1er Mai devenu une fête pour les patrons

 *L’UGTA “ n’a pas su organiser une nouvelle espérance pour l’Algérie d’en bas « 

*les directions successives de l’UGTA  n’ont pas su ou voulu se détacher de la tutelle du régime jacobin”. 

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Adel Abderrazak est enseignant en économie à l’université de Khenchela. L’ancien porte-parole du syndicat des enseignants du supérieur (Cnes) déplore que, malgré des tentatives, les directions successives de l’UGTA “n’ont pas su ou voulu se détacher de la tutelle du régime jacobin”. Mais il estime, cependant, que les syndicats autonomes, bien que corporatistes, apportent beaucoup au “mouvement syndical de renouveau”, dont le noyau combatif de l’UGTA peut être la locomotive.

**Liberté : Ce 24 février, l’UGTA fêtera son 60e anniversaire. Que vous inspirent cette date et l’organisation syndicale aujourd’hui ?
–Adel Abderrazak : C’est une date qui nous renvoie au combat du mouvement syndical et ouvrier algérien, pour l’indépendance de l’Algérie, et qui a vu des syndicalistes donner leur vie pour que nous puissions vivre libres et indépendants. Le mouvement syndical algérien s’est impliqué aussi pour que la classe ouvrière algérienne, surexploitée par le capitalisme colonial dans les fermes agricoles ou les manufactures urbaines, avant 1962, puisse espérer une émancipation sociale et économique. C’est ce qui explique le processus autogestionnaire et son encadrement par l’UGTA, encore imprégnée des luttes du mouvement ouvrier international. Une belle espérance tuée dans l’œuf par la bureaucratie bourgeoise montante, qui aspirait déjà à privatiser l’État et les richesses postcoloniales. L’UGTA a essayé de donner un ton anticapitaliste à cette dynamique de l’indépendance, mais son congrès de 1964 l’a engagée dans une logique de normalisation, configurée par cette bureaucratie militaro-politique au pouvoir.
Il est vrai qu’après le coup d’État de 1965, qui a permis à Boumediène et au clan d’Oujda de triompher des rapports de forces sur les autres clans aspirant au pouvoir, une sorte de nationalisme économique prononcé s’est mis en évidence, s’appuyant sur les nationalisations économiques et la constitution d’un grand secteur public, pour libérer l’économie algérienne de son lien structurel avec l’économie française et européenne : le 24 février, la nationalisation des hydrocarbures est intervenue comme une grande mesure de réappropriation des richesses du sous-sol algérien. La suite est connue. Une dictature, aussi nationaliste et progressiste soit-elle, est d’abord une dictature, et son mode de gestion des richesses rentières et des forces sociales a fait de l’Algérie un pays extrêmement riche pour ses dirigeants et extrêmement injuste envers sa population. Les travailleurs de Rouiba ou ceux des sites pétroliers et gaziers peuvent en témoigner. Les directions successives de l’UGTA, malgré quelques tentatives, n’ont pas su ou voulu se détacher de la tutelle du régime jacobin. L’UGTA n’a pas su organiser une nouvelle espérance pour l’Algérie d’en bas !

**Cette année, l’UGTA voudrait faire du 24 février un moment fort du mouvement syndical national. Pensez-vous que l’organisation de Sidi-Saïd puisse redevenir le fer de lance des revendications du monde du travail ?
–Non ! L’UGTA, du moins sa direction et ses appareils, ne sont plus capables de peser sur les rapports de forces en Algérie. Mobiliser les travailleurs et remotiver les syndicalistes est suicidaire pour Sidi-Saïd et son clan.
La bureaucratie centrale ou locale est faite de rentiers, députés, sénateurs, impliqués d’une façon ou d’une autre dans ce processus d’enrichissement et de prédation qui les éloigne des travailleurs et salariés. L’UGTA peut faire du spectacle et des mises en scène, mais elle n’a plus cette légitimité construite par les sacrifices d’Aïssat Idir et ses compagnons, et le militantisme de générations de syndicalistes de base.  La seule UGTA qui nous fait espérer est celle de l’union locale de Rouiba, celle des syndicalistes qui résistent, celle de quelques rares cadres syndicalistes de l’UGTA qui font de la résistance ! Mais il y a aussi des syndicats autonomes qui émergent. Bien que corporatistes, ils apportent leurs expériences et leur militance à un mouvement syndical de renouveau, dont le noyau combatif de l’UGTA peut être la locomotive.

