TOP SECRET

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**Partage du pouvoir et de la rente afin de faire perdurer le système en place depuis 1962.

**Remodelage de certaines structures de l’armée et limogeage de plusieurs généraux réputés proches du général Toufik

Le remodelage de certaines structures de l’armée, notamment le rattachement de certaines directions du Département du Renseignements et de la Sécurité (DRS) à l’état-major  de l’armée nationale populaire (ANP) et le limogeage de plusieurs généraux réputés proches du général de corps d’armée Mohamed  Médiène dit Toufik , patron de ce département, a été dicté par les les services américains et britanniques qui ont voulu un tel nettoyage dans les rangs de l’armée.

Ce sont les propos de Hocine Malti, ancien vice-président de la Sonatrach, consultant, et auteur de « Histoire secrète du pétrole algérien » qui s’exprimait, mardi, dans un entretien paru sur les colonnes du quotidien algérien Liberté. Il a expliqué que « l’attaque de Saâdani contre Toufik a poussé ce dernier à réagir par le biais de trois personnages qui ont couru à son secours : le général à la retraite Hocine Benhadid qui s’est attaqué au chef de l’état-major, Aboud Hichem qui a descendu en flammes Saïd Bouteflika et le Dr Chafik Mesbah qui a tenté de blanchir le DRS, allant jusqu’à lui trouver une volonté d’instaurer une société démocratique. Parallèlement, le DRS a maintenu la pression sur le chef de l’État au sujet d’un éventuel soutien pour un 4emandat. Ce qui a fait que, miracle à l’algérienne, les affrontements ont cessé et, quelque temps après, Bouteflika a annoncé sa candidature à sa propre succession ». A la question si la candidature du président de la République pour sa propre succession à l’occasion du scrutin présidentiel du 17 avril a été le résultat d’un consensus au sommet de l’État, Malti soutient que « la fracture au sein de l’armée est profonde et le cessez-le-feu n’est que temporaire. Ma conviction est que les affrontements vont reprendre à l’occasion notamment de la désignation du vice-président, après l’amendement de la Constitution ». Comme il prédit que « l’alternative tout aussi détestable qui nous attend est que les deux clans s’entendent sur un partage du pouvoir et de la rente afin de faire perdurer le système en place depuis 1962. Il faut espérer que ce qui nous attend ne sera pas une nouvelle guerre civile. Car, de mon point de vue, un affrontement entre les deux clans de l’armée présenterait les prémices d’une situation à la libyenne ou à la syrienne ». Revenant sur l’éventualité d’un 4e mandat de Bouteflika, Hocine Malti affirme que « pour le moment, avec le 4emandat, l’Algérie est repartie pour une nouvelle période de glaciation à la Brejnev ; période qui, pour 4 ou 5 ans, selon la volonté divine, sera dirigée par un homme incapable de parler, incapable de se mouvoir, incapable de voyager, incapable de participer à des forums internationaux ».

Abordant le dossier de la corruption notamment sa lettre d’interpellation de Toufik au sujet de l’affaire Sonatrach II, il soutient que « la justice algérienne n’a pas avancé d’un iota. Si les Italiens et les Canadiens n’avaient pas dévoilé en 2013 certaines magouilles et cité des personnes, dont notamment Chakib Khelil et Farid Bedjaoui, on n’en aurait rien su. Je suis convaincu qu’il n’y a rien à attendre de la justice algérienne qui va s’arranger pour étouffer toutes ces affaires d’une manière ou d’une autre ». Pour lui la raison de cet état de fait  est qu’ »autrefois, c’était le général Larbi Belkheïr qui était le parrain en chef pour tous ces gros contrats, pour les très grosses commissions. Aujourd’hui, c’est Saïd Bouteflika qui est le chef d’orchestre de la grande corruption ».*Par Mourad Arbani | 09/04/2014-Algerie1.com et Liberté

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**Qui pourrait croire celà ?

L’ancien vice-président de la Sonatrach, et auteur de « Histoire secrète du pétrole algérien », reconverti depuis quelques années en « stratège » du renseignement, vient de remettre une couche à son long réquisitoire contre le Département du renseignement et de la sécurité (DRS).

Dans l’entretien qu’il a accordé à Liberté depuis Montréal, Malti a tenté par une analyse approximative voire tendancieuse de lier les réaménagements apportés dans la hiérarchie du DRS notamment le rattachement de certaines directions à l’état-major de l’armée nationale populaire (ANP), aux services américains et Britanniques. Rien que cela !

Tous les algériens savaient déjà que nous dépendons de l’étranger y compris dans le contenu de nos assiettes. Ils savent aussi que beaucoup de firmes des pays occidentaux bénéficient des contrats juteux moyennant quelques dividendes politiques pour le régime. Mais ils ne savent pas que même nos services exécutent les ordres de leurs homologues américains Britanniques.

Assurément, Hocine Malti est allé trop loin cette fois, aussi loin que le Canada où il débite sa littérature. Dans sa volonté de se venger (de qui d’ailleurs ?) cet ancien pétrolier s’est explosé de manière désagréable au risque de mettre la sécurité nationale en danger. Que doit penser un algérien basique en apprenant ainsi que les commandement des services secrets de son pays est décidé ailleurs ? Pire encore au niveau de la CIA et du MI6 ?

DRS ? C’est la CIA et le MI6 !

C’est une bombe que vient de lâcher Hocine Malti non pas uniquement contre les services de son pays mais également contre le pays tout court. Soutenir sans aucune preuve que le limogeage de plusieurs généraux réputés proches du général de corps d’armée Mohamed Mediène dit Toufik, patron du DRS ait été « dicté par les services américains et britanniques qui ont voulu un tel nettoyage dans les rangs de l’armée » est d’une gravité extrême.

Qui pourra croire que la CIA et le MI6 avaient cette « prérogative » de « nettoyer dans les rangs de l’armée algérienne ? ». Hallucinant ! Même dans les républiques bannières, il n’est pas évident d’entrer aussi facilement dans la « surface de réparation ». Malti suggère ainsi que l’armée et le président Bouteflika ont vendu le pays… Il ne manquerait alors plus qu’à inviter publiquement les USA et le Royaume Uni à venir s’installer chez nous puisque ils décident même des généraux à remplacer ou limoger. Tout de même…

En service « pour la vente » ?

Hocine Malti ne nous dit cependant pas pourquoi l’armée algérienne et le DRS censés obéir au doigt et l’oeil d’après lui, aux américains et britanniques, n’ont pas écouté leurs ordres quand il s’était agit de donner l’assaut contre le groupe terroriste à Tiguentourine. Autre question : Hocine Malti qui conseille beaucoup de multinationales spécialisées dans l’exploitation des hydrocarbures, n’a curieusement pas cité les services français. Mystère… A moins qu’il ne s’agisse précisément d’un « conseil » à qui de droit, à savoir qu’il faille fermer les vannes aux firmes américano-britanniques et les ouvrir à d’autres où notre consultant opère…

Hocine Malti en VRP ?

Possible compte tenu de son « job ». Mais, il faut reconnaître qu’il a dépassé les bornes par dessus tout ce qu’on pourrait penser de ce DRS. Son propos est une grave incitation à la violence. « La fracture au sein de l’armée est profonde et le cessez-le-feu n’est que temporaire. Ma conviction est que les affrontements vont reprendre à l’occasion notamment de la désignation du vice-président, après l’amendement de la Constitution », a-t-il dit. Pire encore, l’ingénieur pétrolier estime dans sa vision apocalyptique, qu’un « un affrontement entre les deux clans de l’armée présenterait les prémices d’une situation à la libyenne ou à la syrienne « . Waoo ! « Allah Yehdik » ya Si Hocine…! *Par Rafik Benasseur | 09/04/2014-Algerie1.com

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«C’est le système qui est candidat»

«C’est un véritable hold-up de la souveraineté populaire»

Dans cet entretien, Maâmar Benguerba, ancien député et ancien ministre des Affaires sociales et du Travail du gouvernement de Ahmed Benbitour, s’exprime sur le contexte politique dans lequel se tient l’élection du 17 avril. Pour ce fin observateur de la vie nationale, qui a prévu bien avant tout le monde les soubresauts qui agitent les régions du sud du pays du fait de leur marginalisation par les politiques publiques de développement, la candidature de Bouteflika n’est que la partie apparente de l’iceberg. «C’est le système qui est candidat», affirme-t-il.

-La candidature de Bouteflika pour un 4e mandat divise la classe politique et l’opinion publique. Selon vous, l’équation politique est-elle bien ou mal posée ? Le sort de Bouteflika est-il dialectiquement lié à celui du système en place ?

**Il faut se souvenir que sa cooptation par les décideurs, en 1999, ne faisait déjà pas l’unanimité. J’étais parmi ceux qui la contestaient en soutenant une autre candidature. Néanmoins, de larges couches de la population s’y étaient ralliées. Subjuguées par la rhétorique, les ambitions et les promesses. L’énergique accroissement du prix du pétrole dans les années qui suivirent a contribué à la valider, avec une mise en œuvre boulimique de projets publics. Avec le temps, beaucoup de gens se sont ravisés. Les résultats escomptés n’ont pas été au rendez-vous. Les affaires de corruption, la gabegie des finances publiques, l’incompétence des responsables, la multiplication des problèmes sociaux et l’usure du pouvoir ont amplifié la désaffection.

Aujourd’hui, il est soutenu essentiellement par ceux qui tirent des profits personnels de sa mandature ou qui redoutent, pour une raison ou une autre, son départ. Pour ce qui est de la deuxième partie de votre question, je vous rappelle que le Président est le produit d’un système qui fonctionne selon des règles claniques. Imaginer qu’il peut entreprendre, comme il est dit ça et là par ses partisans, des initiatives antinomiques à la pérennisation du système est totalement exclu. C’est d’ailleurs le système lui-même qui est candidat puisque Bouteflika n’est que la partie apparente de celui qui aurait à diriger effectivement le pays après l’élection. Son identité n’est connue que par un groupe très limité au sein du système. C’est un véritable hold-up de la souveraineté populaire qui est programmé avec cette candidature.

-Des personnalités politiques en vue, à l’instar de l’ancien président Liamine Zeroual, ou des anciens chefs de gouvernement (Hamrouche ou Ghozali) sont intervenues dans le débat électoral. Quelle lecture politique en faites-vous ?

**Au risque de schématiser à l’extrême les interventions des éminentes personnalités que vous citez, je dirais qu’elles présentent deux aspects. Le premier a trait au constat unanime qu’elles font de l’Etat et des sombres perspectives qui s’offrent au pays. Le niveau des responsabilités assumées leurs permettent de connaître les différents et d’estimer le rapport des forces à l’intérieur du cœur du système de pouvoir. Leur évaluation est, à mon avis, extrêmement précieuse. Elle nourrit une effrayante inquiétude quant à l’avenir.  Pour le deuxième aspect, j’ai perçu, paradoxalement, une divergence fondamentale quant aux recommandations.

Le président Zeroual affiche une préférence pour la poursuite du processus électoral, et donc privilégie un arbitrage populaire pour solutionner les différends existant à l’intérieur du système et éviter les dérapages suicidaires qui pourraient surgir. Il témoigne d’une confiance en le citoyen. Par contre, pour Mouloud Hamrouche et Sid Ahmed Ghozali, l’élection est insignifiante et quasiment déjà pliée. Le premier propose clairement au système de s’autodétruire en indiquant le moyen d’y parvenir ; quant au second, il se situe dans le cadre d’une négociation entre un pouvoir régénéré et des forces sur le terrain impuissantes. Sincèrement, je ne vois pas le président fraîchement reconduit se prévalant d’une nouvelle onction populaire, se rallier à l’une ou à l’autre de ces deux propositions. Les deux personnalités paraissent, objectivement, envisager une prolongation de la durée de vie du système de pouvoir.

Des voix se sont élevées, dont celle de l’ancien général à la retraite Mohamed Tahar Yala, appelant à l’interruption du processus électoral pour barrer la route à l’aventurisme politique du 4e mandat de Bouteflika et sortir de l’impasse politique dans laquelle le pays se trouve.
Il faut rendre l’interruption du processus électoral inopérante. Il faut empêcher la poursuite de la politique de désarmement de la souveraineté populaire, de désertification économique du pays, de délitement du système éducatif et d’approfondissement de la fracture sociale et territoriale. Le 4e mandat sollicité ne relève pas de l’aventurisme politique, il procède d’un choix de société rejeté intuitivement par une majorité de la population. Il a des partisans.

La société est victime d’une dépolitisation menée depuis longtemps par le système. Une série de lois, de règlements, de manipulations et d’agissements ont étouffé les prises de conscience et la contestation globale. La conséquence est stupéfiante puisque même des leaders politiques, en dehors du pouvoir, doutent des aptitudes et des capacités de la société à s’organiser et à se défendre. C’est «la» et «le» politique qui ont été bannis de l’espace national. Au métier noble s’est substitué la magouille, la corruption et autres maux innommables. Le résultat est qu’à un mouvement conscient, organisé et structuré se substituent des jacqueries et des émeutes récurrentes, parfois destructrices de biens publics et privés. Je pense que nous n’avons pas encore compris la gravité que le vivre-ensemble devient de plus en plus, dans des parties du territoire de plus en plus nombreuses, impossible. Le pays s’émiette progressivement. Il se désarticule lentement. En silence.

