Un moment de retrouvailles

**Comment gérer le stress de la rentrée

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Que vous soyez à peine revenu de vacances, ou que vous ayez déjà repris le boulot depuis plusieurs semaines, la rentrée reste souvent synonyme de nombreux changements et de stress. Voici quelques astuces pour appréhender au mieux cette période.

La rentrée parfaite n’existe pas 
Commencer un nouveau sport, s’inscrire à des cours du soir, ou encore se fixer de nouveaux objectifs au boulot: un peu comme à la nouvelle année, avec ses bonnes résolutions, nous sommes nombreux à appréhender la rentrée comme un renouveau. Nous sommes alors pleins de bonnes intentions, qui sont finalement parfois lourdes à porter. Il est donc nécessaire de lâcher prise, et d’accepter que la rentrée parfaite n’existe pas. Des imprévus viendront toujours bouleverser nos plans, générant ainsi du stress et de la culpabilité.

Si vous vous sentez débordé, n’hésitez donc pas à prendre un peu de temps pour vous. Relâchez la pression, adonnez-vous à une activité qui vous plaît, ou profitez-en pour réaliser quelques exercices de respiration.

Rangez votre bureau
Faites le tri! N’hésitez pas à vous débarasser des objets et des dossiers qui encombrent votre espace de travail afin d’y voir plus clair. Un bureau en ordre pourrait également vous permettre de remettre un peu d’ordre dans votre tête… Profitez-en également pour organiser votre temps de travail. Déterminez quels projets sont urgents, faites des liste, bref, le maître mot reste l’organisation. 

N’hésitez pas à faire de même chez vous: rangez votre lieu de vie, et  jetez ou donnez tout ce qui vous encombre. Cela vous permettra de vous sentir mieux chez vous, et commencer l’année scolaire du bon pied. 

Gérez votre temps
Enfin, il est primordial de trouver un équilibre entre votre vie professionnelle et votre vie personnelle bien remplie. Ne privilégiez pas le temps de travail au détriment des moments passés en famille, par exemple. Apprenez également à dire non. Il vaut parfois mieux éviter de se rendre à un événement qui ne vous tente pas du tout pour prendre du temps pour vous. *7sur7 / 03 septembre 2017

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*Journaliste à «Libé» et prof retraité, Robert Maggiori évoque le jour de la rentrée

Chroniqueur des essais de philosophie à Libération, Robert Maggiori a aussi été prof de philo en lycée pendant une trentaine d’années. Aujourd’hui sera sa première «non-rentrée» scolaire. Témoignage.«Ce qui manque le plus à un professeur quand arrive le temps de partir, ce ne sont pas les collègues mais les élèves. Les collègues sont devenus des amis, on les revoit. La vraie rentrée est celle d’aujourd’hui, où se noue le premier, décisif, lien avec les élèves, non celle d’hier, dite « prérentrée ». Pourtant, si elle est cette « douleur que pose la proximité du lointain », comme disait Heidegger, longtemps on éprouvera la nostalgie de ce moment de retrouvailles.«Les premiers mots sont toujours : « Oh, t’es bronzé, t’as passé de bonnes vacances ! » A la réunion plénière, les professeurs nouvellement nommés se repèrent vite : ils sont seuls et attendent qu’une bonne âme vienne se présenter. La ou le proviseur rappelle les résultats du bac ou du brevet, parle de la dotation horaire, des postes non encore pourvus, du gymnase dont le toit goutte. Vient la grande scène : l’appel des nouveaux venus. « En physique, nous recevons M. Roux, qui nous vient du lycée de Melun. En philosophie, Mlle Martin remplace Mme… » Les nommés se lèvent, timides, dans un bruissement de commentaires : « Oh ! Il est mignon… Ils vont être fous d’elle… Ils les prennent au berceau maintenant… Il va rigoler avec les loustics de TES4… » Vient l’heure de la distribution des emplois du temps et là, c’est le déchaînement des passions. Ceux qui s’estiment bien lotis se taisent. Les autres s’énervent et postillonnent, jurent que, de toute façon, «moi, le mercredi, je ne viendrai pas… Le cours de grec à 17 heures, c’est pas pôsssible…» Tout se termine par un pot. Il y a du mousseux.«La vraie rentrée, c’est aujourd’hui. Elle dure quelques minutes, pendant lesquelles le professeur accueille sa classe, fait asseoir les élèves et attend que le silence se fasse. Tout se joue là. Il faut aller chercher les mots justes au fond de soi, regarder les élèves dans les yeux, sourire, parler doucement, montrer qu’on n’a pas peur, laisser comprendre qu’enseigner est un bonheur, qu’il n’est pas de plus grand plaisir qu’apprendre quelque chose qu’on ne savait pas, susciter l’étonnement, montrer qu’on tient à eux, qu’on tient par eux, qu’on ne tient pas dans la vie – on ne « s’élève pas » – si quelqu’un n’a pas tenu à vous.

«Le plus douloureux quand on cesse d’enseigner, c’est de ne plus avoir ce « cœur-à-cœur » qui précède le « tête-à-tête », la transmission des savoirs. L’école, c’est évidemment bien plus que cela, des difficultés, des luttes, des violences, des déceptions, des échecs… Dans quelques jours reprendra le train-train. Dans les salles de profs, on reparlera des réformes, peut-être les élèves se mobiliseront-ils s’il en arrive une mauvaise. Les hommes politiques affirmeront que l’école est « la priorité des priorités », mais rien ne s’incarnera dans les faits, rien dans leur attitude, leur façon de parler, leurs références ne montrera aux écoliers et lycéens que la culture, les connaissances, le jugement critique sont les biens les plus précieux. Mais le prof qui n’enseigne plus continuera à penser qu’il a exercé le plus beau métier du monde.»(Libération-02.09.09.)

