1er Mai devenu une fête pour les patrons

Des travailleurs migrants photographiés sur un chantier de construction du complexe « Aspire Zone » à Doha (Qatar), le 26 mars 2016.

 **Des mesures libérales qui fragilisent la situation précaire des travailleurs déjà sous-payés ou réduits au chômage par les abus et les décisions arbitraires des patrons

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Le Comité pour le Droit au Travail des Handicapés et l´Égalité des Droits (CDTHED) écrit au Président Hollande.

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Journée internationale des travailleurs

L’heure n’est pas à la fête

****Cette année, la Fête internationale des travailleurs subira les méfaits de l’austérité qui annulera les traditionnelles folies dépensières de sa célébration. Pis encore, l’événement fêté jadis en grande pompe sera “escamoté” par une campagne électorale qui lui ravira la vedette en cette date du 1er mai, à trois jours du scrutin pour les législatives.
Abstraction faite du caractère festif de la journée et du fait d’être chômée et payée, le 1er Mai ne suscite plus l’intérêt des Algériens notamment les travailleurs.
Le cœur du travailleur n’est vraiment pas à la fête vu la situation sociale dans laquelle il se débat ! La fête intervient, en effet, dans un contexte difficile marqué par une crise à la fois économique et financière, imposant une
rigueur budgétaire dans tous les secteurs d’activité.
Parmi les mesures prises par le gouvernement pour faire face à cette lourde contrainte l’on cite la réduction “impérative” des importations de près de 15 milliards de dollars à la fin de l’exercice actuel. Or, la diminution des importations risque de provoquer l’effet inverse. Cela engendrera fatalement une baisse de l’activité sur la scène économique du pays. Un fait qui ne fera qu’augmenter le taux de chômage en Algérie.
L’Exécutif introduit effectivement dans sa stratégie cette rationalisation dans la gestion des fonds publics, l’utilisation de nos ressources naturelles et la poursuite et l’approfondissement des réformes économiques structurelles en cours. Ces décisions doivent être, cependant, assorties d’options qui préservent les
acquis sociaux et maintiennent un niveau de vie acceptable pour les catégories aux revenus modestes.
En tout cas, la Constitution récemment amendée prévoit des garanties substantielles quant à l’engagement de l’État à préserver ses choix sociaux. Cela étant, jamais cette date n’a coïncidé avec autant d’incertitudes quant à la persévération et à la création d’emploi. Peu de mesures prises pour rasséréner le travailleur pris d’une sempiternelle appréhension sur son avenir professionnel étant donné que son présent au sein de l’entreprise est empesté par la nauséabonde odeur d’une compression d’effectifs de plus en plus menaçante. L’on met en exergue les milliers de postes d’emploi perdus ces deux dernières années surtout dans le secteur de l’automobile où les concessionnaires ont subi de plein fouet les méfaits de la restriction des importations à travers la mise en place des licences.
Pis encore, la source perenne qu’était le secteur du BTPH, jadis pourvoyeur d’emplois, s’est désormais tarie à cause d’une absence de projets structurants, reportés pour certains, et carrément annulés pour d’autres. Même les différents cadres de dialogue entre gouvernement, partenaire social et patronat ne sont plus en mesure de protéger les intérêts légitimes des travailleurs.
La réunion de la tripartite n’est plus ce rendez-vous de concertation à l’issue duquel sera poursuivi le développement économique dans le but de créer de l’emploi et de baisser le taux de chômage. L’autre phénomène auquel est confronté le salarié concerne l’inflation dont le taux moyen annuel s’est situé à 7% entre 2016 et 2017, selon l’ONS. Cette hausse des prix contredit non seulement les thèses des pouvoirs publics, mais également touche dans le même temps les couches les plus défavorisées. C’est dire que les rares augmentations salariales ont été aussitôt “rattrapées” par l’inflation. La suppression de la retraite anticipée a créé, par ailleurs, un séisme dans le monde du travail. La mesure, quand bien même serait-elle nécessaire compte tenu de son impact négatif sur le système de retraite, a soufflé un vent de panique au sein des travailleurs.
L’espoir viendrait peut-être du nouveau code du travail qui doit améliorer les conditions de compétitivité des entreprises en agissant sur l’emploi et le recrutement, introduire plus de flexibilité avec de nouvelles formes de relations de travail à même d’extirper de la sphère du travail informel ces milliers de travailleurs “au noir” et les placer, dotés d’une protection sociale adaptée, dans le circuit officiel.  **Liberté / 
dimanche 30 avril 2017

***Ce 1er mai sera celui de l’action. Les 16 syndicats rassemblés en une seule organisation annoncent une marche et seront aux côtés du PT et du PST à Béjaïa. La Confédération des syndicats autonomes (CGATA), elle, compte tenir un rassemblement à Oran. Le front social monte au créneau contre la cherté de la vie, le nouveau code du travail et la loi sur la retraite.

«Nous nous inscrivons dans ce mouvement de résistance aux réformes imposées par le pouvoir et qui remettent en cause tous les acquis sociaux des travailleurs arrachés après plusieurs années de luttes sans relâche. Nous avons l’habitude de célébrer le 1er Mai. Mais cette fois-ci, nous serons derrière l’intersyndicale à Béjaïa», affirme Kamel Aïssat, tête d’affiche à Béjaïa de la seule liste du Parti socialiste des travailleurs (PST) aux prochaines législatives du 4 mai, joint par téléphone.

Le programme d’action prévu par les partis et les syndicats pour la célébration de la Journée internationale des travailleurs ne sera certainement pas comme les précédents. Cette journée, qui symbolise le combat des forces ouvrières, s’invite cette année non seulement en temps d’austérité mais aussi en pleine campagne électorale. L’intersyndicale, qui compte aujourd’hui 16 syndicats, appelle à une marche à Béjaïa et sera aux côtés du Parti des travailleurs (PT) et du Parti socialiste des travailleurs (PST).

Quant à la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie (CGATA), qui regroupe, elle, plusieurs syndicats autonomes, elle prévoit l’organisation d’un rassemblement le même jour à Oran. Deux fronts sociaux qui appellent à «la préservation des acquis des travailleurs et manifestent frontalement leur opposition à la cherté de la vie engendrée par la loi de finances 2017, à l’avant-projet du code du travail et à la loi sur la retraite». «Empêcher le droit au syndicalisme, vouloir institutionnaliser la précarité et fragiliser les droits des travailleurs est d’une gravité intolérable.

