Fortunes mal acquises

*Mohamed Achir. Enseignant-chercheur à l’université de Tizi Ouzou

«La présidentielle accentue la fuite de capitaux»

-Décidément, le climat politique d’un pays détermine fortement le comportement des agents économiques et des ménages. Preuve en est, l’euro enregistre un nouveau record sur le marché parallèle, à la veille d’une élection présidentielle décisive…

Le risque pays, notamment l’instabilité politique, constitue l’un des facteurs prépondérants susceptibles d’enclencher ou de stimuler une panique auprès des opérateurs économiques et des ménages. La panique peut être même très importante dans les pays développés ou émergents lorsque les signaux rouges commencent à clignoter et affectent directement les anticipations des agents économiques. Mais il est nécessaire de souligner que la panique peut être sciemment organisée ou fomentée par des spéculateurs en vue d’en profiter dans des tendances haussières ou baissières, notamment sur les marges liées aux liquidations des actifs corporels ou financiers.

A titre d’exemple, la fuite des capitaux qu’enregistrent ces derniers mois les pays émergents, comme la Turquie et le Brésil, est programmée par des investisseurs institutionnels (fonds de pensions, fonds d’investissement, sociétés d’assurance). Elle est stimulée par les émeutes des chômeurs et l’instabilité politique. Les bailleurs de fonds internationaux ont fortement investi dans ces pays, surtout lors de la crise de 2008, et commencent depuis la deuxième moitié de l’année 2013 à retirer et replacer leurs capitaux dans les marchés financiers européens et aux USA, suite à l’appréciation du dollar américain et à l’augmentation des intérêts de placement décidée par la Fédérale réserve américaine. Une tendance qui pourrait conduire aux causes ayant provoqué la crise des pays du Sud asiatique de 1997.

-La forte demande semble propulser l’euro vers de nouveaux records. Comment expliquez-vous le rebond de la demande ? Y a-t-il une corrélation avec le climat politique qui prévaut ?

En Algérie, le marché de change flexible n’existe pas, mais il existe un marché de change informel tacitement autorisé par les pouvoirs publics. Ce marché réagit instantanément aux anticipations des opérateurs économiques et des personnes physiques qui interviennent dans les opérations d’achat et de vente de la devise, en l’occurrence la monnaie unique européenne, l’euro. Les principaux intervenants sont les importateurs et les investisseurs dans l’immobilier à l’étranger.

Un récent rapport a classé les investisseurs algériens en 5e position dans l’achat des biens immobiliers à Paris (l’une des plus chères capitales au monde). Il est aussi fort probable que ces opérateurs décrocheront une place sur le podium en Espagne. Donc, il y a une fuite de capitaux très importante et cette fuite des capitaux par des opérations de surfacturation et de création de sociétés-crans permettant le blanchiment d’argent.

La réhabilitation de la remise documentaire par la loi de finances de 2014, uniquement pour l’importation des biens finis, est révélatrice du poids des lobbies de l’importation dans les décisions économiques. L’exportation peut être aussi un moyen pour constituer des placements en devises à l’étranger. Les deux opérateurs (importateurs et exportateurs) s’entendent sur des fausses factures pour verser une partie dans des banques étrangères. Le crédit documentaire n’a pas d’ailleurs réglé la question de la traçabilité des opérations du commerce extérieur.

-Les lobbies de l’importation sont-ils les seuls à favoriser la hausse de la demande de l’euro et, par là même, le transfert illicite des capitaux vers l’étranger ?

Le décalage enregistré entre le taux de change officiel du dinar algérien par rapport à l’euro, soit une différence moyenne de 40%, est lié à l’absence d’une politique de change de la Banque d’Algérie et au montant important des fonds envoyés par les émigrés et qui transitent en dehors des circuits bancaires. Les opérateurs économiques algériens, notamment les importateurs et les opérateurs du BTPH trouvent l’opportunité dans ce marché de change parallèle à même de liquider les dinars en contrepartie des monnaies étrangères. Ce qui confirme non seulement l’absence de la confiance en la monnaie locale mais aussi en les institutions juridique, politique et en l’avenir de l’économie algérienne.

Les révélations sur la corruption à grande échelle, médiatisées par la presse écrite algérienne, confirment une fragilité institutionnelle qui annonce malheureusement un chemin vers le délitement de l’Etat. Cette situation incite non seulement les lobbies ayant mal acquis leurs fortunes à les blanchir mais aussi les opérateurs économiques qui travaillent dans la légalité à organiser progressivement les transferts de fonds vers des pays étrangers. Enfin, force est de constater que l’Algérie est en train de vivre un moment plus que jamais dangereux sur le plan politique et économique. C’est une faillite politique et institutionnelle qui expose l’Algérie à des pouvoirs économiques privés mafieux qui imposent des choix politiques désastreux. *El Watan-11.03.2014

*Omar Aktouf. économiste

«La seule ‘‘stabilité’’ semble être celle des gains et privilèges des gens du pouvoir et de leurs clientèles»

***Professeur en management à HEC Montréal (Canada), Omar Aktouf n’est plus à présenter. Dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder, l’économiste connu et reconnu dans le monde entier tire la sonnette d’alarme sur les dangers qui guettent l’Algérie. Pour lui, le chômage abyssal des jeunes sur fond de développement d’une caste d’affairistes et fortunés aux revenus aussi insensés que douteux sont des ingrédients d’une révolte annoncée, d’autant que, regrette-t-il, rien n’indique que le régime actuel ait tiré une quelconque leçon de ce qui est arrivé en Tunisie, Egypte… et aujourd’hui en  Syrie ou en Ukraine. Bien au contraire.

-La candidature «muette» de Bouteflika à sa propre succession pour un quatrième mandat a plongé l’Algérie dans un climat d’incertitudes. Pourtant, notre diaspora à l’étranger, loin d’être négligeable, reste étrangement placide. Pourquoi ?

Personnellement, je ne dirais pas que notre diaspora est «placide», mais plutôt qu’elle est (tout comme moi-même, en fait) profondément atterrée et tétanisée devant l’ampleur inouïe de la gabegie et de l’ubuesque qui atteignent aujourd’hui notre pays, devenu la risée mondiale. Je pense aussi que notre diaspora reste les bras ballants devant l’extrême timidité (pour ne pas dire silence total) de ladite «communauté internationale» face à ces tréfonds de bafouage de la démocratie qui frappent l’Algérie (alors qu’elle se déchaîne par ailleurs à propos de ce qui se passe en Ukraine, Iran et autres Venezuela). Notre diaspora me semble également profondément perplexe, sinon au comble de la déception et du désenchantement devant l’apathie (même s’il y a çà et là de relatives protestations et manifestations isolées) dont font preuve nos «élites» de la société civile «établie», qu’elles soient intellectuelles ou, surtout à mon avis, institutionnelles-corporatistes du genre FCE et ses think-tanks, associations «progressistes» diverses, cohortes d’«experts internationaux» nationaux abonnés aux séjours en Algérie.

Ces «élites» qui, souvent, n’hésitent pas à se positionner en parangons de la modernisation de l’Algérie, de sa mise à niveau «démocratique» et «business-stratégique», se voulant au diapason des nations les plus «évoluées», se révèlent finalement (sans généraliser, il y a évidemment des exceptions) bien plus opportunistes et prêtes à s’accommoder de n’importe quel Néron, Staline, Tartarin, ou même fantôme à la tête du pays. Et ce, en plus des cliques, galonnées ou non, qui gravitent autour et qui assurent la pérennité des magouilles, appuis occultes et passe-droits, nid de bien des «affaires»  juteuses.

Le sort du pays et du peuple n’a jamais fait partie de leurs préoccupations en dépit des discours poujadistes-populistes dont ces milieux font preuve à l’occasion, pourvu que soit garantie la continuité de leur confortable affairisme et de leurs intérêts égoïstes immédiats. Ceux-ci sont par ailleurs largement présentés (et opportunément relayés par certains médias aux ordres, vulgate ultra-libérale aidant), comme synonymes de l’intérêt général, de sources de progrès économiques et sociaux, de créations d’emplois, de développement collectif… Sinon de propulsion du pays au rang de «l’émergence» grâce à une miraculeuse éclosion de salutaires héros-entrepreneurs-leaders qui méritent, en plus de leur enrichissement personnel infini, vénération, adulation et reconnaissance (ce dont on voit les résultats par exemple au Mexique où se trouve le second homme le plus riche du monde et 45% de la population en pauvreté absolue).

La persistance de ce genre de pensée chez nos «élites» économiques (ainsi que chez certains médias, certaines franges de la société civile), malgré les cuisants échecs du néolibéralisme — et ipso facto des modes de gouvernance — management qui l’accompagnent —, donne pour nous une amère impression d’aveuglement dogmatique ultra libéral. Dogmatisme devenu non seulement stupide mais désormais criminel (comme le répètent inlassablement, entre autres, des Nobel tels que Stiglitz, Krugman, ou des R. Reich, Al Gore, etc.).

A cette impression d’aveuglement doublée d’ignorance volontaire de toute autre forme de pensée que néolibérale, vient s’ajouter celle de l’emprise d’un pur et simple arrivisme-opportunisme fortement appuyé sur un désastreux (et fort lucratif pour ceux qui en profitent) statu quo théorique et idéologique, s’acharnant à ressasser les mêmes leitmotiv : ce qui fait le boulimique intérêt des dominants ferait aussi, automatiquement et par on ne sait quelle vertu de pensée magique, celui des masses populaires. Faire sans cesse plus de néolibéralisme est non seulement censé guérir les maux issus de ce même néolibéralisme, mais aussi propulser vers de radieux lendemains de «changements et progrès».

Pour finir sur cette question, il me semble qu’il est un autre aspect de fort grande importance : ne pas oublier qu’une partie (largement) non négligeable de notre diaspora entretient de bien juteuses relations de business avec le système Algérie tel qu’il est et a presque toujours été, Bouteflika ou pas : ce sont les intermédiaires de tous poils, les représentants de multinationales, les «consultants» en tout et rien, les innombrables vecteurs de ristournes et rétro-commissions, les omnipotents experts importateurs de «modèles occidentaux avancés» qui viennent donner un salutaire adoubement «scientifique» aux plus douteuses des pratiques d’enrichissements illimités, sinon de lavage d’argent public, d’évasion fiscale, d’exploitation infinie des citoyens et de la nature (la sempiternelle «stratégie de la compétitivité»)… Cette diaspora-là, par ailleurs la plus visible au pays, ne dénoncera jamais ni ne se lèvera contre qui que ce soit au pouvoir en Algérie tant que les poches des uns et des autres se remplissent.

-Qu’est-ce qui fait courir, selon vous, les adeptes du 4e mandat ? Est-ce pour maintenir un système de prédation ou pour, comme ils le prêchent,  garantir la stabilité et le progrès économique ?

Un certain Einstein répétait que «Refaire constamment les mêmes choses et clamer ou espérer qu’il en résultera le changement, relève soit de la bêtise soit de la folie». Voilà un des aspects sur lesquels ce régime Bouteflika qui n’a cessé de promettre emplois pour les jeunes, justice sociale, transparence des institutions, Etat de droit, solidarité nationale… a, plus que les autres (car il  avait le recul et le temps d’en voir les dégâts mondiaux, et cela jusqu’aux portes mêmes de l’Algérie, en Europe) gravement failli, autant socialement qu’économiquement et politiquement. Il est gravement coupable de ne pas avoir compris (ou refusé de comprendre) que s’imposait d’urgence une totale rupture avec les doctrines néolibérales et un virage radical vers des «modèles» quasiment aux antipodes du modèle libéral-US, et qui ont largement et constamment fait leurs preuves : ceux de l’Europe du Nord et des Tigres et Dragons asiatiques.

J’insiste sur ce point, car partout ce sont les milieux d’affaires-faiseurs d’argent (money makers comme on dit sans hypocrisie ni complexe en langue anglaise) qui sont présentés (et se présentent) comme des super-élites philanthropiques, preux chevaliers sauveurs des peuples, du bon droit, de la démocratie, de l’économie, du bien-être général, du «progrès». Et c’est bien ce que l’on voit chez nous : cette super-élite de money makers est, à grands renforts de triomphants think-tanks et super «experts» made in US ou France…, ainsi présentée et imposée aux Algériens. Le résultat est que notre peuple, intellectuels et institutions de la société civile compris, finit par être dupe de ce discours, et même par s’en approprier les principes idéologiques érigés en haute science.

