violence et sexisme dans les lycées en France

Débat des « mercredis de Créteil » entre enseignants sur la violence et le sexisme, après le visionnage du film La Journée de la jupe, cette semaine dans un lycée de Maisons-Alfort (Val-de-Marne).
Débat des « mercredis de Créteil » entre enseignants sur la violence et le sexisme, après le visionnage du film La Journée de la jupe, dans un lycée de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). 

Cent vingt enseignants, proviseurs et infirmières scolaires ont participé à une conférence-débat à Créteil, lors de laquelle la plupart d’entre eux se sont inquiétés de la violence et du sexisme dans les établissements de banlieue. Ambiance.

violence et sexisme dans les lycées en France  coeur-«Les bousculades, les jurons permanents, moi aussi c’est mon quotidien !» s’exclame une enseignante de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Comme cent vingt enseignants, proviseurs et infirmières scolaires et une poignée d’élèves, elle est venue participer volontairement à une conférence-débat des «mercredis de Créteil» organisée dans un lycée de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), sur la violence et le sexisme. Une initiative imaginée l’an dernier par le recteur, Jean-Michel Blanquer, comme une nouvelle forme de formation continue «volon­taire, libre et transdiscipli­naire».

Le point de départ, c’est le visionnage, cet après-midi-là, du film La Journée de la jupe. Dans la classe de l’enseignante jouée par Isabelle Adjani, une fille en jupe est forcément une «pute». Et les insultes tiennent lieu de conversation. Cette dernière, débordée par le comportement de ses élèves, craque et finit par les prendre en otage avec un pistolet.

» Voir la bande-annonce du film :

Ce film, qui a fait débat dans la presse au printemps dernier, pour sa vision «caricaturale et outrancière» des élèves, selon certaines critiques, semble faire au contraire l’unanimité auprès de ces professionnels de l’éducation. «Je ne me sens pas du tout dépaysée », intervient timidement une enseignante d’histoire expérimentée issue d’un lycée de Meaux (Seine-et-Marne), qui reconnaîtra ensuite ne pas toujours savoir comment s’y prendre face à la violence de certains élèves : «Je suis rentrée plusieurs fois en larmes chez moi, dépassée.» En aparté, une enseignante de ­lettres affirme que la moitié des professeurs qu’elle connaît «sont sous antidépresseurs».

«Il faudrait apprendre aux jeunes enseignants comment gérer la violence, leur expliquer ce qui peut se passer. Mais c’est impossible à prévoir. J’ai fait quinze établissements dans ma carrière et je pense que ça peut péter n’importe où, n’importe quand  », s’enflamme un professeur.

L’enseignante du film «est seule, comme le sont beaucoup de profs aujourd’hui. Elle défend bien l’idée de laïcité, mais le fait d’échanger avec des collègues lui aurait permis de mieux gérer sa ­classe  », fait cependant observer une conseillère principale d’éducation.

Dans les établissements de banlieue où beaucoup travaillent, le sexisme est, comme dans le film «omniprésent », affirment ces professionnels. Un proviseur du Val-de-Marne explique la réalité «quotidienne» de son établissement : «Les filles portent des pantalons ou s’habillent comme des sacs, car elles n’ont pas la possibilité de dévoiler leur féminité par peur d’être mal considérées.  » Professeur d’économie, Jean Latreille raconte quant à lui «la violence permanente du regard des garçons sur les filles». Il a vu circuler des photos de jeunes filles de sa classe, nues, d’un portable à l’autre. «Je l’ai observé dans plusieurs établissements différents, et pas uniquement en banlieue. La dernière fois c’était à Nantes», affirme-t-il. Un collégien de Bobigny, lui, minimise, avec une hiérarchie des valeurs qui lui est propre : «Une simple photo, c’est quand même beaucoup moins grave qu’une vidéo !» Assise à côté de lui, une autre affirme qu’elle n’a «jamais de problème quand elle vient en jupe».

