Nassima Chabane,chanteuse de hawzi

**Musique Haouzi

Nassima Chabane,chanteuse de hawzi

Le Haouzi est une variante musicale et poétique de la musique andalouse qui a fait son apparition dans la ville de Tlemcen. Elle se caracétrise par sa musique douce et sa poésie classique imprégnée du ‘melhoun’ .
El haouzi tient ses origines de l’héritage musical arabou-andalou. Le style utilise huit modes du répertoire musical algérien: Moual, âraq, Ghrib, Reml maya, Jarka, Zidane, Sika, Mazmoum.

Le haouzi a connu plusieurs formes aussi: M’senaa, Goubahi, Bérouali, Zendali.
Beaucoup d’artistes qui ont oeuvrés au progrès et à la conservation de cette musique sont originaires de la ville de Tlemcen. Mohamed BENMSAÏB et son fils Boumediène, Ahmed BENTRIKI ,  Mohammed BENSAHLA.
Le Haouzi a a eu beaucoup d’influence sur la musique Chaabi.

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Nassima Chabane, la « rose pourpre » de Blida, la grande chanteuse de musique arabo-andalouse vient d’éditer un nouvel album Des racianes et des chants.

** Vous venez de sortir un nouvel album en France Des Racines et des chants que vous envisagez de mettre sur le marché prochainement. Vous rendez hommage dans ce CD à de grands maîtres de la chanson algérienne dans toute la diversité et la richesse de ses genres. Le besoin de ressourcement est fortement présent dans votre carrière artistique…
-– Il ne s’agissait pas seulement de rendre hommage à nos artistes musiciens et poètes comme Slimane Azem (Disque d’or en 1970), Cheikh El Hasnaoui, El Kebabti, Mahboub Bati et autres, mais de mettre en avant nos racines culturelles si riches. Des Racines et des chants propose un voyage vers l’autre rive (sud) de la Méditerranée grâce à cet oiseau voyageur chargé d’aller sur le sol de nos ancêtres. Je revisite les racines musicales et poétiques de ma tendre enfance et de ma jeunesse aux sonorités et couleurs des 4 coins d’Algérie, le Sahara avec le gumbri Hdjarte Bladi (au hit parade), Maluf, La Kabylie en duo avec Idir et les soirs parfumés d’Alger et de la luxuriante Mitidja à travers mes chansons écrites et composées spécialement pour cet album. Pour moi, mon nouvel album Des Racines et des chants est d’abord et avant tout un travail de mémoire collective. Mais j’ai aussi voulu rappeler que les artistes que je chante ici, sont les premiers à avoir introduit les sonorités musicales arabo-berbères dans la culture française. Ces artistes vivaient principalement en France, où se sont dessinés les premiers contours de la chanson maghrébine. Par la suite, enfants et petits enfants de la 1re, 2e et 3e générations d’immigrés ont su répercuter en berbère, en arabe, en algérien populaire ou en français cette identité plurielle si riche forgée dans la nostalgie et la douleur de l’éloignement du pays.

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**Après une incursion dans la chanson kabyle (cette fois-ci vous chantez en duo avec Idir une chanson de Slimane Azem, Ayafroukh Ifireless, (l’Hirondelle) vous interprétez dans ce nouvel album une chanson en français que vous dédiez au combat des femmes (Femmes de tous les pays et de toutes les couleurs). Vous êtes surtout connue comme une artiste versée dans le genre classique. Pourquoi cet intérêt aujourd’hui pour la chanson engagée ?
- –Chanter le genre classique ne veut pas dire être détachée de la réalité du monde. Le classique est aussi un engagement, ne serait-ce que sur le plan culturel, car nous défendons un patrimoine, une histoire qui tend à être oubliée. Une histoire qui raconte l’immensité de notre civilisation arabo-musulmane. Nous perpétuons sa mémoire, nous la portons sur le-devant des scènes les plus prestigieuses là où notre histoire n’est pas connue. Et le fait de parler d’autre chose ne signifie pas que j’ai changé le fusil d’épaule. Aujourd’hui, il est devenu urgent de dire haut et fort que le monde est en danger si l’on n’y prend pas garde. J’interviens d’une certaine manière dans l’actualité immédiate parce que la situation est inquiétante et qu’il faut tirer la sonnette d’alarme.

