passe-droits, mensonge et corruption-1

**qu’on l’appelle dessous-de-table, pot-de-vin, bakchich, kahwa ou encore ikramia, la corruption s’est banalisée et même démocratisée en Algérie.

*la tchipa gangrène la société

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Qu’elle soit l’œuvre de simples agents publics ou de hauts cadres de l’Etat, qu’elle touche le bureau de poste de la commune ou une partie de l’appareil judiciaire, qu’on l’appelle dessous-de-table, pot-de-vin, bakchich, kahwa ou encore ikramia, la corruption s’est banalisée et même démocratisée en Algérie.

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Ce n’est plus un tabou de demander ou de verser une contrepartie pour obtenir un passe-droit et, de plus en plus souvent, pour obtenir un droit. Mais si certains ont le courage de dénoncer le phénomène, d’autres préfèrent seulement s’en détourner de peur des conséquences. Pas facile, cependant, de s’en détourner quand, de l’avis de tous les observateurs, le phénomène s’est généralisé, touchant «toute la société» et n’épargnant quasiment aucun secteur.  
Les affaires traitées par la justice en 2010 ont mis en avant les collectivités locales, la poste et les banques comme étant les trois secteurs les plus touchés par la corruption, selon les déclarations du directeur des affaires pénales et des grâces au ministère de la Justice, Mokhtar Lakhdari. Mais celles qui échappent à la justice sont encore trop nombreuses pour s’en faire une idée précise et les exemples ne manquent pas.

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Un ancien gérant de kiosque multiservices à Alger nous raconte, sous le couvert de l’anonymat, une mésaventure avec un agent de guichet (qui était responsable de tout ce qui avait trait à cette activité) au niveau de l’opérateur public de téléphonie. «Je devais régler une facture de 8000 DA, raconte-t-il. Je me suis présenté au niveau de l’agence et je l’ai réclamée. Le préposé au guichet m’a indiqué qu’il allait me la fournir dans un instant. Je n’avais pas bien compris son manège et, voyant le temps anormal que l’opération prenait, je me suis résigné à aller faire un tour dehors. C’est alors que cet agent m’a suivi et m’a dit qu’au lieu de payer les 8000 DA, ce serait mieux que je lui verse la moitié directement à lui et en contrepartie il sauterait la facture.» Ce que le gérant a refusé catégoriquement. «C’est là que mes problèmes ont commencé», poursuit-il.

«Chaque week-end, on nous coupait les lignes et il fallait attendre 48 heures pour les rétablir, autant dire que l’activité était compromise. C’était du pur sabotage pour nous faire plier.» D’ailleurs, le même agent de guichet «m’a clairement dit, quand je me déplaçais pour des réclamations, que c’était de ma faute. Je lui ai répondu que je préférais fermer boutique plutôt que de faire ce qu’il demandait et c’est d’ailleurs ce qui s’est passé quelque temps après».
Cet exemple n’est pas unique et dans beaucoup de cas, les personnes sollicitées pour payer des pots-de-vin préfèrent régler eux-mêmes la question au lieu de se tourner vers la justice ou vers les autorités.

Mais tout le monde n’a pas le même rapport avec la corruption. Un émigré algérien, vivant au Canada depuis plus de dix ans, a eu l’idée de venir investir en Algérie dans le secteur de la transformation de la viande. «Pour obtenir une autorisation de la wilaya, vous devez verser des dessous-de-table, pour retirer un papier de l’APC on vous demande quelque chose, pour vous installer un poste de transformation, on vous réclame 200 millions de centimes et idem pour tout le reste et à chaque étape», raconte-t-il. Pour éviter «les tracasseries et gagner du temps, je paye ce qu’on me demande», ajoute-t-il. Pourtant, au final, le projet a été abandonné.

Même si ce sont des entreprises ou des organismes publics qui sont en cause, souvent ce sont les petits agents de bureau, de sécurité ou de guichet qui y travaillent qui sont les plus souvent mis en cause.  «Il est arrivé que pour obtenir le livret foncier nécessaire pour la vente d’un bien immobilier, des personnes, dont on ignorait même la fonction au sein du cadastre, proposaient de le faire en une semaine au lieu de deux mois moyennant 10 000 DA, alors qu’en tant normal vous devez vous acquitter de seulement 1000 DA auprès de l’administration», nous raconte un agent immobilier. Rappelons qu’à El Tarf, des agents de la Direction du cadastre ont été pris en flagrant délit de corruption il y a deux ans.

Impunité !

Certains opèrent seuls, mais quant ils sont en bas de l’échelle, la somme demandée sert à engraisser tout «un réseau» qui peut aller du simple agent de sécurité au détenteur du pouvoir de signature.
Au vu du nombre d’affaires traitées par la justice (un peu plus de 7000 entre 2006 et 2011), il est clair que cela ne constitue que la face émergée de l’iceberg. D’ailleurs, une étude menée par la  Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH) en 2011 a montré que seulement un peu plus du tiers des personnes interrogées dénonceraient une affaire de corruption si elles en prenaient connaissance, 80% d’entre elles ne se sentant pas protégées en cas de menace ou de représailles. «Les citoyens ne font pas confiance à l’appareil judiciaire et donc ne vont pas systématiquement dénoncer la corruption. Beaucoup l’ont déjà fait, mais très souvent sans suite malheureusement», explique Khelil Abdelmoumen, membre de la Ligue.

Pourtant, la loi de 2006, relative à la lutte contre la corruption, est censée protéger les dénonciateurs dans son article 45. Mais c’est «toujours le problème de la mise en application des textes. Le pouvoir politique n’applique pas ses propres lois», déplore M. Khelil. L’étude a permis de savoir quels sont «les axes sur lesquels la société civile doit travailler, à savoir la protection des dénonciateurs, ainsi que la sensibilisation des acteurs et intervenants du secteur de la justice et l’encouragement des citoyens». Car aujourd’hui, si le phénomène a pris de graves proportions, c’est parce que «tout le monde croit que l’impunité est la règle en matière de corruption». 
La corruption «touche à la justice qui est un droit fondamental pour les citoyen et si l’appareil judiciaire est gangrené, ce droit ne peut plus être garanti», explique M. Khelil. Si parfois on a pu justifier la corruption par la vulnérabilité de ceux qui s’y adonnent du fait de leur situation socio-économique précaire, M. Khelil estime qu’«on ne peut pas résumer le phénomène à une question de pouvoir d’achat ou de niveau de vie car il touche même les plus hauts cadres de l’Etat».* Par Safia Berkouk*El Watan-01.10.2012.

***Mourad Ouchichi. Professeur d’économie à l’université de Béjaïa

«Des réseaux de prédation organisent le captage de la rente»

On a parfois lié le phénomène de la corruption à l’existence d’une maffia politico-financière puissante. Jusqu’à quel point cela est-il vrai ? 

Il faut arrêter de considérer la corruption comme un épiphénomène dû à l’existence d’un lobby ou d’une maffia politico-financière. C’est un problème généralisé et fondamentalement politique, lié exclusivement à la nature de notre système. En d’autres termes, faute de légitimité électorale, le régime utilise les ressources du pétrole pour se maintenir au pouvoir en achetant la paix sociale, en fermant les yeux sur les dérives, etc.  Ajouté à cela le manque d’indépendance de la justice, il n’est pas étonnant que cela se généralise. Ce qui est encore plus dangereux, c’est que cela se démocratise. L’ancien Premier ministre a reconnu l’existence d’une maffia politico-financière difficile à maîtriser. Il faudra l’identifier et la combattre, sinon toutes les déclarations officielles sur la lutte contre la corruption ne seront, à mon sens, que de la poudre aux yeux.

-Comment cette démarche politique se fait-elle ressentir sur l’économique ?

Nous n’avons pas une économie productive mais rentière, et là il faut se demander pourquoi les tentatives de réforme des années 1980 et même d’après n’ont pas abouti. Encore une fois, c’est un problème éminemment politique car les décideurs se retrouvent devant un dilemme : ou bien on veut une économie productive donc on libère le marché, ce qui suppose une perte de pouvoir politique et donc une perte de contrôle et d’hégémonie pour ceux qui le détiennent ; ou bien alors la priorité est le maintien de ce pouvoir politique et donc on se retrouve dans une économie dont l’informel représente 50% et où la masse monétaire qui circule en dehors des circuits officiels est colossale. En somme, les institutions informelles ont dépassé l’économie formelle. Je pense qu’il s’agit d’un choix délibéré de laisser-faire pour éviter que se posent les questions les plus sérieuses comme celle de la légitimité. Quand 50% de l’économie est contrôlée par l’informel, il n’est pas étonnant de voir la propagation de la corruption aussi bien dans les plus hautes institutions que chez le dernier des citoyens.

-Pensez-vous que les grands programmes d’investissement publics depuis 2000 ont constitué un terrain propice pour l’extension du phénomène ?

Depuis l’arrivée du président Bouteflika, on parle de relance économique, mais ce à quoi on a assisté c’est une ouverture excessive sur l’extérieur à travers l’Accord d’association et un retour à la centralisation de la décision économique à travers des lois et des mesures sur les entreprises publiques, des énièmes assainissements financiers, des remises en cause de l’autonomie de la Banque d’Algérie, etc. C’est comme si on était revenus aux années 1970 avec le protectionnisme en moins et, au final, on dans une économie mercantile et rentière. Sans des réformes profondes, les programmes de développement ne pouvaient que favoriser la corruption parce qu’on ignore dans quelle économie on est. C’est une économie hybride ; l’Etat est présent là ou il ne faut pas et absent là où il devrait être. Nous ne sommes ni libéraux ni étatistes, c’est le propre des régimes qui pensent à se maintenir au lieu de réformer. Des milliards de dollars sont injectés par le haut et, en face, des réseaux de prédation organisent le captage de cette rente. 

-Comment concilier la lutte contre la corruption et le souci de ne pas instaurer un climat de suspicion ?

La mémoire collective n’est pas défaillante dans le sens où toutes les actions officielles menées en matière de lutte contre la corruption sont assimilées à un règlement de comptes. Les personnages politiques sont devenus gages d’impunité. La lutte réelle contre la corruption suppose un processus global qui redonnerait à l’Etat son rôle de régulateur, qui garantirait l’indépendance de la justice et une véritable séparation des pouvoirs. Ce qu’il faut, en somme, ce sont des réformes structurelles qui laisseraient se développer une véritable économie productive et redonneraient l’autonomie au marché. L’économie algérienne est surpolitisée. Actuellement, les dirigeants, qu’ils soient d’organismes, d’institutions ou d’entreprises, sont désignés par le régime, ce qui donne un système basé sur le clientélisme et la corruption. Il n’y aura pas de lutte contre la corruption puisque cela suppose un changement politique et je ne crois pas que le régime en place le veuille.».* Par Safia Berkouk*El Watan-01.10.2012.

**Rappelant que la lutte contre la corruption passe par une réelle volonté politique

Le FFS, le PT et l’Alliance de l’Algérie verte demandent l’activation de la Cour des comptes

Le plan d’action du gouvernement de Abdelmalek Sellal n’a pas été à la hauteur des attentes des principaux partis siégeant à l’Assemblée populaire nationale.

Hormis les représentants des deux partis au pouvoir, le FLN et le RND, ainsi que la nouvelle clientèle du pouvoir qui a réussi à gagner des places dans l’hémicycle Zighout Youcef, les chefs des groupes parlementaires des autres partis politiques n’ont pas été tendres avec le nouveau Premier ministre et surtout avec le régime qu’il représente. La politique esquissée dans le plan d’action du gouvernement est largement critiquée. Le Premier ministre et son équipe gouvernementale n’ont pas eu droit à des flatteries seulement. Au contraire, ils ont été sévèrement tancés pour le «flou» qui caractérise ce plan d’action dépourvu, de surcroît, de toute précision sur les modalités de sa réalisation. Exemple : la lutte contre la corruption.