-L’élection du 17 avril va se tenir dans un contexte politique particulièrement tendu : surenchère verbale, actions de protestation de rue, violence et dégradation de biens publics, répression policière, meetings du candidat Bouteflika chahutés, déchaînement sur la Toile… La situation inspire-t-elle de l’inquiétude ou tout cela ne serait-il que mise en scène pour tenter de donner quelque crédit à ce scrutin, comme le laissent entendre certains ?

**Toute élection de ce niveau connaît des dépassements. Ils sont plus ou moins graves. Plus ou moins nombreux. Que certains faits soient plus amplifiés que d’autres, cela relève de parti pris de ceux qui rapportent l’événement. Mais en gros et jusqu’à présent, la campagne électorale se déroule correctement sur ce plan. Par contre, je pense que le rôle joué par les télévisions satellitaires privées, en faisant la promotion d’un seul candidat, entache gravement la sincérité du scrutin. Ce seul fait pourrait fonder les autres compétiteurs à demander l’annulation du résultat. Les médias publics, qui ne sont pas en reste dans ce dérapage, arguent des cahiers des charges qui les régissent. Les agents de l’Etat qui se sont mis volontairement au service du candidat du système doivent s’expliquer. Là aussi, les instances habilitées devraient intervenir pour mettre un terme aux abus de détournement de biens publics.

-Les partisans de Bouteflika agitent le spectre de la stabilité promu en tant que thème central de la campagne de leur candidat pour capter l’électorat. Y a-t-il réellement péril en la demeure ?

**D’abord, de quelle stabilité il s’agit ? Et au profit de qui ? Les énormes dépenses publiques pour acheter la paix sociale représentent une hypothèque de l’avenir des jeunes générations. C’est le volcan de demain. Les sommes dépensées contribuent aussi à enrichir une couche sociale dont le système pense pouvoir faire son socle de légitimation populaire. Mais comme elle est mouvante et fragile, elle est elle-même mise en danger par une ouverture économique débridée.

Elle ne peut pas accumuler au-delà d’un certain seuil. Elle se dressera contre ce frein à son essor. Est-ce qu’il y a, comme vous dites, péril en la demeure ? Sûrement. Quel que soit le responsable de demain, il aura à gérer des situations aggravées par la baisse des ressources financières. Il devra constamment arbitrer entre la maintenance d’infrastructures, réalisées parfois en dépit du bon sens, et la promotion d’autres qui se révèleront indispensables. L’emploi et l’équilibre régional représentent les défis majeurs à relever. Ce ne sont pas les compétences qui ont exercé pendant les 15 dernières années qui pourront les relever. D’autant que la nature de l’évolution du monde et sa vitesse exigeant la vigueur physique, la vivacité intellectuelle, une énorme capacité de travail et de synthèse et le pragmatisme dans l’appréciation des situations régionales et internationales.

-Comment voyez-vous le rôle de l’armée dans cette période délicate que traverse le pays ?

**L’armée se tient en dehors des jeux politiques. Elle assure et garantit les conditions d’exercice de la volonté populaire sous tous ses aspects. Les dernières déclarations du chef d’état-major sont, sur ce plan, rassurantes. Il n’y a aucune raison de douter. Elle est l’ultime recours de la nation. Par exemple si le scrutin est faussé, avant même sa tenue, par l’usage de pratiques qui ne satisfont pas à l’égalité totale des chances des protagonistes engagés.Et si, en cas de contestation des résultats, l’appareil judiciaire ne tranche pas en faveur de la volonté populaire telle qu’exprimée dans les urnes, le recours sera alors l’armée. Elle devra alors prendre ses responsabilités pour faire respecter cette volonté. Sinon, c’est la rue qui pourrait en décider. Elle devra protéger la nation contre une confiscation des moyens de l’Etat par une clique. Elle devra, ensuite, organiser à une date rapprochée, qui n’excéderait pas 6 mois, une autre consultation électorale pour élire le futur chef de l’Etat. Mais souhaitons qu’un tel scénario sera évité. Et que la sagesse l’emportera.

-L’idée de la nécessité de la mise en place de la deuxième République par le truchement d’une période de transition politique rencontre de plus en plus d’adeptes dans la classe politique…

**Qui décidera des acteurs ? Qui doit piloter les travaux ? Va-t-on retrouver le fameux turn round du dialogue national des années 1990 avec des personnalités dites nationales fabriquées par le système ? Qui se souvient de ces fameuses personnalités censées avoir représenté l’opinion nationale ? Que représentent les partis politiques sans le filtre d’élections pour évaluer leur poids ? Comment établir la représentation régionale et territoriale ? A mon avis, autant le terme est alléchant, autant la mise en œuvre efficace d’une telle initiative est délicate, voire impossible à mener sans susciter des contestations de toutes parts. Des querelles de toutes natures remettraient en cause le consensus dégagé lui-même. Il faut d’abord donner la parole au peuple.

Le pays est pressé par le temps. Il faut aller vite pour le remettre sur les rails. Il reste peu de moyens pour redresser la barre. Le langage de la vérité doit imprégner le discours politique. Ce dernier doit retrouver impérativement la crédibilité indispensable. Il doit s’affranchir des agendas des uns et des autres pour fixer un cap au pays. Je pense que le prochain scrutin représente une précieuse opportunité pour vaincre le système de pouvoir et placer la société au centre de l’arène politique. Evincer le système-candidat au profit du candidat indépendant le mieux placé, de façon pacifique, par la seule volonté populaire, en une journée, représentera dans les annales politiques du pays une date majeure pour le destin de notre peuple.

Ce ne sera pas la fête préconisée par les partisans du système et comparée impudemment à celle de l’indépendance, mais celle d’un pays qui renaît. Celle d’un peuple qui reprend pleinement en main son destin. Celle d’une jeunesse avide d’inscrire sa trajectoire dans le monde d’aujourd’hui. Un scrutin qui signifiera que toutes les fonctions électives seront désormais sous le contrôle populaire. Un choc salvateur.

-Comment voyez-vous le ciel de l’Algérie au lendemain du 17 avril ?

**Je reste optimiste. Je pense que la classe politique se hissera au niveau des espérances de son peuple pour lui épargner les souffrances d’un changement brutal et dans le chaos. Ou encore un changement fragile, par des combinaisons bancales. Le prochain scrutin représente une opportunité de changement qui lui permettra de cultiver une ambition qu’autorise son histoire et en particulier son impressionnante lutte de Libération. Les sacrifices consentis par notre peuple méritent bien un renoncement à d’éventuels egos, même légitimes.

-La visite à Alger du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a été diversement commentée. Que faut-il retenir de cette visite en pleine campagne électorale ?

**A mon avis, c’est une visite ordinaire qu’a effectuée le secrétaire d’Etat américain dans le cadre de son job. D’ailleurs, il l’a prolongée en se rendant dans le pays voisin.**Omar Berbiche-El Watan-10.04.2014

 

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**L’après-17 avril 2014, enjeu de la guerre des clans

Pour certains, les deux clans qui s’affrontent représentent les deux faces d’une seule pièce et finiront par se neutraliser Pour d’autres, cette guerre vise le dernier rempart qui fait obstacle au quatrième mandat. Dans les deux cas, l’enjeu de cette confrontation est l’après-17 avril, parce qu’il sera question de l’avenir politique des uns et la survie des autres.

Au fur et à mesure que l’échéance du 17 avril approche, la guerre des clans fait rage et donne une piètre image des institutions de l’Etat. Si pour certains, le résultat ne sera que bénéfique pour l’Algérie, en espérant que les deux clans qui s’affrontent finiront par se neutraliser et quitter le pouvoir, pour d’autres, le pire est à craindre parce qu’au centre de cette lutte, il y a un enjeu considérable lié à l’avenir des intérêts des uns après la Présidentielle.

Pour comprendre les dernières décisions de mise à la retraite d’officiers supérieurs du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), il faudra revenir au mouvement opéré dans les rangs du Département, en décembre 2011, lorsque le patron du DRS, le général Toufik, avait procédé à des changements au sein des structures qu’il chapeaute. «Rappelez-vous, il avait fait appel au général Athmane Tartag, dit Bachir, pour remplacer le général Abdelkader Kherfi, plus connu sous le nom d’Ahmed, relevé de son poste et envoyé à la retraite, qui dirigeait la Direction de la sécurité intérieure (DSI). Tartag était connu comme étant le protégé de Toufik, tout comme d’ailleurs le général Mhenna Djebar, auquel il a confié en 2005 la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), qui dépendait de son département. Jusque-là, toutes les décisions étaient signées par le président de la République.

Les problèmes ont commencé avec les enquêtes économiques ouvertes après la création du service de la police judiciaire dépendant du DRS. Les affaires de corruption que les officiers vont élucider touchent directement les hommes les plus proches du Président. Est-ce que les investigations ciblaient délibérément le clan de l’Ouest ? Le fait est que le cœur même de l’entourage le plus proche de Bouteflika  est éclaboussé avec des preuves accablantes, confirmées  plus tard par le contenu des réponses des nombreuses commissions rogatoires adressées aux tribunaux étrangers et auxquelles personne ne s’attendait. Tayeb Belaïz, alors ministre de la Justice, va tout faire pour que l’ancien ministre de l’Energie ne soit pas inquiété», expliquent nos sources. Pour celles-ci, le général Toufik était à cette époque encore en position de force.

«Son proche collaborateur, le général Mhenna, a même eu le feu vert pour écarter de nombreux officiers, que l’on disait proches du clan de l’Ouest, en les mettant à la retraite, et pour certains avant l’âge, suscitant une colère dans les rangs, mais aussi au cabinet de la Présidence, que chapeaute de loin Saïd Bouteflika, le frère du Président. Les révélations de la justice italienne vont pousser le ministre de la Justice, Mohamed Charfi, alors en disgrâce (auprès du Président) d’aller jusqu’au bout de l’enquête, en annonçant, par le biais du procureur général près la cour d’Alger, le lancement d’un mandat d’arrêt international, contre Chakib Khelil, son épouse et ses deux enfants. Ce qui lui vaudra son poste, peu de temps plus tard, et quelques actes de la procédure se voient ainsi annulés, sur pression de certains milieux, dans le but de rendre le mandat inexécutable, en attendant mieux», révèlent nos interlocuteurs, qui précisent que le départ de Charfi a coïncidé avec celui du général Abdelmalek Guenaïzia en tant que ministre délégué à la Défense, et la suppression de ce poste aux larges prérogatives  pour le remplacer par celui de vice-ministre de la Défense confié au chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah.

«Vice-ministre, un cadeau qui fait de l’officier supérieur un fidèle allié du clan présidentiel»

«Pour la première fois dans l’histoire, il y a cumul de deux postes  aux intérêts contradictoires. Un chef d’état-major, censé être sur le terrain, ne peut pas se charger d’une fonction politique de vice-ministre, qui siège en Conseil des ministres. C’est du jamais vu. Gaïd Salah se retrouve ainsi avec de lourdes et très larges prérogatives. Un cadeau qui fait de l’officier supérieur l’allié fidèle du clan présidentiel. Il va être derrière le mouvement de la fin septembre 2013, qui a vu les plus proches de Toufik écartés», souligne-t-on. C’est ainsi, ajoutent nos sources, que le général-major Mhenna a été sommé de céder son poste à la tête de la DCSA au général-major Lakhdar Tirèche, pour revenir à son service d’origine, le DRS, et diriger le bureau d’organisation qui dépend directement du général Toufik. Une nouvelle organisation des services du renseignement est mise en place. En filigrane, elle vise d’abord la dissolution du service de la police judiciaire, créé en 2006 par décret présidentiel, qui menait des enquêtes sur la corruption, mais aussi l’affaiblissement du général Toufik, à travers l’élimination d’un certain nombre de ses hommes de confiance. Ainsi, Bachir Tartag se retrouve une seconde fois sur une voie de garage. Il est démis de son poste à la tête de la DSI pour être remplacé par le général Ali Bendaoud.

«Le clan présidentiel se renforce par Gaïd Salah devenu son allié principal. Dans sa logique d’isoler le dernier rempart qui fait obstacle aux partisans du quatrième mandat, le Conseil supérieur de la fonction militaire a été convoqué pour une réunion extraordinaire le 14 janvier dernier. Cette instance a été créée en février 2006, en vertu d’une ordonnance présidentielle et dont la mission est de gérer la carrière des militaires. Elle est présidée par le chef d’état-major, c’est-à-dire Gaïd Salah, et constituée par le secrétaire général du ministère de la Défense, les chefs des forces aériennes, marines, terrestres, de la défense du territoire, de la Gendarmerie nationale, des six commandants des régions militaires et du patron du DRS. La réunion a eu lieu au siège du ministère de la Défense, au lendemain du départ du Président en France. Le débat a tourné surtout autour de trois généraux du DRS, Djebbar, Chafik (qui s’occupait des enquêtes économiques) Hassen (chargé de la lutte antiterroriste), ainsi du colonel Fawzi, tous mis à la retraite à partir du 1er février, après avoir appliqué l’article 20 de l’ordonnance 06/02 du 28 février 2006 à leur encontre.