Ce nouveau code a été élaboré en faveur du patronat et non du travailleur. C’est la raison pour laquelle nous agissons avec les forces vives afin de construire un rapport de force et faire barrage à ces dérives», explique Kamel Aïssat. Et d’ajouter : «L’actuel code du travail élaboré en 1990 (90-04) est né dans un contexte de luttes et de rapports de force, notamment après Octobre 1988. L’Etat, dans sa politique libérale, veut aujourd’hui détruire ce projet et imposer un code qui instaure la régression.»

Front

Pour rappel, le nouveau code du travail est en suspens depuis 2014. Une autre mouture a été proposée aux syndicats en octobre 2015, mais ces derniers restent unanimes et campent sur leur position, à savoir le retrait de ce code. Le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) assure que c’est «l’Organisation internationale du travail (OIT) qui bloque ledit projet après les réserves qu’il a émis au gouvernement algérien». Une position prise, selon les cadres du Snapap, par l’OIT après le rapport qui «lui a été soumis par ce syndicat autonome».

Mais d’autres organisations, comme l’Intersyndicale ou les partis de gauche (PT et PST)qui défendent les droits des travailleurs, pensent plutôt que c’est le front social en lutte depuis des mois qui freine ce projet de loi. Quant à Nouredine Bouderba, expert en matière des lois de travail (voir encadré), il explique que son adoption par le Parlement n’est qu’une question de temps. Pour lui, ce n’est «qu’une tactique du gouvernement qui veut faire passer ce projet à petit feu». «Il faut savoir que sur ce nouveau code, même le gouvernement n’a pas pu trouver encore de terrain d’entente avec l’UGTA et le patronat.

Mais ce n’est qu’une question de temps. Le gouvernement veut procéder par étape, car il y a aussi d’autres projets de loi qui posent problème, comme celui du code de santé qui souligne la fin de la gratuité des soins en Algérie», alerte l’expert. Nouredine Bouderba assure que les arguments avancés par le gouvernement afin de justifier le changement de l’actuel code du travail «ne tiennent pas la route». «Le gouvernement reproche à l’actuel code la flexibilité des relations de travail alors que cela est faux.

Nous n’avons qu’à prendre le taux de travail temporaire dans nos entreprises qui est de 40% dans le secteur public et 84% dans le privé. Ce nouveau code n’est-il pas aussi flexible ? Le gouvernement lie aussi la question du chômage à la flexibilité des lois, alors que l’OIT contredit carrément cette analyse.  Prenons le cas de l’Argentine qui a connu un taux de chômage avoisinant 21%, quand elle avait imposé une certaine flexibilité dans son code du travail et de 9,5% quand elle a élaboré un code qui défendait les droits des travailleurs», assure Nouredine Bouderba.

Et d’ajouter : «Comment le privé peut dire que l’actuel code du travail favorise les syndicats, alors que 96% des entreprises privées n’ont pas de partenaires sociaux ? Le droit syndical existe mais n’est pas effectif. Les patrons disent qu’ils ne peuvent pas licencier des travailleurs, quand ils se trouvent en difficulté économique, alors que non seulement ils le font sans demander l’autorisation de l’administration, comme en Egypte, en Tunisie ou au Maroc, mais en plus, ils ne versent que trois mois de salaires comme contrepartie. Même le licenciement individuel existe. Les patrons ne versent que 6 mois de salaire aux travailleurs comme dommages et intérêts.»

Débat

Après sa démonstration de force en février dernier à Tizi Ouzou et l’interdiction de son action devant l’APN à Alger en novembre 2016, l’Intersyndicale investira le terrain, cette fois-ci, dans un contexte différent. Plusieurs de ses syndicalistes sont aujourd’hui candidats aux prochaines législatives.

Quatre têtes de liste dans différentes wilayas, rien que pour l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef). Ces derniers représentent aujourd’hui des partis, tels que l’Union pour la renaissance, la justice et la construction (URJC), le front El Moustakbal ou le Parti de la liberté et de la justice, comme c’est le cas à El Oued. Mais il existe aussi d’autres candidats qui président aujourd’hui des listes du FFS ou du RCD.

L’un des animateurs de l’Intersyndicale, en l’occurrence Messaoud Amraoui, porte-parole de l’Unpef, explique que l’objectif des syndicalistes-candidats serait de «mieux représenter les syndicats et les travailleurs dans la prochaine Assemblée nationale». «Nous revendiquons plus de libertés syndicales et non des restrictions, comme l’annonce cet avant-projet de loi du code du travail. Ce dernier rend l’activité syndicale et les grèves quasi impossibles. Mais le pire, c’est qu’il légalise le travail des enfants, ce qui est intolérable», dénonce Messaoud Amraoui qui est aussi tête de liste, à Biskra, de l’Union pour la renaissance, la justice et la construction.

En l’absence d’un débat avec le gouvernement, notamment depuis l’exclusion de l’Intersyndicale de la tripartite, il ne lui reste aujourd’hui  que le terrain pour se faire entendre. «L’objectif de notre marche à Béjaïa est le maintien de la pression sur le pouvoir afin de le pousser à revenir sur la loi sur la retraite et retirer l’avant-projet du code du travail. Nous dénonçons aussi par la même occasion la cherté de la vie et le pouvoir d’achat imposé par la loi de finances 2017 et nous demandons à l’Etat de trouver les mécanismes adéquats afin de régler cette situation qui pèse sur le citoyen et sur le travailleur», suggère le porte-parole de l’Unpef.

Député

Pour le Parti des travailleurs (PT) qui a toujours fait du combat de la classe ouvrière son cheval de bataille, la Journée internationale des travailleurs n’est encore une fois qu’une nouvelle occasion pour remettre sur la table les débats de fond, notamment sur le code du travail et la loi sur la retraite que ses 24 députés ont dénoncés devant l’APN. Joint par téléphone, Ramdane Youssef Tazibt, député sortant du PT et candidat aux prochaines législatives à Alger, explique : «Le pouvoir d’achat des Algériens a diminué de 60% selon l’Office national des statistiques. Les lois de finances 2016 et 2017 ont fragilisé la situation des Algériennes et Algériens.

La réduction des budgets sectoriaux va générer des licenciements et des difficultés en termes de pouvoir d’achat ; c’est la raison pour laquelle on va se battre aussi pour la préservation du pouvoir d’achat de nos concitoyens. Assez, assez maintenant.» Concernant le nouveau code du travail, Ramdane Youssef Tazibt n’y va pas par trente-six mille chemins pour le qualifier de «moyenâgeux qui consacre l’esclavagisme».

