immédiate, voire aux mouvements spontanés.
En effet, estime M. Idir Achour du CLA (Conseil des lycées d’Algérie), le mécontentement est général et les personnels en colère risquent de passer à l’action sans nécessairement en référer aux AG (Assemblées générales).
Ceci décrit-on ne peut mieux la nature explosive de la rentrée scolaire 2012-2013. Ce responsable syndical estime que cette situation est le fait de l’administration qui a la réputation d’être passée maître dans l’art de la stratégie et qui s’ingénue à prendre en otage des revendications essentielles.
Notamment celle des rappels de salaires, laquelle revendication aurait sciemment été entretenue afin de mieux détourner les regards de la société sur des questions bien plus pertinentes comme la qualité de l’enseignement et autres paramètres pédagogiques qui engagent jusqu’aux orientations de la République en matière d’éducation. «On a le chic de chauffer à blanc les esprits et canaliser l’importance sur une demande sociale qu’il aurait mieux valu résoudre depuis belle lurette!» s’exclame M.Achour, qui ajoute qu’il était attendu que la question des rappels soit réglée bien avant la fin de l’année. Cette démarche ne peut que renseigner sur la volonté malsaine de piéger le corps enseignant que l’on cherche à garder éloigné de dossiers à la teneur plus consistante à l’instar de celui du statut ou des retraites.
Aussi, s’attend-on à voir le collectif des syndicats patauger de plus belle dans le marasme et négocier des demandes matérielles, certes délicates mais moins déterminantes pour l’avenir des générations. Toute cette agitation cachera, préviennent les syndicalistes, une amère réalité faite de surenchère sur les cours privés, de surcharge des classes et une recrudescence de la violence en milieu scolaire.
D’ores et déjà on prévient que les fameux cours particuliers connaîtront une hausse jamais égalée dans notre pays à telle enseigne que l’on parle de commercialisation du savoir.
Ce qui est synonyme de réussite par l’argent et donc une sérieuse remise en cause du principe national de démocratisation de l’enseignement. «A ce rythme on ne va pas tarder à songer à la privatisation des écoles publiques au nom du profit!» s’inquiète M.Achour qui n’hésite pas à faire le parallèle avec la privatisation des entreprises publiques…
A une semaine de la rentrée des classes, l’année scolaire sera particulièrement pénible par rapport aux années précédentes, en gardant irrésolus les mêmes problèmes socioprofessionnels, prévient-on encore. «Fauchés», après avoir subi, à l’image de tous les Algériens, des passages obligés de la dépense massive notamment les vacances d’été, le Ramadhan, l’Aïd et enfin la rentrée, les enseignants ne seront que plus sensibles aux revendications salariales et occulteront les conditions dans lesquelles ils exerceront la noble mission d’éducateurs.
Les concours de recrutement et le lot de mécontents qu’ils génèrent, un allègement des programmes qui n’est pas à l’ordre du jour, la prime du Sud et le dossier des maladies professionnelles sont les autres points d’achoppement pour le département de Benbouzid.
Ce sont là autant d’éléments capables de donner lieu à des manifestations spontanées et donc constituer autant d’occasions pour perturber le cours d’une année scolaire.(L’Expression-02.09.2012.)

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Rentrée scolaire 2010/2011

*8 176 700 élèves rejoindront aujourd’hui les bancs de l’école

Réflexion en faveur de l’allégement des programmes scolaires

Plus de 8 millions d’élèves prendront aujourd’hui le chemin de l’école. L’allégement des programmes, notamment dans le cycle moyen, est à l’étude.

Deux nouveaux manuels scolaires : l’un en français (élèves de 1re année moyenne) et l’autre en tamazight (3e année moyenne) l 6,5 milliards de dinars : une enveloppe financière dégagée par l’Etat pour permettre de faire bénéficier environ 3 913 000 élèves de la gratuité du manuel scolaire.

Après le personnel administratif, les enseignants, c’est au tour des élèves de rejoindre les bancs de l’école. A partir d’aujourd’hui, les établissements scolaires des 48 wilayas du pays accueilleront 8 176 700 élèves, dont 3 848 000 au primaire,
3 097 000 au moyen et 1 231 000 au secondaire. Le secteur enregistre ainsi une augmentation globale de l’ordre de 215 977 par rapport à l’année en cours soit (plus de 2,71%), tous cycles confondus. La nouveauté cette année consiste en la mise en place de deux manuels scolaires, l’un en français et l’autre en tamazight. Le premier est destiné aux élèves de la première année moyenne et l’autre pour les classes de troisième année moyenne. Au menu également la confection de cahiers d’activités de soutien scolaire en arabe, français et mathématiques. Ces livrets sont conçus pour les élèves de quatrième et cinquième années primaires.

Dans ce même chapitre, le département de Benbouzid a mis en concurrence des imprimeurs nationaux, afin de permettre l’accélération du rythme de production des manuels qui a atteint, cette année, 60 millions d’exemplaires. Seulement, faut-il le rappeler,  la disponibilité du manuel à lui seul ne suffit pas si sa distribution fait défaut. Pour justement pallier cette problématique, les responsables au niveau du ministère ont déjà commencé la distribution du manuel aux établissements scolaires depuis mars dernier, alors que les besoins des wilayas du Grand Sud ont été satisfaits en priorité. S’agissant de la gratuité du manuel, l’Etat a doté le secteur d’une enveloppe financière de 6,5 milliards de dinars pour permettre de faire bénéficier environ 3 913 000 élèves, dont les enfants nécessiteux, les élèves de la première année primaire et les enfants du personnel du secteur de l’éducation.

Concernant l’encadrement pédagogique et administratif, il est prévu un effectif de 597 015 postes budgétaires, dont 377 980 postes pédagogiques et 219 035 postes administratifs et agents de maintenance. En 2005, un plan de formation des enseignants a été mis en œuvre et doit s’étaler jusqu’en 2015. Le nombre d’enseignants concernés est de 214 000, répartis sur 136 000 enseignants du primaire, dont la formation à distance est étalée pour chaque promotion sur trois ans. Le ministère de l’Education affirme qu’à ce jour, 175 000 enseignants ont déjà intégré la formation et il est prévu, pour l’année 2010/2011, l’inscription de 40 000 nouveaux enseignants.

Depuis le lancement de cette opération, le nombre d’enseignants ayant déjà achevé leur formation académique est de 43 651 au niveau du cycle primaire et de 14 476 au niveau du cycle moyen. L’autre épineux problème qui persiste dans le secteur de l’éducation est le manque flagrant d’enseignants en langue française, notamment dans les régions du Sud et dans la filière mathématiques à l’échelle nationale. Pour y remédier à cette pénurie, Benbouzid a promis de mettre à la disposition des enseignants du français quelque 4000 logements de «fonction» et non «sociaux» pour les encourager à exercer dans les wilayas du Sud à l’effet de combler le déficit en la matière. Les besoins du secteur dans les matières sus-citées sont estimés à quelque 1200 postes.

Un recrutement est prévu pour cette année et le concours pour les postes budgétaires pour la filière des mathématiques et la langue française est programmé normalement pour ce mois-ci. Ce recrutement prévoit quelque 400 nouveaux postes pour le cycle du secondaire et pas moins de 3000 postes pour les cycles moyen et primaire.Toutefois, la question que d’aucuns se posent est de connaître les raisons d’un tel retard, sachant que le déficit dans ce domaine a été décrété il y a plusieurs années ! Pour ce qui est des infrastructures pédagogiques, le parc du secteur est constitué de 24,765 établissements scolaires, dont 17 952 écoles primaires, 4961 collèges et 1852 lycées.

Sur le plan sportif et en application de la loi n° 04-10 du 14 août 2004, la pratique de l’éducation physique et sportive est devenue obligatoire à tous les niveaux d’enseignement. Elle est introduite comme matière obligatoire dans les programmes de l’éducation d’où la réalisation de 800 salles de sport pour le secondaire et 1500 stades pour le moyen. A cet effet, une enveloppe d’un montant de 270 millions de dinars a été consacrée pour les années 2008 et 2009. Pour ce qui est des infrastructures de soutien, il existe 570 cantines scolaires qui normalement prendront en charge 119 000 nouveaux bénéficiaires, 258 demi-pensions pour accueillir 42 000 nouveaux bénéficiaires et 13 internats pour la réception de 2600 nouveaux pensionnaires. (El Watan-13.09.2010.) 

