Festival international du cinéma-Alger

**Le capital, un film du cinéaste franco-grec Costa Gavras

«Les banquiers sont tellement puissants qu’ils n’ont pas peur du pouvoir politique»

Festival international du cinéma-Alger  20283493

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Le capital, la dernière fiction du cinéaste franco-grec Costa Gavras a été projetée hier soir à la salle Ibn Zeydoun à Alger à la clôture du deuxième Festival international du cinéma d’Alger et des journées du film engagé. Ce long métrage, attaqué par la critique française, plonge dans l’univers opaque et sans âme de la finance internationale. El Watan Week-enda rencontré hier à la terrasse de l’hôtel El Aurassi, à Alger, sous le soleil de décembre, le cinéaste qui croit à la possibilité d’un autre monde. Un monde qui croit en l’être humain et à ses valeurs.

-Dans Le capital, vous plongez carrément dans un monde complexe, le monde de la finance. Un saut périlleux, non ?

Complexe, oui ! J’ai passé trois ans à essayer de comprendre ce monde. Et je n’ai pas tout compris. J’ai même posé des questions à des banquiers et des financiers qui m’ont avoué qu’ils ne connaissaient pas tout. Ils agissent uniquement dans la direction des responsabilités qu’ils ont. Ils ne me l’ont pas dit mais la seule chose qui les intéresse est de gagner de d’argent. J’ai fait beaucoup de recherches pour élaborer le scénario. J’ai fait lire la première mouture du scénario à un banquier qui m’a dit que mes chiffres étaient trop bas. Je ne les ai pas augmentés ! J’ai gardé les mêmes chiffres.

-Les banquiers n’avaient-ils pas d’appréhension par le fait que vous vous intéressiez à eux à travers un film ?

Ils s’en foutent ! Ils sont tellement puissants qu’ils n’ont pas peur du pouvoir politique. Parce que finalement, ils ont le pouvoir. Avec moi, les banquiers étaient séduisants, gentils. Ils m’ont même avoué qu’il existe des voyous dans leur milieu qui font des choses négatives. Des voyous qui donnent une mauvaise image des banques. «Chez nous, on ne travaille pas comme ça», m’ont-ils dit. Mais ils ne citent pas de noms. Il n’y a pas de solidarité entre les banquiers. Les banques trichent entre elles et trichent avec le client. Il y a une solidarité de façade, mais c’est chacun pour soi.

-«On prend aux pauvres et on donne aux riches», est-il dit dans le film Le capital. C’est un peu Robin des bois à l’envers ?

C’est cela ! Le président américain Barack Obama avait dit que son adversaire (à l’élection présidentielle de novembre 2012, ndlr) prenait aux pauvres pour donner aux riches. C’est un peu cela l’univers économique mondial aujourd’hui. Le patron Goldman Sachs avait confié un jour : «On prend aux pauvres pas parce qu’ils ont de l’argent mais parce qu’ils sont nombreux

-Vous avez choisi l’humoriste Gad Elmaleh pour le rôle principal, celui de Marc Tourneuil. C’est plutôt un comédien sympathique pour camper le rôle d’un banquier cynique !

Les banquiers que j’ai rencontrés sont tous sympathiques. Ils le sont ainsi lorsqu’ils parlent à la télévision ou lorsqu’ils écrivent des livres. Dans la vie, il y a des personnes qui tuent leurs parents mais dans leurs quartiers paraissent pour des individus gentils. Dans le film, le personnage évolue et on s’interroge pourquoi cet homme sympathique change. Le spectateur va se poser des questions. Les banquiers ont un côté façade et un côté opaque. La presse a rapporté récemment qu’une banque, présente dans tous les aéroports du monde, utilise l’argent de la drogue mexicaine. Les banquiers ne sont pas les innocents qu’on nous présente à la télé. Même si les banquiers de quartier font un bon travail dont nous avons tous besoin.

-Faut-il douter de tous les banquiers ?

