Le métier de professeurs

Délivrés par des cours privés, les stages pour aider les enseignants débutants à gérer leur classe coûtent entre 200 et 600 euros en moyenne.
Délivrés par des cours privés, les stages pour aider les enseignants débutants à gérer leur classe coûtent entre 200 et 600 euros en moyenne.

 Cours privés pour aider les professeurs débutants

Plusieurs organismes proposent depuis la rentrée des formations pour apprendre aux jeunes enseignants à «prendre en main» leur classe. Une conséquence de la masterisation, qui a réduit à sa portion congrue la formation pédagogique des futurs profs.

Le métier de professeurs dans actualité coeur- Après les cours privés pour les élèves, les cours privés pour les profs. La rentrée des classes 2010 voit un nouveau phénomène se développer : quelques écoles privées ont développé des formations pour apprendre aux enseignants débutants à «prendre en main» leur classe. Une formation jusque-là délivrée par les Instituts de formation des maîtres (IUFM), mais qui a été fortement réduite avec l’adoption de la réforme dite de «masterisation» l’an dernier. Avant cette dernière, les professeurs stagiaires n’avaient environ que huit heures de présence à assurer en classe, le reste du temps étant dévolu à la formation. Ils doivent désormais en assurer entre 14 et 18, ce qui diminue le temps consacré à leur formation pédagogique.

Pour pallier ce manque, certains enseignants débutants se sont tournés vers le secteur privé, où les stages de «prise en main» d’une classe ou de «prise de fonctions» ont fleuri dès le mois d’août. Ces derniers durent en moyenne deux à cinq jours. Un laps de temps certes court, mais qui permet aux futurs professeurs de se rassurer un peu sur leur capacité à gérer une classe. Au programme donc : mise en place d’un programme de rentrée pour ses élèves, première réunion avec les parents, difficultés envisageables, gestuelle à adopter, etc… Ces stages, qui coûtent entre 200 et 600 euros en moyenne, n’ont pour l’instant pas séduit un grand nombre de professeurs stagiaires. Mais les écoles privées se veulent optimistes.

«Coaching pédagogique»

«Nous avons eu neuf stagiaires en août, c’est peu pour l’instant, mais nous savons qu’une demande existe», se justifie Carole Huron, la directrice de Prépa Public, affirmant que son but est «d’aider les enseignants débutants au cours des premiers mois de leur carrière». «Après une première mise au point en août, nous leur proposons une nouvelle formation dès octobre pour apprendre à gérer différentes situations, poursuit la responsable. Nous abordons au travers de mises en situation les relations avec les enfants en difficultés (handicap, violences, échec scolaire), ainsi que la collaboration avec les autres membres du corps professoral, notamment au cours des réunions pédagogiques». Cinquante-quatre heures au total encadrées par des professionnels de l’éducation pour lesquelles les «etudiants» devront s’acquitter de 590 euros.

Forprof, une des principales écoles privées en matière de préparation aux concours de l’enseignement, propose également depuis la rentrée une formation pour les professeurs débutants encadrés à 98 % par des professionnels de l’Education nationale. Au-delà des cinq jours de stage de pré-rentrée qui n’ont pas non plus rencontré le succès escompté, le président de l’institut, Patrick Foglia, mise sur un accompagnement à long terme. «Nous voulons soutenir ces jeunes professeurs pendant deux,trois ou quatre ans à l’aide d’un programme de ‘coaching pédagogique’. Une trentaine de professeurs, en poste en moyenne depuis un à quatre ans, ont déjà souscrit à cette formule pour un trimestre, précise le fondateur de Forprof, qui assure ne pas vouloir se substituer à l’Education nationale. Prix de ce soutien : 600 euros par trimestre. Mais Patrick Foglia se défend de toute visée lucrative, assurant que ce secteur ne représente que 3 à 5 % de son chiffre d’affaires.

«Garantie de l’Etat»

Ces formations sont vues d’un mauvais œil par les syndicats, qui y voit une conséquence de la masterisation. Une réforme qu’ils n’ont cessé de dénoncer depuis son adoption. «Nous ne sommes pas réticents par rapport aux sociétés elles-mêmes qui font ce qu’elles veulent, mais par rapport à ce qu’elles traduisent. Elles sont la preuve que la formation des enseignants s’est détériorée du point de vue de la professionnalisation», dénonce Joël Péhan, chargé de la formation et des jeunes enseignants au syndicat SE-UNSA. «Où est la garantie de l’Etat dans cette formation ?, demande de son côté, Roland Hubert, co-secrétaire général du SNES, s’interrogeant sur les compétences de ces écoles privés. «Dès que l’Etat abandonne certaines de ses responsabilités, des sociétés en profitent dans un but lucratif, poursuit le syndicaliste. On ne peut pas garantir une éducation de qualité aux parents avec des enseignants qui n’ont pas reçu une formation sérieuse et validée par l’Etat».