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*Entre discours officiels et réalités….un système sans âme!

On est frappé par la rupture entre, d’une part, le discours officiel inamovible et complaisant sur le fonctionnement du système éducatif, insistant en permanence sur les «bonnes conditions» de la rentrée scolaire, et, d’autre part, la réalité quotidienne qui montre, au contraire, une institution scolaire et universitaire sans âme, fonctionnant depuis des décennies, à partir d’injonctions politiques, excluant les principaux acteurs que sont les enseignants et les élèves.
Le système éducatif a été conçu comme une «machine» qui se limite à comptabiliser les flux d’entrées et de sorties des élèves et des étudiants. Il est chosifié et profondément fragile parce qu’il s’interdit de comprendre et d’analyser concrètement les rapports qui se construisent à l’intérieur de la «boîte noire» (école, lycée, université) entre tous les acteurs concernés. Or, Le débat ne peut se réduire à une quantification qui glorifie politiquement un système scolaire, faisant fi, depuis des décennies, de toute une réflexion critique sur son fonctionnement quotidien. Les questions centrales sont totalement occultées : comment faire aimer l’école à tous les enfants ? Comment redonner sens à une pédagogie ouverte et tolérante ? Comment permettre l’éclosion de «têtes bien faites, au lieu de têtes bien pleines», pour reprendre les propos de Montaigne.
Le pédagogue s’efface au profit du bureaucrate aveugle qui se limite à placer les élèves, à les compter, sans tenir compte de leurs aspirations et de leurs attentes. Qu’importe la place sociale dévalorisée de l’enseignant dans la société, l’essentiel est ailleurs : la machine doit se reproduire à l’identique, même dans la médiocrité et dans l’exclusion massive des enfants, dévoilant un gâchis humain qui laisse perplexe sur le devenir de l’institution scolaire.
Le système éducatif n’a pas d’identité propre. Il est en permanence harcelé par mille et une circulaires élaborées dans des cercles sociaux fermés qui laissent les principaux concernés, en l’occurrence les enseignants, à la marge de la décision.
La déliquescence du système d’enseignement peut se lire au quotidien. Des enseignants frustrés, déclassés socialement, confrontés à des classes surchargées et à la mise en oeuvre de programmes construits en dehors d’eux, peuvent difficilement donner sens à des formes d’innovation pédagogique. Face à une machine centralisée qui impose des règles uniformes, l’éducation a perdu son âme. Elle n’est plus cet espace qui intègre le mérite, l’amour du savoir et la rigueur. Elle n’est plus crédible, aux yeux de beaucoup d’élèves, qui clament haut et fort, «qu’ils n’ont plus la tête aux études» (Mebtoul et al., 2004).
Ce qui fait pourtant la force de l’éducation, c’est sa pérennité et son autonomie face aux aléas du politique, en refusant les expérimentations hasardeuses, rarement sous-entendues par des études rigoureuses. Ibn Khaldoun affirmait, dès le XIVe siècle, qu’on ne peut soumettre inconditionnellement l’éducation et la culture qui symbolise la «permanence» à un pouvoir quelconque, politique, économique ou social qui représente «l’éphémère» (Moatassine, 2000).
Le système éducatif n’a pas d’âme, au sens il n’a pas l’autonomie suffisante pour se remettre en question, en s’interrogeant profondément sur ses multiples faiblesses, sur les statuts des enseignants, sur les différentes modalités pédagogiques à mettre en oeuvre dans les buts de réduire l’échec scolaire, de revaloriser les diplômes, en mettant l’accent sur la qualité et la rigueur des enseignements, etc.
Il semble urgent de regarder lucidement la réalité quotidienne de l’institution scolaire ou universitaire pour rompre avec l’illusion de la massification. Elle rend aveugle l’absence de toute performance dans la transmission et la production des savoirs. Le système éducatif conçu par le politique a favorisé en grande partie un important retrait des agents sociaux à l’égard des savoirs et des formes d’ascensions sociales rapides et brutales qui lui sont désormais extérieures. Le système éducatif produit, à l’inverse, ses chômeurs et ses laissés-pour-compte.
On est bien dans le récit du père de famille qui demande à ses enfants, l’obéissance et le silence. Tout ira alors pour le mieux dans le meilleur des mondes, grâce à son rôle social de distributeur de moyens, c’est-à-dire une faible partie de la rente pétrolière. Parce la vision dominante devient vérité absolue, il n’est pas question de s’aventurer dans une réflexion collective sur l’école ! N’ayant pas les capacités de se remettre en question, le système éducatif met en scène le statut et le pouvoir au détriment de la qualification qui représente pourtant les compétences réelles des acteurs de l’éducation. Par Mohamed Mebtoul- professeur à l’université. (Le Quotidien d’Oran,17.09.09.)
Références bibliographiques
Mebtoul M., Aouari A., Kerzabi Z, Oussaci N., Lamari L., 2004, «Récits de vie des jeunes : chômage, étude, santé, familles», Rapport de recherche, Oran, GRAS.
Moutassime A., 2000, «Diplômés maghrébins d’ici et d’ailleurs, trajectoires sociales et itinéraires migratoires», Revue Correspondances, n° 63.

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*A la recherche de l’université perdue

