Prépondérance de l’allégeance

*Prépondérance de l’allégeance,comme seule règle 

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*Gestion de la carrière professionnelle dans la Fonction publique en Algérie

*Entre allégeance au pouvoir et allégeance à la hiérarchie

La gestion de la carrière professionnelle dans la Fonction publique en Algérie répond à des critères bien particuliers. Si  la réussite d’avoir  un emploi stable s’avère difficile, l’avancement dans sa carrière dépend des connaissances de l’employé, de son appartenance idéologique,  mais surtout de son allégeance à la hiérarchie. Pas seulement, être membre actif d’un syndicat pourrait faciliter à certains  l’accès  au poste supérieur, quitte à sacrifier ses engagements à l’égard des travailleurs qu’ils représentent. 

Si de prime abord nos interlocuteurs, à savoir les représentants syndicaux du secteur de l’éducation se sont attardés à rappeler le règlement régissant le recrutement et les promotions dans le secteur, qui semble être respectés, mais au fil de la discussion, ils ont avoué qu’il y a toujours du favoritisme, à la fois dans le recrutement et l’avancement dans la carrière. L’appartenance aux partis du pouvoir peut-il procurer des privilèges à l’adhérent ? «Cette appartenance ne pèse pas trop comme cela était le cas auparavant», estime Idir Achour, porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie (CLA).

Pour ce qui est de la promotion dans le même métier (enseignement), cela se fait en se basant à la fois sur la note d’examen et l’étude du dossier. Pour devenir professeur principal ou professeur formateur, cela se fait en fonction des postes budgétaires. Jusque-là, «la réglementation est respectée», note le porte-parole du CLA. Reste un détail ! Les notes du directeur et celle de l’inspecteur  sont déterminantes à 70%. «Il y a ceux qui font du favoritisme», a  reconnu Idir Achour.

En revanche, l’accès au poste de directeur et d’inspecteur de l’éducation se fait par voie de concours. «Dans ce cas, l’appartenance idéologique ne pèse plus. Il y a des gens qui se font aider par leur propre connaissance. Il n’est pas exclus que le candidat peut se faire aider pas son hiérarchie lorsqu’ils sont de la même mouvance politique», précise le syndicaliste, ajoutant que le poste du directeur de l’éducation ou directeur central au ministère se fait à base de désignation. «Ce sont les gens du système qui sont là-bas», se persuade notre interlocuteur, notant que pour les hautes fonctions, les personnes sont soumises à une enquête sécuritaire.

Du syndicalisme aux postes de haute fonction

Qu’en est-il des militants syndicaux ? Profitent-ils des liens qu’ils tissent avec les hauts responsables pendant l’exercice de l’activité syndicale ?«Malheureusement, il existe des syndicalistes qui ont abandonné l’activité syndicale pour obtenir des postes supérieurs au ministère», a reconnu le porte-parole du CLA, qui cite à la fois des syndicalistes de l’UGTA et d’autres appartenant aux syndicats autonomes.

Contacté par nos soins, Soumia Salhi, syndicaliste de l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens), préfère ne pas se prononcer au sujet «des privilèges»que certains syndicalistes estiment accorder aux militants de l’UGTA. «Ça ne sert à rien de s’engager dans une polymérique, il faut faire une étude sérieuse pour se rendre compte de la réalité», a-t-elle répondu. Questionné à ce sujet, Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement  secondaire et technique (Cnapest), préfère aborder cette question autrement, tout en reconnaissant qu’il y a des syndicalistes qui ont fini par obtenir des postes de haute fonction au ministère de l’Education. «Il y a beaucoup de pression sur les syndicalistes !

Ces derniers sont visés par des mesures répressives», a attesté M. Boudiba, notant que le syndicaliste demeure toujours cette personne qui «dérange». A ce titre, le pouvoir utilise les différentes méthodes pour le faire taire. «On commence par lui faire peur. Lorsqu’on se rend compte que ce syndicaliste ne recule pas, on passe aux intimidations et les mesures de répression», dit-il. «Ce syndicaliste, qui a la base militante derrière lui, campe sur sa position.

