L’opulence des nouveaux milliardaires

**Dites-nous comment vous avez fait pour amasser aussi rapidement de telles fortunes

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4.500 millionnaires en Algérie

leur fortune cumulée est estimées à 119 milliards de dollars. 

Il y a 4.500 Algériens qui disposent d’une fortune de plus d’un million de dollar (près de 14 milliards de centimes). Parmi eux, il y a 170 multimillionnaires avec des biens financiers excédant les 10 millions de dollars.

Le pays occupe de ce fait la 7ème place au niveau africain derrière le Maroc (6e) avec 4.600 millionnaires, l’Angola (5ème) avec 6.100, le Kenya (4e) 9.400, le Nigeria (3e) 12.300, l’Egypte (2e) 18.100 et l’Afrique du Sud (1ème)  40.400 millionnaires.

Selon un rapport sur «le marché de la richesse en Afrique», réalisé par l’Afrasia Bank, en collaboration avec l’organisme britannique New World Wealth, près de la moitié des riches algériens, au nombre de 1900, sont établis à Alger qui est la 12e capitale en Afrique en terme du nombre de millionnaires.

Côté masse financière, en dehors des fonds étatiques, qui ne sont pas comptabilisés, ces 4500 millionnaires algériens disposent de 119 milliards de dollars. Seuls trois pays dépassent l’Algérie, à savoir le Nigeria (270 milliards), l’Egypte (313) et l’Afrique du Sud (610).**Elyas Nour / Algérie.Focus / lundi 24 avril 2017

***Ce n’est pas normal !

Selon un rapport publié le 30 mars  par le cabinet de recherche britannique New World Wealth et la banque AfrAsia Bank, l’Afrique compte 145 000 millionnaires cumulant une fortune de 800 milliards de dollars. D’après la même étude, 4 500 d’entre eux sont algériens.

L’Algérie compterait ainsi un total de 4 500 millionnaires. Un chiffre bien modeste comparé aux 40 400 millionnaires que compte l’Afrique du Sud classée en haut du tableau, suivie par l’Égypte 18 100. L’Algérie est également devancée par le Nigeria 12 300, le Kenya 9 400, l’Angola 6 100 et le Maroc 4 600. Juste derrière l’Algérie, viennent l’Ile Maurice avec 3 800 millionnaires et la Namibie avec 3 300. L’Éthiopie clôt le classement avec 3 100 individus possédant plus d’un million de dollars.

L’étude en question indique en outre que 7 010 personnes sur 145 000 sont des multimillionnaires. Le nombre de ces africains fortunés a enregistré une croissance de 19% entre 2006 et 2016.*Algérie.Focus / 05 avril 2017

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*L’argent de la corruption, du blanchiment, de l’informel et du terrorisme coule à flots.

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La société est pervertie par l’argent facile, trop souvent mal acquis . Les impôts ont engagé des opérations de vérification des fortunes liées aux signes extérieurs de richesse l Mais la lutte contre l’argent issu de la corruption, du blanchiment, de l’informel et du terrorisme est encore à ses balbutiements.

Jamais un train de vie aussi dispendieux n’a été affiché si ouvertement en Algérie. Dans un pays en crise, les signes extérieurs de richesse qu’étale une partie de la population algérienne peuvent être perçus comme une provocation. Le culte que vouent les Algériens aux apparences de la réussite sociale les mène parfois aux pires excès. Derrière les piscines et les bateaux de luxe, apparaissent parfois de sombres histoires de corruption, de blanchiment d’argent, d’import-import et de terrorisme. Dans un pays où tout s’achète, les brigades de la Vérification approfondie de situation fiscale d’ensemble (Vasfe) ont parfois du mal à s’y retrouver.

Le luxe s’affiche, désormais, sans complexe en Algérie. Une partie de la population algérienne semble vivre dans une bulle, loin des tracas sociaux et des grèves des travailleurs. Les nouvelles fortunes donnent l’impression de se jouer des règles et des lois. Dans une société pervertie par l’argent, les « nouveaux riches » sont souvent mal perçus par les Algériens. Roulant dans de monstrueux Hummer, ils traînent des relents de corruption, de blanchiment d’argent, de l’import-import et du terrorisme. « En fait, dans les fortunes récentes et douteuses, il y a de tout : l’argent du terrorisme, des kidnappings, des rançons, de l’informel. Mais il y a aussi des gens qui s’enrichissent légalement, cela n’est pas interdit », nous dit un responsable proche du ministère des Finances, qui a préféré garder l’anonymat. Le fait est que l’Etat a commencé, depuis plusieurs années déjà, à traquer les signes extérieurs de richesse et les fortunes douteuses.

Cela concerne, selon la définition de la « charte du contribuable » de la direction des impôts, « les dépenses personnelles ostensibles et notoires et les revenus en nature dépassant le total exonéré qui n’ont pas fait l’objet de déclaration ». Les agents des impôts doivent vérifier si « le revenu déclaré est inférieur au total des mêmes dépenses, revenus non déclarés ou dissimulés et revenus en nature ». En clair, il s’agit surtout des dépenses superflues et non déclarées, comme les bateaux de plaisance, les superbes villas sur les hauteurs d’Alger et les voitures dont les coûts sont extrêmement élevés. « La voiture n’est plus considérée comme un outil de luxe, sauf si c’est un Hummer ou un 4×4 BMW », explique un responsable de la direction des impôts (DGI). Les impôts ont engagé, depuis plusieurs années déjà, des opérations de vérification des fortunes liées aux « signes extérieurs de richesse ». La Vérification approfondie de situation fiscale d’ensemble (Vasfe) peut être mise en œuvre à la suite d’une vérification de comptabilité, à l’encontre de l’exploitant d’une entreprise ou des cadres dirigeants. Elle est également saisie lors de la constatation de disproportions entre le revenu déclaré et les éléments de son train de vie.

Les brigades de la Vasfe ont ainsi procédé à près de 500 opérations de vérifications de richesses douteuses l’année dernière. Les agents des impôts sont désormais confrontés à un nouvel exercice, et ils ne connaissent pas encore toutes les ruses employées par les fraudeurs. « Ce sont les premières opérations, il y a eu beaucoup de contentieux. Les vérifications n’étaient pas au point », affirme-t-on. Les contrôleurs ne sont pas encore suffisamment aguerris pour traquer les richesses mal acquises. A la cellule de traitement des renseignements financier (CTRF), il a été réalisé, au 31 décembre 2009, plus de 570 déclarations. A ses débuts, cet organisme, destiné notamment à lutter contre le blanchiment d’argent, n’enregistrait qu’une dizaine de déclarations. « Cela reste insuffisant, les Etats-Unis enregistrent chaque année plus de 17 millions de déclarations », nous dit-on. Mais là encore, la cellule n’est pas suffisamment outillée pour pouvoir mener à bien ses opérations.

« Pour ne pas avoir une balle dans le tête »

Le fait est que les fraudeurs bénéficient, dans certains cas, de la complicité de leurs banquiers, ce qu’on appelle, dans le jargon des agents des impôts, l’avis du tiers détenteur (ATD). Les banques ont généralement deux jours pour bloquer le compte des fraudeurs. Les banquiers peuvent ainsi profiter de ce délai pour contacter leur client afin qu’il retire son argent. « Il y a une prise de conscience de la part des banques, cela se fait moins souvent », tempèrent les responsables du ministère des Finances. Il existe, également, des cas où les agents, qui sont censés lutter contre la corruption, sont eux-mêmes tentés par l’argent. « Il n’y a pas que les agents des impôts qui sont corrompus. Ça a atteint tous les niveaux », se défendent les responsables proches du ministère. Mais il y a surtout des notaires qui font mal leur travail, en acceptant de faire de fausses déclarations pour de vrais contrats, notamment dans l’immobilier, secteur connu pour être un espace de blanchiment d’argent.

La loi 05-01 fait que le notaire est une « entité déclarante », qui a pour obligation de transmettre les informations aux impôts. « Il y a des notaires véreux et il y a ceux qui ne souhaitent pas se retrouver avec un pistolet sur la tempe », nous dit un connaisseur du secteur. En l’absence d’un impôt sur la fortune – de peur que cela n’encourage les fraudes et les fuites des capitaux–, les agents du fisc s’appuient sur l’impôt sur le patrimoine pour juger de l’aisance financière des particuliers. Mais au royaume du faux et de la contrefaçon, ils ont bien du mal à s’y retrouver. « Les fausses déclarations sont aujourd’hui un sport national. Les impôts ne peuvent rien faire, car il est important d’apporter la preuve de ces fausses déclarations. C’est un régime déclaratif », affirment les responsables des finances.

De l’inefficience des lois

Pourtant, les textes devant débusquer les fraudeurs existent, mais il serait très difficile de les appliquer. Il en est ainsi pour le droit de préemption qui permet à la direction des Impôts, avec le département Domaines, de racheter les biens immobiliers dont le coût a été nettement sous-évalué. « Une disposition dans le code des impôts concerne le droit de préemption. Si une personne déclare un montant de la vente d’un logement, bien inférieur, à sa valeur vénale, les impôts pourraient proposer une somme supérieure (de 10%) pour pouvoir acheter le bien. Les impôts doivent néanmoins avoir les fonds nécessaires pour réaliser une telle opération. Ils doivent également mieux s’organiser, car ce n’est pas les Impôts qui revendent les logements acquis, mais les Domaines. Le manque d’organisation et d’accès au fonds est l’une des raisons qui expliquent la frilosité de la direction des Impôts pour appliquer ce texte de loi », nous explique-t-on. Pour mener à bien nos opérations, estiment de hauts responsables des finances, il est nécessaire de confisquer les biens.

Après quelques années de prison, les fraudeurs peuvent ainsi recouvrer leur liberté, au bout de 2 ou de 3 ans, et profiter d’une belle villa avec piscine. « S’enrichir licitement n’est pas interdit. Ce qui est interdit, c’est de s’enrichir avec des moyens peu moraux. » La société algérienne, qui voue un véritable culte à la réussite sociale, semble se moquer de ce qui est légal et de ce qu’il ne l’est pas. Les « nouveaux riches » qui semblent narguer les classes modestes ont de beaux jours devant eux. (El Watan-18.02.2010.)

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***Les clichés des fortunes ostentatoires en Algérie

De nouveaux quartiers huppés sont sortis du néant pour abriter les boutiques de luxe et les restaurants haut de gamme. Le quartier de Sidi Yahia, près de Hydra, illustre la frénésie affairiste apparue ces dernières années. Le temps où il ne faisait pas bon étaler sa richesse paraît déjà bien loin.

Les voitures peuvent être, aux yeux du profane, l’un des premiers signes extérieurs de richesse. Les amateurs de grosses cylindrées peuvent ainsi admirer les courbes imposantes des 4×4 urbains, aujourd’hui visibles dans toutes les villes algériennes. Les Algériens raffolent des formes distinguées des berlines allemandes. Les chiffres du concessionnaire automobile Sovac montrent l’attrait pour les élégantes voitures allemandes, dont les ventes sont en constante progression. En 2009, le concessionnaire a vendu plus d’une vingtaine de Q7 (d’une valeur de près de 9 000 000 DA) et cinq Audi A8 (près de 14 000 000 Da).

Par ailleurs, le marché de la piscine commence à se frayer une place en Algérie. Les sociétés d’installation de piscines semblent néanmoins regretter cette fâcheuse habitude qu’ont les Algériens de construire sur toute la surface du terrain. Même riches, les vieilles habitudes et les anciens réflexes ont encore la vie dure. Les joailliers ont peut-être plus de chances de se faire une place en Algérie. En un temps record, la société MS Diffusion a mis en place un réseau de plusieurs boutiques de luxe dans les plus grandes villes algériennes. Les amateurs du clinquant et du tape-à-l’œil peuvent désormais s’offrir une belle bague « Chopard » ou une montre « Balmain » pour – seulement – 300 000 DA. Toutes nos tentatives pour joindre les responsables de la société MS Diffusion, pour en savoir plus sur ce business, sont restées vaines.

