Autopsie d’une opposition-1

*Abdelmalek Bouchafa (FFS) : Le pouvoir veut diviser la société

Lors de son intervention, hier, au conseil fédéral de son parti à Tizi Ouzou, M. Bouchafa a déclaré que «le pouvoir, à travers ses clans, veut diviser la société et semer un climat de confusion dans le but d’éloigner le citoyen de la vie politique.

D’ailleurs, il est à l’origine du chômage, de l’exclusion et de la confusion qui ont créé un climat de violence dans le pays». «Les événements  de Béjaïa confirment  amplement l’échec du pouvoir dans la gestion des affaires des citoyens. Nous avions alerté les décideurs sur les éventuelles conséquences de l’adoption de la loi de finances 2017», a-t-il ajouté, soulignant toutefois que sa formation politique est contre toute forme de violence pour régler les problèmes.

«Nous sommes toujours pour le dialogue et le combat pacifique, car c’est le dialogue dans tous les domaines qui permet d’aboutir à un consensus national qui consacrera les premiers jalons d’un Etat de droit et de libertés», a-t-il insisté. Evoquant les intempéries de ces derniers jours, le premier secrétaire du vieux parti de l’opposition a déclaré que «le pouvoir a prouvé, encore une fois, qu’il n’a pas de vision d’intervention lors des catastrophes.

Il n’a fait que montrer à la télévision des images qui contredisent la réalité du terrain. Il veut cacher sa défaillance à prendre en charge les populations dans des situations difficiles». L’orateur est longuement revenu aussi, dans son discours, sur la question de la langue amazighe qui est, selon lui, l’un des fondements incontournables pour l’unité nationale.

«Tamazight, l’arabe et l’islam sont indissociables pour garantir l’unité nationale. Nous sommes contre la ghettoïsation dans un seul territoire. Le FFS est également contre la marchandisation politique de cette langue», a-t-il lancé. Par ailleurs, évoquant la participation de son parti aux prochaines élections législatives, M. Bouchafa a  exhorté les militants et les cadres de sa formation politique à opter pour un discours politique serein dans un climat de respect de l’autre, lors de la campagne électorale.

De son côté, Chafaâ Bouaiche, chef du groupe parlementaire FFS à l’APN, a, dans le même ordre d’idées, ajouté que «la campagne doit être politique pour disqualifier les partis du pouvoir». Pour sa part, Farid Bouaziz, premier secrétaire fédéral du FFS à Tizi Ouzou, a déclaré : «D’ores et déjà, nous devons entamer la précampagne. Nous avons 60 sections communales structurées et des noyaux dans les sept autres. Donc nous serons présents dans tout le territoire de la wilaya.» Et d’annoncer que la commission de choix des candidats aux prochaines élections législatives sera mise sur pied le 3 février prochain. Enfin, notons que lors du conseil fédéral du FFS tenu hier à Tizi Ouzou, le président de l’APW, Mohamed Klalèche, a procédé à la présentation du bilan de l’Assemblée de wilaya. *Hafid Azzouzi / el watan / 22 janvier 2017

****Abderrazak Makri. Président du Mouvement pour la société de la paix (MSP)

Une APN entachée par la fraude ne tiendra pas cinq ans

Union avec le Front du changement de Menasra, option de la participation aux législatives et perspective de la crise : le leader du MSP revient pour El Watan Week-end sur ces questions et prévient contre les tentations de la fraude électorale. 

- L’«union incorporative», que vous venez de concrétiser avec le Front du changement de Abdelmadjid Menasra, serait-elle vraiment un projet politique de longue haleine ou un recentrage en vue des prochaines législatives ?

Il s’agit, en fait, d’un processus entamé il y a de cela trois ans, trois ans de discussions avec le Front du changement. Ce qui démontre qu’il ne s’agit pas d’une union circonstancielle. On retrouve d’ailleurs ce parcours dans les clauses même de l’accord avec le Front du changement et ses résultats. Ce n’est pas une opération à la va-vite ! Il y a eu des hauts et des bas, des fois on se sentait près de l’accord, parfois on s’éloignait. Mais je dois dire aussi que l’approche des législatives a favorisé l’accélération de ce processus.

- Le système se méfie des unions des forces politiques, préférant la dislocation, ou, souvent, la création de clones. N’avez-vous pas peur qu’on vous trouve des biais juridiques pour empêcher cette union ?

Sur ce plan-là, nous avons pris toutes nos précautions. Nous avons tenu à mentionner dans les clauses de l’accord avec le Front du changement que toutes les procédures doivent être légales. Au MSP, nous avons également créé une commission juridique, et qui se réunit fréquemment pour étudier toutes les précautions légales. D’autant plus que nous allons vers un congrès extraordinaire, nous devons être sûrs de respecter à la lettre la loi.

Cette union sera complètement parachevée lors du congrès démocratique, le congrès ordinaire du premier trimestre 2018. Car nous avons planifié cette union en trois étapes : l’étape électorale, l’étape consensuelle (de dix mois, juste après les législatives) couronnée par un congrès extraordinaire, puis, enfin, l’étape du congrès démocratique qui coïncidera avec la date du congrès ordinaire donc.

- Comment allez-vous organiser, ensemble, l’élaboration des listes électorales ?

Les listes seront discutées localement entre les candidats des deux formations, sur les critères de la compétitivité, de l’équité et de l’équilibre, mais avec une supervision, ensuite au plan central au cas où il faudra trancher sur des cas que les instances locales n’ont pas pu régler.

- Chez les partis islamistes, on est passés de la phase des «redressements», des clones et des dissidences, à celle du recentrage. Pourquoi maintenant ? Parce que les partis islamistes ont perdu trop d’électorat ? Pour faire face à la barre des 4% imposés par la loi électorale ?

D’abord, cet effritement n’est pas propre au courant islamiste.

On voit par exemple quelque quinze partis de ce qu’on appelle le courant nationaliste, autant dans le courant dit «démocrate» : c’est un phénomène algérien provoqué par la situation politique anormale et essentiellement par la fraude électorale. A défaut de l’émergence de grands partis représentatifs de courants politiques distincts comme dans tous les pays démocratiques. Ensuite, le MSP n’a aucun souci avec le quota des 4%, nous sommes un parti structuré, présent à l’échelle nationale, avec des élus locaux dans toutes les wilayas.

- Comment concilier entre votre opposition à un système que vous qualifiez de source de la crise et votre participation à des élections organisées par ce même système ?

Premièrement, je dois dire qu’on a été surpris par l’accueil positif de notre électorat à cette décision. C’est ce qui a été constaté lors de nos sondages et nos actions de proximité. Deuxièmement, ce que nous avons fait jusqu’à présent, c’est-à-dire participer dans le jeu politique au sein d’un système non démocratique, est exactement ce qu’ont fait les partis à travers le monde, en Afrique, en Amérique du Sud et en Europe de l’Est avant d’accéder à la démocratie, après des années de militantisme et de résistance.

C’est l’option qu’avait aussi choisie le mouvement national durant la colonisation : il a participé aux élections jusqu’à la Révolution du 1er Novembre. Donc, sur le plan pragmatique et historique, notre démarche n’est pas incongrue. Troisièmement, si nous considérons qu’on ne peut participer à des élections entachées par la fraude, cela veut dire que nous devons sortir dans la rue !

Parce que nous devons rester dans la logique du changement et dans la logique de la résistance politique. Mais aujourd’hui, ni les Algériens veulent sortir dans la rue ni nous permettrons de nous aventurer dans cette voie. Donc, nous n’avons pas d’autre alternative. Si je ne vais pas aux élections, eh bien, il ne me reste qu’à rentrer chez moi, car on ne peut activer autrement : médias et société civile sont, en majorité, sous contrôle, les marches sont interdites, etc.

Si un parti boycotte, cela voudra dire qu’il se positionne en rupture totale avec le système politique. S’il participe, alors nous avons deux possibilités. Ou le système politique comprend que la fraude va causer une très grave crise qui va ruiner le pays, et à ce moment-là, nous serons présents pour participer à la transition politique, ou bien le système se décide toujours à employer la fraude.

Dans ce dernier cas, il faudra toujours rester dans les Assemblées afin de faire prendre conscience aux Algériens, même à travers quelques députés seulement, sur les enjeux des lois. Ils reste que nous pouvons parler avec des responsables directement et avec le peuple en connaissance des faits à l’intérieur des instances législatives. Par ailleurs, on était présent dans les Assemblées grâce à nos élus locaux et au plan national, et grâce à nos militants, nous allons d’abord nous mobiliser pour éviter que la colère de la société ne se transforme en casse, surtout que la violence arrange le système.

Ensuite, nous canaliserons la colère du peuple pour faire pression et exiger le changement et entamer la transition démocratique, car toutes les études confirment que la contestation sociale est en hausse constante. Si le peuple algérien sort dans la rue sans leaders politiques et sociaux, alors ce sera le chaos. Et nous sommes contre une telle catastrophe. Il faut que cette colère serve plutôt à aller vers une transition négociée avec tous les partis.

- Quel serait, selon vous, le minimum de garanties pour des élections sans fraude ?

Il n’y a que deux garanties. D’abord, une participation massive des électeurs. Si le peuple algérien vote en force et s’impose pour surveiller les urnes, la fraude sera jugulée, car le pouvoir n’a pas peur des partis, il n’a peur que de deux facteurs : le peuple… et l’étranger ! La seconde garantie est la volonté même du pouvoir en place, s’il a compris, de manière très pragmatique, que frauder cette fois-ci va nous mener à la catastrophe, car si les Assemblées élues, au niveau national ou local, sont truquées, les élus ne pourront pas avoir la capacité de répondre à la colère des Algériens.

En fait, cette crise qu’on a entamée peut être une chance : si le pouvoir comprend que des assemblées représentatives peuvent répondre à la contestation. Peut-être qu’au sein du système il y a des personnes qui réfléchissent à cela. Et je pense même qu’une APN entachée par la fraude ne tiendra pas jusqu’au terme de son mandat.

Abderrezak Makri

A 56 ans, Abderrezak Makri est président du MSP depuis le 5e congrès du parti, en mai 2013. Ancien étudiant en médecine, diplômé en droit islamique et en management, il est membre du bureau national du MSP depuis 1991. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la géopolitique, l’islam politique et l’histoire politique algérienne.

*Adlène Meddi /  el watan / 20 janvier 2017

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**Selon le FFS

tableau peu reluisant de la situation politique et économique de l’Algérie.