«Ce nouveau code généralise les CCD et considère les contrats indéterminés comme exception. Il instruit des obstacles pour les organisations syndicales et les grèves et facilite les licenciements des travailleurs. Il institutionnalise le travail des enfants dès l’âge de 6 ans et, pire, il décrit même combien de parts auront les parents et combien auront leurs enfants. C’est une remise en cause violente des relations de travail. Nous demandons son retrait, car il n’est même pas négociable», tranche-t-il.

Libertés

Du côté d’Oran, et à l’appel de la CGATA, le rassemblement prévu dans la capitale de l’Oranie verra surtout la participation du (Snapap) qui regroupe déjà plusieurs fédérations, dont celle de la santé, de l’éducation, des communaux (APC), de l’enseignement supérieur, des travaux publics, des forêts et celle des retraités.

Mais il y aura aussi le Syndicat autonome de Sonelgaz (Snateg), le Syndicat des transports, celui des enseignants du supérieur (SES) et le collectif des groupes des entreprises à caractère économique. Nabil Ferguenis, porte-parole de la Fédération de l’éducation au Snapap, reste catégorique sur la question. Il appelle solennellement au retrait de ce code qui, selon lui, signe le début de «la dictature capitaliste» en Algérie. «Ce code de travail est anticonstitutionnel. Il favorise le patronat et ne protège aucunement les travailleurs.

Pour nous au Snapap, ce code n’est pas discutable. Nous le rejetons systématiquement et appelons le gouvernement à le retirer définitivement», insiste Nabil Ferguenis. Et d’ajouter : «Nous dénonçons, entre autres, le système de durée du contrat spécifié, la baisse des libertés individuelles et collectives des travailleurs, la réduction de la tâche de l’Inspection du travail, la restriction de l’activité syndicale, l’ingérence des patrons dans les affaires internes des organisations syndicales, la violation du principe de la négociation dans le domaine de la relation de travail et l’exploitation des enfants dans ce nouveau code.» Désormais, la bataille des syndicats et partis contre cette loi est loin d’être gagné. Etant donné que la tripartite ne se tient qu’entre gouvernement, patronat représenté avec 10 syndicats et l’UGTA, il ne restent aux premiers que le terrain afin d’imposer leur volonté.

Mais pour les syndicalistes-candidats des prochaines législatives, cette élection est considérée  comme une nouvelle voie qui s’ouvre à eux. Ce n’est qu’ainsi qu’ils peuvent constituer un front d’un autre genre, celui de la bataille parlementaire. Kamel Aïssat du PST pense qu’en devenant député, «il travaillera pour l’organisation d’un front social de résistance pour empêcher l’adoption de ce nouveau code», même s’il reste convaincu que les libéraux et le pouvoir seront majoritaires dans le prochain Parlement.

Ramdane Youssef Tazibt du PT assure que les députés de son parti «continueront à se battre au sein de l’APN, comme ils l’ont toujours fait». Quant aux syndicalistes-candidats Messaoud Amraoui explique que «ces derniers seront, pour lui, les porte-voix des syndicalistes et des travailleurs à l’APN». «Il y a des partis qui défendent les travailleurs mais d’autres qui ignorent nos revendications», nuance-t-il.
**Meziane Abane / el watan / vendredi 28 avril 2018

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*Nouredine Bouderba. Expert en droit du travail

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Avec ce nouveau code du travail,

les travailleurs deviendront la marchandise des employeurs

Avocat Licenciement/ Avocat Drot Social /Avocat  Droit du Travail / Avocat Prud'hommes / Paris

Précarité de l’emploi

Il y a déjà moins de protection dans l’actuel code, mais le nouveau sera pire. Il faut savoir que 75% des travailleurs du secteur privé ne sont pas déclarés à la sécurité sociale et 84 % d’entre eux ne travaillent que sous des contrats temporaires (contrats de durée déterminée CDD). Le problème est qu’avec ce nouveau code, les contrats temporaires vont être généralisés. Il est expliqué qu’ils peuvent être renouvelés trois fois sans être limités dans le temps.

Cela veut dire que nous ignorons combien de temps peut durer un CDD avant d’être renouvelé. Autre chose : on précise que la période d’essai pour un CDD est de 6 mois, alors qu’elle ne doit être que d’une durée d’un mois. Mais le comble est qu’on a fait appel au travail temporaire et de sous-traitance, ce qui est considéré comme la plus grande forme de précarité qui puisse exister. Les horaires de travail étaient soumis à la négociation collective.

Avec le nouveau code, c’est le patron qui décide tout seul. Il aura le plein pouvoir d’organiser les horaires de travail et même de les augmenter sans passer par le partenaire social. Quant aux œuvres sociales, avant elles étaient définies à 3% mais ce nouveau code explique qu’elles seront fixées par le gouvernement. Avec ce nouveau code du travail, les travailleurs deviendront la marchandise de leurs employeurs. Nous sommes passés d’un code du travail qui protège le travailleur à autre qui protège le capital.

Licenciement

Dans ce cas, si l’employé ira en justice pour faire valoir ses droits en cas de licenciement abusif, il n’aura aucune protection avec le CDD. Concernant la justice du travail, elle sera en faveur des patrons et non des travailleurs. Même l’Inspection du travail verra ses pouvoirs affaiblis. Le plus grave est que les sanctions contre les patrons seront allégées, pour leur permettre de tout faire sans qu’ils ne soient inquiétés par les textes de loi. Le nouveau code facilite les licenciements.

Pour ne prendre qu’un seul exemple, un patron peut licencier son employé pour «insulte » en laissant le libre choix au patron de définir cette «insulte». On peut aussi licencier quelqu’un pour inaptitude. Ça veut dire qu’au lieu de le former, un patron peut mettre fin au contrat d’un travailleur qui ne peut manier un nouveau matériel. Dans le cas d’un licenciement abusif, l’employeur peut ne pas reprendre son travailleur même en cas de décision de justice. Même le juge ne peut pas imposer une quelconque réintégration.

Droit syndical

Les difficultés pour la création d’un syndicat vont être non seulement maintenues mais seront endurcies. Si les autorités ne délivrent pas de récépissé, il est considéré que le syndicat est inexistant aux yeux de la loi. De plus, on oblige les syndicats à rassembler 26 travailleurs établis dans 15 wilayas différentes. Imaginons alors le cas des travailleurs d’une multinationale qui viennent tous de 4 wilayas seulement. Comment vont-il faire ? Avec le nouveau code, il sera facile de dissoudre un syndicat.