Ce n’est pas les banquiers, mais le système financier. Un système qui s’est développé ces dernières années. On gagne de l’argent avec l’argent, sans rien produire. Derrière, il y a les actionnaires très puissants, desquels dépendent les banquiers en règle générale. S’ils ne rapportent pas autant qu’il le faut, ils les débarquent et les remplacent. Ce ne sont plus les politiques qui décident. Dernièrement, en France, le président François Hollande a voulu réglementer un peu le système bancaire. Ils se sont tous élevés contre lui. Et finalement, il a adopté une réglementation qui est la moitié de ce qu’il voulait au départ (…). Je ne pense pas en termes de conspiration, mais il s’agit du système et de cet esprit de gagner de l’argent quel qu’en soit le prix. Aujourd’hui, dans le monde, il y a de plus en plus de pauvres et de plus en plus de riches. J’ai présenté le film en Espagne. Le foutoir dans ce pays a été provoqué par les banquiers qui ont construit sans faire d’études. Il existe des villes entières vides en Espagne. Ils ont agi ainsi parce que cela leur rapportait de l’argent.

-Les banquiers n’ont-ils pas fait jonction avec le monde politique ? Des politiques qui les défendent autrement ?

Les politiques ne se ressemblent pas. Il y a des politiques plus courageux que d’autres. Ils défendent la démocratie. Tout dépend des partis et des philosophies. Mais lorsque les banques n’ont plus d’argent, elles vont le prendre chez les politiques. Aucun politique n’ose dire non. Qui est le plus fort ? C’est celui qui demande et qui prend. Certains disent qu’on ne peut pas trop réglementer, car pour eux, les banques américaines, qui sont peu réglementées, vont tout prendre. C’est la principale crainte. Pour ces personnes, la réglementation doit être mondiale. C’est une utopie ! Nous avons gardé pour le film le titre du roman (de Stéphane Osmont, écrit en 2004, ndlr). Tout le monde était d’accord là-dessus. Nous avions proposé des titres tels que «un homme moderne» ou «un héro de notre temps». Donc, ça n’a rien à voir avec Karl Marx…

-Ne peut-on pas penser que le capitalisme en lui-même est en crise majeure. Ou, peut-être, qu’il est face à un triomphe ?

C’est une question compliquée. En Europe, le capitalisme est devenu sauvage, agressif et uniforme. Il y a dans d’autres pays, comme la Chine, une autre forme de système, le capitalisme d’Etat centralisé. Même les pays qui avaient adopté le socialisme d’Etat sont revenus au capitalisme (…). En Grèce, les hommes politiques sont les premiers responsables de la crise. Après, vient l’Europe. Pendant des années, des pays européens ont donné des crédits à la Grèce. Des experts avaient averti contre cette situation, il y a quelques années, en disant que la bulle allait exploser. Ils n’ont rien fait pour l’arrêter. Les Allemands ont même vendu des sous-marins à la Grèce. La Grèce a-t-elle vraiment besoin de ces engins ? Les hommes politiques auraient dû être plus vigilants et arrêter cela. Mais ils voulaient être populaires et gagner les élections. Au même moment, les banques prêtaient de l’argent aux gens pour passer les vacances ! Le peuple grec en a pour dix ans. La dette est encore colossale. La Grèce restera au sein de l’Union européenne. Les Européens seront obligés d’effacer une partie de la dette.

-L’Union européenne, qui a décroché le prix Nobel de la paix, est-elle le parfait modèle de solidarité ?

C’est un modèle parfait, oui. A l’origine, il était question de créer une union sociale, politique, culturelle et économique. On a commencé par l’économie. Et une économie sans base sociale, culturelle et politique, ça crée les problèmes d’aujourd’hui. Cependant, il y a une nécessité de s’unir. Les pays africains doivent s’unir politiquement. Il y a des forces économiques partout. Il faut s’unir pour se protéger

-Comment votre film a été perçu à sa sortie en Europe, en France notamment ?

Le capital a été beaucoup attaqué. Je ne sais si ces attaques viennent de milieux de droite. Actuellement, il y a une confusion entre droite et gauche. On ne sait plus où on se trouve. Il y a des gens qui aiment le film, d’autres l’ont détesté.