L’autre secteur qui ne connaît pas la crise est celui des bateaux de plaisance. L’engouement est tel qu’une loi de finances 2010 a institué une redevance sur les yachts d’un montant de 250 000 DA. En l’absence de marinas et de véritables ports de plaisance, le petit port de Sidi Fredj est aujourd’hui saturé et ne peut plus faire face aux incessantes demandes des plaisanciers. Mais là encore, les milliardaires algériens ne ressemblent pas aux autres. Alors que les tarifs d’amarrage sont ridiculement bas, les plaisanciers rejettent toute idée d’une augmentation des prix. Il peut paraître étonnant que ces personnes qui jonglent avec des milliards soient réticentes à payer quelques dinars pour amarrer leurs bateaux à 3 milliards de centimes. Pour le sociologue et chercheur Mohammed Saïb Musette, l’émergence des nouvelles fortunes, que l’on appelle aussi les nouveaux riches ou encore les anciens pauvres, est propre à la dynamique de la société selon les rythmes du fonctionnement de l’échelle sociale.

« En Algérie, on a l’impression que ce rythme a connu une accélération rapide, hors normes. Certes, il est dans la logique de la classe moyenne supérieure de rejoindre, tôt ou tard, celle des riches. Cette ascension peut se faire dans la sphère de la production ou dans celle de la distribution. Les nouvelles fortunes, en Algérie, proviennent plus de la distribution à partir des importations que de la production des richesses », explique-t-il. La rapidité d’accès au sommet de l’échelle sociale est telle, dit M. Musette, que cette classe n’a pas encore acquis la culture nécessaire pour asseoir sa réussite sociale. Et puis, finalement, pourquoi être riche si on ne peut pas le montrer ? (El Watan-18.02.2010.)

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L’opulence des nouveaux milliardaires

***Le port de plaisance de Sidi Fredj « saturé »

Depuis trois ans, le petit port de Sidi Fredj n’arrive plus à faire face à l’afflux des bateaux de plaisance. « Pendant longtemps, les Algériens ont été privés de pouvoir s’acheter quoi que ce soit, aujourd’hui, ils se rattrapent », nous dit le directeur du port de Sidi Fredj, M. Hamou. Alors que le port de Sidi Fredj dispose de 400 places, plus de 600 bateaux y sont actuellement amarrés.

Le fait est que les responsables du port ont procédé à des travaux pour pouvoir accueillir plus de bateaux. « Il y a beaucoup de pression, nous sommes souvent dans l’obligation de refuser des demandes. Le port est saturé », se plaint M. Hamou, qui se dit dans l’obligation de refuser les demandes d’amarrage. M. Hamou se montre frustré de ne pouvoir offrir les meilleurs services aux plaisanciers. « Je voulais faire le raccordement à l’eau et à l’électricité, mais nous n’en avons pas les moyens. Des gens achètent un bateau à 3 milliards et ils n’ont même pas d’eau pour le laver », regrette-t-il. Et d’ajouter : « C’est l’un des plus beaux ports au monde, merveilleusement construit par Pouillon, nous devons travailler à le préserver. » Le port souffre d’ensablement. Les travaux de désensablement sont effectués tous les trois ans. Il commence à y avoir des petits yachts. Les tarifs d’amarrage dépendent de la longueur des bateaux. Trois fois rien. « Le port de la Madrague est quasiment vide. Il n’y a pas de commodités. De tout temps, les professionnels n’aiment pas se mélanger aux plaisanciers. Nous avons 15 à 20 demandes par mois. »

Le port de Sidi Fredj dispose de peu de moyens pour améliorer les conditions d’accueil. Le prix de l’amarrage des bateaux oscille, selon la longueur du bateau entre 994 DA et 4041 DA TTC par mois. « 33 % de notre chiffre d’affaires est destiné au port. C’est le montant de la concession. A partir de juin, nous allons appliquer de nouveaux tarifs, des augmentations de 10 à 20 %», nous explique-t-on. C’est en 2008 que l’achat de bateaux de luxe a affiché une montée spectaculaire. Les facilitations pour l’importation des embarcations de plaisance, en 2007, y sont pour beaucoup. Un scandale autour d’un trafic de bateaux de luxe avait alors éclaté, mettant en cause des importateurs faussaires et des douaniers qui ne déclaraient pas la valeur réelle des bateaux de luxe importés en Algérie.(El Watan-18.02.2010.)

**En 2012, l’Algérie comptait 35 milliardaires et 4100 millionnaires en dollars

selon une étude de New World Wealth-sans compter les milliardaires anonymes- le système libéral, l’import-export et le marché informel leur ont facilité les choses

En 2012, l’Algérie comptait 35 milliardaires et 4100 millionnaires, selon une récente étude de New World Wealth (NWW).

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Si la tendance actuelle (4,1% de croissance en moyenne) venait à se maintenir, le nombre de millionnaires en dollars pourrait atteindre 5.600 en 2020. Si elle paraît importante au regard de la courte période d’entrée dans l’économie de marché, cette performance reste toutefois insignifiante par rapport à celles de nombreux autres pays qui ont adopté depuis plus longtemps le système libéral. C’est sans doute pourquoi en dépit de ce boom de millionnaires, l’Algérie n’occupe que la dixième place parmi les pays africains qui comptent le plus de grosses fortunes.
Les 35 milliardaires recensés n’étant pas nommés, on peut légitimement se poser la question de savoir si les milliardaires de l’économie informelle sont pris en compte.

Les Algériens savent pertinemment que les barons de l’import-export et du marché informel qui disposent d’énormes sommes en liquide (shab echkara) et d’actifs non déclarés sont nombreux et politiquement très influents. Aucune étude ne leur étant à notre connaissance consacrés, seuls les services de renseignement algériens et, dans une moindre mesure, le fisc, ont une idée assez précise de l’immensité de leurs richesses et, bien entendu, de leur capacité de nuisance.
Au nombre de 4100, les Algériens, possédant plus d’un million de dollars, accumuleraient une fortune que le NWW estime à 5 milliards de dollars, soit environ 430 milliards de dinars au total.

Toujours selon étude du NWW, quatre pays du Maghreb figuraient en 2012 dans le top 10 des pays qui comptent le plus de millionnaires en dollars sur le continent africain. La Tunisie viendrait en tête avec 6.500 millionnaires, suivie de la Libye (6.400), le Maroc (4.900) et l’Algérie (4.100). Les toutes premières places du top africain reviendraient à l’Afrique du Sud avec 48.800 millionnaires, suivie de l’Egypte (23.000), le Nigeria (15.900) et le Kenya (8.400). L’étude New World Wealth définit le millionnaire comme étant un individu ayant des actifs nets de plus d’un million de dollars.

Elle s’appuie sur les données compilées au moyen d’enquêtes diligentées à cet effet et les chiffres fournis par des institutions transnationales comme la Banque mondiale et l’OMC. L’étude du New World Wealth révèle en outre que l’Algérie et le Maroc connaîtront, sur la période 2012-2020, un fulgurant accroissement du nombre de millionnaires. Ils seront, apprend-on, les deux seuls pays du Maghreb à figurer dans le top10 africain à l’horizon 2020. Le Maroc devrait compter à cette échéance 7100 millionnaires et l’Algérie 5600. L’étude en question a, enfin, classé Alger dans le top 10 des villes africaines abritant le plus de millionnaires. *Nordine Grim-El Watan-03.09.2013

 

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Capitaines d’industrie, barons de l’informel:  les nouveaux riches algériens, combien sont-ils ?

Au moment où l’assemblée populaire nationale rejetait l’idée d’un impôt sur la fortune, un classement publié par le magazine américain Forbes accueillait pour la première fois un Algérien parmi ceux des pays africains comptant au moins un milliardaire parmi ses ressortissants dans son classement relatif aux Africains les plus riches en 2013.

Evidemment, le classement prend en compte la fortune accumulée en équivalent dollars, car si l’on venait à comptabiliser les milliardaires algériens en monnaie nationale, leur nombre est évidemment plus important, mais leur identité est loin d’être publique. Selon une étude du New World Wealth, un cabinet de consulting basé en Grande-Bretagne, le nombre de millionnaires (personnes possédant un million de dollars ou plus (plus de 10 milliards de centimes de dinars) en Algérie était de 4100 en 2012 et serait de 5600 d’ici 2020. Plus de la moitié, soit 2300, recensés sont de la capitale, Alger.

Selon ce document, «une croissance économique rapide favorise l’émergence des riches», ce qui n’est par le cas en Algérie puisque la croissance économique a difficilement dépassé les 3,5% ces dernières années.  Si le PDG de Cevital est listé, ceux qui ne le sont pas ne sont pas pour autant moins lotis. Les hommes d’affaires connus et reconnus comme Haddad, Hamiani, Mehri, Wahid, Hasnaoui ne figurent pourtant dans aucun classement. Si les activités de leurs entreprises sont recensées et rentables, leurs fortunes personnelles ne sont pas du domaine public. Alors qu’aux Etats-Unis, les noms des Américains les plus nantis sont répertoriés et suivis régulièrement, en Algérie, parler d’argent est tabou, de peur d’être épinglé par le fisc.   

Pourtant, les nouveaux milliardaires en Algérie (en dollars ou en dinars) existent bien mais si leurs noms ne sont pas connus du public, leurs habitudes de consommation les trahissent, des villas somptueuses construites en un temps record, des voitures luxueuses, dont certaines des pièces uniques, des appartements achetés dans des quartiers réputés, on ne se refuse rien. La dernière enquête de l’office national des statistiques a démontré que 10% de la population la plus favorisée captait plus d’un quart des dépenses annuelles de la population. Et c’est dans cette catégorie que l’on dépense le plus, notamment en transport et communication (24%). Car les voitures de luxe font partie des péchés mignons des gens friqués, du moins ceux qui ont un goût prononcé pour l’exubérance. Et ce type de véhicules ne manque pas sur nos routes.

Ferrari, Jaguar…

Un importateur de véhicules de grandes marques, spécialisé notamment dans les grosses cylindrées de type Range Rover (vendu au bas mot à 4 millions de dinars et dont le prix dépasse parfois le 10 millions de dinars) raconte : «ceux qui achètent nos 4×4 le font pour le prestige», même si par ailleurs il y a de plus en plus de véhicules surélevés qui circulent et souvent «parce que l’état de nos routes est catastrophique», note-t-il.  Outre le Range Rover, notre interlocuteur dont le showroom est installé dans la banlieue ouest d’Alger, vend aussi les marques Audi, Mercedes, Jaguar et même Ferrari. Cette dernière marque italienne coûte la bagatelle de 50 millions de dinars et pourtant «on en a déjà vendu», précise-t-il.

Les prix dans ce showroom atteignent jusqu’à 28 millions de dinars et pourtant «nous importons une fois par semaine et nous vendons tout ce que nous ramenons, nos clients repartent avec leur bien dans la même journée», nous dit encore le responsable, qui préfère ne pas donner d’indications sur le niveau de ses ventes. Ce qui est le plus édifiant, c’est que le règlement se fait par cash et sur place dans la majorité des cas, «les gens circulent avec du liquide», dit-il. Il nous cite en exemple l’histoire d’une cliente, de passage dans le quartier, entrée par hasard dans le showroom et repartie «avec une Jaguar de 6,5 millions de dinars, payée cash, en laissant sa voiture derrière. Ici, le cash est légion, sinon parfois le client revient deux heures plus tard avec la somme nécessaire». 