A ce moment-là, on lui propose des faveurs et des avantages dont les postes de haute fonction», a-t-il expliqué. Rachid Malaoui, président du Syndicat national autonome du personnel de la fonction publique (Snapap), abonde dans le même sens : «Ce sont des cas qui arrivent souvent en Algérie. Si tu n’es pas dans la mouvance du pouvoir, tu risques de voir ta carrière bloquée. De nombreux syndicalistes ont été sanctionnés à cause de leur activité syndicale.» Et de souligner par la même occasion «les syndicats ayant prêté allégeance au pouvoir».

Et ce qu’il appelle «les faux syndicats autonomes» qui ont eu accès à des fonctions de très haut niveau, citant à son tour l’accès des syndicalistes à des hautes fonctions dans le secteur de  l’éducation. M. Malaoui se dit persuader que les travailleurs appartenant activement aux partis du pouvoir avancent facilement dans leur carrière. «Il y a eu beaucoup de recrutement d’allégeance  concernant les hautes responsabilités», note-t-il.

«Les femmes : ce maillon faible de l’administration publique»

De l’avis du président du Snapap,  c’est la même logique qui règne au niveau de l’administration publique. Mais l’allégeance change de cap. C’est à sa hiérarchie qu’un fonctionnaire doit «obéir», s’il veut obtenir une quelconque promotion. «Au niveau de l’administration, c’est aussi l’allégeance aux responsables», a relevé M. Malaoui, regrettant par la même le fait que les membres des syndicats autonomes revendicatifs et ceux des partis politiques d’opposition aient du mal à avancer dans leur carrière. Par ailleurs, les femmes travailleuses sont les plus touchées par ce «problème». Elles sont doublement victimes.

Dans la Fonction publique, les femmes n’occupent pas de hauts postes de responsabilité. M. Malaoui a renvoyé cet état de fait d’abord à l’environnement socioculturel dans lequel les femmes travailleuses évoluent, puis à la logique de l’assujettissement qui règne sur la gestion des carrières dans les établissements publics. «Il n’y a pas beaucoup de femmes qui activent dans des syndicats ou des partis politiques du pouvoir comparativement aux hommes.

De ce fait, leur accès aux postes de responsabilité est très limité», a commenté le représentant du Snapap. «Quant aux femmes qui activent dans des  syndicats automnes et des partis de l’opposition, elles ne sont pas nombreuses également pour des raisons que nous avons précitées. Et lorsqu’elles affichent leur adhésion à ces syndicats ou partis de l’opposition, elles sont forcément harcelées, et elles voient leur carrière bloquée», a-t-il enchaîné. Ajoutant, à ce titre, qu’il n’ y a pas beaucoup de femmes leaders dans la Fonction publique, comme il n’y a pas beaucoup de femmes leaders en politique.

Par conséquent, elles ne sont pas avantagées. M. Malaoui cite, à titre d’exemple, le secteur de l’Education qui compte plusieurs syndicats mais très peu de femmes syndicalistes membres du bureau national ou nommées à la tête de ces syndicats. «La répression et le harcèlement des syndicats autonomes et des partis de l’opposition fait que les femmes n’adhèrent pas activement à ces organismes», a-t-il dénoncé.

De l’avis de Soumia Salhi, c’est dans le monde entier que les femmes ont du mal à avancer dans leur carrière. «C’est une réalité largement partagée dans le monde entier. Elles sont bardées de diplômes mais l’accès aux postes de responsabilité laisse à désirer», a-t-elle regretté. Contacté par nos soins, Djillali Hadjadj, président de l’Association algérienne pour la lutte contre la corruption, affirme qu’il  y a eu des gens qui ont vu leur carrière bloquée après avoir dénoncé des cas de corruption. «Depuis des années, toutes les semaines, des travailleurs dénoncent des cas de corruption au niveau local, des daïra et même au niveau des ministères.

«Les universitaires sont souvent les victimes»

Notre souci est de vérifier que ces personnes le font de bonne foi et puis nous leur recommandons l’anonymat pour qu’elles ne subissent pas de représailles», a déclaré M. Hadjadj, précisant qu’il y a eu même des licenciements à cause de ces dénonciations.  M. Hadjadj regrette le fait que les personnes qui ont vu leur carrière bloquée sont généralement des universitaires ayant mené un excellent cursus, et ce, pour avoir dénoncé les pratiques douteuses de leurs supérieurs ou pour avoir refusé de marcher dans la «combine» de leur hiérarchie, notamment lorsqu’il s’agit d’octroyer des marchés publics.

