Cinéma-théâtre

Cinéma-théâtre dans actualité

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Algérie- La production théâtrale est prolifique

Affirmation – Le concours du Kaki d’or permet, à lui seul, de recueillir en moyenne 70 textes nouveaux.
Qu’en est-il de la production textuelle dans le théâtre en Algérie ‘
Les professionnels s’accordent à affirmer que celle-ci ne souffre d’aucune crise. Initié par le commissariat du Festival national de théâtre amateur de Mostaganem, le concours du Kaki d’or qui récompense les meilleurs auteurs en est une preuve incontestée aux différentes allégations attestant sur un ton péremptoire le contraire.
Ce dernier permet, à lui seul, de recueillir en moyenne 70 textes nouveaux. C’est dire que les auteurs existent. Il suffit juste de leur offrir la possibilité d’émerger et de s’épanouir dans leur travail de création.
Notons à ce propos que la commission du festival dispose, à la faveur des éditions précédentes du prix Kaki d’or, de près de 240 textes théâtraux traitant de diverses questions sociales, culturelles et autres. La direction du festival a même recueilli des textes en langue amazighe. Ces textes émanent notamment d’associations ou de troupes amateurs.
Ce concours annuellement organisé par le festival vise à ouvrir de nouvelles perspectives aux amateurs et professionnels en écriture théâtrale et à découvrir de nouveaux talents en dramaturgie. Puisqu’il constitue une occasion pour les participants de mettre en exergue leurs talents dans l’écriture théâtrale permettant ainsi le développement de l’art dramatique. Et c’est la raison pour laquelle, le Festival de théâtre amateur appelle les directeurs des théâtres et les troupes intéressées par le 4e art à se rapprocher du commissariat du festival pour choisir les textes afin de les produire
La problématique de la pratique théâtrale en Algérie ne réside donc pas dans l’écriture, mais dans les métiers connexes, c’est-à-dire la pratique en elle-même.
«S’il y a des insuffisances dans le théâtre, elles résident plutôt dans les métiers connexes où il y a certes un déficit en mise en scène, en scénographie, en interprétation…», dira Djamel Bensaber, homme de théâtre.
Et c’est pour cette raison que ce dernier préconise «la consolidation de la formation dans les segments considérés».
D’où d’ailleurs la nécessité, selon lui, de créer de nouvelles structures favorisant une meilleure formation, efficace, rentable et permanente. «Il y a aussi l’échange entre des troupes locales et étrangères», souligne-t-il, et d’ajouter : «Cela favorisera et stimulera la création et l’inscrira dans une dynamique novatrice et originale.»
Notons aussi que les professionnels du théâtre préconisent également «l’introduction du théâtre dans les écoles, à savoir initier le enfants à l’art des planches».
- Le concours du Kaki d’or porte le nom du dramaturge Ould Abderrahmane Kaki qui a ‘uvré pour enraciner le théâtre dans le patrimoine oral algérien, en fondant la troupe Garagouz en 1958. Il a adopté un nouveau style, différent de ceux appliqués à l’époque par les troupes françaises et en intégrant dans le théâtre la réalité culturelle et sociale qui traduit l’authenticité et les racines de la société algérienne. Parmi ses plus célèbres oeuvres : ’132 ans’, ‘Diwan el Garagouz’, ‘El-guerrab oua es-salihine’, ‘Chaâb ellil’, ‘Beni kelboun’, ‘Koul ouahed oua hekmou’.Né en 1934 à Mostaganem, Ould Abderrahmane Kaki s’est distingué dans plusieurs capitales arabes et européennes en décrochant plusieurs sacres, notamment la médaille d’or au Caire à la fin des années 80. Il est décédé le 14 février 1995 laissant un riche répertoire et une touche singulière au 4e art que veillent à perpétuer les jeunes créateurs artistiques.*.infosoir-06.09.2012.

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Scène du film Le Puits avec la comédienne Nadia Kaci

* le film algérien Le Puits de Lotfi Bouchouchi emballent les Oranais

Le Festival international d’Oran du film arabe a d’ores et déjà atteint son rythme de croisière, néanmoins avec une certaine baisse de fréquentation du public.

****Est-ce dû à la saison estivale qui pousserait plutôt les gens à aller à la plage? Côté programmation le Fiofa qui entend faire comme les autres festivals, autrement dit la démultiplication des projections, connaît ses limites quant à communiquer sur les points de presse qui se font de façon quasi spontanée et durant les projections-même. Pour notre part, notre choix a été vite fait: regarder des films! Côté longs métrages, lundi dernier c’est le film algérien Le Puits de Lotfi Bouchouchi qui aura gagné haut la main l’adhésion du public. Ce dernier, comme à Cannes, a accueilli la fin de sa mission par des salves d’applaudissements nourris et des youyous.
Désarmé face à un trop plein d’émotion, le réalisateur n’a pu s’empêcher de pleurer de joie, mais aussi de révolte car ce n’est que maintenant qu’il a été sélectionné pour la première fois dans un festival national, ajoutant que son cadeau et sa récompense sont venus lors de cette journée avec l’engouement du public.
Pour rappel, Le Puits met en scène des femmes et des enfants qui, dans un village du Sud algérien, se retrouvent assiégés par des soldats et ne peuvent sortir au risque de se faire tuer. Petit à petit, ces villageois sont confrontés à la soif. Au point où bientôt se pose pour eux le dilemme de choisir leur mort…Un film qui a su séduire et capter l’attention du public. Dans un autre registre abordant pourtant la même thématique, à savoir résister contre la mort, se décline le film du réalisateur syrien Joud Said, un habitué du festival. C’est en son absence que le film sera projeté accompagné d’un message du scénariste, qui sera lu devant l’assistance de la salle Maghreb. Celle-ci soulignera le désir du réalisateur de continuer à faire du cinéma coûte que coûte, un moyen pour dire la vie avant tout. Dans son film intitulé en arabe En attendant l’automne et en français En attendant la chute, l’histoire est celle d’une femme qui découvre que l’officier de l’Armée arabe syrienne qu’elle aime est devenu dissident.
L’officier est lui-même étonné par sa propre dissidence annoncée sur les réseaux sociaux. C’est également l’histoire d’une équipe de volley-ball féminine qui s’attache à la vie au milieu de la guerre et de la destruction. C’est aussi l’histoire d’un réalisateur désabusé qui refuse de quitter le pays malgré les conseils incessants de sa femme et qui finit par être kidnappé et tué à la fin….Dans tout ça, Joud Saïd distille de la poésie dans l’image et transmet son message propre à l’humanité. Dénonçant la manipulation de l’opinion publique qui se fait sur les réseaux sociaux, Facebook, le réalisateur connu pour ses positions politiques pro Bachar El Assad reconnaît volontiers le mensonge qui prévaut dans sa société, mais choisit d’emblée à la place de la guerre, la vie en paix. Dans cette comédie noire, où les dialogues sont souvent moralisateurs ou emphatiques, le réalisateur qui a boycotté pas mal de festivals il y a quelques années, assume dans son film un discours clair et limpide dicté par l’amour de la patrie avant tout. Aussi, passe-t-il par le démonstratif en tuant des personnages et en nous montrant le sang.
Des personnes qu’il fera ressusciter au final. Seule note de trop qui témoigne paradoxalement de l’horreur des guerres qui déciment, mais ne réveillent pas le mort. Il n’est pas trop tard donc pour bien faire semble-t-il sous-entendre a fortiori avec un pareil titre qui invite à l’attente de la chute de l’effervescence du printemps arabe et goûter à l’automne. C’est ce qui se passe pourtant aujourd’hui dans le monde.
Une vision philosophique à méditer, déclinée cependant sur un ton qui frise la couleur propagandiste. Si ce n’est le profil du photographe/réalisateur, véritable miroir cynique de Joud Saïd (qui a un petit rôle dans le film) qui nous pousse à repenser les choses avec sagesse et une certaine remise en question.
Enfin, laissons le meilleur pour la fin, le film libanais Kteer kbeer de Mir-Jean Bou Chayaa a clôturé la journée dans la section long métrage en compétition.
Un film fort, ayant emporté le Grand Prix cette année au festival de Marrakech.
Un film qui dénonce pour sa part la manipulation de la violence et partant de là, des masses par des subterfuges bien singuliers réalisés habilement et avec intelligence.
Jad est sur le point d’être libéré après avoir été emprisonné à la place de son frère, Ziad, un trafiquant de drogue. Ziad qui veut changer de vie est rattrapé une nouvelle fois par le crime.
Un jour il apprend qu’on peut faire passer la drogue dans les boîtes de bobines de films. Aussi, il décidera de produire un film et pour contourner l’attention sur lui il fera croire qu’il est menacé à cause du caractère engagé de son histoire et n’ayant pas froid aux yeux il finira par s’engager politiquement.
Drôle et touffu, Kteer kbeer aborde les nombreux travers de la société libanaise entre trafic, corruption, religion, intolérance, violence et désordre existentiel. Crevant l’écran, l’acteur principal Alain Saadah est souvent filmé en gros plan, nous laissant presque entrevoir ses pulsions intérieures et ses silences colériques. Intéressant d’un point de vue scénaristique, même s’il peine à prendre son envol au début, Kteer kbeer finit par happer la curiosité du spectateur qui tend à en demander plus tant le film semble insatiable en rebondissements et prêt à aller jusqu’au bout de èses promesses, et ce, malgré ses longueurs. Et c’est cela son génie. *Envoyée spéciale de l’Expression à Oran O. HIND - Mercredi 27 Juillet 2016

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Ambiance estivale nocturne à Oran

Humoristes et chanteurs se relaient chez Mani la Pêcherie

*Tous les soirs depuis le 20 juillet 2016, humoristes et chanteurs, et pas des moindres, se relaient chez Mani la Pêcherie.

Ambiance assurée sur ce vaste espace faisant office de restaurant et jouxtant le port de pêche d’Oran. Il est fréquenté par des familles entières, car même les enfants ont leur espace réservé avec des jeux et des installations de loisirs. Sur la scène aménagée à l’occasion, le trio Bila Houdoud (BH) s’y produit régulièrement et des chanteurs de la trempe de Houari Benchenet ou Houria Baba répondent parfois à l’appel.

Cette ambiance festive ne manque également pas de surprises, car le propriétaire des lieux reste aux petits soins avec ses clients qui viennent d’Oran, mais aussi d’ailleurs, notamment de l’étranger, c’est-à-dire des pays où est installée la communauté émigrée, telle la France qu’on désigne souvent par les villes (Paris, Lyon, Marseille, etc., tellement le nombre y est important ) et parfois d’Allemagne, d’Espagne ou de Belgique. Ce soir-là, une grand-mère, cumulant des dizaines d’années d’âge, a été traitée comme une reine, car elle célébrait son anniversaire.

Le célèbre humoriste animateur, Houari Ftita, donne la réplique à Slimane Mokhtari, à Hadja Touha (humoriste déguisée en vieille dame) ou à l’imitateur Omar Bencherab, au grand bonheur des «convives» qui en redemandaient.

On peut très bien ne pas s’étonner de voir surgir sur la scène Chafi Kada, président de l’association La Radieuse du quartier Maraval, en compagnie de Mustapha BH, mais c’est le maillot de l’équipe nationale de football portant les signatures des joueurs qui a représenté l’attraction des plus jeunes qui voulaient se prendre en photo avec. Les spectacles ne sont pas compris dans les prix des repas, car ils sont offerts gracieusement, tient-on à préciser.

Comment cela est-il possible dans un lieu privé et quel en est le secret ? Le hasard fait bien les choses et cette histoire mérite d’être racontée. Mouna Mohamed n’avait que 17 ans vers 1997/1998 lorsqu’il a commencé à travailler dans ce restaurant de la Pêcherie, d’abord comme plongeur (juste auparavant il avait la tâche de couper le pain), puis comme cuisinier, lorsqu’il a appris les rudiments du métier. Très vite, il prend la gérance, mais il décide, à peine une année plus tard, de quitter la restauration et de se lancer dans le commerce des cosmétiques à Aïn El Türck, après avoir vendu sa voiture. «J’ai fait faillite et c’est l’échec qui m’a poussé à revenir à la restauration, mais cette fois pour de bon», indique-t-il, en précisant qu’il fallait néanmoins repartir à zéro.

Simple employé, il ne touchait pas un bon salaire, mais sa détermination était à la hauteur de ses ambitions, car il a fini par reprendre la gérance et, au bout de 5 à 6 ans d’activité, il a loué le commerce sur proposition du propriétaire. Bosseur et sérieux dans le travail, il a décidé d’acheter lorsque l’occasion s’est présentée. «Il y avait quatre restaurants dans cet endroit et j’en ai acquis trois, le dernier il y a à peine 3 mois». Jusque-là rien d’extraordinaire, mais c’est après avoir croisé la route de Houari et Slimane Mokhtari, qui étaient en plein tournage, que la vie de Mouna Mohamed a basculé. Les réalisateurs de films vidéo qui sont légion à Oran ont l’habitude de solliciter des sponsors en se rendant dans divers commerces (pâtisseries, boulangeries, boucheries, etc.,) en proposant comme contrepartie une apparition parfois ostensible dans leurs films.

C’est ce qui s’est passé à la Pêcherie, où le jeune Mohamed Mouna se voit offrir l’occasion de montrer ses talents d’«acteur» dans le film intitulé Ana oua mma. «J’ai joué un rôle et le but c’était la publicité, mais ma prestation leur a tellement plu qu’ils m’ont proposé d’ajouter des scènes», explique-t-il, et c’est ainsi que de fil en aiguille, même Mustapha BH, la vedette incontestée de ce genre de cinéma, vient le solliciter également. Bref, il entre dans le milieu artistique, ceci expliquant cela. «J’ai une grande amitié avec les artistes et lorsque l’idée nous est venue d’animer nos soirées, aucun d’eux n’a hésité et je les remercie», indique-t-il reconnaissant. Pour fêter l’ouverture du troisième restaurant annexé aux deux anciens, Mani a pensé à inviter les locataires de Dar Al Adjaza à qui il a offert un agréable après-midi.

Peu à peu, l’organisation s’est affinée à tel point que, au-delà de la date du 2 septembre, marquant la fin de l’été et des animations chaque soir, il va faire appel à un professionnel pour aménager une scène dans les normes pour continuer à faire produire les artistes (notamment les jeunes chez qui on a décelé des dons particuliers) tout le long de l’année, mais avec une fréquence hebdomadaire. «Au départ, les clients croyaient que les spectacles étaient payants, mais ça n’a jamais été le cas, car pour moi l’argent ce n’est pas tout dans ma vie, et pour preuve, c’est incroyable le nombre de ‘‘daâwi lkhir’’ (bénédictions) qu’on a reçues ici». Des initiatives à peu près similaires ont été prises dans des lieux beaucoup plus restreints (pizzerias) mais elles n’ont pas tenu longtemps. Etant propriétaire des lieux et entreprenant, l’affaire Mani, pour laquelle un trophée va être institué, a toutes les chances de se pérenniser, car on se projette dans l’avenir en pensant déjà à l’affluence des touristes étrangers attendus pour les Jeux méditerranéens 2021.*Djamel Benachour/ el watan / lundi 15 aoùt 2016

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***Farouk El Fishawi acteur égyptien
«Je suis contre les films sur la révolution»
Lors d’un point de presse animé à l’hôtel Royal, à Oran, le célèbre acteur égyptien parlera de son pays avec franchise et sans langue de bois, affirmant être contre le pouvoir de l’armée, même s’il respecte Sissi. «Il est temps qu’on ait un président civil» argue-t-il et d’avouer qu’il était militant pour le parti nassérien.
A propos du retour en force de Adel Imam à travers de nombreuses séries télés qui marchent, l’acteur fera remarquer, excédé que l’Egypte est plus grande que Adel Imam et ses millions. Dans un autre registre Farouk El Fisahwi dira être contre le hidjab et le voilement des comédiennes. Il avouera par ailleurs qu’il rêve d’incarner au cinéma le rôle du pape car il était pour la cause palestinienne. L’acteur égyptien dira encore être contre les films qui se font sur la révolution car ils sont fabriqués dans l’urgence et la révolution n’est pas encore finie. A l’exception du film Nawara de Hala Khalil, qu’il dira avoir aimé, car il laisse une fin ouverte.

**Lotfi Bouchouchi a eu les larmes aux yeux devant le public de la salle Maghreb à Oran.

Youyous et applaudissements à la salle Maghreb

Le public a réservé un accueil particulier au film Le Puits,  en compétition au Festival international du film arabe d’Oran. Debout, les spectateurs de la salle Maghreb ont applaudi le long métrage de Lotfi Bouchouchi, déjà primé par plusieurs festivals à l’étranger, notamment au Maroc, en Tunisie, en Egypte et à Oman.

Des youyous accompagnaient la standing ovation. «J’ai constaté dans plusieurs projections que le public réagissait surtout à la fin du film. Mais, cette fois-ci, à Oran, la réaction du public était différente, particulière. Je ne m’attendais pas qu’elle atteigne une telle force. Je n’ai pas pu retenir mes larmes. Je me dis que j’ai déjà eu mon prix», a déclaré Lotfi Bouchouchi, la voix nouée par l’émotion, après la projection.

Il a précisé que Le Puits est programmé pour la première fois dans un festival en Algérie. Lotfi Bouchouchi a confié que le film, malgré son succès auprès de la critique et dans les festivals, n’est pas encore distribué à l’international. «Je me déplace seul pour lui faire de la promotion, alors que ce n’est pas mon travail. Parfois, je ne sais pas comment faire. Il n’y a pas d’accompagnement du film. Une projection spéciale est prévue en France.

Le film a été visionné au Festival de Bruxelle en Belgique», a-t-il déclaré, avant d’ajouter : «Les Français, les Européens en général, ne veulent pas voir dans le cinéma des choses qui leur renvoient leur image d’anciens colonisateurs. Le puits a été salué dans plusieurs pays du Sud, en Afrique, dans le Monde arabe, mais ne peut pas plaire aux Européens. Quand je dis cela, je ne règle aucun compte.

Nous avons commis des erreurs. Aux Européens de reconnaître les leurs.» Lotfi Bouchouchi prépare un nouveau film qui ira dans  le sens de cette réflexion. Le cinéaste souhaite prendre la distance qu’il faut par rapport aux événements et à l’Histoire. Le Puits raconte le drame d’un village du Sud algérien encerclé par des soldats français à l’époque de la Guerre de Libération nationale. Les habitants étaient interdits de sortie du village pour s’apprivisionner en eau. L’eau du puits était devenu impropre à la consommation.

Soumis à la soif et à la peur, les villageois, des femmes et des enfants surtout, devaient trouver un moyen pour résister, tenter de déverouiller le siège et éviter la mort. «Les thématiques liées à l’Histoire ne doivent pas être traitées d’une manière didactique dans le cinéma. Il faut à tout prix éviter les discours directs. L’essentiel est dans l’émotion, dans la réaction du spectateur. On ne doit pas limiter l’imagination. Il reste toujours difficile de filmer les choses les plus simples», a-t-il noté. Lotfi Bouchouchi a confié qu’il avait pris le soin de varier les dialectes et les costumes dans le film Le Puits. «C’est une manière de dire que l’héroïsme est partagé par toute l’Algérie.

Cette histoire pouvait se dérouler dans n’importe quel point du pays. La soif ne peut être ressentie fortement que dans un paysage desertique. D’où le choix du Sahara», a-t-il relevé. Le huis clos ouvert, le scénario, l’allure de la tragédie grecque, les silences, les décors naturels et les dialogues ont été salués par la critique. «A mon avis, beaucoup de choses peuvent être dites dans un même endroit. Cela peut ressembler au théâtre», a soutenu Lotfi Bouchouchi. *Fayçal Métaoui / el watan /  Mercredi 27 Juillet 2016 

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*9e Festival international d’Oran du film arabe (FIOFA)

Le film égyptien Nawara décroche le grand prix

Le film égyptien Nawara décroche le grand prix

Le 9e Festival international d’Oran du film arabe s’est clôturé par des hommages rendus au cinéaste égyptien Mohamed Khan décédé mardi, au réalisateur syrien Eyman Zidane et à l’Algérien Merzak Allouache.

Le cinéma égyptien est sorti grand gagnant de la 9e édition du Festival international d’Oran du film arabe (FIOFA), clôturée mercerdi soir 27 juillet 2016 au théâtre de plein air Hasni Chekroun à El Bahia.

