La chasse au bonheur

**    Le «bonheurisme»

Face à la quête effrénée de réussite, certains vantent les délices de la frustration et de la simplicité.

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Ce n’est pas un hasard: le dernier best-seller en librairie a pour titre L’homme qui voulait être heureux (Laurent Gounelle, Éd. Anne Carrière) et les récurrences du mot «bonheur» dans les pubs se sont intensifiées depuis le début de la crise. Quant aux essais, sites, colloques sur ce thème, ils abondent. En arrière-plan, un débat fondamental qui agite la communauté des psys: faut-il vraiment croire au bonheur pour être heureux? Au contraire, imaginer un état de satisfaction durable ne nous condamne-t-il pas à la frustration? Adèle, 45  ans, en analyse depuis près de dix ans, reconnaît qu’après avoir réglé certaines de ses difficultés relationnelles, rencontré l’homme avec qui vivre et être devenue mère, elle compte bien poursuivre sa cure «parce qu’elle ne réussit pas professionnellement». Elle s’allongera donc sur un divan «jusqu’à ce que tous les domaines de sa vie aillent bien». Une course folle et épuisante?

Le «bonheurisme»

Tel est le point de vue défendu notamment par la psychanalyste Muriel Flis-Trèves, qui a orchestré un colloque décisif sur ce thème en décembre dernier et publie Recherche bonheur déses­pérément (PUF): «De plus en plus de patients ont l’impression que le bonheur est un droit accessible à tous, presque une injonction. S’ils ne réussissent pas dans leurs projets, ils culpabilisent et ressentent une réelle souffrance narcissique.» Accompagnant notamment ceux qui rêvent de devenir parents, la psychanalyste repère une évolution dans les demandes. «La quête du bébé devient aujourd’hui insupportable quand elle ne réussit pas illico. D’ailleurs, nos patients parlent essentiellement en termes de réussite ou d’échec. Et au lieu de travailler sur cette peine, ce chagrin, ce deuil à faire, ils s’engouffrent dans la haine d’eux-mêmes.» «Si je ne réussis pas, alors je ne suis pas heureux, donc je ne suis rien» devient la complainte du névrosé contemporain.

Autre effet pervers de cette quête généralisée du bonheur: la «normatisation» des désirs et des élans. Ce que le philosophe Vincent Cespedes appelle le «bonheurisme» dans un essai coup de poing aussi créatif que dérangeant, Magique Étude du bonheur (Éd. Larousse): «La normalité et le bonheurisme sont bien la cause et le symptôme d’une même maladie, que l’on pourrait résumer en une injonction: “Sois normal et tu seras heureux!”, mais comme la dite normalité s’avère désastreuse à vivre, et comme je lui sacrifie ma fraîcheur et mes années tendres, plus je suis “normal” plus je suis frustré de ne pas être heureux, de ne pas voir la promesse s’accomplir.» À l’autre bord se trouvent les défenseurs du bonheur vu comme un moteur puissant de changement. Pour la plupart, des psychologues et des psychothérapeutes influencés par la psychologie positive née aux États-Unis il y a une vingtaine d’années. Gonzague Masquelier, directeur de l’École parisienne de Gestalt, s’en réclame: «Optimiste fondamental, j’ai toujours pensé qu’on est davantage inspiré et motivé par les projets positifs, les désirs de beau, de bien, de bon. Travailler sur ses manques et ses frustrations pendant des années est décourageant ! Et la thérapie devrait être vue comme un entraînement sportif: elle vous aide à mettre du bonheur dans votre vie au quotidien, elle a un rôle préventif en vous enseignant les moyens d’y arriver. De toute façon, ce débat “antibonheur” est très franco-français. Je rentre de Roumanie où j’enseigne la Gestalt-thérapie. Je peux vous assurer que là-bas, après des années de souffrance et de pauvreté, on cherche sans nuance à savoir comment être heureux!»

Les motivés du bonheur ont le vent en poupe. Yves, qui a entamé une thérapie de couple depuis deux ans, croit dur comme fer que sa démarche l’amènera à une «fin heureuse»: «Si nous n’avions pas l’espoir de réussir notre vie à deux, nous nous quitterions tout de suite.» Mais quelque chose est cependant en train de changer au pays du bonheur.Tal Ben-Shahar, l’un des plus performants professeurs de bonheur (il enseigne cette science à la prestigieuse université de Harvard), publie aujourd’hui L’Apprentissage de l’imperfection (Éd. Belfond). Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, il est en effet grand temps de dégager le bonheur des images d’Épinal qui l’accompagnent. Il faut le débarrasser de la panoplie trop parfaite à laquelle beaucoup l’associent: argent, réussite sociale, sourire permanent, corps performant sur tous les plans… «Nous devons ancrer nos rêves dans la réalité et juger nos accomplissements à leur juste valeur», précise-t-il désormais. Un besoin urgent de simplicité heureuse que Patrick Estrade, psychothérapeute, résume en une formule antiglamour à souhait: «Le bonheur, c’est à la mode de chez nous.» Sous-entendu, à chacun de créer celui qui lui va vraiment. (Figaro.Santé-25.04.2010.)