Les chefs du groupe parlementaire du FFS, Ahmed Bettatache, de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV), Naamane Laouar et la patronne du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune n’ont pas été avares en matière de critiques sur l’absence d’une réelle volonté politique de lutter contre ce fléau. «Il ne suffit pas de le dire ou de l’écrire pour en finir avec le phénomène de la corruption. La lutte se fera avec la mobilisation de moyens nécessaires», affirment ces trois responsables politiques. Ils demandent, dans ce sens, l’activation de la Cour des comptes, l’indépendance de la justice et la libération des juges de toutes formes de contraintes pour juguler la corruption et traquer les corrompus et les corrupteurs. La question des réformes politiques et la prochaine révision constitutionnelle ont figuré aussi au centre des interventions des chefs de groupes parlementaires. Mais sur ces questions, les avis divergent.

Le FFS estime que «les réformes politiques» engagées par le président Bouteflika «ont échoué». Il réclame dans ce sens l’élection d’une Assemblée constituante qui se chargera d’élaborer une nouvelle Constitution respectueuse des principes de la démocratie et du pluralisme politique. «Nous ne doutons pas de la transparence des dernières élections législatives. Nous ne croyons pas qu’il y ait eu une élection libre et transparente en Algérie depuis 1962», lance Ahmed Bettatache. Sur le même sujet, Louisa Hanouneestime qu’il serait préjudiciable de confier la révision de la Constitution à un Parlement en mal de légitimité et dont les députés ont été élus à moins de 20% des suffrages. «Il n’est pas de l’intérêt du pays de procéder à la révision de la Constitution dans de pareilles conditions et à quelques mois de la présidentielle.

Nous proposons le report de cette échéance», suggère-t-elle. Louisa Hanoune et le PT ont, rappelons-le, voté pour la révision de la Constitution en 2008 qui a ouvert la voie à un troisième mandat pour Abdelaziz Bouteflika. L’Alliance l’Algérie verte, quant à elle, demande de hâter la révision de la loi fondamentale pour «une séparation des pouvoirs» et la réalisation d’un changement politique, soit l’émanation «d’un consensus national». Les chefs des trois groupes parlementaires ont également soulevé l’absence d’objectifs clairs et d’échéances de réalisation dans le programme de Abdelmalek Sellal. Ce dernier devra répondre, cet après-midi, aux préoccupations évoquées. *El Watan-01.10.2012.

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*On retrouve des cas similaires dans plusieurs wilayas du pays

Des projets d’intérêt général, détournés comme par enchantement, de leur vocation initiale

Une fois de plus, le principe sacro-saint de privilégier l’intérêt général sur l’intérêt individuel a failli être bafoué en matière de concession foncière. Un terrain de plus de 9.000 m2 situé à El Akid Lotfi-Oran, destiné initialement à abriter des équipements publics dont les travaux de réalisation devaient être entamés en octobre dernier, a, comme par enchantement, changé de vocation pour devenir le lieu d’un projet de réalisation d’un supermarché au profit d’un investisseur privé. Les membres du comité chargé d’affecter les terrains aux projets d’investissement et de développement ont sans doute estimé que les 40.000 âmes habitant El Akid Lotfi avaient plus besoin d’un méga-supermarché que d’une piscine, un centre omnisport et une maison de jeunes, dont les études ont pourtant été finalisées et les entreprises désignées par le maître de l’ouvrage, la Direction de la jeunesse et des sports. Mais heureusement que certains militants associatifs locaux suivent de près et avec beaucoup d’intérêt ces projets de proximité et leur évolution qui constitue l’essentiel de leur préoccupation quotidienne et n’hésitent pas à en informer le wali d’Oran en sa qualité de chef de l’exécutif.
Selon Mme Mekki, qui a été militante associative avant d’être députée à l’Assemblée populaire nationale (APN) à l’issue des dernières législatives, « une fois ayant eu vent de ce détournement de vocation du terrain, le wali d’Oran a immédiatement réagi en donnant des instructions fermes, notamment, au directeur des domaines pour que le terrain en question retrouve sa vocation initiale, c’est-à-dire la réalisation des équipements de la jeunesse et des sport inscrits dans le cadre du programme quinquennal 2010-2014 ». Pour Mme Mekki, « ce cas précis illustre parfaitement l’importance de la mobilisation de la société civile pour préserver et défendre l’intérêt des citoyens et de leur ville ». « Ceci démontre également que l’administration a besoin de l’aide de la société civile à qui elle prête une oreille attentive quand il s’agit de cas d’abus, et qu’elle n’hésite pas à prendre les dispositions qui s’imposent », a ajouté Mme Mekki.
Pour rappel, un cas similaire a été enregistré récemment où des promotions immobilières ont été affectées sur un terrain forestier à Canastel avant que le wali n’intervienne après une forte mobilisation de la part de la société civile pour faire arrêter les travaux. A ce propos, les militants associatifs affirment que grâce à la mobilisation de tous, la procédure visant à titrer et cadastrer la forêt de Canastel est en voie d’être achevée en vue de la protéger définitivement de toute spéculation foncière.* .lequotidien-oran. 24.11.2012.

** malfaçons dans la construction des logements

Livrés le mois de juillet 2010, les immeubles de la cité 200 logements sociaux locatifs dans la commune de Gdyel-Oran, ne semblent pas être conformes aux normes de construction minimales. C’est ce qu’affirment les habitants de cette cité. Ces derniers signalent qu’au fil des mois, ces malfaçons sont devenues apparentes. De nombreuses fissures ont été relevées sur les murs des immeubles en plus des problemes liés à l’étanchéité. Devant cet état de fait, les locataires lancent un appel aux services concernés pour bénéficier d’une éventuelle opération de réhabilitation de leurs immeubles. Selon nos interlocuteurs, plusieurs fissures se sont manifestées sur les façades extérieures de leurs habitations. Aussi, des pans de murs et des morceaux de béton se détachent régulièrement.
Ce programme si ambitieux qui avait suscité un immense espoir chez les bénéficiaires s’est vite transformé en un veritable calvaire. « On a peur pour notre vie et celle de nos enfants qui jouent aux alentours des immeubles. On craint que des morceaux de corniches tombent sur leurs têtes ». Et d’ajouter « que même les passants ne sont pas épargnés par le risque ». « Des travaux mal achevés, des malformations sur le plan architectural, au niveau de la menuiserie, de la boiserie, de la maçonnerie, de la plomberie », s’insurge, hors de lui, l’un des locataires de cette cité. Les habitants ont adressé plusieurs correspondances aux services concernés et à leur tête l’office de la promotion et de la gestion immobilière (OPGI). Cette dernière selon les locataires avait dépêché un contrôleur technique qui a établi un rapport détaillé sur la situation de ces immeubles, mais à ce jour rien n’a été fait. Les habitants de cette cité reviennent ainsi à la charge pour dénoncer ce qu’ils endurent depuis plusieurs mois..lequotidien-oran. 24.11.2012.

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des scandales en série éclaboussent l’institution douanière

**Des têtes tombent à la Douane

Commissions d’enquête en série, 14 douaniers suspendus à Alger, patrimoine sous contrôle de 20 douaniers à Annaba, et des douaniers pris dans un scandale de moeurs à Oran.

Sur instruction du Premier ministre M.Abdelmalek Sellal, une cellule de crise a été mise en place par la direction générale des Douanes, aux fins de se pencher sur les différents scandales ayant secoué les directions des Douanes de Annaba, Alger et Oran.
C’est ce que nous avons appris de source sûre. On apprend ainsi qu’un premier rapport préliminaire, établi par l’Office national de lutte contre la fraude, vient d’être remis à la direction générale des Douanes. Première mesure: la suspension à titre préventif de 14 cadres douaniers chargés du dédouanement des marchandises. Selon le même rapport, des officiers des Douanes, relevant de l’institution portuaire d’Alger, sont détenteurs de registres du commerce, contrairement à la réglementation et la législation algériennes en vigueur.
Ces mêmes douaniers auraient à leur actif plus d’une quinzaine de voyages en Espagne. Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que le gouvernement vient d’ordonner une enquête approfondie sur les douaniers, propriétaires de villas en Espagne.
En outre, un rapport a été adressé à la direction générale, par l’Office national de métrologie, faisant état de plusieurs dépassements.
Ce qui n’a pas empêché M.Abdou Bouderbala, directeur général des Douanes, d’ordonner à son tour l’ouverture d’une enquête sur le dédouanement des unités de mesure. Selon les éléments de l’enquête, ces unités de mesure (balances) ont été dédouanées sans respect des formalités administratives d’usage.
Cette enquête touche notamment des marchandises qui sont passées par les entrepôts privés et publics, situés à Boumerdès.
Notons que les services des douanes continuent d’opérer l’enregistrement manuel, ce qui a poussé le directeur général des Douanes à dépêcher une commission d’enquête relevant de l’Inspection générale des Douanes. L’enquête devra faire la lumière sur les raisons de la disparition de 148 déclarations portant sur des produits en fortes quantités (produits cosmétiques et autres appareils).
Selon des indiscrétions, ces déclarations manuscrites, auraient été volontairement détruites.
Ainsi et à titre préventif, la direction générale des Douanes a relevé plusieurs inspecteurs vérificateurs de leurs postes dont certains ont été convoqués officiellement à la DG pour y être auditionnés. On apprend, par ailleurs, que des cadres du port d’Alger ont été suspendus, pendant que d’autres aux ports respectifs d’Oran et d’Annaba ont été relevés de leurs postes et placés sous contrôle judiciaire.
Dans le même sillage, on a fait savoir que les douaniers relevant de l’institution portuaire d’Oran, sont aussi sujets à plusieurs scandales dont celui faisant état de l’implication de trois inspecteurs liquidateurs, suspendus, au motif de leurs biens avec un scandale de moeurs. Une affaire dans laquelle sont impliqués outre les trois douaniers, trois magistrats d’Oran.
Ainsi, au vu des scandales en série qui éclaboussent l’institution douanière, une cellule de crise a été mise en place par la direction générale des Douanes, sur instruction du Premier ministre. Une décision qui porte sur un assainissement profond et définitif des Douanes algériennes.*L’Expression-14.11.2012.

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*Ils savent !

Nous savons que, sous nos cieux, la pratique de la politique est bâtie autour de l’axe central du pouvoir représenté par une coalition de partis et d’intérêts s’interagissant et, le plus souvent, se neutralisent à l’avantage d’une personnalité sachant surnager au dessus de la mêlée.

A terme ce jeu politique malsain, voire machiavélique, pourrait aboutir à un cul-de-sac en terme de démotivation conjuguée à la perte de la confiance, pour la majorité des gouvernés, vis-à-vis de ce mode de gouvernance ainsi basé sur les desiderata des uns sous subordination permanente, d’une part, et l’exclusion de toutes les voix discordantes à celle du maître du moment, d’autre part. Une alchimie alambiquée et des plus détonante !

 A ce sujet, la récente Histoire mouvementée du pays l’a maintes fois fait savoir, aux dépens de toutes les strates sociales confondues, à nos dirigeants qui sont pour leur majorité autistes car imbus d’eux-mêmes du simple fait qu’ils laissent croire, à l’intention des gens, qu’ils sont dans la bonne voie et se sentent adulés par une grande partie de leurs clientèles alors que ces dernières montreront le moment propice – retournement de situation a l’avantage du nouveau maître -, tout à fait le contraire que ce qu’elles étaient, et ce, d’une façon indigne voire de perfidie.