Il suffit juste que la justice livre le premier verdict, considéré comme exécutoire malgré l’appel. Mais ce n’est pas le cas d’un travailleur. Quand ce dernier poursuit en justice son employeur, la sentence infligée à ce dernier ne sera pas exécutoire. L’employeur peut faire recours ou appel à la décision. Autre chose : quand il s’agit du service minimum lors d’une grève, il faut savoir qu’il n’est exigé que dans le cas des secteurs sensibles, comme la santé.

Désormais, il est élargi même aux banques commerciales, ce qui veut dire pour ceux qui font de l’import-export. Le nouveau code du travail donne le droit à l’employeur de s’ingérer dans les affaires du syndicat. De plus, ce dernier ne peut plus intervenir quand il s’agit d’un conflit individuel entre le travailleur et son employeur.

Travail de l’enfant

Ce qui est grave est que le nouveau code du travail précise dans son article 50, que l’enfant de moins de 6 ans, des deux sexes, peut travailler dans les domaines artistiques. Il a même indiqué le nombre d’heures qu’il peut exercer et qui est de 3h/ jour/semaine. La place de l’enfant est à l’école et non au travail.

Le hic dans cette histoire est que le nombre d’heures a été limité à 2 heures avant cette dernière mouture présentée en octobre 2015. Au lieu de supprimer carrément cet article, le génie qui l’a modifié a augmenté l’horaire d’une heure, soit 3 heures. Cette loi légalise publiquement l’exploitation des enfants.
 **Meziane Abane / el watan / vendredi 28 avril 2018

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*Le montant du soutien aux prix est 7,73% fois moins important que le montant des surfacturations des importations”

Rencontré en marge de la conférence sur le droit du travail organisée, récemment, à Boumerdès, Noureddine Bouderba, expert en relations de travail, revient sur le chaud dossier de la retraite. Il a tenu d’emblée à déplorer le black-out imposé par les responsables des caisses sociales, notamment la CNR, sur son évolution financière. “Le problème est que les retraités et les Algériens en général ne sont pas informés sur la santé financière de la CNR ni sur son évolution, ce qui est malheureux c’est qu’aucun bilan, aucun chiffre et aucun budget n’est communiqué aux retraités et aux cotisants, ce qui est contraire au décret 92/07 qui souligne la nécessité d’informer les cotisants sur la santé de leur caisse.” 
Et d’enchaîner sur le projet de la révision de l’ordonnance sur la retraite en affirmant que “la décision de supprimer la retraite avant 
60 ans va pénaliser surtout ceux qui ont commencé à travailler très tôt”, dira-t-il, précisant qu’un travailleur ayant entamé sa carrière à 16 ans sera obligé de travailler durant 44 ans avant de pouvoir partir à la retraite. 
“Et comme il a commencé à travailler tôt, cela veut dire qu’il n’a pas eu la chance de poursuivre ses études, sa carrière sera donc une somme d’emplois d’exécution dans la plupart des cas et pour ceux qui expliquent que l’espérance de vie en Algérie est de 77 ans et nous invitent à faire comme les Européens qui ont augmenté l’âge de départ à la retraite, ils omettent de nous préciser que l’espérance de vie chez eux n’est pas de 77 ans, mais dépasse les 85 ans.” 
Selon lui, les bénéficiaires de la retraite sans condition d’âge, au 31/12/2015, étaient au nombre de 86 300 contre 84 000 en 2014 et 73 000 en 2011. “Non seulement ils ne représentent que 5,49% du total des retraités de droit direct mais cette proportion est en train de diminuer à un rythme accéléré (5,72% en 2014 et 6,33% en 2011) ce qui veut dire que cette proportion va s’éteindre d’elle-même d’ici à quelques années. Cette conclusion est corroborée par l’âge moyen des départs pour cette retraite qui est passé de 55,25 ans en 2010 à 57 ans en 2015 et qui se rapproche progressivement de l’âge légal, soit 60 ans”, dira-t-il. Sur les équilibres financiers de la CNR, il dira que le “déséquilibre” déclaré ou supposé n’est pas d’ordre structurel mais résulte du laisser-aller de l’État dans la collecte des cotisations et des exonérations multiples accordées aux entrepreneurs. 
Le manque à gagner pour les caisses de Sécurité sociale se chiffre en milliards de dinars. 
“Si l’État a une réelle volonté de lutter contre l’évasion fiscale et le travail informel en vue de mobiliser les ressources, la CNR ne serait pas dans une telle situation”, précise-t-il tout en s’interrogeant sur l’attitude “des forces de l’argent et leurs experts attitrés” qui, selon lui, sont, en partie, responsables des évasions fiscales et sociales et continuent d’innover dans les solutions qui leur éviteraient de mettre la main à la poche pour payer ce qui leur est légalement dû ou d’augmenter les cotisations sociales, souligne-t-il.

L’État n’a pas la volonté de lutter contre l’évasion fiscale 
L’expert affirme qu’il existe en Algérie 7,6 millions de salariés, selon l’ONS et 5,1 millions de cotisants, selon les chiffres de la Cnas pour 1,7 million de retraités de droit direct sans compter les pensions de réversion. “Cela donne un ratio de 3/1, qui devrait égaler 4,4/1, si les 7,6 millions de salariés cotisaient réellement”, précise-t-il. En se référant à l’ONS, il indique qu’en 2015, la masse salariale nationale avoisinait les 4 670 milliards de dinars et les recettes potentielles des caisses de la Sécurité sociale sont de l’ordre de 1 650 milliards de dinars, dont 850 milliards de dinars revenant à la CNR. 
“Ces chiffres nous donnent un aperçu sur l’ampleur de l’évasion, qui a atteint au bas mot 400 milliards de dinars pour la seule année 2015”, renchérit-il. Et il ajoute que les recettes potentielles de 850 milliards de dinars de la CNR auraient pu largement couvrir les 625 mds de dinars, montant des pensions versées en 2015 et dont 15 à 20% sont supportés par la solidarité nationale (complément des pensions de moudjahidine, complément de petites pensions, revalorisation à la charge de l’État, etc.). Pour améliorer la situation financière des caisses, Bouderba rappelle une ancienne proposition du Cnes, du temps de feu Pr Mentouri, sur la formalisation du budget de la nation qui sera une consolidation du budget de la Sécurité sociale d’un côté et du budget social de l’État de l’autre. L’expert préconise, dans ce sillage, d’imputer à l’État toutes les dépenses de solidarité nationale et des prestations qui ne découlent pas du système contributif et de mettre fin au financement par la Cnac de l’emploi. 
Il suggère également de mettre fin au paiement par l’État des allocations familiales à la place des employeurs et d’affecter les 40 mds de dinars à la CNR et de remplacer les dépenses de santé de la Sécurité sociale consacrées au forfait hôpitaux. Sur les transferts sociaux et les subventions ciblées, il n’est pas d’avis qu’ils puissent lutter contre la pauvreté et les inégalités. “En valeur absolue, le montant du soutien aux prix est  7,73% fois moins important que le montant des surfacturations des importations calculé sur la base des déclarations du ministre du Commerce, qui a parlé de 68 milliards de dollars d’importations, et 4 fois moins le montant des dépenses fiscales de l’année 2013, représentées par les différentes exonérations et autres avantages fiscaux accordés aux privés”, précise-t-il en citant les aides aux retraites, le logement, les bourses des étudiants… 
“Ces subventions sont toutes ciblées car elles sont soumises à des conditions de ressources, elles sont donc, généralement, attribuées sur la base du salaire. On donne à un étudiant une bourse en fonction du salaire de ses parents, le logement est, lui aussi, modulé en fonction du salaire, c’est valable pour de nombreuses catégories sociales, tout est calculé sur la base des ressources”, dit-il.*Liberté / Jeudi 10 Novembre 2016

