Internet, retour sur les origines du Web

**Internet a 25 ans

*Il y a 25 ans, internet n’était qu’une idée développée par un informaticien inconnu. Elle a débouché sur un phénomène mondial, qui a changé nos vies.

L’ordinateur personnel a changé la manière dont nous travaillons, mais le web a bouleversé et changé un tas de secteurs. La possibilité d’accéder librement à des fichiers sur internet a ébranlé les modèles traditionnels d’activité dans la musique, le cinéma ou les médias. « N’importe qui peut être un auditeur, n’importe qui peut être un éditeur, sur le même réseau. Il n’y avait jamais rien eu comme cela »auparavant.

Le scientifique britannique Tim Berners-Lee, reconnu comme l'inventeur du World Wide Web.

**Au commencement

Le Britannique Tim Berners-Lee travaillait dans un laboratoire du CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire, quand il a imaginé une manière d’accéder facilement à des fichiers sur des ordinateurs reliés entre eux. Il l’a formalisée dans un article le 12 mars 1989, considéré comme l’acte de naissance du « World Wide Web ».

L’idée était pourtant tellement audacieuse qu’elle a failli ne jamais se concrétiser. Les militaires américains ont commencé à étudier l’idée de connecter des ordinateurs à des réseaux dès les années 1950, et ont lancé en 1969 Arpanet, un précurseur de l’internet actuel.

L’impulsion américaine

Et le web a des rivaux comme CompuServe ou le Minitel par exemple. Mais ceux-ci sont payants, quand le système de Berners-Lee permet de publier gratuitement des contenus sur des ordinateurs connectés au réseau, souligne Marc Weber.  Le vice-président américain Al Gore joue un rôle important en décidant les ministères à se convertir au web, et en lançant en 1994 le site internet de la Maison blanche.Par la suite, alors que la quantité d’informations hébergée sur des serveurs explose, des géants comme Google ou Yahoo! se créent sur la base de services aidant les gens à retrouver les pages intéressantes.

Internet a ébranlé les modèles traditionnels

La possibilité d’accéder librement à des fichiers sur internet a ébranlé les modèles traditionnels d’activité dans la musique, le cinéma ou les médias. « N’importe qui peut être un auditeur, n’importe qui peut être un éditeur, sur le même réseau. Il n’y avait jamais rien eu comme cela », note Jim Dempsey, vice-président chargé des politiques publiques au Centre pour la démocratie et la technologie.

Un système à moitié construit et menacé

Un principe important d’internet est son caractère égalitaire et ouvert, mais celui-ci est menacé, avertit Jim Dempsey. Le web a unifié internet mais rien n’est « gravé dans le marbre » et il pourrait se fragmenter à nouveau, juge aussi Marc Weber.  Aux Etats-Unis, de grands fournisseurs d’accès ont gagné le droit de traiter de manière préférentielle certaines données qui circulent en ligne. Des gouvernements tentent de porter atteinte à la protection des données privées en ligne, d’autres restreignent la liberté du web en en bloquant des portions.  Un autre enjeu est l’accès à la toile de milliards de personnes supplémentaires dans les marchés émergents, notamment à l’aide des smartphones. Car « le web n’est encore qu’à moitié construit. Il n’est pas encore mondial », rappelle Marc Weber.*.ouest-france.fr-09.03.2014

***Les dates

L’histoire publique du « world wide web » a vraiment débuté il y a 25 ans. Voici quelques grandes dates de son histoire:

- 12 mars 1989: l’informaticien britannique Tim Berners-Lee fait circuler sa « proposition de gestion de l’information » au sein de l’organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), posant les fondement de l’internet mondial. Les codes informatiques sont rendus public l’année suivante, parallèlement à un premier navigateur baptisé « WorldWideWeb ».

- 1993: une équipe de l’université de l’Illinois (nord des Etats-Unis) emmenée par Marc Andreessen développe Mosaic, un navigateur avec une interface intuitive qui aide à populariser internet et sert de base au navigateur Netscape lancé l’année suivante.