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*L’école de la deuxième chance….

«J’avais une réelle motivation de m’en sortir»

TÉMOIGNAGES

L’école de la deuxième chance (E2C) remet dans le circuit de la formation des jeunes de 18 à 25 ans qui ont « décroché » du système scolaire.

L’école de la deuxième chance (E2C) accueille des jeunes sortis depuis au moins deux ans du circuit traditionnel, sans diplôme ni qualification, et qui ont décidé de leur propre chef de retourner sur les bancs de l’école. La formation, gratuite et rémunérée (au titre de la formation professionnelle), dure en moyenne dix mois.

L’enseignement de cette école — on devrait parler en fait de ces écoles, au pluriel, car elles sont nombreuses et réparties partout en France — fonctionne sur le principe de l’alternance, avec des formateurs qualifiés et une remise à niveau en français, mathématiques, informatique. L’objectif: permettre à chacun de progresser selon son niveau. L’alternance repose sur des stages de découverte des entreprises et des métiers. Les écoles de la deuxième chance responsabilisent. Elles placent les élèves en situation d’exploiter leurs aptitudes dans d’autres circonstances comme la capacité à travailler en équipe, à monter des projets, à s’organiser… Certes, les écoles de la deuxième chance ne délivrent aucun diplôme. Mais le travail effectué au cours de la formation est finalisé par un «certificat de compétences», validé par le directeur de l’école et un représentant du monde économique. Ce certificat valide l’évolution du stagiaire, ses compétences personnelles et professionnelles.

Contactés par Libération.fr, les acteurs de deux de ces écoles, situées en Essonne, témoignent de leur expérience.

Matthieu, 19 ans, stagiaire à l’école de Ris-Orangis en Essonne:

«Je suis allé au lycée général jusqu’en seconde. J’ai ensuite suivi une première économique et sociale avec le CNED mais ne me sentant pas à ma place, j’ai décroché. Je suis resté sans aucune activité pendant environ six mois avant d’être orienté par la mission locale vers une ACV (Aide au Choix de Vie, ndlr) qui ne me convenait pas. Il n’y avait pas d’encadrement et de suivi comme à l’école de la deuxième chance, que j’ai intégrée afin d’élaborer mon projet professionnel pour devenir moniteur éducateur. J’avais une réelle motivation de m’en sortir, arrêter ma dérive et ne plus passer mes journées à rien faire. Au cours de la formation, mes idées ont ensuite évoluées grâce a mes stages en MECS (Maison de l’Enfance à Caractère Social, ndlr). Maintenant je veux être éducateur spécialisé donc je fais en parallèle une remise à niveau pour passer le DAEU (Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires, ndlr) qui est l’équivalent du baccalauréat, ce que m’a conseillé mon formateur référent. Les résultats sont positifs car j’intègre la fac à la rentrée et le directeur de la MECS où j’ai effectué mes stages s’est engagé à me prendre en formation dès que j’intégrerai l’école d’éducateur spécialisé.»

Josette, formatrice à l’école de Ris-Orangis en Essonne:

«Avant d’intégrer l’école de la deuxième chance, je travaillais dans un centre de formation pour adultes. Ma principale motivation a été d’assurer une formation auprès des jeunes avec un véritable suivi de chacun et de travailler au sein d’une équipe dynamique. Dans l’ensemble, les stagiaires sont motivés mais comme la plupart a décroché du système scolaire et n’a pas, ou peu, travaillé, certains rencontrent des difficultés à se resocialiser, respecter des horaires mais les résultats (en Essonne) restent très positif avec 75% de réussite en 2008.»

Ida, 21 ans, ancienne stagiaire de l’école de Ris-Orangis:

«Après la 3ème, j’ai préparé un BEP sanitaire et social que je n’ai pas obtenu. Ensuite, j’ai travaillé et je suis tombée enceinte. J’ai arrêté l’école pendant deux ans. Je savais dans quel domaine je voulais travailler — la santé —, mais mon niveau scolaire était insuffisant pour passer les concours d’entrée des centres de formation. Ma conseillère de la mission locale m’a orientée vers les écoles de la deuxième chance. Cela m’a permis de me renseigner et découvrir les différents métiers de la santé tout en effectuant une remise à niveau dans les matières principales. J’ai réussi mon concours d’entrée à l’IRFASE (Institut de Recherche et de Formation à l’Action Sociale en Essonne, ndlr) où je vais faire une formation afin de devenir AMP (Aide-Médico-psychologique,ndlr). J’ai également trouvé un employeur, en maison de retraite. »

Agnès, formatrice à l’école de Villebon-sur-Yvette en Essonne:

«Au départ, j’étais animatrice socio-culturelle, puis j’ai enseigné dans un CFA où j’ai entendu parler des écoles de la deuxième chance. J’ai été attirée par le côté social du projet, le principe de l’alternance qui selon moi est une des meilleures manières de faire connaître et prendre conscience aux jeunes du monde du travail, mais aussi le fait que chaque cas, chaque parcours soit personnalisé. Les jeunes sont motivés car ils sont bien encadrés -chaque stagiaire a son formateur référent- et le fait de voir leurs camarades s’en sortir et aboutir à leur projet les encourage. Cependant, je remarque une légère baisse de motivation quand ils se rendent compte des difficultés recontrées dans le monde du travail et que ce ne sont pas les formateurs qui vont faire toutes les démarches à leur place!»(Libération-02.09.09.)

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37 réponses à “Un moment de retrouvailles”

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