Ce mercredi, deux plaques commémoratives seront inaugurées en hommage à Aïssat Idir et à Abdelhak Benhamouda. Un commentaire là-dessus ?
Deux personnages différents, mais qui résument cette histoire syndicale trouble de l’UGTA. Aïssat Idir, le syndicaliste chahid qui a œuvré pour que le syndicalisme algérien, né dans les flancs des syndicats français, puisse s’en détacher et construire sa propre identité nationale. Feu Benhamouda, assassiné par les hordes intégristes, portait un discours syndical plutôt débureaucratisé et mobilisateur, mais sans effet sur une dynamique d’autonomisation que les travailleurs et les syndicalistes de base pouvaient espérer. Malheureusement, les enjeux de pouvoir ont prévalu sur l’affirmation d’un syndicalisme combatif, autonome et libérateur des rapports sociaux dominés par une nomenklatura compradore et autoritariste. Ces deux personnages sont des repères réels du mouvement syndical ; il faut en fabriquer d’autres, à partir des luttes sociales et ouvrières d’aujourd’hui et de demain.*liberte-algerie.com/ mercredi 24 février 2016

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*Jamais le 1er Mai en Algérie ne peut s’enorgueillir d’avoir comptabilisé autant de sorties sur le terrain que celui de cette année…(2010-2011.)

Sans remettre en cause les acquis arrachés pour la masse ouvrière, l’UGTA a servi de pompier, fidèle à son poste, jusqu’au moment où la multiplication des foyers d’incendie a fini par dépasser les limites extrêmes de la centrale qui s’est alors mue dans un silence complice pour les uns, de dépassement par les évènements pour d’autres.

Jamais le 1er Mai en Algérie ne peut s’enorgueillir d’avoir comptabilisé autant de sorties sur le terrain que celui de cette année. Jamais les rues de la capitale et surtout celles qui mènent aux centres de décision et les places symboles n’ont été autant prises d’assaut que cette fois-ci.
L’avenue de l’ALN a été délaissée aux embouteillages pour être remplacée par les rues Hassiba-Ben-Bouali et Zighoud-Youcef partant de la place du 1er-Mai à celle des Martyrs avec des incursions vers le palais d’El-Mouradia et celui du gouvernement où résident dans leur chapelle, respectivement, le Président et son Premier ministre. Mais bizarrement, peu de marches ont été conduites vers la Maison du peuple, siège de l’UGTA, Centrale syndicale.
Il est vrai que les manifestants, toutes professions confondues, se revendiquent une autonomie d’action mais est-ce pour autant que la centrale doit rester sourde à ces appels au secours légitime ?
Est-ce parce que cette dernière a été toujours la première, depuis l’arrivée de Bouteflika, à applaudir toute décision venant des deux palais ?
Sans remettre en cause les acquis arrachés pour la masse ouvrière, l’UGTA a servi de pompier, fidèle à son poste, jusqu’au moment où la multiplication des foyers d’incendie a fini par dépasser les limites extrêmes de la centrale qui s’est alors mue dans un silence complice pour les uns, de dépassement par les évènements pour d’autres.
Organisation syndicale qui ne s’est jamais écartée de la ligne officielle qui lui a été tracée depuis le parti-état unique, il y a lieu de reconnaître le travail de son secrétaire général actuel, de son fondateur Aïssat Idir et surtout de son martyr Abdelhak Benhamouda qui avait l’envergure d’un président à la Chavez s’il n’avait pas été assassiné. à titre indicatif, le bilan de l’UGTA qui reste, à ce jour, l’interlocuteur de l’état, est plus que satisfaisant sauf, à savoir s’il a été arraché de haute lutte avec un gouvernement autiste ou offert par ce dernier pour gagner la paix sociale, en fonction d’une échelle de Richter que ce même gouvernement avait calculée.
Ses victoires restent la tripartite et le salaire minimum revu à la hausse, les conventions de branches abouties pour la plupart.
Mais les autres syndicats autonomes se sont posés et imposés sur le terrain quand la table de négociation leur a été refusée et ils ont eu tous gain de cause par des marches réprimées, des sit-in, des grèves.
Ils savaient qu’ils constituaient le corps et l’âme du pays en tant que travailleurs de la santé, de l’éducation, de la sauvegarde de la République (Patriotes et garde communaux, pour ne citer que ceux-là).
Il reste une autre force qui n’a pas encore l’ambition de se constituer en syndicat mais qui n’a pas dit son dernier mot, celle des étudiants des universités et des grandes écoles qui ne veut qu’une chose : que l’on s’intéresse à elle en attendant qu’on lui passe le relais avant qu’elle ne le prenne de force. (Liberté-30.04.2011.) 