- **Vous avez été invitée les 16 et 17 mai dernier pour donner des concerts au château d’Ambroise où était détenu l’Emir Abdelkader. Que représente pour vous cet événement où la musique s’invite dans un haut lieu de l’histoire ? La réconciliation entre Paris et Alger passe-t-elle aussi par la musique ?
- –Pour moi, en tant qu’Algérienne, il était important de marquer de ma présence la continuité historique algérienne au moins sur les plans culturel et humain. N’oublions pas que l’Emir Abdelkader était un homme d’une grande culture, un géant des arts et des lettres, un humaniste et un poète magnifique. Je me situe en quelque sorte dans la continuité de son œuvre. Je partage avec lui le sentiment de la douleur de la séparation, de l’éloignement de son cher pays, « l’Algérie ». J’ai en effet mis en musique, déclamé et chanté ses textes sur scène mais aussi dans mon album création Voie soufie, voix d’amour paru en 2006 chez Ima/Harmonia Mundi. Quant à la dimension politique, je la laisse aux commentateurs qui veulent donner des interprétations politiques à toutes les rencontres humaines et à toutes les expériences artistiques. D’ailleurs, en tant qu’artiste, je ne perçois aucune nécessité à la réconciliation lorsque l’art n’est à l’origine d’aucune fracture, d’aucune mésentente qui auraient besoin de « réparation » et de réconciliation de deux « bords ». Si le but des organisateurs était de créer les conditions de meilleures relations entre deux pays, alors c’est tant mieux. La musique aura au moins servi à une noble cause que la politique était incapable de faire.

- **Après un long parcours dans la musique andalouse, vous avez fait des tentatives réussies dans la chanson enfantine, kabyle, populaire et tout dernièrement française. Nassima cherche-t-elle sa voie (x) ?
- –Fallait-il que je me contente de n’être que la représentante d’un seul genre toute une vie ? Il faut savoir qu’un artiste est libre de créer, d’innover, de se remettre en question, de varier. L’artiste dans toute son acception est celui qui n’a peur d’aucun défi et surtout qui n’a pas peur de tenter des choses lorsqu’il sent qu’il doit s’accomplir et découvrir les limites de ses possibilités.Ainsi, au lieu de parler de voie ou de voix, je dirais qu’il est plus question de se renouveler et de s’ouvrir de nouvelles frontières. C’est cela le parcours d’un artiste qui n’est pas frileux et qui ose prendre des risques.

- **Vous êtes invitée un peu partout dans le monde pour des concerts. Vous revenez d’Espagne et vous avez chanté récemment au Pakistan dans le cadre d’une rencontre sur la chanson soufie mais on vous voit très peu en Algérie. Pourquoi ?
- –L’Espagne est la matrice de l’art que je chéris par dessus tout, alors chaque fois que j’ai l’occasion de m’y produire, je me sens encore plus proche de l’art arabo-andalou de mes ancêtres. Quant au Pakistan, je m’y suis effectivement produite, notamment à Islamabad, Lahore, Multâne et dans d’autres villes à l’invitation des organisateurs du Festival international des musiques mystiques et soufies et j’ai été récompensée par un diplôme en tant que représentante de l’Algérie. Ils m’ont accueillie, ainsi que mes musiciens, avec faste et j’ai eu l’occasion de faire la rencontre de maîtres éminents du genre, venus des 4 coins d’Asie et du monde. Il faut savoir que la chanson soufie a un écho qui dépasse largement le cercle du monde musulman. Et le Pakistan peut être considéré comme la Mecque de la musique soufie. D’ailleurs, un artiste pakistanais comme le défunt Nusrat Fateh Ali Khan était une véritable star mondiale qui, lorsqu’il se produisait quelque part dans le monde, déplaçait des foules et créait l’événement. Il était le plus grand maître du Qawwali, une des branches de la musique soufie. C’était un honneur pour moi d’incarner la tradition soufie algérienne et de chanter les textes d’un de nos plus grands représentants, l’Emir Abdelkader.