Quant à savoir quel type de personnes se baladent à Alger avec des centaines de millions de centimes en quête de bonnes affaires, le responsable des ventes a une seule certitude, «ce ne sont pas des Algérois, ils viennent d’Oran, de Sétif ou de l’intérieur du pays».

Anciens et nouveaux riches

Le cash domine également les transactions dans l’immobilier, secteur connu pour être parmi les canaux prisés du blanchiment d’argent. Là aussi, les nouveaux riches laissent exprimer leurs désirs, donnant une certaine idée sur leur profil.  Un courtier dans l’immobilier en donne cette définition : «Les nouveaux riches ce sont des affairistes, des trafiquants de drogue, des professionnels de l’import-export. Ils sont apparus après l’affaire Khalifa, car ils ont touché de l’argent dans cette histoire, c’est d’ailleurs eux qui ont fait grimper les prix de l’immobilier à partir de 2005». A ne pas les confondre donc avec «les anciens riches qui eux sont d’anciens commis de l’Etat (ambassadeurs, sénateurs, juges) dont ils ont bénéficié des largesses».

On nous cite l’exemple d’un fonctionnaire de l’Etat, qui cherchait il y a deux ans à louer un appartement à 50 000 da ; un an plus tard, il disait être à la recherche d’une villa ou un terrain dans un beau quartier d’Alger pouvant verser tout de suite jusqu’à 40 millions de dinars. Comment reconnaître les nouveaux riches ? Selon un agent immobilier, «ils ont des bureaux d’études, des sociétés de promotion ou d’import-export. Ce sont des promoteurs qui cherchent  des terrains pour la petite et la grande promotion, pour construire des villas ou des immeubles avec un budget qui peut aller jusqu’à 5 milliards de centimes». 

Ce sont aussi des gens «qui possèdent plusieurs villas et les proposent à louer dans des quartiers chics (Hydra, Sidi Yahia, Poirçon, Saint Rafael, Bd Bougara, les Vergers… Certaines sont à leur nom, d’autres sont au nom de membres de leurs familles». Enfin, leur fortune transparait dans ce qu’ils construisent. «Edifier une villa de 40 millions de dinars en six mois, il faut en avoir les moyens, certains l’ont». Mais tous les nouveaux riches n’ont pas une fortune aux origines douteuses, «certains se sont enrichis en touchant un héritage, ou en vendant un bien familial ou des terres», nous raconte l’agent immobilier. Selon lui, ces catégories représentent «entre 40% à 50% de ceux qu’on appelle les nouveaux riches aujourd’hui».

Les nouveaux repères de riches

Quels quartiers pour les nouveaux riches ? Ces gens nouvellement enrichis «ne vont pas créer de nouveaux quartiers», observe un agent immobilier. Ils vont plutôt «s’infiltrer dans ce qui est déjà connu comme étant de beaux quartiers. Pour cela, ils achètent d’anciennes habitations dans ces quartiers là, les démolissent et en construisent de nouvelles». Dans la commune de Kouba, plusieurs villas coloniales ont récemment été vendues à de nouveaux propriétaires qui ont tout démoli pour reconstruire à la place des immeubles.  Aux côtés des anciens quartiers huppés comme Hydra, El Biar, Ben Aknoun, El Mouradia, de nouveaux se sont pourtant érigés depuis quelques années, reconnaissables souvent au prix du mètre carré qui est pratiqué. Draria ou encore l’axe Chéraga-Dely Ibrahim sont ainsi devenus les nouveaux repères en matière de concentration de la richesse.

Dans le classement 2012 des communes des plus riches du pays, réalisé par le ministère de l’Intérieur, Chéraga est dans le top cinq avec des ressources estimées à 3,6 milliards de dinars. «C’est le nouveau pôle d’attraction pour le business», remarque la directrice d’une agence de communication installée dans cette commune. «Tous les concessionnaires automobiles y installent leur showroom, car c’est ici que se trouve l’argent», remarque-t-elle. On y trouve aussi toutes les banques internationales ainsi que les principales marques Mango, Tommy Hillfiguer, Nike, Gottfried…

Dans la wilaya d’Alger, seule la commune de Dar El Beida devance Chéraga en termes de richesse, avec des ressources estimées à 4,5 milliards de dinars. Au niveau national, ce sont Oran, Skikda et Sétif qui arrivent respectivement 2e, 4e et 8e dans le classement.*El Watan-02.12.2013

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***Abdenasser Djabi. Sociologue : « Les nouveaux riches ont perdu leurs repères »

Pourquoi les nouveaux riches algériens ont souvent une image si négative ?

Il y a même une appellation, en arabe, extrêmement péjorative, pour désigner les récentes fortunes algériennes. Le fait d’avoir une idée négative sur les nouveaux riches provient des moyens et des pratiques qui ont mené à leur enrichissement ainsi que la célérité avec laquelle ils ont réussi. Il y a de la suspicion qui entoure leurs fortunes, d’autant que les nouveaux riches sont apparus dans la période la plus sombre de l’Algérie. Notre pays traversait une mauvaise passe et de nombreuses perturbations ont secoué la société, comme la guerre civile… La façon qu’ont les nouveau riches de consommer participe également à entretenir leur image négative. En plus, évidemment, du décalage existant entre le niveau social, assez élevé, et le niveau culturel, extrêmement modeste, des nouveaux riches.

-Il apparaît que les nouvelles fortunes aiment – généralement – consommer ce qu’il y a de plus voyant. Quel rapport entretient l’Algérien avec le luxe ?

Le nouveau riche ou le « beggar », comme on l’appelle dans le langage populaire, est très différent du bourgeois traditionnel qui affiche une certaine « humilité » et qui cherche toujours à cacher sa fortune, à ne pas se montrer. Ceux-là mènent, le plus souvent, une vie ordinaire, loin du tape-à-l’œil. La bourgeoisie traditionnelle ressent une certaine empathie envers les autres classes. Ils ne veulent pas afficher leur opulence par égard aux autres, contrairement aux « beggars » qui font l’impossible pour se montrer, que ce soit dans les fêtes de mariage, dans la construction de villa ou dans l’achat de voitures.

- * Quelle différence y a-t-il entre les nouvelles fortunes d’aujourd’hui et la classe appelée « tchitchi » des années 1980 ?

La génération « tchitchi » est intimement liée aux jeunes issus des quartiers chics. Cela peut même avoir certains côtés « sympathiques ». Le jeune tchitchi est celui qui aime s’habiller, qui est bien éduqué et qui a une certaine finesse dans son langage et dans son comportement. C’est l’exact contraire de l’image du beggar. Ce nouveau riche n’a que des côtés négatifs : il ne sait pas consommer et n’a pas appris à parler correctement. C’est une personne qui vit dans une absence de normes sociales, ce que les sociologues appellent « une anomie ». Il a perdu tous ses repères et ses valeurs. Il ne sait plus comment se comporter dans son nouvel environnement.

- * Quels effets aura l’émergence des « nouvelles fortunes » sur la société algérienne ?

Il faudra certainement beaucoup de temps pour mesurer les effets de ces nouveaux riches sur la société algérienne. Pour l’heure, les répercussions sont plutôt négatives, puisqu’ils sont derrière l’inflation et les flambées incroyables des prix. D’un autre côté, ils sont responsables du mauvais goût, que ce soit lorsqu’ils construisent leurs villas, quand ils conduisent leurs véhicules ou même lorsqu’ils mangent dans les restaurants ou lorsqu’ils parlent avec leurs téléphones bariolés. Je pense, que de manière générale, leur influence est négative dans la mesure où ils sont derrière la détérioration du bon goût, notamment dans la construction et la manière de consommer. Dans le domaine culturel, ils sont inexistants. Le temps nous dira s’il y aura une reproduction de cette catégorie. (El Watan-18.02.2010.)

*Les milliardaires algériens, gros acheteurs d’immobilier en Espagne et en France

L’information est devenue anodine même si les données chiffrées sur le phénomène n’existent pas. Il reste que la multiplication d’annonces sur les sites spécialisés en direction de clients algériens, le buzz que la question provoque dans les salons des classes moyennes supérieures algériennes et la flambée continue de l’euro sur les marchés parallèles, constituent des indicateurs de l’étendue de ce type de « placement ».
Ce qui est certain est que ce ne sont pas des investissements, ni de vrais placements. Il serait en effet improbable que les Algériens aient trouvé le moyen de rentabiliser l’immense patrimoine immobilier espagnol tombé en jachère faute de clientèle massive. De prime abord, il s’agit surtout d’achats de résidences secondaires à des coûts sans commune mesure avec ceux pratiqués en Algérie pour des offres similaires. Malgré les dépenses liées aux coûts d’entretien, de gardiennage et d’impôts locaux, les propriétaires algériens en Espagne restent contents. L’achat d’une résidence en Espagne ne donne pas le statut de résidant mais il semble que cela facilite bien l’obtention de visas d’entrée.
Des articles parus dans la presse espagnole ont profilé le modèle d’acheteur algérien. Il réside en Algérie, il exerce une profession libérale ou active dans le commerce, il est instruit et cultivé et dispose de moyens financiers suffisants mais il n’a pas une fortune colossale. Autre trait, important, signalé dans le profil : ses achats, ils les payent le plus souvent en cash. Les Algériens représenteraient, selon la presse espagnole, près de 70% des acheteurs étrangers de la région d’Alicante. Ils seraient actuellement de plus en plus nombreux en Catalogne, sur la Costa Brava et la Costa Dorado, notamment les Algérois qui sont juste à une heure d’avion de Barcelone.
GROS TRANSFERTS EN… QUETE D’UN «STYLE DE VIE»
Plus que la sécurité de l’investissement ou la stabilité institutionnelle, ce que recherchent les Algériens qui achètent en Espagne est une forme de style de vie: un confort résidentiel à moindre coût comparé aux prix auquel revient en Algérie, une offre résidentielle balnéaire avec piscine- et une certaine « paix sociale ». Cette dernière étant entendue comme l’opportunité de passer des vacances loin de la cohue que connaissent nos côtes en été et surtout loin de la pression moralisatrice qui s’exerce sur les baignades en maillots de bain, sur les femmes seules et sur la consommation d’alcool.
Quand les chiffres que représentent ces achats d’immobilier effectués par des bons pères de famille, sont agrégés, ils donnent le tournis. Les douanes algériennes estiment à près d’un milliard de dollars les transferts illégaux de fonds à partir de l’Algérie. Ce montant ne serait que la partie visible de l’iceberg. En plus des gros porteurs que sont les cambistes connus et qui disposent des complicités nécessaires pour passer en toute sécurité ou encore des transferts importants à partir de places bancaires fortes comme Dubaï, de nombreux passeurs moins chargés transfèrent en liquide, à partir des aéroports de l’intérieur du pays, des montants qui vont jusqu’à la centaine de milliers d’euros.
Ce sont des chibanis et chibaniyas habitués à des allers-retours réguliers qui « transportent » les fonds qui alimentent les comptes ouverts auprès de banques espagnoles. Ces établissements bancaires ont au début de la vague d’achat de biens immobiliers par des algériens octroyés des crédits importants sur la base de dossiers justifiant de revenus en Algérie (registre de commerce, relevés bancaires, etc.).
Ce n’est qu’à la suite d’instructions internationales sur les flux illicites de fonds que les cellules espagnoles de renseignement financier se sont inquiétées auprès des autorités algériennes et de leurs propres banques. En cause, l’absence de traçabilité des montants servant à payer les acquisitions immobilières des étrangers, notamment des algériens dont les fonds transitaient rapidement par des comptes ouverts en Espagne et qui étaient alimentés en liquide ou par des transferts à partir des Emirats.
Les banques et les agences immobilières se sont du coup montrées nettement plus regardantes quant il s’agit de transactions immobilières avec les Algériens. Mais la nécessité de faire tourner le business dans un secteur et dans un pays qui reste frappé par la crise a vite fait d’aider à lever les contraintes. Les Algériens quant à eux continuent à rêver à leurs vacances, «chez eux», en Espagne et à voir le cercle s’élargir de ceux qui le réalisent.*lequotidien-oran.25.09.2012.