Le long métrage égyptien Nawara de Halla Khalil a décroché le Wihr d’or, grand prix du festival. Ce film revient, à travers un angle différent, sur la Révolution du 25 janvier 2011 qui a mis fin à plus de 20 ans de règne de Hosni Moubarak et de sa famille. Le film suggère que cette Révolution est inachevée et que les couches les plus démunies ont perdu la bataille de la justice sociale, au moins temporairement. «Je ne m’attendais pas à ce prix, ici à Oran.

Depuis la première écriture, le film Nawara avait une place particulière dans mon coeur. J’aurais voulu que Mohamed Khan soit parmi nous en ce moment particulier. Je ne vais jamais oublier tout ce qui nous a appris. Je garderais toujours à l’esprit que Mohamed Khan nous a enseigné l’amour du cinéma et l’amour de la vie», a souligné Halla Khalil. Brahim Seddiki, commissaire du festival, a, au début de la cérémonie, rendu un hommage particulier au cinéaste égyptien Mohamed Khan, décédé le 26 juillet à l’âge de 74 ans. Une minute de silence a été observée par les présents à la mémoire du défunt. Mohamed Khan était l’un des fondateurs de l’école du réalisme dans le cinéma égyptien, née à la fin des années 1970.

Il avait réalisé notamment Kharaja wa lam yaoud (Sorti sans retour, 1984), Mechouar Omar (Le parcours de Omar, 1985), Zaoujat rajoul mouhim (Femme d’un homme important, 1988) et Faris al madina (Le cavalier de la ville, 1991). Manaa Shalaby, qui n’a pas pu faire le déplacement à Oran, a décroché le prix de la meilleure actrice pour son rôle dans le film Nawara. Le prix du meilleur acteur est revenu au Libanais Alain Saadeh pour son rôle dans le long métrage Kteer Kbir (Very big shot) de MirJean Abou Chayâa.

Un film d’une saisisante fraîcheur qui évoque tous les travers de la société libanaise — et arabe par extension — dans une forme qui se rapproche de la comédie noire. Le drame social marocain A mile in my shoes de Said Khallaf a obtenu le prix spécial du jury. Le film raconte l’histoire d’un enfant qui se venge de la société, à l’âge adulte, après avoir grandi dans la rue et subi toutes les formes de violence, d’agression et de mépris. «Je suis honoré par ce prix attribué par un festival qui a sa place dans le Monde arabe et en Afrique. C’est la treizième distinction. C’est donc une nouvelle responsabilité pour moi en tant que cinéaste. Je dois maintenir le même niveau dans mes prochains travaux», a déclaré Said Khallaf. Le secret de la réussite dépend, selon lui, de la capacité du cinéaste à croire au sujet qu’il aborde dans ses films.

Le prix du meilleur scénario a été attribué au Syrien Said Joud pour le film En attendant l’automne (qu’il a lui-même réalisé) sur les drames de la Syrie, prise dans l’engrenage de la guerre et des manipulations. L’Algérien Lotfi Bouchouchi a obtenu le prix du meilleur réalisateur pour son long métrage de fiction Le Puits. «Ce prix m’oblige à m’engager à mettre mon film à la disposition des Algériens là où c’est possible. Il nous faut absolument une volonté politique pour relancer le cinéma, avoir des salles, des producteurs, des distributeurs, une remontée de la recette, une réglementation», a plaidé Lotfi Bouchouchi dans une lettre adressée au festival, lue à sa place par une comédienne du film Le Puits.

Le cinéma et la guerre

La mention spéciale du jury est revenue au Silence du berger de l’Irakien Raad Mechat. «On m’a posé la question : le cinéma peut-il affronter le sang, la mort et la guerre ? Le cinéma fait partie de la prise de conscience et de la connaissance. Le cinéma est une force, une énergie pour affronter les monstres d’aujourd’hui. Nous connaissons des boucheries quotidiennes en Irak et en Syrie. Nos pays, qui ont des racines qui remontent loin dans le temps, vont repousser cette mort quotidienne et ce terrorisme», a déclaré Raad Mechatet, saluant les actes actuels de résistance des cinéastes arabes. Le Silence du berger évoque les crimes du régime de Saddam Hussein (les fameux charniers du sud de l’Irak) à travers le regard d’un berger. Des crimes couverts de silence.

«Nous avons eu une grande discussion sur les films sélectionnés. Le palmarès réflète ce que nous avons ressenti par rapport aux sujets abordés par ces longs métrages, surtout dans leurs relations avec la réalité difficile que vivent certains pays arabes actuellement. Nous avons pris en compte la manière avec laquelle cette situation était exprimée et le langage cinématographique utilisé. Nawara est une vision de la réalité égyptienne avant et après la Révolution de 2011.

Le film a exprimé une fidelité totale à cette Révolution», nous a déclaré Mohamed Malas, président du jury longs métrages. Le court métrage Chaud et sec en été de l’Egyptien Cherif Al Bandary a été consacré par le Wihr d’or par le jury présidé par l’Algérien Rachid Benallal. «Les gens ne me connaissaient pas, n’avaient aucune idée sur mon film. Mais ils sont venus dans la salle, ils ont aimé et applaudi le court métrage. L’accueil du public m’a beaucoup touché», a relevé Cherif Al Bandary, qui en est à sa troisième participation au festival d’Oran et qui prépare son premier long métrage.

Le prix spécial du jury est revenu à Kindil el bahr de Damien Ounouri, projeté à Oran en avant-première algérienne. «Il y a beaucoup de jeunes cinéastes prometteurs. Je souhaite qu’il ait plus de transparence et de communication au ministère de la Culture pour qu’on continue tous ensemble à faire jaillir le cinéma algérien», a souhaité Damien Ounouri, appelant à faire du cinéma algérien «à hauteur de notre imaginaire». Le jury a accordé une mention spéciale au  court métrage Ghasra de Jamil Najjar. Dans ce film, Jamil Najjar se moque à sa manière,  dans un condensé d’humour, de la situation politique et sociale actuelle en Tunisie.

Merzak Allouache honoré

Hassen Ferhani a obtenu le Wihr d’or pour son documentaire Fi Rassi rond-point. Prenant la parole, il a remercié les travailleurs des Abattoirs d’Alger pour leur aide lors de la réalisation du documentaire. Le jury documentaire présidé par le Tunisien Mourad Bencheikh a souhaité qu’à l’avenir, le comité d’organisation du Festival d’Oran prenne en compte les caractéristiques cinématographiques dans la sélection des documentaires et veille à mieux programmer les projections.

Le prix spécial du jury est revenu à l’Egyptien Mahmoud Sleemane pour Nous ne serons jamais des enfants. «Je dédie ce prix aux peuples arabes qui aspirent à la liberté et à la culture», a déclaré le jeune réalisateur. Le cinéaste algérien Merzak Allouache a été honoré par le festival à l›occasion des quarante ans de Omar Gatlato. Un autre hommage a été rendu au réalisateur et producteur syrien Eyman Zidane. «Ici à Oran, Damas était dans mon cœur.

J’ai vu Damas dans les yeux des habitants d’Oran, les miens. Damas regarde la lumière dans la perspective de la grande victoire», a déclaré Eyman Zidane. Brahim Seddiki, qui a salué la forte présence du public oranais dans les projections, lui a donné rendez-vous en juillet 2017, pour la dixième édition du festival : «Le festival a le droit de fêter ses dix ans. Nous ferons un retrospective de tout ce qui a été fait. Nous allons faire en sorte que le prochain festival soit présent dans tout l’Ouest algérien.

La qualité et la nouveauté seront les caractéristiques pour le choix ds films. Et nous allons faire en sorte que les plus grandes stars du cinéma arabe soient présentes. Nous sommes ouverts à toutes les propositions, écoutons les observations et acceptons les critiques.»

Palmarès :

Longs métrages

1- Wihr d’or (grand prix) : Nawara de Halla Khalil (Egypte)
2- Prix spécial du jury : A mile in my shoes de Said Khallaf (Maroc)
3- Prix du meilleur scénario : Joud Said pour «En attendant l’automne» (Syrie)
4 – Prix du meilleur réalisateur : Lotfi Bouchouchi pour Le Puits (Algérie)
5 – Prix de la meilleure actrice : Manaa Shalaby pour son rôle dans Nawara (Egypte)
6 – Prix du meilleur acteur : Alain Saadeh pour son rôle dans Kteer Kbir (Liban)
7 – Mention spéciale du jury : Le Silence du berger de Raad Mechatet
Courts métrages
1 – Wihdr d’or, grand prix : Chaud et sec en été de Chérif El Bandary (Egypte)
2 – Prix spécial du jury : Kindil el bahr de Damien Ounouri (Algérie)
3 – Mention spéciale du jury pour Ghasra de Jamil Najjar (Tunisie)

Documentaires

1 – Wihr d’or, grand prix : Fi rassi rond-point de Hassen Ferhani (Algérie)
2 – Prix spécial du jury : Nous ne serons jamais des enfants de Mahmoud Sleemane (Egypte)

**Fayçal Métaoui / el watan / jeudi 28 juillet 2016

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Avant première arabe du film syrien « Faniya Oua Tatabadad »à Oran

Najdat Anzour fait le procès de Daesh

**Les crimes de Daesh commencent à s’imposer au cinéma arabe comme une thématique contemporaine compliquée.

Faniya oua tatabadad » (décadente et se dissipe) est le premier film arabe qui s’attaque ouvertement à l’organisation de l’Etat islamique (Daesh). Réalisé par le syrien Najdat Anzour d’après un scénario de Diala Kamelddine, le long métrage a été projeté, mardi soir à la salle Maghreb à Oran, en avant première arabe à la faveur du 9ème Festival international du film arabe d’Oran.

« Faniya oua tatabada » se veut une réponse à une phrase reccurente du discours Daeshien : «  Baqia oua tatamadad » (Elle est éternelle et expansive). Même l’affiche du film est une réplique de la « revue » de Daesh, « Dabiq » (du nom d’une localité syrienne).

Largement inspiré des faits d’actualité, le long métrage raconte le drame d’un village syrien attaqué par les fidèles de l’étendard noir. Dès le début, le cinéaste montre le caractère barbare des assaillants : les femmes deviennent captives sexuelles, l’enseignant de l’école, un militant de gauche, est pendu, et les habitants soumis à une terreur quotidienne et évolutive. Un immense feu est allumé pour brûler tous les livres. Il est connu que Daesh détruit les livres et les écoles, là où ses hommes passent. Dans certaines régions d’Irak et de Syrie, l’enseignement des maths, de la philosophie et de la chimie a été interdit. Les « suiveurs » d’El Baghdadi ont imposé de « nouveaux » textes, considérant les autres livres comme hérétiques.

Nidal, le maître d’école, est exécuté pour avoir tenté de résister à la logique criminelle d’un Emir impitoyable (Faiz Kuzak). Thouraya (Rana Chamis), qui enseigne la langue arabe et qui est en contacte avec son fils, soldat, refuse, elle aussi, l’ordre établi et se base sur sa parfaite connaissance de l’islam modéré. Elle est persécutée par l’Emir qui s’intéresse à sa petite fille Nour attirée par…ses jambes. Thouraya, qui tient tête à l’Emir vicieux, va subir sa terreur. Dans les sous sol, les femmes sont torturées, soumises au viol collectif, livrées à la violence d’une gardienne impitoyable qui apparaît comme une frustrée sexuelle. Les choses basculent lors que l’un des lieutenants découvre que l’Emir mène un faux combat et que le Chef, qui aspire à instaurer « la loi divine », n’est qu’un vicieux, un roublard et manipulateur. Le film narre l’histoire d’une manière linéaire avec des camps bien définis entre victime et bourreaux.

Le front Nousrah, autre groupe terroriste, est curieusement traité comme « un allié positif » de l’armée régulière syrienne. Le cinéaste a choisi une forme frontale pour aborder la thématique de Daesh. Il ne lui accorde aucune concession, décortique son discours avec le risque de reprendre sa sinistre littérature. « Il fallait confronter les deux thèses. Nous avions voulu montrer comment nous comprenons l’islam en Syrie. Jamais nous n’avons demandé par le passé quelle est la confession de l’un ou de l’autre.

Dans le film, nous avons mis en avant l’idée que la religion peut être utilisée comme une arme à double tranchant. Daesh prend les textes religieux et leur donne une interprétation qu’elle veut. Aussi, le texte disparaît-il, remplacé par l’interprétation. Un idéologue de Daesh considère même le terrorisme comme un devoir religieux ! », a souligné Diala Kamelddine, lors du débat après la projection. La scénariste a précisé qu’il fallait à tous prix éviter de reproduire la propagande de Daesh en ne pas montrant les images de tueries et des exactions.

D’où le caractère sonore du long métrage. Les dialogues, parfois longs et détaillés, prennent une importance dans un film clairement orienté vers la destruction de la thèse « idéologique » de Daesh. La discussion entre Thouraya, obligée d’écrire un testament, et un candidat à un attentat suicide résume la philosophie du film. Le jeune kamikaz est un allemand insensible à la mort de civils, femmes et enfants. Pour lui, un imam a rendu « licite » la mort d’innocents dans les endroits publics (le choix du personnage allemand n’est pas fait par hasard, vous l’aurez compris). « Nous avons pris beaucoup de temps pour écrire le scénario.

Le film a été produit en 2015. A cette date, Daesh avait déjà pris de l’ampleur grâce aux financements reçus de partout. Il est impossible de raconter l’histoire de cette organisation dans un ou deux films. Mais, il est important de commencer de réfléchir sur la manière de détruire cette organisation fragile de l’intérieure et de dévoiler aux jeunes la vérité de « la religion » défendue par Daesh.

Pour Daesh, la mort n’est qu’un début », a analysé la scénariste. Pour elle, les chefs de Daesh ne cherchent que trois choses : le pouvoir, l’argent et le sexe. « Ils sont les pirates du sable. Ils prennent tout ce qu’ils trouvent là où ils débarquent. Dès qu’ils auront tout pris, ils changent d’endroit. Ils vont quitter la Syrie et l’Irak, mais quelle sera leur prochaine destination?On ne le sait pas. Daesh, comme El Qaida, ne disparaît pas avec la mort des chefs », a appuyé Diala Kamelddine. Comme tous les films syriens produits ces dernières années, l’armée régulière est bien présente. Le beau rôle, celui du sauveur, lui est accordé.

Un acte artistique assumé par Najdat Anzour connu par ses positions favorables à Bashar Al Assad. « Faniya oua tatabadad » a été projeté dans plusieurs régions de Syrie, mais n’a pas été programmé dans les festivals arabes. Najdat Anzou a été la cible d’une fetwa après avoir critiqué le dynastie Wahabite dans le film « Le roi des sables ». Connu pour ses travaux pour la télévision, il a réalisé deux feuilleton contre le radicalisme religieux : «Al hur al ayn» et « Al Mariqoun ».*Fayçal Métaoui / el watan / jeudi 28 juillet 2016

**Le film marocain «A mile in my shoes» projeté à Oran

Quand la société passe au banc des accusés

Anglophone, le cinéaste marocain Said Khallaf a choisi un titre en anglais pour son premier long métrage, « A Mile in my shoes » (un mile dans mes chaussures), projeté mardi soir à la salle El Maghreb, à l’occasion du 9ème Festival international du film arabe d’Oran. Le réalisateur s’est inspiré d’une ancienne parole sage anglaise : « si tu veux connaître ma douleur, marche un mile avec mes chaussures ». Saïd (Amine Ennaji) a vécu dans la rue.

Martyrisé par le second époux de sa mère, il fuit après avoir commis l’irréparable, erre dans la rue, se lie d’amitié avec Mostafa qui va lui faire connaissance avec Nemroud, un chef de bande qui soumet les membres de sa troupe à toutes les formes de maltraitance y compris le viol. De fil en aiguille et d’un drame à un autre, la vie de Said se transforme en un véritable enfer dans une ville déshumanisée, froide et indifférente. A l’âge adulte, Saïd va reproduire la violence qu’il a subie : agresse, va en prison, vole, martyrise un membre de sa bande, impose ses règles dans son quartier…Il se venge à sa manière, lui, l’enfant qui n’a jamais eu de jouet. «Je suis le fruit de votre éducation», lance-t-il à l’adresse d’une chercheuse qui lui fait une interview. La structure du film est construite à partir de ce dialogue. Said Khallaf regarde la caméra en face, pour raconter sa vie ou plutôt sa sinistre existence, et pour interpeller la société.

Au fil des images, des flash back, le procès de cette société est fait, d’une manière tout aussi impitoyable. Le cinéaste a voulu se rattraper avec un happy end qui peut soulager le spectateur pris d’émotion mais qui dénature quelque peu le récit noir du long métrage. Said Khallaf a eu recours au théâtre dans le cinéma pour illustrer le malheur de Said dans sa famille. Comme, il a fait appel à l’art pictural pour détailler la pyshchologie tourmentée de son personnage. Dans certaines scènes, « A Mile in my shoes », rappellent d’autres films marocains comme « Ali Zaoua » de Nabil Ayouch ou « Casanegra » de Noureddine Lakhmari. Amine Ennaji, l’une des valeurs sûres du cinéma marocains, s’est plutôt bien débrouillé dans un rôle compliqué dans un long métrage qui était posé en grande partie sur ses épaules et ses..yeux. « A mile in my Shoes » a été consacré meilleur film marocain lors du dernier festival de Tanjer et a décroché plusieurs prix à l’étranger en Egypte et en Corée du Sud notamment.*Fayçal Métaoui / el watan / jeudi 28 juillet 2016

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Farid Bentoumi. Cinéaste

Les enfants d’immigrés ont eu une cassure avec leurs origines

Le premier long film de Farid Bentoumi, Good Luck Algeria, est dans les salles en France depuis le 30 mars. Et c’est déjà un succès. Il sera aussi projeté en juin à l’Institut français d’Alger. Rencontre avec un ancien élève de prépa devenu cinéaste.

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- D’où venez-vous ?

*Je suis savoyard. J’ai fait sport-études de montagne. Mon père, algérien, ouvrier, a bossé à la mine en arrivant d’Algérie. Il ne savait ni lire ni écrire, du coup jusqu’à sa retraite, il a fait les 3×8 tout en bossant dans des usines d’aluminium. Ma mère, française, institutrice, travaillait avec des enfants en difficulté. Les deux étaient politiquement très engagés. Mon père travaillait au sein de l’Amicale des Algériens en Europe et ma mère, au sein du parti communiste et de la CGT.

- Avez-vous été confronté au terme «intégration» dans votre jeunesse ?

*Dans mon film, un moment, le père de Samir lui dit : «Je ne me suis pas battu pour des conneries d’intégration mais pour que tu aies le choix». Mes parents souhaitaient ce cas de figure pour leurs enfants et ont toujours eu confiance en l’école de la République. De ce fait, ils ont tout fait pour que nous réussissions à l’école. Autant que je m’en souvienne, mes frères et moi avons toujours été les premiers de la classe. Moi, du CP à la terminale. Après, je suis allé en prépa. J’ai fait l’ESEC.

Et c’est après ce cursus que je me suis posé la question de ce que je voulais vraiment faire dans la vie. Après mon école de commerce, j’ai fait un MBA au Canada sur le management dans les entreprises des arts et des médias. J’aurais pu bosser pour l’Union européenne ou gérer un théâtre. C’est durant cette période que j’ai rencontré une dramaturge avec qui on a longuement conversé. Et lorsque je suis rentré en France, je me suis inscrit à un cours de théâtre.

J’avais 24 ans. Je commençais le second millénaire avec cet objectif. J’ai beaucoup bossé, je suis devenu comédien et j’ai exercé ce métier pendant douze ans. Puis en 2006, après que l’on m’ait suggéré d’écrire des scénarios, je gagne le premier prix au Festival des scénaristes. Je rencontre un gars qui allait devenir mon producteur. Je réalise un premier court, puis un second, puis le troisième, Brûleurs et ensuite, le long.

- Dans votre enfance, vous étiez sensible au cinéma ?

*Je ne me suis jamais posé la question de ce que je voulais faire dans le cinéma. Je n’ai jamais imaginé un plan de carrière. Quand j’étais gosse, jamais je ne regardais à foison des films, des Rohmer, Truffaut en criant que le cinéma est plus important que la vie. Chez moi, il n’y avait pas trop de «gestes artistiques». Je me souviens de CD de Barbara, Ferrat, Brel, de chanteurs engagés.