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*L’UGTA “ n’a pas su organiser une nouvelle espérance pour l’Algérie d’en bas « 

*les directions successives de l’UGTA  n’ont pas su ou voulu se détacher de la tutelle du régime jacobin”. 

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Adel Abderrazak est enseignant en économie à l’université de Khenchela. L’ancien porte-parole du syndicat des enseignants du supérieur (Cnes) déplore que, malgré des tentatives, les directions successives de l’UGTA “n’ont pas su ou voulu se détacher de la tutelle du régime jacobin”. Mais il estime, cependant, que les syndicats autonomes, bien que corporatistes, apportent beaucoup au “mouvement syndical de renouveau”, dont le noyau combatif de l’UGTA peut être la locomotive.

**Liberté : Ce 24 février, l’UGTA fêtera son 60e anniversaire. Que vous inspirent cette date et l’organisation syndicale aujourd’hui ?
–Adel Abderrazak : C’est une date qui nous renvoie au combat du mouvement syndical et ouvrier algérien, pour l’indépendance de l’Algérie, et qui a vu des syndicalistes donner leur vie pour que nous puissions vivre libres et indépendants. Le mouvement syndical algérien s’est impliqué aussi pour que la classe ouvrière algérienne, surexploitée par le capitalisme colonial dans les fermes agricoles ou les manufactures urbaines, avant 1962, puisse espérer une émancipation sociale et économique. C’est ce qui explique le processus autogestionnaire et son encadrement par l’UGTA, encore imprégnée des luttes du mouvement ouvrier international. Une belle espérance tuée dans l’œuf par la bureaucratie bourgeoise montante, qui aspirait déjà à privatiser l’État et les richesses postcoloniales. L’UGTA a essayé de donner un ton anticapitaliste à cette dynamique de l’indépendance, mais son congrès de 1964 l’a engagée dans une logique de normalisation, configurée par cette bureaucratie militaro-politique au pouvoir.
Il est vrai qu’après le coup d’État de 1965, qui a permis à Boumediène et au clan d’Oujda de triompher des rapports de forces sur les autres clans aspirant au pouvoir, une sorte de nationalisme économique prononcé s’est mis en évidence, s’appuyant sur les nationalisations économiques et la constitution d’un grand secteur public, pour libérer l’économie algérienne de son lien structurel avec l’économie française et européenne : le 24 février, la nationalisation des hydrocarbures est intervenue comme une grande mesure de réappropriation des richesses du sous-sol algérien. La suite est connue. Une dictature, aussi nationaliste et progressiste soit-elle, est d’abord une dictature, et son mode de gestion des richesses rentières et des forces sociales a fait de l’Algérie un pays extrêmement riche pour ses dirigeants et extrêmement injuste envers sa population. Les travailleurs de Rouiba ou ceux des sites pétroliers et gaziers peuvent en témoigner. Les directions successives de l’UGTA, malgré quelques tentatives, n’ont pas su ou voulu se détacher de la tutelle du régime jacobin. L’UGTA n’a pas su organiser une nouvelle espérance pour l’Algérie d’en bas !

**Cette année, l’UGTA voudrait faire du 24 février un moment fort du mouvement syndical national. Pensez-vous que l’organisation de Sidi-Saïd puisse redevenir le fer de lance des revendications du monde du travail ?
–Non ! L’UGTA, du moins sa direction et ses appareils, ne sont plus capables de peser sur les rapports de forces en Algérie. Mobiliser les travailleurs et remotiver les syndicalistes est suicidaire pour Sidi-Saïd et son clan.
La bureaucratie centrale ou locale est faite de rentiers, députés, sénateurs, impliqués d’une façon ou d’une autre dans ce processus d’enrichissement et de prédation qui les éloigne des travailleurs et salariés. L’UGTA peut faire du spectacle et des mises en scène, mais elle n’a plus cette légitimité construite par les sacrifices d’Aïssat Idir et ses compagnons, et le militantisme de générations de syndicalistes de base.  La seule UGTA qui nous fait espérer est celle de l’union locale de Rouiba, celle des syndicalistes qui résistent, celle de quelques rares cadres syndicalistes de l’UGTA qui font de la résistance ! Mais il y a aussi des syndicats autonomes qui émergent. Bien que corporatistes, ils apportent leurs expériences et leur militance à un mouvement syndical de renouveau, dont le noyau combatif de l’UGTA peut être la locomotive.

Ce mercredi, deux plaques commémoratives seront inaugurées en hommage à Aïssat Idir et à Abdelhak Benhamouda. Un commentaire là-dessus ?
Deux personnages différents, mais qui résument cette histoire syndicale trouble de l’UGTA. Aïssat Idir, le syndicaliste chahid qui a œuvré pour que le syndicalisme algérien, né dans les flancs des syndicats français, puisse s’en détacher et construire sa propre identité nationale. Feu Benhamouda, assassiné par les hordes intégristes, portait un discours syndical plutôt débureaucratisé et mobilisateur, mais sans effet sur une dynamique d’autonomisation que les travailleurs et les syndicalistes de base pouvaient espérer. Malheureusement, les enjeux de pouvoir ont prévalu sur l’affirmation d’un syndicalisme combatif, autonome et libérateur des rapports sociaux dominés par une nomenklatura compradore et autoritariste. Ces deux personnages sont des repères réels du mouvement syndical ; il faut en fabriquer d’autres, à partir des luttes sociales et ouvrières d’aujourd’hui et de demain.*liberte-algerie.com/ mercredi 24 février 2016

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*Jamais le 1er Mai en Algérie ne peut s’enorgueillir d’avoir comptabilisé autant de sorties sur le terrain que celui de cette année…(2010-2011.)

