Faut-il supprimer les notes à l’école?

   « Les notes sont un baromètre indispensable pour évaluer profs et élèves« 

Faut-il supprimer les notes à l’école?

Pour Jean-Louis Caccomo, professeur à l’université de Perpignan, cette évaluation permet aux enseignants d’ajuster leurs méthodes pédagogiques. Et est nécessaire pour que l’élève sache s’adapter pour la suite de sa scolarité.

"Les notes sont un baromètre indispensable pour évaluer profs et élèves"

 - « En tant que professeur, si je constate que mes étudiants ont systématiquement des mauvaises notes, je me pose des questions et revois mes méthodes pédagogiques », explique lismartagon.

Par lismartagon (Express Yourself), publié le 09/10/2012

REUTERS/Sergio Perez

[Express Yourself] Voilà qu’on nous ressort la sempiternelle question des notes à l’école, débattue à renfort de rapports d’experts depuis plus de 20 ans. Ainsi, il est sérieusement question de supprimer les notes, mesure immédiatement ovationnée par le corps enseignant.

En tant que professeur, si je constate que mes étudiants ont systématiquement des mauvaises notes, je me pose des questions et revois mes méthodes pédagogiques. Les notes ne sont qu’un baromètre indispensable à l’évaluation, à la fois des étudiants mais aussi des enseignements. Il est généralement stupide de se priver d’un baromètre, car c’est se priver d’une précieuse information. C’est un peu notre GPS.

Les enseignants refusent-ils d’être évalués eux-mêmes?

On me rétorque: « Mais, dans votre cas, ce sont des étudiants, ils ont grandi! ». Mais s’ils n’ont jamais été habitués à être notés et évalués dès le plus jeune âge, ils ne supporteront pas plus tard la sélection dans le supérieur, qui ne fait que refléter la sélection qui existe dans la vie professionnelle, et finalement dans la vie tout court où l’on est sans arrêt évalué et jugé. Oserais-je la malice de penser que les enseignants détruisent le baromètre parce qu’ils refusent d’être évalués eux-mêmes?

Les enfants ont tous un potentiel formidable au départ, inscrit au coeur de leur cerveau, et des aptitudes qui ne demandent qu’à s’épanouir. Comment se fait-il qu’on ait mis en place une machine infernale qui broie ces aptitudes? N’est-il pas permis de se poser la question?

Non, on décrète en haut lieu qu’il suffit de supprimer les notes et les devoirs à la maison. Supprimons les cours dans la foulée. Imaginons un entraîneur de football qui entraîne son buteur. Ce dernier tire désespérément à côté des buts. Viendra-t-il à un entraîneur compétent l’idée et le projet fou d’agrandir la largeur officielle des buts?

Il appartient à chacun de tester la méthode la plus adaptée.

Cette question illustre les dangers d’un monopole centralisé appliqué à l’éducation. Car en ce domaine comme ailleurs, il n’existe aucune méthode optimale. Il appartient à chacun de tester, en fonction de ses aptitudes, de ses sensibilités et de son auditoire, la méthode la plus adaptée. Et les écoles qui obtiendront les meilleurs résultats attireront les parents, soucieux de l’avenir de leurs enfants. C’est un processus permanent d’essais et d’erreurs duquel émerge toujours une solution qui fait ses preuves.

Encore faut-il que les écoles soient libres et que les parents soient libres. Et comme il n’existe aucune solution unique et optimale, quoiqu’il puisse être imposé d’en haut par le ministre de l’Education, aussi motivé, sincère et talentueux soit-il, et à toutes les écoles de France, produira ses ravages prévisibles et ses dommages irréversibles. C’est pour cela que l’on en débat encore depuis 30 ans… pendant que la machine à broyer continue de tourner sans frein.

Par Jean-Louis Caccomo, Maître de conférences à l’université de Perpignan Via-Domitia.

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       *Faut-il supprimer les devoirs ?

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Une directrice britannique fait l’objet d’une dénonciation auprès de l’organisme de contrôle de l’enseignement après avoir banni les devoirs de son école, estimant qu’ils sont trop lourds pour les enseignants et altèrent la qualité des cours. En France, c’est pour soulager les enfants et réduire les inégalités qu’une association lutte pour leur suppression. Les devoirs traditionnels vivent-ils leurs dernières heures?

La semaine dernière, Catherine Hutley, jeune directrice dynamique du Philip Morant School and College, dans l’Essex (Royaume-Uni), faisait la une en décidant unilatéralement de mettre fin aux devoirs dans son établissement.

Faire du cours la seule et unique priorité
Son argumentaire est simple: elle estime que son corps enseignant n’est pas à même de corriger et coter ces travaux faits en dehors de l’école et de préparer des cours de qualité dans le même temps. « Le travail de prof est impossible. Les journées sont trop courtes pour que l’enseignant puisse à la fois donner cours, préparer des devoirs, les noter et préparer ses leçons », résumait-elle.

Si ses motivations semblent a priori purement pratiques et surtout destinées à alléger la charge de travail des professeurs, il n’en est rien: « Nous avons une équipe on ne peut plus investie. Ils travaillent chaque heure que Dieu fait mais à cause des travaux, c’est la préparation des cours qui en pâtit toujours. Or nous voulons que cela soit précisément la priorité première de l’enseignant », explique-t-elle.