-On dit que Costa Gavras est un cinéaste de conviction. Quelle signification donnez-vous aujourd’hui à l’engagement dans l’art ?

L’engagement est déjà de faire ce que j’ai envie faire. C’est-à-dire réaliser des films qui s’intéressent à notre société et au monde actuel. Parfois, je reste deux à trois ans à préparer un film, à chercher l’argent. Je n’ai pas envie de faire des polars pour gagner de l’argent. J’aime bien voir ce genre de films, mais pas en faire. Je n’ai pas la passion pour cela. Avec la famille, j’ai organisé notre vie de sorte que nous n’ayons pas besoin de beaucoup d’argent. J’ai donc le temps pour réaliser les films que je veux. L’engagement pour moi n’est pas de changer le monde. Je m’assure surtout pour que le monde ne change pas !

-Eden à l’ouestest un de vos derniers films. Il est question de migration. C’est un drame qui vous interpelle…

Le film s’interroge sur notre société. On voit les migrants comme des porteurs de malheurs. Or, 40% des Français ont des origines étrangères. Je trouve les migrants formidables. Car il faut avoir du courage et de la qualité pour traverser la mer et venir en Europe. C’est ce que j’ai voulu montrer. Ces personnes ne parlent pas notre langue et sont mal reçues. Elles ne sont pas des ennemies. Il faut les voir autrement. Des voyous peuvent venir aussi, mais c’est minime.

-Pourtant en France, avec l’ancienne équipe gouvernementale, on avait mis en avant l’idée de «l’identité nationale». C’est quoi «l’identité nationale» pour vous ?

Nicolas Sarkozy devra nous le dire, lui qui vient de Hongrie et de Grèce. Moi, je suis d’origine grecque et citoyen français. C’est cela mon identité. Ma famille est française. J’ai décidé d’être citoyen français. C’est cela l’identité.

-Vous avez parlé de confusion gauche droite. Politiquement, Costa Gavras se situe où ?

Il faut d’abord savoir qu’est-ce qu’on entend par la gauche. La gauche doit être un pouvoir, des gens, un système qui s’améliorent en permanence, acceptent le monde tel qu’il se présente et trouvent des solutions à chaque fois. La droite est, elle, traditionnelle. Elle préfère rester telle qu’elle est. Le pouvoir actuel en France se dit de gauche, mais ne fait pas toujours des choses de gauche (…). Redonner un nouveau souffle à la gauche dépend du courage des hommes et des citoyens. Tout le monde parle de changement, mais peu de choses changent.

-Il y a eu beaucoup de changement dans le Monde arabe ces derniers mois. Comment avez-vous suivi tous ces événements ?

Dans l’histoire, les révolutions avaient toujours commencé dans un élan formidable. La Révolution avait fini par l’instauration de l’Empire ! Il est vrai que le mouvement dans le Monde arabe est extraordinaire, mais il faut faire attention au résultat. Prendre la mauvaise voie serait de retomber dans l’islamisme agressif. Cependant, ces mouvements sont importants. Il y a une partie du peuple qui veut des changements.

-Après Le capital, pensez-vous à un autre film ?

Tant que je suis en vie, je ferai toujours des films ! Là, je n’ai pas encore d’idées (…). Le cinéma évolue mal actuellement. Il n’y a pratiquement plus de cinématographies nationales. Prenez l’exemple italien. Les cinéastes italiens font des films, surtout des comédies. Il n’y a plus de diversité. Les cinémas allemand et britannique se sont beaucoup réduits. En France, ça marche encore parce qu’il y a une volonté de l’Etat d’avoir un cinéma national. L’aide forte de l’Etat est nécessaire pour l’existence du cinéma. L’aide n’est pas uniquement financière. On peut, par exemple, obliger les télévisions à coproduire. Il existe un fonds européen de coproduction cinématographique. En Afrique, on essaye de faire la même chose. C’est important, mais il faut que ce soit conséquent et libre. Cinq ans après l’indépendance de l’Algérie, il y avait déjà un cinéma algérien grâce à la volonté de l’Etat d’en avoir. Z a été produit avec l’Algérie (en 1969, ndlr). Et là, j’ai bien envie de revenir en Algérie pour réaliser un film. Il faut d’abord trouver une histoire. Un film, c’est un désir, puis c’est l’histoire. Moi et ma société sommes prêts à coproduire des films algériens. *Fayçal Métaoui. El Watan-14.12.2012.