Au lendemain de la réunion de son Conseil national qui a vu l’arrivée d’un nouveau premier secrétaire en la personne de Abdelmalek Bouchafa, de la fédération de Constantine, le FFS s’est fendu d’une longue résolution politique dans laquelle il dresse un tableau peu reluisant de la situation politique et économique de l’Algérie.

« La situation politique est caractérisée d’un côté, par l’aggravation de la crise nationale, à la fois systémique, structurelle et multidimensionnelles ; de l’autre côté par des campagnes de diversion qui se succèdent à un rythme effréné pour nous empêcher de réfléchir, de comprendre, de nous organiser et donc d’agir. Ces campagnes détournent l’attention de l’opinion publique des défis et des enjeux qui engagent l’avenir de notre pays ».

En parlant de campagne, le FFS fait allusion à l’affaire d’El Khabar, affaire Chakib Khelil et le fameux tweet de Manuel Valls.« Incapable de trouver une cohérence et une cohésion interne autour d’un programme politique et économique consensuel, le pouvoir continue de gérer d’une façon autoritaire et unilatérale les affaires de l’Etat et tente de gagner du temps pour imposer ses choix et son agenda politique et économique », poursuit le FFS dans son analyse considérant qu’une telle façon de faire de la part du pouvoir « menace la stabilité nationale et la cohésion sociale tout en exposant notre pays aux menaces extérieures. »

Pour le FFS, la fragilité qui caractérise actuellement les institutions du pays « est incompatible avec la gravité des défis à relever ». Une fragilité, ajoute le communiqué du FFS, qui « paralyse l’Etat et favorise les comportements délinquants au sein des institutions et de la société ». Le FFS souligne aussi un « phénomène de déliquescence morale » responsable de la dépolitisation de la société algérienne, du recul de la conscience et de l’apparition de la violence.

A ce tableau peu reluisant, vient se greffer la situation économique qualifiée d’ « alarmante » , aggravée avec la chute des prix du pétrole. « Le pouvoir croyait compenser sa faiblesse politique, démocratique et institutionnelle par la redistribution de la rente pétrolière. Rente qu’il répartit entre ses clans et clientèles. C’est une thérapeutique qui soulage mais qui ne guérit pas ».

Devant une telle situation, le FFS revient aux fondamentaux du parti, à savoir la politique du dialogue et la réconciliation, des vertus prônées par feu Hocine Ait Ahmed, « la réconciliation entre algériens plutôt que les clivages meurtriers, le contrat politique national plutôt que l’alternance clanique, le consensus national plutôt que les polarisations violentes ; l’Etat de droit plutôt que la dictature d’où qu’elle vienne et quels qu’en soient les alibis » lit-on encore dans le texte de la résolution politique du FFS qui considère que « L’Histoire nous a donné raison ».

Plus que jamais attaché à sa conférence du consensus national, le plus vieux parti de l’opposition estime que la concrétisation d’un consensus, le plus large possible est la voie « pour la concrétisation d’une deuxième république fondée sur l’Etat de droit, la souveraineté nationale et populaire, la démocratie et la justice sociale. »–Par Djamil Mesrer | 21/05/2016 | algerie1.com/

**Le premier secrétaire du FFS Mohamed Nebbou à Sidi Bel Abbès

«Le pays court un grand danger du fait, essentiellement, de la gestion unilatérale et autoritaire des affaires de l’Etat

En marge des travaux du 3e congrès fédéral, qui se sont tenus au centre culturel Benghazi Cheikh, dans le cadre de la restructuration organique du parti, Mohamed Nebbou, premier secrétaire du FFS,

 a affirmé que cette dynamique de changement doit impérativement s’appuyer sur les principes fondateurs de la déclaration du 1er Novembre et de la plateforme de la Soummam. «Au-delà des options claniques qui se dessinent dans une lutte ouverte pour la succession du président Bouteflika, il est aujourd’hui encore possible de reconstruire un projet national avec tous les partisans du projet patriotique et démocratique que défend le FFS», a indiqué le secrétaire général du FFS, soulignant toutefois que «le temps ne joue pas en faveur des forces du changement et des volontés sincères qui militent pour faire sortir le pays de la crise».

«Le pays court un grand danger du fait, essentiellement, de la gestion unilatérale et autoritaire des affaires de l’Etat. En l’état actuel des choses, tout peut basculer à n’importe quel moment. Ce que personne ne souhaite», a-t-il affirmé lors d’un point de presse animé à l’issue de ce congrès. Pour le premier secrétaire du FFS, le pouvoir politique en place ainsi que les partis de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD) n’affichent, en réalité,  aucune volonté pour le changement.

«Tous les acteurs politiques avec lesquels nous avons discuté, dans le cadre du projet de reconstruction  d’un consensus national, expriment leur peur quant à l’absence de perspectives politiques sérieuses. Pouvoir politique et ‘‘opposition’’ ne veulent pas sortir de leur cocon et s’entêtent à vouloir imposer leurs propres logiques», a-t-il déclaré. La chute des prix du pétrole et les politiques d’austérité budgétaire prônées par le gouvernement ne font que compliquer une situation économique et sociale déjà précaire.

«Même avec un baril à 130 dollars, le pouvoir s’est montré incapable d’asseoir une stratégie de développement cohérente et à long terme», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Avec le rétrécissement des ressources financières, nous assistons à  la mise à nu d’un pouvoir  autiste et aucune perspective d’avenir pour le pays.»

Commentant l’actualité nationale, M. Nebbou a estimé les tentatives de bloquer le rachat des actions du groupe El Khabar par Cevital n’est que «la partie apparente d’une politique de déni et de non-respect des principes démocratiques devant garantir la liberté d’expression et de la presse». Il a rappelé que le FFS a toujours milité pour la liberté de la presse en Algérie : «Le combat du FFS n’est pas conjoncturel. Il s’inscrit dans un long processus de construction démocratique et de défense des libertés.» *Abdelkrim Mammeri / el watan/  dimanche 15/05/2016 | 

**Abderrezak Mokri à Relizane

Les vrais patriotes doivent agir pour sauver le pays avant son effondrement.

Lors de son passage à Relizane où il a animé un meeting dans l’enceinte de la salle des fêtes, le président du MSP n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour s’attaquer à Grine qui, selon lui, mène une guerre par procuration contre la presse qui refuse de se soumettre.

«Nous disposons de preuves tangibles et avons des témoignages sur les manœuvres orchestrées par les hommes de pouvoir pour s’acheter certains titres refusant de tourner dans leur sphère», a tonné Abderrezak Mokri,  ajoutant : «Grine n’est qu’une marionnette, et cette fois-ci il est tombé sur un gros morceau, le groupe El Khabar. Il finira par essuyer une cuisante humiliation.» Saisissant l’opportunité des événements du 8 Mai 1945, l’hôte de Relizane n’a pas fait dans la dentelle pour dénoncer l’attitude des responsables algériens suite aux dernières déclarations des Français refusant de reconnaître les crimes qu’ils ont perpétrés.

En affirmant la présence d’un lobby au sommet de l’Etat qui pèse de tout son poids pour garder et avantager la mainmise de la France, l’orateur a aussi reconnu l’existence de nationalistes qu’il appelle d’ailleurs à se révolter pour sauver le pays avant son effondrement. «Les pro-Français ont dénaturé l’Algérie, ils ont rompu avec ses valeurs identitaires (l’école, la famille et même la mosquée), ils ont ruiné son économie pour faciliter sa dépendance à leur mère-patrie, mais je suis persuadé que les enfants de chouhada et des moudjahidine, les vrais, ne vont pas tarder à se manifester pour que cesse ce bradage», a lancé Mokri. «Nous n’oublierons jamais les carnages, les massacres, les terres brûlées et les essais nucléaires, enfin les crimes de guerre qu’a commis la France en Algérie, même si certains parmi nous n’ont pas trouvé le courage de demander la repentance ou du moins répondre à François Hollande qui n’a pas hésité à humilier encore une fois l’Algérie, lorsqu’il a appelé les Français d’être fiers de leur histoire», a-t-il asséné. Et de conclure : «La France, les Etats-Unis et tous les Occidentaux sont convaincus de la fragilité de nos responsables et des clans du sérail qui s’entredéchirent pour préparer l’après-Bouteflika.»*Issac B/ el watan/  dimanche 15/05/2016 | 

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     **Vérouillage du champ politique

L’ICSO appelle à l’unification des forces de l’opposition

Dernier rassemblement de l'opposition en mars à la salle Harcha

L’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO) s’est réunie hier après-midi -mercredi 27 juillet 2016-au siège national du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). La majorité de ses acteurs  étaient au rendez-vous.

Le président du RCD, Mohcine Belabbas, celui de Talaie El Houriat Ali Benflis, Ali-Yahia Abdennour, Soufiane Djilali de Jil Jadid, Nourredine Bahbouh de l’Union des forces démocratiques et sociales, Ahmed Benbitour, ancien chef de gouvernement, Abderrezak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) et Tahar Benbaïbèche, secrétaire général du parti Fadjr El Moustakbel ont participé à cette rencontre.

Comme attendu, la situation de politique générale du pays, les lois adoptées par le Parlement, la répression qui s’abat sur les libertés étaient au menu. La réunion a été conclue par l’élaboration d’un communiqué final rendu public à la fin des débats.

Selon le document parvenu à notre rédaction, les membres de l’ICSO ont pris d’importantes décisions. Il s’agit notamment de  la mise en place d’«un groupe de travail en vue de l’élaboration d’un mémorandum politique de l’opposition sériant tous les manquements, les reculs et les dépassements contre le pluralisme politique» et de prendre «ce mémorandum comme base de l’action politique commune future». «Un groupe de contact avec les autres partis politiques pour adopter une position commune vis-à-vis de la loi électorale à travers l’organisation d’une conférence politique» sera également créé.

Quelle réponse du FFS et du PT ?

L’ICSO veut visiblement élargir sa base aux autres partis de l’opposition qui ne sont pas membres. Le Front des forces socialistes (FFS) et le Parti des travailleurs (PT), entre autres, s’inscrivent en porte-à-faux des choix faits par l’équipe qui dirige le pays.  

Selon le communiqué rendu public, l’ICSO affirme par ailleurs son «attachement à l’action politique commune qui a pour objectif la protection du pays des dangers qui le guettent». Se disant engagé à «combattre les différents plans et méthodes qui visent à verrouiller le champ politique par un pouvoir — par des voies non constitutionnelles — qui est intéressé uniquement par sa propre survie et non comment sortir le pays de la crise de légitimité qui le pénalise et le bloque».