 Ainsi, les multiples tragédies du passé témoignent largement dans ce sens. Ce qui devrait, en principe, susciter les prudences de la part de gens honnêtes, se trouvant dans les rouages d’un tel système de gouvernance, à l’encontre des arrangements politiques « coalisés » actuels. En effet, ces accommodements sont en train de sous-estimer l’entassement des problèmes et tentent coûte que coûte de les escamoter, et qu’ils mettent en avant l’impression, savamment médiatisée, que tout va bien du fait que ce qu’ils tentent de réaliser est à l’avantage de larges pans de la société, et qu’ils sont entrain d’évacuer définitivement toutes les difficultés. Pourtant, ils savent que les problèmes de tous ordres sont en train de submerger les larges couches de la société se stratifiant dans des ensembles d’habitats concentrés et concentriques. Le tout, aux multiples risques psychosociaux !

 Malgré ces aléas qui planent au dessus de nos têtes, l’autisme reste de rigueur, et ce, escomptent-ils, grâce à notre vache laitière en pleine production : les hydrocarbures. Cependant, les autres embarras, liés aux multiples besoins sociaux, iront en s’accentuant et agripperont de plus en plus des gens attirés par le bien-être matériel, certes légitime et nécessaire, mais éphémère et non durable, au lieu qu’ils confortent celui pérenne défini au bonheur moral car contentant à plus d’un titre pour ceux sachant apprécier sa valeur.

 Par conséquent, ces catégories de gens happés par la force des choses, resteront centralisés, cloués, et à la merci de ceux / celui ayant la possibilité, sans partage, de distribuer la rente conjuguée bien évidemment aux assujettissements pavloviens. Et, donc, l’immobilité et l’attente des interventions de l’Etat. Cet état d’esprit, aux multiples risques et lame aux innombrables tranchants, est en vogue ces derniers temps.

C’est comme ça que ce genre de système fonctionne, s’impose, et…qu’il s’imploserait à terme, et ce, dans tous les cas de figure et d’une manière ou d’une autre, tout en sachant que ses adeptes laudateurs sortiront au moment opportun – celui de la débâcle – le fameux mot d’ordre passe-partout : « Nous ne le savions pas ! ». Alors qu’en vérité ils savent tout et qu’ils ne l’avouent que lorsque le/ou leurs parrains ne sont plus de ce monde. Une terrible et lâche condamnation puisque elle serait faite à titre posthume ! Ce type de système ne tient nullement compte des états d’âme de citoyens aplatis, souligne-t-on, par différents aléas arrangeant les affaires des clientélismes en allures avec le temps – à l’image du caméléon épousant la couleur là ou il trouve son compte -, ainsi confortes par des cercles et réseaux d’influences, internes et externes, ayant pour seuls calculs immédiats du genre : « pourvu que ça dure la ripaille et le désordre » ; car ils savent qu’ils ont été imposés, au mépris du simple bon sens et, donc, honnis par la majorité des citoyens ainsi floués car ne bénéficiant que des miettes pour subvenir à leurs besoins essentiels qui sont assez satisfaisants dans quelques domaines seulement pour les uns, et insuffisamment satisfaits pour les autres grossissants au fil du temps et les problèmes avec.

 Ainsi, les comportements arrogants et agissements démobilisateurs en résultants – dont les passe-droits, le mensonge, la corruption, etc. -, sévissant pratiquement dans tous les domaines de la vie nationale, en faits et gestes de gouvernance, semblent s’accentuer au fur et à mesure que leurs auteurs s’empêtrent, et une partie des citoyens avec, car impénitents, dans cette ligne de conduite truffée de pièges et d’aléas imparables par la force de leur imprudence (1)

 A titre d’illustration et de démonstration édifiante, dans le même sens de ce qui vient d’être argumenté ci-dessus, les récentes déclarations, de la part de certains responsables politiques, relatives au projet de loi incriminant la période de la colonisation française, ont été contredites par ceux-là même qui l’ont parrainé dés le début et, contre leurs propres « principes », s’en offusquent maintenant en disant qu’ils ne sont pas au courant du processus ayant régi son aboutissement à ce niveau aussi élevé (2). Et même qu’ils s’en lavent les mains de ce projet de loi pourtant proposé à l’APN par leur propre député et qu’elle à été avalisée par les élus des trois partis de la coalition présidentielle. (3). Pourquoi, alors, s’en laver les mains ? De quelle nature est cette mouche qui les a piqués ? Et pour quels intérêts et au profit de qui ? Tant de questions !

 Il est très possible aussi qu’il y a anguille sous roche. En d’autres termes, un coup fourré de la part d’aigris, notamment du parti du FLN, car éjectés contre leur volonté de leurs piédestaux dorés.

 Ou bien de la part de cercles du pouvoir ayant des calculs de géopolitique nécessitant le harcèlement – ou le conditionnement – de l’establishment Elyséen, aux plans aussi bien des intérêts ciblés dans les domaines de la politique et de l’économie.

 Les soubassements – coups bas – de la politique, c’est aussi ça ! A-t-on les moyens de faire aboutir ce genre de stratégie d’influence. Pas si sur car comme dit l’adage : celui qui compte tout seul, sans tenir compte des calculs d’autrui, pourrait se tromper lourdement : Liyehsseb ouahdou echitlo. Par conséquent, il y a de quoi s’en inquiéter pour les autres affaires liées au destin de la nation, car ce destin est à la merci des faux calculs aussi bien en prévisions qu’en chiffres « comptabilisés » ainsi que d’autres maux, que des incapables ont généré inconsidérément au fil du temps, touchant divers domaines socioéconomique, culturel, historique…  

A ce dernier propos et comme une consigne, sine qua non, surgissant des tréfonds occultes liés à la sauvegarde du pouvoir, dans tous ses états claniques protecteurs d’intérêts strictement personnels, dont son renforcement contre vents et marées, et ce, comme à l’image d’associations nationalistes aux noms prestigieux, qui ont affiché, cette semaine, leur opposition déclarée à la dite proposition de loi, ci-dessus mentionnée, pour le motif que ce n’est pas…le moment de le faire. Pourtant des acteurs français de l’époque et leurs affiliés, le déclarent ouvertement, ne le font pas dans la dentelle, et qu’ils l’étalent dans la forme et le détail. De quoi les nôtres ont-ils donc peur ?  

A moins qu’il s’agisse de l’adage : Anass yahagrouni, ouana nahgar khayti Aicha : Si je suis agressé, alors moi j’irais frapper ma sœur Aicha ! C’est tellement vrai que ce complexe de la lâche agression est visible dans les faits et gestes de gens ne respectant que l’affront externe et ne le font nullement lorsqu’il s’agit du respect y compris vis-à-vis de leurs propres proches et compagnons de combats d’hier devenus, aujourd’hui, des leurres et potentiels adversaires.

 Décidemment, ce « je ne sais pas ! » est devenu un mot d’ordre, un leitmotiv, datant de la période de l’âge d’or défini au règne, certes controversé car il n’était pas totalement doré, du défunt Houari Boumediene – l’homme d’action du 19 juin 1965 renié par ceux-là même tapis sous son burnous et qui l’ont préparé et cautionner – cachant le contenu de la poubelle qui, lui-même, l’avait maintes fois désigné , en ces termes, ce sous-entendu troublant, tantôt en des mots crus tantôt mielleux, à l’intention de ses proches de l’unité de pensée, d’actions et des destins , aujourd’hui réchauffée à l’air du temps et conjuguée aux nouvelles entourloupettes actuelles ne menant qu’au ridicule et …au ras-le-bol.

 A l’exemple d’un débat télévisé, le soir du 23/02/2010, par France 24 su les relations algéro-francaises ou un cacique du FLN, heureusement d’une génération en voie d’extinction, n’a laissé personne parler et n’écoutait même pas qu’on lui parle et, pour impressionner les participants à ce débat, monopolise la parole tout en les faisait rire par ses pitreries de mauvais goût.           A ce train-là, des gens devraient s’en inquiéter de leur devenir et, surtout, de celui de leurs enfants ainsi désorientés par ces insanités et lugubres comportements contradictoires voire hypocrites de la part de personnes aux antipodes des aspirations modernistes des masses juvéniles. A l’image, du trop « sérieux » affiché sur les faciès émaciés des élèves zouaouistes, virevoltants au gré des humeurs et des caprices du Cheikh de la zaouïa entre autres exemples mystificateurs en douceurs par rapport aux intégrismes religieux tout en rudesse et violence. Dans la plupart des cas, ce type de cheikh laisse entendre que les pertes et profits de sa baraka sont de sa seule responsabilité exclusive.

 Malgré ça, les laudateurs et autres glorificateurs de circonstances lui attribuent que les bonnes actions et des intelligences extraordinaires voire des dons du ciel. Ainsi, ils savent, plus que les autres, dans quel sens il faut caresser les poils de son éminence. (4).

 Comme ils sont entrain de le faire, presque gratuitement de surcroît, un certain nombre de chroniqueurs et autres analystes en mal de débouchés, et qui espèrent attirer l’attention des Cheikhs afin qu’ils leur accordent…un simple clin d’œil prometteur ainsi conçu dans leur imaginaire. Pas plus que dans l’imaginaire ! Et qu’ils le savent d’avance en plus.

En vérité, c’est tout un héritage d’une certaine éducation où s’entremêlèrent archaïsme et modernisme discursive de façade (5) En d’autres termes, des mots pour ne rien dire et qui ne rapportent absolument rien de profitable. Un dicton de chez nous le stipule en ces termes : Ah ! Si parlote coûte de l’Argent. Pourtant dans les sociétés qui se respectent et adulent l’honnêteté et les mots de leurs Elites sincères, tout en s’éloignant autant que possible des maux de l’ignorance et de la gabegie, et qu’elles respectent les bonnes Paroles et la pénétration des Médias, aiguillonnent la sincérité et le courage des gens de la Politique, glorifient et honorent le savoir-faire et la pertinence des Cadres de la Nation. Et alors ? Alors, ce sont ces ensembles-ci, de connaisseurs et de connaissances, qui coûtent de l’or. Pas autres choses. N’est ce pas ?

NOTES

1- Les poussins circulant librement dans la campagne sont souvent piégés pas les fils de laine, se trouvant dans les sols humectés, les embourbant au fur et à mesure qu’ils tentent de se délivrer de cette pelote. Alors, coincés, ils ne peuvent bouger. Et si même que le poussin ferait tout pour s’extirper de ce pétrin, ou que l’on essaye de l’en débarrasser, de cette nasse, il s’entremêlé fatalement avec les fils encore plus jusqu’à qu’il s’étranglé définitivement. Un calvaire terrible, pathétique ! On dit : Que peut-on faire lorsque El felouss : le poussin – ou encore le novice en hautes voltiges politiques – ; ikarbaâ : s’embourbe – ou encore manipulé par de vieux…coqs de la politique politicienne -?

2- Un hôte louant une chambre dans un vieil hôtel lequel avait un seul WC dans la cour et qu’il était déjà occupé au moment ou ledit locataire pris par un mal d’estomac, au milieu de la nuit, voulait faire ses besoins. Impatient, il trouve une idée : utiliser un journal comme pot de chambre. Après le soulagement, il prit le journal et le jeta dans la fenêtre s’ouvrant sur un débarras commun central. Manque de… pot, le journal prend la direction du plafond du corridor et éparpille tout le contenu. Eberlué, confus, il regarda son oeuvre. Toute la nuit, il ne savait quoi faire. Tôt le matin, il guettait le moindre bruit. Enfin, comme une délivrance, il voit la femme de ménage circuler dans le couloir. Il l’appelle tout doucement, et lui dit : écouter Madame, de grâce secourez-moi. Voyez- en pointant son doigt vers le plafond -, je vous donne 500 DA si vous lavez ce que j’ai fait là. Mi-amusée, mi-éberluée, elle lui répond : Non ! Moi je vous donne 1000 DA, Monsieur, mais dites moi seulement comment vous avez pu faire cette prouesse ?