Il y a quelque deux ou trois décennies, à peine, l’université algérienne était le fleuron de la culture et un haut lieu du savoir. Elle était la courroie de transmission de la science grâce à sa cheville ouvrière: un personnel pédagogique qui jouissait d’un standing de vie et d’une considération sociale digne de son rang et de la noblesse de sa mission.
Elle était la fierté, non seulement de l’Etat (quand il était en bon état), mais de la Nation tout entière. Elle formait l’élite de l’élite au pays. Elle était réellement le phare qui éclairait notre société. Ne réussissaient, alors, que les méritants. Autrement formulé, elle était la voie royale de «la promotion sociale des meilleurs». En un mot, c’était la véritable Kaaba du Savoir vénérée et respectée d’un respect religieux. Dieu n’a-t-Il pas dit «Iqra’a» ?
Les temps ont changé. Aujourd’hui, les jeunots ne pensent qu’à décrocher leurs modules sans fournir trop d’efforts, donc sans mérite, voire en trichant. Ils s’intéressent de moins en moins aux études. Ils lisent juste ce qu’il faut pour pouvoir répondre – «un peu près» – aux sujets des examens pour tenter de s’assurer une réussite vaille que vaille. Notre université semble avoir changé de statut. Autrement dit, il ne reste de supérieur dans «l’Enseignement supérieur» que son épithète qui ne s’accorde, d’ailleurs, ni en genre ni en nombre avec sa mission originelle citée supra.
La stimulation intellectuelle que nous avions, étant potaches, pour la science et la culture a disparu de la circulation cognitive. C’est l’inculture qui semble prendre le dessus en raison de la massification de l’université. Le lycée ne fournit plus à l’université, comme par le passé, une population estudiantine suffisamment bien formée à même d’assimiler immédiatement un enseignement du «supérieur». L’enseignant de ce dernier se voit réduit à dispenser l’indispensable (qui n’est pas toujours suffisant, encore moins satisfaisant) à ses étudiants. C’est-ce que Thierry Desjardins appelle « l’inculture dans la haute culture ». C’est-à-dire une culture au rabais. Voilà comment l’université sombre doucement et sûrement dans une forme de léthargie intellectuelle sans précédent. Le savoir, la culture, la lecture, l’engouement d’apprendre ne sont plus un plaisir qui est, selon les psychopédagogues, la condition sine qua non pour l’équilibre mental et intellectuel.
Notre université rappelle le «bateau ivre» d’Arthur Rimbaud surchargé qui ploie sous la masse de sa population estudiantine sans commandant de bord chevronné, livré à des timoniers politiques sans expérience, sans cap ni compas gyroscopique, au beau milieu d’une tempête sociale qui [la société] ne sait plus ce qu’elle veut ni ce qu’on veut faire d’elle. Ce qui explique, en partie, la baisse crescendo du niveau.
Le débat qui continue à susciter des vagues houleuses, tant au niveau politique, pédagogique que social, est qu’on ne sait plus quoi faire de l’université si c’est un haut lieu du savoir, comme son nom l’indique, ou un simple centre «supérieur (?)» de formation professionnelle qui n’a rien avoir avec les Ecoles supérieures. Les professeurs sont souvent confrontés à un dilemme quasi insoluble: ils fixent leurs cours en fonction de leur formation pointue et non selon les besoins pédagogiques parce que chacun est spécialiste dans son domaine. Quant aux étudiants, ils veulent apprendre ce qu’ils considèrent utile au bassin de l’emploi à dessein de multiplier leurs chances à trouver un travail. Denrée, hélas, de plus en plus rare de nos jours, chez nous comme ailleurs.
L’université s’est fourvoyée de sa mission première en donnant la priorité à une sorte de culture de formation professionnelle au détriment de la culture générale. Voilà comment on devient un pays sans grande culture. C’est-à-dire « on forme » un peuple d’incultes. Si le personnel pédagogique s’emporte dans de saintes colères, c’est pour exprimer son ire de voir l’enseignement supérieur sérieusement éprouvé, voire malade, très malade. Il refuse de voir mourir son université, encore moins d’assister à son enterrement. Il reste impuissant à son chevet juste pour la veiller sans trop savoir comment y remédier. Ce n’est pas la volonté qui lui fait défaut, mais les moyens lui manquent parce qu’ils relèvent exclusivement du politique. Est-ce la descente aux enfers pour notre université ? Elle fait cruellement défaut d’un personnel hautement qualifié, à l’instar des grandes universités de renom. Toujours selon Thierry Desjardins: «On ne peut pas être un enseignant du supérieur sans être chercheur car sinon on se coupe des réalités, et on ne peut pas être chercheur sans enseigner car sinon on se sclérose.»
Chacun (enseignants et étudiants) aimerait être ce qu’il aurait souhaité être, mais aucun d’eux ne peut l’être en raison de la désillusion qui s’infiltre insidieusement dans les esprits et les ronge tant des étudiants que des enseignants. Les réformes successives n’ont pas donné les résultats escomptés, encore moins rehaussé le niveau vu le nombre astronomique des nouveaux étudiants qui s’inscrivent chaque année. Une vraie réforme consiste, aux yeux de certains analystes, à démystifier quelques concepts qu’il faut analyser scientifiquement tels que «le bac», «l’université», «le diplôme». Lorsqu’on aura cerné l’acception de chacun de ces vocables, pourrait-on alors frayer un chemin qui sera la voie royale vers une réforme qui correspondra exactement aux objectifs de l’université algérienne sans singer les Autres dans ce qu’ils ont de médiocre. L’université algérienne, à l’instar des autres universités du monde, a besoin de réformes pour s’épousseter et de « se booster » afin de suivre la marche du temps et non fermer la marche. C’est lorsque des réformes sont politiquement larguées du haut que les esprits s’ébranlent et les boyaux se tordent.
Ainsi, on pourra éviter à notre université son actuelle précarité pour qu’elle puisse dispenser un enseignement de qualité irréprochable comme autrefois. Pour ce faire, il faut revoir la copie en vigueur qui veut résoudre les problèmes en les occultant et en évitant d’en parler. Ce qui est, en soi, une fuite en avant des plus absurdes politiquement. Il ne faut pas craindre de prendre le taureau par les cornes. C’est-à-dire faire remonter en surface tous les problèmes en suspens pour être objectivement mais définitivement résolus, de se concerter à dessein de trouver collectivement les solutions idoines qui existent, certainement, si la volonté politique y est.
Tout le monde sait que le métier de l’enseignant du supérieur s’est dangereusement dégradé, d’ailleurs, tout comme son niveau de vie. Cette dégradation est due au «mal-être» de l’enseignant. Il y a de quoi. A voir un député inculte, voire « analpha-bête » sans diplôme percevoir 300 000,00 DA/mois, sans prendre en ligne de compte les bonus et autres avantages, cela donne du vertige. Alors que le professeur-chercheur impétrant d’un doctorat en tant que dernier degré universitaire perçoit à peine le cinquième de ce salaire, cela démotive le plus motivé des enseignants. C’est une profession qui est en voie de décomposition latente mais active et effective.
Sans vouloir remuer « la plume dans la plaie », selon l’expression d’Albert Londres, il faut rappeler que le métier d’enseignant est de moins en moins valorisé en dépit de sa noblesse. Dante a raison de dire que « le premier besoin de l’homme après le pain est l’alphabet ». Le comble dans tout cela est qu’il est dévalorisé par des responsables politiques qui, eux-mêmes, étaient formés à l’école par leurs enseignants, tous paliers confondus. Il souffre du manque d’aisance matérielle et surtout du défaut de considération sociale. Voilà pourquoi le métier de professeur d’université est de moins en moins attrayant en Algérie. Un docteur est rémunéré à hauteur de 500 euros. En Somalie, l’enseignant du supérieur est nettement mieux payé, sans parler de nos voisins de l’Est et de l’Ouest.
Ce présent article ne doit pas être lu sous l’angle d’un pamphlet. C’est, tout au plus, un peu d’alcool versé sur la plaie pour désinfecter. S’il brûle, c’est qu’il agit. Ce constat amer pourrait, souhaitons-le, faire réagir les responsables compétents qui leur reste un petit reste de civisme. Il pourrait, aussi, leur dessiller les yeux, chacun à son niveau et éclairer leurs esprits enténébrés sur les risques que peut engendrer l’actuelle situation telle que les grèves à répétition, démotivation des enseignants, démoralisation des étudiants si rien n’est fait. A moins que ça ne soit leur but Fermer les yeux pour ne rien voir, se boucher les oreilles pour ne rien entendre est gravement impolitique tant pour la communauté universitaire que pour la société dans son ensemble.
Après tout, gardons espoir de retrouver, un jour, l’université perdue. Faut-il que nous soyons encore de ce monde. Enfin… bonne reprise.
Aux bons gestionnaires et amis du Savoir, l’université est reconnaissante.
Par  Mohammed Guétarni  *Docteur ès lettres – Maître de conférences – Université de Chlef- (Pour le Quotidien d’Oran, du 17.09.09.) 
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* Ecole, démocratisation du savoir  et liberté -