L’ICSO considère, en effet,  que «les lois qui organisent la vie politique, notamment la loi relative à l’organisation des élections, précisément ce qui est appelé la haute commission, est un net recul des acquis arrachés et une provocation programmée envers la classe politique et le peuple algérien qui aspire à la mise en place d’institutions légitimes qu’il choisira en toute liberté et dans la transparence».

«Cette situation est susceptible de mettre l’opposition devant plusieurs choix», soutient le document sans autre précision. Aussi l’ICSO dénonce l’étouffement et la pression qui s’exercent sur les libertés et les droits individuels et collectifs des citoyens, notamment dans les secteurs de la presse et de «la justice instrumentalisée pour réprimer la société civile, la classe politique, les syndicats et les militants des droits de l’homme». 

«L’annulation des projets de développement et des projets structurants programmés en supprimant le budget d’équipement, notamment au niveau des collectivités locales, indique l’échec de la gestion de la crise par des solutions de replâtrage préconisées», estime encore l’opposition, qui «met en garde contre la situation de marasme social induite par l’effondrement du pouvoir d’achat des franges les plus fragiles de la société et la dévaluation du dinar qui aura aussi des incidences sur la classe moyenne».

Renouvelant «son soutien au droit d’obtention de l’agrément par les partis politiques dans les délais légaux», l’opposition réunie hier au siège du RCD appelle ses propres acteurs «à l’action de proximité et à la communication avec le peuple algérien souverain» et demande la «libération de tous les citoyens emprisonnés à cause de leurs opinions politiques».  *Said Rabia / el watan / jeudi 28 juillet 2016

*******Du côté des cercles d’allégeance

*Personne ne bougera dans le sérail sinon», avertit un conseiller à Zéralda.

Tranquillement, le patron du FLN, Amar Saadani, rentre à Alger de vacances passées à Barcelone mercredi soir. Le parti semble bien tenu : l’aura de la protection présidentielle tient encore, mais pas pour longtemps. Saadani, pourtant malin et à l’écoute des moindres murmures du pouvoir présidentiel, s’est attiré des foudres ciblées en se rapprochant (trop) de l’homme du moment, Ahmed Gaïd Salah, patron de l’armée et vice-ministre de la Défense. Saadani a eu d’ailleurs la mauvaise surprise de voir son «rival», Abdelaziz Belkhadem, reprendre du poil de la bête pour agréger les opposants et se positionner en cas de purges éventuelles. Côté RND, parti appareil du chef de cabinet de la Présidence, le leadership ne se pose pas en question : Ouyahia est là pour se positionner vis-à-vis de sa famille politique, le deep state algérien, qui voit en lui une alternative intéressante, rassurante en fait. Mais Ouyahia devra aussi compter sur la concurrence de grands pontes des quatre mandats de Bouteflika. Les jeux sont presque faits mais «seul Bouteflika décidera en dépit de son état, personne ne bougera dans le sérail sinon», avertit un conseiller à Zéralda.*el watan / vendredi 29 juillet 2016

**La rentrée politique s’annonce tumultueuse.

Le choc à peine dépassé du 4e mandat, les partis et le régime se préparent à entamer des négociations ou à s’imposer des lignes de fractures. La rentrée politique s’annonce tumultueuse. Analyse.

La trêve estivale tarde à se concrétiser. Partis politiques et pouvoir s’activent dans le cadre dans la recomposition de la scène nationale qui se profile et qui est déjà discrètement opérante au sein du système et de ses appareils sécuritaires.

Recomposition qui devra préparer les conditions de succession du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, selon un agenda décidé unilatéralement par les tenants du pouvoir. Un des aspects les plus frappants de cette dynamique est le fait que le pouvoir a imposé une loi électorale taillée sur mesure.

Et pour reprendre l’ancien chef de gouvernement, Ali Benflis, lors de la réunion de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (Icso) mercredi à Alger : «Ce nouveau régime électoral fait opérer au pluralisme politique un grand bond en arrière.»

Le président du parti Talaie El Houriat va plus loin en affirmant que cette loi «participe de ce même objectif de reconduction et de reproduction du régime politique en place. Pour se reproduire et se reconduire, ce régime a un besoin vital de ses clientèles politiques traditionnelles». La reconfiguration est donc annoncée pour les prochaines élections (au moins), avec la redistribution des cartes selon les visées du système dans sa logique de reconduction.

«Le quatrième mandat, vécu comme un cataclysme par l’opposition, est passé à l’étape du fait accompli avec lequel il faut faire avec depuis un moment, analyse un militant de l’opposition. La résilience s’impose, mais pas la compromission avec ce pouvoir. Donc il faudra continuer à chercher des voies politiques à la crise actuelle.» Comprendre, cesser de se focaliser sur la vacance du pouvoir, mais cela semble impossible. «Le cœur du problème reste ce quatrième mandat, comment peut-on faire semblant de l’ignorer ?

Une partie de la société a été choquée par la reconduction d’un Président affaibli physiquement», rétorque un activiste politique. Mais tout le monde n’a apparemment pas la même distance avec le concept de compromis-compromission.

Garanties

Il y a quelques semaines, Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, qui a annoncé son retrait de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), déclarait à El Watan Week-end : «L’opposition doit rester sur des positions très strictes. Il faut réclamer des règles du jeu politique aux normes modernes et refuser toute tentation pour participer à la gestion gouvernementale sans un appui populaire authentique. J’aurais aimé que toute l’opposition tienne à ses revendications au prix d’un boycott général de toute élection si celle-ci n’est pas encadrée de garanties politiques et légales.

Céder maintenant est pour moi une erreur stratégique que nous paierons cher à l’avenir. Le peuple ne nous le pardonnera pas.» «Le MSP sait très bien que s’il n’y va pas, le pouvoir va lui substituer un autre parti islamiste qui raflera les sièges qui lui revenaient habituellement», confie un cadre de l’opposition.

D’ailleurs, hier, lors de la réunion de l’Icso, Makri a bien évité le sujet des élections législatives. «Or, toute démarche en solo est fatale pour le groupe», renchérit un militant de l’opposition qui dit avoir cru jusqu’au dernier moment à l’unité a minima du «groupe» inédit que représente la CLTD. Côté MSP, on préfère dans les réunions organiques du parti parler de l’identité sunnite exclusive de l’Algérie plutôt que d’expliciter la position du parti islamiste par rapport à l’éventualité de plus en plus criante de participer aux législatives et d’entamer un virage politique important assez fatale pour l’idée même de l’opposition en Algérie.

«DEAl»

«Le pouvoir a besoin qu’un minimum de crédibilité soit assuré. Les partis peuvent la lui offrir en échange de leur survie», nous avait déclaré Soufiane Djilali dans ces colonnes, tout en regrettant : «La corruption généralisée et la désagrégation du régime font que ce ‘‘deal’’ va être difficile à reconduire très longtemps. La solution aurait pu venir d’une solidarité sans faille de l’opposition. Imaginez que d’une seule voix, nous aurions tous dénoncé cette situation.» Mais si «deal» il y a, que pourrait-il apporter au régime bouteflikien ? D’ailleurs, dans le communiqué qui a sanctionné la réunion de l’ICSO, mercredi au siège du RCD à El Biar sur les hauteurs d’Alger, les participants à la rencontre n’ont pas traiter de manière frontale la question des législatives et de la participation à ces élections.

«On nous explique que les différents partis et personnalités de l’ICSO se prononceront clairement dans la prochain réunion, dans trois mois, explique le cadre d’un des partis participants à cette initiative. Mais bien avant, tout le monde aura adopté des positions en interne et nous avons des indications que pas mal de partis membres de l’ICSO veulent participer – contre des gages bien probants – mais cela signera l’arrêt de décès de cette instance.»

«Le plus important est que la façade, ou la fiction multipartisane a fait long feu, même s’il y a de vrais partis qui se battent, des syndicats, des médias, des acteurs sociaux qui ne se contentent pas des espaces que concèdent les autorités, souligne un ancien haut cadre de l’Etat passé à l’opposition. Mais pour se reproduire, le régime a besoin d’installer un minimum de décor, d’écrire une sorte de fiction, parfois avec de nouveaux acteurs pour faire oublier le passé récent et donner ainsi des gages de crédibilité pour l’opinion publique ici et surtout pour les partenaires étrangers qui sont trop hypocrites pour y faire semblant d’y croire.»*Adlène Meddi / el watan / vendredi 29 juillet 2016

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*Interview de Louisa Hanoune / tsa :  mardi 22 décembre 2015 | 

**le Président n’est pas au courant par rapport à ce qui est en train de se tramer dans le pays.

* les institutions sont envahies par l’argent sale et les prédateurs.

* il y a un pouvoir parallèle qui interfère dans la décision de l’État, de sinistres individus s’expriment au nom du Président et s’approprient ses prérogatives. 

* le problème réside dans le fait que nous n’avons pas d’institutions démocratiques et transparentes

*il faut demander aux oligarques, les cinq milles multimilliardaires qui se sont enrichis en pillant l’argent public, de rembourser leurs crédits.

*s’il y a réelle volonté de préserver le pays du chaos, l’État doit avoir l’audace d’ouvrir des enquêtes sur les fortunes gigantesques mal acquises

hanoune-explications

Louisa Hanoune dit tout ou presque. Dans cet entretien, elle explique les raisons qui l’ont poussée à défendre le général Hassan et le général Toufik, elle répond au vice-président de l’APN Baha Eddine Tliba qu’elle qualifie de « monstruosité » et qu’elle accuse d’avoir acheté sa place à l’APN. Dans ses réponses, la Secrétaire générale du PT n’épargne pas le ministre de l’Industrie Abdesselam Bouchouareb sans oublier le chef du FCE Ali Haddad en parlant d’un « oligarque qui veut s’approprier le pays ».

**Pourquoi avez-vous défendu le général Hassan et le général Toufik ?

D’abord, lorsque nous parlons du général Hassan et du major Toufik, nous défendons des institutions et des corps constitués de la République qui ont des missions fondamentales. Parce que je défends l’unité et l’honneur de l’armée qui est la colonne vertébrale de l’État algérien. Parce que je défends l’immunité sécuritaire de notre pays. Car il s’agit de hauts gradés qui ont occupé des charges très délicates.

