Le safran cultivé en Algérie

**La culture du safran, une épice très prisée et aux vertus médicinales reconnues, existe dans 25 wilayas, à l’Ouest, mais surtout dans les Hauts-Plateaux et au Sud.

Naissance de la première Association nationale des producteurs de safran algériens à Oran, 

**un label algérien pour – l’or rouge - 

Depuis hier, le monde agricole en Algérie s’est enrichi d’une association, la première Association nationale des producteurs de safran algériens qui a vu le jour à Oran, au terme d’une assemblée générale. C’est la Maison de la culture du quartier Ibn-Sina (ex-Petit- Lac), que l’événement a eu lieu en présence de
100 membres fondateurs, entre producteurs de safran, jeunes agronomes et associations de femmes agricultrices.
La culture du safran dans notre pays n’a d’existence que depuis une dizaine d’années et devrait, d’ailleurs, se développer de manière exponentielle, tant le safran, “l’or rouge”, s’avère un produit agricole correspondant au climat de bien de régions dans notre pays, alors que son prix se négocie à l’international en milliers d’euros. C’est après deux tentatives avortées de créer cette association à Alger que les producteurs sont enfin parvenus à leur fin à Oran, avec d’ores et déjà des objectifs bien tracés pour la nouvelle association : la création d’une maison du safran en Algérie et d’un label local, l’organisation d’un marché local et l’exportation en dernier lieu. À l’heure actuelle, la culture du safran, une épice très prisée et aux vertus médicinales reconnues, existe dans 25 wilayas, à l’Ouest, mais surtout dans les Hauts-Plateaux et au Sud car le safran “est un bulbe, une fleur qui pousse dans des régions arides et semi-arides”, nous a expliqué le pionnier du safran en Algérie, Abdallah Rouibi, élu président de l’association au terme de l’assemblée constitutive. Cet agriculteur de Khenchela a commencé la culture du safran, il y a une dizaine d’années, avec la coopération de l’Institut de recherches forestières de Baïnem et grâce à un projet canadien. “Un organisme canadien a fourni 150 bulbes dans le cadre de l’introduction de nouvelles cultures en Algérie”, explique-t-il avec une formation qui lui a été dispensée. Notre interlocuteur précise que sa démarche et celle de l’association est de promouvoir la culture du safran en Algérie, notamment auprès des jeunes, ajoutant que le rapport est très important entre production et revenus. Et pour cause, pour produire 1 kg de safran pur, il faut 150 000 fleurs, et ce kilogramme se vend à 450 millions de centimes aujourd’hui.
Le bulbe de safran donne une fleur et les 3 pistils sont retirés de la fleur et séchés, et ce sont des mains de femmes qui ont la charge de faire ce labeur. “Les femmes sont plus délicates et plus patientes pour ce travail”, ont expliqué nos interlocuteurs. D’ailleurs, deux associations d’agricultrices, une de Tlemcen et l’autre d’Oran, sont partie prenante dans l’aventure de l’association des producteurs de safran.
En 2018, si la production nationale de safran a atteint 10 à 15 kg, l’année prochaine, elle sera de 30 kg. Mais, pour l’heure, les premiers producteurs doivent faire face à un marché local gangrené par le faux safran, a-t-on encore expliqué. “Ce qui se vend dans notre pays, c’est du faux safran issu de la plante carthame, sans compter les mélanges frauduleux qui inondent le marché.” L’association va aussi avoir pour tâche de vulgariser ce qu’est le vrai safran, d’autant que plusieurs producteurs locaux ont obtenu des certificats de laboratoires français attestant de la qualité de 1er choix du safran, made in Algeria. De belles perspectives pour cette nouvelle culture en Algérie comme le pensent les membres fondateurs de l’association des producteurs.

*liberte-algerie / mardi 10 juillet 2018

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*une première culture du safran a réussi en Algérie

*Un kilo de safran coûte entre 30 000 et 40 000 Euros

Cette culture, qui s’avère techniquement difficile et qui nécessite patience et persévérance, a permis à l’association «ADAM» de se procurer des semis.