Des leçons mieux préparées et en constante évolution
Dans cette optique, c’est l’intérêt de l’élève qui prime. « C’est certes un pas qui nous éloigne de l’approche traditionnelle de l’enseignement mais nous ne ferions rien qui puisse affecter les progrès de nos enfants, dit-elle au Daily Mail, se voulant rassurante. Le but est que les professeurs puissent se focaliser sur les besoins individuels des élèves et quotidiennement adapter leurs cours pour obtenir la meilleure marge de progression possible ». Des leçons en perpétuelle évolution donc, en fonction de la classe et des besoins propres à chacun, et pas une manière pour le professeur de se la couler douce, nuance.

Afin de contenter tout le monde, elle a décidé que des éventuels travaux et exercices seraient disponibles sur le site web de l’école, voire même encouragés et récompensés par différents prix, et ce pour motiver les élèves les plus zélés ou soucieux d’approfondir leurs connaissances.

Troubles psychologiques liés à la surcharge de travail
Autre arguments qui à son sens jouent en défaveur des devoirs: le fait qu’ils deviennent souvent une manière de finir la matière du programme que le professeur n’a pas eu le temps de voir en classe, le fait que les enfants qui n’ont pas pu faire leurs devoirs à la maison sont sanctionnés ou prennent du retard sur les autres, ou que des études prouvent de plus en plus que la surcharge de travail à la maison entraîne des troubles chez les enfants et les jeunes, avec parfois des conséquences psychologiques importantes. 

Evidemment, une telle décision a provoqué une levée de boucliers. Des parents, satisfaits de l’enseignement traditionnel qu’ils ont connu et dont ils sont convaincus qu’il est la meilleure option, ont dénoncé la décision de Catherine Hutley et appelé à ce que sa gestion de l’établissement fasse l’objet d’un contrôle.

« Nous savons que les devoirs sont néfastes »
La principale reste néanmoins enthousiaste et persuadée d’avoir pris la meilleure décision: « Nous sommes au courant que cette question polarise les parents et l’opinion en général: certains sont ravis et d’autres sont inquiets. Nous avons soigneusement analysé les prestations et le progrès des élèves et l’impact qu’ont les devoirs sur leurs résultats. Nous savons maintenant que les devoirs ne sont pas efficaces pour la majorité des élèves. Cette nouvelle approche nous permet désormais de suivre de plus près et d’être plus à l’écoute des élèves d’un point de vue académique mais pas seulement: aussi quant aux compétences essentielles pour leur avenir. Si, d’une façon ou d’une autre, nous nous apercevons d’un quelconque impact négatif sur les progrès scolaires, nous y remédierons. Mais je doute que cela se produise ».

Inégalité à la maison face aux devoirs
Parallèlement, et c’est sans doute le signe que la question des devoirs est universelle et devient récurrente, l’association française ZupdeCo refait parler d’elle en réclamant à nouveau la suppression des devoirs. Car cette association de soutien scolaire connaît bien la problématique, pour la traiter au quotidien, et elle met en exergue une autre dimension interpellante: les collégiens français ont trop de travail à abattre à la maison, et celui-ci crée inéluctablement des inégalités immenses entre enfants.

Pourquoi? Parce que tous les élèves ne sont pas égaux une fois franchies les grilles de l’école, quand ils sont assis sur la table de la cuisine. Certains sont ultra encadrés, aidés, poussés, parfois trop peut-être, par des parents disponibles, dipômés et parlant la langue de l’école. D’autres, beaucoup d’ailleurs, sont dans une situation familiale difficile ou du moins peu propice au travail à domicile, soit parce que les enfants sont livrés à eux-mêmes, soit parce que les parents sont tout simplement incapables de leur venir en aide, soit parce qu’ils estiment que leur enfant doit travailler seul, soit parce que l’élève a plus de difficultés que ses camarades. Sans compter ceux qui ont beaucoup d’activités extra-scolaires, un plus long trajet vers leur domicile, pas d’ordinateur à disposition pour faire des recherches etc.

A l’école et pas ailleurs
Où est l’égalité au milieu de tout cela, s’interroge l’association. Car dans cette mesure, le devoir ne fait que creuser l’écart entre les jeunes en formation. « Plus de la moitié des parents répondent consacrer moins de quinze minutes aux devoirs. La vraie inégalité à la maison, tous les soirs, ce sont ces devoirs ». ZupdeCo plaide pour que tout le travail scolaire soit fait dans les murs de l’établissement: avec les mêmes aides pour tous, le même matériel à disposition, la même quiétude. 

Autre pierre d’achoppement: les devoirs brimeraient le développement extra-scolaire de l’enfant, cantonné à la dimension académique de sa vie par une masse de travail toujours plus lourde et qui ne laisse pas de place à l’éducation culturelle et sociale que l’école n’apporte pas suffisamment. 

Allonger les heures de classe?
La suppression des devoirs empêcherait-elle par contre, comme certains l’avancent, que le programme soit entièrement vu et que les notions essentielles soient assimilées? Selon plusieurs associations et Catherine Hutley, il suffirait alors d’élargir les plages de cours, jusque 17h par exemple, comme cela se fait déjà dans plusieurs établissements. Là encore, les avis divergent, des pyschologues ayant déjà prouvé que les élèves n’assimilent plus la matière après un certain nombre d’heures passées en classe. Si la question agite les écoles britanniques et françaises, elle s’applique également à la Belgique, où de plus en plus de parents s’insurgent de la quantité de devoirs que les enfants ramènent à la maison tandis que les parents travaillent eux toujours plus tard. Une refonte du système s’impose-t-elle tout doucement à nous et deviendra-t-elle bientôt une nécessité évidente? -**7sur7 –lundi 03 octobre 2016

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5 réponses à “Faut-il supprimer les notes à l’école?”

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