L’école des mauvais élèves

*Les établissements de réinsertion scolaire, comment ça marche?

Luc Chatel à Saint-Dalmas de Tende dans les Alpes Maritimes pour visiter le premier collège de réinsertion scolaire en France, le 13 septembre 2010.Luc Chatel à Saint-Dalmas de Tende dans les Alpes Maritimes pour visiter le premier collège de réinsertion scolaire en France, le 13 septembre 2010.

 Qu’est-ce qu’un établissement de réinsertion scolaire?
Une structure à mi-chemin entre les centres éducatifs fermés, où des élèves mineurs sont placés sur décision judiciaire, et les dispositifs relais (classes et ateliers), qui accueillent temporairement en milieu ordinaire des élèves en difficulté. Les ERS ont justement vu le jour pour combler un manque, selon
Nicolas Sarkozy, qui avait annoncé leur création en mai dernier, lors de son discours sur les violences scolaires et l’absentéisme.
 
Quels élèves y sont accueillis?
Ceux qui ont été exclus plusieurs fois de leurs établissements. Il s’agit de collégiens, âgés de 13 à 16 ans, qui ne dépendent pas forcément de l’académie où est situé l’établissement de réinsertion. Les ERS accueillent, pendant au moins un an renouvelable, un effectif global de 15 à 30 élèves. L’accord de l’élève et de sa famille sont nécessaires. Au bout de un ou deux ans, le collégien réintègre son établissement ou peut éventuellement poursuivre ses études ou commencer un apprentissage.
 
Où ces établissements sont-ils situés?
Ils sont rattachés à un établissement et sont installés de préférence dans des locaux annexes, avec internat. Pour l’instant, trois ont ouvert leurs portes
à Saint-Dalmas-de-Tende, dans l’académie de Nice, à Craon en Mayenne, et à Port-Bail dans la Manche
. Au total, vingt ERS doivent voir le jour sur l’année scolaire 2010-2011.
 
Qui assure l’encadrement?
Des enseignants, sur la base du volontariat, et des assistants d’éducation. Des membres de la protection judiciaire de la jeunesse, des éducateurs spécialisés, des personnels TOSS (techniciens, ouvriers, sociaux et de santé), des volontaires du service civique, des intervenants associatifs etc.
 
Quel est le programme?
Cours le matin, activités sportives et ateliers l’après-midi. Sur la citoyenneté et la santé notamment. La pédagogie «mettra l’accent sur l’apprentissage de la règle, le respect de l’autorité et le goût de l’effort», avait indiqué
Nicolas Sarkozy le 5 mai. Au programme donc, l’acquisition du socle commun de connaissances, la «prise de conscience de l’importance du respect des règles de la vie sociale et scolaire» et la «construire d’un projet de formation et d’orientation», peut-on lire
sur le site du ministère de l’Education.
 
Que s’est-il passé à Craon?
Les quatorze collégiens originaires de Seine-Saint-Denis ont croisé dans la cour les élèves du collège Volney dont l’ERS dépend. Les élèves en réinsertion étaient pourtant censés ne pas croiser les autres,
selon France Info. Les premiers auraient ainsi donné «des claques et des coups» aux seconds
. Les gendarmes ont été appelés en renfort et cinq élèves ont été exclus. Les enseignants ont décidé d’exercer leur droit de retrait et demandent, avec les parents, la fermeture de la nouvelle unité.
 
Quels sont les arguments des détracteurs des ERS ?
Avant les violences à Craon, les enseignants du collège avaient manifesté à la mi-octobre contre sa création, n’y voyant qu’un dispositif «disciplinaire» et sans intérêt pédagogique, rapporte France-Info. A Saint-Dalmas-de-Tende, ce sont les riverains
qui craignaient la cohabitation avec ces jeunes, déplorant le manque d’information autour de l’implantation des ERS. Les placer en internat, «cela va atténuer les difficultés qu’ils posent à des établissements ordinaires, car ceux-ci ne disposent plus des moyens de les prendre en charge. Mais est-ce que grouper ensemble dans une structure spéciale des gens tous en difficulté peut être la solution?», s’est interrogé Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement, interrogé par l’AFP. «La suite le dira, mais on peut être sceptique, car on les met à l’écart, on crée un milieu à risques, et l’histoire montre qu’il n’y a eu que des échecs en la matière», a-t-il ajouté, citant l’exemple des «colonies d’enfants difficiles» fermées au cours du XXe siècle. (20Minutes-10.11.2010.)

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21 réponses à “L’école des mauvais élèves”

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  1. 5 05 2020
    Kerrie Capalbo (08:28:10) :

    Very interesting subject, thank you for posting.

    https://www.electricpercolatorcoffeepot.com/10-top-coffee-bloggers/

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