Bio express :

Costa-Gavras est né en 1933 à Loutra-Iraias, dans la péninsule grecque du Péloponnèse. Il a étudié la littérature avant d’entrer l’IDHEC de Paris (aujourd’hui Fémis). Apres plusieurs films à caractère politique et humaniste, il s’impose comme un cinéaste de dimension mondiale. Sa filmographie compte aujourd’hui 19 longs métrages. Pour le film Missing, il a reçu la palme d’or de même que l’Oscar du meilleur scénario adapté.

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**Le nouveau film de Costa-Gavras

Gad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier, Hippolyte Girardot ou encore Bernard Le Coq… voici pour une partie du casting du nouveau film de Costa-Gavras. . « Le Capital »
Ce thriller financier est adapté du roman eponyme de Stéphane Osmont, paru en 2004. Il raconte l’ascencion dans le monde des affaires d’un requin de la finance.
Costa-Gavras, le réalisateur français d’origine grecque, s’est fait une spécialité des films engagés. Il a dénoncé la dictature des colonels en Grèce et les agissements de la CIA en Amérique Latine, s’est intéressé au Ku-Klux-Klan ou au conflit au Proche-Orient.

**clôture du deuxième Festival international du cinéma d’Alger

Le film « Yema » rafle le grand prix

photo: Un huis clos qui met en scène une mère et ses fils, transformés en ennemis par la guerre civile en Algérie. Yema est une tragédie, signée Djamila Sahraoui

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«L’engagement pour moi est une affaire personnelle à ne pas confondre avec le militantisme» a déclaré le père de Z, Costa Gavras venu jeudi présenter son film Le Capital en grand pompe à l’occasion de ce festival consacré au film engagé.