3- D’après les propos de ténors, de la majorité parlementaire, rapportés en grande manchette page 01 par le quotidien El khabar du 18/02/2010, le parti du FLN, en principe héritier du majestueux front commun de résistance qui avait victorieusement combattu le colonialisme, se prélasse malheureusement aujourd’hui sans retenue dans le ridicule et la contradiction. A ce sujet, ces mentors ont ajouté, également, qu’ils ne sont ni contre ni pour ladite loi ( ?) et que les crimes du colonialisme ne nécessitent pas de lois pour les condamner ( ?). Et pourquoi les députés français honorent le colonialisme par la loi du 23 février 2005 ? Ah ! Langue de bois quand tu nous tiens par le blabla. Et la discipline de la fourberie !

4- Un ancien membre supérieur du sérail tout proche des hautes sphères du pouvoir avait, lors de la première campagne électorale présidentielle dans l’Algérois, osé faire laisser entendre aux gens venus l’écouter que c’est grâce à son candidat que le ciel à fait tomber de la neige tout en ouvrant la fenêtre en face des montagnes de Chréa. Un blasphème du temps des idolâtries. C’est à ce titre, justement, qu’il a été lamentablement déchu par celui censé le protéger puisque il l’avait comparé, oh là ! À l’Incomparable : Le Seigneur, des deux mondes, ayant ses propres lois et voies impénétrables. Le Saint Coran, le fait stipuler, dans plusieurs versets, comme suit : Adore seul le divin Créateur éternel et non le crée comme toi vaniteux et périssable. Ledit laudateur exclu le sait que trop bien !

5- Pendant l’ère du parti unique, un de ses importants caciques, Que Dieu ait son âme, avait fait une conférence « daltonienne » à l’intention des militants d’une grande Kasma du sud-est du pays.

 Après son show, le mouhafedh le félicita pour son savoir parler. Ce ténor de grande pointure, premier dirigeant de la Direction centrale du parti, lui répondit : Sache une chose, mon ami, que tant qu’il y a du grain : des paroles pour la consommation ; a moudre au moulin : de les répéter sans que les consommateurs s’en aperçoivent ; ça irait dans le sens que nous souhaitions. Et quand il n y aurait ni grain, ni moulin, ni… « Bétail » ; débutera alors pour nous le compte à rebours accéléré par « le temps des vaches maigres ». Le 05 octobre 1988 est l’exemple hautement démonstratif du genre allant dans le sens de ses confidences et de ses vaticinations !!! (Quotidien d’Oran-25.02.2010.)- par Ali Brahimi 

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«La corruption est un sport national» selon le Rapport 2011 de la CNCPPDH

 La CNCPPDH est allée jusqu’à dire que la commission nationale, créée en 2006, en vue de lutter contre la corruption constitue des dépenses en plus pour l’Etat.

Des sanctions exemplaires et dissuasives pour ne plus permettre au corrompu de jouir du produit de la corruption après avoir purgé sa peine sont nécessaires», estime la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH) dans son rapport de l’année 2011. D’après cet exposé portant sur la situation des droits de l’homme en Algérie, c’est l’impunité qui a aidé à la prolifération du phénomène de la corruption en Algérie. Cette commission constate que la lutte contre ce fléau ne cible que les personnes secondaires. La sanction qui ne touche que des personnes secondaires ne peut pas avoir l’écho escompté.

C’est pourquoi, dans ce rapport, la CNCPPDH appelle à une lutte «effective et sans relâche». Une lutte qui touchera même les hauts fonctionnaires exerçant dans les hautes institutions étatiques. La CNCPPDH a déploré que la corruption ait «miné le tissu social» et «essaimé dans l’ensemble du territoire national». Le rapport reconnaît que la corruption a détruit les valeurs fondamentales du travail, de la compétence, du savoir, de la crédibilité et de la citoyenneté en Algérie. Ces valeurs sont devenues «floues». Le rapport révèle également que la corruption a atteint tous les niveaux de responsabilité et s’étend à tous les domaines. Elle est devenue «un sport national», relève la CNCPPDH, au point de compromettre les mesures visant le développement socioéconomique dans notre pays.

Evaluant les mesures de lutte contre la corruption prises par l’Algérie depuis sa signature de la convention de Mérida en 2003, la CNCPPDH estime que tous les efforts ne sont d’aucun impact réel sur le phénomène qui prend des proportions alarmantes. Dans ce rapport, la CNCPPDH est allée jusqu’à dire que la commission nationale, créée en 2006, en vue de lutter contre la corruption constitue des dépenses en plus pour l’Etat. Cette organisation des droits de l’homme s’interroge sur le rôle de la commission nationale de lutte contre la corruption.

Le gouvernement, qui détient trois services de la police judiciaire appartenant à trois institutions sécuritaires ayant pour mission d’enquêter sur le phénomène de la corruption, est-il obligé de créer une commission nationale pour lutter contre la corruption ? «Les fonctions au service des institutions de l’Etat sont devenues une source d’enrichissement et un moyen de servir des intérêts privés», constate-t-on dans ce rapport. «Il est temps de faire le choix de l’Algérie et de son peuple et de combattre effectivement et sans relâche tous les agents publics qui ne cherchent qu’à s’enrichir et à amasser toujours plus d’argent», estime la CNCPPDH. (El Watan-25.08.2012.)

**Infraction au change, trafic de devises et fuite de capitaux…Une véritable saignée

Les infractions au change sont légion. Avec 64 milliards de dinars de pénalités, c’est une saignée en monnaie locale et en devises qui fragilise l’économie nationale. On relève que 75 % de ces infractions se font dans le cadre du commerce extérieure alors que la fuite des capitaux est en nette propension, où les réseaux tapis dans l’ombre et bénéficiant parfois de complicités s’adonnent à une fraude bien maquillée.

Mais les institutions monétaires et judiciaires n’ont de choix que de renforcer le contrôle a posteriori et de recourir aux multiples vérifications pour une traçabilité bien avérée. Des spécialistes estiment qu’un débat entre opérateurs et institutions en charge de ce dossier est nécessaire pour redéfinir une nouvelle politique de change.

Les infractions au change prennent un tournant assez inquiétant. Les chiffres de la fraude et des mouvements suspects de transactions en devises ainsi que la fuite de capitaux constituent le gros des activités illicites. En terme de valeur, c’est 64 milliards de dinars de pénalités relevés jusqu’à fin 2011. Un chiffre effarant révélé récemment par la direction des Douanes algériennes.

C’est, en effet, depuis 2010 que le volume des infractions a sonné le glas avec 85 milliards de dinars de pénalités causés par les fraudeurs. En gros, ce sont 75 % des infractions au niveau de la douane dans le cadre du commerce extérieur, relève le bilan de la direction de la douane. Ce genre d’activités est en relation avec des pratiques qui mettent à nu «le gonflement des factures des importations pour transférer illicitement de l’argent vers l’étranger», assure un des cadres de la douane.

La tendance s’est poursuivie l’année dernière, en dépit d’une déflation enregistrée sur plusieurs produits importés. Regue Benamar, directeur de contrôle a posteriori au niveau des Douanes algériennes, déplore dans ce vaste trafic «une saignée en devises» où ce phénomène est favorisé, selon lui, par le blanchiment d’argent et les sommes faramineuses d’argent qui circulent sur le marché informel, hors circuit bancaire.

Un circuit bien huilé qui est organisé par un réseau structuré. «Il y a ceux qui font dans le blanchiment d’argent sale qui est exploité dans le commerce extérieur, c’est un jeu devenu diabolique «, regrette ce responsable.

Selon les dernière données publiées par la direction des Douanes, les activités de fraudes et d’infractions enregistrées durant les deux dernières années ont représenté 25 % des infractions globales et renseignent sur la diversité des courants de fraudes constatés actuellement au niveau du commerce extérieur ».

Ainsi, les faux documents représentent, ces deux dernières années, 6,6 % des infractions constatées avec des pénalités encourues par les fraudeurs qui s’élèvent à 5,6 milliards de dinars. Le directeur du contrôle confirme d’ailleurs un autre délit qui est celui des détournements d’avantages fiscaux, dont les pénalités ont atteint 4,8 milliards de dinars pour le détournement des avantages fiscaux.

On peut observer, cependant, que les fausses déclarations de valeurs ont diminué et ne représente que 1,9 de milliard de dinars et 301 millions de dinars pour les fausses déclarations d’origine. A ce niveau, les fraudeurs sont dissuadés tant par le contrôle en amont et en aval que par les procédures de vérifications qui découragent les contrevenants d’aller au bout de leur aventure.

Côté législatif, il faut savoir qu’une loi instituée en 1996 explicite clairement les délits de l’infraction au change et de mouvements de capitaux de et vers l’étranger. Cette loi a été amendée en 2010, où les autorités monétaires ont ajouté que désormais, «les pénalités dans les infractions à la législation de change sont aggravées lorsque le fraudeur est une personne morale atteignant quatre fois la valeur du corps du délit.

Un fichier national pour les contrevenants

Le fichier national des contrevenants en matière de la législation de change et de mouvement des capitaux de et vers l’étranger a été mis en place dernièrement.

Ce fichier institué auprès du ministère des Finances et de la Banque d’Algérie constitue une sorte de banque de données dans laquelle est enregistrée toute personne, physique ou morale, résidente ou non résidente, ayant fait l’objet d’un procès-verbal de constat d’infraction à la législation en la matière, précise le texte.

Selon la Banque d’Algérie, ce fichier «est exploité pour l’élaboration de la politique de prévention et de lutte en matière d’infraction de change, la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, la vérification des antécédents des contrevenants, la prise de mesures conservatoires à l’égard des contrevenants, l’établissement des statistiques et l’établissement du rapport annuel destiné au président de la République».

Aussi, indique-t-on, c’est essentiellement la Banque d’Algérie qui l’alimente sur la base de procès-verbaux de constat d’infractions et des mesures conservatoires prises par le gouverneur à l’encontre des contrevenants.

Pour la clause du secret et la protection des données, seules quelques institutions y ont droit de regard. Il s’agit du Comité national des transactions, de l’Inspection générale des finances, des directions générales des changes de la Banque d’Algérie, des Douanes, des impôts, de la comptabilité et de la direction de l’agence judiciaire du Trésor.

La Cellule de traitement du renseignement financier et la direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes étant des partenaires privilégiés. Une collaboration étroite est établie avec les autorités judiciaires et les officiers de police judiciaire qui peuvent formuler des renseignements sur toute personne physique ou morale inscrite sur le fichier pour les besoins de leurs enquêtes.

De son côté, les services des douanes ont engagé un contrôle permanent des grands importateurs et des opérateurs économiques qui ont un volume d’importation conséquent, indique le directeur du contrôle de la DGD. «Depuis un certain temps, nous opérons des contrôles beaucoup plus pointus, nous focalisons notre action particulièrement sur les infractions au change, car nous avons constaté que les déperditions sont importantes», fait-il savoir.