Si pour Djebbar, les griefs retenus pour son départ à la retraite, étaient liés à des supposées affaires, pour le général Chafik, les accusations portent sur les procédures relatives aux enquêtes menées par le DRS, notamment celles de l’autoroute et de Sonatrach. En ce qui concerne le général Hassan, le conseil l’a mis à la retraite pour une affaire qui remonte à quelques mois. Il aurait envoyé son unité de lutte contre le terrorisme pour une opération de récupération d’un lot d’armement qui devait être convoyé du nord du Mali vers l’Algérie sans aviser le commandant de Région. Erreur ou pas, la sanction a été d’abord appliquée aux éléments du général Hassan, qui ne rend compte de ses actes qu’à son chef hiérarchique, à savoir le général Toufik. Lors de cette réunion du conseil, cette affaire a été ressortie pour mettre à la retraite le général Hassan à partir du 1er février.

Se sentant lésé par cette décision, le général Hassan a résisté, ce qui lui a valu une poursuite devant le tribunal militaire qui l’a placé sous contrôle judiciaire pour n’avoir pas informé le commandant de Région de la mission de ses éléments au sud du pays», révèlent nos interlocuteurs, qui confirment que «l’administration du centre de repos familial militaire de Sidi Fredj, où réside le général, avait coupé l’électricité et le gaz pour le pousser à déménager. Il a fallu l’intervention du général Toufik pour que l’officier soit maintenu dans sa résidence».

Lors de la réunion du 14 janvier, souligne-t-on, «le général Toufik n’a rien dit. Il a entendu tout le monde et à la fin, il est rentré chez lui. Il n’a pas pris part au déjeuner offert par Gaïd Salah aux membres du Conseil. Ce qui a été considéré comme un affront». Pour nombre de nos interlocuteurs, si le fameux article 20 de l’ordonnance 06/02 de février 2006 devait être appliqué, une grande partie des dirigeants de l’armée serait déjà à la retraite. Cet article définit la limite d’âge et de durée de service des militaires de carrière. Ainsi, l’âge de la retraite obligatoire est de 64 ans et la limite de la durée de service de 42 ans pour les généraux de corps d’armée. La retraite des généraux-majors doit être obligatoire à l’âge de 60 ans après 38 ans de carrière, alors que pour les généraux, elle doit être prise à l’âge de 58 an, après 36 ans de service.

«Tous les commandants de région et les chefs des forces ont dépassé l’âge de la retraite»

Les colonels font valoir leur droit à la retraite à 53 ans après 32 ans de carrière, les lieutenants-colonels à 48 ans après 28 ans de service et les commandants à 45 ans après 25 ans de service. Mais tous les commandants de Région ainsi que les chefs des armées, les généraux-majors ont largement dépassé l’âge de la retraite et à aucun moment le conseil n’a pensé appliquer l’article 20. Bien sûr, Gaïd Salah, qui a dépassé les 70 ans, est couvert par le poste de vice-ministre qu’il cumule avec celui de chef d’état-major. Il sait que s’il venait à mettre en application les dispositions de l’ordonnance, tous les membres du conseil seraient mis à la retraite.

Mais, exception faite pour le général Toufik, ces derniers lui sont tous acquis. Pour l’instant, l’article 20 est utilisé comme arme pour pousser le général Toufik à la retraite. La sortie de Amar Saadani, le secrétaire général du FLN, n’était pas fortuite. Elle fait partie de la logique de revanche du clan présidentiel. Raison pour laquelle, Gaïd Salah, premier responsable de l’armée, dont dépend le DRS, n’a pas voulu répondre aux attaques violentes portées non pas contre la personne du général Toufik, mais contre l’institution qu’il représente. Nos interlocuteurs se disent «convaincus» que les déclarations du patron du FLN «lui ont été murmurées à l’oreille». Une manière de susciter la réaction de celui qui ne veut pas cautionner le quatrième mandat.

D’autres sources se déclarent plutôt optimistes dans la mesure où elles s’attendent à «une neutralisation» des deux clans qui s’affrontent. «Le général Toufik et Bouteflika sont les deux faces d’une même pièce. Ils incarnent le système. S’ils partent tous les deux, ils rendront un grand service au pays. Le général Toufik est en train de payer un choix qu’il a fait il y a 14 ans. Il avait cautionné le départ forcé de bon nombre de ses proches, comme le défunt général Lamari et plusieurs généraux et colonels, dans le but de permettre à Bouteflika d’asseoir son pouvoir. A son tour, il est rattrapé par ce dernier, pour garder le palais d’El Mouradia ou pour le remettre à un candidat qui garantira à sa famille l’immunité.» Même s’ils divergent sur quelques points, les deux avis se rejoignent pour faire de l’après-17 avril le véritable enjeu de cette guerre des clans qui donne une piètre image du pays.**Par Salima Tlemçani-El Watan-.2014

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Abdelaziz Bouteflika

** Bouteflika : “comme partout dans le monde, le Chef de l’Etat a le droit de restructurer les services de renseignements.

Abdelaziz Bouteflika affirme haut et fort dans son message adressé aux Algériens à l’occasion de la journée nationale du Chahid, célèbrée chaque 18 février, qu’il a totalement le droit de restructurer les services de renseignements.

“Comme partout dans le monde, le Chef de l’Etat a le droit de restructurer les services de renseignements comme je l’ai fait auparavant en 2006. Dans les pays étrangers, ces décisions sont commentées objectivement et ne suscitent guère des polémiques nationales”, a déploré ainsi le Président de la République dans ce message qui défile en ce moment sur les écrans de l’ENTV, la chaîne de télévision nationale. Dans ce même message, Bouteflika a fait remarquer que “personne n’a le droit de régler ses comptes personnels au détriment de l’intérêt de la nation”. Le premier magistrat du pays dénonce clairement ce climat de guerre qui règne en Algérie depuis plusieurs semaines.

“Notre but est de préserver la nation pour la génération à venir”, a-t-il encore averti en faisant appel au patriotisme des Algériens à qu’il a demandé de faire preuve de “maturité politique”.*AF-mardi, 18 février 2014

 Quatrième mandat : ceux qui sont pour et ceux qui sont contreGuerre des clans en Algérie : la mise au point d’Abdelaziz Bouteflika

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l’ANP a toujours été et demeurera une armée républicaine

armée algerienne

L’éditorial de la revue El Djeich, le porte-voix officiel de l’armée algérienne, a apporté un démenti cinglant aux déclarations faites par le général à la retraite, et proche du général Toufik, le patron du DRS, Hocine Benhadid, ancien commandant de la mythique 8e Division blindée de l’ANP. 

Dans cet éditorial, l’Etat-Major de l’armée algérienne a affirmé que “l’ANP a toujours été et demeurera une armée républicaine profondément attachée à l’unité de ses rangs, à sa cohésion et à son homogénéité”. L’ANP réagit donc clairement aux propos de cet ancien général qui avait fait des révélations fracassantes il y a cela quelques jours en informant l’opinion publique algérienne que rien ne va plus entre l’Etat-Major de l’armée et le DRS, les secrets de renseignements. Le général Hocine Benhadid avait même fait savoir qu’une véritable guerre froide oppose le chef d’Etat-Major, Ahmed Gaïd Salah, au patron du DRS, le général Toufik.

Face à ces révélations, l’establishment militaire algérien a observé le silence. Mais l’édition de février de la revue El Djeich n’hésite pas à aborder les violentes attaques de l’ancien commandant de la 8e division blindée. Dans ce sens, dans cet édito très engagé, l’armée algérienne assure qu’elle ne cédera pas “au chantage ou provocation”. L’ANP relève qu’elle poursuit sa mission “loin des pressions extérieures et autres interférences étrangères”. L’Armée algérienne défend également ardement son “unité enracinée et héritée de son aînée, l’ALN qui a pu, grâce à son unité et à ses sacrifices, reconquérir la liberté et la dignité du peuple algérien”. L’armée algérienne s’engage enfin à accomplir son travail “avec un haut degré de professionnalisme dans le respect de la Constitution et des lois organisant et régissant leur domaine de compétence”.**algerie-focus/19.02.2014/

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« Les militaires continuent à considérer que ce pays est sous leur tutelle »

Entretien avec Mohcine Belabbas, président du RCD

Propos recueillis par Hadjer Guenanfa et Lamia Tagzout-tsa-mardi, 18 février 2014

–Pour la première fois, un secrétaire général du FLN met nommément en cause le patron du DRS. Quelle est la position du RCD sur ce débat ?

***Le RCD soulève, depuis plusieurs années, la question relative à la police politique. Lors d’un conseil national tenu le 14 décembre 2012, le RCD a indiqué qu’il est temps que le débat politique en Algérie porte sur des questions essentielles et nous avons estimé qu’il était nécessaire de revoir les conditions de l’exercice politique en général. C’est pour cela que nous avons expliqué qu’il fallait faire sauter trois verrous : dissolution de la police politique, restitution du sigle FLN à la mémoire collective et application de l’article 88 pour destituer le chef de l’État. Parce que nous avions jugé, à l’époque déjà, qu’il y avait vacance du pouvoir au niveau de la présidence.

–Le RCD dénonce depuis quelques années la police politique. Quelles sont vos propositions ?

***On ne se limite pas à dénoncer. Nous ne sommes pas de ceux qui s’adressent au pouvoir, nous sommes un parti politique et nous jugeons que dans notre message politique, il faut s’adresser à l’opinion publique en général et aux citoyens en particulier. Au RCD, nous ne croyons pas qu’il s’agit seulement de demander le départ du système, on ne demande pas au système de partir, on crée les conditions du départ de ce système.

Il y a eu une colonisation du gouvernement algérien par une tribu. Tous les responsables en charge des ministères en relation avec les élections appartiennent à la même tribu, M. Belaiz qui a échoué en  tant que ministre de la Justice a été promu en tant que président du Conseil constitutionnel et il avait encore échoué parce qu’il avait validé des élections entachées de fraude en 2012 et également parce qu’il a refusé d’appliquer l’article 88, et là encore il a été rappelé pour devenir ministre de l’Intérieur.

Notre proposition est dans la dénonciation. Il faut dissoudre la police politique. Dans certain nombre de déclarations, j’ai vu que certains disent que partout dans le monde il existe des services de renseignements. Il y a des services de renseignements partout, on ne parle pas de ces services de renseignements mais de la police politique qui doit être dissoute, comme elle a été dissoute en Tunisie, il n’y a pas très longtemps.

–Amar Saâdani a critiqué l’interférence de la sécurité intérieure notamment dans les affaires internes des partis politiques. Le RCD a-t-il été victime de telles interférences ?

***Tous les partis politiques algériens, qu’ils soient dans l’opposition ou dans le pouvoir, ont été victimes de ces interférences. Les syndicats autonomes, les associations et toutes les institutions aussi. C’est pour cela que nous n’avons pas cessé de dire qu’il était temps que les services de renseignements s’occupent de leurs missions constitutionnelles : la défense du territoire, le contre-espionnage et la lutte contre le crime économique.

La différence, cette-fois-ci, réside dans le fait que ce soit un responsable d’un parti au pouvoir qui le dise. Il a ainsi bénéficié d’une meilleure médiatisation car quand l’opposition en parle, il y a souvent une censure dans les médias. Quand on prononçait, il y a quelques années, le mot DRS, on était automatiquement censuré par la presse écrite. Je ne parle pas de l’audiovisuel public parce que les partis de l’opposition, tel que le RCD, n’y ont pas accès. Cela dit, le chef du FLN n’a rien avancé de spécial. Il y a eu tentative de manipuler ses propos. Globalement, il dit que quand un responsable cumule un certain nombre d’échecs, le minimum est qu’il démissionne. Mais il ne dit pas qu’il y a beaucoup d’autres responsables qui doivent démissionner après un cumul d’échecs. Le chef de l’État et des responsables d’autres institutions ont cumulé des échecs. Et la différence entre ce que nous disons et ce que dit M. Saâdani, c’est que nous, nous voulons sauver l’Algérie. Pour M. Saâdani, il s’agit de sauver le système. Et il pense que sauver le système, en ce moment, passe par le départ du patron du renseignement.

–De nombreuses voix se sont élevées au sein de la classe politique et dans les médias contre les déclarations de M. Saâdani en dénonçant notamment une tentative de déstabilisation de l’ANP. Comment expliquez-vous cet unanimisme réprobateur ?