L’infirmière scolaire de leur collège n’est pas du tout d’accord : «Ils ne veulent pas l’admettre, mais la situation est loin d’être aussi angélique.» À l’image de cette histoire d’attouchements dont elle a récemment dû s’occuper : «C’est complexe, car les victimes ne parlent pas forcément. Il faut les deviner à travers des absences, des retards »

«Sortir de la pornographie»

«Il n’est jamais question d’amour pour nos adolescents  », regrette Frédérique Oget, professeur de lettres classiques à La Ferté-sous-Gauchet (Seine-et-Marne). Cette dernière déplore «unevision de la sexualité réduite à la pornographie et aux parties génitales ». Après avoir un jour expliqué la traduction du mot «amour» en grec et en latin, avec les nuances assez subtiles de «désir» et de «manque », elle s’est entendu remercier par la meilleure élève de sa classe de troisième : «On ne nous avait jamais expliqué ça. C’est peut-être vous, madame, qui allez nous sortir de la pornographie ! » Les «valeurs de la République », tous ces enseignants disent y croire plus que jamais. Or ce film démontre aussi que «l’on n’impose pas des valeurs autour du sexisme et de la laïcité par sa simple autorité. On le paye toujours cher si on veut que ça change trop vite, comme le prouve la mort de la prof à la fin du film. Les changements se feront en douceur, grâce à nos convictions », conclut, optimiste, le professeur d’économie. (Le Figaro-27.11.09.)

***La journée de la jupe

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Pour La journée de la jupe, l’actrice a pris à bras-le-corps son rôle de professeur dont la vie professionnelle va soudain déraper.

coeur-Les premières minutes de La Journée de la jupe, le film diffusé vendredi 20 mars à 20 h 45 sur Arte, laissent perplexes : va-t-on être confronté à une énième fiction sur la difficulté à enseigner dans les banlieues, façon documentaire ? Une prof de français (Isabelle Adjani, habillée sans recherche, quasiment sans maquillage) entre dans la salle de théâtre au sous-sol de son collège, bousculée et insultée par sa classe. À l’intérieur, elle tente en vain de canaliser ses élèves, adolescents rebelles et désabusés, pour commencer à travailler sur le thème du jour, Molière. On comprend que cette situation, elle la vit tous les jours. Et cette journée-là aurait pu être comme toutes les autres, épuisante, violente, vaine. Mais, brusquement, tout va basculer et s’accélérer, écartant ce film des rails attendus et ne laissant plus aucun répit aux télé­spectateurs.

Un huis clos intense

L’enseignante, Sonia Bergerac, surprend deux élèves en train de se disputer un sac ; malgré leurs menaces, elle s’en saisit, une arme tombe. En un geste réflexe, Sonia la ramasse. Les deux garçons tentent de la récupérer. Dans la confusion, un coup part ; un collégien, le rouleur de mécaniques de la classe, Mouss, est gravement blessé à la jambe. Au lieu de jeter le revolver, Sonia «pète les plombs», ordonne à sa classe de «s’allonger par terre comme à la télé» et prend ses élèves en otages. C’est elle à présent qui a les cartes en main, et nargue ceux qui, quelques minutes auparavant, la traitaient par le mépris.

Dès lors, un huis clos d’une implacable intensité va se mettre en place. Le principal du collège (Jackie Berroyer) est mis au courant ; les forces spéciales de police emmenées par deux hommes aux conceptions radicalement opposées, Labouret (Denis Podalydès) plaidant pour la négociation et Bechet (Yann Collette) prônant l’intervention en force, débarquent, ainsi que la ministre de l’Intérieur (Nathalie Besançon) ; les parents s’inquiètent ; les médias encerclent le collège. Les langues des collègues de Sonia se délient. Elle serait «un peu butée au plan pédagogique», «dépressive», «islamophobe» et elle porte une jupe, ce qu’on lui avait pourtant fortement déconseillé (certes, l’enseignante en porte une, mais au genou et avec des bottes… rien de provocant). Dans la classe, Sonia Bergerac tente d’inculquer aux élèves les valeurs de l’école, d’expliquer aux garçons que les filles ne sont pas toutes des «salopes» et qu’ils peuvent cohabiter ensemble.

Des moments intenses et dramatiques ; mais on rit également grâce aux dialogues percutants qui sonnent toujours justes. «Par goût et déformation professionnelle, j’ai toujours suivi l’évolution du langage, et celui de ces jeunes des banlieues ne m’était pas inconnu», explique l’auteur du film, Jean-Paul Lilienfeld. «Quand les ados ont lu les dialogues, ils s’y sont totalement retrouvés.» Le réalisateur reconnaît qu’au départ son film avait été conçu pour le cinéma, mais que personne n’a voulu le suivre sur ce terrain dérangeant. Jusqu’à ce qu’Arte et Mascaret Films acceptent de le produire.