- 1994: le libraire en ligne Amazon.com fait ses débuts. La Chine accède à internet mais filtre les contenus. La Maison blanche lance son site internet, www.whitehouse.gov, mais certains utilisateurs tapent une adresse en .com et atterrissent sur un site pornographique.

- 1995: première connection internet en Afrique. Le groupe informatique Microsoft initie une « guerre des navigateurs » en sortant Internet Explorer, qui finira par tuer Netscape, et eBay lance ses premières enchères en ligne. Le monde compte 16 millions d’internautes, soit 0,4% de sa population.

- 1996: le finlandais Nokia lance un premier téléphone mobile avec une connectivité internet.

- 1998: les autorités américaines confient la régulation mondiale des noms de domaine (extensions en .com, .gov, etc) à un organisme privé mais basé aux Etats-Unis, l’Icann. Débuts de Google, qui deviendra le premier moteur de recherche en ligne.

- 2000: le virus Iloveyou infecte des millions d’ordinateurs dans le monde, causant des milliards de dollars de dommages et mettant en lumière l’importance de la sécurité en ligne. L’emballement autour d’internet et de ses startups emmène l’indice boursier américain Nasdaq, à dominante technologique, à un record de 5048 points plus jamais égalé à ce jour. L’explosion de la « bulle » le ramènera à 1114 points en 2002.

- 2001: le populaire service de partage de musique en ligne Napster est fermé par la justice américaine, un symbole des débats sur les droits d’auteurs en ligne.

- 2005: internet compte un milliard d’utilisateurs dans le monde.

- 2007: l’Estonie organise la première élection parlementaire en ligne.

- 2012: le réseau social en ligne Facebook dépasse le milliard d’utilisateurs. Le robot Curiosity de la Nasa s’enregistre sur l’application de localisation Foursquare depuis la planète Mars. La France débranche son Minitel.

- 2012: un traité controversé de l’ONU sur le règlement des télécommunications est signé par 89 Etats, mais 55 autres, dont les Etats-Unis et la France, s’y opposent au nom de la liberté d’internet. Certains pays critiquent le contrôle trop important des Etats-Unis sur la toile.

- 2013: 40% de la population mondiale, soit environ 2,7 milliards de personnes, sont connectées à internet. Le chinois dépasse l’anglais comme langue dominante.

*ouest-france.fr-09.03.2014

Internet, retour sur les origines du Web internet

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*L’internet mondial passe par 263 câbles sous-marins

Le principal avantage du câble, c’est que c’est beaucoup moins cher

« TeleGeography », une société d’études, a diffusé une carte mondiale des câbles sous-marins connectant l’internet mondial. Alain Mauldin, le directeur de la recherche « TeleGeography », a été interviewé sur « CNN ». Il en a profité pour détailler le contenu de la carte -mise à jour en permanence- des 263 câbles existants pour l’internet mondial. 22 autres câbles sont annoncés. »Il peut manquer quelques plus petits câbles nationaux, mais pour les sytèmes internationaux -les plus importants- c’est exhaustif », a-t-il déclaré dans des propos relayés par « Slate ».

99%

« Pour les communications internationales, plus de 99% (ndlr: du trafic) passe par les câbles sous-marins. Selon une croyance commune, les satellites sont l’avenir de l’acheminement des données mais ça ne correspond pas à la réalité. Les satellites sont utiles pour les communautés rurales et les lieux très isolés. Le principal avantage du câble, c’est que c’est beaucoup moins cher ».

S’il existe plusieurs points d’entrées pour la plupart des pays, certains ne possèdent qu’un seul câble. C’est notamment le cas des îles Tonga.

Treize câbles traversent l’Atlantique
« En Europe, aux Etats-Unis et en Asie les gens n’ont plus à se demander: Que se passe-t-il si internet tombe et que je ne peux pas envoyer un email important? Cela a disparu. Vous n’y pensez plus. Mais si vous êtes au Bangladesh, vous vous inquiétez encore », poursuit Alain Mauldin.