*Nos politiques cultivent un goût immodéré pour l’immobilier français

La France-Algérie explicitée par Saadani

La Mère patrie-bis. Adulée, décriée, encensée, défoncée, França, la république française de «Fafa» pour les initiés, n’en finit pas de faire tourner la tête des élites politiques — au pouvoir ou de l’opposition.

Nos dirigeants y cultivent un goût immodéré pour son immobilier parisien, ses appartements  haussmanniens, ses cartes de résidence, sa médecine et ses services publics performants, ses grandes écoles et universités parfaites pour assurer la reproduction de l’espèce. Face aux charmes exubérants et à la vie de bohême,  marques de fabrique de la capitale parisienne, les slogans et discours patriotards sonnent creux. 

« L’olivier »… qui cache la forêt

De «El Djazaïr» à l’île de la Jatte (Neuilly-sur-Seine), 2 heures 10 de vol compressibles. Au bout de l’avenue Victor Hugo, l’Arc de Triomphe célébrant les victoires des armées napoléoniennes  et autour les 12 avenues, dont les Champs-Elysées, parmi les plus chics et blingbling de Paris. C’est dans cette île de Neuilly-sur-Seine,de 4000 habitants, dans le  très  bobo 16e arrondissement, que le patron du FLN, père et fils, disposerait d’un pied-à-terre. Un 4 pièces de 600 m2, ancienne propriété du président Sarkozy, acheté pour près de 800 000 euros via sa société civile immobilière familiale, la SCI l’Olivier.   
Le chef du FLN dément publiquement. Sur Mondafrique, Nicolas Beau persiste : «Par quel miracle aurait-il, sans compte en banque, acheté au moins un appartement à Neuilly-sur-Seine, financé les études de ses enfants en France et en Angleterre et réglé les frais d’un grand cabinet d’avocats parisien ?»

Café de la Paix. Juin. Face à l’opéra Garnier, le café-bar à l’élégance Second empire donne asile à Nicolas Beau, grand reporter devant l’Eternel (directeur du site d’information Mondafrique), poursuivi (en justice) par Amar Saadani pour avoir commis une série d’articles traitant des achats immobiliers du SG du FLN et de sa fameuse carte de résidence obtenue en circuit VIP à la préfecture de Nanterre (lire entretien). Beau attend, nerveux, son procès programmé pour septembre. Sa défense, c’est William Bourdon, l’avocat célèbre, fondateur de l’association Sherpa, qui s’en charge. Pour le journaliste, l’affaire Saadani introduit, de plain-pied, dans le vif de la «France-Algérie», identité génétiquement modifiée, produit de deux siècles retors d’histoire et de combines. «Entre les deux Etats, rappelle le journaliste, c’est aussi l’histoire de  ces petits arrangements, tellement anciens, tellement admis et reconduits aussi bien par les gouvernements de gauche que de droite et avec probablement des retombées pour les uns comme pour les autres. On est véritablement dans  la France-Algérie.» S’il est difficile, selon lui, d’établir que Saadani dispose réellement de 300 millions d’euros dans la première banque de France, il ne peut nier l’achat d’appartements à Paris ni l’existence de sa société immobilière l’Olivier, ni même d’avoir bénéficié de sa carte de résidence de 10 ans.

Dans les Landerneau médiatiques parisiens, les révélations du vieux briscard du journalisme d’investigation sont passées sous silence. L’omerta. Si la justice traîne les pieds et tarde à se saisir du dossier, c’est notamment à cause de l’absence d’un plaignant, explique Vincent Hugeux, grand reporter à L’Express. Pour ce fin connaisseur des réseaux et matrices de la Françafrique, la justice française n’est plus à l’heure des pressions, même si elle se montre «parfois sélective» avec les émirs du Golfe, par exemple. «Avant, les pressions politiques étaient la norme, affirme le journaliste. Mais depuis dix ans et sous la pressions d’ONG telles que Sherpa, Survie ou Transparency International,  elle s’est montrée indépendante.» Il en veut pour preuve les instructions judiciaires ouvertes dans les affaires des biens mal acquis par des dirigeants africains et leurs clans à l’image de Omar Bongo (Gabon), Sassou Nguesso (Congo), Paul Biya (Cameroun) et autres Obiang Nguema de Guinée équatoriale.

Rue de Rome. Siège de l’association Sherpa, fondée par le célèbre avocat William Bourdon. «C’est sur les biens mal acquis des dignitaires Algériens», cueille à l’interphone Sofia Lakhdar, la directrice de cette association française, en croisade perpétuelle contre les dirigeants africains, les Bongo et consorts, confondus de détournements et malversations. «Depuis peu, beaucoup de gens s’intéressent aux biens mal acquis des dignitaires algériens», ajoute-elle. Depuis le début de l’année, Sherpa a été destinataire de «vagues» dénonciations qui ne permettent pas, à ses dires, de saisir ou d’alerter la justice. «C’était juste après l’élection (présidentielle)», précise Sofia. «Des signalements anonymes, très peu précis pour qu’on y attache de l’importance. Et jusqu’à maintenant  nous n’avons reçu que quatre signalements du genre : il y a des gens autour du président Bouteflika, le frère, etc. qui sont corrompus et possèdent ceci et cela… mais sans pouvoir interagir avec le signalant.»

«L’Algérie, c’est spécial», explique Nicolas Sersiron, vice-président du CADTM France, (Collectif pour l’annulation de la dette des pays du Tiers-Monde). Implanté en Tunisie et au Maroc, le CADTM — qui exclut l’Algérie de sa sphère d’étude —, s’intéresse aux patrimoines constitués en France par les dignitaires du Sud. Les biens et les fortunes détenus par les hiérarques algériens relèvent, selon lui, des «questions tabou eu égard aux relations entre nos deux pays» et où  «l’omerta» est de mise.
Transparency International (TI), l’autre ONG d’envergure, très à cheval sur la corruption saignant les pays africains, ne fait pas meilleur usage du cas (pourtant d’école) algérien. «Nous n’avons pas de dossier Algérie», répond, sec, Daniel Lebègue, chargé de com à TI.

Les appartements parisiens de Khalifa

Tribunal de grande instance de Paris. Procès Khalifa, 16 juin. Trois semaines d’étalage intensif de linge sale. Banqueroute par détournement d’actifs, recel de banqueroute, abus de confiance, abus de bien sociaux, blanchiment… Onze prévenus au procès de la méga-«braderie Khalifa» répondent des délits commis avant et après la décision de mise sous liquidation judiciaire (le 10 juillet 2003) des filiales de Khalifa en France (  Khalifa Airways et Khalifa Rent a car). Ballet de charogne et cris de razzia. A la chute annoncée de l’empire succèdent un dépeçage savant et un pillage en règle des biens et des avoirs des filiales.  

Avocate d’une des parties civiles, Nolwenn Loyer-Saad rappelle à la barre que Khalifa Airways (KA), son client,  est  la société la plus endettée  d’Algérie avec un passif de 632 millions d’euros. «L’établissement Khalifa Airways en France n’est pas une personne morale. Tous ses fonds viennent d’Algérie», plaide-t-elle.  Nolwenn réclame un dédommagement équivalent à l’addition des valeurs de tous les actifs détournés, «soit 18 millions d’euros» (sic !). La liste des biens détournés, donnée en lecture par le procureur de la République de Nanterre, Philippe Bourion, était pourtant loin d’être exhaustive : trois avions-taxi TBM d’une valeur de 7,5 millions de dollars, une douzaine de berlines et voitures sport dont sept Mercedes, une Jaguar, une Ferrari, deux Porsche (sur un total de 309 véhicules constituant le parc auto desdites filiales)  et un long chapelet de biens immobiliers, loués ou achetés par KA, offerts à une faune de bénéficiaires dont seulement quatre étaient appelés à la barre.

Des appartements achetés pour l’ex-épouse (deux) sis avenue de la Bourdonnais, Paris 7e ( 3,2 millions d’euros) et aux proches dirigeants et collaborateurs (dont le vice-président de KA, Smaïl Krim, propriétaire d’un appartement à avenue Kléber à Paris 16e, payé 940 000 euros par KA ;  Sakina Hedroug, directrice de crédit à KA propriétaire d’un appart à avenue Niel à Paris 17e acheté 1,2 million d’euros par KA… ; 13 appartements loués sis les grandes avenues (Kennedy, Voltaire…) ou résidence de rêve sur la côte d’Azur, à Cannes, comme pour la La Bagatelle, cet ensemble immobilier de trois somptueuses villas achetées pour 37 millions d’euros et revendues pour 16…

Un avocat de la défense s’interroge sur l’absence d’ «autres personnes à la barre, citées dans le dossier, qui sont exactement dans la même situation par rapport aux faits litigieux reprochés au reste des prévenus». Mercredi 4 juin. Le  président du tribunal questionnait à ce propos Smaïl Krim. «Une rumeur affirme que l’avocat Bouteflika, frère du Président algérien, aurait était bénéficiaire d’un appartement à Paris ?» «Nous avons bel et bien octroyé un appartement à Paris à Abdelghani Bouteflika en sa qualité de conseiller juridique», avait-il répondu du tac au tac. Au 183, Faubourg-Saint-Honoré, se trouve l’appartement qui avait été offert au frère du Président. Comme lui, nombreux sont les hiérarques a être passés au travers des mailles du filet. Dans la salle d’audience n°3, le procureur évoque un dossier «nauséabond», parle d’un «groupe Khalifa, plutôt l’Eurl Khalifa (…) dont l’existence juridique et économique se borne aux flux occultes», une société bâtie, d’après lui, suivant une «conception médiévale» régie par la règle de «qui donne ordonne !»

La SCI connection

Malakoff, dans les Hauts-de-Seine. Dans cette commune de proche banlieue, Anthony Robinet dirige L’Adresse, enseigne immobilière prospère, présente dans 25 villes françaises. Les Algériens qui investissent dans la pierre, c’est à peine 10% de la clientèle de la boîte. «Devant les Français, Asiatiques ou même Portugais, la clientèle algérienne ne représente vraiment pas grand-chose.» Les Algériens sont loin d’être les quatrièmes grands acquéreurs d’immobilier français, assure Anthony. Ses clients se situent dans le segment moyen. «Entre 200 et 250 000 euros payés soit sans crédit bancaire.» Au boulevard Gabriel Péri, les enseignes immobilières fleurissent, racolent.