Il y avait aussi des bouquins politiques, des bio sur Mandela, etc. Je me souviens à l’école, d’un exposé sur la figure du héros. Tous avaient choisi Michel Platini. Moi ? Nelson Mandela. A 11 ans, je connaissais Desmond Tutu, le rôle des Noirs en Amérique, je me souviens aussi des fêtes du parti communiste. Il n’y avait pas trop de cinéma à la maison.

Mon père regardait souvent des comédies musicales égyptiennes ou quelques films de l’Inspecteur Tahar, mais sinon à part ça, je ne me souviens pas d’un rapport direct avec des figures artistiques qui m’auraient influencé. Par contre, je me souviens des émissions de Michel Polac, des discussions de ma mère, de mon père qui organisait des grèves, des Algériens venant chez moi, car mon père travaillait dans cette Amicale. J’ai vécu dans un milieu d’engagement.

- Quelle est votre approche dans la conception de faire un film ?

*Avant toute chose, raconter des histoires. Avec Good Luck, Algéria, on m’a reproché de valoriser l’histoire au détriment de la mise en scène, des mouvements de caméra… mais quand Ken Loach, par exemple, fait un film, et il le fait bien, c’est surtout au niveau de l’histoire, de ses personnages. Je ne vois pas chez lui, et ça n’est pas un reproche, des mouvements sophistiqués de caméra. Moi, je veux créer un contact direct entre le héros de mon film et les spectateurs.

Je viens du théâtre, et je veux absolument retrouver la sensation du théâtre, d’être proche des spectateurs. Dans mes films, il n’y a pas de «méchants», non pas que je pense vivre dans un pays de Bisounours, mais parce que je recherche la complexité des rapports humains ailleurs que dans la confrontation entre le bien et le mal.

- Et votre rapport à l’Algérie ?

*La première fois que j’y ai mis les pieds, j’avais 6 mois. Vous imaginez bien que je n’en ai aucun souvenir. Jusqu’à mes 12 ans, on y allait un an sur deux. L’Algérie pour moi, c’était les vacances. C’était la campagne de M’Sila. Je jouais dans la rivière, je chassais les pigeons, je m’amusais avec mes cousins.

A partir de 1988 et jusqu’en 2003, je n’y suis pas retourné pour les raisons que vous devinez. Mon père a continué d’y aller tous les ans. Ma mère un peu moins. Mais je me souviens bien de 1988. On suivait avec mes parents. Je comprenais tout ce qui se passait. L’Algérie était très présente malgré qu’on n’y aille plus. Il y a une chose que l’on ne dit pas assez. Autant les Algériens ont vécu quelque chose d’innommable, autant les enfants d’immigrés ont eu une cassure avec leurs origines. Les deux sont problématiques à des degrés divers.

Aujourd’hui, on peut nous reprocher de ne pas parler l’arabe, de ne pas être assez Algérien, mais malheureusement, cette rupture a causé pas mal de torts. Quand je suis retourné en 2003, c’était délibéré. Et ce qui était fou et que j’ai essayé de retranscrire dans mon film. C’est que j’avais eu l’impression d’avoir quitté ma famille de là-bas depuis seulement deux heures, alors que je ne les avais pas vu depuis quinze ans. Ils ne comprenaient pas que je reste quelques jours. Ils ne comprenaient que je ne sois pas venu avec ma femme, avec les enfants. Par contre, ils comprenaient notre absence depuis 1988.

D’ailleurs, jamais nous n’avons parlé de ça. C’était logique, cohérent et acquis. Il y a toujours eu un lien de sang assez fort. Après ça n’empêche pas qu’il y ait des conflits autour des terrains. Je le montre dans mon film, car ça existe malheureusement. D’un côté, il y a ceux qui y vivent, de l’autre, ceux qui repartent en France. A qui appartient la terre ? A celui qui la travaille ou à celui qui en est propriétaire ? Ça peut créer des malentendus.

- Vous vouliez travailler là-bas ?

*Oui, et d’ailleurs j’y suis retourné pratiquement tous les ans. J’ai l’impression d’avoir un rapport à ce pays pacifié dans le sens où j’apporte quelque chose en filmant des histoires qui ont un pont entre les deux rives, en allant présenter mes films dans des festivals, en croisant et discutant avec d’autres réalisateurs, en (re)découvrant la culture et surtout les villes. Je découvrais une autre Algérie et ça me passionne. J’essaie de retrouver l’authenticité algérienne dans mes films.

Je dois faire des efforts. Malheureusement, pour Good Luck, Algeria, j’ai dû tourner des séquences au Maroc, car à l’époque, il y avait eu l’assassinat d’Hervé Gourdel en septembre 2014. Il n’y a eu qu’une seule journée de tournage à Alger. Mais habituellement, les conditions de tournage sont intéressantes. Je me souviens qu’avec mon dernier court, Brûleurs, j’avais passé des instants inoubliables.

- Avant de passer au long métrage, vous avez réalisé quatre courts métrages. Qu’avez-vous appris ?

*J’ai appris sur le tas. C’est là que je me suis rendu compte des aspects techniques, c’est là que j’ai constaté que j’étais le chef d’orchestre, c’est là aussi que j’ai su ce que je voulais faire. L’énergie du film dépend de l’énergie du réalisateur. Mon boulot est de faire attention à la précision des dialogues, de bosser avec les comédiens, non pas à travailler sur tel mouvement, tel message, telle mise en scène, je ne suis pas dans le côté «cérébral» de la chose et puis je n’ai pas les connaissances.

Ce qui m’intéresse, c’est de savoir ce que je dois montrer au spectateur afin qu’il ait son point de vue. Par exemple dans Good Luck Algéria, j’ai beaucoup réfléchi à la position du héros face au spectateur, beaucoup travaillé sur mon personnage, sur le son avec son souffle. Je ne me pose pas trop de questions de forme, mais plutôt de rapport en permanence entre le spectateur et ce qui se trouve à l’écran.

- Ne craignez-vous pas qu’on catalogue votre film en tant qu’énième œuvre sur les communautés, etc. ?

*Je n’ai pas vu beaucoup de films sur les binationaux, de manière profonde. Mon film parle des invisibles, de ces gens que l’on ne voit pas dans nos médias, alors qu’ils sont majoritaires dans notre société. Je ne voulais pas faire un film qui aurait pu être réalisé dans les années 1970 ou 80, des films qui rassurent les spectateurs. J’ai envie de parler de choses liées à notre époque. Des choses qui nous parlent. Mes personnages ne sont pas dans la revendication.

Ils vivent. Ils ont leurs habitudes. Ils sont parfois en désaccord avec certains aspects. Mais ils vivent. Que l’on voit un Franco-Algérien prénommé Samir, qui réalise des skis en inscrivant «100 % qualité française», c’est parce que cette accroche dans le milieu du ski est une garantie de qualité. Le spectateur comprend tout cela. Il comprend des choses que j’installe furtivement. Je ne veux pas que ces détails deviennent lourdauds dans mes films. Ces choses-là sont ancrées dans notre quotidien. Dans notre réalité. Je ne veux pas en faire des choses extraordinaires. Juste montrer l’ordinaire. Je crois fermement en l’intelligence du spectateur.*Samir Ardjoum /el watan/ vendredi 08 avril 2016

**Nouveau regard sur les films algériens

Le designer oranais reprend les grands classiques de notre cinéma en affiches minimalistes. De quoi réjouir les fans de Hassan Terro ou de L’inspecteur Tahar.

Après les affiches minimalistes de chansons raï, place aux films algériens sous le même format. Et c’est sur sa page facebook que Youcef Bendraou partage ses œuvres. Il y  publie des affiches minimalistes d’anciens films algériens. De Tahya ya didou à Omar Gatlatou, en passant par Les vacances de l’inspecteur Tahar ou encore Ayla Ki nass, le désigner a repris, à sa manière, les moments cultes de ces films qui ont marqué l’histoire du cinéma algérien ainsi que les esprits de plusieurs générations. Youcef Bendraou est un habitué des affiches minimalistes. Il y a quelque temps, il s’est amusé à reprendre les paroles des chansons raï, notamment les paroles de titres de Cheb Khaled, Réda Taliani et autres stars du genre.*Sofia Ouahib / el watan/ vendredi 08 avril 2016

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*4e édition du Festival national de la production théâtrale féminine du 05 au 09 mars 2015-Annaba

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	Le jury du 4e Festival national du th&eacute;&acirc;tre f&eacute;minin, pr&eacute;sent&eacute; jeudi soir au public  » src= »http://www.elwatan.com/images/2015/03/06/membres-du-jury-du-festival-du-theatre_2601640_465x348p.gif » /></p>
<p><strong><span style=Noces de sang, la nouvelle pièce de Ziani Chérif Ayad, d’après le texte de l’Espagnol Federico Garcia Lorca, a lancé jeudi soir la 4e édition du Festival national du théâtre féminin de Annaba.

La pièce, interprétée par une vingtaine de comédiens, scénographiée par Arezki Larbi, a été présentée au public en hors compétition au Théâtre régional Azzedine Medjoubi. Sonia Mekkiou, commissaire du festival et directrice du théâtre de Annaba, s’est félicitée de la participation de plus en plus importante des coopératives et des théâtres régionaux.

Cette année, douze pièces sont en compétition pour l’obtention du grand Prix Keltoum. «D’année en année, nous évoluons dans la réflexion, améliorons l’organisation. Lors de la première édition, nous avions du mal à trouver des pièces. Une évaluation pourrait être faite lors de la dixième édition. Que les gens sachent qu’il ne s’agit pas du théâtre au féminin. Le festival de Annaba est destiné à la production théâtrale féminine. Il y a une nuance donc. Il ne s’agit pas d’un théâtre de militantisme ou d’un thèâtre qui n’expose que les problèmes de la femme.

Les thèmes traités dans les pièces en comptétition sont variés. L’idée est en fait de donner l’opportunité aux femmes de faire autre chose et ne pas se cantonner dans le rôle de comédienne», a expliqué Sonia Mekkiou. Des pièces sont également présentées dans les cités universitaires, notamment à Sidi Amar et Chaïba. Il s’agit, entre autres, de Zija wahida la takfi de la coopérative Anis de Sétif, et Wahch el ghorba de la coopérative Sinjab de Bordj Menaïel.

Le festival de Annaba rend hommage, cette année, à Liliane El Hachemi avec une exposition de croquis, photos, maquettes de costumes et de décors ainsi que des plans de travail laissés comme un trésor par la défunte scénographe. «Liliane El Hachemi a un parcours extraordinaire. Avec son travail au TNA, elle était le témoin d’une grande période du théâtre algérien s’étalant de l’après-indépendance jusqu’aux années 1990, années noires.

Elle a quitté l’Algérie durant cette période. Elle a participé à un nombre impressionnant de pièces de théâtre, elle a également travaillé pour la télévision et le cinéma. Elle nous a laissé beaucoup d’archives. Ce qui est exposé n’est qu’une infime partie de ce qu’elle a laissé. Sa famille a bien conservé les archives», a déclaré Sonia Mekkiou. Les archives précieuses de Liliane El Hachemi doivent être prises en charge par le TNA en coordination avec sa famille pour sauvegarder une partie de la mémoire du théâtre algérien.

C’est du moins l’avis exprimé par plusieurs invités du festival de Annaba. Lors de la cérémonie d’ouverture, un portrait de Fatiha Berber, préparé par le jeune Abdelhakim Boudissa, a été projeté pour rappeler son initinaire artistique à la télévision, au théâtre et dans la musique. «J’aurais voulu être hôtesse de l’air», a confié la comédienne lors d’une émission télé. «Fatiha Berber nous a quittés depuis à peine un mois et demi. Elle était présente avec nous depuis la première édition du festival. Tou(tes) ses ami(es) voulaient lui rendre hommage. Fatiha était l’amie de tout le monde. Une dame de grand cœur. Nous voulions que cette fois-ci elle soit avec nous aussi», a souligné Sonia Mekkiou.

L’équipe de Abdelnacer Khellaf évoque dans le bulletin du Festival, Masrahahoun, Fatiha Berber en publiant des photos prises à Annaba et un texte : «Vos roses ne faneront jamais…», écrit par Noureddine Souici. Les 8 et 9 mars, le salon du Théâtre régional Azzedine Medjboubi abritrera (à 10h) deux rencontres consacrées à des témoignages sur le parcours artistique et professionnel de Fatiha Berber et de Liliane El Hachemi.

Dans les précédentes éditions, le festival de Annaba a rendu hommage aux comédiennes Keltoum, Wafia et Yasmina. Les pièces en compétition qui sont présentées au public chaque jour à 15h et 19h seront évaluées par un jury composé de Aïda Guechoud, Saliha Benbrahem, Fatiha Soltane, Leila Benaïcha, El Hadi Cherifa, Badis Foudala et Abdallah Hamlaoui. *Fayçal Métaoui –samedi 07 mars 2015/ El Watan

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2e édition du Festival national de la production théâtrale féminine du 01 au 07 mars 2013-Annaba

trois distinctions pour Nissa Bila Malamih

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Trois prix Keltoum pour la pièce Nissa Bila Malamih (Femmes sans traits) de l’Association Nawrass de Blida, jeudi soir au théâtre régional Azzeddine Medjoubi de Annaba, lors de la clôture du 2e Festival national du théâtre féminin. Cette pièce, mise en scène par Mohamed Abbas Islam, d’après un texte irakien, évoque le huis clos imposé à trois femmes par un homme oppresseur. Soria Saâdi, Yasmine Abdelmoumen, et Kenza Assala Benboussaha, les trois jeunes comédiennes, ont décroché le prix spécial du jury. Le jury, présidé par le critique Brahim Noual, a décidé d’accorder le prix du meilleur comédien à Ahmed Meddah.

«Ce prix va me donner un nouvel élan pour poursuivre ma carrière. Je ne m’attendais pas à recevoir ce prix dans un festival destiné à la création féminine», a soutenu le comédien. Mourad Bouchhir a reçu le prix de la meilleure scénographie pour cette même pièce. La jeune comédienne, Souad Djenati, de la troupe Mosaïque de Sidi Bel Abbès, qui a étonné tout le monde par sa performance, a reçu le grand prix Keltoum pour le spectacle le plus complet avec son monologue Maya, qui raconte l’histoire d’une jeune fille tentée par la harga.

Le spectacle a été mis en scène par Hicham Houari Boussahla. «C’était un challenge. Et je crois que nous avons réussi. Nous avons créé la troupe Mosaïque depuis trois ans avec un groupe d’amis. J’ai commencé en 2003 avec le théâtre universitaire. Ensuite, j’ai rejoint le théâtre régional de Sidi Bel Abbès en 2007. Maya est le nouveau spectacle de la saison», nous a expliqué Souad Djenati. Halima Ben Brahim, du Théâtre régional de Batna, a reçu le prix de la meilleure comédienne, devançant la jeune Sabrina Korichi, retenue dans la short list du jury. Sabrina Korichi a joué dans la pièce Kharjet (elle est sortie) mise en scène par Tounès Aït Ali.

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Tounès Aït Ali a décroché le prix de la meilleure mise en scène. «On m’a donné le prix pour me dire :
continue ! Eh bien, l’année prochaine je reviendrai pour décrocher le grand prix», a plaisanté Tounès Aït Ali, également comédienne. Orfia fi samt el lil (Orfia dans le silence de la nuit) du théâtre régional de Béjaïa a obtenu deux prix : le meilleur texte pour Omar Fetmouche et la meilleure musique pour Rahima Khelfaoui. Dans les recommandations du jury, lues par la comédienne Samira Sahraoui, il a été demandé d’éviter dans le futur que les spectacles présentés soient écrits, mis en scène et scénographiés par les mêmes personnes.

«En tant que président du jury, je suis heureux et soulagé. Nous avons essayé d’être judicieux dans notre choix. Il y avait des critères esthétiques et poétiques à retenir. Nous sommes tombés à 90% d’accord. Nous souhaitons plus de travail et plus d’acharnement de la part des femmes créatrices pour les futures éditions de ce festival. Nous avons vu de belles prestations. Les jeunes de la troisième génération nous ont emballé par leurs performances. Il y a de l’espoir», a soutenu Brahim Noual. La cérémonie de clôture a été marquée par des hommages rendus aux comédiennes Douja Achaachi et Bahia Rachdi, à la metteur en scène Hamida Aït El Hadj et à la technicienne Soumaya Ghedar. Rihlet hob (voyage d’amour), une performance montée par Lynda Sellam, avec les jeunes comédiens de la troupe Top Farah de la cité universitaire de Maraval d’Oran a été jouée. Un spectacle fort applaudi.

«Nous voulions rendre hommage à toutes les femmes et à toutes les djamilate de l’Algérie. C’est une petite mise en place préparée en une journée», a précisé Lynda Sellam. Deux danseurs du groupe «Sarab» d’Annaba ont exécuté des expressions urbaines en free style, suscitant l’admiration du public nombreux. La soirée a été entamée avec un tour de chant de l’ensemble féminin annabi.*Par Fayçal Métaoui-El Watan-10.03.2013.

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2e édition du Festival national de la production théâtrale féminine du 01 au 07 mars 2013.

Soura tahki, pièce présentée au Festival du théâtre féminin à Annaba

entre fraîcheur et candeur

La deuxième édition du Festival national du théâtre féminin a eu lieu au théâtre régional Azzeddine Medjoubi de Annaba du 01 au 7 mars 2013.

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Souffle de fraîcheur, dimanche soir, au théâtre régional Azzeddine Medjoubi, à la faveur de la troisième soirée du deuxième Festival national du théâtre féminin. Des jeunes, âgés d’à peine vingt ans, sont montés sur scène pour jouer une petite comédie musicale suscitant la sympathie du public présent. Menés par Hakima Niched, Amine, Sanaâ, Wissam, Soulaf, Badro, Bassem et Islam ont interprété la pièce Soura tahki (Une image raconte), une production de la troupe Top Farah d’Oran. Du mieux qu’ils pouvaient, les comédiens amateurs ont tenté de convaincre les professionnels et le public présents dans la salle.

La thématique n’est pas nouvelle : «Le conflit» femme/homme, et par extension la situation de la femme dans la société. Sentiers battus, oui ! Mais l’équipe de Hakima Niched a voulu aborder le sujet avec un esprit contemporain, usant d’humour, de supports vidéos, de musique, de danse hip-hop. Une journaliste, feuilletant un album photos, voit défiler devant elle des «histoires» de femmes ou peut-être de couples. «Je veux aimer, vivre, être libre», lance une épouse déçue. «Je veux continuer à enseigner, pas me marier. Le mariage, c’est pour plus tard», confie une universitaire à son prétendant. «Je refuse ta rose en cadeau, je veux une machine à laver», crie une mère de famille face à un mari romantique. Vie, liberté, émancipation, scourage, mensonge, trahison, amour…Il faut trouver et associer un mot, une qualité, à l’homme, à la femme. «Je suis le pouvoir», crie l’homme. «Je suis la tendresse», lance la femme.

De la candeur à revendre. Chouf chouf zman el youm chante le groupe. L’homme est critiqué, la femme également. Un effort est fait pour la composition musicale. Le texte, c’est une autre histoire. La jeune Hakima Niched, qui a écrit et mis en scène la pièce, n’a pas voulu trancher ni en faveur de l’homme ni contre la femme. «Maw jednach hel li had el qadhia» (Nous n’avons pas trouvé solution à ce problème). A ce niveau,  l’idée est intéressante puisqu’il ne s’agit pas de verser dans un féminisme à l’eau d’oranger (à défaut de rose !). «Entre eux, les jeunes parlent beaucoup de ce sujet. La femme pense toujours qu’elle est écrasée et l’homme estime qu’il n’a pas de chance», a expliqué Hakima Niched, lors du débat qui a suivi la représentation, débat modéré par l’universitaire, Nacereddine Khelaf.

Hakima Niched, qui plaide pour le nouveau style dramatique, a revendiqué «une part» d’aventure dans le travail artistique. La pièce a commencé à un rythme accéléré et aéré, mais la tonalité, au fil du jeu des comédiens, est retombée dans le conventionnel, le déjà-vu, perdant de sa fraîcheur. Le dramaturge, Omar Fetmouche, n’a pas manqué de le souligner : «J’aurais aimé que le spectacle prît la tournure du début. Je me suis dit, c’est du sang neuf. Mais là, on se retrouve avec un esprit de vieux. Dommage ! Vous êtes jeunes, ramenez autre chose ! L’amour aujourd’hui entre jeunes est présent sur Facebook, sur Internet… Il y a d’autres formes. Parlez-nous de cela et évitez les clichés et les stéréotypes».