Les 263 câbles sont installés par bateau en utilisant une charrue sous-marine (voir la vidéo). Cela permet de les enfouir sous le fond de la mer. Treize d’entre eux traversent l’Atlantique. Toujours selon Alain Mauldin, « leur utilisation ne dépasse pas les 20% de leur capacité potentielle ».*7sur7-10/03/2014

*Vidéo: UNDER SEA CABLING ANIMATION MOVIE

*http://www.youtube.com/watch?v=hdrMMD0B8mo

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***Il y a 25 ans, internet n’était qu’une idée développée par un informaticien inconnu. Elle a pourtant débouché sur un phénomène mondial, qui a changé la vie de milliards de personnes. Le Britannique Tim Berners-Lee travaillait dans un laboratoire du CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire, quand il a imaginé une manière d’accéder facilement à des fichiers sur des ordinateurs reliés entre eux. Il l’a formalisée dans un article le 12 mars 1989, considéré comme l’acte de naissance du « World Wide Web ».

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**photo:Tim Berners-Lee

L’idée était pourtant tellement audacieuse qu’elle a failli ne jamais se concrétiser. « Il y avait une énorme dose d’orgueil dans le projet au départ », raconte à l’AFP Marc Weber, créateur et conservateur du programme sur l’histoire de l’internet au Musée d’histoire informatique de Mountain View en Californie. « Tim Berners-Lee a sorti de nulle part, sans qu’on lui ait rien demandé, tout ce système de gestion de documents » et au départ ses collègues l’ont « complètement ignoré ».

media_xll_6553712 Screenshot du navigateur web original NeXT de 1993.

Le web a eu des rivaux

A la base, le web est un logiciel pour naviguer parmi les informations qui sont en ligne. Son aspect distinctif est la possibilité de cliquer sur des liens pour ouvrir des fichiers sur des ordinateurs qui peuvent être localisés n’importe où. Berners-Lee va finalement convaincre le CERN d’adopter le système après avoir démontré son utilité en compilant un annuaire du laboratoire dans un index en ligne.
Mais même alors, le combat n’est pas gagné. Les militaires américains ont commencé à étudier l’idée de connecter des ordinateurs à des réseaux dès les années 1950, et ont lancé en 1969 Arpanet, un précurseur de l’internet actuel. Au départ, le web a des rivaux comme CompuServe ou le Minitel par exemple. Mais ceux-ci sont payants, quand le système de Berners-Lee permet de publier gratuitement des contenus sur des ordinateurs connectés au réseau, souligne Marc Weber.
Le vice-président Al Gore joue un rôle important en décidant les ministères à se convertir au web, et le lancement en 1994 du site internet de la Maison blanche apparaît comme un sceau d’approbation. Par la suite, alors que la quantité d’informations hébergée sur des serveurs explose, des géants comme Google ou Yahoo! se créent sur la base de services aidant les gens à retrouver les pages intéressantes.
« L’ordinateur personnel a changé la manière dont nous travaillons, mais le web a bouleversé et changé un tas de secteurs », relève Michael McGuire, un analyste du cabinet de recherche Gartner. La possibilité d’accéder librement à des fichiers sur internet a ébranlé les modèles traditionnels d’activité dans la musique, le cinéma ou les médias. « N’importe qui peut être un auditeur, n’importe qui peut être un éditeur, sur le même réseau. Il n’y avait jamais rien eu comme cela », note Jim Dempsey, vice-président chargé des politiques publiques au Centre pour la démocratie et la technologie.

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Liberté menacée

Un principe important d’internet est son caractère égalitaire et ouvert, mais celui-ci est menacé, avertit Jim Dempsey. « On n’empêchera jamais un adolescent de regarder des photos de chatons », dit-il. « Le problème est qu’on peut limiter la capacité des gens à critiquer le gouvernement, ou créer un internet à plusieurs vitesses dans lequel il est plus difficile aux innovateurs, aux critiques, ou aux défenseurs des droits de l’Homme d’atteindre un public mondial ». Le web a unifié internet mais rien n’est « gravé dans le marbre » et il pourrait se fragmenter à nouveau, juge aussi Marc Weber.
Aux Etats-Unis, de grands fournisseurs d’accès ont gagné le droit de traiter de manière préférentielle certaines données qui circulent en ligne. Des gouvernements tentent de porter atteinte à la protection des données privées en ligne, d’autres restreignent la liberté du web en en bloquant des portions. Un autre enjeu est l’accès à la toile de milliards de personnes supplémentaires dans les marchés émergents, notamment à l’aide des smartphones. Car « le web n’est encore qu’à moitié construit. Il n’est pas encore mondial », rappelle Marc Weber.*Source: AFP-09.03.2014