Samir Hand et sa compagne Anne-Françoise Rabaud dirigent l’agence au nom très suggestif : «Chez nous Chez vous Immobilier». Implantée dans le quartier historique de Malakoff, l’agence se prévaut d’une clientèle algérienne nombreuse. Des industriels, des promoteurs, des commerçants, des artistes, des cadres, les clients de Hand viennent d’horizons divers. «Une clientèle portée davantage sur l’achat d’hôtels, immeubles, restaurants et autres fonds de commerce que sur l’immobilier résidentiel.» Les «gros clients» algériens préfèrent eux, ne pas acheter en nom propre mais via les SCI, les sociétés civiles immobilières, garantissant aussi bien un SMIG d’anonymat et offrant des avantages fiscaux, notamment lors de la succession et de la transmission du patrimoine. «L’arrivée de grosses fortunes bâties au noir a réellement boosté le marché immobilier», note l’agent immobilier. «Pour ceux qui ne possèdent pas de compte BNP et pour dépasser l’écueil des transferts de devises, ces gros acquéreurs font souvent appel à des associés en France ou rachètent des parts dans des SCI. C’est comme ça qu’ils blanchissent…»

Algériens de banlieue vs algériens des quartiers chics

La Goutte d’Or. Des tracts collés sur les murs décrépits du Barbès en quartier «requalifié» somment les immigrés de décamper : «Vous n’aimez pas ce pays : Quittez-le !» C’est dans ce 18e des couleurs que les membres du Collectif des femmes des quartiers populaires sont venus évoquer les 30 ans de la «Marche pour l’égalité et contre le racisme» du 2 décembre 1983 portée par le monde ouvrier issu de l’immigration et des bidonvilles de Nanterre. «Les Arabes à la Seine, les Arabes au four ! Sous les insultes. Entre deux haies de policiers et de cols blancs. Des milliers de travailleurs immigrés de Talbot Poissy (PSA) avaient été expulsés de l’usine Talbot (en 1983) après une longue grève», rappelle, non sans émotion, Kaissa Titous, infatigable militante syndicaliste.

«Aujourd’hui, dans les cités, j’ai l’impression de revenir au village», soupire-t-elle, tant dans les banlieues qu’elle sillonne, il ne fait point bon vivre l’insalubre, de parler d’égalité, de laïcité et où les questions de religion, de hidjab envahissent les débats et espaces. Autour de la couronne parisienne, les «cités» et barres HLM, misérables et sordides, servent de «réserves» à des centaines de milliers immigrés. L’Arc de Triomphe paraît bien loin.

Rue Cuvier. Dans le 5e arrondissement, le Muséum d’histoire naturelle de Paris arbore fièrement sa collection de 30 000 restes mortuaires, dont plusieurs dizaines de résistants algériens à la colonisation, dont Cheikh Bouziane (Zaâtchas), Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek alias Cherif «Boubaghla», Aïssa AlHamadi… et autres «têtes» d’Algériens accrochées au tableau de chasse de l’ancien empire colonial. Brahim Senouci, sociologue, professeur à l’université de Cergy Pontoise fait partie de ces intellectuels revendiquant le rapatriement des restes des résistants découverts par l’historien Farid Belkadi. La pétition, lancée en 2013, est diluée dans un bain de formol.

«Sans doute faudra-t-il aussi cultiver la mémoire, dit Senouci, arracher à l’oubli celles et ceux (…) de conviction qui sont morts pour l’Algérie et dont les voix nous manquent aujourd’hui. Pas à pas se reconstruira le lien, processus lent, duquel l’Algérie, renouera avec la fierté d’elle-même, un pays que ses jeunes enfants n’auront plus envie de fuir… »*Mohand Aziri-El Watan/06/10/2014/

**Aïssa Kadri : «Il y a une espèce de retour du colonial»

Le Pr Aïssa Kadri est sociologue, directeur de l’institut Maghreb-Europe à l’université Paris VIII

-Quel rapport entretiennent les élites algériennes et l’élite politique en particulier, avec la France, ancienne puissance coloniale ?

Très complexe à analyser. Impossible en deux mots. Les Algériens en général et les élites algériennes en particulier entretiennent un rapport schizophrénique avec la France. Un rapport d’une extrême contradiction et ambiguïté. Que ce soit au niveau le plus haut du politique, des élites intellectuelles agrafées au système politique ou au niveau de la population en général. Un rapport à décoder à la fois d’un point de vue social, culturel et politique mais aussi, j’allais dire : psychanalytique. Cette ambiguïté fait que les Algériens sont d’une double contradiction : à la fois, ils récusent la France, la dénoncent au nom du nationalisme, de l’histoire nationaliste, mais en même temps ils sont dans une forme de demande, de rapport de proximité.

A croire que les Algériens ne vont et ne résident en gros qu’en France. Alors que pour l’immigration marocaine, elle occupe l’espace monde : en Hollande, en Espagne, au Canada, aux USA… c’est quasiment une diaspora qui se constitue. Les Algériens sont tous quasiment établis en France même si on constate un frémissement pour le Canada et les USA. Mais massivement, ils sont plus de 3 millions d’Algériens, voire 4 millions si on y ajoute les résidents, les binationaux. Les Algériens, visiblement, ne connaissent de destination que la France où chacun, comme les Français d’ailleurs, a eu un membre de sa famille qui a eu aussi affaire à l’Algérie.

Donc, rapport à la fois de proximité, de distance, rapport de «je t’aime moi non plus», rapport de défiance, de critique, voire virulente  mais aussi quasiment d’appropriation, possession, c’est-à-dire au fond, c’est notre monde, on le connaît, ils nous connaissent. On vient s’y soigner, y envoyer ses enfants pour faire des études. On a de la famille, des amis, on y vient passer quelques jours… Cette contradiction, on la retrouve à tous les niveaux y compris au niveau de la représentation que se font les Algériens sur leur émigration. Les discours sur les binationaux sont extrêmement ambigus. On les revendique, ils sont les nôtres. Quand ils réussissent, on les fait venir, artistes, footballeurs, mais en même temps, on les dénonce y compris au plus haut niveau. 

«Ah, les binationaux ont choisi d’être là-bas…», pour certains même ce sont carrément des «traîtres»… Que dire des dirigeants algériens qui dénoncent la France mais sollicitent ses cartes de résidence, viennent s’y soigner (…). Je ne sais pas si c’est des discours à usage interne, mais les Algériens savent très bien que beaucoup de leurs dirigeants sont établis en France où il n’y a pas une seule famille proche ou du système politique, ou de cette classe moyenne supérieure qui ne pense pas y scolariser ses enfants. Un cryptonationalisme saturé en somme de contradictions. Des contradictions qui prennent parfois des allures… incompréhensibles. Je vous donne un exemple. J’étais invité à une conférence sur l’immigration au centre culturel français. J’ai invité un collègue algérien à la conférence, un cryptonationaliste. Il vient mais refuse d’entrer au CCF : «J’entre jamais dans ces lieux.» «Une ancienne caserne, la caserne Pélissier où on a torturé… je ne viens pas chez les Français.» Je lui fais remarquer que deux semaines auparavant, il était à Paris, en bord de Seine. La Seine où la police de Papon avait par ailleurs jeté des Algériens. Comment expliquer ces comportements ? Il y a là assurément de la schizophrénie, du dédoublement de personnalité.

-Un peu aussi de ce «complexe du colonisé»…

Il y a de ça. De ce que justement Albert Memmi décrivait. Il y a surtout de la faiblesse de l’autonomie de l’individu. L’individu est pris dans de telles contraintes, impositions et problématiques idéologiques, nationalistes, sur les fondamentaux, etc., les gens étaient socialisés à cet ensemble de contraintes pour pouvoir y mettre de la distance,  opérer les ruptures. Or, ceci ne peut se faire si l’individu n’est pas libre, n’est pas à même d’assumer ses choix, en finir avec la double vie. La vie publique et la vie cachée.

-Quels impacts peuvent entraîner, selon vous, ce type de rapports d’obligés, de demande et sollicitation qu’entretiennent justement avec la France des compartiments importants de ces élites politique, scientifique, économique ?

La France donne des carottes finalement pour faire avaler sa domination. Ce sont des formes de leurre pour imposer sa domination mais justement, la population n’est pas dans ça. Elle est consciente mais si on peut penser que l’Algérie de l’intérieur ce n’est pas son problème ou même pas au courant. Ces leurres servent à agrafer, dominer la société. Il s’agit de formes éculées de leurre. Il faudrait aller très loin dans l’émancipation de ces catégories de nationalisme et à construire une société à la fois de participation citoyenne et de responsabilité pour que les gens assument ces contradictions.

Ce double discours, c’est très fort, tient de l’histoire de la guerre de Libération nationale. Il tient aussi de la construction de la mythologie nationale. Du roman national. C’est-à-dire : le peuple algérien a consenti un million et demi de chouhada (martyrs) ; il s’est levé comme un seul homme et exit toutes les contradictions que le roman national charriait. Par exemple : au 19 mars 1962, au cessez-le-feu, il y avait dans la Wilaya III, 2200 ou 2300 djounoud encartés. De vrais djounoud qui ont survécu aux opérations militaires de pacification. Au 5 juillet 1962, ils étaient 11 000 dans la même wilaya. Pareil pour les autres wilayas où le nombre avait aussi été multiplié par 5 ou 6. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on se retrouve avec un plus d’un million et demi d’anciens maquisards. J’irai plus loin. N’oublions pas que beaucoup d’Algériens étaient du côté français : 120 000 supplétifs, 24 000 engagés, 20 000 appelés, plus les groupes d’autodéfense.

-«H’izb França», le parti de la France, est-il si majoritaire que ça ?

Tous ces éléments avaient été occultés par l’euphorie de l’indépendance. Et d’ailleurs, au sein du système politique, on le reconnaît aujourd’hui. Dans une phase de reconstruction post-indépendance, même du temps de Boumediène, de réconciliation, on se devait de prendre tout le monde en charge. En gros, on devait accepter que des Algériens se soient agrafés au système — qui avait besoin de se légitimer — en intégrant aussi bien les déserteurs de l’armée française que ceux qui étaient carrément du côté français. Ça été fait au niveau politique, au niveau le plus haut, mais dans la société, c’est resté du domaine du refoulé. Ce refoulé qui se manifeste jusqu’au jour d’aujourd’hui. Dans les traditions familiales, notables, on le sait, en Algérie, de grandes familles, qui ont pris part à la Révolution, étaient à la fois très proches du pouvoir politique, vivent entre «ici» et «là-bas», mais tiennent un discours hypernationaliste…

Il y a certaines classes sociales en Algérie qui ont fait le choix de mettre plusieurs fers au feu. Un enfant du côté de la Révolution et un autre côté français. Tout s’est joué vers la fin de la guerre lorsque se profilait l’indépendance. Le refoulé, mais il y a aussi le fait que beaucoup d’Algériens sont en France, y ont de la famille, par le fait de l’histoire concrète. Ces va-et-vient permanent et puis il y a, ce besoin de se légitimer en permanence avec l’idée nationaliste qui, bien qu’éculée, continue à fonctionner encore chez certain groupes sociaux avec des arguments du genre : en France, on vient pour des soins parce que c’est plus sérieux etc. Et ce discours, on le tient tous et on dit souvent : ah, on a de bons médecins qui font le bonheur de la France, que le système de santé français est meilleur, etc.

Des contradictions qui procèdent donc de plusieurs dimensions, mais… Pour les élites politiques, si on est dans une logique encore plus radicale, je dirais qu’il y a une compradorisation de l’Algérie, plus grande quelle ne l’a été dans les années post-indépendance. Au fond, il y a une espèce de retour du colonial.  L’Algérie est quasiment en lien de dépendance vis-à-vis du système français. Et de toute façon, l’Algérie est dépendante. Ce sont les Chinois qui construisent les infrastructures, les Français qui gèrent les aéroports, le tram, le métro, les cimenteries, les services… Où sont les Algériens ? Pour les questions d’arbitrage, on a recours à des bureaux d’études étrangers : on est dans une forme de dépendance. L’université algérienne ne produit rien ou peu de gens capables. Nous avons de vieilles générations qui se maintiennent par-ci par-là, mais le pouvoir politique a déjà fait l’impasse sur l’université, sur la formation d’élites compétentes. Il a anesthésié la jeunesse, la société entière, pour se maintenir. On est donc dans une situation de dépendance fonctionnant en direction du pôle classique impérialiste et dans une hiérarchie de proximité : France, USA, la Grande-Bretagne et l’Europe en général.