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** Etes-vous invitée à vous produire au prochain Festival panafricain d’Alger ?
- –Je n’ai pour l’instant reçu aucune invitation tout comme, me semble-t-il, la plupart des artistes algériens installés à l’étranger. J’ai le sentiment que l’artiste algérienne que je suis est ignorée par son propre pays. A titre d’exemple, je n’ai toujours pas compris à ce jour pourquoi je n’ai pas été sollicitée pour le Festival de la musique arabo-andalouse. Pourtant, l’essentiel de ma carrière s’est fait en Algérie et je reste en France et ailleurs la représentante de la tradition musicale arabo-andalouse algérienne. Et on ne peut même pas m’accuser d’amateurisme, quand on sait que mon parcours s’est fait sous la houlette des plus grands maîtres du genre, tels que Dahmane Benachour et Sadek Bedjaoui. Quand je pense que j’ai passé une partie de ma vie à représenter la culture de mon pays aux quatre coins de la planète, je me dis que quelque chose ne tourne plus rond dans le domaine de la culture en Algérie. D’ailleurs, je ne crois pas me tromper de beaucoup en disant que nous tous, artistes algériens, nous ne sommes pas les bienvenus dans notre propre pays alors que dans un même temps, nous sommes invités partout à l’étranger pour représenter l’Algérie, notre pays. Par ailleurs, faut-il rappeler que les artistes étrangers sont ramenés en Algérie à prix d’or, alors que dans beaucoup de cas, ce ne sont pas les meilleurs artistes qui sont sollicités, qu’ils viennent d’Orient ou d’Occident. Décidément, l’artiste algérien a un meilleur statut et une vraie reconnaissance sous d’autres cieux alors qu’il n’est pas valorisé dans son propre pays ! Les artistes algériens ont besoin d’être rassurés sur leur devenir et celui de la culture algérienne qui passent par la mobilisation de toutes les potentialités du pays établies en Algérie ou à l’étranger. Les engagements des responsables de la culture dans notre pays, avec à leur tête madame la ministre Mme Khalida Toumi, qui s’investit à fond pour promouvoir la culture algérienne dans ses différentes facettes et pour donner à l’artiste algérien un statut digne qui lui permettra à son tour de donner le meilleur de lui-même en contribuant, chacun dans son domaine, au rayonnement de la culture algérienne, doivent être suivis d’effet pour le plus grand bénéficie de la culture dans notre pays. Les chantiers qui attendent ce secteur sont énormes et les défis qui interpellent ses responsables tout aussi considérables. L’investissement dans la formation des artistes reste la clé de sol du succès de ce secteur. Nos conservatoires, nos instituts d’art dramatique et la promotion des autres formes d’expression culturelle et artistique nécessitent des moyens à la mesure de l’ambition nouvelle que s’est fixée le secteur de la culture qui rompt ave la folklorisation du champ artistique en général. D’ailleurs, pour vous faire une idée plus précise, je vous rappelle que la chanson algérienne qui a été la plus « vendue » dans le monde, celle que l’on peut considérer comme l’ambassadrice de la chanson populaire algérienne et qui a eu un succès commercial inégalé c’est Ya Rayeh de Dahmane El Harrachi. C’est dire que l’on a encore besoin de nos anciens pour honorer notre chanson et notre culture. Des anciens qui, comme ceux d’aujourd’hui, n’ont jamais été soutenus par les pouvoirs publics. Décidément, l’histoire est un éternel recommencement…..

- **Vos projets ?
- –Beaucoup de surprises. Mais il est trop tôt pour en parler ici. Une certitude : mon public ne sera pas déçu. (Interview réalisée par El Watan) -22.06.09.

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* Nassima Chabane:  » Je suis un électron libre «  

La chanteuse et instrumentiste algérienne retrouve sa verve aux côtés des siens, elle qui se considère comme ambassadrice de la chanson arabo-andalouse et de la musique classique algérienne. Avant la sortie de son nouvel album Hommage à l’Emir Abdelkader, L’Expression l’a rencontrée à Alger.