Lorsqu’il s’agit de ces cas, le président de l’association de lutte contre la corruption propose ce qu’il appelle «l’annonceur d’alerte anonyme», car dans certains cas, ces  dénonciateurs «ne sont pas conscients de la gravité de ce qu’ils dénoncent», a relevé M. Hadjadj, affirmant que dans le cadre de son travail, il a été amené à rencontrer de hauts fonctionnaires et des conseillers des ministères hautement diplômés. M. Hadjadj est revenu sur le statut de la Fonction publique et la notion du secret professionnel qui, d’après lui, est utilisé d’une manière abusive. Le fonctionnaire est tenu par une obligation de réserve.

A chaque fois qu’un fonctionnaire dénonce des pratiques malveillantes, il voit son supérieur sortir cette note de secret professionnel pour  mieux le museler.«C’est une notion opaque utilisée contre les fonctionnaires intègres», fait-il remarquer. Au sujet des promotions et le déroulement des échelons, selon M. Hadjadj, avec l’ancienneté cela se fait automatiquement «mais cet article est souvent violé».

«Les partis islamistes hégémonistes»

Concernant l’allégeance aux partis politiques, M. Hadjadj attire l’attention quant aux pratiques des partis islamistes une fois au pouvoir. «Une fois arrivés à la tête d’un ministère, les leaders des partis islamistes font des recrutements massifs des gens de leur obédience pour installer leur hégémonie.» Ajoutant : «On ramène une personne qui n’est pas qualifiée, lorsque la Fonction publique refuse de lui accorder le poste, elle est maintenue sous titre de l’intérim, on la fait payer par un établissement sous tutelle». C’est ainsi que des carrières sont brisées et des compétences ont été sacrifiées.

*****Le régionalisme est  également à l’origine de l’avancement de certains dans leur carrière ou de la rétrogradation des autres. Djilali Hadjadj témoigne qu’un chef de cabinet d’un ministère a été déchu parce qu’on le soupçonnait d’appartenance au parti de Ali Benflis, Talaie Al Houriat. Son tort ? Etre originaire de la même région que ce leader politique et ex-chef de gouvernement.  D. R.

*Rahmani Djedjiga / el watan /  jeudi 22 septembre 2016

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*La retraite dorée des courtisans

La longévité de certains responsables à des postes qui sont devenus à la longue leur pré carré (…) n’est pas un gage de renouvellement du personnel dirigeant.

Sortis par la petite porte, certains ministres vont siéger au Sénat...