 Quant à Isabelle Adjani, elle est tout simplement époustouflante et bluffante. Tour à tour inquiétante, désarmante et bouleversante. «J’ai tout de suite été convaincue par ce rôle, dit-elle. Il est important que de tels films, qui nous font réfléchir sur cette troisième génération d’immigrés en quête d’identité, puissent exister.» Un retour remarqué de l’actrice, rare à l’écran – dernière apparition au cinéma en avril 2003 et à la télévision en 2008. «Mon souci n’est pas d’enchaîner film sur film, mais de privilégier ma vie de famille et ma vie sentimentale. Mes priorités ne sont pas dans le métier mais dans ma vie. Mais quand je tombe sur un projet, comme celui-là, qui m’emballe, alors je fonce», confie l’actrice. Un film fort, juste et intelligent qui devrait marquer les esprits. (Le Figaro-24.03.09.)

***

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coeur-Pour son retour au cinéma, Isabelle Adjani incarne une professeur de français dans un lycée de banlieue. A bout de nerfs, victime en permanence de violences verbales et physiques, elle craque et prend un jour en otages ses élèves en les menaçant d’une arme. Un rôle-choc pour un film-choc qui bouscule la vision angélique du septième art sur l’enseignement. Réalisé par Jean-Paul Lilienfeld, La journée de la jupe a emballé la critique internationale au dernier festival de Berlin et vient de battre un record d’audience lors de sa diffusion télé en Belgique sur RTBF, coproducteur du film avec Arte. En France, le film sort en salles le 25 mars. En exclusivité, Isabelle Adjani a évoqué  dans les colonnes du Figaro Magazine les raisons pour lesquelles elle a acccepté de jouer dans ce film-polémique et revient sur son tournage.Extraits :

«J’ai trouvé le scénario de ce ramdam socialo-politico-policier dérangeant, politiquement incorrect, donc attirant. Mais quand j’en parlais autour de moi, on se montrait embarrassé et on m’incitait plus ou moins à renoncer. Parce que le film abordait un véritable tabou.»

«Cette femme fragilisée, en pleine crise de nerfs, qui essaie de revaloriser sa vocation et le devenir de ces enfants en s’y prenant comme une braqueuse déjantée, me rappelait certaines personnes que j’ai pu croisées. Ainsi la mère de mon compagnon. Ancienne professeur, elle a vécu des scènes de violence comparables à celles du film, à ce détail que l’arme brandie à son encontre était un couteau et non un pistolet…»

«Enfant, je vivais dans une HLM entourée de terrains vagues, dans une proximité où pouvaient affleurer violence et délinquance. Je ne rêvais que d’une chose : me donner les moyens de quitter «l’arrière-cour de la capitale».

«Lorsqu’on a demandé un jour à certains enfants qui jouent dans le film comment ils réagiraient si leur professeur se faisait agresser, ils ont répondu qu’ils laisseraient faire ! Cela en dit long sur le niveau de ressentiment qu’ils éprouvent vis-à-vis de l’école.»

«Beaucoup d’élèves de lycées de banlieue sont orphelins d’une autorité dont le principe même a été battu en brèche. Quand ce sont les élèves qui demandent à leur professeur du respect, c’est le monde à l’envers, non ? Mais c’est notre faute s’ils en sont là. Nous constituons une société très narcissique et on se sert de nos enfants pour nous valoriser, nous, au lieu de les protéger, eux.»

«Il me semble que j’aurais très bien pu être enseignante. Savoir si je m’en serais bien sortie, si je n’aurais pas moi aussi pété les plombs, c’est une autre question…»

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*Ce qui fait craquer les profs

« Le harcèlement est une violence sous-estimée »

Cécile Carra est sociologue, professeur à l’université d’Artois et directrice du laboratoire de recherche en éducation Récifes (*).

France-Soi. De quel type de violence se plaignent les enseignants ?
Cécile Carra
Les actes graves restent rares, tout comme les violences commises par des jeunes de l’extérieur. L’école est un lieu sûr. Ce qui fait craquer les profs, ce sont ces petites violences ordinaires qui s’accumulent : des insolences, des provocations, des chahuts en classe… Ils ont beaucoup de mal à stabiliser la situation pour faire cours. Quant au harcèlement, c’est l’une des formes de violence que l’on sous-estime le plus. Alors qu’avec Internet, son impact est démultiplié. Les élèves utilisent les armes de notre société, ils peuvent être redoutables. Et les profs ont des réticences à en parler, car ils n’ont plus confiance en leur hiérarchie.

F.-S. Pourquoi sont-ils de plus en plus pris pour cible ?
C. C.
Le rapport entre les générations a changé. La soumission des jeunes aux adultes n’est plus reconnue comme légitime. Si un jeune s’estime, à tort ou à raison, traité différemment, mal noté, puni plus gravement, ou relégué dans une orientation non choisie, il va développer un sentiment d’injustice. C’est l’un des moteurs les plus puissants de la violence. Et lorsque celle-ci s’exerce envers les enseignants, elle les déstabilise profondément.