«Les enseignants débutants ne devraient pas être démunis devant leur classe, dément Josette Théophile, la directrice des ressources humaines (DRH) du ministère de l’Education nationale. Certes, ils vivent une année de transition avec la mise en place de la réforme, mais cette dernière a également permis d’augmenter le niveau de connaissances des jeunes recrutés». Et la DRH d’ajouter : «Nous avons aussi essayé de sélectionner des postes où ils n’auront pas à faire face à une année d’examen. Et ils seront tous suivis par un tuteur tout au long de l’année». Même Internet a été mis à contribution par le ministère avec un forum en ligne où les professeurs stagiaires peuvent échanger sur leurs difficultés… et leurs angoisses. (le Figaro-03.09.2010.)

***La France manque de professeurs

 Profonde crise de vocation chez les enseignants

 En 2012, au concours du Capes interne, 4848 postes ont été ouverts pour un total de 4142 reçus. Pas moins de 706 postes sont restés vacants lors de cette session.

La France manque de professeurs. Pourtant, 706 postes sont restés vacants, à l’issue du Capes 2012. Nouvelle DRH de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, Catherine Gaudy fait le point.

Alors que le ministre de l’Éducation, Vincent Peillon,a annoncé des recrutements supplémentaires d’enseignants dans le primaire et le secondaire, les résultats au concours du Capes interne 2012 donnent à réfléchir.

En effet, 4848 postes ont été ouverts pour au total de… 4142 reçus. Pas moins de 706 postes sont restés vacants lors de cette session , soit 14,6 % des postes à pourvoir, en raison d’un déficit de candidats. Le phénomène n’est pas nouveau. Au concours 2011, ce chiffre était même plus élevé (826).

Dans un contexte de désaffection pour les études scientifiques en général, le déficit touche particulièrement les mathématiques, avec 298 postes non pourvus (652 admis pour 950 postes). Viennent ensuite l’anglais, avec un manque de 131 lauréats (659 admis pour 790 postes) et les lettres classiques, avec 95 postes non pourvus (170 postes offerts et 75 reçus). Parmi les autres disciplines déficitaires, figurent aussi les lettres modernes, l’allemand, l’éducation musicale et la documentation.

«Comme l’a annoncé Vincent Peillon, nous allons recruter des candidats admissibles à l’agrégation pour pourvoir 280 postes d’enseignants dans le secondaire. Pour le reste des postes laissés vacants (526), nous allons recourir à des contractuels», explique Catherine Gaudy, directrice générale des ressources humaines des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Cette administratrice de l’Insee, agrégée de mathématiques et diplômée de Normale Sup a succédé le 4 juillet à Josette Théophile à la tête des RH des deux ministères.

«Nous allons faire l’analyse de cette désaffection, poursuit-elle. Il me semble que la diminution du nombre de candidats a suivi, en décalé, la baisse du nombre de places ouvertes au concours». En 2002, 18.000 places étaient offertes au Capes, contre 4800 ces dernières années.

Peut-on parler de crise de vocation? Le métier d’enseignant, ses conditions d’exercice et de rémunération ne feraient plus rêver?

Le manque de candidats tient aussi à la réforme de la formation de 2010 ou «mastérisation» qui a relevé au master (bac + 5) le niveau requis pour être professeur. Or le vivier d’étudiants en master est beaucoup moins important qu’en licence, où il est supérieur de plus de 300.000 élèves.

«Le Capes ne donne qu’une vue partielle de la situation», observe enfin Catherine Gaudy. Sur le concours du premier degré, le CRPE (concours de recrutement de professeurs des écoles), tous les postes ont été pourvus». Et les 1000 professeurs des écoles supplémentaires annoncés par le ministre de l’Éducation pour la rentrée prochaine seront recrutés sur liste complémentaire. (Le Figaro-12.07.2012.)

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*Un million de dollars pour « le meilleur prof «  

C’est en quelque sorte le « prix Nobel » de l’enseignement

Un million de dollars (910.000 euros) pour « le meilleur professeur du monde »: tel est le montant promis par une riche fondation dédiée à l’éducation au gagnant d’un concours international qui a pour objectif de valoriser le métier d’enseignant. Les candidats, professeurs du public ou du privé, de la maternelle à la fin du lycée, peuvent s’inscrire du 29 mai au 10 octobre en remplissant un dossier sur le site de Global Teacher Prize.

À Propos

Le concours organisé par la fondation Varkey, qui se tient pour la 2e année, est ouvert aux professeurs de tous les pays, mais la première édition n’avait réuni que dix candidatures françaises sur un total de 1.300 provenant de 127 pays. 