Omar Fetmouche, qui est directeur du Théâtre régional de Béjaïa, a salué la présence d’individualités parmi les jeunes comédiens de Top Farah, une troupe qui existe depuis une année. Il leur a conseillé d’éviter les erreurs des aînés. Abdelnacer Khelaf a, pour sa part, relevé que Top Farah est le fruit du travail fait par le théâtre universitaire. Il a rappelé que cette troupe a déjà obtenu le premier prix lors du dernier festival de Chlef. «Pour nous, le théâtre permet de faire passer un message et traiter des sujets qui intéressent les gens. Pourquoi ne pas le faire d’une manière agréable, légère et comique ? Cela pour mieux faire de la critique sociale et politique et en diffusant de la bonne humeur aussi», s’est défendu Hakima Niched.

«Cette troupe est née de la solide amitié qui réunit ses membres. Nous avons décidé d’exploiter nos vocations en faisant du théâtre, d’être utiles en quelque sorte. Ce n’est qu’un début. Vous allez voir d’autres travaux», a-t-elle promis. La comédienne, Aïda Kechoud, a choisi de soutenir les jeunes comédiens. «Vous avez osé, bravo ! C’est bien de revenir à la comédie et à la comédie musicale, des formes d’expression qui existaient dans le théâtre algérien par le passé. Soyez authentiques et sauvegardez l’expression théâtrale», a-t-elle conseillé. L’universitaire, Djamila Zegaï, de son côté,  a salué le travail collectif sur scène et a recommandé aux jeunes comédiens de ne pas réduire la question de la femme au rapport homme/femme. Hakima Niched a évoqué le désintérêt des jeunes pour le théâtre et estimé nécessaire d’aller vers de «nouvelles formes d’expression dramatique» pour «attirer» le jeune public.
Par Fayçal Métaoui -El Watan-05.03.2013.

**2e édition du Festival national de la production théâtrale féminine

Le coup d’envoi de la 2e édition du Festival national de la production théâtrale féminine a été donné, vendredi après-midi à Annaba avec la présentation, sur le parvis du théâtre régional Azzedine-Medjoubi, d’un spectacle de fantasia qui a ravi le public.

Dédié à la comédienne Wafia Belaarbi, disparue en 1998, ce festival dont la première édition avait été organisée en hommage à la défunte Aïcha Adjouri, héroïne du film «Le vent des Aurès», connue sous son nom d’artiste Keltoum, constitue «une occasion pour évaluer le parcours des femmes dans le 4e art et promouvoir la créativité féminine», ont indiqué les organisateurs.

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La pièce «El Djamilet», mise en scène par Sonia (Mme Sakina Mekkiou) sur un texte de Nadjat Tibbouni, a ouvert le Festival. Produite par le théâtre régional Azzedine-Medjoubi d’Annaba, cette œuvre présentée hors-compétition se veut un hommage appuyé à toutes les femmes algériennes qui se sont sacrifiées pour le recouvrement de l’Indépendance. Les 9 pièces de théâtre en compétition dans ce rendez-vous culturel sont des œuvres des théâtres régionaux de Guelma, de Béjaïa et de Batna ainsi que de coopératives, associations et troupes théâtrales indépendantes qui tenteront de séduire et de convaincre le jury du festival que préside Ibrahim Noual.

Des rencontres sur «l’apport féminin en 50 ans de théâtre algérien», des ateliers sur le conte et l’art de la narration, figurent au programme de ce festival, aux côtés d’une exposition de photographies sur l’œuvre de la moudjahida Wafia Belaârbi, membre de la troupe du FLN pendant la Révolution et sociétaire du Théâtre national algérien où elle a campé des rôles dans les pièces d’Ould Abderrahmane Kaki et d’Abdelkader Alloula. Ce festival qui prendra fin jeudi prochain, est organisé par le théâtre régional  Azzedine-Medjoubi  d’Annaba.*DK.News-02.03.2013.

**Les femmes de la rampe

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Initié depuis l’an dernier, le Festival national de la production théâtrale féminine a tout de suite connu un succès remarquable auprès des publics et des professionnels. Il a été conçu notamment pour mettre en valeur la contribution des femmes au théâtre national. Celle-ci qui avait commencé à l’aube du quatrième art algérien était limitée à quelques comédiennes, véritables pionnières comme Keltoum à laquelle le festival avait tenu à rendre hommage pour sa première édition. Aujourd’hui, on les retrouve plus nombreuses sur les planches, celles du théâtre amateur ou professionnel mais, de plus, elles se signalent dans l’écriture théâtrale et la mise en scène. Cette diversification professionnelle dans le monde du théâtre est encore embryonnaire et le festival se propose, en la rendant visible de susciter aussi un engouement féminin pour cet art.

Cette année, les trois coups du festival seront donnés avec la représentation de la pièce El Djemilate,  écrite par Nadjet Taîboune et mise en scène par Sakina Mékiou, dite Sonia, par ailleurs commissaire du festival. Dix pièces ont été sélectionnées pour la compétition qui commence aujourd’hui à 15 heures avec «L’Abeille» présentée par le Théâtre Régional de Batna, puis, à 18h30, avec El Bahi oul Bahia, œuvre de l’association Noujoum El Fen de Skikda. Au cours de la semaine, le public du festival pourra assister aux représentations de Maya du théâtre Mosaïque de Sidi Bel Abbès ; L’Image raconte de la troupe Top-Farah d’Oran ; Orfiya fi Samt Ellil du Théâtre régional de Béjaïa ; Zawadj Wal Aâwadj» de la coopérative Souad Sebki d’Alger ; Wassiyat al Marhoum avec Badis Foudhala d’Alger ; Khardjat du Théâtre régional de Guelma ; Holm Al Hayat de la troupe du Trône d’or de Annaba et Nissa Bila Malamih de l’association Nawaris de Blida. L’ensemble de la compétition aura lieu à la salle Azzedine Medjoubi du TRA. Les représentations hors compétition se tiendront à la Maison de la Culture Mohammed Boudiaf qui accueillera ainsi El Foustan du TNA d’Alger et El Khobza du Trio de feu de la Protection civile d’Alger.

Le festival a invité également des écrivaines algériennes pour échanger avec les femmes du théâtre. Une rencontre est prévue à cet effet le 4 mars à 15h. A partir de lundi, un cycle de lectures théâtrales accompagnera le festival avec des textes de Mourad Senouci, Rachid Boudjedra, Bouziane Ben Achour et Larbi Boulbina. Deux ateliers sont prévus au Forum des arts et de la culture de la ville, le premier sur l’art du conte, animé par Sadek Kebir, le second sur les techniques du récit, animé par Tayeb Benamar.
Ajoutons à ce riche programme trois expositions : «La femme et le théâtre», organisée par le TNA à l’hôtel international Seybouse ; «Madjnoun Leïla», œuvre de l’artiste Hamida Chellali et «Fidèles à Wafia» toutes deux programmées au TRA. La Wafia de cette dernière exposition est en fait Wafia Belarbi, grande comédienne algérienne qui fit partie notamment de la troupe artistique du FLN durant la guerre de libération nationale et à laquelle, cette édition du Festival rend hommage. *El Watan-02.03.2013. 

**Orfia fi samt el lil

Orfia fi samt el lil s’attaque ouvertement à la lâcheté sociale qui entoure le drame des filles violées au maquis dans les années 1990.

Les faits sont réels. L’enlèvement d’une de ses élèves par des terroristes dans les années 1990 en Kabylie a inspiré le dramaturge Omar Fetmouche pour l’écriture de la pièce «Orfia fi samt el lil» («Orfia dans le silence de la nuit»), présentée lundi après-midi au Théâtre régional Azzeddine Medjoubi à Annaba, à l’occasion du deuxième Festival national du théâtre féminin. «J’ai écrit ce texte d’un seul trait, comme un conte où il y a aussi de la poésie. Cette lycéenne, violée au maquis, a été chassée par son grand frère dès son retour au village», nous a confié Omar Fetmouche. Mise en scène et jouée par Djouhra Draghla, du Théâtre régional de Béjaïa, la pièce débute par un prologue à travers lequel le dramaturge rend hommage aux Algériennes. «Je vous offre mille bougies pour qu’aucune larme ne soit versée», dit la voix off.

Dans l’obscurité, un panneau portant des bougies allumées traverse la scène. Au milieu, apparaît un corps en forme d’œuf qui s’illumine et retombe dans le noir. C’est la composante essentielle de la scénographie. Orfia occupe l’avant-scène pour narrer son histoire. Cela s’est passé dans un village, un jour de l’aïd El Kebir. «Ma mère m’a demandé d’aller chercher de l’eau de la proche fontaine, mon frère affûtait les couteaux, ma petite sœur regardait le mouton. Je suis partie. Le village se préparait à la fête. Je suis revenue, le village n’est plus le même. Où est mère, ma petite sœur ? Mon frère avait plusieurs visages. Ils les ont tués ! Je me suis enfuie, ils m’ont rattrapée, mise dans une voiture, emmenée quelque part…Une jeune et tendre captive, ont-ils dit», raconte la voix douloureuse de Orfia. Avec d’autres filles kidnappées par «les monstres», elle sera emprisonnée dans une grotte.

«L’émir des monstres leur a dit de lire la fatiha de la khotoba et de la préparer. J’ai crié, je ne serai jamais ton épouse. Ils m’ont frappée avec la pierre du tayamoum. Six fantômes sont entrés, le septième portant un bâillon…», confie encore Orfia. Le calvaire continue. La jeune captive se libère, s’échappe à travers la forêt, retrouve le village. Les villageois la chassent et va retrouver, en montagne, «le temple» maudit, là où est enterré le condor. Un condor qui a déjà sa propre histoire. Et là où tous les oiseaux viennent dresser des nids. Orfia décide de défier tout le monde. Elle n’a plus rien à perdre… Elle affronte à sa manière la peur, l’hypocrisie, la complicité et la lâcheté : «vous étiez où lorsque vos femmes étaient violées et vos enfants tués ?»

Cette femme ange a accouché, attachée à une corde, comme les mères des anciens temps. Seuls les oiseaux peuvent en témoigner. Le théâtre algérien a rarement abordé de front ce qui s’est passé dans les années 1990 en Algérie avec autant d’audace. Orfia fi samt el lil brise d’une manière claire une grande muraille. Au chant et à la guitare, Halima Khelfaoui intervient de temps à autre pour intensifier le jeu de Djouhra Draghla. La chorégraphie psychologique conçue par Samar a donné une autre profondeur au drame déjà fort sur scène.

La scénographie, souple et adaptée au récit a complété l’épaisseur du texte. Un texte qui fait partie d’un roman que Omar Fetmouche s’apprête à publier bientôt. «Je ne voulais pas narrer l’histoire du viol directement. J’ai choisi l’expression chorégraphique et le chant. Nous avons tous vécu cette période (des années 1990, ndlr). Je voulais me mettre entièrement dans la peau de la fille violée et me mettre dans la psychologie du personnage. Je pleurais durant les répétitions», a révélé Djohra Draghla, lors du débat qui a suivi la représentation.

«C’est un devoir de mémoire. Les femmes avaient été les premières à être ciblées par le terrorisme, les premières à réagir. Des milliers d’enfants sont nés au maquis, des milliers de femmes abandonnées. Quel est le crime de ces femmes qui ont subi
l’horreur ? Il est temps de tourner le regard vers ces victimes. C’est une bombe à retardement. Il y a cet hommage aux femmes qui ont porté le fusil, transgressé les tabous, comme Orfia qui est revenue au village malgré le refus des autres. Les femmes avaient été merveilleuses dans le combat contre le colonialisme et durant la guerre pour la République», a relevé Omar Fetmouche. Il était difficile, selon lui, de définir la frontière entre le réel et la fiction dans les années 1990.

«On ne savait même pas à quel moment commençait le jour et se terminait la nuit. La notion de temps et d’espace a été laminée. Il n’y avait que la peur et le sang. C’était une immense tragédie. Je pense que le témoignage est fondamental. C’est la force du théâtre de susciter la discussion, créer une atmosphère, une dynamique. Le théâtre n’a pas de message à envoyer par poste. Qu’on cesse de se voiler la face ! Le théâtre doit aller de l’avant, vers la transgression.

Le théâtre est l’espace du paradoxe par excellence», a ajouté le dramaturge. Il a relevé que certaines personnes n’ont pas pu voir le spectacle dans de précédentes représentations. «Parce que la plaie est encore ouverte. Il faut en finir avec la culture de l’oubli. On n’a pas tourné la page. On n’oubliera jamais !», a-t-il estimé. *Par Fayçal Métaoui -El Watan-06.03.2013.

**hommage à Wafia Belarbi, une pionnière du théâtre algérien

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Ouverte vendredi dernier, la deuxième édition du festival culturel national de la production théâtrale féminine qui se déroule à Annaba en hommage à une pionnière du théâtre algérien, en l’occurrence la moudjahida Wafia Belarbi,  est entrée dans le vif du sujet samedi avec le début de la compétition qui met en lice pas moins de neuf pièces. La course vers les prix Keltoum a débuté avec la pièce «Bouzenzel», une production du théâtre de Batna et dont le texte et la réalisation sont signés par Meriam Allag. La pièce traite du problème de la polygamie. «Elbahi ou Elbahia» est l’autre pièce ayant marqué la première journée de la compétition. Elle est produite par l’association «Masrah  Noudjoum Elfen» de Skikda et se penche sur les problèmes d’un couple dont l’amour n’a pas résisté aux épreuves de la réalité quotidienne et s’enlisant dans une crise qui  s’exacerbe  à chaque anniversaire de mariage au point où il pense au divorce comme voie de délivrance de son calvaire. La compétition se poursuivra à raison de deux pièces par jour, au grand bonheur des amoureux des planches. «L’adhésion» du public est évidente quand on sait qu’il a marqué de sa forte présence le coup d’envoi, même si la pièce ayant ouvert le bal n’est pas dans la compétition. Il s’agit de «Eldjamlate» qui ne cesse de drainer drainé la foule. La pièce produite par le théâtre Azzedine Medjoubi et dont la réalisation porte la griffe de la talentueuse Sonia, constitue en fait le meilleur hommage que l’on puisse dédier à la mémoire de la comédienne de la trompe de Wafia Belarbi puisqu’elle traite, et avec beaucoup de talent, d’un combat de cinq de ses semblables engagées dans la résistance contre l’occupant français. Un combat «reconstitué» sur scène par le jeu des prisonnières qui incarnent la contribution de la femme durant la guerre de libération nationale. En marge de la compétition, des rencontres et conférences-débats animées par des universitaires et autres hommes de culture autour de la femme au théâtre et de la personnalité de l’artiste Wahia Bellarbi se présentent comme des espaces d’échanges et de réflexion sur l’histoire et la pratique du théâtre par la femme algérienne. Les témoignages font ressortir que la défunte Wafia Belarbi, native d’Oran en 1933, a rejoint la troupe du FLN alors dirigée par Mutapha Kateb en Tunisie. La comédienne avait porté la voix de la femme algérienne dans les quatre coins du monde. L’artiste qui a joué dans la quasi-totalité des pièces du géant Alloula au théâtre d’Oran s’est éteinte en 1998. Dimanche, le public a eu droit à une conférence animée par Djamila Mustapha Zegai de l’université d’Oran sur «la femme en cinquante ans de pratique théâtrale», articulée notamment sur l’apport de la femme algérienne à la révolution par le biais de l’art et spécialement le théâtre. La conférence a mis en exergue l’importance de l’écriture de l’histoire du théâtre et du patrimoine artistique et culturel qui seule est de nature à le préserver de la déperdition. *El Moudjahid-06.03.2013.

**5ème Festival international de théâtre de Béjaïa

Sport Play, l’image du corps et de la performance à n’importe quel prix

Une histoire qui nous fait une rétrospective de la tragédie nationale

La montée des planches par les comédiens se poursuit toujours dans l’ex-capitale des Hammadites au 4e jour de cette 5ème édition du Festival international de théâtre de Béjaïa.

Sport Play, de la compagnie autrichienne «Just a Must», a été présentée au public le vendredi soir à la grande salle de la Maison de la culture.
Une pièce de sport mise en scène par Vanda Butkovic. Une adaptation du livre de l’écrivaine Elfriede jelinek (prix nobel) de littérature en 2004. Un livre intitulé Einsportstuk (sports play) écrit en 1998. Dans ce texte, Jelinek «traite de marketing, de la vente du corps et des émotions dans les évènements sportifs avec une ingéniosité agaçante en questionnant notre obsession pour le fitness, l’image du corps et de la performance à n’importe quel prix».
Dans une forme théâtrale propre aux Autrichiens, la mise en scène, la scénographie et le mouvement des comédiens, la troupe de la compagnie autrichienne Just a Must a présenté un beau spectacle théâtral de deux heures riches en enseignements tirés d’une vie moderne avec ses avantages et surtout ses inconvénients qui ne sont pas toujours facilement perceptibles.
En effet, à travers cette pièce «le sport est vu comme un médium de fanatisme, une forme de guerre en temps de paix».
La pratique du sport vue comme un moyen de réduire l’agressivité s’avèrera par la suite comme une forme de pugnacité dans un monde de bizness et des affaires dont les corps produits par l’activité sportive sont une forme de marchandise.
Sept comédiens, dont trois femmes, en tenues de sport ont tenté à travers de nombreuses activités sportives de nous démontrer que le sport réduit l’agressivité chez l’homme de par ce qu’il permet comme dépense d’énergie mais vite l’homme se retrouve piégé et esclave d’un exercice qui fait de lui un soldat comme celui qu’on retrouve sur tous les fronts en temps de guerre. «En abolissant les frontières entre le théâtre et le sport, ce spectacle transforme la gymnastique linguistique de Jelinek en une prouesse olympique tant pour les comédiens que pour les spectateurs.»
L’autre pièce qui a drainé un large public le vendredi dernier à 10h à la petite salle de Béjaïa est une production du théâtre régional Azzedine-Medjoubi de Annaba, intitulé «Imraa Min warek,.’.Une femme en papier).
Un texte de Wassini Lâaraj «Ountha essarab» (femme mirage), adapté par Mourad Senouci, réalisé par Sonia et joué par les deux comédiennes, Laârini lydia et Houari Radja. Deux comédiennes, l’une réelle en noir, l’autre imaginaire en blanc, dans un décor fait de papier, de lumière, pimenté par une belle musique de Sami Salah.
Une histoire qui nous fait une rétrospective de la tragédie nationale qui a emporté avec elle, à cause de l’intégrisme obscurantiste, les meilleurs enfants de l’Algérie, hommes de théâtre, de lettres et de science à l’instar de Abdelkader Alloula.
Cette même pièce a été présentée aussi dans sa version kabyle sous le titre de «Tametuth Ni…(cette femme là)», une oeuvre sous une autre forme et autre mise en scène du théâtre régional Malek-Bouguermouh de Béjaïa. Zalmite est le titre d’un one man show de Fodil Assoul, produit par le théâtre régional Malek Bouguermouh de Béjaïa présenté le vendredi après-midi dans la petite salle du TRB.
Un one man show qui «nous conte la vie d’un personnage pas comme les autres, un disjoncté en quête perpétuelle de lui-même et de son devenir…intitulé…Zalami… des aventures inénarrables avec des personnages de sa famille et de ses rencontres personnelles, dont son grand-père et son drôle de chien, ou son enseignant de science, sans oublier son ami l’écrivain et…
Rien!» lit-on dans le synopsis distribué au public.
Un monologue qui raconte avec un air humoristique, en somme, le vécu quotidien des gens, leurs peines, leurs frustrations, leurs défauts, leurs espoirs…. B. C.*L’Expression-03.11.2013.

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*Avant-première du film « L’Héroïne »

     Pour que nul n’oublie

Samia Meziane dans le rôle principal

L’histoire du film revient sur la tragédie nationale qu’a vécue l’Algérie durant les années 1990.

