L’empire des scandales et des échecs.2

**D’autres articles analogues.

*cliquer ici: L’empire des scandales et des échecs.1

L’empire des scandales et des échecs.3

Scandale Moumène Khalifa

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*Le système est rattrapé par ses échecs, fruit de ses errements multiples

Le gouvernement se découvre soudainement la volonté et l’énergie de réaliser toutes les choses qu’il n’a pu ou su entreprendre durant les nombreuses années qu’il a été aux commandes, c’est-à-dire depuis l’arrivée de Bouteflika en 1999 qui a coïncidé avec la remontée continue des cours du pétrole sur le marché international dès le début des années 2000. Ahurissant !

Qu’est-ce qui a dû se passer durant toute cette longue période où l’argent du pétrole a coulé à flots pour  empêcher les équipes précédentes de travailler sérieusement à l’avancement des multiples chantiers recensés et connus de tous pour leur caractère urgent ? N’est-ce pas que tous ces nombreux dossiers que l’on remet aujourd’hui sur la table dans le but soi-disant de conjurer les effets de la crise qui s’abat sur le pays ont été déjà commentés en long et en large par les autorités ainsi que par les différents segments de la société civile ?

Toutes les analyses ont alors conclu à l’importance et la haute priorité à accorder à l’ouverture de ces grands chantiers qui, à terme, devaient conduire à offrir une meilleure sécurité financière au pays. Malheureusement, il n’en est rien. Les dossiers de l’informel, du chômage, du financement et de la diversification de l’économie, de l’exportation, du foncier et de l’investissement recommencent aujourd’hui à meubler les discours pompeux des officiels. Comme durant les années 2000. Avec des moyens financiers et, peut-être humains aussi, en moins.

Car de quelque bord que l’on essaye de prendre le problème, la question reste toujours la même : que peuvent faire les gouvernants aujourd’hui sous le sceau de l’urgence qu’ils n’ont pu réaliser durant les quinze dernières années où il était plus commode de s’y appliquer vu l’aisance financière et les faveurs de la conjoncture économique internationale ? Plus qu’une piqûre de rappel, le constat est affligeant ! Car il est vrai que le temps presse, «le temps, c’est de l’argent».

Il s’agit, en effet, pour l’Exécutif d’engager une course contre la montre pour tenter, un tant soit peu, d’amortir le choc de la chute du revenu national tiré, pour une très large part, par les recettes des hydrocarbures aujourd’hui en très forte baisse, à cause de la dégringolade des cours de pétrole.

Le risque est grand de voir le système de protection sociale voler en éclats, si la mauvaise conjoncture devait s’étaler dans le temps et finir par avoir raison, à court terme, de la modeste épargne budgétaire et des avoirs en devises dont se gargarisent les dirigeants.
La monnaie nationale (le dinar) est mise à rude épreuve. Des chefs d’entreprise commencent à peine à ressentir l’un des effets de la crise, à savoir la perte de change avec un dinar toujours plus faible. Inutile de souligner ici son impact sur les petites bourses dont le pouvoir d’achat est fortement laminé par une inflation incontrôlée qui côtoie les cimes des 5%.

Le gouvernement est rattrapé par ses échecs, fruit de ses errements et des multiples foucades qui n’ont pu résister à la tentation de la facilité d’ériger la seule redistribution de la rente en un programme politique qui plus est soumis à d’innombrables actes de mauvaise gestion, quand ce ne sont carrément pas la cupidité et la corruption qui en sont la règle. La crise financière qui aujourd’hui tombe tel un couperet ne peut aisément suffire comme opportunité de changement.

Car force est de convenir que l’on ne peut raisonnablement admettre pouvoir réussir avec une équipe qui est l’auteur de cet échec cuisant.
Les réformes économiques ne peuvent s’abstraire de l’effort suprême qui consiste à prendre le taureau par les cornes afin d’effectuer un changement du tout au tout, c’est-à-dire revoir de fond en comble le système de gouvernance politique qui ne s’accommode guère d’un personnel, dont l’âge et la culture politique les rendent plutôt candidat à la retraite qu’à la responsabilité.*Ali Benyahia/ el watan-samedi 26 septembre 2015

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*Voila comment est dilapidé l’argent du peuple !

** 7 navires algériens perdus par l’Etat 

Après l’abandon de trois bateaux en Grèce

Quatre navires de la CNAN vendus aux enchères en Malaisie

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le 31.05.17 | 

Après la vente du Blida, dans des conditions troublantes, et l’abandon en Pirée (Grèce) de Djbel Onk, Djbel Rafaa, Djbel Ksel,  voilà que quatre autres navires, le Nedroma, le Nmemcha, le Aïn Témouchent et El Hadjar, sont vendus aux enchères, en Malaisie.

Cette flotte avait été immobilisée par le groupe Pharaon, actionnaire à hauteur de 51% du capitale de IBC, une filiale de la Compagnie nationale algérienne de navigation (CNAN), propriétaire des huit navires…

C’est à la suite d’un long contentieux que les autorités judiciaires malaisiennes ont fini par débouter la partie algérienne, représentée par le groupe Cnan. Comment en est-on arrivé à cette situation ? Tout a commencé avec l’arrivée, en 2007, de Ghaith Rashed Pharaon, un homme d’affaires saoudien, qui, grâce à ses connaissances assez bien placées, obtient 51% du capital de IBC (International Bulk Carriers), filiale du groupe Cnan, en contrepartie d’une promesse d’investissement de 50 millions de dollars dans le renouvellement de la flotte et son développement. Une fois les contrats signés, Pharaon prend possession des 8 navires composant la flotte de IBC, pour seulement 9 millions de dollars et met 5 millions de dollars sur les comptes de cette filiale, considérés comme un prêt remboursable sur une période de 5 ans, avec les revenus de l’affrètement de la flotte.

Deux ans plus tard, il cède l’exploitation de ces navires à la société Leadarrow, créée aux îles Caïmans par deux cadres de sa société CTI Group, avec un capital de 1000 dollars. L’exploitation devient de plus en plus coûteuse pour la trésorerie du groupe Cnan, contraint de payer les factures suspicieuses de réparation dans les chantiers roumains et grecs, pour uniquement le Nmemcha, le Blida et le Nedroma. De 3 millions de dollars, les factures atteignent 17 millions de dollars, alors que les 5 navires restants rapportent à Pharaon plusieurs dizaines de millions de dollars. Au milieu de l’année 2009,  alors que le montant payé par la compagnie avait déjà atteint 4 millions de dollars, l’ex-présidente-directrice générale du groupe Cnan exige des factures détaillées avant tout virement au profit de Leadarrow, mais CTI Group refuse, suscitant le blocage des paiements. Leadarrow dépose plainte auprès du tribunal maritime à Londres, et la bataille juridique dure plus de 16 mois, à l’issue desquels Cnan Group obtient gain de cause.

CNAN group n’avait pas à payer les réparations. Débouté, Pharaon saisit alors la Chambre internationale de commerce de Paris. Sa décision fait tache d’huile dans le milieu de l’arbitrage et Pharaon accapare trois navires. Cnan Group interjette appel, mais, toute la flotte qui lui a été confiée est prise en otage. S’appuyant sur cette décision, Pharaon va immédiatement saisir les navires Djbel Onk, Djbel Rafaa et Djbel Ksel, appartenant à IBC et amarrés en Pirée (en Grèce), par une décision de justice, non encore définitive. Au mois d’avril 2013, CTI demande au tribunal du Pirée d’ordonner leur saisie, de leur interdire d’appareiller et d’interdire tout changement de leur statut.

Au mois de novembre 2013, le tribunal du Pirée a ordonné la saisie conservatoire des trois navires et, en février 2014, il  a ordonné la suspension de la reconnaissance et de l’exécution de la sentence arbitrale CCI jusqu’à ce que la Cour d’appel de Paris rende sa décision sur le recours en annulation de cette sentence, tout en maintenant la saisie conservatoire des navires, qui sont depuis des mois en situation d’abandon. Pendant ce temps, Le Blida est déclaré en totale déperdition sans en aviser Cnan Group, pour empocher auprès des assurances plus de 4 millions de dollars et les quatre autres navires, Nmemcha, Aïn Témouchent, Nedroma et El Hadjar, sont désarmés et immobilisés en Asie par CTI Group. Il saisit le tribunal pour vendre la flotte et récupérer les 7 millions de dollars, plus les intérêts. Le tribunal ordonne l’interdiction d’appareiller et après une longue procédure judiciaire, la Cour fédérale malaisienne a décidé de débouter la partie algérienne, en autorisant la vente et le paiement des créanciers et de la société portuaire qui assurait le gardiennage des navires. La décision est définitive. C’était au mois de septembre 2016.

Le 1er février de l’année en cours, la Cour de cassation a annulé la décision du tribunal d’arbitrage et renvoyé l’affaire devant la même cour, autrement composée, pour être jugée de nouveau, alors qu’en Malaisie, les autorités judiciaires confirmaient la vente des quatre navires abandonnés dans leurs eaux territoriales. Très mauvaise expérience, le partenariat entre IBC, filiale du groupe Cnan, et CTI-Pharaon a causé de graves préjudices financiers au groupe Cnan, qui assiste impuissant à la déperdition de sa flotte maritime. Aujourd’hui, le décès de  Ghaith Rashed Pharaon ne fera que compliquer la situation, d’autant qu’à ce jour ni ses héritiers ni ceux de son associé dans CTI, un homme d’affaires jordanien également décédé, ne se sont présentés…
 **Salima Tlemçani / el watan / mercredi 31 mai 2017

*****Le navire EL Hadjar, battant pavillon algérien, a été saisi et vendu à 2,6 millions de dollars en Malaisie où il était immobilisé depuis 2009.

Cette décision a été prise sur plainte des créanciers de son propriétaire, IBC appartenant à  CNAN group et à l’homme d’affaires saoudien Ghait Pharaon. L’information a été révélée, mardi, par le quotidien El Watan .

Le navire El Hadjar se trouvait en Malaisie pour des réparations pour un montant de 12 millions de dollars.

L’homme d’affaires saoudien s’était engagé en 2007 à investir dans ce partenariat avec la CNAN un montant de 50 millions de dollars afin de renouveler sa flotte constituée de 8 navires.

Sauf qu’à la faveur de ce partenariat il a pris possession de 8 navires à savoir El Hadjar, Ain Témouchent, Blida, Nedroma, Nememcha, Djebel Ksel, Djebel Refaa et Djebel Omk  affrétés en coque nue par la suite à sa société Leadarrow pendant 5 ans.

Six de ces navires sont en abandon en Malaisie et en Grèce, à en croire la même source. L’opposition de la partie algérienne via le  conseil d’administration de IBC de vendre trois navires, à savoir, Djebel Ksel, Djebel Refaa et Djebel Omk a fait que ces derniers sont toujours bloqués par l’homme d’affaires saoudien Ghait Pharaon en Grèce. * 17 Janvier 2017 /  Par Lila Ghali

********************scandale à Naftal

*Hocine Rizou, le PDG de Naftal, limogé

Une vidéo compromettante met en cause le PDG

C’est désormais Keddour Hanafi, un cadre du ministère de l’Energie, qui remplace Hocine Rizou à la tête de Naftal. En effet, le Président Directeur général de l’entreprise de distribution de produits pétroliers Naftal,  a été limogé hier mardi 30 mai, à la suite d’un scandale extraprofessionnel qui a entrainé une grève des employés de la compagnie pétrolière.

A la suite de cette annonce, Rizou aurait eu une attaque cardiaque ayant entrainé son évacuation à l’hôpital selon des sources concordantes. *algerie1.com / mercredi 31 mai 2017

***Une vidéo personnelle tournée dans un cadre privé a allumé le feu à la direction générale de Naftal.

Près de 1500 travailleurs et cadres de la direction ont battu le pavé de la grande place centrale du siège de l’entreprise, hier. Une journée de protestation décidée par le syndicat pour demander le limogeage immédiat de Hocine Riseau, PDG de l’entreprise, accusé entre autres de figurer dans un enregistrement filmé, au contenu sexuel, qui tourne en boucle sur les ordinateurs du personnel.

«C’est un scandale, accuse un cadre de l’entreprise. Je ne vois pas comment on peut continuer à diriger une entreprise de 31 000 travailleurs et se comporter de la sorte. Il est impératif que la tutelle réagisse et vite.» Au siège central, les travailleurs sont décidés à se débarrasser d’un patron qu’ils n’ont jamais aimé et qu’ils accusent de favoriser les cadres qui lui sont proches. «Depuis son arrivée à Naftal, M. Riseau s’est attelé à marginaliser les cadres, affirme un cadre de l’entreprise. Il s’est entouré d’une équipe qu’il a ramenée dans ses bagages, quand il dirigeait l’Enarga, filiale de Sonelgaz, et mis sur la touche ceux qui connaissent bien Naftal.»

On reproche à M. Riseau de ne pas connaître le métier de la distribution, cœur du métier de l’entreprise. «Il vient de Sonelgaz et ne comprend rien à notre métier. Il n’a aucune expérience professionnelle dans le domaine», juge un syndicaliste. La gestion jugée «catastrophique» de Naftal depuis son arrivée, la «dilapidation des deniers publics» et l’«injustice», autant de griefs retenus contre le PDG, sans compter cette vidéo dont les effets vont bien au-delà du seul domaine privé, pour les cadres de l’entreprise.

«Vous imaginez le chantage que l’on peut exercer lors des négociations avec une telle vidéo», juge un responsable, qui propose que tous les contrats signés par le PDG soient réexaminés. «Je suis sûr que certains l’ont été au détriment de l’entreprise», affirme- t-il. Enfermé dans son bureau et invisible, le PDG a chargé deux cadres de la société, Lazhar Adjroud, secrétaire général du Syndicat national Naftal, et M. Ramdane, directeur central juridique, de venir répondre aux questions des journalistes. Du point de vue juridique, M. Ramdane a annoncé le dépôt d’une plainte au niveau de la Gendarmerie nationale pour «atteinte à l’intégrité» de la personne du PDG et contre les agissements de ceux qui ont rendu publique la vidéo.

Pour sa part, le patron du syndicat de la société a marqué sa différence avec le syndicat de l’entreprise, accusé de ne pas être représentatif. «S’ils étaient représentatifs, ils ne se cacheraient pas dans la foule», a-t-il accusé. Sans nier l’existence de la vidéo, le représentant des travailleurs estime que cela relève de la sphère privée et qu’il n’a pas à la commenter. «Cela ne regarde pas le syndicat, car la vie des gens ne m’intéresse pas. Seule la situation des travailleurs m’intéresse», a estimé M. Adjroud qui se dit par ailleurs convaincu d’une volonté de certaines parties de vouloir «déstabiliser l’entreprise» à travers la diffusion de cette vidéo. D’autant qu’«aucune revendication socioprofessionnelle ne m’a été adressée», a-t-il affirmé, une pierre jetée dans le jardin du syndicat de l’entreprise. *Mesbah Salim / el watan / mercredi 31 mai 2017

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* Raouraoua n’est pas mon problème

Une équipe nationale de football éliminée. Une fédération de football ébranlée par des interrogations légitimes sur sa mauvaise gestion. Jusque-là rien d’anormal. Mais la puissante campagne médiatique qui aspire à résumer les problèmes de l’Algérie à un seul homme, à savoir Mohamed Raouraoua, soulève moult interrogations. Il s’agit de toute évidence d’une diversion. 

Mohamed Raouraoua n’est, certainement, pas exempt de toute critique. Bien au contraire. Ses connexions avec plusieurs hauts responsables du régime, ses affaires douteuses et son parcours opaque ont de quoi susciter la réprobation. Mais dans l’Algérie de 2017, cet homme est-il à l’origine de nos problèmes quotidiens ? Est-il la priorité de nos combats pour le changement et le développement de notre pays?

Non, Raouraoua n’est pas mon problème. La FAF dispose de ses instances pour trancher sur le sort de cet homme dont l’action n’a aucun impact sur le misérable quotidien de mes compatriotes. Non, ce n’est pas à  Raouraoua qu’il faut demander des comptes sur les milliers de logements sociaux, AADL ou LPP qui ont été distribués suivant des critères claniques ou régionalistes. Ce n’est pas à Raouraoua qu’il faut demander les tenants et aboutissants de la hausse du chômage dans notre pays. Ce n’est pas à Raouroua de fournir des emplois aux jeunes diplômés qui quittent notre pays le laissant exsangue. Ce n’est pas à Raouroua de reformuler la La Loi de Finances 2017 qui épargne les riches et accable les pauvres. Ce n’est pas à  Raouroua de s’expliquer sur les rapports accablants de la Cour des comptes. Des rapports qui pointent du doigt la prévarication dans nos institutions qui se chiffre à plusieurs milliards de dinars.

Non, Raouroua n’est pas mon problème. Et j’aurai souhaité vivement que mes confrères d’Ennahar TV enquêtent avec la même détermination sur les biens immobiliers mal-acquis de nos dirigeants politiques à l’étranger. Non, Raouroua n’est pas mon problème. Et j’aurai été fier de mes confrères d’Ennahar TV s’ils m’avaient expliqué comment certains oligarques s’arrogent des pouvoirs exorbitants au point de changer des décisions politiques. Et qu’en est-il des affaires internes de l’armée ? Le Premier budget du pays est géré dans l’opacité la plus totale. Rien ne filtre, rien n’est dit, tout est soumis à la loi de l’omerta. La FAF est-elle une institution plus importante d’un point de vue médiatique que notre armée au budget dépassant les 10 milliards de dollars ?

Non, Raouroua n’est pas mon problème parce que ce n’est pas à lui de définir une stratégie économique capable de valoir de la croissance à notre pays. Ce n’est pas à lui de créer des richesses pour réduire les inégalités sociales et la pauvreté rampante. Ce n’est pas à lui de nous fournir un modèle de développement pour que notre pays regagne la place qui lui revient dans le concert des nations. Mohamed Raouraoua n’est que le président d’une fédération de football.  Un homme sans aucune importance stratégique sur l’échiquier politique du régime, si ce n’est celle de fournir des diversions. Qu’il saute ou  qu’il reste, qu’il démissionne ou qu’il se maintienne, son sort ne réduira ni le chômage, ni la misère sociale ni le sous-développement ni les injustices. Nous ne sommes pas dupes. Les Algériens de 2017 ne se laissent plus prendre aux manipulations médiatiques pour noyer leur colère dans le verre d’une polémique stérile. Il est temps que l’on s’intéresse aux vrais enjeux, aux vrais responsables de nos malheurs, aux vraies solutions à notre descente aux enfers*Par Abdou Semmar / algerie-focus / 28 janvier 2017

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Protection de l’enfant :

    Le tableau noir du réseau Nada

Le réseau Nada dresse un tableau «très négatif» de la situation de l’enfance en Algérie.