****Les gens heureux sont plus généreux ***

    **La science du bonheur

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Le bonheur n’est pas seulement dans le pré, il est surtout dans la tête. Les neurosciences dévoilent la chimie de cet état de grâce et s’invitent dans un débat jusqu’alors réservé aux philosophes et aux poètes.

Paradoxalement, c’est en étudiant les mécanismes impliqués dans la douleur, la dépression ou les troubles bipolaires que les chercheurs ont découvert certaines sources du bonheur. L’amour, le plaisir, le bien-être, la plénitude, facteurs que l’on considère comme des composants du bonheur, ont des constituants biologiques.

Les neurobiologistes ont pénétré les structures cérébrales qui interviennent lorsque les émotions nous envahissent, ils ont observé les rouages mis en jeu dans la régulation des humeurs et décrypté les processus qui s’enchaînent pour nous remplir d’un sentiment de bonheur… ou nous plonger dans celui du malheur.Ces travaux se succèdent depuis les années 1970, grâce aux progrès des techniques d’investigation biologique et de l’imagerie cérébrale. De fait, les neurosciences s’invitent de manière rationnelle dans cette quête millénaire, jusqu’ici l’apanage des philosophes, des poètes et plus récemment des psychologues. Ils proposent d’autres clés aux portes du bonheur. L’approche reste prudente, tant le sujet est complexe.

Car, si le bonheur est dans la tête, aucune zone ne lui est réservée. Il se dissimule, de façon diffuse, dans les méandres des structures profondes du tissu cérébral, du tronc cérébral au cortex frontal. Ce que Jean-Pierre Ternaux, directeur de recherche honoraire du CNRS et coordonnateur de l’Observatoire du bonheur *, nomme joliment la «symphonie cérébrale». «On y trouve l’hypothalamus latéral, le lobe limbique, le complexe amygdalien, le noyau accumbens, l’hippocampe… des zones agitées de réseaux de cellules nerveuses responsables des états émotionnels, dans lesquelles des molécules et des neurotransmetteurs jouent un rôle fondamental dans la transmission des messages entre les neurones.»

Certaines ont une fonction essentielle dans les sensations de bien-être physique et psychique. Ils ont pour nom la dopamine, la noradrénaline, la sérotonine, les endorphines… Leur activité va stimuler ou annihiler des émotions comme le plaisir, le désir, la motivation… Ainsi la dopamine, qualifiée d’hormone de l’action, intervient dans l’anticipation, la motivation, la projection d’émotions positives et nous pousse à positiver, à avancer. Un bon niveau de dopamine encourage l’activité, trop de dopamine incite à rechercher des situations à risque, mais à l’inverse, un déficit de cette substance (ce qui est une caractéristique de la maladie de Parkinson) trouble les mouvements et rend léthargique.

La sérotonine stimulée par la passion amoureuse, les relations sociales

Autre vaccin antichagrin: la sérotonine. Ce neurotransmetteur fabriqué dans des neurones du tronc cérébral est indispensable pour réguler nos humeurs. Stimulé par la passion amoureuse, les relations sociales, les pensées positives, les contacts physiques, il agit comme un euphorisant. On observe un déficit important de sérotonine chez les personnes en dépression ou simplement malheureuses parce que séparées d’un être aimé. Citons également les endorphines et enképhalines, bien connues des sportifs sous le nom d’hormones du plaisir. Ces substances produisent un effet euphorique, anxiolytique et antalgique. Elles modulent le message douloureux, inhibent sa transmission dans le cerveau et provoquent une sensation de bien-être immédiat lors de leur réception par les cellules nerveuses. Leurs fluctuations régulent les états de stress et d’anxiété.

Mais toutes ces molécules n’interviennent pas seules dans les réseaux de neurones. «Elles interagissent dans une cascade d’événements avec d’autres substances, des électrolytes, des acides aminés, des peptides, des hormones… qui participent ensemble à l’élaboration des états émotionnels», poursuit Jean-Pierre Ternaux. Cet univers nébuleux est encore loin d’avoir révélé tous ses mystères.Les ingrédients ont été repérés, mais leur dosage relève encore de l’alchimie. Si tout individu est doté dès la naissance de ces composants du bonheur, qui seraient selon Darwin le secret de la pérennité de l’espèce humaine, force est de constater que ces prédispositions au bonheur varient d’un sujet à l’autre. Il suffit d’observer le genre humain pour remarquer que certaines personnes semblent plus heureuses, plus optimistes, plus joyeuses, plus solides face aux situations difficiles, tandis que d’autres sont moroses, mélancoliques sinon désespérées.