L’Expression: Racontez-nous Nassima Chabane… d’où est-elle venue et comment est-elle arrivée dans le monde de la chanson?
Nassima Chabane: 
Je dirais tout simplement que je suis venue de Blida, cette ville fondée par des Andalous. Bien sûr, ces populations venues s’y réfugier après la chute de Grenade en 1492. Ces Andalous, quand ils sont venus, ont laissé derrière eux tous leurs biens, leur fortune. Ils n’ont ramené que leurs trésors immatériels: les arts et métiers, le savoir, la peinture, la musique… Déjà, le lieu où je suis née à Blida est une rue qui porte le nom d’un métier, «Douirates», qui veut dire les maisonnettes.
Moi, j’ai eu la chance de naître dans cette ville. J’ai eu la chance d’avoir été à l’école de très grands maîtres de la musique, de la poésie… et de plus, des maîtres qui m’ont fait connaître et enseigné les secrets de cet art.
Parce qu’il est vrai qu’il faut parler de secrets. Des maîtres qui, avant de transmettre les secrets de cet art, s’assurent d’abord que la personne peut réceptionner ce qu’ils lui transmettent.

A quel moment avez-vous décidé d’intégrer ce monde de la musique et de la chanson?
Moi, je n’ai pas décidé d’intégrer ce monde… je n’ai rien programmé. Même ma carrière, je ne l’ai pas programmée. Je suis une passionnée d’art et de musique. Nous sommes des mélomanes, chez nous, à la maison.
Ma mère chantait merveilleusement bien,… mais à la maison! Ma soeur aussi chantait très bien. La musique, il faut dire que je l’ai tétée du sein de ma mère.
Ma grand-mère, même quand elle parle, elle le fait en poésie. Il fallait voir comment elle s’exprimait! C’est tout un art! C’est dire que même si nos grand-mères ne savaient peut-être pas lire et écrire, elles savaient comment transmettre le patrimoine oral. Moi, depuis mon enfance je chantais. C’était ma manière de m’exprimer. J’aime chanter, j’ai commencé à imiter le muezzin quand il lançait son appel à la prière.
Je disais à ma grand-mère: «Même si le muezzin a une belle et forte voix,moi je vais le dépasser en faisant mieux.»
Alors, je n’arrêtais pas de l’imiter à longueur de journée, jusqu’à ce que ma grand-mère me dise un jour: «Ma fille, mais ce n’est pas encore l’heure de la prière!»
Et moi, je continuais à le faire…
j’étais dans le jeu, mais réellement, je faisais mes premières vocalises. Enfant, je ne faisais que chanter, lors des récréations à l’école, au hammam, dans les couloirs, dans la chambre… je ne faisais que ça; je testais en fait l’acoustique!
Tout le monde avait constaté que j’étais une passionnée de chant… Comme disait saint Augustin: «Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion!». Et comme nous avions des maîtres dans la ville de Blida, ils avaient constaté que j’avais une belle voix, alors ils ont dit: «Faites la venir!». J’ai commencé donc avec El Hadj Medjber, Dahmane Ben Achour… J’ai eu une formation classique au Conservatoire, c’est-à-dire la lecture des notes…le solfège, le solfège rythmique,… J’ai étudié les bases universelles de la musique. J’ai appris aussi notre patrimoine dans la pure tradition, c’est-à-dire avec les «chouyoukh».
Et après, j’ai intégré la doyenne des associations El-Widadia, fondée en 1932 par Mohammed Khodja, Ben Guergoura,… la liste est longue.