Invité au forum d’El Moudjahid, le président du réseau de protection et de défense des droits de l’enfant, Abderrahmane Arar, constate que «la violence touche toutes les catégories vulnérables, au sein de la famille, à l’intérieur ou dehors, et même à l’école». «Malgré les mesures prises, la situation concerne les enfants nés hors mariage ou insérés dans le cadre de la kafala. La violence a atteint des seuils intolérables», s’indigne l’invité du forum organisé à la veille de la Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l’enfant, célébrée le 20 novembre de chaque année.

L’Algérie a ratifié plusieurs instruments internationaux et régionaux en lien avec les droits de l’enfant, à l’instar de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) (19 décembre 1992). Un Plan national d’action (PNA, 2008-2015) en faveur des enfants est présenté au Comité international des droits de l’enfant (CIDE) chargé du suivi de l’application du traité. En juillet 2015, un code de protection de l’enfant est mis en place et adopté, suivi par l’installation, en juin dernier par le chef du gouvernement, d’une déléguée nationale. Faisant siennes les réserves formulées par le CIDE en 2012 (94), M. Arar regrette le retard dans «l’application totale» de la loi sur la protection de l’enfant de 2015. «Il y a 13 décrets exécutifs de la loi qui ne sont pas adoptés aujourd’hui. Il y a des lourdeurs dans la machine. Il y a nécessité pour la chefferie du gouvernement d’accélérer l’adoption de ces textes pour faire face à la situation des enfants en danger moral, et ceux en conflit avec la loi», estime le conférencier.

Malgré l’adoption de plusieurs mécanismes juridiques de protection des enfants, le réseau Nada constate la persistance de la violence contre cette catégorie vulnérable de la société. De 11 000 à 13 000 enfants sont ainsi présentés devant le parquet chaque année pour différents délits. Quelque 500 000 enfants ne sont pas scolarisés en raison de conflits familiaux, pour absence d’enregistrement des enfants à l’état civil, par la persistance des mariages coutumiers. «Il y a le cas récent de cet enfant de 11 ans qui a subi des violences sexuelles de la part d’adolescents de 16 et 17 ans dans une forêt. Les agresseurs filmaient l’enfant qui a fini par reconnaître les sévices. Il y a aussi ce père qui violait sa fille qu’il a eu au noir ou ce père qui violentait sa fille après le divorce (khol’) avec sa femme», relève le président de Nada. M. Arar estime que l’Algérie accuse «un retard pour atteindre les standards internationaux».

«Il y a la gratuité des soins, mais la qualité ne suit pas. Il n’y a pas d’hôpital spécialisé dans les soins pour les enfants, qui continuent d’être soignés avec des adultes. Il y a un manque terrible de loisirs. Il y a de nouvelles cités sans équipements d’accompagnement. Si on veut régler le problème de la violence, il faut des structures de loisirs», estime le conférencier. Tout comme CIDE, le réseau Nada recommande des mesures spécifiques pour protéger les enfants nés hors mariage et leurs mères, le suivi rigoureux du mécanisme de la kafala par l’attribution du nom, le partage des responsabilités parentales et des conséquences du décès du gardien. Selon le réseau, l’Algérie a enregistré des progrès «remarquables» en matière de protection des enfants, mais il reste à noter des faiblesses, d’où la nécessité d’évaluer le Plan national d’action (PNA) en faveur des enfants et la mise en place d’un nouveau document pour la période 2016-2021, ainsi que d’une stratégie contre les violences, y compris sexuelles.

Le réseau exige la mise en place d’une loi sur le signalement et l’alerte pour son élargissement et d’une loi sur les demandeurs d’asile et les réfugiés. 

**Clés : 

• 11 000 à  13 000
enfants poursuivis annuellement en justice

• 500 000
 enfants non scolarisés

• 15
cas de kidnapping (2016)

• 220
tentatives d’enlèvement

***Un «foyer du cœur» pour bientôt

Le numéro vert du réseau Nada du dispositif d’écoute et de signalement des cas de maltraitance d’enfants, mis en place par le réseau Nada en 2008 (3033), a reçu 65 000 appels en cinq ans, et plus 23 000 pour la seule période 2015-2016.

Regroupant quelque 150 associations, le réseau, créé en 2004, qui a présenté un rapport alternatif destiné au Comité des droits de l’enfant des Nations unies (CIDE), procédera à la présentation de son deuxième rapport sur la situation des droits de l’enfant en 2018 couvrant les années 2012-2017. Le réseau ambitionne d’installer  «bientôt» un «foyer du cœur pour les enfants en danger».

Des contacts sont engagés avec des entreprises pour la réalisation de la structure qui nécessite l’allocation d’une enveloppe de 20 milliards de centimes pour sa concrétisation, précise son président Abderrahmane Arar. N. Iddir

**Nadir Iddir/ el watan / dimanche 20 novembre 2016

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*41 élèves seulement sur 1.000 inscrits au primaire, obtiennent leur Bac

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La ministre de l’Education nationale, Mme Nouria Benghebrit a révélé, dimanche, que sur les 1.000 élèves arrivant en fin de cycle primaire, seuls 4% parmi eux arrivent à décrocher leur baccalauréat et ce constat nous fait perdre ainsi 959 élèves en cours de route.

Une situation qui illustre l’ « échec d’un système scolaire », qui aura perduré des années durant, » et non celui de l’élève », selon la ministre qui fait référence à une enquête réalisée en 2013 en appui de ses révélations.

Benghebrit, qui s’exprimait sur les ondes de la radio nationale, a encore précisé que 30% de ces élèves redoublent de classe. Pour réduire le taux de redoublement et de déperdition scolaire, Benghebrit préconise l’introduction progressive d’un système d’évaluation, appuyé de séances de rattrapage des cours ciblant les élèves n’ayant pas obtenu la moyenne dans certaines matières enseignées.

La nouvelle procédure d’évaluation des élèves vise aussi, toujours selon la ministre, à réduire le nombre d’examens qui constituent une pression psychologique pour les élèves.

Benghebrit impute également cette grave déficience, « qui nous met en décalage par rapport à ce qui se fait dans d’autres pays », à des problèmes inhérents au « pilotage » des établissements d’’enseignement dont elle assure qu’ils feront désormais l’objet d’un travail régulier d’évaluation et de mise à niveau.*Par Mourad Arbani | 20/12/2015 |algerie1.com/

**L’école du désastre

Parler de l’échec scolaire est devenu un cliché agaçant et inefficace. Mais quand on lit le bilan global présenté cette semaine par la ministre de l’Éducation Nouria Benghabrit, on passe du cauchemar au coma. Ainsi seulement 4% des élèves entrés en première année du primaire arrivent à finir leur cursus et à obtenir le bac. Sur ces 4% de bacheliers, 50% l’ont passé deux ou trois fois pour l’obtenir. Et toute cette faillite devient la vraie faille du système politique algérien car elle est plus grave que la mauvaise gestion, la corruption et le gaspillage, réunis !! La faille scolaire est un tourbillon qui emporte toute l’Algérie dans ses égouts car elle coûte très cher.

Alors pourquoi une telle perdition, une telle perte de l’intelligence, un tel crime contre les jeunes ? Les responsables sont l’État et la société. Cette société prompte à s’enflammer (Les grèves des enseignants sont devenues quelque chose de mafieux et d’insensé !), à manifester et à rouspéter, souvent à bon escient, est aussi responsable que l’État prédateur avec sa bureaucratie rigide et assassine, toujours à l’affût de bêtises, de mauvais coups et de mauvaises punitions. Elle incarne vraiment le mal et vraiment la perversion, car elle travaille dans l’ombre et prend comme armure l’indifférence.

Un exemple : sur les 4% de bacheliers qui décrochent leur bac, 15% d’entre eux (0,2%) -SEULEMENT!- sortent de la filière mathématiques ; alors que dans les années 70/80, la filière math-technique produisait 58% de nos bacheliers.

On a donc systématiquement et volontairement, détruit cette filière par obscurantisme et par gabegie. Mais cela servait, surtout, à détruire toute velléité scientifique chez l’enfant algérien pour qu’il puisse se réfugier dans la superstition, la religiosité (Qui e

st le contraire de la religion !) et l’ignorance cosmologique et sidérale.*  mardi 22 décembre 2015 | Par Rachid Boudjedra | tsa

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*La monnaie c’est comme l’emblème d’un pays

*La dépréciation du dinar  algérien de 1970 à 2016

Il est intéressant de connaitre l’évolution de la cotation du dinar algérien de 1970 à 2016, en rappelant que par le passé en référence au franc français nous avions 1 DZD = 1FRF en 1971 et 1DZD = 0,84 FRF en 1985.

1970 : 4,94 dinars pour un dollar
1980 : 5,03 dinars un dollar
1985 : 5,03 dinars un dollar
1989 : 8,03 dinars un dollar
1990 : 12,02 dinars un dollar
1991 : 18,05 dinars un dollar
1994 : 36,32 dinars un dollar
1995 : 47,68 dinars un dollar

En cas d’un retour au FMI la dévaluation entre 2018/2019, serait également proportionnelle à celle de 1994/1995

1996 : 54,74 dinars un dollar
1997 : 57,71 dinars un dollar
1998 : 58,76 dinars un dollar
1999 : 66,64 dinars pour un dollar
2001 69,20 dinars pour un euro *77,26 dinars un dollar
2002…75,35 dinars un euro -69,20 dinars un dollar
2003…87,46 dinars un euro 77,36 dinars un dollar
2004…89,64 dinars un euro 72,06 dinars un dollar
2005…91,32 dinars un euro 73,36 dinars un dollar
2006…91,24 dinars un euro 72,64 dinars un dollar
2007…95,00 dinars un euro 69,36 dinars un dollar
2008…94,85 dinars un euro 64,58 dinars un dollar
2009..101,29 dinars un euro 72,64 dinars un dollar
2010..103,49 dinars un euro 74,31 dinars un dollar
2011..102,21 dinars un euro 72,85 dinars un dollar
2012..102,16 dinars un euro 77,55 dinars un dollar
2013..105,43 dinars un euro 79,38 dinars un dollar
2014..106,70 dinars un euro 80,06 dinars un dollar
2015..108,60 dinars un euro 99,50 dinars un dollar
2016 (10 mai) 124,45 dinars pour 1 euro —109,43 dinars un dollar

Selon la banque d’Algérie «le taux de change du dinar vis-à-vis des principales devises est déterminé de manière flexible sur le marché interbancaire des changes, en fonction des conditions de l’offre et de la demande » et de préciser que «la valeur externe du dinar est fixée au taux du marché interbancaire des changes où la dépréciation de la valeur du dinar, par rapport à l’euro et le dollar, est le résultat du différentiel entre le taux d’inflation enregistré en Algérie et celui constaté dans le reste du monde». Or paradoxe le taux d’inflation dans les pays développés entre 2013/2015 est inférieur à ½%,, le dérapage du dinar continue et les produits importés ne connaissent pas de baisses sensibles.

2.-Dans une économie productive structurée, la dévaluation ou le dérapage du dinar favorisent les exportations, entendu hors hydrocarbures, et freinent les importations. En Algérie, c’est tout le contraire qui s’est produit, montrant que les mesures monétaires sans vision stratégique n’ont pas d’impacts. Tout cela renvoie à la nature de l’économie rentière et à la faiblesse d’un tissu productif local, la rente des hydrocarbures donnant une cotation officielle artificielle. L’Etat dérape (la Banque d’Algérie parle de glissement) le dinar pour voiler l’importance du déficit budgétaire, biaisant les comptes publics. On voit que lorsque le cours du dollar baisse et le cours de l’euro hausse, la Banque d’Algérie dévalue, pour des raisons politiques à la fois le dinar par rapport tant au dollar que de l’euro alors que le dinar, dans une véritable économie de marché, devrait s’apprécier par rapport à la monnaie internationale qui se déprécie. Pourquoi cet artifice comptable ? La raison essentielle est qu’en dévaluant le dinar par rapport au dollar, nous aurons une augmentation artificielle de la fiscalité des hydrocarbures, et la fiscalité ordinaire à travers la taxes des produits importés, sachant que les besoins des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 15% sont importés : c’est le fondement d’une économie rentière. Car les recettes des hydrocarbures sont reconverties en dinars, passant, par exemple, de 725 DA un dollar à 108 dinars un dollar. Idem pour les importations libellées en monnaie étrangère, les taxes douanières se calculant sur la partie en dinars, cette dévaluation accélérant l’inflation intérieure. Tout cela voile l’efficacité réelle du budget de l’Etat à travers la dépense publique, et gonfle artificiellement le fonds de régulation des recettes calculé en dinars. L’inflation étant la résultante, cela renforce la défiance vis-à-vis du dinar où le cours officiel se trouve déconnecté par rapport au cours du marché parallèle traduisant le cours du marché. Cela ne peut que conduire à terme à accélérer le processus inflationniste. En Algérie malgré cette dévaluation qui ne dit pas son nom, certaines règles juridiques comme celle des 49/51% généralisée vivant de l’illusion de l’aisance financière, non adaptée à la conjoncture actuelle ou le passage du Remdoc au Credoc et actuellement certaines mesures techniques ne font que s’attaquer à des aspects conjoncturels alors que le blocage est d’ordre systémique, impliquant une nette volonté politique de profondes réformes structurelles.

3.-Avec la tendance à la diminution des réserves de change, il sera impossible de continuer à verser des salaires sans contreparties productives, et consacrer le montant faramineux de subventions et transferts sociaux, non ciblés qui ne s’adressent pas essentiellement aux plus démunis, représentant 27/28% du PIB quitte à conduire le pays au suicide collectif. Car la valeur de la monnaie, rapport social, traduit avant tout la faiblesse de la production et de la productivité interne, corrélée en Algérie à 70% aux réserves de change qui eux mêmes proviennent de la rente des hydrocarbures. Le niveau d’inflation ne peut être compris qu’en analysant d’abord la productivité du travail et les liens dialectiques entre le développement, la répartition du revenu et le modèle de consommation par couches sociales. Celui qui perçoit 200 euros par mois n’a pas la même perception de l’inflation que celui qui perçoit 30 000 euros Sixièmement. Selon un rapport de l’OCDE, la productivité du travail en Algérie est une des plus faibles dans le Bassin méditerranéen. Pour se prémunir contre l’inflation, et, donc, la détérioration du dinar, l’Algérien ne place pas seulement ses actifs dans le foncier, l’immobilier ou l’or, mais une partie de l’épargne est placée dans les devises. C’est un choix de sécurité dans un pays, où l’évolution des prix pétroliers est décisive. Si les réserves de change tendaient vers 10 milliards de dollars, la banque d’Algérie coterait le dinar à plus de 200 dinars un euro. Ce qui explique que les actions d’intégration du capital argent de la sphère informelle au sein de la sphère réelle auront certainement un impact très mitigé. Par ailleurs, la différence de la valeur du dinar entre le cours officiel et celui du marché parallèle et la distorsion avec les cotations des monnaies de pays voisins expliquent également les fuites de produits hors des frontières. Les mesures administratives ne peuvent qu’être ponctuelles, sinon il faudrait une armée de contrôleurs.

4.-. Depuis la promulgation de la loi sur la monnaie et le crédit vers les années 1990, l’Algérie ne dispose toujours pas d’un marché des changes fonctionnant selon les règles universellement admises. Aussi, il s’agit d’éviter de fausses solutions à des problèmes mal posés. La solution réside en de nouveaux mécanismes de régulation conditionnant la dynamisation de la production locale dans des segments à valeur ajoutée au sein de filières internationalisées ainsi que des mécanismes de contrôle démocratiques reposant sur une plus grande moralité de ceux qui dirigent la cité. Cela rend urgent l’approfondissement de la réforme globale, notamment réhabiliter l’entreprise et son fondement le savoir, la réforme du système financier de distribution de la rente, inséré aux réseaux internationaux, actuellement de simples guichets administratifs, où les banques publiques contrôlent plus de 85 % du crédit octroyé, les banques privées malgré leur nombre étant marginales. Des partenariats gagnant/gagnant pour pénétrer les marchés internationaux sont nécessaires notamment en direction de l’Afrique, continent d’avenir et à enjeux multiples, où l’Algérie peut avoir des avantages comparatifs. L’Algérie avec l’amenuisement de ses recettes d’hydrocarbures peut-elle continuer à généraliser ces taux d’intérêt bonifiés au profit de jeunes dont la majorité n’a pas la capacité d’être entrepreneurs et qui ne pourront pas rembourser même le principal ?

Un bilan des avantages et des résultats des bénéficiaires des différentes agences d’investissement (exonération TVA, taux d’intérêt bonifiés) devient urgent afin d’éviter de dépenser sans compter pour une paix sociale fictive grâce, toujours, à une rente des hydrocarbures éphémère, laquelle, si elle est bien utilisée, devient une bénédiction, mais mal utilisée, elle est, par contre, une malédiction, source de corruption et de gaspillage. Toutefois évitons la sinistrose. La situation est différente de la crise de 1986 avec le niveau relativement élevé des réserves officielles de change, bien qu’en baisse et le niveau historiquement bas de la dette extérieure pouvant surmonter les «chocs» externes, mais transitoirement , sous réserve d’une nouvelle gouvernance centrale et locale et d’une réorientation urgente de toute la politique socio-économique actuelle. Le cas contraire, le fonds de régulation des recettes s’épuisera début 2017 et les réserves de change horizon 2018/2019, un retour au FMI avec des conditionnalités draconiennes et une dévaluation importante du dinar entraînant la hausse des taux d’intérêts des banques si elles veulent éviter leurs faillites. L’optimisme béat de certains responsables inconscients de la gravité de la situation socio-économique, qui risque de déstabiliser le pays à terme, n’inaugurent rien de bon nous faisant penser aux pronostics faux des anciens dirigeants des années 1986, pensant que des solutions monétaires, schémas importés, peuvent résoudre les problèmes du fonctionnement de la société. En fait, il faut recadrer le débat, et par un langage de vérité, s’attaquer à l’essence et non aux apparences.*Par Pr Abderrahmane Mebtoul | mrtcredi 11/05/2016 |  algerie1.com/

ademmebtoul@gmail.com./ 

NB- Le professeur Abderrahmane MEBTOUL est docteur d’Etat en sciences économiques depuis 1974 et expert comptable de l’Institut supérieur de gestion de Lille ( France )-membre de conseils scientifiques de plusieurs institutions internationales auteur de 20 ouvrages, et de plus de 500 contributions nationales et internationales

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*Dilapidation tous azimuts des ressources et des dégats énormes

L’autoritarisme a encore une fois montré de quoi il est capable et surtout qu’il ne connaît pas de limites dans les ravages qu’il peut provoquer sur la société et le pays tout entier.