Le film long métrage L’héroïne du réalisateur Chérif Aggoune a été projeté en avant-première samedi dernier au café-cinéma de la Maison de la culture de Béjaïa devant une assistance nombreuse. Ce film, le premier long métrage de Chérif Aggoune de 90 mn, est une production de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc) et la société Cilia films avec le soutien du ministère de la Culture. L’histoire du film revient sur la tragédie nationale qu’a vécue l’Algérie durant les années 1990. Nous sommes en pleine tragédie nationale, les petits villages éloignés sont devenus la proie favorite des terroristes qui n’hésitent pas dilapider les villageois. A quelques kilomètres d’Alger, Achour exploite une ferme avec ses deux frères, Djelloul et Mourad. Les terroristes sèment la panique et font leur loi en s’en prenant de plus en plus aux villageois occupant ou exploitant des fermes isolées. Achour, alias Khaled Benaïssa, meurt dans un accrochage entre les forces de sécurité et les terroristes. Djelloul, qui reprend les commandes de la ferme vivait sous pression et autres menaces des terroristes et se fait raquetter. Las d’être dilapidé par ces sanguinaires, il décida alors de s’organiser en comité d’autodéfense pour défendre ses biens et les biens du village. Ce qui n’a pas été du goût de ces sanguinaires qui décidèrent de faire une descente dans la maison familiale de Djelloul. Une descente des plus sanglantes. Deux femmes font l’objet d’un kidnapping. Djelloul, son frère Mourad et sa maman se font tuer. Houria, alias Samia Meziane, la veuve de Achour, l’héroïne de l’histoire, réussit à s’échapper et à sauver les enfants. Elle quitte la ferme. Elle est accueillie à Alger par sa famille, mais des conflits ressurgissent. Elle se retrouve face à une autre dure réalité de la vie. Ne voulant plus accepter son statut chez sa famille, elle décide de retrousser les manches pour subvenir aux besoins de ses enfants. Comptant sur l’argent laissé par son défunt mari, elle a été choquée par la nouvelle de la subtilisation de cet argent confié à son frère Ahmed, alias Arselane Lerari. Elle intègre l’association des femmes victimes des terroristes. Elle devient photographe professionnelle en se spécialisant dans les cérémonies de mariage. Difficile d’oublier son sort tragique. Elle se rend à chaque fois à la brigade de gendarmerie pour tenter de connaître le sort de ces belles-soeurs kidnappées. Après des années de discorde avec sa famille, Houria a fini par pardonner à son grand frère et a renoué les liens avec sa mère qui était gravement malade. Ainsi, à travers cette histoire, le réalisateur a voulu rappeler la tragédie noire vécue par l’Algérie et surtout faire montrer ses conséquences sur le plan humain. La projection du film fut suivie d’un débat riche et critique des présents. Si l’artisanat a été d’accord à dire que le film est beau, il n’en demeure pas moins que les plus avertis ont relevé la faiblesse du texte et le fait que le volet documentaire ait pris le dessus sur la trame du film.*Par Boualem CHOUALI-L’Expression-Lundi 02 Decembre 2013

**4ème Festival international du Film engagé-Alger

De l’intime à l’éblouissement

Deux films ont retenu notre attention lundi dernier. Deux sortes de road-movies, l’un portant sur les enfants qui vont à l’école très éloignée et un autre sur les migrants.

De l'intime à l'éblouissement!

Un documentaire éblouissant puis une fiction qui décline comme un conte. Commençons par le film français de Pascal Plisson, fraîchement sorti dans les salles de cinéma de l’Hexagone. «A l’heure où je vous parle, je vous annonce que le film a franchi la barre d’un million d’entrées!» dira avec fierté Hassan François Guerrar coproducteur de ce poignant documentaire d’une valeur cinématographique indéniable. Il était déjà venu l’an dernier au Fica pour accompagner une fiction, cette fois des plus belles et énergiques, à savoir Rengaine de Rachid Djaïdani. Mais on se souvint de lui surtout cette année au Festival de Cannes lors de la cérémonie de clôture lorsqu’il fondit en larmes devant cette explosion d’émotion des deux comédiennes du film La vie d’Adèle de Abdellatif Kechiche, autre film auquel il a contribué dans la production… Très beau long métrage, couronné de la Palme d’or devant la grande satisfaction des critiques avertis à ce moment-là. Alger, Hassan François Guerrar est venu remplacer le producteur, mais surtout le réalisateur cloué au lit suite à un fâcheux accident et lire leurs lettres de remerciements, mais aussi de motivation qui les ont poussés à faire ce film incroyable qui, au départ, devait porter sur les animaux au Kenya, mais ce sont ces enfants qui se présentaient comme des volutes fantomatiques devant le réalisateur dans cette nature hostile qui finira par le dissuader de changer de sujet. Une phrase ouvrant ce film résume bien son contenu: «On a oublié toujours souvent que l’école est une chance. Des enfants qui parfois s’engagent dans les sentiers de l’école, au péril de leur vie» et de préciser «ce sont de vraies histoires.» Celles d’enfants issus de géographies, de religions, mais de milieux sociaux différents, tous conscient de l’importance du savoir et de la connaissance pour la construction de leur devenir. Un enfant creuse de ses mains dans le sol à la recherche de l’eau. Il s’agit de Jackson, 11 ans. Mûr pour son âge, il est obligé de laver lui-même ses vêtements et veiller sur sa petite soeur lorsque, réveillés à 5h30 du matin ils doivent traverser 15 kilomètres pour atteindre l’école, quitte à braver les obstacles dans la savane, notamment les girafes et les redoutables éléphants. Pour sa part, Zahira 12 ans, et ses deux copines sont déterminées à passer par les chemins escarpés de l’Atlas marocain, quitte à faire après de l’auto-stop pour atteindre l’internat et l’école. Encore plus dramatique est la situation de cet enfant indien atteint de polio et que ses deux frères portent sur une chaise roulante de fortune prête à rendre l’âme à tout moment. Malgré le tragique de cette condition de vie, ces enfants n’abdiquent pas et gardent le sourire. Enfin, pourvu d’un niveau social plus élevé, Carlos l’Argentin se rend à dos de cheval, lui et sa petite soeur jusqu’à l’école. Chaque voyage pour ces enfants s’avère être un exploit, une aventure fantastique, presque une expédition. Le réalisateur réussit à gagner l’attention du spectateur par sa démarche filmique qui flirte avec la mise en scène fictionnelle et ces instants de suspense ou de poésie qui atténuent de la violence sous-jacente que subissent ces enfants. Si le réalisateur se plaît à filmer ces enfants de loin comme une petite fourmi au milieu de l’immensité, il nous en donne surtout plein la vue avec ces plans panoramiques et ces paysages fantastiques à couper le souffle. Seul bémol, son inévitable envie de coller aux clichés, comme cette scène où une jeune fille marocaine, voilée, lit le Coran et ces deux hommes qui descendent du camion pour prier au milieu de nulle part. Le regard du réalisateur semble vouloir restituer une forme d’exotisme qui impose l’émerveillement. Un film qui ne laisse en tout cas pas indifférent! Dans un registre totalement différent est cette fiction de Dyana Gaye. Les Etoiles raconte l’histoire de Sophie, Abdoulaye et Thierno dont les destins et parcours entre Turin, Dakar et New York finissent par dessiner «une constellation de l’exil». Sophie, 22 ans, quitte Dakar pour rejoindre son mari Abdoulaye à Turin. Ce dernier après avoir tenté sa chance pour gagner de l’argent en France, migre à nouveau à New York par l’intermédiaire d’un réseau de passeurs. En Italie, Sophie est amenée peu à peu à s’adapter et cohabiter avec les autres. Thierno, 19 ans, voyage, lui, pour la première fois en Afrique. Il part à Dakar pour enterrer son père remarié là-bas. Sophie n’est autre que sa cousine. Le film nous fait comprendre que l’étoile n’est jamais seule, car mise l’une à côté de l’autre, elles parviennent à générer un sens. Pour preuve, regardez la Grande et la Petite Ourse… Loin à des années lumière l’une de l’autre, leur combinaison finit par créer un schéma qui nous parle. C’est ainsi que se tissent les liens qui atténuent les solitudes. Plaidant pour la mobilité, ce film, qui témoigne néanmoins de la rudesse des conditions de vie des migrants, raconte l’errance, mais aussi les coïncidences singulières qui font éclore le sentiment de solidarité puis de l’amour. Film poignant, profondément humaniste, mais néanmoins édulcorée et intimiste, cette fiction a choisi d’emblée son angle de narration, via le prisme de l’optimisme. Aussi, on ne verra ni policier des frontières ni arrestation, mais juste des hommes et des femmes qui se démènent et bougent pour changer et améliorer leur vie et celle des autres. On ne s’en sort pas du jour au lendemain et son avenir hypothéqué demeure pesant. Dans Les étoiles, il est remarquablement traduit par ces longs moments de silence et ces regards profonds et mélancoliques qui parviennent à rendre palpable la tristesse sans longs discours revanchards ou moralisateurs, sur l’immigration. Bien sûr, il y a la maman éplorée qui ne sait ce qu’advient sa fille et la tante qui vit aux USA qui cherche à la rassurer, affirmant: «Il faut les laisser partir pour faire leur propre expérience.» Or, le film ne juge pas, mais donne surtout à voir des itinéraires somme toute flous pour certains, mais dont la trajectoire est condamnée à aller de l’avant.*Par O. HIND-L’Expression-Mercredi 25 Decembre 2013

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Vive émotion après la projection de « Parfums d’Alger » au Festival de film d’Abu Dhabi

Les algériennes d’Abu Dhabi ont réservé mercredi soir à la salle d’Emirates Palace des youyous à la comédienne Chafia Boudraa avant la projection de «Parfums d’Alger» de Rachid Benhadj en compétition officielle du 6 ème Festival international du film.

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Chafiaa Boudraa est montée sur scène accompagnée de Rym Takoucht au milieu d’applaudissements. Une partie de la communauté algérienne établie aux Émirats arabes Unis a fait le déplacement à la salle de projection de l’hôtel. Le tapis rouge a été déroulé à l’équipe du film. Mustapha Orif, directeur de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), a été également appelé à monter sur scène avec Madani Merabai de Net production.

L’AARC et Net production ont produit le nouveau long métrage de Rachid Benhadj. Le directeur du festival, Ali Al Jabri a lui même animé la soirée, débutée avec des chants et danses folkloriques des Émirats Arabes Unis. « Il est important pour nous cinéastes arabes de se reconcentrer, voir de nouveaux pôle. Le festival d’Abu Dhabi est entrain de créer quelque chose de nouveau. Les médias occidentaux attendent de nous une certaine image du monde arabe et du Maghreb. C’est pour cela qu’il est important de créer à travers les festivals une nouvelle dynamique où l’on peut reconstruire notre propre image. Notre rôle en tant qu’artistes est de casser certains clichés et bousculer des choses et des mentalités dans nos sociétés,  », a déclaré Rachid Benhadj.

Selon lui, l’Algérie a atteint un stade permettant d’établir les premiers bilans. «Des bilans par rapport à notre mémoire. Nos créateurs, réalisateurs, artistes nous travaillons avec une certaine auto censure. C’est de notre faute. On se censure avant que les pouvoirs en place le fassent (…) En faisant le film, je me suis rendu compte qu’on ne connaît pas notre religion. On vit sur l’interprétation des choses. Dans le future, il faut commencer sur notre religion, sans tabous », a appuyé le cinéaste. « Parfums d’Alger » raconte l’histoire de Karima (Monica Guerritore), photographe célèbre installée à Paris, qui a fui un père violent et qui n’est pas rentrée en Algérie depuis vingt ans.

Appelée par sa mère (Chafia Boudraa), elle revient à Alger pour découvrir que son frère Mourad (Adel Djafri) est emprisonné pour actes de terrorisme et que son père (Sid Ahmed Agoumi) est dans le coma.

Sa belle sœur Samia (Rym Takoucht) porte désormais le hidjab autant que sa petite fille. Le pays a changé, la violence s’est installée, l’extrémisme religieux impose sa loi et ses silences…  « Nous sommes secoués. Cela nous rappelle de mauvais souvenirs », nous confie une algérienne installée à Abu Dhabi. Rym Takoucht et Nabila Rezaïg, responsable du département cinéma à l’AARC, n’ont pas caché leurs larmes. Intishal Tamimi, en charge de la programmation arabe au Festival d’Abu Dhabi, a qualifié « Parfums d’Alger », de film excellent. Les intervenants au débat après la projection ont souligné que le long métrage s’intéresse à des questions actuelles. « Harragas Blues » de Moussa Haddad est le deuxième film algérien inscrit en compétition officielle du Festival d’Abu Dhabi.

Une rétrospective est consacrée au septième art algérien avec la projection de plusieurs films tels que « L’opium et le bâton » d’Ahmed Rachedi, « Z » de Costa Gavras et « Chroniques des années de braise » de Mohamed Lakhdar Hamina. Dans la section courts métrages, deux jeunes cinéastes algériens sont en compétition, Amine Sidi Boumediène avec « Al Djazira » et Sofia Djama avec« Mollement, un samedi matin ».**Fayçal Métaoui. El Watan-18.10.2012.

**Vidéo annonce du film: Parfums d’Alger 

************************Monica Guerritore

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*Monica Guerritore, née à Rome, le 5 janvier 1958 est une actrice italienne de cinéma et de la télévision.

*Monica Guerritore débute au cinéma, en 1973, à l’âge de 15 ans, dans Brèves rencontres (Una breve vacanza) de Vittorio De Sica. Elle se dirige ensuite vers le théâtre, puis vers la télévision. À 17 ans, elle devient l’héroïne du feuilleton télévisé Manon Lescaut, puis alterne cinéma, théâtre et télévision. Au cinéma, elle s’est surtout illustrée dans les films de son mari Gabriele Lavia. Elle est née à Rome, le 5 janvier 1958, c’est une actrice italienne de cinéma et de la télévision.

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*8e édition du cinéma l’Ecran de Saint-Denis-Paris

 du 4 au 21 avril 2013

*Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient

**Une dizaine de films algériens au programme

Adila Bendimerad, dans le film Le Repenti

**photo: Adila Bendimerad, dans le film Le Repenti

La 8e édition se tiendra cette année du 4 au 21 avril 2013 au cinéma l’Ecran de Saint-Denis et dans sept salles partenaires à Paris et environs.

Plus de trente films de fiction et documentaires venus d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, d’Egypte, de Palestine, du Liban, ou des diasporas dans le monde, prennent part à la huitième édition du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient.
Des films qui représentent, selon les organisateurs de l’événement, la «Vitrine incontournable de la vitalité des cinémas» de ces pays invités. Au programme sept inédits, cinq avant-premières de fiction, six courts métrages en compétition, des films de patrimoine sans oublier les rencontres avec les réalisateurs hôtes et des professionnels du cinéma, tables rondes, et nombreuses autres propositions festives – rencontres littéraires, concerts… qui, à l’instar des éditions précédentes, viendront enrichir ce rendez-vous annuel chaleureux et passionné, tient-on à signaler.
L’Algérie qui y prend part chaque à chaque fois et avec force, ne démérite pas encore cette année avec au compteur pas moins de dix oeuvres. Avec Yema (date de sortie dans les salles françaises septembre 2013) et Le repenti (date de sortie dans les salles françaises le 10 avril 2013), Djamila Sahraoui et Merzak Allouache présenteront leurs films en avant-première. Côté participation algérienne là encore, nous trouvons aussi les courts métrages El Djazira d’Amine Sidi Boumediene et Comment recadrer un hors-la-loi en tirant sur un fil de Lamine Amar Khodja qui présentera aussi son film documentaire Demande à ton ombre.
Dans la catégorie documentaires, on (re) découvrira aussi le bon Fidaï de Damien Ounouri mais aussi El Gusto de Safinez Bousbia ainsi que J’ai habité l’absence deux fois de Drifa Mzenner.
Mehdi Charef sera le parrain du Prix du court métrage 2013. Depuis sa deuxième édition, le Panorama invite des cinéastes de renom à accompagner le jury composé d’étudiants du lycée Suger (Saint-Denis) afin de décerner le Prix du court métrage. Le parrain 2013 est l’écrivain, réalisateur de cinéma et auteur de théâtre français, Mehdi Charef qui présentera en outre, deux longs métrages: Les Cartouches Gauloises (2006) lors de la séance Famille du Panorama, et Marie-Line (2000) lors d’une séance spéciale lycéens.
Une sélection de films ayant trait à l’Algérie et à la guerre de Libération, sera représentée notamment par les films L’Algérie Brûle, Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier, Chroniques des années de braises de Mohamed Lakhdar-Hamina et Guerres secrètes du FLN en France de Malek Bensmail. On relèvera aussi la projection lors d’une séance spéciale présentée par Boujaâma Kareche, ancien directeur de la cinémathèque algérienne, du film Combien je vous aime de Azzedine Medour. (Algérie 1985). Sadia Saïghi,chargée de programmation du Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient, présentera un film «en cours» constitué à partir d’interviews d’enfants et d’adultes autour du Cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie lors d’une rencontre avec la réalisatrice Flavie Pinatel. Ce work in progress précèdera la projection de Cartouches gauloises. Des focus porteront sur différents réalisateurs dont l’Algérien, Lamine Amar Khodja, le Marocain Brahim Fritah, l’égyptien Karim Goury, ou encore l’excellente réalisatrice tunisienne Sonia Shamkhi qui présentera son film Militantes… Côté table ronde on retiendra cette thématique pertinente: «Quelles offres de formation pour quelles productions cinématographiques dans les pays du Maghreb et du Moyen- Orient?» C’est dans cette optique que s’inscrira sans doute la rencontre Ciné-job Algérie. Un projet organisé en partenariat avec les associations Kaïna cinéma de France et Cinéma mémoire d’ Algérie qui propose de faire bénéficier dix jeunes Algériens d’une formation théorique et pratique aux métiers du cinéma ainsi que de créer en Algérie un lieu-ressource proposant plus largement aux jeunes motivés un accompagnement à l’insertion professionnelle dans la filière cinématographique.
Outre le cinéma, la littérature aura aussi droit de cité avec les ventes-dédicace de Boujemaâ Kareche et la cinéaste tunisienne Sonia Shamkhi qui signeront respectivement leurs ouvrages L’héritage du Charbonnier et Le cinéma tunisien à la lumière de la modernité sans oublier une rencontre littéraire avec Aram Karabet pour son récit Voyage vers l’inconnu, treize ans dans les prisons syriennes. Notons que c’est le film l’Attentat de Zied Doueri d’après le livre de Yasmina Khadra qui fera la clôture de ces journées du cinema du Maghreb et du Moyen-Orient. Enfin, Djamel Allam viendra le 20 avril égayer de ses chansons le parvis de la basilique de Saint-Denis. Un programme des plus alléchants à ne pas manquer.*L’Expression-25.03.2013.

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**    Avant-première du film «Parfums d’Alger»

Le long métrage “Parfums d’Alger” de Rachid Benhadj sera projeté en avant-première le jeudi 11 octobre à la Salle Ibn Zeydoun du complexe Riadh El Feth-Alger.

Parfums-dAlger

Le film tourne autour d’une photographe algérienne qui a quitté son pays et sa famille pour aller travailler en France, elle apprend plus tard l’agonie de son père et rentre pour rester à sont chevet.

Niveau casting, on retrouve Monica Guerritore, Adel Djafri, Chafia Boudraa, Rym Takoucht et Adila Bendimered entre autres. Quant à la réalisation, elle est signée Rachid Benhadj. Connu notamment pour son film “Louss” (La rose des sables en 1989) qui fut sélectionné dans plusieurs festivals, à Cannes, Houston, Carthage ou encore Rome, et avait obtenu plusieurs distinctions. Sans oublier “Mirka” un film qui dénonçait les viols des femmes pendant le conflit dans les Balkans avec, au casting, Gérard Depardieu, Vanessa Redgrave et Franco Nero.

 Rachid Benhadj

Il revient cette année avec son nouveau long-métrage, produit par l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel et la société Net Diffusion, et avec le soutien du Ministère de la Culture sur avis de la commission de lecture du FDATIC. “Parfum d’Alger” est déjà sélectionné dans plusieurs festivals internationaux tels que celui d’Abu Dhabi  qui aura lieu du 11 au 20 octobre prochain.

L’avant première aura lieu, rappelons le, le 11 octobre 2012, à 19h à la salle Ibn Zeydoun du complexe Riadh El Feth en présence du réalisateur, des deux comédiennes Rym Takoucht et Chafia Boudraa et de l’ensemble de l’équipe artistique du film. L’entrée est réservée aux professionnels du cinéma et à la presse. Sur invitations seulement.*par Nour el Houda Djebbari.

**Le film Parfums d’Alger, un drame familial dans l’Algérie de la fin des années 1990, de l’Algérien Rachid Benhadj a été projeté à la presse jeudi, à Alger, en présence du cinéaste et de deux acteurs.