Ensuite, j’ai défendu le général Hassan car je suis scandalisée qu’on s’attaque à une personne qui ne peut pas se défendre puisqu’elle est en prison alors qu’il s’agit de l’ex-responsable de la lutte contre le terrorisme. En ce qui concerne le général Toufik, j’avais interpellé le Président pour qu’il mette fin à une dérive après l’attaque violente du Secrétaire général du FLN contre le chef du DRS fin 2013 début 2014. Le Président a demandé à me voir le lendemain et m’a interrogé sur ce que pensait le peuple de cette cabale. Je lui ai notamment parlé de la colère citoyenne suscitée par cette attaque violente car elle vise l’armée en général et une structure dont les acteurs n’ont même pas le droit de se défendre.

J’ai posé au président de la République des questions sur le général Toufik. Je lui ai demandé s’il avait trahi le pays et s’il avait volé de l’argent. Il m’a dit : « Jamais ! C’est un patriote et c’est la probité même ». Il m’a également parlé de la finesse de ses analyses, de ses capacités d’anticipation sur les événements, de ses capacités de prospective et son attachement viscéral à la souveraineté nationale. Quelques jours plus tard, le Président rendait public un communiqué où il avait rappelé à l’ordre sévèrement ceux qui s’attaquaient à l’unité de l’ANP.

Par rapport au général Hassan qui avait déjà été convoqué au moment où je me suis entretenue avec le Président, je lui ai dit qu’on est en train de livrer, y compris à l’opinion internationale, des secrets militaires d’opérations menées par les services de renseignements. En vérité, je considère que l’avalanche de décisions touchant le DRS rend notre pays vulnérable, car elle jette l’opprobre sur ce département qui était redouté à l’étranger. Le plus grave c’est que cela intervient à un moment où les dangers contre les nations se sont démultipliés. Je ne parle pas de l’exercice par le Président de ses prérogatives de nommer ou de démettre mais de la forme que cela prend, des conséquences et du choix du moment.

**Sur quelle base défendez-vous le général Hassan ? Avez-vous des éléments sur ce qu’on lui reproche ?

Tout est dans la presse aujourd’hui. J’ai lu des détails publiés sur l’opération menée par le général Hassan à la frontière algéro-libyenne par exemple. J’avais demandé au Président si le général Hassan avait trahi. Il m’a dit non et il m’avait affirmé que l’affaire était classée. Aujourd’hui, on sait que le général Toufik avait envoyé un rapport au Président à ce sujet. Cela a été affirmé par les avocats et le général Nezzar. C’est pour ça que je pense que le Président n’est pas au courant par rapport à ce qui est en train de se tramer dans le pays.

Début 2014, j’avais également rencontré le général major Gaïd Salah avec l’accord du Président. J’avais fait un communiqué à l’issue de notre entretien sans rentrer dans les détails de notre discussion qui a duré plus de trois heures. C’est une rencontre entre un responsable politique et un membre du gouvernement, le vice-ministre de la Défense. Nous avons discuté de nombreux sujets dont la situation nationale, la région, terrorisme, l’affaire de Tiguentourine, d’Africom, de la nature de l’armée algérienne qui ne sera jamais comme l’armée égyptienne parce que celle-ci est financée par le trésor américain, alors que notre armée est républicaine, restera populaire et héritière de l’ALN.

J’ai abordé l’attaque violente contre le premier responsable du DRS, un département très sensible et partie intégrante de l’ANP. Il a rappelé que le Président était intervenu pour y mettre un terme. Je lui ai demandé si le général Hassan qui comparaissait devant le juge avait constitué un groupe terroriste et s’il avait gardé par-devers lui des armes, il a répondu par la négative.

**Est-ce normal que le général Toufik reste durant 25 ans à la tête d’une institution aussi sensible ?

Je suppose que s’il est resté aussi longtemps à la tête de cette institution, c’est que les présidents qui se sont succédés dont Abdelaziz Bouteflika qui l’a maintenu pendant 16 ans, ont considéré qu’il assumait bien sa tâche. Je n’ai pas à douter des capacités de discernement de ces présidents, ni de leur patriotisme. En plus de la préservation du pays à laquelle il a contribué pendant la tragédie nationale, il est de notoriété publique que le général Toufik a renforcé notre système de défense immunitaire. Jusqu’à maintenant, parmi tous ceux qui l’ont attaqué, aucun n’a porté une accusation de prédation ou d’enrichissement illicite. C’est peut-être la raison fondamentale de cette cabale. Je veux dire qu’il sait peut-être tout sur les uns et les autres et que ces derniers savent très bien qu’il est irréprochable.

**Vous voulez dire que c’est une victime de la lutte contre la corruption ?

Les faits ont été largement rapportés dans la presse sur notamment l’affaire Chakib Khelil. Pourtant, c’est le Président qui l’a révoqué en 2010 et il avait certainement donné le feu vert pour l’enrôlement de ladite affaire d’autant qu’il s’agissait pour la justice algérienne de sauver la face après l’ouverture du procès de la corruption en Italie et ailleurs.

**Le vice-président de l’APN Baha Eddine Tliba vous a qualifiée de marionnette entre les mains du général Toufik

En vérité, dès que le nom de ce grossier personnage est associé au mien, je me sens souillée et salie. Cette monstruosité incarne la pollution politique dans ce pays et la décomposition terrible qui frappe les institutions envahies par l’argent sale et les prédateurs. C’est quelqu’un qui a acheté sa place à l’APN.

Le jour des élections (législatives) qui étaient un hold-up en faveur du FLN, vers 23 heures, à la fin du dépouillement, il n’avait pas été élu malgré les milliards dépensés pendant la campagne électorale. Par un « miracle » qui s’est produit vers 4 heures du matin, il est devenu élu. Toute la ville de Annaba a une haine incommensurable à son égard. Il a constitué un réseau maffieux dont ceux qui tirent les ficelles sont identifiés. Cette personne fait partie de ceux qui ont vandalisé et pillé la ville de Annaba et qui étaient indirectement responsables de la mort de l’ancien wali, M. Sendid.

Dans l’émission télévisée inclassable d’un point de vue médiatique car, consacrée à labaltaga, tout le monde avait constaté qu’il s’agissait d’une parodie. D’ailleurs, je suis triste pour cette chaîne et pour le journaliste en question pour qui j’avais énormément d’affection. Nous l’avons vu venir à la rescousse de cette monstruosité qui avait du mal à lire ce que lui avaient écrit ses deux parrains qui se reconnaîtront !

Cette personne (Tliba) prétend que le parti est une organisation familiale. Il se trouve que nous avons une section à Seraïdi. Des témoins oculaires nous ont immédiatement appelés (après sa rencontre avec un de ses parrains, pour préparer l’émission en question, NDLR).

**Baha Eddine Tliba et avant lui Amar Saâdani ont déclaré que Toufik était votre parrain…

D’abord, le parrain et la marraine sont étrangers à notre culture musulmane, c’est une pratique chrétienne. Quant au parrain de la mafia, tout le monde sait à qui cela s’applique. Quant aux deux individus que vous avez cités, on ne peut pas acheter un passé politique ou l’honneur avec de l’argent et la baltaga. Pour ma part, j’ai commencé à militer quand j’avais à peine vingt ans et bien avant pour convaincre mon père de me laisser poursuivre mes études. J’ai milité ensuite pour les droits des femmes, pour l’indépendance de l’UGTA, pour les droits des étudiants. Ces trois combats m’ont amenée à militer dans la clandestinité pour le multipartisme, pour la démocratie.

Comment le général Toufik aurait pu être mon parrain quand je combattais dans la clandestinité contre le système du parti unique ? Le Secrétaire général du FLN a dit que c’était le général Toufik qui m’a envoyée comme un sous-marin à la conférence de Rome. Quelle affabulation ! Comment le général Toufik aurait pu parrainer quelqu’un qui était pour la paix et la réconciliation nationale au moment où il était considéré, à tort ou à raison, comme un éradicateur ? Et puis, a-t-il envoyé aussi Ait Ahmed et feu Abdelhamid Mehri ? Mais les citoyens ont répondu au Secrétaire général du FLN et à cette monstruosité (Tliba). Ceci étant dit, cet individu a flatté le frère du Président et le nouveau chef du DRS. Si cet individu se permettait de parler de moi positivement, je m’en démarquerai car cela me porterait préjudice.

**Le Secrétaire général du FLN et le vice-président de l’APN affirmaient également que votre siège vous a été donné par le DRS

Tous les sièges du parti appartiennent aux domaines et à l’OPGI. Avec l’avènement du multipartisme, tous les partis avaient obtenu un siège sauf le PT. On nous a d’abord proposé le siège du journal sportif El Heddaf, mais nous avons refusé que ce journal se retrouve dans la rue.

Un directeur central du ministère de l’Intérieur m’avait alors appelée et m’avait proposé de prendre le siège de l’administration des fraudes du ministère du Commerce qui était en train de se vider. Nous gardons d’ailleurs jusqu’à maintenant certains meubles qu’ils avaient laissés. Cet individu (Tliba) avait également parlé de la voiture. Je vous invite à descendre et regarder ce véhicule. Je peux même vous emmener chez notre financier qui vous montrera la facture de l’achat de notre voiture. Moi, je n’ai jamais eu de voiture blindée ! Jamais nous n’avons demandé à l’armée quoi que ce soit. D’ailleurs, les services de sécurité connaissent la voiture du Parti qui me transporte. Ils savent où j’habite et ils ont même fait des rondes la nuit quand il y a eu des provocations.

**Avez-vous des investissements à Annaba comme l’a affirmé Baha Eddine Tliba ?

Cette monstruosité qui s’appelle Tliba avait formulé en 2013 sur la même chaîne de télévision les mêmes attaques et d’autres plus graves et il avait lâché ses baltagui qui racontaient que je possédais des bateaux de pêche, des châteaux, des villas et des terres agricoles. Sauf qu’à ce moment-là, il a dû être sommé de cesser ses attaques puisqu’il a présenté des excuses publiques.

Pour la prétendue coopérative immobilière, je dis : inch’Allah. J’ai beaucoup de parents à Annaba notamment des jeunes qui n’arrivent pas se marier parce qu’ils n’ont pas de logements et d’autres qui ont attendu 30 ans pour avoir un logement social ! Certains membres de ma famille ont été sanctionnés à cause de leurs noms. Il n’y a pas eu d’instruction centrale allant dans ce sens mais de l’excès de zèle de petits mafieux locaux.

L’actuel ministre du Travail, qui était alors wali à Annaba, peut en témoigner. Ma famille est modeste. Mon père a commencé à travailler à l’âge de 11 ans comme apprenti boulanger. Quand il est mort à l’âge de 61 ans, il n’a pas laissé grand-chose : le tiers d’une boulangerie dans le quartier populaire, la place d’Armes, et le tiers d’une maison au-dessus de cette même boulangerie en association avec mon oncle.