L’immobilisme qui caractérise le pouvoir et plus particulièrement depuis une quinzaine d’années a fait de tels dégâts qu’il lui est difficile, dans la précipitation, de limiter les effets sur les différentes couches sociales d’une crise économique qui semble s’inscrire dans la durée. Il est de notoriété publique que plus rien ne fonctionne normalement aussi bien au sein de l’appareil d’Etat que dans les collectivités ou les entreprises publiques.

La stagnation est devenue la règle de la gouvernance à l’algérienne surtout depuis la maladie du président de la République qui a plongé le pays dans une profonde léthargie.

La conduite des affaires du pays repose plus qu’avant sur la dilapidation tous azimuts de ressources accumulées par la rente pétrolière. Sur les 800 milliards de dollars dégagés pour être investis dans des projets de développement, la rentabilité, l’efficacité en termes économiques n’ont pas été au rendez-vous. Aujourd’hui, les grands projets d’infrastructures sont, dans bien des cas, dépassés ou donnent l’impression d’être inachevés par rapport à ce qu’ils ont coûté à la collectivité nationale.

On peut citer les aéroports construits ou encore l’autoroute Est-Ouest. Il est vrai que les surcoûts et les réévaluations de la plupart de ces projets sont allés alimenter la corruption, chez nous et au-delà de nos frontières.

Tout cela ne peut que conduire au constat qu’y compris dans la «gestion» et la répartition de la rente, le pouvoir a fait montre d’incompétence notoire. En effet, il s’est contenté de laisser tout le pays s’enfermer dans la dépendance à l’égard de l’étranger, aussi bien pour la survie de sa population que pour son développement. Au point que la vie des Algériens semble inexorablement rythmée et rattachée au mouvement du prix du baril de brut à Londres et dans d’autres places boursières à travers le monde !  

Aujourd’hui que les réserves de change — après avoir atteint leur maximum de 200 milliards de dollars — ont fondu comme neige au Sahara au point qu’elles ne représentent à peine que 23 mois d’importation, on se rend compte du degré d’irresponsabilité des dirigeants qui n’ont jamais soupçonné que la situation pouvait se retourner de manière aussi catastrophique pour les Algériens. Bien au contraire, jusqu’à il n’y a pas très longtemps, le ton était plutôt à l’optimisme béat jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.

Improvisation et fuite en avant traduisent l’état de panique dans lequel se trouvent le pouvoir et les cercles oligarchiques qui lui sont proches, face à un contexte chargé d’incertitudes pour l’avenir.

Dans leur jusqu’au-boutisme qui risque d’être fatal à l’Algérie, ils sont décidés à ne pas céder le moindre pouce de terrain, y compris vis-à-vis d’une partie de la clientèle qu’ils comptent au sein du FLN, du RND ou d’autres organisations qui commencent à montrer des signes d’inquiétude et de lassitude.

Ils sont déterminés à passer en force et bousculer toute résistance dans les différents cercles civils ou militaires, comme on a pu s’en rendre compte avec le limogeage de cadres gestionnaires de haut niveau, de responsables dans la hiérarchie militaire, de militants des droits de l’homme..*Reda Bekkat/ el watan/ dimanche 29 novembre 2015

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Un cratère sur l’autoroute Ben Aknoun- Zéralda

***Pagaille, interrogations et inquiétudes

*Alger a frolé l’hécatombe

L’empire des scandales et des échecs.2 d-258848affaissement-sur-lautoroute-alger-a-frole-lhecatombe-219ef

Les Algérois se sont réveillés hier surpris par un immense bouchon sur la plus grande partie des accès et sorties de la rocade sud, reliant l’ouest à l’est d’Alger, en raison de la fermeture d’une partie de ce tronçon au niveau de Ben Aknoun, où un effondrement de la chaussée a créé, dans la nuit de vendredi, vers 21h,  un incroyable cratère au milieu de la chaussée et causé des blessures à plus d’une dizaine de personnes. Celles-ci étaient à bord des cinq véhicules qui ont chuté au fond du gouffre.

Il a fallu plusieurs heures pour  faire sortir les personnes piégées et les transférer vers les hôpitaux les plus proches. Coupée à la circulation, la route s’est transformée en une véritable fourmilière vers laquelle ont été dépêchées les unités techniques des services des eaux, de l’assainissement, des travaux publics, de la Seaal, des services de sécurité et de la Protection civile.

L’effondrement de la voie est devenu une affaire nationale, reprise en boucle durant toute la nuit de vendredi à samedi par les chaînes de télévision privées. Mais que s’est-il réellement passé en cette soirée pluvieuse ? Tous les techniciens sont unanimes à dire qu’il y a eu une «combinaison» de facteurs.

Directeur des ressources en eau, M. Amirouche explique : «L’effondrement a eu lieu au-dessus d’un collecteur des eaux pluviales, mais aussi des eaux usées qui se trouve à plus de 11 mètres de profondeur. Il date de l’époque coloniale et devait être dévié en raison de sa vétusté. Les pluies torrentielles qui se sont abattues ces dernières 24 heures pourraient être à l’origine de cet affaissement, mais pas à elles seules.» Il rappelle qu’en mai 2016, à quelque 120 mètres plus loin sur la même voie, il y avait eu un affaissement. «Nous avions fait toutes les études pour réparer l’affaissement, mais aussi dévier tous les collecteurs qui se trouvent à 12 mètres de profondeur sous cette voie.

Leur dérivation était une nécessité parce qu’ils n’ont pas à être là. Il y a trois semaines, nous avions tout terminé. Il ne restait que les travaux de mise en service du nouveau collecteur qui passe par les anciennes routes et remplir l’ancien de béton pour l’abandonner définitivement. Nous avons été surpris par l’incident qui a été probablement accéléré par les fortes pluies durant les dernières 24 heures.» Le responsable souligne que l’affaissement de mai dernier a eu lieu 120 mètres plus loin, mais il reconnaît néanmoins que parmi les causes de cet effondrement, il y a aussi le fait que cette voie express ait  été réalisée avec du remblai, alors qu’elle reçoit un flux important du trafic routier. «C’est vrai que cette route est vulnérable.

Mais il faut reconnaître qu’elle a tenu plus de 35 ans, puisque sa réalisation remonte à la fin des années 1970 et début des années 1980. Elle a tenu malgré tout…», dit-il. Architecte et expert en matière de risques majeurs, M. Chelghoum est plus alarmiste. Pour lui, l’une des causes principales de cet effondrement est la qualité du sol. «Je pense que la raison de cette catastrophe est la nature du sol. Une route est un ouvrage d’art. Il lui faut 5 à 6 couches de consolidation. Or, nous savons que toute cette région a été construite sur du remblai», note M. Chelghoum, qui se dit très préoccupé par cet accident : «En tant qu’expert, j’aimerais bien comprendre où toute cette quantité de terre est partie.

C’est quand même un gouffre de 12 mètres de profondeur au moins. Il faudra faire des investigations pour savoir ce qui s’est passé», lance-t-il. Les mêmes questions sont posées par M. Amrouche, directeur des ressources en eau de la wilaya d’Alger : «C’est vrai qu’il faut trouver des réponses à toute cette terre engloutie. Où est-elle partie ? En combien de temps s’est-elle effondrée ? Est-ce que cela s’est passé en une heure, en une semaine ou durant des mois ? Des enquêtes vont être menées parce qu’il est important de connaître les causes de cet accident qui à ce stade sont inconnues.» Interrogé sur la fin des travaux sur la voie, il précise : «Nous pensons pouvoir terminer en fin de journée afin que les services des travaux publics puissent commencer le goudronnage et ouvrir la route à la circulation dès dimanche (aujourd’hui, ndlr).

Mais, nous ne pouvons pas être certains. Nous travaillons à plus de 11 mètres de profondeur. S’il y a un écoulement d’eau qui apparaît, nous sommes obligés de reprendre. L’achèvement de nos travaux se fera une fois que tout sera maîtrisé. La route pourra être par la suite ouverte à la circulation sans risque d’un autre incident.» En tout état de cause, ce grave incident met sur le tapis, encore une fois, la problématique de la gestion des risques majeurs. Durant la nuit de vendredi à samedi, les équipes techniques et surtout de secours ont eu du mal à atteindre le lieu, alors que l’effondrement s’est déroulé le soir, durant le week-end, où la circulation était généralement très fluide.**Salima Tlemçani/ el watan / dimanche 20 novembre 2016

****Alger a effleuré l’hécatombe, vendredi soir, lorsque, brusquement, la chaussée s’est affaissée, au niveau de Ben Aknoun, sur l’autoroute Zéralda-Dar El-Beïda, provoquant un profond et large cratère dans lequel ont chuté cinq véhicules. Il était environ 21h et, à pareille heure, un vendredi de surcroît, la circulation était fluide et les véhicules étaient peu nombreux à emprunter cet axe. Au niveau du grand virage de la rocade sud, tout près de la bretelle menant vers le complexe sportif Mohamed-Boudiaf et à la résidence Sahraoui, la terre s’ouvre brusquement.

Les véhicules en provenance de Zéralda roulaient à vive allure à la faveur d’un trafic peu dense. Leurs conducteurs pris de court, les premières voitures arrivées à l’endroit chutent dans un cratère d’une profondeur estimée, selon les premiers éléments de l’enquête, à 8 mètres et d’une largeur de 6 mètres. Au total, 5 véhicules — une Peugeot Partner, une Renault Clio VI, une Polo, une Suzuki Alto et une Peugeot 301— sont tombés, les uns sur les autres, dans cet immense trou. Le bilan de la Protection civile fait état de 11 blessés, dont une vieille dame et un enfant de 4 ans.
Le bilan sera porté à 14 personnes évacuées vers les hôpitaux de de Ben Aknoun, de Birtraria, d’El-Harrach et de Beni Messous, où ils sont gardés sous surveillance médicale selon la gravité de leurs blessures, pour certains, et de l’état de choc émotionnel pour d’autres. “Je n’ai rien ressenti. Il n’y avait aucune vibration. J’étais au balcon quand j’ai entendu des klaxons de voitures. La circulation s’est interrompue d’un seul coup. Les sirènes de la police retentissent de partout. Je croyais qu’il s’agissait d’un accident de la route, car ce virage est très dangereux. Je suis descendu en courant. Quand je suis arrivé sur les lieux, j’ai vu un énorme trou et des véhicules entassés dedans”, témoigne un résident de Ben Aknoun. “On était les premiers à arriver sur les lieux car nous avons, à quelques encablures du lieu du sinistre, un point de contrôle qui nous a alertés. Je n’en croyais pas mes yeux. On a immédiatement donné l’alerte et nous avons bloqué la circulation routière pour sécuriser les automobilistes et parer à d’autres sinistres”, a affirmé à Liberté le chef de la sûreté de daïra de Draria, Ramdane Louni. Le plan Orsec enclenché par le wali d’Alger, des centaines de policiers, de gendarmes et de sapeurs-pompiers arrivent sur les lieux. Des unités antiémeutes sont même été mobilisées pour empêcher les centaines de curieux accourus de s’approcher du lieu du sinistre. À notre arrivée sur les lieux, le constat est lamentable. La chaussée est fissurée à plusieurs endroits.

Priorité à un plan de déviation
À 22h, le wali d’Alger arrive accompagné du DG de la Protection civile, Mustapha El-Habiri, du chef de la Sûreté de la wilaya, Noureddine Berrachedi, et du commandant du groupement de la Gendarmerie nationale, Smaïl Serhoud. Priorité au plan de circulation. Les services de sécurité ferment tous les accès menant vers l’autoroute de Ben Aknoun. Dans le secteur relevant de la Gendarmerie nationale, le responsable de l’escadron de la sécurité routière (ESR-GN) de Zéralda, Rachid Bendali, explique : “Concernant les déviations, nous informons l’ensemble des usagers en provenance de Tipasa qu’ils peuvent se rendre à l’aéroport d’Alger en empruntant la nouvelle rocade sud d’Alger. Ainsi, ils peuvent passer par Douéra, Baba Hassan et Ouled Fayet. Dans l’autre sens, en allant vers Zéralda, ils peuvent emprunter l’autoroute Est-Ouest, ou alors le front de mer. S’ils sont contraints de venir par les hauteurs d’Alger, il est conseillé de passer par Dély Ibrahim, Beni Messous, Chéraga et Bouchaoui avant de dévier vers l’autoroute. Toutes ces informations sont disponibles sur le site Tariki.dz.” Concernant le secteur relevant de la Sûreté nationale, Hamid Touat, responsable du Service de la sécurité publique (SSP) à Draria, conseille les usagers de la route d’“éviter cet axe autoroutier quel que soit le prétexte. Ainsi, pour sortir de Draria, il est conseillé de passer par le complexe du 5-Juillet, Chéraga, la route de l’ancienne briqueterie, Baba Hassan, l’axe des Deux-Bassins de Ben Aknoun. Cela dit, les usagers peuvent avoir gratuitement toutes les infos utiles en appelant le 15-48. Aussi, nous conseillons les automobilistes, pour la journée de dimanche (aujourd’hui-ndlr), de sortir plus tôt que d’habitude”.

En attendant l’enquête, la terre craque encore
Il est 22h30, des engins sont mobilisés pour l’extraction des véhicules. Comme première étape, des poclains cassent ce qui restait de la chaussée pour se frayer un chemin. La terre vibre. Les craquements du sol se font entendre et les fissures sont visibles à l’œil nu sur un périmètre de 150 mètres sur ce virage incliné, en forme de “S”. Il aura fallu plus d’une heure pour extraire les 5 véhicules pris au piège. À chaque fois que l’engin avance, la terre s’effrite et les hommes mobilisés sont contraints de décaper le bitume et de creuser pour avancer. Les curieux, nombreux à prendre des photos et des vidéos, lancent des hourrah, comme dans un stade de football et non sur les lieux d’une catastrophe. Difficilement extraits, les véhicules sont hors d’usage, voire totalement réformés. Le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, va dans tous les sens. Il cherche à comprendre ce qui s’est passé. S’agit-il d’une catastrophe naturelle ou d’un sinistre provoqué par quelque négligence ? Seule l’exploration du sol par des experts en géologie pourrait répondre à une telle interrogation. Pour le moment, il faut savoir que plusieurs fuites d’eau ont été enregistrées en moins d’une année sur les lieux du sinistre. Autrement dit, l’affaissement du terrain était, certes, prévisible, mais sans doute pas dans ces proportions. Aussi, l’inclinaison de la route et les fissures constatées n’ont apparemment pas été “prises au sérieux” pour parer à cette éventualité. Une chose est sûre : les travaux de réfection ont débuté dans la nuit de vendredi à samedi pour tenter de colmater ce cratère, mais il est peu probable que la circulation routière soit rétablie en moins de 48 heures. Raison pour laquelle M. Louni a appelé les automobilistes “à réduire les déplacements inutiles et à comprendre la situation, en attendant le retour à la normale”. Minuit passé, les travaux de déblaiement commencent. Hier matin, de longs embouteillages se sont formés obligeant les habitants à garer leurs véhicules “quelque part” et à… marcher.**Liberté / dimanche 20 novembre 2016

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          “C’est comme si on n’existait pas !”

*Les habitants du bidonville “El-Khiar” d’Aïn Beïda, dans la commune d’Es-Senia-Oran,  abandonnés à eux-mêmes

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C’est comme si on n’existait pas !”, lâche Mohamed, le pantalon remonté jusqu’aux genoux, un sceau à la main évacuant l’eau de sa maison.