C’est alors que peuple et société civile apparaissent finalement, et malgré les sporadiques protestations, à la diaspora comme tout aussi tétanisés qu’elle, las, fatigués d’années de violences et de sang, en plus d’être «achetés» par manne pétrolière interposée, embrigadés, muselés, férocement réprimés à la moindre manifestation ; bref, impuissants et n’aspirant qu’à une chose : décrocher un visa pour l’étranger et fuir une patrie qui leur échappe de toutes parts.

-Quel scénario voyez-vous pour l’après-17 avril 2014 ? Un «printemps algérien» serait-il inéluctable ?

Je dirais que personnellement je crains, hélas, autant un avant le 17 avril qu’un après, bien que je souhaite ardemment me tromper. Car, malheureusement, tous les ingrédients (et même plus) qui ont conduit au déclenchement desdits printemps arabes semblent réunis : chômage abyssal des jeunes ; fortunes et revenus aussi insensés que douteux de nos nouveaux super riches (une quarantaine de milliardaires et cinq milliers de millionnaires en euros connus !) dont certains figurent dans les «top 500» du monde ; ampleurs sans précédent des inégalités et injustices qui en découlent ; absence endémique de perspectives pour la jeunesse ; catastrophique Education nationale ; multitudes de diplômés chômeurs ; inflation hors contrôle ; revenus d’exportations (qui ne sont qu’hydrocarbures) en baisse à cause des chutes des prix mondiaux et des produits de schistes ; importations en hausse à cause des spéculations internationales sur tous les produits de premières nécessité ; «Etat» qui n’est plus que chaise musicale de rentiers, scandales, couverture de méga corruption, figuration bureaucratique sclérosée, comité de gestion des intérêts de ses kidnappeurs de l’ombre et de la nouvelle classe dominante d’arrivistes qui s’y accrochent ; agriculture sinistrée ; industrie, infrastructures, PIB… ridiculement anémiques, même comparés à des nains comme la Malaisie ; secteur privé largement extraverti avec des entreprises (statistiques désormais dépassées sans doute) dont 68% des chefs ne déclarent pas leurs salariés aux caisses de sécurité sociale, 72% les rémunèrent en dessous du SNMG, 55% les font travailler 12 heures par jour ; des centaines de jacqueries populaires un peu partout pratiquement tous les mois ; conflits sociaux qui virent aux affrontements ethniques sanglants (région du M’zab par exemple)…

Ne voilà-t-il pas une dangereuse accumulation d’ingrédients d’une bombe à retardement qui n’attend que l’étincelle fatidique ? Craignons, à Dieu ne plaise, que ce ne soit cette grotesque candidature fantomatique, avant ou après le 17 avril. Il est connu en sociologie politique que lorsqu’environ 25% d’une population est spoliée au point de ne plus rien avoir à perdre, la révolution n’est pas loin. Reste à espérer qu’elle ne soit point sanglante, ou que nos «élites» et  dirigeants/dominants se mettent de toute urgence à vraiment changer les choses et appliquer ce conseil de Machiavel : «Prince, si tu crains la révolution, fais-la !». Hélas ! Je ne peux être de ceux qui clament «la stabilité» du pays comme synonyme du règne de l’actuelle présidence. Je ne vois personnellement que stagnations et reculs, la seule «stabilité» semble être celle des gains et privilèges de nos gens du pouvoir et de leurs clientèles, autant intérieures qu’extérieures. Nous ne sommes en effet pas du tout à l’abri d’un printemps algérien. Je ne vois nulle part qu’on ait tiré une quelconque leçon de ce qui est arrivé en Tunisie, Egypte… et aujourd’hui en  Syrie ou Ukraine. Bien au contraire.

-Ce climat politique délétère ne risque-t-il pas d’avoir des conséquences gravissimes au plan économique, notamment sur la confiance dont notre pays a plus que jamais besoin auprès de ses partenaires étrangers, des institutions et des marchés financiers ?

Le climat délétère dont on parle ne fera, à mon sens, qu’aggraver un manque de confiance déjà «structurel» qui accable l’Algérie depuis des années. Sa cote dans le monde est déjà bien basse : que de lamentables classements dans les indicateurs internationaux de sérieux, de qualité de vie, de gouvernance. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est d’autres nuages qui s’accumulent dans notre ciel, et dont notre pays se serait bien passé. Ma position sur la question des partenaires étrangers et des institutions internationales (les FMI, Banque mondiale, OMC…) a toujours été limpide : rien de bon pour les pays non nantis et tout pour les pays riches et les riches des pays pauvres.

Ce que le dernier Davos, l’OIT, Oxfam… viennent de confirmer en montrant comment ces institutions et leur néolibéralisme entêté conduisent à la mainmise de la finance sur les Etats, l’aggravation de la pauvreté globale, l’enrichissement insolent des multinationales, le saccage du tiers-monde, l’hyperconcentration stérile des richesses (85 personnes possèdent l’équivalent de l’avoir de la moitié de la planète, 400 citoyens américains possèdent plus de richesses que la moitié de la population US, etc.), la destruction des classes moyennes, la dévastation de la nature… Que ces institutions se tiennent loin de l’Algérie ne me pose aucun problème, au contraire ! Quant aux investisseurs étrangers et aux marchés financiers, on voit bien les résultats de leurs actions un peu partout (à commencer par le chaos argentin de 2003 et à finir par la déroute de l’Europe en voie d’être classée — hors Allemagne —, comme ensemble de «pays émergents» et une France «sous surveillance»).

Les investisseurs ne cherchent qu’à retirer toujours plus que ce qu’ils mettent, quitte à corrompre, spolier, déplacer des populations, polluer, semer la misère, voire la mort et les génocides (région des grands lacs en Afrique subsaharienne, notamment). Les marchés financiers ne sont pratiquement que spéculation, argent sale, évasions fiscales (manipulation de la dette grecque par Goldman Sachs, survaleur titanesque de Facebook, Microsoft, Google…, gigantesques magouilles fiscales et monétaires de McDonald, Starbucks, Barclay…). Pour moi, l’Algérie doit d’abord se sortir de sa tenace image d’absence de sérieux, d’incessant bricolage politico-économique, et ensuite rompre d’urgence avec l’économisme néolibéral et ses sous-produits assassins : le «stratégisme-managérialisme» à l’américaine.

Regardons vite du côté de pays qui ont brillamment réussi «autrement», comme les Tigres et Dragons asiatiques, dont la minuscule Malaisie (double du PIB algérien, moitié de la taille de la France). Cette question renvoie à celle des institutions et leur fonctionnement. Or, ce que l’on voit le plus en Algérie c’est une agitation frénétique autour de l’importation de modes, programmes et diplômes (MBA, DBA…) qui ne sont que techniques, how-to, simples procédures de niveau méso et micro : ce qui se retrouve derrière des théories et pratiques traitant de «stratégie», «management», «gouvernance»… Tout cela n’est que «techniques» ou modalités opératoires absurdes en soi, manquant cruellement de perspective autres que le fait de «prendre soin de l’argent» et le multiplier à n’importe quel prix. Ce dont nous manquons le plus, c’est de vision macro, de paradigme, de finalité, de sens et de raisons quant à ce que nous faisons en guise d’activités dites économiques. Pour qui ? Pourquoi ? Pour quel projet de société ? Quelle communauté humaine ? Quel niveau de vie et pour qui ? Aucun «how-to» ne répond à ces questions fondamentales. La multiplication des écoles de gestion à la US (que du «how-to») et des diplômés de ces écoles temples du néolibéralisme ne feront qu’aggraver les choses, point ! Une constituante serait ici fort utile pour établir un projet de société et dire si notre peuple veut une Algérie à la US ou non.

-L’Algérie est très mal classée dans de nombreux domaines socio-économiques au moment où le Premier ministre Sellal sillonne le pays en louant les grandes réalisation du Président-candiadat. Un changement de cap est-il inélucatble ?

Ce sont des statistiques et des faits dévastateurs pour notre pays. Elles ne font que confirmer ce que l’on atteint à foncer tête baissée dans les affres du néolibéralisme et du désormais létal modèle US qui a été utile et efficace en un temps passé, mais qui n’est plus que criminels boursicotages et châteaux de cartes financiers sur le dos des classes moyennes, de la nature et du salariat (voir Inequality for all de R. Reich et Inconvenient truth de Al Gore…). Ce ne sont pas là les «réalisations» de notre seul Président-candidat actuel, elles découlent de politiques économiques faites de bric et de broc et de fantaisistes revirements d’incompétents depuis quasiment l’indépendance de notre pays.

De plus, depuis l’ère de notre «ouverture» au capitalisme et la mondialisation néolibérale, l’Algérie a tout abdiqué au dieu marché autorégulé («institution qui n’a ni cœur ni cerveau» comme disait le Nobel Paul Samuelson). Ce sera donc ma conclusion : confier le destin de pays et peuples à un prétendu «libre marché» n’est que dénaturation de l’Etat devenu repaire de businessmen et vassal d’un nouveau clergé imposant les desiderata du business comme «sciences», «ordre naturel des choses». Or, les forces du business mènent, lorsque non surveillées et encadrées (elles le sont, avec les résultats qu’on connaît, en Allemagne, Suède, Japon, Malaisie, Corée du Sud…) inéluctablement aux corruptions (les lobbies US ne sont qu’hyper corruption légalisée), aux scandales, aux injustices, aux inégalités, à l’épuisement accéléré de la nature. Il n’est pas trop tard pour l’Algérie pour changer de cap, mais le temps joue terriblement contre nous.

*Naima Benouaret-El Watan-10.03.2014

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*Hausse fulgurante de la fraude à l’importation

Les Douanes algériennes ont établi, sur une période de 18 mois, des pénalités dépassant les 94 milliards de dinars aux importateurs portant sur les majorations des valeurs des marchandises importées, dont les médicaments.

L’infraction à la législation des changes est estimée à 60 milliards de dinars, dont 17 milliards de dinars concernent la matière première pour la fabrication de produits pharmaceutiques, importée par des entreprises pharmaceutiques algériennes, avons-nous appris auprès d’une source douanière.

Ce qui a poussé la direction générale des Douanes algériennes à déposer «des centaines de plaintes relatives à des contentieux engagés pour toute marchandise confondue», précise notre source. Et d’ajouter : «Les affaires sont actuellement en justice et d’autres contentieux, dont les enquêtes sont en cours, seront également concernés.» Notre source a tenu à souligner que les Douanes algériennes ont renforcé depuis quelques mois les dispositifs de contrôle sur toutes les marchandises importées. «Ce contrôle ne concerne pas seulement les produits pharmaceutiques. Il se trouve que parmi ces importations, il y a la matière première pour la fabrication de médicaments.

Les 12 contentieux dont nous avons parlé, ont été engagés sur la base de preuves matérielles avérées suite à un contrôle systématique sur l’ensemble des importations. Devant ce constat d’infraction sur la déclaration, nous sommes dans l’obligation d’appliquer la loi et de nous soumettre au code des Douanes. Laquelle réglementation préconise la protection de l’économie nationale et les réserves de change. Les entreprises importatrices sont toutes algériennes et de droit algérien», a expliqué notre interlocuteur. Et de déclarer : «Nous souhaitons que les importateurs achètent utile et au meilleur prix et importent seulement ce dont nous avons besoin. C’est ce qui permettra de réduire la cagnotte de la facture à l’importation.»

Interrogé sur les valeurs appliquées par les importateurs sur les médicaments pour lesquels, pourtant, des autorisations ont été délivrées au préalable par le ministère de la Santé sur présentation d’un dossier et d’une fourchette de prix, notre source regrette que «les valeurs déclarées dépassent l’entendement. Il est parfois regrettable de constater que la valeur est de 20 à 30 fois plus importante que ce qui est pratiqué ailleurs». Et de signaler qu’il est important que «les opérateurs économiques fassent leur mea culpa et ne demandent pas tout à l’Etat». A propos de l’exclusion des opérateurs de la pharmacie du dispositif OEA (Opérateur économique agréé) ou couloir vert, notre source signale que sont concernés tous les opérateurs économiques avec des contentieux relevés à leur encontre.

«Mais ils peuvent bénéficier de cet avantage et demander ce statut après règlement de leur contentieux ; la délivrance de ce statut est basé sur des critères fondamentaux tels que la moralité et l’honnêteté.» Pour rappel, Sanofi Aventis Algérie a été condamné, début mai, pour surfacturation de médicaments suite à deux contentieux engagés en 2011 par les Douanes algériennes, et la justice avait prononcé une amende de 20 millions d’euros à l’encontre de Sanofi Aventis Algérie et une peine d’un an de prison avec sursis pour son directeur général.