Co-produit par l’ Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), et Net Diffusion, Parfums d’Alger, sixième film du réalisateur, met en scène le retour en 1998, en Algérie d’une célèbre photographe, Karima Bensadji, interprétée par l’italienne Monica Guerritore, après qu’elle eut appris l’emprisonnement de son frère Mourad, un chef terroriste interprété par Adel Djaafri. Le long métrage, d’une durée de 108 mn, explore le destin d’une famille algérienne aisée, prise dans la tourmente de la violence intégriste à la veille de la promulgation de la « loi sur la réconciliation nationale », et l’impact des choix individuels de ses membres (idéologiques, exil), liés en partie à un passé familial douloureux.
Rachid Benhadj a aussi tenté de mettre en avant la confrontation de deux modes de vie, l’un « occidental », incarné par Karima et l’autre, incarné par sa belle sœur Samia (Rym Takoucht), représentant un mode de vie influencé par l’idéologie islamiste de son mari Mourad. Le film alterne entre les séquences représentant les tentatives de Karima de faire libérer son frère, emprisonné dans le sud algérien, en le convaincant de signer un document, et les retours vers le passé éclairant sur le conflit avec le père (Sid Ahmed Agoumi). Le réalisateur livre ainsi sa vision de la situation de l’Algérie en 1998, qu’il lie à un «conflit de générations» et à un «manque de liberté d’expression» qui ont conduit à la violence, c’est qu’il  a expliqué après la projection. Les séquences offrent, en outre, une esthétique très soignée, due en grande partie, ainsi que l’a reconnu le réalisateur, à la direction photo assurée par l’italien Vittorio Storato, oscarisé plusieurs fois, notamment sur le film «Apocalypse Now» de l’Américain Francis Ford Coppola. Parfums d’Alger se veut également un hommage aux luttes des femmes algériennes pendant les années 1990, que le réalisateur appuiera en concluant son film par des images d’archives des manifestations organisées par des femmes à l’époque.
Le film sera projeté en avant première ce soir à 19 h à Riad El Feth (Alger), la sortie en salle est prévue dans quelques mois, selon un responsable de l’AARC. Parfums d’Alger représentera également l’Algérie au Festival d’Abu Dhabi (Emirats Arabes), prévu du 11 au 20 octobre, aux côtés de Harraga blues de Moussa Haddad. Né en 1949 à Alger, Rachid Benhadj a étudié l’architecture avant de poursuivre des études de cinéma en France. Après des réalisations pour la télévision algérienne, il s’installe à Rome (Italie) où il continue de travailler pour des télévisions de différents pays. Son premier film Louss-Roses des sables, sort en 1989 et sera sélectionné au festival de Cannes. Rachid Benhadj, entre autres, est l’auteur en 1993 de Touchia-Cantique des femmes d’Alger et du film Le pain nu en 1995, adapté du roman éponyme de l’écrivain marocain Mohamed Choukri, projeté récemment à Alger dans le cadre du Salon international du livre.*El Moudjahid-13.10.2012.

**Rachid Benhadj. Réalisateur de Parfums d’Alger

«On est fort que si on ne renie pas son passé»

Parfums d’Alger, le nouveau long métrage de Rachid Benhadj, a été projeté en avant-première, jeudi, à la salle Ibn Zeydoun, à Alger.

film revient sur les années de violence qu’a connues l’Algérie durant les années 1990 (voir El Watan Week-end), à travers l’histoire de Karima Bensadi (Monica Guerritore) qui vit à Paris et qui revient au pays. Elle y retrouve le passé et un pays défiguré par l’intégrisme et les abus en tous genres. Le père (Sid-Ahmed Agoumi) est à l’origine de tant de drames. «C’est un père dictateur qui tente d’imposer ses choix et ses idées, sans prendre en considération l’avis de ses enfants. Karima est là pour le remettre en cause. Il ne l’accepte pas et réagit par la force. Comme dans un jeu d’échecs, pour gagner, y arriver, il faut bloquer le roi, ‘‘Echeikh’’. Dans ce qui se passe dans le Monde arabe actuellement, il y a cette symbolique. On essaye de mettre en échec le maître, le patron, le père de famille», a relevé Rachid Benhadj, lors du débat qui a suivi la projection-presse. Selon lui, la période actuelle est celle de la remise en cause de plusieurs politiques. «Nous sommes au stade des bilans (…).  Après avoir tourné Touchia (en 1993, ndlr), j’ai voulu raconter ce qui s’est passé durant les années 1990.

J’ai pris une famille en exemple, un père qui veut s’imposer à ses enfants et qui a de mauvaises relations avec ses frères», a-t-il affirmé. Le père (Sid-Ahmed Agoumi), dans Parfums d’Alger, est un ancien maquisard qui essaye de s’appuyer sur «la légitimité» historique. Né dans une famille riche, le fils Mourad (Adel Djafri) bascule dans le terrorisme et le fondamentalisme après un séjour en Afghanistan. «J’ai voulu casser ce cliché qui veut que l’intégrisme n’existe que chez les familles pauvres. Même les couches aisées ont en été touché. Economiquement, le père pouvait tout donner. Mais il a refusé de céder certaines libertés à ses enfants pour développer leurs idées. Automatiquement, il les a poussés vers les extrêmes. Quand une société ne donne pas des espaces de discussion, de liberté, elle encourage l’extrémisme», a analysé le cinéaste, en citant l’exemple des Brigades rouges en Italie. La liberté d’expression est, selon lui, une revendication de tous, riches ou pauvres. «Symboliquement, le père de Karima a le pouvoir. Un pouvoir qu’il applique sur sa famille et sur les autres», a-t-il noté. Interrogé sur le rajout à la fin du film de trois petites interviews de femmes (dont l’actuelle ministre de la Culture, Khalida Toumi) parlant de leurs droits, le cinéaste a précisé qu’il n’était pas obligé de le faire.

«Je voulais revenir aux grandes manifestations des années 1990. Je voulais appuyer ma fiction par des témoignages vrais. Ce que disent ces femmes est intéressant. Il y a certes l’actuelle ministre de la Culture, mais à l’époque, elle était une militante. Je serais curieux de voir comment elle va réagir », a précisé Rachid Benhadj. Selon Ahmed Benaïssa, qui a interprété le rôle de l’oncle de Karima, ces interviews racontent des choses réelles. «Notre société est patriarcale. Elle veut imposer ses règles aux femmes», a-t-il soutenu. Revenant au long métrage, le cinéaste a relevé que le départ de Karima à Paris, où elle est devenue une photographe célèbre, signifiait une rupture avec la réalité (Karima est partie pour fuir son père). «Parfois, on rompt consciemment avec la réalité, y compris avec la langue. Karima est revenue parlant le français pour montrer à quel point le déchirement était très fort. Elle est obligée de plonger dans ses racines et dans sa mémoire. A l’étranger, elle a très bien réussi. J’évoque la femme, dans le film, parce qu’elle est le centre d’une société. C’est la femme qui transmet la mémoire et donne la vie. Ce sont les hommes qui font la guerre, tuent, pas les femmes. Les femmes subissent la stupidité des hommes», a souligné Rachid Benhadj. Il a estimé que le combat pour les droits doit se mener au pays, pas à l’étranger. «Karima est vieillissante. Elle revient en étrangère. Elle a perdu son algérianité. Elle fume devant sa mère (Chafia Boudraâ).

Ce n’est pas le réflexe d’une Algérienne. Karima vit mal, cache son passé. Elle est étrangère là-bas, et doublement étrangère dans son pays. C’est un gros problème d’identité. Lorsque sa mère l’attire vers elle, elle reste froide, elle a perdu le côté humain. Elle a adopté le comportement des Occidentaux. Karima n’est pas un super héros, un personnage positif, même si elle s’est révoltée. Elle n’est rien sans son passé. On est fort que si on ne renie pas son passé. Karima a des trous de mémoire, comme si elle n’avait pas vécu les 20 ans éloignée du pays», a relevé le cinéaste, après une série de questions.  Selon lui, les Occidentaux n’aiment pas qu’on aborde leur société, leur culture, dans les films du Sud. «Ils préfèrent que l’on n’évoque que nos malheurs. La guerre, le viol, tout cela c’est le Tiers-Monde, pour eux», a-t-il noté. A propos des images d’Alger, qui pouvaient être hors époque, puisque l’histoire de la fiction se déroule en 1998, Rachid Benhadj a indiqué qu’il voulait mettre en valeur une certaine modernité de l’Algérie. «J’ai choisi les plus beaux endroits d’Alger pour tourner. J’ai filmé le Tombeau de la chrétienne (à Tipasa, ndlr) pour montrer que l’Algérie a une longue histoire, une mémoire profonde.

A l’étranger, certains pensent qu’Alger n’est pas une grande ville moderne, que le Jardin d’essai est en plein cœur de la capitale (…). Chacun peut interpréter une image comme il veut», a-t-il souligné. Rym Takoucht, qui a remplacé Isabelle Adjani dans le rôle de Samia, épouse de Mourad, et fille adoptive du père, a confié, lors du même débat, avoir vu sa propre souffrance à travers le film. «Dans le scénario, j’ai apprécié la rencontre des deux générations. Certains anciens combattants se sont enrichis, pris des villas, pourquoi s’en cacher», a-t-elle dit. Installé à Rome, Rachid Benhadj a réalisé plusieurs documentaires, courts et longs métrages comme Louss, roses de sables, en 1989, et L’arbre des destins suspendus, en 1997. Ce dernier film a été sélectionné à la Mostra de Venise.*El Watan-13.10.2012.

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Trés appréciés aux États-Unis

*Les films algériens font un tabac à New York

15 longs métrages et trois courts algériens sont projetés depuis le 11 mars 2013 pour donner une idée sur le cinéma algérien.

Les films algériens font un tabac à New York

Un festival en Amérique du Nord rend hommage au cinéma algérien à travers la première édition de The Algerian Film Festival, organisé à New York par l’intermédiaire de l’Université de New York avec l’appui de l’ambassade d’Algérie aux Etats-Unis et du consulat algérien de New York. 15 longs métrages et trois courts algériens sont projetés depuis lundi pour donner une idée sur le cinéma algérien et monter la relève existante et des jeunes talents.
Interrogé sur les tenants de cette manifestation au pays d’Hollywood, Ahmed Bedjaoui, le Monsieur du Cinéma algérien, qui maîtrise aussi bien la langue de Voltaire que celle de Shakespeare et qui est l’initiateur du projet, a déclaré, au téléphone, que l’ouverture s’est faite devant un large public au sein même du département cinéma de l’Université de NYU. Elle a commencé par la présentation d’un panel animé par le directeur des études africaines, Manthia Diawara. Des questions ont été posées, notamment à Ahmed Bedjaoui sur le choix des films, mais surtout sur les grandes constantes du cinéma algérien. Ensuite il a répondu aux questions du public présent composé d’universitaires et de représentants de la communauté algérienne à New York, sur le choix des thèmes abordés par les cinéastes algériens. Le débat a été suivi du film d’ouverture Chronique des années de Braise de Mohamed Lakhdar Hamina, Palme d’Or à Cannes en 1975 et surtout référence du cinéma algérien dans le monde avec La Bataille d’Alger.
«La suite des projections se sont déroulées dans une salle de l’Université de NYU plus accessible au grand public. L’affluence a été nombreuse, surtout pendant le week-end. «On a reconnu beaucoup de visages de personnes qui avaient participé au Festival panafricain. Tous les films ont été applaudis et les spectateurs (certains ont suivi quasiment tous les films) se sont déclarés surpris par la haute qualité artistique, politique et historique des films présentés.», a affirmé M. Bedjaoui.
Le représentant algérien a indiqué aussi que certains films ont été particulièrement ovationnés et ont suscité de longues discussions avec le public, parmi eux Hors-la-Loi de Rachid Bouchareb, les deux films d’Amor Hakkar, avec un coup de coeur particulier des New-Yorkais pour La Maison Jaune. Cartouche Gauloise de Mehdi Charef et Delice Paloma de Nadir Moknache, ont également marqué les esprits. Il a ajouté que si un prix du public devait être décerné, il irait sans doute à Safinez Bousbia avec son très beau El Gusto qui a beaucoup ému l’assistance de New York très sensible aux questions de coexistence intercommunautaire.
Enfin, les films des jeunes réalisateurs ont, eux aussi, retenu l’attention des spectateurs qui y ont vu une vision nouvelle et tranché avec les thèmes des traumatismes de la guerre.
Un des organisateurs du festival, Mouhannad Ghawanmeh, a indiqué que «L’Algérie sera au centre de tous les regards au cours de cette 8e édition qui célèbre le Cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie, en mettant à l’avant son passé révolutionnaire».
Le festival s’intéresse également à l’actualité dans le monde arabe à travers «l’effervescence qui caractérise les sociétés arabes (…) depuis les révoltes» qui ont éclaté, il y a un peu de deux ans, a-t-il ajouté. Relevant le choix de deux films algériens qu’il qualifie d’«excellents», M.Ghawanmeh a estimé que leur programmation par le festival vise à «montrer que les révoltes dans certains pays arabes n’ont pas pour source ledit «printemps arabe», mais puisent leurs racines dans la révolution algérienne qui les a en réalité inspirées, selon ses propres propos.
Le cinéma algérien sera également dans un autre Etat des USA, puisque le long métrage de Saïd Ould Khelifa, produit en 2012, a participé au «Twin Cities Arab Film Festival» organisé au Minnéapolis-Saint Paul dans l’Etat du Minnesota. Ce festival du cinéma communautaire a été organisé par la Fondation Mizna, une association culturelle arabo-américaine à but non lucratif créée en 1998 pour promouvoir les activités culturelles au profit des Américains d’origine arabe.
Le festival a également programmé le documentaire Fidaï de Damien Ounouri qui revient sur le passé militant de El Hadi Benadouda au sein de la Fédération de France du FLN, suivi par la caméra de Damien Ounouri, son petit neveu. Il faut rappeler que ses deux oeuvres sont les premiers films à participer dans un Festival en Amérique du Nord à travers le Festival international de Toronto au Canada..*L’Expression-13.03.2013.

**Zabana en Argentine -Un salut fraternel

Lors de la présentation de «Zabana!», le 1er Novembre, ce texte du réalisateur, Saïd Ould-Khelifa, a été traduit en espagnol et lu à l’assistance…

«J’avais tant rêvé de ce voyage, vers la Terre de Borges et du Che ! Je voulais mettre un visage sur une ville, un pays que j’ai appris à aimer lorsque jeune étudiant je découvrais à la Cinémathèque d’Alger, des films comme La hora de los hornos, Los hijos de Fierro de Fernando Solanas, ainsi que ceux de Hugo Santiago»…
Par la suite, journaliste, j’ai eu la chance et l’honneur de me lier d’amitié, à Paris, avec le talentueux pianiste Miguel Angel Estrella, tout juste sorti de prison. Estrella «Najem», en arabe, (du fait de ses origines libanaises, de par son père), aura été pour moi le symbole de ce brassage réussi de l’humanité généreuse et ouverte, à l’image de votre festival qui constitue une fenêtre sur l’Autre, sur l’Arabe.
Aujourd’hui, je vous offre en partage une page de l’histoire de la guerre de Libération algérienne, qui a commencé le 1er Novembre 1954 et qui aboutira, le 5 Juillet 1962, à l’indépendance, après une occupation coloniale qui aura duré 132 années. Zabana!, un jeune idéaliste algérien, qui, à l’image d’une poignée de jeunes gens de sa génération pensait déclencher une guerre avec un armement à peine suffisant pour une partie de chasse… Mais cette «folie de liberté» a eu raison, finalement, d’une des première puissances du NATO…
Arrêté, dès la première semaine de cette guerre d’indépendance, Hamida Zabana, sera condamné à mort.
Pour l’exemple, le ministre de la Justice de l’époque, François Mitterrand, décidera de mettre en marche la guillotine… Zabana sera le premier guillotiné. Plus de 200 autres militants algériens suivront ce tragique chemin. Oran, la ville la plus hispanique d’Algérie, décor de La Peste, d’Albert Camus, porté à l’écran par Luis Puenzo The Pleague, est le décor premier de l’action militante du jeune Zabana. La prison d’Alger sera la dernière étape de ce parcours fulgurant et légendaire depuis. C’est donc un film qui raconte le destin d’un jeune Algérien qui a vu l’échec des politiciens se consumer sous ses yeux et qui a alors compris que la Révolution n’était pas au bout des concepts, mais bel et bien au bout des fusils, comme le proclamera plus tard un Argentin célèbre, Ernesto Guevara…Enfin et avec votre permission, tout en partageant avec vous cette histoire, je voudrais dédier cette soirée qui célèbre le 59e anniversaire du 1er Novembre, à un Argentin, qui a pris le bateau, en 1956, pour aller monter, au Maroc, une usine clandestine de fabrication d’armes pour le compte de l’Armée de libération nationale algérienne. Après l’indépendance, en 1962, il s’installa à Alger, fit venir sa femme Olga, qui partagea sa vie jusqu’à sa mort, en 2005, lui laissant un fils, brillant ingénieur, Luis-Mahmoud.  II a 89 ans et réside à Alger. Ses petits-enfants vivent pleinement leur double culture, argentine et algérienne…Je suis donc fier, ce soir, de faire entendre et applaudir, sur sa terre natale, le nom de ce compagnon d’armes de Zabana, son frère de combat Roberto Muniz, l’Argentin! *L’Expression-03.11.2013.

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Avant-premiére de  »Ce que le jour doit à la nuit  »…a la salle El Mouggar-Alger

Jonas ou ce symbole de l’entre-deux, n’est-il pas finalement le meilleur exemple du désir de réconciliation franco-algérienne?