L’école coloniale en Algérie représentait fidèlement l’image de l’indigénat, dans toutes ses dimensions complexant et amoindrissant l’esprit critique, à telle enseigne que ses maîtres positionnaient les places des élèves selon un ordonnancement de rangées de tables bien définies d’avance et qu’ils instauraient à partir de critères de favoritisme flagrant, une ambiance de craintes, diminuant la capacité d’assimilation des leçons par les «indigènes», leur permettant de juger injustement et sans états d’âme des résultats scolaires des élèves et, subséquemment, de leur avenir existentiel.
Le tout, à partir d’un système de «valeurs» coloniales bien incrustées, par la force des choses, dans les esprits des uns et des autres, en paroles, actes et comportements mortifiants ; alors que celles symbolisant la république française définies en liberté, égalité, fraternité, étaient censées s’appliquer sans discrimination pour tous puisque elles étaient apprises, par les «indigènes», dans ladite école et qu’elles ornaient les frontons de certains établissements scolaires.
En réalité, un leurre abject. Et c’est à partir de cet ordre de valeurs ainsi trompeur, car de typicité coloniale faut-il le souligner, qu’il puisait profondément sa nature ségrégationniste, dégradante et inhumaine, malgré les quelques bonnes volontés d’enseignants français altruistes mais totalement isolés voire considérés, par les ultracolonialistes, comme des imbéciles et autres pestiférés.
Pour la plupart des scolarisés, ils en deviennent carrément des cancres avant la fin du cycle primaire ainsi figé volontairement par une pédagogie abrutissante à l’image d’autres joyeusetés telle que: «Omar, va à l’école», comme s’il s’agissait d’aller vers la lune, répété à haute voix matin et soir, en début de scolarité, jusqu’à l’hébétement voire le crétinisme ; ou encore de recopier à titre de punition souvent expéditive, cent fois et même plus en fin de cycle primaire l’automutilation suivante: «je suis un âne», entre autres jolies phrases suggestives psychologiquement, avec tous les refoulements, en la matière, et impacts négatifs à long terme sur les caractères ainsi poinçonnés à jamais. Pourtant, elle avait formé quelques avocats, médecins…, d’extraction caïdale et assimilés mais ils restent, pour leur plupart, bornés et destinés à obéir les yeux fermés et douter de leur identité même avec cependant, il faut bien le reconnaître, quelques exceptions qui ont échappé à cet aplatissement sordide de la personnalité. Cette typologie caractérielle, nous a été prouvée en maintes occasions avant et après l’indépendance. Brutalement ! En vérité, cette école a surtout produit beaucoup de traînards, conditionnés dans cette voie malgré eux, qui iront grossir, ainsi, les cohortes de déclassés dans les champs aussi bien agricoles – considérés comme bêtes de trait dans certaines régions du pays – que de batailles au cours des deux guerres mondiales et régionales du siècle passé, en tant que chairs à canon ! Cependant, cela avait engendré paradoxalement une certaine prise de conscience, suivie d’une majestueuse révolution déclenchée par une génération hors du commun, à l’encontre de cette damnation telle que définie par le martyr de la liberté: le docteur Frantz Fanon.
Après l’indépendance, et dans la foulée de quelques amendements opérés sur les programmes scolaires de ladite école dans ses différents paliers, et ce, dans le cadre de la réforme inscrite dans le ténébreux plan de Constantine aux multiples impacts néfastes car de nature pavlovienne ; le pays se retrouvait en face à des problèmes et défigurations touchant à partir de la fleur d’âge les générations d’indépendance, devenues ensuite des traits caractéristiques de ceux d’adultes dirigeants, dans tous les domaines, avec leurs méfaits et «bienfaits» ainsi que de soumission aveugle au nouveau diktat d’un certain paternalisme borné, autiste, et désuet mais pratiqué à ce jour sous d’autres aspects.
Alors, durant des décennies, deux conceptions des choses vont s’entrechoquer: l’une considérant la langue française comme un butin de guerre – dixit le défunt homme de lettres Kateb Yacine – à l’image de notre belle Mitidja, entre autres fleurons, bâtie par les mains noircies à cause du dur labeur fourni par nos ancêtres sous la supervision des pieds-noirs accaparant les meilleures terres et aliénant massivement la population autochtone rejetée sur les ingrates. Tandis que l’autre vision, elle aspirait à restaurer celle qui avait régné, plus d’un millénaire, sur la terre d’Algérie et constituait l’un des fondements de la personnalité nationale revendiquée, d’ailleurs, par la révolution novembriste.
En effet, l’appel du 1er novembre 1954 est, d’essence, libérateur de tout joug de quelque nature que ce soit. Y compris culturel. C’est cet état d’esprit qui a fait sa force par l’union de valeurs humaines aussi bien acquises dans le feu du combat libérateur, que reconquises par l’établissement d’un Etat républicain ouvert sur son temps. Valeurs apurées, bien évidemment, des survivances et influences colonialistes négativistes et autres mystifications zaouistes rétrogrades embrigadant, à tour de bras, des prédisposés au fatalisme et donc au fanatisme voire le renfermement extrémiste sur soi pour les uns, de gains bien terrestres pour les autres gourous de tous ordres.
Malheureusement, ce dernier état d’esprit ressurgit de plus belle de nos jours car encouragé par les ténébreux ennemis de la clairvoyance, et ce, malgré des débats contradictoires et argumentés, formels et informels ainsi que des «réformes» malheureusement souvent déviées par l’obscurantisme déformant le sens même de l’objectif visé, et ce, depuis 1962. Hélas, tous ces efforts n’ont engendré donc que peu de choses en termes de grandes idées réformatrices courageuses et mises en mouvement rationnellement, dans la durée, assainissant ce double comportement absurde qui n’a que trop sévi.
Pire encore, l’on constate dans l’état actuel des choses que chaque individu, groupes d’intérêts, se sentant menacés ou déchus de son piédestal, se retrouvant en face d’une adversité souvent personnifiée, à tort, en ennemie culturelle, de langue…, fait appel à la solidarité de ses semblables qui sont, de surcroît, ligués dans un cadre de partisanerie bornée et liée aux ambitions inavouées fréquentant le dogmatique et les bas intérêts immoraux dont la filouterie politicienne brouillant tout sur son passage. C’est-à-dire acquérir et s’accrocher, bec et ongles, au pouvoir, générateur d’intérêts multiples et de position sociale liée, par toutes sortes de manoeuvres abjectes dont le bulletin de vote traficoté, les courbettes d’allégeance jusqu’au dégoût des braves gens.  Que des complexés qui, d’une parole et acte irréfléchi à d’autres, ne font pas seulement de la peine, mais nuisent sérieusement à la cohésion sociale déjà au sommet de la désagrégation à cause d’un développement humain non réfléchi rationnellement en face à des enjeux nationaux et mondiaux bannissant le nombrilisme culturel lié au maraboutisme et de l’a-peu-près. Un ensemble étouffant l’esprit critique. Ce qui est sidérant, c’est à partir de quelle assise – permissivité – ces gens-là se donnent libre cours à leurs lubies sacrifiant, à l’autel de la gabegie, des millions de jeunes innocents ? Oui, d’où ? Et jusqu’à quand ? Pour le moment, des opportunistes d’ici et d’ailleurs ont compris ces «étrangetés» et les exploitent à merveille pour leur profit bien évidemment !
Malgré ces anomalies récurrentes, citées plus haut, le nombre d’instruits ne cesse de grandir au fil du temps mais dans un état d’esprit d’indigence intellectuelle et de tempérament démobilisant, et ravivant les deux syndromes complexant, parmi d’autres, ci-dessus mentionnés, au début de notre contribution, avec des manifestations différentes, certes, mais plus dangereuses et touchant de larges pans d’étudiants et étudiantes à tous les niveaux, et ce, malgré la soi-disant démocratisation du savoir ainsi prônée mais, hélas, butant au niveau supérieur de l’enseignement sur toutes sortes d’impasses dont les sorties de promotions de cadres démotivés car souvent, faut-il le souligner, formées sans être aiguillonnées afin d’acquérir, dès l’école primaire, l’esprit d’imagination recentré en autonomisation décisionnelle bâtie sur le revendicatif existentiel rationnel.
Plus de 25% de la population algérienne ont regagné cette semaine les bancs d’écoles – dont des centaines de mille pour la première fois – collèges, lycées. Une actualité chargée de significations profondes et d’espoirs, pour des meilleurs lendemains, cultivés par les millions de familles humbles faisant d’immenses sacrifices, à chaque rentrée et tout au long de l’année scolaire, aussi bien financiers que de temps et éducationnels.
En d’autres termes, l’espoir réside dans l’apparition massive de fortes personnalités professorales et estudiantines intergénérationnelles fondatrices d’élites d’avenir, génératrices d’un enseignement laborieux et efficace lié au bien-être socioculturel de la population. En effet, le grand danger menaçant notre jeunesse, dans son ensemble, c’est celui de l’assèchement de cet état d’esprit pourtant encouragé dans d’autres pays, les conduisant ainsi à plus de progrès humain. Aujourd’hui, pour le motif d’une soi-disant qualité, certes profitable à plus d’un titre, mais justifiant certaines lacunes des méthodes d’enseignement en vigueur et, donc, sans objectifs clairs pour le développement multivalent du pays, l’on assiste à une charcuterie «popularisée» insidieusement, comme une fatalité, à tous les niveaux notamment en début et fin de parcours universitaire, et ce, malgré tous les débouchés en présence insuffisants, certes, mais pourraient constituer un piédestal à d’autres plus conséquents.
D’après un sondage effectué, l’année précédente, par le CREAD au sein des jeunes, il ressort que près de 70% des consultés dans les deux sexes ne font aucune illusion sur l’issue de leur parcours éducationnel et, encore moins, sur celui professionnel. Un indicateur des plus inquiétants ! En principe, les enjeux majeurs de ce siècle seraient assurément d’ordre de développement humain en terme culturel dans le sens élargi du terme, en plus des menaces naturelles et existentielles, de toutes sortes, se profilant aux horizons pour les retardataires. Par conséquent l’éducation de la jeunesse serait le creuset déterminant dans lequel s’affronteront ces défis d’une façon accentuée que par le passé.
Un ministre aussi ancien dans le secteur, d’autant plus que ses connaissances, en la matière, sont établies de par son expérience, ne devrait pas hésiter à promouvoir – ou du moins proposer avec panache sinon démissionner le cas échéant comme l’avait fait un de ses prédécesseurs – une réforme de fond en comble de la mission combien noble dont il a la charge. De longues années d’expériences dans le département du savoir, c’est historique pour un «responsable politique», d’autant plus qu’il a reconnu que: «l’école était sinistrée et qu’aujourd’hui elle est devenue classique» (1). Alors qu’il finisse sa carrière dans l’apothéose. Et qu’on finisse enfin, nous aussi, avec les derniers soubresauts d’une école formant de plus en plus des cancres et autres écervelés avec ou sans bac voire de niveau universitaire. Pourtant des sommités sont issues de cette dernière notamment pour ceux qui ont migré ailleurs trouvant ainsi une autre ambiance totalement différente de celle des laudateurs dans le sens complet et «dénudé» du terme !
C’est là où se trouve la priorité des priorités du pays et de son avenir, et non à comment investir rapidement l’argent issu des hydrocarbures, et autres chinoiseries d’immédiateté conjoncturelle voire politicienne et clientéliste car à quoi sert de construire des cités habitées par des déclassés et des exclus de ladite école et de la société en général ? Les différentes instances de l’Etat le savent, le déplorent et qu’elles aspirent, malgré tout, à faire changer les choses du simple fait que ce secteur, prioritaire en tout point de vue, absorbe plus de 40% du budget de l’Etat pour des résultats mitigés traduits, clairement, en chiffres et impacts souvent authentifiés voire avoués par ledit secteur.
En effet, l’école ne s’apprécie pas seulement en battisses architecturales impressionnantes, de programmes éducationnels alourdis par des phraséologies et images rafistolées, d’horaires allongés jusqu’à l’hébétude aussi bien du corps enseignant que des élèves, ou bien en cohortes d’enseignants fussent-ils licenciés, etc. mais bel et bien par une volonté, émanant de tous les niveaux de la société afin d’inculquer le sens persuasif et critiquant, au sein des étudiants, dès les premiers paliers de l’enseignement général relevé ensuite judicieusement au niveau universitaire.
Enfin, il est grand temps d’enclencher une démocratisation du savoir lié à la liberté de pensée et d’expression revendicative et constructive au sein des jeunes dans leur ensemble. En fait, il s’agit de tout un programme, multidimensionnel, qui reste à imaginer avec pertinence tout en tenant compte des leçons du passé et des enjeux internes et externes de demain. Ceux-ci seraient totalement opposés à ceux qui ont présidé à ce jour l’école et prendraient fatalement le dessus sur ceux-la mêmes faisant le lit à l’obscurantisme et autres extrémismes bornés. Par contre, le savoir a horreur du vide et de la pénombre. Il est le chemin menant vers la lumière ! (Le Quotidien d’Oran-17.09.09.)
  ****************************** *Les ratages de la rentrée