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*Les importateurs ont inondé le marché algérien, avec 50 000 tonnes de produits alimentaires périmés durant l’année 2010 .

Le volume des produits alimentaires périmés exposés sur le marché algérien dépasse les 50 000 tonnes, d’une valeur totale avoisinant les 30 milliards de DA. Chaque citoyen algérien est menacé de consommer entre un (1) kg à deux (2) kg de produits alimentaires périmés chaque année. Soulignant, dans ce contexte que 20 grammes seulement de produits alimentaires périmés peuvent provoquer une intoxication alimentaire.Les importateurs ont inondé durant l’année 2010 le marché national avec des produits alimentaires périmés, dont des médicaments. Près de 40 % des biens de consommation importés sur un total de 60 000 tonnes sont périmés. Parmi les produits dans la date de validité a expiré avant même d’arriver sur le marché national, figurent la viande (rouge, blanche et poisson) ainsi que le lait et ses dérivés. Les mauvaises conditions stockage et de conservation de certains produits représentent des véritables dangers sur la santé des consommateurs. Il faut préciser, par ailleurs, que certains produits périmés, mais qui sont bien conservés au frai, comme les yaourts, peuvent être écoulés par certains commerçants sans scrupule. Les produits qui sont stockés dans de mauvaises conditions exposent aussi le consommateur à un véritable danger. L’Union Général des Commerçants et Artisans Algériens (UGCAA) a tiré la sonnette d’alarme sur les dangers que représentent ces produits alimentaires sur la santé des consommateurs. L’UGCAA a ainsi appelé les pouvoirs publics à intervenir dans les plus brefs délais pour mettre un terme à l’importation et à la commercialisation de ces produits périmés. En outre, il demande d’intensifier le contrôle au niveau des différents ports algériens. Dans ce sillage, les responsables de l’UGCAA ont indiqué que 40 % des produits alimentaires périssent au niveau des ports, alors qu’une autre partie est importée alors qu’elle est périmée. L’UGCAA a appelé, par ailleurs, les citoyens à adhérer aux différentes associations de protection des consommateurs afin de veiller sur leurs santés. « Les autorités locales ont un très grand rôle dans la lutte contre le marché parallèle qui continuent de proposer plusieurs produits périmés, exposant ainsi les consommateurs à de véritables dangers », a déclaré le chargé de communication de l’UGCAA, el Hadj Tahar Boulenouar dans une déclaration au journal Echorouk. Il a ajouté que les produits conservé représentent également un veritable danger sur la santé des citoyens. A ce propos, il a expliqué que la péremption des produits conservés ne dépend pas toujours de la date de leurs péremptions mais de l’usine qui les a produits. Dans ce sens, il a expliqué que plusieurs produits périmés entrent dans la production dans certains produits alimentaires tels que le cachir. Il a indiqué, enfin, que certaines marques de boites de tomates conservées importées sont périmées quoique les dates de leurs péremptions ne sont pas arrivées à leurs termes. (Echorouk-26.11.2010.

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**GRAVES DÉRIVES DANS LE COMMERCE EXTÉRIEUR
9000 faux importateurs débusqués

Des produits interdits en France depuis 1947 sont introduits sur le marché algérien mettant gravement en péril la santé des citoyens.

Douze ans après l’ouverture du commerce extérieur, l’Etat n’arrive pas encore à assainir la filière des importations. Les services des Douanes et ceux du ministère du Commerce ont du pain sur la planche.
«Entre 8000 et 9000 cas de faux importateurs dont des étrangers sont signalés chaque année par les services des Douanes», a révélé, hier, M.Serraï, expert international en économie et développement, et ancien conseiller au Centre de commerce international de Genève. «Le département du commerce enclenche des enquêtes à travers la direction des impôts et les services de la répression des fraudes. Parmi ces cas, il y a entre autres, des fausses domiciliations et des prête-noms décédés ou séniles, en somme, des entreprises fictives en totale violation de la loi», a ajouté le même expert. Ce dernier, actuellement conseiller aux Nations unies, est intervenu, hier, en marge d’une conférence sur les régimes économiques douaniers et l’investissement tenue au siège du quotidien El Moudjahid.
En 2008, les services des Douanes ont révélé le chiffre de 11.000 faux importateurs. Pour l’année 2009, les mêmes services avancent le nombre de 9000. Faut-il pour autant crier victoire avec cette baisse? Loin s’en faut, car quand on tombe du 14e étage au lieu du 15e, les dégâts sont à peu près les mêmes.
Le nouvel identifiant fiscal destiné à remettre de l’ordre dans le commerce extérieur, contribuant à écarter les fraudeurs et les non-professionnels, est loin de donner les résultats escomptés. Selon le Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis), la procédure de généralisation de l’utilisation de la carte magnétique du numéro d’identification fiscale (NIF) a permis de réduire de 11% le nombre des importateurs rien que pour les dix premiers mois de 2009. Durant cette même période, plus de 17.800 interventions ont été enregistrées contre quelque 20.000 à la même période 2008, soit une baisse de 10,98%. Mais on est loin du compte et les dangers qui guettent le citoyen sont innombrables. En effet, le marché algérien est inondé par toutes sortes de marchandises et produits ne répondant pas aux normes internationales admises en matière de consommation et de qualité.
Les faux importateurs utilisent souvent de faux locaux, de fausses adresses et des prête-noms, «de sorte qu’en fin de compte, au bout de l’enquête, le fraudeur n’est jamais confondu pour répondre de ses actes». La gamme des produits entrant frauduleusement sur le marché national n’ont aucune utilité économique réelle, selon notre interlocuteur. Cela va «des produits toxiques provoquant des éruptions cutanées graves aux pétards, jouets dangereux, des produits médicamenteux, des pièces de rechange et des textiles aux produits d’électricité et gaz contrefaits et à la qualité douteuse provoquant des dégâts mortels», estime M.Serraï. Pis encore, notre interlocuteur cite «des produits interdits en France depuis 1947 qui sont introduits sur le marché algérien». «La coordination des services des Douanes, le ministère du Commerce, le fisc et les services de sécurité s’avère être nécessaire pour lutter contre ce genre de trafics», a indiqué M.Serraï.
Les documents biométriques «pourront constituer des garde-fous contre ces faux importateurs», a souligné cet expert. Revenant au thème de la table ronde du forum d’hier, il est relevé qu’il existe 11 régimes économiques douaniers liés aux opérations d’importation et exportation, accordant des facilités et avantages aux opérateurs économiques nationaux et étrangers. Ces régimes sont scindés en régimes à caractère industriel et commercial. 40.000 déclarations relatives aux opérations d’importation ont été enregistrées en 2009 contre 38.984 en 2008. Quant à l’exportation, 9690 déclarations ont été enregistrées en 2009 contre 8434 en 2008, selon le sous-directeur des régimes douaniers de la direction des Douanes.
Toutefois, il est relevé que le régime relatif à l’admission temporaire pour perfectionnement actif, pouvant générer la plus-value et des postes de travail, n’est également pas exploité. (L’Expression-05.05.2010.)

****AFFAIRE HACÈNE FELLAH  Le milliardaire condamné à dix ans de prison.Le tribunal criminel de Annaba a condamné, lundi dans la soirée, le milliardaire Hacène Fellah, ex-vice président de l’APW et homme d’affaires spécialisé dans la récupération et la commercialisation des déchets ferreux, poursuivi pour, entre autres, fraude et évasion fiscale, faux et usage de faux, détournement de deniers publics et privés, corruption et trafic d’influence, à 10 ans de prison ferme, assortis de 3 millions de dinars d’amende. Le P-DG de la société Fersid, Bara Djamel a écopé quant à lui d’une peine d’emprisonnement de trois ans ferme et 500 000 dinars d’amende tandis que cinq autres accusés ont été condamnés à des peines allant d’un à trois ans de prison ferme et les trois derniers ont été relaxés. Rappelons que dans cette affaire qui a défrayé la chronique, le ministère public a requis une peine de 13 ans de prison ferme, assortie d’une amende de un milliard de centimes à l’encontre de l’accusé principal Fellah, une autre de 7 ans accompagnée d’une amende de 100 millions de centimes à l’encontre de Bara Djamel accusé de détournement et corruption, deux autres condamnations à des peines de 3 ans de prison ferme assortie de 100 000 dinars d’amende pour faux et usage de faux dans des documents commerciaux et une autre de 2 ans accompagnée d’une amende similaire pour usurpation d’identité ont été requises à l’encontre d’autres accusés. Trois autres inculpés poursuivis pour vol ont vu le procureur de la République requérir à leur encontre des peines de trois ans de prison ferme accompagnées de 100.000 dinars d’amende chacun. Enfin, le ministère public avait requis successivement 5 ans d’emprisonnement plus 50 000 dinars d’amende contre deux autres accusés poursuivis pour exonération illicite d’impôts, négligence ayant conduit à la dilapidation de biens publics et abus de pouvoir et utilisation de la fonction à des fins personnelles. Le ministère public avait axé son réquisitoire sur la gravité des faits reprochés aux accusés particulièrement Hassan Fellah responsable du détournement de sommes faramineuses, en ayant recours à la ruse et autres stratagèmes.(Courrier d’Algérie-05.05.2010.)

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fortunes d’origine douteuse…L’Etat refuse de taxer les nouveaux riches

Les fortunes dont l’origine douteuse et échappant à toute forme de contrôle et d’imposition suscitent encore une fois le débat. Jeudi, c’était au tour des parlementaires de relancer la controverse au cours d’une journée de formation à l’élaboration des lois de finances ayant permis la présence d’un panel de représentants du ministère des Finances au siège de l’Assemblée. Une occasion pour le député FLN d’Alger, Wahid Bouabdellah, de les interpeller sur l’inexistence de l’impôt sur les fortunes dans le sens le plus large du terme. Celui-ci a estimé au cours de son intervention que tous s’accordent à dire que de grosses fortunes s’accumulent actuellement sans que celles-ci soient soumises à un impôt sur les fortunes.

Un fait qui peut être révoltant dans la mesure où ce sont ceux qui gagnent le plus qui contribuent le moins aux recouvrements fiscaux ordinaires. Ce à quoi le directeur de la législation fiscale au ministère des Finances, Mustapha Zikara, a rétorqué en affirmant que les autorités ne disposaient pas «d’une échelle d’évaluation exacte de ce qui serait une grosse fortune», en plus du fait qu’il était «très difficile, voire impossible d’appliquer une telle proposition sur le terrain en raison du caractère souvent informel ou dissimulé du patrimoine immobilier en Algérie». Au-delà du fait que les propos du responsable du département des Finances reflètent une vision tronquée de la fortune, ils sonnent comme une abdication face à la généralisation de l’informel qui gangrène tous les pans de l’économie.

Vision tronquée, car les services du département de Karim Djoudi semblent limiter l’évaluation de la fortune aux acquisitions immobilières. Ce qui transparaît d’ailleurs dans les propos de M. Zikara qui pointe le caractère dissimulé du patrimoine immobilier. Aussi, et à défaut d’impôt sur la fortune, le code des impôts directs prévoit un impôt sur le patrimoine (ISP), en plus de l’impôt sur le revenu global issu des plus-values de cessions mobilières et immobilières.

Des recouvrements fiscaux incohérents

Toutefois, l’existence de l’ISP ne peut garantir le contrôle de l’ensemble du patrimoine dont dispose un contribuable fortuné. D’ailleurs, la Cour des comptes a adressé l’année dernière des griefs à la direction générale des impôts à ce propos dans son rapport sur la loi de règlement budgétaire 2009. L’instance a ainsi critiqué l’incohérence des recouvrements fiscaux dans la mesure où la fiscalité s’appuie sur les retenues à la source, notamment l’IRG sur salaires, alors que le patrimoine est rarement taxé, car ne représentant que 0,043% du total des impôts recouvrés.

Les raisons de la faiblesse des recouvrements sont multiples. Elles peuvent être liées à la déficience du cadastre, mais aussi au fonctionnement du marché immobilier où les sous-déclarations et les trafics en tous genres sont devenus légion. Celui-ci est d’ailleurs devenu le circuit pour le blanchiment d’argent. Pour remédier à ces lacunes, les pouvoirs publics ont tenté de mettre en place des instruments et multiplié les mesures afin de traquer les signes extérieurs de richesse susceptibles de mener à une vérification approfondie de la situation fiscale (VASF) d’un contribuable, à même de détecter les cas de fraude fiscale ou de blanchiment d’argent. Il s’agissait en 2009 du renforcement du service des investigations fiscales, et lesquels sont autorisés, à la faveur de la LF 2011, à s’autosaisir en cas de doute pour procéder à une fouille au domicile du contrevenant.