*Quatre jours après la nuit cauchemardesque vécue par les habitants du bidonville “El-Khiar” d’Aïn Beïda, dans la commune d’Es-Senia, la peur hante encore les esprits, et depuis, ce sont les yeux rivés vers le ciel et l’angoisse au ventre que chaque famille attend du lever au coucher du soleil. “Vous êtes les seuls et les premiers à venir nous voir, ils auraient peut-être aimé qu’on crève tous en silence ce mercredi dans la nuit. Dites-leur qu’il y a des femmes et des enfants ici !” C’est par ces mots, lâchés froidement, que nous avons été accueillis dans le bidonville où les eaux de pluie s’écoulaient encore avec force. Les récits sont poignants et témoignent d’un vécu de misère, de privation et des familles entières sont en marge de toute vie décente. Dans la nuit de mardi à mercredi, les fortes précipitations qui se sont abattues sur la région d’Oran se sont presque transformées en torrent, traversant ce douar construit dans un ancien lit d’oued. Des constructions fragiles, précaires, collées les unes aux autres, sans urbanisation véritable, abritant quelque 500 familles. Depuis 10 ans, le bidonville n’a cessé de grandir, en contrebas d’Aïn Beïda qui est quasiment une ville, mais qui reste rattachée administrativement à la commune d’Es-Senia. “L’eau est montée à un mètre et a envahi nos maisons, les égouts ont éclaté et tout ressortait par les toilettes !…”, raconte une mère de famille, le visage marqué par l’insomnie et la détresse, et qui nous invite à voir l’intérieur de sa demeure où l’humidité et les traces laissées par l’eau sont visibles sur les murs, sur le frigidaire, dans le haouch. Dans un coin, les matelas, les couvertures et le linge mouillés sont entassés. Trois enfants qui suivent le récit de leurs parents, nous regardent hagards. Son mari raconte que son garçon est tombé dans l’eau : “Il a failli mourir, heureusement que des voisins m’ont aidé. Dans toutes les maisons, on a dû se débrouiller pour sortir, on a porté les enfants sur nos épaules, sur notre dos pour sortir.” “N’étaient les voisins et des jeunes venus nous secourir, nous serions morts”, insiste Brahim. Cette solidarité est la seule chose de positive ressentie ici à El-Khiar, car, en effet, sans cela le pire se serait produit. Alors que nous avançons dans le bidonville, les habitants, qui ont disposé des planches en bois pour traverser les ruelles, nous interpellent de partout, souhaitant nous dire ce que fut leur nuit seuls face à l’eau et sans secours. Par endroit, les hommes ont tenté de contenir la montée des eaux en créant des digues avec des briques, des sacs, des chiffons et des couvertures. En vain. Un des voisins – le premier à donner l’alerte – raconte à son tour : “Il faisait nuit, des habitants d’El-Khiar que je connais m’ont appelé sur mon portable, j’entendais les appels au secours, les pleurs des femmes et des enfants. On a appelé la gendarmerie et les pompiers, mais heureusement que les jeunes de chez nous ne les ont pas attendus et sont allés aider les familles.” Et c’est bien après que les pompiers sont arrivés, comme ont témoigné d’autres habitants du bidonville. “Ils nous ont dit qu’il y avait danger dans nos maisons que l’on devait sortir, alors, ils ont aidé certains qui se trouvaient encore chez eux”, nous raconte une famille. Les enfants, les femmes et les personnes âgées ont été recueillis par les familles épargnées par les eaux. Une jeune mère de famille, pressentant ce qui se dira sur la construction illégale de son bidonville, s’explique : “Mon mari est un simple vendeur au marché, nous louions tout près de là, mais le loyer nous a ruinés, nous ne pouvions plus tenir, alors nous sommes venus ici.” Pour d’autres, c’est la promiscuité avec les parents qui les a poussés à s’installer dans cet endroit. Ces lieux, généralement exigus, manquent d’aération et de soleil. Beaucoup d’enfants ont des problèmes de santé. Un retraité qui connaît bien l’endroit nous confirme qu’ici, les familles sont majoritairement démunies. “Ce sont pour la plupart des journaliers, ils vivent dans des conditions difficiles. Le minimum est de leur venir en aide. Cela fait trois jours qu’aucun d’entre eux n’a travaillé.” Et d’expliquer que ce sont toujours les habitants qui, avec les moyens du bord, tentent d’arranger la bouche d’égout éventrée. “C’est comme si on n’existait pas !”, lâche Mohamed, le pantalon remonté jusqu’aux genoux, un sceau à la main évacuant l’eau de sa maison.**Liberté / dimanche 20 novembre 2016

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*Multiplication des scandales et des affaires

 Le triste bilan du système

Les scandales de corruption et de prédation alimentent abondamment la chronique nationale accablant de hauts dirigeants. Grand déballage au tribunal d’Alger où se déroule le procès d’un des grands scandales de la corruption, l’autoroute Est-Ouest. Sur les bancs de l’Assemblée nationale, les députes du Parti des travailleurs accusent, documents à l’appui, des ministres de favoritisme et de malversation.

A longueur de colonnes, la presse rapporte et de manière incessante des révélations de corruption, de gabegie et de prédation qui rythment la vie des institutions et des entreprises publiques. De Milan, les juges ne cessent de lever le voile sur d’accablantes affaires de commissions et de rétrocommissions dans la contraction de marchés de l’énergie et de l’armement avec l’Algérie. Toutes ces affaires et celles qui ne sont pas encore révélées mettent en cause des ministres en poste ou en retraite, des hauts responsables politiques et militaires et des cadres occupants des postes stratégiques dans la haute administration. Les pots-de-vin s’ajustent au coût et surcoût des marchés publics nationaux et internationaux.

Le boom pétrolier des années 2000 a permis l’émergence d’une oligarchie prédatrice nourrie par la rente faisant main basse sur le pays et ses richesses. Il s’est développé une corruption à l’échelle industrielle qui illustre de manière éhontée le délitement de l’Etat. L’ampleur de la prédation est inversement à la mesure de l’effacement de l’Etat de droit.

Le coût politique et économique infligé au pays est considérable. Des ministres sur lesquels pèsent des soupçons de délit de trafic d’influence sont maintenus en poste, alors que d’autres dont la culpabilité est avérée sont promus à des postes encore plus importants dans la hiérarchie institutionnelle. Une prime à la corruption. Avoir les mains trempées dans le pot de miel Trésor public est devenue la règle sinon la condition pour pouvoir postuler à un poste de responsabilité. C’est la mécanique par laquelle tout un encadrement politique, administratif servile s’est mis en place.

Les honnêtes cadres rasent les murs.  Au lendemain du remaniement ministériel post quatrième mandat, le Premier ministre échangeant avec un leader politique d’opposition sur les nouveaux ministres, il aurait lâché à propos des walis promus : «Un sur les quatre ministres, il y en a un qui est propre !»  Sidérant. Est-il nécessaire de rappeler, à la veille du 1er mai, Journée internationale des travailleurs, la fameuse phrase lâchée par le patron de l’UGTA devant la juge lors du procès Khalifa en 2007 : «J’ai produit un faux et j’en assume la responsabilité.» Rassuré par la juge, Sidi Saïd règne aisément sur «la Maison du peuple».

Impunité

L’impunité assurée aux chefs prédateurs a fini d’achever définitivement la confiance entre une société désenchantée et des dirigeants politiques et économiques disqualifiés. Pour l’opinion publique, la corruption est loin d’être un phénomène marginal ou le fait de quelques cadres ripoux.

Mais bien plus ancrée dans les mœurs et les pratiques d’institutions hors de portée de tout contrôle ni de la justice soumise ni d’un Parlement-maison. Elle est consubstantielle à la nature du système du pouvoir fondé sur l’autoritarisme, la cooptation, le népotisme et qui surtout s’exonère du devoir de la reddition des comptes. In fine, la corruption est l’un des composants essentiels de l’ADN du système du pouvoir.

La multiplication d’instruments et d’organes de lutte contre la corruption est un leurre. Une procédé insidieux pour donner l’impression de combattre la prédation qui cache une mise en scène destinée au final à disséminer et dissimuler les grandes opérations de détournement du déni public. L’état dans lequel se trouve la Cour des comptes, censée veiller scrupuleusement à la bonne conduite des affaires du pays, en est une des illustrations.

Les rares médias, qui osent tremper leurs plumes dans la plaie de cette gangrène, subissent les foudres rageuses du pouvoir. «L’Etat privatisé par le clan d’Oujda s’est subordonné la société et par son cadrage autoritaire des Algériens, a empêché l’émergence d’une élite politique», constate avec colère le syndicaliste, Adel Abderrezak. Pour les organisations de lutte contre la corruption, les lanceurs d’alerte, les dénonciateurs et les partis de l’opposition, l’équipe au pouvoir, de part la nature et le fonctionnement du système politique, ne peut prétendre à combattre le fléau de la corruption, car elle en est le produit. Pour les animateurs de la Coordination nationale pour les libertés et

la transition démocratique (CLTD), la solution passe nécessairement par le changement politique et la fin du régime politique en place. «La lutte contre la corruption commence par le départ de ce système», peste le président du RCD, Mohcine Belabbas. En tout état de cause, l’éclatement des affaires de corruption (BRC, Sonatrach, Khalifa, autoroute Est-Ouest et bien d’autres) résume le sinistre bilan des équipes dirigeantes. A la faveur des procès en cours et à venir, c’est le pouvoir en place qui est jugé et condamné, même s’il s’emploie à s’extirper. En somme, quelle que soit l’issue, le régime a réussi la «prouesse» de faire du pays une République de la corruption.*El Watan-jeudi 30 avril 2015

**Fuite des capitaux, fraude fiscale, surfacturation, sous-facturation, détournement de biens sociaux, système de la «chkara»,  règne des «semsar» et autres intermédiaires, commissions faramineuses… L’économie informelle est devenue non plus l’exception mais la règle, dans un pays dont la cagnotte des importations dépasse les 60 milliards de dollars.

*Enquête sur un secteur informel qui vampirise l’économie algérienne.

Quelle est aujourd’hui l’ampleur de l’emprise du secteur informel sur l’économie nationale ? En l’absence d’une étude d’évaluation indépendante et crédible, il faut se contenter de la simple observation du phénomène.

Lyes, ingénieur, qui exerce depuis des années dans le secteur bancaire, tente une analyse : «En me fondant sur des observations basées sur mon expérience personnelle et professionnelle, je dirais que le secteur informel concerne tous les produits, à des degrés moindres ceux objets de transactions B2B (business to business) quand les entités commerçantes sont des personnes morales de type SARL (Société à responsabilité limitée) ou SPA (Société par actions).

Cette observation n’est plus valable dès que les entités en relation d’affaires sont des sociétés de personnes physiques. En revanche, quand il s’agit de relations d’affaire de type B2C (business to consumer) ou encore plus B2B2C (business to consumer via un intermédiaire), la pratique informelle est quasi systématique.»

Du point de vue des commerçants, il y aurait un seul objectif derrière la pratique informelle, celui de la maximalisation du profit net. La quête de la rentabilité maximale, qui doit en principe se faire dans le respect du cadre réglementaire, notamment dans ses aspects fiscaux, est devenue une exception pour une raison que Lyes tente d’expliquer : «Pour être plus concret, un commerçant en Algérie est bel et bien obligé d’activer dans la sphère informelle s’il veut continuer à exister, puisque ses concurrents n’hésitent pas à le faire. C’est une question de compétitivité dans un marché anarchique, donc une question de survie. Bien entendu, cela va de pair avec la tolérance et le laisser-aller coupable de l’Etat, qui est en principe censé réguler le marché, garantir la « concurrence pure et parfaite » en faisant respecter les lois de la République par tous.»

Un canal  de redistribution et de captage  de la rente

Qu’est-ce qui explique donc cette tolérance de l’Etat envers la sphère informelle qu’il est sensé combattre ?

Pour notre cadre banquier, l’essentiel de l’action publique de répression de la fraude, sous quelque forme qu’elle prenne (fiscale, sanitaire, réglementation sociale et du travail, environnementale, etc.) est souvent dirigée sur des entités bien identifiées, opérant dans la légalité et au long parcours entrepreneurial dans la production ou la prestation de services, y compris des sociétés publiques. Beaucoup de patrons se plaignent que leurs collaborateurs passent une bonne partie de leur temps de travail à répondre à des convocations intempestives et à recevoir des visites d’inspection récurrentes pour des motifs et des griefs futiles. Pourtant, ces mêmes inspecteurs sourcilleux, avant d’arriver aux sièges sociaux, sites et locaux des mis en cause, passent devant des centaines de commerces illicites en bordure de route, des garages, des hangars et autres aires de stockage abritant des activités non déclarées, sans que cela ne les interpelle outre mesure.
De ce fait, aujourd’hui, l’Etat encourage sciemment les entrepreneurs qui opèrent dans la légalité à basculer dans le secteur informel, sinon à cesser toute activité.

Lyes poursuit : «Je pense que la démission volontaire de l’Etat s’explique par ce que le pouvoir appelle « la politique de sauvegarde de la paix sociale » – que, personnellement, j’appelle la politique de corruption de la société – qui permet le maintien du régime en place. Elle se manifeste par un laisser-aller général envers les activités commerçantes des couches sociales les plus défavorisées qui vivent de débrouillardise en vendant des fruits et légumes au bord des routes et sur les trottoirs des villes, ou en fabriquant de l’eau de Javel ou des jus de fruits dans des baignoires installées dans des locaux insalubres.»

Une foultitude d’opérateurs de l’import-import  squattent l’économie

Pour notre banquier, le vrai problème n’est pourtant pas celui-là. Le vrai problème concerne la couche aisée qui a les faveurs du régime, qui en est issue et sur laquelle il s’appuie. «C’est toute cette foultitude d’opérateurs dans l’import-import qui vampirise l’économie», dit-il. Fonctionnant sur un mode plus mafieux qu’économique, elle représente aujourd’hui un lobby puissant et solidaire, qui a fini par s’enraciner y compris dans les strates défavorisées de la société, en offrant à des centaines de milliers de personnes des emplois directs et indirects, certes précaires, mal rémunérés, sans couverture sociale ni retraite, mais tout de même des emplois et un pouvoir de subsistance, à défaut d’un pouvoir d’achat digne de ce nom.

Cela va du cadre financier, comptable, agent commercial au manutentionnaire, agent de sécurité ou encore intermédiaire, grossiste, transporteur et toute l’armée d’employés journaliers ou occasionnels derrière eux. «Ce système donne l’illusion d’une économie qui fonctionne comme une roue qui tourne, mais en réalité il n’en est rien», dit Lyes. Pour lui, lorsque les réserves de change ne seront plus suffisantes pour alimenter la roue en mouvement, tout le système s’effondrera. Bien entendu, à la première alerte, la majorité des opérateurs de l’import-import, qui ont d’ores et déjà assuré leurs arrières, rejoindront leurs pays de substitution dont ils ont acquis la nationalité, où se trouvent leur progéniture et les fortunes colossales qu’ils ont amassées.

Les armes du crime : surfacturation et sous-facturation

La question que l’on doit se poser aujourd’hui est de savoir comment ces opérateurs de l’import-import ont pu amasser des fortunes à l’étranger alors que la réglementation algérienne est très restrictive et contraignante en matière de transfert de devises.

Abdelhamid, cadre financier dans une grande entreprise privée, a fait l’essentiel de sa carrière dans le domaine de l’import-import. Il est très au fait des méthodes utilisées par ses anciens patrons. «Il existe différentes méthodes, notamment celles de la valise, de la mule ou encore l’imparable « donnes-moi des devises à l’étranger, je te donne des dinars en Algérie », mais celle qu’affectionnent particulièrement les importateurs est la méthode de la surfacturation», dit-il.

En effet, tout peut faire l’objet de surfacturation, que ce soient des marchandises destinées à la revente en l’état, des matières premières, des équipements, des prestations de service… tout peut être surfacturé, à condition de s’entendre avec le fournisseur étranger. «Il n’est pas rare, non plus, que le fournisseur étranger et l’importateur national soient une seule et même personne. Nous avons vu des cas où l’importateur est le fournisseur dissimulé derrière une société-écran ou un prête-nom», ajoute-t-il.

Comment s’opère la surfacturation ? En rajoutant quelques pourcentages de plus au prix réel pour qu’elle ne soit pas trop flagrante. Le fournisseur et l’importateur s’accordent bien entendu sur les modalités de restitution du surplus de facturation une fois le paiement effectué. «Naturellement, l’argent illégalement transféré prend le chemin des paradis fiscaux et vient garnir les comptes de sociétés offshore.

Il est ensuite blanchi par des acquisitions diverses dans l’immobilier, les placements boursiers et bancaires ou les prises de participations et le tour est joué. Vous saisissez, dès lors, le degré de complaisance, voire de bienveillance des autorités politiques et des institutions de contrôle (Douanes, Banque d’Algérie, ministère des Finances, etc.) à l’égard de cette pratique d’autant plus que la surfacturation touche pour l’essentiel des produits boursiers, des matières premières, des équipements et des matériaux dont les prix sur le marché mondial sont incontestablement transparents et publics, pour peu qu’on s’y intéresse», ajoute Abdelhamid.

Des Cartels sur le modèle des narcotrafiquants

Comment s’arrangent les importateurs pour que les produits importés ne soient pas vendus à perte sur le marché national dès lors qu’il y a surfacturation, c’est-à-dire majoration volontaire et néanmoins frauduleuse du prix d’achat ?

Pour notre cadre financier, la surfacturation explique en grande partie la cherté des produits importés sur le marché intérieur, c’est-à-dire presque tout. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les prix de produits identiques en Algérie et chez nos voisins marocains et tunisiens. En effet, l’importateur répercute entièrement le coût du produit importé, partie surfacturée comprise.

«Ceci est possible eu égard à la voracité du marché algérien d’abord, ensuite à cause de la concentration du marché entre les mains d’un nombre limité d’importateurs qui se partagent, en parts de marché, des pans entiers de produits, secteurs et territoires  comme on se partagerait un gâteau. Je n’exclus pas qu’il y ait carrément des ententes explicites, sinon tacites sur le modèle des cartels de narcotrafiquants pour que chacun conserve son territoire et sa part de marché en véritable chasse gardée. Ensuite, on peut toujours tolérer de petits importateurs aux alentours pour donner l’illusion de la concurrence et du libre accès à l’exercice du commerce extérieur», explique Abdelhamid.

La réalité, pour notre homme, est que l’importateur relègue au second plan de ses priorités la profitabilité et la rentabilité de sa société d’importation établie en Algérie ; sa préoccupation première est d’opérer un maximum de volume d’affaires, c’est-à-dire d’importer et d’écouler le maximum pour que le produit de la surfacturation qu’il expatrie soit maximal. Bien entendu, il veillera à l’équilibre financier de sa société d’importation en Algérie, un équilibre tout juste optimal pour que les affaires puissent continuer, rembourser ses crédits bancaires d’exploitation, payer les salaires de misère de ses employés, s’acquitter des impôts et autres charges.

Il veillera également à réaliser un petit résultat comptable excédentaire en fin d’exercice pour payer un tout aussi petit impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) pour pouvoir se tenir à distance respectable des contrôles des services fiscaux.

Si par accident, sa société se trouvait un peu déficitaire, il veillera à la recapitaliser pour que les affaires continuent. Le tout est d’éviter un déficit de cinq exercices consécutifs, puisque la réglementation l’oblige, le cas échéant, à placer sa société en liquidation et les services fiscaux seraient obligés d’intervenir. «En un mot, un importateur ne compte pas ses dinars gagnés en Algérie, mais les euros et les dollars qu’il a illégalement transférés à l’étranger. J’ajouterais qu’avec des coûts de revient des produits importés aussi élevés, notre importateur peut même se permettre le luxe de sous-facturer pour générer du cash au noir qu’il pourra utiliser à sa guise», conclut-il.

Générer du cash au noir

A côté de la surfacturation, il y a donc la sous-facturation. En voici, selon nos experts, le mode d’emploi : quand un commerçant vend un produit, il établit une facture à son client. La somme des ventes pour une période donnée détermine son chiffre d’affaires. C’est sur la base du chiffre d’affaires qu’une société paie, par exemple, la Taxe sur l’activité professionnelle (TAP) et qu’elle reverse la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) collectée, en retranchant la TVA à récupérer sur ses propres achats entrant dans son cycle d’exploitation.

Quand un commerçant sous-facture à son client, il minore proportionnellement la TAP et la TVA dont il devra s’acquitter. Néanmoins, même si cela s’apparente à une vente à perte pour la société du commerçant, cela ne veut aucunement dire que c’est le cas.