Parmi les critères retenus par le jury figurent l’utilisation de « pédagogies innovantes et efficaces et produisant des résultats tangibles sur l’apprentissage des élèves », « la reconnaissance des accomplissements du professeur dans la classe par ses élèves, collègues et autres membres de la collectivité », « la participation à des débats publics sur le métier d’enseignant via des articles, blogs, conférences », etc. 

La fondation a été créée par la famille Varkey, des Indiens immigrés dans les années 50 aux Emirats arabes unis, alors protectorat britannique. Ils y font fortune en créant des réseaux d’écoles privées, au début destinées aux enfants des expatriés occidentaux ou du sous-continent indien venus dans le Golfe après le boom pétrolier. 

Le groupe, baptisé GEMS, détient et gère aujourd’hui des dizaines d’écoles privées dans quelque 70 pays, dont la Grande-Bretagne, selon le site de la société. La fondation travaille dans le secteur de l’éducation: elle accorde des bourses à plusieurs associations, forme des professeurs en Afrique (Ouganda et bientôt Ghana) et promeut le métier d’enseignant. C’est dans le cadre de ce troisième volet qu’elle a lancé en 2014 le prix du « meilleur professeur du monde ». 

Valoriser l’excellence en classe
« On connaît tous des noms d’avocats, de chefs d’entreprise, de personnalités dans le secteur des nouvelles technologies, mais il y a peu d’enseignants suffisamment célèbres pour servir de modèle » à la jeune génération, regrette Vikas Pota, directeur de la fondation, lors d’un entretien. Une étude conduite par ses services il y a trois ans dans plusieurs pays montrait qu’en France, moins d’un tiers des parents encourageraient leurs enfants à s’engager dans cette profession si ces derniers en exprimaient l’envie. 

Le gagnant de la première édition, annoncé en mars 2015, est une enseignante américaine, Nancie Atwell, qui enseigne dans une école du Maine une méthode innovante pour encourager les élèves à lire et améliorer leur expression écrite. Elle a fait don du prix à son école. Parmi les dix finalistes figuraient deux Américains, un Cambodgien, un Haïtien, un Afghan, un Anglais… Ils ont été départagés par un panel d’une soixantaine de personnalités, des professeurs, scientifiques, chefs d’entreprise, journalistes et même l’acteur américain Kevin Spacey, qui selon Vikas Pota s’intéresse de près aux questions éducatives. 

Le prix « n’a pas vocation à récompenser un travail humanitaire », précise Vikas Pota. « Il récompense l’excellence dans une salle de classe ». Des prix saluant « le meilleur prof » existent dans plusieurs pays, mais celui de la fondation Varkey est le plus richement doté et le seul à accepter des candidatures du monde entier. 

Si la fondation souhaite revaloriser le métier d’enseignant avec ce type de concours international, Vikas Pota admet bien évidemment que d’autres facteurs entrent en jeu, dont le statut, le salaire, les conditions de travail… Reste à savoir si les professeurs français se laisseront tenter par l’aventure, ce genre de distinctions ne correspondant pas à la culture du milieu enseignant dans l’Hexagone.*vendredi 29/05/2015 -Source: AFP

**La Fondation Varkey a lancé le Global Teacher Prize en 2014 dans le but de donner plus d’envergure au métier d’enseignant. Nous cherchons à rendre hommage aux meilleurs professeurs, ceux qui sont une source d’inspiration pour leurs élèves et pour leur communauté. La Fondation est convaincue qu’un enseignement dynamique réveille et encourage les jeunes gens à réaliser leur plein potentiel. Le statut des enseignants dans nos différentes cultures est la clé de notre avenir mondial. Cette récompense, qui est en quelque sorte le « prix Nobel » de l’enseignement, est attribuée sous le patronage de Son Altesse le cheikh Mohammed bin Rachid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis et émir de Dubaï. Le Prix souligne l’importance du métier d’enseignant et symbolise le fait que les professeurs du monde entier méritent d’être reconnus et salués.Plus de 5 000 nominations et candidatures provenant de 127 pays ont été enregistrées durant l’année inaugurale du Global Teacher Prize, qui a fait l’objet d’une couverture médiatique considérable à travers le monde. Lors du Global Education and Skills Forum 2015, l’enseignante Nancie Atwell a été annoncée comme étant la lauréate parmi les 10 finalistes d’exception.*globalteacherprize.org

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*Enseignants producteurs de l’échec

Un événement récent et malheureux m’a fait rappeler une pratique assez répandue dans les universités algériennes. Nous nous rappelons tous de ces cours difficiles dans lesquels la grande majorité des étudiants obtient une note inférieure à la note de passage, voire aucun étudiant n’était admis dans le cours.