Scène du film

Mélodramatique à souhait, l’adaptation du livre de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit par le réalisateur de Coup de Sirocco, Alexandre Arcady, d’après le scénario de Daniel Saint-Hamont nous a laissé quelque peu sur notre faim, un sentiment mitigé, hier matin, lors de la projection presse. Quelques modifications pratiques et des raccourcis mais le sujet y est. Mais alors pourquoi ce sentiment? Peut-être parce que parfois le lyrisme littéraire et les portes du phantasme qu’ouvre l’imagination et procure et un livre se doivent de rester confinés dans les limbes de l’intimité et ne pas sortir à la lumière quitte à gâcher leur aura romantique..
Le best-seller Ce que le jour doit à la nuit livre relu pour la circonstance, est terrible, impitoyable, viscérablement bouleversant et émouvant. Le film, quant à lui, est bien soigné avec une mise en scène impeccable, des acteurs beaux souvent filmés de près avec un cadrage des plus mesurés et une image superbement lumineuse mais hélas la magie du cinéma n’opère pas. Décidément, on n’aura pas notre Autant en porte le vent comme l’a susurré à demi-mots le réalisateur! Le pitch du film: Algérie, années 1930. Younès a 9 ans lorsqu’il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Son père, de guerre lasse, après avoir perdu ses terres, emportées par le feu, finit par abdiquer pensant que son fils aura plus de chance de s’en sortir auprès de son frère, plus aisé financièrement, pharmacien de son état et marié à une Française. Cet oncle militant du PPA et fervent admirateur pacifiste de Messali Hadj est campé par Fellag. Rebaptisé Jonas, il grandira parmi les jeunes de Rio Salado dont il devient l’ami. Dans la bande, on citera Fabrice, le journaliste-poète, Jean-Christophe épris d’Isabelle et Simon devenu couturier plus tard et assassiné par les fellagas après s’être marié et eût eu un bébé avec la fille dont tout le monde va tomber sous le charme et tenter de séduire sauf Jonas. Et pour cause! Emilie- son nom- son amie d’enfance n’est autre que la fille de madame Cazenave avec laquelle il aura un jour une aventure. Cette dernière, campé admirablement par Anne Parillaud viendra le supplier plus tard pour laisser tranquille sa fille et lui faire la promesse de ne jamais la toucher… Entre Jonas alias Fu’ad Aït Aattou et sa fille (Nora Arnezeder) naîtra une grande histoire d’amour étouffée dans l’oeuf. Elle sera bientôt troublée par les conflits qui agitent le pays. Rattrapées par la guerre puis l’indépendance de l’Algérie, les amitiés se dispersent, certains se marièrent et eurent des enfants, restera Jonas, seul, végétant dans sa pharmacie et tentant désespérément de retrouver Emilie, en vain. Jusqu’au jour où son fils Michel lui apprend son décès. Et c’est le départ à Marseille pour se recueillir sur sa tombe… Nous sommes en 2010. Un moment solennel mais quelque peu escamoté. Car le harki Krimo qui veillait sur la famille Cazneave vient à la rencontre de Jonas devenu vieux et s’ensuivra une confrontation sourde où le harki reprochera à Jonas son mutisme et surtout cette guerre civile qui sévit en Algérie, autrement dit le terrorisme. Il lui reprochera presque la mauvaise nature des Algériens qui, après le départ des colons et des juifs, se sont mis à s’entretuer. C’est ce qu’on peut découvrir dans le roman mais pas dans le film…. Sans doute un chapitre qui fâche… Le réalisateur a préféré mettre à sa place un Jean-Christophe, qui au lieu de promettre à son ami de retourner en Algérie, un pied noir un peu aigri mais sans rancune qui avoue ne plus avoir de place «là-bas» sans jamais oublier ce qui s’est passé ou le fait d’avoir été chassé… «Une nostalgérie» comme l’a si bien écrit Yasmina Khadra dans son roman, bien ancré dans l’esprit de ce «Français d’Algérie» qui plaide pour autant pour la paix et le retour à la fraternité pour une jeunesse d’aujourd’hui qui n’a peut-être pas choisi d’où elle vient, ni ses parents, ni les siens. «Mais est-ce que les gens naissent égaux en droit à l’endroit?» chante à juste titre, Maxime Le Forestier.. Sans doute que non et Jonas bien qu’ à l’apparence mou, timoré et passif, restera fidèle jusqu’au bout à son pays d’origine, la terre de ses ancêtres, avec ses vieux paysans et cailloux comme l’a été l’Algérie bien avant l’arrivée du colon qui, lui, croit dur comme fer, que c’est lui qui est à la source de la générosité de cette terre… un personnage campé d’ailleurs par un Vincent Perez particulièrement juste dans son interprétation. Loin d’intenter «un procès» au colonialisme, Arcady donne la part belle à l’émotion pour attirer vers lui le spectateur qu’il soit Français, pied-noir ou Algérien d’Algérie pour oser parler et se dire tout en face non sans filmer les rencontres et les séparations, les déchirures du passé et du présent. «Trouver enfin les mots», même si avec du retard et après beaucoup de malheurs et de batailles… 50 ans après, l’essentiel ne serait-il pas, comme l’a si bien écrit Yasmina Khadra, que l’amour triomphe de tout, mais sans renier pour autant le passé ou le glorifier. Sortir enfin encore plus fort de ses blessures et poursuivre sa vie. Jonas ou ce symbole de l’entre-deux, n’est-il pas le meilleur exemple du désir de réconciliation franco-algérienne? Qui mieux, en effet, que ce duo tragique qui arrivera à se pardonner pour faire raviver de nouveau les flammes de l’espoir, même bâti sur un tombeau? tente de nous dire ce film de 2 heures 30. La sortie nationale de Ce que le jour doit à la nuit en Algérie est prévue début octobre.
Le film sera projeté dans les grandes villes. Des rencontres-débats sont aussi prévues dans plusieurs universités avec Yasmina Khadra. *L’Expression-08.09.2012.

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**Mister Bean plagie l’inspecteur Tahar

Le film s’intitule également et comme par hasard Les vacances de Mister Bean

un réalisateur anglais: Steve Bendelack, pique des séquences du film algérien

Mister Bean manque-t-il, ainsi, d'imagination?

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Au moment où on parle de protection de la propriété intellectuelle, notamment dans la chanson où plusieurs titres du patrimoine algérien ont été récupérés arbitrairement par des producteurs étrangers, nous avons découvert que l’un des films les plus célèbres et les plus rentables pour le cinéma algérien Les vacances de l’Inspecteur Tahar, a été plagié par un réalisateur anglais: Steve Bendelack.
En panne de création, le réalisateur anglais n’a pas hésité à piquer plusieurs passages du célèbre film algérien réalisé par Moussa Haddad, pour réaliser un épisode des aventures d’un autre célèbre comique, le britannique Mister Bean. Le film s’intitule également et comme par hasard Les vacances de Mister Bean et reprend plusieurs passages du film algérien.

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En regardant le film qui est sorti en 2007 et qui ne fut pas un énorme succès pour le célèbre comique britannique, on est frappé par la ressemblance avec certaines scènes du film algérien, parfois même le décor et le rythme de l’action sont identiques, comme c’est le cas de la pairie où se trouve Mister Bean et où il prend un vélo et s’accroche à une voiture pour avoir de l’élan. La scène est d’une ressemblance très frappante avec la même scène avec l’Inspecteur Tahar et l’apprenti. On s’est dit c’était peut être un pur hasard, mais plusieurs autres scènes sont venues nous confirmer que le réalisateur et les scénaristes du film de Mister Bean se sont volontairement inspirés du film algérien produit par l’Oncic et propriété du ministère de la Culture, pour réaliser leur oeuvre. Ainsi, la scène des motards qui escortent le comédien, la scène des policiers qui le coincent pour excès de vitesse ou encore la scène de l’auto-stoppeur, qui s’est transformé volontairement en auto-stoppeuse. A cela s’ajoute bien sûr le titre les vacances….même si Les vacances de Mister Bean, ne s’inspirent pas totalement du film de Moussa Haddad. Le film anglais fait suite au succès du premier long métrage de Mister Bean au cinéma, devenu mondialement célèbre pour ses sketchs mimés et silencieux très comiques. Dans ce film, Mr Bean gagne des vacances au sud de la France, au bord de la mer à Cannes. Cependant, son voyage sera parsemé d’incidents, où il découvrira Paris et la France profonde jusqu’à assister au Festival de Cannes et devenir célèbre grâce au film de son voyage. Le film est réalisé par Steve Bendelack, un réalisateur sans succès en Grande-Bretagne, qui fait ses armes plus dans la publicité. Le scénario a été signé par Hamish McColl et Robin Driscoll d’après le personnage créé par Richard Curtis et Rowan Atkinson (Mister Bean). Mais il est clair que les scénaristes se sont volontairement inspirés du film algérien, profitant du vide juridique et surtout de l’absence d’une institution réelle qui défend les intérêts du cinéma algérien à l’étranger. Ce plagiat a été démasqué grâce à la vigilance de certains de nos concitoyens algériens vivant en Angleterre qui adorent les films de l’inspecteur Tahar et qui se sont rendus compte de la similitude de certaines scènes du film anglais avec le film algérien.
Ce genre d’affaire est du pain bénit pour les avocats des sociétés de production ou des télévisions. Même des grands producteurs et des stars n’y échappent pas. Récemment, le cinéaste Luc Besson, Robert Mark Kamen et la société de production EuropaCorp sont assignés en justice pour plagiat dans le film Colombiana. Le couple de plaignants -deux intermittents du spectacle de Gironde- accuse les deux coscénaristes Luc Besson et Robert Mark Kamen d’avoir pillé le scénario et des scènes d’un court-métrage qu’ils ont réalisé en 2005 intitulé Le fantôme de l’Orchidée. Dernièrement, c’est Angelina Jolie qui a été mise au banc des accusés pour son premier long-métrage, Au pays du sang et du miel. Un romancier prétend que l’actrice s’est ouvertement inspirée de son livre sans lui demander de droits d’auteur. Bref, les autorités algériennes ont une excellente occasion de gagner de l’argent, il suffit pour cela d’engager un avocat qui va détrousser Mister Bean…. Pour la mémoire et l’honneur du défunt Inspecteur Tahar.*L’Expression-30.03.2013.

**Voir vidéo: Les vacances de l’inspecteur Tahar, عطلة المفتش الطاهر

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**voir séquences vidéo: Les Vacances de Mr. Bean

*autre version des Vacances de Mr. Bean

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 «Imraa min warek» ou «Femme en papier»… 

PIECE THEATRALE PRESENTEE à Oran

C’est devant un nombreux public et connaisseur de surcroît, était au rendez-vous, pour suivre la pièce théâtrale, «Imraa min warek» ou «Femme en papier», une création adaptée par Mourad Senouci du roman « Ountha Essarab » ou «femme mirage» de l’écrivain Wassiny Laaredj et mise en scène par l’ancienne comédienne Sonia. 

Une pièce qui rend hommage à tous les intellectuels et artistes qui se sont éteints tout récemment et aussi ceux qui ont été assassinés durant cette guerre contre le terrorisme abject. Une oeuvre artistique coproduite par le Théâtre Régional «Azzeddine Medjoubi» d’Annaba et le TNA «Mahieddine Bachtarzi » et qui sera prochainement traduite en langue amazigh par le théâtre de Béjaïa. Il s’agit d’un dialogue féminin entre la femme d’un célèbre écrivain Yamina, et de l’héroïne des romans Meriem. Le dialogue entre autour de la vie et de ses «frustrations, à la mort de chaque intellectuel, penseur et écrivain sous les balles des terroristes. Un dialogue féminin porté entre le réel et le virtuel où, les deux s’affrontent sur un personnage qui a marqué leur vie puisqu’il était tellement galant, à leur écoute et respectueux. C’est à la suite d’un malaise cardiaque que Yamina, rôle joué par Lydia Laarini, sera appelée par sa fille Nada pour les rejoindre et c’est à l’hôpital qu’elle apprendra qu’il s’est réveillé de son coma en prononçant le mot d’une femme, Meriem. Meriem, rôle joué par la jeune comédienne du théâtre de Batna, Raja Lahouari, décide d’aller affronter Yamina et se débarrasser de ce fardeau qui l’empêche d’avancer et de vivre pleinement sa vie. Yamina sera tant surprise et surtout incompréhensive qu’une autre femme partage son cher époux et qui s’appelait Meriem, l’héroïne et dont le prénom a été choisi par elle. Croyant qu’il ne s’agirait que d’une usurpatrice, Meriem, cette jeune, qui aspirait être peintre avant que son frère intégriste ne lui interdit d’étaler son talent et de la « marier» à un homme d’affaires, se laisse aller pour raconter comment elle l’a connu lors de la présentation de la pièce «Ajouad» au TRO. Un dialogue entre deux femmes où, l’une interrompt l’autre pour confirmer les faits et poursuivre leur récit, qui se ressemblaient tellement. Un récit fait de militantisme et aussi de haltes racontant les rencontres avec la mort d’un créateur, dont Issyakhem, Kateb Yacine et Mustapha Kateb avant les années 90. Récits de chronologie aussi des événements ayant secoué notre pays où Yamina habillée en noir donnait du rythme et de la voie avec ses gesticulations et mouvements, déchirant et questionnant des feuilles éparpillées sur le plancher alors que la jeune Meriem, habillée en blanc avec ce regard tant «droit» que perçant était toujours «debout». Mais les deux femmes étaient aussi complices et solidaires dans la tristesse comme dans cette scène présentant la défunte universitaire Zoubida Hagani pleurant Si AEK et interrogeant un islamiste sur les assassinats de simples citoyens et penseurs. Le décor était tout simple mais «lourd» de significations puisqu’en hauteur un cercle tournait portant des fils pleins de feuilles suspendues, des feuilles à terre, un voile fin et transparent séparant le réel et l’imaginaire avec tout au fond un voile de tissu en blanc gris avec de gros dessin de «spirales noires». Le dialogue accompagné par une musique retentissante et «imposante «comme pour marquer un moment de joie ou de deuil, et illustré par des photos qui défilaient en diaporama des Alloula, Djamel Zaiter, le tableau de Issyakham, des Kateb et d’autres scène de «colère». Une pièce émouvante et «chargée» en émotion. Dans une déclaration à l’APS, Wassiny Laaredj, présent à la présentation, a fait part de la prochaine édition de son nouvel ouvrage, à caractère philosophique, dont l’adaptation théâtrale sera également confiée à Mourad Senouci. (Le Carrefour d’Algérie-15.08.2012.)

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*1er festival national culturel de la production théâtrale féminine

Rym Takoucht, meilleure comédienne

Rym Takoucht, meilleure comédienne

«Le prix Keltoum» de la meilleure interprétation a été décerné à l’artiste Rym Takoucht, mardi soir, à la clôture du 1er festival national culturel de la production théâtrale féminine, dédié à l’héroïne disparue du Vent des Aurès, Rym Takoucht a été récompensée pour son interprétation du rôle d’une femme se battant pour s’épanouir et se libérer de la pression sociale dans la pièce Sawad fi el amel (du noir dans l’espoir), un monodrame monté par la coopérative culturelle Rimah d’Alger. Le 2ème et le 3ème prix ont été attribués respectivement à Souad Sekki pour son rôle dans la pièce le Souk des hommes et à Samia Saâdi pour son interprétation de la pièce Les rêves d’antan du théâtre régional de Skikda. La comédienne Nadia Kadri a pour sa part remporté le prix ´´Keltoum´´ de la meilleure interprétation jeunes talents prometteurs pour son rôle dans la pièce le Souk des hommes. Le jury présidé par la femme de lettres Zineb Laouedj a attribué son prix spécial à la pièce Malameh, une production d’une troupe théâtrale animée par des résidents de la cité universitaire Hamla-4 de Batna. Le Prix de la meilleure mise en scène féminine est revenu à Fadila Assous pour la pièce Les Larmes de lune et celui de la meilleure scénographie à Assia Boulahref pour la pièce Malameh. Le festival a également décerné le Prix de la meilleure interprétation masculine à Abdelhamid Hadjoui pour son rôle dans la pièce Stop frontières de la coopérative Founoun d’Annaba. La manifestation a également été sanctionnée par des recommandations plaidant pour un plus grand encouragement de la production théâtrale féminine, pour l’adaptation de pièces théâtrales à partir de textes de la littérature algérienne, ainsi que pour la multiplication d’ateliers de formation pour rattraper le manque constaté dans les techniques d’adaptation, de scénographie et de musique du théâtre féminin. Les insuffisances constatées dans ce domaine ont d’ailleurs poussé le jury à ne pas attribuer certains prix comme le prix de la meilleure composition musicale, celui du meilleur spectacle complet et de la meilleure conception chorégraphique féminine. Six pièces théâtrales étaient en compétition au 1er Festival culturel de la production théâtrale féminine de Annaba qui a également vu la présentation de cinq autres pièces hors compétition ainsi que l’organisation d’ateliers de formation et des conférences portant sur le thème du théâtre féminin. (L’Expression-02.02.2012.)

**Isabelle Adjani veut faire un film en Algérie avec Yamina Benguigui

Un retour aux sources pour Isabelle....

La star franco-algérienne, Isabelle Adjani, qui fut l’héroïne de plusieurs grands succès du cinéma français et international, envisage de revenir en Algérie pour tourner un film. La star, qui est âgée aujourd’hui de 57 ans, avait fait un engagement avec le ministère de la Culture pour tourner dans deux films algériens. Le premier dans lequel elle devait apparaître Parfums d’Alger de Rachid Benhadj, n’a pas abouti en raison d’un violent désaccord avec le réalisateur. La star avait évoqué des problèmes de compatibilité avec le réalisateur et a quitté l’Algérie avec fracas, après seulement quatre jours de tournage, alors qu’elle avait reçu un premier cachet de plusieurs centaines de milliers d’euros. L’affaire avait fait grand bruit à l’époque et la presse à scandale, en France, aurait invoqué l’obligation de la star de porter le voile et d’être surveillée en permanence par une protection armée. Des allégations qui ont été démenties par des membres de l’équipe de tournage en Algérie. Cette affaire avait, en tout cas, obligé, la production à recruter dans des délais très courts, une autre star, la comédienne italienne: Monica Guettorite. Le film a été depuis, terminé et, quelques extraits ont été même présentés sur le stand de l’Algérie durant le Festival de Cannes.

Mais pour revenir tourner un film en Algérie, Isabelle Adjani pose une importante condition: travailler avec Yamina Benguigui. C’est dans ce sens que la réalisatrice et nouvelle secrétaire d’État du gouvernement Hollande a été chargée par la star d’approcher la délégation algérienne à Cannes et transmettre la proposition aux autorités concernées. Après ses querelles avec le réalisateur Rachid Benhadj, elle souhaite faire le film avec une personne avec laquelle elle est très proche: Yamina Benguigui. Celle-ci avait fait jouer Adjani dans la deuxième version du téléfilm Aïcha. Adjani avait eu une réplique avec Biyouna qui est restée célèbre en raison d’un échange verbal grossier entre les deux comédiennes algériennes. Connue pour ses caprices de star, Adjani a également un grand coeur. Elle ne souhaite pas que le pays d’origine de son père garde une mauvaise image d’elle et selon certaines sources, le projet de film entre Adjani et Benguigui date au moins de six mois, et à l’époque, Benguigui n’était pas pressentie pour occuper un poste dans le gouvernement Hollande.
Les deux femmes ont même signé une pétition pour le président François Hollande juste après son élection, intitulée «Françaises, les grandes oubliées» interpellent le président français sur les femmes issues de l’immigration. Plusieurs noms du cinéma ont signé cet appel: Rachida Brakni, Catherine Frot, Elsa Zylberstein, Firmine Richard, Biyouna, Saïda Jawad, Farida et Rahouadj Djura.
Mais le projet de film Adjani- Benguigui bute actuellement sur l’impossibilité de Yamina Benguigui de faire des films, en raison de ses obligations gouvernementales. Mais selon certains observateurs, la réalisatrice de Mémoires d’immigrés n’envisage pas de rester longtemps au gouvernement et pourrait même céder sa place après les résultats des législatives.
Proposée par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dans le gouvernement Hollande, Yamina Benguigui ne fait pas, en tout cas, l’unanimité dans le gouvernement actuel. Le quotidien Libération du 1er juin a révélé que lors de la première réunion de l’équipe ministérielle placée sous l’autorité de Laurent Fabius, la ministre déléguée aux Français de l’étranger, Benguigui, a fait des siennes, osant l’interrompre trois fois pour ajouter des commentaires personnels. Le n°2 du gouvernement socialiste a très mal pris la chose, au grand plaisir des autres ministres présents: Bernard Cazeneuve (Affaires européennes) et Pascal Canfin (Coopération). Le journal satirique Le Canard enchaîné du 23 mai, a rapporté aussi que la productrice et réalisatrice s’est fait taper sur les doigts par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, quand il a appris que la réalisatrice et ministre déléguée aux Français de
l’étranger et à la Francophonie, passait le week-end au Festival de Cannes.
Le Premier ministre Ayrault lui a interdit de monter les marches de la Croisette lors de la clôture du Festival et qu’elle met ses frais de l’hôtel Martinez sur sa note personnelle. Bref, il est clair que la place de Benguigui sera bientôt sur les plateaux de tournage et probablement en Algérie.(L’Expression-07.06.2012.)

**Clôture du 1er festival national de la production théâtrale féminine à Annaba

   Prix pour la «maturité» et «la fraîcheur»

 Le jury du premier Festival national de la production théâtrale féminine a décidé de ne pas attribuer quatre prix.

Annaba- envoyé spécial d’El Watan

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Une photo pour immortaliser l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement.<br /><br /><br /> » src= »http://www.elwatan.com/images/2012/02/01/culture_847162_465x348.jpg » width= »414″ height= »292″ /></a></span></strong></span></p>
<p><span style=Rym Takoucht a été consacrée, mardi soir, au théâtre régional Azzeddine Medjoubi de Annaba, meilleure interprète féminine du premier Festival culturel national de la production théâtrale féminine. Elle a été primée pour son monologue, Al saouad fi al amel (La noirceur dans l’espoir). «Nous avons encore besoin de nos aînés sur scène. Nous avons beaucoup à apprendre d’eux. Keltoum nous a dit : ‘‘aimez vous’’. Les artistes doivent s’aimer entre eux. Nous avons les moyens d’entrer dans les compétitions internationales de théâtre. Mon âme est sur scène. C’est là que je respire. Mon prix est celui de sentir que mon message a été compris par le public», a déclaré Rym Takoucht. Souad Sebki a décroché le deuxième prix pour sa pièce, Souk Al Redjal (Le marché des hommes).

«J’ai eu ma récompense le jour où j’ai donné mon spectacle. J’ai été ravie par l’accueil du public. Les gens me saluent dans la rue et me demandent de rejouer la pièce», nous a-t-elle confié. Souad Sebki prépare un spectacle en duo avec un comédien qui porte le titre provisoire de «Mabrouka» et qui devrait être prêt à la fin de l’année. Dans la même catégorie, Samia Saâdi de Skikda a eu le troisième prix pour son monodrame Ahlam Zaman (Les rêves d’antan). «J’ai l’impression d’être entrée dans l’histoire hier (lundi, le jour du spectacle, ndlr). Cela fait presque trente ans que je suis sur scène, mais nous avons été oubliées. Je n’ai jamais cessé de travailler», a-t-elle soutenu.