Pour la simple raison que le commerçant se fera payer en réalité intégralement au prix réel… mais en deux temps : une première tranche équivalente au montant sous-facturé qui ira dans les comptes de la société pour justifier la régularité de la transaction et de la facture au prix sous-facturé ; une seconde tranche complétant l’écart avec le prix réel de la transaction qui ira directement dans la poche personnelle du commerçant, généralement en espèces, quelquefois en nature.

C’est ce qu’on appelle du «cash noir» ou, en langage populaire, la «chkara». Nous sommes là en présence d’une double infraction : du détournement de biens sociaux, puisque la société se trouve pénalisée par la ponction d’une marge perdue volontairement et dans un but frauduleux ; de la fraude fiscale en même temps, puisque d’un autre côté le Trésor public est privé en aval de ressources en divers impôts (TAP, TVA, IBS et IRG) à cause de la minoration du chiffre d’affaires en amont.

En conclusion, la sous-facturation sert à minorer artificiellement les impôts dont une société doit s’acquitter, mais surtout à générer du cash au noir, autrement dit à remplir la «chkara».

La «chkara», les «semsar», les marchés publics…

Cette caisse noire peut servir à faire ses emplettes, acheter des cadeaux à sa femme ou à sa maîtresse, graisser la patte à un haut commis de l’Etat, payer un ticket pour un match du FC Barcelone à son fiston chéri, acheter un siège de député ou financer la campagne électorale de son poulain préféré, acheter des devises et les transférer, financer l’acquisition d’un bien immobilier en Algérie ou à l’étranger, etc.

Plus sérieusement, cette manne sert bien souvent à l’usage privé du commerçant comme elle sert à payer des commissions sur des marchés obtenus grâce à une certaine intermédiation. Prenons un cas concret pour être plus précis. Comme nous le savons, depuis au moins une décennie, la demande liée aux marchés publics a explosé, notamment dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics et de l’hydraulique. Nous savons également qu’une grande partie des contrats sont confiés à des sociétés étrangères. Beaucoup de ces sociétés, pour s’approvisionner en matériaux de construction (rond à béton, ciments, agrégats, bois…) ont vite compris qu’elles ne devaient pas s’encombrer de la gestion des tracasseries administratives et logistiques inhérentes à notre pays.

Dès lors, comme par enchantement, une nouvelle espèce d’opportunistes a fait son apparition sur la scène : il s’agit des fameux «semsar», que l’on peut traduire approximativement par «intermédiaire».

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un «semsar» est une personne qui, munie seulement de sa carte d’identité et de son téléphone portable, a ses entrées partout, chez le maître d’ouvrage comme au ministère de tutelle de ce dernier, chez le maître d’œuvre ou bureau d’études comme chez l’entreprise réalisatrice.

Si vous êtes importateur de matériaux de construction, vous serez bien malheureux si un «semsar» ne venait pas taper à votre porte pour vous proposer de faire affaire avec ses mandants. Inutile de demander un mandat, il n’en a pas. Avec lui, vous vous entendrez sur la quantité que son mandant a à vous commander, les délais de livraison, les cadences d’enlèvement, le lieu d’affectation de la marchandise, la qualité, le prix, les modalités de paiement…. mais surtout vous parlerez de «sa» commission si vous voulez décrocher le marché.

Elle peut aller jusqu’à 2% du montant du marché. Pour des marchés qui se chiffrent en dizaines de milliards de dinars, on peut imaginer les montants que cela représente, d’autant que les «semsar» sont toute une meute, spécialisés dans tous les produits qui serviront à ériger votre bâtiment : rond à béton, agrégats, ciment, matériaux de finition, plomberie, etc.

Voilà à quoi sert, entre autres, la «chkara» des importateurs : à payer des commissions au collecteur qu’est le «semsar» en contrepartie de commandes qu’il vous transmet. Une fois payé, le «semsar» assure la redistribution du butin jusqu’en haut de la pyramide. Comble du cynisme, même les responsables des entreprises réalisatrices se font graisser la patte, probablement pour se taire et accepter de recourir aux puissants «semsar» jusqu’à la fin des travaux.

Conclusion : «On aura beau voter des lois anticorruption, réviser et amender le code des marchés publics. On aura beau inculper, mettre en prison, juger, pendre sur la place publique de vrais coupables ou des lampistes. On aura beau dénoncer la corruption dans de beaux et longs discours. Voilà comment elle se nourrit, s’opère et prospère dans son milieu de culture favori qu’est l’économie informelle.»*Djamel Alilat / El Watan-samedi 30 mai 2015

******** évasion fiscale, fuite des capitaux et corruption,

     les trois phénomènes qui ont fragilisé le pays

*La fuite des capitaux est de 16 milliards de dollars entre 2004 et 2014, alors que l’évasion fiscale a atteint des niveaux inquiétants. Près de 50 milliards de dollars, selon la Commission des droits de l’homme de Farouk Ksentini.

On n’a pas besoin d’être expert en économie pour comprendre comment l’Algérie est allée droit dans le mur. Comment se retrouve-t-on dans une crise aussi menaçante pour le pays après 15 ans d’opulence ? Ce n’est pas normal ! En plus des erreurs commises en termes de stratégie économique, des choix des politiques publiques décidées par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, depuis son arrivée au pouvoir en avril 1999, le pays a subi une véritable saignée à cause de la gangrène de la corruption, de la fuite des capitaux, de l’évasion fiscale et de l’informel qui ont fait main basse sur l’économie nationale.

Des chiffres publiés par la très officielle Commission des droits de l’homme de Farouk Ksentini donnent froid dans le dos. La fuite des capitaux a été de 16 milliards de dollars entre 2004 et 2014, alors que l’évasion fiscale a atteint des niveaux inquiétants. Près de 50 milliards de dollars, selon la même source. Quid de la corruption dont on n’a pas l’évaluation et qu’on estime aux dégâts et aux préjudices qui ont mis le pays à genoux ? C’est la faillite totale. L’on s’étonne aujourd’hui que ceux qui sont à l’origine de cette débâcle viennent, toute honte bue, proposer des solutions. Et quelles solutions ? Des mesures d’austérité.

On a bien entendu un haut responsable de l’Etat qui dit qu’en fait, la crise tombe à pic, comme ça on est obligé de relancer notre économie. Des experts maison se succèdent et rivalisent en ingénuité à qui trouvera le plus de niches fiscales. Et les niches fiscales, en fin de course, c’est la poche des citoyens. Solutions faciles pour des responsables qui ont échoué, qui ont fait tout de travers. Ils avaient pourtant l’occasion inouïe de sortir le pays de sa dépense de la rente pétrolière.

Combien a coûté l’autoroute Est-Ouest, non encore entièrement livrée, qui a connu d’importants surcoûts en plus de la corruption qui a entaché sa réalisation ? Le coût du projet était initialement évalué à 7 milliards de dollars avant de devenir un véritable gouffre financier. Officiellement, le montant du projet du siècle est de 13 milliards de dollars, mais pour beaucoup, il a coûté plus. Que dire de la corruption qui a touché Sonatrach et d’autres projets publics ? Et l’affaire Khalifa qui a saigné le Trésor public. La fraude, l’évasion fiscale, la fuite des capitaux et la corruption sont devenues un sport national. «La gouvernance» du président Bouteflika est catastrophique. Et le pays ne manquera pas d’en payer le prix.

C’est au milieu de son premier mandat que des experts et même des opérateurs économiques critiquaient, à juste titre, ses choix économiques et sa gestion à la hussarde du pays. L’on se souvient du tollé soulevé par «la stratégie industrielle», élaborée par l’un de ses proches collaborateurs, Abdelhamid Temmar, qui a occupé plusieurs portefeuilles ministériels depuis 1999.

Il a été ministre chargé des Participations et de la Coordination des réformes, ministre du Commerce, ministre conseiller économique auprès du président Bouteflika et ministre de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement avant de finir dans la Prospection et la Planification. Donc en plus des mauvais choix qui ont été faits et qui ont coûté forcément beaucoup d’argent au Trésor public, le pouvoir n’a pas tiré les leçons du scandale Khalifa.

Au contraire, la corruption a continué à prospérer jusqu’à mettre en péril le pays. Les mécanismes de lutte contre ce phénomène mis en place par le chef de l’Etat qui a mis au pas tous les contrepouvoirs, la presse entre autres, domestiqué la justice, tué l’opposition politique et dompté le Parlement qui aurait pu jouer un rôle de contrôle et de veille, n’ont servi absolument à rien. La crise économique qui frappe l’Algérie aujourd’hui était prévisible. Des experts n’ont pas cessé d’alerter, depuis très longtemps, sur la faillite à laquelle serait exposé le pays, si les prix du pétrole venaient à chuter. Ils n’ont pas été écoutés.*Said Rabia-el watan-samedi 26 septembre 2015

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Abdelaziz Rahabi - TSA Algérie

*Abdelaziz Rahabi :

« Les choix économiques et la corruption sont à l’origine de la crise »

**Quelle lecture faites-vous de la crise provoquée par la chute du prix du pétrole ?

Ce n’est pas la chute du pétrole qui est à l’origine de la crise. Dire que la chute du prix du baril est à l’origine de la crise, c’est chercher encore la main de l’étranger ! Or ce sont les choix économiques, la corruption, l’absence de contrôle de la dépense publique qui sont à l’origine de cette crise. Nous n’avons pas pris des précautions. Nous n’avons pas créé de l’emploi et nous n’avons pas créé une économie en mesure de subir le choc pétrolier. Aucun gouvernement depuis l’indépendance n’a eu autant de moyens. Au lieu de mettre un terme à notre dépendance aux hydrocarbures, il a fait de la richesse du pays un outil politique. La manne a servi surtout à acheter la paix sociale et à non à développer l’économie.

Comment expliquez-vous cette politique ?

Le seul souci du pouvoir était de se maintenir. La situation économique actuelle était donc prévisible. D’ailleurs, tous les experts parlaient de cycle court de l’augmentation des prix des hydrocarbures. Malgré cela, nous n’avons pas pris des mesures nécessaires. Aujourd’hui, nous subissons les conséquences de l’utilisation irrationnelle de la dépense publique et l’échec du choix économique du gouvernement. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir qui va supporter le coût de l’échec de la politique économique du gouvernement durant ces quinze dernières années. Et je pense que ce sont les couches les plus défavorisées qui vont le supporter avec l’inflation et le ralentissement de l’investissement public.

Le gouvernement a dévalué le dinar pour faire face à la crise. Est-ce la bonne mesure ?

Les économies développées dévaluent leurs monnaies pour booster les exportations. En Algérie, nous la dévaluons pour réduire nos importations. Ce n’est pas une mesure saine sur le plan économique. Même si je pense que c’est l’un des rares outils dont dispose le gouvernement pour réguler les importations. Nous ne pouvons pas réguler le commerce extérieur par la production donc nous nous le régulons par des outils de la Banque centrale. Je pense également que le gouvernement ne pose pas la bonne question en ce moment qui est celle de reconnaître que nous avons fait dépenses irrationnelles pendant une quinzaine d’années.

Quelles solutions préconisez-vous ?

Le gouvernement devrait prendre en considération le fait que ce n’est pas au plus fragile d’entre nous de supporter les conséquences de la crise. Concrètement, le gouvernement ne va pas toucher aux subventions. Sauf que nous subventionnons le produit au lieu de subventionner des catégories sociales. Et le gouvernement ne prendra pas des mesures impopulaires car il est faible en raison d’un consensus politique interne fragile. La crise économique va continuer et va s’approfondir. Cela dit, on n’a pas d’autres choix que de relancer l’économie en encourageant l’investissement et en mettant en place les mesures de nature à relancer l’économie. Il faut avoir un consensus politique national du choix économique, s’ouvrir aux expertises nationales, aux cadres consultatifs et faire de la prospective.*mercredi 19 août 2015 | Par Hadjer Guenanfa | TSA

*Le pétrole chute, le gouvernement gèle tous les projets non-engagés

Le gouvernement continue de prendre des mesures pour tenter de faire face à la crise économique. Début août, il a décidé de geler tous les projets d’équipements non lancés, révèle le journal Liberté dans son édition du lundi 17 août. 

« (…) en exécution des instructions de Monsieur le Premier ministre (…) Honneur de vous informer des précisions suivantes. Stop. Gel de tous les projets d’équipements non lancés », est-il écrit dans une correspondance du ministère des Finances datée du 3 août.

« À l’exception des PCD (Programmes de développement locaux), l’ensemble des projets n’ayant pas fait l’objet de notification d’ordre de service, y compris ceux financés au titre des comptes d’affectation spéciale » sont concernés par le gel, précise le document. La mesure concerne également les acquisitions de véhicules au profit des administrations qui devront être reportées à 2016. La directive s’applique aussi « aux projets de marchés portant sur l’acquisition de véhicules ayant fait l’objet d’un visa délivré par la commission des marchés publics compétente qui n’ont pas fait l’objet d’un engagement ou d’un paiement », précise la note.*lundi 17 août 2015 | Par Riyad Hamadi |TSA

**Les erreurs stratégiques se payent

C’est la fin d’une époque et l’amorce d’une descente aux enfers. En décidant de ne plus lancer de nouveaux programmes d’investissement, le gouvernement abandonne les recettes populistes qu’il a toujours affectionnées. Il se rend à l’évidence – bien qu’il ait mis des mois pour le faire – que l’Algérie, après quinze ans, est à un tournant.

Ce qui a fait sa prospérité, les entrées en devises, tirées des exportations des hydrocarbures, se raréfient de jour en jour. Et la dégringolade des prix n’est pas près de s’arrêter. Un baril à 40 dollars est prévu par les experts pour fin 2015, beaucoup moins en 2016 avec le retour sur le marché pétrolier de l’Iran, l’augmentation de la production irakienne et peut-être libyenne, le boom sans répit des huiles de schiste aux Etats-Unis, le tout sur fond de marasme économique mondial.

Avec le gel des projets d’équipement qui vient d’être décidé, la demande sociale (routes, hôpitaux, écoles…) va subir un sérieux coup, avec comme conséquence première la montée en cadence de la colère des populations, notamment celles en attente d’une amélioration de leurs conditions de vie.

Cette colère sera alimentée, en parallèle, par les restrictions en matière d’importations de biens (aliments, médicaments) et par les hausses inévitables des prix qu’entraîneront les phénomènes de rareté.

A cela va s’ajouter la montée en flèche du chômage du fait du non-recrutement de personnels par les entreprises publiques et privées, frappées de plein fouet par la suspension des programmes d’équipement publics.

Lancé en grande pompe après 2014, le plan quinquennal tombe à l’eau. Il devait répondre aux besoins essentiels d’une population qui atteindra, en 2019, les 45 millions d’habitants aux immenses besoins économiques et sociaux. En tablant sur les seules recettes pétrolières et gazières, les concepteurs de ce plan avaient cruellement manqué de jugement et d’anticipation.

En ne faisant pas du développement de l’appareil productif national la colonne vertébrale du plan 2015-2019, ils ont reconduit l’erreur stratégique de l’ère Bouteflika, qui a consisté à privilégier les importations et les investissements dans les seuls équipements publics : sur les 700 milliards de dollars dépensés depuis 1999, une part énorme est partie dans le gaspillage, la surfacturation et la corruption. La maigre cagnotte placée dans des établissements financiers extérieurs est vouée à disparaître en moins de trois années.

De par leur ampleur et leur complexité, les problèmes sont devenus inextricables : les autorités n’ont pas vu venir la crise et ne l’ont pas anticipée, car ces dernières années, elles ont vécu dans une ambiance d’argent facile avec un mépris pour le labeur.

La mentalité dépensière s’est transmise à la société algérienne qui, malheureusement, a perdu l’essentiel des valeurs traditionnelles liées au travail, à la patience et à la frugalité. Les Algériens vivront difficilement les temps de crise qui s’annoncent et il n’est pas exclu que face aux privations multiples, ils soient tentés d’aller davantage vers la violence que vers la résignation ou la résilience.*Ali Bahmane/ el xatan–19 aout 2015

Un nouveau locataire pour le palais d'El Mouradia est la solution pour une reprise de l'espoir.

**Ceux qui ont échoué doivent partir: une nécessité pour toute relance

Nos économistes redoublent d’ingéniosité et même de générosité : les économistes algériens, décidés à nous éviter le cauchemar qui nous attend, inondent les pouvoirs publics de suggestions perspicaces, de géniales propositions et même d’astuces non répertoriées dans le catalogue classique universitaire.

Un État digne de ce nom aurait trouvé là, matière à se tirer d’affaire, amortir le choc de la baisse des cours pétroliers et même, faire redémarrer la « machine économique » au plus vite et éviter que la baisse de croissance conjoncturelle ne se transforme à terme en une baisse de croissance structurelle (ce qui, à notre avis, est déjà le cas).

Mais, aussi méritoires qu’elles puissent être, ces propositions de sauvetage ne s’adressent à personne. Je veux dire à personne parmi ceux qui disposent du pouvoir de décision.

L’explication ne tient pas seulement au fait que nos dirigeants n’écoutent personne, mais à cette vérité beaucoup plus tragique : l’État qui régule, l’État « grand ordonnateur de la croissance » (Pierre Rosanvallon), l’État stratège, l’État « réducteur d’incertitudes », l’État tout court, celui qui aurait pu les écouter, cet État-là, n’existe pas. Même plus sous sa forme mécanique qui est la sienne depuis 1962. En 16 ans, Abdelaziz Bouteflika a tout cassé. En rétablissant les conditions du pouvoir absolu, il a mis fin aux bourgeons d’État moderne qui poussaient laborieusement et fait le lit d’une mafia qui, aujourd’hui, tient lieu d’État.

« Bouteflika ne pouvait pas se contenter du poste de président de la République. Il a voulu s’emparer de tous les postes, celui de ministre comme celui de député ou celui de maire. C’est pour cela qu’il n’y a plus aujourd’hui d’autorité nulle part, celle de l’État, celle du maire ou celle du ministre… », disait Chérif Belkacem.

C’est cette mafia, bien insérée dans les rouages de nos institutions, qui s’oppose à une nouvelle politique d’urgence. N’est-ce-pas le FLN d’Amar Saadani qui s’est élevé publiquement contre le règlement par chèque et le contrôle des importations ?

Ce pouvoir-là va nous conduire jusqu’au naufrage. N’inversons pas l’ordre des choses : il faut un assainissement politique avant de prétendre à un assainissement économique. Il s’agit, dans l’urgence, de mettre fin au régime de Bouteflika et lui substituer, sans délai, un État régulateur et garant des contre-pouvoirs démocratiques, capable de prévenir de nouvelles crises, de limiter l’impact négatif des récessions sur les citoyens et les entreprises, et de combattre la corruption.