Sans remettre en cause les acquis arrachés pour la masse ouvrière, l’UGTA a servi de pompier, fidèle à son poste, jusqu’au moment où la multiplication des foyers d’incendie a fini par dépasser les limites extrêmes de la centrale qui s’est alors mue dans un silence complice pour les uns, de dépassement par les évènements pour d’autres.

Jamais le 1er Mai en Algérie ne peut s’enorgueillir d’avoir comptabilisé autant de sorties sur le terrain que celui de cette année. Jamais les rues de la capitale et surtout celles qui mènent aux centres de décision et les places symboles n’ont été autant prises d’assaut que cette fois-ci.
L’avenue de l’ALN a été délaissée aux embouteillages pour être remplacée par les rues Hassiba-Ben-Bouali et Zighoud-Youcef partant de la place du 1er-Mai à celle des Martyrs avec des incursions vers le palais d’El-Mouradia et celui du gouvernement où résident dans leur chapelle, respectivement, le Président et son Premier ministre. Mais bizarrement, peu de marches ont été conduites vers la Maison du peuple, siège de l’UGTA, Centrale syndicale.
Il est vrai que les manifestants, toutes professions confondues, se revendiquent une autonomie d’action mais est-ce pour autant que la centrale doit rester sourde à ces appels au secours légitime ?
Est-ce parce que cette dernière a été toujours la première, depuis l’arrivée de Bouteflika, à applaudir toute décision venant des deux palais ?
Sans remettre en cause les acquis arrachés pour la masse ouvrière, l’UGTA a servi de pompier, fidèle à son poste, jusqu’au moment où la multiplication des foyers d’incendie a fini par dépasser les limites extrêmes de la centrale qui s’est alors mue dans un silence complice pour les uns, de dépassement par les évènements pour d’autres.
Organisation syndicale qui ne s’est jamais écartée de la ligne officielle qui lui a été tracée depuis le parti-état unique, il y a lieu de reconnaître le travail de son secrétaire général actuel, de son fondateur Aïssat Idir et surtout de son martyr Abdelhak Benhamouda qui avait l’envergure d’un président à la Chavez s’il n’avait pas été assassiné. à titre indicatif, le bilan de l’UGTA qui reste, à ce jour, l’interlocuteur de l’état, est plus que satisfaisant sauf, à savoir s’il a été arraché de haute lutte avec un gouvernement autiste ou offert par ce dernier pour gagner la paix sociale, en fonction d’une échelle de Richter que ce même gouvernement avait calculée.
Ses victoires restent la tripartite et le salaire minimum revu à la hausse, les conventions de branches abouties pour la plupart.
Mais les autres syndicats autonomes se sont posés et imposés sur le terrain quand la table de négociation leur a été refusée et ils ont eu tous gain de cause par des marches réprimées, des sit-in, des grèves.
Ils savaient qu’ils constituaient le corps et l’âme du pays en tant que travailleurs de la santé, de l’éducation, de la sauvegarde de la République (Patriotes et garde communaux, pour ne citer que ceux-là).
Il reste une autre force qui n’a pas encore l’ambition de se constituer en syndicat mais qui n’a pas dit son dernier mot, celle des étudiants des universités et des grandes écoles qui ne veut qu’une chose : que l’on s’intéresse à elle en attendant qu’on lui passe le relais avant qu’elle ne le prenne de force. (Liberté-30.04.2011.) 

****L’UGTA et le train de l’histoire…

La fête du 1er Mai, demain, aura un drôle de goût au siège de l’Ugta. Complètement à l’écart de la contestation sociale, la première centrale syndicale du pays ne semble pas avoir trouvé le moyen de sortir de l’immobilisme qui la frappe. A tel point que dans un entretien accordé, hier à l’APS, son secrétaire général, M.Abdelmadjid Sidi Saïd, ne trouve rien d’autre, pour défendre son organisation, que de se dresser en «victime». Pour lui «l’Ugta oeuvre dans la discrétion» et c’est pourquoi «elle est victime de son silence». L’argument manque de poids et confirme en même temps que le puissant syndicat des années 1970 cherche toujours sa voie dans l’Algérie pluraliste. Pourquoi oeuvrer dans la discrétion? Pourquoi s’obliger au silence? Et surtout, pourquoi cet aveu de faiblesse que de se placer en «victime»? Sauf à donner aux propos de Sidi Saïd un ton accusateur, la seule raison qui reste est celle d’avoir «raté le train de l’Histoire». Depuis sa création le 24 février 1956, l’Ugta a vécu trois phases dans son histoire. La première étant bien entendu, celle de la période coloniale en pleine guerre de Libération nationale. Une phase historiquement importante. Elle peut, en effet, revendiquer haut et fort la réussite de la grève des huit jours décidée par le FLN en janvier 1957. Il n’en demeure pas moins que les Algériens ne représentaient qu’une infime partie de la population active durant cette période. Ce n’est pas les 500 cheminots algériens, les 500 instituteurs algériens et les 400 postiers algériens ni même le total de 100.000 adhérents officiellement revendiqués pour l’époque qui pouvait faire la différence dans un pays où tous les postes de maîtrise étaient entre les mains des colons. Par contre et une fois l’indépendance acquise, l’Ugta a connu une période faste. Celle de «l’industrie industrialisante» et avec elle l’émergence du monde ouvrier algérien. C’était l’ère du «socialisme spécifique» qui s’était doté d’un «syndicalisme spécifique». Un syndicalisme qui se défendait d’être «revendicatif» et qui avait pour particularisme d’être une «organisation de masse» du FLN au même titre que les «fellahs» qui vivaient «la révolution agraire» dans leur propre «organisation de masse». Tout comme les fonctionnaires étaient carrément «exempts» de représentation syndicale. La troisième et dernière phase a commencé, comme une maladie silencieuse, dans les années 1980 avec la restructuration des entreprises publiques pour se déclarer brutalement dès l’ouverture économique au début des années 1990 marquées notamment par l’abolition du fameux SGT (statut général des travailleurs). Là, les événements se sont précipités. Est-ce les événements qui ont été trop rapides ou est-ce l’Ugta qui a été trop lente? Une chose est sûre, l’Ugta ne s’en est pas encore remise. La libéralisation de l’économie a mis à nu l’obsolescence des moyens de production du secteur public ainsi que l’incurie (distribuer des bénéfices avec un bilan déficitaire) qui régnait dans son mode de gestion. Il faut y ajouter également l’éclosion du secteur privé et la privatisation des entreprises publiques. Depuis, une «dévitalisation galopante» n’a plus lâché l’Ugta. Celle-ci n’a réagi à aucune de ces mutations et ne s’est redéployée dans aucun des autres secteurs «syndicalisables». C’est ainsi que des syndicats autonomes sont venus investir tous les espaces restés vides. Dans la Fonction publique notamment avec un potentiel de plus d’un million et demi d’adhérents. C’est là précisément que la contestation sociale est la plus présente. Si elle ne se ressaisit pas à temps, c’est le «silence»…éternel qui attend l’Ugta. La fête aura demain, en effet, un drôle de goût au 1er mai!