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*Aujourd’hui, l’ordinateur est devenu un outil incontournable

Peut-on vivre sans internet ? Oui bien sûr ! Volontairement ou … malgré soi ? Le numérique améliore-t-il les relations entre les personnes ou, a contrario, n’est-il pas un facteur supplémentaire d’exclusion?

Aujourd’hui, l’ordinateur est devenu un outil incontournable de la vie sociale, pour l’emploi, la formation ou l’accès à des services essentiels.Cependant, si ces technologies ont permis un développement sans précédent en matière d’information, d’expression et même de revendication, de fortes inégalités à l‘accès aux outils numériques se font encore cruellement ressentir. Cette «fracture numérique» renforce l’exclusion des personnes en grande précarité, alors même que les démarches administratives qui les concernent (revenu de solidarité active, allocation logement) sont de plus en plus informatisées.

Au nom d’une simplification, on complique pour certains les démarches administratives. Le choix d’une administration « dématérialisée » n’est-il pas avant tout celui d’une administration « déshumanisée » sans interlocuteur devant soi ?

Ecrire et lire sur Internet – comme par exemple sur ce blog – est devenu un geste courant pour beaucoup d’entre nous. Pas pour tous, nous ne l’oublions pas.

L’accès à internet (le coût de l’abonnement) même avec un tarif dit « social » (lorsqu’il existe) reste un des premiers obstacles : la « fracture » est d’abord une « facture » ! D’autres fractures sont de différentes natures, tant psychologiques que matérielles.

A la suite d’une action de formation aux Technologies d’Information et de Communication (TIC) dans le Nord de la France, dans le cadre d’un programme « d’inclusion numérique et citoyenne », des  militants issus du monde de la grande pauvreté ont indiqué ce qui a pu freiner, voire empêcher l’utilisation de ces outils.

- 30 % ont déclaré qu’ils avaient ressenti de la peur ;

- 25% ont rencontré des difficultés matérielles ;

- 15% ont souffert de problèmes de santé ;

- 5% étaient concernés par l’analphabétisme ;

- 25% ont évoqué l’âge et les difficultés de mémorisation, etc.

« Je ne sais pas utiliser l’ordinateur, car je ne sais pas lire ni écrire. Mes enfants savent s’en servir, donc je leur demande beaucoup, pour les papiers… Je n’ai jamais fait de formation informatique, je ne pourrais pas. Mais je suis venu à la formation vidéo. C’était bien, j’apprends des choses. »

« Avec cette formation, je me guéris de la peur concernant cet appareil, qui me semblait réservé à des personnes très douées ! »

« Mon obstacle principal c’est que je ne pratique pas, comme je suis demandeuse d’emploi et je touche que 400 euros par mois, je ne peux pas me permettre d’aller dans des endroits payants. »

Le programme de formation a duré 18 mois et a nécessité plusieurs formateurs pour six groupes locaux. Au terme de cette formation, presque tous utilisent maintenant avec aisance l’ordinateur et surfent sur la toile. Plusieurs « blogs » collectifs ont ainsi été créés.

Les intérêts sont à la fois individuels et collectifs :

« Ce qui m’intéressait avec internet, c’est être au contact de mes enfants qui sont loin… Et puis, j’ai un frère que j’ai perdu de vue depuis 20 ans. Je l’ai retrouvé pendant ces ateliers informatiques. J’ai cherché sur les pages jaunes son adresse car je me souvenais du village où il habitait. »

«Avant je faisais mes démarches administratives à la main, et maintenant grâce à la formation, je fais le chômage, la CAF (ndlr : caisse d’allocations familiales) et la Poste sur internet. »

« Quand je suis confronté à une question juridique avec une famille pour un droit qui n’est pas bien appliqué, que je veux me rappeler d’une loi, je vais sur le site du gouvernement, ou si j’ai besoin d’un dossier DALO (ndlr. Droit au Logement Opposable) en urgence, je l’imprime chez moi, c’est vrai que ça facilite beaucoup de choses.»