Elle a tenu à remercier Sonia, commissaire du Festival, et son assistante Lynda Sellam, de ne pas l’avoir mis de côté. Samia Saâdi travaille déjà un autre monologue, Lilt ma tefhet warda (La nuit de l’éclosion d’une rose). Il sera suivi par un autre spectacle, Youm lik ou ghadoua alik (Un jour pour toi, le lendemain contre toi). Samia Saâdi, qui préside l’association Noudjoum El Fen de Skikda, envisage de se consacrer aux monologues. Le prix de la meilleure interprétation masculine a été attribué à Abderrahamne Djemoui pour son rôle du policier dans la pièce Qif… Houdoud (Halte… frontières) avec Fatiha Soltane de la coopérative Founoun de Annaba. Il était concurrencé par Yazid Sahraoui (Souk El Redjal) et Aboubakr Essdik Benaïssa de la pièce Les larmes de la lune de Fadéla Assous.

Fadéla Assous, justement, a eu le prix de la meilleure mise en scène. Construite à partir des textes de Kateb Yacine, Les larmes de la lune a été montée avec des étudiants de l’université de Sidi Bel Abbès. «C’est la rencontre de la maturité et de la fraîcheur. C’est mon premier prix. Par le passé, j’ai été honorée en Tunisie, en Egypte, en France, en Italie…», nous a dit Fadéla Assous qui a commencé sa carrière en 1970 avec Abdelkader Alloula. Le jury, présidé par la poétesse Zeineb Laouadj, a eu un coup de cœur pour la pièce Malamih (Traits) de l’association «L’espace bleu» de la cité universitaire Hamla de Batna. Il a donné le prix du jury à cette pièce montée par Lahcen Chiba.

«C’est une juste récompense pour des filles qui se sont fatiguées, qui ont donné de leur temps pour faire les répétitions», nous a déclaré Lahcen Chiba. Ce jeune metteur en scène prépare une autre pièce avec les étudiantes de Batna, Jazirat Al nisaa (L’île des femmes), pour participer au prochain Festival du théâtre universitaire. Encore étudiante, Assia Boulahraf, qui a conçu la scénographie de la pièce Malamih, a obtenu le prix de la meilleure scénographie. «Je ne m’attendais franchement pas à ce résultat. Nous ne sommes pas des professionnelles. Le festival nous a donné l’occasion d’être visibles et vues par le public. Nous souhaitons monter un autre spectacle. Pour moi, faire du théâtre après la fin de mes études est une aspiration», a souligné Assia Boulahraf. Le prix du meilleur espoir féminin a été attribué à Nadia Kadri pour son rôle dans Souk El Redjal.

«C’est ma première distinction au théâtre. Avec les quatre comédiennes du film Essaha de Dahmane Ouzid, j’ai obtenu le prix de la meilleure interprétation féminine lors du Festival du film arabe d’Oran en 2010. Cela m’encourage à continuer et à améliorer mes capacités», a expliqué cette comédienne du Théâtre régional de Béjaïa. Elle a joué dernièrement dans la pièce Mejdeli de Omar Fetmouche. Le jury a décidé de ne pas attribuer les prix du spectacle complet, du texte original ou adapté, de la composition musicale féminine et de la conception chorégraphique féminine. En plus de Zeineb Laouadj, le jury était composé de l’universitaire Djamila Mustapha Zegaï, la comédienne Fadéla Hachmaoui, les metteurs en scène Ali Abdoun, Djamel Marir et Abdelhamid Gouri ainsi que le poète Youcef Chegra. (El Watan-02.02.2012.) 

 **Zeineb Laouadj, présidente du jury :

 «Encourager l’adaptation au théâtre à partir des textes littéraires algériens»

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Zeineb Laouadj avec le dramaturge Djamel Marir.<br /><br /><br /> » src= »http://www.elwatan.com/images/2012/02/01/culture2_847189_465x348.jpg » width= »383″ height= »276″ /></a></strong></span></p>
<p><span style=Le jury du premier Festival national de la production théâtrale féminine a demandé, mardi soir, à la clôture de la manifestation au théâtre régional Azzeddine Medjoubi, que le prix qui sera attribué chaque année porte le nom de Keltoum.

La poétesse Zeineb Laouadj, présidente du jury, a indiqué, lors de la présentation des résultats, que des critères internationaux ont été retenus pour évaluer les sept pièces en compétition officielle. Il s’agit de la valeur dramatique des spectacles, de l’inventivité de la scénographie, des capacités créatives de la mise en scène, de la performance des comédiens et du langage scénique.
Le jury a salué la présence du théâtre universitaire et des coopératives indépendantes du quatrième art, comme il a relevé l’absence des théâtres régionaux dans la première édition du festival.

«La présence de plusieurs générations de comédiens sur scène a donné une autre saveur aux spectacles. Les expressions théâtrales multiples ont composé une mosaïque durant ce festival, même si nous avons constaté une différence de niveau», a déclaré Zeineb Laouadj. Le jury a proposé la constitution d’un comité de sélection des spectacles à retenir pour la compétition pour les prochains festivals. «Les théâtres du secteur public doivent être soumis à l’obligation de prendre en charge la production des femmes (…) S’intéresser au théâtre fait par les femmes ne veut pas forcément dire ségrégation sexuelle en matière des arts. La valeur créative et la qualité sont les seuls déterminants. Ce festival permet de rendre plus visible l’effort fourni par les femmes au théâtre», a-t-elle noté.

Pour le jury, le meilleur spectacle primé au festival d’Annaba doit être retenu pour la participation dans des manifestations internationales et dans le Festival national du théâtre professionnel. Appel a été également lancé pour les entreprises publiques et privées pour soutenir financièrement les activités du théâtre. Le jury a aussi souhaité l’encouragement de l’adaptation au théâtre à partir des textes littéraires algériens, l’ouverture d’un site internet pour le festival d’Annaba, publier tous les travaux en rapport avec ce festival, ouvrir la manifestation à la participation scolaire et universitaire. «Nous demandons au ministère de la Culture d’éditer une revue spécialisée consacrée au théâtre algérien», a noté Zeineb Laouadj. (El Watan-02.02.2012.)

** « Ahlam Zaman » Le monologue  de Samia Saâdi

      Le tendre drame du célibat au féminin

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Les soliloques de Samia Sa&acirc;di.<br /><br /><br /> » src= »http://www.elwatan.com/images/2012/01/31/culture4_845608_465x348.jpg » width= »388″ height= »277″ /></a></strong></span></p>
<p><span style=On ne s’ennuie pas avec Samia Saâdi. Cette comédienne du Théâtre régional de Skikda occupe la scène comme il le faut.

Elle est là où doit être son personnage. Au bon moment, au bon angle. Lundi après-midi, le monologue Ahlam Zaman (Les rêves d’antan), présenté au théâtre régional Azzeddine Medjoubi de Annaba, à la faveur du premier Festival culturel national de la production théâtrale féminine, a plu au public. L’idée de ce monologue, mis en scène par le jeune Kamel Torche d’après un texte de Samia Saâdi, n’est pas nouvelle. Mais, la manière avec laquelle le sujet de la femme qui ne trouve pas de mari est raconté, mis en spectacle, est intéressante, moderne. Adepte du réalisme sur les planches, Samia Saâdi, inspirée par une histoire vraie, a campé le rôle de Ahlam, une vieille fille, qui vit à l’intérieur et qui subit les attaques sournoises du voisinage. «Bayra ! Bayra!», crie la foule au début du spectacle. Ce mot sale signifie la fille qu’aucun homme n’a voulu prendre pour épouse.

«Mère, tu m’as dit d’être patiente ! Jusqu’à quand ? Leurs mots me blessent», se lamente Ahlam qui se réveille en sursaut d’un cauchemar circulaire. Elle est prise par une seule obsession : rencontrer un homme pour atteindre «la délivrance», plus psychologique que physique. A 45 ans, la quête paraît difficile. «Mère, tu m’as dit de ne pas sortir. Mais comment trouver un mari entre les murs?», s’interroge-t-elle. Ahlam assiste à une fête de mariage. Là, elle est torturée par les remarques désobligeantes des invitées. La femme est le meilleur bourreau de la femme. L’a-t-on oublié ? «Je veux marcher dans la rue avec un homme et je dis à tous : mon époux est là !», crie Ahlam. Elle est tantôt prise par la douleur de la solitude, tantôt par le bonheur de rêver à la présence d’enfants à la maison. Ahlam sort. Elle rencontre un homme qui chique et qui fait «un stage» pour ramasser les poubelles plus tard. Pourquoi pas ? Le jour du mariage, Ahlam est battue par son époux ivre.

«Frappe-moi puisque j’ai écrasé ma dignité pour te prendre comme époux. Frappe-moi parce que je n’ai pas d’autre choix !», pleure-t-elle. Elle subit aussi le diktat terrifiant de la belle-mère. A l’hôpital, elle doit accoucher dans les sanitaires et «loger» dans les couloirs. Sa voisine, l’épouse du richissime Hamid Zeddam, est traitée comme une princesse. Oui, dans les hôpitaux «publics» algériens, les plus pauvres sont les moins respectés, les plus humiliés. C’est même à la tête du client ! Certains médecins, infirmiers et administratifs – pas tous bien sûr – ne s’intéressent pas à la maladie du patient mais à sa poche, à son rang social et à sa «générosité».

Il n’existe aucune justice de ce qui est appelée la santé publique. Samia Saâdi ne s’est donc pas contentée d’évoquer la situation de la femme dans la société pour ne pas reproduire le discours, largement consommé, des pleureuses. Elle a brassé large. Il y a tellement de choses à dire sur la société d’aujourd’hui, ses paradoxes et ses délires ! Ajoutant de l’humour, la comédienne a pu communiquer facilement avec le public. Son jeu simple, frais et sans prétention l’a énormément aidée. Le souvenir d’une femme décédée sans se marier que Samia Saâdi a connue a même amené Ahlam à pleurer sur scène.

«Cette femme me suppliait pour parler de sa douleur. Elle me disait que même sa mère lui reprochait d’avoir ‘‘mangé’’ ses enfants ! Pour évoquer les difficultés d’être femme, il est important d’user du langage de la franchise. Chaque artiste doit à mon avis avoir de l’audace pour traiter de toutes les questions sur les planches. On doit briser les tabous et respecter la femme qui ne s’est pas mariée, ne pas faire un drame de ce célibat», a expliqué Samia Saâdi, lors du débat après le spectacle. La comédienne a fait un souhait : «J’espère qu’un jour on demandera des excuses aux femmes attaquées parce qu’elles n’ont pas trouvé d’époux, leur dire que ce n’est pas de leur faute et que la vie est ainsi faite».(El Watan-01.02.2012.)

**La pièce les larmes de la lune de Fadéla Assous

Annaba- envoyé spécial d’El Watan

Le titre est poétique : Les larmes de la lune (Doumoue al qamar)l La pièce, conçue par Fadéla Assous à partir des textes de Kateb Yacine, a été présentée dimanche soir au théâtre régional Azzeddine Medjoubi de Annaba, et ce, à l’occasion du Premier festival culturel national de la production théâtrale féminine, qui se veut un hommage à l’auteur de Nedjma.

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Sc&egrave;ne de la pi&egrave;ce Les larmes de la lune.<br /><br /><br /> » src= »http://www.elwatan.com/images/2012/01/31/culture3_845607_465x348.jpg » width= »419″ height= »310″ /></a></strong></span></p>
<p><span style=La metteur en scène, aidée par le jeune Aboubakr Essedik Benaïssa, qui a également interprété le rôle de Kateb Yacine, a travaillé avec des étudiants du département des arts et des langues de l’université de Sidi Bel Abbès. «J’ai trouvé chez ces étudiants de l’écoute, un physique, de la couleur. Je les ai aidés à retravailler la voix. Ils étudient le théâtre, mais ne l’ont jamais pratiqué. Au départ, c’était une formation dans le cadre d’un atelier. C’est devenu une pièce», a expliqué Fadéla Assous, lors du débat après le spectacle. En 45 minutes, Fadéla Assous a tenté de «résumer» l’œuvre dense de l’auteur de Le cercle des représailles. La scénographie dépouillée est articulée autour de la mémoire, comme ce porte-manteau installé comme un rempart au fond de la scène, où l’on accroche les souvenirs.

La musique vivante de Hamid Dedjili, interprétée sur scène, flûte, mandole et bendir, donne un rythme à un spectacle où la chorégraphie cache parfois la faiblesse du jeu dramatique. Tout commence par les airs berbères de flûte annonçant la naissance d’El Kablouti. «Je suis une blessure née. Une blessure qui ne guérit pas», lance le poète. Il est habillé d’une chemise de bûcheron, d’un pantalon bleu de Shanghaï, d’un chapeau de paille, d’une écharpe rouge et d’un bâton. Le groupe (une douzaine de comédiens) enchaîne avec une protest song : Ezman tbdel (Les temps ont changé). On est quelque part dans l’univers katébien. Lakhdar, le personnage du roman Nedjma, est là. Mouh Ezzitoun et Nedjma aussi.

«L’étoile qui paraît chaque automne et qui vient essuyer mes larmes», dit l’artiste amoureux, celui qui avait donné son cœur à «la cousine mariée». Plus loin, l’un des personnages, jusque-là effacé, interprète Ya Hada khti de Aïssa Djermouni. Le chant aurésien figurait parmi les desserts préférés de Kateb Yacine. «Le jasmin porte ma mère, ma sœur et ma campagne. Le jasmin porte les étoiles», lance encore le poète. Jasmin pour Yasmine, prénom de la mère de Kateb Yacine. «Raconte, ô toi le fou. Ta sagesse est ta folie. Et ta folie est ta sagesse», réplique une femme portant la voix de la société d’en haut. A-t-on un jour pris au sérieux les poètes, les artistes, qui dénudent les souffrances ?

La folie, comme la rage, est le parfait prétexte, fatalement facile, que trouve l’oppresseur pour vider la colère de ses opposants. La pièce évolue à travers les écrits de l’auteur de Le polygone étoilé : le massacre de mai 1945, les épidémies, les collaborateurs du colonialisme (les hlalef), les religieux tacticiens, ceux qui «ramènent de la matraque du paradis…» Fadéla Assous s’est beaucoup inspirée des écrits inédits, notamment les poèmes, de Kateb Yacine (L’œuvre en fragments, textes collectés par Jacqueline Arnaud en 1986). Cependant, la pièce a un certain goût d’inachevé. La fureur contestataire de l’auteur de Le poète comme un boxeur est presque absente. A peine quelques éclats de voix dit parfois collectivement par les comédiens : «La vie est belle, l’humanité est plus belle», «Celui qui aime le silence vivra humilié», «Le gouvernant est ivre, le peuple furieux et inquiet», «Hadhi blad el gandour» (C’est le pays de la gandoura)… «J’ai donné l’essentiel. J’ai préféré le côté poétique, le côté souffrance de l’œuvre de Yacine. Yacine était attaché à sa mère, à Nedjma, à la terre, à la patrie. Je ne me suis pas ligotée dans cette pièce. J’aurais pu monter une œuvre complète de Yacine. Dans ce spectacle, il y a le rêve, les défis, les ambitions, la rage et le courage de l’écrivain. Je ne pouvais donc pas puiser toute l’eau du puits», a justifié Fadéla Assous.».(El Watan-01.02.2012.)

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Caravane des journées du théâtre arabe à Mila

Le monodrame «Banat El Wakil» ouvre le bal Adeptes et accros des planches auront à s’extasier, quatre jours durant, des présentations théâtrales du monde arabe, à savoir la Tunisie, l’Egypte et la Syrie ainsi qu’un spectacle «Souk Ennsa» de l’association du théâtre libre Milev 86, l’organisatrice de cette manifestation, conjointement avec l’association Yamama de la magie, de Mila.
L’œuvre «Banat El Wakil» a ouvert le bal tout en impressionnant, 50 minutes durant, la dense foule ayant envahi la salle de spectacles de la maison de la Culture Mobarek El-Mili de Mila. Merveilleusement incarnée par la jeune comédienne Imen Maberouk, le personnage d’El Batoul», la vierge déshonorée et proie facile des prédateurs humains d’un bas monde n’ayant ni loi ni foi. Une belle rebelle, se révoltant contre sa nature de chasteté et de pureté, elle derrière le monde de la création pavé de menaces d’indécence. Cette production de la société tunisienne Masserah ibtissama, mise en scène par Imed El Waslati et texte d’Ahmed Kamel, relate la terrible vérité devant laquelle s’est retrouvée «El Batoul», après avoir découvert l’amère réalité se dissimulant derrière le masque enjôleur. »Démasquez-vous Messieurs ! », déclame-t-elle, époustouflée. C’est dans une langue soutenue et des mouvements harmonieux et expressifs d’un corps svelte, fin et juvénile  que la jeune El Batoul a retracé, d’une voix hantée d’amertume et de tristesse,  les péripéties de sa mauvaise expérience dans le monde de la création et de l’art. Le coût de sa révolte était cher, la pauvre. Le rêve de sa mère de la voir un jour savante semble complètement dissipé. L’honneur de son père a été éclaboussé et entaché de flétrissure à jamais. Alors qu’elle décrivait ce carnaval manipulé, le réalisateur intervint soudainement pour l’arrêter en lui reprochant qu’elle a transgressé le texte de la pièce. El Batoul lui répondit : Laisse-moi parler ! Laisse-moi m’exprimer. Je suis en Algérie et je dirai tout ce que je veux. » Et des applaudissements assourdissants font écho à la salle et le public s’est levé. Elle continue de parler au public et conseille tout un chacun de dire, de s’exprimer et de dénoncer cette terrible vérité. El Batoul disparait dans la dense foule du public et le réalisateur monte sur scène pour annoncer l’épilogue de cette pièce. Le spectateur subtil aurait fait une lecture donnant un sens à cette œuvre qui symboliserait le monde arabe qui est secoué par une série de révoltes manipulées.*Le Courrier d’Algérie-29.03.2013.

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*60 projets cinématographiques en 2011 en Algérie
Certains sont inscrits au titre de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011» aux côtés d’autres projets programmés depuis 2010.

La ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, a annoncé, lundi à Alger, la réalisation en 2011 de 60 projets cinématographiques, notamment dans le cadre de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011».
Mme Toumi, qui répondait aux membres du Conseil de la nation sur le projet de loi sur le cinéma, a indiqué que depuis la relance et le financement du Fonds de promotion et de développement de l’industrie cinématographique, à l’occasion de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe 2007», l’Etat a estimé impératif de relancer le secteur après une période d’inertie ayant duré près d’une décennie.
Dans cette optique, 60 projets seront réalisés cette année dont certains inscrits au titre de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011» aux côtés d’autres projets programmés depuis 2010, a précisé la ministre, ajoutant que depuis 2007, aucun film financé par le ministère de la Culture n’a été projeté en avant-première à l’étranger.
Ils ont tous été projetés en avant-première dans l’une des salles dont le ministère de la Culture détenait un permis d’exploitation, a-t-elle précisé. Plusieurs salles de cinéma ont été détournées de leur vocation, les chaînes satellitaires et télévisées n’étant pas tenues juridiquement de présenter la production nationale, a encore rappelé la ministre.
Evoquant les films algériens ayant décroché des prix dans des festivals et concours internationaux, Mme Toumi a expliqué que «nous n’avons pas vu ces films dans ces chaînes pour les mêmes raisons».
Par ailleurs, la ministre a indiqué avoir demandé aux médias lourds (télévision et radio) de préparer des émissions sur le cinéma, rappelant l’institutionnalisation des festivals de Djamila, d’Oran et du film amazigh.
A une question sur le financement des projets cinématographiques, Mme Toumi a précisé que le Fonds de développement du cinéma, créé en 1967, a été introduit dans la loi des finances 2010 et «régi par un cadre juridique conformément au décret exécutif de 1991».
La mémoire et le legs historiques relèvent des attributions du ministère des Moudjahidine, contrairement au cinéma qui incombe au ministère de la Culture, a-t-elle ajouté. (L’Expression-19.01.2011.)

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3 réponses à “Cinéma-théâtre”

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