La LF 2011 instaure également l’obligation de transmission, par les sociétés et compagnies d’assurances, de réassurance ou tout intervenant en la matière, d’un état de police d’assurance contractée par les personnes physiques, les personnes morales et les entités administratives, au titre de leurs véhicules ou patrimoine immobilier. Un instrument qui institutionnalise la complémentarité des services et qui permet aussi à la DGI de manière indirecte de détecter les acquisitions dont les coûts ne seraient pas justifiés par un niveau de revenus en rapport. Toutefois, les flux financiers, transitant par les circuits informels et la corruption, ont pris de telles proportions, que les moyens matériels et humains, dont dispose la DGI, demeurent insuffisants pour assainir la situation.
En attendant, l’autorité se contente de quelques mesures transitoires telles que la taxation des voitures de luxe et des yachts pour combler, même de manière insignifiante, le manque à gagner sur l’assiette fiscale.*EL Watan-22.09.2012.

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L’histoire d’un  »Empire d’argent et de pouvoir »

*ils arrivent même a façonner les lois pour instaurer un monopole de fait, a leurs seuls profits !?

L’ »empire » Rebrab, dans son essor, n’aura lésiné ni sur les moyens ni sur les méthodes.

Le mode opératoire suit une rigoureuse logique dans cette soif d’argent et de pouvoir.

Au départ trois hommes : Rebrab, Chetih Messaoud et Yahia Nazef (alors directeur central de la métallurgie au ministère de l’Industrie) voulaient avoir la main- mise sur tous les produits ferreux.

S’entend par ferreux la ferraille destinée au recyclage et à la production du rond à béton et des profilés.

Le trio, par la suite, s’agrandira d’une quatrième personne qui n’était autre que le directeur commercial de la société ENICAB, laquelle agissait dans les non ferreux, les déchets de cuivre à l’exportation, l’achat de câbles à l’étranger ainsi que dans la production de câbles.

Les quatre hommes feront alors élaborer un arrêté interministériel, celui du 24 mars 1992, portant suspension de certaines marchandises à l’exportation, entre autres les ferreux et non ferreux. Toutefois, cet arrêté, en son article 3, stipulait qu’il pourrait être délivré à titre exceptionnel des autorisations d’exportation. L’arrêté n’aurait, en fait, pour but que de contrer les autres opérateurs économiques afin que ceux-ci n’agissent plus sur le marché national. Les « 3 + 1″ pouvaient alors maintenir leur monopole sur les produits ferreux et non ferreux.

Les ministres du Commerce et de l’Industrie informés

Un opérateur pourtant ne cessait à l’époque de harceler les ministres du Commerce et de l’Industrie, menaçant même de médiatiser l’affaire dans le cas où l’arrêté n’était pas annulé, car basé sur des données erronées. Il parviendra quand même à le faire annuler suite aux entretiens qu’il aurait eus avec M. Belgacem Belarbi, ministre de l’Industrie, et M. Mostefa Makraoui le ministre du Commerce.

Il lui sera alors délivré une dérogation interministérielle, lui permettant l’exportation de ces produits, et ce, dans l’attente de l’examen de son dossier allant dans le sens de l’annulation de l’arrêté qui ne servait en fait que les intérêts des « 3 + 1″ et ceux des sociétés étrangères.

L’opérateur, entre-temps, réussira à faire annuler l’arrêté et provoquera en date du 14. 04.1993 une réunion interministérielle, présidée par Yahia Nazef, au siège du ministère du Commerce. Il faut noter qu’à cette réunion étaient présents la société ENICAB, représentée par M. Belkhodja, Sider El Hadjar, les unités de récupération Est, Ouest et Centre, un représentant de Métal Sider, la société METANOF, la direction générale des douanes…

Lors de cette réunion, l’opérateur avait insisté sur l’annulation pure et simple de l’arrêté en exhibant des rapports signés par Nazef et destinés au ministre du Commerce pour le maintien de l’arrêté.
Or, ces rapports étaient erronés et scandaleux, car Nazef, en fait, induisait en erreur trois ministres (Industrie, Commerce et Budget).
Deux des ministres furent pourtant convaincus par l’opérateur qui demandait l’annulation des dispositions de l’arrêté.
Malheureusement, le changement de chef de gouvernement opéré à l’époque gèlera les décisions.

L’arrêté sera abrogé au début de l’année 1994 et sera suivi par une circulaire de la Banque d’Algérie, celle du 12 avril 1994. Celle-ci rappelait d’une part aux opérateurs économiques d’être en adéquation avec les prix pratiqués à l’étranger, et donc en référence à la Bourse et, d’autre part, insistait sur le rapatriement des valeurs exportées. En fait, tout se jouait sur la création de patrimoine à l’étranger, grâce à ces exportations.

Instauration d’un monopole de fait

Les dispositions de l’arrêté seront donc abrogées et tous les produits devinrent libres à l’exportation ,à l’exception des plants de palmier, et des objets d’art.

Les questions que l’on se pose à ce niveau-là déjà sont : les exportations de Rebrab avant et après 1994 ont-elles été des exportations qui appelaient au rapatriement des fonds ou ont-elles au contraire été des exportations liées à l’importation ? Les prix pratiqués par Rebrab sur la ferraille étaient-ils en conformité avec la Bourse et le LME (London Metal Exchange) ?

L’information vérifiée prouve bien, quant à elle, qu’il a acheté de la ferraille auprès des unités de récupération d’Alger ERWA (Entreprise de récupération de la wilaya d’Alger, domiciliée à Côte rouge à Hussein Dey).

Rebrab justifiera l’achat de cette ferraille par le fait de la transformer en rond à béton, or, elle sera exportée. Il arguera alors de cette transaction en prétextant que son usine aurait été saccagée par des soi- disant terroristes.
Une autre information fera, quant à elle, état que même le matériel importé par Rebrab d’Italie dans le cadre de son projet de production de rond à béton était du matériel rénové. Alors que le matériel rénové était, selon les lois en vigueur, (voir le dossier de la Chambre de commerce de l’époque) interdit d’importation. Pour référence également, il y a lieu de voir les publicités de l’époque insérées dans Algérie Actualité et dans d’autres journaux entre 1989 et 1991 et dans lesquelles Metal Sider annonçait la production de rond à béton avec comme perspectives une production de 400 000 t/an. Or, ce matériel et les laminoirs importés ne pourraient atteindre cette quantité.

Tous les marchés de Rebrab étaient, en fait, liés à l’importation des produits destinés à la revente en l’état (voire cornière, fer-plat…), et ce, jusqu’à l’heure actuelle.

En s’agrandissant, l’empire Rebrab engloutira les monopoles du sucre, du lait, CMV (complexe vitaminique) les farines, aliments de bétail…**source:Algérie-Politique..22 janvier, 2012

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 transférer des devises à l’étranger…Adieu Dubaï, bonjour Istanbul !

Quand il s’agit de transférer des devises à l’étranger, les businessmen algériens rivalisent d’ingéniosité. Grâce aux Turcs qui travaillent au développement de leurs réseaux en Algérie, les importateurs ont trouvé une nouvelle combine : produire en Turquie et exporter les biens produits vers l’Algérie via leur propre entreprise d’importation. Rencontre avec ces nouveaux investisseurs au pays d’Attaturk.

envoyé spécial d’El Watan à Istanbul

«Le climat des affaires est tellement mauvais chez nous ! On nous encourage à importer mais pas à produire. Moi j’ai choisi de produire en Turquie et d’exporter !» Un hôtel en plein cœur d’Istanbul. Rencontre avec Kamel*, la quarantaine, père de deux enfants. Pour parler ouvertement de son business, pas de souci. Mais pas question de révéler son identité. «J’ai trop peur des représailles», confie-t-il. Ancien trabendiste dans les années 1990, Kamel devient importateur au début des années 2000. «J’importais absolument de tout de Dubaï. Les couettes, l’électroménager. J’avais même l’exclusivité d’une marque. Jusqu’à ce qu’un haut responsable, impliqué dans les réseaux d’affaires,  me l’enlève, presque de force.» Après une expérience ratée dans le secteur industriel – Djilali Dahmani, avec son groupe La Belle, était un modèle. «Tout le monde voulait construire des unités de production dans l’agroalimentaire, la laiterie, l’emballage et la confection.  A ce moment-là, l’Etat nous encourageait à coups de crédits bancaires et d’exonération d’impôts. Quelques années plus tard, nous nous sommes rendu compte que ce n’était qu’un mirage…» – il fait ses valises et part en Turquie.

Boom immobilier

Les Turcs, qui veulent développer les relations commerciales avec l’Algérie, ont opté pour une stratégie agressive  : c’est en draguant directement les importateurs qu’ils comptent les ramener chez eux, essentiellement en leur donnant la possibilité de racheter des entreprises turques en difficulté et en leur promettant bien des facilités. Et ça marche. Ahmed, la trentaine, a aussi investi en Turquie. De ses nombreuses transactions effectuées à Dubaï, il parvient à transférer l’argent grâce à des intermédiaires turcs. Son business : la peinture. Avec le boom de l’immobilier en Algérie, le créneau est porteur. Les entreprises turques qui décrochent des marchés dans le bâtiment, savent ensuite vers qui se tourner pour la peinture…

Ahmed a eu le déclic il y a deux ans, à l’occasion de la Foire internationale d’Alger. «L’un des émissaires de la commission chargée de l’organisation du pavillon Turquie, en mission de prospection, m’a proposé l’exclusivité d’une marque de peinture. Cela ne m’avait pas intéressé, car mon portefeuille méritait plus que cela. Puis au fur et à mesure de nos rencontres avec d’autres businessmen, il a fini par me faire une proposition plus alléchante : des facilités pour investir en Turquie et des garanties pour le transfert des fonds en toute légalité.» L’an dernier, Boualem fait la connaissance d’un intermédiaire turc installé à Dubaï. Il lui propose de reprendre une unité de fabrication de papier hygiénique en difficulté – les produits d’hygiène sont un autre créneau rémunérateur.

Surfacturation

«Il m’a payé le voyage et m’a fait visiter l’usine à Edirne. Elle était dans un bon état et le prix proposé à la reprise était correct : 20 000 euros à condition de payer à l’avance, les factures d’électricité, de téléphone et d’autres charges qui s’élevaient à 10 000 euros en plus des salaires de quelque 15 ouvriers. Soit environ 40 000 euros», révèle-t-il. De nombreuses entreprises en difficulté technique et financière ont pu ainsi trouver preneur parmi les importateurs algériens, notamment ceux installés à Dubaï. Et c’est là toute l’astuce du procédé : ces investisseurs sont tous des importateurs. Via leur entreprise d’importation, ils inondent le marché algérien de biens produits en Turquie.

Pour payer les frais de déplacement, ils importent également d’autres biens, autrefois fonds de commerce des petits trabendistes : téléphones, consoles de jeux, textile… et par la facturation – voire la surfacturation – rapatrient les devises en Turquie, dans leur propre giron. Farid nous présente cet autre «investisseur algérien» qui revient tout juste de la région de  Bursa. Il n’a que 30 ans et lui aussi vient de racheter un atelier de confection de robes syriennes et turques, très prisées par les Algériennes. «Je deviens ainsi à la fois industriel en Turquie et importateur en Algérie. J’ai toujours voulu m’affirmer sur le marché, surtout face à la concurrence féroce des Syriens», nous confie-t-il. Montant de l’opération : 60 000 euros. L’argent provient de l’Algérie et c’est un «courtier» de square Port-Saïd qui s’est chargé de rapatrier les fonds.

Couches bébé

L’anonymat des hommes d’affaires qui le souhaitent est assuré puisque le nom du propriétaire n’apparaît que dans l’acte d’achat. Le reste des opérations de gestion et de commerce international est assuré par un «gérant turc». Çengiz a à peine 24 ans. Il est le nouveau gérant d’une petite fabrique de couches bébé et de papier hygiénique implantée à Tuzla, dans la province d’Istanbul. La fabrique appartient à un Algérien qui rémunère Çengiz 500 euros par mois, soit un peu plus de 100 euros que le salaire minimum turc. Nous avons tenté de prendre attache avec lui. «Je n’ai rien à vous dire. Si vous voulez passer commande, négociez avec mon gérant», nous a-t-il répondu. Car dans ce beau monde, certains ont des choses à se reprocher. Abderrazak est «black listé» en Algérie. Il fait partie des 20 000 importateurs soupçonnés de transactions douteuses et ses affaires se portent très mal en Algérie. Il risque la prison. Il s’est alors orienté vers Istanbul du côté de ses anciens fournisseurs. «Je ne vous cache pas que mes amis turcs m’ont beaucoup aidé pour que je m’installe ici. Je négocie en ce moment un gros contrat avec un industriel très en vue.  Nous allons d’abord commencer par écouler notre marchandise au Moyen-Orient, puis en Europe de l’Est grâce à mes connexions là-bas, puis en Algérie», ambitionne-t-il.