Y a-t-il à ce point pénurie d’hommes et de femmes, de la ressource humaine tout court, pour faire «tourner la boutique» avec les mêmes têtes? Quelques-uns d’entre eux, qui ont été nommés pour gérer des secteurs sensibles, ont pourtant fait étalage de leurs limites à force de persister dans leur aveuglement souvent dénoncé et de leur action maintes fois contestée. Certains furent renvoyés et paradoxalement gratifiés. Selon toute logique, ceux qui doivent être récompensés ne doivent l’être que pour les services rendus à la nation.
Et puis, lorsque l’on chante à tue-tête l’amour que l’on porte a son pays, il ne faut rien en attendre en contrepartie. A l’instar de ceux qui sans aucun calcul, ont donné un jour leur vie pour que l’Algérie vive libre. Des jeunes hommes (Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi…) et des jeunes femmes tout juste sorties de l’adolescence pour bon nombre d’entre elles (Hassiba Ben Bouali…) ont fait don de leur personne pour mettre un terme à 132 ans de colonisation. Cela doit être encore la devise dans un pays que l’on veut propulser parmi les grandes puissances et qui n’est indépendant que depuis cinquante ans.
Une jeune existence avec des avancées et des potentialités remarquables. L’heure du changement n’a-t-il donc pas encore sonné? Une question de temps sans doute.
Le renouvellement du tiers présidentiel a été commenté mais surtout perçu comme un événement qui confirme ce type d’observation. Sortis par la petite porte, certains ministres, qui ont pratiquement défrayé la chronique lorsqu’ils étaient en exercice, Benbouzid à l’Education nationale, Ould Abbès à la Santé ou Saïd Barkat qui s’est distingué par la manière dont il a géré la crise de la pomme de terre au moment où il a occupé le poste de ministre de l’Agriculture ont refait surface. Ils siégeront désormais en tant que sénateurs. Certes, à des postes où ils n’auront pas le même pouvoir de décision. Une sorte de retraite dorée. D’autres débutent des carrières de diplomates nommés comme ambassadeurs ou terminent au sein d’institutions (à l’instar du Conseil constitutionnel). Pas de quoi remettre en cause le fonctionnement de la République.
C’est sûr! Mais par les temps qui courent cela renforce les sentiments d’injustice et d’inégalité des citoyens qui sont saignés aux quatre veines par une flambée des prix sans précédent… L’Algérie a pourtant les potentialités requises pour rompre avec ce réflexe vieillot qui consiste à puiser indéfiniment dans les allées et les coulisses du sérail. De manière plus générale, cela met en exergue la cooptation. Un critère tant décrié qui décide de la mobilité sociale en Algérie. Depuis l’indépendance, la formation de cadres, d’ingénieurs, de techniciens et intellectuels algériens a coûté les yeux de la tête au Trésor public. Des générations de femmes et d’hommes compétents ont été sacrifiées. Nombre d’entre eux se sont expatriés. Ils font aujourd’hui le bonheur de leurs pays d’accueil. La saignée continue… La marginalisation aussi… L’Algérie, qui ambitionne de récupérer ses compétences installées à l’étranger, aurait-elle décidé de divorcer avec sa matière grise nationale? La question reste d’actualité. Une démarche qui pourrait, cependant, s’avérer suicidaire au moment où il est question de rompre avec la rente pétrolière…*Par Mohamed TOUATI -L’Expression-09.01.2013.

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L’accès à des postes supérieurs de l’Etat

Interpellé sur le sujet, le Premier- ministre, M.Abdelmalek Sellal a tenu à préciser que l’accès à une fonction de l’Etat passait par une nomination (confirmation) par décret présidentiel.
Représenté  par le ministre chargé des Relations avec le Parlement, M.Sellal a fait savoir que seule la nomination par décret présidentiel dans une fonction supérieure (de l’Etat) pouvait conférer au fonctionnaire en question la qualité de cadre supérieur et lui permettait en conséquence de bénéficier de tous les droits y afférents. Ces droits sont liés, notamment à la rémunération, à la promotion dans le grade, au congé spécial à la cessation de fonction et au régime de retraite spécifique aux cadres supérieurs de l’Etat. Dans sa réponse, le Premier ministre s’est très bien étalé en se référant au règlement. Il a rappelé que la nomination à des postes supérieurs de l’Etat se fait par décret présidentiel conformément aux dispositions du décret présidentiel 99-240 du 27 octobre 1999 relatif à la nomination aux emplois civils et militaires de l’Etat. Voulant lever le doute sur cette question, le Premier ministre a souligné que le décret exécutif 90-226 du 25 juillet 1990, modifié et complété, définissant les droits et obligations des travailleurs exerçant des fonctions supérieures de l’Etat «constitue le cadre légal qui régit les travailleurs occupant des fonctions supérieures de l’Etat, et réglemente toutes les questions liées à leur carrière professionnelle depuis leur nomination jusqu’à la cessation de leur fonction».
En cas de vacance d’une fonction supérieure, l’autorité concernée désigne par décision, un intérimaire, stipule le même décret. Cette procédure, a expliqué le Premier ministre, est de nature à garantir le bon fonctionnement des administrations et entreprises publiques, notamment à travers la disposition du décret en question dans son article 23 alinéa 3 qui stipule que «l’intérim ne confère pas la qualité de fonction supérieure». Cette disposition est motivée, selon la réponse, par la nature des fonctions supérieures de l’Etat, leurs exigences et leurs spécificités tant au niveau des missions et des responsabilités qui leur sont attachées, qu’à celui des conditions, procédures et modalités d’éligibilité à la nomination à une fonction publique. En conséquence, et en application de l’article 23 du décret sus-cité, le chargé d’affaires qui n’a pas encore acquis la qualité de cadre supérieur pour n’avoir pas été nommé par décret présidentiel, ne bénéficiera que de la rémunération attachée à la fonction supérieure occupée, a expliqué le Premier ministre. En outre, ce cadre ne pourra bénéficier en vertu de cet article, des autres droits propres au titulaire de la fonction supérieure de l’Etat, nommé et confirmé dans sa fonction par un décret présidentiel.
La confirmation du chargé d’affaires dans la fonction qu’il occupe et sa nomination à son poste par décret présidentiel lui ouvre droit à tous les avantages inhérents à cette fonction, ainsi que le droit d’alignement de la période passée à ce poste sur le régime de retraite spécifique aux cadres supérieurs de l’Etat, a encore précisé le Premier ministre. L’absence du président de la République qui est en convalescence en France depuis presque deux mois suscite des interrogations sur la gestion des affaires de l’Etat.*L’Expression-22.06.2013.