Vous étiez cette petite fille de sept ans qui a rejoint le monde des grands maîtres… Comment avez vous vécu cela?
C’est vrai, à cet âge, je ne réalisais pas à l’époque. J’étais une mélomane, une passionnée, j’aimais chanter, je montais sur scène normalement! C’était les gens qui se posaient cette question-là. Les Blidéens même m’appelaient: «Planète de la Mitidja» ou le «Rossignol»… ils m’adoraient! Ceux qui étaient avec moi dans le groupe me voyaient sous l’angle de la «musique», «voix», ou du «patrimoine». Ils étaient fiers de moi. D’ailleurs, les maîtres me soutenaient. Les Blidéens qui ne vivaient pas avec nous, demandaient aux musiciens et aux maîtres: «Comment se fait-il qu’elle soit avec vous?».
En fait, quand je monte sur scène, dès que j’entends les premières notes, je suis déjà dedans, je suis transportée.
La scène, c’est l’endroit où je me sens le mieux, plus que ma chambre, plus que ma maison. La scène est mon milieu naturel. C’est comme la mer pour le poisson!… D’ailleurs, je suis du signe astrologique «poisson»! (sourire)

Les oeuvres du répertoire andalou, des merveilles artistiques, c’est aussi un travail de mémoire…
En effet, c’est un travail de mémoire! Pour preuve, quand on parle de ce patrimoine, j’ai cité, mis en valeur combien de maîtres qui ont fait notre histoire.
Et puis, pas seulement la mémoire… parce que ce patrimoine déjà, au temps de la colonisation française, les maîtres de l’époque, à travers la chanson, avaient montré que nous avions notre culture, notre patrimoine, notre identité et notre personnalité. Ce n’était pas propre au domaine artistique, nous avions prouvé que nous n’étions pas français et nous ne pouvions pas l’être et ce, dans tous les domaines. Nous avions livré à la France, en plus d’une guèrre militaire, une guerre artistique, littéraire, sportive… 
A l’époque, tous nos maîtres avaient sur leurs instruments gravé une étoile et un croissant, symboles liés au drapeau algérien.
Aujourd’hui, même quand je monte sur scène dans un pays étranger, j’exige que le décor soit algérien: un tapis sobre algérien. Je joue avec un instrument algérien, je porte une tenue algérienne… Même mes pensées à l’étranger sont algériennes. Je fais voyager les étrangers dans les profondeurs de la culture algérienne.

Vous avez dédié un album aux femmes, non seulement algériennes, mais du monde entier. Vous considérez-vous comme féministe?
Non! Moi, je suis plutôt féminine que féministe. Je reste un électron libre et quand quelque chose me fait mal ou me donne de la joie, je l’exprime. J’ai interpellé effectivement toutes les femmes algériennes et les femmes du monde entier. J’ai écrit un texte parce que je ne pouvais plus voir la violence. J’ai dit que quand mes semblables sont touchés, je suis touchée. Ce n’est pas seulement quand c’est une femme qui est touchée.
Un homme, quand il est touché, je suis aussi touchée. Quand l’humain est touché, je le suis aussi!
J’ai des enfants, parmi eux des garçons! L’homme pour moi, c’est mon maître d’abord, c’est le père, c’est mon fils…

Qu’est-ce que c’est que d’être une femme-artiste en Algérie?
Il faut être la meilleure par la maîtrise. C’est ainsi qu’on se fait respecter tout simplement. Dans l’art comme dans tout autre domaine.
Quand une femme maîtrise bien son domaine, les hommes la respectent. Quand je monte sur scène et je dirige un orchestre d’hommes, ils me respectent parce que je maîtrise mon domaine.

Vous avez fait une incursion dans le chant kabyle, français… Comment expliquez-vous ces changements de genre?
Ce n’est pas un changement de genre, parce que je reste toujours dans mon genre. Spécialiste de la musique arabo-andalous algérienne, mais j’ai toujours, dans mes répertoires, chanté le hawzi, el aroubi, le chaâbi… Ce sont des dérivés. Le-Medh aussi.. un répertoire spirituel, voire religieux.
Ce sont les dérivés de la musique classique algérienne. A côté, et comme j’aime innover et créer, j’apporte ma touche. Moi, je vis ce temps, je chante les textes andalous médiévaux, mais il y a des textes d’aujourd’hui que j’ai exprimé, aujourd’hui. A titre d’exemple:l’exil, la disparition d’êtres chers…