L’investissement dépassera largement les 7 millions d’euros.  Mais la Turquie n’attire pas seulement les «petits» businessmen. Des magnats de l’import-import, pour qui l’instabilité politique conjuguée aux luttes de pouvoir fait peur, ont aussi choisi Istanbul. Un des «barons» les plus influents à Alger aurait acquis, selon nos interlocuteurs sur place, une grosse unité de production de produits hygiéniques et de vaisselle, et une autre de production d’ustensiles. Sa production étant bien sûr destinée au marché algérien. «Grâce à ses nombreuses sociétés d’importation en Algérie (registres du commerce loués) , il va inonder le marché de produits fabriqués à des prix cassés puisque les deux usines lui appartiennent», nous informe un businessman proche de ce «baron».

Bon filon

Derrière ce bon filon se cacheraient aussi des hauts responsables de l’Etat qui, selon nos interlocuteurs, encourageraient sciemment les intervenants dans l’ancien réseau Dubaï à se délocaliser en Turquie. Se réfugier chez l’«oncle Erdogan» comme le font aussi de  nombreux Egyptiens, Libyens et Syriens, est devenu à la mode. «Ici, vous pouvez bénéficier de toute la protection nécessaire. Surtout lorsque vous êtes déclaré ‘investisseur étranger’, vous devenez intouchable et l’Etat turc vous défendra quoi qu’il arrive»,  assure un entrepreneur algérien en visite de prospection en Turquie. Djelloul, la quarantaine,   est industriel et ex-négociant. «Je viens de faire une tournée dans les différents pôles industriels de Turquie et je suis subjugué par les installations et les infrastructures. Le climat des affaires et les opportunités d’expansion à l’international sont nettement plus attractifs que dans certains pays de l’Union européenne», s’enthousiasme-t-il.

En effet, en Turquie, il est possible de créer son entreprise en une journée et de bénéficier d’un package de mesures incitatives et de taxes réduites, tout cela vous est proposé. Autre avantage : la main-d’œuvre qualifiée et bon marché. Djelloul n’attend que la confirmation de son intermédiaire pour conclure son affaire. «Mes deux usines en Algérie fonctionnent très mal à cause de la concurrence déloyale des importateurs et les impôts de plus en plus contraignants. Je pense arrêter la production dans mes deux usines en attendant de leur trouver un repreneur. Ou bien réduire l’effectif et tenter de minimiser les dépenses», nous explique-t-il. Le Forum économique mondial vient de classer les pays en fonction de leur compétitivité : l’Algérie apparaît à la 100e place. Loin derrière la Turquie, en 43e position. *El Watan-21,09.2012.

* Les prénoms ont été changés.

Dubaï-Istanbul : la nouvelle route des affaires

De l’Algérie. Pour se «délocaliser», le mode d’emploi est simple : trois intermédiaires interviennent, à commencer par l’émissaire turc pour les propositions de reprise ou de rachat d’entreprises en Turquie, puis le «courtier» nécessaire pour le change et le transfert d’argent et enfin l’entreprise ou société d’importation pour l’opération bancaire. Car les autorités, sous la pression de l’opinion publique mais surtout des organismes de contrôles internationaux, ont multiplié les opérations de contrôle, notamment au niveau des ports et des aéroports pour limiter le transfert illicite d’argent. Résultat : depuis quelque temps, Dubaï n’a plus la cote auprès des hommes d’affaires algériens qui, depuis que le gouvernement dubaiote s’est mis à contrôler la traçabilité de l’argent qui transite chez lui, cherchent des destinations plus tranquilles où aucun certificat d’authenticité sur la provenance des fonds n’est exigé.

De Dubaï. Le procédé est tout aussi simple : il faut un intermédiaire pour le rachat de l’entreprise en difficulté, un banquier pour transférer l’argent de Dubaï vers la Turquie, et un gérant pour dissimuler son identité aux Algériens lors des transactions d’exportation de la Turquie vers l’Algérie.

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**Saisie des biens de ministres, d’ambassadeurs et d’hommes d’affaires ….Les investigations menées et les menaces qui planent sur les banques n’ont pas épargné certaines personnalités dont les biens pourraient être saisis. Un véritable imbroglio: un homme d’affaires dans le domaine de l’immobilier et de l’assurance a vu ses biens immobiliers proposés à la vente aux enchères, tandis que la banque Baraka n’a pas trouvé un moyen pour récupérer des crédits octroyés à un ambassadeur et un ancien cadre à la présidence. Un ancien ministre de l’enseignement supérieur a également été interdit de quitter le territoire national, car accusé d’avoir détourné 800 milliards de centimes via la production de lait. De sources sûres, Echorouk a appris qu’un ancien ambassadeur qui détient des investissements dans le sud et des biens immobiliers à Alger a rencontré d’énormes problèmes qui ont failli lui coûter la saisie de ses biens par la banque Baraka, car ses investissements ne pouvaient couvrir les crédits qui lui ont été octroyés. Selon des sources de la banque, la saisie a été certes gelée après un accord sur l’échéancier de paiement, mais elle n’est pas écartée. A ce sujet, le fils de ce responsable décédé il y a quelques mois, a indiqué à Echorouk que le problème qui était posé avec la banque a été résolu depuis un moment, sous-entendant que les informations qui circulent à ce propos ne sont pas si sûres. Notre interlocuteur a ajouté que depuis le règlement à l’amiable de la question, il n’a reçu aucune correspondance, ni avis indiquant que les bien hypothéqués de son père sont menacés de saisie.  D’autre part, la justice a décidé d’empêcher un gérant d’une SARL spécialisée dans la production de lait, de quitter le territoire après que la Banque d’Algérie et les services de douanes aient découvert que le mis en cause a détourné 800 milliards de centimes en surévaluant les factures d’importation de lait qui était alors soutenu par l’Etat concernant l’exonération fiscale. Cette société de production de lait appartient en fait à un ancien ministre du secteur de l’enseignement supérieur qui a permis à son neveu d’obtenir l’agrément grâce à l’influence de son poste dans les années quatre-vingts. Le neveu en question a révélé toutes les parties qui lui ont permis d’obtenir des avantages et celles qui sont impliquées avec lui dans ce détournement.  Par ailleurs, les services des douanes ont indiqué que les investisseurs dans le cadre de l’ANDI, particulièrement dans les domaines de production de lait et de l’industrie, font l’objet d’une enquête menée conjointement avec la Banque d’Algérie.  Des hommes d’affaires sont également concernés par l’enquête, parmi eux un investisseur répondant aux initiales (H.B.) activant dans le domaine de l’immobilier et de l’entreprenariat. Ce dernier n’est pas parvenu à rembourser ses crédits auprès du CPA. Ses biens ont été saisis, notamment un d’une superficie de 10 mille mètres carrés à Chéraga, qui vient d’être soumis à la vente aux enchères. (Echorouk-02.05.2010.)

********   **  Tous ces pilleurs et parasites du privé et du public

LES NOBEL DE LA SUBORDINATION….par A. Benelhadj

(….) Il faut plus qu’un papier fat et pédant dans l’Encyclopaedia Universalis pour faire oublier la stérilité d’un passage grandiloquent au ministère des finances (on sait qu’au moins depuis 1980 il n’y a plus d’économie à administrer en Algérie : la Sonatrach et les trabendistes s’en chargent. L’une pour faire rentrer les dollars – défalqués de l’obole laissée à l’Oncle Sam et à ses obligés-, les autres pour les faire sortir et contribuer à la ruine de notre industrie, aujourd’hui presque achevée. Merci à notre éblouissant ex-ministre chargé de la stratégie industrielle !). Il faut choisir : on ne peut être simultanément dedans pour diriger et dehors pour vilipender. Un jeu confortable auquel se prête la horde des pique-assiettes (tout particulièrement les «intellectuels» du sérail) qui tètent tous à la même mamelle.

Y compris cet «expert international» émérite qui étale partout où il s’invite un art rustique du plagiat. Aucune âme charitable n’oserait donc avertir ce génie pathologique du copié/collé que son truc est éventé, et que même si le ridicule ne tue plus dans notre pays, la décence invite à la discrétion (3).

En Algérie, à front renversé, surnage une faune opportuniste de libéraux décatis, avec leurs cortèges de retraités de l’expertise hier moines soldats du Gosplan, aujourd’hui reconvertis au joies de la compétition, au moment où le marché est partout dénoncé comme une impitoyable délinquance, au moment où en Tunisie (pays qu’il y a à peine quelques mois on nous donnait en exemple de réussite et d’intelligence économique) on en fait justement le procès parce qu’il constitue le stade suprême de la violence légalement concédée aux brigands et aux scélérats.

Notre premier ministre, Nobel multilingue imperturbable ès confusion, toujours en quête d’irréversibilité, jure que notre pays n’a plus d’autres horizons concevables que celui du libéralisme, alors que nos capitalistes indigènes sont informellement et très fermement accrocs à la rente, passant plus de temps dans les ministères et les salons cossus que dans leurs entreprises.

Tous ces parasites (privés et publics) conviennent (ressassant une antienne lancée chez nous en 1962 pour étrangler ce qui venait de naître), que décidément la bureaucratie entrave la créativité et la liberté. En juin dernier, ils paradaient le verbe haut à la tête de la Société Civile, exigeant l’accès direct au club très fermé des hydrocarburo-dépendants. L’enfûtage du pétrole ne leur suffit plus. La rente, «comme tous les autres», ils la veulent à la source. Ils revendiquent le traitement équitable des écornifleurs. Avec toujours les mêmes fadaises entendues ailleurs avec les mêmes résultats : on créera plus d’emplois, on augmentera les excédents extérieurs hors recettes hydrocarbures, on produira plus de biens à haute valeur ajoutée…

On croirait réentendre ce brave Yvon Gattaz à l’époque où il pérorait ce genre de balivernes à la tête du CNPF avec la voix suave d’un franciscain.

Entre Orient et Occident, Ouyahia et Belkhadem, (la permutation des deux faces du même Nobel de la dépendance), s’organise une lutte entre les libéraux enturbannés qui demandent des pétrodollars pour commercer ce qu’ils ne produisent pas et les libéraux industrieux, les architectes d’une Algérie-PMI sous traitante à la sauce «ex-ministère de la participation» Nobel de la faillite industrielle, continûment dédaignée par les IDE.

Tous deux prennent leurs ordres off shore. Une fumisterie de plus. Une fumisterie de trop. Entre les deux, des gardiens occultes des réserves de change comptent les sous et les coups, brouillent les cartes et arbitrent, sans mode d’emploi, le sort du pays auquel on consent des chutes de table, selon l’évolution du front en Tunisie, en Egypte, en Libye ou en Syrie.

TUER LES MORTS EST UN TRAVERS D’EPOQUE

En février 2005, entre chiens et loups, sous le haut patronage d’un ministre du travail, aussi utile que de la paille dans l’acier, on a confié à une Commission ronronnante de notre très démocratique Assemblée le soin d’assassiner «19 juin», supprimé du calendrier des fêtes légales de la République et aussitôt banni des rues de nos villes. Les acteurs de l’histoire, les uns après les autres, sont déterrés à El Alia par des médecins légistes reconvertis dans les Pompes Funèbres Générales et fusillés lâchement en des procès indignes. C’est aisé, maintenant que les Hommes ne sont plus là pour se défendre. El Hadj El Anka a prononcé des sentences définitives les chacals qui chassent en meutes. En mai 2009, l’Association nationale des anciens condamnés à mort a demandé au gouvernement, de décréter le 19 juin, «Journée nationale des anciens condamnés à mort.» Qui serait prêt à jurer qu’il s’agissait d’un hasard ? Il serait pourtant plus facile, dans une nation privée d’avenir, d’occire ceux qui n’ont jamais vécu et nous savons que c’est le cas de ces glorieux Nobel avortés et méconnus qui dirigent notre si beau pays, en bonne compagnie de la diversité zoologique de leurs opposants qui piétinaient sur commande tous les samedis. En vain !