 Les enseignants de ces cours aimaient se faire passer pour de grands connaisseurs dans leur domaine, et les étudiants finissent par se résigner en acceptant leur sort. Cette vieille pratique algérienne n’a pas complètement disparu, puisque récemment un enseignant a noté 250 étudiants avec un zéro dans un examen. Une telle pratique ne peut exister, à partir du moment où l’enseignant est évalué par les étudiants pour sa disponibilité en dehors du cours, son attitude, son entregent, sa maîtrise du contenu qu’il enseigne, la clarté de son exposé et la pertinence du matériel pédagogique. Ces évaluations par les étudiants servent l’enseignant lui-même pour prendre conscience de la qualité de son enseignement et pour l’améliorer.

Cependant, elles reposent sur le fait que l’étudiant est capable d’évaluer de bonne foi. Quand on enseigne une matière, il est toujours possible de composer un examen où aucun étudiant ne peut obtenir une note de passage. Il est difficile de donner une essence à cette pratique de l’évaluation de connaissances à l’extérieur de l’ignorance de ce qui est l’objectif d’un examen ou encore la vérification des connaissances acquises durant un cours. La compréhension de cet objectif conduit à une meilleure explication des résultats obtenus par des étudiants dans un cours en vue d’une amélioration de l’enseignement. Pour cela, il faut revenir à la notion d’un programme d’enseignement par le contenu. Un programme est un ensemble de thèmes structurés en cours qu’un étudiant doit acquérir durant une période de temps pour enrichir ses connaissances thématiques et pour développer des habilités dans une discipline ou dans un secteur donné. Il y a donc un objectif global pour un programme qui se décompose en objectif spécifique pour chaque cours, voire pour chaque groupe de cours.

Un enseignant connaît l’objectif spécifique qu’il doit atteindre dans le cours qu’il offre. Généralement, il dispose d’une description générique du cours. Et il lui appartient de l’affiner en choisissant le contenu approprié à transmettre aux étudiants, le matériel pédagogique et les travaux à leur faire faire pour mieux assimiler ce contenu, et enfin de choisir le contenu des examens pour la vérification des connaissances acquises. C’est ce dernier point dont l’importance a souvent été sous-estimée en Algérie (et dans les systèmes d’enseignement issus de la France). A partir du moment où l’examen sert à évaluer l’acquisition des connaissances, sa complexité doit égaler être celle du contenu enseigné. Autrement, il y a, soit une sous-évaluation, soit une surévaluation de l’apprentissage, et dans les deux cas il est difficile de valider l’objectif du cours. Ce schéma de l’enseignement suggère que les résultats d’un examen s’expliquent au moins par trois groupes de facteurs. Premièrement, il y a l’adéquation du contenu à transmettre avec l’objectif du cours tel qu’il est décrit dans le programme. Les programmes sont conçus pour assurer un apprentissage graduel à travers un séquencement de cours et donc de connaissances transmises aux étudiants.

Par exemple, on exige des connaissances préalables dans des cours précédents ou dans des cours concomitants pour pouvoir suivre un cours. L’enseignant prépare son matériel pédagogique de façon concertée avec ses collègues pour s’assurer de la cohérence du séquencement des notions apprises au préalable ou en concomitance. Deuxièmement, il y a l’engagement des étudiants pour acquérir les connaissances. Bien sûr, on peut rencontrer dans une classe quelques étudiants minimalistes qui ne voient pas plus loin que le diplôme qu’ils veulent obtenir à tout prix, sans se soucier de leur chance d’accéder à un emploi relatif à leur diplôme. Cependant, il y a une réalité qui fait mentir ces enseignants producteurs de l’échec ; pour être présents dans le cours, tous les étudiants ont réussi les cours précédents ou des examens nationaux. Troisièmement, il y a la présentation du contenu, l’entregent, la disponibilité et l’évaluation de connaissances.

Par exemple, les technologies de l’information sont devenues incontournables en enseignement et il existe de nombreux logiciels dans le domaine public pour produire le contenu, le rendre disponible, améliorer la qualité de l’exposé, intéresser l’étudiant, évaluer les travaux et reconnaître le plagiat. Revenons maintenant à l’enseignant producteur de l’échec. A travers les résultats obtenus par ses étudiants, cet enseignant avoue qu’il n’a pas atteint les objectifs du cours parce qu’il n’a pas été disponible pour les étudiants, ou il a mal évalué l’apprentissage, ou il a mal choisi le contenu, ou il a mal transmis la connaissance, ou il ne maîtrise pas le contenu, pour ne citer que ceux-là. Une évaluation erronée de la connaissance incombe à cet enseignant et à son établissement. Les universités devraient offrir des activités pédagogiques aux enseignants afin de les aider à mieux accomplir leur tâche d’enseignement et d’encadrement.Par Djemel Ziou..Professeur, Canada(El Watan-26.02.2012.)

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