«En fait, les taux de ces neurotransmetteurs connaissent des fluctuations, des variabilités selon les individus», explique Sylvie Granon, chercheuse au Centre de neurosciences Paris-Sud. Un des premiers à l’affirmer fut Jaak Panksepp, un chercheur américain connu, notamment, pour avoir chatouillé le ventre de milliers de rats. «En étudiant les émotions positives chez l’animal, il a noté que certains rats appréciaient davantage les chatouilles que d’autres. Cette variabilité entre individus dépendait du taux de dopamine libéré par l’organisme.» Un gène (le 5HTT) a été identifié, il intervient dans le transport de la sérotonine au sein des cellules nerveuses. Or, selon la taille de ses allèles, il transporte plus ou moins de sérotonine. De fait, les sujets disposant d’un gène 5HTT long seront mieux alimentés en sérotonine et plus aptes à affronter les situations pénibles, tandis que ceux qui possèdent un gène court seront moins dotés et plus sensibles aux états dépressifs, plus fermés aux relations sociales. Plus extraordinaire encore apparaît le rôle d’une hormone, l’ocytocine, que de récents travaux ont mis en lumière. Secrétée par l’hypophyse, elle est libérée par les hommes et les femmes lors de l’orgasme, et intervient dans les mécanismes permettant aux mères d’allaiter. Des études ont montré qu’elle diminue le stress, contribue à l’amour des parents pour leurs enfants et pourrait faciliter les relations sociales, conjugales et parentales. Autant dire qu’il s’agit là de la molécule suprême! Et cette hormone de l’amour pourrait être l’une des principales clés du bonheur.De nouveau, nos amis les bêtes ont été mises à contribution.

Cette fois-ci, ce sont les campagnols des plaines du Midwest qui ont servi de cobayes aux recherches sur le bonheur. Ce petit mammifère a la particularité d’être monogame et ce jusqu’à la mort. En revanche, son cousin vivant dans les montagnes, est, lui, polygame. «Des chercheurs américains, Lowell Getz et Larry Young, ont démontré que cet état tenait non pas à des facteurs environnementaux, liés à la survie de l’espèce, mais à la présence d’un taux d’ocytocine plus abondant chez le campagnol des plaines que chez celui des montagnes», raconte Jean-Pierre Ternaux. Les scientifiques sont ensuite allés plus loin. En manipulant le gène qui code pour l’ocytocine, ils ont transformé les campagnols monogames en campagnols polygames, et inversement. Preuve était faite du rôle essentiel de l’ocytocine dans le processus de fidélité et d’attachement. Depuis, les études sur l’ocytocine se sont multipliées, dévoilant ses propriétés dans les relations humaines, l’empathie, la confiance et généralement les sentiments positifs.

Un équilibre entre plaisir et souffrance

Ainsi, lors de tests organisés par des chercheurs de l’université de Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, la cohorte de sujets ayant inhalé de l’ocytocine s’est révélée plus apte à répertorier les mots associés à des sentiments positifs sociaux ou relatifs au sexe. Tandis qu’une seconde expérience dans la même université constatait que les sujets exposés à l’ocytocine conservaient en mémoire, dans un lot d’images donné, celles représentant des visages heureux. Des études récentes ont enfin montré que l’ocytocine pouvait jouer un rôle thérapeutique dans les phobies sociales ou l’autisme. Il y aurait donc en chacun de nous des prédispositions biologiques au bonheur. En jouer à volonté changerait certainement la face du monde. On n’en est pas encore là, mais on peut en rêver en inhalant de l’ocytocine dont des sprays sont d’ores et déjà commercialisés. Ils sont censés réduire le stress et renforcer les comportements positifs. A consommer sans modération en période de crise… Plus sérieusement, on peut stimuler ses propres ressources en pratiquant un sport régulièrement, qui favorise la fabrication d’endorphines, sans pour autant en devenir addict. L’alimentation est aussi source d’acides aminés, dont certains comme le tryptophane (abondant dans le riz complet, le fromage, les produits laitiers, la viande, les arachides, les protéines de soja, les oeufs, le poisson, les légumineuses) et la tyrosine (amandes, avocats, bananes, produits laitiers…) fabriquent de la sérotonine et de la dopamine. Sans oublier la méditation, qui est, selon Matthieu Ricard, moine tibétain et généticien moléculaire, l’outil essentiel pour accéder à l’équilibre émotionnel.Mais attention, le bonheur n’est pas qu’une affaire de chimie et n’est pas assimilable au plaisir. Pour le Pr Jean-Didier Vincent, neurobiologiste et référent incontesté de la biologie des sentiments, «le bonheur n’est pas le plaisir, c’est un état difficile à atteindre. Il se cherche, s’acquiert et se gère. C’est un équilibre plus ou moins instable entre plaisir et souffrance, entre pulsions positives et pulsions négatives, entre son moi et le monde extérieur. Etre heureux exige une participation active de l’être. Cela se travaille.» Surtout, il ne faut pas désespérer: on a toute une vie pour tenter d’être heureux.

L’Observatoire du bonheur, créé en 2010, a pour mission de soutenir des jeunes chercheurs dans leurs travaux sur le bonheur. Il est financé par Coca-Cola.

Les zones cérébrales à l’origine des émotions

Le noyau accumbens, centre des émotions de joie et de plaisir, ou l’amygdale, centre des émotions de peur ou d’angoisse, reçoivent des informations sensorielles. Ils les transmettent à l’hypothalamus, qui orchestre les réactions corporelles et hormonales, et au cortex moteur, qui commande l’ensemble de la motricité, lesquels vont produire, selon le cas, une réaction positive ou négative. Entre-temps, le thalamus, zone relais du cerveau (qui a reçu aussi l’information), émet un message au cortex cérébral, siège des fonctions nerveuses du cerveau, pour qu’il vérifie si l’amygdale ou le noyau accumbens produisent la bonne émotion. Le message vérifié est transmis au cortex préfrontal qui libère, via l’hypothalamus, des hormones et neurotransmetteurs dans l’ensemble de l’organisme et dans le cerveau.*Le Figaro-Santé-24/01/2013

***Les nouvelles clés du bonheur

La question «comment être heureux ?» fascine plus que jamais philosophes, scientifiques, artistes et économistes. Certains y apportent de nouvelles réponses.