Une chose est sûre, dans ma famille il n’y a pas de prédateurs et de mafieux. Une information a été distillée par Ennahar TV sur l’ouverture d’une enquête par le procureur concernant mes biens. Bien sûr, c’est de l’intox. Mais je dis : inch’Allah, Je l’espère de tout mon cœur parce que je me dis que ça serait un moyen d’ouvrir la boîte de pandore.

Personnellement, je fais mes déclarations de patrimoine et elles ne sont pas fausses contrairement à beaucoup d’autres, et je les rends publiques à chaque élection. Mon patrimoine est vérifiable. En revanche, cette monstruosité qui s’appelle Tliba doit expliquer d’où vient sa fortune et comment est-il devenu archi-milliardaire. Sachez que ce n’est pas un hasard si les citoyens lui ont demandé de dégager lors du rassemblement contre la Loi de finances 2016 organisé samedi dernier à Annaba. Ils n’en peuvent plus de lui et de sa bande mafieuse.

Avant l’arrivée de Sendid (l’ancien wali), il donnait des coups de pied dans les portes pour rentrer dans les bureaux de la wilaya. Il n’a de respect pour aucune institution et le clamait partout. Si j’avais une quelconque propriété à Annaba, vous pensez que j’accepterai d’être la voisine de ce monstre ? Jamais ! J’aurais peur d’être salie et contaminée par toutes les maladies des prédateurs.

Il a eu une première mise en garde samedi dernier dans le rassemblement populaire. En réalité, les citoyens voulaient marcher jusque chez lui. Mais les services de sécurité avaient peur d’un dérapage et avaient négocié avec les dirigeants du parti à Annaba. Lui a envoyé des baltagui pour tenter d’intimider les participants au rassemblement mais ils n’ont pas osé faire quoi que ce soit parce qu’ils sont connus de tous. Toutefois, quand je parle de la monstruosité Tliba, je réponds à ses deux parrains dont le Secrétaire général du FLN.

**N’est-il pas dangereux de parler de résistance au sein de l’armée ?

Non, au contraire. Cela veut dire que l’armée est décidée à protéger le pays, sa souveraineté. Depuis une année, il y a un pouvoir parallèle qui interfère dans la décision de l’État, de sinistres individus s’expriment au nom du Président et s’approprient ses prérogatives. Cela ouvre la voie à l’ingérence étrangère sans compter les dangers sécuritaires extérieurs qui s’amplifient.

**Le groupe des 19 a publié sa lettre cela fait presque deux mois. Quelle suite comptez-vous donner à cette initiative ?

Nous avons tenu une réunion informelle lundi entre les membres algérois présents en attendant une plénière dans quelques jours pour discuter de la suite à donner à notre démarche. Nous avons fait le point sur la campagne populaire de soutien à notre démarche et discuté des développements saillants dans la conjoncture politique et qui confirment le bien-fondé de notre démarche. La semaine prochaine, nous nous exprimerons là-dessus.

En Tunisie, quarante personnalités ont demandé à voir le président Beji Qaid Essebsi. Il en a reçu sept. Cela n’a pas provoqué de réactions violentes dans ce pays voisin. Pourtant, il existe des institutions en Tunisie dont une assemblée vraiment élue, et des passerelles de dialogue. Nous sommes quinze personnalités. Il peut choisir de recevoir plusieurs ou même l’un de nous. Nous continuerons à avoir des doutes tant qu’il n’aura pas répondu par un oui ou un non. Nous ne voulons pas d’intermédiaires ! Le Président reçoit des étrangers, préside le Conseil des ministres. Dernièrement, ils lui ont ramené un jeune prince saoudien qui défend les oiseaux rares alors que les émirs du Qatar et d’Arabie Saoudite viennent chez nous pour chasser nos outardes. Sur les images, l’Émir était tétanisé. Quelle tristesse !

**Pensez-vous qu’il soit dans l’incapacité de gérer le pays ?

Non ! Même par le passé quand il était en bonne santé, il a eu à comprendre qu’il a été parfois induit en erreur. Aujourd’hui, il n’a pas un accès direct à l’information. Il n’est pas dans son bureau et il ne va plus vers les foules. Il m’avait déjà dit un jour : « Ils me mentent et ils m’envoient de faux rapports ».

À vrai dire, le problème réside dans le fait que nous n’avons pas d’institutions démocratiques et transparentes. L’oligarchie s’immisce ouvertement dans les décisions. L’action du gouvernement n’est pas contrôlée. Car les prérogatives de la chambre basse sont confisquées. La Cour des comptes par exemple attire l’attention sur des choses anormales mais ses rapports restent sans suite. Et le Président ne s’est pas doté d’un appareil politique à même de veiller au grain. En fait, les institutions, les pratiques et le fonctionnement hérités du système obsolète du parti unique deviennent un véritable danger pour le pays, au même moment les prédations et les intérêts étrangers font tout pour que cette situation perdure pour piller le pays.

**Vous parlez d’un président qui n’a pas accès à l’information etqui est isolé. Pensez-vous qu’il puisse encore continuer à gérer ce pays ?

Vous voulez parler de l’article 88 ? D’abord, il est inapplicable. Il faudrait que la totalité des membres du Conseil constitutionnel signe. Ensuite, la procédure est très complexe. De plus, cela ouvre la voie à des situations incontrôlables. Sauf si c’est lui-même qui décide de se retirer et d’organiser des élections anticipées. Dans ce cas, ce n’est plus l’article 88. Puis, du point de vue de la démocratie, il y a lieu de rappeler que ce sont des Algériennes et des Algériens qui l’ont élu pour la quatrième fois. Le dernier mot doit donc revenir au peuple. Au Venezuela, il y a le référendum révocatoire à mi-mandat.

**Est-ce que l’Algérie doit institutionnaliser ce référendum ?

Nous militons pour la révocabilité pour tous les mandats de l’APC au président de la République. C’est l’essence de la démocratie et de la souveraineté du peuple. Nous avons proposé cela dans la réforme constitutionnelle.

**Pensez-vous que nous nous orientons vers l’État civil ?

Hélas non ! C’est tout le contraire. Nos craintes quant à l’avènement du totalitarisme, comme produit de la mainmise de l’oligarchie sur les centres de décision se vérifient chaque jour davantage. Non seulement les restrictions sur les libertés ne sont pas levées, mais nous enregistrons des reculs très inquiétants, le coup d’État à l’APN, des pressions sont exercées sur les médias privés, des entraves sont dressées devant l’exercice de la politique… Nous savons que la régression socio-économique engendre la régression des libertés. La criminalisation de l’action politique indépendante tend à devenir la règle, même le patriotisme est criminalisé. En fait, ces dérives multiples détruisent le système immunitaire du pays qui avait empêché, en 2011, que le chaos du printemps arabe s’installe chez nous.

Aucun pays ne peut résister face à autant de violences. Cependant, nous avons pleinement confiance dans la capacité de discernement des travailleurs au sens large et de la jeunesse qui sauront empêcher la destruction des bases matérielles de la Nation de défendre leurs acquis et leur dignité, tout en dressant un rempart devant l’avènement de l’irrémédiable. Aujourd’hui, le patriotisme est la ligne de démarcation et nous, nous avons choisi le camp ultra-majoritaire de la résistance à la décadence et aux reniements mortels, le camp de la défense des conquêtes socio-économiques et de la souveraineté nationale pleine et entière. Sur ces questions fondamentales et vitales notre engagement est total.

**Vous vous êtes opposées à la Loi de finances 2016. Peut-on continuer à subventionner de nombreux produits et à injecter de l’argent dans les entreprises publiques qui n’arrivent pas à se redresser ?

Personne ne peut nier que la chute du prix du baril est une véritable guerre contre tous les pays exportateurs. Mais tout le monde se souvient de la privatisation dans notre pays et comment le secteur public a été livré au pillage et à la dévastation. Au cours du premier mois de sa nomination, l’actuel ministre de l’Industrie avait demandé à me voir. Nous avons eu un échange fraternel. Au cours de l’entretien, il m’a assurée qu’il préserverait le secteur public. Je lui avais demandé le bilan des privatisations qu’il a qualifié de désastre qui dépasse de loin ce que nous disons. Nous avons discuté de plusieurs sujets dont la renationalisation d’El Hadjar. Après, il a changé d’avis sur une série de questions. Ce n’est pas mon cas.

Dans la Loi de finances 2016, il y a une augmentation de taxes tous azimuts qui va entraîner des augmentations en chaîne dans plusieurs domaines. Le pouvoir d’achat a déjà chuté de près de 40%. Des grands projets ont été gelés, des centaines d’entreprises privées de BTP vont fermer. Pendant ce temps-là, la dépréciation du dinar va se poursuivre. On nous parle de la protection de la production nationale. Mais qui va consommer finalement ce produit national lorsqu’en janvier prochain, le pouvoir d’achat s’effondrera complètement ? Il faudrait qu’ils en assument la responsabilité. L’appauvrissement généralisé de la population prépare la rupture. Personne ne peut faire de prévisions sur les processus révolutionnaires. Personne ne sait à quel moment il y aura l’étincelle.

**Quelle solution préconisez-vous finalement devant la crise ?

D’abord, il faut limiter d’une façon drastique les importations avec la généralisation des licences d’importation sauf pour celles qui concernent l’outil de production. Mais pourquoi faut-il attendre jusqu’en juin pour le faire comme l’a déclaré M. Bouchouareb ? Pour permettre à ces importateurs de faire le maximum de profits au détriment du pays ? En vérité, il y a anguille sous roche et cela s’est vérifié pour l’importation des véhicules. Nous constatons des pratiques malsaines. C’est le moins qu’on puisse dire ! D’ailleurs, pourquoi c’est M. Bouchouareb qui l’annonce ? Il n’est pas le Premier ministre. Il n’a pas à s’immiscer dans les affaires des autres secteurs.

Ensuite, il faut demander aux oligarques, les cinq milles multimilliardaires qui se sont enrichis en pillant l’argent public, de rembourser leurs crédits. Ce sont des centaines de milliards empruntés. Il y a aussi l’opération de l’amnistie fiscale qui a échoué. L’État doit sévir. Il est temps de faire le bilan des exonérations de taxes et d’impôts pour le privé. Seuls ceux qui produisent doivent en bénéficier. Le ministre de l’Industrie et des Mines était scandalisé quand on a dit qu’il faut sortir de la Zale (Zone arabe de libre-échange). Chaque année, le département du commerce dresse un bilan négatif en ce qui concerne ce sujet. En fait, l’adhésion était idéologique.