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L'expérience a démontré que le changement de gouvernement, aussi minime soit-il, intervient souvent par surprise

*Pour certains, c’est agréable d’être ministre, mais elle est dure, la chute

Annoncé officieusement, puis démenti -officiellement- par un communiqué de la Présidence, puis relancé par le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani avant d’être nuancé par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le remaniement gouvernemental ne laisse pas indifférent. S’il fait saliver les prétendants, par contre il déstabilise fortement les ministres en poste, dont certains ont déjà quitté leurs fauteuils pour s’asseoir sur leurs cartons. L’expérience a démontré que le changement de gouvernement, aussi minime soit-il, intervient souvent par surprise, au moment où l’on s’y attend le moins, quand tout le monde pense à son repos hebdomadaire après une dure semaine de travail. Le président Bouteflika procédera-t-il à un remaniement gouvernemental aujourd’hui? Tiendra-t-il un Conseil des ministres ou un Conseil restreint? Les questions fusent et la bulle politique exhale des relents d’un remaniement avant qu’elle m’explose pour laisser éclore une nouvelle équipe. Nous ne sommes plus devant un simple lifting pour donner l’impression d’un changement et calmer une grogne de quelque nature que ce soit. Le gouvernement ne peut plus bâtir sur l’échec… du «printemps arabe» et les traumatismes de la décennie noire (1992 à 2002) pour consolider le luxe du statu quo et perpétuer une stabilité sociale. Il s’agira d’une équipe qui aura à gérer l’austérité ou du moins, une période de stricte rationalisation des dépenses. Sans compter que le Premier ministre a parlé d’une nouvelle vision économique et celle-ci doit être conduite par une équipe qui devra répondre à la question de fond, celle de maintenir les équilibres et progresser effectivement sur des indices concrets, à l’image des exportations et l’intégration de nouvelles filières industrielles, mais également dans le rapport de l’Exécutif au politique à la lumière des nouvelles dispositions de la Constitution. D’où certaines surprises maintenant que l’Etat ambitionne de revêtir son costume civil. La nouvelle équipe que va driver M. Sellal aura une autre particularité: elle sera la quintessence des nouveaux équilibres nés après les profonds changements opérés au niveau des services de renseignements. Quant au moment et à la date exacte de la tombée du couperet, ils relèvent d’un caprice exclusif du président de la République. Que de dégâts collatéraux au plan psychologique! Courtisé, sollicité, photographié, parfois caricaturé, le ministre de la République développe sa propre bulle. Il ne fait rien comme tout le monde. Il arrête, décrète, tranche, nomme et dégomme. Il a un pouvoir, il est craint. Il traverse les villes en trombe et sa garde de motards fait gicler les voitures de part et d’autre de leurs sillons comme du gravier. Puis, subitement, la bulle si fragile explose, le téléphone ne sonne plus, il redescend dans le monde… de tous les jours et c’est le choc, le terrible choc psychologique. Il est dit quelque part dans la charte politique, non écrite, que les postes ministériels ne sont pas assortis d’assurance. C’est agréable d’être ministre, mais c’est dur de s’en aller.*Par Brahim TAKHEROUBT - Jeudi 17 Mars 2016/ L’Expression

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**Manœuvres occultes dans le secteur des transports

Servir d’abord les proches et les amis!?