***Au RCD, on se désole de cet unanimisme notamment au niveau de la presse. Même si on le comprend parce que l’essentiel de la presse algérienne notamment écrite subit le diktat de la publicité. Mais dans les déclarations des uns et des autres, il y a eu confusion entre une institution qui est l’armée et une structure qui dépend d’un département de cette dernière. En fait, il y a une volonté délibérée de faire croire qu’il y a une attaque contre l’institution de l’armée. Une attaque que, personnellement, je ne vois pas. Par contre, j’ai lu d’autres déclarations de responsables, actifs ou en retraite, qui se sont attaqués à des institutions dont l’armée et la présidence. Ces responsables ont tenu des propos très graves. Mais là, personne n’a osé dénoncer, dire qu’il y a eu des dépassements très graves et que la justice doit se saisir de ces dossiers. C’est désolant de voir un caricaturiste risquer la prison pour un dessin qui n’a pas été publié alors que des responsables, ayant occupé des fonctions importantes au sein de l’État, s’attaquent à des institutions sans que cela soit dénoncé ou que la justice ne se saisisse du dossier.

–Faites-vous allusion aux déclarations du général Benhadid ?

***Pas seulement ! Il y a eu les déclarations du général Benhadid et d’autres. En fait, je ne trouve pas normal que des militaires, qu’ils soient actifs ou en retraite, continuent à considérer que ce pays est sous leur tutelle. Il n’y a qu’en Algérie qu’on utilise des retraités de l’armée comme un groupe de pression dans la lutte des clans. Je considère qu’un militaire redevient citoyen, comme tous les citoyens algériens, à partir du moment où il est à la retraite. Aujourd’hui, on sait qu’il y a une volonté de remettre en scène les militaires. On les retrouve comme candidats à la présidence, comme chefs de partis politiques, comme politologues et comme journalistes. En Tunisie, je n’ai pas vu un militaire s’impliquer dans le débat depuis la chute de M. Ben Ali. Je n’ai pas vu un militaire se présenter à des élections ou  se transformer en politologue ou en journaliste. J’estime que cela est dangereux. (En Algérie), dans leurs déclarations, ces militaires à la retraite se prennent pour les tuteurs de ce pays.

–Cette polémique autour du rôle du DRS dans la vie politique du pays intervient à deux mois de la présidentielle. Cette élection sera-t-elle différente des précédentes ?

***Le RCD a répondu, depuis longtemps, à cette question et il a abordé, depuis plus d’une année, ce sujet. Nous sommes rentrés en contact avec un certain nombre d’acteurs politiques pour leur dire qu’il est temps de débattre des conditions de l’organisation de l’élection de 2014 et qu’il ne faut pas reproduire les élections du passé. Des élections où il est question de compétition entre les enfants du système et de qui va bénéficier le plus de la machine à frauder.

Aujourd’hui, il y a ceux qui sont contre le quatrième mandat simplement parce qu’ils pensent que ce quatrième mandat va être fatal pour le régime. Et il y a ceux qui sont pour le quatrième mandat parce qu’ils estiment que c’est l’option qui va sauver le système ou le régime. Au RCD, nous disons que nous sommes contre un mandat de plus de ce système. Ce n’est pas la même chose ! Nous disons aussi qu’il faut des élections libres où les hommes du système auront le droit de se présenter. La condition essentielle est de dessaisir le ministre de l’Intérieur de la gestion de ces élections et d’installer une instance indépendante et autonome pour l’organisation du scrutin.

M. Bouteflika, dans son discours du 15 avril 2011, avait dit que toutes les élections organisées en Algérie depuis 1962, ce sont des élections à la Naegelen, cela veut dire que ce sont des élections qui ont été trafiquées. Qu’est ce qui a changé depuis 2011? Le ministère de l’Intérieur qui va organiser les élections, c’est toujours la même loi sur les élections, donc il n’y a pas de changements depuis 2011, nous avons fait des propositions qui ne sont pas nouvelles. Nous avons proposé d’aller vers une instance de gestion des élections qui n’est pas une instance d’observation des élections, ce n’est pas la même chose.

–Donc cette élection ne sera pas différente ?

***Le RCD l’a dit : il n’y aura pas d’élection le 17 avril mais la désignation officielle du candidat choisi par les décideurs. C’est une tromperie éternellement reproduite. La polémique autour du DRS ne va rien changer. Elle a cependant aggravé la crise. C’est pour cette raison que nous sommes en contact avec un certain nombre d’acteurs politiques pour dire que c’est important d’aller vers un nouveau processus, vers une remise en perspective de la reconstruction nationale.

–C’est ainsi que le RCD a finalement décidé de boycotter…

***Nous avons formulé une offre politique : la création d’une instance de gestion des élections qui reprendra les prérogatives du ministère de l’Intérieur dans ce domaine. Le pouvoir algérien a refusé de changer les règles du jeu alors que cette offre politique a été revendiquée par l’essentiel de la classe politique. Plus grave encore, nous avons constaté comment des candidats sont invisibles à deux mois des élections. A ce jour, il n’y a eu aucun plateau de télévision sur les chaînes publiques pour débattre avec un candidat. Ce n’est pas normal ! Pour une élection moins importante, l’élection législative de 2012, les observateurs internationaux étaient sur place quatre mois avant. L’autre élément qu’il est important d’analyser est le nombre de candidats ayant retiré les formulaires. Les journalistes ne se sont pas poser la question : pourquoi il y a plus de 100 Algériens qui ont retiré ces formulaires sans qu’ils ne se déclarent officiellement candidat ? Quand on retire les formulaires, le minimum à faire est d’annoncer publiquement qu’on est candidat pour avoir les signatures et pour que notre nom soit connu des uns et des autres. En réalité, il y a trois catégories parmi ceux qui ont récupéré ces formulaires : on a d’abord ceux qui sont réellement candidats et qui sont intéressés par la collecte des signatures. Ensuite, on a ceux qui font du business et qui ramassent des signatures pour les proposer à d’autres candidats. Enfin, nous avons ceux qui préparent les signatures pour l’éventuelle candidature de l’actuel chef de l’État.

–Le boycott, n’est-il pas une solution de facilité ?

***C’est l’inverse qui est une solution de facilité. Le RCD est un parti qui n’a pas de problème à participer à une élection. Nous avons participé à des présidentielles et nous en avons boycotté d’autres. A chaque fois, nous avons posé des conditions. Aujourd’hui, nous avons constaté que la gestion des élections par le ministère de l’Intérieur a atteint ses limites. C’est pour cela que nous avons formulé une nouvelle offre politique.

En Algérie, on le sait, on le voit et ça se confirme de plus en plus : il va y avoir une fraude électorale. Il y a une lutte autour de qui va bénéficier de la fraude électorale. La différence ? En 2009, il était clair que c’était le chef de l’État en exercice qui allait bénéficier de la machine de la fraude. En 2014, certains supposent que, peut-être, un autre enfant du système va bénéficier de cette machine.

–Vous maintenez le boycott même si Bouteflika ne se représente pas?

***Le RCD boycotte l’élection du 17 avril que Bouteflika se représente ou pas. On a dit qu’il n’y aura pas d’élection.

–On a vu le RCD se réunir avec des partis islamistes, comme le MSP et le FJD. Ces fréquentations ne risquent-elles pas de brouiller l’image de votre parti ?

***Non, ce n’est pas nouveau ! Le RCD a déjà eu des rencontres, dans le passé, avec des partis islamistes et a déjà eu à organiser des actions avec eux. L’une des plus importantes est la dénonciation de la fraude électorale de 1997. L’essentiel de la classe politique (islamistes et démocrates) avait alors participé à la dénonciation. Je me souviens aussi des réunions qui se tenaient ici à El Biar (siège national du RCD), à Didouche Mourad (siège régional du parti), ou au sein des sièges des différents autres partis politiques. Les images qui montrent les leaders de ces différents partis marcher ensemble existent encore.

–L’ancien chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche, a rompu le silence à travers une déclaration…

***Je pense que nous n’avons pas la même vision des choses. D’abord, nous pensons qu’un responsable politique doit être constamment dans le combat (politique). Ensuite, nous estimons qu’il ne s’agit pas de travailler à recréer le consensus ou bien le compromis entre les différents clans ou segments du régime. Pour nous, il s’agit de travailler à sauver l’Algérie et pas le régime. Et dans la déclaration que j’ai lue aujourd’hui, il s’agit d’un compromis entre les clans et les différents segments du pouvoir.*tsa-mardi, 18 février 2014

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**Personne ne comprend plus rien à rien

Les Algériens s’interrogent

Les lois physiques confirment le fait qu’un zoom permet de mieux voir. Autrement dit, plus on se rapproche des choses et mieux on les voit ou, si on veut, plus on se rapproche, plus les choses s’éclaircissent. C’est simple, c’est naturel et, dirions-nous, même intuitif. Or, chez nous, tel n’est pas le cas. Contrairement à toutes les lois de la nature et même contrairement à celles des hommes, chez nous, lorsqu’on s’approche des choses, elles deviennent plus opaques et moins claires et lorsqu’on tend la main croyant les tenir, alors elles se dissipent. Décidément, quelque chose ne va pas chez nous. Il y a quelque temps, les observateurs de la politique nationale s’intéressant aux élections d’avril émettaient des hypothèses et élaboraient des analyses à propos de l’échéance, des hommes et, bien sûr, du pays. Ils avaient une certaine «vue» des choses ou ce qui revient au même, les choses avaient une certaine apparence. Mais pour finir les contours de leurs opinions et afin d’approfondir leurs analyses, ils avaient besoin de temps. «C’est encore loin, soutenaient-ils. Laissons venir les choses on y verra plus clair.» Certains annonçaient un 4e mandat, d’autres l’excluaient. Certains prédisaient l’élection de Benflis, d’autres celle de Bouteflika. Certains «voyaient» la fin du système, d’autres celle des hommes, mais sans trop de changement… les allégations et les exercices, tout comme les réflexions plus sérieuses d’ailleurs, se succédaient en attendant de voir les choses de «plus près». Plus le temps passe et plus près nous sommes du rendez-vous. Sauf que plus nous nous approchons de la date du 17 avril et plus les discours se font incertains, inconsistants, voire sans contenu ou presque. Les gens semblent saisir de moins en moins la réalité qui leur échappe. On l’a vu, d’abord avec certains adeptes du 4e mandat qui, à un moment, ont chancelé ne sachant plus quoi dire ni quoi faire. Parmi ceux qui annonçaient le 4e mandat, il y a ceux qui ont simplement changé de discours et de: «Nous soutenons Bouteflika pour un 4e mandat», ils sont passés à un: «Nous soutiendrons Bouteflika s’il accepte d’être candidat.» C’est le cas, notamment de Ghoul et de quelques autres qui avaient pris la même allée. Ce recul, qui dura quelque temps, est sans doute dû à l’absence de visibilité de la scène politique nationale dès le début de l’année 2014. C’est-à-dire à partir du moment où la date du 17 avril devenait proche. Ensuite, il y a eu les changements apportés par Bouteflika aux services des renseignements généraux. Ces décisions, une fois connues, alimentèrent longuement les discussions des Algériens et compliquèrent la vision aux observateurs. Pourquoi ces changements, demandaient-ils? Pourquoi maintenant? insistaient-ils, et comme ils n’eurent pas de réponse, alors ils ne purent poursuivre leurs observations de la scène politique. Quelque temps auparavant, pourtant, ils y décelaient quelques indices. A partir de lundi dernier, plus personne ne comprend plus rien à rien. Pourquoi Saâdani a-t-il parlé? Pour le compte de qui? Et pourquoi maintenant? Et quelles seront les conséquences de ces paroles sur les hommes et sur l’Algérie? Quel impact est-ce que cela aura sur l’élection? Et quelle Algérie aurons-nous dorénavant? Certains lèvent déjà la main et prient pour que le pire soit évité. D’autres haussent les épaules de l’inconscience. Et il n’est pas impossible que certains aient déjà fait leurs valises et qu’ils s’apprêtent à s’évaporer au moindre problème. Que va-t-il se passer après ces déclarations de Saâdani, s’interrogent les Algériens? Tout le monde attend pour y voir plus clair. Comme quoi, plus on est proche du 17 avril et moins on perçoit l’avenir du pays.*Par Aïssa HIRECHE-L’Expression-Samedi 08 Fevrier 2014

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**Bouteflika, cet inconnu qui les rend dingues