En ce qui concerne l’accord d’association avec l’Union européenne, Ramtane Lamamra avait raison en disant que c’est à sens unique. Mais qu’est-ce qu’on attend pour utiliser les articles qui nous permettent de nous retirer d’un tel partenariat ? On ne peut pas défendre la production nationale avec l’accord d’association et le retrait nous permettra de récupérer 1,4 milliard d’euros que perd chaque année le trésor public en raison de la levée des tarifs douaniers.

Nous sommes en situation de guerre avec cette chute du prix du baril, les réserves de change doivent servir à une vraie relance de l’industrie, sans gabegie ni copinage ni prédation. Idem pour l’agriculture et la pêche. Et pourquoi ne récupère-t-on pas les 5 milliards de dollars prêtés au FMI. Il y a aussi l’impôt sur la fortune qu’il faut instituer. Et s’il y a réelle volonté de préserver le pays du chaos, alors l’État doit avoir l’audace d’ouvrir des enquêtes sur les fortunes gigantesques mal acquises pour les exproprier au profit de l’économie nationale.

En fait, les solutions et l’argent existent. Pour peu que l’État décide de se mettre au service de la collectivité nationale au lieu d’une minorité. Le Premier ministre avait dit que nous ne voulons pas du communisme, ni de l’ultralibéralisme. Aucun pays n’a une économie communiste. D’ailleurs, ça n’a même pas existé en Union soviétique après la révolution bolchevique de 1917 (même s’il y a eu un véritable essor via la collectivisation des grands moyens de production et un progrès social indiscutable, aujourd’hui anéantis au nom de l’économie de marché). Quant à ceux qui parlent de la Corée du Nord, franchement, ça prête à rire. Il en est de même lorsque j’entends des responsables déclarer que l’Algérie deviendra un pays émergent dans deux ans ! De qui se moque-t-on ? Avec une industrie qui représente – de 5% du PIB ? Avec la récession qui pointe à l’horizon ? Les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – présentés comme l’alternative sont un leurre; en témoigne le fait qu’ils soient secoués violemment par la crise économique mondiale.

**Vous avez dénoncé la prédation à tous les niveaux. Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?

D’abord, je souhaite revenir sur l’article 66 de la Loi de finances 2016. À une question qui lui a été posée par une journaliste de la Radio nationale sur la Sonatrach et la Sonelgaz, le ministre des Finances avait louvoyé avant de préciser que c’est le gouvernement qui devrait trancher. Et ces derniers jours, lui aussi invente la fable des entreprises stratégiques qui seraient épargnées qui ne figurent nulle part pour tromper le peuple.

De plus, non seulement les violations des lois et même de la Constitution sont légion mais, depuis l’été 2014, on tue à petit feu des entreprises publiques. Comment ? Par exemple par le détournement des marchés et missions des EPE (Entreprise publique économique) au profit de l’oligarchie prédatrice. On peut citer à titre d’exemple la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach qui vient d’annuler des commandes de tubes sans soudure chez Alfapipe et deux de ses directeurs se retrouvent en prison pour avoir osé renforcer la production de leur entreprise alors que les marchés sont détournés vers les entreprises des oligarques qui poussent comme des champignons.

En 2014, l’État algérien avait acheté du matériel de radiothérapie auprès de deux entreprises : une Américaine et une Suédoise. En principe, nous avons une agence créée en 2012 pour l’acquisition de matériels hospitaliers. Sauf que c’est Haddad qui représente l’État dans cette transaction et c’est lui que les entreprises étrangères choisissent finalement comme partenaire, comme par enchantement d’ailleurs, alors qu’il n’a rien à avoir avec les médicaments.

Ali Haddad a même parlé de l’industrie militaire. Cela est d’une extrême gravité. Il ne sait pas que même l’habillement militaire est stratégique vu qu’il y a des normes particulières. L’armée a ses propres usines. On va les fermer pour lui permettre d’ouvrir les siennes ? L’oligarque veut s’approprier le pays ! Et c’est pour faire passer cette orientation anti-sociale et anti-nationale, qu’a été réalisé un coup d’État à l’APN pour imposer les articles 71, 66, 59 etc. que tout le monde connaît parfaitement à présent.* mardi 22 décembre 2015 | Par Hadjer Guenanfa | tsa

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*Le FFS ( Front des forces socialistes ) fête ses 50 ans

Le parti du Front des forces socialistes (FFS) organisera, à partir d’aujourd’hui jusqu’à dimanche, une série d’activités marquant le cinquantième anniversaire de sa création, le 29 septembre 1963.

Pour aujourd’hui, une conférence économique et sociale sera animée par une pléiade de personnalités, dont l’expert auprès des Nations unies et membre de l’instance présidentielle du FFS, Mohand Amokrane Cherifi, et l’écrivain universitaire Amine Zaoui. Cette conférence s’inscrit dans le cadre des orientations du 5e congrès du parti qui a fait des objectifs onusiens du développement durable «la base de son programme, et de la reconstruction d’un consensus national, la voie et le moyen de les réaliser effectivement», selon le site officiel du parti. C’est dans cette perspective que la conférence «offrira aux acteurs de la société civile, un cadre de débats et d’échange sur les questions économiques, sociales, environnementales et culturelles», a ajouté la même source.

Une cérémonie de recueillement à la mémoire des martyrs du FFS sera organisée demain, en présence des anciens militants de 1963, durant la matinée au siège national du parti. Dans l’après-midi, un meeting populaire est prévu à la salle Sierra Maestra à Alger. Pour la journée de dimanche, des activités sont programmées au niveau des fédérations et des sections du parti dans les différentes wilayas du pays. Le plus vieux parti d’opposition a, depuis sa création dans la clandestinité, été présidé par le leader historique Hocine Aït Ahmed, qui avait décidé de ne pas briguer un nouveau mandat lors du dernier congrès du parti tenu en mai 2013. Une instance présidentielle composée de cinq membres avait été élue pour remplacer Aït Ahmed qui avait été proclamé à l’unanimité président d’honneur du FFS.*APS-27.09.2013

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**Cinquième congrès du FFS les 23, 24 et 25 mai 2013

«Comment faire un changement pacifique et construire un consensus national pour une alternative démocratique».

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L’instance présidentielle du FFS a désigné Ahmed Batatache comme premier secrétaire national du parti.

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La nouvelle direction du parti de Hocine Aït Ahmed, a désigné Ahmed Betatache à ce poste parmi les 159 membres du Conseil national. Président du groupe parlementaire du FFS, il devra présenter le programme de son secrétariat à la première session du Conseil national. Il est également membre du secrétariat national sortant. Ahmed Betatache, enseignant du droit constitutionnel à l’université de Bouira a conduit la liste du FFS de cette wilaya  lors des législatives de 10 mais 2012. Il fut également secrétaire national du parti aux Affaires maghrébines sous l’ex-premier secrétaire, Ali Laskri. Il sera chargé de de coordonner l’activité du secrétariat national et d’assurer le fonctionnement du parti. C’est lui également qui représentera le FFS devant toutes les institutions. En concertation avec le groupe des cinq, il doit choisir dans les prochains jours, son secrétariat parmi les militants. Il présentera pour adoption son programme d’action au Conseil national. Toutefois, le premier secrétaire est responsable devant l’instance présidentielle, qui pourra mettre fin à ses fonctions comme elle peut effectuer un remaniement partiel dans la composition de son secrétariat. Ainsi Ahmed Betatache a eu les faveurs du quintet du conseil présidentiel, en l’occurrence, Ali Laskri, Mohand Amokrane Cherifi, Rachid Halet, Aziz Baloul et Saïda Ichallamene.*L’Expression-02.06.2013.

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**La prochaine élection présidentielle n’est pas à l’ordre du jour du Front des forces socialistes (FFS). C’est ce qu’a indiqué, hier, l’ex-premier secrétaire national du parti, Ali Laskri, membre du conseil présidentiel du parti, élu samedi 25 mai 2013 au cours du 5e congrès qui s’est déroulé à Alger.
Lors d’une conférence de presse animée au siège du parti, M.Laskri qui s’exprimait au nom des cinq membres de l’instance présidentielle, a expliqué que le FFS ne se projette pas encore dans cette échéance. La priorité du FFS, a-t-il ajouté, «c’est comment faire un changement pacifique et construire un consensus national pour une alternative démocratique». Sans donner plus de détails, le conférencier a annoncé que le FFS lancera une initiative dans ce sens.
Interrogé sur l’hospitalisation du chef de l’Etat et la position du FFS sur ce qui se dit à ce propos, le conférencier a répondu «il faut que les Algériens sachent» la vérité. Le membre du conseil présidentiel du FFS, créé pour remplacer l’ex-président du parti, Hocine Aït Ahmed, est revenu sur le déroulement des travaux du 5e congrès qui ont été clôturés hier à 2 heures du matin. Il a indiqué que cet événement s’est déroulé dans de bonnes conditions et le FFS s’en est sorti «plus fort et plus stable». «La réussite du congrès contribuera à reconstruire un consensus national pour une alternative démocratique», a-t-il souligné, ajoutant que le FFS poursuivra la voie tracée par Hocine Aït Ahmed.
Pour lui, le FFS doit rester actif et vigilant pour poursuivre sa lutte pour les libertés, le développement durable et la justice sociale sans perdre de vue les objectifs tracés par la Proclamation du 1er Novembre 1954 et le Congrès de la Soummam du 20 Août 1956. Sur le plan organique, le conférencier a indiqué que la date de la désignation du nouveau premier secrétaire national n’est pas encore arrêtée. Ce dernier sera désigné dans les prochaines jours par les cinq membres du conseil présidentiel, en l’occurrence, Ali Laskri, Mohand Amokrane Cherifi, Rachid Halet, Aziz Baloul et Saïda Ichallamene.
La seule condition posée pour le moment est que le prochain premier secrétaire national soit membre du conseil national qui en contient 159. Ce qui empêchera le retour aux affaires de l’ancien premier secrétaire national, Ahmed Djeddaï. «M.Djeddaï n’est pas membre du conseil national», selon un membre de la direction du FFS. Les membres de l’instance présidentielle désigneront aussi les membres du secrétariat national du FFS.*L’Expression-27.05.2013.