Avec les nouveaux équipements au profit de la douane, le recyclage de ces cadres, l’objectif est de s’assurer de la diminution de ces infractions, constate une autre source de la douane. On retient que « la Banque d’Algérie s’est donc appuyée sur une expertise internationale, dont font partie le FMI et le département du Trésor américain, pour mettre en branle ce système dont le projet remonte à trois ans.

L’objectif essentiel de ce système est de «détecter les activités illégales, notamment le blanchiment de l’argent». La Banque centrale sera épaulée dans ce contexte par la commission bancaire et les organes de régulation du marché des capitaux et des assurances. En un mot, c’est le partage de l’information financière qui doit s’opérer une fois «la collecte bien établie sur les activités suspectes».

La sécurité des devises avant tout

Avec la propension de la fuite illégale des devises vers l’étranger, les autorités monétaires et judiciaires les bouchées doubles pour arrêter l’hémorragie des devises fortes, dont l’impact peut induite des pertes réelles pour le Trésor.

Si aucun bilan chiffré sur ce vaste trafic n’a été fourni jusqu’à présent, il est, cependant, fort remarqué que le contrôle des flux en devises de et vers l’étranger revêt un caractère de sécurité nationale. D’abord, le contrôle a posteriori est devenu obligatoire pour les sommes allant au-delà de 7 000 euros.

Particulier ou personne morale, il est exigé au niveau de la douane un document historique certifiant la somme constatée. Pour le transfert de dividendes par les sociétés étrangères, les titres financiers attestant d’un bilan détaillé de ces entreprises doit être, au préalable, cautionné par la Banque d’Algérie qui se réserve la prérogative du transfert via le réseau Swift. Pour M. Regue, l’objectif majeur est de préserver les réserves de changes de l’Algérie», ce qui nécessite le concours de toutes les institutions de l’Etat.

Avec la mise en place des règles de Bâle 2 qui touchent la gestion prudentielle des banques, les experts estiment que depuis quelques années, toutes les banques et établissements financiers sont soumis à des contrôles draconiens. Pour marquer le point, le bilan sur les infractions des changes est paradoxalement minime voire dérisoire pour ce qui est des régimes suspensifs et préférentiels, comme la Zone arabe de libre-échange (Zale) et la Zone d’échange avec l’Union européenne.

Le taux de ces infractions représente seulement 0,29 % du total des infractions globales, soit 246,1 millions de dinars. Le plus grand tort est patent, selon la DG des Douanes algériennes, au niveau des surfacturations, où les fraudeurs recourent au «gonflement exagéré de leurs factures à l’importation pour pouvoir transférer un maximum de devises vers l’étranger».

Les majorations sur les prix de certains équipements constituent aussi l’autre agissement des importateurs fraudeurs. Mais aucune statistique n’a été publiée à ce sujet, tout comme les fausses déclarations d’origine. Pour M. Mebtoul, «le gonflement de la facture des importations malgré le passage du Remdoc au Crédoc a été clôturé fin 2011 à plus 46 milliards de dollars, auquel il faut ajouter 11 à 12 milliards de dollars de services, soit une sortie de devises de 57 à 58 milliards de dollars».

Un tel chiffre ne peut que poindre des interrogations sur ces sorties de devises. Mohammed Achir, économiste à l’université de Tizi Ouzou, considère que «la prolifération des opérations de blanchiment d’argent et des transactions financières informelles ne menace pas seulement l’équilibre d’une économie, mais fragilise et disloque les institutions de l’Etat en rendant, par voie de conséquence, sa capacité d’intervention moins efficace».

Le danger, selon cet économiste, proviendrait d’»un cercle vicieux dont l’Etat pourrait être l’otage de groupes d’intérêts occultes qui exercent un lobbying invisible en termes de corruption législative et de proposition de lois «sur mesure». La recommandation sur les mécanismes de change doit couvrir un débat entre les principaux opérateurs et spécialistes de la question, en faveur d’un taux de change administré ou flexible, et mesurer les avantages et les inconvénients des deux. (ClubDZ-22.08.2012.)

**Fraude dans l’exportation du gaz algérien vers la Tunisie ?

*Le jeune douanier qui a constaté les irrégularités, a été révoqué

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Rachid Aouine. Le douanier révoqué: « Je demande qu’une enquête soit ouverte sur les exportations de gaz vers la Tunisie »

Lors d’une inspection, ce douanier dénonce des manquements dans la surveillance de l’exportation de gaz vers la Tunisie. Alors que son rapport est validé par la tutelle, il est intimidé puis révoqué.

- Vous dénoncez une fraude lors de l’exportation de gaz naturel vers la Tunisie. Comment l’avez-vous découverte ?

J’étais en mission à l’usine d’El Borma, à la frontière tunisienne. C’est par là que l’Algérie exporte le gaz vers la Tunisie, via la Société tunisienne du gaz et de l’électricité. J’ai constaté des irrégularités : la Douane ne surveillait pas les exportations de cette usine. Or, selon les articles 165 à 172 de la loi des Douanes, cela fait partie de ses missions.

- Qu’avez-vous constaté exactement ?

Les agents affectés à la surveillance se limitaient à des apparitions épisodiques, pour signer des documents qui avaient été élaborés quand ils n’étaient pas là. Les agents étaient insuffisamment formés et ne respectaient pas les normes de contrôle des hydrocarbures. Les appareils de contrôle des expéditions de gaz étaient vétustes et non homologués. 

- Qu’avez-vous fait?

J’ai envoyé un rapport à l’inspection régionale des Douanes de Hassi Messaoud pour signaler toutes ces irrégularités. C’est mon travail. Mais la direction n’a pas réagi. Au lieu de déclencher une enquête sur les problèmes constatés, les responsables m’ont fait subir des pressions et ont essayé de m’intimider à plusieurs reprises à cause de ce rapport.

- Comment se caractérisaient ces intimidations?

Les responsables régionaux m’ont envoyé des questionnaires sur mon comportement et qui n’ont rien à voir avec l’enquête. J’ai également reçu des blâmes et des avertissements injustifiés. Ils se sont vengés de moi parce que j’ai mis le doigt sur quelque chose de grave. Toutes les intimidations provenaient de l’inspection des Douanes locale de Hassi Messaoud et de la direction régionale des Douanes de Ouargla. J’ai eu les mêmes intimidations de la part de la direction générale des Douanes, alors que le rapport n’avait pas encore été transféré à leur niveau. J’ai été convoqué par le directeur d’administration générale de la direction générale des Douanes qui m’a insulté. Il m’a accusé de vouloir créer des problèmes.

- Ces intimidations se sont-elles poursuivies ?

Plus tard, l’Inspection générale des finances (IGF) a été dépêchée à l’usine d’El Borma. Ils ont constaté la véracité de mon rapport. L’IGF a fait un rapport à son tour. Les conclusions sont identiques. J’étais soulagé, mais les problèmes ont continué. Après ce rapport, j’ai été muté abusivement à Oum El Bouagui par la direction générale. Pourtant, je suis syndicaliste, membre de la section syndicale des Douanes de Hassi Messaoud. Selon l’article 90-14, je suis protégé dans mes activités de syndicaliste. Je ne peux ni être muté, ni suspendu, ni révoqué. La loi n’a pas été respectée.

- Comment avez-vous réagi ?

J’ai déposé un recours pour la décision de mutation. En réponse, un mois plus tard, ils m’ont suspendu. On m’a dit que la seule chose à faire était de déposer un nouveau recours auprès des plus hautes autorités. C’était le 17 novembre 2011. Normalement, après deux mois et demi de suspension, l’employé doit passer devant la commission paritaire. Ce n’est pas le cas pour moi. J’ai écrit au président de la République pour expliquer que le traitement que je subissais allait à l’encontre de sa politique de combat de la corruption et que cette décision risquait de provoquer une grogne au sein des douaniers de Ouargla. Mais je n’ai eu aucune réponse à mon courrier. J’ai envoyé des courriers au Premier ministre, au ministère de la Justice, au ministère des Finances et à l’organisme de lutte contre la corruption. Et puis, à la fin du mois d’août dernier, j’ai été révoqué définitivement du corps des douaniers pour «abandon de poste», parce que je n’ai pas été à Oum El Bouagui.

- Est-ce que cette procédure est légale ?

Non. Selon la loi 90-14, je ne peux pas être muté sans comparaître devant la commission paritaire. Cette commission ne s’est jamais réunie. Je n’ai pas abandonné mon poste. Le droit de syndicalisation a été bafoué. Pour moi, tout ça est un règlement de compte, c’est la conséquence de ce que j’ai dénoncé.

- Qui est à l’origine de vos problèmes, selon vous?

Je ne sais pas qui est derrière la décision de ne pas surveiller les exportations. La direction des Douanes doit surveiller les exportations. La surveillance doit être permanente. Les quantités de gaz exporté doivent obligatoirement être notées par des douaniers, H24. Dans cette affaire, certains agents viennent une fois par mois. Lorsque les exportations ne sont pas surveillées, beaucoup de choses peuvent se passer. Il faut craindre des cas de fraude par rapport aux quantités transportées.

- Quelle est votre situation aujourd’hui ?

Je suis au chômage. Je voudrais que le président de la République et les autorités me réintègrent dans les Douanes. Je demande qu’une enquête soit ouverte sur ces exportations de gaz. Je veux être réhabilité dans mes droits. Ceux qui m’ont suspendu doivent être sanctionnés dans le cadre de la loi sur la répression des fraudes. Pendant ma suspension, j’ai perdu mon salaire. Je veux être dédommagé.

- Comment ont réagi vos collègues ?

Après ma suspension, beaucoup de douaniers ont peur de dénoncer des irrégularités.

Bio Express :

Rachid Aouine est diplômé de l’Ecole des douanes de Ouargla. Il entame sa carrière en 2001. Son rapport sur l’exportation de gaz de l’usine d’El Borma est validé début septembre 2011. Le 13 octobre, il est muté. Il est suspendu de ses fonctions le 17 novembre. A la fin du mois d’août 2012, il est définitivement radié du corps des Douanes algériennes. (El Watan-15.09.2012.)

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**Des responsables algériens complices du pillage du gaz en Tunisie

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a demandé à son homologue algérien des explications sur l’exportation de gaz algérien vers la Tunisie au profit de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, sans contrôle douanier.

Des sources bien informées ont indiqué que la demande tunisienne est motivée par le fait que cette Société tunisienne d’électricité et de gaz est quasi-détenue par des proches de l’ancien président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, notamment des proche de Leïla Trabelsi, son épouse. Ces derniers géraient la société et bénéficiaient de ses rentes. Pour traiter les retombées de la révolte populaire, les autorités tunisiennes actuelles n’ont pas trouvé mieux de déterrer une vieille corruption bien algérienne sur le gaz algérien vendu à l’Italie transitant par le territoire tunisien. En fait, le Transméditerranéen (Transmed) appelé aussi gazoduc « Enrico Mattei » est composé par deux gazoduc parallèles de diamètre 48’’ chacun qui relient l’Algérie à l’Italie via la Tunisie en passant par la Sicile. Une extension de ce gazoduc livre du gaz algérien à la Slovénie. Leur capacité de transport actuellement est de 30,2 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, il est prévu d’étendre leur capacité à 33,5 milliards de m3 de gaz naturel par an d’ici fin 2012.

La partie algérienne du tronçon du gazoduc est exploitée par Sonatrach TRC, la deuxième partie du tronçon transitant sur le territoire tunisien est la propriété de la Société tunisienne du gazoduc transtunisien (Sotugat) et elle est exploitée par Sergaz. Comme droits de passage, la Tunisie perçoit des redevances imputées sur la quantité de gaz transportée annuellement situées entre 5,25 à 6,75% de la valeur du gaz transporté. Grace au droit de passage, la facture tunisienne en énergie s’est sensiblement allégée.