Classes surchargées, déficit en enseignants, rythme scolaire infernal

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**Alors que le ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, « souhaite » une rentrée en rose, les parents et les élèves la voient plutôt en noir. Premier couac d’une année scolaire qui commence mal : le manque angoissant d’enseignants dû en grande partie à l’ajournement des concours de recrutement. Conséquence : beaucoup d’élèves seront privés d’enseignants et, dans certains cas, les directeurs procéderont à la fusion des classes pour pallier cette défaillance. Ce qui, malheureusement, engendrera des classes de 45 élèves et plus. De sources syndicales, le déficit en matière d’enseignants est de 20%.

 Le chargé de la communication au ministère de l’Education nationale parle, lui, d’un manque de 15 000 postes budgétaires ; les besoins se chiffrent à 10 000 enseignants et 5000 encadreurs administratifs. Les responsables du ministère accusent la Fonction publique de ne pas jouer le jeu. Les concours de recrutement, qui auraient dû avoir lieu en mai dernier, ont été reportés à octobre prochain, pénalisant ainsi les élèves qui devront attendre plusieurs semaines pour débuter les cours. Un déficit qui vient compliquer davantage la crise de l’encadrement pédagogique que connaît le secteur depuis des années. De l’avis de beaucoup d’experts, « un nombre important d’enseignants souffrent d’un manque flagrant de niveau ». Même si le ministère en a pris conscience, il reste que les recommandations de la commission Benzaghou – s’agissant de la mise à niveau et du recyclage permanent du corps enseignant – ne sont pas prise très au sérieux. Toujours au plan pédagogique, les spécialistes mettent en cause les méthodes d’enseignement. « On fait dans le bourrage de crâne. Nous formons des médiocres car nous n’avons jamais mis l’élève au centre de tous les débats. Ils peuvent nous raconter toutes les histoires qu’ils veulent, l’école algérienne est sinistrée », assure un ancien conseiller au ministère de l’Education. La politique prend le pas sur les choix adoptés par l’éducation nationale. Prenons l’exemple de l’introduction des langues étrangères dès les premières années de scolarité. Cette autre recommandation de la commission Benzaghou bute sur des résistances qui ont la peau dure dans les cercles décisionnels. Certains experts parlent de veto opposé par le président de la République qui a cédé aux pressions des conservateurs. Pourtant, les recherches montrent que l’apprentissage précoce d’une langue étrangère en milieu scolaire devient nécessaire, car il favorise l’acquisition du langage, le développement cognitif en général et les autres apprentissages. Ainsi les décideurs, semble-t-il, veulent que l’école demeure cet appareil idéologique de l’Etat, qui ne doit servir qu’à reproduire le discours dominant. Pas question d’inculquer à l’enfant algérien un esprit d’analyse et de synthèse et donc un esprit critique. Tout le monde le pense tout bas dans les institutions de l’Etat elles mêmes où les cadres de l’éducation reconnaissent l’échec des réformes.

Le front social, même si le ministère tente de calmer les esprits et de rassurer en avançant la réalisation de nouvelles infrastructures, n’est pas près de se calmer. Les syndicats promettent une rentrée chaude et observent d’ailleurs une journée de contestation aujourd’hui même : le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) bat le rappel de ses troupes est appelle au boycott de la rentrée ; les adjoints de l’éducation font de même ; les autres syndicats autonomes se mettront certainement de la partie. Un avertissement qui donne un avant-goût de ce que va être l’année scolaire 2009-2010. De l’avis des différents syndicats, cette année, l’école sera rythmée au cycle des grèves et des protestations. Tous les ingrédients d’une rentrée mouvementée sont réunis, a assuré le coordonnateur du Cnapest, Nouar Larbi. « La rentrée s’annonce mal. Elle sera marquée par une détérioration du niveau de vie des enseignants », poursuit-il. Même impression chez les syndicalistes du CLA dont le premier responsable, Mohamed Boukheta, ne cache pas son pessimisme quant à la manière avec laquelle les affaires sont gérées, en disant : « Nous avons l’impression que l’on ne prend pas les choses très au sérieux. Des décisions sont prises à la hâte, sans consultation ni réflexion préalables. Prenons la question du nouveau week-end. Il est irrationnel de consacrer deux jours et demi de repos par semaine sous prétexte que le vendredi est sacré. Alors qu’on pourrait bien ouvrir les écoles les matinées du vendredi, sachant que rien ne dit que cette journée est sacrée. Le mieux aurait été d’alléger les journées de travail. On fait dans la démagogie. » Du côté de l’Unpef, on ne peut qu’être d’accord avec ce constat. Son porte-parole, Messaoud Amraoui, estime que « la rentrée sera dure pour les élèves, leurs parents et pour nous, les enseignants, même si le ministère tente de fournir un effort pour améliorer les choses, mais cela reste insignifiant par rapport aux multiples problèmes dans lesquels se débat le secteur ». En somme, M. Benbouzid, qui veille aux destinées des enfants algériens pour la onzième année, annoncera aujourd’hui, sans doute, une rentrée en grande pompe, s’obstinant à ne pas voir ni affronter cette réalité désastreuse.(El Watan-13.09.09.)