L’Algérie a besoin, à son chevet, d’un État rajeuni, redistributeur, investisseur dans l’innovation, la formation et le savoir. Sans quoi, nous allons vers la plus terrible crise que l’on puisse imaginer, celle dont personne ne sait si on s’en relèvera.*Par Mohamed Benchicou*lematindz/ mardi 19 aout 2015

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*Baisse du dinar : une aubaine pour les banques étrangères

banque TSA Algérie

En un an, le dollar a gagné 33 % face au dinar, passant de 79,77 à 106 ce lundi 17 août. L’euro a progressé de 17,72 % en 52 semaines face au dinar, passant de 99,66 à 117,48 aujourd’hui. Autre devise importante, la Livre sterling, a gagné 27,20 % en un an contre le dinar.

La dégringolade du dinar, qui s’est accélérée depuis la mi-juillet, inquiète déjà les chefs d’entreprise, y compris les exportateurs, à l’image de Cevital. Elle devrait aussi se traduire par une forte inflation dans les prochaines semaines. Les entreprises devraient répercuter leurs coûts de production et d’achat de matières premières sur leurs produits.

Tous les secteurs devraient être négativement impactés par la faiblesse de la monnaie nationale. À l’exception d’un seul : les banques, notamment étrangères. Ces banques réalisent, en effet, une grande partie de leur chiffre d’affaires dans l’importation. Elles prélèvent en moyenne 1,5 % (le chiffre varie entre 1 % et 2 %, selon les importateurs) sur les importations.

Mais la commission est prélevée en contre-valeur en dinar. Du coup, plus le dinar baisse plus le montant prélevé pour la même valeur d’importation en devise est élevé. En an, les banques qui ont opéré des importations en dollars ont ainsi vu leur chiffre d’affaires sur cette partie de l’activité bondir de 33 % sans avoir fourni un seul effort supplémentaire. Pour la partie en euro, la hausse est de 17,72 % !

Les banques comme HSBC, Gulf Bank, Société Générale et BNP sont les principales bénéficiaires de cette dégringolade du dinar. Les opérateurs économiques ne comprennent pas pourquoi la Banque d’Algérie ne plafonne pas ou ne fixe pas la valeur – et non uniquement le pourcentage de la commission prélevée sur les importations. *lundi 17 août 2015 | Par Samir Allam | TSA

**selon le classement 2014-2015 réalisé par la banque d’investissement sud-africaine Rand Merchant Bank

*L’Algérie entre dans le top 10 de pays africains les plus attractifs, mais elle est devancée par ses voisins

Accréditée d’une note globale de 5,7, l’Algérie, après trois ans en dehors du classement, occupe le 8e rang africain des pays attractifs pour les investisseurs étrangers, devancée par le Maroc (4e) et la Tunisie (5e).

Comparée à ses voisins du Maghreb, l’Algérie offre des conditions peu propices pour les investisseurs étrangers. En ce qui concerne le climat des affaires, le pays occupe la huitième position sur les 54 économies africaines.

La bureaucratie étatique demeure l’un des freins majeurs dans le pays pour les investisseurs étrangers, selon les explications du même rapport. Pour réaliser son classement, la banque d’investissement sud-africaine s’est appuyée sur plusieurs facteurs par pays dont, la taille du marché, le niveau de produit intérieur brut, la croissance économique, y compris les taux prévisionnels pour les cinq prochaines années, et un indice mesurant la qualité de l’environnement des investissements.

Le classement de la banque sud-africaine est dominé par l’Afrique du Sud qui reste la destination phare des investisseurs sur le continent. Le Nigeria, qui était tête de liste de ce classement l’année dernière, arrive en deuxième position suivi par le Ghana (3e), l’Egypte (6e), l’Ethiopie (7e), le Rwanda (9e) et la Tanzanie.

Le Rwanda et l’Ethiopie ont fait pour la première fois leur entrée dans le classement des dix pays les plus attractifs pour les investisseurs étrangers, alors que le Kenya et la Libye ont quitté ce top 10. Confrontée à des troubles politiques et sécuritaires, la Libye  est passée  du 7e rang au 19e.

Globalement, le rapport 2014-2015 relève que l’année 2014 a été moins favorable pour le continent africain ; elle a été marquée par une détérioration de l’attractivité pour les investissements avec 22 pays qui ont chuté fortement dans le classement. La banque Rand Merchant Bank souligne que si l’Afrique est devenue la nouvelle destination-phare pour investir, beaucoup de pays sur le continent restent néanmoins peu attrayants en termes d’investissement. En effet, six pays africains se situent dans le bas du classement mondial.

Pour la banque d’investissement sud-africaine, le continent  africain dans son ensemble a encore un long chemin à parcourir en termes de réformes économiques*Hocine Lamriben/ el watan-mercredi 19 aout 2015

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*la compagnie nationale Air Algérie écartée des meilleures compagnies au monde 

Un classement récent des meilleures compagnies au monde a écarté la compagnie nationale Air Algérie de tout calcul. La désignation d’un nouveau PDG à la tête de cette compagnie est, pour beaucoup, synonyme d’ouverture d’une nouvelle page d’espoir. Quels sont les dossiers qui attendent Bouderbala ? El Watan Week-end a enquêté.

Aucune trace du nom d’Air Algérie dans le Top 100 des meilleures compagnies de navigation aériennes du monde, classement rendu public en mi-juin dernier par Skytrax, organisme de consultation basé à Londres qui fournit des statistiques annuelles sur les compagnies internationales. Le «Skytrax World Airline Awards 2015», organisé au Musée de l’air et de l’espace à Paris, a consacré Qatar Airways compagnie modèle de l’année. Dans la même liste, la compagnie turque, Turkish Airlines, occupe la 4e place. Elle est suivie par Emirates Airlines et Etihad Airways.

Selon les résultats fournis, Air Algérie ne fait même pas partie du Top 10 africain, dominé par la Royal Air Maroc, considérée par Skytrax comme la compagnie qui a le plus progressé durant cette année aux côtés d’Air France qui, elle, occupe la 15e place mondiale. Pour la région Afrique, Air Namibia est en 2e position, suivie par Tunisair qui occupe désormais la 3e place. Un autre classement, annoncé le même jour, qui concerne cette fois-ci les aéroports internationaux, n’inclut l’aéroport international Houari Boumediène ni dans son Top 100 mondial ni même dans le Top 10 de la région Afrique.

Les cadres d’Air Algérie, à qui nous avons demandé de commenter ces résultats, sont unanimes à penser que ce classement reflète réellement l’image de la compagnie nationale. Ils en endossent toute la responsabilité à l’ancien PDG, Mohamed Salah Boultif, qu’ils accusent de mauvaise gestion, d’ailleurs remplacé en mai dernier par Mohamed Abdou Bouderbala, ancien parton des Douanes algériennes. «A Air Algérie, les gens ne gèrent que leurs propres carrières. Notre compagnie est ruinée par le clanisme, le cousinage et le copinage, dénoncent-ils.

La solution est pourtant claire. Il est dans le bon management avec plus d’organisation et de rigueur pour que nous puissions enfin espérer qu’un jour Air Algérie se replace dans le monde de l’aviation civile.» Au lieu de se noyer dans la critique, ces cardes, qui ont souhaité garder l’anonymat, préfèrent analyser la situation, déceler les failles et parler objectivement des dossiers en suspens auxquels Mohamed Abdou Bouderbala devra certainement faire face dans un avenir très proche. Pour eux, le nouveau PDG d’Air Algérie a hérité d’une situation «catastrophique» et «difficile à gérer».

Siège Social

L’un de ces dossiers épineux qui demeure sans solution est celui du nouveau siège social d’Air Algérie qui devait être construit en 2011 au quartier des affaires à Bab Ezzouar par l’entreprise canadienne SM International (voir encadré). Ce projet est aujourd’hui bloqué à cause d’un litige qui oppose encore les deux parties.

Ne trouvant pas de solution, SMI décide de remettre le dossier entre les mains de la Cour d’arbitrage international à Paris qui devra trancher la question avant la fin de l’année en cours. «Air Algérie pourrait dédommager l’entreprise canadienne de 147 millions de dollars si cette dernière gagne son procès, ce qui est très probable selon les détails de l’affaire», assure un proche du dossier, rencontré à Alger. 147 millions de dollars sans compter les frais d’arbitrage et ceux des avocats.

«Le total pourrait atteindre le chiffre de 160 millions de dollars», précise-t-il. C’est ce même siège qui devait abriter le Comité de participation (CP) d’Air Algérie dont l’élection de son bureau a généré un conflit durant plus d’une année entre les travailleurs et leur syndicat affilié à l’UGTA. «Le budget annuel que doit gérer ce comité est d’environ 600 millions de dinars qui représente 2,5% de la masse salariale de la compagnie, explique un syndicaliste d’Alger.

Cet argent sera octroyé aux travailleurs sous forme d’aides ou de subventions pour des soins, mariage, hadj etc. L’UGTA veut nous imposer ces supplétifs incompétents qui ne sont même pas affiliés au syndicat, chose que nous avons refusée. Ils ont l’habitude de tirer profit de cet argent qu’ils gaspillent dans des voyages à l’étranger.» Prévues pour mardi et mercredi derniers, ces élections ont été encore une fois bloquées par les travailleurs de l’actuel siège social de la place Audin (Alger).

Selon les témoignages recueillis, il n’y a que le bureau d’Alger avec ses quatre locaux (Kouba, Audin, Zighoud Youcef et Dar El Beïda) qui freine le processus électoral. En tout, neuf personnes seront élues et feront partie d’un comité de 21 à 31 membres à l’échelle nationale. Nos tentatives pour joindre le secrétaire général de l’UGTA d’Air Algérie, Saïd Tiaouinine, afin qu’il réponde à ces accusations, ont été vaines.

Pilotes

Le manque d’équipage constitue l’autre problème pressenti pourtant depuis 2010 et qui freinera sûrement la compagnie dans les mois prochains, selon les travailleurs. Convoités par les plus grandes compagnies aériennes du Golfe qui leur proposent des salaires alléchants et des situations plus confortables, plusieurs pilotes d’Air Algérie font le choix de quitter la compagnie nationale. Mandaté par le Syndicat des pilotes de ligne (SPLA), dont il est membre, afin de répondre à nos questions, Karim Seghouane, commandant de bord depuis 28 ans à Air Algérie, prévoit un déficit notamment après le départ confirmé de 34 pilotes vers Qatar Airways et Oman Air. «Nous sommes 364 entre commandants de bord et pilotes et nous partageons 42 avions que possède Air Algérie.

Je ne vous cache pas que nous travaillons à plein régime. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas de  congés et nous ne pouvons plus programmer de vacances, avoue-t-il. 50 pilotes ont exprimé leur volonté de partir mais seuls 34 d’entre eux ont passé le test chez Qatar Airways. De plus, nous avons quatre pilotes qui vont quitter d’ici fin juillet pour rejoindre d’autres compagnies.» Selon nos sources, un commandant de bord touche chez Air Algérie un salaire de 500 000 DA. Un copilote, lui, peut atteindre les 300 000 DA.

Alors pourquoi quittent-ils la compagnie nationale ? «L’argent et les conditions de travail», répond Seghouane donnant plus de détails sur les offres fournies par les autres compagnies. «Qatar Airways propose aujourd’hui le salaire de 16 000 à 22 000 dollars pour un commandant de bord et de 6000 à 8000 dollars pour les copilotes. Elle offre aussi 2500 dollars pour la location d’une maison avec une prise en charge sociale des enfants. Qui pourrait résister à cette offre ?», s’interroge-t-il. Et d’ajouter : «Nous avons beaucoup d’obstacles et beaucoup de pratiques bureaucratiques qui entravent l’avancée de notre mission.

Nous perdons beaucoup de temps à préparer le vol, le dossier, le volet technique de l’avion, la décision d’embarquement et la vérification des passagers, car nous devons communiquer à la fois avec la police, les Douanes, Sonatrach pour le fioul et même avec les transporteurs. Tous cela doit être fait en une heure de temps, s’indigne-t-il. Ailleurs, les pilotes sont respectés.

Quand ils entrent à bord de l’avion, ils ne s’informent que des derniers détails. Nous manquons de beaucoup d’organisation. De plus, il faut que notre mission soit régie par une loi claire pour éviter tout chevauchement avec les autres corporations.» Selon ce commandant de bord, pour qu’Air Algérie puisse faire tourner son équipage dans de meilleures conditions, il lui faut 20 à 30 pilotes de plus. «Air Algérie a programmé plusieurs voyages supplémentaires. Faute d’équipage, elle est aujourd’hui obligée d’alléger son programme», regrette-t-il.

Slot time

Selon Seghouane, les complications auxquelles font face les pilotes causent parfois des retards dans la programmation des vols qui empêchent non seulement le voyageur d’arriver à temps mais surtout fait perdre de l’argent à la compagnie qui se trouve obligée de payer des amendes aux aéroports d’arrivée. «Le slot time est le créneau de temps réservé à un avion pour quitter l’aéroport. Si un retard est causé, cela entraînera le report du vol d’une heure à une heure et demie, explique-t-il. Tout est centralisé à Bruxelles. Certains aéroports qui ne tolèrent pas les retards, comme ceux de France ou d’Angleterre, obligent la compagnie à payer des pénalités qui peuvent atteindre parfois 10 000 euros.»

Comme Air Algérie est connue pour ses retards répétitifs, beaucoup se demandent combien elle paye de pénalité par an. «Beaucoup d’argent», regrette le pilote. Les retards, les annulations de vols et les changements de programmes ne sont pas les seules raisons qui font perdre de l’argent à la compagnie nationale. Les cadres avouent qu’Air Algérie perd aussi beaucoup d’argent en affrètement et en «s’empêchant» d’exploiter certains marchés comme les frets ou les cargos. «La compagnie perd devant la concurrence.

Ce secteur important est malheureusement profitable à d’autres compagnies dont Turkish Airlines, Emirates Airlines, Qatar Airways et Air Méditerranée. Pourquoi perd-on beaucoup d’argent au profit de compagnies étrangères ?, s’interrogent les cadres. Notre compagnie qui devrait fonctionner selon les normes internationales n’arrive même pas à gérer son propre programme, sa flotte et ses propres compétences.» D’autres relèvent le problème de la compétence dans le domaine de la maintenance aéronautique.

Ils citent en exemple le cas de la base aéronautique de Dar El Beïda qui a coûté 150 millions dollars à la compagnie (certifiée par JAR-OPS), construite entre 2001 et 2004 dans le but d’assurer non seulement la maintenance des aéronefs d’Air Algérie mais aussi ceux de toutes les compagnies africaines. Un bon projet porteur qui n’est malheureusement pas exploité convenablement, selon les mêmes cadres. «C’est un grand hangar construit pour assurer la maintenance de 14 avions à la fois. Aujourd’hui, seuls 3 à 4 avions d’Air Algérie l’occupent.

C’est un marché poussé à perte», regrettent-ils. L’autre chapitre abordé est la qualité des services à l’aéroport comme à bord des avions d’Air Algérie qui, selon eux, «laisse à désirer». C’est selon des critères de ce genre que l’aéroport Houari Boumediène a eu une note au-dessus de la moyenne dans un sondage réalisé par Skytrax (dans le même rapport) sur la base d’appréciations de clients qui ont eu l’occasion de le visiter.

Beaucoup  d’entre eux ont aussi dénoncé le fait qu’on tolère encore la cigarette à l’intérieur de l’aéroport, ce qui n’est pas le cas de la plupart des autres aéroports internationaux. Ces dossiers seront sûrement posés sur la table de la direction d’Air Algérie, notamment par son nouveau PDG que nous n’avons pas pu joindre. Les téléphones de la direction de la communication et de son secrétariat sonnent à longueur de journée. En vain.*Meziane Abane/ El Watan Week/ vendredi 10 juillet 2015

**une gestion catastrophique

Le siège est d’une superficie approximative de 57 000 m2, composé de trois niveaux de sous-sol de 11 000 m2 chacun, plus deux tours pour un budget qui dépasse de peu 83 millions d’euros (l’équivalent d’environ 100 millions de dollars).Dans ce projet, le maître de l’ouvrage est donc Air Algérie qui a confié la tâche de suivi au bureau d’études libanais, Khatib et Alami. Selon le dossier remis par l’entreprise canadienne à la Cour d’arbitrage international de Paris, dont El Watan Week-end détient une copie, SMI a reçu la lettre d’acceptation d’Air Algérie en décembre 2010 pour l’appel d’offres lancé en décembre 2009. Quant à la convention, elle a été signée en février 2011 et l’ordre de service lui a été donné en mai 2011.

Selon le même dossier, les travaux d’excavation et de soutènement des fouilles ont été réalisés par Teixco sous la supervision du BET Khatib et Alami et réceptionnés en juillet 2009. Dès réception du site, SMI a directement soulevé, à la compagnie nationale et à Khatib et Alami, les réserves suivantes : «Les fonds de fouille et les soutènements sont délaissés après deux années d’intempéries. De plus, les propriétés mécaniques du sol sont sûrement affectées.

De même, le soutènement réalisé était devenu hors garantie.» Selon le même document, «ni le maître d’ouvrage ni l’entreprise de suivi n’ont pris en considération les réserves et les observations soulevées par SMI». Malgré cela, le bureau d’études Khatib et Alami a opéré la notification de démarrage des travaux remis à SMI en juin 2001, déclenchant ainsi le décompte des délais de réalisation. Les deux observations soulevées par SMI ne sont pas les seules, car quelques mois plus tard, l’entreprise découvre que «les fondations sont fausses et qu’il n’existe aucun système anti-incendie prévu», atteste le document.

Air Algérie change de directeur de projet et le remplace par une nouvelle responsable qui opère, selon le dossier, un changement total du plan d’aménagement de tout le bâtiment refusant de payer les charges que ce changement engendre, ce qui a entraîné le blocage du projet. Depuis, Air Algérie a directement retiré les garanties bancaires de restitution d’avance et de bonne exécution d’un montant de 23 millions de dollars alors que SMI avait construit déjà trois niveaux de sous-sol avec trois étages.