La construction du premier gazoduc nu de diamètre 48’’ en écoulement libre, c’est-à-dire sans stations de compression a démarré en 1978 et s’est terminée en 1983 et le rajout d’une deuxième ligne de même diamètre entre 1991-1994. Pour des raisons techniques d’exploitation, cet ouvrage dispose de plusieurs lignes de moindre diamètre en offshore. Grâce à cet important investissement que supporte seule l’Algérie et qui pèse lourdement sur le remboursement de la dette algérienne, l’Italie assure paisiblement son indépendance énergétique. L’Italie est devenue le premier client de l’Algérie en gaz naturel, elle importe près de 40% de ses besoins en gaz naturel à partir de l’Algérie.

Du gaz exporté sans contrôle douanier

Le nouveau régime islamiste en Tunisie voudrait mettre un terme au phénomène de la corruption dans lequel ont été impliqués des proches de l’ancien régime tunisien et la Sonatrach visant indirectement les douanes algériennes. Les autorités tunisiennes n’excluent pas certaines complicités en Algérie qui auraient pu faciliter l’exportation du gaz algérien vers la Tunisie sans contrôle douanier. Un rapport tunisien établi récemment par des enquêteurs au Centre de pompage d’El Borma a révélé que d’importantes quantités de gaz naturel sont exportées quotidiennement vers la Tunisie sans le contrôle des services douaniers algériens comme le stipule les articles 165 et 172 du Code des douanes. Ces articles exigent un contrôle douanier permanent pour contrôler les exportations des divers produits miniers vers l’étranger. Selon le même rapport, la Direction régionale des douanes de Hassi Messaoud n’a pas respecté les mesures de contrôle stipulées par ces deux articles de loi lors des opérations d’exportation du gaz naturel vers la Tunisie, et ce depuis le mois de novembre dernier. Selon le même document, entre 21 000 et 26 000 m3 de gaz naturel sont exportés quotidiennement vers la Tunisie sans contrôle douanier depuis le mois de novembre dernier 2011.

Cette affaire de trafic de gaz ne date pas d’aujourd’hui, elle est connue et classée par les autorités algériennes, par risque de mettre en cause certains gros bonnets de la nomenklatura polico-économique qui gère l’économie de notre pays. Cette affaire de pillage de gaz algérien a démarré en 1978, après la mise en service du gazoduc Enrico Mattei. Des milliards de dollars peut-être ont été détournés avec la complicité des responsables de Sonatrach Transport par Canalisation l’Engineering d’une manière très intelligente. Une mafia d’hommes d’affaires algériens, tunisiens et italiens règne sur tout le parcours de cet ouvrage juteux qui traverse trois pays les plus corrompus du bassin méditerranéen. Pour étouffer les échecs économiques, l’autorité islamiste tunisienne cherche à renvoyer la balle sur le voisin algérien, impliquant directement les Douanes algériennes qui n’ont absolument rien à avoir dans cette affaire algéro-algérienne prise en charge par les autorités algériennes depuis 1978.

Mettant notre horloge à l’heure : la tâche de contrôle des Douanes algériennes se limite dans notre cas qu’à la lecture, au relevé du volume du gaz en aval des rampes de comptage et à sa communication au financier chargé d’établir la facturation du volume du gaz vendu aux clients de Sonatrach. Quant à l’entretien, la gestion et la maintenance des équipements, ceux-là relèvent de la compétence des services de Sonatrach TRC, et s’il y a un vis de forme, comme notre cas, ils en sont responsables.

Youcefi et Zerguine au courant

Il s’avère maintenant que l’affaire du trafic de gaz au terminal arrivée d’Oued Saf Saf, ne date pas d’aujourd’hui, des quantités beaucoup plus importantes que celle que rapportent les Tunisiens dans leur rapport ont été livrés frauduleusement et d’une manière intelligente de tripotage. Ce trafic nous a été signalé dès les débuts de mise en service de cet ouvrage, et les hauts responsables de Sonatrach de l’époque ont vite réagit en désignant une commission d’enquête et à sa tète l’actuel ministre de l’Energie Youcef Youcefi. Je faisais moi-même partie de cette commission d’enquête dénommée comme par hasard « comité 48’’ » chargée de résoudre un problème technique de comptage sans rentrer dans les détails de la mise en cause des personnes derrière ce délit ainsi que son mobile. L’astuce de détournement du gaz en grande quantité que nous avions découvert était très simple : les rampes de comptage qui ne répondaient plus aux normes API, n’étant pas calorifugées, elles demeuraient sous l’influence de la variation de la température extérieure. Les grands écarts de température influent directement sur la variation de la pression interne du gaz qui modifiera à son tour le débit du gaz transitant par le disque standard de calcul, incéré à l’intérieur des rampes, au nombre de deux ou plus. C’est de cette manière qu’on est arrivé à détourner de grande quantité de gaz, sans que l’on sache qui est responsable de cette arnaque. Les services techniques de Sonatrach auraient peut-être pu s’apercevoir que la batterie de rampes réception n’était pas calorifugée conformément aux normes API et auraient dû signaler cette anomalie dans les réserves du procès verbal de réception provisoire.

Les résultats de l’enquête du comité 48‘’ ne sont pas encore connus, tout ce qu’on sait sur cette affaire de « vol du gaz algérien« , c’est qu’un ami ex-haut responsable de Sonatrach chargé de la construction des ouvrages de transport par canalisation, a été trouvé mort dans son bureau après avoir pris une tasse de café ! Seuls l’actuel ministre de l’Energie et des Mines Youcef Youcefi et son co-équipier Abdelhamid Zerguine, Président Directeur Général en exercice de Sonatrach ex-vice-président du Transport par Canalisation, détiennent l’historique de l’affaire et seront en mesure de fournir des informations complémentaires à la cour des comptes.

Menace sur l’approvisionnement de l’Italie en gaz naturel algérien

L’Algérie exporte la moitié de son gaz de vente vers l’Italie, soit environ 30,2 milliards de m3 /an qui transitent par la Tunisie. Le chaos et l’insécurité qui règnent dans ce pays islamiste après la chute du président Zine El Abidine Bénali risque de porter des coups sévères à la continuité des approvisionnements italiens en gaz algérien et un coup fatal pour l’économie nationale par l’imputation de 50% de notre production gazière. Voilà ce que rapporte la presse d’information tunisienne (TAP). Une tentative de sabotage en territoire tunisien du gazoduc reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie a échoué, selon des informations en provenance de Tunisie. L’information a été répercutée cette semaine par l’agence officielle tunisienne, Tunis Afrique presse (TAP). Selon des sources concordantes, les exportations de gaz naturel algérien vers l’Italie n’ont subi aucun changement après cette tentative de sabotage. « On achemine normalement le gaz à notre niveau et selon nos informations, même les stations en Tunisie fonctionnement normalement« , nous a déclaré une source du secteur de l’énergie après la publication d’informations relatives à un acte de sabotage en territoire tunisien sur le gazoduc qui relie l’Algérie à l’Italie via la Tunisie.

Selon l’agence officielle TAP, « deux déflagrations, causées par des engins explosifs au niveau du gazoduc transtunisien reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, ont été enregistrées par Sergaz, société de service du gazoduc, dans la nuit de lundi (18 juillet 2011) vers 19h« . Selon toujours la même agence qui cite une source du ministère tunisien de l’Industrie et de la Technologie, « les premiers éléments dont dispose Sergaz, qui a dépêché une équipe technique sur les lieux de l’incident, cet acte de sabotage, commis aux environs de la localité de Bent Jedid (entre Bouficha et Zaghouan), n’a engendré ni perte humaine ni dégât matériel significatif« .

De son côté, le ministère tunisien de l’Intérieur a précisé dans un communiqué, qu’une explosion s’est produite sur un gazoduc dans la région de Zaghouan au nord-est de la Tunisie en dénonçant un « acte criminel« . Dans ce communiqué, le ministère a précisé que cette « explosion est due à un acte criminel« , ajoutant que l’incident n’a pas fait de dégâts ni de perte humaine. Du côté algérien, on affirme que « les exportations de gaz vers l’Italie se poursuivent normalement et n’ont pas été affectées« . (Source d’information TAP)**Le Matin  DZ -21/07/2012

Y. Mérabet

Ingénieur en Engineering pétrolier et dans le transport des hydrocarbures par canalisation, expert en Energie, journaliste Indépendant, ex-chef Divisionnaire des Infrastructures gaz de Hassi-R’mel Algérian Sociéty For Internationale Relations.

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*Alliance illégitime: argent-politiques

L’Etat, otage de groupes d’intérêts occultes qui exercent un lobbying invisible

*La Banque Mondiale dénonce les «capitalismes de  copains»

En 2009, un rapport de la Banque mondiale intitulé «Des privilèges à la concurrence» fait des vagues. La fortune des entrepreneurs privés dans la région Mena dépendent surtout de leurs liens dans la sphère politique et administrative. Ce n’était pas scoop, le vrai intérêt du rapport était de souligner, par comparaison avec d’autres régions, l’effet mutilant d’un privé rimant avec privilège et non avec concurrence. Simon Bell, expert de la BM, relance le débat sur ce rapport.

Le rapport de la BM, traduit aussi en arabe, évoque des réalités connues sur des entrepreneurs privés dont la réussite dépend de leur entregent ou pour utiliser le jargon«des ressources politiques» dont ils disposent. Il essaie d’expliquer pourquoi le secteur privé dans la région Mena, ne parvient pas à déclencher une«transformation structurelle» de l’économie et à accélérer la croissance. Aucune économie de la région «ne connait le dynamisme le dynamisme et le type de transformation économique que des pays comme la Malaisie, la Chine, la République de Corée, la Pologne, la Turquie et d’autres économies émergentes ont connu». Le taux d’investissement y est de 15% du PIB en moyenne contre 30% en Asie de l’Est, les pays les plus performants de la région Mena exportent quelque 1500 types de bien, le plus souvent à faible contenu technologique alors qu’un pays comme la Turquie en exporte près de 4000. La productivité d’une entreprise industrielle de la région Mena est à moitié inférieure de celle de la Turquie. Et ce n’est pas un «défaut de texte et de réformes légales» qui explique l’absence de dynamisme. Ces réformes existent et varient d’un pays à un autre. Ce qui pose problème est «l’application discrétionnaire et arbitraire des lois et règlements par les administrations». Il en résulte que les tentatives de réformer «l’environnement des affaires, de réduire les situations de rente, les pratiques de passe-droits et les inégalités de traitement entre investisseurs, souffre ainsi d’un manque de crédibilité».

DES REGLES SUR «LE PAPIER»

Le rapport évoque aussi une perception «largement répandue» que les règles qui existent «sur le papier» ne s’appliquent pas de façon égale à tous. Conséquence : concurrence faible et dynamisme tout aussi faible. Globalement, le rapport souligne que les investisseurs dans la région Mena ont une «confiance limitée» sur une«application égale, constante et prévisible des réformes et nouveaux textes».Que ce soit en Algérie, en Tunisie ou au Maroc, cette évaluation faite en 2009 n’a rien d’étrange et recoupe des réalités que l’on retrouve dans les différents types de classements (Doing Business, transparency, etc…). Les choses ont si peu changé dans ce domaine qu’un expert de la Banque Mondiale, Simon Bell, (Chef sectoriel, service Finance et développement du secteur privé, Moyen-Orient et Afrique du Nord), a décidé de rafraichir les mémoires. Il explique l’accueil peu enthousiaste fait par les officiels au rapport au Caire comme à Rabat ou Beyrouth : «une fois le titre digéré, ils avaient dû réaliser quelle était l’idée maîtresse du rapport !». Et selon lui, ce rapport connait aujourd’hui un «retentissement considérable» à la suite de «l’avènement du Printemps arabe». Cette idée-maitresse est que la «réussite d’un ou (plus rarement) d’une entrepreneure dépendait de leurs relations plutôt que de leurs compétences. Pour monter une affaire en Tunisie, il fallait s’acoquiner avec le clan Ben Ali. Qu’il s’agisse de l’Égypte, de la Libye ou d’autres pays de la région, de telles connexions étaient les seuls garants de réussite et prospérité dans le secteur privé».