Un festival qui a compté du 06 au 03 décembre 2012, une multitude de bons films abordant des thématiques des plus différentes et plaidant pour diverses causes des plus essentielles à défendre. Cependant, c’est en fonction d’une motivation plutôt politicienne que le palmarès a été rendu, jeudi soir en surprenant plus d’un dans la salle Ibn Zeydoun, qui n’a pas pu contenir tout ce beau monde qui s’est déplacé à cette soirée.Certains réalisateurs du festival en compétition avec leur film étaient assis à même les escaliers, faut -il le noter. Une cérémonie sobre, sans projection vidéo déclinant notamment les extraits de films en compétition ou de mots de remerciement sur écran de la part des lauréats absents. Un seul constat dirions -nous en sortant de la salle: «Le politique l’a emporté sur le cinéma». Ainsi, Dans la catégorie documentaire, le jury (présidé par Jamel Eddine Merdaci et constitué de Zoubida Mammaeria, Hellal Abderrezak, Arslan Lourari et le critique italien Mario Serenellini), après avoir visionné 13 films dont 7 sur la guerre d’ Algérie a eu la tâche pas facile en raison de la très bonne qualité de ces derniers de remettre enfin le prix spécial du jury à Indochine, sur les traces d’une mère du béninois Idrissou Mora-Kpai, film sur les enfants issus des mariages entre les soldats africains enrôlés par la France en Indochine et des vietnamiennes. Le grand prix quant à lui, est revenu à Les 3 guerres de Madeline Riffaud de Philipe Rostan, cette mère courage aujourd’hui âgée de 90 ans s’est entre autre battue par sa plume en devenant correspondante de guerre et grand reporter, en Europe, en Asie et notamment en Algérie. Outre ce prix, un hommage appuyé lui a été également rendu durant ce festival. Dans la catégorie compétition long métrage, le jury (présidé par Kamel Dehan et composé de Boualem Aïssaoui, Nadia Cherabi, Abdenour Zahzah et Mina Kessar) a tout d’abord remis un prix honorifique spécial aux frères Taviani pour l’ensemble de leur carrière ainsi que pour leur très beau film César doit mourir, présent aussi en compétition officielle. Aussi, après délibération, reconnaissant que la plus part des films plaidaient pour l’humanisme, la paix et la liberté, le jury a remis le prix spécial du jury par la main d’Olivier Fanon au palestinien Abdeslam Shahata du réseau Shashat (réseau des cinéastes palestiniennes qui a été aussi honoré lors de ce festival) afin de recevoir le prix en absence de Michel Khlifi, distingué pour son film Zindeeq. Le grand prix du meilleur long métrage est revenu pour sa part à Yema de Djamila Sahraoui, qui sera aussi en compétition cette semaine au festival d’Oran du film arabe. Prenant la parole, Olivier Fanon (fils de Frantz Fanon Ndlr) qui estimera que l’engagement n’est pas passé de mode tant qu’ il y a encore des gens qui restent colonisés dans le monde, fera remarquer que «Si l’Algérie était avant La Mecque des révolutionnaires, aujourd’hui elle est devenu le carrefour de l’activité culturelle». Enfin, le dernier hommage de la soirée a été rendu au réalisateur oscarisé, Costa Gavra, l’homme aux 19 longs métrages au compteur. «Si l’argent joue un rôle important dans notre vie, cela reste aussi un moyen de corruption extraordinaire, avec lequel jouent des monstres comme les banques… Tout se joue beaucoup plus la haut, là où les choses sont opaques. J’ai essayé donc de rentrer dans cette opacité et vous verrez comment Gad El Mellah (le personnage principal du film NDL) va évoluer…» a t-il déclaré avant la projection du film qui a tenu en haleine toute la salle Ibn Zeydoun. Film moderne et très actuel, il n’était pas sans rappeler par petites touches fantaisistes les frasques d’un certain homme politique français puissant, à savoir DSK, tout en s’introduisant en effet dans l’univers des plus monstrueux des finances, là ou le robin des bois prend des pauvres pour faire enrichir toujours et encore plus les Riches. Un film très intéressant et bien contemporain. Aussi, après 8 jours d’intenses de projections dans les deux salles, Ibn Zeydoun pour les long métrage et la cinémathèque d’ Alger pour les documentaires sans oublier le cercle Frantz Fanon qui abrité les conférence de presse, rencontres professionnels et autres tables ronde, s’est achevée cette seconde édition du festival du film d’Alger qui a réuni cette année force de constater un nombre important (23 au total) de film de très bonnes qualité dont la plus part ont été récemment primé dans de prestigieux festivals dans le monde et sortent actuellement dans les salles en France.
On regrettera cependant le choix du palmarès bien en deçà, des attentes de beaucoup de spectateurs. Un choix qui reste au fond bien souvent subjectif et répond à des critères dont seuls les jurys en possèdent réellement les secrets. Il reste toutefois souverain. Rappelons toutefois que le festival a été placé sous le signe de la célébration du Cinquantenaire de l’Indépendance.*L’Expression-15.12.2012.

**deuxième édition du Festival international du film engagé-Alger

« Pensez à céder le flambeau aux jeunes! »

Pourquoi les réalisateurs de la nouvelle génération ne s’intéressent-ils pas aux films historiques? Manque de sérieux à leur égard ou/et d’intérêt de leur part à l’histoire de leur pays? Et quel film écrire?