Le ministre des Transports manœuvre depuis son arrivée à la tête de ce département, en septembre 2013, pour placer un maximum de cadres et de militants de son parti dans les différentes entreprises relevant de son secteur. Les syndicats interpellent vivement la Fédération des transports affiliée à l’UGTA pour intervenir «afin de mettre un terme à ces pratiques révolues».

Quelques mois après avoir pris les commandes du ministère des Transports, Amar Ghoul semble avoir réussi une prouesse : celle de s’attirer les foudres des représentants des travailleurs du secteur. Non pas parce qu’il refuse de satisfaire des revendications socioprofessionnelles – somme toute nombreuses et légitimes –, mais plutôt parce qu’il s’échine par des moyens détournés à «parachuter» des cadres et des militants de son parti dans les différentes entreprises relevant de son secteur.
Des pratiques qui ont suscité le courroux des syndicats d’entreprise. De l’Erenav à la SNTR en passant par CNAN-Group, l’ENTMV, l’Etusa et Transub, toutes les entreprises publiques de transport ont été destinataires d’une note ministérielle leur demandant de faire parvenir au ministre «l’organigramme nominatif, en précisant l’état des postes ainsi qu’une situation de leurs effectifs». Une première dans ce département qui a eu à être dirigé par des hommes politiques. Envoyée le 31 décembre, cette note aurait pu passer inaperçue, si elle n’avait pas été précédée par une série de demandes de recrutement de militants du Tajamou Amal Jazair (TAJ) dans ces sociétés de transport autonomes de par leur statut. Ces «tentatives de noyauter» les sociétés de transport par des militants du TAJ ont été révélées par les syndicats. Le cas le plus édifiant est celui de l’entreprise de gestion des gares routières, la Sogral, implantée dans 33 wilayas.

«Dès son installation, ce ministre s’est occupé des travaux de réfection, d’aménagement et d’équipements de ses bureaux sous couvert de facturation au nom des entreprises, dont Sogral a été une des victimes», nous précise Mohamed Yahyaoui, secrétaire général du syndicat d’entreprise, qui a vigoureusement dénoncé ce qu’il qualifie de «pratiques révolues qu’un ministre parvenu et militant veut remettre sur la table». Pour Mohamed Yahyaoui, il est inconcevable qu’un ministère procède au parachutage de cadres qui militent dans son nouveau parti dans des entreprises, dont ils n’ont absolument rien à voir. La réaction du syndicat a eu lieu après la désignation par le ministère d’un nouveau responsable à la tête de cette société, alors que le directeur se trouvait hospitalisé et qu’un intérimaire a été nommé souverainement par le conseil d’administration. Pour M. Yahyaoui, le ministère a piétiné l’autorité et les prérogatives du conseil d’administration de l’entreprise, seul habilité à prendre ce genre de décision. Le SG du syndicat relève ainsi une flagrante infraction au code du commerce. «Au nom de quoi ou de qui, un ministre s’immisce dans les affaires internes d’une entreprise commerciale autonome ? Comment peut-il lui imposer des cadres qui n’ont rien à voir avec le secteur ?», s’insurge M. Yahyaoui.

«La République, c’est le respect de ses lois, la désignation d’un nouveau responsable à ce niveau relève exclusivement des prérogatives d’un conseil d’administration», souligne-t-il, précisant dans ce sillage que la SGP, qui veille à l’application stricte de la politique de l’Etat dans le secteur du transport terrestre, avait toute la latitude de se prononcer sur ce type de décision. «Par le même procédé, il y a eu récemment la désignation d’un directeur d’une gare routière à l’intérieur du pays, dont le seul et unique critère est son adhésion au parti de Amar Ghoul», affirme ce syndicaliste qui dénonce la confusion des genres du ministre des Transports. Le ministère a adressé une note semblable aux présidents et directeurs des SGP (Gestramar, Sogeports et Fidber) leur intimant l’ordre de ne plus procéder à aucune nomination de cadres avant de «recueillir l’accord préalable» du ministère des Transports, «lequel au demeurant peut proposer d’autres candidats». Une note qui ne souffre aucune ambiguïté. Le ministre aurait également bloqué des changements et des nouvelles nominations au sein de la compagnie nationale Air Algérie pourtant approuvées depuis quelques mois par le conseil d’administration de l’entreprise.