« J’ai appris à faire une boite mail, à souligner, à mettre en gras à chercher des images pour le CV, à mettre en gras, à chercher la photo dans un autre dossier… » L’intérêt est aussi collectif : « Jusqu’à maintenant, on écrivait peu les comptes rendus, maintenant, je vais pouvoir les envoyer. »

«C’est l’occasion de correspondre avec des gens, notamment pour mes activités associatives, mais du point de vue administratif, je garde la manière traditionnelle, je n’ai pas trop confiance en internet là-dessus. Les erreurs, tu ne peux plus les rattraper après, et les preuves n’existent pas, donc j’ai toujours eu des doutes, et des peurs de me faire piéger, qu’on prenne mon identité, et qu’on fasse des choses à ma place. »

De plus, grâce à la formation vidéo, des supports de présentation et communication sous format numérique sont en projet ou en construction dans certains groupe.

« Mon projet, c’est de faire le rapport d’activité en vidéo. C’est vrai que quand tu regardes un clip, cela soulève plein de questions. Ça veut dire qu’une personne qui sait pas lire et écrire, elle regarde une vidéo, elle va comprendre. C’est moins intéressant de lire quatre pages, c’est mieux de faire une vidéo de 6 minutes qui dit la même chose. »

Pour conclure, René fait cette confidence : « moi, le moment que je préfère, c’est tous les quinze jours quand on se retrouve ensemble pour écrire notre page sur notre blog. »

Internet, ça peut être aussi convivial

Pascal Percq – France*unmondeautrementvu-avril 30, 2013

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*Retour sur les origines du Web

C’es temps-ci, on célèbre les anniversaires de faits qui ont bouleversé le monde : les 80 ans de la précédente crise financière, les 70 ans de la déclaration de la deuxième guerre mondiale ou les 20 ans de la chute du mur de Berlin. C’est aussi l’anniversaire de la mise en service du réseau de l’Agence des projets de recherche du département de la défense américain (ARPA).

Le 29 octobre 1969, dans la salle de calcul du département informatique de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), il n’y a ni journaliste, ni photographe, ni homme d’affaires. Simplement une bande d’étudiants, doctorants, leurs professeurs et un ingénieur de la société BBN à qui a été confié le développement du logiciel des commutateurs de paquets du réseau. Le professeur Leonard Kleinrock est aux commandes, entouré des étudiants du groupe de travail sur le réseau (NWG), il tape sur un simple terminal un premier caractère de l’ordinateur Sigma 7 vers celui du Stanford Research Institute (SRI) près de San Francisco, puis un deuxième. Au troisième, le logiciel « plante ». C’était il y a quarante ans. J’étais le seul européen de la bande.Un projet utopique, animé par des universitaires, sans participation industrielle, prenait corps. Nous avions plus ou moins conscience de participer à l’émergence d’un projet riche en promesses. Aucun n’aurait pourtant osé imaginer l’avenir de l’Internet. A travers maints rebondissements, du réseau de l’ARPA (le nom d’Arpanet n’apparaît qu’en 1972) au « Web 3.0″, l’Internet s’est depuis imposé comme un outil incontournable du monde d’aujourd’hui et de demain, si l’on en croit les projections de Joël de Rosnay pour le Web 4.0.

Quels caractères génétiques ont donc permis à cette petite pousse de devenir un tel baobab ? Sa chance a bien sûr été la mise en oeuvre des technologies de communication numériques, de la miniaturisation des circuits et l’enclenchement du cercle vertueux, d’une technologie reproductible et de plus en plus dense, proposée à un public de plus en plus large, et donc de moins en moins coûteuse. Sa chance a aussi été la déréglementation des télécommunications et la mondialisation de l’économie, dont il a, par ailleurs, été un outil stratégique. Mais pourquoi l’Arpanet et son successeur l’Internet ont-ils finalement balayé les projets concurrents ?