 

 

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*La rentrée des classes ce dimanche 13 septembre 2009.

L’année scolaire, qui sera clôturée le 4 juillet 2010, sera constituée de 35 semaines contre 27 les années précédentes.

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Après trois mois de vacances, les élèves retournent en classe. Ce dimanche, plus de 8 millions d’élèves (8.147.237) rejoindront les bancs de l’école pour la rentrée scolaire 2009-2010. Ainsi, 17.995 écoles primaires, 4853 collèges et 1825 lycées accueilleront ces élèves. Ils seront encadrés par 370.259 enseignants pour les trois cycles d’enseignement. Le coup d’envoi officiel sera donné par le ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid à partir du Palais de la culture de Kouba où se déroulera la cérémonie solennelle du cours inaugural sur la prévention contre la grippe porcine. Le ministre effectuera par la suite une visite d’inspection dans différents établissements de la capitale où il procèdera notamment à l’inauguration de lycées et de CEM.

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Il faut souligner que la rentrée des classes intervient, cette année, sur fond de nouveautés. Elle débutera un dimanche, premier jour de la semaine, suite au réaménagement du nouveau week-end. L’année scolaire, qui sera clôturée le 4 juillet 2010, sera constituée de 35 semaines contre 27 les années précédentes. Au titre de ce réaménagement, les vendredi et samedi seront des jours de repos en plus du mardi après-midi. Les examens de fin d’année seront redéployés aussi.
Le baccalauréat est fixé du 13 au 17 juin, le BEM du 20 au 22 juin et l’examen de fin de cycle primaire se déroulera les 9 et 29 juin pour respectivement les première et deuxième sessions. Aussi, les élèves bénéficieront de plus de temps de repos (45 jours) avec cinq périodes de vacances programmées sans compter celles de l’été. En matière d’allègement des programmes dans l’enseignement primaire, une nouvelle organisation du temps scolaire a été mise en place consistant notamment à réduire la durée de chaque séance à 45 minutes.
L’autre nouveauté concerne l’élaboration d’un plan d’action opérationnel dès la rentrée pour juguler une éventuelle propagation de la grippe porcine dans les établissements scolaires.
L’uniformisation des tabliers dans les établissements scolaires est aussi l’autre nouveauté annoncée. De ce fait, les fillettes au niveau du primaire porteront des blouses de couleur rose jusqu’au cycle moyen et blanche au secondaire. Quant aux garçons, leurs tabliers seront de couleur bleue.

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Pas de châtiments corporels
Concernant la lutte contre le phénomène de la violence en milieu scolaire, le ministère a pris un certain nombre de mesures. Il s’agit de l’interdiction, par des dispositions législatives et réglementaires, des châtiments corporels et des insultes, brimades et humiliation et prise de sanctions administratives pouvant aller jusqu’à la radiation à l’encontre de tout contrevenant à cette interdiction et qui peut même faire l’objet de poursuites judiciaires. La loi d’orientation sur l’éducation, notamment son article 20, instruit les élèves sur la nécessité de respecter leurs enseignants et tous les autres membres de la communauté éducative, ainsi que son article 21 qui interdit le châtiment corporel, les sévices moraux et toutes formes de brimades. Le projet de décret est en instance de publication.
Au chapitre du manuel scolaire, les problèmes de production et de diffusion de cet outil auxquels le secteur était confronté de manière récurrente, font partie du passé. La production a dépassé cette année les 60 millions d’exemplaires qui ont d’ores et déjà été mis à la disposition des établissements, selon le ministre.
Concernant la formation, un programme décennal est mené pour assurer la formation de 214.000 enseignants du primaire et du moyen non titulaires d’une licence.
Les mesures de soutien permettront une plus grande équité entre les élèves, notamment à travers l’allocation d’une prime de scolarité de 3000 dinars au profit de plus de 3 millions d’élèves. A noter enfin que le budget du secteur a atteint 500 milliards DA. (L’Expression-12.09.09.)

*********Des micro-ordinateurs chinois pour les écoles

***Création d’un Brevet de l’informatique avec le Brevet de l’enseignement moyen

Le ministre de l’Education nationale Boubekeur Benbouzid, a fait savoir jeudi, lors d’une réunion qu’il a tenue avec les directeurs des établissements privés, qu’il attache une attention particulière à l’enseignement de l’informatique dans tous les cycles d’apprentissage.
A cet effet, le ministre a annoncé que pas moins de 24.500 établissements seront dotés de nouvelles salles d’informatique avant la fin de l’année.
M.Benbouzid ne s’est pas arrêté là, puisqu’il a annoncé que dès la prochaine année, le département de l’éducation devrait introduire un nouvel examen au niveau des classes de 4e année du cycle moyen, celui du Brevet de l’Informatique (BI).
«A partir de l’année prochaine nous allons introduire le BI, Brevet de l’informatique avec le Brevet de l’enseignement moyen. Il y aura une partie théorique et une autre pratique, bien sûr», a-t-il annoncé.
Et afin d’obtenir les meilleurs résultats, le ministre a ajouté que le secteur de l’éducation verra bientôt la création d’une société nationale qui, dans le cadre d’un partenariat avec une société chinoise, devrait fabriquer des micro-ordinateurs destiné à l’équipement du secteur.
«Il y aura bientôt une société nationale qui, avec les Chinois, vont créer une usine de montage de micro-ordinateurs chez nous», a-t-il indiqué.
Et comme pour apprendre les nouvelles technologies, il faut d’abord maîtriser la langue avec laquelle elles ont été développées, à savoir l’anglais, le ministre a longuement insisté sur l’enseignement de cette deuxième langue étrangère.
«J’insiste sur l’enseignement de l’anglais (…) il faut sortir du cosmopolitarisme algérois», a-t-il lancé en direction de l’assistance. Toujours au registre des langues, notamment l’application de la langue d’enseignement dans les établissements privés, le ministre s’est montré très souple avec les directeurs de ces établissements, contrastant avec sa position catégorique d’il y a quelques mois. «Je sais également que vous avez des problèmes à appliquer la langue d’enseignement (…) je vais être flexible avec vous», leur a-t-il dit.
La question qui se poserait alors est pourquoi un tel revirement? Ce n’est sûrement pas par charité, puisque le ministre attend beaucoup en retour. Et pour cause, M.Benbouzid ne s’est pas fait prier pour faire savoir ce qu’il attend d’eux. Il a alors expliqué: «Aidez-moi à appliquer les lois, et à améliorer les résultats (…) aidez-moi pour le préparatoire et on vous aidera à former les professeurs.»
Par ailleurs et concernant la rentrée scolaire, le ministre de l’Education a tenu à rassurer les responsables des 152 établissements privés au niveau national. «Je ne fais aucune différence entre le privé et le public (…) je donne à l’enseignement privé une grande importance, nous sommes avec vous et le Président est avec vous», précisera-t-il.
Le ministre les a également assurés de la disponibilité des manuels scolaires. S’agissant de l’épidémie de la grippe A/H1N1, il a alors expliqué: «Vous pouvez utiliser nos unités de dépistage et de suivi de la santé scolaire (…) nous sommes à votre disposition pour toute aide concernant la grippe A/H1N1 et je peux vous assurer que tout a été mis en place et que les établissements privés ne sont pas en reste.»
Par ailleurs et concernant l’aménagement horaire et l’emploi du temps mis
en place par le ministère de l’Education, M.Benbouzid a précisé que «les établissements privés ne sont pas obligés d’adopter notre emploi du temps, ils sont seulement tenu de respecter le volume horaire». (L’Expression-12.09.09.)