Déçus par ces pratiques, les travailleurs appellent ainsi le ministre à s’attaquer plutôt aux problèmes exogènes que rencontrent les entreprises du secteur, au lieu de multiplier des actions de parachutage. Les syndicats de toutes les entreprises de transport routier, maritime, ferroviaire et aérien se solidarisent pour faire face à ce qu’ils qualifient de «précédent grave». Ils interpellent vivement la Fédération nationale des transports, affiliée à l’UGTA, afin qu’elle agisse pour mettre un terme à ces «pratiques contraires au code du commerce, à l’éthique politique et aux principes de management d’entreprise». Ils refusent que ces entreprises soient utilisées comme un instrument de recrutement de militants pour un parti politique. Du côté du ministère des Transports, c’est le silence radio. Nos tentatives de joindre ce département ministériel pour obtenir des explications se sont avérées vaines, le responsable de la communication étant aux abonnés absents.  *Mokrane Ait Ouarabi-El Watan-09.01.2014

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*Ouyahia dans la tourmente

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Les contestataires lui reprochent sa gestion du parti d’«une main de fer», «l’absence de démocratie» et «la prépondérance de l’allégeance» comme seule règle du fonctionnement du Parti

La fronde contre le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, s’organise et prend surtout de l’ampleur. Si jusque-là elle a été menée par des «seconds couteaux», ce sont à présent des noms emblématiques du parti qui prennent le relais.

On parle de Yahia Gidoum (ancien ministre de la Santé et membre fondateur du RND), Saïd Abadou (secrétaire général de l’ONM), le revenant Mouldi Aïssaoui, Bakhti Belaïd, Amar Zegrar (ancien secrétaire général de la présidence), on parle aussi de l’ancien ministre de l’Education nationale, Boubekeur Benbouzid, et de l’actuel ministre de l’Industrie, Cherif Rahmani — cités par certaines sources — qui se joignent au mouvement et en prennent même les commandes.
Yahia Guidoum est désigné coordinateur général de ce «redressement» qui vise à démettre Ahmed Ouyahia du secrétariat général du RND. L’objectif est donc bien précis et il était prévisible que l’ex-Premier ministre allait avoir des «soucis» au lendemain de son éviction de la chefferie du gouvernement.

C’est d’ailleurs «sa position» dans la hiérarchie de l’Etat qui l’avait tout le temps prémuni des tempêtes qui ont, par le passé, frappé le RND et le prenaient pour cible. Une position qui lui a souvent sauvé la peau.
Les contestataires reprochent à Ahmed Ouyahia sa gestion du parti d’«une main de fer», «l’absence de démocratie» et «la prépondérance de l’allégeance» comme seule règle du fonctionnement RND.
Pas seulement. L’ancien Premier ministre est accusé «de s’en servir pour ses seules ambitions personnelles». A décoder : son désir non déclaré de se présenter à l’élection présidentielle prévue en 2014.

La fronde contre Ahmed Ouyahia a commencé à la veille des élections législatives du 10 mai dernier. Menée par des militants qu’on peut qualifier de seconde zone, d’aucuns pensaient que la contestation était juste une réaction d’ambitieux qui voulaient imposer leurs noms sur les listes de candidatures présentées par le parti, et que le RND allait retrouver «sa sérénité» au lendemain du scrutin. Cela n’a pas été le cas. Au contraire. La fronde semble vraiment prendre de l’ampleur avec l’entrée en scène de grosses pointures qui ont pour projet de rassembler plus d’opposants capables d’éjecter Ahmed Ouyahia lors du prochain congrès du parti, prévu courant 2013.

UN HOMME À ABATTRE ?