Considérez-vous que vous êtes valorisée ou pas dans votre pays?
Je vais vous dire une chose! C’est la première fois que nous avons des festivals institutionnalisés en Algérie.
Depuis près de 12 ans, c’est la première fois que j’inaugure un festival de musique au niveau de la salle Ibn Zeydoun de Riad El Feth, dans la capitale. C’est la première fois qu’en tant qu’ambassadrice de la chanson algérienne je rentre dans cette salle.
Donc, ça vous dit quelque chose! D’ailleurs, je tiens à remercier Maâmmar Guenna, directeur de l’Oref qui a assuré d’excellentes conditions de travail.
Le ministère de la Culture, avant, a «bien» ignoré le talent algérien. Dieu merci il y a eu la venue de l’actuelle ministre et je la salue. Je lui souhaite la bienvenue. L’actuelle ministre, Nadia Labidi, est d’abord issue d’une famille de la culture. C’est une femme d’innovation. Elle a tendu la main à tous les vrais acteurs de la culture algérienne.
Personnellement, elle m’a accueillie merveilleusement, elle m’a écoutée comme il le faut. Moi, je lui fait confiance et je la soutiens. Vraiment, elle m’a rendu l’espoir.

Quand vous vous rendez à Blida, votre ville natale, comment la trouvez-vous aujourd’hui?
Blida aujourd’hui… La ville ne possède même pas un théâtre! Je suis partie la dernière fois, j’ai eu le coeur déchiré. Ce n’est plus la ville que j’ai connue. Celle qui m’a vu naître et grandir. Il y a de la matière, il y a des artistes, il y a encore des gens passionnés… mais il y a quelque chose qui ne va pas. Prenez l’exemple de ce petit théâtre au centre-ville, au niveau de la place des Mûriers, appelé «le Capitole» il y a très longtemps, aujourd’hui baptisé du nom de «Mohammed Touri». C’était une oeuvre d’art! C’est là-bas que j’ai fait mes premiers pas. Il faut voir comme il était beau ce théâtre avec ses beaux balcons. Doté d’une belle acoustique. En 1914, ce théâtre a abrité un festival international. Puis le premier Festival de la musique arabo-andalouse a eu lieu après l’indépendance dans cette même salle. Un héritage historique et culturel incroyable. Je suis revenue pour enregistrer un film documentaire dans ce théâtre. J’étais contente de retrouver ce lieu qui m’a vu grandir. A peine rentrée, je trouve le plafond sur le point de s’effondrer, les fauteuils complètement abimés,… Je ne veux pas être très dure dans mon propos, mais j’aimerais juste dire qu’il y a quand même des choses dont il faut prendre soin. C’est une oeuvre d’art qu’il faut au moins restaurer…

Votre pays, l’Algérie, comment le trouve aujourd’hui Nassima Chabane?
Quand je chante à l’étranger, je fais beaucoup d’efforts pour transmettre mon message. Dans mon pays, tout ce qui sort de ma bouche touche le coeur des Algériens! Je me sens bien dans mon pays.
Qui n’aime pas son pays? Même si il y a des manques, nous devons oeuvrer pour les rattraper. Nous n’avons pas d’autres pays que l’Algérie.
Je suis prête aujourd’hui, avec ma formation, avec mon expérience, avec tout ce que j’ai appris, à mettre mes connaissances à la disposition de mon pays, de nos artistes, de nos enfants pour contribuer à l’épanouissement de notre culture.

Quels sont les projets de Nassima Chabane?
Déjà, le 1er novembre, je serai ici en Algérie pour assister aux commémorations de cette journée historique. Nous allons rendre hommage à tous les martyrs de l’Algérie… tous les martyrs. Par la même occasion, il y aura la sortie du nouvel album Hommage à l’Emir Abdelkader. Un album qui compte 13 titres. Et il y aura aussi Les chants des femmes d’Algérie.

En un mot, qu’aimez-vous le plus?
La sincérité

Qu’est-ce que vous regrettez le plus?
Ne pas être à la hauteur de quelque chose

Votre plat préféré
La «rechta».

**Par Idir TAZEROUT - Mardi 16 Septembre 2014 -L’Expression

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416 réponses à “Nassima Chabane,chanteuse de hawzi”

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