Les ingrédients du succès étaient déjà dans l’embryon du réseau ARPA né de la rencontre de visions, d’objectifs et de personnalités divers, voire contradictoires : militaire, universitaire ou libertaire. Le souci d’inspiration militaire était l’invulnérabilité, d’où le choix, pour le réseau de transmission, de la technique de la commutation de paquets : l’information peut passer par n’importe quel chemin d’un réseau maillé de commutateurs de paquets ; si l’un d’eux est détruit, les communications ne sont pas perturbées.

Les universitaires ont fourni les premiers sites, développé des spécifications en toute indépendance des constructeurs et des grands opérateurs de télécommunications, inventé les premières applications. Les contrats de l’ARPA leur assuraient l’indépendance financière nécessaire. Le partage des ressources, en matériel, logiciels, données ainsi que des ressources humaines était un objectif majeur. S’y ajoute une culture de l’échange. Le réseau devient vite aussi un moyen de soumettre à la communauté des utilisateurs des algorithmes à vérifier, des programmes à tester, des données à archiver. Il deviendra un levier pour les promoteurs du logiciel libre. Il a su galvaniser des énergies et des intelligences désintéressées, individuelles et collectives.

Enfin, les jeunes chercheurs de l’UCLA n’étaient pas insensibles à l’air du temps libertaire qui y régnait. L’hiver 1969-1970 fut aussi celui de la contestation dans les universités américaines : une sorte de Mai 68 sur fond de guerre du Vietnam de plus en plus mal supportée par les étudiants et de révolte des minorités ethniques. La philosophie qu’ils ont inoculée au réseau à travers ses spécifications était fondée sur l’indépendance, la liberté, la transparence, le partage et le pragmatisme.

Dès le départ, en mai 1968, ils ont institutionnalisé un système de spécifications ouvertes et publiques, basées sur la compétence, la reconnaissance mutuelle et le consensus, qui s’est révélé par la suite être l’un des facteurs de succès majeurs du projet. Les « request for comments » (RFC) ont défié le temps : 5 689 RFC ont été publiés en quarante ans, et toujours avec la même sobriété de présentation. L’ensemble des RFC aujourd’hui disponible sur l’Internet constitue une extraordinaire « mémoire » du processus collectif de construction et d’évolution du réseau.

La liberté d’expression deviendra un cheval de bataille des pionniers de l’Internet : sur le réseau, tout doit pouvoir se dire, il est « interdit d’interdire » ; à chacun de faire montre d’esprit critique, de filtrer et de recouper l’information. L’usage initial exclusif de la langue anglaise montre combien ces gènes étaient monoculturels…

Vingt ans après sera introduit par une équipe de recherche européenne le World Wide Web, la Toile sur laquelle on peut naviguer en suivant des liens qui relient les informations, où qu’elles se trouvent. Cette application viendra compléter les atouts de l’Internet, et lui permettra de faire son entrée au début des années 1990 sur la scène politique, économique, sociale et sociétale mondiale, et d’éliminer les réseaux industriels concurrents.

Leur pragmatisme enfin est bien caractérisé par la célèbre affirmation : « Nous récusons rois, présidents et vote. Nous croyons au consensus et aux programmes qui tournent. »

Le succès de l’Internet, nous le devons aux bons choix initiaux et à la dynamique qui en a résulté : la collaboration de dizaine de milliers d’étudiants, ou de bénévoles, telles par exemple ces centaines de personnes qui enrichissent continuellement des encyclopédies en ligne telles que Wikipédia. En France, certains avaient détecté la jeune pousse prometteuse, avaient vu dans l’Arpanet un signal faible, porteur d’avenir. Malheureusement ceux qui perçoivent ne sont pas ceux qui décident, et ceux qui proposèrent une approche calquée sur l’Internet ne furent pas suivis : en s’en tenant à des arguments techniques économiques, ou d’indépendance nationale, avec Transpac puis Teletel, et tout en marquant des points sur le court terme, on a choisi le repli sur notre pré carré, et ignoré les ressorts humains qui ont permis à l’Internet de finalement l’emporter.