****L’UGTA et le train de l’histoire…

La fête du 1er Mai, demain, aura un drôle de goût au siège de l’Ugta. Complètement à l’écart de la contestation sociale, la première centrale syndicale du pays ne semble pas avoir trouvé le moyen de sortir de l’immobilisme qui la frappe. A tel point que dans un entretien accordé, hier à l’APS, son secrétaire général, M.Abdelmadjid Sidi Saïd, ne trouve rien d’autre, pour défendre son organisation, que de se dresser en «victime». Pour lui «l’Ugta oeuvre dans la discrétion» et c’est pourquoi «elle est victime de son silence». L’argument manque de poids et confirme en même temps que le puissant syndicat des années 1970 cherche toujours sa voie dans l’Algérie pluraliste. Pourquoi oeuvrer dans la discrétion? Pourquoi s’obliger au silence? Et surtout, pourquoi cet aveu de faiblesse que de se placer en «victime»? Sauf à donner aux propos de Sidi Saïd un ton accusateur, la seule raison qui reste est celle d’avoir «raté le train de l’Histoire». Depuis sa création le 24 février 1956, l’Ugta a vécu trois phases dans son histoire. La première étant bien entendu, celle de la période coloniale en pleine guerre de Libération nationale. Une phase historiquement importante. Elle peut, en effet, revendiquer haut et fort la réussite de la grève des huit jours décidée par le FLN en janvier 1957. Il n’en demeure pas moins que les Algériens ne représentaient qu’une infime partie de la population active durant cette période. Ce n’est pas les 500 cheminots algériens, les 500 instituteurs algériens et les 400 postiers algériens ni même le total de 100.000 adhérents officiellement revendiqués pour l’époque qui pouvait faire la différence dans un pays où tous les postes de maîtrise étaient entre les mains des colons. Par contre et une fois l’indépendance acquise, l’Ugta a connu une période faste. Celle de «l’industrie industrialisante» et avec elle l’émergence du monde ouvrier algérien. C’était l’ère du «socialisme spécifique» qui s’était doté d’un «syndicalisme spécifique». Un syndicalisme qui se défendait d’être «revendicatif» et qui avait pour particularisme d’être une «organisation de masse» du FLN au même titre que les «fellahs» qui vivaient «la révolution agraire» dans leur propre «organisation de masse». Tout comme les fonctionnaires étaient carrément «exempts» de représentation syndicale. La troisième et dernière phase a commencé, comme une maladie silencieuse, dans les années 1980 avec la restructuration des entreprises publiques pour se déclarer brutalement dès l’ouverture économique au début des années 1990 marquées notamment par l’abolition du fameux SGT (statut général des travailleurs). Là, les événements se sont précipités. Est-ce les événements qui ont été trop rapides ou est-ce l’Ugta qui a été trop lente? Une chose est sûre, l’Ugta ne s’en est pas encore remise. La libéralisation de l’économie a mis à nu l’obsolescence des moyens de production du secteur public ainsi que l’incurie (distribuer des bénéfices avec un bilan déficitaire) qui régnait dans son mode de gestion. Il faut y ajouter également l’éclosion du secteur privé et la privatisation des entreprises publiques. Depuis, une «dévitalisation galopante» n’a plus lâché l’Ugta. Celle-ci n’a réagi à aucune de ces mutations et ne s’est redéployée dans aucun des autres secteurs «syndicalisables». C’est ainsi que des syndicats autonomes sont venus investir tous les espaces restés vides. Dans la Fonction publique notamment avec un potentiel de plus d’un million et demi d’adhérents. C’est là précisément que la contestation sociale est la plus présente. Si elle ne se ressaisit pas à temps, c’est le «silence»…éternel qui attend l’Ugta. La fête aura demain, en effet, un drôle de goût au 1er mai!