Il y a aura toujours des esprits chagrins pour objecter (ce à quoi ils s’appliquent depuis le départ de leurs saigneurs et maîtres) combien il est facile de critiquer les Nobel que l’on ne s’est pas donné la peine de produire…

Objection retenue votre honneur, avec les réserves d’usage. Des éminences retorses tiennent régulièrement à nous convaincre, à tort évidemment, que l’Algérie comptent (au moins) trois Prix Nobel : Alphonse Laveran (médecine, 1907), Albert Camus (littérature, 1957) et Claude Cohen-Tannoudji (physique, 1997).

Les requins en eau trouble y auraient volontiers ajouté ce ménestrel-soldat voué aux Magav, Nobel assourdissant de la musique «judéo-arabe» (que Abed Charef traite comme il convient dans Le Quotidien d’Oran, du 02 octobre dernier). Aucune de ces lumières, cela tombe sous le sens, ne participe de notre génie national, bien le contraire ! (4)

«On ne peut regretter que ce qu’on se rappelle» écrivait Proust. Depuis 1962 plusieurs Algérie sont nées sans aucun souvenir de ce que nous aurions pu être. Face à cette multitude qui prononcera un verdict terrible, le seul Nobel que l’on mérite est celui de la bêtise de l’incompétence et, pour beaucoup, le Nobel de la forfaiture.

Un jour arrivera bien où le peuple algérien sonnera la fin du pillage de son patrimoine du partage inique des confiseries et du sabordage de l’avenir de ses enfants. Il ne le fera sûrement pas sur injonction impériale. N’est-ce pas après tout ainsi que les hommes fabriquent librement leur histoire ?

De nombreux hommes de sciences et de conscience, de Jean-Paul Sartre à Alexander Grothendieck, face à la traditionnelle alliance des scribes et des satrapes, sont demeurés debout et ont refusé de se prêter à cette mascarade infantilisante, une distribution de bonbons à des adultes déguisés en pingouins endimanchés, par des monarques désuets sans que personne ne soit saisi d’un rire homérique à la hauteur de ces tristes cérémonies qui appartiennent à un autre temps. Celui d’une société politique de la subordination.
(Quotidien d’Oran-11.10.2011.)

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*DES INSPECTEURS ENQUÊTENT SUR LES APC
«D’où vient votre fortune, M. le maire?»
*Les élus locaux sont tenus, sur la base de la loi sur la lutte contre la corruption, de déclarer leur patrimoine à la fin de leur mandat par affichage au siège de leurs APC respectives. Une procédure qui, jusqu’à cette date, n’est pas respectée par les concernés
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Sur ordre du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, des inspecteurs seront dépêchés dans les prochains jours au niveau des APC.
Leur mission: s’enquérir de la gestion des marchés attribués aux collectivités locales.
En effet, de sources proches de l’Exécutif, L’Expression a appris que les commissions d’inspection qui seront mises en place feront un travail d’audit. «Il ne s’agit pas de commission d’enquête, qui nécessite une procédure différente, qui a agi suite à des informations précises», précise notre interlocuteur. Mais selon des informations recueillies par l’Expression auprès de plusieurs élus, les commissions disposent de larges prérogatives dont celle, justement, d’enquêter sur certaines irrégularités signalées touchant des projets d’autofinancement inscrits au budget des communes (revêtement des routes, jardins, trottoirs et autres…), et à la surfacturation de certains achats comme pour les parcs roulants (pièces détachées pour engins et véhicules légers et lourds). Il est question aussi de transactions faites sans «respecter les procédures légales».
Des malversations ont été constatées dans les attributions de logements, notamment dans les grandes villes. Cela, malgré la décision de l’Exécutif de confier cette mission à une commission mixte (APC-APW) depuis deux ans. Cependant, en dépit des efforts entrepris de part et d’autre, la gestion des collectivités locales reste sujette à toutes les polémiques.
L’image des APC est souvent ternie par un abus exagéré d’influences de la part d’un bon nombre d’élus. Les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur évoquent environ 350 élus locaux qui sont poursuivis en justice. Certains d’entre eux, «sont cités dans des affaires en justice pour la seule raison qu’ils ne maîtrisent pas les lois».
D’autres sont impliqués dans des affaires de corruption ou d’exercice d’influence. Yazid Zerhouni a insisté récemment sur la fermeté de l’Etat face à toute forme de corruption, en déclarant que «lors de réunions avec des responsables, dont des walis, j’ai dit à ces responsables qu’ils peuvent compter sur mon appui sauf quand il s’agit de corruption ou de détournement». Il est à noter que la Cour des comptes a déjà mené des enquêtes sur la gestion de nombre d’APC.
Certaines de ces enquêtes ont même atterri au niveau de la justice.
La dernière affaire en date, remonte à quelques semaines. Elle concerne la gestion de la commune de Bordj El Bahri.
Le président de l’APC, d’obédience FLN, a écopé d’une peine de trois ans de prison avec sursis. Dans la même affaire d’autres se sont vu infliger des peines allant jusqu’à dix ans de prison ferme. Le doute entoure aussi la gestion de l’APC de Aïn Benian.
Il faut savoir que les élus locaux sont tenus, sur la base de la loi sur la lutte contre la corruption, de déclarer leur patrimoine à la fin de leur mandat par affichage au siège de leurs APC respectives.
Une procédure qui, jusqu’à cette date, n’est pas respectée par les concernés.
Le laxisme de l’administration centrale n’a fait qu’empirer une situation déjà très complexe. L’Algérie est parmi les rares pays qui recourent à l’effacement de la dette des APC.
La dernière opération en date remonte à l’année 2008. Apostrophé sur cette question, Zerhouni a annoncé que l’effacement se fera au cas par cas, prenant en considération les conclusions des enquêtes menées sur les lieux.
Des observateurs se sont exprimés contre cette démarche, mettant en relief les préjudices financiers importants aux caisses de l’Etat, mais également les retards énormes enregistrés dans la réalisation de projets.
Des lacunes que le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales tente de rattraper dans le cadre des nouveaux Codes communal et de wilaya qui tardent à voir le jour. Ces lois, selon des sources au niveau du Parlement, seront proposées aux députés lors de la session de printemps. (L’Expression-01.02.2010.)
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**Fortunes mal acquises et secrets bancaire 

La Suisse est dans le collimateur de certains pays qui s’intéressent aux comptes suspects ouverts par leurs ressortissants dans les banques suisses réputées pour leur secret bancaire érigé en dogme. Depuis l’arrivée du président Obama aux affaires, les Etats-Unis d’Amérique multiplient les pressions sur le gouvernement helvétique pour obtenir la levée du secret bancaire et la liste de leurs ressortissants suspectés de blanchiment de l’argent sale. La France vient d’obtenir à son tour les noms de 3000 résidents français détenant des comptes numérotés non déclarés en Suisse, selon des révélations du quotidien suisse le Temps citant des sources françaises à Bercy. La presse internationale se fait de plus en plus l’écho de scandales dans lesquels sont impliqués de hauts dignitaires africains possédant des comptes bien garnis ainsi que des biens immobiliers mal acquis en France et ailleurs. La raison d’État a fait que ces scandales mettant en cause des chefs d’État africains n’a pas dépassé le stade des commentaires de presse.

Et l’Algérie dans tout cela ! Dans le discours officiel, l’Algérie est partie prenante du combat contre la corruption et le blanchiment de l’argent sale engagé par la communauté internationale. Mais dans les faits, hormis le dossier Khalifa qui est loin d’avoir livré tous ses secrets, les autorités algériennes ne semblent pas emballées et concernées par ce débat. Il y a quelques jours, les autorités espagnoles avaient transmis aux services compétents algériens une liste de noms de ressortissants algériens ayant acquis des biens immobiliers en Espagne à travers des transferts illicites de fonds réalisés par le truchement de fausses déclarations aux ports et aéroports espagnols. Complicité ? Négligence ? Les services des Douanes algériennes n’y ont vu que du feu dans cette affaire. La responsabilité de l’Etat aurait voulu que l’initiative d’enquêter sur ces transferts douteux vienne de l’Algérie qui ne peut pas décemment plaider l’ignorance alors que tout le monde en parle de ces résidences secondaires que des Algériens ont acquises en Espagne et ailleurs. Mais là aussi il y a fort à parier si le dossier est ouvert que les gros requins qui ont les épaules larges seront épargnés par une éventuelle enquête. Il n’y a dans les actions du gouvernement aucun signe qui renseigne quant à l’existence d’une réelle volonté politique au sommet de l’Etat pour ouvrir des enquêtes à l’étranger sur les comptes douteux détenus par des Algériens. Sans exclusive. Mais avant d’en arriver là – et cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas ouvrir ce dossier – il faudrait commencer d’abord peut-être par enquêter sur les fortunes mal acquises en Algérie et tarir les sources d’enrichissement rapides et frauduleuses qui alimentent les comptes douteux ouverts à l’étranger mais aussi en Algérie, y compris en devises via la blanchisseuse de dinars du square Port-Saïd. (El Watan-11.09.09.)

**lire par ailleurs…La richesse dévorante des riches

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* La fortune « cachée » de Rafik Abdelmoumen Khalifa

Blanchiment de fonds, transfert douteux et irrégularités financières….

L’enquête ouverte par Scotland Yard sur des soupçons de blanchiment de fonds ciblant Rafik Abdelmoumen Khalifa, nous indiquait une source à Londres très proche du dossier, est motivée par la découverte par les enquêteurs britanniques de « traces » sur des transferts douteux effectués par Khalifa à partir de territoires réputés être des Tax Heaven, des paradis fiscaux, à destination d’institutions financières londoniennes. Sans dévoiler le montant des avoirs détenus par l’ex-golden boy algérien en Grande-Bretagne ni oser la moindre estimation, la même source révèle que quelles que soient les sommes exfiltrées, le gros de sa fortune se trouverait non au Royaume-Uni, mais plutôt en France, où les filiales du groupe Khalifa étaient fort présentes, à l’instar de Khalifa Airways et de Khalifa TV. Le mandat est justifié, selon les autorités britanniques, par la découverte d’« irrégularités financières » liées aux activités du groupe alors que certains titres de la presse française expliquent que les motifs dudit mandat sont « la banqueroute frauduleuse », « l’extorsion de fonds » et « l’abus de biens sociaux ». Le journal Le Figaro soulignait que le gouvernement français s’est porté partie civile dans la procédure judiciaire enclenchée contre Rafik Khalifa suite à la « déconfiture » de ses filiales françaises. Le Figaro fait part également du renvoi au 2 mai 2007, de la comparution de Rafik Khalifa, qui, rappelons-le, est placé par la justice britannique depuis le 27 mars sous écrou extraditionnel. Rafik Khalifa, condamné à la réclusion à perpétuité par la justice algérienne à l’issue du procès de la caisse principale d’El Khalifa Bank, est aussi requis par les autorités judiciaires algériennes, dont le dépôt de la demande d’extradition n’a été officiellement accepté par la justice britannique qu’en février, après présentation d’une masse de preuves, dont des expertises graphologiques. Concernant le « taux » d’actions qui seraient acquises par Khalifa à la Barclays Bank, l’une des plus importantes banques britanniques, notre interlocuteur estime que celui avancé lors du procès Khalifa, qui était de 5%, est loin de refléter la réalité des faits. « Le taux, dit-il, est trop exagéré vu le poids financier du groupe Barclays, il ne peut pas détenir un tel taux, en réalité Khalifa n’a acquis que 17 actions pour 1 million de livres Sterling chacune, soit plus de 25 millions d’euros au total. » On n’en saura pas davantage et l’énigme demeure donc entière. Les « spéculations » sur la fortune réelle ou fantasmagorique qui serait détenue par Rafik Khalifa à l’étranger et dont personne ne semble actuellement en mesure d’oser la moindre estimation, ont été d’une certaine manière imposées par les révélations faites lors du procès de la caisse principale d’El Khalifa Bank, notamment les montants astronomiques transférés pendant de longues années vers l’étranger. Maître Meziane, l’avocat de la liquidation d’El Khalifa Bank, en abordant lors de sa plaidoirie durant le procès Khalifa le volet lié à ces opérations, déclare qu’en 1998, El Khalifa Bank a transféré 1,42 milliard de dinars, 13,309 milliards de dinars en 1999. En 2000, 28,58 milliards de dinars ; en 2001, 39,54 milliards de dinars ; en 2002, 58 milliards de dinars, affirmant que 91% de déposite (contrepartie) étaient en dinars. Il explique à ce titre que la devise était en 1999 de 80%, en 2000 de 68%, en 2002 de 40%, ce qui a permis à Abdelmoumen d’acquérir des biens à l’étranger, comme la villa de Cannes, qui était en vente à 12 ou 13 millions d’euros (voir El Watan du 21 février 2007) et d’un avion privé acheté à 10 millions de dollars. Ces transferts lui auraient également permis d’acheter un million d’actions à la banque FIBA pour 8 millions d’euros, qui ont été récupérés par le liquidateur, M. Badsi. Dans son enquête publiée en mars 2005, la revue Jeune Afrique l’Intelligent estime les montants des transferts irréguliers du groupe Khalifa vers l’étranger en différentes monnaies à 362,7 millions d’euros, 523,8 millions de dollars et enfin 94,3 millions de francs français (14,3 millions d’euros). « Sur ces sommes, note la revue, au moins 34 millions d’euros se sont volatilisés dans la nature : les enquêteurs n’ont pas pu localiser les destinataires. » Pourtant, lors de son passage sur la chaîne Al Jazeera, l’ex-patron du groupe Khalifa déclarait avoir laissé dans les caisses de sa banque 3 milliards de dollars. L’avocat, maître Meziane, lui répondra du tac au tac que sa banque a en réalité agi comme un véritable aspirateur estimant que si c’était le cas, « Abdelmoumen n’aurait jamais pris la fuite. Causant la ruine de sa banque ». « En termes de dépôts à terme (DAT), explique-t-il, il y a eu 56,7 milliards de dinars du secteur public et 2,6 milliards de dinars du secteur privé, en plus des comptes courants qui étaient de l’ordre de 1,8 milliard de dinars. A fin 2003, le préjudice a atteint 1,5 milliard de dollars US, soit l’équivalent de 114 milliards de dinars. » …… A propos de la rente qui lui permettait de vivre à Londres, Moumen Khalifa se fait tout « modeste », déclarant posséder, à 27 ans, « 17 millions d’euros »…..(El Watan-10.04.07.)