Table ronde animée par les réalisateurs Mohamed Lakhdar Tati et Razika Mokrane

photo:Table ronde animée par les réalisateurs Mohamed Lakhdar Tati et Razika Mokrane

«Les jeunes cinéastes et leur vision de la Guerre de libération» est le thème d’une table ronde animée mercredi dernier au cercle Frantz Fanon dans le cadre de la deuxième édition du Festival du film engagé. Modéré par le réalisateur Salim Aggar, cette table ronde était assurée par les deux réalisateurs de documentaires Mohamed Lakhdar Tati et Razika Mokrane.
Pour le premier qui se dit travailler l’aspect dynamique de l’histoire, cela veut dire concrètement «l’aspect historique de l’Histoire qui l’intéresserait». Pour Salim Aggar, qui relèvera un «manque de prise de conscience chez les jeunes d’aujourd’hui envers leur histoire», il dira toutefois qu’il faut laisser aux jeunes cinéastes de faire leur propres films historiques avec leur visions des choses. «Il faut penser à céder le flambeau aux jeunes qui ont plus de recul et ne pas avoir peur de montrer un héros en train de pleurer ou qui a peur». Salim Aggar reconnaîtra aussi tout le talent de Jaâfar Gacem qui ne doit pas être cantonné seulement aux sitcoms et le laisser faire ses preuves.
Pour Razika Mokrane qui affirme avoir rencontré des ethnologues et autres historiens en France, l’important, selon elle, est que les Algériens fassent eux même ce travail de mémoire, «pour faire sortir notre histoire de l’oubli» car la France estime t-elle porte sur nous un regard encore teinté de colonialisme, arguant son point de vue par les attaques dont fait souvent le FLN en France. Pour Tati l’intérêt, souligne-t-il, à faire des documentaires réside dans son «engagement, à se réapproprier l’histoire en étant sincère dans son travail puis de revisiter selon sa subjectivité et la faire partager aux autre pour donner ensuite l’envie aux gens de s y intéresser». Et de renchérir: «J’ai envie d’aborder l’histoire en tant qu’objet cinéma car je ne me sens pas investi d’une mission pédagogique. Le travail de l’historien est important. Celui du réalisateur est un traitement sur l’histoire qui est tout autre. Mon travail n’est pas d’éduquer les enfantas à connaître leur histoire». Et de renchérir: «J’ai appris à être patient. Il faut du temps pour réécrire l’histoire et se la réapproprier. Il faut cette révolte quand on sent que ce qu’on nous a légué nous satisfait pas. On revient à cette quête personnelle. Toute la filmographie du monde ne peut remplacer le travail d’un historien. Moi je lève le voile sur un thème, sur un épisode..».
Pour Tati qui prépare actuellement un documentaire sur les néoglucogenèses entre le Gpra et la RDA, fera remarquer qu’il préfère «prendre l’histoire par petit bout. Avec ces détails et sentiments qui subliment la vie tels le sourire, la peur etc». Pour Razika Mokrane, travailler pour intéresser nos jeunes l’histoire à est un combat. Relevant qu’entre 1990 et 2008 très peu de films sur la Guerre d’Algérie ont été faits, Salim Aggar, qui avouera réviser à l’époque ses cours d’histoire sur les livres d’Yves Courrière, estimera qu’il est urgent de faire aujourd’hui d’abord des docs en faisant intervenir ces moujahidines avant qu’ils ne meurent, et ensuite passer à la fiction.
De son côté estimera, Razika Mokrane: «Si vous voyagez, on vous posera des questions sur votre histoire et la guerre de Libération. Si vous ne savez pas répondre, vous n’avez pas d’identité». Aussi, dire aux jeunes que «faire connaître votre histoire pour aimer votre pays ne relève pas de ses prérogatives en tant que cinéaste.» a déclaré Mohamed Lakhdar Tati en faisant remarquer: «Non les années 1990 n’ont pas occulté l’histoire de la guerre d’Algérie car il y a confusion entre mémoire et histoire».
Pourquoi donc les réalisateurs de la nouvelle génération ne s’intéressent t-il pas ou très peu aux films historiques?Manque de sérieux à leur égard ou/ et d’intérêt de leur part à l’histoire de leur pays? Et quel film écrire aujourd’hui? Surtout quand c’est l’histoire officielle qui prime….*L’Expression-15.12.2012.

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8 réponses à “Festival international du cinéma-Alger”

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