L’Internet a été au fil des ans une création continue qui a su minimiser les contraintes d’usage. Il offre des outils puissants et accessibles à tous, ce qui a largement profité à des organisations ne disposant pas de moyens financiers importants pour communiquer : le secteur associatif en a ainsi été un grand bénéficiaire, quand il a su se l’approprier. Aujourd’hui l’Internet est devenu un outil stratégique de la solidarité mondiale, peut-être la source d’une citoyenneté plus participative, même s’il ne faut pas être naïf : peuvent s’y exprimer le bien et le mal, le narcissisme et la convivialité, l’ordre ou le désordre.

Néanmoins, pourquoi ne pas dédier ce quarantième anniversaire à ces très nombreux contributeurs passionnés mais restés obscurs, qui, au fil des années, ont consacré leur temps libre, jour et nuit, à tisser cette Toile, en lui apportant un élément de structure, ou de contenu, la gorgeant de leur savoir-faire et de leurs connaissances, l’animant et l’imposant comme l’outil du savoir et de la communication universels.

En reconnaissance de ce rôle pionnier, l’usager doit pouvoir conserver un droit de regard sur le Net et ses évolutions, dont il est codétenteur. Au moment où l’Internet devient un pilier incontournable de l’organisation de notre société, où le développement d’une culture démocratique sur le Net pourrait être menacé, et où leur accessibilité pourrait être le prétexte pour des entreprises à but lucratif de s’approprier des composants de ce qui jusqu’à maintenant était considéré comme des biens communs, la Toile doit être reconnue comme un bien public, et la liberté d’y accéder comme un droit fondamental. (Le Monde -24.12.09.)

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*En Belgique, la montée de la haine sur internet préoccupe

La Commission contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe a exprimé sa préoccupation à l’égard des discours de haine qui fleurissent sur internet en Belgique. »La situation concernant le discours de haine sur internet est extrêment préoccupante avec une forte augmentation des pages web et forums de discussion racistes sur les sites belges », note la Commission dans son 5e rapport sur la Belgique. Elle recommande à la Belgique d’intensifier ses efforts pour combattre l’expression du racisme sur internet et de coopérer au niveau international avec les autres Etats pour combler tout vide juridique permettant la diffusion de tels messages.

Le rapport épingle aussi certains aspects des programmes d’intégration mis en en oeuvre dans les entités fédérées qu’elle juge « discutables, voire discriminatoires ». Elle considère notamment comme « particulièrement inquiétante » la décision prise à Anvers de prélever un droit de 250 euros à chaque fois qu’un non-Européen s’inscrit au service des étrangers. Et d’ajouter: « d’une manière générale, des groupes ethniques et religieux, en particulier les musulmans, continuent d’être confrontés à de nombreux désavantages, y compris la discrimination dans des domaines clés de la vie ».

Discrimination linguistique
Le rapport n’omet pas la question linguistique. La Commission regrette qu’il n’existe aucun organe indépendant compétent sur les question concernant la discrimination fondée sur la langue. Elle pointe également du doigt l’attitude de certains partis, après des années de crise communautaire.  Elle « déplore que depuis son quatrième rapport sur la Belgique un certain nombre de dirigeants et de militants de partis extrémistes aient continué à tenir en public des propos à l’encontre de l’autre Communauté linguistique au nom d’un nationalisme exacerbé et à invoquer des arguments fondés sur l’intolérance et la xénophobie à l’égard des étrangers et des minorités. La (Commission) estime que cette exploitation du climat de tension politique qui existe entre les Communautés linguistiques est particulièrement regrettable car elle n’encourage pas seulement les préjugés et les stéréotypes intercommunautaires mais peut aussi nourrir la haine envers les minorités ethniques et les migrants ». Le Commission donne toutefois des points positifs à la Belgique, en particulier pour sa « très bonne législation contre le racisme et la discrimination », a expliqué le secrétaire Stephanos Stavros, même s’il regrette l’absence d’évaluation. « En comparaison avec de nombreux autres pays européens, la Belgique agit bien dans la lutte contre le racisme et la discrimination », a-t-il ajouté.*Source: Belga-25/02/2014

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*L’addiction chez les jeunes

Ce dessin a été réalisé pour la 19e journée nationale prévention santé, organisée par la fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep). Le thème est « l’addiction chez nos enfants ». Mon côté geek m’a tout de suite fait pensé à ce dessin pour ce thème. Mon dessin a été utilisé sur le prospectus distribué lors de cette réunion Parents-Professionnels.