L’ADAM (Association de développement de l’agriculture de montagne), nouvellement créée, a engagé une expérience pour la culture du safran (Crocus sativa) ou l’or rouge, dans la région de Hamadia. Son président Lakhdar Chouikhi, technicien forestier, a exercé pendant 25 années au niveau des massifs forestiers de l’Ouarsenis, «Melaab» et «djebel Nador» en qualité de chef de projet à l’ex-ONTF. Exerçant dans une entreprise privée dans le domaine horticole (fleurs et plants d’ornement), arboricole (plantation fruitière) et pépinières, il s’occupe actuellement des aménagements des espaces verts.

Cette culture, qui s’avère techniquement difficile et qui nécessite patience et persévérance, a permis au président de l’association «ADAM», en collaboration avec son ami horticulteur et pépiniériste, de se procurer des semis (bulbes) : 10 000 unités qui représentent 70 kg. Mis sous terre au mois de juillet 2012, le résultat s’est avéré bon en dépit d’un climat semi-aride, une terre sablonneuse, le calcaire.

Plante aromatique

«ADAM» se consacrera, à l’avenir, dans le cadre de son programme de travail, à l’intensification de cette plante aromatique, condimentaire et thérapeutique et en même temps création des coopératives de jeunes par l’organisation avec les pouvoirs publics de journées d’études pour la vulgarisation de cette fleur (Crocus sativa). En plus des stigmates de safran, on pourrait bénéficier aussi de semis (bulbes) qui se multiplient chaque année après la récolte. Ce bulbe sera adapté à la région et ne sera plus importé. À l’instar de ce travail, l’association compte aussi organiser des journées d’études autour des végétaux tels que la figue de barbarie (El hendi). Les vertus du fruit, raquette et la graine (extrait d’huile de la graine utilisée en cosmétique, de loin meilleure que l’huile d’argan mondialement connue), ne sont plus à démontrer.

Le safran cultivé en Algérie

L’association «ADAM», composée de membres pluridisciplinaires dans le domaine du développement rural envisage ainsi de créer une dynamique avec les pouvoirs publics sur le plan écologique, socioéconomique et éco-touristique.*El Watan-27.11.2012.

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Le safran est un produit agricole classé dans la famille des épices. Il découle de la culture de l’espèce Crocus sativus L. de la famille des Iridacées. Cette fleur possède trois stigmates (extrémités distales des carpelles de la plante). Styles (la « tige » reliant un stigmate avec le reste de la plante) et stigmates sont souvent séchés et utilisés en cuisine comme assaisonnement ou comme agent colorant. Le safran, qui fut pendant plusieurs décennies l’épice la plus chère au monde, est originaire du Moyen-Orient. Il a été cultivé pour la première fois dans les provinces grecques, il y a plus de 35 siècles.

Le safran est caractérisé par un goût amer et un parfum proche de l’iodoforme ou du foin, causés par la picrocrocine et le safranal. Il contient également un caroténoïde, la crocine, qui donne une tonalité jaune-or aux plats contenant du safran. Ces caractéristiques font du safran un ingrédient fortement prisé pour de nombreuses spécialités culinaires dans le monde entier, notamment dans la cuisine persane. Le safran possède également des applications médicales.

Le mot safran tire son origine du latin safranum, aussi ancêtre du portugais açafrão, de l’italien zafferano et de l’espagnol azafrán. Safranum vient lui-même du mot arabe aṣfar (أَصْفَر), signifiant « jaune », via la paronymie avec le mot zaʻfarān (زَعْفَرَان), le nom de l’épice en arabe. Selon d’autres sources, s’appuyant sur la présence de cultures de safran sur le plateau iranien, safranum viendrait du persan Zarparan (زرپران), zar (زر) signifiant « or » et par (پر) signifiant « plume », ou « stigmate ».*Wikipédia.