-Pensez-vous que la diaspora algérienne peut, comme dans les années 20 et la naissance du mouvement national dans l’immigration, être appelée à jouer un rôle déterminant ?

J’ai toujours pensé que la chance de l’Algérie réside dans ses diasporas. C’est au sein de l’immigration qu’est née l’idée d’indépendance algérienne. L’Etoile nord-africaine, le PPA sont nés à Nanterre, au sein de cette immigration, en contact avec le monde ouvrier, des luttes sociales.  C’est ici, en France, que l’idée d’indépendance est née. Aujourd’hui, c’est une chance pour l’Algérie que de disposer de ces diasporas. Regardez le rôle capital joué par les diasporas indienne, chinoise dans le décollage économique de leurs pays d’origine. Les dirigeants de ces pays ne tarissent d’ailleurs pas d’éloges sur elles. Je pense qu’il peut y avoir quelque chose qui peut démarrer d’ici.

C’est une immigration qui s’est confrontée au monde moderne, qui a développé des formes d’acculturation dans ces échanges, ce sont des éléments de progrès. Il y a des compétences partout : des jeunes, des binationaux, nés ici de parents algériens, de nationalité française, extrêmement bien formés mais qui se trouvent être méprisés parfois en Algérie. La diaspora peut effectivement être un déclencheur. Et c’est ce qui nourrit d’ailleurs les peurs du pouvoir, car cette émigration désigne une autre voie d’émancipation. La schizophrénie dont on parlait tout à l’heure, elle s’adresse aussi aux émigrés qui sont motif de fierté, parfois, traités de traîtres, de vendus, de Hiz’b França.

L’autre voie d’émancipation qu’elle montre, par l’extérieur, est perturbatrice de l’ordre national. Réussir à l’étranger est un mauvais exemple à donner pour le «local». D’ailleurs le pouvoir algérien a toujours cherché à contrôler cette émigration et ce du temps déjà de l’Amicale des Algériens en Europe ou à travers les ministères de la Communauté algérienne à l’étranger alors que celle-ci s’est diversifiée. Cette émigration, pour peu qu’on lui fasse confiance, pour peu que les conditions lui soient réunies,  et que le pouvoir politique soit sincère, n’est pas une chance pour l’Algérie, c’est La chance de l’Algérie. Et ce vu l’anesthésie générale dans laquelle ont été plongés les jeunes Algériens là-bas, elle peut être un aiguillon à faire évoluer les choses.

-N’avez-vous pas l’impression que les Algériens revivent indéfiniment  l’Exodus ?

Ça fuit tous les jours. Mais, il faut tout de même relativiser. On est dans des processus terribles : à la fois de crise identitaire, de crise économique profonde, de crise de représentation, de légitimité du pouvoir, de crise de construction d’un projet commun qui réunit les Algériens. Et dans une situation de crise qu’est-ce qui reste aux Algériens si ce n’est de résister ou de se complaire dans l’indifférence ou de partir pour donner du sens à leur vie en opérant les ruptures nécessaires. Si ce processus tend à s’aggraver, c’est parce que les Algériens ne voient pas se construire un projet d’avenir. Dans les années 1970, en dépit du pouvoir fort de Boumediène, des pénuries, les Algériens ne voulaient pas quitter leur pays. On constate aujourd’hui une espèce de délitement social, un émiettement de l’individu, une perte de substance de la société.

Cependant, ce phénomène, on le retrouve aussi dans beaucoup de régions du monde, parce que nous sommes dans un moment de globalisation libérale. C’est pour ça qu’il faudrait relativiser. Mais dans le cas algérien, il y a les conditions favorables pour pouvoir construire, donner de l’espoir aux gens. Je pense que ce phénomène va s’accentuer, sauf  s’il y a transformation du politique à même d’amener les Algériens à envisager et de projeter leur avenir en Algérie. Après la chute du mur de Berlin, en France , on parlait de déferlement imminent de hordes qui arrivaient des pays de l’Est. En réalité, il n’en fut peu ou presque rien. On avait prétendu la même chose à la chute du régime de Ben Ali. C’était pareil.

L’autoritarisme ayant disparu et le stock des 15 000 Tunisiens partis à l’étranger épuisé, les gens se sont mis à construire leur avenir dans leur pays. Quand les gens ont la possibilité de participer, de se réaliser dans leur société, de lutter pour changer les choses, ça donne de l’espoir mais pour le moment cet espoir n’est pas présent parce qu’il y a un verrouillage complet de la société, des élites empêchées de circuler, des groupes maffieux qui s’emparent de l’Etat, groupes auxquels s’adosse le système et qui sont en train de le dévorer. Les Algériens ne veulent pas la lune.*Mohand Aziri-El Watan/06/10/2014/

**la boîte de Pandore

Nicolas Beau : «Les biens des dirigeants algériens en France est la boîte de Pandore à ne pas ouvrir»

-Vos enquêtes sur les biens acquis par des dirigeants algériens en France n’ont pas été suivies d’effet, ni par la justice ni par la presse française d’ailleurs. Pourquoi tant d’autocensure ?

Parce que, pour le moment, on n’a trouvé qu’un seul appartement, propriété de la famille Saadani. Et que cet appartement est situé dans un très beau quartier. Il est relativement luxueux mais il n’est pas immense, il fait 600 m2. Mais ce n’est pas tout le monde qui peut s’offrir ça. Pour revenir à la question, au stade de nos découvertes, nous ne sommes pas à la même échelle que les biens mal acquis par les dirigeants du Gabon ou de la Guinée équatoriale.
Deuxièmement, le dossier Algérie est très peu suivi par l’opinion nationale française. Parce qu’il est très difficile à suivre,  ne serait ce que parce qu’il faut des visas pour travailler en Algérie. Je sais que si je demande un visa aujourd’hui, on ne me l’accordera pas.
D’ailleurs, la campagne électorale algérienne était très peu suivie en France avec peu de journalistes assurant les couvertures. Que Saadani ait une carte de résidence en France, les gens n’arrivent pas à saisir l’incongruité de la situation. Posséder une carte de résidence alors qu’il a le passeport diplomatique, qu’il n’a pas de problème de visa, cela voudrait dire qu’il cherche à  se préserver au cas où les choses tourneraient mal en Algérie. C’est perçu à peine comme une bizarrerie. Mais la raison principale est qu’un dirigeant d’un pays étranger possédant un bien d’un million d’euros en France est vu tout juste comme un péché véniel.

-Qu’est-ce qui serait de l’ordre du scandale ? Pourquoi les dirigeants nord-africains et leurs biens ne font pas scandale ?

Quand on voit ce que possèdent les Omar Bongo, Sassou, Obiang à Paris, c’est multiplié par plusieurs fois 100. Et puis ces dirigeants ont leurs relais dans l’appareil d’Etat français. Saadani en a. Ses papiers, il les a eus en 2011 à l’époque de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur. J’ai une idée assez précise de qui était l’intermédiaire entre Saadani et Guéant. En revanche dans les médias français, je ne pense pas qu’il bénéficie d’une indulgence particulière. Car si on découvrait que Saadani possédait une dizaine d’appartements à Paris, l’affaire ferait scandale. Mais c’est vrai, on ne peut pas imaginer une chose pareille.

-Ne pensez-vous pas qu’il puisse bénéficier d’un parachute miraculeux ?

Non, je ne crois pas. Le goût pour l’immobilier parisien est partagé par nombre d’Algériens.  Effectivement, c’était très dur de trouver des gens qui parlent. On nous a accusés d’ailleurs d’être à la solde du DRS. Or, certains gradés du DRS  possèdent également des biens. On en a cité un d’ailleurs et il s’agissait de l’ancien numéro 2 des services, le général Smaïn Lamari, et il y en a beaucoup d’autres.
Personne n’a intérêt à ouvrir la boîte de Pandore. Nous, nous gérons les fuites. Pas toujours. Car souvent, quand on sort une affaire, c’est un camps qui dénonce un autre.   J’ai d’ailleurs été contacté par des gens intéressés de dénoncer l’achat de biens, ça reste délicat de pointer X ou Y, cela reste tout de même un phénomène scandaleux. Je m’interroge d’ailleurs sur la manière avec laquelle ils acheminent les fonds. Moi, j’ai évoqué comment Sarkozy a vendu son appartement à Neuilly, dans l’île de la Jatte, à celui qui règne sur le segment de l’importation des voitures de luxe à Alger, qui possède une agence immobilière à Neuilly — quand même — alors qu’il réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires à Alger.

-Comment la transaction s’est-elle déroulée ?

La vente s’est faite de particulier à particulier. Ils sont passés par le Crédit agricole de Genève. Une banque connue pour avoir joué un rôle dans des dossiers sensibles, comme celui des frégates Sawari II (vendues à l’Arabie Saoudite, ndlr). Dans le dossier de l’instruction, le nom de la banque a été cité pour avoir recueilli quelques fonds suspects, mais après… Il y a quand même quelques Franco-Algériens susceptibles de recevoir ici des fonds et je pense que là l’organisme antiblanchiment Tracfin souvent ferme les yeux, parce que c’est un organisme qui dépend de Bercy (ministère des Finances), donc du gouvernement. On peut imaginer qu’avant de dénoncer le transfert de fonds suspects, cet organisme demande d’abord des autorisations.

Or, comme c’est le cas aujourd’hui, un ministre comme Montebourg a beaucoup d’amitiés algériennes. Ça reste donc très verrouillé, comme à l’époque de Sarkozy. L’enquête est donc très difficile à mener pour démonter tout le système qui par son ampleur est largement à la mesure (de l’envergure) des autres dossiers des biens mal acquis.

-Un scandale impliquant un haut responsable politique algérien aurait-il énormément gêné le gouvernement français ?

Ce qui aurait pu être gênant dans les informations livrées… aurait été celle relative à la carte de résidence de dix ans. C’est quelque chose qui parle aux Français. Pour un gouvernement qui prône une politique répressive en termes d’immigration et qui donne des cartes de résidence à ses amis uniquement pour qu’ils puissent échapper un jour éventuellement à la justice de leur pays, si l’affaire avait pris de l’ampleur, elle aurait sans doute eu des implications sérieuses. Malheureusement, cet aspect-là, qui aurait dû  avoir un écho, n’en a pas eu

-L’industrie de la Société civile immobilière (SCI)…

C’est une bonne question. Si vous consultez les services fiscaux et du cadastre, ils vous diront que c’est un moyen très répandu pour tromper le fisc et ne pas payer d’impôt. Vous avez des modes de domiciliation qui permettent de vivre caché. Pour Saadani, sa société immobilière

-L’Olivier est domiciliée dans une espèce de coquille vide, rue de la Bienfaisance, quand on appelle le numéro, on tombe sur une caisse de retraite.

Quand on y va, on n’a rien, même pas une plaque. Et tout ça est étrange. Et évidemment, il faut avoir des contacts aux Impôts pour savoir si Saadani paie des impôts sur sa SCI. Ce sont des enquêtes difficiles, puisqu’en France, il y a une grosse tradition de devoir de réserve chez les fonctionnaires. Et c’est pour le meilleur aussi. Comme contribuable, on n’a pas envie de voir  sa fiche d’impôt étalée sur la place publique.

*Mohand Aziri-El Watan/06/10/2014/

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*13 « syndicalistes milliardaires » en grève de la faim !

 Selon des sources responsables au niveau de la direction générale des douanes, treize anciens syndicalistes de l’Union nationale des travailleurs des douanes, dont les dossiers ont été transféré devant la justice, après avoir été privés de leur immunité syndicaliste, sur les milliards qu’ils possèdent en banques ainsi que le foncier qu’ils ont acquis pendant leur années de travail dans le sud.