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79 réponses à “Internet, retour sur les origines du Web”

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    Hanna C M Menezes (19:04:52) :

  10. 15 06 2015
    sdorttuiiplmnr (19:22:30) :

    There are some interesting deadlines on this article however I don’t know if I see all of them heart to heart. There is some validity however I’ll take hold opinion until I look into it further. Good article , thanks and we would like more! Added to FeedBurner as nicely

    http://www.sdorttuiiplmnr.com/

  11. 20 03 2015
    net (06:03:12) :

    I want to know where exactly to paste the code on my template in my blog so that the ‘Digg It’ Button shows up for each and every post of mine.. . Also If I want to show how many diggs I got on one of my blog post where do I show it? Where exactly do I put the code? And where do I get the code from? Thanks for helping me with this..
    net http://sjlkdfjsdklj.net

  12. 18 03 2015
    net (23:56:10) :

    I just need to know how to get a website started. I want to make a fan site for a new band. I know that I have to pay for a domain, but I’m confused about how to purchase & build a website. Help please? Thanks in advance! (:. Thanks everyone! (:.
    net http://sjlkdfjsdklj.net

  13. 17 03 2015
    net (12:33:24) :

    I’m looking to spike my journalistic career and thought that a blog might be a good idea. But I also know that there are ways to set up a paypal account attached to the blog for payment to read it or donate. I guess I was inspired by the movie Julia and Julie and I want to do it on my own. Any ideas on how to get started?.
    net http://sjlkdfjsdklj.net

  14. 17 03 2015
    net (07:53:23) :

    What would you like to see out of a creative writing short story?
    net http://sjlkdfjsdklj.net

  15. 10 03 2015
    net (06:54:03) :

    Maybe someone can help me. I want to create a website with a focus on current events in education. I plan to write from my website articles and even published literature. The articles I write will be reviews and criticisms from published articles. I am aware of the Fair Use Doctrine and I can write reviews and provide ‘fair and reasonable criticism’ without license or approval from the author’s original material as long as I cite and provide references to the original author. My website will also have either sponsors or advertise products within it. But not related directly to the articles I write. Most likely advertisement for products I like. For example, a particular software product I like. My question is: Just by having this website « for profit »; am I in violation of the Fair Use Doctrine or have a copyright infringement because my website is for profit from the published material I write …OR not because the material I write about is not in any way having a copyright infringement upon my sponsors or advertisements even though my website is for profit (In other words, is there any connection or relationship between my sponsors (or advertisements) and my published articles regarding copyright infringement with a for profit website)? Please reply. Thanks!.
    net http://sjlkdfjsdklj.net

  16. 9 03 2015
    net (04:54:50) :

    Im based in London have worked as a secretary for more than 10 years and have an HND in Business Studies but am tired of admin work and office politics and would like to do something more creative- change careers.. . I write in my spare time and have attended an advanced writing course for the past 3 years. I like reading and would like to see if I could train to teach creative writing in further education or and English /English literature. I would also be grateful if I could get any info on what qualifications you need to be able to teach English as a first language and Basic literacy skills.. . Thanks. Any advice would be great regarding training in London..
    net http://sjlkdfjsdklj.net

  17. 8 03 2015
    net (22:08:42) :

    How many articles does it take to start a good blog?
    net http://sjlkdfjsdklj.net

  18. 13 11 2011
    Download MP3s FOR FREE (14:32:53) :

    This will be a excellent web page, might you be interested in doing an interview regarding how you designed it? If so e-mail me!

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