**Le safran contient plus de 150 composés volatils et aromatiques. Il possède également plusieurs composés non-volatils, nombres d’entre eux étant des caroténoïdes, incluant zéaxanthine, lycopène, ainsi que des α- et β-carotènes. Cependant, la couleur jaune-orange d’or du safran est principalement due à l’α-crocine. Cette crocine est un ester di-(β-D-gentiobiosyl) trans-crocétine (nomenclature IUPAC : acide 8,8-diapo-8,8-caroténoïque). Cela signifie que la crocine à l’origine de l’arôme du safran est un ester digentiobiose de la crocétine, un caroténoïde. Les crocines elles-mêmes sont une série de caroténoïdes hydrophiles qui sont soit des esters polyènes monoglycosylés ou diglycosylés de la crocétine. La crocétine est un polyène de diacide carboxylique conjugué hydrophobe, et donc liposoluble. L’estérification de la crocétine avec deux gentiobioses (des sucres hydrosolubles) donne un produit hydrosoluble. L’α-crocine en résultant est un pigment caroténoïde compris à hauteur de 10 % dans la masse de safran frais. Les deux gentiobioses estérifiées font de l’α-crocine un colorant idéal pour tous les aliments non gras basés sur l’eau comme les plats à base de riz.

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*la belle aventure du couple Louiza et Mustapha Aknouche qui ont été les premiers à introduire la culture du safran en Algérie

Le couple Louiza et Mustapha Aknouche, ayant réussi un grand défi, espèrent un soutien des autorités de la wilaya de Constantine pour développer une activité qui s’est avérée très prometteuse.

C’est la belle aventure qui continue pour le couple Louiza et Mustapha Aknouche. L’histoire retiendra qu’ils ont été les premiers à introduire la culture du safran, plus connu par l’or rouge en Algérie, et précisément dans la commune de Benbadis, située à 40 km de Constantine. «Après les premiers débuts en 2010 avec une petite parcelle de terrain pour les essais, nous exploitons aujourd’hui un hectare qui s’est avéré insuffisant pour développer une activité au demeurant fort prometteuse», nous expliquent-ils.

En fait, le couple a entamé juste après le Ramadhan de l’année en cours, soit vers le début du mois d’août, les travaux de désherbage de la parcelle, avant de déterrer et de séparer les bulbes. Ainsi, les petits bulbes iront à la pépinière et les gros pour la plantation. «Nous avons mené le travail durant tout le mois d’août, car les bulbes risqueront de s’étouffer s’ils ne seront pas déterrés en raison du petit espace dans lequel ils sont plantés», diront nos interlocuteurs. «La nécessité d’avoir une superficie plus grande s’impose comme une priorité, surtout, que la safranière que nous avons installée depuis 2010, a donné de meilleurs résultats», nous confie Louiza Aknouche.

Elle nous affirme que lors d’un exposé de leur expérience, présenté récemment au wali de Constantine, ce dernier a montré tout son intérêt pour cette activité, lancée pour la première fois en Algérie dans la commune de Benbadis. «Le wali nous a promis de nous aider pour agrandir notre safranière, et pourquoi pas ne pas développer encore plus cette culture dans la commune de Benbadis, surtout que nous avons embauché pour le moment huit jeunes d’El Haria, et nous comptons faire mieux avec une assiette plus importante», révèle le couple Aknouche.

La plantation des bulbes, qui a commencé en ce début du mois de septembre, promet une bonne récolte au vu des conditions climatiques de la région. Pour les Aknouche, la récolte du safran, prévue entre octobre et décembre, nécessitera également de recourir à une main d’œuvre importante et qualifiée qui sera formée sur terrain.

Quatre ans déjà

Lorsqu’ils ont commencé leur aventure en 2010, Louiza et Mustapha Aknouche ne s’attendaient guère à ce que leur expérience de cultiver le safran dans une exploitation à la commune de Benbadis, connaisse un tel succès. Une expérience originale en Algérie, dont le couple parle avec une grande passion. Les deux safraniers, qui ont acquis une expérience dans ce domaine, après avoir suivi une formation et géré une exploitation à Cuers, dans le département français du Var, ont entamé leurs premiers pas après avoir constaté que le climat et l’altitude à Constantine sont très favorables à ce type de culture.