*****Un préjudice provisoire de 1,5 milliards de dollars

La plaidoirie de plus trois de heures de l’avocat de la liquidation en tant que partie civile a levé le voile sur des vérités troublantes sur la gestion de la banque. Le préjudice provisoire est estimé à 1,5 milliard de dollars US. Ragheb Echamâa a accaparé 13 avions taxis de Abdelmoumen vendus en pièces détachées aux USA. Elle constitue une opération de pillage et de vol des fonds de la banque constitués par les déposants. C’est en parfait connaisseur du dossier que Me Ali Meziane, avocat d’El Khalifa Bank liquidation, avait répondu au tribunal criminel de Blida, aux nombreux avocats qui ont contesté son statut de partie civile. Par la même occasion, il fait un véritable diagnostic de la banque laissée par Abdelmoumen Khalifa, après sa fuite en Grande-Bretagne, lui disant : « Vous ne connaissez pas votre banque. Vous n’avez pas laissé 3 milliards de dollars, mais une banque en ruine et des milliers de personnes et de sociétés ruinées. » Me Meziane commence par rendre hommage au tribunal qui a maîtrisé le déroulement du procès. Il a le mérite d’avoir évité des incidents. Ce qui est une performance. Il faut reconnaître au procureur général sa connaissance minutieuse du dossier au point de nous étonner avec certains détails précis, jusqu’à l’heure et à la minute près d’un rendez-vous. Il est également important de mettre en exergue le travail du juge d’instruction « qui a pu, depuis le dépôt de plainte par Lenouche Boualem, reconstituer une grande partie du puzzle de l’une des plus grandes escroqueries, à travers 3000 auditions entre témoins, inculpés et partie civile, dont 600 lors de la première étape ». Il déclare que si ses confrères lui contestent le statut de partie civile, « c’est de bonne guerre », du fait, dit-il, qu’il s’agit d’une affaire inédite en matière de liquidation d’une banque. Le code du commerce, révèle-t-il, ne prévoit que deux cas de liquidation, judiciaire et conventionnelle. Mais le législateur, ajoute-t-il, a conféré à la Banque d’Algérie (BA) le droit de mettre en liquidation une banque, après le retrait de son agrément, en vertu des articles 156 et 157 de la loi sur la monnaie et le crédit de 1990. « Cette situation, il faut le reconnaître, est inédite et il est bien évident que le tribunal fera jurisprudence en matière de constitution de partie civile. La Banque d’Algérie a désigné Moncef Badsi comme liquidateur. A ce titre, nous avons été dans l’obligation de nous constituer partie civile et personne ne peut nous enlever cette qualité. Lorsqu’il s’est constitué, M. Badsi a été convoqué, le 14 janvier 2004, par le juge d’instruction et s’est constitué partie civile. A cette époque, aucun des inculpés ni le procureur général n’ont contesté cette qualité que nous étions les seuls à avoir. Compte tenu du caractère inédit de cette constitution, nous nous sommes basés sur l’article 1er du code civil du fait de l’absence de textes en matière de liquidation de banque », explique Me Meziane. Il relève que le seul souci de la liquidation, c’est de rembourser les créanciers d’El Khalifa Bank en toute équité. Selon lui, la Banque d’Algérie n’est pas responsable dans cette affaire. « Elle en est victime, puisqu’elle aussi a subi des préjudices de la part de Abdelmoumen Khalifa et de ses proches collaborateurs. Ce sont ces derniers qui sont à l’origine de la mort de la personne morale qu’est El Khalifa Bank. Mais l’article 766 du code de commerce précise qu’en cas de liquidation, la personne morale subsiste jusqu’à la fin totale de la liquidation. En vertu de l’article 50 du code civil, nous avons le droit de nous constituer partie civile et l’article 766 du même code mandate le liquidateur de la représentation et l’investit de tous les pouvoirs pour réaliser l’actif de la banque. Il est évident qu’El Khalifa Bank a elle-même subi un préjudice. En tant que liquidation qui réalise les actifs, il est de notre devoir d’aller les chercher là où ils sont. Nous demandons les dommages pour l’ensemble des créanciers et exclusivement pour eux. » L’avocat explique qu’il existe des intérêts pratiques lorsque quelqu’un se présente au tribunal pour se constituer partie civile. Pour lui, dans la liquidation, il y a une phase de vérification de la créance, qui exige l’inscription préalable du débiteur, du fait de la situation inédite de cette liquidation. Il note que la période ayant suivi le gel du commerce extérieur, l’installation de l’administrateur puis du liquidateur a été marquée par une anarchie totale dans les agences. « Nous avons même retrouvé de faux bons de caisse et d’autres en double vendus sur le marché à 20% de moins que leur valeur réelle, juste pour se faire rembourser auprès du liquidateur. Pour faire face à ce trafic, M. Badsi a donné instruction de détruire tous les imprimés vierges de la banque, en présence d’un huissier de justice. Mais on a voulu dénaturer cette opération, en disant que le liquidateur a brûlé des archives de la banque. Nous avons entendu dans cette salle Guers Hakim, directeur de l’agence d’Oran, qui voulait semer le doute, alors qu’il savait de quoi il s’agissait. Plus grave, il y a eu même le sabotage de l’appareil swift pour détruire les traces des transferts en devises effectués, mais fort heureusement il a été restauré. » Pour l’avocat, avant la clôture des comptes, le principe de proportionnalité du remboursement est un élément primordial, du fait que les créanciers ne représentent qu’une partie dans le dossier. Il n’y a pas uniquement les déposants dans ce dossier, relève Me Meziane, mais également les clients, tels que les avionneurs, les porteurs de titres et les importateurs qui avaient domicilié leurs fonds, les prestataires de service, les avocats qui n’ont pas été payés. « Si nous remboursons uniquement les dépositaires, nous violerons ce principe de la proportionnalité garanti par la constitution. Si nous patrons en rangs dispersés, nous ne pourrons rien faire pour restituer les fonds transférés à l’étranger par Abdelmoumen Khalifa. » L’avocat se demande comment en rangs dispersés peut-on récupérer l’appartement acheté par Abdelmoumen à St-Honoré, à Paris, que Badsi a pu reprendre, vendre et transférer le montant en Algérie. Il se demande aussi comment, toujours en rangs dispersés, les créanciers peuvent-ils récupérer les 5% d’actions, si elles existent, que Abdelmoumen Khalifa affirme détenir dans la prestigieuse banque Barclay’s. Il déclare qu’au tribunal de Nanterre, le liquidateur s’est constitué partie civile, mais l’épouse de Abdelmoumen, Amirouchane Nadia, lui a contesté cette qualité auprès de cette juridiction, qui a rejeté sa demande. Ce statut permet au liquidateur de récupérer une bonne partie des fonds transférés de l’Algérie vers l’étranger, en concluant que ce sont là quelques éléments de droit qui ont fait que la liquidation s’est constituée partie civile dans ce dossier. « Les éléments de droit existent pour déclarer la recevabilité de la constitution de la liquidation en partie civile. M. Badsi a été entendu par le tribunal en tant que témoin non assermenté et à titre d’expert, de par sa longue expérience en tant que commissaire aux comptes. » Mais la base de cette relation de commercialité est comme partout dans le monde, la crédibilité et la loyauté. L’avocat indique qu’avec Moumen cela n’a pas été le cas. « On a voulu aider Moumen, parce qu’il était fils d’un ancien ministre, qui avait des entrées partout et des connaissances bien placées, et 56,7 milliards de dinars de dépôt du secteur public. Il fallait l’aider et sortir d’une décennie noire où l’Algérie était comme une pestiférée. Moumen a exploité ce contexte. Il s’affichait avec les plus hauts responsables, y compris avec le Président. » Il raconte une anecdote du défunt président Houari Boumediène, dont un de ses anciens compagnons ne souhaitait qu’être vu, dans tout Tlemcen, en sa compagnie, dans le but de tirer par la suite les dividendes. Ce que Moumen a fait avec les plus hautes autorités du pays, révèle l’avocat. Les placements commencent à affluer. En termes de dépôts à terme (DAT), il y a eu 56,7 milliards de dinars du secteur public et 2,6 milliards de dinars du secteur privé, en plus des comptes courants qui étaient de l’ordre de 1,8 milliard de dinars. A fin 2003, le préjudice a atteint 1,5 milliard de dollars US, soit l’équivalent de 114 milliards de dinars. En d’autres termes, dit-il, il serait illusoire de croire à plus de 5% de remboursement des créances. Ce qui laisse la banque, révèle maître Meziane, loin de la situation d’un actif des 3 milliards de dollars US que Moumen affirme avoir laissé. « La banque a agi en véritable aspirateur », précise-t-il. Il affirme que des orientations ont bel et bien été données aux entreprises publiques pour placer leurs fonds, « mais personne ne veut le confirmer pour ne parler que des taux d’intérêts attractifs de 10 à 17% accordés par la banque ». Il souligne l’anomalie juridique laissée par le décret 94/13 de juin 1994, qui a enlevé à la Banque d’Algérie l’organisation des taux d’intérêt et qui en même temps, laisse les banques primaires libres de les définir. En ce qui concerne les responsables de la banque, l’avocat estime qu’ils connaissent parfaitement la réglementation et qu’à ce titre ils ne peuvent affirmer ignorer que les écritures entre sièges (EES) nécessitent impérativement un accusé de réception. Pour Me Meziane, l’opinion publique ne peut comprendre ce qui s’est passé à la caisse principale, si elle n’a pas une idée sur le fonctionnement de la banque en général. D’après lui, Moumen donnait des instructions à certains de ses cadres, au box des accusés, pour lui remettre de l’argent sans aucune justification, et cela n’a été découvert que lorsque l’administrateur a été installé. Il rappelle l’épisode des 11 EES, établies pour justifier un décaissement de la caisse principale, mais elles ont été refusées par la comptabilité. « peut-être parce qu’ils ont eu peur. Mais le problème n’est pas dans les EES, mais plutôt dans le tas d’opérations logées dans le compte d’ordre dont la liquidation n’a pas encore terminé son nettoyage. Nous ne savons pas encore ce qu’il y a à l’intérieur, mais nous sommes descendus de 97 milliards de dinars à 14 milliards de dinars après avoir assaini. Il s’agit surtout des dépenses de l’ensemble des entités apparentées créées par Moumen. Il est important de savoir qu’il faut un justificatif pour chaque dépense, ce qui n’était pas le cas pour les montants logés dans le compte d’ordre. La carte de visite, au verso de laquelle Moumen ordonnait le retrait d’un montant X, n’est qu’un papier qui nous permet de connaître l’ordonnateur du retrait, mais pas sa destination. Où partait cet argent ? Ce sont Moumen et ses proches collaborateurs, qui sont en fuite, qui ont ruiné la banque ». Il déclare également que de nombreuses agences non agréées pour le commerce extérieur procédaient à des transferts sur la base de faux dossiers d’importation. Selon lui, les fonds transférés après le gel du commerce extérieur l’ont été par swift, mais également dans des sacs à travers les nombreux voyages de certains cadres de Moumen, dont Soualmi Hocine, le directeur de l’agence des Abattoirs, qui a effectué 241 voyages en l’espace de 2 ans. Il s’est interrogé comment Soualmi peut se payer des billets de voyage d’un prix de 30 000 DA, alors qu’il avait un salaire de 70 000 DA. « A raison de quatre voyages seulement par mois, le coût serait de 120 000 DA, quel salarié peut-il mettre autant d’argent pour des voyages familiaux ? », s’est demandé l’avocat. Celui-ci, rappelle que Soualmi était le fondé de pouvoir de Khalifa, puisqu’une correspondance lui a été adressée par la Banque Sao Paulo, à Paris, après la clôture du compte de Khalifa, lui demandant de restituer les chéquiers et les cartes bleues. « Même les 609 000 euros de Foudad Adda ne sont pas rentrés dans ce compte, puisque nous n’avons trouvé aucune trace dans l’état que nous avons reçu. Le solde de 1896 euros de ce compte n’a jamais été rapatrié. Même à l’étranger, Abdelmoumen a pillé les émigrés. Il les a incités à placer leur argent avec des taux d’intérêts avantageux pour les voler après. Il a été diabolique et aujourd’hui il nous parle d’affaire politique. C’est une affaire de malversation, de pillage et de vol. Nous aurions aimé qu’elle soit politique pour pouvoir rembourser les créanciers, mais hélas l’argent n’a jamais été rapatrié de l’extérieur. » Me Meziane estime que la Banque d’Algérie ne pouvait savoir que les dossiers d’importation étaient des faux, parce que le contrôle de ces dernières incombe à la banque primaire.