 Les mêmes sources révèle ce scandale suite à la réunion tenue par le directeur général des douanes avec les cadres du sud algérien, qui a annoncé vouloir soumettre tous les agents des douanes à un contrôle de leurs biens, et la création de nouveaux outils de contrôle permettant de mettre à nu les dépassements et la corruption qui ronge le secteur et qui impliquent des éléments de l’établissement, après les recommandations du président de la république sur la nécessité de contrôler les biens des douaniers, notamment ceux exerçant sur les frontières.

Plusieurs cas de corruption ont été découverts, mettant en cause directement des agents de douanes. Selon le premier responsable du secteur, des douaniers, licenciés depuis une dizaine d’années auraient eux aussi rejoint le mouvement de grève.

Ces douaniers, ajoute le directeur général des douanes, refusent les recommandations de la réunion des douanes algériennes dans le sud, qui tendait à mettre en exécution les contrats conclus en 2009 entre la direction générale des douanes et les directions régionales, dans le cadre du plan de réformes de l’administration douanière. Ces contrats définissent les objectifs tracés, notamment en termes de contentieux, des rentrées douanières, la lutte contre la corruption et la fraude fiscale.

13 douaniers « milliardaires » refusent les décisions du président

Selon la même source d’Ennahar, la goûte qui a fait déborder le vase serait les enquêtes qui ont mis la lumière sur le pot aux roses, dévoilant les responsables travaillant dans le sud algérien, à l’instar de la wilaya de Ghardaïa, impliqués avec des réseaux internationaux de contrebande de cigarette étrangère. Selon les mêmes sources, ces douaniers possèdent des comptes en banque en milliards. Ils auraient refusé de s’adapter avec la nouvelle donne relative à la transparence, des mesures qui obligent tout douanier à déclarer ses biens quelles que soient leur nature. (Ennahar-27.11.2011.)

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**ALIMENTATION, HABILLEMENT, ÉLECTROMÉNAGER…
Les riches n’achètent pas algérien

Une nouvelle catégorie sociale a fait son apparition, elle dépense sans compter, plus par ostentation que par nécessité. Elle incarne l’image d’un système qui a fait la part belle aux opportunistes.

Les Algériens font-ils un complexe par rapport aux produits importés? La production locale est-elle de qualité inférieure pour qu’elle soit automatiquement boudée? Il doit y avoir une part de vérité dans chacune de ces questions. Mais pas seulement. L’état de l’économie, hors hydrocarbures, productrice de richesses, étant ce qu’il est. Il n’est donc pas étonnant de voir le marché national inondé par toutes sortes de produits: vêtements, tissus, réfrigérateurs, téléviseurs… et même des fruits exotiques hors saison (ananas, mangues, kiwis…).
L’Algérie représente un marché potentiel de 35 millions de consommateurs. Une nouvelle catégorie sociale a fait son apparition. Elle s’est dotée d’un pouvoir économique qui la distingue des classes moyennes dont le pouvoir d’achat s’est sensiblement érodé ces dernières années avec la spectaculaire flambée des prix qui n’a pas épargné les produits de consommation de base. Elle dépense sans compter beaucoup plus par ostentation que par nécessité.
Avant d’arriver à ce constat, il faut se rendre à l’évidence et rappeler que la société algérienne est passée par bien des étapes, souvent très douloureuses, qui l’ont modelée puis transformée au contact d’autres civilisations et d’autres cultures.
Si, toutefois, l’on a envie d’évaluer son degré d’adhésion à la société de consommation ainsi que les mutations sociales et économiques très profondes qu’elle a subies, la référence à la date de son accession à l’indépendance peut constituer un des moments déterminants et incontournables de sa compréhension.
L’Algérie avait cessé d’être colonie française au mois de juillet 1962. Elle avait enfin son destin entre ses mains. De ses options et choix économiques allait prendre naissance la société algérienne actuelle. Pendant l’occupation, la population algérienne, à majorité paysanne, vivait des travaux des champs et de petits troupeaux d’élevage, caprin en général, lorsqu’elle disposait encore d’un lopin de terre. L’expropriation massive sur laquelle reposait la politique française de colonisation avait réduit les paysans algériens à un état d’extrême pauvreté. Il ne leur restait comme seule alternative que de louer leurs bras, leur force de travail, dans les fermes et les domaines coloniaux.
L’exode rural ayant eu pour conséquence de former les premiers bataillons de prolétaires soit à la périphérie ou au coeur des grandes villes (Alger, Oran, Constantine, Annaba…), les plus «chanceux» ont traversé la Méditerranée, souvent contre leur gré, pour faire le bonheur des usines et des chantiers français en plein essor et reconstruction depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au contact de la France métropolitaine, allait se forger le mouvement nationaliste.
Très schématiquement, c’est à travers ces périodes qui ont jalonné l’histoire de l’Algérie contemporaine, qu’a pris naissance, dans la frustration et après l’indépendance, une nouvelle classe de nantis, de nouveaux riches. Son accès au bien-être et à une vie décente, aussi légitime soit-il, s’est transformé en un matérialisme forcené, doublé d’une bonne dose de fétichisme qui ont débouché sur une culture de l’ostentatoire qui s’est à son tour mue en mode de vie.Certains signes ne trompent pas
De gigantesques habitations ont vu le jour dans les grandes villes, en particulier sur les hauteurs d’Alger mais qui se sont étendues depuis, bien au-delà, provoquant une envolée spectaculaire et jamais égalée du prix du mètre carré, préparant le terrain à un secteur de l’immobilier qui fait son beurre tout en s’assurant des lendemains prometteurs en exploitant sans vergogne la grande spéculation qui l’entoure.
La crise des subprimes est passée comme une grippe saisonnière.
La crise financière internationale aussi. Ce sont quelques-uns de nos ministres qui l’ont déclaré: le système bancaire algérien est déconnecté du système financier international, nous ont-ils dit.
Les nouveaux riches peuvent se permettre une villa qui peut atteindre des dizaines de milliards de centimes dans certains quartiers d’Alger sans se saigner aux quatre veines. Et c’est à laquelle de ces habitations cossues rivalisera le plus avec celle du voisin. Faïences, poignées de porte, carrelages, meubles… sont importés de l’étranger.
Des garages luxueux sont aménagés pour accueillir les voitures des marques les plus célèbres de la planète. Les 4×4 sillonnent les artères de la capitale et des grandes villes algériennes pour l’immense bonheur des plus grandes firmes étrangères.
En ce qui concerne le domaine de l’automobile, il n’y a pratiquement rien à dire ou plutôt à redire. Et pour cause: l’Algérie n’ayant pas encore fabriqué sa première voiture. Pour se rendre compte du penchant de cette nouvelle catégorie sociale de nantis pour la consommation «made in», il faut s’intéresser à la consommation des produits alimentaires importés. Fromages de toutes sortes, notoirement français (camembert, roquefort, gruyère,…), poissons (saumon, caviar…), les fruits hors saison (raisins, poires, pommes, avocats…), ainsi que des tenues vestimentaires portant la griffe des plus célèbres couturiers du monde.
Un mode de consommation qui indique que la société algérienne est entrée de plain-pied dans la globalisation, dans ce système capitaliste que l’on appelle pudiquement aujourd’hui, économie de marché. Cette classe de nouveaux riches algériens semble y avoir trouvé son bonheur. Elle fait aussi celui des importateurs de tout poil qui se frottent les mains.
Les importations globales de l’économie nationale ont atteint le chiffre record de 40 milliards de dollars en 2008. Elles n’ont que très peu diminué en 2009.
La solidarité, qui constituait autrefois le ciment de l’organisation sociale de l’ensemble de la société algérienne, a été battue en brèche par un individualisme forcené, l’appât du gain facile et l’enrichissement personnel à tout prix.
Un revers de la médaille qui a pris corps dans plus de 130 années de brimades et de frustrations, lesquelles ne justifient en aucun cas cette ostentation au goût malsain. (L’Expression-05.05.2010.)

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**Comment les milliardaires nuisent à l’économie

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Les milliardaires sont nuisibles, selon la thèse de Linda McQuaig et Neil Brooks
Les Québécois ont tendance à se méfier des riches, dit le lieu commun.
Peut-être ont-ils raison. La journaliste Linda McQuaig et le fiscaliste Neil
Brooks soutiennent, dans Les milliardaires : comment les ultrariches nuisent
à l’économie,
la thèse que, plutôt que de créer de la richesse et de l’emploi, les ultrariches coûtent cher à la société et menacent la démocratie.
Explications avec Alain Deneault, politologue et auteur de la préface du
livre.
  « Plutôt que de contribuer à la richesse collective, les milliardaires en vivent et la ponctionnent, dit Alain Deneault. On pourrait même dire que les vrais assistés sociaux, ce sont eux. » Et qu’en est-il de l’imposante contribution des riches aux recettes fiscales de l’État? On répète que les nantis y contribuent de manière disproportionnée. « La part des recettes fiscales assumée par les riches est certes de plus en plus substantielle, mais seulement parce qu’ils touchent une fraction de plus en plus importante de l’ensemble des revenus, accaparant ainsi une large part du pécule collectif. C’est encore pire lorsqu’ils s’adonnent à l’évasion fiscale, dit notre invité. Ces cas-là nuisent carrément à l’économie nationale en se soustrayant aux règles de droit. »*Radio.Canada-dimanche 7 avril 2013

***Les milliardaires algériens investissent dans le luxe

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La franchise commerciale avance à grands pas en Algérie à la  faveur du lancement des grands centres commerciaux. Dans le lot, le luxe grandit  plus vite Vu les tarifs à l’entrée, tout le monde ne peut pas en être. Des  milliardaires qui ont construit leur prospérité dans d’autres métiers ont choisi  de venir sur ce créneau. Galerie de profils dans un nouveau paysage d’affaires  ou l’enjeu est de transformer les franchises commerciales en fabrications  locales.

Hakim Cherfaoui, du groupe Blanky a tenté  d’oublier l’échec dans le développement de la chaîne de supermarchés Promy.  Spécialiste du négoce, il est actionnaire dans la société Odyssée qui représente  Z, du groupe Zannier, l’un des plus grands dans le monde dans la confection de  vêtements pour enfants. Sa boutique au centre commerce et de loisirs de Bab  Ezzouar ouvrira vers la mi- novembre. Issad Rebrab, le patron du plus grand  groupe privé algérien, lui, a un programme plus ambitieux. Il veut développer  une chaîne d’hypermarchés à l’enseigne locale Uno répartis à travers les grandes  villes du pays. Après un premier, situé à Garidi, un second, plus important, a  ouvert au centre commercial et de loisirs de Bab Ezzouar. Manel et Salim  Benmiloud développent quatre franchises toutes présentes au sein de ce grand  espace commercial à travers la société Mansel Distribution. Carré Blanc a déjà  ouvert au sein de ce grand espace implanté dans le quartier d’affaires d’Alger.  Les boutiques Alain Aflelou (lunettes), Geneviène Lethu et Guy Degrenne (Arts de  la table) le seront avant la fin de l’année. Slim Othmani, le PDG de NCA, numéro  1 dans la production de jus en Algérie (Rouiba), est lui pour sa part partenaire  de Lacoste. Il est actionnaire de la société Oméga qui distribue les produits de  la grande marque en Algérie. Sa première boutique a ouvert au centre commercial  et de loisirs de Baz Ezzouar. Un second point de vente est prévu à Oran. La  société Playmode, détenu par de jeunes milliardaires algériens est actionnaire  dans la société Oméga. Elle représente également les marques Nike et Geox. Une  boutique Nike a déjà ouvert au centre commercial et de loisirs de Bab Ezzouar.  Playmode compte déjà 19 boutiques implantées principalement dans la capitale. La  famille Hasnaoui, connue pour distribuer Nissan en Algérie, est également  présente à travers la marque Sony.