La rencontre avec Abdelatif Benhamadi, un céréaliculteur qui s’est intéressé à leur projet, leur permettra d’avoir un lot de terrain pour les essais. Commenceront alors les préparatifs de la pépinière et la plantation des premiers bulbes vers la fin du mois d’août 2010. Et les premières fleurs seront récoltées dès le début du mois de novembre. «Nous avons constaté que les bulbes se sont bien comportés et se sont adaptés avec la nature du sol, ce qui était déjà encourageant», notera Mustapha avec grande satisfaction.

La grande surprise qui attendra le couple sera révélée par les résultats d’un laboratoire français auquel les jeunes safraniers ont soumis des échantillons de leur première cueillette. «Le laboratoire nous a certifié que ce type de safran cultivé à Constantine est le meilleur au monde du point de vue arome, goût et odeur, chose à laquelle on ne s’attendait pas», déclare Mustapha. Et la belle aventure continuera encore avec une seconde expérience qui s’est avérée plus importante. Les succès se suivent, et le couple exposera les résultats de son expérience baptisée Safran Tariki (Safran, ma route) en novembre 2012, lors du salon de l’agriculture Expofilaha organisé à Alger.

Les visiteurs, dont le ministre de l’Agriculture de l’époque, se sont dits très impressionnés par cette expérience inédite en Algérie. Le couple sera surpris par ces nombreux jeunes désireux d’apprendre les techniques de cette culture. Une activité qui pourra générer des ressources financières importantes pour l’Algérie mais qui permettra aussi d’offrir des postes d’emplois aux jeunes.

«Un kilo de safran coûte entre 30 000 et 40 000 Euros en France, mais il faut savoir aussi que pour avoir un gramme de safran il faut traiter jusqu’à 240 fleurs, et pour une bonne récolte in faudra planter jusqu’à 40 bulbes/m2. Tout cela demandera une parcelle plus importante», notent nos interlocuteurs. Alors pourquoi les décideurs de la wilaya ne saisiront pas cette opportunité pour faire de Constantine une pionnière dans ce domaine ? Du safran labellisé à Constantine sera une première en Algérie.*El Watan- 03.09.2014 

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Laëtitia, 26 ans, master en psychologie…elle rejoint le monde agricole pour cultiver le safran

ENTRETIEN – LaëtitiaThion, 26 ans, originaire de Chouzy sur Cisse (Loir et Cher) explique à Metro comment elle en est venue à cultiver du safran, après un master… en psychologie.

Rien ne la prédestinait à rejoindre le monde agricole. En 2009, Laëtitia obtient son master en psychologie à l’Université d’Orléans… et hérite, au même moment, des terres de son grand-père à Chouzy sur Cisse (Loiret).

« Je récolte seule et manuellement »

« Ce fut comme un déclic. Je me suis dit que j’avais de la chance d’avoir ce patrimoine et que je devais en faire quelque chose » aime-t-elle raconter, sourire timide en coin. « J’ai toujours été une passionnée de fleurs et cela m’a conduit vers le safran que je cultive depuis 2011 sur 2000 m2. Parfois, de la famille et des amis m’aident à la récolte mais sinon, je le fais seule et manuellement ».

La jeune femme de 26 ans élabore des produits transformés comme des macarons au safran, des confitures, gelées. « Je suis distribuée dans les épiceries fines et je fais des marchés et des foires au moins deux fois par semaine », explique-t-elle.. Aujourd’hui, les ventes marchent si bien que Laëtitia compte doubler sa surface de production. « J’ai misé sur une production à haute valeur ajoutée et ça marche très bien ! » *MetroFrance-16.12.2012

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313 réponses à “Le safran cultivé en Algérie”

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