Disséqué, analysé, mesuré, servi en livres, en films ou en émissions de télévision, enseigné en cours particuliers, colloques et séminaires, il est un Graal ultime de l’humanité depuis deux mille ans: capricieux, polymorphe, c’est… le bonheur. Le sujet est indémodable et la quête du bonheur a rarement autant concentré les énergies. Il est propulsé sur le devant de la scène par des scientifiques qui en scrutent l’ADN, étudiant la chimie de nos cerveaux à la recherche de la molécule du bonheur. D’autres estiment qu’on peut le mesurer et même apprendre à l’apprivoiser. Quant aux tenants du développement personnel, ils misent tout sur la psychologie, défendant l’idée que l’on peut travailler de manière pragmatique pour être plus heureux.

En résumé, on sert le bonheur un peu à toutes les sauces. La chaîne de télévision M6 lance à la fin du mois un nouveau concept de téléréalité «J’ai décidé d’être heureux», où des coachs aident des candidats à retrouver la joie de vivre. Au cinéma, l’amitié, la famille ou la solidarité comme sources de bonheur deviennent «bankables» avec le succès des Petits Mouchoirs, d’Intouchables ou plus récemment de Comme des frères, voyage de trois camarades autour du souvenir d’une amie disparue. Dans les librairies, les ouvrages aux titres évocateurs disparaissent des rayons aussi vite qu’ils y sont entrés. L’Homme qui voulait être heureux, de Laurent Gounelle, Quand on veut, on peut!, du pape de la pensée positive, Norman Vincent Peal, ou Le Sel de la vie, de l’anthropologue Françoise Héritier, font partie de ces best-sellers. La tendance n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue, comme si le besoin de se retrouver autour de valeurs positives devenait une urgence salutaire.

Seulement 7 % des Français se disent peu satisfaits de leur vie

Dans la foulée de la commission Stiglitz à laquelle le président Nicolas Sarkozy avait demandé de redéfinir nos critères du progrès économique et social, une foule de réflexions et d’études ont alimenté un débat déjà fort riche. La dernière en date, publiée par l’Insee début janvier, apporte un éclairage intéressant sur la complexité du sujet. Alors que les discours sur la morosité ambiante, le déclin économique et les menaces sur l’emploi sont ressassés à plaisir, seulement 7 % des adultes français se considèrent peu satisfaits de leur vie en général. Ils sont presque le double (13 %) à en être très satisfaits – 15,5 % pour les plus de 65 ans et 23,4 % pour les ménages aux plus hauts revenus. Tirerions-nous un certain plaisir à nous plaindre ou à nous faire plaindre?… «C’est qu’il y a de multiples façons d’être heureux», s’amuse le philosophe Vincent Cespedes, auteur polémique de Magique étude du bonheur. «En revanche, il n’y a qu’une recette et c’est celle de deux mille ans de philosophie», ajoute-t-il.

Exit les marchands de bonheur, place aux philosophes de la joie

Vincent Cespedes fait partie de ces nouveaux philosophes soucieux de reprendre du terrain sur ceux qu’il n’estime guère, les marchands de «bonheurisme», comme il dit, pour qui être heureux ne serait finalement qu’une question de volonté, d’apprentissage et de recettes à appliquer. Avant lui, l’écrivain et philosophe Pascal Bruckner avait pourfendu une quête du bonheur à tout prix, passé du statut de droit hérité du siècle des Lumières à un véritable devoir, pour déboucher finalement sur de l’exclusion et même de l’angoisse… L’inverse du but recherché, selon Bruckner. Ce qui le poussait à cette provocation: «Le bonheur ne m’intéresse pas, j’aime trop la vie pour ne vouloir qu’être heureux.»

C’est que notre définition contemporaine du bonheur pose problème, rappellent des intellectuels comme le très médiatique Alexandre Jollien, jeune philosophe suisse handicapé dont les conférences ne désemplissent pas. S’inspirant d’Aristote, d’Épicure ou de Spinoza, il a choisi lui aussi d’aller à la rencontre du grand public pour transmettre ce que ces grands penseurs avaient souvent médité avant les psychologues ou les sociologues. A travers son expérience personnelle forte, il explique comment la philosophie l’a entraîné sur les chemins de la joie, cette capacité à ne plus être dans le combat et la peur perpétuelle ni à attendre toujours mieux: plus d’argent, l’amour idéal, le travail parfait…

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Comme beaucoup de jeunes philosophes, il s’impose le devoir d’occuper le terrain face aux psychologies comportementales venant des Etats-Unis et qui ont le vent en poupe. Très anglo-saxonnes dans leur pragmatisme, elles proposent d’appliquer les recettes qui réussissent aux gens heureux après avoir étudié le mode de vie de ces prédisposés au bonheur. Une démarche à laquelle Vincent Cespedes n’adhère pas. Cela ne peut que déboucher sur des renoncements, «vivre sans être malheureux, mais sans être pleinement heureux», résume-t-il. Idem pour Luc Ferry, selon qui mesurer le bonheur relève d’une chimère.