F. -S. Mettre des policiers ou des portiques à l’entrée des écoles, est-ce une solution ?
C. C.
C’est cohérent, idéologiquement parlant, mais c’est en parfait décalage avec la réalité des violences scolaires, qui sont d’abord le fait d’élèves en difficulté. Pour enrayer ce phénomène, il faut en priorité lutter contre l’échec scolaire. En supprimant l’année de formation professionnelle, on a sacrifié une génération de professeurs. Ils ne sont plus du tout armés face à ces violences. Ils exercent un métier sous tension, avec une injonction de résultat plus forte. A cette pression de la hiérarchie s’ajoutent celle des parents et celle des élèves en classe. Cela fait beaucoup ! (France-Soir.15.11.2010.)

(*) Violences à l’école élémentaire. L’expérience des élèves et des enseignants, éd. PUF, 2010

********************

*une prof dans un lycée:   « Mes élèves m’ont détruite »

En février 2004, Nadine Grandeau, professeur d’allemand dans un lycée de Seine-et-Marne, découvre que ses élèves ont créé un site Internet morbide à son nom. Depuis, elle n’a jamais eu la force de retourner en classe.

« Le proviseur t’attend dans son bureau. » Lorsqu’un vendredi soir, veille des vacances scolaires, Nadine Grandeau entend une collègue prononcer ces mots, elle se doute que quelque chose de grave est arrivé. Mais cette professeur d’allemand de 50 ans est loin d’imaginer ce qu’elle est sur le point d’apprendre. « Vos élèves ont créé un site Internet morbide à votre effigie », lui annonce tristement le proviseur. Sur le site, Nadine est représentée en squelette. Sa main, légèrement handicapée, est devenue un membre difforme, mutant. On y voit aussi des photomontages simulant la mort de toute sa famille et ce petit jeu baptisé « Joue avec le corps de Grandeau » où son organisme apparaît en pièces détachées. « C’était violent, immonde. Injuste, aussi. Je ne les avais jamais embêtés, qu’avais-je fait pour mériter un tel acharnement ? », se demande-t-elle encore aujourd’hui.

*Fragilisée

A cette époque, Nadine va mal. Depuis quelques années déjà, elle est fragilisée, accumulant les déconvenues sentimentales et les problèmes de santé. Au lycée, progressivement, la situation se dégrade. « Cette année-là, mes élèves de terminale scientifique faisaient leurs exercices de maths et de physique pendant mes cours. Je n’arrivais plus à gérer », confie-t-elle. A l’automne 2003, Nadine est très déprimée, au point d’être hospitalisée quelques semaines. Et quand elle reprend le travail en janvier, les choses ne s’arrangent pas. « Les élèves pouffaient de rire en me croisant dans les couloirs, plusieurs collègues me fuyaient. Ils avaient découvert l’existence du site mais ne savaient pas comment m’en parler », se souvient-elle.

*Tentative de suicide

Nadine lâche prise un mois plus tard, elle avale une boîte de médicaments. « J’ai fait un coma très grave de cinq jours, je suis une miraculée », confie-t-elle, sobrement. Quand elle apprend, quelque temps plus tard, l’identité de l’élève qui a créé le site, elle n’en revient pas. « C’était un garçon discret, pas agressif du tout, toujours au premier rang. Il n’ouvrait jamais son livre, certes, mais de là à faire une chose pareille… »

Nadine est arrêtée pendant un an. L’éducation nationale lui trouve ensuite un emploi au Crous qui la passionne. Et depuis deux ans, elle corrige des copies pour le Cned (1). « Ce n’est pas l’aspect le plus palpitant du métier, c’est sûr, mais je ne suis pas capable de me retrouver face à une classe. Mes élèves m’ont détruite et je ne serai jamais complètement guérie », avoue-t-elle, fébrilement. Nadine écrit aussi : son témoignage, publié en 2006 (2), puis deux romans. Avec l’aide d’une amie infographiste, elle vient d’ouvrir son propre site Internet (3). « C’est ma revanche », conclut-elle, le sourire aux lèvres. (France-Soir.15.11.2010.)

(1) Centre national d’enseignement à distance.
(2) Salle 204, éd. Amalthée, 12 €.
(3) www.nadinegrandeau.fr

17 réponses à “violence et sexisme dans les lycées en France”

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