******* mobilisation des travailleurs de l’éducation autour de leurs revendications

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L’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF) est, depuis quelques jours, sur le pied de guerre pour marquer la rentrée scolaire de sa touche revendicative. Après la réunion de son bureau national, tenue hier, l’UNPEF organise aujourd’hui une conférence de presse afin de présenter la proposition de régime indemnitaire qui sera présentée au ministère de l’Education nationale. Celui-ci fait partie de la plateforme de revendications discutées hier, dont le relèvement des salaires dans le but de booster le pouvoir d’achat, la révision de la grille des salaires ainsi que la revalorisation du point indiciaire, le traitement du dossier lié au régime indemnitaire, et l’annulation de la décision ministérielle n° 158/94 qui a trait à la gestion des œuvres sociales du secteur de l’éducation. Le retard observé dans l’organisation des concours de recrutement a également été dénoncé pour «ses conséquences négatives sur la scolarité des élèves», alors que les résultats de la tripartite sont d’ores et déjà contestés et assimilés à «une pièce de théâtre dont les actes sont connus d’avance». C’est pourquoi l’UNPEF exige de la tutelle de faire participer des syndicats autonomes «qui sont les véritables représentants des employés [et] en mesure de défendre leurs revendications». Le syndicat en question profite de la rentrée scolaire pour attirer l’attention sur «l’embrasement du front social du fait de la cherté de la vie et de la dégradation du pouvoir d’achat, d’autant que la rentrée scolaire coïncide avec plusieurs évènements qui exigent tous des dépenses de la part des travailleurs de l’éducation», ceci alors que «le régime indemnitaire enregistre un retard et que des travailleurs [du secteur, ndlr] de plusieurs wilayas n’ont pas perçu leurs salaires». C’est pourquoi l’UNPEF invite tous les travailleurs de l’éducation nationale et de la formation «à se mobiliser autour de leurs revendications légitimes et à se tenir prêts à toute action de protestation pour la concrétisation» de ces revendications, «le changement étant tributaire du degré de leur engagement et de leur sacrifice». Tout porte à croire que la reprise des cours ne va pas tarder à être perturbée par les syndicats autonomes qui comptent mettre ainsi la tutelle au pied du mur pour faire aboutir leurs doléances. (La Tribune-13.09.09.) 

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*8 millions d’élèves attendus

Comme le veut la tradition, le ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, a tenu hier une réunion avec les directeurs de l’éducation des 48 wilayas, à quelques jours de la rentrée scolaire, pour discuter des derniers détails à mettre au point avant le jour J. Et comme le veut la tradition, le premier responsable du secteur est venu avec des chiffres pour traduire les efforts fournis depuis des mois pour que cette rentrée scolaire et surtout l’année scolaire 2009-2010 se déroulent sous les meilleurs auspices.
Le premier chiffre concerne le nombre d’élèves qui seront scolarisés cette année. Ils seront au nombre de 8.113.152 à rejoindre les bancs de l’école dimanche. Ces derniers seront encadrés par pas moins de 370.259 professeurs tous cycles confondus, soit une augmentation de 5639 enseignants cette année, par rapport à l’année dernière.
L’encadrement administratif connaîtra également, une sensible augmentation de l’effectif avec le pourvoi de 10.055 nouveaux postes. Ces derniers seront répartis à travers 17.995 écoles primaires, 4835 collèges d’enseignement moyen et 1825 établissements secondaires. Le nombre de réfectoires et cantines scolaires a augmenté pour cette nouvelle année scolaire avec la réception de pas moins de 609 nouvelles cantines scolaires. En outre, une enveloppe financière d’une valeur de 30 milliards de dinars a été débloquée pour assurer les repas quotidiens de 3,8 millions pensionnaires répartis à travers tout le territoire national. Le transport scolaire connaîtra également une avancée appréciable cette année avec l’acquisition de 1300 autobus, ce qui porte à 4808 le nombre de véhicules mobilisés pour assurer le transport des élèves issus des coins reculés du pays. Quant aux manuels scolaires, le cheval de bataille du ministre de l’Education depuis quelques années déjà, M.Benbouzid a assuré que la couverture en livres scolaires ne sera pas de 100% mais de 110%, grâce à la production de près de 60 millions de manuels cette année. Une opération qui a nécessité un budget de 6,5 milliards de dinars.
Il a également indiqué que ces manuels seront offerts gracieusement à presque 45% des élèves, notamment ceux des classes de première année du cycle primaire. Quant au reste des élèves, ils bénéficieront d’une réduction de 10% sur tous les manuels achetés dans les établissements scolaires ou dans les points de vente agréés.
Parmi les autres points abordés par le ministre, figure celui de la prime de scolarité d’un montant de 3000 dinars au profit des familles démunies et pour laquelle une enveloppe de 9 milliards de dinars a été consacrée. Le ministre a alors exhorté les directeurs de l’éducation à accélérer le processus d’octroi d’aide aux 3 millions d’élèves concernés.
Par ailleurs, il a évoqué le sujet de la durée de l’année scolaire 2009-2010. Un sujet qui suscite actuellement beaucoup de réticences de la part des syndicats et des parents d’élèves.
En effet, pour la première fois dans l’histoire de l’éducation nationale, l’année scolaire s’étalera sur 35 semaines au lieu des 27 semaines habituelles, qui seront également rythmées par 45 jours de vacances répartis sur toute l’année. Quant au budget qui sera alloué au secteur de l’éducation dans le cadre de la loi de finances 2010, le ministre a révélé que ce dernier tournera autour de 500 milliards de dinars, dont 327 milliards réservés au fonctionnement. (L’Expression-07.09.09.)

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*Les syndicats de l’Education…Les mêmes actions pour les mêmes revendications

Statut particulier, régime indemnitaire, salaires et amélioration du pouvoir d’achat sont les principaux points revendiqués.

A une semaine de la rentrée scolaire, les syndicats de l’éducation nationale haussent le ton. Certains menacent de revenir à la charge alors que d’autres ont déjà tracé un programme d’action de protestation. Ces organisations syndicales n’ont pas renouvelé leur cahier de doléances. Elles soumettent, en effet, les mêmes revendications, vieilles de plusieurs années. Statut particulier, régime indemnitaire et salaires forment les principaux points de leur plate-forme couronnée par la dégradation du pouvoir d’achat et la cherté de la vie, un des points saillants autour desquels sonne aussi la mobilisation.
Pour les syndicalistes, les années se suivent et se ressemblent et leurs doléances demeurent «abandonnées». «La rentrée scolaire de cette année nous rappelle celle de 2007. Notre situation n’a pas changé d’un iota», estime d’emblée, Meziane Meriane, porte-parole du syndicat national Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest).
Le statut particulier et la promulgation du régime indemnitaire qui restent toujours bloqués en plus de la dégradation du pouvoir d’achat obligent les syndicats à réagir, soulignera à L’Expression M.Meriane. Ainsi, notre interlocuteur n’écarte pas l’éventualité de recourir à des actions de contestation. «C’est une réaction naturelle. Il y aura protestation automatiquement imposée par la conjoncture actuelle», lance-t-il. Toutefois, aucune décision officielle n’est encore prise pour le moment, précise M.Meriane. Le Snapest tiendra son conseil national juste après l’Aïd El Fitr et c’est à l’issue de cette réunion que le syndicat décidera de son plan d’action, précise notre interlocuteur. Pour donner de l’ampleur à cette mobilisation, il souhaite qu’il y ait une réaction commune des autres organisations du secteur.
Du côté du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), la rentrée s’annonce très «difficile». Il a d’ores et déjà pris la décision de boycotter la première journée de la rentrée des classes, prévue pour le 13 du mois en cours. «C’est une première action que nous avons programmée. Un autre plan sera élaboré prochainement», indique à L’Expression Idir Achour, membre du bureau national de ce syndicat. Ainsi, le CLA est plus que jamais déterminé à faire valoir ses revendications socioprofessionnelles. La revalorisation du point indiciaire, le régime indemnitaire, la révision du statut particulier et une retraite après 25 ans de services sont les points soulevés. Outre ces doléances, notre interlocuteur évoque d’autres problèmes qui, de son avis, vont sérieusement perturber la scolarité des élèves cette année. Il s’agit du sureffectif des classes, de l’emploi du temps jugé très chargé en raison du réaménagement du nouveau week-end en plus du concours de recrutement qui, selon M.Achour, n’a, à ce jour, pas été organisé. S’ajoute à cela l’allègement des programmes scolaires qui n’est pas encore connu. A noter que le CLA tiendra, aujourd’hui à Alger, une conférence de presse, à ce propos.
Le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) est sur la même longueur d’onde. Il n’écarte pas, lui aussi, le recours à la protestation après cette rentrée. D’ailleurs, le Cnapest de Tizi Ouzou a déjà appelé au boycott de la rentrée et aussi à faire de cette année scolaire, une année de protestation. «Elle s’annonce très dure», dira Laârbi Nouar, coordinateur du Cnapest.
Ce représentant syndical ne veut pas se prononcer sur d’éventuelles actions à entreprendre mais laisse entendre cependant que le débrayage restera le dernier recours si leurs revendications ne sont pas prises en charge. «Nous allons organiser notre conseil national le 9 septembre prochain et c’est à l’issue de cette réunion que notre décision sera prise», souligne M.Laârbi.
Ainsi, cette fébrilité intervient alors que l’année précédente a connu une relative stabilité. L’appel de ces organisations syndicales annonce un durcissement du front social. Leurs revendications sont surtout alimentées par des exigences d’amélioration du pouvoir d’achat. (L’Expression-07.09.09.)