En réalité, deux facteurs ont fragilisé le secrétaire général du RND : le score obtenu lors des dernières élections législatives 68 sièges à l’Assemblée – un résultat qualifié de déroute par les frondeurs – et son éviction du poste de Premier ministre. Suffisamment d’arguments pour une opposition qui veut à tout prix en découdre. Si le premier démontre le recul du RND sur la scène politique, les frondeurs disent que c’est le résultat de la gestion de son secrétaire général, le second est perçu comme un signal fort qu’Ahmed Ouyahia est désormais un homme à abattre.

La lecture qui en est faite, par ailleurs, est que ce dernier a été lâché «en haut lieu». Ces contestataires peuvent donc avancer sans rien craindre. Ainsi fragilisé, l’ancien Premier ministre, qui n’a pas manqué d’assurer que son parti est toujours arrimé au programme du président Bouteflika, est devenu facilement éjectable.
Lors de sa dernière sortie à la rencontre des militants du parti, il avouait d’ailleurs avoir «d’énormes soucis». Et s’il est écarté du RND, il peut dire adieu à ses ambitions présidentielles.* El Watan-05.11.2012.

**Le Mouvement de redressement prépare la destitution

Le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, est-il définitivement lâché ?

Prend-il au sérieux le mouvement initié par ses adversaires au sein de son propre parti et qui envisagent d’organiser une conférence nationale pour sauver le RND ? Si les proches d’Ouyahia refusent de répondre à ces interrogations, ni à se prononcer sur la crise qui secoue le RND, depuis quelques mois déjà, les frondeurs affirment avec certitude que la carte Ouyahia «est dépassée et se conjugue, actuellement, au passé».
Si Ouyahia, nous révèle-t-on, est «soutenu par un clan au sein du pouvoir», Yahia Guidoum, le nouveau coordinateur du mouvement pour la sauvegarde du RND, «est également porté par un autre clan».

Les deux personnages, nous confie-t-on, ont les mêmes parrains. «Dans le milieu politique, on ne bouge pas si on n’a pas d’indices de haut niveau et si les adversaires d’Ouyahia sont revenus à la charge, c’est que les indices sont probants. Cette affaire est politique», affirment nos sources, précisant qu’aujourd’hui beaucoup de militants du RND manifestent leur intérêt au mouvement de sauvegarde du parti, notamment depuis l’éviction d’Ouyhaia de la tête du gouvernement.

Certes, au départ, expliquent les initiateurs de ce mouvement, il y avait des réticences, en raison de l’absence de coordination au sein du mouvement et aussi en raison de la personnalisation du problème par Nouria Hafsi, l’ex-responsable de l’UNFA. Les mécontents de la gestion d’Ouyahia contestaient la démarche dans sa forme et non dans le fond.
Après moult réunions, les contestataires ont cadré et donné un sens à leur mouvement et Nouria Hafsi ainsi que d’autres militants ont accepté de se fondre dans le nouveau moule.

Les redresseurs reprochent à l’ancien Premier ministre sa gestion chaotique, hasardeuse et anti-démocratique des affaires du parti.
Ouyahia, pensent-ils, n’est en aucun cas capable d’une once de pensée sincère de démocratie et qu’il a opéré une purge au sein du parti, tout en marginalisant des membres fondateurs, des membres du bureau politique et du conseil national, d’anciens ministres et députés. «Ouyahia n’a jamais investi dans son parti. Il a toujours lié son avenir à d’autres cercles. Il est là pour garder l’appareil du parti à sa disposition. Aujourd’hui, il est lâché par les militants de base en raison de sa politique de marginalisation et d’exclusion», note un cadre du parti qui a rejoint les contestataires. «Un fidèle d’Ouyahia a même proposé ses services aux redresseurs, mais ces derniers ont rejeté son offre de service», révèle notre source.

Contactée, la direction du RND a refusé de commenter ce nouveau rebondissement. Interrogé sur la désignation de Guidoum à la tête du mouvement de contestation, le chargé de communication, Miloud Chorfi, refuse de s’exprimer : «Je n’ai rien à dire.» En revanche, un responsable du parti ayant requis l’anonymat a sous-estimé le mouvement arguant que les participants à la réunion de samedi sont pour la plupart des militants du RND qui se sont inscrits sur des listes d’autres partis politiques. Ce que nient les protestataires.* El Watan-05.11.2012.

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