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**La non-candidature du chef historique du FFS à sa propre succession ouvre la voie à une nouvelle forme de direction du parti qui consiste en l’élection d’une présidence collégiale de cinq membres à l’occasion du prochain congrès.

Les 23, 24 et 25 mai 2013 placeront les bases de l’avenir du Front des forces socialistes (FFS) sans Hocine Aït Ahmed. C’est au cours du 5e congrès du FFS qui aura lieu en ces dates que le leader charismatique, Hocine Aït Ahmed, viendra passer le témoin et quittera la présidence d’un parti qu’il a fondé un certain 29 septembre 1963. Le cinquantième anniversaire du FFS coïncidant avec les festivités de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance verra donc se faire le passage de témoin de Hocine Aït Ahmed à la nouvelle direction du parti. «Ce congrès sera sans nul doute un moment historique particulier pour notre parti, la décision de notre président de ne pas se représenter à la présidence du FFS lors de ce 5e congrès est une décision lourde pour les militantes et les militants, mais aussi bien au-delà. L’annonce de cette décision a été profondément ressentie et l’émotion des militantes et des militants a été forte.

Ce congrès sera le congrès du sentiment et de l’émotion», nous confie le Dr Rachid Halet, député et membre du comité d’éthique du FFS, à l’issue des travaux hier du conseil national.  Les préparatifs de ce rendez-vous hautement important dans la vie du plus vieux parti de l’opposition se déroulent dans «la sérénité», nous dit-on. Hier, les membres du conseil national ont tenu une réunion extraordinaire autour du plan global de préparation du congrès. «On s’en tient au respect des règles, c’est ce qui fait d’ailleurs la force du FFS et sa différence avec les autres partis et même avec le fonctionnement des institutions du pays. Je peux dire que le respect des statuts et des règles est le plus grand legs d’Aït Ahmed aux militants», souligne Karim Baloul, député, secrétaire national chargé des relations internationales et chef de cabinet du président du FFS. Notre interlocuteur estime que même lors des quelques remous qui ont émaillé la campagne des législatives passées, certains reprochaient le choix de candidats, mais à aucun moment le processus ou la démarche n’ont été contestés.

Un «présidium» à la place d’un président

«Au FFS, nous avons le souci du respect des statuts et ceci rassure les militants. Ils savent qu’il n’y aura jamais de passe-droits et donc pas de remise en cause du processus», note encore Karim Baloul. Rachid Halet indique, pour sa part, qu’il y a eu «une crédibilisation progressive du processus de décision qui arrive à plus d’intelligibilité. Le processus est transparent et le choix des délégués s’est fait dans le respect strict des règles, et c’est là même notre façon de rassembler». La non-candidature d’Aït Ahmed à sa propre succession ouvre la voie à une nouvelle forme de direction du parti. Il n’y aura pas un président du FFS, mais un «présidium». «On ne veut pas se précipiter à trouver un successeur à Aït Ahmed. On se donne le temps de voir émerger une personnalité qui lui succède. C’est pour cela que nous optons pour l’idée du présidium qui donne toute sa mesure à ce congrès qui est, sans nul doute, celui de la transition», explique Karim Baloul. Et à Rachid Halet d’enchaîner : «C’est là un gage de démocratie dans la prise de décision, mais aussi une garantie contre les pressions.»
Le présidium se déclinera par le choix, lors du congrès, de cinq personnalités du parti et n’annulera pas le rôle du premier secrétaire.

L’autorité politique reviendra au présidium qui remplacera le président, mais le parti aura toujours un secrétariat national et un premier secrétaire pour le représenter, nous dit-on. Le choix des membres de la direction collégiale se fera lors du congrès, sur la base de la présentation de listes fermées comportant chacune les noms de cinq candidats. «L’idée de collégialité, de cohésion et de cohérence interne est le maître-mot de cette démarche qui se veut la meilleure garante de la poursuite du chemin tracé par Aït Ahmed depuis la création du parti», affirment nos interlocuteurs. Et à R. Halet d’ajouter : «Personne ne peut remplacer Aït Ahmed ; le défi pour nous, c’est que la citadelle de la démocratie qu’est devenu notre parti ne soit pas ébranlée… Et c’est aussi de continuer le combat pacifique tous ensemble pour le changement radical d’un système politique que nous avons contesté depuis l’origine, que nous avons rejeté hier, que nous rejetons aujourd’hui et demain.» A noter qu’une résolution a sanctionné les travaux du conseil national et sera soumise à l’appréciation et au débat des 1010 délégués congressistes élus par la base.*El Watan-11.05.2013.

**Le FFS pour l’instauration d’une 2ème république consacrant la souveraineté populaire

Le Front des forces socialistes (FFS) est « le leader du changement politique pacifique en Algérie », a estimé samedi à Bordj Bou Arreridj, le premier secrétaire national de cette formation politique, Ali Laskri, au cours d’un meeting populaire dans le cadre de la campagne électorale des élections locales du 29 novembre prochain.
La lutte du FFS pour provoquer le changement pacifique, qui doit, selon M. Laskri « aboutir à l’instauration d’une 2ème république consacrant la souveraineté populaire », est « enracinée dans l’histoire du mouvement national et de la Révolution et remonte même au combat héroïque du héros de la région des Bibans, Mohamed El Mokrani ».
Le premier secrétaire national du FFS, qui s’exprimait devant une foule nombreuse, a plaidé pour une « réhabilitation du rôle de l’élu » et pour la « dotation des collectivités locales de budgets suffisants qui doivent être dépensés en toute transparence et en toute indépendance dans le cadre d’une décentralisation des pouvoirs ».
Considérant que l’Etat « n’a pas donné à ces élections locales l’importance qu’elles méritent », il a ajouté que les collectivités locales « n’ont pas bénéficié d’allocations budgétaires suffisantes leur permettant de faire face aux nombreux défis du développement local ».
Revenant sur le caractère « tactique » de la participation du FFS à ces élections locales, M. Laskri a expliqué que son parti allait « faire le maximum possible avec les moyens dont (il) dispose » et que « (ses) militants persévéreront et ne se décourageront pas pour servir le pays et pour faire pression afin de faire aboutir les aspirations des citoyens et obtenir la prise en charge de leurs préoccupations (…) ».
Le FFS qui se présente « pour la première fois de son histoire » dans 19 communes sur les 34 que compte la wilaya de Bordj Bbou Arrerridj, en plus de présenter une liste pour l’APW, « milite pour la réconciliation du pays avec son histoire », a encore souligné M. Laskri. *APS-10.11.2012.

**Le peuple Algérien ne fait plus confiance à ses dirigeants 

Le premier secrétaire national du FFS a indiqué lors d’un meeting animé vendredi 23.11.2012. à Boumerdès que « les Algériens ne font plus  confiance à leurs dirigeants ».

« Le pouvoir a perdu sa crédibilité. Malgré les  richesses dont elle dispose, l’Algérie demeure toujours un pays pauvre. Certaines organisations internationales l’ont classée parmi les derniers pays du monde où il ne fait pas bon vivre », a-t-il déclaré avant de revenir sur les « conséquences de la  mauvaise gouvernance et le manque de transparence  qui caractérise la gestion des affaires du pays ». « Il est anormal de disposer de 186 milliards de dollars de réserves de change, et de prêter au FMI tout en continuant à importer du blé et du lait à partir des pays européennes qui, il y a quelques décennies, ce sont nous qui les approvisionnions en ces produits », a-t-il enchaîné devant une salle arche-comble.
L’orateur a affirmé que « le FFS  est resté fidèle aux principes du 1er Novembre et du Congrès de la Soummam », estimant que « le pouvoir doit s’exercer par les civils et non par les militaires afin d’instaurer un Etat de droit ». Il a souligné que « le pays connaît une stagnation totale sur tous les plans ». Selon lui, « les dernières réformes, censées créer un peu de dynamique dans la société, ont instauré le statut quo », rappelant que son parti exige un  changement radical et pacifique du système en place. De son coté, le candidat tête de la liste APW, M.Khaled Mokrani, a précisé que s’il est élu, il fera tout pour changer le mode de gestion des affaires de leur wilaya. *El Watan-24.11.2012.

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« Un système qui ne sert pas la société est appelé fatalement à disparaître »

Quatorze partis, des personnalités politiques et de la société civile, réunis dans une nouvelle initiative, ont appelé mardi au rejet de la révision de la Constitution et à la mise en place d’une commission électorale indépendante. Ahmed Benbitour, une des figures de ce groupe d’opposition, s’explique dans El Watan Week-end.

- C’est la première fois, dans le cadre d’une élection présidentielle, que se forme une telle alliance entre partis de bords radicalement différents et en connexion avec la société civile. Comment allez-vous réussir ce qu’aucune opposition n’est parvenue à faire jusqu’à maintenant, en clair résister à vos clivages, aux tentatives de récupération, aux scénarios d’implosion ?

J’ai eu à dire qu’une alliance n’est ni une fusion ni une union ; il s’agit seulement de réunir les moyens des partenaires vers l’atteinte d’un objectif commun. Dans ce cas, il s’agit de l’assurance d’une gestion transparente de l’élection présidentielle prochaine. Cette élection doit être un moyen et un outil pour préparer l’Algérie à répondre aux grands défis de demain. D’où notre appel au changement de tout le système de gouvernance, non pas limité au changement des dirigeants. L’initiative proposée le 25 novembre annonce une nouvelle ère pour l’avenir de l’Algérie. Des militants issus de partis politiques divers, de la société civile et des personnalités nationales se sont élevés, ensemble, pour dire non à l’autoritarisme, oui à la démocratie. Nous devons nous en féliciter et les encourager par tous les moyens. Un objectif clair, concis, facilite le rassemblement contre les clivages et les tentatives de récupération, comme vous le dites.

- Les discussions pour désigner un candidat commun pour la présidentielle n’ont pas abouti. Avec des personnalités aussi fortes, dont certaines entendent bien partir en campagne, comment allez-vous gérer les luttes de leadership ?

Personnellement je n’ai pas assisté à des discussions pour désigner un candidat commun. D’ailleurs, j’ai annoncé ma candidature dès décembre 2012.Aujourd’hui, il s’agit de mobiliser tous nos moyens pour amener le pouvoir en place à répondre à nos deux conditions : non à la révision de la Constitution, oui pour la mise en place d’une commission, indépendante du pouvoir, pour gérer le processus électoral dans son ensemble. En travaillant ensemble, en analysant nos différents programmes, il serait possible d’aller plus loin vers la convergence des programmes. Mais la question du candidat commun n’est pas à l’ordre du jour de nos travaux.