Alexandre Jollien, lui, préfère regarder du côté de l’Orient: «Une philosophie du bonheur pour aujourd’hui devrait, me semble-t-il, intégrer les fruits de la recherche scientifique et ne pas cloisonner trop fortement l’Orient et l’Occident, explique-t-il. Sans tomber dans le syncrétisme, il me semble que l’heure est à l’ouverture. Je rêve d’une philosophie, d’une spiritualité qui soit ouverte à la fois à la mystique chrétienne et aux religions venues d’Orient. L’essentiel, à nouveau, c’est de garder un esprit ouvert.»

«La méditation est une mode dévoyée de sa vocation première»

Ce souci de ne pas mettre la religion de côté est assez symptomatique de ces nouveaux philosophes. L’héritage du christianisme, qui envisage le bonheur non comme un but à atteindre mais comme un état de béatitude qui fait que l’on est heureux et non qu’on le devient, interpelle ces intellectuels. La réflexion d’Alexandre Jollien ne va pas sans critique. Ce qu’il reproche à certains «gourous», c’est de galvauder les messages, celui du bouddhisme par exemple, comme celui d’Epicure, en transformant «l’art de vivre dans l’instant» en besoin de «jouir de l’instant». Il prend des exemples concrets: «La méditation est devenue une mode qui est dévoyée de sa vocation première et qui sert bien des fois à nourrir l’ego, à le dorloter plus qu’à le faire disparaître, explique le jeune philosophe. Mais au-delà de cette mode, une ascèse est possible. Pratiquer au quotidien des exercices spirituels, être ancré dans le présent, ne pas laisser la voix off de nos ruminations incessantes ternir la richesse du réel, voilà le chemin de la joie.»

Etrangement, en France, c’est un économiste, Daniel Cohen, qui a le plus animé la réflexion sur le bonheur ces derniers mois, avec son livre Homo Economicus.

Et si, finalement, le bonheur, c’étaient les autres?

Dans un long travail d’enquête, compilant études et données, il arrive à la même conclusion que les philosophes évoqués ci-dessus: malgré l’accumulation de richesses et le bien-être apparent de nos civilisations évoluées, l’indice de bonheur stagne, voire régresse. «La stagnation du pouvoir d’achat provoque une souffrance intense alors même qu’en France l’individu moyen est quatre fois plus riche qu’en 1960», s’étonne-t-il.

Les affres du plaisir éphémère étaient pourtant déjà décrites par Epicure trois cents ans avant notre ère! L’épicurien, contrairement à l’idée reçue, n’est pas celui qui profite de l’instant présent en satisfaisant ses envies immédiates et en accumulant des biens, mais plutôt celui qui sait faire la part entre «les désirs naturels» et «les désirs vains». «L’être vivant n’ayant plus alors à marcher vers quelque chose qu’il n’a pas, ni à rechercher autre chose qui puisse parfaire le bonheur de l’âme et du corps (…), tous les orages de l’âme se dispersent», enseigne Epicure dans sa lettre à Ménécée. Un sérieux coup de canif à la relance par la consommation défendue par la gauche de la gauche et au consumérisme en général!

Face à la question: «Comment construire une société épanouissante pour les individus?», Daniel Cohen arrive à la conclusion que c’est dans le bonheur collectif que l’Homo Economicus s’épanouit. Il prend comme référent l’Amérique des années 60, où l’individualisme compétitif allait de pair avec un sens fort de la communauté. Cette conviction, quelques patrons la partagent en appliquant des techniques de management différentes, où la compétitivité individuelle est moins valorisée que la capacité à enrichir le travail d’une équipe. C’est aussi, naturellement, ce qui replace la famille ou les amis en position de vecteurs principaux d’épanouissement personnel dans notre société. L’idée est également défendue par Alexandre Jollien, qui explique que ce qu’il partage avec ses deux enfants ou ses amis, dans cette aptitude à vivre naturellement l’instant présent, lui apporte autant que les écrits des plus grands philosophes. Le bonheur, ce serait donc les autres? Sartre, qui y voyait plutôt l’enfer, risque de se retourner dans sa tombe.* Le Figaro-Santé-25/01/2013

*Le respect est la clé du bonheur, pas l’argent

La place que nous occupons, l’image que nous avons, et surtout le respect que nous faisons naître dans notre entourage nous procurent une satisfaction plus durable qu’un gros salaire, selon une étude.

On le savait déjà concernant les pays: le niveau de richesse d’une nation (PIB) ne détermine pas le niveau de bien-être de ses habitants (étude World values Survey, 2004). Désormais, on le confirme aussi au niveau individuel: le statut socio-économique d’une personne n’est pas un facteur de satisfaction dans sa vie. Par contre, ce qui est déterminant pour le bonheur de tout un chacun est le «statut sociométrique», à savoir la place que nous occupons, l’image que nous avons, et surtout le respect que nous faisons naître dans nos groupes sociaux dits «de face-à-face», à savoir nos collègues, voisins ou, si nous sommes encore étudiants, nos copains de fac.