Zouhir MEBARKI – (L’Expression.30.04.2011.)

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*Le 1er Mai est passé. Presque incognito. Les gens ne se sont presque pas aperçus de son passage. Heureusement qu’il y a quelques fonctionnaires bien payés qui se sont dépêchés de nous rappeler que le 1er Mai est une date qu’il ne faut pas oublier. Après avoir été la «fête des travailleurs» et une occasion pour les syndicats de mobiliser leurs troupes et de renforcer leurs rangs, le 1er Mai, après la chute du mur de Berlin, est devenu la «fête du travail» que le patronat mondial fête avec dans la tête le sentiment d’une victoire remportée. Il n’y a pas que le patronat pour s’empresser de marquer cette date d’une pierre blanche: tous ceux qui vivent du travail des autres lui emboîtent le pas. Alors, le 1er Mai devient le moment idéal pour opérer des inaugurations de quelques ouvrages qui n’attendaient que cette date fatidique.
C’est aussi l’occasion pour d’autres personnages oubliés de rappeler qu’ils existent et de brandir d’une façon théâtrale des avantages arrachés par d’autres. L’avalanche des augmentations de salaires, de Smig, et de pensions annoncées depuis le début de l’année, ne sauraient faire oublier la triste condition du salarié dont le revenu mensuel, s’il est unique dans un foyer de cinq personnes, ne peut ouvrir des horizons flamboyants ou préparer à des lendemains qui chantent.
Les opérations de replâtrage faites ici et là pour calmer la grogne de fonctionnaires menés par des syndicats autonomes et combatifs ne sauraient faire oublier la réalité amère que vivent les chefs de famille confrontés aux nécessités du marché.
Et ce qui fait le plus mal au coeur des gens qui ont passé une partie de leur vie à étudier sérieusement et à suivre des formations menées d’une façon chaotique, toujours dans des conditions qui laissent à désirer, c’est que les décisions prises ne le sont qu’en fonction des rapports de force.
S’il est vrai que depuis des années des corps de métiers ont été ignorés et méprisés et que les augmentations dont ils ont bénéficié ne sont que légitimes, il est par contre navrant de constater que d’autres secteurs, qui ne sont pas abouchés directement à la mamelle pétrolière et dont une grève ne peut en aucun cas porter préjudice à la mince frange qui a une main ici et un pied là-bas, sont marginalisés et persécutés.
Pourtant, Dieu seul sait combien ces métiers qui sont non seulement respectés sous d’autres cieux, étaient ici l’objectif principal, le but idéal d’universitaires studieux.
Le refus de dialogue, le manque de perspectives, l’état de désordre général engendré par des mesures inopportunes dans la hiérarchie des salaires et des valeurs, poussent de plus en plus de jeunes «cadres» à émigrer pour exercer un métier subalterne à leur compétence et à leur formation. C’est mieux que de vivre avec un Bac+12, et un salaire qui ferait sourire un vendeur informel de cigarettes de contrebande. (L’Expression-09.05.2010.)