Zouhir MEBARKI – (L’Expression.30.04.2011.)

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*Le 1er Mai est passé. Presque incognito. Les gens ne se sont presque pas aperçus de son passage. Heureusement qu’il y a quelques fonctionnaires bien payés qui se sont dépêchés de nous rappeler que le 1er Mai est une date qu’il ne faut pas oublier. Après avoir été la «fête des travailleurs» et une occasion pour les syndicats de mobiliser leurs troupes et de renforcer leurs rangs, le 1er Mai, après la chute du mur de Berlin, est devenu la «fête du travail» que le patronat mondial fête avec dans la tête le sentiment d’une victoire remportée. Il n’y a pas que le patronat pour s’empresser de marquer cette date d’une pierre blanche: tous ceux qui vivent du travail des autres lui emboîtent le pas. Alors, le 1er Mai devient le moment idéal pour opérer des inaugurations de quelques ouvrages qui n’attendaient que cette date fatidique.
C’est aussi l’occasion pour d’autres personnages oubliés de rappeler qu’ils existent et de brandir d’une façon théâtrale des avantages arrachés par d’autres. L’avalanche des augmentations de salaires, de Smig, et de pensions annoncées depuis le début de l’année, ne sauraient faire oublier la triste condition du salarié dont le revenu mensuel, s’il est unique dans un foyer de cinq personnes, ne peut ouvrir des horizons flamboyants ou préparer à des lendemains qui chantent.
Les opérations de replâtrage faites ici et là pour calmer la grogne de fonctionnaires menés par des syndicats autonomes et combatifs ne sauraient faire oublier la réalité amère que vivent les chefs de famille confrontés aux nécessités du marché.
Et ce qui fait le plus mal au coeur des gens qui ont passé une partie de leur vie à étudier sérieusement et à suivre des formations menées d’une façon chaotique, toujours dans des conditions qui laissent à désirer, c’est que les décisions prises ne le sont qu’en fonction des rapports de force.
S’il est vrai que depuis des années des corps de métiers ont été ignorés et méprisés et que les augmentations dont ils ont bénéficié ne sont que légitimes, il est par contre navrant de constater que d’autres secteurs, qui ne sont pas abouchés directement à la mamelle pétrolière et dont une grève ne peut en aucun cas porter préjudice à la mince frange qui a une main ici et un pied là-bas, sont marginalisés et persécutés.
Pourtant, Dieu seul sait combien ces métiers qui sont non seulement respectés sous d’autres cieux, étaient ici l’objectif principal, le but idéal d’universitaires studieux.
Le refus de dialogue, le manque de perspectives, l’état de désordre général engendré par des mesures inopportunes dans la hiérarchie des salaires et des valeurs, poussent de plus en plus de jeunes «cadres» à émigrer pour exercer un métier subalterne à leur compétence et à leur formation. C’est mieux que de vivre avec un Bac+12, et un salaire qui ferait sourire un vendeur informel de cigarettes de contrebande. (L’Expression-09.05.2010.)

***Que veux-tu faire avec un Smig de 15.000 dinars ? 

Un air vif et perçant les accueillit à leur sortie du café. Près de la porte, de chaque côté, un vendeur de cigarettes et un vendeur d’accessoires de portables devisaient sur l’inanité de l’argent en exhibant avec désinvolture des liasses de billets défraîchis. Au centre de la place, la foule compacte continuait son lent mouvement autour d’un centre d’intérêt invisible. Noureddine fit la moue et confia à voix basse à son ami:
«Regarde! La première fois que j’ai vu ça, j’ai vraiment cru à une manifestation ou à une distribution éventuelle de quelque chose, genre postes de travail comme on le faisait jadis au port d’Alger. Ici simplement, il y a moins d’enthousiasme! Tous ceux que tu vois là, vivent du commerce des portables. Il y en a pour tous les goûts: du plus élémentaire au plus sophistiqué, du halal et du haram! Le portable n’est pas seulement un accessoire indispensable, mais il y a toute une économie, le plus souvent souterraine, qui se greffe dessus. Et ces jeunes préfèrent s’adonner à cette activité très lucrative mais aléatoire plutôt que d’aller chercher un boulot dans un des nombreux chantiers ouverts en ville. Ce sont les Chinois qui font leur boulot, hélas! Nos jeunes ont vite appris les dures lois du capitalisme: ils veulent du concret et tout de suite. Ce n’est pas comme nous: on s’est laissés embobiner par des discours ronflants. Eux, il n’y a plus que le football pour les mobiliser. Nous, notre « nif » n’était pas attaché à la balle ronde.
C’était plus sérieux que ça! Quant à chercher un emploi, dans les chantiers du bâtiment, ils n’y pensent même pas.
Le salaire mensuel ne représente à peine qu’une semaine de petits trafics, sinon, ils ne seraient pas là à tournoyer comme des abeilles toute la journée. Les responsables ne veulent pas comprendre que les salaires proposés ne représentent pas grand-chose pour quelqu’un qui débute dans la vie.
Que veux-tu faire avec un Smig de 15.000 dinars quand tout reste à faire: fonder un foyer, louer une bicoque… Avec un salaire pareil et le coût actuel de la vie, il n’y a aucune perspective. Ce n’est pas étonnant que beaucoup de jeunes restent à la charge de leurs parents jusqu’à quarante ans.
Quant à ceux qui arrivent à se marier, je ne te raconte pas leur galère. Les tribunaux sont débordés d’affaires liées à la trop grande promiscuité ou à la mésentente familiale…Alors, pas étonnant que ceux qui se sentent pousser des ailes, aillent voir ailleurs. La dernière fois que je suis venu ici, le ministère du Travail a organisé dans ce bâtiment tout en longueur, juste à la barbe de ces chômeurs, une « semaine pour l’emploi » avec les banques, les différents servi-ces comme l’Ansej, le secteur de l’artisanat traditionnel. Il y avait des tapis, du miel, du miel de l’Ouarsenis comme me l’ont spécifié les hôtesses qui étaient occupées à papoter dans un coin. Car ici, on est un peu loin de l’Ouarsenis…
Il y avait même un gars de l’Inspection du travail et la Télévision qui était venue filmer un événement aussi important. Tout cela pour dire qu’on n’avait pas lésiné sur les moyens pour inciter ces jeunes à créer leur petite entreprise, leur start-up, comme on dit dans le jargon moderne. L’Etat n’offre plus des emplois, clés en main, comme on disait dans le temps.
Mais, beaucoup de jeunes savent bien que sans un coup de pouce occulte, ils ne peuvent pas sortir la tête de l’eau: du piston pour un emploi et beaucoup de piston pour les choses que vous promettent les dépliants généreusement distribués par les organisateurs en de pareilles occasions. Tout est affaire de salaire je crois, et il est difficile de connaître les résultats concrets de cette fameuse semaine.»(L’Expression-03.05.2010.)