Un inconnu nommé Bouteflika. Certains disent qu’il a été hospitalisé en catimini en France, d’autres affirment qu’il est à l’agonie, d’autres encore qu’il est aphasique, diminué, qu’il n’a plus sa tête et qu’il n’est plus le même. Un quart de président pour eux. Tout ce beau monde parle avec l’assurance de l’ignorance. Il cite toujours des sources non identifiées, mais toujours crédibles. Là, je m’éclate à me fendre la rate que j’ai perdue, au demeurant, il y a quelques années. Crédible ? Mon œil ! Personne ne sait rien sur Bouteflika. Ni les ministres, ni les courtisans, ni Saâdani. Seuls Toufik, Sellal, Gaïd Salah peuvent parler de lui. Mais d’une manière superficielle. Ils rencontrent un supérieur qui leur montre ce qu’il veut bien laisser montrer. On peut être en bonne santé, et  montrer, pour des raisons tactiques, qu’on est diminué. Qui connait l’intérieur de Bouteflika ? Qui connait ses intentions ? Ses desseins ? Ses chagrins ? Ses joies ? Nul ne peut se targuer de cette proximité qui lui permettrait de dire : « Je connais le président ! » nul, en dehors de sa famille proche. Et de cette famille soudée, aucun mot ne sortira. Même pas une plainte d’horreur devant le déferlement de haine de certains oiseaux qui souhaitaient la mort du président. Heureusement qu’ils ne sont pas majoritaires. Quelques déclassés, quelques refoulés, quelques envieux, quelques ennemis, quelques oisifs. En tout, quelques milliers qui ne savent plus sur quel pied danser. Je disais tout à l’heure que personne en dehors de cette famille n’a le scanner politique et sanitaire de Bouteflika. Après réflexion, je dirai moi : moi, moi, moi, sans fausse modestie, pourquoi pas moi, puisque, je puise aux meilleures sources. Vous voulez connaitre la vérité, l’aveuglante vérité ? La voici dans toute sa nudité : Bouteflika se porte bien. Vous le verrez bientôt à la télévision aussi frais qu’un gardon, le verbe ferme et les idées claires. Et vous serez étonné ! Il sera candidat à sa propre succession et il gagnera en sifflotant, car depuis belle lurette, il a gagné le cœur des Algériens. Ali Benflis vise les réseaux sociaux qui comptent pour du beurre : ils font de l’agitation sur la toile, mais ne votent pas. Bouteflika cible toute l’Algérie,  l’Algérie réelle, celle qui trime, souffre et vote. A l’un, le virtuel qui permet tous les rêves, à l’autre, la réalité, la lucidité, la responsabilité, la présidence. Car seul le réel fait l’histoire quand le virtuel crée des histoires…

Les réactionnaires. Comme ils sont actifs sur les réseaux sociaux, on penserait qu’ils sont des millions alors qu’ils ne sont pas plus de mille. Et si un jour vous devez les mobiliser, vous ne trouverez que deux ! Mais quelle haine pour Bouteflika ! On dirait qu’il leur a tué père, mère, mari, amant, maitresse et enfants, qui viennent, pour les personnes qui savent vivre, en dernier. Que vous apporte un enfant à part les problèmes alors que votre amant ou votre maitresse, c’est du pur plaisir. Du moins au début. Après, ils ou elles deviennent comme vos femmes ou vos maris : d’un ennui à vous suicider. Mais de cela, nous parlerons une autre fois si l’actualité nous laisse le temps. Je disais donc que certains facebookers m’écrivent pour me dire si je n’étais pas X ou Y. Mais qu’on arrête à la fin de me prendre pour ce que je ne suis pas ! J’existe mes bons amis, j’existe ! Le seul problème de ceux qui m’écrivent, c’est mon soutien à Bouteflika. Ils ne comprennent pas pourquoi je le soutiens. Certains me prêtent des desseins que je n’ai pas et auxquels je ne pense même pas : poste d’ambassadeur, de ministre… Comme si je ne pouvais pas soutenir Bouteflika par sincérité, par admiration, sans rien attendre de lui. Il y a encore en Algérie des gens propres, que diable ! Certains pensent que j’en fais trop et que je suis aveuglé par ma dévotion. Je vous prouve ici le contraire : Bouteflika a réussi dans tout ce qu’il a entrepris individuellement. Mais en tant que président, il a échoué en partie sur le choix des hommes. Même s’il avait déclaré au début de son premier mandat que les ministres d’aujourd’hui n’ont même pas le niveau des directeurs d’hier, il aurait pu être plus exigeant sur le choix de certains qui ont mené des secteurs stratégiques à la faillite, à l’image de la santé sinistrée. Vous avez compris que mon soutien pour Bouteflika est un soutien conscient. Et que je le vois avec ses forces et ses faiblesses. Mais tel qu’il est, il me parait le seul vraiment porteur d’un projet de société, le seul grand politique, le dernier en fait. Et le seul à rassembler les Algériens. Vous pensez le contraire ? Très bien ! Dites-le, avec politesse !

Amour coupable. Si La charge de Saâdani contre Toufik a eu un mérite, c’est bien celui de servir de révélateur de la nature d’un certain nombre de segments de notre société. Ainsi, nous avons la confirmation que la presse, à de rares exceptions, est pour le DRS ; de même que les partis politiques ont montré que leurs cœurs battaient pour les services. Et c’est une spécificité typiquement algérienne que cet amour coupable sous d’autres cieux. Le beau, c’est que tout ce beau monde affiche ouvertement son amour pour l’un en essayant, autant que faire se peut pour certains, de ménager l’autre. La chèvre et le chou, quoi. Et le beurre et l’argent du beurre. Quel terrible bonhomme ce Saâdani qui les a tous mis au pied du mur, les obligeant à faire une terrible culbute : être ici et là-bas en même temps ! C’est une situation de vertige qui donne le tournis. Elle laissera des traces sur les démocrates.

D’autres acteurs de la société civile ont aussi pris position pour Toufik au nom de la sécurité et de la stabilité du pays. De mémoire d’Algérien je n’ai jamais vu pareille levée de bouclier pour défendre un seul homme qui n’a besoin, en plus, de personne pour le défendre. Au cas où il serait tenté de se présenter aux élections présidentielles, Toufik aura plus de chance que Benflis : il est plus connu et plus reconnu. Pour beaucoup d’Algériens, c’était l’un des patrons de l’Algérie. Alors autant s’adresser au bon Dieu plutôt qu’à ses saints.

Mais revenons à la presse pour nous poser la question sur l’utilité d’un ministre de la Communication appartenant au gouvernement de Bouteflika. Ne maitrisant aucun journal public en entier, n’ayant aucune prise sur la manne publicitaire qui fonctionne selon les mêmes règles qu’avant, de quel intérêt est-il pour Bouteflika? Si on mesure son importance au temps que lui consacre l’ENTV, il est l’égal de Sellal. Au lieu de lui consacrer quelques secondes comme les autres ministres, l’ENTV, qui ne dépend pas de lui précisons-le, s’attarde langoureusement sur les activités, rares, inutiles et futiles de Messahel. Communicateur à l’ancienne, il a gardé de sa fonction passée, une langue de bois que les dirigeants nord-coréens lui envieraient. Bien entendu, nous ne parlons pas de l’homme que nous ne connaissons pas, mais que ses amis des Affaires étrangères dépeignent comme urbain et « délicieux. » Délicieux ? Ils ont de drôle de formules les diplomates. Délicieux, dites-vous, c’est pour cette raison qu’il est bouffé à toutes les sauces par la presse.*Ghani Gedoui-tsa-mardi, 18 février 2014

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**Pour le général Yala, Bouteflika est pris en otage 

Les déclarations d’Amar Saâdani sur le général Mohamed Mediene continuent de susciter de nombreuses réactions. Dans un nouveau communiqué publié jeudi 6 février2014, le général à la retraite Mohand Tahar Yala considère que le président de la République, « malade et visiblement incapable de prendre une quelconque décision, est pris en otage par le clan du pouvoir ». Dans ce contexte, M. Yala indique que « tous les décrets signés et toutes les décisions prises pendant que le chef de l’État était soigné en France sont frappés d’illégalité et donc de nullité », avant d’exiger « des autorités de l’État qu’elles nous fournissent la preuve formelle que c’est bien lui qui prend cette décision et qu’elle respecte les procédures légales et solennelles », réclame le général Yala.*La source:tsa-jeudi 06 février 2014

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*Abdellah Djaballah critique la réaction de « l’élite »:la presse et les politiques

Abdellah Djaballah n’a pas été tendre avec la presse et les politiques en évoquant leurs réactions après les déclarations d’Amar Saâdani sur le DRS et son patron. « L’un des hommes du système a témoigné. Ceux qui ont détruit nos précédents partis, Ennahda et El Islah, sont les services. Ce que nous avions déjà dit dans les années 1990 », a lancé, ce vendredi 7 février, le chef du Parti pour la justice et le développement (PJD) lors d’un discours prononcé à l’ouverture d’une rencontre nationale avec les représentants des jeunes.

« Regardez les réactions publiées dans les journaux. Qu’il s’agisse des déclarations des politiques ou des commentaires des journalistes, ils ont pris la défense du DRS en cherchant les justifications et en formulant les accusations. Voilà l’élite du peuple !, » a-t-il lâché. Pour lui, il ne peut pas y avoir une « réforme » ou « renaissance » en Algérie avant que l’élite ne se libère de sa « prédisposition à la tyrannie », à « l’exploitation » et à la « corruption ».

Mais, Abdellah Djaballah préfère rester prudent après les déclarations du patron du FLN sur le DRS. Quand il est interrogé sur le fond du propos de M. Saâdani, le patron du PJD avance des suppositions. « Si l’objectif est d’éloigner l’institution sécuritaire de la vie politique, cela sera une bonne chose ! », dit-il. Mais, « si cela a été fait pour les présidentielles, ces déclarations demeureront un simple témoignage », souligne-t-il. Surtout qu’il s’agisse de déclarations faites par « un proche de Bouteflika » et qui appelle à un quatrième mandat pour le Président, poursuit-il.

Et Abdellah Djaballah est foncièrement contre cette option. « On est arrivé à une période où un Président, malade depuis des mois, ne peut pas s’occuper de sa personne », a-t-il indiqué. « Ses proches (…) s’évertuent à faire croire aux gens que la stabilité, le bien et l’intérêt du pays sont liés à ce ‘’essanem’’ (divinité) », a-t-il insisté.

Pour la participation ou non de son parti à l’élection présidentielle, M. Djaballah demeure toujours sceptique. « La décision sera prise vendredi prochain lors de la réunion du Conseil consultatif du parti, mais la tendance générale est claire », a-t-il répondu à la presse. « J’ai déjà appelé toute la classe politique à boycotter au cas où le système refuse la demande de l’opposition : la gestion de l’élection par une commission indépendante et non par le ministère de l’Intérieur », a-t-il conclut.*tsa-vendredi 07 février 2014

*Réaction d’un internaute:

Par Yahi–Les intérêts économiques dans le monde passent avant les valeurs humaines, universelles et démocratiques. Partons de cette hypothèse et essayons de jeter un regard géostratégique sur les événements qui font l’actualité d’aujourd’hui.
Je pense que les différents feux allumés ici et là ne sont pas dus uniquement aux revendications sociales habituelles.  .
Notre faiblesse est leur principal atout et notre inconscience et notre danger.
Le corps de « Algérie » est asphyxie, il respire par le sud, toute atteinte à l’organe Sud est une mort certaine. Le pouvoir central est la bouche dans ce corps malade, elle avale sans retenu pour abîmer ce qui reste de vivants, les microbes et les virus extérieurs s’en chargeront du reste pour achever la bête. « Etre mort, c’est être en proie aux vivants. » J.P.sartre.

Arrêtons les métaphores ! Je ne vais pas m’étaler sur les causes qui ont conduit le pays à cette situation, tout le monde les connais. A mon avis il est plus intéressant de se pencher sur le présent et sur future qui s’annonce encore plus turbulent. La cohésion nationale mise à l’épreuve durant des décennies relève l’absence de stratégie de sortie de crise. Aujourd’hui, le corps est encore plus affaibli, parce que d’une part le pouvoir n’est pas à la hauteur de la situation et d’autre part une partie de l’élite a déserté le pays, l’autre partie est aux abonnées absents.
L’affaiblissement caractérisé est visible, Ouargla, Tiguentourine, Touaregs , Ghardai, Djanet…Tous cela me parait comme une évidence, une désintégration successive. Les couteaux aiguisaient sont enfin prêts à découper la vache à lait. On remarque des tentions dans des villes du sud pas loin des frontières, cette une coïncidence? J’en doute. Souvent par notre cupidité on désigne le seul coupable l’ancien colonisateur et on oubli les autres.
Je ne vais pas dénigrer le combat légitime mené dans ces régions qui étaient autrefois paisibles, mais dites moi depuis quand ces régions étaient en avant-garde des luttes sociales, culturelles ? Il fut un temps, c’est de la Kabylie qu’on craignait le soulèvement, cette région qu’on a tellement réprimé, devisé, découragé et enfin réduite au silence, réduite à se battre contre des fléaux sociaux : drogues, prostitution, kidnapping…
Il ne s’agit pas d’écarter les causes historiques ou actuelles de ce marasme, ce diagnostic a pour seul objectif d’attitrer l’attention sur les intérêts que les uns et les autres peuvent avoir à cause de notre instabilité. S’attaquer violemment à un coupable abstrait « système » qui n’est pas explicitement désigné entraîne forcement un désordre qui n’est pas souhaitable. Le peuple a suffisamment souffert. Les solutions ne peuvent être que pacifistes, réfléchies, cohérentes, globales, consensuelles. En parler de manière détachée et objective est déjà un début. Soutenir les bonnes intentions, les bonnes initiatives dans le calme sera notre salut.
Le pouvoir actuel partira d’une façon ou d’une autre, c’est une question de temps, pour quoi alors se jeter dans la gueule du loup. Pensons plutôt comment s’y prendre pour reconstruire ce qui a été détruit? Comment combler le vide laissé par l’absence des institutions ? Que ferions nous une fois ce pouvoir est écarté ? C’est à ces questions que nous devons y répondre.