***Que veux-tu faire avec un Smig de 15.000 dinars ? 

Un air vif et perçant les accueillit à leur sortie du café. Près de la porte, de chaque côté, un vendeur de cigarettes et un vendeur d’accessoires de portables devisaient sur l’inanité de l’argent en exhibant avec désinvolture des liasses de billets défraîchis. Au centre de la place, la foule compacte continuait son lent mouvement autour d’un centre d’intérêt invisible. Noureddine fit la moue et confia à voix basse à son ami:
«Regarde! La première fois que j’ai vu ça, j’ai vraiment cru à une manifestation ou à une distribution éventuelle de quelque chose, genre postes de travail comme on le faisait jadis au port d’Alger. Ici simplement, il y a moins d’enthousiasme! Tous ceux que tu vois là, vivent du commerce des portables. Il y en a pour tous les goûts: du plus élémentaire au plus sophistiqué, du halal et du haram! Le portable n’est pas seulement un accessoire indispensable, mais il y a toute une économie, le plus souvent souterraine, qui se greffe dessus. Et ces jeunes préfèrent s’adonner à cette activité très lucrative mais aléatoire plutôt que d’aller chercher un boulot dans un des nombreux chantiers ouverts en ville. Ce sont les Chinois qui font leur boulot, hélas! Nos jeunes ont vite appris les dures lois du capitalisme: ils veulent du concret et tout de suite. Ce n’est pas comme nous: on s’est laissés embobiner par des discours ronflants. Eux, il n’y a plus que le football pour les mobiliser. Nous, notre « nif » n’était pas attaché à la balle ronde.
C’était plus sérieux que ça! Quant à chercher un emploi, dans les chantiers du bâtiment, ils n’y pensent même pas.
Le salaire mensuel ne représente à peine qu’une semaine de petits trafics, sinon, ils ne seraient pas là à tournoyer comme des abeilles toute la journée. Les responsables ne veulent pas comprendre que les salaires proposés ne représentent pas grand-chose pour quelqu’un qui débute dans la vie.
Que veux-tu faire avec un Smig de 15.000 dinars quand tout reste à faire: fonder un foyer, louer une bicoque… Avec un salaire pareil et le coût actuel de la vie, il n’y a aucune perspective. Ce n’est pas étonnant que beaucoup de jeunes restent à la charge de leurs parents jusqu’à quarante ans.
Quant à ceux qui arrivent à se marier, je ne te raconte pas leur galère. Les tribunaux sont débordés d’affaires liées à la trop grande promiscuité ou à la mésentente familiale…Alors, pas étonnant que ceux qui se sentent pousser des ailes, aillent voir ailleurs. La dernière fois que je suis venu ici, le ministère du Travail a organisé dans ce bâtiment tout en longueur, juste à la barbe de ces chômeurs, une « semaine pour l’emploi » avec les banques, les différents servi-ces comme l’Ansej, le secteur de l’artisanat traditionnel. Il y avait des tapis, du miel, du miel de l’Ouarsenis comme me l’ont spécifié les hôtesses qui étaient occupées à papoter dans un coin. Car ici, on est un peu loin de l’Ouarsenis…
Il y avait même un gars de l’Inspection du travail et la Télévision qui était venue filmer un événement aussi important. Tout cela pour dire qu’on n’avait pas lésiné sur les moyens pour inciter ces jeunes à créer leur petite entreprise, leur start-up, comme on dit dans le jargon moderne. L’Etat n’offre plus des emplois, clés en main, comme on disait dans le temps.
Mais, beaucoup de jeunes savent bien que sans un coup de pouce occulte, ils ne peuvent pas sortir la tête de l’eau: du piston pour un emploi et beaucoup de piston pour les choses que vous promettent les dépliants généreusement distribués par les organisateurs en de pareilles occasions. Tout est affaire de salaire je crois, et il est difficile de connaître les résultats concrets de cette fameuse semaine.»(L’Expression-03.05.2010.)

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*L’histoire du Travail et du 1er Mai

Journée de célébration des droits et des combats des travailleurs, le 1er mai est aujourd’hui encore célébré en Belgique par les partis et surtout les syndicats. Pour la fête du travail, Références se penche sur les origines de la fête du travail et les luttes qui ont suivi.

1886 : 1er Mai : les origines de la fête du Travail

Les syndicats américains organisent une grève pour que la journée de travail soit limitée à 8 heures. Les affrontements entre les manifestants et les policiers font plusieurs morts. En 1889, la 2e Internationale socialiste réunie à Paris décide de faire du 1er mai une journée de revendications ouvrières. Aujourd’hui aux États-Unis, bien que le 1er Mai soit né dans ce pays, le Labor Day est fêté le premier lundi de septembre.

1889 : Fin du travail des enfants

La loi du 31 décembre interdit le travail des enfants de moins de 12 ans, limite la durée du travail des jeunes de 12 à 16 ans (21 ans pour les filles) à 12 heures par jour et interdit, sauf dérogation, le travail de nuit pour les jeunes de moins de 16 ans et pour les filles de moins de 21 ans. Cette loi est la première intervention du législateur en vue de limiter le temps de travail des salariés.

1890 : Accès des femmes aux diplômes

La loi du 10 avril donne le droit aux femmes d’accéder à tous les diplômes universitaires, ainsi qu’à ceux de médecin et de pharmacien.