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*L’histoire du Travail et du 1er Mai

Journée de célébration des droits et des combats des travailleurs, le 1er mai est aujourd’hui encore célébré en Belgique par les partis et surtout les syndicats. Pour la fête du travail, Références se penche sur les origines de la fête du travail et les luttes qui ont suivi.

1886 : 1er Mai : les origines de la fête du Travail

Les syndicats américains organisent une grève pour que la journée de travail soit limitée à 8 heures. Les affrontements entre les manifestants et les policiers font plusieurs morts. En 1889, la 2e Internationale socialiste réunie à Paris décide de faire du 1er mai une journée de revendications ouvrières. Aujourd’hui aux États-Unis, bien que le 1er Mai soit né dans ce pays, le Labor Day est fêté le premier lundi de septembre.

1889 : Fin du travail des enfants

La loi du 31 décembre interdit le travail des enfants de moins de 12 ans, limite la durée du travail des jeunes de 12 à 16 ans (21 ans pour les filles) à 12 heures par jour et interdit, sauf dérogation, le travail de nuit pour les jeunes de moins de 16 ans et pour les filles de moins de 21 ans. Cette loi est la première intervention du législateur en vue de limiter le temps de travail des salariés.

1890 : Accès des femmes aux diplômes

La loi du 10 avril donne le droit aux femmes d’accéder à tous les diplômes universitaires, ainsi qu’à ceux de médecin et de pharmacien.

1900 : Premiers contrats pour les femmes

L’État belge reconnaît aux femmes le droit d’obtenir un contrat de travail et d’encaisser son propre salaire (avec un maximum de 3000 francs par an).

1903 : loi sur les accidents du travail

La loi sur les accidents du travail prévoit désormais qu’il n’est plus nécessaire au travailleur de prouver la faute de l’employeur pour pouvoir être indemnisé.

1907: chômage

L’État belge intervient pour soutenir les différentes caisses de chômage en octroyant alors 10 000 francs au ministère du Travail.

1915: allocations

Un système de secours-chômage est instauré en Belgique. Désormais, toute personne sans travail en Belgique reçoit des allocations lui permettant de survivre, calculées sur base des ressources de son ménage.

1919 : Création de l’OIT

Créée au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Organisation internationale du travail (OIT) s’est fixé comme objectif fondamental la réalisation de la justice sociale dans le monde. Elle est chargée d’élaborer et de superviser les normes internationales du travail.

1920 : Premier chômage indemnisé

Le Gouvernement crée le Fonds national de crise qui accorde une aide aux chômeurs lorsqu’ils sont arrivés en fin de droits aux allocations dans leur caisse syndicale.

1936 : Congés payés et semaine de 40 heures

Grève des 500 000, grâce à laquelle les travailleurs belges obtiennent un revenu minium garanti, une augmentation des allocations familiales, la semaine des 40 heures, mais aussi les premiers congés payés.

1944 : Création de l’ONSS

L’Arrêté de loi du 28 décembre 1944 constitue le cadre général de la sécurité sociale des travailleurs salariés, en rendant obligatoire les assurances maladie, invalidité, chômage, vieillesse, décès prématuré, allocations familiales et les vacances annuelles. C’est la création de l´ONSS, l’Office national de sécurité sociale qui perçoit les cotisations que lui doivent les employeurs ainsi que les cotisations personnelles des travailleurs.

1951 : Le premier ordinateur d’entreprise

LEO : le premier ordinateur d’entreprise a été achevé le 17 novembre 1951 après des années de production. Il occupait à lui tout seul un petit hangar de 464 m2, 6000 valves et 64 tubes de mercure pour 2 kB de mémoire. Son premier job, à la division boulangerie, était de calculer les marges de production du pain, des gâteaux et des tartes.

1961 : Création de l’ONEM

Création de l’Office national de l’emploi (ONEM), anciennement Office national du placement et du chômage (ONPC).

1969 : Nouvelles protections pour les femmes

La loi sur les contrats de travail interdit aux employeurs de renvoyer les femmes pour cause de grossesse ou de mariage.

1971: égalité

Le principe de l’égalité est appliqué aux allocations de chômage.

1992-1993: récession

L’économie belge subit la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un PIB baissant de 1,7 % en 1993.

1997 : Les services à l’emploi se privatisent

Réforme de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui marque la fin du monopole des services publics de l’Emploi. Les missions régionales pour l’emploi, l’intérim et d’autres associations d’insertion entrent dans le secteur de l’emploi et de la formation professionnelle.

2005 : Pacte de solidarité

Le 23 décembre, la loi relative au pacte de solidarité entre les générations évoque le choc du vieillissement de la population et de la globalisation de l’économie.

2005 : New World of Work

Un mémo signé de Bill Gates, fondateur de Microsoft, intitulé The New World of Work, décrivait comment les nouvelles technologies allaient bouleverser l’environnement de travail. Travailler à distance, sans horaires fixes, n’est plus une mode. Mais une tendance de fond.

2017 : Les horaires de travail fixe disparaissent

Selon un sondage réalisé sur LinkedIn, les heures de travail standardisées auront disparu en 2017. Le fax aura été totalement éradiqué de nos espaces de travail.

2021 : Les pays émergents créent plus d’emplois

Les pays émergents seront à la fois les plus importants pourvoyeurs d’emplois qualifiés et les plus importants producteurs de diplômés dans le monde. Ce basculement du marché mondial des compétences aura pour effets un accroissement des migrations de personnel qualifié et, en particulier, des jeunes diplômés, entre pays industrialisés et pays émergents.

*source:references.be–01-05-2014

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11 réponses à “1er Mai devenu une fête pour les patrons”

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