Une demande montante pour les  produits de marque

Mais pourquoi ce nouveau penchant pour le  commerce du luxe en Algérie ? Une demande existe. Elle est reflétée par  l’émergence d’une classe moyenne à revenus élevés. Elle correspond en un mot aux  cadres algériens employés dans les sociétés étrangères implantés en Algérie  et/ou de grands privés locaux. Il y’a eu également une augmentation de revenus  pour les hauts fonctionnaires et les cadres supérieurs de l’état. Cela pèse dans  la balance. « Les Algériens sont à la recherche de qualité, de la traçabilité  des produits. Ce n’est pas forcément destiné à des consommateurs riches. Des  ménages sont prêts à se sacrifier pour leurs enfants, des articles de plus  longue durée (que des produits bas de gamme) qui sont lavés et relavés et qui  restent intacts pendant des années », explique Hind Benmiloud, avocate  d’affaires et promotrice du développement de la franchise en Algérie. Le lieu  d’implantation du centre commercial et de loisirs n’est pas fortuit. L’espace  fait partie du futur quartier d’affaires de la capitale. Non loin du centre  s’érigent déjà les sièges de la société française CMA CGM et d’Algérie Poste.  Les travaux concernant le siège de Bnp Paribas ont démarré. C’est également le  cas d’un complexe immobilier incluant des hôtels cinq étoiles. Un projet de  groupe Bahreini, La Trust, les hôtels Mercure et Ibis font partie également de  l’environnement. Il s’agit là d’une clientèle potentielle à pouvoir d’achat  élevé. Ces arguments ont sûrement influé dans la décision d’Ooxoo de s’implanter  en Algérie via une boutique au centre commercial ouverte par la société Godache  importation. . Cette grande marque est présente dans cinq pays : quatre  européens et, pour l’heure, seulement  l’Algérie au Maghreb.

Tous ces facteurs ont favorisé  la décision d’investir dans le créneau. Les chances de succès restent  importantes. La notoriété des marques, le transfert de savoir-faire dans le  commercial, en particulier le marketing vont jouer. « Les produits de marques  étaient pendant longtemps absents du marché algérien. On enregistre un besoin de  produits de grandes marques qui ne sont pas falsifiés. Cela crée de l’emploi,  une valeur ajoutée (de gros bénéfices) pour les franchisés qui savent commercer  », observe Mustapha Nia, un distributeur de produits textiles. Mais la question  est de savoir si cette propension pour le commerce des franchises va se muer en  fabrications locales. Nous serions alors, avec la floraison des franchises, dans  un scénario d’étape préindustrielle. Premier bémol, aucune marque algérienne  issue d’une production locale ne figure dans ce lot de grandes enseignes. Le  reflet reconnaissable d’une économie foncièrement rentière. L’autre enjeu, non  des moindres, demeure de maintenir dans la durée la commercialisation de  produits à 100% d’origine.(Le Quotidien d’Algérie-novembre 2010)

**Réaction d’un internaute:

Mais pourquoi ce nouveau penchant pour le commerce du luxe en Algérie ?
reponse…80% des petrodollards sont entre les mains des voleurs, cèst normal quìls vont les jetter par la fenêtre…argent mal aquis, n’en profite jamais.
Ensuite, cèst la logique de détruire tous ce qui est algerien…
Les industriels, privés algériens ont été inondés …avec l’aide et l’argent de l’Etat et ses institutions.
1 – par une bureaucratie ecrasante, repugnante.
2 – par un service de douane a deux vitesses, deux poids deux mesures, favorisent certains, mais la plus part payent cher les droits des douanes.
3 – par les importation anarchiques, de tous genres, sans le moindre tenir compte de la protection de la production national…combien d ìndustrie, d`industriel, ont arreté leurs activités, fermé leurs portes…textile, meuble, alimentaire, papetrie….ect
4 – Par le terrorisme, creer specialement pour ruiner, voler, dilapider les biens du pays, ecraser le peuple algerien, stoper nettement tout industrie productif.
5 – par un service des impots des plus destructeur de la production nationale.
6 – par la reduction de l`apport de l ùniversitee, des ecoles de formation proffesionel, en ecrasant toute forme de liberter, de qualitee de formation , et surtout en interdisant tout contact entre les industries algeriennes et les universitaires.
7 – par la devaluation du dinard algerien, cela donne un salaire dérisoire a toute tentative d embauche d un salarié…
8 – par l octroi des affaires juteuse juste entre le cercle des décideurs…si tu connai un capitaine, un colonel..un directeur.un maire, un wali…tu peut reussir une affaire juteuse, bien en donnant des tchipa par ci et par la et voila, aujourd’hui on finit bien la tache par l investissement de ses voleurs, criminels, aux mains tachées de sang des milliers algeriens assassinee dans les annees 1990…sans aucune justice, aucune enquete, ….ces milliardaire font encore du mal au pays …..

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Un ministre, six walis et cinq députés déclarent leurs biens….

  Du cheptel, des terres, et des devises comme patrimoine

Le ministre de la Poste et des Technologies de la communication et de l’information M. Bessalah Hamid, le directeur du cabinet du chef du gouvernement, Meghlaoui Hocine, six walis: Fatmi Rachid, wali de Souk Ahras, Chater Abdelkrim, wali de Tindouf, Bouguerra Ali, wali de Bouira, Brahim Merad, wali de Boumerdes, Djamaa Mohamed, wali de Chlef, Bedrici Ali, wali de Bejaia, ainsi que cinq députés de l’assemblée populaire nationale APN, Bakraoui Abdelkader, Benderrah Mostefa, Lahmar Aoued, Kahfaz Miloudi, Benyakhou Farid, viennent de rendre public leur déclaration du patrimoine, publiée sur le journal officiel.

 Cette déclaration s’inscrit dans le cadre de l’application des dispositions de la loi 06-01 du 20 février 2006 relative à la prévention et la lutte contre la corruption.

 A l’instar des déclarations de patrimoine du président de la République, des parlementaires, du président et des membres du conseil constitutionnel etc, celles des 13 hauts cadres de l’Etat sus-cités, s’effectuent auprès du premier président de la Cour suprême et fait l’objet d’une publication au journal officiel, dans les deux mois suivant leur élection ou leur prise de fonction. Selon sa déclaration, le ministre Bessalah Hamid dispose d’un appartement à Boumerdes, désistement OPGI d’une valeur de 3 millions de DA (biens propres en cours de régularisation), d’une maison individuelle à Draria dans le cadre d’une coopérative des chercheurs (septembre 2001) d’une valeur de 15 millions de DA, un véhicule Peugeot 407 (année 2004) acquis dans le cadre du prêt trésor d’une valeur de 1,5 million de DA. Enfin et en matière de liquidités et placement, le ministre possède un compte de 1,8 million de DA. Pour sa part, le directeur de cabinet du chef du gouvernement possède une maison individuelle à Birtouta (bien propre) une maison individuelle à Birkhadem (copropriété), 10.000 Euros, 114.000 dollars et 1.000.000 de DA.

 M. Fatmi Rachid, wali de Souk Ahras, dispose, pour sa part, d’un logement individuel et d’un appartement à Tébessa (bien propre), un véhicule touristique 307 (année 2005 bien propre) et 328.081.89 DA. Le wali de Tindouf Chater Abdelkrim, l’on relèvera que ce dernier possède une maison à Sétif (bien propre), un véhicule Renault Mégane 2004 (véhicule gagé) et 806.803.28 DA.

 De son côté le wali de Bouira Bouguerra Ali, a déclaré sur l’honneur posséder une villa R+2 à Bordj Bou Arerridj (bien propre) d’une valeur de 2.234.102.77 DA, un véhicule particulier ( bien propre) et un montant de 2401.59 DA. Ibrahim Merad, wali de Boumerdes, dispose de son côté, d’une maison individuelle à Hydra (bien propre), une maison en location, un local commercial et des terrains agricoles (biens indivis), un véhicule Peugeot 307 (2004), un compte CCP de 1.500.000 DA et environ 700.000 DA. La déclaration du wali de Chlef M. Djamaa Mahmoud fait état des biens suivants: Un bien à usage d’habitation à Oued Rhiou et un lot de terrain à Bir El Djir (biens propres), un véhicule Toyota (2004) et des placements (483.000 da), deux comptes à la banque au nom de sa fille (32.853 DA et 9.456 DA).

 Fatmi Rachid wali de Souk Ahras a, pour sa part, déclaré détenir un logement individuel et un appartement à Tebessa (bien propre), un véhicule Peugeot 307 année 2005 d’une valeur de 700.000.00 da (bien propre) et un compte Cnep banque de 328.081.89 da.

 Enfin, le wali de Bejaia Bedrici Ali, et conformément à sa déclaration, détient une maison R.D.C à Ouadhia (Héritage, indivision), un appartement et un terrain à Tizi Ouzou (bien propre), et un appartement à Draria (acte en cours). Il possède en outre un véhicule 307 (bien propre et un compte CCP d’environ 120.000 da. Concernant les cinq députés de l’APN, l’on relèvera que les biens de M Bakraoui Abdelkader se résument en une maison individuelle d’une valeur de 301.000.00 de DA , (bien propre cession des biens de l’Etat) un véhicule Kia (bien propre) et 60.000 DA. Le député Benderrah Mostefa, possède quant à lui, une maison à Mesaad d’une valeur de 2 millions de dinars, une maison à Djelfa d’une valeur de 3 millions de DA, deux locaux commerciaux d’une valeur de 2 millions de DA environ, 14 hectares terrains semi arides à Messaad (bien arch) d’une valeur de 10 millions de dinars, 200 hectares, terrains semi arides à Deldoul d’une valeur de 1 million de dinars (bien arch). Le même député dispose d’un véhicule particulier (2005) d’une valeur 1.77 millions de DA (bien propre), une souscription à la CRMA d’une valeur de 2.000.00 DA, un cheptel de moutons (400 têtes) individuel (héritage, achat et production) d’une valeur variable entre 4 et 6 millions de DA (bien propre), et achat d’un véhicule 2055 dans le cadre d’un crédit CRMA et particuliers de 1 million de DA environ.

 Le député Lahmar Aoued a déclaré posséder une maison individuelle d’une valeur de 1.200.000.00 DA, un appartement d’une valeur de 900.000.00 DA (héritage), des terres agricoles de 5 hectares d’une valeur 500.000.00 DA (copropriété), et d’un véhicule (1999) d’une valeur de 800.000.00 DA (bien propre). Pour la déclaration du député Kahfaz Mouldi l’on relèvera que ce dernier possède des liquidités et placement de 1 milliard et 2 millions. Pour les biens du député Benyakhou Farid, ils se trouvent dans leur majorité en Tunisie. Le député possède une villa à Tunis et une autre à Hammamet (biens propres), une propriété agricole de 50 hectares à Nabeul (Tunisie) en héritage et une propriété immobilière à Mascara. M Benyakhou dispose aussi d’un tracteur, d’une Mercedes (120.000 DA tunisiens) d’une BMW (150.000 DA), d’une Mercedes CLK (100.000 DA) et d’une Subaru (170.000 DA), tous des biens propres. Il possède en outre un compte de 90.000 DA tunisiens, des tableaux d’art d’une valeur de 50.000 euros, des meubles anciens en Tunisie d’une valeur de 15.000 euros (biens propres), des objets d’art en héritage, import export (50%), une société anonyme à Tunis (50%), une production vinicole (50%) et une carrière de sable et céramique à Tunis. Enfin le même député a déclaré l’achat d’un véhicule en crédit, solde 500.000 da environ. (Le Quotidien d’Oran-20.02.2010.)

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14 réponses à “L’opulence des nouveaux milliardaires”

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