1900 : Premiers contrats pour les femmes

L’État belge reconnaît aux femmes le droit d’obtenir un contrat de travail et d’encaisser son propre salaire (avec un maximum de 3000 francs par an).

1903 : loi sur les accidents du travail

La loi sur les accidents du travail prévoit désormais qu’il n’est plus nécessaire au travailleur de prouver la faute de l’employeur pour pouvoir être indemnisé.

1907: chômage

L’État belge intervient pour soutenir les différentes caisses de chômage en octroyant alors 10 000 francs au ministère du Travail.

1915: allocations

Un système de secours-chômage est instauré en Belgique. Désormais, toute personne sans travail en Belgique reçoit des allocations lui permettant de survivre, calculées sur base des ressources de son ménage.

1919 : Création de l’OIT

Créée au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’Organisation internationale du travail (OIT) s’est fixé comme objectif fondamental la réalisation de la justice sociale dans le monde. Elle est chargée d’élaborer et de superviser les normes internationales du travail.

1920 : Premier chômage indemnisé

Le Gouvernement crée le Fonds national de crise qui accorde une aide aux chômeurs lorsqu’ils sont arrivés en fin de droits aux allocations dans leur caisse syndicale.

1936 : Congés payés et semaine de 40 heures

Grève des 500 000, grâce à laquelle les travailleurs belges obtiennent un revenu minium garanti, une augmentation des allocations familiales, la semaine des 40 heures, mais aussi les premiers congés payés.

1944 : Création de l’ONSS

L’Arrêté de loi du 28 décembre 1944 constitue le cadre général de la sécurité sociale des travailleurs salariés, en rendant obligatoire les assurances maladie, invalidité, chômage, vieillesse, décès prématuré, allocations familiales et les vacances annuelles. C’est la création de l´ONSS, l’Office national de sécurité sociale qui perçoit les cotisations que lui doivent les employeurs ainsi que les cotisations personnelles des travailleurs.

1951 : Le premier ordinateur d’entreprise

LEO : le premier ordinateur d’entreprise a été achevé le 17 novembre 1951 après des années de production. Il occupait à lui tout seul un petit hangar de 464 m2, 6000 valves et 64 tubes de mercure pour 2 kB de mémoire. Son premier job, à la division boulangerie, était de calculer les marges de production du pain, des gâteaux et des tartes.

1961 : Création de l’ONEM

Création de l’Office national de l’emploi (ONEM), anciennement Office national du placement et du chômage (ONPC).

1969 : Nouvelles protections pour les femmes

La loi sur les contrats de travail interdit aux employeurs de renvoyer les femmes pour cause de grossesse ou de mariage.

1971: égalité

Le principe de l’égalité est appliqué aux allocations de chômage.

1992-1993: récession

L’économie belge subit la pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale, avec un PIB baissant de 1,7 % en 1993.

1997 : Les services à l’emploi se privatisent

Réforme de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui marque la fin du monopole des services publics de l’Emploi. Les missions régionales pour l’emploi, l’intérim et d’autres associations d’insertion entrent dans le secteur de l’emploi et de la formation professionnelle.

2005 : Pacte de solidarité

Le 23 décembre, la loi relative au pacte de solidarité entre les générations évoque le choc du vieillissement de la population et de la globalisation de l’économie.

2005 : New World of Work

Un mémo signé de Bill Gates, fondateur de Microsoft, intitulé The New World of Work, décrivait comment les nouvelles technologies allaient bouleverser l’environnement de travail. Travailler à distance, sans horaires fixes, n’est plus une mode. Mais une tendance de fond.

2017 : Les horaires de travail fixe disparaissent

Selon un sondage réalisé sur LinkedIn, les heures de travail standardisées auront disparu en 2017. Le fax aura été totalement éradiqué de nos espaces de travail.

2021 : Les pays émergents créent plus d’emplois

Les pays émergents seront à la fois les plus importants pourvoyeurs d’emplois qualifiés et les plus importants producteurs de diplômés dans le monde. Ce basculement du marché mondial des compétences aura pour effets un accroissement des migrations de personnel qualifié et, en particulier, des jeunes diplômés, entre pays industrialisés et pays émergents.

*source:references.be–01-05-2014

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11 réponses à “1er Mai devenu une fête pour les patrons”

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