Des chercheurs en psychologie sociale de l’Université de Berkeley, menés par Cameron Anderson, viennent de parvenir à cette conclusion après avoir mené pas moins de quatre expériences, dont une analysant le lien entre le sentiment subjectif de bien-être et le statut sociométrique dans un groupe de pairs. Une autre sonde un échantillon national et les liens entre le statut socio-économique et le sentiment de bien-être personnel etc…

«L’effet de l’échelle sociale locale»

Tous les résultats concordent: les personnes qui avaient le meilleur score en «statut sociométrique», c’est-à-dire celles qui se sentent le plus admirées ou respectées dans leurs groupes de pairs, obtenaient un sentiment subjectif de bien-être plus fort que celles qui avaient de gros revenus. Ce que les chercheurs nomment désormais «l’effet de l’échelle sociale locale». Occuper une position plus haute sur cette échelle a généré en elles un sentiment d’influence et de contrôle sur leur environnement social, ainsi qu’un fort sentiment d’appartenance et d’être accepté.

Les prochaines études, selon les chercheurs, devront chercher à déterminer pourquoi le statut sociométrique a plus d’impact sur le sentiment personnel de bien-être que n’en a le statut économico-social. Une hypothèse est déjà avancée par l’équipe de Berkeley: si les individus s’ adaptent à leurs revenus ou à leur éducation, ils pourraient ne pas s’adapter de la même façon à leur statut sociométrique. La joie qui provient d’ une rentrée d’argent décline dès que les personnes s’accoutument à la manière dont la richesse modèle leur vie quotidienne, alors que le respect et l’admiration qu’elles retirent de leurs groupes de pairs leur prodiguent un sentiment de bien-être durable.

Un déterminisme ancestral donne une autre explication plausible: en effet, certaines études ont montré que chez nos ancêtres hominidés, déjà, la capacité à avoir un statut respecté dans des petits groupes de pairs était aussi fortement associée à une plus grande survie et à des taux de reproduction élevés. En conclusion, les chercheurs affirment: «Toutes ces recherches démontrent aujourd’hui l’importance du statut local pour être heureux. Le respect qu’une personne fait naître au niveau local détermine comment elle se sent globalement dans sa vie».*Le Figaro-Santé-18/07/2012

***Le bonheur est contagieux

Une étude conduite sur 5 000 personnes montre que le bonheur se propage à travers des réseaux sociaux   voisins ou amis   selon des schémas bien précis.

«Pour vivre heureux, vivons caché», dit un vieux dicton français qui pourrait bien se révéler faux. Des chercheurs américains ont déjà montré au cours des années précédentes que les amis des obèses ont tendance à être obèses, les voisins des fumeurs consument eux aussi des cigarettes et les proches des alcooliques boivent plus que de raison. Eh bien, il semblerait aussi que les amis des gens heureux ont tendance à l’être également. Une enquête très documentée publiée le 4 décembre dans le British Medical Journal nous révèle que la joie est un phénomène collectif qui se répand par vagues à travers des réseaux sociaux, comme une émotion contagieuse et transmissible.

Pour parvenir à une telle démonstration, Nicolas Christakis (Université de Harvard) et James Fowler (Université de Californie) aux États-Unis se sont plongés dans l’étude réalisée dans la ville de Framingham. Cette gigantesque enquête a été initiée en 1948 sur plus de 5 200 personnes afin de comprendre l’origine des maladies cardiovasculaires notamment à travers les comportements, tabac, alcool, alimentation, stress, bonheur… Plus de 5 200 descendants des volontaires de Framingham ont été inclus dans une nouvelle cohorte en 1971. Un troisième groupe – «la troisième génération» – de plus de 4 000 personnes a été constitué en 2002.

Tous les 5 000 volontaires de 1971 ont été interrogés trois fois entre 1983 et 2003 sur leur sentiment de bonheur : «Vous êtes-vous senti confiant dans l’avenir la semaine dernière ? Joyeux ? Heureux de vivre ?», tout comme leurs voisins, amis, frères et sœurs.

Grâce à ces données accumulées et informatisées, l’organisation de la vie sociale à Framingham a été recréée virtuellement, dans l’espace et dans le temps. Les liens familiaux, les réseaux de voisinage, les groupes d’amis, les collectivités professionnelles ont été redessinés. L’éventuelle transmission du bonheur a été examinée à travers plus de 50 000 liens. Après des analyses algorithmiques complexes, l’idée de la propagation sociale du bonheur s’est clairement imposée.

Ainsi, les auteurs ont calculé que, lorsqu’une personne devient heureuse, un de ses amis vivant à moins d’un kilomètre a 25 % de chance de le devenir à son tour, un de ses frères ou sœurs a 14 % de chance, le voisin sur le même palier a 34 % ; quand l’épouse devient heureuse, celle d’un corésident a 8 % de chance de l’être à son tour. Lorsqu’une personne rend un ami heureux, l’ami de cet ami aura 10 % de chance de l’être aussi. Plus l’ami est à proximité, plus la contagion est intense.

Ce travail met en évidence l’importance de la proximité physique. Si les enfants ou les amis habitent loin, le sentiment de bonheur ne diffuse pas.

