Cherchell, comme au bon vieux temps

*La ville de Cherchell, noctambule, s’est donné rendez-vous le soir du vendredi 20.08.2010., au cœur de la «Place romaine», une place publique centrale surplombant la mer et le port et qui est placée sur les contreforts de l’imposante falaise dominant la ville et la mer du haut du site historique appelé «fort turc », aujourd’hui réduit à devenir un parking de fortune. Ainsi, cette soirée «restera mémorable dans le souvenir des Cherchellois», comme l’a souligné Hadj Baghdad, un vénérable notable, patron de pêche de surcroît. Cette soirée a connu d’intenses préparatifs, tant de la part du comité des fêtes de la ville animé par le quatuor Saadi, Sari, Sid Ali Barça et Dahel dit «Grosbois», que de la part de M. Bahir, le directeur de la Bibliothèque communale. Ces préparatifs furent aussi dus à l’appréciable contribution de la troupe Errachidia de Cherchell, de Cheikh Aissou Cherchali et bien sûr de la Zorna locale.La télévision nationale Canal Algérie fut de la partie, en investissant de gros moyens pour ce gala très particulier au profit de la ville. Il est à noter que l’équipe de Canal Algérie dut rester trois jours durant, compte tenu du temps pluvieux, sachant que ce gala se déroula en plein air. Ainsi ce 10ème jour du Ramadhan fut donc marqué par une animation particulière, notamment du côté inspiration des organisateurs, à travers la mise en œuvre de quatre scènes, où on retrouve M. Bensalah, un archéologue de renom réputé grand connaisseur de l’histoire antique, attaché au musé de Cherchell. Ce dernier expliqua à l’auditoire que Cherchell fut d’abord un comptoir phénicien, pour ensuite devenir la capitale d’un immense royaume numide allant des confins du Constantinois jusqu’aux confins de Tlemcen.

Selon M. Bensalah, Cherchell capitale numide, appelée alors Iol Cesarea, avait pour roi Juba II, élevé par Cesar à Rome et qui fut marié à Cléopâtre Séléné, une transfuge égyptienne fille d’Antoine et de Cléopâtre Reine d’Egypte, elle-même élevée par cet empereur.

Le passionnant récit de M. Bensalah fit remonter le temps à l’assistance en évoquant l’avènement romain, arabe et turc. Un riche passé que M. Bensalah s’évertuait à retracer aux jeunes Cherchellois, intrigués et surpris de savoir que leur lignée et leur histoire furent prestigieuses et de se découvrir une origine proche des descendants de Massinissa.

Il est une heure du matin, la foule, telle des centurions romains dans une arène excitée et survoltée décidant de la mise à mort d’un malheureux gladiateur ayant perdu le combat, demandait plus afin que dure la fête. Ce fut la célèbre troupe de musique andalouse de Errachidia, qui vint brusquement rappeler aux Cherchellois les délices du «stikhbar», de «al maya», en entonnant la première nouba de la soirée et provoquant ainsi de stridents youyous qui enivrèrent ce public raffolant de mouachahates et de noubates qui le transporteront aux siècles fastes de l’Andalousie de Zyriab.

Au fond de l’immense scène située sur la «Place romaine», on peut distinguer une dizaine de femmes habillées en tenues anciennes traditionnelles, s’affairant autour d’une mariée, qui sera ensuite placée sur un cheval blanc pour la transporter vers la maison de son futur époux, cela dans le plus pur style du mariage dit de «Orf Sidi Maamar». Pour cela, la mariée devra observer scrupuleusement le rite, en recevant la dot symbolique de 20 centimes, rite spécifique à la région de Ténès.

Ce fut émouvant à voir, car chaque Cherchelloise se remémore le souvenir de son mariage et le cheval obligatoirement blanc qui ramène la dulcinée auprès de son époux. Il est presque 02 heures du matin, plus bas, dans un autre décor, six jeunes filles, toujours en tenue traditionnelle, s’affairaient autour de travaux domestiques en entonnant des chansons provenant du fin fond de leur histoire et de leur passé, charriant d’insoutenables narrations sur l’oppression, le malheur, le mépris et les sacrifices.

Toujours au fond de la scène et juchée sur un imposant piédestal, trône la célèbre «Mnara», un cierge géant symbole de bonne pêche de marins, de réussite et de richesse des gens de la mer. Ce fut Hadj Baghdad qui semble s’ériger en qualité de vénérable protecteur de la «Mnara», à travers le respect dû à son âge octogénaire. Sur le flanc droit de ce cierge, c’est M. Bensalah qui trône par sa fabuleuse érudition sur le passé de Cherchell. Cheikh Aissou Cherchali clôtura ce merveilleux gala en entonnant «Cherchell ya Cherchell» dans le plus pur style de Meskoud auteur de «Ya Dzair ya Assima».

Il est à noter la présence de la riche collection de tableaux picturaux de l’omniprésent artiste peintre Bekhti sous les regards satisfaits et bienheureux des visiteurs dont le maire M. Berouan et les chefs des daïras de Cherchell et de Sidi Amar. (Quotidien d’Oran-23.08.2010.)
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21 réponses à “Cherchell, comme au bon vieux temps”

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