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**Saâdani-Toufik : une guerre pour la démocratie ?

Vu de Paris, c’est un curieux paysage révélé par l’affaire Saâdani-Toufik. Que le premier responsable du parti présidentiel se prononce contre un pouvoir militaire et appelle à une démocratisation civile du régime aurait dû réjouir tous les leaders d’opinion. Rien que de très normal dans des régimes aspirants à la liberté. Au lieu de cela, la presse algérienne quasi unanime dans sa détestation du clan Bouteflika, a défendu ce pour quoi elle est payée par les services de sécurité qui ont la haute main sur la manne financière de l’Anep et a pris le parti de celui dont, il y a quelques mois encore, on n’aurait pas osé écrire le nom dans ses colonnes, le fameux général Toufik. La réputation de faiseur de présidents de ce militaire n’est plus à faire, entre fantasmes et réalités, autour de cet homme qui semble n’avoir de comptes à rendre à personne, une sorte de Roi des ombres, présent dans toutes les strates de la société algérienne.

Le président Bouteflika a, depuis plusieurs mois, entamé le démantèlement de ce DRS omnipotent et fait rentrer ses attributions dans un cadre plus démocratique sous l’égide du ministre de la Défense. C’était là un premier pas dans la tentative de redonner à tous les organes d’État un caractère civil. Un peu comme si Abdelaziz Bouteflika voulait demeurer dans l’inconscient algérien comme celui qui aurait redonné le pouvoir civil aux civils et aux militaires mais rien que le pouvoir civil. Comme le dit Amar Saâdani dans son propos, il n’est plus concevable que les dirigeants algériens soient cornaqués, pour ne pas dire surveillés, en permanence, par  ce service de sécurité dans l’Algérie du XXIème siècle. Cette coupole secrète qui vient coiffer tout pouvoir algérien a assez duré, à entendre Saâdani. Et peu importe les résistances du patron du DRS à l’endroit d’un quatrième mandat, ce qui compte c’est avant tout ce que cette affaire révèle du caractère adémocratique de l’Algérie plus de 50 ans après les faits d’armes des Moudjahidines.

Amar Saâdani est trop intelligent pour ne pas avoir porté sa charge sans une idée précise. Cela pourrait être de vouloir, tout simplement pousser vers la sortie le patron du DRS. Bouteflika serait, ainsi, l’homme qui aurait vaincu l’organisme chargé de contrôler toute forme d’action. Abdelaziz Bouteflika pourrait posséder, là, un thème de campagne tout trouvé et un bilan à faire valoir. Il serait celui qui a fait changer la face apparente des services algériens et démocratisé le fonctionnement organique du pays. Des apparences sur lesquelles bâtir un discours politique même s’il serait bien hasardeux de penser que les habitudes d’hier ne porteront pas en germe les actions de demain. Des thématiques, qui couplées à une volonté de lutte énergique contre la bureaucratie, seraient autant d’arguments électoraux compréhensibles par tous.

En tous cas, à deux mois et demi du scrutin présidentiel, la charge du patron du FLN n’a pas fini ni de faire parler ni de produire des conséquences. Que la presse algérienne, qui biberonne financièrement aux conséquents subsides du DRS, le veuille ou non.*Par Gauthier de Voland-TSA-jeudi, 06 février 2014

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*   Le «système Fawzi » dans le collimateur

**«la hiérarchie a décidé d’épurer et de réguler la corporation pour mettre fin à un système de prédation de deniers publics…

Le limogeage du colonel Fawzi, ex-responsable du Centre de communication et de diffusion (CCD) appartenant au DRS, prend une tournure inattendue.

A peine la nouvelle a fait le tour des rédactions que les langues se délient. Le site électronique Algérie Patriotique, appartenant au fils du général à la retraite Khaled Nezzar, révèle un bout d’une grosse affaire politico-financière et de détournement de deniers publics à laquelle le colonel Fawzi serait lié. Ainsi ce militaire, qui faisait la pluie et le beau temps dans le paysage médiatique algérien depuis une décennie, fait aujourd’hui les frais «des résultats de l’enquête d’habilitation diligentée par les services chargés de la promotion des hauts officiers de l’armée. Résultats avérés négatifs, le colonel Fawzi ne peut prétendre donc au grade supérieur. Ironie du sort, celui-là même qui utilisait les enquêtes d’habilitation comme moyen de pression et de chantage pour la délivrance des accréditations aux correspondants des médias étrangers ou pour l’agrément de nouveaux journaux selon la règle «docile ou hostile» est viré suite à une enquête d’habilitation. Que révèle celle-ci ? «Des affaires douteuses qui mériteraient des enquêtes approfondies», affirme un haut responsable de l’armée.

Le colonel Fawzi, chargé entre autres de la diffusion des informations concernant les affaires de corruption, se retrouve dès lors dans le collimateur des mêmes services auxquels il répercutait les «succès» de son propre travail. Parmi le personnel proche du colonel visé par les enquêteurs figure l’actuel directeur de l’ANEP, Ahmed Boucenna. «Il y a beaucoup d’anomalies dans le fonctionnement de l’ANEP, notamment sa gestion financière, les modalités et les critères d’attribution des encarts et des pages de publicité institutionnelle qui, à l’origine, est conçu comme étant une forme d’aide de l’Etat pour les journaux», explique notre haut responsable de l’ANP.

Selon une source à l’ANEP, le montant distribué sous forme d’insertions publicitaires depuis 2011 s’élèverait à 30 milliards de dinars (environ 300 millions de dollars), soit presque le double des investissements publicitaires du secteur privé algérien. Une bonne partie de ces investissements publicitaires se chiffre en euros ou en dollars qui vont dans les caisses des magazines étrangers censés promouvoir l’image de l’Algérie à l’étranger. Un magazine de l’Hexagone empocherait quelque 20 millions d’euros par an pour des insertions pas trop visibles. Compte tenu de l’opacité qui entoure ces attributions, il semble que cette manne constitue une caisse noire qui échapperait à tout contrôle des institutions de la République.

Soupçons

Pire, elle est devenue un moyen d’enrichissement illicite pour beaucoup d’hommes d’affaires, de fils de hauts responsables de l’Etat, de patrons et de pseudo-journalistes. Les soupçons ne s’arrêtent pas là. Dans la foulée du limogeage du colonel Fawzi, des «patrons de presse» «sont aussi visés par des enquêtes, certains sont soupçonnés d’enrichissement illicite aux frais de l’Etat, d’autres de transferts illicites de fonds vers l’étranger, d’acquisition de biens immobiliers en Europe, notamment en France et en Espagne». Ce véritable «hold-up» opéré à l’ANEP porte un nom : «le système Fawzi».

Ses ramifications s’étendent aux imprimeries de l’Etat, aux différentes formules d’aide à la production cinématographique et audiovisuelle et arrivent jusqu’à l’organisation des petits événements culturels. Le colonel régentait le tout et affermissait sa mainmise sans «gêne aucune. Si vous ne lui plaisez pas, vous n’aurez rien. Certains réalisateurs et producteurs ont dû accepter les conditions posées et édictées par le colonel pour pouvoir travailler», confie un réalisateur sur la place d’Alger, victime des agissements de ce militaire aux prérogatives élargies. Il est devenu au fil du temps, un acteur du milieu et tous les projets doivent être soumis à son approbation.

Des soupçons entourent les conditions de la création de chaînes de télévision en offshore et le rehaussement de simples agences de communication en chaîne de télévision. Pour les premières, l’argent contracté de l’ANEP et les impayés dus aux imprimeries de l’Etat auront, selon nos sources, servi à les financer. Le montant des dettes se chiffre en milliards et s’élèverait à quelque 3 milliards de dinars, rien que deux journaux à gros tirages contracteraient le tiers des redevances. D’autres n’ont jamais payé le moindre sou mais perçoivent des sommes colossales, l’équivalent du paiement de l’insertion de six pages de publicité institutionnelle quotidienne, que personne n’a jamais pu créé sous un prête-nom. D’autres agréments attendent l’approbation du ministre, l’on parle de près de 50 nouveaux titres avant la fin de l’année.

Le «système Fawzi» n’agit pas seul puisqu’il est secondé par celui de Saïd Bouteflika, le «parrain» de plusieurs titres créés récemment. L’arnaque ne s’arrête pas là, puisque le processus établi pour l’enrichissement rapide inclut le recrutement de jeunes journalistes dans le cadre de l’ANEM payés souvent à peine 8000 DA par mois. Ainsi l’éditeur peut empocher le reste en silence. Selon nos sources, «la hiérarchie a décidé d’épurer et de réguler la corporation pour mettre fin à ce système de prédation de deniers publics, l’Etat ne peut plus continuer à subventionner des journaux sans aura ni ancrage», assure un haut responsable sécuritaire. D’ailleurs, il s’agit à en croire nos sources de l’une des missions prioritaires assignées au nouveau chef de la CCD. *Zouheir Aït Mouhoub-El Watan-26.07.2013.

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**Les véritables raisons du limogeage du colonel Fawzi

*un article du site électronique Algérie Patriotique

Après les affaires Sonatrach et Sonelgaz, s’achemine-t-on vers une affaire Anep ? Des documents en notre possession montrent, en effet, comment des pontes du système détournent l’argent des collectivités locales et des entreprises publiques en créant une multitude de journaux pour accaparer les annonces légales via l’Agence nationale d’édition et de publicité (Anep). Cette dernière, à la faveur d’une décision de l’Etat instaurant un monopole sur la publicité institutionnelle, gère indirectement le portefeuille publicitaire de toutes les entités publiques, qu’elles soient administratives ou économiques. Si, à l’origine, cette décision signée par l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Ouyahia, visait à réguler ce marché lucratif, aider la presse boudée par les annonceurs privés et renflouer les caisses des journaux publics qui avaient du mal à résister face à la concurrence rude des journaux indépendants, celle-ci a, cependant, été détournée de sa vocation première et servi à enrichir une bande de potentats ripoux. Des échos nous sont parvenus du Club des Pins, suite à notre précédent article. Le principal cité dans l’affaire, à savoir Miloud Chorfi, ancien porte-parole du RND et actuel président du groupe parlementaire de ce parti, a affirmé vouloir entrer en contact avec Algeriepatriotique pour nous informer qu’il n’avait aucune relation avec le titre concerné par ce scandale, c’est-à-dire El Adjoua dans ses trois versions arabe, française et sportive. «Je n’ai rien à voir avec ces journaux. C’est mon défunt fils qui était ami avec son directeur, lequel a intégré son nom dans l’ours (l’emplacement indiquant les mentions obligatoires d’une publication, ndlr)», a-t-il précisé. La mise au point étant faite, le problème reste entier. Car en adoptant la posture de Ponce Pilate, Miloud Chorfi ne fait que confirmer l’existence de malversations dont il se lave les mains. Que le titre éclaté en trois journaux qui a amassé plus de 113 milliards entre janvier 2011 et septembre 2012 (plus ou moins 5 milliards par mois) lui appartient ou pas, cela ne change rien à ces chiffres qui montrent bien que des responsables malveillants détournent de l’argent par le biais de la publicité. Venons-en aux chiffres. Une enquête au niveau de la Société d’impression d’Alger (SIA), une imprimerie de l’Etat, nous a permis de connaître le tirage de ce journal coupé en trois «morceaux» pour multiplier les gains par trois. L’édition arabe du 27 juin de ce journal inconnu du grand public a été tirée à 2 200 exemplaires, la version française à 2 200 également et le supplément sportif à 4 400. Des sources ont expliqué à Algeriepatriotique que la majeure partie de ce tirage insignifiant n’est même pas distribuée et que seuls comptent les quelques centaines d’exemplaires destinés à la comptabilité de l’Anep et à l’archivage au niveau des différentes institutions publiques. Les mêmes sources ajoutent que pour éviter de tirer le minimum exigé par l’imprimerie, soit 5 000 exemplaires par publication, les responsables de cette multitude de journaux créés – souvent par des gens étrangers à la presse – pour détourner la publicité institutionnelle, font en sorte d’être mis en demeure par l’imprimeur de payer leur facture d’impression, laquelle mise en demeure est toujours accompagnée d’une baisse forcée du tirage. Une situation qui arrange cette mafia de la publicité qui, non seulement accapare l’argent des annonces légales, mais ne paye pas les imprimeries de l’Etat, elles-mêmes rattachées à l’Anep. Nos sources révèlent aussi que ces imprimeries ne font aucun effort pour recouvrer leurs créances et que les mises en demeure envoyées à ces titres servent uniquement comme couverture juridique pour ne pas être inquiétées au cas où ces pratiques mafieuses venaient à être découvertes. L’affaire du journal El Adjoua (traduit par ses propriétaires Les climats, sur une enseigne donnant sur le boulevard Colonel Amirouche, à Alger) n’est que la partie émergée de l’iceberg. Si El Adjoua n’appartient plus à Miloud Chorfi, qui l’a racheté ? Si Miloud Chorfi n’en est plus le propriétaire, à quel nom a été attribué l’agrément pour sa publication ? Miloud Chorfi a-t-il revendu l’agrément alors qu’il n’en a pas le droit ? Qui a décidé de transférer de telles sommes faramineuses à ce journal à très faible tirage ainsi qu’à d’autres titres de petite envergure ? Une chose est sûre : tout cela n’aurait pas pu se faire sans l’aval du colonel Fawzi, aujourd’hui objet d’une enquête dont l’élément déclencheur a été sa proximité suspecte avec Hichem Aboud qui a lui aussi bénéficié des «largesses» de cet officier, soit près de quatre milliards en quatre mois d’existence seulement. Une question demeure posée : comment ces pratiques mafieuses ont-elles pu exister durant toutes ces années, sans que le ministère de la Communication ou le parquet réagissent pour y mettre fin et traduire les coupables en justice ? L’enquête du DRS nous le dira.
M. Aït Amara-Algérie Patriotique-23.07.2013.