Ainsi SMI a donc travaillé gratuitement pendant tout ce temps-là. Le litige est pendant. Le matériel du constructeur et son groupe de gardiens sont toujours sur le site. SMI a fini par déposer le dossier à la Cour d’arbitrage international et demande 147 millions de dommages et intérêts. Le verdict sera connu fin 2015. *El Watan Week/ vendredi 10 juillet 2015

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*Moumen Khalifa confondu par son caissier principal

Moumen confondu par son caissier principal

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**Karim Tedjani, écologiste:

On assiste à une politique de dévorement durable.

Karim Tedjani est un écologiste et fondateur du portail Nouara dédié à l’environnement en Algérie. Ce jeune passionné de la nature a sillonné plus de 20 wilayas du pays ces deux dernières années.

Durant ses longs périples, il a rencontré des centaines d’Algériens qui ont fait part de leurs déceptions et de leurs aspirations. Malgré les longues distances qui les séparent, ses interlocuteurs sont animés par un seul et même objectif, protéger leur milieu et ses ressources naturelles. Selon Tedjani, les déséquilibres, qui caractérisent l’aménagement du territoire national, sont le produit d’une fausse équité basée sur une politique qui ne tient pas compte de la diversité des cultures des populations et des caractéristiques des différentes régions du pays. «Cette règle qui consiste à penser global et agir local est une véritable menace pour tout ce qui fait la richesse de l’Algérie», avertit-il, estimant que certains Algériens se comportent comme des colonisés sur leurs propres terres.

L’Algérien doit, selon lui, se réconcilier avec  son environnement et changer son rapport avec l’eau. Pour lui, les pouvoirs publics sont en train d’appliquer une politique de dévorement durable. «Le développement durable c’est un leurre. Moi, j’ai vu des gens massacrer des forêts avec la complicité des forestiers. L’Algérie dispose de beaucoup de lois, mais elles ne sont jamais appliquées», déplore-t-il. *Ramdane Koubabi -El Watan-jeudi 02 avril 2015

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*Annaba, devenue plaque tournante de tous les agissements frauduleux.

*contraction de marchés publics non conformes aux codes des textes de loi, mauvaise gestion et abus de pouvoir, à la direction de l’urbanisme

Une batterie d’accusations serait retenue à l’encontre de responsables et cadres de cette institution névralgique de Annaba.

Une autre affaire sous la loupe des enquêteurs. Elle vient secouer une institution de l’Etat dans la wilaya de Annaba, devenue plaque tournante de tous actes et agissements frauduleux. Cette fois, il s’agit de la direction de l’urbanisme sise les Caroubiers dont 15 de ses cadres, entres accusés et témoins, font l’objet d’une information judiciaire, apprend-on de source sécuritaire. Les services de sécurité en charge de l’enquête, brigade financière et économique, relevant de la sûreté de wilaya de Annaba ont agi sur la base d’informations parvenues en début de l’année en cours qui fait état de contraction de marchés publics non conformes aux codes des textes de loi, mauvaise gestion et abus de pouvoir, a ajouté la même source.
Selon les précisions fournies par cette dernière, un doigt accusateur est pointé en direction du premier responsable de cette institution régionale, le chargé du service des marchés. Ce dernier aurait, selon les premiers éléments de l’investigation, réceptionné des offres de marchés présentées par des opérateurs économiques versés dans la construction, en dépit de l’expiration des délais stipulés par le Code des marchés, le cahier des charges notamment.
Un agissement à l’origine de deux offres pour les mêmes projets à réaliser, ce qui est contradictoire aux textes régissant les marchés publics.
Autre accusation portée à l’encontre du chargé du département des marchés publics, le directeur et autres responsables, celle de l’attribution de marchés de gré à gré, en faveur de proches entrepreneurs des dirigeants de la direction, sujet d’enquête. Lors de l’interrogatoire, le chargé du service des marchés, déclinant toute responsabilité quant à la gestion de ce service qui, selon ses révélations, n’aurait fait qu’exécuter les ordres de ses supérieurs, au risque de subir les retombées de ce qu’il qualifie d’insubordination, devait expliquer notre source.
Au moment où nous mettons sous presse, notre source a fait savoir que l’enquête est toujours en cours et que des opérateurs économiques dans le bâtiment dont les noms ont été évoqués au cours de l’enquête devront faire l’objet d’audition pour déterminer la véracité, d’une part, des informations en leur procession et les déclarations du chargé du service des marchés, d’autre part. *L’Expression-Par Wahida BAHRI - Mercredi 13 Aout 2014 -

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**Des milliards jetés par les fenêtres

*Alors pourquoi continuer à en parler à chaque fois, sans changer les hommes incompétents -proches, copains et courtisans- placés à la tête des entreprises et aux postes de responsabilité

Dimanche 21 septembre 2014, au micro de la Chaîne III, Un ministre vient de faire un douloureux constat en rapport avec son secteur. Il s’agit du ministre de l’Industrie et le constat mérite sérieusement que l’on s’y attarde. Des paroles du ministre, il ressort clairement que les efforts incroyables entrepris par l’Etat pour réanimer et propulser les entreprises ont été vains et sans résultats. Autrement dit, toutes ces séries de réformes dont on nous chantait les vertus, tout cet argent versé à coups de bidons et tout ce temps passé à vouloir redresser ces entreprises publiques, ont été vains, perdus? De nos jours, il faut avoir du courage pour reconnaître une telle défaillance, et surtout présenter les choses comme elles se présentent.

Constat d’un ministre
Dans la bouche du ministre, ces propos résonnent comme une accusation directe de ses prédécesseurs qui n’auraient rien fait pour sauver ces entreprises du cancer qui les menaçait depuis longtemps. Un cancer invasif comme disent les gens du métier et les malades qui en savent un bout. Et Bouchouareb n’a pas d’autres solutions que de déclarer engager le diagnostic vital de ces entreprises. C’est la mort certaine, laisse-t-il entendre, si l’on ne réagit pas de la meilleure manière qui soit.
«Cette fois-ci, dit-il, on est condamné à que ce soit la bonne solution parce que c’est l’unique voie qui nous reste.» Le reproche à ses prédécesseurs est clair dans la bouche de l’actuel ministre. Il leur reproche de ne pas avoir su trouver la bonne solution et d’avoir passé leur temps à bricoler. Comme dans beaucoup d’autres secteurs. Il fallait le faire, il fallait le dire et voilà qui est fait. Et voilà qui est dit. Et après?
Le ministre semble décidé à ne rien cacher. Il nous dévoile que, dans cette affaire d’entreprises, l’Etat aussi a agi en irresponsable, que les milliards que l’Etat distribuait gracieusement étaient jetés par la grande fenêtre de nos désespoirs car ils n’avaient pas servi à grand-chose.
Le problème c’est que l’Etat, généreux à outrance, a tellement donné d’argent à ces entreprises qu’elles n’avaient pu tout consommer. Au bout de quatre ans, soutient le ministre «seuls 18% de ces financements ont été consommés».
Le gaspillage n’a pas de limite, sinon ce ne serait pas du gaspillage! Et là, il y a lieu de lire entre les mots de Bouchouareb, que l’Etat n’a pas su gérer cette histoire d’entreprises. Cela aussi, il fallait le dire. Si vraiment «les sociétés de gestion des participations de l’État n’étaient pas adaptées pour porter de grands projets de développement d’où aller vers des groupes industriels», comme le dit le ministre, pourquoi alors a-t-il fallu attendre jusqu’à aujourd’hui pour le remarquer? Comment se fait-il que l’on ne se soit pas rendu compte avant ce jour que «l’organisation du secteur (…) n’était pas adaptée».
Finalement, si l’on croit Bouchouareb, on comprend vite que les précédents responsables du secteur étaient, en fait, en train de brasser du vent ou, si on veut, ils ne faisaient que jeter l’argent du peuple au… vent! Cela aussi, il fallait le dire!
La plupart des entreprises publiques, a tristement constaté le ministre de l’Industrie, sont plutôt des PME et, soutient-il, la nouvelle politique est de créer des «entreprises mères de taille critique qui pourront aller vers des entrepreneuriats avec de grandes entreprises étrangères». Ainsi, après mille et une opérations de déstructuration et de restructuration, après des années de destruction soutenue du tissu industriel, on vient nous dire, par la voix du ministre de l’Industrie, que les entreprises publiques ne valent rien ou presque dans l’état où elle sont actuellement. Quelle tristesse. Quelle désolation!
Ces entreprises qui étaient la fierté de l’Algérie et des Algériens avaient subi, comme on le sait, mille et une charges pour être cassées. Elle avaient subi les humeurs les plus incroyables de tous les responsables de ce pays.
Serait-il arrivé, enfin, le jour de leur donner le coup fatal pour les achever comme on achève un taureau qu’on épuise d’abord, lors d’une monstrueuse corrida? C’est l’impression qui se dégage lorsqu’on lit et relit l’interview de Bouchouareb. Une interview qui pose plus de questions qu’elle n’en résout en tout cas.

Des questions
En réalité, les pseudo-confidences du ministre de l’Industrie, n’apportent rien de nouveau. Il était de notoriété publique que nos entreprises ont, depuis les années 1980, fait les frais d’une mauvaise gestion par… l’Etat. Un Etat qui, à travers les pratiques de ses responsables, n’arrivait et n’arrive toujours pas à retrouver son chemin dans cette gestion, ce qui est tout à fait normal lorsque les nominations et les désignations à des postes aussi importants ne se font pas sur des bases sérieuses. mais la question qui se pose à ce stade c’est pourquoi a-t-on laissé faire? Pourquoi a-t-on laissé tuer ces entreprises?
Lorsqu’on ne vient pas du monde des entreprises, on peut être induit en erreur facilement, mais il suffit d’ouvrir le premier manuel pour constater que la taille de l’entreprise a cessé, depuis très longtemps, d’être un handicap à sa bonne gestion ou à sa rentabilité, voire à la domination de son secteur. Au contraire, les études se rapportant à l’entreprise moderne affirment que la flexibilité dont bénéficie la PME est un atout de grande importance pour sa compétitivité et pour son maintien sur le marché. On dit aussi que les plus aptes à l’innovation, ce sont surtout les PME à cause, justement de la facilité de leur gestion. On soutient aux quatre coins du monde que les PME sont une source formidable d’emplois et de croissance. C’est ce qui explique le soutien remarqué et remarquable de tous les gouvernements du monde aux PME. Or que nous dit le ministre de l’Industrie? Que nos entreprises sont faibles parce qu’elles sont surtout des PME. Le raisonnement ne tient pas la route. Alors là, vraiment pas!

On ne peut avoir la solution si on ne connaît pas le problème
Il aurait été plus intéressant de nous dire pourquoi les entreprises publiques ne fonctionnent pas chez nous au lieu de nous faire un constat que l’on ne connaît que trop. Non, la question n’est ni une question de taille critique, ni une question de taille tout court. Et si tel était le cas, pourquoi les avait-on alors laminées, divisées, cassées en nous jurant que la grande taille n’était pas propice à leur gestion? Nous n’avons pas oublié! Non, pas du tout!
Ces pauvres entreprises (et leurs cadres dont une partie connut la prison) étaient tels des animaux, traînés et ballottés, jusqu’à épuisement, dans l’arène des dix mille réformes et vingt mille restructurations par semestre. Elles étaient épuisées de courir de farce en farce, de mensonge en mensonge et de coup fourré en coup fourré… Pourquoi donc toute cette gesticulation, des années durant?
La solution préconisée par le ministre de l’Industrie n’est pas la bonne. Elle ressemble en tous points à celles proposées, des années plus tôt, par ses prédécesseurs qui, en ce qui les concerne, avaient évité d’écorcher leurs prédécesseurs. Le problème des entreprises publiques en Algérie n’est pas un problème de restructuration. Il est temps que les différents responsables qui viennent à la tête de ce secteur comprennent enfin que, avant d’être autre chose, c’est d’abord un problème de gestion. L’Etat n’a pas trouvé ses marques dans cette affaire parce que les diagnostics établis ont tous été erronés ou biaisés. Si nos entreprises ont le cancer invasif, comme le laisse entendre Bouchouareb, il faut essayer de les soigner, de leur assurer une prise en charge adéquate. Il ne faut pas leur faire un faux bond, même si on en a l’habitude. On ne guérit pas un cancéreux en lui proposant un beau costume car ce sera un cancéreux dans un joli costume et qui, de surcroît, se moquera bien de nous! N’est-ce pas? Le ministre de l’Industrie semble avoir pris trop hâtivement la décision de réorganiser les entreprises publiques. Une telle décision nécessite beaucoup de temps si l’on veut réellement résoudre le problème de manière durable. A moins qu’il soit venu avec cette décision, toute prête, dans la sacoche et peut-on avoir la solution lorsqu’on ne comprend pas d’abord le problème?
Le management des entreprises publiques est une préoccupation de tous les pays. Une préoccupation si importante qu’elle est portée par les milieux universitaires et académiques des plus simples aux plus prestigieux. Ce n’est pas mal que de parler de nos entreprises publiques, que de vouloir résoudre leurs problèmes mais si on garde le même et seul réflexe qui consiste à couper avec des ciseaux pour revenir recoller les morceaux pour ensuite repasser avec le sécateur à la main, on n’est pas sorti de l’auberge et l’on n’en sortira jamais car là c’est le cancer réellement et certains garderont sur la conscience, s’ils en ont une, la désintégration de cette source de richesse que nous avons transformée en source de problèmes.
En attendant, nos entreprises publiques seraient parties pour une nouvelle corrida dans l’arène de l’inconscience.*Par Aissa HIRECHE - Mardi 23 Septembre 2014*L’Expression

**logement social: trafics en tout genre

Des logements sociaux destinés aux couches défavorisées sont mis en vente. Des bénéficiaires, censés ne disposer d’aucune ressource, cèdent leur appartement avec à la clef une forte plus-value. La vox populi a de tout temps évoqué ce trafic. L’actuel ministre de l’Habitat, Abdelmadjid Tebboune, a crevé, en début d’année, l’abcès en évoquant des «ventes au marché noir» de logements publics locatifs (LPL).

Le phénomène s’est accentué ces dernières années avec la relance des différents programmes d’aide de l’Etat. Dans des cités populaires, des bénéficiaires de logements n’ont jamais rejoint leurs appartements. A leur place, de nouveaux résidants s’installent sans qu’ils soient inquiétés.

Dans la proche banlieue est d’Alger, à la cité El Qaria (Zéralda), des appartements sont restés vides. Au grand étonnement des voisins intrigués par l’absence de ces bénéficiaires qui étaient sur les mêmes listes de bénéficiaires qu’eux. «Des dizaines d’appartements sont fermés à double tour depuis la distribution des clefs. Dans mon immeuble, j’en ai compté trois. Ce n’est que ces derniers jours que j’ai remarqué un petit mouvement chez mon voisin du 4e. Le bénéficiaire a, paraît-il, sous-loué ou même vendu son appartement à une employée de banque. On nous dit que l’OPGI fait des contrôles inopinés.

C’est juste des paroles en l’air. Qui osera débusquer ces gens qui bénéficient des largesses de l’Etat ? Aucun n’aura ce courage», estime un septuagénaire, ancien résidant d’un quartier de la commune de Sidi M’hamed, en montrant du doigt des appartements aux volets clos. Aux Bananiers, dans la commune de Mohammadia, des soupçons pèsent là aussi sur certains bénéficiaires de logements de cette cité construite à proximité des barres d’immeubles AADL.

Si une partie des logements avait été cédée à des éléments de la police et à des employés du Centre des titres sécurisés (CTS) d’El Hamiz, un quota a été réservé aux familles à faible revenu. Mais là encore, des voisins ont remarqué l’absence prolongée de résidants du site, squatté momentanément par les occupants des caves des cités de Bab Ezzouar. «Des voisins changent constamment. Normalement les logements sont occupés par des familles bien identifiées. J’ai remarqué que mon voisin de palier a disparu quelques mois après la distribution des clefs. Il aurait cédé son appartement à un proche», raconte Slimane, qui s’étonne que l’Etat ferme les yeux sur de tels agissements.

A Aïn Naâdja (Gué de Constantine), localité aux tentaculaires cités, les transactions sont connues de la population et même des services de l’OPGI. «Ici, des gens ont bénéficié du logement social, alors qu’ils n’y ont pas droit. Des maires, du temps où ils avaient les coudées franches, ont octroyé des appartements à des célibataires, qui au bout de quelques mois ont vendu le logement et ont quitté précipitamment les lieux», explique un ancien élu de l’APC de Gué de Constantine, qui précise que des élus des différentes APC, surtout parmi les plus importantes, ont fait «bénéficier aux copains et aux coquins» des logements, construits suite à l’embellie financière qu’a connue l’Etat ces quinze dernières années.

Où trouver ces logements ? Les «semsars» (intermédiaires), certaines agences immobilières indélicates proposent à des personnes intéressées ces logements. «Ce genre de trafic expose à des poursuites. Les transactions se passent souvent dans un cadre familial, mais pas uniquement. Il y a des agents immobiliers qui proposent ce genre de logements. Aucun encart, pas de publicité à l’entrée de leur bureau, rien, nada. La transaction est faite dans l’illégalité la plus totale», raconte un «semsar» de Belouizdad, qui a eu à traiter ce genre d’affaires «scabreuses».

Complicité à tous les niveaux

Pourquoi ces situations sont-elles devenues persistantes dans le parc locatif ? Les complicités sont à tous les niveaux de la chaîne de distribution des logements : de l’élu communal en passant par les différents services de la wilaya et des OPGI, certains notaires ou encore des agences immobilières. L’omerta est la règle parmi toute cette faune de trafiquants, qui font du programme social un juteux fonds de commerce.

«La rente a poussé les élus à être complices de ces transactions et même à en tirer profit, eux et leurs proches. Dans chaque opération de distribution de logements sociaux du RHP (débidonvillisation), un quota de 10 à 20% de logements est réservé à de vrais-faux demandeurs qui ne sont même pas sur le site ciblé par l’administration. Certes, les présidents d’APC n’ont plus la prérogative d’octroyer des logements depuis 2008, mais le trafic est toujours là, puisque les dossiers sont déposés chez eux et les enquêteurs leur sont proches», soutient un DEC devenu élu d’une commune qui a accueilli d’importants sites à la périphérie de la capitale.

Au ministère de l’Habitat, une source nous signale que le problème de l’occupation illégale et la vente de logements au marché noir est «à déceler à la source». «Des logements sont octroyés par des commissions de distribution de daïra à des personnes qui n’y ouvrent pas droit. Les autorités s’appuyaient exclusivement sur le certificat négatif, ou CF1, délivré par la Conservation foncière. Depuis 2013, le ministère a décidé que ce document ne doit plus être exigé aux souscripteurs pour la constitution du dossier de logement social et pour accéder à l’aide de la Caisse nationale du logement (CNL).