La villa de Cannes achetée à 35 millions d’euros et vendue à … 16 millions d’euros

Le rôle de la Banque d’Algérie, dit-il, se limite à réceptionner la demande d’achat de devises et de contacter son correspondant à l’étranger, puis Khalifa oriente le fournisseur de son client sur ce correspondant, en déposant la partie en devises à la Banque d’Algérie. Me Meziane cite le bilan des opérations de transfert et déclare qu’en 1998, El Khalifa Bank a effectué 191 opérations pour transférer 1,42 milliard de dinars, en 1999, 3421 opérations pour transférer 13,309 milliards de dinars, en 2000, 8976 opérations avec 28,58 milliards de dinars, en 2001, 11 159 opérations, avec 39,54 milliards de dinars et en 2002, 15 187 opérations avec 58 milliards de dinars, affirmant que 91% de déposite (contrepartie) étaient en dinars. Il explique à ce titre que la devise était en 1999 de 80%, en 2000 de 68%, en 2002 de 40%, ce qui a permis à Abdelmoumen d’acquérir des biens à l’étranger, comme l’achat de la villa à Cannes, qui était en vente à 12 ou 13 millions d’euros. A ce titre, il y avait 5 ou 6 fortunes dans le monde qui pouvaient se la permettre. Or, Moumen l’a achetée à 35 millions d’euros et vendueà 16 millions d’euros. L’intermédiaire a bénéficié de 3 millions d’euros. Il a également acheté un million d’actions de la banque FIBA, pour 8 millions d’euros, fort heureusement récupérés par la liquidation. Il s’est aussi payé un gros jouet, un avion privé pour 10 millions de dollars, et pour lequel il a payé une caution d’un million de dollars. Il a acheté 13 avions-taxis (des TBN) stationnés à Toulouse, qui ont été pris par Ragheb Echamâa, pour être démontés et vendus en pièces détachées aux Etats-Unis. Le FBI est actuellement sur cette affaire, parce qu’il soupçonne une opération de blanchiment. Il a acheté en leasing un avion Boeing, BBJ, pour lequel il avait mis une caution de 10 millions de dollars. Puis, il a acheté les trois stations de dessalement d’eau de mer, qu’il a voulu faire passer pour un don, au prix, selon certaines factures surévaluées, de 58 millions d’euros, alors que leur prix réel est de 26,5 millions de dollars. Il arrive à transférer alors les fausses factures faisant état de 81 millions d’euros. Un montant de 45 millions d’euros, sur 81 millions, qu’il avait l’intention de prendre sur la base de fausses factures. Une des stations est en Bulgarie, l’autre en Hongrie et la troisième est rentrée en Algérie. Lorsque la Banque d’Algérie a bloqué le commerce extérieur, il y a eu 360 règlements par Swift, un appareil qui a été saboté pour effacer les traces. Le montant transféré en quelques mois a atteint 17 millions d’euros et 19 millions de dollars. Cet argent était dans des comptes à l’étranger. Khalifa Aiways seulement a transféré 26% des montants, soit l’équivalent de 36,680 milliards de dinars. En 5 ans, 140 milliards de dinars ont été transférés. Toutes ces dépenses ont été effectuées sur les ressources de la banque. Si Abdelmoumen avait laissé les 3 milliards de dollars dont il parle, il n’aurait jamais pris la fuite. Il a causé la ruine de sa banque. Abordant le volet des crédits, Me Meziane note que la banque accordait des intérêts de 5 à 7% et des intérêts pour les DAT allant jusqu’à 20%. Avec cette gestion, note l’avocat, la banque allait nécessairement vers la faillite et la Banque d’Algérie aurait dû déclarer sa faillite. La procédure des crédits existe, mais il ne l’a jamais appliquée, précise Me Meziane. Il revient sur la question des sponsorings pour affirmer que le montant dépensé dans ces opérations a atteint 51 milliards de dinars, alors qu’il était lors du début du procès de 50 milliards de dinars. « Ce sont des choses très graves qui touchent à la crédibilité de l’Algérie et à ses institutions. Nous étions enfermés dans un vase clos, et Abdelmoumen est venu nous enfoncer davantage le cou. Avant, nous étions vus comme des tueurs, aujourd’hui, nous sommes qualifiés de tueurs et de voleurs. Il y a eu une gestion anarchique de la banque au point où même les inspecteurs de cette même banque ont été menacés juste parce qu’ils ont voulu contrôler la caisse principale et l’agence de Chéraga. Aujourd’hui, même s’il est vrai que les cadres qui sont dans le box des accusés sont responsables, les plus grands responsables sont ceux-là mêmes qui ont pris la fuite vers l’étranger ». Il rappelle l’expertise de Foufa Hamid, qui a relevé plus d’un milliard de dinars de décaissements injustifiés dans six agences, dont les directeurs, selon lui, doivent assumer et révéler les noms des bénéficiaires. Le déficit de 4 milliards de dinars, note-t-il, constaté dans la caisse principale et les six agences, n’est que le Smig par rapport au déséquilibre total estimé à 109 milliards de dinars.

Les 13 avions taxis volés par Ragheb Echamâa vendus en pièces détachées

Il revient sur certains chiffres de l’expert et affirme qu’au 28 mais 2003, l’agence de Chéraga a enregistré 1946 débiteurs, avec un montant de 5,232 milliards de dinars, soit 12% des débiteurs de la banque. Blida, 1140 débiteurs, avec 3,794 milliards de dinars, soit 7% des débiteurs, les Abattoirs, 119 millions de dinars, El Harrach 648 millions de dinars et Oran, 442 millions de dinars. En décembre 2005, après le nettoyage des comptes, Chéraga était à 2535 débiteurs, avec 42 milliards de dinars, soit 11% de l’ensemble des débiteurs. Il révèle que les plus grands débiteurs sont Khalifa Airways et les autres entités apparentées. Les comptes débiteurs étaient pour Blida de 4,187 milliards de dinars, les Abattoirs, 1,30 milliards de dinars, Oran, 549 millions de dinars, El Harrach 963 millions de dinars, soit un total de 58 milliards de dinars, pour 22 994 débiteurs. « Il ont créé des charges, de faux comptes dans d’autres agences appartenant à des personnes fictives et avec un jeu d’écriture, les montants font de la transhumance pendant une bonne période avant de disparaître. A l’agence de Blida, nous avons trouvé un montant de 120 millions de dinars en comptes débiteurs, devenus par la suite créditeurs, grâce à un truchement de onze comptes de clients de l’agence, dont le frère du directeur et son actuel employeur. Il les a mis dans des comptes d’attente de manière à les plonger dans un coma profond et perdre leurs traces par la suite », explique l’avocat. Il affirme que le liquidateur a eu du mal à récupérer les crédits accordés sans garantie aucune, et noté qu’à Oran, un stratagème a été trouvé pour opérer des décaissements ramenés en espèces à la direction générale. Ce qui, pour lui, constitue un pillage de la banque. Il affirme qu’à Oum El Bouaghi, le directeur de la caisse des retraités avait un compte à Chéraga, manipulé au point où une somme de 300 millions de dinars a été transférée à l’étranger, précisant que ces anomalies ont créé un contentieux de 300 millions de dinars avec la caisse des retraités. Pour la CNR, il y a un placement de 800 millions de dinars, alors que les documents retrouvés ne mentionnent que 500 millions de dinars. Selon l’avocat, c’est le patron de la banque qui a ouvert la voix à ces malversations lorsqu’il a commencé à ordonner des retraits de la caisse avec de petits bouts de papiers, suivi par la suite par ses plus proches collaborateurs pour se terminer en véritable pillage de la banque. « Les organes de contrôle censés veiller à la bonne gestion de celle-ci, à savoir le conseil d’administration et l’assemblée générale des actionnaires, n’ont jamais fonctionné. Lorsque la commission bancaire leur a présenté l’acte de grief afin qu’ils s’expliquent et corrigent la situation, seul Amar Guellimi a répondu, mais était impuissant face à la situation. » Les ratio de solvabilité fixés par la Banque d’Algérie à 8% ont dégringolé pour atteindre en 2002 moins de 2%. Celui de la division des risques, limité à pas plus de 25% des fonds propres de la banque, a atteint pour uniquement les dépenses de Khalifa Airways 150%. La commission bancaire, dit-il, a limité le ratio de risque à 15%, mais au 30 juin 2000, celui-ci était largement dépassé. Les déclarations transmises par El Khalifa Bank à la Banque d’Algérie contenaient de fausses informations pour masquer la réalité. « Ce sont là les grandes lignes de la gestion d’El Khalifa Bank qui ont conduit à sa mort. Ce n’est malheureusement que le début de l’affaire Khalifa et nous sommes à 3,2 milliards de dinars de trou de la caisse, ce qui nous place très loin du préjudice de 1,5 milliard de dollars. Nous devons tirer les enseignements de cette affaire. Il y a eu des responsables, des ministres qui se sont succédé à la barre comme témoins, malmenés par des questions gênantes qui les mettaient dans une situation de presque inculpés, ce qui est un début d’un état de droit, même si ce n’est pas encore suffisant. Nous assainissons les comptes, et il se pourrait que d’autres choses apparaissent », déclare Meziane. Il note que des personnalités venues en tant que témoins ont reconnu le faux dont ils sont responsables. « Il faut que l’on apprenne à protéger les institutions. Il faut dissocier les institutions des personnes qui ont fauté. Lorsqu’une personnalité ne fait pas son travail ou commet une faute, il faut qu’elle démissionne, c’est cela l’acte patriotique qui conduit à la préservation des institutions de l’Etat, qui nous appartiennent à nous tous. Il est bien facile d’accepter les propos d’un haut responsable qui affirme assumer son erreur tout simplement sans aucune réaction. Cela engendre un sentiment d’injustice chez les citoyens qui croiront que la justice est faite uniquement pour les faibles et les pauvres. C’est un premier pas vers l’indépendance de la justice. Cette affaire a dévoilé la fragilité de la société, qui reste attirée par le gain facile. » L’avocat refuse de croire que les placements de milliards puissent être effectués uniquement pour une carte de thalassothérapie, ce qui pour lui constituerait un fait beaucoup plus grave que la corruption. « Peut-on croire que les 800 millions de dinars de la Cnas ont été déposés pour cette carte ? » s’est interrogé maître Meziane qui révèle que la corruption était avérée à Constantine lorsque le directeur de l’OPGI a reçu les 5 millions de dinars, le jour même de la signature de la convention de placement, tout comme à Blida, lorsque le directeur de l’EPLF a placé les avoirs de l’entreprise. « Donnez-nous les noms de ces dizaines d’invisibles et ayez le courage de les dénoncer et vous verrez par la suite que nous les poursuivrons », lance l’avocat à l’adresse des accusés…

 

 

   

214 réponses à “Fortunes mal acquises”

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