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Plus de 220.000 enseignants relevant du secteur de l’éducation nationale  reprendront leurs postes de travail le 6 septembre prochain. L’ouverture des établissements scolaires aura lieu le premier du même mois avec la reprise du staff administratif.
Pour la rentrée 2009-2010, le ministère de la tutelle prévoit le renforcement de l’encadrement pédagogique, avec le recrutement de plus de 23.000 nouveaux enseignants et près de 1.000 nouveaux cadres d’inspection pédagogique et de formation, ainsi que plus de 13.000 nouvelles recrues pour les services administratifs.
La rentrée scolaire qui aura lieu le 13 septembre pour les 8.113.152 élèves inscrits dans les différents cycles d’enseignement, connaîtra cette année  une augmentation du nombre d’élèves estimée par les responsables du ministère de l’Éducation nationale, à 315.282 élèves encadrés par 370.259 enseignants et assimilés éducatifs.
La nouveauté pour cette année scolaire 2009/2010 réside dans son organisation. Elle débutera 13 septembre 2009 et se terminera le 4 juillet 2010. Les cours s’étaleront jusqu’au 20 juin prochain et les compositions du 3e trimestre débuteront à partir de cette date pour les cycles moyen et secondaire et à partir du 9 juin pour la 5e année primaire. On notera que  l’année scolaire s’étalera, pour la première fois, sur trente-cinq (35) semaines, au lieu de 27.
Pour les responsables du secteur, cette nouvelle organisation permettra d’appliquer convenablement les programmes scolaires dans des conditions meilleures tout en respectant les rythmes scolaires et les critères pédagogiques reconnus universellement.
L’objectif visé consiste à  valoriser le temps scolaire en termes de gestion et d’exploitation afin d’améliorer le rendement du système éducatif » et ce conformément aux dispositions de l’article 31 de la Loi d’orientation n°04/08 du 23 janvier 2008 qui stipule que l’année scolaire compte au moins trente deux. En vue de garantir le succès de cette rentrée scolaire, le ministère a mobilisé tous les moyens matériel et humain, au profit des élèves qui seront accueillis dans 24.564 établissements éducatifs au niveau des  différents cycles d’enseignement.
Dans ce contexte, le secteur devra réceptionner 551 établissements dont 137 lycées. Le secteur a, également, bénéficié de 609 nouvelles cantines, 271 établissements en demi pensionnat et 21 internats au niveau national.
Parmi les indices relatifs à la rentrée scolaire 2009-2010, on citera le taux d’occupation des classes qui sera selon les responsables de la tutelle de 29,84 élèves pour le cycle primaire, de 39,03 élèves pour le moyen et de 30 élèves par classe pour le secondaire.
Il faut noter que le taux de scolarisation est estimé à 97,04 % pour les élèves ayant atteint l’âge légal de scolarisation, et 95,28 % pour les élèves âgés entre 6 et 15 ans.
D’autre part, le secteur bénéficie cette année d’un budget «colossal»  estimé à 504 milliards de dinars.
S’agissant du manuel scolaire,  le secteur couvrira pour la prochaine rentrée scolaire tous les besoins en la matière, avec la production de 57 millions de livres en plus du stock existant estimé à 4 millions de livres.
Pour ce qui est des nouveautés, il s’agit de l’édition du livre et du cahier d’exercices de français pour la 5e année primaire et du livre de la langue tamazight pour la 2e année moyenne, ce qui portera le nombre de titres édités par le secteur à 155 titres. L’année scolaire 2009-2010 sera, également, caractérisée par un allègement des programmes des cycles primaire et secondaire, outre le soutien au module informatique pour la quatrième année moyenne, l’ensemble des programmes « restructurés » dans le cadre de la réforme ayant atteint 188 programmes.
D’un autre côté  le secteur appliquera à compter de la prochaine année scolaire une série de mesures dont le soutien au dispositif d’évaluation, d’orientation et de suivi des programmes éducatifs dans tous les cycles d’enseignement, et l’annulation du redoublement pour la première année secondaire et l’élargissement de l’opération d’ouverture des classes «sport études».(El Moudjahid-25.08.09.)

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* Le calendrier des vacances scolaires proposé par le MEN est :

-Vacances d’automne : du 29 octobre 2009 au 3 novembre 2009
-Vacances d’hiver (I) : du 18 décembre 2009 au 3 janvier 2010
-Vacances d’hiver (II) : du 12 février 2010 au 16 février 2010
-Vacances de printemps : du 18 mars 2010 au 4 avril 2010.
Ainsi, les élèves « bénéficieront de 40 jours de vacances sans compter les vacances d’été et auront étudié 35 semaines ».

A retenir* Les journées de vendredi et de samedi sont retenues jours de repos hebdomadaire pour le secteur de l’Éducation nationale, c’est ce qui a été décidé à l’issue de la réunion de coordination tenue dimanche dernier en présence du ministre de l’Éducation nationale, M. Boubekeur Benbouzid,
Les journées de vendredi et de samedi sont retenues jours de repos hebdomadaire pour l’ensemble des élèves et enseignants du secteur en sus de l’après-midi du mardi avec la répartition des quatre heures de cours -dispensées précédemment durant la matinée de jeudi- tout au long des jours ouvrables de la semaine de manière pédagogique, selon l’accord conclu entre le ministère de l’éducation nationale et les différents syndicats activant dans le secteur.
* Le ministère indique que l’organisation de la scolarité au courant de l’année se fera conformément au calendrier suivant :
1. Au niveau de l’enseignement primaire : les cours de la 5ème année primaire s’arrêteront à partir du 27 mai 2010, les compositions du 3e trimestre débuteront à partir du 30 mai 2010.
En ce qui concerne la 1ère, la 2e, la 3e et la 4e année moyenne primaire, les cours devront être poursuivis jusqu’au 20 juin 2010. Ce qui permettra d’exploiter le mois de juin au profit des élèves. Les compositions du dernier trimestre débuteront à partir de cette date.
2. L’enseignement moyen : les cours se poursuivront jusqu’au 3 juin 2010. Les compositions du 3e trimestre débuteront le 6 juin 2010.
3. L’enseignement secondaire : les cours se poursuivront jusqu’au 27 mai 2010. La semaine du 29 mai 2010 sera consacrée aux compositions du 3e trimestre pour tous les niveaux de l’enseignement du secondaire.
Le cycle préparatoire regroupe  9.361 petits avec un taux de couverture de 65 %. Le fait marquant pour la prochaine rentrée est l’opération de rénovation et de restructuration des anciens établissements scolaires à savoir 8 grands lycées. Une enveloppe budgétaire de 1.050.000.000 DA est consacrée pour cet effet.
La rénovation touchera, notamment les lycées Okba Bnou Nafae, l’Emir Abdelkader, Omar Racim, Amara Rachid, Hassiba Ben Bouali, Ibnou El-Haithem, Arroudj et Kheir-Eddine, et Cheikh Bouamama.
Le renouvellement des équipements scolaires a coûté à la wilaya 13 milliards de centimes. Les responsables de l’académie d’Alger-Centre confirment que la majorité des établissements scolaires bénéficient de chauffage. Pour ce qui est de la prime scolaire, on compte 25.649 élèves issus de familles démunies qui ont bénéficié de la prime de 3.000 dinars.

 

 

4 réponses à “Rentrée scolaire 2017/2018”

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