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Amar Saadani

**Amar Saadani dégaine une violente charge contre le général Toufik

Pour la première fois depuis qu’il dirige le DRS, le général Mohamed Mediene, dit Toufik, est nommément cité par un responsable d’un parti politique. Dans un entretien paru ce lundi matin sur TSA, Amar Saadani, secrétaire général du FLN, accuse le général Toufik, inamovible patron du DRS, d’être derrière « les tentatives de déstabilisation » qui vise le parti et son premier responsable.

 Belayat

« Abderrahmane Belayat agit sous les ordres de Si Ali, qui est le général Toufik », explique Amar Saadani dans cet entretien dont les propos ont été recueillis par notre journaliste, hier, au siège du FLN. « Plusieurs partis ont été victimes des interférences de la sécurité intérieure (du DRS). C’est le cas du FLN, du parti de Djaballah, du FFS. Cela se fait toujours sous les ordres de Toufik. C’est une réalité », affirme M. Saadani.

le général Toufik

Dans cet entretien, Amar Saadani persiste et signe : selon lui, la place de l’armée est dans les casernes. Il accuse le département dirigé par le général Toufik d’exercer en dehors du cadre que lui a fixé la Constitution. Résultat, ce département a « failli » à sa mission principale qui est « la prévention ».

Ce département « avait failli dans la protection et la sécurité du président Mohamed Boudiaf. Il n’a pas su protéger Abdelkader Benhamouda, ni les moines de Tibehirine, ni les bases de pétrole dans le sud, ni les employés des Nations-unies en Algérie, ni le Palais du gouvernement. Cette direction n’a pas su bien protéger le président à Batna où il avait été la cible d’une tentative d’assassinat. A mon avis, Toufik aurait dû démissionner après ces échecs !» assène le patron du FLN.

Dans cet entretien, Amar Saadani pointe également du doigt le DRS à qui il reproche de fomenter « des scandales » et des mensonges autour du cercle le plus proche du président avec pour objectif d’empêcher le président à chaque fois de briguer un nouveau mandat.*tsa-lundi, 03 février 2014

**L’interview en entier

Propos recueillis par Katia Mehdi-tsa-lundi, 03 février 2014

**Vous venez de mettre fin à la fonction de plusieurs Mouhafedhs, alors
que l’ex-coordinateur du FLN Abderrahmane Belayat dit avoir atteint le
quorum qui lui permet de convoquer un Comité central extraordinaire. Quelle est la situation réelle au sein de votre parti ?

–Le FLN est un parti stable. Ses instances, y compris le bureau politique, les Kasmas et les Mouhafadhas fonctionnent normalement. Mais un groupe, à sa tête, Abderrahmane Belayat, tente de le déstabiliser en vain. Ce groupe est connu pour son rôle dans les différents coups d’État scientifiques contre les chefs du FLN depuis Abdelhamid Mehri jusqu’à cette tentative de putsch qui vise ma personne.

**Vous accusez vos détracteurs d’être des chargés de mission. Si c’est le cas, ils le font au profit de qui?  

–Belayat dit à son entourage qu’il est mandaté par « Si Ali » qui est le général Toufik. Belayat travaille sous les ordres de Si Toufik. Ce dernier est impliqué dans cette tentative de déstabilisation qui vise le parti et son secrétaire général.

Personnellement, lorsque j’ai évoqué l’opportunité de séparer le DRS du politique, j’ai visé principalement le département de la sécurité intérieure et j’ai épargné les deux autres départements du DRS qui sont, la sécurité militaire et la sécurité extérieure.

Il faut savoir que c’est le département de la sécurité intérieure qui a gardé toujours un lien et une proximité avec la classe politique, la presse et la justice. J’ai dit et je le répète, ce département a interféré dans le travail de la justice, des médias et des partis politiques. Pour le FLN, des colonels ont approché des membres du Comité central pour me destituer. La sécurité intérieure ne peut pas nier qu’elle agit sous les ordres du général Toufik. Ce département outrepasse ses prérogatives.

**Pour quel  intérêt ?

–La présence de la sécurité intérieure dans toutes les institutions laisse une impression que le pouvoir en Algérie n’est pas civil. Les agents de ce département sont partout : dans les APC, la présidence, au sein  des partis politiques. Cela ne peut pas contribuer à l’édification d’un État civil.

Plusieurs partis ont été victimes des interférences de la sécurité intérieure. C’est le cas du FLN, le parti de M. Djaballah, le FFS. Cela se fait toujours sous les ordres de Toufik. C’est une réalité.

Or, si nous évaluons les missions de la sécurité intérieure dans certaines affaires importantes, on constatera que ce service a multiplié les échecs. Malheureusement, au lieu de s’occuper de la sécurité du pays, ce département s’est occupé des affaires des partis politiques, de la justice et de la presse.

**Dans quels domaines ce département a-t-il échoué ?

–Les exemples sont multiples. Ce département avait failli dans la protection et la sécurité du président Mohamed Boudiaf.

Il n’a pas su protéger  Abdelkader Benhamouda , ni  les  moines de Tibehirine,  ni  les bases de  pétrole dans  le sud,  ni les employés des Nations unies en Algérie , ni le  Palais du  gouvernement. Cette direction n’a pas su bien protéger le président Bouteflika à  Batna où il avait été la cible d’une tentative d’assassinat. A mon avis ,Toufik  aurait dû démissionner après ces échecs. 

Je  répète, en ma qualité du patron du FLN,  je refuse l’interférence de la sécurité intérieure dans les affaires du parti. Nous l’invitons à  s’occuper des questions  sécuritaires. 

La place des militaires est  dans la caserne. Que fait un colonel au Sénat? De quel droit assiste-il aux réunions du Comité central d’un parti?

La présence de la sécurité intérieure dans les institutions n’est pas justifiée. Dans mon pays, le wali, les chefs d’entreprises sont contrôlés par des colonels. Je  ne comprends pas pourquoi les  téléphones des responsables sont mis sur écoute, alors que seul le juge est en droit d’ordonner ça. Je ferai l’impasse sur les  enquêtes d’habilitation, qui empêchent des cadres d’exercer s’ils n’ont pas l’avis favorable du colonel.

**Qui est  visé par « le plan de déstabilisation du FLN », Amar Saadani  ou  Abdelaziz Bouteflika ?

–Nous au FLN, on veut que le général Toufik cesse de s’immiscer dans les affaires du parti. En fait, lui n’est pas en position de dire oui ou non  à la candidature du président Bouteflika à la prochaine présidentielle.

**Vous soutenez la candidature de Bouteflika. Pensez-vous qu’il est en mesure de relever les défis  imposés aussi bien par la  conjoncture à  l’intérieur qu’à l’extérieur du pays?

-Il y a des tentatives visant à déstabiliser le pays surtout dans le sud et sur la bande frontalière. Des mains étrangères et algériennes sont impliquées.  Une raison pour laquelle nous disons que le président Bouteflika représente une garantie pour la stabilité et la sécurité du pays

*L’influence du frère d’Abdelaziz Bouteflika, Said, dans la gestion des affaires du pays est relevée par nombre d’observateurs…

–C’est une rumeur et un mensonge. On ne cesse d’inventer des histoires sur le cercle proche du président. Je vous fais remarquer que tous les cadres d’État ciblés par ces campagnes de dénigrement sont proches du président. C’est le cas du SG du FLN ou de Chakib khelil, l’ex-ministre de l’Énergie et des Mines

*Qui est à l’origine de  ces rumeurs ?

–C’est le DRS. On a fait  éclaté, soi-disant, le scandale de Sonatrach pour cibler Chakib khelil qui est  l’un des cadres les plus intègres et le plus compétent de l’Algérie. C’est à son époque que Sonatrach a doublé sa production. Et que le pays a épuré sa dette.

**Vous défendez Khelil alors que la justice algérienne l’a incriminé?

–La  justice algérienne a agi en dehors du cadre fixé par la loi. En fait, on l’a poussée à le faire. En Algérie, à chaque fois qu’on souhaite liquider un président on lui invente un scandale. En 97, c’était le Général Betchine et la cible fut Liamine Zeroual. En 2004, c’est l’affaire khalifa et la cible fut Bouteflika. En 2014, la cible est la même mais le scandale est différent, il s’agit de Sonatrach, sans omettre l’extradition de Khalifa Abdelmoumen. 

Je suis en droit de poser les questions suivantes. Les colonels étaient bel et bien présents dans les sociétés qui avaient injecté leur argent dans la  banque Khalifa. Quel a été leur rôle? Pourquoi ils avaient laissé l’argent sortir de la société vers la banque? Et qu’en est-il pour l’argent transféré à l’étranger par Abdelmoumen Khalifa ? Cet argent fut transféré soit par l’aéroport soit par le port. Deux infrastructures qui connaissent une forte présence des colonels du DRS. Où est l’argent de Khalifa ?

C’est clair, cette affaire comme celle de Sonatrach ont pour but d’empêcher le président Bouteflika à briguer un nouveau mandat.

**Vous vous attaquez frontalement au Général Toufik. Pourquoi ?  

–Je milite pour la séparation des pouvoirs. Pour un État civil. Je dis  par contre que si un mal m’arrive, ce sera l’œuvre de Toufik.  

**Quel est votre rapport avec Abdelmalek Sellal? 

–J’ai de bons rapports avec M. Sellal, c’est un homme de réconciliation.

**Du nouveau sur la révision de la Constitution?

–Ça sera fait après la présidentielle.

*Propos recueillis par Katia Mehdi-tsa-lundi, 03 février 2014

** Pour quelle cause?

Le premier coup n’avait pas porté. Amar Saâdani en a rajouté un second. Et là ça a pris. Toute la presse, ou presque, a relayé, hier, son message publié par un média. Comme un coup de sifflet où tout le monde se met en rang et en ordre parfait. Pour quelle cause? Saâdani défend sa «croûte». Il reproche au général-major Toufik, patron du DRS, d’outrepasser ses prérogatives en s’immisçant dans les affaires du FLN. Il l’accuse même d’être «impliqué dans (une) tentative de déstabilisation du parti et de son secrétaire général». C’est-à-dire lui, Amar Saâdani. C’est le coeur du message. Le reste est un habillage de séquences du passé que Saïdani redécouvre sur le tard en y mettant son interprétation. Toutes ces séquences, voulues par le secrétaire général du FLN comme autant de griefs, auraient dû, selon lui, pousser le général «Toufik à démissionner». En d’autres termes, Saâdani veut dégommer celui qui cherche à le déboulonner. Sauf que la procédure suivie, qui consiste à recourir à la rue, n’en est pas une. Le général Toufik est un responsable à l’intérieur d’une institution républicaine. C’est par elle qu’il a été désigné au poste qu’il occupe. C’est à elle que Saâdani aurait dû adresser sa plainte. Par des voies et moyens qui n’échappent pas au secrétaire général du principal parti politique du pays et qui n’ont rien à voir avec la méthode qu’il a utilisée. Pour plusieurs raisons. La première étant le respect dû aux institutions de la République. Vient ensuite cette menace, supplémentaire en ces temps troubles, qu’une telle prise de bec fait peser sur la stabilité du pays. D’ailleurs, le résultat ne s’est pas fait attendre. Beaucoup de médias, nationaux et étrangers, ont en fait, hier, leur une. Trop heureux, en ces temps de disette d’infos, de se mettre sous la dent une querelle «institutionnelle». Quant au triste effet sur l’opinion publique, mieux vaut ne pas trop en parler. Il n’est jamais confortable de ne pas faire comme tout le monde, pourtant, nous ne suivrons pas le mouvement général qui consiste à se positionner entre les deux protagonistes. Pour nous, la seule position qui vaille est la défense des intérêts supérieurs de la nation. De la cohésion nationale. De l’intégrité territoriale. De la stabilité. Il n’est ni dans les prérogatives ni dans les possibilités de quiconque, autre que l’institution militaire, de décider de la carrière d’un haut fonctionnaire qui en fait partie. Le recours aux médias, comme l’a fait Saâdani, est tout à la fois stérile et extrêmement dangereux. Nous sommes à la veille d’une échéance électorale, la plus importante dans la vie d’un pays. Nous sommes au milieu d’une multitude de conflits et de crises. Nous savons aussi que nos ennemis ne nous rateront pas si l’occasion leur est donnée. Que le secrétaire général du parti du FLN limoge autant de mouhafedhs qu’il voudra et qu’il pourra. Cela entre dans ses prérogatives. Il sera dans son rôle et devra s’en contenter. Et si pour se défendre d’attaques, dont il dit faire l’objet, il tente de mettre le feu à toute la «maison» Algérie, il en sera comptable devant la nation et devant l’Histoire. Non, M.Saâdani, vous ne pouvez pas accuser quelqu’un d’ingérence tout en vous ingérant vous-mêmes dans les affaires de l’institution dont il dépend. Non, M.Saâdani, vous ne devez solliciter l’opinion publique que pour ses mandats. Le moyen que vous avez utilisé est disproportionné au motif que vous évoquez. Non, M.Saâdani, vous êtes à la tête du principal parti politique du pays, n’allez pas chercher des solutions dans la rue. Les Algériens rêvent d’une République forte, d’un pays stable, doté d’institutions pérennes qui survivent aux hommes. Nous sommes dans cette trajectoire. Vous ne pouvez pas, ne devez pas désillusionner tout un peuple. Ressaisissez-vous. Ne nous donnez pas en spectacle. Le monde nous regarde!*Par Zouhir MEBARKI-L’Expression-Mercredi 05 Fevrier 2014