Les gens heureux, plus généreux

La joie des voisins n’a pas d’impact lorsqu’ils habitent à plus de 25 mètres. La tristesse, elle, semble se transmettre moins facilement : en moyenne, chaque ami proche qui devient heureux vous offre 9 % de chance de l’être à votre tour, chaque ami qui devient malheureux augmente votre risque de 7 %. Les auteurs n’ont pas trouvé de contagion du bonheur entre collègues de travail.

Quels mécanismes sous-tendent ce phénomène ? Si les auteurs laissent la question ouverte, ils avancent l’impact des expressions faciales et les émotions positives qui pourraient véhiculer la joie. Et puis, les gens heureux pourraient être plus généreux en amitié, temps, argent… En 1984, des chercheurs américains ont calculé que le fait de gagner 5 000 dollars au loto augmentait le bonheur de seulement 2 %. «Dans ce contexte, le pouvoir des autres sur vous est incroyablement plus élevé, puisque l’ami d’un ami que vous ne connaissez pas et qui devient heureux agit sur vous comme si vous aviez 5 fois 5 000 dollars !, résume James Fowler . Il y a plusieurs implications dans ce travail. D’abord, nous devons avoir une plus grande responsabilité face à notre propre bonheur puisqu’il affecte les autres. La poursuite du bonheur n’est pas un but solitaire. Nous sommes connectés et notre joie est ainsi.»*Le Figaro-Santé-24/12/2008

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*Qui sont les Européens les plus heureux? 

Près de 22% des habitants de l’Union européenne s’estiment « hautement » satisfaits de leur vie, révèle une étude Eurostat. Et un peu moins de 60% sont « moyennement » satisfaits. Tour d’horizon.

C’est décidément en Scandinavie qu’on vit le mieux. Pus précisément, en Suède, au Danemark et en Finlande, ainsi qu’en Suisse, selon l’étude d’Eurostat sur la qualité de la vie dans l’Union européenne publiée mi-mars. Les habitants de ces quatre pays ont attribué, en moyenne, la note de 8 sur 10 à la satisfaction globale de leur vie.

À contrario, les individus s’estimant les moins satisfaits de leur vie sont les Bulgares. Ils lui ont donné la note, toujours en moyenne, de 4,8 sur 10. La Bulgarie est ainsi le seul pays d’Europe où la majorité des habitants n’est « pas du tout » ou « très peu » satisfait de sa vie. Même les Grecs, après cinq ans de tourmente financière, qualifient leur vie de « moyennement satisfaisante » avec une note de 6,2 sur 10, tout comme les Hongrois, et les Portugais. Les Français, à la réputation d’éternel insatisfaits, gratifient leur vie d’un 7 sur 10.

Satisfaction de la vie en Europe, statistique Eurostat

Carte du niveau de satisfaction de la vie pour les Européens, sur une échelle de 0 à 10. Crédits : copie d’écran, EuroGeographics for the administrative boundaries, via Eurostat.

Satisfaction et sens de la vie

« Êtes-vous satisfait de votre vie ?« , « Votre vie a-t-elle un sens ?« . C’est à ces deux questions que les habitants de l’Union européenne interrogés par Eurostat en 2013 ont répondu, deux critères recommandés par l’OCDE pour mesurer subjectivement le bien-être. Ces réponses ont ensuite été mises en relation avec l’âge, le genre, l’activité ou encore le lieu d’habitation.

Souvent, les plus pauvres, les chômeurs ou les inactifs, les personnes âgées et les individus les plus sujets à des problèmes de santé sont les moins satisfaits de leur vie. Une mauvaise santé est d’ailleurs le critère ayant l’effet le plus négatif sur la qualité globale de la vie. Mais l’étude réserve aussi quelques surprises.

Les retraitées danoises, les plus heureuses d’Europe

De façon générale, les jeunes s’estiment plus satisfaits de leur vie que les personnes âgées. Mais le Danemark, la Suède, les Pays-Bas, la Suisse et le Royaume-Uni font exception. De tous les habitants de l’Union européenne, les retraités danoises sont les plus heureuses, donnant à leur vie une note de 8,2 sur 10, relève The Economist.

Au Danemark encore, l’argent ne fait pas systématiquement le bonheur. Les 20% des Danois les plus pauvres seraient plus joyeux que les plus riches des Grecs, poursuit le journal. Reste que selon une autre étude d’Eurostat publiée fin mars, c’est dans ce pays scandinave que le coût du travail horaire est le plus élevé. Il y atteint 40,3 euros, contre 3,8 euros… en Bulgarie.

Dans ce pays, ce sont d’ailleurs 64,2% des habitants qui ont répondu être « peu ou pas du tout » satisfaits de leur vie. Aux Pays-Bas, seuls 5,6% de la population a apporté cette réponse.

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**Les Suisses sont les champions du monde du bonheur

Les Suisses sont les plus heureux du monde. C’est ce qu’affirme le dernier rapport sur le bonheur dans le monde. Le lien social est la clé, selon les experts qui l’ont rédigé. N’en déplaise à Paul Fort, le bonheur n’est pas dans le pré… mais de l’autre côté de la frontière. Les Suisses sont les champions du monde du bonheur, à en croire le dernier « Rapport sur le bonheur dans le monde. » La France, elle, se classe à la 29ème position.