FAIRE BOUGER SENSIBLEMENT LE STATUQUO

Dans ce«capitalisme de copinage», ceux qui ont de la «ressource» s’empressent d’étouffer la concurrence et préservent leur pré-carré au détriment de l’économie. Simon Bell cite même Adam Smith pour décrire la situation qui prévalait dans la région MENA d’avant le Printemps arabe : «Il est rare que des gens du même métier se trouvent réunis, fût-ce pour quelque partie de plaisir ou pour se distraire, sans que la conversation finisse par quelque conspiration contre le public, ou par quelque machination pour faire hausser les prix.» La situation est encore pire, note l’expert, puisque dans le cas de la région «ne s’agit pas seulement de «gens du même métier», mais pratiquement de tous les pans du secteur privé. Bref, les copains font des affaires et ont «la mainmise tant sur les opportunités que sur les ressources». Cela a pour conséquence de restreindre le bénéfice «d’une croissance basée sur le jeu du marché» tout en entrainant une «diminution des investissements, une moindre diversification des exportations et un développement technologique moins sophistiqué». Le capitalisme des copains est profitable à quelques individus, il est un désastre pour l’économie, suggère-t-il. L’expert de la Banque Mondiale fait preuve d’un grand enthousiasme à l’égard du «Printemps arabe» qui aurait «brusquement changé la donne» et «créé une brèche, ouvert une fenêtre». Selon lui la région MENA «peut aujourd’hui mettre un terme à un système enraciné dans 20, 30, 40 voire 50 années de népotisme, à la condition de faire bouger sensiblement le statu quo actuel». Il note cependant que cette fenêtre ouverte ne le restera pas éternellement. Il faut, estime-t-il, «une réelle ouverture», «une plus grande acceptation des investissements étrangers» et «un accroissement significatif des pressions concurrentielles» et l’avènement d’un véritable«écosystème des affaires». Vaste programme. Et Simon Bell avertit : «Si ces conditions ne sont pas remplies, la perspective d’une innovation réelle, seule capable de générer les emplois à revenu intermédiaire tant attendus dans l’ensemble de la région, se fermera inéluctablement.» *par Oussama Nadjib  (quotidien d’Oran-11.09.2012.)

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Les scandales financiers menacent la sécurité nationale

Les scandales à répétitions qui touchent la majorité des secteurs, repris par la majorité  des médias internationaux  discréditent l’image de l’Algérie au niveau international, en précisant que toute personne est innocente sauf preuves à l’appui.

Il devient impérieux pour des plus hautes autorités, aux segments actifs de la société, aux intellectuels, aimant ce beau pays qu’est l’Algérie, d’arrêter cette dérive et de réagir avec fermeté car la sécurité nationale est menacée. La corruption existe de par le monde et depuis l’indépendance  politique en Algérie mais depuis quelques années elle a pris des proportions inégalées classant l’Algérie comme un des pays les plus corrompus au monde. Et l’erreur est d’avoir déversé une masse monétaire colossale sur le marché avoir sans prévu des mécanismes de contrôle et de surcroît gelant certains institutions comme la Cour des comptes. Le bilan doit être fait sans complaisance, ni sinistrose, ni autosatisfaction. Il est évident que l’impact de la dépense publique de 500 milliards de dollars entre 2004/2013, est très mitigé. Outre la faiblesse d’affectation de la ressource financière aux secteurs dynamisant, ce qui se traduit par des pertes considérables pour la nation, faute de cohérence dans la politique socio-économique, si on avait économisé seulement 10% par une meilleure gestion et une lutte efficace contre la corruption, le gain net serait de 50 milliards de dollars soit 1850 milliards de dinars algériens. Aussi, me limitant à la rente des hydrocarbures, qui constitue le poumon du pouvoir, car les autres secteurs sont irrigué par cette rente, l’Algérie ne pourra aller vers un Etat de droit, une bonne gouvernance que si  six conditions questions fondamentales sont traitées dans la plus grande transparence.

1.- Revoir le fonctionnement de l’Etat en s’attaquant au fonctionnement de la société réelle et non pondre de institutions bureaucratiques budgétivores condition d’une justice indépendante  non aux ordres de l’exécutif. L’efficacité des institutions passe par une nouvelle gouvernance, un Etat de droit, plus de libertés et une réorientation de toute la politique socio-économique en s‘attaquant à l’essentiel. Il existe un théorème en sciences politiques dit 80/20%. 80% d’actions mal ciblés que l’on voile par de l’activisme ministériel, ne donnent qu’un impact sur 20%, alors que 20% d’actions bien ciblées donnent au contraire un impact de 80%. A ce propos, combien d’entreprises publiques et privées ont la comptabilité analytique indispensable pour cerner les coûts et combien de Ministères et administrations algériennes sont régies par la rationalisation des choix budgétaires où sans ces instruments le contrôle externe est presque impossible ?

2.- Établir un audit financier  indépendant  de la  gestion de la rente de Sonatrach qui est la propriété de tout le peuple algérien impliquant un calcul cumulé sur plusieurs décennies  pour déterminer les évolutions, et la part investis par Sonatrach structurellement et le versement au trésor.

3.- Établir un audit de la distribution de la rente (98% des exportations étant constituées des hydrocarbures) structurellement depuis plusieurs décennies  impliquant l’audit du système financier notamment public, appendice  de la rente des hydrocarbures, les banques publiques accaparant 90% des crédits globaux octroyés, véritable enjeu de pouvoir expliquant que les réformes souvent annoncées sont renvoyées au calendes grecques.

4.- Établir un audit sur la gestion des réserves de change d’environ 200 milliards de dollars début janvier 2013 non compris les 173 tonnes d’or, 86% étant placées à l’étranger devant préciser, la nature, en bons de trésor, en obligations européennes ou dans des banques internationales privées , dans quel pays et à quel taux d’intérêt avant  et après la crise de 2008.

5.-Un audit  sur le fonds de la régulation des recettes, qui n’existe nulle part dans le monde, devant le différencier des fonds souverains qui a montré son inefficacité. Nous assistons  périodiquement à des lois de fiances complémentaires, le gouverneur de la banque d’Algérie ayant affirmé récemment que l’Algérie fonctionne sur la  base d’un cours  de 110 dollars le baril alors que les lois  de finances entre 2000/2012 a été établi sur la  base de calcul au départ de 19 dollars et ensuite à  35 dollars. Ce fonds est géré  d’une manière occulte, à l’instar des différents comptes spéciaux, qu’il convient  de supprimer après l’audit, devant établir chaque année la loi de fiances sur la base du cours  du marché quitte à placer l’excédent dans un fonds pour les  générations futures.

6.- Un  audit sur les impacts de la dépense publique, entre 2000/2012 mettant en relief à la fois la dépense monétaire et les réalisations physiques, avec des comparaisons internationales pour des projets et pays similaires. Et particulièrement son impact sur le taux de croissance notamment l’émergence d’entreprises compétitives, sur le taux de chômage non artificiellement gonflé mais le réel, sur le social notamment sur le niveau de l’inflation et sur le pouvoir d’achat de la majorité de la population en spécifiant la répartition du revenu national et du modèle de consommation entre les différentes couches sociales.

7.- Un audit sur la balance services renvoyant à une quantification de la perte due à l’exode des cerveaux et la marginalisation des compétences locales et donc du pourquoi le passage d’un montant de 2 milliards de dollars en 2002 à plus de 12 milliards de dollars fin 2012 ?

Ce sont-là les sept questions fondamentales auxquelles le pouvoir algérien doit répondre en urgence, loin de tout discours démagogique qui ne porte plus ou se complaisant dans le silence en espérant qu’avec le temps on oubliera. C’est une lourde erreur politique car n’existe pas d’oubli dans la conscience populaire et comme l’ont montré les psychanalystes avec des refoulements qui peuvent conduire à des violences. Que l’on évite d’incomber la responsabilité à l’extérieur alors que le mal profond est en nous, ou à des force occultes internes, personne ne pouvant se targuer d’être plus nationaliste qu’un autre.

Ainsi, sans le rétablissement de la morale et la démocratisation, tous les discours et toutes les institutions bureaucratiques mis en place demeureront inefficaces avec le risque d’une implosion sociale à terme que l’on couvre par la distribution de la rente aboutissant à une corruption socialisée. Evitons la sinistrose, l’Algérie ayant  toutes les potentialités pour réussir face à cette mondialisation impitoyable où toute nation qui n’avance pas recule, mais également l’autosatisfaction à l’image de Narcisse : c’est moi qui ai raison et tout le reste est mensonge. La sécurité nationale étant posée, il y a urgence de redresser la situation de l’Algérie qui traverse une crise multidimensionnelle. Des débats contradictoires productifs, un dialogue serein et responsable loin de tout autoritarisme bureaucratique ère des années passées, deviennent nécessaires. Continuer dans l’actuelle voie où la société algérienne devient anomique (désintégration des normes sociales où la moralité devient absente) est suicidaire pour le pays à l’image du Titanic où les gens dansaient pendant que le bateau coulait.

La démobilisation de la population algérienne qui traverse, à travers les différents scandales financiers, une névrose collective, se traduit  par un divorce croissant Etat/citoyens. Pour la plupart des experts internationaux algériens et étrangers il s’agit d’éviter cette utopie de disserter sur la possibilité de l’Algérie comme pays émergent, de surcroît micro-Etat devant s’insérer dans une espace plus large pour profiter des économies d’échelle, des recettes techniques efficaces sous d’autres cieux. L’économie algérienne est caractérisée par le syndrome hollandais (exportation que des hydrocarbures et important presque tout) où la crise  est avant tout politique devant passer par la refondation de l’Etat pour asseoir un Etat de droit , sur des bases démocratiques tenant compte de notre anthropologie culturelle. Les fondateurs de l’économie et récemment les institutionnalistes prix Nobel  ont nettement mis en relief que l’économie est avant tout politique. Méditons cette phrase pleine de sagesse du grand philosophe Aristote : « Le doute est le commencement de la sagesse« .

*Par Abderrahmane Mebtoul, professeur des universités–lematindz.net–18.02.2013.

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ces tâches infamantes qui salissent l’image du pays

Affaire « Sonatrach 2″ : Hocine Malti écrit au général Mohamed Mediène

Hocine Malti, consultant pétrolier, ancien vice-président de Sonatrach, conseiller du SG de l’OPEAP et auteur de « Histoire secrète du pétrole algérien », paru chez la Découverte, s’adresse dans cette lettre qu’il nous a transmis au patron du Département renseignement et sécurité (DRS).

Hocine Malti.