- Pensez-vous qu’il existe, dans la société, un potentiel capable d’être interpellé et sensibilisé à ce que vous dénoncez : la mainmise de l’administration, le manque de transparence, de légitimité,  etc. ?

Il est vrai que la situation du débat politique est anormale et regrettable ! Mais le pouvoir n’a-t-il pas fermé tous les canaux de support à ce débat ? On profite de l’état d’urgence, faussement levé, pour fermer tous les moyens de communication entre les hommes politiques et les citoyens : interdiction d’organiser une marche, autorisation préalable pour réunir des citoyens dans une salle, fermeture à l’opposition des médias lourds, plus particulièrement la Télévision nationale qui doit pourtant rester un service public à la disposition de tous. Il est vrai, également, que la majorité de la population est fataliste ; elle a développé, dans une résignation étrangère à ses traditions, des capacités d’adaptation à la détérioration de sa situation, des capacités de débrouille. Donc le véritable problème est l’état moral et psychologique de la société ; en l’état actuel, il y a peu de possibilités de libérer les initiatives. Cependant, un système qui n’est pas disposé à apprendre, qui n’est pas juste, qui ne sert pas les intérêts de l’ensemble de la société, qui est construit sur la rente et la prédation est appelé fatalement à disparaître. Le régime totalitaire court à son effondrement et à son autodestruction. Donc le contrôle autoritaire ne sera pas capable de tenir longtemps. Et c’est en prévision de cette chute annoncée et inéluctable que se pose, en toute logique, la question suivante : quelles sont les conditions pour créer une société plus agile, capable d’initiatives vers le changement ? Loin de se résumer en une forme de solution miracle capable de transformer la société en une période utopique, ou bien celle de l’homme providentiel, la réponse est la démocratisation par la jeune génération instruite et mieux éduquée. C’est le degré de formation des jeunes, plus que l’espoir d’une forte croissance économique, qui mobilise. Ce sont l’ensemble des forces favorables au changement, les jeunes, les femmes et les médias, qui peuvent créer la mobilisation face à l’autoritarisme du régime.

- Si oui, comment militez-vous dans ce sens ? Par exemple, avez-vous des relais parmi les jeunes ? Un travail de proximité est-il mené dans les régions ?

Dès décembre 2012, j’ai proposé un programme politique pour une Algérie de paix, de justice et de prospérité et j’ai commencé à me déplacer à travers le pays pour une mobilisation de proximité.J’ai partout rencontré des gens très conscients des dangers qui menacent le pays et très intéressés de comprendre les voies pacifiques pour le changement. Effectivement, la nation est en danger. Chaque institution, chaque citoyen sont placés devant leurs responsabilités. C’est le moment de travailler à la préparation, la conception et la mise en œuvre d’une stratégie de sortie de crise.

- Rejet d’une révision de la Constitution avant la présidentielle et mise en place d’une commission nationale indépendante qui supervisera les opérations électorales lors de ce scrutin, est-ce qu’il n’est pas trop tard pour demander cela et mobiliser des gens autour de ces idées ?

Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! La non-révision de la Constitution ne prend pas de temps. Pour la mise en place de la commission indépendante, nous sommes prêts à mettre notre expertise à la disposition des autorités pour la réussite de cette opération.

- Les révoltes arabes ont montré que le vrai moteur du changement est le peuple, à condition qu’il soit porté par une élite qui ne l’a pas trahi. Pourquoi l’initiative s’adresse-t-elle alors au régime ?

Il y a un éveil politique mondial grâce au village global. Pour la première fois dans l’histoire, toute l’humanité est politiquement consciente, politiquement active, politiquement interactive. D’où l’appel à plus de dignité personnelle, de respect culturel et d’opportunités économiques (emploi, école, santé…). C’est un mouvement mondial. Aucun pays ne peut y échapper. Des expériences tunisienne et égyptienne de 2011, nous pouvons retenir deux leçons. La première est que lorsque la population s’installe, avec persévérance, dans un endroit stratégique de la capitale, elle est capable de faire partir le chef de l’Etat, même si cette population ne dispose pas de programme politique et pas de leadership unifié. Et c’est là le problème, en l’absence de programme et de leadership, le chef de l’Etat part, mais le changement ne se réalise pas. La deuxième est que tous les dirigeants de ces régimes, leurs familles et leurs proches collaborateurs disposent d’avoirsà l’étranger, qu’ils gardent à disposition pour s’en servir en cas d’explosion sociale dans le pays. Les deux expériences ont montré que cela n’est plus possible.Nous pouvons retenir que le rapport de force s’est déplacé en faveur des populations et qu’il est dans l’intérêt des tenants du pouvoir, leurs familles et leurs proches collaborateurs de partir de façon pacifique. Et quelle meilleure façon de quitter pacifiquement le pouvoir que de le faire à l’occasion de l’élection présidentielle ? Bien entendu, dans l’intérêt du peuple, il faut que le changement se fasse autour d’un programme et d’un leader jouissant d’une majorité confortable pour le soutenir dans la réalisation de ce changement. La réussite d’un programme passe nécessairement par la réunion de trois conditions : d’abord, la promotion d’une large mobilisation collective pour assurer le succès aux décisions fondamentales initiées ; ensuite, la mise en place des outils et mécanismes indispensables à la réalisation de l’objectif défini ; enfin, la sécurisation du processus de changement contre toute pratique de régression ou de statu quo.

- Les personnalités de l’initiative, de manière individuelle, réclament dans leur majorité un «changement»en soulignant que celui-ci est «impossible à concevoir avec le système tel qu’il est aujourd’hui».Pourtant, de manière collective, vos revendications montrent que vous reconnaissez ce système comme interlocuteur. N’est-ce pas paradoxal ?

Si vous appelez à un changement pacifique, lors d’élections présidentielles vous devez fatalement travailler avec le pouvoir en place. J’ai toujours dit que  l’opportunité reste ouverte aux fractions saines et patriotes au sein du pouvoir et de l’appareil administratif qui, faisant le constat de la gabegie dans laquelle nous sommes plongés, voudront se joindre à leurs concitoyens pour participer à la réalisation de cet objectif d’une Algérie de paix, de justice et de prospérité.

- Vous avez annoncé que vous continuerez à militer même après l’élection. Sous quelle forme ? Est-il possible de militer par les biais traditionnels ou réfléchissez-vous à de nouvelles formes de mobilisation ?  

Si le scrutin aboutit à l’élection d’un Président qui assurera le changement vers un système démocratique, nous créerons un parti politique. Sinon, nous innoverons. Mais nous n’abdiquerons pas parce que notre pays ne peut plus  continuer à vivre d’espoirs sans cesse reportés. La reprise en mains de notre destin ne peut être différée plus longtemps. Ayons simplement le courage de nos rêves et ayons foi en nous-mêmes.*Mélanie Matarese-El Watan-29.11.2013

BIO EXPRESS :

Premier ministre de décembre 1999 à août 2000, ministre chargé du Trésor en 1992, de l’Énergie en 1993 et des Finances des 1994 à 1996, Ahmed Benbitour, 68 ans, s’est déclaré candidat à la prochaine élection présidentielle de 2014. Cet économiste, originaire de Ghardaïa, qui a suivi ses études en Algérie et au Canada, a écrit un ouvrage en 2006 Radioscopie de la gouvernance algérienne.

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**Abderrazak Makri, président du MSP:

« Nous sommes prêts pour la présidentielle, mais à condition… »

Makri menace de boycotter la prochaine échéance présidentielle de 2014, au cas où leurs revendications ne sont pas satisfaites.

Le parti MSP est fin prêt pour affronter l’élection présidentielle de 2014. «Nous sommes prêts sur tous les plans pour aller aux urnes. Mais à condition que les revendications que nous avons exprimées soient prises en charge», a déclaré hier, Abderrazak Makri, président du MSP au siège du parti à Alger. Makri n’a pas écarté la possibilité de boycotter la prochaine échéance présidentielle dans le cas où les revendications ne sont pas satisfaites. Le programme du MSP, sera connu dans les prochains jours, afin de faire connaître les différents axes du programme qui sera mis en place en vue de lutter contre la corruption et les fléaux sociaux. L’ouverture du dialogue avec les militants du MSP ainsi qu’avec les autres partis qui partagent les mêmes visions, sont fort possibles pour une véritable alliance. La mise en place d’un comité de surveillance des élections indépendantes est une revendication phare dans le parti MSP. La révision de la Constitution est une erreur monumentale qui ne pourra, en aucun cas, apporter un plus au pays, d’autant plus que l’année 2013 tire à sa fin et la date de l’élection présidentielle est dans quelques mois. Connaissant bien la vision de ses militants et sympathisants, Abderrazak Makri, ne s’est pas gêné de demander aux journalistes de poser des questions sur Ghaza et la situation en Libye, rien que pour fuir les questions des journalistes qui se sont intéressés aux mouvements de dissensions internes qui ont commencé à être enregistrés avec la tendance de Bouguerra Soltani. Tout en essayant de convaincre les journalistes sur la question de la stabilité du parti MSP, Makri a souligné que le débat contradictoire ne veut pas dire forcément une division au sein d’un mouvement politique. Reconnaissant les quelques dissensions qui ont été enregistrées avec ou contre les idées de Bouguerra Soltani, Makri a balayé d’un revers de la main tout mouvement de dissension à l’intérieur du parti MSP qui se prépare de manière régulière à la course à la présidentielle de 2014. L’alliance du parti MSP avec d’autres parties pourrait dégager un candidat du consensus des partis de l’opposition ou à défaut, le MSP présentera son propre candidat. S’exprimant au sujet de la violence faite contre les femmes, le président du MSP a déploré l’existence de la violence au sein de la famille dans la société musulmane. «Le monde occidental enregistre un taux de 70% de violence contre les femmes qui sont commis par les membres de la famille eux-mêmes», dit-il. Qualifiant la famille comme une organisation qui est régie par le fonctionnement propre à toute famille, le président du MSP a condamné de manière solennelle la violence faite envers les femmes tout en avançant l’argument religieux de l’Islam qui met les hommes et les femmes dans une situation d’égalité. Abordant le Code de la famille, Makri a souligné que le Code de la famille algérienne est inspiré de la charia islamique, tout en appelant à son adaptation à l’évolution de l’exigence en restant fidèle à la tradition culturelle et ancestrale.*L’Expression-Dimanche 01 Decembre 2013

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*D’autres articles concernant l’opposition-

cliquer ici: Autopsie d’une opposition.2

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