Les voisins helvètes sont les plus heureux du monde et détrônent le Danemark. C’est ce que conclut le Réseau des solutions pour le développement durable des Nations unies, auteur de ce rapport. Et le bonheur n’est pas seulement une question d’argent et d’espérance de vie, aux yeux des experts. La confiance dans les institutions et les entreprises et le soutien social sont aussi les éléments clés d’une société heureuse. Pour établir ce classement de 158 pays, des questionnaires ont été envoyés dans chaque pays, à au moins 2 000 personnes.

C’est sans réelle surprise que l’Europe du Nord domine le classement. Derrière la Suisse figurent l’Islande, le Danemark et la Norvège. C’est le Canada qui clôture ce « Top 5. » La France est moins heureuse que les Etats-Unis (15è) ou l’Allemagne (26è), mais elle devance de loin ses voisins espagnols (36è), italiens (50è) ou belges (99è).

Du bonheur dès l’enfance

En tête de classement, le revenu moyen par personne influence bien entendu le niveau de bonheur. Mais le soutien social est le deuxième facteur le plus influent, suivi de l’espérance de vie. L’importance d’une société unie, c’est d’ailleurs la grande nouveauté de ce rapport. L’évolution du classement depuis la crise le montre bien : « Si les institutions et le tissu social sont suffisamment solides, les crises économiques et les catastrophes naturelles peuvent mener à des améliorations plutôt qu’à une dégradation du tissu social », écrivent les rapporteurs. C’est sans doute pourquoi l’Irlande (18e) et l’Islande (2e), durement frappées par la crise financière, s’en sortent si bien.

Mais le bonheur ne commence pas à l’âge adulte. Il faut davantage travailler sur ce critère dès l’enfance, aux yeux des experts. Et ce ne sont pas les résultats scolaires qui feront un adulte heureux, mais bien le développement émotionnel. « Une perspective positive dès les premières années de la vie est désirable en soi, mais cela jette aussi les fondations du bonheur à l’âge adulte, commente le Pr Richard Layard. Nous devons investir plus tôt pour que nos enfants grandissent et deviennent indépendants, productifs et heureux. »
Avec cette 3e édition, le Rapport sur le bonheur dans le monde espère faire évoluer les Etats. « L’aspiration d’une société, c’est l’épanouissement de ses membres. Ce rapport montre comment atteindre le bien-être social, analyse Jeffrey Sachs, directeur de l’Institut de la Terre. Il n’y a pas que l’argent, mais aussi la justice, l’honnêteté, la confiance et la bonne santé. »source: pourquoidocteur.fr/25/04/15

**La Suisse est le pays le plus heureux du monde

La Suisse est le pays le plus heureux du monde, suivie de près par l’Islande, le Danemark, la Norvège et le Canada, selon une étude internationale sur le bonheur publiée jeudi à New York, où la Belgique se classe à 19e place. Le classement compte 158 pays.

La Finlande, les Pays-Bas, la Suède, la Nouvelle-Zélande et l’Australie sont respectivement 6e, 7e, 8e, 9e et 10e. Les Etats-Unis sont 15e, la Belgique 19e, le Royaume-Uni 21e, l’Allemagne 26e, la France 29e, l’Espagne 36e, l’Italie 50e et la Grèce 102e. Bonheur dans le monde
Ce rapport 2015 sur le Bonheur dans le monde est le troisième cherchant à quantifier le bonheur, pour essayer d’influencer les politiques des gouvernements. Les Nations unies avaient publié le premier en 2012. Facteurs
Pour arriver à leurs conclusions, les chercheurs ont étudié l’espérance de vie en bonne santé, le PIB par habitant, le soutien social (avoir quelqu’un sur qui compter), la confiance (mesurée par la perception d’une absence de corruption politique ou dans les affaires) la perception de liberté dans ses choix de vie, et la générosité. 

Constante
Les 13 pays en tête du classement sont les mêmes qu’en 2014, mais dans un ordre différent, a souligné Jeffrey Sachs, directeur de l’Institut de la terre à l’université Columbia à New York, et l’un des auteurs du rapport écrit par un groupe d’experts indépendants et publié par le SDSN (Sustainable Development Solutions Network, Réseau pour des solutions de développement durable). 

Richesse et soutien social
Ils combinent richesse et fort soutien social, ainsi qu’un gouvernement relativement honnête et responsable, a-t-il souligné lors d’une conférence de presse. « Les pays en-dessous de ce groupe ne sont pas à la hauteur soit en matière de revenus, soit en matière de soutien social, soit les deux », a-t-il ajouté.

Mauvais élèves
L’Afghanistan (153e), et la Syrie déchirée par la guerre (156e) rejoignent les dix pays les moins heureux en fin de classement, Togo (158), Burundi (157), Benin (155), Rwanda (154), Burkina Faso (152), Côte d’Ivoire (151), Guinée (150) et Tchad (149). En dépit du conflit en Irak, ce pays est 112e, devant l’Afrique du sud, l’Inde, le Kenya et la Bulgarie.*23/04/15 -Source: Belga

**L’Algérie occupe la 68e place selon cette étude Elle arrive seconde place dans la région de l’Afrique du Nord après la Libye!? (63e- avec le chaos qui y règne et la guerre civile) et devant le Maroc(92e), la Tunisie (107e) et la Mauritanie(124e).

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27 réponses à “La chasse au bonheur”

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