Cette fois-ci, ce n’est pas à vos collaborateurs enquêteurs que je m’adresse, mais à vous, patron depuis septembre 1990 du tout puissant DRS (Département du renseignement et de la sécurité), Rab Dzayer, le « dieu de l’Algérie ». N’est-ce pas ainsi que vous vous êtes présenté un jour de 1999, dans les circonstances que vous savez ? Selon l’adage populaire, « mieux vaut s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints » ; ce que je fais aujourd’hui. Vu que vous êtes en mesure de décider et d’imposer ce que bon vous semble à toute l’Algérie, à tous ses hommes et ses femmes et notamment à toutes ses autorités civiles, militaires, politiques et juridiques, je suis convaincu que vous accorderez des réponses et une suite positives aux questions et requêtes que je m’en vais vous présenter.

Nous venons d’apprendre que, le 10 février 2013, le parquet d’Alger a décidé de lancer une nouvelle enquête sur les affaires de corruption au sein de l’entreprise nationale des hydrocarbures, un dossier qu’il a intitulé « Sonatrach 2″. Afin de donner l’impression qu’ils étaient à l’écoute de l’opinion publique et ne pas reconnaître qu’ils se sont en réalité trouvés à la traîne de leurs collègues italiens, les magistrats algériens ont indiqué dans leur communiqué officiel qu’ils avaient déclenché cette enquête suite aux informations rapportées par la presse nationale. Laquelle n’a fait que reprendre, comme vous le savez, les décisions du parquet de Milan telles que diffusées par les médias italiens. Mais la vérité, nous Algériens, la connaissons : nos magistrats étaient en fait dans l’attente d’instructions de votre part afin d’agir ou d’ignorer la tempête médiatique de ces derniers jours. S’ils ont déclenché cette nouvelle enquête c’est que vous, Rab Dzayer, avez donné votre feu vert.

Est-ce un feu net, éclatant et permanent que vous avez donné ou est-il furtif, délavé et clignotant ? Est-ce que les magistrats en charge de l’affaire pourront lancer toutes les investigations nécessaires, les approfondir aussi loin que l’exige la connaissance de la vérité, procéder aux perquisitions adéquates, faire défiler devant les enquêteurs puis à la barre toute personne impliquée de près ou de loin dans ce dossier ? En un mot, pourront-ils agir uniquement en fonction de ce que leur dicte leur conscience, ou devront-ils solliciter à chaque étape de la procédure un nouveau feu vert de votre part ? Allons-nous voir ainsi se relayer dans le bureau du juge d’instruction pour être auditionnés, avant d’être éventuellement inculpés, puis – qui sait – peut-être même condamnés, MM. Chakib Khelil, Farid Bedjaoui, Mohamed Bedjaoui, Réda Hemche, Pierre Falcone, Samyr Ouraïed et tutti quanti ? Comme vous le savez, certaines parmi ces personnes ont agi en qualité d’intermédiaires au profit de commanditaires invisibles aux yeux du commun des mortels, mais que vous, en tant que Dieu de l’Algérie, connaissez parfaitement. Alors est-ce trop rêver qu’imaginer que certains de vos collègues généraux ou généraux-majors, certains ministres, certains hommes d’affaires véreux, certaines personnes qui évoluent dans la coupole dont vous êtes le point culminant ainsi que certains membres d’une certaine fratrie seront également déférés devant la justice ?

Verra-t-on aussi les corrupteurs italiens, chinois, français ou canadiens – la liste est loin d’être exhaustive – être entendus par le juge d’instruction en charge de l’affaire ou répondre de leurs actes dans le cadre de commissions rogatoires ? Ou alors, est-ce que, comme d’habitude, seul le « menu fretin » fera l’objet de la nouvelle procédure ? Les Italiens, eux, n’ont pas hésité : c’est à un énorme déballage qu’ils viennent de procéder ; ce qu’ils ont découvert et révélé n’est d’ailleurs que la partie visible de l’iceberg. Ils se sont aussi attaqués aux plus hauts responsables de l’ENI, qui sont dans leur pays de puissantes personnalités politiques, à l’inverse des managers de la Sonatrach, P-DG inclus, qui ne sont que des technocrates au service des gens du pouvoir réel, dont vous-même. Alors, allez-vous faire comme les Italiens ? Ou faudra-t-il que l’on reste à l’écoute des nouvelles en provenance du parquet de Milan pour connaître la triste réalité de notre pays, pour découvrir comment certaines personnes que vous connaissez parfaitement, des personnes que vous avez souvent côtoyées lors de votre longue carrière professionnelle, se sont gavées de millions de dollars et d’euros piochés dans la rente pétrolière du pays ? Et ce avec votre accord tacite, si ce n’est avec votre bénédiction. Savez-vous quels sont les trois termes qu’utilisent les milieux d’affaires et financiers à travers le monde pour qualifier l’Algérie ? Corruption, incompétence et banditisme.

Corruption, bien sûr, puisque l’Algérie est en 150e position sur 174 pays au classement de Transparency International. Corruption, bien sûr, qui s’est généralisée depuis une bonne trentaine d’années. Et, depuis 1999 tout particulièrement, vous avez, avec la complicité d’Abdelaziz Bouteflika, votre président – je dis votre président car c’est vous et vos collègues généraux qui l’avez choisi et imposé au peuple algérien – fait de l’Algérie un pays de Cocagne pour une certaine caste dont vous avez couvert les agissements, si ce n’est poussée à l’action. Vous deux n’avez cessé, depuis 1999, de vous disputer le pouvoir ; lui essayant d’être autre chose qu’un « trois quarts de président » et vous lui fixant des lignes rouges à ne pas dépasser, le tout avec des conséquences souvent sanglantes pour le peuple. Vous avez fait de la gestion des affaires du pays un terrain de jeu privé dans lequel seuls peuvent intervenir le couple infernal que vous constituez et vos deux clans. Le destin du pays a été et continue d’être pour vous deux une partie d’échecs au cours de laquelle vous essayez, chacun de son côté, d’avancer vos pions, de marquer des points contre l’autre, sans qu’aucun des deux ne réussisse d’ailleurs à mettre l’autre échec et mat.

Ce que vous recherchez au travers de cette lutte feutrée, invisible pour l’œil non averti mais néanmoins féroce, c’est bien entendu affirmer votre suprématie, mais aussi et surtout faire main basse sur les richesses du pays : un objectif que, malgré les bisbilles entre vous, vous partagez dans une indéfectible solidarité. Dans chacun des deux clans, vos affidés respectifs, mettant à profit la garantie d’impunité que vous leur assurez, se sont remplis les poches, ont garni au maximum leurs comptes en banque dans les paradis fiscaux – mais pas uniquement, acquis des résidences somptueuses, dans les quartiers parisiens les plus chics notamment, des haciendas en Amérique latine, des palais à Abu Dhabi ou Dubaï, offert à leurs progénitures des voitures de luxe du dernier modèle qu’elles ont exhibées avec indécence dans les rues d’Alger pendant que d’autres ramassaient dans les décharges publiques de quoi se nourrir et nourrir leurs enfants. Nombre de vos supporters ont également couvert leurs maîtresses de bijoux, les ont habillées chez les grands couturiers et leur ont fait profiter de billets d’avion de première classe qu’ils n’ont même pas payés : ce sont des VIP, on leur offre ce genre de babioles !

D’où tiennent-ils tout cet argent ? D’abord des commissions perçues de la part des firmes étrangères qui ont su trouver dans vos soutiens respectifs le bon filon leur garantissant des contrats mirobolants en Algérie. Mais aussi des opérations d’import-import que l’on a vu fleurir ces vingt dernières années, des monopoles d’importation que certains – vous les connaissez parfaitement – se sont auto-attribués, des montages frauduleux de crédits bancaires bidon devenus une spécialité algérienne, des « arrangements » douaniers pour de fausses importations ou exportations… Et j’en passe, tant est large l’éventail d’opérations frauduleuses apparues dans les années 1980 et généralisées depuis 1999, et tant a été fertile l’imagination des membres de vos deux clans pour se créer des niches desquelles ils pouvaient extraire le maximum de profits. Abdelaziz Bouteflika et vous-même saviez tout cela, mais vous avez laissé faire. Selon votre logique, vous déteniez ainsi des dossiers compromettants sur le clan adverse, des dossiers que vous dévoileriez le jour où il sera nécessaire de mettre ceux d’en face dans l’embarras : l’affaire BRC, par exemple, qui a éclaté en 2006 et dans laquelle des millions de dollars ont été détournés par certaines de vos connaissances, mais aussi par des corrupteurs américains, en est l’exemple type. Pour votre grand bonheur, la rente pétrolière a été boostée par les prix élevés du pétrole ces vingt dernières années et a donc permis le déroulement sans anicroche de tous ces micmacs. Quant à Abdelaziz Bouteflika et vous-même, cette rente vous a permis d’acheter des consciences, des soutiens à l’intérieur et à l’extérieur du pays, de financer des parties et des partis étrangers et donc de renforcer et pérenniser votre pouvoir, jusqu’à devenir, en ce qui vous concerne, Rab Dzayer.

Incompétence est l’autre terme utilisé par les milieux d’affaires étrangers pour caractériser l’Algérie. Ils savent bien entendu que tous les Algériens – Dieu soit loué – ne sont pas incompétents, tandis que l’énorme majorité de ceux avec lesquels ils traitent le sont. Comment expliquer une telle bizarrerie ? Ces cadres algériens qu’ils rencontrent, avec lesquels ils discutent affaires, ont été choisis et placés aux postes de responsabilité qu’ils occupent par vous deux. Or, le critère fondamental que vous retenez pour le choix, c’est d’abord et avant tout l’obéissance au chef du clan, pas la compétence. Dans votre microcosme, seuls les yes men peuvent réussir. Il n’est qu’à voir pour s’en convaincre l’obséquiosité et la servilité dont font preuve certaines personnes de votre entourage. Ces béni-oui-oui oui vous aideront d’ailleurs dans la marginalisation des compétents, car ceux-ci pourraient leur faire de l’ombre.

On dit enfin banditisme – quel terme horrible – quand on parle de l’Algérie dans les cercles des investisseurs potentiels. Banditisme, bien sûr, puisqu’avant même de se rendre à Alger, les hommes d’affaires étrangers auront été approchés et conditionnés par les missi dominici du parrain algérien « en charge du dossier », qui leur signifieront les termes du « contrat ». Pas celui concernant le projet lui-même, mais celui relatif au montant de la dime, de la commission à verser, le compte auquel se fera le versement, etc. Et Dieu sait s’ils sont voraces ces parrains algériens qui exigent des pourcentages nettement supérieurs aux «moyennes communément admises en la matière». Cette commission, sera incluse dans le montant global de l’affaire, sans être pour autant déduite du profit de la firme bénéficiaire du contrat ; elle ne la dérange donc pas particulièrement. Mais cette avidité au gain, cette voracité amènent ces milieux à parler de banditisme. Pauvre Algérie, qu’a-t-on fait de toi !

Alors vous, Rab Dzayer, êtes-vous disposé aujourd’hui à effacer ces tâches infamantes qui salissent l’image du pays ? Les dieux peuvent tout faire. Vous en avez-vous-même donné la preuve en d’innombrables occasions. Saurez-vous pour une fois mettre le holà à ce genre de comportement ? Serez-vous plus perspicace, plus efficace que les Italiens qui annoncent 200 millions d’euros de pots-de-vin ? Sur une série de contrats d’un montant global de 11 milliards, les 200 millions de commissions annoncés représentent moins de 2%. Un seul commentaire : ridicule !

**Par Hocine Malti –lematindz.net–18.02.2013.

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 »…nos dirigeants clivent, divisent, manipulent identité et religion. La décennie noire que les Algériens ont connu ne tombe pas du ciel, elle est tout simplement le fruit de leur politique. Pour se maintenir au pouvoir, ces dirigeants n’hésitent pas à tremper leurs mains dans le sang et les larmes des victimes.. »

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