**Les Algériens désapprouvent la méthode

C’est avec stupéfaction que les Algériens ont découvert dans la presse nationale, hier, les propos tenus par le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, à l’endroit du patron des services de renseignements. Voir une institution aussi sensible attaquée par le premier responsable de la première formation politique du pays ne laisse pas indifférent. Les accusations portées par Saâdani contre le général Toufik, ont fait les choux gras, non seulement de la presse nationale mais de plusieurs médias du monde. Reprise par les agences de presse et sur la Toile, «l’information» a été écimée à travers la planète, pour internationaliser une question qui devait être discutée et réglée intra-muros. La manière avec laquelle Amar Saâdani a personnalisé le problème a décontenancé les Algériens qui y voient en ces propos une sortie de route. Même Hocine Aït Ahmed, l’homme politique algérien le plus antimilitariste, n’a pas été aussi loin, aussi virulent dans ses critiques envers l’armée. Les propos du secrétaire général du FLN ne nuisent pas seulement à la personne du général Toufik, mais c’est tout l’Etat algérien qui se trouve décrédibilisé. C’est un axiome jamais remis en cause: dans le monde entier, tout pays tire sa véritable puissance de ses services de renseignements. A lire les déclarations du secrétaire général du FLN, on est tenté de comprendre que le fameux DRS (Département du renseignement et de la sécurité) est une véritable passoire. Mais M.Saâdani détient-il le monopole de la vérité? Bien sûr que non! Les observateurs jugent que ces accusations sont infondées. Quand bien même elles comprendraient une part de vérité, il y a des affaires qui concernent strictement l’Etat, que nul n’est censé étaler sur la place publique. De l’avis de nombreux experts, y compris ceux de la CIA et de la Dgse, les services de renseignements algériens ont une expérience et un savoir-faire dans la lutte contre le terrorisme. Que le secrétaire général du FLN ait un différend avec le patron des services de renseignements, c’est dans la nature des choses. Mais transférer le sujet sur la place publique n’est pas très responsable. Il y a des institutions de recours au niveau de l’Etat pour régler ce genre de problèmes, comme le Haut Conseil de sécurité. Car après tout, le général Toufik ne travaille pas pour son compte, il ne gère pas une entreprise privée, mais il représente une institution de l’Etat qui se trouve être le fameux DRS. De ce fait, toute attaque qui le cible, touchera inévitablement cette institution. On a l’impression que chacun délimite son territoire et chacun joue au sniper. A deux mois du déroulement de l’élection présidentielle, l’Algérie aurait pu éviter cette psychose de plus. Elle n’a que faire d’une pareille polémique en ces moments où les frontières Est, Ouest et Sud sont minées. Aux frontières tunisienne, libyenne et malienne, le pays est guetté par une menace terroriste des plus graves. A l’Ouest, l’Algérie fait face à une attaque narcoterroriste en règle. Des milliers de quintaux de drogue sont saisis par les services de sécurité. Sans compter les problèmes internes. La liste est longue pour se permettre le luxe de perdre du temps dans des combats donquichottesques. Des incidents graves à Ghardaïa qui n’arrivent pas à être solutionnés, au chômage qui pousse des centaines de milliers de jeunes au désespoir, à la crise du logement en passant par les pénuries récurrentes, comme celle du lait qui, à tout moment, peuvent déraper.*Par Brahim TAKHEROUBT-L’Expression-Mercredi 05 Fevrier 2014

**Une sortie fracassante

Pour les Partis politiques, cette sortie ne favorise plus le climat politique et donne une mauvaise image du pays qui s’apprête à organiser l’élection présidentielle.

La sortie fracassante du secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, a choqué plus d’un. La classe politique n’arrive pas à avaler l’attaque furieuse du chef du parti majoritaire contre l’institution militaire. Grave, inconcevable et irresponsable sont les différentes expressions utilisées pour qualifier l’acharnement de Amar Saâdani contre le département des renseignement et de la sécurité (DRS). Pour eux, cette sortie ne favorise plus le climat politique et donne une mauvaise image du pays, l’Algérie, qui s’apprête à organiser l’élection présidentielle. L’ancien ministre de la Communication, Abdelaziz Rehabi, qualifie ces déclarations de précédent. «C’est une déclaration grave qui émane du chef du parti de la majorité, à l’égard d’une institution militaire dont le premier chef des armées est le président de la République, qui est également le président du FLN», a affirmé M.Rehabi dans un entretien téléphonique. Selon lui, c’est une situation inédite, car il ne s’agit pas d’un parti de l’opposition. «C’est le chef d’un parti présidentiel qui est tenu par le devoir de réserve envers des institutions de l’Etat», a-t-il déclaré en précisant que Saâdani replonge le pays dans l’histoire «de qui-tue-qui». Plus grave, M.Rehabi estime qu’à travers de telles déclarations, c’est l’image du pays qui est salie. «Nous donnons une image indigne et peu reluisante de notre pays à l’opinion internationale», a-t-il dit avant de conclure. Le Parti des travailleurs estime que la situation est très grave. «Cela confirme nos inquiétudes, que le climat n’est pas favorable pour organiser l’élection présidentielle», a déclaré sans ambages le porte-parole du PT, Djelloul Djoudi.     Ce dernier a fait savoir que la direction du parti est en train de faire une lecture sur ces déclarations. Le RND ne voit pas d’un bon oeil les déclarations du chef de file du FLN. «Au RND, on est pour la stabilité et nous estimons que ces choses n’ont pas lieu d’être, car de telles déclarations ne favorisent pas le climat pour que l’élection se déroule dans le calme», a affirmé son porte-parole Nouara Djaâffar. En d’autres termes, la représentante du RND estime qu’en s’attaquant  aux institutions,  cela ne va pas servir l’Algérie. Effectivement, la sortie médiatique de Saâdani tombe au mauvais moment. Au lieu de contribuer à détendre l’atmosphère  pour préparer le rendez-vous électoral dans de bonnes conditions, le SG de la première force du pays fait dans la provocation, en accusant ouvertement l’institution militaire d’avoir échoué dans sa mission. Des propos qui vont certainement déplaire à la Grande Muette. Le candidat à la présidentielle, le général Yala, a défendu la peau de son institution. Qualifiant ses propos de graves accusations publiques, Yala accuse Saâdani d’agir «contre la sécurité du pays». «Le secrétaire général du FLN vient une nouvelle fois de porter de graves accusations publiques contre nos services de sécurité, sans les étayer. Ce sinistre personnage, dont tout le monde sait qu’il n’aurait jamais dû accéder à ce niveau de responsabilité, agit ouvertement contre la sécurité du pays», indique le général dans un communiqué rendu public hier. Le candidat à la prochaine présidentielle juge les propos de Saâdani d’«agissements inacceptables». «Nous refusons toute atteinte aux organes qui sont chargés d’assurer la sécurité du pays, car ils constituent le système immunitaire qui protège la nation contre toutes les agressions, d’où qu’elles viennent», a-t-il martelé. Dans un entretien accordé lundi dernier au site électronique «Tout sur l’Algérie», le secrétaire général du FLN a  tiré à boulets rouges sur le département des renseignements et de la sécurité.*Par Nadia BENAKLI-L’Expression-Mercredi 05 Fevrier 2014

**Belayat vole au secours du DRS

Abderrahmane Belayat ne lésine pas sur les mots quand il s’agit de commenter les propos tenus par Amar Saâdani dans son interview exclusive accordée lundi à TSA. Au nom du FLN, il vole au secours du DRS et de son patron, le général Toufik. « Le FLN rejette, dénonce, condamne et se démarque de cette position (de Amar Saâdani) qui ne rentre pas dans le cadre de l’éthique du parti », explique-t-il dans un discours d’ouverture, de plus de 30 minutes lors d’une conférence de presse organisée, ce mercredi, à Alger.

« Nous avons tenu plusieurs réunions de concertation avec les membres du Comité central et nous avons pris connaissance des réactions des militants (…) à travers tout le territoire national (…). On refuse d’une manière claire cette attaque violente et non responsable contre les institutions de la justice, le département de l’ANP et le fait de porter atteinte à la présidence de la République en (l’estimant) incapable d’évaluer les événements et les responsables », ajoute celui qui se présente toujours comme coordinateur du bureau politique du FLN.

En fait, les déclarations d’Amar Saâdani n’impliquent pas le parti, selon lui. « Les accusations du membre du Comité central, Amar Saâdani, faites à un journal connu, le concernent lui seulement », explique M. Belayat qui n’a jamais cité le nom de TSA tout au long de sa conférence de presse. M. Belayat parle également de comportement « non responsable et aventurier » de M. Saâdani. Par moments, il a du mal à qualifier les déclarations d’Amar Saâdani. « C’est un séisme ? Non ! Un déluge ? Non ! Une épidémie … Est-ce que vous mesurez l’ampleur des dégâts ? Moi, je la mesure, je souffre et j’ai honte par rapport à ce qui se passe dans le parti », souligne-t-il.

Abderrahmane Belayat appelle chaque militant du parti et chaque membre de son Comité central à dénoncer et à « se démarquer de façon concrète des déclarations de Saâdani sur les pages du journal que vous connaissez ! ».

L’institution militaire, une ligne rouge

Dans son intervention, Abderrahmane Belayat énumère toutes les institutions auxquelles Amar Saâdani aurait porté atteinte et toutes les affaires qu’il aurait déterrées, selon lui. « (L’affaire) Tibhirine qu’on a oubliée et sur laquelle tout a été justifié. On a vaincu les Français, les « qui-tue-qui ? » et lui (Saâdani) vient nous faire rappeler », lâche-t-il. Abderahmane Belayat n’hésite pas à prendre, au détour d’une phrase, la défense du général Toufik, patron du DRS, qu’il ne citera jamais nommément au cours de sa conférence. « Aucun ne s’est rendu compte qu’une seule personne prend les décisions (dans le pays) qui n’a peur ni du Président, ni des partis politiques, ni de l’opinion publique ! », ironise-t-il. « Le monde entier reconnait l’ANP et l’institution militaire avec tous ses départements !  Et notre ami (Saâdani) vient (nous) dire qu’il faut qu’ils soient jugés ! Qu’est-ce que c’est que cette ingratitude ? Qu’est-ce que c’est que cette prétention ?, » s’énerve-t-il.

Pour lui, Amar Saâdani subira certainement les conséquences de ses déclarations. « S’affronter à des institutions de cette importance, de cette sensibilité, qui forcent le respect de toutes les chancelleries, des grandes puissances (…) et croire que cela passera comme si nous n’avions rien vu …, » lance-t-il.  « Notre réaction est saine. Les organisations attaquées et concernées, les autorités savent ce qu’elles ont à faire », poursuit Belayat qui commente également les propos du SG du FLN sur Chakib Khelil. « Le fait de dire qu’untel, qui a fait l’objet de poursuite du parquet d’Alger, est innocent, c’est plus qu’une immixtion dans les affaires de la justice, c’est un acte délictuel et on ne veut pas aller plus loin ! », argumente-t-il.

Éluder certaines questions

Quand il ne veut pas répondre à certaines questions, Abderahmane Belayat multiplie les anecdotes, les dictons populaires ou convoque l’histoire de la guerre de libération. « Je ne veux pas m’interroger parce que ça ne mène à rien » ou « il y a des choses qui ne se disent pas », avance ainsi Belayat concernant l’initiative de Saâdani ou encore le différend entre les clans autour du quatrième mandat.

Enfin, Abderrahmane Belayat estime que la solution à la crise au sein du parti passe par la tenue d’une réunion extraordinaire du Comité central et l’élection d’un nouveau SG. « Nous avons plus que les deux tiers du CC », affirme-t-il. Mais, M. Belayat ajoute que l’article 9 du règlement du CC lui donne les prérogatives nécessaires pour convoquer le CC « sans aucune signature ».*Hadjer Guenanfa-tsa-Mercredi 05 Fevrier 2014

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