Le filtre national des bénéficiaires de logements publics, d’aides de l’Etat et de lots de terrains publics, qui n’a été mis en place qu’avec l’arrivée de M. Tebboune, n’est pas complètement efficace quand, par exemple, des personnes, qui bénéficient de complicités dans l’administration, peuvent trafiquer des papiers dans leur wilaya d’origine», signale un cadre de ce ministère qui a requis l’anonymat.

Intervenant au Sénat, Abdelmadjid Tebboune a parlé de la révision des modes de distribution mais a évoqué le travail des notaires.  Pointés du doigt, certains notaires s’adonnent à ce genre de micmac sans craindre une réaction des autorités. Si cet auxiliaire de justice sait qu’il ne peut pas rédiger un acte de propriété aux nouveaux usufruitiers illégaux, il peut rédiger d’autres actes pour «formaliser» la transaction. Un subterfuge a ainsi été trouvé pour contourner la réglementation, des particuliers bien inspirés et prêts à payer rubis sur l’ongle font rédiger par le notaire une reconnaissance de dette, une promesse de vente ou un acte de gardiennage.

«Le notaire a d’autres instruments dans sa besace. Le vendeur, l’acheteur et celui qui rédige le document se mettent à l’abri de toute poursuite. L’acquéreur s’installe dans son nouvel appartement et le vendeur empoche son argent. Le loyer est payé par le nouvel occupant, mais les papiers restent inchangés.

Le nouveau résidant prend quelques risques. Il sait qu’il ne dispose pas d’un titre de propriété et le bien immobilier incessible reste au nom du premier locataire. Donc, il est impossible pour lui de louer, d’hypothéquer et encore moins de vendre», signale un notaire algérois qui a requis l’anonymat, reconnaissant qu’il a lui-même été «approché» par des «rabatteurs», qui voulaient «faire vendre» des logements de type social.

L’administration est dénoncée pour être le «facilitateur» de toutes les magouilles… «L’Etat a beau changer le titulaire de celui qui affecte, rien ne va changer. Auparavant, c’était l’APC qui distribuait. Maintenant, la prérogative est revenue à une commission de daïra et les président d’APC ne sont que des membres parmi d’autres.

Cela n’empêche pas les interventions d’élus ou même de cadres de la wilaya ou des OPGI ou d’un autre service de l’Etat en faveur d’un frère, d’un cousin ou même d’une compagne cachée. Le malheur, c’est que ces gens ont déjà des logements ou ont déjà bénéficié d’une aide de l’Etat», s’indigne un responsable de la wilaya d’Alger bénéficiaire depuis presque une dizaine d’années d’un important programme de relogement (RHP, vieux bâti, etc.).

Qui contrôle qui ?

Les APC ou les OPGI ont-elles la possibilité de contrôler si des soupçons pèsent sur des résidants ? L’APC d’Alger-Centre, qui a disposé de quotas de logements importants, a eu affaire à des cas de vente et d’occupation illégale de logements LPL. «Il n’est pas facile de faire constater ce genre de transaction. Le loyer est toujours payé à temps.

L’occupant se dérobe en prétextant qu’il est là pour garder juste l’appartement. J’ai eu à traiter un cas à Baba Hassen. Il a fallu un huissier, mandaté par la justice, pour constater cette situation. La procédure en justice a été très longue, deux à trois ans», révèle le président de l’APC d’Alger-Centre, Abdelhakim Bettache, estimant que la mission de contrôle doit être confiée aux services de sécurité.

Le ministre de l’Habitat, qui a avancé un chiffre de 20% d’occupations illégales de logements sociaux, a annoncé que les OPGI ont lancé une opération d’inspection à travers les différentes wilayas du pays pour recenser le nombre de logements occupés par des non-bénéficiaires. «Le chiffre du ministre est sous-évalué. Il y a dans la seule wilaya d’Alger des milliers de logements sociaux attribués et vendus ou occupés dans l’illégalité. Des enquêtes ont touché des présidents d’APC, des DEC, des employés des OPGI et même des cadres de différentes administrations décentralisées du ministère de l’Habitat.

Rien d’important n’en est sorti. La machine n’est pas facile à faire bouger vu les importantes complicités dans les rouages de l’Etat, même au plus haut niveau», dénonce une source au ministère de l’Habitat. Les services de sécurité ont interpellé des responsables et les ont présentés devant la justice. Des directeurs d’OPGI ont été démis de leurs fonctions, après l’arrivée de l’actuel ministre de l’Habitat «bien décidé à mener la bataille contre tous ces trafiquants», signale notre source. Qu’adviendra-t-il des logements vendus illégalement ?

Abdelmadjid Tebboune a annoncé que le gouvernement pourrait procéder à la régularisation des logements sociaux vendus au marché noir «afin d’empêcher les propriétaires de bénéficier des différents programmes de logements publics». «S’il est établi qu’un nombre important de logements sociaux ont été vendus illégalement, le ministère de l’Habitat proposera la régularisation de la situation à travers la légalisation de la vente entre le vrai bénéficiaire et les occupants effectifs par acte notarié», a-t-il expliqué. On croit savoir que le gouvernement a pris une décision et la «légalisation» des transactions passées pourrait intervenir dans les prochains jours à la faveur d’un Conseil des ministres, signale-t-on. *Nadir Iddir–El Watan-Dimanche 05 Avril 2015

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Le procès se tiendra le 4 mai 2015 devant le tribunal de Blida

L’accusé Moumène Khalifa prêt au grand déballage

** des révélations importantes sur la destination d’une partie de l’argent de sa banque, une manne dont auraient profité de nombreux hauts responsables de l’Etat, et qui n’ont pas été inquiétés à ce jour»

L’accusé Moumène Khalifa prêt au grand déballage

Huit ans après le grand déballage de 2007, le tribunal criminel près la cour de Blida s’apprête à être, pour la seconde fois, le théâtre de deux autres procès Khalifa, aux révélations fracassantes. En effet, selon des sources proches du dossier, Abdelmoumen Khalifa compte «lever le voile» sur de nombreuses zones d’ombre qui entourent toujours ce scandale du siècle. «Moumène a été très serein. Il a été très coopératif avec les autorités judiciaires.

Il a fait des révélations importantes, notamment sur la destination d’une partie de l’argent de sa banque, une manne dont auraient profité de nombreux hauts responsables de l’Etat, et qui n’ont pas été inquiétés à ce jour», affirment nos sources. Elles précisent que parmi les révélations, «Moumène s’est beaucoup attardé sur l’énigmatique agence Koléa de Khalifa Bank, impliquant directement l’actuel ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz. Il aurait même insisté sur cette question, en faisant savoir, aux magistrats qui l’ont entendu après son extradition de la Grande-Bretagne, qu’il en fait une affaire de principe.

Ce qui a suscité la panique chez certains hauts responsables, surtout qu’il s’agit non seulement d’un ministre de souveraineté, mais également d’un homme très proche du Président et de son frère.

La décision de programmer le procès de Moumène reste vraiment énigmatique…». La crainte de voir ces deux procès se transformer en audience «de grands déballages publics» est légitime.

De tels aveux risquent de donner aux procès une nouvelle tournure et pourraient même, dans le cas où le tribunal veut aller jusqu’au bout de ces scandales, exiger une enquête complémentaires sur des faits délictuels ou criminels, liés à la corruption, au blanchiment d’argent et surtout la destruction de documents officiels dans le but d’induire en erreur la justice.

Rappelons-nous cette intrusion fracassante de Abdelmoumen, à travers l’interview qu’il a accordée au journal français, Le Figaro, le 6 février 2007, au moment où le procès se déroulait à Blida. Lorsque le journaliste lui a demandé si le dossier a été escamoté pour protéger des personnalités, Abdelmoumen avait répondu : «C’est une certitude. La chambre d’accusation a, par exemple, escamoté le dossier de l’agence de Koléa de ma banque pour une raison simple : l’actuel ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, y détenait un compte avec un crédit bancaire. Il a été effacé, car cela aurait fait mauvais genre.

Je pense que le ministre de la Justice a eu peur que son nom apparaisse.» La déclaration fait tache d’huile, d’autant que dans les couloirs du tribunal criminel de Blida, de nombreux avocats évoquaient les révélations faites par un des accusés, très proches de Abdelmoumen Khalifa, selon lesquelles le même ministre aurait bénéficié d’une importante somme d’argent.

Moumène khalifa veut impliquer des personnalités de L’état

Lors des plaidoiries de la défense, bon nombre d’avocats, notamment celui du caissier principal, Akli Youcef, (accusé principal dans l’affaire), se sont interrogés pourquoi le directeur, son adjoint et le caissier de l’agence de Koléa ont bénéficié du non-lieu au niveau de la chambre d’accusation, alors que l’expert avait enregistré un préjudice de 14 millions de dinars, montant pris par Faouzi Baïchi (un agent de la banque) alors que pour un montant de 10 000 DA, les mêmes responsables de l’agence de Chéraga détenus ont été poursuivis et condamnés.

Un des avocats a même exhibé un document sans en-tête qui s’apparente à une décharge signée le 20 août 2000 par Baïchi Faouzi, dans lequel il indique avoir pris la somme pour la verser à la caisse principale, lançant au juge : «Il n’y a pas d’en-tête parce que tout simplement Baïchi est venu, le soir, pour vider la caisse et il n’y a aucune preuve sur une quelconque instruction ou ordre de Abdelmoumen.

Il n’a pas présenté de bout de papier, ou même une carte de visite, pour prendre cet argent. Qu’est-ce qu’il y a derrière cette énigme de Koléa ? Comment peut-il prendre 14 millions de dinars et être entendu en tant que témoin ? Pourquoi Akli n’a pas bénéficié d’un tel privilège ? Il faut réparer les injustices de ce dossier.

Celui qui prend est en liberté et celui qui ne prend pas est mis en détention ?» Des phrases qui avaient lourdement résonné. Moumène Khalifa, qui avait ouvert la brèche à l’époque, n’avait finalement pas tout dit dans ses déclarations publiques. Probablement, pour ne pas griller toutes ses cartes et laisser une marge de manœuvre pour sa stratégie de défense.

Lors du procès du 4 mai prochain, il compte, selon toujours nos interlocuteurs, expliquer comment de nombreux ministres, comme Abdelmadjid Tebboune, alors ministre de l’Habitat, Mourad Medelci, en tant que ministre des Finances, le patron de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, (qui avait assumé avoir signé un faux procès-verbal du conseil d’administration de la CNAS) et le chef du MSP, Bouguerra Soltani, en tant que ministre de la Solidarité, se sont retrouvés mêlés à cette affaire, sans pour autant être inquiétés, mais dont les déclarations devant le tribunal, en tant que témoins, ont accentué les zones d’ombre.

Le liquidateur de la banque, Badsi, avait clairement déclaré à l’époque, qu’il y avait dans cette affaire deux cercles de responsabilité. Celui constitué de personnes visibles, et celui où les responsables sont invisibles, en raison de leur statut ou de leur rang au niveau de l’Etat. C’est justement, ces personnes, dont certaines occupent actuellement de hautes fonctions de l’Etat, et sont au premier rang du gouvernement, dont il sera question, nous dit-on, lors des deux prochains procès.*Salima Tlemçani –El Watan/ dimanche 29 mars 2015

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**La déroute générale!

Les caisses sont pleines, El Hamdou lillah, et on peut donc se permettre d’allécher, de grassement convaincre et de ramener qui on veut.

On dit que la vérité blesse. On dit aussi, lorsqu’on parle de la réalité, qu’elle est dure. Que dire alors lorsque cette vérité et cette réalité se mettent à deux pour rattraper leurs bonshommes après qu’ils aient essayé de les cacher à coups de milliards et de mensonges?
La seule chose que l’on offrait en guise de bonne santé c’était le football. Et quand on dit le football, on dit Equipe nationale avec les M’Bolhi, les Carl Medjani, les Madjid Bougherra etc. C’était du solide et, comme on le sait, le solide n’a pas besoin de vendeurs chevronnés. «Jib Oulidek Zine Elli wala yboussou» (que ton gosse soit beau et tout le monde l’embrassera), disaient nos grands-parents dans leur infime sagesse dont nous ne savons malheureusement plus tenir compte.

«L’occupe-peuple»
Dire que la réussite de cette équipe reflète la réussite dans le football c’est un mensonge, un de plus, qui ne saurait trop tenir la route. Et preuve est faite ces jours-ci qu’il n’a pas su résister à l’effet du temps qui gratte implacablement jusqu’à enlever la peau et dévoiler les tripes. Comme tout le monde le sait, cette équipe n’a rien de chez nous. Ce sont de jeunes Algériens, personne ne peut le leur contester. Mais ce sont des joueurs qui ont été formés ailleurs, longuement et patiemment, là où les gens savent prendre en charge le sport, le foot, les jeunes, et l’avenir de la société. Là où les gens savent mettre en place des structures que ni les hommes n’arrivent à déraciner ni la politique n’arrive à corrompre. Des structures qui, comme aurait dit Boumediene, ne s’éclipsent pas avec les hommes.
Chez nous, on ne va pas prétendre que l’on ne sait pas cela. Si, on le sait bien et tout le monde en parle. Mais chez nous, en sport aussi, nous préférons parler. Rien que parler! L’action n’est pas nôtre. Et comme on ne peut former sans structures adéquates, alors on va à la pêche ailleurs.
Notre vision est simple et claire: devenir les meilleurs ou parmi les meilleurs au monde sans trop nous fatiguer. Cela relève de la performance la plus étourdissante et, entre nous, nul ne peut prétendre le faire. A part nous.
Quelle stratégie mettre en place dans ce cas? La stratégie de la pêche, de la chasse, du safari, appelez-là comme cela vous plaît, mais une stratégie qui consiste à aller chercher les joueurs ailleurs. Aucun effort ici tout au long de l’année. Il suffit de savoir quand et où chercher et le tour est joué. Les caisses sont pleines, El Hamdou lillah, et on peut donc se permettre d’allécher, de grassement convaincre et de ramener qui on veut. Si le monde ne savait pas que Lionel Messi et Cristiano Ronaldo étaient indéniablement argentin, pour l’un, et portugais, pour l’autre, nous aurions certainement trouvé le moyen de les faire évoluer dans notre équipe. Il ne sert à rien de bomber le torse tant qu’on est habillé avec les vêtements des autres.
L’Equipe nationale a, cependant, changé de dimension depuis qu’elle s’est vu octroyer la nouvelle fonction d’«occupe-peuple». Plus elle est grande, plus elle accapare les regards et plus cela donne du répit à ceux qui veulent nous occuper. Tant que les enfants jouent, on regarde. Tant qu’ils gagnent, on danse.
Les jeunes se défoulent, ils brûlent l’énergie et tuent cette envie de courir jusqu’à perdre conscience, de hurler jusqu’à l’éclatement de veines. Ils ont tout le territoire pour cela et, entre-temps, puisqu’ils sont occupés, ils ne demandent pas du travail, ils ne contestent pas la mal-vie, ils ne pleurent même pas ceux qui prennent le large chaque nuit que Dieu fait pour aller mourir entre les vagues, dans des camps d’exilés ou crever sous les ponts à défaut de s’éteindre dans une camionnette de police.
Notre démarche stratégique dans le domaine du sport c’est, d’abord, de tout restreindre au foot, ce qui a été fait sans trop de peine. Ensuite, il fallait faire passer les victoires de l’Equipe nationale de football pour de grands exploits d’intérêt national pour que l’on ait de quoi être fier et ne pas se rendre compte que l’on ne réussit nulle part et en rien.
Et c’est là qu’arrive la troisième étape qui consiste à garantir l’addiction, non pas à la réussite car cela serait trop dangereux dans un pays où l’on n’aime pas la réussite, mais l’addiction à la sortie dans les rues pour fêter l’Equipe nationale. Même lorsqu’elle a perdu par un 4 à 0, rappelons-nous en donc, on est sorti envahir les rues et les ruelles du pays. Dieu ce qu’on ne pourrait donc pas faire faire à des jeunes!

L’équipe de football? une île de réussite dans un océan d’échecs
Mais, comme dans tous les autres domaines de la vie des nations, ce qui n’est pas solide finit bien un jour par s’écrouler. Peu importe comment, ni quand. Ce qui importe c’est qu’il tombe en ruine, en miettes.
C’est difficile de se réveiller sous les décombres, on le concède mais c’est plus difficile encore de mentir des siècles à une nation.
Le sport ne diffère pas des autres domaines et on a beau mentir, lorsqu’on ne fait pas d’efforts, on reste en arrière même si l’on se permet d’offrir aux supporters des voyages gratuits au Soudan et ailleurs alors que l’on recense encore, dans notre chère Algérie, des familles qui attendent chaque année 3000 DA pour acheter des cahiers à leurs enfants.
Alors qu’on voulait en faire le dernier rempart contre l’ennui généralisé et la mal-vie quasi totale, le football est tombé d’un coup, en ce début de saison, à Tizi Ouzou, puis à Sétif puis en Afrique et, comme pour couronner le tout, dans un stade en plein match lorsqu’un arbitre a décidé de jeter son maillot pour dire qu’il n’en peut plus de cette ambiance anormale. Dans sa chute, le foot a entraîné beaucoup de fausses promesses et beaucoup de vrais mensonges.
C’est comme dans les autres secteurs. Dans le secteur de l’industrie, par exemple, le premier responsable vient de confirmer que plus rien ne va de ce côté non plus. Dans l’éducation, la nouvelle ministre se démêle à longueur de journée pour essayer de sauver ce qui pourrait l’être. Et encore.
Dans le secteur des affaires religieuses («ya adjaba!!!»), le nouveau ministre essaie d’être à tous les feux, il cherche à tout «immuniser», des hadjis jusqu’aux mosquées, pour croire pouvoir un jour espérer qu’il y a des choses à sauver. Il n’y a, finalement, que l’incroyable audace qui permet à certains de continuer à parler.
Si on avait voulu détruire un pays exprès, cela aurait demandé quelques siècles mais comment ont-ils donc pu détruire un pays de la sorte en seulement cinquante-deux ans? C’est la question effarante et effrayante!*Par Aissa HIRECHE - Mercredi 24 Septembre 2014*L’Expression

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2 réponses à “L’empire des scandales et des échecs.2”

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